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Thèmes abordés

  • secteur agricole,
  • cacao,
  • marché du chocolat,
  • formation des producteurs,
  • historique du secteur,
  • qualité des produits,
  • développement local,
  • partenariats public-privé,
  • cahier des charges,
  • répartition des revenus
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  • développement local,
  • partenariats public-privé,
  • cahier des charges,
  • répartition des revenus

Indications géographiques : défis et opportunités

pour le secteur café - cacao au Cameroun

Rapport de l’atelier tenu à Yaoundé, Cameroun


28 - 30 septembre 2010

Version finale
Décembre 2010

1
Remerciements

Ce rapport a été rédigé par Louis Hinzen (CTA), avec l'appui éditorial de Vincent
Fautrel (CTA), Massimo Vittori (OriGIn), Pierre Etoa (ONCC), et Didier Chabrol
(CIRAD/UMR Innovation). Il est basé sur les présentations et les discussions des
participants de « l'atelier d’experts internationaux sur les enjeux de la démarche
d’indications géographiques dans le secteur café-cacao au Cameroun » organisé
par le CTA, OriGin et l’Office National Café Cacao du Cameroun (ONCC) à
Yaoundé (Cameroun) du 28 au 30 Septembre 2010. Nous remercions
particulièrement l’ONCC pour son appui. Le présent rapport ne prétend pas être un
compte rendu exhaustif de l’ensemble des débats de l’atelier et ne reflète pas
nécessairement les opinions de ses auteurs ou des organisateurs.

2
Table des matières

1. Introduction……………………………………………………………………………………….4
1.1 Contexte et objectifs ...................................................................................................... 4
1.2 Participants .................................................................................................................... 5
1.3 Programme .................................................................................................................... 5

2. Filière café - cacao au Cameroun……………………………………………………………..6


2.1. Contexte historique....................................................................................................... 6
2.2. Profil du secteur café .................................................................................................... 7
2.3. Profil du secteur cacao ................................................................................................. 9
2.4 Commercialisation, qualité des produits et traçabilité ................................................. 11

3. Le potentiel des indications géographiques (IG)…………………………………………12


3.1 Conditions nécessaires pour la mise en place d’une IG.............................................. 12
3.1.1 Le produit et sa spécificité .................................................................................... 12
3.1.2 La structuration de la filière ................................................................................... 14
3.1.3 La mise en marché ............................................................................................... 15
3.1.4 Le contrôle et la certification ................................................................................. 16
3.1.5 Le cadre institutionnel et légal .............................................................................. 17
3.2 Etudes de cas .............................................................................................................. 21
3.2.1 Café ...................................................................................................................... 21
3.2.2 Cacao ................................................................................................................... 23

4. Implications possibles pour le Cameroun…………………………………………………25


4.1 Introduction .................................................................................................................. 25
4.2 Identification de cafés et cacaos spécifiques .............................................................. 27
4.2.1 Café ...................................................................................................................... 27
4.2.2 Cacao ................................................................................................................... 28
4.3 Délimitation géographique et caractérisation des produits .......................................... 28
4.4 Les parties prenantes .................................................................................................. 29
4.5 Contrôle qualité ........................................................................................................... 30
4.6 Commercialisation ....................................................................................................... 30

5. Conclusion………………………………………………………………………………………31

Sources ................................................................................................................................. 32

Annexe 1: Agenda ................................................................................................................ 34


Annexe 2 : Liste des participants .......................................................................................... 38
Annexe 3 : Discours d’ouverture ........................................................................................... 39

3
1. Introduction
1.1 Contexte et objectifs
Le commerce international des matières premières, particulièrement du café et du cacao,
est actuellement caractérisé par une augmentation de la concurrence globale sur les
principaux marchés d'exportation ainsi que par une forte volatilité des prix.
L'intensification de la concurrence en termes de prix et de la qualité des produits exige
des producteurs agricoles une plus grande différenciation des produits afin de se
démarquer des concurrents, de se positionner sur des segments de marché plus
rémunérateurs et maintenir les débouchés. A côté du poids économique important que
représentent les chaînes d'approvisionnement mondiales des produits de base, il existe
des produits locaux de qualité spécifique qui bénéficient d’une bonne réputation et qui
sont en mesure de trouver des marchés plus rentables ou plus stables, améliorant ainsi
le revenu dans les zones défavorisées.

Face à cette situation, les indications géographiques (IG) constituent une voie possible
de différenciation, un moyen d'améliorer la valeur et un outil permettant de protéger des
noms de produits agricoles et alimentaires. En outre, au-delà des aspects de
commercialisation et de valorisation, les IG permettent souvent de déclencher une
dynamique de développement local Lié à la question complexe des droits de propriété
intellectuelle, l’approche IG a été pendant longtemps principalement adoptée par les
pays de l'Union Européenne. Plus récemment, les producteurs de différents pays en voie
de développement ont montré un grand intérêt dans les IG. Dans ce contexte, et
particulièrement dans le domaine du café et du cacao, de nombreuses expériences
intéressantes dans les pays en voie de développement démontrent les possibilités
offertes par l'approche IG ainsi que les défis importants quant à la question de sa mise
en œuvre.

C'est dans ce contexte que l’Office National Café Cacao du Cameroun (ONCC) a
demandé au Centre technique de coopération agricole et rurale ACP-UE (CTA) et
l'Organisation pour un réseau international des indications géographiques (OriGIn) de
co-organiser un atelier d’experts à Yaoundé avec l'objectif de mieux comprendre la
pertinence et la faisabilité d’une approche IG pour les secteurs café et cacao au
Cameroun, basé sur l'expérience d'autres pays d'Afrique, d'Amérique du Sud et des
Caraïbes impliqués dans des stratégies de différenciation de qualité d'origine dans les
secteurs du café et du cacao.

4
1.2 Participants
L'atelier, qui a réuni 34 participants, a permis de faciliter un échange d'expériences entre
les principaux intervenants du secteur café cacao au Cameroun (acteurs public et privé)
et d'autres pays africains (Kenya, Guinée, Côte d'Ivoire et Ghana) ayant dans certains
cas, initié une démarche de protection d’un nom géographique et une démarche de
qualité liée à l’origine. Des experts du CIRAD impliqué dans divers projets IG et ayant
une connaissance approfondie des secteurs du café et du cacao ont été invités pour
partager leur expertise et mettre en évidence les leçons à tirer d’études de cas en
République dominicaine, Indonésie, à La Réunion, au Laos, en Équateur, au Brésil, à
Sao Tomé et au Vanuatu.

1.3 Programme
Les trois jours de l'atelier ont été articulés autour des points suivants :

• un aperçu des secteurs du café et du cacao au Cameroun avec un accent


particulier sur les questions liées à la qualité, la commercialisation et la
traçabilité ;

• une introduction aux concepts de base liés aux IG (impact économique et


social, aspects juridiques, etc.) et les pré-conditions pour la mise en place
d’IG ;

• une sélection de quelques études de cas dans le secteur du café et du


cacao de divers pays en développement (identification de la qualité
spécifique du produit, délimitation géographique, système de production et
de distribution et rôle des acteurs publics et privés, contrôle qualité,
stratégie et techniques de commercialisation, protection légale aux niveaux
national et international).

Les séances plénières ont été suivies par des travaux en commission pour approfondir la
compréhension des différents points présentés et pour identifier les principaux éléments
d'une feuille de route d’une approche IG pour le Cameroun.

L’atelier s’est conclu avec une présentation des programmes d'assistance technique
liées aux IG actuellement en cours. La plupart des présentations et des rapports des
groupes de travail sont disponibles sur le site du CTA via le lien suivant:
http://tiny.cc/wbn9u

5
En résumé, l'atelier a été organisé de façon à donner aux participants les éléments de
base qui sous-tendent la démarche d’IG puis de les illustrer avec une sélection de
plusieurs études de cas approfondies et des discussions sur la pertinence pour les
secteurs du café et du cacao au Cameroun. Les sections suivantes donnent un aperçu
des principaux domaines discutés et présentent les principaux éléments du plan d'action
proposé lors des travaux en commission.

2. Filière café - cacao au Cameroun


2.1. Contexte historique
Jusqu'à la fin des années 1980, la filière café – cacao au Cameroun était fortement
centralisée et réglementée par le gouvernement. L’Office National de Commercialisation
des Produits de Base (ONCPB) contrôlait tous les aspects du commerce, du marketing,
le contrôle qualité et la formation des prix de la production jusqu’à l'exportation. Afin de
maintenir les revenus agricoles et stabiliser les prix des matières premières, un certain
nombre de mesures de soutien interne ont été adoptées, notamment sous forme de prix
minimum garantis payés aux agriculteurs pour leurs récoltes, des engrais subventionnés,
et la fourniture de services de vulgarisation.

Cependant, la crise économique mondiale des années 1980 et la forte baisse des prix
des matières primaires ont marqué le début de réformes sectorielles significatives. Dans
ce contexte et en vue de la réduction des coûts, de l’amélioration de l'efficacité du
marché et la promotion du rôle du secteur privé, des mesures d'ajustement structurel ont
été introduits au début des années 1990.

Malgré la perception d'un secteur agricole libéralisé plus efficace, la suppression des
mesures de soutien gouvernementales ainsi que la dissolution de l’ONCPB ont conduit à
un déclin dans la qualité et la quantité lié à la désorganisation du secteur et notamment à
l’augmentation du nombre d'acteurs privés tout au long de la chaîne
d’approvisionnement.

Peu après, le gouvernement a crée l’Office National Café Cacao du Cameroun (ONCC)
et le Conseil Interprofessionnel du Café et du Cacao du Cameroun (CICC) afin de
restructurer les deux filières. Le CICC opère sous la surveillance de l’ONCC qui joue un
véritable rôle d’agence de régulation du secteur café – cacao. L'ONCC est
principalement responsable de la surveillance des statistiques, de l’accompagnement
des organisations principales de contrôle qualité (AGROGIC, La Griffe du Littoral, ACE,

6
SGS, UCC, HYDRAC, Certispec) aussi bien que de la certification des installations de
traitement et de stockage, mais avec moins d'influence directe sur le volet production et
commercialisation que possédait l’ONCPB avant la libéralisation.

Le CICC regroupe un certain nombre d'organisations professionnelles agricoles, du


commerce, de l'industrie et des services des filières café-cacao. Le CICC a pour mission
d'agir comme organe consultatif et intermédiaire sur toutes les questions liées au
développement, au financement, aux activités de marketing et aux aspects fiscaux.
Parmi ces activités principales, il convient de mentionner la fourniture de l’appui
technique, la promotion et le suivi du respect des règles et réglementations par les
différents intervenants de l'industrie, l’application de sanctions en cas de non-respect, la
communication du principe du commerce éthique, la fourniture de matériel d'information,
l'enregistrement des contrats de vente à l'exportation ainsi que la gestion du système
d'assurance et de réassurance du fonds commun de l’organisation. D'autres activités
comprennent la promotion des efforts de commercialisation locales à travers la création
de comités locaux de commercialisation, la formation professionnelle des acteurs du
secteur (producteurs, acheteurs et torréfacteurs), l'organisation de visites d'étude pour
encourager l'échange d'informations entre les différents intervenants du secteur, ainsi
que leur participation à des foires au niveau national et international. Depuis sa création
en 1991, les statuts du CICC ont été adaptés à plusieurs reprises pour renforcer sa
présence et ses capacités d'aide à la commercialisation, la qualité des produits et des
mécanismes pour faciliter la traçabilité.

La suppression des mesures de soutien du gouvernement et l'ouverture du marché a


entraîné une exposition sans précédent des producteurs à la volatilité des prix du
marché mondial et une augmentation de la concurrence causée par l'émergence de
nouveaux exportateurs très compétitifs (par exemple la Malaisie, l’Indonésie, le
Vietnam).

Les sévères baisses de prix au milieu des années 1980, la « crise du café » en 2001,
ainsi que les prix élevés des intrants ont forcé de nombreux agriculteurs à diversifier leur
production et notamment à substituer au cacao et au café des produits plus rentables. La
situation des deux secteurs est présentée ci-après.

2.2. Profil du secteur café


Le Cameroun est le cinquième plus grand exportateur de café africain et le vingtième
plus grand producteur au monde. Le café est un produit d’exportation traditionnelle du

7
Cameroun, principalement exporté vers l'Europe. En 2009/10, la production totale de
café s'élevait à environ 45.000 tonnes métriques (90% Robusta, 10% Arabica) avec un
total d’exportation de café vert d'environ 35.000 tonnes métriques.1 Avec une valeur
totale d’exportations de café d’US $ 70 millions en 2007, le café constitue la cinquième
source principale de devises, après les fèves de cacao, les bananes, le coton et le
caoutchouc2.

Avec ses sols volcaniques, des conditions climatiques favorables, et une main-d'œuvre
abondante, le Cameroun dispose de conditions avantageuses pour la production de
café. Deux types de café sont cultivés au Cameroun : l'Arabica et le Robusta qui
agissent généralement comme arbres d'ombrage pour les cultures vivrières dans des
systèmes agricoles mixtes. Le café Arabica est cultivé principalement dans les zones
d’haute altitude (à environ 1.500 m d'altitude) dans les provinces de l’Ouest et du Nord-
Ouest, sur environ 168.000 exploitations agricoles de 1 et 1,2 hectares (ha). La
productivité de l’Arabica varie de 200 à 900 kg / ha. Moungo (Little Province) est la
principale zone de production du Robusta et représente environ 75% de la production
totale nationale de Robusta. Le café Robusta est cultivé sur environ 190.000
exploitations agricoles entre 1 et 3 ha (Ministère de l'Agriculture, 2003) à l’exception de
quelques exploitations agricoles de 20 ha dans la province de l’Est. La productivité
moyenne des café Robusta varie de 300 à 1000 kg / ha.

Le café est une culture à forte intensité de main-d'œuvre. Les cerises mûres sont
cueillies à la main et dans la plupart des cas traitées par voie sèche. Avec environ 1
million de personnes directement et indirectement impliquées dans le secteur, le café
constitue une source importante de revenus et contribue de manière significative au
développement rural.

Malgré une légère reprise de la production de café, à un niveau prometteur d'environ


90.000 tonnes métriques en 2001/2002, la production et la qualité du café camerounais
ont connu une détérioration marquée ces dernières années. La baisse a été encore plus
importante pour la production de café Arabica, avec une diminution de 20.000 tonnes
métriques dans le début des années 1990 à moins de 4.000 tonnes métriques en 20093.

Le commerce international du café est essentiellement effectué sur la base de contrats à


terme à travers la bourse de Londres et de New York. Les prix sont sensibles aux

1
Statistiques ICO
2
FAOSTAT (2007) http://faostat.fao.org/site/342/default.aspx
3
All ACP Agricultural Commodities Programme

8
fluctuations de l’offre et de la demande, principalement influencée par le niveau de
rendement, les prévisions météorologiques, les politiques commerciales nationales et
internationales, les événements politiques, et de plus en plus par le comportement
spéculatif de fonds d’investissement (« hedge funds »).

En septembre 1994, le prix du café Robusta a atteint un sommet historique de 180 cents
US/lb, en conséquence aux dommages de gel au Brésil, le plus grand producteur de
café Robusta dans le monde. Ceci a été suivi par une période de baisse des prix vers
une baisse record de 17,37 cents US / lb en 30 ans atteint en novembre 2001. Depuis,
les prix du café Robusta ont remonté et fluctuent actuellement autour de 70 cents US/lb.
Les fluctuations du prix du café Arabica ont largement suivi une tendance similaire, bien
que celui-ci engendre généralement une prime de 20 à 30%.

2.3. Profil du secteur cacao

Le Cameroun est le cinquième producteur mondial de cacao, après la Côte d'Ivoire, le


Ghana, l'Indonésie et le Nigeria. En 2008/2009, les quatre pays africains - le Cameroun,
le Ghana, la Côte d'Ivoire et le Nigeria produisaient environ 70% de la production
mondiale de cacao4. En 2009/2010, la récolte du cacao au Cameroun a atteint un niveau
de 197.000 tonnes5.

Les principales zones de production de cacao au Cameroun sont situées dans les
régions Sud-Ouest (50% de la production totale), Centre (35%), Sud (10%), et Est (5%).
Kumba dans la région Sud-Ouest est connu comme le plus grand centre commercial de
cacao dans la région d'Afrique centrale.

Plus de 1,6 millions de petits exploitants d’une superficie moyenne de 1 ha cultivent le


cacao dans un système agricole mixte en association avec d'autres cultures vivrières. Un
total d’environ 400.000 ha est dédié à la production de cacao avec un rendement moyen
de 375 kg / ha6. Les tâches communes des agriculteurs comprennent l'application de
pesticides, la récolte7, l’écabossage, le transport sur le terrain, le séchage et la
fermentation des fèves de cacao.

4
ICCO Quarterly Bulletin of Cocoa Statistics, Vol. XXXVI, No. 2, Cocoa year 2009/2010
http://www.icco.org/Attachment.aspx?Id=pud69031
5
International Business Times Press Report: Cameroon cocoa output falls short of target
http://www.ibtimes.com/articles/44120/20100820/cameroon-cocoa-output-falls-short-of-target.htm
6
,Ibid, p. 16
7
Récolte principale: novembre – janvier; récolte mi-culture: avril – juin

9
Une partie est transformée localement, mais environ 90% du cacao est exporté vers
l'Europe, en particulier aux Pays-Bas, comme matière première pour les chocolatiers et
l'industrie de la confiserie. Les trois plus grands acheteurs du cacao du Cameroun sont :
Archer Daniels Midland (ADM), Cargill et Barry Callebaut. CAMACO (Cameroun
Marketing Company), Olam - Usicam, SIC Cacaos SA, Telcar Cocoa Ltd et SOCACAO
comptent parmi les plus grandes entreprises transformatrices et exportatrices locales.

Aujourd’hui, une majorité des entreprises locales sont des filiales des grandes
multinationales dans le commerce mondial du cacao. Le 31 août 2006, Barry Callebaut
possédait 99,95% de SIC Cacaos SA, le transformateur local. ADM - en collaboration
avec Olam, un fournisseur de fèves de cacao basé à Singapour, a acquis Usicam, une
des plus grandes usines dans le séchage, le nettoyage, l'entreposage du cacao et
d’autres activités au Cameroun8.

Quatre produits intermédiaires peuvent être produits à partir des fèves de cacao : la
liqueur de cacao, le beurre de cacao, le tourteau de cacao et la poudre de cacao. La
poudre de cacao, par exemple, est utilisée en tant qu’arôme dans l'industrie de la
confiserie et des boissons. D’autre part, le beurre de cacao est principalement utilisé
dans la fabrication de chocolat, mais aussi dans une certaine mesure pour la production
de savon et de produits cosmétiques.

Depuis la crise financière internationale et la baisse des marchés mondiaux de matières


premières fin 2008, les prix du cacao sont remonté pour atteindre un niveau record en 30
ans de 3.510 $ US / tonne en décembre 2009, plus du double du prix reçu en 2005. Les
causes profondes de ce prix record incluent les effets combinés de la relative faiblesse
du dollar, la forte demande des fabricants de chocolat liée aux préoccupations d’une
offre insuffisante, ainsi que la spéculation des fonds d’investissement.

Les producteurs et commerçants ont également confirmé que cette hausse historique
des prix a été ressentie sur le terrain. En juillet 2010, le cacao dans la région Sud-Ouest
se vendait à 1.530 – 1.600 FCFA/kg (environ 3 $US/kg)9. Certains agriculteurs
maximisaient leurs profits en exerçant une stratégie de stockage temporaire, en libérant
qu’une petite partie de leurs stocks sur le marché. Pour la campagne 2010-2011 lancée
le 18 août 2010, la production est estimée à environ 200.000 - 205.000 tonnes.

8 UNCTAD (2008) COCOA STUDY: Industry Structures and Competition, p.19


9
CME Market Press Report, 14 August 2010.

10
La volatilité des prix reste un problème clé et l'histoire montre que les prix peuvent
également se retourner. Il y a seulement 10 ans, en novembre 2000, les prix du cacao à
la bourse de New York atteignaient un niveau historique de 714 $ US / tonne.

Dans un contexte de baisse de la production et de la qualité, de vieillissement des


plantations, et d’un accès difficile aux marchés à partir des régions enclavées, les
décideurs politiques, les chercheurs et les acteurs du secteur privé doivent rechercher
activement des stratégies pour relancer le secteur café – cacao au Cameroun.

2.4 Commercialisation, qualité des produits et traçabilité

Malgré les efforts du CICC et de l’ONCC pour améliorer la commercialisation, la qualité


des produits, et leur traçabilité, les producteurs sur le terrain continuent à faire face à un
certain nombre de problèmes. L’entretien et l’amélioration de la qualité des produits sont
limités par un grand nombre de facteurs : le manque de moyens financiers disponibles
pour les petits producteurs, les grandes différences dans le fonctionnement des
organisations professionnelles, le manque de connaissances sur les normes et
règlements, le vieillissement des plantations, la faible disponibilité de matériel végétal, et
le manque de confiance entre producteurs et entre producteurs et leurs organisations
professionnelles respectives. Les revenus des agriculteurs ne semblent pas encore
refléter les efforts de commercialisation, ni une répartition plus équilibrée de la valeur
ajoutée. Une meilleure organisation de la filière et une meilleure coordination des efforts
de commercialisation sont nécessaires. Actuellement, les produits peuvent être tracés
jusqu'au niveau de l'organisation professionnelle. Bien que la législation actuelle prescrit
que chaque lot distribué possède une fiche de données, comportant des informations sur
l'origine du produit et les méthodes de production, les informations sur la qualité du
produit, le nom du vendeur et de l'acheteur, et toute autres caractéristiques spécifiques
des produits, pays et / ou zone de production en sont absentes. La réalité montre que
même si des fiches de données ont été conçues par l'ONCC pour le cacao et le café
Arabica et Robusta, celles-ci sont souvent mal complétées en raison d’un manque de
connaissance des principaux acteurs opérant le long de la filière. La mise en place d’une
démarche d’IG au Cameroun nécessitera de pouvoir répondre à toutes ces questions.
Cela pouvant passer par un renforcement du cadre institutionnel et législatif relatif aux
aspects de commercialisation, qualité et traçabilité des produits.

11
3. Le potentiel des indications géographiques (IG)
3.1 Conditions nécessaires pour la mise en place d’une IG10

La réussite d’une démarche IG dépend fortement de conditions préalables à plusieurs


niveaux.

3.1.1 Le produit et sa spécificité

La première condition est la spécificité du produit. Un produit ne peut être protégé sous
une indication géographique que si on peut lui reconnaitre « une qualité, réputation ou
autre caractéristique déterminée […] [qui] peut être attribuée essentiellement à cette
origine géographique »11. Ces caractéristiques spécifiques peuvent être organoleptiques
(couleur, goût, odeur), technologiques (facilité de mise en œuvre, obtention d’un résultat
recherché), d’aspect (taille, forme, couleur…). Elles doivent en tout cas conférer au
produit une originalité qui peut être reconnue au moins par certains acteurs et experts
(producteurs, consommateurs, commerçants, transformateurs…). Ces caractéristiques
de qualité spécifique ne peuvent être contradictoires avec les caractéristiques de qualité
générique obligatoires (normes sanitaires par exemple). Elles doivent être attachées à
un terroir et peuvent inclure une technique particulière, un savoir-faire. Ces
caractéristiques doivent par ailleurs être stables dans le temps. Dans la règlementation
européenne, on distingue deux types d’indications géographiques suivant le lien au lieu :
un lien fort avec l’Appellation d’origine protégée (AOP), un lien moins fort avec
l’Indication géographique protégée (IGP).

L’évaluation des particularités du produit peut se révéler difficile, notamment en termes


de :

• spécification de la zone de production ;


• identification des caractéristiques spécifiques du produit par rapport à des
productions similaires dans le pays ou dans d’autres pays (on parle de
« caractérisation ») ;
• identification des critères pouvant constituer des bases de contrôle
objectives (et donc non contestables par les consommateurs et vendeurs).

10
La section suivante est basée sur les présentations faites par le CIRAD, OriGIn et
l'OAPI, complétées par des extraits du rapport de l'atelier CTA sur les indications
géographiques à Montpellier en Mars 2009, ainsi que des extraits des modules préparés
pour le forum électronique sur les IG par le CTA et OriGIn.
11
Selon les accords ADPIC

12
Or, une clarification de ces points est essentielle pour éviter une confusion pour le
consommateur, définir la stratégie de communication, combattre les contrefaçons.

Il faut, d’autre part, identifier les étapes clés de l’itinéraire technique ou de la méthode de
production qui confèrent ces caractéristiques spécifiques au produit. Ces éléments sont
très divers selon les produits.

Pour le café - cacao, signalons par exemple, l’importance de la juste maturité des cerises
de café et des fèves de cacao, la durée de fermentation post-récolte, les méthodes de
traitement primaire (par exemple, café semi-lavé ou entièrement lavé), la limitation du
rendement, des délais ou des conditions de stockage avant transformation.

Les caractéristiques spécifiques du produit, la délimitation de la zone de production et les


étapes critiques de la production sont rassemblées dans un document appelé « cahier
des charges ». Celui-ci joue un rôle essentiel. Il constitue en fait le contenu du contrat de
confiance entre les producteurs, entre les producteurs et les consommateurs, et entre les
producteurs et les autorités. Il doit être normatif, être défini collectivement et pouvoir
constituer une base de contrôle. Il doit donc être constitué de critères contrôlables. Il est
stratégique pour la commercialisation.

Il faut enfin souligner qu’il n’existe pas un cahier des charges type pour les IG,
contrairement à ce qui peut exister pour d’autres signes de qualité spécifique comme le
commerce équitable ou l’agriculture biologique. Une IG doit garantir le lien au lieu, mais
les méthodes d’obtention ou les conditions de production peuvent être très diverses
d’une IG à l’autre.

IG, AO, IGP, AOP, AOC : comment s’y reconnaître ?

La première notion apparue est celle d’appellation d’origine (AO). Elle signale un lien fort à un lieu. C’est la
notion employée dans la convention de Lisbonne comme dans la définition française des AOC de 1966 ou la
définition par l’UE de l’AOP (appellation d’origine protégée, règlement 510/2006) : « la qualité ou les
caractères sont dus essentiellement ou exclusivement au milieu géographique comprenant les facteurs
naturels et humains et, la production, la transformation et l'élaboration ont lieu dans l'aire géographique
délimitée ». L’AOC est le nom de l’AOP en France, mais le terme d’AOC est voué à disparaître. La notion
d’indication géographique signale un lien au lieu moins étroit, comme dans la définition des ADPIC, ou dans
la définition de l’IGP par l’UE. Par exemple tous les ingrédients du produit fini ne proviennent pas
obligatoirement de la zone délimitée. En résumé, le terme « IG » regroupe les appellations d’origine, qui
peuvent être simples (AO), contrôlées (AOC : dénomination française) ou protégées (AOP : dénomination
européenne), et les indications géographiques qui peuvent être « protégées » (IGP : dénomination
européenne).

13
3.1.2 La structuration de la filière
Une deuxième condition est représentée par la nécessité d’une démarche collective,
d’où le rôle essentiel de l’organisation de la production :
• L’IG doit s’appuyer sur l’engagement d’une majorité des producteurs de la
zone et du produit.
• Elle doit s’accompagner d’une réflexion collective sur la qualité qui
débouche sur la rédaction d’un cahier des charges.
• L’organisation de la filière est essentielle et ne peut se décréter de
l’extérieur. Elle nécessite donc de la part des producteurs une volonté et de
la méthode.
• Une organisation professionnelle pouvant assurer l’information, la
formation, l’appui et le contrôle est essentielle à cet égard. Cette
organisation est aussi en charge de protéger et promouvoir l’IG à l’extérieur
et sert d’intermédiaire avec les pouvoirs publics. Elle porte le cahier des
charges tel que défini en association avec les producteurs et l’ensemble
des acteurs de la filière.

La mise en place d’une IG est donc avant tout un processus autour de l’apprentissage de
la gestion de la qualité et de l’organisation de la filière de production.

A cet égard, les présentations de l’ONCC et du CICC ont mis en évidence le rôle crucial
de ces institutions, et ont suggérés le potentiel qu'ils pourraient jouer pour la mise en place
des IG au Cameroun.

Actuellement, il semble que dans certains pays ACP, ce soit davantage les pouvoirs
publics que les producteurs qui sont à l’origine d’initiatives IG. En effet, la protection sous
IG est peu connue par ces derniers. Pour de nombreux experts, l’État ne devrait jouer
qu’un rôle de facilitateur, l’organisation de producteurs devant être le moteur de la
démarche. Il faut donc attirer l’attention sur la nécessité de bien mesurer, aux différentes
étapes de la démarche, les rôles respectifs de l’État, des organisations de producteurs
existantes et de nouvelles organisations créées spécialement pour la démarche IG.

14
Composantes de base du cahier des charges

La description du produit
Les ingrédients et les matières premières (obligatoire, exclu…)
La définition du processus de transformation : à travers toutes les étapes (jusqu’à l’emballage final).
La démonstration des aspects de qualité liée à l’origine : le lien entre les spécificités de la qualité et des
ressources de la zone géographique (naturelles et humaines)
La définition de la zone de production : différentiation entre la zone de production, transformation et zone
d’emballage
Le nom du produit et les critères d’emballage: liste des noms IG
Le système de contrôle ; définition des autorités ou organismes vérifiant le respect des dispositions du cahier
des charges

3.1.3 La mise en marché

Il faut souligner que les IG sont apparues en Europe il y a un siècle pour protéger la
dénomination de produits déjà très réputés (des vins tels que le Champagne ou le
Bordeaux). Il convient de souligner le fait que la protection en IG n’est pas en elle-même
une simple démarche de promotion. A titre d’exemple, on peut remarquer que le café de
Colombie, qui vient d’être reconnu comme IG par l’Union européenne, a bénéficié de
décennies de promotion et de stratégie commerciale. Au-delà de la sensibilisation des
consommateurs, il est aussi très important de sensibiliser les différents acteurs du
marché, en les assurant de la fiabilité des IG. Cela est certainement un défi additionnel
pour les producteurs intéressés dans une démarche IG.

Les marchés visés restent très souvent les marchés internationaux, plus porteurs et
rémunérateurs, mais ils nécessitent un investissement lourd au niveau de la qualité, de la
reconnaissance et de la promotion. Cela entraîne des surcoûts importants pour les
produits et cet investissement n’est pertinent que si les volumes concernés sont
relativement importants et le marché pas trop étroit.

Face à ces contraintes sur les marchés internationaux, la démarche IG pour des marchés
locaux et régionaux peut se révéler pertinente. La connaissance des produits locaux par
les consommateurs réduit d’autant les besoins de promotion. Cela peut donc concerner
des volumes de production peu importants. Mais la capacité à payer des produits plus
chers sur ces marchés est restreinte. Les marges de manœuvre doivent être étudiées
pour adapter le cahier des charges aux attentes de ces marchés, les modalités de
contrôle (et donc leur coût) tout en donnant les garanties de qualité vis-à-vis des
consommateurs. La souplesse et progressivité qui peuvent être adoptées dans la
démarche de définition d’une IG permettent a priori une construction de la spécificité et de
la qualité prenant en compte le passage des exigences des marchés locaux aux marchés
régionaux puis internationaux.

15
3.1.4 Le contrôle et la certification

L’IG est une garantie non seulement de l’origine mais aussi du respect d’un cahier des
charges, et de caractéristiques spécifiques du produit. Cette garantie peut être offerte par
le groupement des producteurs lui-même, sous la supervision d’un organisme public (cas
des AOC en France jusqu’à la réforme de 2006, cas des IG aujourd’hui en Indonésie).
L’annexe VI de l’accord de Bangui révisé de 1999 de l’OAPI, qui vaut réglementation sur
les IG pour ses États membres, renvoie pour la question du contrôle à des dispositions à
prendre au niveau de chaque État.

L’Union européenne, quant à elle, a pris la voie d’un contrôle et d’une certification devant
être exercés par « une autorité compétente » (publique) ou un organisme de certification
accrédité. Ces dispositions valent aussi pour les IG de pays tiers reconnues par l’UE.

La méthode de certification des IG peut se révéler difficile et lourde si elle repose sur de
nombreux référentiels, des cahiers des charges complexes et difficiles à évaluer. En outre,
le contrôle et l’audit exécuté par une organisation de contrôle agréé présuppose que :

• le groupe dispose de moyens financiers de rémunérer ce service ;


• le groupe dispose de la capacité de choisir un organisme de certification
compétent et accrédité ;
• les membres du groupe acceptent de se soumettre à des mesures de
contrôle externe (accès aux sites et documents, prélèvements d’échantillon,
etc.)
• il existe un cadre juridique et des moyens pour l’imposition de sanctions en
cas de fraudes.

Il est essentiel que le rapport d'audit soit remis sans délai et en temps opportun. Le
rapport devrait couvrir tous les aspects liés à l’audit, toutes non-conformités potentielles
observées, ainsi que les recommandations des auditeurs.

La question de la prise en charge du coût du contrôle a été effleurée mais finalement peu
traitée pendant l’atelier. Elle pose la question de la répartition de la valeur ajoutée au sein
de la filière. Dans les pays en développement, on constate que le surcoût est
généralement porté par les producteurs avec finalement un surcoût limité pour le
consommateur. Cela limite de fait les bénéfices économiques pour les producteurs,
l’intérêt de l’IG étant plus dans la sécurisation du débouché.

16
Il est donc essentiel que le calcul économique soit fait en toute transparence afin d’évaluer
la valeur ajoutée de l’IG versus les coûts de certification (si l’objectif est bien d’augmenter
les revenus des producteurs). Selon ECOCERT, dans 80% des cas, le cout du contrôle
est de 0,6 à 0,8% du chiffre d’affaire généré.

Un autre problème repose sur l’existence ou non d’organisations localement implantées


capables de certifier de tels labels.

Il reste qu’il faut bien distinguer la situation d’une IG reconnue par l’Union européenne, qui
doit être contrôlée par un organisme certificateur accrédité, d’une IG d’un pays ACP à
vocation nationale ou régionale qui doit seulement se conformer à des législations
nationales, qui à l’heure actuelle n’existent pas toujours.

3.1.5 Le cadre institutionnel et légal

Les IG ont besoin d’une reconnaissance officielle et par conséquent d’un cadre
institutionnel et légal approprié.

Au niveau international, le premier traité administré par l’Organisation mondiale de la


propriété intellectuelle (OMPI) est la Convention de Paris pour la Propriété industrielle,
signé en 1883. En 1958 est conclu l’Arrangement de Lisbonne concernant la protection
des AO et leur enregistrement au niveau national. Au niveau de l’OMC, ce sont les articles
22 à 24 de l’APDIC qui régissent les IG (cf. encadré). La réglementation OMC sur les IG
est jugée insuffisante du fait qu’elle n’attribue une protection élevée qu’aux vins et
spiritueux.

Dans l’UE, les IG sont reconnues légalement depuis 1992 par le règlement N°2081/92 sur
la protection des IG et des AO pour les produits agricoles et alimentaires (remplacé en
2006 par le règlement N°510/2006)12. Afin de bénéficier d'une protection d’appellation
d'origine protégée (AOP) ou d'une indication géographique protégée (IGP), un produit doit
faire l'objet d'un enregistrement à la Commission européenne. La demande doit contenir
un cahier des charges13 rassemblant au moins les informations suivantes : le nom du
produit agricole, la désignation du produit, la délimitation géographique, les faits attestant
que le produit provient de la zone géographique indiquée, la méthode de production des
produits agricoles, les liens entre la qualité d'un produit et son environnement

12
Règlement accessible sur
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2006:093:0012:0025:fr:PDF
13
Il est à noter qu'un organisme collectif peut demander une modification du cahier des charges, en
particulier pour prendre en compte le progrès scientifique et technique ou pour revoir la délimitation
géographique.

17
géographique14. En outre, la protection sui generis protège contre l’utilisation commerciale
directe d’une IG enregistrée (utilisation mot pour mot).

La protection des IG selon l’ADPIC de l’OMC

L'article 22, qui définit un niveau standard de protection, s'applique à tous les produits. Il impose l'obligation
de protéger les indications géographiques afin de ne pas induire le public en erreur et d'empêcher la
concurrence déloyale.

L'article 23 prévoit un niveau de protection plus élevé ou renforcé pour les indications géographiques
concernant les vins et les spiritueux : à certaines exceptions près, ces indications doivent être protégées
même si une utilisation abusive ne risque pas d'induire le public en erreur. Ce niveau de protection renforcé
permet d’attaquer l’emploi de dénominations telles que « Gold Colombia Style Coffee ».

Exceptions (article 24). Dans certains cas, il n'y a pas lieu de protéger les indications géographiques ou la
protection peut être limitée. L'accord permet notamment des exceptions dans les cas suivants : lorsqu'une
indication est devenue un nom commun (ou “générique”) ou lorsqu'un terme a déjà été enregistré en tant que
marque de fabrique ou de commerce. Deux questions sont débattues dans le cadre du mandat de Doha,
toutes deux se rapportant, quoique de manière différente, au niveau de protection plus élevé prévu par l'article
23 : ces questions sont l'établissement d'un registre multilatéral pour les vins et les spiritueux et
l'extension du niveau plus élevé de protection (article 23) à des produits autres que les vins et spiritueux.
Elles font toutes deux l'objet de vives discussions au niveau des négociations du cycle de Doha.

Même si ces deux questions sont discutées séparément, certaines délégations considèrent qu'elles sont liées.
En juillet 2008, un groupe de Membres de l'OMC a demandé l'adoption d'une “décision procédurale” pour
négocier parallèlement trois questions relatives à la propriété intellectuelle : les deux questions concernant les
indications géographiques, et une proposition en vertu de laquelle les déposants d'une marque de brevet
seraient tenus de divulguer l'origine des ressources génétiques et des savoirs traditionnels utilisés dans leurs
inventions. Cependant, cette idée ne fait pas l'unanimité parmi les Membres, les opposants faisant valoir en
particulier que le seul mandat est celui de négocier le registre multilatéral.

http://www.wto.org/french/tratop_f/trips_f/gi_background_f.htm

Elle interdit aussi l’utilisation commerciale indirecte d’une IG enregistrée dans les cas où :
la fausse indication de provenance est utilisée en renvoyant à la vraie origine
géographique attendue par exemple en utilisant des expressions telle que « type », «
genre », « style », « façon », « imitation », « évocation », même si la fausse indication de
provenance se contente de mentionner la vraie origine géographique attendue.

En Afrique centrale et de l’ouest a été créée en 1962 l’Organisation africaine de la


propriété intellectuelle (OAPI) qui regroupe 16 États principalement francophones. En
1977, un régime de protection des IG avait été adopté dans le cadre de l’Accord de
Bangui sur la propriété intellectuelle. L’accord de Bangui a été révisé en 1999 pour être
mis en accord avec les accords ADPIC de l’OMC, et son annexe VI est consacrée aux IG.
Depuis lors, aucun enregistrement d’IG africaine n’a été demandé.

14Articles 4 et 5 du règlement 510/2006,


http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2006:093:0012:0025:fr:PDF

18
Ce cadre juridique et réglementaire sous-régional permet de reconnaître officiellement en
IG les produits d’origine, et ce simultanément dans tous les États membres. Cependant
les États membres eux-mêmes doivent encore préciser un certain nombre de dispositions
administratives et règlementaires : procédures de réception et d’examen des demandes
d’IG à leur niveau, avant transmission à l’OAPI pour enregistrement ; composition et
fonctionnement de commissions nationales des IG ; modalités de contrôle ; etc. Par
ailleurs, il ne peut y avoir de protection internationale sans protection nationale.

Les aspects institutionnels jouent un rôle primordial dans l’émergence et la promotion des
IG et ceci à plusieurs niveaux :

• des politiques publiques volontaristes et en faveur de la promotion des IG (ex:


politique volontariste de l’UE), y compris au travers d’appuis financiers pour la mise
en place du dispositif IG ;

• des institutions fonctionnelles en mesure d’appuyer les acteurs des filières (dont
les OP) dans l’opérationnalisation de la mise en œuvre des IG ;

• un appui des collectivités territoriales.

L’ensemble de ces conditions sont aujourd’hui rarement réunies dans les pays ACP. On
voit en revanche se développer des politiques affirmées dans de grands pays en
développement (Chine, Inde, Indonésie, Vietnam…) ou émergents (Brésil…).

19
IG, marques privées, marques collectives, labels privés : différents outils pour des situations
et des objectifs différents

- Les marques sont des signes distinctifs qui servent à différencier des produits ou services
identiques ou similaires offerts par des producteurs ou fournisseurs de services différents (source :
OMPI). Elles sont la propriété d’un organisme, d’une entreprise qui peut les revendre. Elles
permettent un contrôle sur la communication, une flexibilité sur la méthode de production. Leur
identification est facile pour le consommateur. Elles intéressent donc les investisseurs privés.

- Les marques collectives peuvent être « simples » ou « de certification ». Simples, elles sont
généralement définies comme des signes servant à distinguer l'origine géographique, le produit, le
mode de fabrication ou toute autre caractéristique commune des produits ou des services des
différentes entreprises qui les utilisent collectivement. Le titulaire peut être soit une association dont
font partie ces entreprises soit toute autre entité, y compris une institution publique ou une
coopérative (source : OMPI).

- Les marques de certification sont généralement accordées à des produits respectant des normes
définies mais ne sont pas réservées aux membres d'une entité. Elles peuvent être utilisées par
quiconque peut certifier que les produits en question respectent certaines normes établies. Dans de
nombreux pays, la principale différence entre marques collectives et marques de certification vient de
ce que les premières ne peuvent être utilisées que par un groupe précis d'entreprises, par exemple
les membres d'une association, alors que les secondes peuvent être utilisées par quiconque respecte
les critères définis par le titulaire de la marque (source : OMPI).

- L’indication géographique est un signe utilisé sur des produits qui ont une origine géographique
précise et qui possèdent des qualités ou une notoriété dues à ce lieu d'origine. Elle peut être utilisée
par tous les producteurs dont les produits ont pour origine le lieu désigné par l'indication
géographique et possèdent les qualités caractéristiques (source : OMPI). L’indication géographique
peut être protégée par une marque collective simple ou de certification dans les pays qui considèrent
que cette protection est suffisante (USA, par exemple) ou par une législation spécifique dans les pays
qui le jugent nécessaire (Union européenne, OAPI, Inde, Chine, Indonésie, etc.). Dans ces derniers
cas, l’IG correspond à un bien public qui ne peut être vendu ou acheté (propriété collective), l’entrée
est libre pour les opérateurs. Elle n’exclut donc pas, contrairement aux marques, et est volontaire.
Elles reposent sur une reconnaissance officielle (si cette reconnaissance est assurée par l’État c’est
un plus) qui constitue une garantie pour le consommateur et permet une publicité collective. Elle peut
être évolutive au niveau du cahier des charges (N.B : il peut exister des marques au sein d’un IG ; ex
: Champagne)

- Les labels publics sont souvent des marques de certification détenues par l’État : c’est le cas en
France du « Label rouge » (qui signifie une qualité supérieure) et du label « bio » (signe distinctif des
produits cultivés en agriculture biologique). Dans ces cas, le cahier des charges est négocié avec
l’État qui le valide, et son contrôle est assuré par un organisme certificateur agréé.

- Les labels privés permettent de développer une stratégie de marketing mais offrent peu de
garanties car ils sont souvent auto-déclarés (avec un risque de manque de rigueur au niveau de la
définition du cahier des charges et du contrôle). Enfin, la multiplication des signes risque de créer une
confusion auprès du consommateur et d’entraîner une suspicion ou un désintérêt plus large pour les
labels. Le commerce équitable est garanti par des labels privés, dont le plus connu est celui de
Fairtrade Labelling Organization (FLO, Max Havelaar dans certains pays).

Les marques et les IG sont parfaitement compatibles


- Des produits sous marques privées peuvent porter le label IG s’ils sont localisés dans la zone de
l’IG et respectent son cahier des charges. Dans ce cas là, les marques privées peuvent même
renforcer la notoriété de l’IG.
- Une marque collective peut être un moyen d’élaborer et faire respecter un cahier des charges en
capitalisant la renommée d’un produit sur un nom qui appartient collectivement aux producteurs :
l’exemple de la pomme de terre « Belle de Guinée » a été présenté lors du séminaire. Enfin, la
marque de certification est dans certains pays la seule façon de protéger une indication
géographique.

20
3.2 Etudes de cas

Un certain nombre de pays exportateurs de café et de cacao ont réussi à promouvoir des
produits d’origine de haute qualité ainsi que des IG comme outil de diversification au sein
de la filière pour approvisionner des marchés de niche, et pour générer des primes par
rapport au marché dit conventionnel. Nous donnons ici un bref résumé des expériences et
des leçons tirées des études de cas choisies dans les secteurs du café et du cacao :
Colombie, Jamaïque, Kenya, Guinée, Côte d'Ivoire, Equateur, Vanuatu, et Ghana.

3.2.1 Café
L'histoire du Café de Colombie est sans doute l'exemple le plus connu parmi les IG café.
L'approche colombienne a consisté notamment dans le choix stratégique d’établir une
dénomination générale qui couvre une grande partie du pays, et par conséquent, de
nombreuses zones de culture du café et de grands volumes vendus à des prix supérieurs
à ceux du café conventionnel. Le succès du Café de Colombie est le résultat d’un contrôle
strict de la qualité, d’une certification et d’une protection juridique aux niveaux national et
international. En 2007, le Café de Colombie fut la première IG non-européenne
enregistrée et reconnue dans l’UE. En outre, la mise en place de l'IG a eu des retombées
positives en termes de développement rural, de distribution des revenus et de stabilité
dans les zones de production et dans les industries affiliées. La production entre 2000 et
2008 a atteint en moyenne 10 millions de sacs avec une année 2009 en baisse à
7,9 millions de sacs. Ceci est largement la conséquence de conditions météorologiques
défavorables, une réduction des engrais appliqués, et une augmentation de la rouille
orangée et de la pyrale du café. Toutefois, les experts s'attendent à ce que le niveau de
production se redresse en 201018.

Le Jamaica Blue Mountain Coffee est un autre exemple intéressant de café d’origine de
haute qualité, avec un volume de production d'environ 1.500 tonnes en 2005-06. Le
Jamaica Blue Mountain Coffee a été essentiellement initié par des efforts du
gouvernement pour la relance du secteur café à travers une amélioration et une
reconnaissance de la qualité. Le succès commercial est largement attribuable aux
facteurs suivants : les caractéristiques physiques et sensorielles du café, l'emplacement
géographique et des conditions naturelles favorables, un contrôle strict de la qualité à tous
les niveaux de la filière, une protection juridique de la marque de certification "Jamaica
Blue Mountain Coffee" aux niveaux local et international, et des efforts importants de

18
Genaro Muñoz, L. 2010. Colombian Coffee Sector Outlook. World Coffee Conference 2010.
International Coffee Organization. February 27, 2010.

21
commercialisation et d'image de marque. Tous ces aspects font que le Jamaica Blue
Mountain Coffee est un des cafés les plus chers au monde, vendu à environ 0,94 US
cents / lb comparé à 0,41 cents US / lb pour des cafés jamaïcains conventionnels.

Le Café du Kenya tire son nom du Mont Kenya, deuxième plus haut sommet d’Afrique
(après le Kilimandjaro). Les premières graines de café ont été cultivées ici en 1893. La
plupart des graines poussent sur les pentes de la montagne, à une altitude de 1.400 à
2.100 mètres, et les principales régions productrices sont le Mt. Kenya West, Kiambu,
Kirinyaga, Muranga, Nyeri, Ruiru et Thika. Ces régions sont en outre des zones agro -
écologiques qui bénéficient de sols et de conditions climatiques favorables pour la qualité
et le goût distinctif du café kenyan. Aujourd’hui, les exploitations couvrent une surface
d’environ 170.000 ha, avec 75,5% appartenant à des coopératives, et 24,5%
d’exploitations privées. Le Coffee Board du Kenya (CBK) est l'organisme national en
charge de tous les aspects liés à industrie du café et a adopté ces dernières années des
mesures visant à augmenter, à diversifier et assurer la production de café kenyan de
haute gamme pour le marché mondial. Le CBK a également joué un rôle considérable
dans la promotion et la mise en œuvre par le gouvernement de la « Loi de 1957 relative
aux marques », amendée en 1994, afin de protéger également les produits contenant une
appellation d'origine en tant que marque de certification. Ceci a notamment favorisé le
développement récent d'une marque de café nationale. Avec l'enregistrement de la
marque de certification « Coffee Kenya» auprès de l'Institut kenyan de la propriété
industrielle (KIPI) en mars 2010, tous cafés qui répondent aux critères de qualité élaborés
par l'industrie du café en collaboration avec le "Bureau kényan des normes" sont autorisés
à porter le logo distinct « Café du Kenya ». En outre, une initiative qui a abouti à l'adoption
d'une loi sui generis sur les indications géographiques a été introduite en 2001. Suite à ce
développement, une « version provisoire de la loi pour l'enregistrement et la protection des
indications géographiques » est en cours d'examen et est discutée entre les autorités
nationales pour éventuelle adoption.

En 2004, les producteurs de café de la coopérative Woko en Guinée ont commencé à


commercialiser leur café Robusta haut de gamme sous le nom de « Café de Ziama »,
pour rendre hommage au terroir du Mont Ziama. Le café Ziama renvoie à des conditions
agro - climatiques et à un système de production spécifiques (exploitations à petite échelle
et méthodes de culture intensive). La région est estimé à environ 2.000 ha, la productivité
à environ 900 kg / ha, avec environ 1.800 tonnes de café commercialisé par an. Le prix de
vente local est environ deux fois celui du café conventionnel, et le café est principalement
acheté par les grands hôtels et exportateurs locaux.

22
Enfin, en Côte d’Ivoire, même s’il n’existe pas à proprement parler de café d’origine
reconnu en tant que tel, un certain nombre d’initiatives sont à mentionner notamment un
exercice de cartographie qui a identifié quatre zones homogènes de production de café
(Abengourou, Aboisso, Divo, Man) sur la base du génotype scientifique et d'analyses des
sols ainsi que les profils de goût. Le contrôle qualité post-récolte du café du terroir est
actuellement administrée par le Centre National de Recherche Agronomique (CRNA), et
les capacités « cupping » sont appuyés par le CIRAD. Néanmoins, il y a une bonne marge
d’amélioration au niveau des efforts de renforcement des capacités et de l’appui technique
aux agriculteurs et des organisations paysannes, la protection juridique et l'élaboration de
stratégies efficaces de commercialisation.

3.2.2 Cacao

Le Cacao Arriba de l'Equateur est un exemple intéressant de « cacao fin » d’origine


spécifique. En 2006, le cacao fin de l'Equateur représentait plus de 60% de la production
de cacao fin mondiale. À l'époque, la production mondiale de cacao s’élevait à 153.000
tonnes, soit environ 5% du cacao mondial19. La réputation préexistante de cacao d’origine
d'Equateur a significativement contribué à faciliter sa popularité auprès des petites
marques européennes et des fabricants de chocolat20. La longue tradition de cacao de
l'Équateur est en grande partie due à des conditions idéales de production à travers la
vallée du fleuve Guayas et des rives fertiles de plusieurs de ses artères. Le cacao du
"haut" du fleuve - la traduction française pour Arriba - est caractérisée par une très courte
période de fermentation post-récolte, un arôme floral et une saveur douce, et profite d'une
très bonne réputation auprès des spécialistes de cacao. Aujourd'hui, l'Equateur produit
plus de la moitié des « cacao fins » du monde pour lequel il reçoit une prime de prix de 20
à 30% supérieur au prix conventionnel de la Bourse de New York. En 2000, le ministère
de l'agriculture a décidé de conserver les caractéristiques de l’espèce par la mise en
œuvre de règles contenues dans un cahier de charges et à fait une demande
d’enregistrement IG pour le cacao Arriba en tant que dénomination d'origine (processus

19
Solorzano, S. 2008. Commercial Opportunities and Marketing Potential. Ecuador, WCF, 22 May
2009.
20
Fabricants europééns qui utilisent le cacao d’Equateur: i.e. Vivani’s Ecuadorian bittersweet
chocolate, Feletti`s 67% Ecuador Dark Chocolate, Lindt GI Chocolate bars (Ecuador, Cuba,
Madagascar), Monoprix store GI brand chocolate bars (Ecuador, Santo Domingo) For more
information see Hughes, J. 2009. Coffee and chocolate – How can we can help developing country
farmers through geographical indications? IIPI, Washington D.C.

23
en cours). D'autres institutions, notamment du secteur public ont également commencé à
soutenir les efforts allant dans cette direction.

Le Cacao du Vanuatu est un autre exemple intéressant. Avec une production moyenne
de cacao d'environ 1.000 tonnes par an, le Vanuatu est un pays producteur et exportateur
relativement marginal. Néanmoins, après deux décennies de monopole étatique de
commercialisation du cacao, la libéralisation du secteur a permis au Vanuatu de se
positionner sur le marché de niche du cacao biologique et de bénéficier de primes
significatives. Le succès est largement attribuable à la coopération entre la société
française de cacao KAOKA avec l’Association des Agriculteurs Biologiques du Vanuatu
(Vanuatu Organic Growers Association, VOCGA), structure de commercialisation
regroupant des coopératives de transformation qui fournissent exclusivement des fèves de
cacao séchées et certifiées biologiques. Les producteurs de cacao au Vanuatu emploient
des méthodes de production traditionnelle et ont respectent des normes de qualité
strictes. La majorité des investissements supplémentaires, les coûts liés à l’assistance
technique, l’accompagnement et l’appui aux coopératives sont pris en charge par des
acteurs publics et privés impliqués dans le secteur. Après quatre années d'importation de
cacao certifié biologique de VOCGA, KAOKA est maintenant suffisamment convaincu de
la qualité et d’une certaine constance de l’offre pour lancer un chocolat d'origine du
Vanuatu.

Le Ghana Cocoa Board (COCOBOD) fait également des efforts pour encourager et
motiver ses agriculteurs pour améliorer la qualité et la productivité de fèves de cacao
haute gamme, grâce à une meilleure formation des agriculteurs, une meilleure promotion
des bonnes pratiques agricoles, des programmes nationaux de lutte contre les ravageurs
et les maladies (blackpod et capside) et des mesures de sensibilisation des acteurs avec
la diffusion du « code de bonnes pratiques international » en matière de contrôle qualité
du cacao. Une initiative intéressante à noter est le « Ghana Fine Flavor Cocoa Project »22
initié par John Scharffenberger (co-fondateur de Scharffen Berger Chocolate Maker). Ce
projet de cacao fin repose sur un contrôle qualité exemplaire, un système de traçabilité et
un matériel génétique exceptionnel. Il s'agit d'une collaboration entre chercheurs,
producteurs, transformateurs et agences de coopération internationale.

En Côte d'Ivoire, des efforts ont été menés dans le sens d’une plus grande différenciation
avec l'enregistrement de la marque déposée «Chocolat du planteur" auprès de

22
http://tiny.cc/caj8x

24
l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) et l'Office national de la
propriété industrielle (INPI) de la Côte d'Ivoire. Le système de contrôle qualité stricte mis
en place semble être un facteur clé de succès. Le contrôle de qualité a lieu à toutes les
étapes de la filière, sac par sac, en assurant que les critères de qualité sont respectés
avant l'étiquetage, ce qui facilite la recherche d’erreurs et l’application de sanctions en cas
de fraude.

Les exemples présentés et décrits plus en détail en annexe montrent


qu’une politique de différenciation efficace du produit repose largement sur une
coopération proactive des différents acteurs publics et privés (ministère de l'agriculture,
coopératives de producteurs, entreprises du secteur privé) et est souvent initiée pendant
des périodes de stagnation ou de baisse des volumes de production et de baisse de la
qualité. Malgré les nombreuses difficultés rencontrées dans les différents pays présentés
pour la mise en place de démarches d’IG, ces études de cas pourraient servir d’exemples
au Cameroun dans le cadre du développement possible d’une démarche IG pour le
secteur café – cacao.

4. Implications possibles pour le Cameroun

4.1 Introduction
Cette section met l'accent sur les conséquences éventuelles d'une démarche IG pour le
Cameroun en prenant en compte un certain nombre de recommandations clés formulées
par les participants et considérées comme des éléments pouvant contribuer à l’élaboration
d’un futur plan d'action. Avant d'entrer dans les détails, il apparaît important à ce stade de
souligner l'attitude généralement positive exprimée par les différents participants
camerounais à l'égard de l'introduction de produits de qualité d’origine spécifique et
notamment d’IG pour le Cameroun. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large
d’amélioration de la qualité des produits, de positionnement sur des marchés de niche
plus rémunérateurs, et d’augmentation des revenus agricoles et de développement rural.
L'approche est donc d'abord centrée sur la qualité plutôt que la quantité. La forte demande
23
pour les cafés et cacao d’origine et de qualité supérieure observée notamment aux

23
Définition de café de spécialité selon la Specialty Coffee Association of Europe (SCAE):
«Le café de spécialité est défini comme une boisson artisanale à base de café de qualité, qui est
jugé par le consommateur (dans un marché limité à un moment donné) comme ayant une qualité
unique, un goût distinct et une personnalité différente, et même supérieur au café conventionnel
offert. Le café de spécialité est fait à base de graines de café qui ont été cultivées dans une zone
définie et conformes aux normes les plus élevées pour le café vert, sa torréfaction, son stockage et
sa préparation ».

25
États-Unis et dans l'UE semble plaider en faveur d'une diversification vers des produits de
haute qualité.

Les recommandations présentées par les différents groupes de travail ont été articulées
autour des questions suivantes :

• Quelle est l’origine régionale spécifique du produit ? En quoi les


caractéristiques de ce terroir diffèrent-elles des autres régions et
qu’apportent-elles de plus pour le produit et par rapport à la perception du
consommateur ?

• Quels café et cacao du Cameroun possèdent déjà une réputation / ou ont le


potentiel d'atteindre une valeur particulière au niveau national et / ou
international ? Quelles sont les caractéristiques spécifiques de ces produits
(y compris la taille des grains, le nombre de défauts, le profil de goût, le
contexte socio-économique, les pratiques agricoles, etc.) qui en font un
produit différent des autres ?

• Les agriculteurs dans certaines régions respectent-ils ou s’engagent-ils à


respecter certaines normes de production et de transformation ? Y at-il des
indications sur des bonnes pratiques agricoles, des normes
environnementales et sociales ? Comment faire en sorte que les
organisations d'agriculteurs, coopératives, transformateurs primaires, et
experts du secteur coopèrent pour définir ensemble un cahier des charges
commun ?

• Quelles sont les mesures nécessaires pour rendre la protection IG


juridiquement contraignante au niveau national et international ? Quels sont
les organismes juridiques responsables ?

• Quelles responsabilités pour quels acteurs ?

• Quelles mesures envisager pour promouvoir les cafés et cacao d’origine


aux niveaux national et international ?

26
4.2 Identification de cafés et cacaos spécifiques
Il a été estimé qu’une IG serait plus efficace si appliquée à des cafés et cacaos bénéficiant
déjà d'une certaine spécificité et d’une réputation.

4.2.1 Café
Le Cameroun figure parmi les quelques pays africains à produire du café Arabica de
qualité, cultivé en haute altitude dans les provinces du Nord et du Nord-Ouest. Le café
Arabica de la région Boyo24 (province Nord-Ouest), par exemple possède des
caractéristiques physiques et un profil aromatique très distinct. Certains experts avancent
que le café ne nécessite qu'une légère à moyenne torréfaction pour libérer son arôme
corsé, ainsi que sa note chocolatée, et sa finition bien arrondie avec des notes de fruits
rouges25. D’autres cafés Arabica ont été mentionnés au cours des discussions et
notamment les cafés originaires de Mifi, Dschang, et Kumbo. A côté de conditions
pédologiques et climatiques favorables, le goût unique de ces cafés est en grande partie
lié aux méthodes de production intensive des petites exploitations agricoles.

Il convient de mentionner les efforts récents du gouvernement pour améliorer la qualité et


le goût du café notamment la construction de cinq unités centrales de traitement dans le
cadre d'un projet financé par la Banque mondiale dans la ville de Satchu dans l’Ouest du
pays. Le processus de décorticage et le lavage mécanique déjà utilisé au Rwanda, au
Kenya et en Ethiopie, ont tendance à améliorer le goût et de générer des primes de prix
de 20 à 30% supérieurs à ceux des cafés conventionnels26.

La commercialisation du café Arabica de haute qualité peut apparaître plus évidente pour
atteindre des prix supérieurs, car ce dernier bénéfice déjà d'une meilleure réputation parmi
les spécialistes par rapport au café Robusta, avec son goût moins raffiné, son taux de
caféine plus élevée, et sa fonction de remplissage pour les mélanges. Néanmoins, les
possibilités de promotion de Robusta d'origine unique et de haute qualité ne doivent pas
être négligées, compte tenu de sa part dans la production totale. Trois Robusta ont été
identifiés : Noun, Moungo, et Nyong.

24
Voir Cameroon Boyo Organic Arabica Coffee: http://www.cameroonboyo.com/
25
Roast Magazine: Origin Profiles – Cameroon
http://www.roastmagazine.com/origins/cameroon/navigating.html
26
Reuters (19 July, 2010): ‘Cameroon builds coffee processing to boost revenue’
http://af.reuters.com/article/investingNews/idAFJOE66I0M520100719

27
4.2.2 Cacao
Le cacao du Cameroun possède divers attributs de qualité d'origine spécifique qui
résultent de conditions météorologiques favorables (un climat chaud et humide
subéquatorial), des sols riches, une production intensive de petite échelle et un goût
unique. Les experts attachent une grande importance aux attributs uniques du cacao
rouge en provenance du Cameroun. Il est à noter que la production de biscuits foncés aux
États-Unis se fait avec un type de cacao rouge similaire. Nkondjock et Nyon ont été
identifiées comme deux régions productrices de cacao fin alors que jusqu'à présent, le
cacao provenant de Mbam et du Mont Cameroun, malgré son arôme très particulier,
passe souvent inaperçu. Un autre exemple intéressant soulevé lors des discussions est
celui du chocolatier français "LE CRIOLLO", basé à Besançon qui, après une visite
d'étude organisée par l’AFDI (Agriculteurs Français et Développement International) a
lancé en 2005 une coopération avec la Confédération nationale des producteurs de cacao
du Cameroun (CONAPROCAM). L'année suivante, un «code de conduite » a été élaboré
avec le soutien de l'IRAD et du CIRAD, ainsi que le logo " qualité CONAPROCAM ", qui
vise à améliorer la qualité des fèves de cacao en aidant les producteurs dans leur activités
pré et post-récolte. Finalement, la CONAPROCAM avec le soutien de LE CRIOLLO est
devenu un exportateur agréé et les premières tonnes de fèves de cacao fin pouvaient être
exportées vers la France.

4.3 Délimitation géographique et caractérisation des produits


Les participants de l'atelier ont suggéré la possibilité de sous-diviser le Cameroun en 8
grandes zones de production de café et de cacao (Nord-ouest, Ouest, Sud-ouest, Littoral,
Sud, Centre, Est, Adamaoua). Malgré les efforts encourageants, tels que le Système
d'Information Géographique (SIG) actuellement en cours de développement par le CICC
et les études de caractérisation des sols entrepris par l'IRAD / MINRESI pour certaines
régions, il existe encore un besoin d'affiner les critères d'analyse, de mettre à jour les
résultats des études, et favoriser la réconciliation des différentes bases de données. En
outre, il y a un manque de données sur les profils de goût du café et du cacao et un
manque physique de dégustateurs. Il convient toutefois de mentionner que l'AAFEX
(Afrique agro-export) et l’UCCAO organisent des formations dans ce sens.

28
Zones de production de café et cacao identifiés pour le Cameroun

4.4 Les parties prenantes


La mise en œuvre d'une approche IG dépendra fortement de la volonté
et de la capacité des acteurs publics et privés à élaborer un cahier des charges commun.
La question de la définition des critères d’éligibilité et celle de la base juridique pour la
protection de l’IG (à travers l’OAPI et l’OMPI) devront également faire l’objet d’une
attention particulière. Le respect des normes définies, la transparence, la responsabilité au
sein de la filière, combinés avec des efforts de promotion sont autant de facteurs
essentiels dans la détermination de la crédibilité et la réputation du produit, et finalement
la volonté des consommateurs de payer une prime liée à la qualité et l’origine du produit.

Il a été suggéré que les organisations de producteurs avec le CICC et le soutien des
ministères respectifs seraient les plus susceptibles de porter la démarche IG. Toutefois,
cela dépendra largement de la stratégie générale adoptée par le Cameroun, notamment le
choix d’aller vers une IG nationale (modèle colombien) ou vers des IG liées à des régions
distinctes.

Par ailleurs, des efforts importants devront être menés notamment vers une plus grande
collaboration entre coopératives d’agriculteurs, transformateurs et industriels en vue de

29
l’élaboration de normes de production et de transformation visant un produit de qualité (cf.
mise en place récente d’unités de traitement centrales et stations de lavage). Les
participants ont également recommandé que l’ONCC puisse maintenir son rôle de
surveillance du contrôle qualité au niveau des producteurs et des coopératives ainsi que
des laboratoires privés (SGS, Unicontrol, Hydrac) et puisse jouer un rôle plus actif dans la
promotion des exportations. D'autre part, il a été recommandé que l’IRAD avec sa vaste
expertise en matière de recherche agricole puisse contribuer à cette démarche.

Enfin, la distribution des revenus au sein des filières devrait être reconsidérée afin de
renforcer le pouvoir de négociation des producteurs par rapport aux acheteurs. Les
coopératives pourraient trouver utile de rediriger une partie des profits au delà d’un certain
niveau dans un fonds commun de soutien.

4.5 Contrôle qualité


Comme pour le café, les propriétés physiques et sensorielles ne peuvent être assurées et
maintenues de façon homogène qu’à travers un contrôle strict de la production et de la
qualité notamment compte tenu de la sensibilité des fèves de cacao à l'humidité et aux
moisissures et l'absence d'installations de stockage adéquates au niveau des exploitations
agricoles. La commercialisation de cacao fin d’origine est d’abord conditionnée par le
respect d’un certain nombre de caractéristiques spécifiques. Les circuits de
commercialisation de ces produits de niches sont généralement plus courts ; les contrats
se font la plupart du temps directement entre producteurs et acheteurs, les intermédiaires
étant moins nombreux. Le respect des critères de qualité définis dans le cahier des
charges commun dépendra en grande partie des efforts de l'ONCC, de la coopération
avec les laboratoires privés agréés, et du renforcement des capacités d'auto-contrôle au
niveau des exploitations et des coopératives. En outre, il a été recommandé de renforcer
les partenariats avec des laboratoires internationaux, non seulement pour suivre les
tendances internationales en termes de goûts des industries liées et des consommateurs,
mais aussi en termes de normes de qualité au niveau international.

4.6 Commercialisation
Finalement, le succès d’un produit protégé par une IG reposera également sur une
stratégie de commercialisation proactive. Aujourd'hui, il existe encore un manque
considérable d'études sur les marchés d'exportation potentiels (Allemagne, Italie, France,
etc.). Certains participants ont recommandé d’augmenter la représentation du café et du
cacao du Cameroun au niveau des foires nationales et internationales et d’améliorer la
coordination entre les différents acteurs nationaux et les transformateurs internationaux.

30
5. Conclusion
L'atelier a souligné les potentialités liées à l’adoption d’une démarche IG pour les secteurs
café et cacao du Cameroun tout en indiquant les difficultés auxquelles les différents
intervenants du secteur privé et public doivent faire face. Les participants ont relevé
l’intérêt de l'approche IG comme une des options possibles pour améliorer la qualité des
produits, accéder à des marchés de niche et accroître les prix.. Il a toutefois été noté que
les IG par eux-mêmes ne devraient pas être considérées comme une solution magique
permettant de résoudre tous les problèmes du secteur café cacao. En particulier, les
questions de qualité doivent être traitées par un ensemble de mesures parmi lesquelles
l’IG ne peut apporter qu’une réponse partielle. Les participants ont reconnu que, même en
Europe, les IG représentent seulement une petite partie des produits alimentaires de
qualité.

La discussion a également mis en évidence les différentes difficultés auxquelles devrait


faire face les filières café cacao dans la mise en place d’une IG, notamment le manque de
coordination et de dialogue entre les différents acteurs et des incohérences dans le
contrôle qualité. Dans ce contexte, il a été de recommander de renforcer les capacités des
différentes parties prenantes, promouvoir les bonnes pratiques agricoles, améliorer les
mécanismes de contrôle qualité, et mettre en place des stratégies de commercialisation
plus offensives. Néanmoins, comme indiqué précédemment, les mesures prises
dépendront en grande partie du choix stratégique adopté, notamment le choix d’aller vers
une IG nationale (modèle colombien) ou vers des IG liées à des régions distinctes. En
termes de protection juridique des produits tant sur les marchés régionaux
qu’internationaux, les participants ont recommandé de passer par l’OAPI.

Si cet atelier de 3 jours a joué un rôle important de sensibilisation auprès des acteurs des
filières café cacao en soulignant les avantages mais également les contraintes liées à la
mise en place d'une approche IG, les acteurs camerounais de la filière devront toutefois
décider de la suite qu’ils veulent donner à cette initiative. Le lancement par le
gouvernement et l'ONCC d’une étude de faisabilité d’un projet pilote IG café cacao qui
examinerait plus en détail certains des éléments déjà indiqué lors des groupes de travail
pourrait ainsi constituer une prochaine étape. Si l’approche IG peut apparaître pour
certains comme ambitieuse voire prématurée dans le contexte de la filière café cacao au
Cameroun, il convient de noter que cette dernière n’est pas exclusive d'autres types
d'approche visant une amélioration de la qualité et une plus grande efficacité de la filière.

31
Sources

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1977 instituant l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI).
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Barjolle, D., Gerz, A., Sautier, D. 2007. Geographical Indications: a way forward for local
development. Summary of the International Training Module , 14 – 25 May 2007,
Prangins, Switzerland
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CTA - OriGIn. 2010. Electronic forum on Geographical Indications (GIs) for ACP
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1243728a6101&i=dd36f314-5d91-42d4-9e47-50b19145f957

ECOWAS / SWAC. 2006. Atlas on Regional Integration in West Africa (Cocoa)


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ECOWAS / SWAC. 2009. Quality or Quantity? Atlas on Regional Integration in West


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to geographical origin and sustainable Geographical Indications. Rome, 2009.
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2010. International Coffee Organization. February 27, 2010.
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Jewell, C. 2009. Ecuador 2009 – A bicentenary celebration World Intellectual Property


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32
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Study prepared by the UNCTAD Secretariat, 2008.
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Reviron, S., Thevenod-Mottet, E., El Benni, N. 2009. Geographical Indications: creation


and distribution of economic value in developing Countries. Swiss National Centre of
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trade.org/images/stories/publications/IP5/report_IP5_GI_Value_2009.pdf

Subagyo, T. Intellectual Property Rights in Indonesia. Indonesian Intellectual Property


Society. http://www.unescap.org/tid/projects/sisindo_s3_tantono.pdf

Van der Laan, H. L. 1988. Cocoa and Coffee Buying in Cameroon: The Role of the
Marketing Board in the South West and North West Provinces 1978 – 1987. North African
Studies Centre, Leiden, The Netherlands. Working paper No. 11/1988.
https://openaccess.leidenuniv.nl/bitstream/1887/433/1/01PUB0000001152.pdf

33
Annexe 1: Agenda

Organization for an International

Geographical Indications Network

Mardi 28 septembre

9.00 – 11.00 Enregistrement des participants

11.00 – 12.00 CEREMONIE D’OUVERTURE


- Représentant Office National Café Cacao (ONCC)
Cameroun
- Point Focal Cameroun
- Représentant CTA, Pays-Bas
- Représentant OriGIn, Suisse
- Représentant Organisation Africaine de la Propriété
Intellectuelle (OAPI), Cameroun
- Mot d’ouverture par le Représentant du Ministre du
Commerce, Cameroun

12.00-12.30 Cocktail d’ouverture offert par l’ONCC

12.30-14.00 Pause déjeuner

14.00-14.15 Présentation de l’agenda et des participants


- M. Vincent Fautrel, CTA

34
14.15–15.45 Panel I - Les filières cacao et café au Cameroun : qualité,
commercialisation et traçabilité
- Représentant, Ministère du Commerce
- Représentant, ONCC
- Représentant, Conseil interprofessionnel du cacao et du
café (CICC)
- Représentant, Union Centrale des Coopératives Agricoles
de l'Ouest (UCCAO)

15.45 – 16.15 Discussion

16.15 – 16.30 Pause café

16.30 – 17.30 Panel II - Introduction aux concepts clés en matière


d’indications géographiques

- Les IG comme instrument de développement durable :


exemples enAfrique et dans les autres PVD, M. Didier
Chabrol, OAPI/CIRAD,France

- La protection juridique des IG et les différentes approches,


M. Massimo Vittori, oriGIn, Suisse

- Le cadre juridique en Afrique, M. Cécé Kpohomou, OAPI,


Cameroun

17.30 – 18.00 Discussion

Mercredi 29 septembre

09.00 – 09.15 Présentation des objectifs de la journée et des panels


- M. Massimo Vittori, oriGIn

Liste des intervenants panels III à VI :


Jose Londono (Federación Nacional de Cafeteros,
Colombie), Amoua Assouan (Global Sustainable
Development Associates, Côte d’Ivoire), Sidibé Daouda
(Ministère de l’Agriculture, Côte d’Ivoire), José Venegas
(Anecacao y Presidente de Ecocafe S.A, Equateur), Gilles
Roche (freelance, France), Philippe Bastide (CIRAD,
France), Kweku Abaka-Ewusi (Ghana Cocoa Board, Ghana),
Sidiki Camara (Coopérative café Ziama, Guinée), Antoinette
Haba Sanoussi (Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage,
Guinée), Kerri-Gaye Campbell-Rushton (Coffee Industry
Board, Jamaïque), Simon Ndaba Mwangi (Coffee Board,
Kenya).

35
09.15 – 10.15 Panel III - Identification de la qualité et de la zone
géographique dans les secteurs du cacao et du café :
enjeux et rôle des acteurs publics

10.15 – 10.45 Discussion

10.45 – 11.00 Pause café

11.00 – 12.00 Panel IV - Association de producteurs et participation des


différents acteurs de la filière à la démarche IG

12.00 – 12.30 Discussion

12.30 – 14.00 Pause déjeuner

14.00 – 15.00 Panel V - Options en matière de contrôle qualité

15.00 – 15.30 Discussion

15.30 – 15.45 Pause café

15.45 – 17.15 Panel VI - Stratégies de commercialisation et de protection


juridique

17.15 – 17.45 Discussion

19.00 – 20.00 Projection/débat autour du film CTA sur les IG

Jeudi 30 septembre

09.00 – 09.15 Rappel des principaux points discutés la veille

09.15 – 09.30 Présentation et répartition des 4 groupes de travail parallèles

09.30 – 12.30 Travaux en groupes

12.30 – 14.00 Pause déjeuner

14.00 – 15.00 Présentation des travaux en groupes et plan d’actions

15.00 – 15.30 Discussion

15.30 – 15.45 Pause café

15.45 – 16.00 Aperçu des programmes d’assistance technique/appui


sur les IG
- M. Massimo Vittori, OriGIn
- M. Vincent Fautrel, CTA
- M. Ousmane Guindo, FAO (à confirmer)

16.00 – 16.30 Séance de clôture


- Représentant ONCC, Cameroun
- Représentant CTA

36
- Représentant OriGIn
- Représentant OAPI
- Représentant du Ministère du Commerce, Cameroun

Nota Bene :
Les panels III à VI viseront à partager avec le Cameroun l’expérience des
différents pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et des Caraïbes impliqués dans des
démarches de différenciation autour de produits de qualité dans les secteurs café
cacao.

37
Annexe 2 : Liste des participants

Titre Prénom Nom de famille Pays Fonction Organisation


M. Nicolas Poyade Cameroun ADM / SIC USICAM
M. Norbert Fotsing Cameroun Directeur Général CAPLAMI
M. Apollinaire Ngwe Cameroun Président CICC (Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café)
M. Alexis Koundi Cameroun Président CONAPROCAM
M. Auguste Ndongo Essomba Cameroun Directeur Général Exportateur cacao
M. Victor Dicka Dicka Cameroun PCA FEUGIC-APAL
M Leonard Oki Ombete Cameroun Délégué FUCAMB MBANGASSINA
M. Charles Booto A Ngon Cameroun Directeur Général de l’ANOR Ministère de l’Industrie
Mme Angéline Katchuajene Cameroun point focal IG Ministère de l'Agriculture
M Sylvestre Essono Messanga Cameroun Sous-directeur Ministère du Commerce
M. Christopher Mbah Cameroun Directeur Général NWCA
Mme Michele Dénise G. Akamba Ava Cameroun Directeur Contrôle Qualité Office national du cacao et du café (ONCC)
M. Pierre Etoa Abena Cameroun Conseiller technique Office national du cacao et du café (ONCC)
M. Omer Gatien Maledy Cameroun Conseiller Technique en charge du café Office national du cacao et du café (ONCC)
M. Michael Ndoping Cameroun Directeur Général Office national du cacao et du café (ONCC)
M. Didier Chabrol Cameroun AT CIRAD Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI)
M. Cécé Kpohomou Cameroun Chargé de programme IG Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI)
Josué
M. Pamansie Cameroun Directeur Général SOCOOPAM
Mbunjungam
Directeur Général/Représentant collège des
M. Jean Pierre Fogue Cameroun UCAL (Union des Coopératives du Littoral)
Producteurs
M François Mefija Foka Cameroun Directeur Général UCCAO Bafoussam
M. Ephraïm Tchakounte Cameroun Directeur Général UTI (Exportateur café)
M. Ousmane Guindo Cameroun Représentant FAO
M. Adamou Ngoucheme Cameroun Chef de cultures adjoint Societe Civile Agricole les Freres du NOUN
M. Ernest Ngankang Cameroun Directeur usine torrefaction Brûleries modernes
M. Patrick Desplaces Cameroun Directeur Brûleries modernes
Mme Amoua Assouan Côte d'Ivoire Expert cacao Global Sustainable Development Associates (GSDA)
M. Sidibé Daouda Côte d'Ivoire point focal IG Ministère de l’Agriculture
M. Philippe Bastide France Exert cacao Consultant indépendant (ex expert CIRAD)
M. Kweku Abaka Ewusi Ghana Executive director Ghana Cocoa Board
M. Sidiki Camara Guinée Directeur Coopérative café Ziama
Mme Antoinette Haba Sanoussi Guinée point focal IG Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage
M. Simon Ndaba Mwangi Kenya Coffee industry regulator Coffee Board of Kenya
M. Massimo Vittori Suisse Secrétaire général OriGIn
M. Vincent Fautrel Belgique Coordinateur Programme Commerce CTA
38
Annexe 3 : Discours d’ouverture

Atelier d’experts internationaux sur les enjeux de la démarche IG

dans le secteur café-cacao au Cameroun

Cérémonie d’ouverture

Allocution de M. Vincent Fautrel,

Coordonateur Programme Commerce Agricole

CTA ACP-UE

Monsieur le Ministre, Madame la DGA de l’OAPI, Monsieur le DG de l’ONCC,


Madame la Représentante du MINADER, Monsieur le Secrétaire Général d’OriGIn,
Mesdames et messieurs, chers collègues,

Permettez moi tout d’abord, au nom de Mr Michael Hailu, Directeur du Centre


Technique de Coopération Agricole et Rurale ACP-UE, de vous souhaiter à toutes
et à tous la bienvenue dans cette superbe ville de Yaoundé et vous remercier
d’avoir bien voulu répondre à notre invitation.

Je souhaiterais également remercier nos partenaires l’ONCC, OriGIn et l’OAPI


d’avoir accepté de nous appuyer dans cette initiative, qui je l’espère, aura des
retombées concrètes au Cameroun et peut-être dans d’autres pays africains
représentés ici.

Je voudrais avec votre permission resituer le cadre général de cette réunion et


vous présenter quelques éléments d’analyse et de réflexion qui nous ont poussé à
initier cet atelier.

Je souhaiterais partir tout d’abord d’un bref aperçu du contexte général des
relations commerciales agricoles ACP UE. Une brève analyse du commerce
agricole ACP-UE fait ressortir les points suivants.
Les pays ACP représentent une part de plus en plus faible des importations
agricoles de l’UE en raison notamment de la concurrence de plus en plus forte des
pays émergents agro-exportateurs comme le Brésil, la Thaïlande, l’Indonésie pour
ne citer que les principaux.
Cette concurrence avec les pays émergents se renforce sous l’effet de l’érosion
des préférences commerciales des pays ACP via la libéralisation multilatérale au
niveau de l’OMC mais également via la multiplication des ALE signés par l’UE
(méditerranée, Amérique latine, Asie). L’exemple le plus parlant sans doute pour le
Cameroun étant l’accord entre l’UE et certains pays d’Amérique Latine qui prévoit
une baisse des droits à l’importation sur les bananes dollar.
Non seulement les marges préférentielles diminuent mais les réformes en cours de
la PAC en Europe font baisser la valeur même de ces préférences, l’exemple le
plus direct étant la réforme du secteur sucrier européen qui s’est traduit par une
baisse de plus de 30% du niveau des prix garantis dont bénéficiaient pendant
longtemps les pays ACP membres du protocole sucre, protocole qui a pris fin en
octobre 2009 il y a tout juste un an.

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Par ailleurs, on assiste sur le long terme à une diminution et une volatilité de plus
en plus forte des prix des matières premières même si on a connu un boom
important sur 2008 avec une correction en 2009 avec la crise financière.
Au delà de l’érosion des préférences qui constituent un élément majeur sur le pilier
accès au marché, les pays ACP doivent également faire face à une montée en
puissance des barrières non tarifaires et notamment les normes SPS tant au
niveau du public que du privé, préoccupation aujourd’hui majeure de la plupart des
pays ACP exportateurs.
Parallèlement à cette situation, le marché européen vit une mutation importante
sous l’effet notamment de la réforme de la PAC qui met la priorité sur les aspects
qualité et valorisation des produits et savoir-faire locaux au détriment d’une
approche quantitative qui a marqué pendant longtemps la gestion des marchés
européens.
On observe que cette mutation reflète également des changements importants des
modes de consommation en Europe, les consommateurs étant de plus en plus
soucieux de la qualité de leur alimentation et des implications de leur mode de
consommation sur l’environnement mais également en matière éthique.

Pour les pays ACP, cette tendance lourde comporte des aspects contraignants
importants (comme par ex le renforcement incessant des normes SPS) mais
également des opportunités à saisir : produits bio, produits équitables, produits du
terroir.

Les IG en tant qu’outil de différenciation et de valorisation des produits peuvent


donc apparaître comme une option intéressante pas uniquement pour les pays du
Nord mais également pour les pays du Sud qui doivent aujourd’hui revoir
complètement leur stratégie d’exportation s’ils veulent pouvoir se maintenir sur les
marchés et faire face à la concurrence. On sait que ces questions sont aujourd’hui
de plus en plus débattues au niveau des négociations commerciales que ce soit à
l’OMC avec l’UE qui pousse pour une extension du registre des IG au delà des
vins et spiritueux mais également dans les négociations bilatérales.

La question des IG est une question difficile car elle renvoie à différents aspects :
des aspects de stratégies de développement économique, des aspects juridiques
liés à la question complexe des DPI, mais également des aspects institutionnels.

Pour le CTA, l’objet de ce séminaire est de pouvoir sensibiliser un certain nombre


d’acteurs sur les enjeux liés à une démarche IG pour les filières café cacao au
Cameroun et de mettre sur la table les différentes questions posées.

Si les expériences d’IG en Europe mais également dans d’autres pays au Sud
montrent à l’évidence des bénéfices importants pour les communautés impliquées,
les difficultés et les échecs sont aussi nombreux.
A quelles conditions la démarche IG pourra-t-elle accompagner le processus de
relance des filières café cacao au Cameroun ? Quelles doivent en être les pré
conditions ? Quels rôles doivent jouer les différents acteurs ? Autant de questions
qui devront faire l’objet de débats qui s’annoncent vifs.

Je finirai juste en rappelant que notre mandat est avant tout de pouvoir faire
circuler l’information, faciliter le dialogue et le partage d’expérience tant entre les
ACP et l’UE qu’entre les différentes régions ACP et je souhaite saluer à ce titre la
présence de nos collègues de Guinée, de Côte d’Ivoire, du Kenya et du Ghana qui
ont accepté de partager avec nous leur précieuse expériences.

Merci et bon atelier à vous

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Atelier d’experts internationaux sur les enjeux de la démarche IG
dans le secteur café-cacao au Cameroun

Cérémonie d’ouverture

Allocution de M. Massimo Vittori,

Secrétaire général, oriGIn

Monsieur le Secrétaire général du Ministère du Commerce,


Madame la Directrice général adjointe de l’Organisation Africaine de la Propriété
Intellectuelle (OAPI),
Monsieur le Directeur général de l’Office national café-cacao (ONCC),
Monsieur le représentant du Centre technique de coopération agricole et rurale
(CTA),
Mesdames et Messieurs,
Chers collègues,
Bonjour !

C’est un honneur et un plaisir d’être là parmi vous aujourd’hui. OriGIn,


l’organisation mondiale des producteurs d’Indications Géographiques (IG) –
institution que je représente – est fière d’avoir contribué à organiser cet atelier, en
partenariat avec l’ONCC, le CTA et l’OAPI, dont je tiens à remercier
personnellement les représentants pour leur professionnalité et leur engagement.
Travailler avec vous a été un plaisir et j’espère que cet atelier ne représente que la
première étape d’une longue coopération !

Mesdames et Messieurs, aujourd’hui je souhaite attitrer votre attention sur 2


aspects principaux concernant les IG. D’une part, la démarche de diversification de
la production et de positionnement sur le marché fondée sur la qualité
géographique est devenue désormais un phénomène mondial. L’atelier
d’aujourd’hui montre clairement l’intérêt pour une telle démarche au Cameroun.
D’ailleurs, le projet de mise en valeur des IG dans les pays de l’OAPI, financé par
l’Agence française de développement (AFD), dont en discutera pendant l’atelier,
témoigne des potentialités en Afrique centrale et occidentale. Et encore en Afrique,
entres autres, le Maroc, l’Afrique du sud et le Kenya sont très actifs dans la mise
en œuvre de stratégies de développement rural axées sur les IG. En dehors de
l’Afrique, si au Cambodge 2 premières IG viennent d’être enregistrés, l’Inde
protège actuellement 117 IG, dont la grande majorité en relation avec des produits

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artisanaux. A ce sujet, je vous signale que l’Union européenne (UE) n’a pas une
législation communautaire sur les IG artisanales. Enfin, pour ce qui est de
l’Amérique latine, le Brésil, le Pérou, le Chili et la Colombie, dont l’IG « Café de
Colombia » a été la première IG non-européenne protégée dans le cadre de
l’Union, sont également très avancés dans la réflexion et la pratique des IG. Ainsi,
la pratique des Etats montre que les IG sont un véritable concept mondial.

D’autre part, et je viens au deuxième point de mon discours, plusieurs aspects la


démarche IG sont à mon avis très adaptés aux stratégies de développement rural,
en particulier dans les pays en développement. Tout d’abord, les IG peuvent
représenter une source d’emploi et de richesse importante. A titre d’exemple,
500.000 producteurs adhèrent à la « Federación Nacional des cafeteros de
Colombia » (FNC) et le secteur génère 4 million d’emplois indirectes, voire 35%
des emplois du secteur agricole. D’ailleurs, la démarche IG peut lancer un cycle
vertueux dans des zones rurales, en produisant des effets positifs dans des
secteurs parallèles, comme par exemple le tourisme, en en favorisant la
préservation de la biodiversité et la protection de l’environnement. D’autre part, il
s‘agit d’un droit de propriété intellectuelle collectif qui, à certaines conditions,
permet aux producteurs de s’approprier de la valeur ajoutée. La différentiation
axée sur la qualité géographique a également le potentiel de transformer des
produits de base en produits de haute gamme ainsi que de favoriser l’accès aux
marchés internationaux, étant donné des règles du commerce international de plus
en plus exigeantes en matière de traçabilité. Enfin, les IG ne peuvent pas faire
objet de délocalisation, sont très adaptées à protéger les savoirs traditionnels
d’une communauté et nécessitent une dynamique de coopération parmi les
producteurs de la filière.

A la lumière de ces considérations, je salue l’intérêt que la démarche IG suscite au


Cameroun. L’objectif de ce séminaire est justement de lancer une réflexion
stratégique et d’étudier comment les IG peuvent répondre aux attentes des
producteurs de la filière café-cacao au Cameroun ; attentes en termes de création
et répartition de la valeur ajoutée, traçabilité, structuration de la filière. Néanmoins,
et je tiens à le souligner tout de suite, l’IG n’est pas et ne doit pas être perçue
comme un simple instrument de marketing. Cette démarche à ses règles et ses
coûts. Il s’agit d’effectuer un investissement pour assurer une plus haute qualité
des produits ainsi que de construire une réputation. Et n’oubliez surtout pas que, si
des années de travail sont nécessaires à bâtir une réputation, un seul jour est

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suffisant pour la détruire. Ainsi, la qualité doit être assurée dans le temps. Pendant
ces trois jours, nous aurons la possibilité de mieux connaître l’expérience d’autres
pays en développement, qui se sont lancés dans cette « aventure collective » dans
les secteurs du café-cacao et nous allons en tirer des enseignements, dans un
esprit de partage des connaissances. Très intéressant, à mon avis, est de
souligner la composante « Sud-Sud » de cet échange. Enfin, permettez-moi de
vous dire que les IG sont un sujet passionnant, qui met en relation l’aspect local de
la production avec les marchés internationaux, ainsi que la tradition du savoir-faire
avec l’innovation. Je vous souhaite des excellents travaux et j’espère que, suite à
l’atelier, vous aussi serez devenus des passionnés de cette matière et surtout,
vous en aurez tiré des enseignements pratiques pour vos activités respectives !

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Common questions

Alimenté par l’IA

L'absence de soutien gouvernemental direct a augmenté la vulnérabilité des producteurs de café-cacao aux fluctuations des prix mondiaux, accentuant la concurrence et poussant certains vers des cultures alternatives plus rentables. En outre, sans soutien pour stabiliser les prix ou subventionner les intrants, il est plus difficile pour les producteurs d'investir dans de meilleures pratiques ou technologies pour améliorer la qualité et la productivité .

Le Conseil Interprofessionnel du Café et du Cacao du Cameroun (CICC) agit en tant qu'organe consultatif et intermédiaire sur les questions de développement, financement, marketing et aspects fiscaux des filières café-cacao. Il fournit un appui technique, promeut le respect des règles, applique des sanctions si nécessaire, et communique les principes du commerce éthique. Le CICC favorise également la commercialisation locale par la création de comités, organise des formations professionnelles, et encourage l'échange d'informations et la participation à des foires .

Les fluctuations des prix des cafés Robusta et Arabica jouent un rôle crucial, car la baisse importante du prix, comme celle observée à 17,37 cents US/lb en 2001, a affecté la viabilité économique du secteur. Malgré une remontée à environ 70 cents US/lb, les fluctuations entraînent une exposition à la volatilité des prix mondiaux, ce qui force les producteurs à diversifier leurs cultures. Les prix d'Arabica offrant généralement une prime de 20 à 30% par rapport au Robusta influencent les décisions stratégiques des producteurs .

La réorganisation du secteur café-cacao au Cameroun a été provoquée par la crise économique mondiale des années 1980 et la forte baisse des prix des matières premières, ce qui a poussé à l'introduction de mesures d'ajustement structurel au début des années 1990. Cela visait à réduire les coûts, améliorer l'efficacité du marché et promouvoir le rôle du secteur privé. Ces réformes ont inclus la dissolution de l’ONCPB et la suppression des mesures de soutien gouvernementales, ce qui a eu pour conséquence une désorganisation du secteur avec une diminution de la qualité et de la quantité de production .

Le secteur café-cacao au Cameroun a été structuré par la création de l'ONCC et du CICC, qui jouent des rôles de régulation et de soutien. Ces organisations supervisent la qualité, facilitent la commercialisation et soutiennent la formation professionnelle. Elles agissent comme des intermédiaires entre les producteurs, le marché, et les pouvoirs publics, contribuant à améliorer la traçabilité et la compétitivité des produits à l'international .

Les petites exploitations agricoles, souvent d'une superficie d'un hectare, représentent la majorité des producteurs de cacao au Cameroun, contribuant à une production de 197.000 tonnes en 2009/2010. Cultivant dans un système mixte avec d'autres cultures vivrières, elles influencent la structure de production, principalement manuelle et intensive en travail, ce qui limite les économies d'échelle mais permet une production localisée et souvent de qualité .

Les appellations d'origine (AO) signalent un lien fort avec une région précise, où la qualité et les caractéristiques du produit dépendent exclusivement du milieu géographique, comme le définit l'accord de Lisbonne et l'AOP européenne. À l'inverse, une IG, comme l'IGP, indique un lien moins strict où certaines phases de production peuvent se dérouler en dehors de la zone délimitée, permettant plus de flexibilité dans les ingrédients ou étapes de fabrication .

Pour le café, la juste maturité des cerises et les méthodes de traitement (semi-lavé ou entièrement lavé) sont essentielles. Pour le cacao, la durée de fermentation post-récolte, le séchage et l'écabossage après récolte sont critiques. Ces étapes déterminantes doivent être contrôlées pour garantir les caractéristiques spécifiques des produits, et sont définies dans un cahier des charges assurant la qualité et la traçabilité .

Les défis pour les producteurs africains incluent la sensibilisation à l'importance des indications géographiques (IG) et leur adoption, car la protection sous IG est peu connue parmi eux. L'État doit jouer un rôle de facilitateur plutôt que d'initiateur, ce qui nécessite une organisation structurée des producteurs. De plus, les marchés visés par les IG étant souvent internationaux, ils exigent des investissements significatifs en qualité, reconnaissance et promotion .

La mise en place d'une certification IG peut renforcer la confiance des consommateurs en garantissant l'origine et la qualité du produit, ce qui est crucial pour accéder aux marchés internationaux spécialisés. Cela pourrait également améliorer la compétitivité du café-cacao camerounais face à d'autres producteurs mondiaux en différenciant leurs produits par leurs caractéristiques uniques et augmentant potentiellement le revenu des producteurs .

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