Stockage d'énergie et piles à combustible
Stockage d'énergie et piles à combustible
Université de Ghardaïa
Cours
Ce module est destiné aux étudiants du deuxième année master énergies renouvelables en
électrotechnique pour le premier semestre, selon le contenu programmé dans le canevas du
ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Avant d’accéder à ce module, les étudiants doivent avoir des prérequis sur
l’électrotechnique générale, la thermodynamique, la chimie fondamentale, et la physique
ii
Sommaire
iii
II.3.3 Caractéristiques d’un accumulateur au Plomb acide ............................................... 21
2.4. Supercondensateur ...................................................................................................... 23
2.4.1 Rappel sur les condensateurs .................................................................................... 23
II.4.2 présentation d’un supercondensateur ....................................................................... 25
II.4.3 Applications des supercondensateurs ...................................................................... 27
II.4.4 Différentes familles des supercondensateurs ........................................................... 28
II.4.5 Modélisation des supercondensateurs ...................................................................... 28
Chapitre III. Piles à Combustible (P.A.C.)
III.1 Historique .................................................................................................................. 31
III.2 Principe de fonctionnement ....................................................................................... 32
III.3. Cinétique et rendement d’une PAC .......................................................................... 33
III.4 Différents types de piles ............................................................................................ 35
III.5 Production d'hydrogène ............................................................................................. 37
III.5.1 Réforme du méthane à la vapeur ............................................................................ 37
III.5.2 Réaction de décalage eau-gaz ................................................................................. 38
III.5.3 Electrolyse de l’eau pour la production d’hydrogène ............................................. 38
III.6 Stockage d’hydrogène ............................................................................................... 38
III.7 Applications dans le domaine de l’automobile.......................................................... 39
III.8 Applications dans le domaine résidentiel .................................................................. 39
Références bibliographiques.............................................................................................. 40
iv
Introduction générale
1
Chapitre I.
Cette partie présente l’organigramme des différents modes de stockage d’énergie, puis le
stockage potentiel d’énergie par pompage d’eau et par air comprimé, ainsi le stockage cinétique
d’énergie par volant d’inertie.
L’énergie peut être stockée sous une des différents modes présentés dans Fig I.1.
Stockage de l'énergie
Mécanique
Sous forme d'énergie potentielle
Par pompage d'eau
Air comprimé
Sous forme d'énergie cinétique
Sous forme
C’est les techniques capables de stocker de l'énergie avec des grandes quantités et qui
peuvent être utilisées par un gestionnaire de réseau.
3
§ Stockage à faible et moyenne échelle
C'est les utilisations peuvent servir le système électrique mais également la production
décentralisée pour nombreux utilisations.
Echelle de stockage de
l'énergie
Stockage à grande échelle
Par système hydraulique
Sous forme d'air comprimée
Couplage avec un stockage de gaz naturel ou liquéfiée
En faisant des réservoirs d’eau dans les barrages, on accumule de l'énergie qui ne sera
transformée en électricité qu'en fonction des besoins instantanées du réseau. C’est ainsi que
certains barrages fonctionnent essentiellement aux heures de pointe, Fig I.3. Il est possible d'aller
plus loin en utilisant l'électricité produite durant les heures creuses pour pomper de l'eau depuis la
vallée et remplir à nouveau le barrage. On parle alors de station de transfert d'énergie par pompage,
ou STEP (Stations de transfert d'énergie par pompage) [1].
4
Fig I.3 Principe de fonctionnement pour un STEP
Une turbine hydraulique est une machine tournante entraine le générateur, le rendement des
turbines sont situées généralement entre 80 et 90 %, il existe trois principaux types de turbines
Pelton, Francis et Kaplan.
La turbine Pelton est un type de turbine à eau qui a été développée par Lester Ella Pelton
dans les années 1870. Elle est généralement utilisée pour les centrales à haut et à faible débit. Les
buses sont des jets d'eau directs puissants et à grande vitesse contre une série rotative de godets en
forme de cuillère, également connus sous le nom "impulse blades", qui sont montés autour de la
jante circonférentielle d'une roue motrice également appelée "runner". Lorsque le jet d'eau frappe
les pales, la direction de la vitesse de l'eau est modifiée pour suivre les contours du godet. L'énergie
5
impulsionnelle de l'eau exerce un couple sur le godet et le système de roue, faisant tourner la roue;
le jet d'eau lui-même fait un « demi-tour » et sort sur les côtés extérieurs du seaux [3].
La turbine Pelton est préférée pour l'hydroélectricité, lorsque la source d'eau disponible à
une hauteur relativement élevée (10-2000 m) à de faibles débits (0.04-1.5 m3/s).
La turbine Francis a été inventée au 19ème siècle par James B. Francis et elle est utilisée
pour une chute moyenne et un débit moyen d’eau. La turbine Francis est un type de turbine à
réaction, une catégorie de turbine dans laquelle le travail du liquide arrive à la turbine sous une
pression immense et l'énergie est extraite par les aubes de turbine à partir du travail du liquide. Le
tube de sortie de la turbine est conçu pour aider à ralentir l’écoulement d'eau et à récupérer la
pression, Fig I.5. L’écoulement d'eau est radial de l'extérieur vers l'intérieur.
Les turbines Francis couvrent une plage d’hauteur moyenne (40-400 m) et un débit moyen
(0.1-6m3/s). Son efficacité diminue quand le débit diminue. Elles peuvent également être utilisées
pour le stockage par pompage, où un réservoir est rempli par la turbine (agissant comme une
pompe) entraînée par le générateur agissant comme un gros moteur électrique pendant les périodes
de faible demande de puissance [4].
6
Fig I.5 Turbine Francis
La turbine Kaplan a été développée en 1913 par le professeur Autrichien Viktor Kaplan.
Elle a des pales réglables et elle est utilisée pour les faibles vitesses et les débits élevés. Elle s'agit
d'une turbine à réaction à flux entrant, ce qui signifie que le travail de fluide charge la pression
lorsqu'il se déplace dans la turbine et abandonne son énergie. L'entrée est un tube en forme de
volute qui s'enroule autour du "wicket gate". L'eau est dirigée tangentiellement à travers le portillon
et les spirales sur un coureur en forme d'hélice, le faisant tourner, Fig I.6.
Les turbines Kaplan sont largement utilisées pour la production d'énergie électrique. Elles
couvrent les sites hydroélectriques les plus bas (10–30 m) et elles sont particulièrement adaptées
aux conditions de débit élevé (300-10000 m3/s). Les grandes turbines Kaplan sont conçues
individuellement pour chaque site afin de fonctionner avec le rendement le plus élevé possible
(>90%). Elles sont très coûteuses à modeler, à fabriquer et à installer, mais elles fonctionnent
pendant des décennies [5].
7
Fig I.6 Turbine Kaplan
En 1903, Anthony Michel a développé la turbine cross-flow, et elle est utilisée pour les
basses hauteurs. (10-70 m) Comme pour une turbine à eau, l'eau est admise au bord de la turbine.
Après avoir dépassé le "runner", il repart du côté opposé. Le passage à travers le "runner" deux
fois fournit d'efficacité plus élevé, Fig I.7. La turbine cross-flow est une machine à faible vitesse
qui convient bien aux emplacements à faible hauteur (2-200 m) mais à débit élevé (0.03-16 m3/s).
L'efficacité maximale d'une turbine cross-flow est légèrement inférieure à celle d'une
turbine Kaplan, Francis ou Pelton. Elle a un prix bas et une bonne réglementation. Comme l'eau
traverse le "runner" deux fois, offre une efficacité supplémentaire. Les turbines cross-flow sont
principalement utilisées dans les mini et micro centrales hydroélectriques. Ainsi son bon point
lorsque l'eau quitte le "runner", il aide à le nettoyer des petits débris et de la pollution [6].
8
Tableau I.1 Plage d’hauteur et débit de chaque type de turbine
Type Chutes Débits
Pelton 10 - 2000 m 0.04 – 1.5 m3/s
Francis 40 - 400 m 0.1-6 m3/s
Kaplan 10 - 20 m 300-10000 m3/s
Cross flow 2-200 m 0.03-16 m3/s
9
I.4.3 Pertes dans une centrale hydraulique
La figure ci-dessous (Fig I.9) résume les pertes existes pour une production hydroélectrique
et comment calculer le rendement pour une centrale.
Le principe de CAES (Compressed Air Energy Storage) comme illustré dans Fig I.10
consiste à utiliser l'énergie électrique excédentaire pour comprimer l'air qui est ensuite stocké dans
un réservoir souterrain. La compression de l'air génère de la chaleur. L'air peut être libéré vers une
chambre de combustion dans une turbine à gaz pour générer de l'électricité [7].
10
Fig I.10 Principe de fonctionnement des CAES
[Link] Conventionnel
L'air chaud comprimé à la sortie du compresseur est directement envoyé dans une chambre
de stockage, l'efficacité des systèmes conventionnel est environ de 50 %.
I.5.1.2 Adiabatique
Les CAES adiabatiques sont semblables aux systèmes conventionnels mais incluent en plus
un système permettant de stocker la chaleur, efficacité est environ de 70 %.
I.5.1.3 Isotherme
Il est utilisé pour le stockage inertiel de l’énergie, ou l’énergie est stockée sous forme
d’énergie cinétique sur un disque tournant à la vitesse de 130 à 265 tr/s.
11
convertisseur pilote la machine électrique de sorte qu’elle fonctionne en générateur, le volant sera
freiné et l'énergie sera restituée au réseau. FigI.11 montre le principe [8].
Rappelons que l’énergie cinétique 𝐸𝑐 de la translation d’une masse 𝑚 à une vitesse 𝑣 est
donnée par :
/
𝐸𝑐 = 𝑚𝑣 0 (I.2)
0
L’énergie cinétique 𝐸𝑐 de la rotation d’un système avec un moment d’inertie 𝐽 à une vitesse
de rotation W est donnée par :
/
𝐸𝑐 = 𝐽𝛺0 (I.3)
0
Le moment d’inertie des parties tournantes pour quelques cas élémentaires est donné dans
le tableau 1.2.
12
Tableau I.2 Moment d’inertie pour quelques cas
Systèmes Moment d'inertie
Masse d'une particule 𝑚. 𝑟 0
Cylindre plein de masse M 1
𝑀. 𝑟 0
2
Cylindre creux de masse M 1 0 0
𝑀(𝑅`'a + 𝑅b>a )
2
Barre stationnaire de masse M et de longueur L 1
𝑀𝐿0
tournant auteur de son centre de gravité 12
Notons que pour augmenter l’énergie cinétique stockée, il faut à la fois une vitesse de
rotation élevée et un moment d’inertie important.
Cependant on se limite au volant et à sa vitesse périphérique 𝑉𝑝 où
𝑉𝑝 = 𝛺 𝑅6 (I.4)
𝑅𝑟 est le rayon du volant.
Ainsi l'énergie stockée dépend directement de la vitesse maximale périphérique 𝑉𝑝𝑚𝑎𝑥
admise par la partie tournante compte tenu de sa résistance mécanique à la traction en limite
élastique 𝑅𝑒, de sa masse volumique ξ et de sa forme.
AB
𝑉;<=> = 𝑘@ (I.5)
C
13
Exercice
Un cylindre plein de masse de 200 kg et de rayon de 50 cm tourne avec une vitesse de 2400
tr/min.
Calculer l'énergie stockée par ce cylindre.
14
Chapitre II.
Stockage électrochimique
II.1 Introduction
Deux formes de stockage d’énergie seront présentées dans cette partie, le stockage sous
forme électrochimique par différentes technologies de batteries et stockage sous forme électrique
par les condensateurs et les supercondensateurs.
2- Installer les batteries au côté réseau (Fig II.2), là où le courant continu du PV a déjà été
converti en alternatif. Un onduleur séparé convertit le courant alternatif en courant continu pour le
stocker dans les batteries. Lorsque la batterie se décharge, le même onduleur séparé convertit le
courant continu en courant alternatif.
16
Fig II.2. Batterie à côté réseau
17
II.2.4 Batteries nickel-métal-hydrure (Nickel-Metal Hydride NiMH)
Les batteries NiMH ont une densité d'énergie élevée, comparable à celle des batteries
lithium-ion (voir ci-dessous). Cependant, les batteries NiMH souffrent d'un taux élevé
d'autodécharge.
18
Fig II.5 Batteries Lithium-Ion [25]
La batterie fonctionne sur la réaction d'oxydation et de réduction d'un électrolyte avec des
métaux. Lorsque les électrodes (deux substances métalliques différentes) sont placées dans un
électrolyte dilué, une réaction d'oxydation et de réduction à lieu respectivement dans les électrodes.
Suite de la réaction d'oxydation, une électrode est chargée négativement appelée cathode et en
raison de la réaction de réduction, une autre électrode est chargée positivement appelée anode.
Donc la cathode forme la borne négative tandis que l'anode forme la borne positive d'une batterie.
Pour bien comprendre le principe de base de la batterie, il faut avoir le concept de base des
électrolytes et de l'affinité des électrons. En fait, lorsque deux métaux différents sont immergés
dans un électrolyte, une différence de potentiel se produit entre ces métaux.
19
II.3.2 Grandeurs électriques des accumulateurs
II.3.2.1 La tension
C'est la différence de potentiel aux bornes de la batterie, elle s’exprime en Volt (V). Ainsi,
la tension marquée sur une batterie c'est la tension nominale ; cependant, la tension en circuit
ouvert sur une batterie complètement chargée est plus élevée de 5 à 7 % sa valeur nominale. La
tension en circuit fermé est la tension de fonctionnement. Il faut vérifier toujours la tension
nominale correcte avant de connecter une batterie.
II.3.2.2 La capacité
La capacité de la batterie est une mesure de la charge stockée par la batterie (généralement
en ampères-heures), et elle est déterminée par la masse de matière active contenue dans la batterie.
La capacité de la batterie représente la quantité maximale d'énergie qui peut être extraite de la
batterie dans certaines conditions spécifiées. Cependant, les capacités des batteries peuvent varier
considérablement de sa capacité nominale, car la capacité de la batterie dépend fortement de l'âge
et de l'historique de la batterie, des régimes de charge ou de décharge de la batterie et de la
température.
Par exemple, une batterie avec une capacité de 1 Ah, signifie qu'elle peut fournir 1 A de
courant pendant une heure, ou 0,1 A pendant 10 heures, ou 0,01 A (10 mA) pendant 100 heures.
II.3.2.4 La charge
Il existe trois modes courants pour charger une batterie ; tension constante, courant constant
et combinaison de tension constante / courant constant avec ou sans circuit de charge intelligent.
Une tension constante permet au courant complet du chargeur de circuler dans la batterie
jusqu'à ce que l'alimentation atteigne sa tension prédéfinie. Le courant diminuera alors jusqu'à une
valeur minimale une fois que ce niveau de tension est atteint. La batterie peut être laissée connectée
au chargeur jusqu'à ce qu'elle soit prête à être utilisée et restera à cette « tension de flottement »,
charge lente pour compenser l'autodécharge normale de la batterie.
20
Le courant constant est une forme simple de charge des batteries, avec une intensité de
courant à environ de 10% de la capacité maximale de la batterie. Le temps de charge est
relativement long avec l'inconvénient que la batterie peut surchauffer si elle est surchargée,
entraînant un remplacement prématuré de la batterie. Ce mode de charge convient aux batteries
Ni-MH. La batterie doit être déconnectée une fois la batterie est chargée.
La tension constante / courant constant est une combinaison des deux méthodes ci-
dessus. Le chargeur limite l'intensité de courant à un niveau prédéfini jusqu'à ce que la batterie
atteigne un niveau de tension prédéfini. Après, le courant diminue jusqu'à que la batterie est
complètement chargée. La batterie au plomb utilise la méthode de charge à tension constante / à
courant constant.
II.3.2.5 La décharge
II.3.2.6 L'autodécharge
Une batterie ne doit pas être déchargée en dessous d'un certain seuil, sinon elle risque de
s'endommagé.
II.3.3.1 Décharge
21
Réaction de la borne négative
𝑃𝑏 + 𝐻𝑆𝑂gh → 𝑃𝑏𝑆𝑂g + 𝐻j + 2𝑒 h
La libération de deux électrons conducteurs donne à l'électrode de plomb une charge
négative (Fig II.6).
Au fur et à mesure que les électrons s'accumulent, ils créent un champ électrique qui attire
les ions d'hydrogène et repousse les ions du sulfate, conduisant à une double couche près de la
surface. Les ions d'hydrogène filtrent l'électrode chargée de la solution, ce qui limite la poursuite
de la réaction à moins que la charge ne puisse s'écouler hors de l'électrode.
Réaction de la borne positive
Exploitant la conductivité métallique du PbO2.
𝑃𝑏𝑂0 + 𝐻𝑆𝑂gh + 3𝐻j + 2𝑒 h → 𝑃𝑏𝑆𝑂g + 2𝐻0 𝑂
II.3.3.2 Charge
22
Exercice + -
12 V , 2Ah xN 36 V 150 W
2.4. Supercondensateur
Si une tension aux armatures d’un condensateur est appliquée, il s’électrise rapidement.
L’armature branchée à la borne positive de la batterie porte une charge +Q et celle branchée à la
borne négative de la batterie portera une charge égale et opposé –Q.
Dans les schémas on représente les condensateurs par le symbole :
23
II.4.1.1 La capacité d’un condensateur
Les diélectriques empêchent les charges de passer d'une armature à l'autre ce qui respectait
pour effet de décharger le condensateur.
La présence d'un diélectrique permet d'approcher les armatures sans risquer qu'elle se
touchent ce qui accroit la capacité.
Comme présenté dans Fig II. 8, la tension totale est la somme des tensions aux bornes de
chaque condensateur.
m
𝑉 = 𝑉/ + 𝑉0 + 𝑉k ; 𝑉 = (II.1)
n
24
Quand remplace les tensions par leurs valeurs dans (II.1) on obtient :
m mo mp mq
= + + (II.2)
n no np nq
𝑉 = 𝑉/ = 𝑉0 = 𝑉k (II.4)
𝑄 = 𝑄/ + 𝑄0 + 𝑄k (II.5)
𝐶. 𝑉 = 𝐶/ . 𝑉 + 𝐶0 . 𝑉 + 𝐶k . 𝑉 (II.6)
D’après les équations (II.4), (II.5) et (II.6), la capacité équivalente des condensateurs
raccordés en parallèle est donnée par :
𝐶 = 𝐶/ + 𝐶0 + 𝐶k (II.7)
L'énergie électrique emmagasinée par un condensateur est :
mp / /
𝐸 = = 𝑄𝑉 = 𝐶. 𝑉 0 (II.8)
0n 0 0
25
Fig II.10 Présentation d’un supercondensateur
Les plaques sont fabriquées par un métal recouvert d'une substance poreuse telle que du
charbon actif en poudre, ce qui le donne une plus grande surface pour stocker beaucoup plus de
charge.
Dans un condensateur ordinaire, les plaques sont séparées par un diélectrique relativement
épais comme du mica (une céramique), un mince film plastique ou même simplement de l'air (dans
certain appareil comme le cadran de réglage à l'intérieur d'une radio). Lorsqu’un condensateur est
chargé, les charges positives s'attachent sur une plaque et les charges négatives sur l'autre, créant
un champ électrique entre elles. Le champ polarise le diélectrique, de sorte que ses molécules
s'alignent dans la direction opposée au champ et réduisent sa force. Cela signifie que les plaques
peuvent stocker plus de charges à une tension donnée [16].
Dans un supercondensateur (Fig II.11), il n'y a pas de diélectrique, au lieu de cela, les deux
plaques sont trempées dans un électrolyte et séparées par un isolant très mince (qui peut être en
carbone, en papier ou en plastique). Lorsque les plaques sont chargées, une charge opposée se
forme de chaque côté du séparateur, créant une double couche électrique, d'épaisseur trés faible
26
(peut-être juste une molécule, par rapport à un diélectrique dont l'épaisseur peut varier de quelques
microns à un millimètre ou plus dans un condensateur conventionnel). C'est pourquoi les
supercondensateurs sont souvent appelés condensateurs à double couches, également appelés
condensateurs électriques à double couches.
La capacité d'un condensateur augmente tant que la surface des plaques augmente et que la
distance entre les plaques diminue. Donc, les supercondensateurs augmentent leur capacité
beaucoup plus grande d'une combinaison de plaques avec une surface efficace plus grande (en
raison de leur construction en charbon actif) et moins de distance entre elles (en raison de la double
couches très efficace). Fig II.12 présente un supercondensateur chargé à l'état repos.
Aujourd'hui, les supercondensateurs de petite taille, sont largement utilisés comme sources
d'alimentation sans entretien comme pour les mémoires intégrées et les micro-ordinateurs. Parmi
les nouvelles applications proposées pour les supercondensateurs de grande taille est de figurer le
nivellement de charge dans les véhicules électriques et hybrides ainsi que dans le domaine de la
traction, le démarrage des moteurs, les applications dans les télécommunications et les exigences
de qualité et de fiabilité de l'énergie pour les installations électriques sans coupure. En général, les
supercondensateurs peuvent être adaptés aux deux domaines d'application suivants [14].
Le premier correspond aux applications d'haute puissance. Grâce à la capacité élevée des
supercondensateurs, ils ouvriront de nouvelles opportunités pour l'électronique de puissance.
Toutes les applications nécessitant des pics de puissance pour courte durée peuvent être fournies
par ces condensateurs.
La gestion rapide de l'énergie dans les véhicules hybrides ou le démarrage de moteurs diesel
lourds sont des exemples typiques où un courant important est requis pendant une courte période.
27
Le second correspond aux applications basse consommation, les supercondensateurs,
même s'ils sont beaucoup plus gros, ils apportent suffisamment d'avantages pour remplacer les
batteries. Dans ce domaine, l'onduleur ainsi que les installations de sécurité sont les exemples les
plus représentatifs.
Selon le type d'électrolyte, ils sont divisés en électrolytes aqueux et électrolytes organiques.
Parmi eux, les électrolytes aqueux comprennent : les électrolytes acides, les électrolytes alcalins,
et l'électrolyte neutre.
Un supercondensateur peut être modélisé sous une forme simplifiée comme un circuit RC,
avec une résistance interne et une capacité linéaire dépendant de la tension (Fig II.12). Ce modèle
convient aux applications où l'énergie stockée dans le condensateur est d'une importance
primordiale et la réponse transitoire peut être négligée [15].
Le modèle simplifié utilise un modèle de composant de condensateur variable PLECS pour
implémenter la capacité dépendante de la tension. Le modèle de condensateur variable est basé sur
l’équation :
$ $@ $n
𝑖= 𝐶. 𝑣 = 𝐶 + 𝑣 (II.9)
$a $a $a
28
$n
Puisque ne peut pas être calculée facilement. L'équation ci-dessus doit etre réorganisée
$a
en utilisant la règle de la chaîne pour permettre au deuxième terme d'être exprimé comme un
$@ $n
facteur de plutôt que de :
$a $a
$@ $n $@
𝑖= 𝐶 +𝑣 (II.10)
$a $a $a
$@ $n
𝑖 = 𝐶+ +0 (II.11)
$a $a
$@
𝑖 = 𝐶/ (II.12)
$a
29
Chapitre III.
Ludwig Mond (1839-1909). En 1889, Mond et son assistant Carl Langer ont effectué de
nombreuses expériences en utilisant un gaz dérivé du charbon. Ils utilisaient des électrodes en
platine mince et perforé et avaient de nombreuses difficultés avec les électrolytes liquides. Ils ont
atteint six ampères par pied carré (la surface de l'électrode) à 0,73 volts.
31
extrêmement peu coûteux, de sorte qu'un nouveau système plus efficace ne réduirait pas
considérablement les prix de l'électricité.
William W. Jacques (1855–1932), n'a pas prêté attention à ces critiques et a surpris le
monde scientifique en construisant une batterie au carbone en 1896. De l'air était injecté dans un
électrolyte alcalin pour réagir avec un carbone électrode. Il pensait atteindre une efficacité de 82%,
mais n'obtenait qu'une efficacité de 8%.
Emil Baur (1873-1944) et plusieurs de ses étudiants ont mené de nombreuses expériences
sur différents types de piles à combustible au début des années 1900. Il a travaillé sur des appareils
à haute température et une unité utilisant un électrolyte solide d'argile et d'oxydes métalliques.
Une pile à combustible (PAC) est un générateur électrochimique d'énergie. Il est constitué
de deux électrodes (une anode émettrice d'électrons et une cathode réceptrice d'électrons), séparées
par un électrolyte permettant le passage des ions, et une membrane évite la mise en contact
des réactifs à l'anode et à la cathode (Fig III.1). Ce générateur convertit l'énergie chimique en
énergie électrique par deux réactions électrochimiques. Dans une pile à combustible à membrane
électrolyte alimentée à l'hydrogène, l'hydrogène est oxydé en protons et en électrons à l'anode. Les
protons migrent à travers l'électrolyte vers la cathode. La membrane étant un isolant électrique, les
électrons sont contraints de circuler dans un circuit électrique externe. À la cathode, l'oxygène
réagit avec les protons pour produire de l'eau, qui est le seul déchet d'une pile à combustible
fonctionnant à l'hydrogènL'hydrogène est oxydé à l'anode en protons [19].
𝐻0 → 2𝐻j + + 2𝑒 −
Tandis que l'oxygène est réduit à la cathode
1
𝑂 + 2𝐻j + 2𝑒 h → 𝐻0 𝑂
2 0
32
Réaction totale dans la cellule
1
𝐻0 + 𝑂 → 𝐻0 𝑂
2 0
A base d'hydrogène et d'oxygène, la PC donne de l'énergie, de la chaleur et de l'eau. Il existe
d'autres carburants, électrolytes et ions de transfert de charge pour les autres types de piles à
combustible - mais le principe est le même.
La force motrice d'une pile à combustible est l'affinité naturelle pour moins d'énergie
(chimique) libre. L'hydrogène et l'oxygène sont instables en présence l'un de l'autre et forment
spontanément de l'eau dans une réaction redox. La tension maximale d'une seule pile à combustible
est inférieure à 1 volt. Pour une utilité pratique, de nombreuses piles doivent fonctionnent
ensemble. Généralement, cela se fait en connectant plusieurs cellules en série pour former une
PAC. Par variant le nombre et la taille des cellules, la PAC peut être ajusté pour répondre presque
à tous les types d'exigences.
33
ce sont les réactions globales et que dans les deux cas, il y a plusieurs étapes intermédiaires
séquentielles et parallèles impliquées.
Le rendement d'une pile à combustible est défini par le rapport entre la puissance
d’électricité produite et la puissance d'hydrogène consommé. Les deux grandeurs doivent être en
mêmes unités watts ou kilowatts [20].
La puissance d'électricité produite est simplement le produit entre la tension et le courant.
𝑃 = 𝑉. 𝐼 (III.1)
Où I est le courant en ampères et V est le potentiel de la cellule en volts. L’hydrogène
consommé est directement proportionnel au courant (selon la loi de Faraday).
/
𝑁v0 = (III.2)
'w
Le rendement calorifique inférieur ɳ‡v„ (lower heating value efficiency) est donné par
„
ɳ‡v„ = (III.5)
/,0ˆg
34
III.4 Différents types de piles
La pile à combustible au méthanol direct DMFC (direct-methanol fuel cell) est similaire à
la pile PEM en ce qu'elle utilise comme électrolyte une membrane polymère conductrice de
protons. Cependant, les DMFC utilisent du méthanol sur l'anode, ce qui élimine le besoin au
reformeur de carburant. Les DMFC sont intéressants pour alimenter les appareils électroniques
portables, tels que les ordinateurs portables et les chargeurs de batterie. Le méthanol offre une
densité d'énergie plus élevée que l'hydrogène, ce qui le fait un carburant avantageux pour les
appareils portables.
Les piles à combustible alcalines utilisent un électrolyte alcalin tel que l'hydroxyde de
potassium ou une membrane alcaline qui conduit les ions hydroxyde au lieu que les protons. Elles
sont utilisées à l'origine par la NASA (National Aeronautics and Space Administration) lors de
missions spatiales, les piles à combustible alcalines ont de nouvelles applications, comme l'énergie
portable.
35
° C. Ils sont généralement utilisés dans des modules de 400 kW ou plus et elles sont utilisés pour
la production d'électricité dans les hôtels, les hôpitaux, les épiceries et les immeubles de bureaux,
où la chaleur résiduelle peut également être utilisée. L'acide phosphorique peut également être
immobilisé dans des membranes polymères, et les piles à combustible utilisant ces membranes
sont intéressantes pour certaines applications d'énergie stationnaire.
Les piles à combustible au carbonate fondu utilisent un sel de carbonate fondu immobilisé
dans une matrice poreuse qui conduit comme électrolyte les ions carbonate. Ils sont déjà utilisés
dans diverses applications stationnaires de moyenne à grande échelle, où leur rendement élevé
produit des économies d'énergie nettes. Leur fonctionnement à haute température (environ 600 °
C) leur permet de reformer des carburants en interne tels que le gaz naturel et le biogaz.
Les piles à combustible à oxyde solide utilisent comme électrolyte une couche de céramique
fine solide qui conduit les ions d'oxyde. Elles sont développées pour une utilisation dans certaines
d'applications d'alimentation stationnaire, ainsi que dans des dispositifs d'alimentation auxiliaires
pour camions lourds. Fonctionnant à (700 ° C - 1000 ° C) avec des électrolytes à base de zircone,
et aussi bas que 500 ° C avec des électrolytes à base de cérium, ces piles à combustible peuvent
reformer en interne le gaz naturel et le biogaz, et elles peuvent être combinées avec une turbine à
gaz pour produire des rendements électriques aussi haut que 75%.
Les piles à combustible produisent de l'électricité et de la chaleur. Cette chaleur peut être
utilisée pour répondre aux besoins de chauffage, y compris l'eau chaude et le chauffage des locaux.
Les piles à combustible combinées de chaleur et d'électricité sont intéressantes pour alimenter les
maisons et les bâtiments, où le rendement total peut atteindre 90%. Ce fonctionnement à haut
rendement permet d'économiser de l'argent et de l'énergie et de réduire les émissions de gaz à effet
de serre.
36
Cette technologie émergente pourrait fournir le stockage de l'énergie excédentaire produite par des
sources d'énergie renouvelables intermittentes, telles que les centrales éoliennes et solaires,
utilisant cette énergie pendant les périodes de faible production d'énergie.
37
III.5.2 Réaction de décalage eau-gaz
Une fois que le syngaz est produit, il est refroidi et plus d'hydrogène est produit par la
réaction de décalage eau-gaz WGS (water gas shift). La réaction WGS consiste à faire réagir du
monoxyde de carbone avec de la vapeur sur un catalyseur pour produire de l'hydrogène et du
°
dioxyde de carbone (∆𝐻0Œ† = −41 𝑘𝐽/𝑚𝑜𝑙).
𝐶𝑂 + 𝐻0 𝑂 → 𝐶𝑂0 + 𝐻0
Il existe d’autre méthode de production d’hydrogène tel que
- Oxydation partielle du méthane
- Reformage auto thermique du méthane
- Production d'hydrogène à partir du pétrole lourd et du charbon
- Séparation des gaz produits
- Électrolyse de l'eau
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- Liquéfaction et stockage d'hydrogène
- Hydrures métalliques
- Hydrures complexes
- Stockage à base de carbone
- Stockage liquide porteur
Les véhicule à PAC (Fig III.3) FCV (full cell vehicul) partagent la plus part des composants
avec les voitures ICE (internal combustion engine) et ils sont assez similaires aux véhicules
électriques. Les systèmes distinctifs sont la pile à combustible et son système de commande associé
ainsi que les systèmes de stockage d'hydrogène ou de conversion de carburant. Les piles à
combustible PEM présentent une série de caractéristiques qui les rendent adaptées à une utilisation
dans des applications mobiles. Elles donnent un démarrage rapide à partir de la température
ambiante, des rapports puissance / volume et puissance / poids adéquats ainsi qu'une capacité
élevée à suivre les variations de charge électrique. D'autre part, elles nécessitent à la fois des
catalyseurs hautement actifs et du carburant contaminé à l'état de traces (H2).
L'application des piles à combustible dans le domaine résidentiel est une opération clé. Le
chauffage et l'alimentation électrique des maisons sont responsables d'environ un quart de la
consommation mondiale d'énergie et des émissions de carbone.
39
Deux facteurs sont importants pour la cogénération d'énergie thermique et électrique à pile
à combustible: la quantité de chaleur et d'électricité demandée.
Souvent, les systèmes de pile à combustible résidentiels ont une capacité électrique de 0,7
à 1,5 kW. Cette capacité est suffisante pour fournir l’ensemble de l’électricité et environ la moitié
de la demande thermique d’une maison, le reste provenant d’une chaudière et d’un réservoir de
stockage de chaleur intégrés.
La taille et le poids du système posent des problèmes pratiques, c'est pourquoi les
installations sont généralement réalisées à l'extérieur. Autres modèles plus petits sont en cours de
développement.
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