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Leena yer rare
CHAIMAA MAROUFI
DOCTOCANTE AFSJES AIN SEBAA
Les maladies professionnelles
Introduction:
Les maladies professionnelles constituent un enjeu majeur pour la santé
publique et l'économie d’un pays. Au Maroc, leur reconnaissance et leur prise en
charge soulévent des problématiques complexes qui touchent a la fois les aspects
juridiques, sociaux et médicaux. Ces pathologies, qui résultent d’une exposition
prolongée ou répétée & des risques liés Vexercice d’une activité profession.
‘ont des conséquences graves non seulement pour la santé des travailleurs, mais aussi
pour le systéme économique et les finances publiques.
Vimportance de la problématique des maladies professionnelles réside dans
leur impact & long terme. En effet, ces affections peuvent entrainer des incapacités
permanentes ou temporaires, modifiant ainsi la vie professionnelle et personnelle
des individus concernés. D’une part, elles engendrent un coiit direct, tant pour les
victimes, qui se trouvent confrontées & une perte de salaire ou a des frais médicaux
élevés, que pour les entreprises, qui doivent souvent faire face a des indemnités et
une diminution de la productivité. D’autre part, elles générent également des coats
indirects, tels que Vaugmentation des primes d’assurance, le besoin d’une
réadaptation professionnelle ou d’une reconversion, et une pression accrue sur les
systémes de sécurité sociale.
Le droit marocain, a travers le Code de travail et la Iégislation en vigueur, a mis,
‘en place des mécanismes destinés a prévenir, reconnaitre et indemniser les maladies
professionnelles. Ces dispositifs juridiques visent & protéger les travailleurs contre
les risques liés 8 leurs conditions de travail, tout en assurant une compensation
appropriée en cas de survenue d’une maladie. Cependant, malgré existence de ces
textes, plusieurs défis demeurent quant a leur application effective. La
reconnaissance de certaines pathologies comme maladies professionnelles et la
procédure d’indemnisation restent souvent des processus longs et complexes,
laissant de nombreux travailleurs dans une situation de vulnérabilité.
Venjeu principal réside dans la mise en ceuvre de la législation et 'efficacité
des dispositifs prévus pour la prévention et la prise en charge des maladies
professionnelles. Si des progrés notables ont été réalisés au cours des derniéres
décennies, notamment avec introduction de mesures visant & améliorer les
conditions de travail dans certains secteurs & risque, il demeure un écart important
entre la régiementation et sa mise en ceuvre sur le terrain. Ainsi, malgré les efforts
du gouvernement, linsuffisance des ressources allouées & la prévention, le manque
de sensibilisation et la lenteur administrative sont autant de freins a ’éradication de
ce phénoméne.
Vobjectif de cette étude est de mettre en lumiére I’état des lieux des maladies
professionnelles au Maroc, de comprendre les mécanismes de leur prise en charge
juridique et sociale, et d’évaluer impact de la législation actuelle sur la santé des
travailleurs. Nous aborderons, dans un premier temps, les principaux types de
maladies professionnelles qui touchent les secteurs les plus exposés, telles que les
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maladies respiratoires dans le secteur minier, les troubles musculo-squelettiques
dans les secteurs industriels et de la construction, ainsi que les affections auditives
dans les environnements bruyants. Dans un deuxiéme temps, nous analyserons les
procédures de reconnaissance de ces maladies, les critéres d'indemnisation et les
actions préventives mises en place par I'Etat et les entreprises.
En définitive, cette étude mettra en exergue les défis auxquels le Maroc est
confronté dans la gestion des maladies professionnelles, tout en proposant des
pistes de réflexion pour améliorer la prévention, la reconnaissance et
Vindemnisation de ces pathologies. A travers cette analyse, il s'agira de contribuer &
une meilleure prise en charge des travailleurs, en veillant a une application plus juste
et plus efficace des lois, et en suggérant des réformes législatives et
organisationnelles pour améliorer la protection des droits des travailleurs en matiare
de santé au travail.
Si le développement économique et social a connu un grand essor avec
Vavénement de I'industrialisation, Cette demiére ne s‘opére pas sans répercussion
sur la santé de I'Homme. En effet, en tant que travailleur, I'Homme est exposé 4 un
certain nombre de risques d'ordre Professionnel.
Ces risques encourus par les employés Peuvent se traduire par le nombre
croissant des accidents survenus a l'occasion de l’accomplissement du travail?” et
des maladies professionnelles. Elles constituent soit la conséquence directe de
exposition plus ou moins prolongée d'un travailleur & un risque physique, chimique,
biologique, soit elles résultent des conditions dans lesquelles, il exerce son activité
professionnelle!”2,
Un nouveau régime juridique de responsabilité s'est constitué par
Vintroduction d’une réglementation générale du travail au Maroc & partir de 1926.
Cest par le dahir n°1-60-223 du 25 juin 1927 relatif & la réparation des accidents du
travail?” inspiré de Ia loi francaise du 9 avril 1898 que le Maroc s’est doté d’une
législation spécifique en la matiére.
En effet, ce Dahir constitue le texte de base ayant subi des modifications
successives, en!'occurrence :
Y Le dahir du 31 mai 1943 étendant aux maladies d'origine professionnelles les
dispositions du dahir du 25 juin 1927 ;
¥ Le Dahir n* 1-02-179 du 23 juillet 2002 portant promulgation de la loi 18-01,
modifiant et complément le dahir du 6 février 1963 ;
¥ Dahir n‘1-03-167 du 19 juin 2003 portant promulgation de Ia loi 06-03
modifiant et complétant le dahir du 6 février 1963.
1711 Selon le rapport de ' Organisation internationale du travail (OIT) publié fin 2011 :
chaque année, 317 millions d'employés sont blessés sur leur lieu de travail, soit une
moyenne de 850.000 accidents journaliers qui inévitablement entrainent arréts de
travail et remboursements. Voir le www.oit.ora. Consulté le ter Janvier 2014.
1712 BUHL (M.), CASTELLETA(A), accident du travail ,maladie professionnel, édition
DELMAS, 28me éd, France, 2004,p57.
1713 Il détermine les taux des rentes viageres rente de mortalité est une rente versée
jusqu'au décés du bénéficiaire) des victimes et les formalités administratives remplir
dans la constatation des accidents.
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‘Sur le plan international, le Maroc a ratifié!”" la convention n° 18 concernant
la réparation des maladies professionnelles. Ceci se justifie par le souci d’assurer un
systme efficient entourant les risques professionnels, conformément au principe
général établit par la constitution de l'Organisation Internationale du Travail(OIT).
Ce dernier prévoie la protection des travailleurs contre les risques professionnels, @
savoir les maladies professionnelles et les accidents qui résultent de leur emploi.
D’une part, ces risques entrainent en plus des souffrances immenses pour les
travailleurs et leur famille, des pertes de revenus. D’autre part, en termes
économiques, 'OIT a estimé que 4% du PIB mondial sont gaspillés 3 cause des risques
professionnels. Pour les employeurs, cela signifie des retraites anticipées cofteuses,
la perte de personnels qualifiés, l'absentéisme et des primes d'assurance élevées.
Eu égard de ces répercussions néfastes des risques professionnels sur
l'économie nationale et la vie sociale des salariés, il est opportun d’améliorer le
systéme de couverture sociale contre Ces risques, a travers un dispositif juridique de
base offrant une garantie de financement supportable par les employeurs, un niveau
de prestations et des indemnités permettant une meilleure réparation de
Vensemble des dommages causés par les risques sociaux.
La réalisation de cette finalité nécessite, de prime abord, la connaissance du
régime juridique institué par le législateur marocain pour protéger les travailleurs
‘exposés et les victimes a ces risques professionnels, en répondant aux exigences
internationales en la matiére. En outre, l’appréciation de l’efficacité de ce régime
juridique demeure une impérative dictée par une politique de prévoyance sociale
efficiente. Les conditions requises (I), ainsi que les procédures aboutissant la
réparation de la victime (Il) constituent des éléments indispensables pour cerner
cette problématique.
PLAN
Introduction
Partie 1 : Le régime juridique des maladies professionnelles
© Chapitre 1: Les conditions préalables a la réparation des maladies
professionnelles
o Chapitre 2: Le mécanisme de réparation des maladies professionnelles
Partie 2 : L'impact des maladies professionnelles sur le contrat de travail
© Chapitre 1 : Vassurance maladie obligatoire en cas de maladie
professionnelle
‘© Chapitre 2: Du congé maladie a la suspension du contrat de travail
Partie 1 : Le régime juridique des maladies professionnelles
Chapitre 1: Les conditions préalables a la réparation des maladies
professionnelles
Les conditions nécessaires pour bénéficier de la réparation des maladies
professionnelles reposent sur deux éléments essentiels : les critéres de qualification
des risques professionnelset les catégories de personnes couvertes par le cadre légal
de réparation.
Les critares de qualification:
Conformément aux dispositions de Varticle 2 du Dahir du 31 mai 1943, qui
étend aux maladies professionnelles la législation relative a la réparation des
1714 Le dahir n° 1 -57-294 du 16 décembre 1957 portant ratification de convention
adoptée par l'O!T, BO n° 2363 du 7 février 1958.
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accidents de travail, certaines affections spécifiques sont reconnues comme
maladies professionnelles. Ce Dahir considére comme maladies professionnelles les
affections pathologiques, les infections d’origine microbienne, ainsi que diverses
intoxications énumérées dans un arrété pris par le ministre du Travail et des Affaires
sociales’”5, en concertation avec le ministre de la Santé publique. Cet arrété définit
également les délais pendant lesquels la responsabilité de "employeur est engagée.
Les maladies professionnelles se déclinent en plusieurs catégories” :
1. Manifestations morbides résultant d’intoxications aigués ou
chroniques : Ces affections touchent les travailleurs exposés de facon
habituelle @ des agents toxiques dans le cadre de leur activité
professionnelle. La manipulation et utilisation fréquente de
substances nocives dans certaines professions sont & Vorigine de ces
intoxications, dont les principales substances sont
énumérées & titre indicatif.
2. Infections d'origine microbienne : Ce type de maladies concerne les
personnes affectées 2 des tches spécifiques, listées de manitre
exhaustive par des tableaux réglementaires, et qui sont susceptibles
de contracter des infections microbiennes en raison des conditions
dans lesquelles elles exercent leur activité.
3 Infections résultant de l'environnement de travail ou de postures
particulidres : Certaines maladies sont la conséquence directe d'une
exposition prolongée 4 un environnement spécifique ou d’attitudes
physiques requises dans le cadre de taches particuliéres, également
énumérées de facon limitative dans les tableaux précités.
A cet effet, le législateur marocain distingue deux approches pour définir la
maladie professionnelle. D’une part, une affection peut étre reconnue comme
maladie professionnelle si elle correspond aux pathologies spécifiées dans les
tableaux réglementaires, ou d’autre part, si elle résulte de l’exposition aux agents
toxiques liés & lexécution des taches professionnelles.
En ce qui concerne les affections pathologiques causées par des intoxications,
la réglementation établit une liste indicative des agents toxiques concerés. Cette
liste permet, par le biais d’expertises, de démontrer le lien de causalité entre
Vexposition ou l'utilisation de ces substances dangereuses et le développement de
la maladie. Par ailleurs, les infections d'origine microbienne ainsi que celles causées
par des environnements de travail spécifiques ou des postures particuliéres, sont
énumérées de manigre exhaustive dans les tableaux adoptés par voie réglementaire
pour encadrer leur reconnaissance en tant que maladies professionnelles.
Dans cette perspective, l'article 9 du Dahir précité stipule que « tout médecin
qui, dans l’exercice de ses fonctions, constate qu'un travailleur est atteint d’une
maladie professionnelle, ou présumée telle, qu’elle soit ou non répertoriée sur une
41716 Arrété du ministre du développement social, de la solidarité de l'emploi et de la
formation professionnelle no 919-99 du 23 décembre 1999 modifiant et complétant
larrété du ministre du travail et des affaires sociales no 100-68 du 20 mai 1967 pris
pour l'application du dahir du 31 mai 1943 étendant aux maladies professionnelles les
dispositions de la législation sur la réparation des accidents du travail. Bulletin officiel,
2000-04-20, no 4788, pp. 242-298
1716 Article 2 du dahir du 31 mai 1943 étendant aux maladies professionnelles les
cispositions de la législation sur la réparation des accidents du travail
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liste établie par arrété du ministre du Travail (..) est tenu d’en faire la déclaration.
Cette déclaration doit spécifier la nature de la maladie, identifier Vagent nocif
responsable et indiquer la profession du travailleur concerné (...) ».
Dans un arrét notable, La cour de cassation’”” a ainsi tranché dans une affaire
concernant un travailleur employé dans un hétel, statuant que « bien que le
demandeur critique Varrét attaqué, il est exact que les maladies professionnelles
mentionnées par le Dahir de 1943, et les textes qui lont modifié et complété, sont
énumérées de maniére indicative et non exhaustive (.. ». Plus loin, cet arrét précise
également que « le premier paragraphe de l'article 9 du Dahir précité impose a tout
médecin, dans lexercice de ses fonctions, de déclarer toute maladie professionnelle
ou présumée telle, qu’elle figure ou non sur une liste spécifique, démontrant ainsi
que Vinventaire des maladies professionnelles que peuvent contracter les
travailleurs dans l'exercice de leurs fonctions est indicatif uniquement (...) ».
La juridiction supréme conclut dés lors que la Cour d'appel d’Agadir a commis
une erreur en considérant que les maladies professionnelles étaient limitativement
énumérées dans le Dahir de 1943 et les tableaux qui y sont annexés. Elle aurait da,
‘en lieu et place, ordonner une expertise médicale pour évaluer si la maladie dont
soufirait le travailleur découlait effectivement de son activité professionnelle et
relevait, par conséquent, du cadre des maladies professionnelles.
Néanmoins, certains auteurs avancent qu’une liste exhaustive des maladies
professionnelles constituerait une meilleure garantie juridique. En effet, si la
pathologie invoquée par la victime ne figure pas dans les listes établies, celle-ci se
retrouvera dans l’obligation de prouver la causalité entre son activité professionnelle
et affection qu’elle prétend avoir contractée dans ce contexte””#*,
Le légistateur marocain, a l'image de son homologue francais, a étendu le
concept d’accident du travail aux maladies résultant de Vexercice de certaines
activités professionnelles. Cependant, la question de Ia preuve reste un défi majeur
dans la pratique.
En effet, lorsque la maladie dont souffre un travailleur n’apparait pas dans la
liste définie parle législateur, celui-ci est tenu de démontrer le lien de causalité entre
sa fonction professionnelle et l’affection qu’il revendique comme étant d'origine
professionnelle. Cette situation met en lumiére importance d’un régime de
protection élargi, fondé sur la notion d’incapacité de travail, intégrant aussi bien la
maladie et accident d'origine professionnelle que le risque d'invalidité, quelle que
soit lorigine. En absence d'un tel dispositif, la définition actuelle des maladies
professionnelles souléve également la question de leur présomption d'origine.
lest rare qu’un lien de causalité soit automatiquement établi sur la seule base
des éléments répertoriés dans les tableaux de maladies professionnelles. Ainsi, la
victime doit démontrer, d’une part, qu’elle est atteinte d'une maladie répertoriée
‘comme professionnelle et, d’autre part, qu’elle a exercé une activité reconnue
‘comme exposant au risque de cette maladie dans les tableaux réglementaires, tout
‘en respectant les délais d’incubation prescrits. Or, bien souvent, la complexité de ces
ragles prive la victime des éléments de preuve nécessaires. C'est pourquoi une
présomption d'origine est admise, stipulant que la maladie sera présumée d'origine
1717 Arrét numéro 435 en date du 21 septembre 1987.
1718 BOUDAHRAIN (A.). op.cit. Note (18). p 16.
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professionnelle chaque fois qu’il n'est pas possible de prouver formellement qu'elle
est indépendante des fonctions habituellement exercées.
Lorsque la maladie n’est pas incluse dans la liste, la victime peut également
‘engager un recours de droit commun contre son employeur afin d’obtenir
réparation, en invoquant la responsabilité civile. Cependant, il est peu fréquent
qu'un travailleur recoure & ce type de procédure, de crainte de représailles, telles
que le licenciement, et des difficultés & retrouver un emploi dans un contexte
marqué par le chémage et le sous-emploi. En définitive, le dispositif actuel de
réparation des risques professionnels demeure insatisfaisant et nécessite des
améliorations pour assurer une véritable protection aux travailleurs’””,
Les personnes éligibles 8 la protection :
Dans un premier temps, il est essentiel de clarifier la catégorie des individus
bénéficiant du régime de protection en vigueur pour mieux comprendre ensuite les
extensions légales prévues & cet effet. Il est & noter que les personnes couvertes ci-
‘aprés sont exposées aux risques de maladies professionnelles suite a lextension
introduite par le dahir du 31 mai 1943 dans son article premier”.
Ainsi, les dispositions de l'article 1er du dahir du 6 féurier 1963 établissent une
liste des personnes couvertes en cas d’accidents du travail, en renvoyant aux
catégories définies dans les articles 7 12 de ce texte.
En cas d’incapacité physique attestée par un médecin désigné ou agréé par la
CNSS, Vassuré peut bénéficier d'une indemnité journaliére pour maladie, sous
réserve des conditions suivantes :
1. Conditions de cotisation : II est exigé un minimum de 54 jours de
cotisations au cours des six mois précédant Vincapacité pour étre
ligible a Vindemnité.
2 Délais de dépat :
* _Avisd’interruption de travail : Ce document doit tre soumis dans les
30 jours suivant la date de l'arrét de travail.
* Demande d’indemnités journaligres de maladie : Elle doit étre
déposée dans un délai maximum de six mois a partir de la date de l'arrét de travail.
3 Durée et montant de l’indemnité :
* Durée : Vindemnité est accordée & partir du quatriéme jour d’arrét,
‘avec un maximum de 52 semaines sur une période de 24 mois suivant le début de
Vincapacité.
© Montant : Uindemnité correspond aux deux tiers du salaire journalier
moyen soumis & cotisation, calculé sur les six mois précédant 'incapacité.
4. Pidces justificatives & fournir :
Pour une premiére demande :
© Le formulaire « Avis d’interruption de travail et demande
d'indemnités journaliéres » rempli par le médecin traitant et I'employeur ;
+ Unpli confidentiel fourni par le médecin traitant ;
4719 La sécurité sociale au Maghreb du nouveau milénaire: Carences et défis
Maroc,Tome 1 ; Abdellah Boudahrain, page 184
1720 Arlicle premier : Les accidents dont sont victimes les personnes appartenant aux
catégories définies aux articles 7 12 inclus donnent droit au profit de la victime ou de
ses feprésentants & une indemnité a la charge de lentreprise ou de 'employeur, si ces
accidents sont survenus par le fait ou a occasion du travail
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+ Une attestation bancaire si les informations bancaires de lassuré
ont pas été précédemment transmises & la CNSS ;
© Un proces-verbal en cas daccident de Ia voie publique, accompagné
du formulaire de « Subrogation de droit ».
Pour une prolongation :
+ Le formulaire « Avis d’interruption de travail et demande
d’indernnités journaliares » diment complété par le médecin traitant et "employeur.
I convient de souligner qu’aprés la premiére indemnisation, un minimum de
six jours de cotisation est nécessaire pour avoir droit & une nouvelle indemnité. De
plus, aprés le dépét de I’« avis d’interruption de travail » auprés de l'agence CNSS,
un controle médical gratuit peut étre organisé pour confirmer Vincapacité de
Vassuré.
Chapitre 2 : Le mécanisme de réparation des maladies professionnelle
Vétat de santé d’un salarié peut étre altéré en raison ou a l'occasion de son
travail, en particulier lorsqu’il contracte une maladie professionnelle. Dans ce cas, la
victime est éligible & une indemnisation (B), mais cette indemnisation requiert au
préalable le respect de procédures et de déclarations spécifiques (A).
A. Les procédures a suivre :
Contrairement aux accidents du travail, dont 'apparition est soudaine et
limitée dans le temps, les maladies professionnelles sont souvent peu connues du
grand public. Les affections les plus fréquemment identifiées demeurent les
maladies respiratoires chroniques, telles que les pneumoconioses, qui résultent de
dépéts de poussires minérales ou métalliques inorganiques au niveau du tissu
pulmonaire.
‘Alors que la déclaration d’un accident du travail incombe généralement &
Vemployeur, la déclaration d’une maladie professionnelle releve de la responsabilité
du salarié. Celui-ci doit en informer l’autorité locale, accompagnée d’un certificat
médical initial décrivant la pathologie. En vertu d’un arrét de la Cour supréme, la
maladie professionnelle doit étre déclarée dans un délai de 15 jours 4 compter de sa
découverte, sous peine de prescription. Cependant, ce délai de 15 jours nes‘applique
pas si la maladie est diagnostiquée aprés la mise & la retraite du salarié””.
Les ragles relatives & la réparation des maladies professionnelles sont
principalement définies par le dahir du 31 mai 1943, qui étend aux maladies
professionnelle les dispositions légales applicables aux accidents du travail, ainsi
‘que par I’arrété d’application du ministre du Travail n° 101-68 du 20 mai 1967. Pour
étre indemnisable, une maladie doit étre lige & l'exercice habituel de la profession
du salarié et figurer sur a liste des maladies professionnelles reconnues, laquelle est
réguligrement mise a jour. La derniére révision de cette liste a été effectuée par
Varrété du ministre de Emploi et de la Formation professionnelle n* 919-99 du 23
décembre 1999, et elle comprend actuellement 95 tableaux de maladies
professionnelles indemnisables”?.
1721 Arrét n°2284 du 24/09/1990 de la Cour de cassation Rabat.
1722 Amét n°318 du 25/04/2000, Cour Supréme : Les maladies citées dans les
tableaux annexés au dahir du 31 mai 1943, sont énumérées a titre énonciatif et non
limitatif. Si la maladie du nerf sciatique dont employé est atteint ne figure pas sur le
tableau des maladies professionnelles, il est possible de prouver le lien de causalité
entre la maladie et le travail quil accompli pour qualifier la maladie de maladie
professionnelle.
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Cette classification, cependant, demeure selon nous imprécise et risquée, car
une définition stricte pourrait limiter la protection accordée a certaines maladies au
détriment d’autres affections. Dans le cas oii la maladie du salarié ne figure pas dans
la liste, ce dernier est alors tenu de prouver l’existence d’un lien de causalité entre
ses fonctions et affection qu'il considére comme de nature professionnelle.
Toutefois, il est rare que ce lien de causalité puisse étre établi sur la seule base
des éléments mentionnés dans les tableaux des maladies professionnelles. Ainsi, la
victime ou ses ayants droit doivent démontrer, d’une part, que la maladie en cause
est reconnue comme professionnelle, et d’autre part, que l’exercice de certaines
activités, selon les tableaux, est susceptible d’avoir engendré cette pathologie, en
veillant a ce que le délai d’incubation indiqué ne soit pas dépassé. Or, en raison de la
complexité de ces régles, la victime, souvent mal informée, se trouve dans
Vimpossibilité de fournir les preuves requises. C'est pourquoi une présomption
dorigine est admise : la maladie est présumée d’origine professionnelle, sauf preuve
formelle qu'elle est totalement indépendante du métier habituellement exercé”,
B. La prévention des maladies professionnelles :
La responsabilité de la prévention incombe principalement & Vemployeur. La
meilleure stratégie de prévention consiste a intégrer les mesures de sécurité des la
conception des locaux de travail et des installations de production. La protection
collective par des moyens techniques, tels que des systémes d’aspiration des
particules et des gaz & leur source, permet de réduire ou d’éliminer les risques,
protégeant ainsi efficacement la santé des travailleurs.
Vindemnisation des victimes des risques professionnels
la procédure de prise en charge et de réparation en cas de maladie
professionnelle suit des principes similaires @ ceux applicables aux accidents du
travail. Les prestations accordées incluent des prestations en nature, couvrant les
soins médicaux, paramédicaux et pharmaceutiques, ainsi que des indemnités en
espéces.
A. Les prestations en nature
La législation relative a la réparation des risques professionnels garantit aux
victimes la gratuité des soins. L’employeur, ou son représentant, prend en charge les
frais de transport vers l’établissement hospitalier le plus proche ainsi que les
dépenses liées aux soins médicaux et chirurgicaux’””*, aux médicaments, aux
analyses et examens de laboratoire, a I'hospitalisation, et de maniére générale, aux
traitements nécessaires pour la réhabilitation de la victime.
Par ailleurs, selon l’article 43 du dahir de 1963, la victime dispose du droit de
choisir son pharmacien, dentiste, sage-femme ou, le cas échéant, tout autre
auxiliaire médical, @ condition que leur intervention soit prescrite par un médecin.
Cependant, ce choix reste encadré : les frais pris en charge par l’employeur ne
doivent pas dépasser un certain plafond*”**, De plus, pour conserver ses droits, la
victime doit impérativement sélectionner des praticiens autorisés & exercer au
1723 BOUDAHRAIN (A.), Op. cit., (note 18), p 17-18.
1724 Cl. article 41 a 45 du dahir de 1963.
1725 Ce montant est fixé par la commission de contréle et d'arbitrage prévue a article
207 ou le cas échéant par le tribunal de paix dans le resort duquel est survenu
accident.
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Maroc. Vemployeur est également en droit de demander un contréle médical de la
victime, effectué par un ou plusieurs médecins désignés par le juge!7™.
La victime bénéficie également du droit & la fourniture, a la réparation et au
renouvellement d’appareils de prothése ou d’orthopédie rendus nécessaires par
Vaccident ou la maladie. Ce droit peut étre reconnu par ordonnance du juge en cas
de réglement amiable ou par décision judiciaire lors de Fattribution d'une rente.
Toutefois, si le caractére professionnel de accident est évident et que Vurgence de
Vappareillage s'impose, le juge peut, par ordonnance, autoriser ’équipement avant
de statuer définitivement sur la rente.
Dans les autres cas, la victime peut présenter une requéte au juge, qui peut
alors initier une tentative de conciliation entre les parties, cette démarche étant
limitée 4 la reconnaissance du droit de la victime 3 Vappareillage. Les colts liés & la
fourniture de cet appareillage demeurent a la charge de l’employeur ou de son
‘assureur, et ce, indépendamment du temps écoulé avant que ce droit ne soit
reconnu.
Le systéme Iégal de réparation prévoit ’attribution d’indemnités journaligres
‘en cas d’incapacité temporaire, des rentes en cas d’incapacité permanente et des
rentes en cas de déces.
En vertu des dispositions de l’article 58 du dahir de 1963, la réparation donne
droit au profit de la victime d’une indemnité journaliére qui se calcule sur la base de
la rémunération quotidienne de la victime.
Cependant, cette rémunération-qui est le plus souvent trés basse et quest
soumise & des modalités complexes de calcul- fait que la prestation est souvent
dérisoire, d’autant plus qu'il n’est plus cumulable avec celle servie au titre de
Vassurance maladie du régime d’assurance sociale. Or, un tel cumul se justifie
puisqu’ll s‘agit de deux régimes distincts fondés sur des critéres et des conditions
différentes 1727,
- Fixation du taux d’invalidité :
Le taux de I'incapacité permanente est déterminé d’aprés la nature de
Vinfirmité, l'état général, l'ge, les facultés physiques et mentales de la victime ainsi
que d’aprés ses aptitudes et sa qualification professionnelle, suivant un baréme
indicatif d’invalidité établi par un arrété du 21 Mai 1943.
Ce baréme est un répertoire de diverses incapacités qui peuvent atteindre ces
victimes. Chaque pourcentage d’invalidité comporte sauf en quelques cas précis et
‘exceptionnels - un taux minimum et un taux maximum. Mais, ces taux n’ont, aux
termes de la loi, qu’un caractére indicatif. Les tribunaux conservent donc une
certaine liberté d’appréciation notamment en ce qui concerne influence de la
profession dans la détermination du taux d’incapacité
Assistance d’une tierce personne:
Dans le cas oit l’incapacité permanente est totale et oblige la victime a avoir
recours & assistance d’une tierce personne pour effectuer les actes ordinaires de la
vie, le montant de la rente (calculée sur un taux de 100 % est majoré). Le montant de
cette majoration est de 40 % de la rente sans pouvoir étre inférieur au Salaire
Minimum Interprofessionnel. La victime qui bénéficie de cette majoration pour
assistance d’ une tierce personne est libre de se faire assister par la personne de son
1726 Article 50 du dahir de 1963.
1727 BOUDAHRAIN (A.). op.cit.. note (18). p 22.
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choix, méme d’un membre de sa famille. L’assistance peut étre donnée gratuitement
ou a titre onéreux.
Cette majoration est payée, non pas par l’employeur ou par son assureur mais
par le ministre de l'emploi sur les crédits du Fonds de Majoration des Rentes.
Rente du conjoint survivant
Le conjoint survivant de la victime d’une maladie professionnelle a droit 4 une
rente équivalente 4 30 % du salaire réduit de celle-ci, sous réserve de deux
conditions: 'absence de divorce ou de séparation de corps, et le mariage contracté
antérieurement a la survenance de accident. Ce taux est majoré & 50 % lorsque le
conjoint survivant est 4gé d’au moins 60 ans au moment de I’accident ou atteint cet
age ultérieurement.
Toutefois, deux exceptions encadrent ce principe:
Conjoint divorcé ou séparé : Lorsqu’une victime, divorcée ou séparée de corps,
versait une pension alimentaire & un ou plusieurs anciens conjoints, ceux-ci peuvent
percevoir une rente correspondant a la pension alimentaire, avec un plafond fixé &
20 % du salaire réduit de la victime pour l'ensemble des pensions. En cas de décés de
Yun des conjoints bénéficiaires, sa part de rente est redistribuée aux autres, sans que
la nouvelle rente ne dépasse le montant de la pension alimentaire. Par ailleurs, si un
nouveau conjoint, non divorcé ni séparé, survit a la victime, il a droit @ une rente
égale a la différence entre le montant total des pensions alimentaires et une rente
de 30 % du salaire réduit, avec un minimum de 15 %. Ce minimum est porté & 20 % si
ce conjoint a un ou plusieurs enfants issus de son union avec la victime.
Conjoint exclu du droit a la rente :
Les conjoints condamnés pour abandon de famille
‘ou ceux ayant abandonné le domicile conjugal sans motif Iégitime depuis plus
de trois ans sont privés de tout droit 4 larente, méme en Il’absence de divorce ou de
s6paration de corps.
Rente des orphelins
Selon les dispositions de l'article 106 du dahir de 1963, sont bénéficiaires du
droit a la rente:
‘© Les enfants légitimes ;
© Les enfants légitimes ou naturels reconnus avant l’accident ;
‘Les enfants adoptifs a la condition que I'adoption ait eu lieu avant accident;
Les enfants naturels ayant fait 'objet d’une reconnaissance judiciaire, &
condition d’avoir été concus avant I’accident ;
La rente est due aux enfants orphelins 4gés de moins de 16 ans. Cette limite
d’ge est portée a:
#17 ans sil’enfant est placé en apprentissage ;
#21 ans sil poursuit ses études ou si, par suite d’infirmité ou de maladies
incurables, il est dans 'impossibilité permanente de se livrer a un travail salarié.
* Lorsqu’il ne peut pas justifier la date exacte de sa naissance, la rente cesse
d’étre due le ter Juillet de l'année oii l’enfant atteint l’4ge de 16,17 ou 21 ans selon
le cas.
Rente des ascendants :
Conformément a l'article 113 du dahir de 1963, chaque ascendant & la charge
de la victime bénéficie d’une rente viagére égale 4 10 % du salaire annuel de base,
méme si la victime laisse derriére elle un conjoint et des enfants. Cette méme rente:
peut étre accordée & un ascendant qui, bien qu’il n’ait pas été & la charge de la
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victime, est en mesure de prouver qu’il aurait pu prétendre & une pension
alimentaire, sous réserve que la victime n’ait ni conjoint ni enfant survivant.
Toutefois, le montant total des rentes attribuées aux ascendants ne peut excéder 30
% du salaire annuel de base. Si cette limite est dépassée, la rente de chaque
ascendant est alors réduite proportionnellement.
Les fonds de travail : un mécanisme de substitution
Les Fonds du travail, dotés de la personnalité morale et d’une autonomie
financiére, ont été établis en 1927 dans le cadre de la législation sur les accidents du
travail et les maladies professionnelles. Ils se composent de trois entités : le Fonds
de garantie des victimes des accidents du travail (créé en premier), le Fonds de
solidarité des employeurs (créé en 1942), et le Fonds de majoration des rentes
d’accident du travail et des maladies professionnelles (créé en 1943).
V’objectif principal de ces fonds est de garantir’indemnisation des victimes des
risques professionnels ou de leurs ayants droit, en cas d’insolvabilité ou de
défaillance de I'employeur. Ces fonds sont financés par deux sources principales :
1. Les recettes courantes, provenant des cotisations des employeurs
assurés, des primes d’assurance, des contributions des employeurs non assurés en
cas d’accident ou de maladie professionnelle, ainsi que des produits des astreintes ;
2. Les revenus financiers, générés par les dépéts obligatoires effectués
aupriis de la Caisse de Dépat et de Gestion et les produits de portefeuille.
Historiquement, ces fonds ont agi comme une sorte « d’assurance sociale en
suppléance de assurance privée ». Cependant, avec V’élargissement de la
couverture des risques professionnels, la contribution patronale devient obsoléte. 1!
devient donc nécessaire de réviser ensemble des dispositions relatives a ces fonds
suite a la généralisation de I'assurance obligatoire. En outre, des lacunes dans leur
fonctionnement ont été soulevées, notamment dans un rapport de la Cour des
comptes de 2007, qui a souligné que ces fonds représentaient une administration
plus codteuse que les prestations qu’ils offrent!”*. En réponse a ces problémes, le
projet de Loi de finances de 2012 (encore en révision) avait proposé, dans sa version
initiale, un délai d’un an pour la « liquidation » définitive de ces établissements, qui
relévent actuellement du ministére de I’Emploi.
Partie Il - Uimpact des maladies professionnelle sur le contrat de travail
1. Vassurance maladie obligatoire
La loi n* 65-00, portant code de la couverture médicale de base, institue une
assurance maladie obligatoire (AMO) au profit des fonctionnaires et agents de I’Etat,
des collectivités locales, des établissements publics et des personnes morales de
droit public. Cette couverture est gérée par la Caisse nationale des organismes de
prévoyance sociale (CNOPS). Par ailleurs, une assurance maladie obligatoire est
également mise en place pour les personnes assujetties au régime de sécurité sociale
dans le secteur privé, gérée par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), et
régulée par Agence nationale de ’assurance maladie (ANAM). Ce code constitue le
socle de la protection sociale en matiére de santé.
L’AMO de base s‘applique initialement aux fonctionnaires et agents de l'état,
‘aux collectivités locales, aux établissements publics, aux personnes morales de droit
public, ainsi qu’aux travailleurs relevant du secteur privé assujettis au régime de
sécurité sociale, aux titulaires de pensions des deux secteurs public et privé, aux
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personnes exercant une activité non salariale, aux anciens résistants et membres de
Varmée de libération, ainsi qu’aux étudiants inscrits dans Venseignement supérieur
public et privé.
Employeurs affiliés d’office au régime de ’AMO :
© Les employeurs affilés a la CNSS ;
Les administrations publiques;
Les collectivités locales ;
Les établissements publics ;
Les personnes morales de droit public dont les fonctionnaires et
agents
sont immatriculés a la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale
au moment de la publication du décret
© Les organismes gérant le régime de pension.
LAMO de base couvre également les membres de la famille de 'assuré, sous
réserve qu’ils soient a sa charge et ne bénéficient pas d'une couverture similaire &
titre personnel. Les membres de la famille & charge incluent le conjoint, les enfants
3 la charge de l'assuré (jusqu’a 21 ans, sous réserve des dispositions de l'article 2 de
la loi 65-00), ainsi que les enfants poursuivant des études supérieures non mariés,
jusqu’a 26 ans, & condition de fournir une justification. Les enfants handicapés, sans
limite e’age, ainsi que ceux incapables de travailler en raison d'une infirmité
permanente, bénéficient également de cette couverture.
Affiliation et transition :
affiliation @ VAMO est obligatoire, et les salariés du secteur privé
actuellement assurés par une compagnie privée disposent d’un délai transitoire de
cing ans pour se conformer au régime de I’AMO. Ils peuvent, par ailleurs, souscrire
une convention complémentaire auprés d’une assurance privée pour les soins
ambulatoires et dentaires non couverts par le syst@me.
Conformément a Varticle 114 de la loi 65-00, "AMO doit étre étendue a tous
les salariés du secteur privé n’ayant aucune couverture sociale.
Financement et limites :
Le financement de I’AMO repose sur une contribution de I’Etat 4 hauteur de 27
'% et des collectivités locales 4 hauteur de 16 %, tandis que les ménages contribuent
pour 52%. Toutefois, la faiblesse de la contribution collective est un point de critique,
certains observateurs pointant que le financement ne reflate pas le colt réel des
soins médicaux. En conséquence, les patients devront s‘acquitter d’un ticket
modérateur plus élevé que prévu par la loi, notamment pour les soins ambulatoires
et dentaires.
Limites liées aux bénéficiaires :
U’AMO ne couvre pas certaines catégories de travailleurs, tels que les artisans,
commercants et membres de certaines professions libérales, qui échappent & son
champ ¢’application et ne peuvent prétendre au RAMED. Cependant, une réflexion
‘est en cours pour étendre la couverture sociale & ces populations, en intégrant 4 la
fois la retraite et la couverture médicale dans un seul package. Le défiréside dans la
pérennité des cotisations, surtout pour une population vivant dans la précarité et
dans l'informel.
Limites concernant les prestations :
La couverture offerte par la CNSS est limitée 4 43 maladies considérées comme
codteuses ou de longue durée. Elle couvre également les frais de maternité,
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Vhospitalisation et la prise en charge des descendants jusqu’a I’age de 12 ans. Les
soins ambulatoires sont exclus, et a couverture n’est done pas totale pour les
salariés du secteur privé, contrairement & ceux du secteur public, qui bénéficient
d’un panier de soins complet. Ces limitations sont source de mécontentement pour
les assurés du secteur privé, qui se retrouvent dans une situation de sous-couverture
‘en comparaison avec le secteur public.
I Du congé de maladie 3 la suspension du contrat de travail
Conformément a V’article 271 du Code du travail, tout salarié empéché de se
rendre a son travail en raison d’une maladie ou d’un accident doit justifier de son
‘absence et en informer son employeur dans les quarante-huit heures suivantes, sauf
en cas de force majeure. En cas d’absence prolongée de plus de quatre jours, le
salarié est tenu de communiquer & 'employeur la durée prévisible de son absence
et, sauf impossibilité, de lui fournir un certificat médical justifiant son état.
Vartide 32 du Code du travail marocain dispose que le contrat de travail est
provisoirement suspendu dans les cas suivants :
1. Pendant la durée du service militaire obligatoire ;
2. En cas d’absence du salarié pour maladie ou accident, dament
constaté par un médecin ;
3. Pendant la période entourant l'accouchement, dans les conditions
fixées par les articles 154 et 156 ;
4 En-cas diincapacité temporaire résultant d’un accident du travail ou
d'une maladie professionnelle.
La suspension du contrat de travail constitue une dispense temporaire de
Vexécution des obligations réciproques des parties, sans que cela entraine la rupture
du lien contractuel, ni la perte de l'appartenance du salarié & l'entreprise. Ainsi,
méme suspendu, le contrat continue de produire ses effets
La notion de suspension reste complexe. On pourrait la définir comme
Vinterruption momentanée de l’exécution du contrat de travail, ce dernier reprenant
son cours normal aprés une période, parfois longue, d’« état suspendu ». Toutefois,
certaines suspensions ne se terminent pas par une simple reprise du contrat, mais
par une rupture définitive. Par exemple, dans le cas de la grave ou d’une mise a pied
disciplinaire, il y a suspension du contrat, car le salarié ou ’employeur sont dans leur
droit d’interrompre Vexécution du contrat.
En cas de maladie professionnelle, impact peut tre soit la suspension
provisoire, soit la rupture définitive du contrat de travail. Lors d’une incapacité
temporaire de travail, considérée comme une période de travail effectif par le Code
du travail, la suspension peut durer jusqu’a 180 jours.
Le salarié a l’obligation de notifier rapidement son absence &l’employeur et de
lui transmettre un certificat médical indiquant I’arrét de travail, Cette information et
Venvoi du certificat doivent intervenir dans les deux premiers jours suivant
Vincapacité. Si la durée de l’arrét de travail est prolongée, le salarié doit envoyer un
nouveau certificat médical & son employeur.
Ala fin de la période de suspension, et aprés l'aptitude confirmée par le
médecin du travail, le salarié doit retrouver son emploi ou un emploi similaire, avec
une rémunération équivalente. Aucun retard dans la promotion ou l’avancement ne
peut résulter de cette suspension.
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En cas d’inaptitude permanente du salarié & occuper son précédent poste, le
médecin du travail propose une évaluation de son aptitude exercer d’autres taches
‘au sein de lentreprise. l'employeur doit alors proposerun autre poste conforme aux
indications du médecin du travail, en tenant compte des capacités du salarié et des
tiches disponibles.
Conclusion:
La complexité de la législation sociale en matiare de réparation des risques
professionnels, tant en ce qui concerne les procédures que le calcul de
Vindemnisation, constitue un véritable frein a Vefficacité de la politique de
prévoyance sociale. La multiplication des textes législatifs dispersés, parfois
obsolétes, ainsi que absence de cohérence entre les régimes de couverture des
accidents du travail et des maladies professionnelles dans le secteur public et privé,
rendl’accésaux droits sociaux difficile, voire opaque, pour les victimes. Ces obstacles
juridiques et administratifs privent ainsi les travailleurs de la pleine jouissance de
leurs droits a réparation, une situation qui nécessite d’urgence une réforme
profonde du systéme de sécurité sociale.
Il est essentiel de noter que le cadre actuel repose sur des textes de base qui
r’ont pas évolué de maniére significative face aux réalités économiques, sociales et
sanitaires actuelles. Cette lente adaptation a pour conséquence directe un
déséquilibre entre les divers régimes, créant des inégalités de traitement et rendant
la réparation des risques professionnels moins efficace. Les travailleurs ne sont pas
en mesure de naviguer facilement dans ce maquis législatif, et les procédures
complexes, parfois ambigués, nuisent 8 leur compréhension des mécanismes de
réparation. De ce fait, ces derniers sont souvent contraints de renoncer a leurs droits
faute de pouvoir comprendre les démarches a entreprendre ou d’envisager les
‘conséquences des recours.
Il est donc impératif de simplifier la législation sur les risques professionnels et
de garantir une convergence des dispositifs entre le secteur public et privé. Cette
unification contribuerait @ réduire les disparités actuelles et a offrir une prise en
charge plus cohérente et accessible pour les victimes d’accidents du travail et de
maladies professionnelles. II devient nécessaire d’instaurer une gestion plus
centralisée et automatisée, notamment par la numérisation des processus, afin de
garantir une plus grande transparence et un meilleur suivi des dossiers.
Par ailleurs, plusieurs mesures doivent étre mises en ceuvre pour renforcer
Vefficacité du systéme de réparation des risques professionnels :
1. Prise en charge intégrale des soins : Il est essentiel d’assurer une prise
en charge totale des soins liés aux accidents du travail et aux maladies
professionnelles, sans application de ticket modérateur. Cette mesure permettrait
d’éliminer les obstacles financiers auxquels sont confrontés de nombreux
travailleurs et garantirait une égalité de traitement.
2. Prévention de la désinsertion professionnelle : Le maintien dans
Vemploi est un enjeu crucial pour les travailleurs blessés ou malades. Des initiatives
ciblées pour prévenir la désinsertion professionnelle doivent étre déployées afin de
favoriser le retour & l'emploi et 'intégration des travailleurs en situation de handicap
temporaire ou permanent. Cela pourrait inclure des mesures de réadaptation
professionnelle et de soutien psychologique.
3. Unification de la gestion des prestations : Vautomatisation des
processus pour la déclaration des accidents du travail et des maladies
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professionnelles, ainsi que l'introduction d'un systéme de tiers payant généralisé,
seraient des avancées significatives. En permettant aux fonctionnaires d’avancer les
frais pour les soins liés & ces risques, tout en garantissant le remboursement rapide,
ce systéme offrirait une plus grande fluidité et une meilleure couverture.
4. Contrat avec les prestataires de soins : Le développement de la
contractualisation avec les prestataires de soins pour tous les secteurs, publics ou
privés, est une étape importante pour assurer une prise en charge homogéne et de
qualité. La Fédération Marocaine des Sociétés d’Assurance et de Réassurance a déja
initié ce processus, mais il convient d’élargir cette démarche & ensemble du secteur.
5. Gestion des indemnités journaligres : 1! est primordial de développer
la gestion des indemnités journaliéres, notamment par utilisation de la
subrogation, afin d’assurer un versement rapide et conforme aux attentes des
travailleurs. Une meilleure gestion de ces indemnités contribuerait & réduire
Vincertitude financiére pour les travailleurs en arrét de travail.
6 Convergence dans la gestion des rentes : Le cas des rentes,
particulitrement faibles dans les secteurs public et privé, nécessite une réforme
structurelle. Une convergence des ragles de gestion et des montants alloués devrait
étre instaurée pour assurer une réparation équitable. Néanmoins, il convient de
noter que les spécificités du statut des militaires, en raison des risques particuliers
liés a leurs missions, justifient une approche distincte dans leur prise en charge.
Cette réflexion appelle 4 un changement profond des politiques publiques en
matiére de réparation des risques professionnels, afin d’aboutir 4 un systéme plus
équitable, transparentet efficient. L’objectif ultime reste de garantir aux travailleurs,
victimes d’accidents ou de maladies professionnelles, une réparation compléte et
rapide de leurs préjudices, en assurant leur sécurité sociale et en préservant leur
dignité dans la gestion de leurs droits.
Bibliographie
+ Les ouvrages :
1 __Abdellah Boudahrain, La sécurité sociale au Maghreb du nouveau
millénaire : carences et défis Maroc, Tome |,1*" édition ,2000
sot ce rerven tae boncten zee mee
, Emmanuel Dockés, Elsa Peskine, Cyril Wolmark, Droit du Travail
dusat, ee Fe gay Aig Gl yy Ji Cal gs ce alll aly (i) Den
1977 dol) Aelia ly Qyaluciiy) 5 4 git gl)
a BUHL (M.), CASTELLETA(A.), accident du travail ,maladie
professionnel, édition DELMAS, 2éme éd. France, 2004 ;
a Les articles scientifiques :
plata) Lie Ai SURG ARS) 5a GRAD Coal ga le GLE Ge pall 495 (.€) arcinall -1.
Abs 2011 ited
+ Les rapports:
1 BOUDAHRAIN (A.), risque professionnel : protection sociale et
responsabilité de entreprise. Rapport national protection et prévention attardées
des risques professionnels au Maroc, XVIII Congres de droit de travail et dela sécurité
social, Paris, 5-8 Septembre 2006 ;
Rapport de ’Organisation internationale du travail (OT) publié fin 2011.
<3) Pp 62: TEL +212 771394040 ww.allbahit.com
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