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Modulation Numerique

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Les modulations

numériques

jean-philippe muller

version juillet 2002


Modulations numériques 2

Sommaire page

Le compromis complexité matérielle/encombrement spectral 3

Principe du transport d’une information numérique par une porteuse

• principe général 5
• les paramètres du signal qu’il est possible de modifier 5
• visualisation simultanée de l’amplitude et de la phase 6
• modulation d’une porteuse suivant deux axes 7
• optimisation du spectre HF 8

Traitement du signal numérique en bande de base

• spectre du signal numérique 10


• diagramme de l’oeil et interférence intersymbole 12
• filtre de Nyquist 13
• effet du filtrage sur la trajectoire de phase 15

Les différents types de modulations numériques à porteuse unique

• modulation d’amplitude ASK 16


• modulation de fréquence FSK 18
• modulation de phase à 2 états BPSK 19
• modulation en quadrature à 4 états 4-QAM ou QPSK 20
• modulation GMSK 22
• modulations en quadrature à x états x-QAM 24

La modulation à grand nombre de porteuse OFDM 28

Les différentes techniques de partage du canal : FDMA, TDMA, CDMA 30

Structure générale d’un système de communication numérique 32

Annexes : A- les filtres de Nyquist 33


B- trajectoire de phase et encombrement spectral 35
C- structure d’un récepteur pour TV-satellite numérique 37
D- les différents standards utilisés dans le monde 39
E- glossaire français-anglais 41

jean-philippe muller
Modulations numériques 3

I) Le compromis complexité/encombrement spectral

Les systèmes de transmissions se répartissent pour la plupart entre trois catégories caractérisées par
leur efficacité en bande passante, en puissance ou du point de vue des coûts.

L’efficacité en bande passante représente la capacité d'un procédé de modulation à transporter les
données dans une bande passante limitée, tandis que l'efficacité en puissance décrit la capacité du
système à transmettre les informations, en toute fiabilité, à la puissance la plus faible possible.

Figure 1.
Compromis
complexité -
encombrement
spectral

La plupart des systèmes actuels accordent la priorité à l'efficacité en bande passante, même si les
critères de puissance et de coût suivent de près dans l'esprit du concepteur.

Le paramètre à optimiser dépend des exigences propres à chaque système.

Pour une liaison hyperfréquence terrestre numérique, par exemple, c'est l'efficacité en bande
passante qui prime généralement, avec un faible taux d'erreur sur les bits. Le critère de la puissance est
moins important, en raison de la disponibilité d'une alimentation en courant alternatif. De plus, comme
ces appareils sont généralement construits en petites quantités, leur coût et leur complexité peuvent
être relativement élevés.

Un téléphone cellulaire mobile doit au contraire privilégier l'efficacité en puissance, car il est alimenté
par batterie. Son coût représente aussi un critère important, car les constructeurs et les opérateurs
cherchent à étendre leur marché. Ces systèmes sacrifient donc une part de l'efficacité en bande
passante au bénéfice des critères de puissance et de coût.

Chaque amélioration de l'un de ces paramètres d'efficacité (bande passante, puissance ou coût),
entraîne une diminution d'un autre critère, une complexité accrue ou une réduction des performances
dans les environnements défavorables.

Comme l'indique le diagramme ci-dessus, les systèmes simples sont de forts consommateurs de
spectre, avec pour conséquence une limitation du nombre d'utilisateurs. A l'autre extrémité, les
systèmes très économes en bande passante exigent des émetteurs et des récepteurs plus complexes
pour pouvoir transporter le même volume d'informations sur une bande passante réduite.

En d'autres termes, plus l'efficacité spectrale des techniques de transmission est importante, plus les
matériels deviennent complexes, ce qui les rend, chaque ingénieur le sait, plus difficiles à concevoir, à
tester et à construire.

Nous sommes obligés de partager le spectre des radiofréquences, mais l'essor de la demande de
services de transmissions fait que nous sommes chaque jour de plus en plus nombreux à vouloir
l'utiliser.

La modulation numérique offre par rapport à la modulation analogique une capacité supérieure pour le
transport de volumes d'information accrus, ce qui constitue de toute évidence une évolution majeure
dans la concurrence pour l'espace spectral.

Les formats numériques sont également compatibles avec les services de données numériques, offrant
une sécurité accrue des données, une meilleure qualité de transmission et une disponibilité plus
immédiate des systèmes.

jean-philippe muller
Modulations numériques 4

Nous avons assisté ces dernières années à une mutation majeure, passant de la modulation
d'amplitude analogique simple (AM) et de la modulation de fréquence/phase (FM/PM) aux nouvelles
techniques de modulation numérique.

On utilise couramment les formats courants :

• QPSK (Quadrature phase shift keying)


• FSK (Frequency shift keying)
• MSK (Minimum shift keying)
• QAM (Quadrature amplitude modulation)

Figure 2.
Evolution des
techniques de
modulation

A cela vient s'ajouter dans de nombreux systèmes un autre facteur de complexité : le multiplexage,
c'est-à-dire la technique qui permet de délivrer plusieurs signaux indépendants avec accès simultané à
un système unique.

Les deux principaux types de multiplexage sont le TDMA (Time Division Multiple Access) et le CDMA
(Code Division Multiple Access).

Cependant, en raison des arbitrages décrits plus haut, ces procédés efficaces en bande passante
exigent des matériels plus complexes. La description ci après devrait faciliter la compréhension de la
modulation numérique, en présentant le concept de base de la modulation.

jean-philippe muller
Modulations numériques 5

II) Transport d'une information numérique par une porteuse


1) Principe général

L’objet de tous les efforts de modulation est de permettre à une puissante porteuse d'émettre par voie
aérienne des informations utiles.

Quel que soit le procédé utilisé, ces trois étapes sont incontournables :

• génération d'une porteuse pure au niveau de l'émetteur.


• modulation de cette porteuse par les informations à transmettre.
• détection et démodulation du signal au niveau du récepteur, pour récupérer l'information

Figure 3.
Principe de la
modulation

Ces informations ont à peine besoin d'être rappelées, mais elles mettent en évidence un concept
important : toute variation détectable sans aucune ambiguïté des caractéristiques du signal peut servir à
transporter des informations. Ces possibilités semblent infinies et elles militent pour la poursuite de la
recherche sur de nouveaux formats de modulation.

2) Les paramètres du signal qu’il est possible de modifier

Un grand nombre de méthodes différentes permettent de moduler un signal, mais seuls trois éléments
de base du signal sont modifiables dans le temps : l'amplitude, la phase ou la fréquence (la phase et la
fréquence n'étant en réalité que deux façons différentes de visualiser ou de mesurer la même variation
du signal).

Figure 4.
Les différents
types de
modulation

En modulation d'amplitude (AM), c'est l'amplitude du signal d'une porteuse haute fréquence qui est
modifiée, proportionnellement à l'amplitude instantanée du signal du message de modulation.

jean-philippe muller
Modulations numériques 6

La modulation de fréquence (FM) est la technique de modulation analogique la plus utilisée dans les
systèmes de transmissions mobiles. En FM, l'amplitude de la porteuse est maintenue à une valeur
constante, tandis que sa fréquence est modifiée par le signal du message de modulation.

On peut moduler l'amplitude et la phase simultanément et séparément, mais ce procédé est difficile à
générer et particulièrement difficile à détecter. Par conséquent, dans les systèmes réalisés en pratique,
le signal est dissocié en une autre série de composantes indépendantes : I (phase) et Q (quadrature).

Ces composantes orthogonales (perpendiculaires entre elles) n'interfèrent pas entre elles. Nous y
reviendrons par la suite.

3) Visualisation simultanée de l'amplitude et de la phase

Le diagramme polaire offre un moyen de visualisation simple de l'amplitude et de la phase.

Figure 5.
Diagramme
polaire d’une
porteuse

La porteuse devient la référence de fréquence et de phase, et le signal s'interprète par rapport à la


porteuse.

La phase du signal est relative au signal de référence, c’est-à-dire la porteuse dans la plupart des
systèmes de transmissions. L’amplitude est utilisée en modulation numérique, tant sous sa forme de
valeur absolue que relative.

La Figure 6 illustre les différents types de modulation sous forme polaire. L’amplitude est représentée
comme étant la distance au centre, l'angle représentant la phase.

Figure 6.
Diagramme
polaire des
différentes
modulations

La modulation d'amplitude ne change évidemment que l'amplitude du signal et la modulation de phase


ne modifie que sa phase. De plus, comme nous l'avons déjà dit, il est possible de modifier
simultanément l'amplitude et la phase.

jean-philippe muller
Modulations numériques 7

La modulation de fréquence ressemble à la modulation de phase à ceci près que c'est maintenant la
fréquence et non plus la phase relative qui est le paramètre contrôlé.

En transmission numérique, la modulation s'exprime souvent en termes de I et de Q (Figure 5), une


représentation rectangulaire du diagramme polaire. L’axe I est aligné sur la référence de phase 0°,
tandis que l'axe Q subit une rotation de 90°.

Figure 7.
Modulation
d’une porteuse
suivant deux
axes

La modulation d'amplitude simple illustre bien les difficultés rencontrées par les ingénieurs RF. Générer
une AM sans modulation angulaire associée devrait se traduire par une droite sur un écran polaire,
allant de l'origine à un rayon de crête ou une valeur d'amplitude. Mais en pratique cette ligne n'est pas
droite.

En effet, la modulation d'amplitude elle même provoque souvent une légère modulation de phase
involontaire, produisant une courbe. De plus, l'hystérésis de la fonction de transfert du système crée
une boucle. Cette distorsion est en partie inévitable dans tout système de modulation d'amplitude.

4) Modulation d’une porteuse suivant deux axes ( modulation en quadrature)

Une porteuse sinusoïdale d’amplitude E et de phase φ repérée par rapport à une référence de phase
donnée a pour expression :
e(t) = Ecos( ωt + ϕ )

Si nous développons cette expression, nous obtenons :

e(t) = Ecos( ϕ )cos( ωt ) - Ecos( ϕ )sin( ωt ) = i(t).cos( ωt ) + q(t).sin( ωt )

On peut donc synthétiser une porteuse d’amplitude et de phase donnée de la façon suivante :

• l’oscillateur fournit le signal de référence cos( ωt ) et le même signal déphasé de π/2


• la composante cos( ωt ) est multipliée par le signal i(t) ( In phase)
• la composante sin( ωt ) est multipliée par le signal q(t) (Quadrature)
• ces deux signaux sont additionnés pour donner e(t) = Ecos( ωt + ϕ )

Cette porteuse peut se représenter dans le plan de Fresnel par un vecteur.

Figure 8. en quadrature
Composantes
en phase et en
quadrature
Ecos( ωt + ϕ )
d’une porteuse q(t)

φ
en phase
i(t)

jean-philippe muller
Modulations numériques 8

Si les paramètres i(t) et q(t) varient au cours du temps, l’amplitude et la phase de la porteuse varient.
Cette technique est utilisée telle quelle dans tous les systèmes de communications évolués actuels.

Le signal binaire à transmettre est séparé en deux signaux binaires i(t) et q(t) selon des règles qui
seront précisées plus loin. Ces deux signaux multiplient la porteuse et la porteuse déphasée et sont
additionnés :

Figure 9.
Structure d’un
modulateur et d’un
démodulateur en
quadrature

A la réception, le signal subit le traitement inverse pour obtenir les deux composantes en phase et en
quadrature. Un processeur de signal pourra alors reconstituer le signal binaire d’origine.

5) Optimisation du spectre RF

Le tableau indique les formats de modulation les plus courants et leurs applications dans les domaines
des transmissions sans fil et de la vidéo :

jean-philippe muller
Modulations numériques 9

Pour mieux comprendre et comparer les efficacités de ces différents formats, il est important de
comprendre la différence entre débit binaire et débit symbolique.

Le débit binaire est la fréquence du flux binaire dans le système examiné, tandis que le débit
symbolique est la fréquence des états discrets réellement transportés sur le canal de transmission.

La bande passante requise par un format de modulation donné dépend du débit symbolique, et non du
débit binaire :

Débit symbolique = débit binaire / nombre de bits transmis avec chaque symbole

Pour calculer le débit binaire d'une radio avec un échantillonneur 8 bits-10 kHz, par exemple, on
multiplie 8 bits par 10 Kéch. par seconde pour arriver à 80 Kbits/s (non compris les bits supplémentaires
requis pour la synchronisation, la correction d'erreur, etc.).

• si on transmet un bit par symbole, le débit symbolique est égal au débit binaire de 80 Kbits/s.
• si on transmet deux bits par symbole, le débit symbolique est égal à la moitié du débit binaire, soit
40 Kbits/s.
• si on peut transmettre trois bits par symbole, le débit symbolique chute à un tiers du débit binaire,
soit environ 27 Kbits/s.

La figure 11 ci-dessous représente les diagrammes I/Q (amplitude/phase) de ces trois formats.

Figure 11.
Diagrammes
polaires des
principaux
formats de
modulation

En d'autres termes, plus on peut transmettre de bits avec chaque symbole, plus le spectre de
transmission d'une quantité de données précise peut être étroit.

Pour revenir à un point essentiel présenté précédemment, les formats de modulation les plus
complexes peuvent envoyer la même quantité d'information sur une portion réduite du spectre RF.

L’inconvénient étant, bien entendu, que les formats les plus complexes nécessitent des récepteurs et
des émetteurs plus complexes.

jean-philippe muller
Modulations numériques 10
III) Traitement du signal numérique en bande de base
1) Spectre du signal numérique

Le signal numérique xn(t) qui module la porteuse lors d’une transmission numérique est constitué d’une
succession aléatoire de « 0 » et de « 1 ». Pour avoir une valeur moyenne nulle, affectons au « 0 » la
valeur -1V et au « 1 » la valeur +1V.

Appelons T la durée de l’un de ces symboles. Le spectre du signal binaire xn(t) dépend de la forme du
signal et change donc au cours du temps. Néanmoins certaines caractéristiques de ce spectre restent
stables et nous donnent une bonne idée de l’encombrement spectral du signal en bande de base .

Prenons quelques exemples :

Figure 12.
Spectres de 2
séquences
1 0 1 0 1
binaires T
temps fréquence
1/T 2/T 3/T

1 0 0 1 0
T
temps fréquence
1/T 2/T 3/T

Quelque soit la séquence choisie, le spectre est borné par une fonction sin(X)/X .

L’enregistrement suivant qui résulte de la superposition d’un grand nombre de spectres correspondant à
des tranches différentes d’un signal aléatoire xn(t) met bien en évidence ce résultat :

Figure 13.
Spectre moyen
d’un signal
numérique

Le spectre d’un signal numérique a donc les caractéristiques suivantes :

• le spectre n’est pas borné vers les fréquences élevées


• son enveloppe est en sin(x)/x
• les zéros de l’enveloppe se trouvent aux fréquences f = 1/T, 2/T, 3/T ...où T est la durée du bit
• l‘essentiel de la puissance ( 91% pour être exact ) apparaît dans la bande 0-1/T

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Modulations numériques 11
Prenons quelques exemples concrets :

Dans le cas du téléphone, le signal vocal est échantillonné à fe = 8 kHz et codé sur N = 8 bits, ce qui nous
donne un débit de D = N.fe = 64 kbits/s.

La durée d’un bit est de T = 1/D = 15,6 µs et le spectre moyen pris sur un temps assez long a l’allure
suivante :

amplitude

Fréquence ( en kHz)
64 128 192 256

Il est clair que le système de transmission a une bande passante limitée. Par conséquent le signal
numérique ne pourra pas être transmis sans déformation.

Mais tant que cette déformation est limitée, on pourra retrouver le signal numérique initial grâce à un
circuit de remise en forme .

Si on transmet un signal numérique ayant un débit D = 1 kbits/s avec un système ayant une coupure du
premier ordre à fc = 1 kHz ( qui correspond à une constante de temps τ = 1/2πfc = 0,16 ms ), les fronts
seront dégradés de la manière suivante :

Signal émis x(t) Signal reçu y(t)

1 0 1 0 1 0
1 0 1 0 1 0
1ms

A l’aide d’un détecteur de passage par 0, on pourra facilement transformer le signal reçu y(t) en un signal
numérique carré.

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Modulations numériques 12

2) Diagramme de l’oeil et interférences intersymboles :

Si on visualise le signal reçu de l’exemple précédent sur un oscilloscope en synchronisant la base de


temps avec l’horloge du signal numérique, on obtient la superposition des différentes configurations
possibles qui s’appelle diagramme de l’oeil :

Instant de décision
Figure 14.
Diagramme de
l’oeil d’un signal
binaire filtré par
un passe-bas

Durée T

Pour la remise en forme, la décision se fera par exemple au milieu de l’intervalle de durée T. C’est la
situation habituelle dans laquelle on se trouve pour les transmissions à bas débit pour lesquelles la
bande passante du système de transmission est plus importante que le débit binaire.

Dans les cas de transmissions à haut débit, le système de transmission a une coupure d’ordre assez
élevé au niveau de l’émetteur comme au niveau du récepteur et le signal à l’arrivée est bien plus
déformé que ce que nous a montré l’exemple précédent.

La plupart du temps en effet le signal reçu est affecté d’oscillations qui dépassent la durée T du bit et
viennent se superposer aux bits suivants, ce qui peut donner lieu à des prises de décision erronées sur
la valeur du bit : c’est ce qu’on appelle l’interférence intersymboles .

Si par exemple le système de transmission se comporte comme une deuxième ordre peu amorti
qui coupe à fc = 1kHz, la réponse à un bit de durée T = 1ms aura l’allure suivante :

1 0 0 0 0 0 Instants de prise de décision


1 ? ? ?

1ms

Signal émis

Signal reçu

Il est clair que les oscillations du signal de sortie au delà de l’instant T vont s’ajouter au signal reçu lié
aux symboles suivants et la remise en forme va être rendue difficile, voire impossible .

Il est fondamental de bien réaliser que la déformation du signal à l’arrivée et donc les
interférences intersymboles sont étroitement liés aux caractéristiques fréquentielles du canal de
transmission.
ère
⇒1 solution : transmettre le signal numérique tel quel. Sa forme à l’arrivée va dépendre :

• des limites de bande passante des circuits d’émission et de réception ( filtres sélectifs, bande
passante des amplis etc ...)
• de la caractéristique de transfert du canal, liée aux problèmes de propagation du signal RF
(interférences, retards, échos etc ...)
ème
⇒2 solution : filtrer le signal numérique avec un passe-bas imposant une coupure plus basse que le
canal. La forme du signal à l’arrivée dépendra essentiellement des caractéristiques de ce filtre.

jean-philippe muller
Modulations numériques 13

3) Filtre de Nyquist

Pour éviter ces difficultés et maîtriser les interférences intersymboles liées à la bande passante limitée
du canal, on introduit un filtre passe-bas numérique dit « de Nyquist » ou « en cosinus » aux
propriétés particulières :

• c’est le filtre qui limite la bande du signal numérique ( la bande passante du canal sera supposée
plus large que celle du filtre)
• sa réponse impulsionnelle est telle qu’il supprime le risque d’interférences intersymboles

Figure 15. module


Courbes de gain f1 f2
et de phase d’un
filtre de Nyquist 1
f1 = (1-α)/2T
f2 = (1+α)/2T
0,5 α: facteur de roll-off
0,2< α < 0,8

0<f<f1: A = 1
fréquence
1/2T 1/T f1<f<f2: fonction cosinus

f>f2: A = 0
phase

1/2T 1/T
fréquence

Phase linéaire

Cette famille de filtres a la caractéristique intéressante de posséder une réponse temporelle particulière
( voir Annexe A) présentant des zéros aux instants de décision précédant et suivant le bit courant.

Figure 16.
Réponse 1 0 0 0 0 0
impulsionnelle
d’un filtre de
Nyquist 1ms

instants de prise de décision


0 0 0 1 0 0 0

Ainsi aux instants de prise de décision l’influence des bits précédents est nulle.

Remarque : on peut utiliser d’autres filtres qui donnent des résultats analogues comme le filtre
Gaussien dans le cas du téléphone GSM.

jean-philippe muller
Modulations numériques 14

Le diagramme de l’oeil correspondant à un signal numérique filtré par un tel filtre de Nyquist montre
bien que la décision est facile et aboutit à une liaison numérique caractérisée par un taux d’erreurs de
transmission minimal:

Figure 17.
Diagramme de
l’œil réel d’un
signal filtré

Le spectre du signal numérique est modifié de façon assez importante puisque la fréquence de coupure
du filtre de Nyquist est inférieur à 1/2T.

Figure 18.
amplitude
Spectre du
signal numérique
traité par un
filtre de Nyquist

fréquence
1/2T 1/T 2/T 3/T

Dans la pratique la bande passante du signal est limitée à un peu plus de la moitié du lobe principal du
spectre initial:
B = (1 + α )/2T
Par exemple si α = 0,5, la bande vaut B = 0,75/T = 0,75D. Dans la pratique on utilise des filtre de
Nyquist dont le facteur de roll-off varie entre 0,35 et 0,5.

Ce filtre de Nyquist est en principe placé sur le trajet du signal binaire à l’émission. Cependant dans de
nombreux cas on souhaite aussi introduire un filtrage à la réception, ne serait ce que pour limiter le bruit
de fond et les signaux parasites provenant des canaux voisins.

Il est important que l’action conjuguée de ces deux filtres soit celle d’un seul et unique filtre de Nyquist
tel que défini précédemment.

Il est possible en pratique que l’émetteur et le récepteur soient fabriqués par deux constructeurs
différents, et pour éviter les problèmes d’incompatibilité de matériel on intègre au niveau de l’émetteur
un filtre appelé « racine carrée de cosinus » ou « demi-Nyquist » dont l’action est complétée par un filtre
identique dans le récepteur.

Figure 19.
Répartition du
filtre sur
l’émetteur et le
récepteur

jean-philippe muller
Modulations numériques 15

4) Effets du filtrage sur la trajectoire de phase

Le filtrage du signal permet de maîtriser la déformation du signal binaire à l’arrivée et donc les
interférences intersymboles.

Nous verrons aussi plus loin qu’il permet de limiter la bande spectrale occupée par le signal modulé.

Le filtrage ralentit le déplacement du vecteur représentant la porteuse dans le plan de phase comme le
montre la figure ci-dessous :

Figure 20.
Modifications de
la trajectoire de
phase liée au
filtrage

La transmission du signal sans filtrage nécessite une bande passante infinie. Plus le filtrage est
énergique, plus les transitions entre états sont douces et le spectre limité.

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Modulations numériques 16

IV) Les différents types de modulations numériques à porteuse unique


1) La modulation d’amplitude ASK ( Amplitude Shift Keying) :

C’est la technique la plus simple et la plus naturelle pour moduler une porteuse sinusoïdale
e(t)=Ecos(ωt) par un signal numérique .

L’indice de modulation est en général de 100%, ce qui explique que ce type de modulation s’appelle
aussi modulation en tout ou rien.

La porteuse est simplement multipliée par le signal numérique xn :

Figure 21.
Production d’un
Ecos(ωt) VE.Ecos(ωt)
signal ASK
multiplieur

V pour « 1 »
0 pour « 0 »

Conversion de
niveau

Xn(t) = 10100111100...

Le signal modulé ASK a l’allure suivante :

Figure 22.
Allure temporelle 1 0 1 1 0 1
d’un signal ASK

En modulation d’amplitude, le spectre du signal modulé est symétrique par rapport à la raie de la
porteuse et les deux bandes latérales ont la même forme que le signal BF.

Voici quelques exemples d’allures de spectres ASK :

Figure 23. Bande occupée : B = 8/T = 8.D environ


Spectre d’un
signal ASK
modulé par un
amplitude
signal numérique porteuse
non filtré

f- 2/T f-1/T f f+1/T f+2/T

Lorsque le signal numérique n’est pas filtré, le signal modulé ASK occupe en théorie une bande infinie,
ce qui est inacceptable dans la pratique.

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Modulations numériques 17

On est donc amené dans la pratique à limiter la bande du signal numérique par un filtre passe-bas,
simple ou de Nyquist.

Figure 24.
Spectres de signaux Bande occupée : B = 2/T = 2.D
modulés ASK
- signal numérique amplitude
filtré au lobe principal porteuse
- signal numérique
limité au maximum par
un filtre de Nyquist

f-1/T f f+1/T

Bande occupée : B ≅ (1+α)/T ≅ (1+α)D

amplitude
porteuse

f-1/T f f+1/T

C’est dans le cas du filtrage de Nyquist que l’encombrement spectral est minimal et simplement égal au
débit numérique du signal modulant.

Dans un système simple, si on veut éviter l’utilisation d’un filtre de Nyquist, il faudra prévoir pour le
système une bande passante au moins égale au double du débit numérique.

On désire transmettre des informations numériques à l’aide d’un ensemble émetteur récepteur à
27 MHz.

A ces fréquences, la récepteur à changement de fréquence a une valeur standard de fi=455 kHz.
Or la largeur des filtres fi céramique est de 9 kHz.

Le spectre du signal transmis sera donc limité à une bande de largeur 9 kHz, ce qui limite le
débit numérique à D = 4,5 kbits/s.

Si on travaille à 433,92 MHz, on pourra utiliser des filtres standards à fi = 10,7MHz de largeur
300kHz, ce qui nous permettra un débit de 150 kbits/s.

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Modulations numériques 18

2) Modulation de fréquence ( Frequency Shift Keying ) :

La porteuse est modulée en fréquence par le signal numérique, c’est à dire qu’elle saute d’une
fréquence F0 ( pour le « 0 » ) à une fréquence F1 ( pour le « 1 » ).

L’allure est la suivante :

Figure 25.
Allure 1 0 1 1 0 1
temporelle
d’un signal
modulé FSK temps

F1 F0 F0 F1 F0 F1

On démontre que le spectre de ce signal modulé est en sin(X)/X autour des deux fréquences Fo et F1:

Figure 26.
Spectre
d’un signal amplitude porteuse F0 porteuse F1
FSK modulé
par un
signal
numérique
non filtré

Bande occupée : B = F1-Fo+ 8/T

Si on filtre le signal numérique pour limiter son spectre au lobe principal , la bande passante nécessaire
à la transmission du signal se limitera évidemment à l’intervalle (Fo - 1/T, F1 + 1/T).

La modulation FSK est effectivement utilisée dans les modems à moyen débit comme celui du Minitel
(standard V23) caractérisé par :

• canal direct : modulation FSK avec un débit numérique D = 1200 bits/s


porteuse à 1200 Hz pour le « 1 » et à 2200 Hz pour le « 0 »
bande occupée de 0 à 3400 Hz

• canal retour : porteuse à 387 Hz modulée en ASK avec un débit de 75 bits/s


bande occupée de 312 à 462 Hz

Figure 27.
Relevé du spectre
d’un signal FSK
avec :
F0 = 1300Hz
F1 = 1700 Hz
D = 600 bits/s
T = 1,66 ms

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