Sala Al Jadida : Ville Nouvelle ou Quartier?
Sala Al Jadida : Ville Nouvelle ou Quartier?
quartier résidentiel
REMERCIEMENTS
Je remercie également le corps enseignant de l’ INAU qui a consacré son temps pour
suivre et évaluer ce mémoire de fin d’études, chacun pour son effort accompli et apporté aux
différentes étapes de recherches théoriques et pratiques, il s’agit de notre professeur encadrant
Madame Touriya IDRISSI BELHOUSSINE et de notre professeurs Mr. Mohamed DAROUA
et Mme. Mariem MKINSI. Leurs irremplaçables conseils pédagogiques ont permis d’enrichir
la qualité de ce travail de mémoire à fin qu’il soit dans les normes de toute référence
documentaire
De même, mon estime pour toutes les personnes qui m’ont permis d’accéder aux
informations nécessaires au sein des administrations et notamment ceux, parmi la population
de Sala Al Jadida, qui ont bien voulu répondre à nos questionnements sur la thématique de ce
mémoire.
Sans oublier ma petite famille, ma femme HAKIMA et à mes petits enfants AYA et
JIBRILE qui soufflent en moi l’espoir de persévérer par leur patience et leur esprit
compréhensif.
Que mes parents et mes sœurs et frères trouvent ici l’expression de ma gratitude et de mes
remerciements.
1
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
2
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
INTRODUCTION GENERALE
3
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
La naissance d'une ville est un événement généralement très ancien, inconnu ou oublié, et
la ville n'est pas considérée comme le résultat d'un projet, mais comme le cadre complexe et
permanent de plusieurs projets successifs.
S’agissant de l’organisation urbaine, l’ambiguïté originelle entre « Villes nouvelles »,
« Villes satellites », « Cité » et « Quartier résidentiel » permet de satisfaire à la fois les
intérêts des décideurs de la création des villes et ceux des aménageurs ; s’agissant des formes
de la gestion urbaine, l’action publique d’essence centralisatrice est aussi un outil
d’intervention dans les attributions des acteurs locaux d’une part et les choix et mobilités
résidentielles des ménages d’autre part.
Dès lors que le marché de logement des villes nouvelles tend à rejoindre la logique
dominante guidée par les choix des ménages, les composantes démographiques et socio-
économiques du système s’en trouvent sensiblement modifiées. C’est dans ce sens que
l’auteur français Daniel Béhar évoque à son tour la banalisation des villes nouvelles,
considérant qu’en cherchant « à toute force, à créer des « vraies » villes, les acteurs locaux
vont être en quelque sorte dépassés par leur succès »1 .
En effet, observe-t-il, alors que sous les effets cumulés des spécificités du parc de
logements et des mécanismes du marché, elles « acquièrent une complexité sociale et
spatiale qui les fait tendre vers ce statut de « vraies villes », elles offrent désormais « une
diversité suffisante pour que s’organise en leur sein toutes les étapes de la mobilité
résidentielle »2.
Le concept de « ville nouvelle » est un concept qui, de l’Antiquité jusqu’au Contemporain
en passant par le Moyen Age, la Renaissance, l’époque coloniale, la révolution industrielle, a
connu des mutations en fonction des priorités respectives de ces époques. Ce concept ne
constitue pas une innovation de la politique urbaine contemporaine. A la fin du 19ème siècle,
en Angleterre Ebenezer Howard proposa pour la première fois la création de « Garden
citiez ». De nombreuses villes nouvelles ont alors suivi, en se basant à chaque fois sur des
objectifs différents, c'est ainsi que des fins politiques ont dicté la réalisation de Brasilia. En
Angleterre, elles ont permis de décongestionner les grandes agglomérations urbaines D’autres
ont orienté leurs croissances comme c'était le cas de Stockholm ou encore elles ont mis en
valeur des territoires peu développés en Europe Orientale et en Sibérie.
1
Béhar D : « La ville nouvelle en Île-de-France ou la fortune d’un malentendu ». Pouvoirs
locaux, n°60, pp. 31-35
2
Idem .p 60
4
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
A. Cadrage conceptuel
La difficulté de la définition de la ville tient à ses propres caractéristiques : une taille, mais
également des fonctions diverses et surtout une autonomie politique. Pour les géographes
contemporains comme Pierre George, une ville se définit comme « un groupement de
populations agglomérées caractérisé par un effectif de population et par une forme
d'organisation économique et sociale 3».On fait aussi souvent la distinction entre ville et
village avec les activités dominantes, en tenant compte de la population : « la ville n'a pas
une activité essentiellement agricole ou artisanale, contrairement au village, elle a aussi
une activité commerciale, politique, intellectuelle ». Avec cette définition, une ville pourrait
être plus petite qu'une agglomération fortement peuplée à partir d'un réseau de
communication.
La ville, suivant les recommandations du Congrès International de l'Architecture
Moderne CIAM, doit remplir quatre principales fonctions :
-Habiter (logement) ;
-Travailler (aire de production) ;
-Circuler (transport) ;
-Se recréer (cadre de vie) ;
-Une « ville nouvelle » est une ville (organismes urbains) fondée ex-nihilo, conçue et
réalisée par la puissance publique ou sous son contrôle et dédiée à une ou plusieurs fonctions
déterminées. Elle se construit en peu de temps sur un emplacement auparavant peu ou pas
habité4.
De cette définition découle les distinctions suivantes par rapport à la ville
« ordinaire » :
-La création de la ville se fait dans une période de temps très courte sachant qu’une ville
ordinaire est construite selon un processus historique assez long souvent suivant plusieurs
périodes.
-Le site de création de la ville nouvelle est généralement vierge ou très peu urbanisé.
3
Extrait de Chaline Claude, dans « Les villes nouvelles dans le monde ». P.
4
Villes nouvelles & villes satellites dans Encyclopédie universalis
5
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
-Son caractère de nouveauté risque de se perdre avec le temps pour devenir finalement
une ville comme les autres.
La conception de ces villes nouvelles était inspirée par les principes du C.I.A.M, la charte
d'Athènes qui veut marquer une rupture avec tous les modèles préexistants: villes coloniales
issues de l'haussmannisation, des cités-jardins comme le Vésinet ou des modèles antérieurs
de villes régulières comme les bastides. L'approche adoptée, dans la conception des villes
nouvelles, n'est plus ni perspective, ni figurative, mais strictement fonctionnelle selon le
processus ingénieurial développé par Ildefonse de Cerda sous la nouvelle appellation
d'urbanisme. Cette conception évoquait la situation des centres urbains dans un créneau où
« Le chaos est entré dans la ville »5 .
Les villes nouvelles diffèrent des villes satellites en ce sens que ces dernières peuvent être
considérées généralement comme un phénomène subi, elles résultent du dysfonctionnement
dans le monde urbain et rural. La compagne ne constitue plus désormais dans plusieurs pays
qu’une force expulsive des ruraux qui s’installent à la périphérie de la ville à la recherche
d’un emploi en vue d’améliorer les conditions de leur vie.
-Les villes satellites ont permis de réguler les tensions en répondant à des besoins
pressants. Elles n’ont jamais pu apporter de solutions efficaces dans la mesure où elles ne
forment que de grands villages à l’extrémité de la ville, sans base économique diversifiée,
dépourvues des infrastructures de base et des équipements collectifs. De même que leur
intégration dans l’armature urbaine globale pose d’énormes problèmes.
-Le quartier est avant tout associé au territoire et au bâti. Il est généralement confondu à
une délimitation physique, comme par exemple une circonscription administrative. En
présence de limites floues, c’est alors les caractéristiques propres aux habitants qui servent à
différencier un quartier d’un autre, lui conférant ainsi sa physionomie propre. Par cette
approche, le quartier « est un espace de proximité, un milieu de vie qu’on valorise, à savoir
un espace dans lequel des usages et pratiques propres à ses habitants sont érigés en tant
que valeurs de ce quartier »6 .
5
Extrait de la première charte d’Athènes.
6
Jean-Yves Authier, Marie-Hélène Bacque et France Guérin-Pace (dir.), Le Quartier : Enjeux scientifiques,
actions politiques et pratiques sociales, Collection « Recherches ».
6
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
On peut en effet concevoir le quartier comme un ordre spatial, fonctionnel et social.
Spatial en ce qu’il fonctionne comme un principe d’organisation spatiale, avec un centre, une
périphérie, et des frontières, qui s’inscrit dans un ordre spatial plus large, toujours organisé
selon les mêmes principes : l’espace du quartier est une partie de l’espace de la ville, à la fois
partie d’un tout et élément spécifique ayant son « identité » et une certaine autonomie.
Fonctionnel, dans la mesure ou le quartier se définit par la primauté de la fonction
d’habitation (sauf dans le cas particulier du centre-ville), à laquelle il associe un ensemble de
services qui répondent aux besoins des habitants, tout cela n’excluant pas quelques
spécialisations, commerciales, artisanales, industrielles, pour autant qu’elles n’excluent pas
ce qui précède. Social, car le quartier est un lieu d’échange avec ses hiérarchies, ses systèmes
d’échange, sa culture et son identité.
1-Contexte global
Les réflexions du début du 20éme siècle sur la ville soviétique en Russie se situaient dans
la continuité de plusieurs théories d’urbanisme naissantes.
Selon Nikolaï Milioutine, «La ville soviétique doit être honnête et simple dans ses formes,
comme est honnête et simple la classe ouvrière; diversifiée, comme l’est la vie; seuls les
éléments dont sont composés les édifices doivent être standardisés et non les édifices eux-
mêmes; économique dans le matériau utilisé et l’entretien et non dans l’espace et le volume;
joyeuse, comme l’est la nature. Enfin, elle doit être commode, claire, hygiénique.»8
7
Chaline Claude, Les villes nouvelles dans le monde, coll. Que sais-je?
8
Extrait de Milioutine Nikolaï dans Sotsgorod. Le problème de la construction des villes socialistes, p.106.
7
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
L’industrialisation posa les problèmes d’une nouvelle forme d’habitat autour des immenses
complexes industriels. Les cités-jardins n’étaient plus adaptées et l’habitat collectif des villes
socialistes se développa. De nombreux projets de concours de villes furent examinés par
Milioutine, parmi lesquels Stalingrad. Il proposa à plusieurs reprises des modifications pour
une organisation linéaire capable de se développer dans les deux sens, suivant le système de la
chaîne de production par juxtaposition de bandes parallèles: chemin de fer, usine, zone verte,
route, zone résidentielle, parc, rivière. L’organisation idéale pour Milioutine était celle qui
minimiserait les temps de déplacement entre l’habitat et le lieu de production.
9
Ce point central nous est rappelé par le sociologue Olivier Vaubourg, dans une étude réalisée en 2004 pour le
Musée de la ville de Saint-Quentin-en-Yvelines. VAUBOURG, Olivier, « Le monde des pionniers du militantisme
saint-quentinois ,de l’installation à la succession », rapport de recherche réalisé pour le Musée de la ville de Saint-
Quentin-en-Yvelines, janvier 2004, 20 pages, p. 4
10
Idem.
8
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
-La Loi Boscher du 10 juillet 1970, donnant lieu à la mise en place des Syndicats
Communautaires d’Aménagement (SCA) ;
-La Loi Rocard de 1983, les SCA sont transformés en Syndicats d’Agglomération Nouvelle
avec des modifications de périmètres souvent importantes qui constituent les bases
du régime institutionnel et réglementaire des villes nouvelles (V.N) régissent aussi
l’intercommunalité spécifique aux V.N);
-La Répartition des crédits spécifiques de l’Etat affectés à chaque site ;
-La coordination entre les différents services de l’Etat;
-Des dispositions d’ordre réglementaire (institutionnel) furent prises et inscrites dans le code
de l’urbanisme.
Au niveau du monde arabe, les villes nouvelles en Egypte constituent un outil pour
atteindre le développement. Le gouvernement égyptien l'a adopté en vue de répondre aux
différents problèmes démographiques, urbains et économiques. Aujourd'hui, 24 ans après la
fondation de 18 villes nouvelles, de nombreux objectifs ne sont pas atteints et plusieurs
problèmes persistent. L'analyse de la situation existante montre que le processus adopté par le
ministère de la construction dans la planification des villes nouvelles ne peut pas assurer un
développement réel. L'analyse des différentes expériences permet de déterminer certains
éléments qui peuvent garantir la réussite du développement dans les villes nouvelles. Parmi
les plus importants, nous pouvons citer les facteurs administratifs qui restent loin d’une
gestion du développement urbain comme approche de la planification urbaine des villes
nouvelles qui peut comporter les différents aspects administratif, urbain, social, économique,
politique et environnemental.
Ainsi, nous déduisons que le point commun entre les villes nouvelles soviétiques,
égyptiennes et françaises est qu’elles ont été décidées et financées à l’initiative de l’Etat. En
revanche, le sens politique de la décision diverge. Les villes de l’ex-URSS sont le résultat
d’une politique entièrement vouée à la planification économique du pays (objectifs de
production) dans des zones urbanisées ou non, alors que leurs homologues de l’Ouest
répondaient à une nécessité d’aménagement du territoire dans le souci de décongestionner
une agglomération importante.
2-Contexte national
L’originalité de la structure duale de l'ensemble des villes marocaines montre bien que la
notion de ville nouvelle ne constitue aucunement une nouveauté sur la scène urbaine
9
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
marocaine : à côté de la ville ancienne « médina » s’est constituée la ville « européenne »
qualifiée de nouvelle.
Avec l’avènement du protectorat en 1912, le Maroc est devenu le premier pays du monde à
se doter d'un instrument législatif en matière d'urbanisme, c’était en 1914 et c’est sur la base
de cet instrument que furent crées une dizaine de villes nouvelles entre 1915 et 1925
(Casablanca, Kenitra, Khouribga…). La conception de ces nouvelles entités s'est appuyée sur
de nouveaux principes de l'urbanisme : des avenues plus larges, une nouvelle répartition des
fonctions au sol, un nouveau type d'habitat (villas, immeubles, habitat économique) et un
nouveau style architectural. Ces grandes villes, reflétant l'image d'un Maroc moderne, vont
attirer les populations rurales en quête de meilleures conditions de vie. Connu sous le nom
d'urbanisation, ce phénomène influencerait définitivement l'essor des villes marocaines.
2.1-Contraintes de l’urbanisation
Sur le plan urbanistique, les déficits urbains ne sont plus à prouver. En effet, la situation
des villes est en étroite liaison avec les déficits sociaux qui touchent une large frange de la
population urbaine, notamment en matière de chômage et de sous-emploi (1,5 millions sont à
la recherche d'emploi en 2008 selon la Direction de la statistique).
Ce constat étant aggravé par le fléau de l'analphabétisme (75 % en milieu rural contre 37%
en milieu urbain) qui constitue, indubitablement, la source principale de la pauvreté et de la
11
Source : Schéma national aménagement du territoire, SNAT, Espaces de croissance, Cédérom, Décembre 2003
10
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
fragilité des conditions de vie, favorisant ainsi la prolifération de l'habitat insalubre et non
réglementaire et une complexité de la gestion urbaine.
En effet, depuis l’indépendance et pendant 44 ans, les villes marocaines ont supporté un
accroissement démographique estimé à 13 millions d’habitants. La population urbaine qui
comptait 3,4 millions d’habitants en 1960 est passée à 16,5 millions habitants en 2004 soit
55,1 % de la population totale. 26 villes sur les 352 centres urbains et villes recensées en 2004
concentrent 67% de cette population urbaine. D’où l’incapacité de ces agglomérations à
supporter le poids de d’une urbanisation excessive.
Sur la base d’un ratio moyen de 120 habitants à l'hectare brut en milieu urbain (140
habitants /ha à Casablanca, 115 habitants /ha à Essaouira, 80 habitants/ha à Nador…), y
compris les infrastructures, espaces verts, équipements et logements, les besoins selon le
SNAT en terrains à urbaniser entre 2001 et 2020 sont estimés à une moyenne de 4150 ha par
an. Ce qui implique la création chaque année d'une agglomération à l'échelle de la ville
d'Agadir. En somme, au cours des vingt années à venir, le pays devrait être en mesure de :
-Répondre aux exigences d'une population qui aurait pratiquement doublée dont celle
active aurait évoluée de plus de 40%;
11
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
dont il faudrait rehausser la qualité urbaine afin de leur permettre de relever les défis de la
mondialisation en les rendant plus viables, attractives et concurrentes.
Selon le SNAT, les villes nouvelles : " fuite en avant devant les difficultés de la question
foncière " Elles sont à éviter pour deux raisons :
12
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
-Elargir et développer la promotion immobilière.
2.3-Cadre juridique
Face au vide juridique qui caractérise l’opération de création des villes nouvelles au
Maroc, la question qui s’impose est de savoir si oui ou non la réalisation d’une ville nouvelle
donnée doit se faire en suivant scrupuleusement les dispositions en vigueur en matière de
lotissement, en l’occurrence la loi n° 25-90 relative aux lotissements, groupes d’habitations et
morcellements, lors de la commercialisation des terrains devant recevoir les programmes
d’habitat. La réponse ne peut être que négative comme l'a confirmé le ministre chargé de
l’habitat et de l’urbanisme qui a évoqué comme cas analogue la manière de faire, préconisée
dans la circulaire ministérielle conjointe (Intérieur – Agriculture et mise en valeur agricole)
n°270 du 14 octobre 1996 relative au morcellement des terrains par l’Agence de logements et
d’équipements militaires (A.L.E.M.).
Compte tenu de l’ampleur de la tâche et des caractéristiques des projets de « villes
nouvelles », l’entité chargée de la réalisation des villes nouvelles par l’Etat n’agit pas en tant
que simple lotisseur mais comme développeur présentant, bien entendu, les garanties requises
pour l’achèvement de l’équipement de toute la ville au moment et dans les conditions fixées
d’avance. C’est pour cette raison que cette entité n’est pas forcément obligée d’amener
l’équipement hors site avant de mettre les îlots de terrains à la disposition des lotisseurs et des
constructeurs désireux de réaliser des programmes de logement, des activités économiques ou
des équipements publics.
En effet, il suffit seulement que les dispositions nécessaires soient prises pour s’assurer que
les travaux d’équipement et de construction soient menés parallèlement, et qu’à terme,
comme cela sera expressément convenu entre les parties intervenant dans le projet considéré,
la population drainée bénéficiera des services indispensables à une vie urbaine normale, une
fois les logements et les travaux sont achevées.
Les principales réalisations sont d’une part les deux villes nouvelles TAMANSOURT à
Marrakech et TAMESNA située dans le territoire de la préfecture de Skhirate-Temara et
d’autre part une mise en chantier de trois projets de villes nouvelles, il s’agit de
MELLOUSSA à proximité de Tanger, LAKHYAYTA près de Casablanca et TAGADIRT à
Agadir.
13
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
1. Intérêt et choix du sujet
L’intérêt porté au traitement de cette thématique réside dans le fait que l’opération Sala
Al Jadida constitue une expérience particulière après celles de la reconstruction de la ville
d’Agadir et le quartier de Hay Riad. Ceci renvoie à la question de la pertinence des politiques
publiques en matière d’aménagement, car si l’urbanisme se fonde sur les différents outils et
procédures juridiques, administratives et techniques, l’aménagement est loin d’être assimilé à
ce niveau procédural. En fait, « il ne s’agit pas simplement de loger ou de construire, mais
d’enraciner, la raison pour laquelle il ne faut pas se limiter à la seule intervention matérielle
et technique sur le tissu urbain12 », ce qui exige la nécessité de prendre en considération tous
les critères sociologique et humain et de tous les déterminants qui vont avec, notamment
l’intégration des populations et des fonctions ainsi que l’identité des lieux.
Ce thème parait, à notre sens, d’une importance capitale et mériterait une intention
particulière, car Il s’agit de répondre à des questions courantes qui continuent à susciter -non
pas seulement -l’intérêt de la population de Sala Al Jadida mais aussi de la part de plusieurs
ménages des bidonvilles qui désirent acquérir un logement dans les projets de villes
nouvelles dont celui Tamesna en interpellant notamment la question des équipements
collectifs et l’équilibre habitat-emploi pour pouvoir mettre en lumière le degré de la
dépendance de ces projets urbains de l’agglomération Rabat Salé.
Concernant les raisons du choix de cette problématique, elles reviennent à des motivations
ayant trait à notre première affectation professionnelle en exerçant pendant quatre années à
l’ex-préfecture de Sala Al Jadida et actuellement à la division de l’urbanisme à la préfecture
de Salé ,à travers cette dernière nous avons pris connaissance de tous les aspects de la
complexité et la particularité des problèmes liés à cette nouvelle urbanisation tels que le non
respect des normes d’urbanisme, les règles de la copropriété et de la gestion urbaine , d’où
une proximité au terrain de recherche et une possibilité de contacter les différents acteurs.
2. Enoncé de la problématique
La ville de Salé, qui a déjà subi certaines interventions sectorielles de restructurations et
de recasement, qui se sont avérés non concluantes, a été choisie en 1992 pour abriter le projet
d’une ville nouvelle, appuyé par la volonté royale, avec un don d’un terrain de 179 hectares,
pour justement, édifier une cité entièrement nouvelle dans tous ses aspects dans un délai
12
Extrait de Sedjari Ali dans Le devenir de la ville, p 45.
14
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
record de 42 mois. Il s’agit de l’opération intitulée «Sala Al Jadida », dont les travaux ont été
lancés en 1995 sur le plateau Hssaine.
13
Définition adoptée par l’Organisation des Nations Unies, ONU, Note no 6144, 22 avril 2008.
15
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
-Institutionnelle : dans le fait que Sala Al Jadida relève administrativement de
l’arrondissement de Hssaine rattaché à la commune urbaine de Salé après l’adoption du
système de l’unité de la ville, alors qu’elle était, jusqu’à l’année 2002, le chef lieu des
communes urbaines de Hssaine, Laayada et les communes rurales de Shoul et Bouknadel.
Il semble que cette opération d’aménagement est aujourd’hui dans une situation
paradoxale, perdant sa place administrative initiale où elle aurait besoin à nouveau d’un
soutien particulier : elle constitue une extension urbaine de la ville de Salé, où règne un
déficit en matière des équipements collectifs, insécurité et marasme économique, source de
spéculation immobilière alors qu’elle devrait constituer une réponse pertinente face à la
question du logement et de relogement de plusieurs bidonvilles de Salé.
Ces éléments ont affecté par conséquent l’aboutissement des objectifs assignés pour cette
grande opération d’aménagement, d’où les questionnements qui structurent la problématique à
traiter dans ce mémoire :
Pourquoi Sala Al Jadida qui a été conçue initialement par les concepteurs et
les aménageurs publics en tant que projet de ville nouvelle demeure, pendant une
décennie d’opérationnalité, un grand quartier résidentiel assimilé à une extension
urbaine au sud-est de Salé et loin d’être une ville proprement dite?
Quel est le devenir de l’opération Sala El Jadida et sa place dans les futurs
projets de développement urbain de l’agglomération de Rabat Salé ainsi que son impact
sur l’extension de la ville de Salé sur les terrains limitrophes ?
16
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
3. OBJECTIFS
Utiliser notre acquis à l’INAU , en particulier les outils de recherches quantitatives et
qualitatives développées pendant les périodes de stages pratiques qui constituent un point
d’inflexion par rapport à notre formation antérieure à l’université et qui ont témoigné de leur
pertinence lorsqu’on a regagné notre administration d’origine vu le besoin accru des cadres
chargés du suivi des opérations de recasement ou de relogement dans le cadre du
programmes Villes sans bidonvilles (VSB) et dans la coordination avec les différents
intervenants en matière d’aménagement et d’urbanisme.
Réaliser un diagnostic basé sur l’adoption d’une évaluation ex-ante (à posteriori) de
l’opération Sala El Jadida depuis son lancement en 1995 jusqu’à l’année 2010, à fin de
mettre l’accent sur les atouts et les faiblesses du projet en question et de déceler par
conséquent les écarts entre les prévisions et les réalisations tout en poussant la recherche vers
la recherche des composantes de la gestion urbaine à fin de ne pas focaliser l’étude seulement
sur l’aspect aménagement et urbanisme. Cela pourra contribuer à enrichir le domaine de
l’évaluation de tel projet urbain à travers les ajustements adéquats qui pourront établir une
corrélation entre la fonction d’habitat et les autres fonctions urbaines à savoir les activités
économiques, les activités ludiques et le développement des lieux de centralité.
Tirer des enseignements qui peuvent servir de base pour les expériences programmées
au niveau national à court et moyen termes visant la réalisation de nouveaux projets de villes
nouvelles et ce à travers la formulation des propositions et des recommandations
susceptibles de renforcer l’accompagnement des projets en question.
4. Hypothèses de travail
Pour répondre aux questions susmentionnées et relever leurs degrés de pertinence, nous
allons les étayer par les hypothèses ci-après pour un meilleur cadrage de notre
problématique :
H-1. Les orientations des documents de la planification urbaine dans l’agglomération de
Rabat -Salé et le choix du site du projet de Sala Al Jadida, ont favorisé la réalisation de cette
opération immobilière qui constitue une extension urbaine au Sud-est de la ville de Salé ,
qui s’est focalisée sur la fonction d’habitat dominée par une succession des résidences et un
grand lotissement à l’instar des grands ensembles et des groupements d’habitat sans
anticiper la réalisation des zones d’activité et des espaces d’animation ;
17
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
H-2. Le projet n’a pas répondu aux besoins en logement des bidonvillois de la ville
de Salé et a répondu de manière dérisoire aux attentes de la population bénéficiaire
notamment en matière des équipements socio- collectifs et leur répartition ;
H-3. L’adoption du système de l’unité de la ville de Salé constitue une contrainte qui
a engendré l’adoption d’une approche de gestion d’un ensemble de quartiers et non d’une
ville ;
H-4. Les futurs projets programmés au niveau de l’agglomération de Rabat-Salé en
général et dans la ville de Salé en particulier, auront un impact sur l’extension urbaine de
Sala Al Jadida.
5. Méthodologie de recherche
Il s’agit d’abord d’une recherche documentaire en matière de création et de fonctionnement
et de l’évaluation des projets de villes nouvelles en se basant sur la collecte des données utiles
dans la bibliographie et la documentation disponible dans les centres de documentation, tout
en exploitant les données statistiques, études et rapports produits par les différents
départements (au niveau central, déconcentré et décentralisé).
En second lieu, la démarche qui sera entreprise pour confirmer ou infirmer les hypothèses
de travail est déclinée suivant l’analyse suivante :
Pour vérifier la première hypothèse sur la conception du projet et sa vocation, une
analyse des documents de la planification urbaine y afférents est une étape évidente à fin de
démontrer s’il existe des écarts entre les prévisions et les réalisations ou bien s’il s’agit
d’une conception orientée à la base vers la situation actuelle.; Contact avec les différents
acteurs publics et privés, les responsables municipaux (architectes, ingénieurs et techniciens,
à Salé, l’agence urbaine de Rabat Salé, la direction d’aménagement Sala Al Jadida (Société
Sala Al Jadida ), la Conservation foncière et le Cadastre, les Délégations provinciales de la
Santé et de l’Enseignement ,les promoteurs immobiliers privés et les agences immobilières ;
La deuxième et la troisième hypothèse seront examinées à travers l’analyse du
programme Villes sans bidonvilles de Salé pour connaître les douars qui ont été visés par le
projet de Sala Al Jadida et la réalisation d’une enquête- ménage susceptible de donner une
vision sur les besoins et les éventuelles attentes de la population résidente ; Pour ce faire,
notre intérêt porte sur deux grands aspects :le premier concerne l’objectif social du projet et
notamment celui qui touche à la question de relogement des bidonvillois de Salé ( son apport
dans la résorption des bidonvilles de Salé); le second est celui relatif aux équipements
collectifs projetés par les concepteurs du projet.
18
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
La quatrième hypothèse sur le devenir et les perspectives de développement de Sala
Al Jadida sera vérifiée à travers l’exploitation des données des interviews directes avec les
membres de certaines associations actives et par des questions ouvertes intégrées dans le
questionnaire de l’enquête (Voir questionnaire et guide d’entretiens dans l’annexe).
L’idée initiale est de réaliser une enquête auprès des habitants de Sala Al Jadida qui
permettra autant que possible, de savoir si le jugement qu’ils portent sur leurs conditions de
vie est plutôt plus favorable ou plutôt moins favorable, leurs attentes quand aux besoins en
équipements collectifs, les services de proximité. Ainsi les thèmes abordés sont l’habitat et le
logement, le quartier et son utilisation à travers les commerces, les équipements et les
services, les relations personnelles et associatives, les lieux de centralité et le sentiment
d’appartenance à la ville nouvelle.
Pour ce qui est de l’enquête ménage et afin de tirer l’échantillon, c’est la méthode des
sondages à deux degrés qui sera adoptée. Ainsi en se basant sur une répartition de la
population des différentes tranches, estimée à 45640 (RGPH 2004) et sur les informations
recueillies auprès de la Société Sala Al Jadida et des opérateurs immobiliers à propos des
dernières livraisons d’appartements après l’année 2004, une première stratification des
tranches selon les périodes de livraison des appartements et des lots sera retenue comme
première variable de contrôle.
Dans un premier degré parmi les tranches réalisées, 2 critères liés à la typologie des
logements seront pris en compte de manière proportionnelle :
-Logements sociaux qui représentent 74% du parc logement 14;
-Logements promotionnels qui représentent 26% du parc logement15.
Pour le deuxième degré, les données du RGPH 2004 seront utilisées et le statut
d’occupation des chefs de ménage sera retenu comme deuxième variable de contrôle.
Enfin un échantillon de 140 ménages a été tiré en appliquant la règle de l’allocation
proportionnelle permettant à l’échantillon retenu d’avoir une structure similaire à celle de la
population étudiée.
14
Source : Direction d’aménagement Sala Al Jadida.
15
Idem
19
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
D. Plan de travail
20
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
21
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
22
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Durant les trente dernières années, le territoire urbanisé de Salé a été multiplié par cinq
(de 560 Ha en 1972, sa surface urbanisée est aujourd’hui de 3200 Ha).
L’aéroport international a été ouvert après la seconde guerre mondiale et les routes
nationales qui traversent Salé ont été élargies et transformées en voies à grande circulation.
Cette urbanisation rapide, alimentée par une immigration rurale importante, est
essentiellement constituée de quartiers de logements densément bâtis, construits par la
population elle-même pour la plus grande part d’entre eux, qui ont donné naissance à de
grandes zones d’habitat informel et de bidonvilles.
La mise à niveau des infrastructures, notamment du réseau routier et des équipements n’a
pas accompagné cette extension du territoire urbain. Salé n’a pas, comme Rabat, fait l’objet
de grands projets d’aménagement, elle n’a bénéficié que de plans de zonage qui n’ont jamais
permis de lui forger une identité particulière par la création d’espaces publics valorisants et
de grands équipements.
En effet, Salé est devenue la banlieue de Rabat, laissée pour compte, populaire, réceptacle
de l’immigration pauvre, ville dortoir sous équipée et sous qualifiée.
De par sa situation d’une part sur un axe très peuplé et d’autre part sur la rive droite du
Bouregreg, la ville de Salé a constitué pour longtemps un bassin migratoire très attractif pour
la population rurale et urbaine 16 notamment pour les ménages pauvres et à revenu moyen
ayant des difficultés à s’installer à Rabat. Elle a assuré un rôle de tampon pour la capitale
face aux grandes migrations rurales ce qui a provoqué une croissance urbaine anarchique en
opposition à la capitale qui fait figure d’une ville relativement ordonnée et plutôt bien
contrôlée.
16
À titre indicatif, pendant la période 1989-1994, Salé se situe à la troisième place après Casablanca et Agadir en
terme de la migration totale (urbaine et rurale) avec un taux de 9,2%. Pendant la même période, Rabat a participé
avec 21 % au flux migratoire vers Salé et ceci en raison du déversement de ses habitants vers cette dernière à la
recherche de coûts plus modérés du foncier et des loyers. Voir à ce sujet RDH50 « Démographie Marocaine :
tendances passées et perspectives d’avenir ».
23
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga- quartier résidentiel
Sala Al jadida
Source : Elaboration personnelle sur la base du découpage numérique du Maroc- Année 2010
23
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Fondée au XIème siècle par les Bani Yafranes, princes Omeyades, la ville de Salé connut
un véritable développement à l’époque des Almohades (XII ème siècle) et Mérinides (du
XIVème siècle) du fait de sa position stratégique sur la voie terrestre Fès/Marrakech et
grâce à son port, centre d’échanges entre l’Europe et le Maroc17.
Avec le XIXème siècle s’annonce la fin du rôle commercial prépondérant dont jouissait
la ville, et Salé s’enferma sur elle-même et demeura, au cours du XIX ème siècle et pendant
l’époque des protectorats français et espagnol, un haut lieu de culture et de la vie
religieuse.
Par ailleurs, elle s’étend sur une superficie d’environ 671 km², elle est limitée au nord
par la province de Kenitra, au sud par la préfecture de Rabat, à l’Est par la province de
Khémisset et à l’Ouest par l’océan Atlantique (Voir carte n°2 : Situation géographique de
Salé dans la région de Rabat Salé Zemmour Zaer, page ci-dessous).
17
Cet aperçu historique de cette paragraphe a été basé sur des données issues d’une lecture et traduction de
plusieurs extraits de Mr. Daroua Mohamed dans « La ville dans l’histoire du Maroc », Thèse de Doctorat
d’Etat en Histoire,pp 39-40 ;132-146 ; 249.
24
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Carte n°2 : Situation géographique de Salé dans la région de Rabat Salé Zemmour Zaer
25
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
réglementaire et de l’habitat insalubre, l’éclatement de l’urbanisation et les contraintes
du site, le problème de la circulation urbaine et interurbaine, les contraintes de la
planification urbaine au niveau de l’agglomération de Rabat Salé. La seconde sera
consacrée à une analyse critique de la conception du projet urbain de la ville nouvelle
Sala Al Jadida.
800000 Rabat
700000 Salé
600000
Nbre Habitants
500000
400000
300000
200000
100000
0
1936 1951-1952 1960 1971 1982 1994 2004
Années
Source : Élaboration personnelle sur la base du dénombrement de 1951 et les RGPH 1960-1971-
1982-1994 et 2004 du HCP.
Depuis le début des années 1970, la population de la ville de Salé a augmenté à un
rythme rapide. Les taux d’accroissement annuels moyens étaient de 6,3 % entre 1971-
1982 et de 5,6 % par an entre 1982-1994. Depuis 1994, la courbe de la population connaît
un léger fléchissement mais continue de progresser. Le taux d’accroissement est de + 2,5
% par an (Voir Graphe n°2, page suivante).
26
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Avec 0,82 million d’habitants en 2004, la Préfecture de Salé est la plus peuplée de la
conurbation devant Rabat et Skhirat-Témara. La croissance de la population reste rapide
mais son rythme se ralentit, conformément à la tendance observée au niveau régional.
Entre 1982 et 1994, la conurbation avait vu sa population passer de 1,0 à 1,5 millions
d’habitants, gagnant plus de 40 000 habitants chaque année (au rythme de + 3,1 % par
an). De 1994 à 2004, le gain s’établit au niveau plus modeste de + 34 000 habitants par an
(+ 2,1 % par an).
Graphe n° 2: Evolution de la population de Salé et TAM intercensitaire
800000
+2,5%
700000
+5,6% 751572
600000
586419
500000 +6,3%
400000 306355
300000 155757
200000
100000
0
1971 1982 1994 2004
Années de recensement
Source : Elaboration personnelle sur la base des données des RGPH -HCP, 71-82-94-2004
Salé a ainsi vu sa population augmenter de 13 700 personnes en moyenne par an entre
1971 et 1982, comme Rabat à la même période. Mais contrairement à la capitale dont
l’accroissement démographique a ensuite nettement fléchi, le gain de population a atteint
23 300 personnes par an entre 1982 et 1994 à Salé et enfin 16 500 personnes par an entre
1994 et 2004. Les explications de cette forte poussée démographique se convergent en
premier lieu vers l’extension géographique de la commune urbaine de Salé sur des zones
rurales telles qu’une partie de la commune rurale de Bouknadel dont le centre douar
Zerdal a été érigé en tant que commune urbaine et une grande partie de Laayayda. En
second lieu, la ville de Salé paraît très nettement excédentaire dans ses échanges avec
l’extérieur. Le solde migratoire apparent, entendu comme la différence entre la variation
de la population et le solde naturel, est en effet positif entre 1994 et 2004. Il
27
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
correspondrait à un excédent de 50 600 personnes, soit une moyenne nette de 5 060
arrivées chaque année sur cette période.
Ainsi, l’accroissement démographique observé à Salé entre 1994 et 2004 tiendrait au
solde naturel pour un peu plus des deux-tiers (+ 12 100 personnes en moyenne annuelle,
soit 70 % de l’accroissement) et aux flux migratoires pour le tiers restant (+ 5 060
personnes en moyenne annuelle, soit 30 % de l’accroissement).
D’où, Salé continue à absorber les effets des flux migratoires attirés par la capitale et
qui pèse sur sa dynamique urbaine du fait d’une raréfaction du foncier et du niveau de vie
et des prix de loyers très élevés.
6000
5284
5299 Densité en
5000
1994
4000
Densité en
3000 2004
2000
1232
940
1000 505 232
361 63 207
59
0
Source : Elaboration personnelle à partir des données sur la population et la superficie des
préfectures et des régions, HCP 1994-2004.
La ville de Salé occupe la deuxième place après la ville de Rabat avec 1225hab/Km²,
à l’exception de la création de quartiers réservés à l’époque aux européens, et d’un début
d’urbanisation de l’Agdal et Tabriquet, Le développement de Salé s’est limité pendant la
période du protectorat à la densification de l’ancienne médina. Par la suite du
28
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
surpeuplement de cette enceinte, la ville de Salé s’est vue contrainte de sortir de son site
intra muros. Ainsi, a-t-on assisté au développement d’un certain nombre de quartiers tels
que celui de Hay Salam à Tabriquet, Sidi Moussa au nord de la Médina et Hay Errahma.
Aux années 90, le lancement de l’opération de Sala El Jadida a permis l’extension de
l’urbanisation du coté Sud-Est de la ville ; aujourd’hui et d’une façon générale,
l’urbanisation se caractérise par le fort développement d’une bande littorale renforçant la
forme linéaire de la ville suivant la côte, la ligne de chemin de fer et la route nationale
N°1.
Suite à la croissance démographique qu’a connue la ville de Salé dés le début du siècle
dernier et étant donné la faiblesse de la capacité d’accueil et la non cohérence des
opérations menées par les pouvoirs publics, nous remarquons un développement de
l’habitat non réglementaire sous équipée comme une forme de régularisation du marché
de logement.
En effet, à défaut de politique d'habitat prenant en compte les besoins des couches
défavorisées, la ville de Salé (au moins pour une bonne partie), se révèle être un creuset
inquiétant d’habitat irrégulier.
Salé est une ville où les couches populaires ont trouvé pour longtemps place,
légalement ou illégalement par l’acquisition des lots de 60 à 80 m2 à des prix abordables
et la construction sans permis de lotir ou de construire.
Selon le dénombrement des quartiers d’habitat non réglementaire (HNR) effectué par les
services concernés dans la préfecture de Salé en 1993, ce type d’habitat regroupe près de
la moitié de la population de la ville soit 22% du total national des ménages logés dans
l’HNR. Ainsi, les quartiers Inbiat, Karia et Sidi Moussa ainsi que ceux de
l’arrondissement Tabriquet sont les plus touchés et enregistrent des concentrations
d'habitat pouvant atteindre 90 logements à l'hectare.
29
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga- quartier résidentiel
Source : Rapport sur l’évaluation du programme Villes Sans Bidonvilles de Salé- Séminaire INAU-2006 18
18
Rapport de stage « Evaluation du programme Villes Sans Bidonvilles de Salé » sous la direction de M.ABOUHANI.Abdelghani, INAU.Rabat 2006.
30
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Aussi la ville comporte t-elle l’un des treize grands bidonvilles identifiés lors du
recensement des bidonvilles 1992. Il s’agit en fait, du bidonville de Sehb El Caid à Salé-
Bettana qui comportait 2321 ménages (actuellement 2544) venant en troisième place après
les bidonvilles de Ben M’sik et Douar Sekouila Ahl Loghlam à Casablanca.
Certes, des opérations de logement dit « économique » et social destiné à des populations
à revenu moyen et des lotissements à petites parcelles réservées théoriquement aux
populations à faible revenu ont été réalisées dans les quartiers Essalam, Rahma et Al Mohit.
Toutefois, il y a lieu de constater qu’une grande partie des populations visées n'y trouve
manifestement pas son compte, puisque les formes d'habitat clandestin (en dur et en
baraques) continuent à proliférer.
Par ailleurs, l’ancienne Médina abrite une population migrante et pauvre 19 qui occupe des
constructions insalubres et menaçant ruine dont le bâti est en état de dégradation avancée 20.
Les fondouks qui constituent une spécificité de la médina de Salé sont très touchés et
nécessitent une intervention d’urgence.
19
Selon le SNAT, les Médina de Rabat et Salé sont saturées à un taux moyen de 700
hab/ha.
20
5,2 % des logements à Salé ont plus de 50 ans notamment à Bab Lamrissa où le taux
s’élève à 18 ,2%?.
31
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
d’autres continuaient de se densifier. Les habitants résidant dans une habitation insalubre
demeurent relativement peu nombreux à Salé : d’après l’Observatoire régional de l’Habitat et
de l’urbanisme de la région Rabat Salé Zemmour Zaer (RSZZ), 990 ménages, soit environ
5 600 habitants, vivaient dans une construction menaçant ruine à Salé en 2002.
La problématique du transport urbain à Salé est en premier lieu celle du passage entre les
deux rives de Bouregreg ; les ponts de franchissement existants n’assurent pas la fluidité
nécessaire dans le contexte actuel sachant qu’une grande partie de la population de Salé
travaille à la capitale. Les problèmes d’embouteillage sont posés avec acuité aux heures de
pointe, ce qui contribue au faible rendement du service assuré par le transport public.
32
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Concernant la circulation urbaine, la ville est traversée par la RN6 (Casa-Oujda) et la RN1
(Casa-Tanger) ce qui accentue les problèmes de circulation notamment avec la localisation
de la gare routière au centre ville et dont le transfert devient une nécessité.
Les principales voies de la circulation telles que les boulevards Mohamed V et Sehb El
Caïd sont disposées longitudinalement de l’ouest vers l’est ; la liaison entre les quartiers
situés aux extrémités nord et sud de la ville se trouve confrontée à l’absence de voies de
communication transversales.
En outre, la ligne de chemin de fer marque la séparation entre l’arrondissement Bab
Lamrissa et les arrondissements de Tabriquet et Bettana et pose des difficultés de
communication entre ces parties de la ville en absence d’ouvrages de franchissement.
21
Rapport de stage « Evaluation du programme Villes Sans Bidonvilles de Salé » sous la direction de
M.ABOUHANI Abdelghani, INAU. Rabat 2006.
22
Le SDAU de 1972 a été réalisé dans le cadre du projet de loi cadre proposé par le CERF, alors que celui de
1995 est établi dans le cadre de la loi 12 /90 relative à l’urbanisme.
23
Le SDAU était arrivé à son terme fin 2007.
33
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
plus particulièrement la ville de Salé, le SDAU avait proposé de créer deux villes nouvelles
de 200 .000 habitants chacune à l’horizon 2007/2008 à Sidi Bouknadel du coté Nord-Ouest
de Salé et du coté de Bouznika.
Il recommande aussi la création d’un ensemble résidentiel d’environ 7.000 logements sur
45 ha à Hay Errahma et d’un centre de 944 logements à Tabriquet, La création d’un
ensemble urbain à Sidi Abdellah sur 671 ha comportant environ 23.500 logements et de
Renforcer le secteur de Kariat Ouled Moussa par un secteur d’habitat orienté (logements
individuels et villas).
Concernant l’habitat irrégulier et insalubre, le SDAU demande la réhabilitation de ce type
d’habitat notamment à Tabriquet Nord et Sidi Moussa. De même et en vu de promouvoir le
développement urbain, le SDAU comprend des opérations structurantes telles que
l’aménagement de la vallée de Bouregreg et la création d’un parc industriel.
Aussi, préconise t-il, la maîtrise de l’extension urbaine et le contrôle du processus de
l’urbanisation en procédant à l’anticipation de la demande foncière, à l’acquisition et la
viabilisation des terrains et l’octroi d’aide à la construction des logements pour les ménages
les moins favorisés. A cet effet, le SDAU recommande la création d’une structure qui se
charge de l’acquisition massive des terrains, les équiper rapidement et ensuite revendre ces
terrains.
S’agissant de la circulation et du transport, le SDAU recommande l’amélioration des
conditions de la circulation sur les franchissements, la création d’une rocade externe (voie de
contournement) pour l’ensemble de l’agglomération Rabat-Salé et l’examen des problèmes
des zones enclavées par la voie ferrée et par l’autoroute.
24
Complété par le Plan de circulation et de transport
34
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Dans ce cadre, il y a lieu de signaler que la maîtrise du foncier continue à faire défaut à
Salé et ce, en l’absence d’une structure de maîtrise du foncier telle que proposée par le
SDAU.
Aussi, le retard qu’accuse l’ouverture de la zone d’urbanisation nouvelle de Bouknadel
fait que la pression persiste sur Salé en matière de la demande de terrains urbanisables et
contribue par conséquent à l’expansion de l’habitat non réglementaire sous équipé.
Par ailleurs, des opérations et projets prévus dans le cadre du SDAU sont en attente ce qui
dénote des difficultés de mise en œuvre des dispositions de ce document d’urbanisme
prévisionnel. Tous ces projets ne sont accompagnés d’aucun montage financier, ni aucune
indication sur leur faisabilité. La ville de Salé a fait depuis 1971 l'objet des études de
planification urbaine à travers les documents d'urbanisme prévisionnel (SDAU et PA); ceux-
ci ont certainement conditionné le développement urbain et l’extension spatiale de la ville,
néanmoins, ils sont restés impuissants devant les problématiques réelles de la ville.
Actuellement de nouvelles approches de planification sont envisagées dans le cadre du
Schéma d’Organisation Fonctionnelle et d’Aménagement (SOFA) et des projets de
développement urbain. Les choix adoptés parait-il sont ambitieux, mais la question est du
moins posée quant à leurs mise en œuvre.
Dans l’enchaînement suivant, nous allons présenter le projet urbain de la ville nouvelle
de Sala Al Jadida, sa localisation, les différents intervenants dans sa mise en œuvre, son
montage institutionnel et financier et sa consistance.
2.1 L’opération Sala Al Jadida est une extension urbaine au Sud -Est de Salé
35
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
36
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Avant l’adoption du système de la ville en 2002, elle constituait une commune urbaine qui
se composait en plus de Kariat Ouled Moussa, Sala Al Jadida et les douars limitrophes25
Le territoire communal couvre environ 1729 ha. Le périmètre d’urbanisation défini par le
SDAU correspond à 1425 ha ; le solde (304 ha) est constitué d’espaces naturels
inconstructibles
25
Il s’agit des douars Dou raffae, Ounk Jmel, Riyah Sidi Hmida
37
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga- quartier résidentiel
38
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Le projet de Sala Al Jadida a été implanté sur le site de Messnawa, à neuf kilomètres au
sud-Est de la commune urbaine de Salé et plus précisément sur le territoire de la commune
de Hssaine (ce dernier qui relevait auparavant à la commune rurale de Bouknadel), à
laquelle elle est administrativement rattachée sachant que depuis l’application du nouveau
système de l’unité de la ville en 2002, elle fait partie de l’arrondissement Hssaine. La ville
nouvelle de Sala Al Jadida est édifiée sur le plateau qui domine la vallée de l’Oued
Bouregreg, elle jouit de la proximité immédiate de la forêt Maâmora. En plus, elle se trouve
au croisement de l’axe autoroutier Nord Sud et à quelques kilomètres de l’aéroport de Rabat
Salé.
De par sa situation à proximité de Rabat, la ville de Salé se démultiplie
démographiquement et spatialement avec une vitesse vertigineuse. En effet, La population de
Salé qui était de 290.000 en 1984 a vu son nombre multiplié par deux en 1994 soit 580.000
habitants selon le RGPH de ces deux années. Ainsi l’Etat a voulu innover en matière de lutte
contre l’habitat non réglementaire et c’est dans cette optique que le projet de création de la
ville nouvelle Sala Al Jadida avait été annoncé par feu Sa Majesté Hassan II en juillet 1992,
qui avait fait don d'un terrain de 179 hectares pour justement, édifier une cité entièrement
nouvelle dans tous ses aspects et dans un délai record de 42 mois.
Sala Al Jadida est en faite une extension urbaine non déclarée par les concepteurs lors de
son lancement à fin de garantir une adhésion des ménages visées en particulier les
populations des bidonvilles, du tissu ancien et ceux ayant des faibles revenus.
Cette extension s’explique par les contraintes de l’urbanisation et la planification qui
prévoyait un développement linéaire le long du littoral. Ces contraintes ont été alourdies par
les difficultés rencontrées à l’époque pour libérer les terrains domaniales au nord de la ville
et notamment ceux situés dans la commune rurale de Bouknadel d’une part, et les facilités de
mobiliser une importante assiette foncière via le don royal de 250 Hectares d’autre part. La
lenteur dans l’adoption des nouveaux documents de l’urbanisme a orienté le basculement de
l’urbanisation vers les alentours du Quartier Kariat Ouled moussa et le choix du site de
Messnawa pour abriter le projet de Sala Al Jadida en 1992 engendrant ainsi un étalement
urbain au sud –est de Salé.
39
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
2.2.2 Bénéficiaires
D’après les objectifs sociaux prévus à l’origine par les responsables du projet les 11.220
logements sociaux devaient être répartis comme suit :
- 28% pour les ménages issus des œuvres sociales des départements ministériels et offices
publics.
- 28% pour les ménages issus des œuvres sociales des FAR et de la direction générale de
la sureté nationale.
-12% pour les ménages issus d’habitations menaçant ruine.
-24% pour les bidonvillois recensés pour être relogés à Sala Al Jadida soit près de 3000
ménages. Il s’agit des bidonvilles karyan El Oued, Douar Jdid, douar draou, Douar
Akreuch et Ras El Mae appelé aussi Douar El Ferchi
Ces logements dits sociaux ne pouvaient être achetés que par des ménages répondant à des
critères stricts ; être originaire de la wilaya de Rabat Salé, ne pas gagner plus de 2 500,00
Dhs par mois quand il y a un seul actif par famille, et 3600 Dhs s’il y en a deux et ne pas être
déjà propriétaire.
40
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Ceci étant « le premier objectif donc de ce projet est de permettre l’accès à la propriété
en allant au-delà de ce qui se fait habituellement ou de ce qui s’est fait ces quinze
dernières années, et permettre le logement à un prix accessible » disait le directeur de
l’agence commerciale et d’attribution à la société sala Al Jadida »26.
26
Il s’agit de M. à l’époque F.ZNIBER, Architecte
27
Données collectées auprès de la société Sala al Jadida.
41
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
La conception du schéma de structure de la ville nouvelle de Sala Al Jadida a été confiée à
un groupement d’architectes qui s’est occupé essentiellement du volet logements tout en
revoyant les réservations devant accueillir les équipements collectifs publics et privés.
-L’entreprise étrangère BYMARO
Parmi les entreprises ayant participé à la soumission en vue de la réalisation des
immeubles d’habitation et des voiries et réseaux divers, c’est la société BYMARO filiale de
la société Bouygues qui a été désigné pour un marché qui devait être réalisé en 42 mois.
Grâce à ses références techniques et organisationnelles, cette entreprise a été non seulement
la moins disant mais la mieux disant et s’est vue adjuger la mission de réaliser en de brefs
délais ce gigantesque projet de construction de 20.000 logements avec les VRD.
-Autres intervenants
La réalisation des équipements collectifs publics a été une opportunité pour impliquer des
bureaux d’études et cabinets d’architectes des plus référencés jusqu’aux nouvellement venus
ainsi que des entreprises nationales.
En effet, des appels d’offres et des concours d’architecture ont été régulièrement organisés
pour adjuger les marchés de réalisation et de conception des équipements publics.
Cette liste ne saurait être close sans pour autant citer les entreprises concessionnaires
d’électricité, d’eau et d’assainissement (REDAL) ; de réseau téléphonique (Maroc
Télécom) ; le laboratoire de contrôle qualité (LPEE), le bureau de contrôle des travaux
(SOCOTEC) mais aussi les bailleurs de fonds.
42
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
-Les circuits d’instruction des demandes d’autorisation de construire, de lotir, de créer des
groupes d’habitations et de morceler.
Mise à part la zone villa, le coût global du projet s’élève à 4,3 milliards de dirhams dont
524 millions dirhams pour les équipements collectifs publics pris en charge directement par
les différentes collectivités publiques concernées. Pour boucler le financement des 3.800
millions nécessaires pour la réalisation des logements et VRD, la société Sala al Jadida a fait
appel à un certain nombre de bailleurs de fonds donnant lieu à la répartition suivante :
28
Elaboré à partir des données fournies par la direction d’aménagement Sala Al Jadida.
43
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Fonds Hassan
II
7%
Acqué re urs de
loge me nts e t
de te rrains
64%
Source : Élaboration personnelle sur la base des données statistiques du projet Sala
Al Jadida DASA, 2007
-Le consortium bancaire constitué de la BMCE, la BCP, la BCM et le CIH : ce
consortium a consenti un découvert 530 millions de dirhams soit 14% ;
-La BNP de Paribas qui a accordé un crédit acheteur d’un montant de 226.5 millions de
francs français soit environ 10% du coût global ;
-Le fonds Hassan II pour la solidarité a intervenu également à hauteur de 320 millions de
dirhams soit une part de 7%;
-La majeure partie restante est supportée par les acquéreurs de logements et de lots de
terrains soit une part de 64%.
44
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Ces types de logement ont l’avantage d’être réalisés avec un coût moins élevé des
constructions, mais leur inconvénient est l’inexistence d’isolation phonique. Ils nécessitent la
prise en compte d’un certain nombre de prescriptions enregistrées dans les annexes qui
accompagnent les contrats de ventes. Nous verrons dans la deuxième partie que les
modifications entreprises par les acquéreurs sont limitées par l’existence des murs porteurs
et ne peuvent être autorisées que si elles visent les murs intérieurs d’isolation.
Villa+IMM
R+2,RDC
Promotionnels
COMMERCIAL;
Nbre 3876;
Nbre:1177;
24%
7%
Sociaux;
Nbre 11220 ;
69%
45
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
46
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Tableau n° 1 : Consistance de la zone de l’habitat collectif
721 IMMEUBLES
11.220 sociaux
Logements 15.096
3876 promotionnels
Commerces 602
25 LOTS (promotion privée) POUR IMMEUBLES R+4 29
22 établissements scolaires
16 bâtiments administratifs
4 centres de santé urbains
Publiques 57 2 instituts sup Tech appliquée
4 mosquées
5 bâtiments socio-éducatifs
4 bâtiments techniques
Privés 45
VOIRIE ET RESEAUX DIVERS
Voirie 21 Km
Assainissement 31 Km
Eau potable 24 Km
Moyenne tension 24 Km
Téléphone 48 Km
Eclairage public 29 Km
Espace vert 40 Ha
Source : DASA élaborée-2007
La seconde zone s’étale sur une superficie de 71 Ha. Elle consiste en la réalisation de la
Zone Villa comme suit :
Tableau n°2 : Consistance du lotissement Villa
867 LOTS
90 lots de villas isolées
Lots de villa de 200 à 500 m2 803 493 lots de villas jumelées
220 lots de villas en bandes
autres lots 64
VOIRIE ET RESEAUX DIVERS
29
Les 25 lots pour R+4 sont destinés à la promotion privée. Le nombre de logements estimés qu’elle engendrera
est comptabilisé avec le promotionnel qui s’élèverait à 7500 logements. C’est ce qui explique l’objectif d’atteindre
20000 logements dans certaines recherches
47
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Voirie 20 Km
Réseau EU 2,8 Km
Eau potable 5,6 Km
Téléphone 4,8 Km
Eclairage public 1,2 Km
Moyenne tension 14 Km
Source : DASA élaborée-2007
48
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
-les logements sociaux à quatre pièces avec balcon de 74 mètres carrées ; les logements de
quatre pièces sans balcon sont de 71 m². L’ensemble des logements de quatre pièces
représentent seulement 7.3% du total des logements sociaux.
Vu le caractère social du projet et afin de se conformer aux hautes directives royales,
les logements sociaux ont été offerts initialement avec des prix préférentiels très
inférieurs aux prix du marché et ne devaient guère dépasser 120.000 Dhs, mais il y a lieu
de noter qu’ à l’exception du logement à deux pièces de 41 m2 dont le prix est de 58.000
Dhs tous les autres prix ont été revu à la hausse selon un rythme vite ainsi par exemple
pour les logements à 3 pièces de 60 m2, leurs prix de vente qui était de 95.000 Dhs en
1995 est passé à 105.000 Dhs en 1996 puis 117.000 Dhs en 1997 et 122.000 Dhs en
1999.
2 3 222222
Photo n°2 : Exemple de résidences sociales réalisées par la société
Bymaro Bouygs entre 1995-1998 en utilisant la technique des murs
porteurs.
Photo n°3 : Exemple de résidences sociales réalisées par DOHA entre
2006-2008.
49
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
bas, il s’agit du système de péréquation financière adopté par la DASA pour préserver
l’objectif initial non lucratif et purement social du projet. Le prix unitaire de cession de ces
logements ne dépassait pas 270.000 dirhams initialement. Mais, ce seuil a été porté à 350.000
dirhams entre l’année 2002 et l’année 2004.
Tableau n°3 : TYPOLOGIE DES LOGEMENTS PROMOTIONNELS
50
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
centres de santé, des mosquées, des aires de jeux. L’ensemble des 55 équipements publics
couvre une superficie de 32 hectares environ.
Tableau n° 4 : Consistance des équipements publics à Sala Al Jadida
-les équipements collectifs privés : les lots réservés pour les équipements privés d’intérêt
général sont au nombre de 58 et cumulent une surface totale d’environ 7 hectares. Ils sont en
général sans destination prédéterminée, leur valorisation se fait au gré des initiatives
51
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
manifestées par leurs promoteurs. Cependant il y a lieu de souligner que certains
équipements privés jugés nécessaires pour les besoins de la communauté ont été spécifiés au
plan de masse Il s’agit des hammams, des fours, des commerces, des cafés, des stations
services, d’une salle de sport couverte, d’un club de jeux pour enfants, des kissariats et d’une
agence bancaire.
Vers Rabat
1er Axe
structura
2ème axe
structurant
Vers Autoroute
route
52
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Tableau n°5: Consistance des équipements privés à Sala Al Jadida
Superficie
Type d’équipements Nombre
totale (m2)
Hammams + fours 06 5102
Centres commerciaux 10 5948
Marchés publics 02 7927
Club jeux pour enfants 02 683
Cafés 03 803
Salle de sport couverte 01 3702
Agence banque populaire 01 580
Station services 02 7543
Total 27 32288
53
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Petite industrie et artisanat 42 5400
Petite et moyenne industrie 4 3620
Manufactures 2 15218
Total 1242 395761
Source : DASA, 2007
Les travaux d’édification des 15.096 logements se sont effectués en six tranches suivant le
planning ci dessus :
En plus de l’édification des différentes tranches du projet initial de Sala Al Jadida, nous
avons constaté sur le terrain l’existence d’autre résidences le long de la route menant au
quartier kariat Ouled moussa qui connaît actuellement la mise en œuvre des projets de
développement urbain, favorisant ainsi une possible extension vers la route Meknès.
54
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
55
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Avant de présenter ce diagnostic sur le degré de réalisation du projet Sala Al Jadida qui
concerne évidement les ménages visés avant son lancement, il est important de mettre en
exergue les atouts du projet en question ainsi que les caractéristiques démographiques et
socio-économiques de la population installée actuellement à Sala Al Jadida pour connaître
ses besoins et ses aspirations .Et ensuite l’analyse de l’apport de Sala Al Jadida dans la
résorption des bidonvillois de la ville de Salé et la satisfaction quant aux équipements
collectifs.
Les données fournies par la direction des statistiques, nous renseigne sur la population de
Sala Al Jadida qui compte 45640 habitants en 2004, dont 22.521 de sexe masculin et 23199
de sexe féminin, qui se répartissent respectivement de 50.3% et 49% de l’ensemble de la
population, qui est similaire à la situation nationale et ne témoigne d’aucune particularité de
cette nouvelle urbanisation
Tableau n°7 : Répartition de la population de Sala al Jadida par sexe
Sexe Sala Al Jadida Urbain national
Effectif % Effectif %
Masculin 22521 49,3 8022273 49,1
Féminin 23119 50,7 8317288 50,9
Total 45640 100 16339561 100
Source : RGPH 2004, HCP.
Il faut signaler que ce nombre total de la population a été toujours en accroissement
soutenu en raison de l’installation de nouveaux acquéreurs de logements sociaux,
promotionnels, du lotissement Villa et les appartements R+2 durant la période qui s’étale
entre 2004 et 2010 .Le contact avec les sociétés qui ont vendu ces logements nous a permis
d’estimer leur nombre jusqu'au janvier 2010 à 6000 logements. Ainsi le nombre total de la
population actuelle de Sala Al Jadida peut être estimé à 70.000 habitants.
56
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Etat
Sala Al Jadida Urbain national
matrimonial
Célibataires 31,40% 41%
Mariés 63,30% 50,90%
Divorcés 1,80% 2,40%
Veufs 3,40% 5,60%
Total 100% 100%
Source : RGPH 2004, HCP.
La population en âge de mariage est la plus dominante et ce contrairement à la situation
au niveau nationale dont les mariés représentent 50,9%, ceux de Sala Al Jadida s’élèvent à
plus de 60% .Ceci indique que cette grande opération immobilière a présenté globalement
une réponse au marché de logement au niveau de l’agglomération de Rabat Salé.
57
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Mariés;
63,30%
Néant
Supérieur 19%
11%
Préscolaire
1%
Secondaire
21%
Primaire
26%
Collégial
22%
58
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Autres
Maison Villa,niveau
8%
marocaine de villa
moderne 0,80%
7,60%
Maison
marocaine
traditionnelle
0,70%
Appartement
82,90%
59
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Il est hétérogène avec une prédominance de l’habitat collectif ; il comprend une majorité
de logements sociaux de petite et moyenne taille ; enfin les prix de logements et des loyers
bien qu’en augmentation, sont moins élevés que dans la capitale. Aussi ce parc est marqué
par la présence de l’habitat de type R+2 de type « maison marocaine » et une zone Villa, qui
ont des caractéristiques des lotissements planifiés d’habitat. Par ailleurs, l’existence d’une
très faible part de l’habitat traditionnelle, s’explique par le fait que le RGPH a pris en
considération l’habitat existant dans les douars environnant Sala Al Jadida et qui y relèvent
de point de vue administratif
2.1.6. Profession des actifs -
Graphe n°9 : Profession des actifs
Apprenti Employeur;
1% 1,20%
Aide familial
Indépendant
1,00%
10,60%
Salarié;
86,60%
Les caractéristiques de Sala al Jadida en terme d’emploi sont très différentes de celles de
la préfecture mère de Salé dans la mesure où la catégorie des salariés ne présente pas la
réalité car elle est dominée par la catégorie des fonctionnaires et il ne s’agit pas de la
catégorie exerçant en tant que salariée dans le secteur privé. Près de 70% des emplois selon
les résultats de l’enquête ménages (réalisée par nos soins en janvier 2010) sont dans le
secteur de l’administration. D’où, on peut déduire que le projet Sala Al Jadida a constitué une
réponse au besoin de logement des catégories socio professionnelles ayant des bas et
moyens revenus.
60
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
En fait, Sala Al Jadida constitue un étalement urbain qui est par définition un aspect
moderne de l'expansion ou de la croissance des villes, basé sur l’apparition et le
développement de zones résidentielles discontinues, dispersées, à faible densité, à l'intérieur
des zones à finalité agricole situées autour et à proximité des villes ("mitage") 30.C’est un
projet qui a évité une extension non planifiée, non aménagée" : de point de vue des critères
de développement territorial, elle a évincé une éventuelle occupation "anarchique" de
l'espace. A travers cette intervention en matière d’aménagement et d’urbanisme ; la
réalisation de cette grande opération immobilière Sala Al Jadida en appliquant toutes les
règles de l’habitat réglementaire, les pouvoirs publics ont pu éviter le développement des
constructions individuelles et les lotissements non réglementaires dans les zones périurbaines
de l’ex- commune de Hssaine du coté de Kariat Ouled Moussa et des zones rurales de la
commune rurale de Shoul.
61
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Salé a accueilli près de 150 000 nouveaux habitants venus de l’extérieur entre 1994 et
2004, soit une moyenne de près de 15 000 habitants supplémentaires chaque année 32. Une
partie de ces arrivées se relie à un phénomène d’exode rural : 41 000 personnes, soit 28 %
des arrivées, proviennent de la région de Rabat Salé Zemmour Zaer (RSZZ).
Tableau n°11 : Salé. Evolution de la population entre 1994 et 2004 : Bilan simplifié
31 Voir également les raisons de la migration définitive dans « Résultat du projet migration interne et aménagement du territoire (MIAT ): Perceptions et attitudes des élus et des responsables
locaux à l’égard de la migration interne, publié par la direction de l’aménagement du territoire en 1998, réalisé avec le concours financier du Fonds des Nations Unis pour la population .
62
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Graphe n°10 : Répartition des arrivées à Salé selon l’arrondissement entre 1994 et 2004
HSSAINE
TABRIQUET
Sala Al J adida
26%
19%
HSSAINE
Kariat Ouled
LAMRISSA Moussa
14% 18%
LAAYAYDA BETTANA
13% 11%
Source : Estimation personnelle élaborée sur la base des données du RGPH 1994-2004, HCP.
Comme nous avons indiqué ci -haut dans l’introduction générale, nous avons opté pour le
choix d’un échantillon de 140 ménages. L’objectif essentiel à travers la réalisation de
l’enquête auprès des habitants, est de savoir si leur jugement et leur perception qu’ils
portent sur leurs conditions de vie sont plutôt plus favorables ou plutôt moins favorables,
leurs attentes quand aux besoins en équipements collectifs et les services de proximité. Ainsi
les thèmes abordés sont les derniers milieux de résidence, l’habitat et le logement, le quartier
63
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
et son utilisation à travers les commerces, les équipements et les services, les relations
personnelles et associatives, les lieux de centralité, la gestion des affaires courantes et le
sentiment d’appartenance à la ville nouvelle.
Les thèmes des résultats de l’enquête ménage sont exploités séparément à chaque moment
où l’intérêt exige des illustrations et leur présentation s’est focalisée sur les différentes
sections qui abordent ces thèmes.
Concernant les derniers milieux résidentiels, les données recueillies ont permis d’établir
le graphe suivant :
Graphe n°11 : Répartition des chefs de ménages selon les dernières résidences avant
l’installation à Sala Al Jadida
Dernière résidence des chefs de ménages avant Sala Al Jadida
Khémisset
Hors Région
6% Salé
6%
19%
Témara
4%
Rabat
65%
64
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Tableau n° 12: Répartition des derniers milieux de résidence des originaires de Rabat et Salé
33
Rapport final sur l’évaluation de la mise en œuvre des documents de l’urbanisme. Direction Générale de
l’Urbanisme, de l’Architecture et de l’Aménagement du Territoire. Juillet 2008.
65
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
2.2.3.2. Mobilité et ancrage
L’association des mobilités quotidiennes et résidentielles des habitants à travers l’ensemble
des lieux fréquentés et leur parcours résidentiel, nous renseigne sur le développement d’un
processus d’ancrage. Nous avons constaté que des familles proches tissent des relations avec
leur lieu d’origine. D’autres nous ont permis d’arrêter sur la naissance d’un tissu relationnel
local. A l’exception des jours de fêtes où la plupart des enquêtés visitent leurs familles dans
les lieux d’origine. 60% des chefs de ménages enquêtés ont un membre de leur famille ou un
ami proche qui réside à Sala Al Jadida, il s’agit notamment des familles issues des quartiers
de Hay Abi Raqraq (Douar Doum), Hay Farah (Douar el Hajja) et Takaddoum, les trois
relèvent de l’arrondissement de Youssoufia à Rabat.
Le marché de logement était favorable à l’accession entre 1998 et 2004, certains
ménages ont revendu leur bien en réalisant une plus-value qui leur a permis de répondre à
leurs besoins de changer leur résidence au sein de Sala Al Jadida .Ce mécanisme influence
considérablement les mobilités internes et motive en partie les souhaits de mobilité des
habitants .C’est le cas d’un chef de ménage enquêté qui nous a assuré qu’il était locataire ,
puis propriétaire d’un appartement de 51 m² dans la zone de l’habitat collectif (la première
tranche du projet ), pour devenir en fin propriétaire d’un appartement de 104 m² après
l’amélioration de son revenu et de son épouse .D’autres ont pu acquérir un logement dans la
zone de l’habitat individuel. C’est pour cette raison que 55 % des enquêtés ont l’intention de
changer leur résidence pour accéder à une propriété individuelle à Sala Al Jadida .Alors que
45% ont déclaré qu’ils ne peuvent pas supporter d’autres charges de prêts bancaires en
raison des dépenses supplémentaires ayant trait à la scolarisation de leurs enfants.
D’autre part, le contexte actuel marqué par la flambée des prix de logement à la suite du
lancement du projet de l’aménagement des rives du Bouregreg, fragilise les locataires. Les
parcours résidentiels internes peuvent être aussi, pour ces ménages, des mobilités contraintes
vers d’autres lieux autres que Sala Al Jadida, tels que Kariat Ouled Moussa (Douar Jbala ) et
Laayayda , susceptibles de leur favoriser l’accès à la propriété , s’ils sont dans l’incapacité de
s’adapter à l’évolution du marché.
66
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
rattrapage des retards. Le diagnostic montre que pour répondre à la demande, d’un point de
vue quantitatif, il faudra maintenir un rythme de production soutenu. La réalisation des
grands projets tel que celui de sala al Jadida a permis d’accroître la production de
logements.
Selon l’enquête -ménage réalisée par nos soins, seulement 15% des enquêtés ont
l’intention de changer leurs résidences .Les motifs des intentions de changement se
répartissent entre les contraintes du coût des déplacements interurbains (20 %), la recherche
d’habitat individuel (53%), le besoin de payer des annuités de prêt moins élevées (10%) et
17% ont des raisons diverses.
Graphe n°12 : Rythme de la production de logement
Rythme de production de logements
Nbre de
logem ents 25000 21450
20000 17806
14936
14224
15000
10376
9216
10000
3872
5000 1576
0
1997 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010
Années de livraison
67
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
1996 se distingue par un nombre de logements autorisés exceptionnel (24 000 logements
autorisés) en raison de la réalisation du projet de Sala Al Jadida.
Il s’agit dans cette section d’évaluer le degré d’atteinte de certains objectifs clés de
l’opération Sala Al Jadida tout en regardant la complexité de la vie urbaine. Pour ce faire,
notre intérêt sera porté sur deux grands aspects : le premier concerne l’objectif social du
projet notamment celui qui touche à la question de relogement des bidonvillois de Salé; le
second est celui relatif aux équipements collectifs projetés par les concepteurs, regardant de
prés l’achèvement ou non des travaux projetés.
2.3.1. Situation précédente des bidonvilles visés par le relogement à Sala Al Jadida
Concernant l’étude sur la demande sociale dans l’agglomération de Rabat-Salé (sous
jacente à la création de Sala Al Jadida), confiée au Cabinet Pinseau, il est apparu
rapidement qu’elle ne correspondait pas à cette demande sociale, ni en terme de produit, ni
en terme de quantité, ni en terme de plan détaillé. En fait les bidonvilles visés par le projet
Sala Al Jadida se présentent comme suit :
Graphe n°13 : Répartition des bidonvilles visés par le projet Sala Al Jadida / Nbre des baraques
Bidonvilles visés par le projet Sala Al Jadida
Douar
Akreuch
Douar Jdid Douar Draou
( Diss)
6% 2%
Sablons 12%
(Rouihiyine)
7%
Rass
El mae
Karyan 35%
El Oued
38%
En février et juillet 1995, un nouveau travail a été lancé pour aborder les problèmes
particuliers : les bidonvilles de Salé, les populations résidant dans les foundouks de la médina
(qui vivent dans des conditions encore plus difficiles que les bidonvillois), les populations
68
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
résidant dans les maisons menaçant ruine à l’intérieur de la médina, puis les petits
fonctionnaires, les gens de l’armée et le personnel communal. La situation était arrêtée sur
une population bidonvilloise de 8900 ménages environ (recensement de 1992).
A titre d’indication, le programme Villes Sans Bidonvilles (VSB) s’appuie sur plusieurs
références dont principalement :
Les discours Royaux des 20 août 2001 et 30 juillet 2003 ;
La déclaration politique générale du gouvernement en novembre 2002 ;
La déclaration du millénaire des nations unies visant l’amélioration des conditions de vie
des populations.
Contrairement aux politiques précédentes de recasement ou de relogement, ce programme
adopte une vision qui considère la ville « comme entité de programmation », moyennant
des « contrats villes sans bidonvilles » qui lient l’Etat (Les départements de l’habitat,
l’intérieur et les finances) et les collectivités locales .Ces contrats précisent les objectifs du
programme, sa consistance, les options de résorption, les rôles et les responsabilités de chaque
partie contractante.
Dans le cadre du programme ville sans bidonvilles, un contrat villes sans bidonvilles
concernant la ville de Salé a été signé en date 02 juillet 2004 entre le ministère de l’intérieur, la
préfecture de Salé et la commune urbaine de Salé ; l’objectif étant la résorption des bidonvilles
de Salé prévue initialement en 2007.
L’analyse du programme Villes Sans Bidonvilles (VSB) concernant la ville de Salé va
nous permettre de faire une comparaison logique entre la situation des bidonvilles qui ont été
visés par le projet Sala Al Jadida lors du recensement en 1992 et leur état actuel en 2010.
Arrondis- Nombre de
Désignation du bidonville Nature du foncier Superficie (en ha)
sement ménages
Sehb El Caid Bettana 2544 Privé 10,22
Total Bettana 2544 10,22
Tabriquet centre Tabriquet 300 Communal 2,5
Habous= 1,30ha
Rass El Mae Tabriquet 1400 8,7
Privé= 7,40 ha
Douar Jdid Tabriquet 180 Habous 2
69
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Douar Draou Tabriquet 55 Habous
Saniat Chekaoui Tabriquet 50 Privé 1,67
Total Tabriquet 1985 / 14,87
Basra et Saniat Ennajar Lamrissa 658 Communal 1,6
Saniat Bellamine Lamrissa 48 Privé 0,24
Saniat Maadadi Lamrissa 127 Privé 0,8
Dhar Lakraa Lamrissa 239 Habous 1,23
Saniats Houmani et
Lamrissa 55 Privé 0,27
Bouchnikha
Jnan Jbilou Lamrissa 87 Privé 1
Saniat Rbati Lamrissa 24 Privé 0,4
Karyan Haj Boubker Lamrissa 14 Privé 0,28
Jnan Laamri Lamrissa 120 Privé 0,2
Dhar Lmguitaa+barraques
Lamrissa 47 Privé 0,2
dispersées
Total Lamrissa 1419 / 6,22
Karyan El Oued Laâyayda 1194 public+ collectif 5
Karyan El Oued Laâyayda 1194 public+ collectif 5
Hallala Laâyayda 318 collectif 11*
Mika Laâyayda 61 Privé 1,8
Rouihiyine Laâyayda 218 collectif 2
Total Laâyayda 1791 / 19,8
Hallala Laâyayda 318 collectif 11*
Mika Laâyayda 61 Privé 1,8
Rouihiyine Laâyayda 218 collectif 2
Total Laâyayda 1791 19,8
Akreuch Hssaine 395 Privé+Domanial 1,5
Total Hssaine 395 / 1,5
Total Commune Salé 8134 / 51,11
* Source : Délégation provinciale de l’Habitat-Salé
70
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Tableau n°14 : Ventilation des ménages bidonvillois par arrondissement
nombre de
Désignation Taux (%)
Ménages
Bab Lamrissa 1419 17,45
Tabriquet 1985 24,40
Bettana 2544 31,28
Laâyayda 1791 22,02
Hssaine 395 4,86
Total 8134 100
L’arrondissement Bettana vient en tête avec 32% des ménages bidonvillois, il compte un
seul bidonville qui le plus grand et le plus encré au niveau de la ville de Salé, en l’occurrence,
Sehb El Caid qui abrite 2455 ménages.
L’arrondissement de Tabriquet vient en second lieu avec 24%, Le nombre de ménages
est estimé à 1985 répartis sur 5 bidonvilles ; le bidonville le plus grand étant Ras el Ma avec
1400 ménages occupant ainsi la deuxième position après Sehb El Caid.
Laayayda, de sa part compte 1791 ménages soit prés de 22% des ménages totales de la
commune, Karyan El Oued en est le plus grand avec prés de 1194 ménages. Par ailleurs
Rouhiyine programmé dans le cadre de l’opération des sablons, est un bidonville particulier
dans le sens où il se caractérise par sa proximité à la base militaire, d’une part et son caché
rural (élevages, activités agricoles).D’autre part. Il est caractérisé également par la grande
superficie des baraques comprenant pour la plupart des écuries.
Bab Lamrissa est de loin l’arrondissement comptant le plus de noyaux bidonvillois, en
revanche, il abrite uniquement 17% des ménages bidonvillois soit un total de 1419 ménages.
Enfin, l’arrondissement Hssaine compte un seul bidonville, Akreuch qui compte 395
ménages soit prés de 5% des ménages bidonvillois à Salé.
71
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga- quartier résidentiel
Carte n° 8 : Situation des douars visés par le programme Villes Sans bidonvilles
72
D.ES EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Aspects fonciers des bidonvilles :
Les bidonvilles occupent une superficie de 51 hectares dont 35 hectares sont une
propriété privée, les16 hectares restants relèvent des autres statuts juridiques.
Graphe n°14 : Statuts juridiques des terrains occupés par les bidonvillois
statuts juridiques des terrains occupés
par les bidonvilles
8% 7%
12%
8% 65%
La superficie des bidonvilles est largement diversifiée, elle varie de moins d’un hectare
comme est le cas pour la majorité des noyaux bidonvillois de Sidi Moussa à 5 hectares à karian
El Oued, les deux grands bidonvilles de Salé, Sehb El Caid et Ras El Mae totalisent à eux
seuls plus de 18 hectares, ils occupent respectivement 10,22 et 8,70 hectares. La taille
moyenne des bidonvilles en termes de superficie est de 2,31 hectares.
Le foncier occupé par les bidonvilles est majoritairement détenu par le privé, en effet ce
dernier représente 65%, suivi par les terres collectives 12%, la commune et les Habous avec
8% chacun. Le domaine de l’Etat ne représente que 7%.
Jusqu’ à l’année 2007 la ville de Salé comporte 8134 ménages bidonvillois répartis entre
les arrondissements de Bettana, Tabriquet, Lamrissa, Hssaine et Laayayda, le plus grand noyau
bidonville est celui de Sehb el Caid qui compte 2544 ménages, suivi par Douar Rass El Mae
avec 1400 ménages.
Composé de 1400 ménages, Rass El Mae constitue ainsi le plus grand bidonville à
l’échelle de Tabriquet et le deuxième à Salé après celui de Sehb El Caid qui abrite 2544
ménages. Ras El Ma occupe un terrain de superficie 8,70 ha, dont 7,40 ha appartiennent au
privé et le reste, soit 1,30 ha relève de la propriété du Habous.
Le reliquat de l’opération de recasement à Hay Errahma, citée ci-haut. Le douar est
composé de 300 ménages et s’étend sur un terrain communal relevant à l’arrondissement de
Tabriquet de 3,5ha de superficie.
73
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Les deux douars Douar Jdid et Douar Draou sont contiguës, les baraques font apparaître
l’aspect rural des bidonvillois; le douar Draou comprend les ménages transférés de l’ancien
douar Draou qui a fait l’objet d’une opération de recasement à Hay Errahma au milieu des
années 1980. Les deux douars abritent 235 ménages occupant un terrain Habous de 2 ha de
superficie.
Le programme ville Salé bidonvilles comporte huit opérations dont six étaient en cours
de réalisation avant la signature du contrat « Salé ville sans bidonville » et concernent 5755
ménages repartis sur dix bidonvilles avec un coût global de 586,71 millions Dhs. Les deux
nouvelles opérations touchent 2379 ménages repartis sur les 12 bidonvilles restants avec un
coût global de 135,11 millions de Dhs. L’ensemble des opérations en question se présente
ainsi :
74
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga- quartier résidentiel
Tableau n° 15 : Programme Ville sans bidonvilles- Situation arrêtée fin novembre 2009-
Nombre
Nombre
Nombre Nombre de clés Nombre de
d'unités de Nombre d'unités
Nom de Nbre total de d'unités de d'unités de remises//lots baraques
Nom du bidonville résorption en non encore
l'opération ménages résorptions résorptions construits ou en démolies ou
cours de attribuées
achevées attribuées cours// unités restructurés
réalisation
restructurées
Said Hajji Sehb el Caid (1305 à said Hajji et
2544 1305 0 940 813 798 365
et insite 1239 à Sidi Daoui)
Sanabil Tabriquet reliquat 300 300 0 185 147 147 115
Basra / Saniat Ennajar
458 125 0 114 114 114 11
"restructuration"
Nour
Basra / Saniat Ennajar
200 93 107 93 91 91 0
"relogement"
Ain
Akreuch 395 369 0 184 123 123 185
Aouda
Oued
Karyan el Oued 1194 815 289 734 519 758 81
Eddahab
Hallala(318), Mica(61), Douar
Sidi
Jdid(180), Douar Draou(55), 664 332 0 41 10 78 291
Abdellah
Saniat Cherkaoui(50)
10 noyaux de Sidi Moussa (S.
Bellamine: 48, S.Maadadi:127,
Dhar lakraa:239, S.Hammani et
Bouchnikha: 55, Jnane Jbilou:
Sidi 761 0 0 13 13 13 0
87, Saniat Rbati: 24, K.Haj
Bouknadel
Boubker: 14, Jnane Laamri: 120,
Dhar Lamguitaa: 26, Baraques
Éparpillées: 21)
Ras el Maa 1400 0 0 0 0 0 0
Rouihyine(relogement à Sala Al
Sablons 219 0 0 0 0 0 -
Jadida
Source : Préfecture de Salé-DAUE-2009
75
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Ce programme d’un coût global de 606 MDH, prévoit la résorption de 16 bidonvilles de
la ville de Salé consistant en : 2122 baraques ont été démolies ; 2304 unités ont été
attribuées (tirage au sort effectué) et 3339 unités ont été réalisées.
Dans cette optique, et pour compléter la résorption totale des bidonvilles de Salé, un
avenant est en cours de validation afin d’allonger la date de la déclaration de la ville de Salé
sans bidonvilles à 2012 au lieu 2007, comme il était prévu en l’année 2005.
2.3.2. Situation actuelle des bidonvilles visés par le projet Sala Al Jadida
Tableau n° 16: Comparaison antre la situation précédente et actuelle des bidonvilles
visés par le projet Sala Al Jadida (en 1992 et 2010).
nombre
Nombre de Nombre de
Commune de ménage
Nom de bidonvilles baraques en baraques en
concernée recasés ou
1992 2010
relogé
Douar Jdid Tabriquet 192 0 180
Douar Draou Tabriquet 50 0 55
Rass El mae Tabriquet 1023 0 1400
Karyan el oued Laayayda 1126 1045 81
Sablons(Rouihiyine) Laayayda 198 0 218
Douar Akreuch(Diss) Hssaine 369 184 185
Total 2958 2119
Source : Elaboration personnelle sur la base des données recueillies auprès de la division de
l’urbanisme de la préfecture de Salé –Mai 2010
En réalité, ce tableau témoigne qu’il y avait un effort consenti pour résoudre la question de
l’habitat insalubre à Karyan el Oued, avec un nombre d'unités de résorptions attribuées de 734
et un nombre de clés remises (lots construits ou en cours), les unités restructurées sont au
nombre de 519. D’autres douars tels que Rass el Mae ont connu une augmentation de leurs
baraques.
Graphe n°15 : Situation des bidonvillois visés par le projet Sala Al Jadida entre 1992
Graphe n° 16 : Situation des bidonvillois visés par le projet Sala Al Jadida en 2010.
Répartition des bidonvilles visés par le projet Sala Al Répartition des bidonvilles visés par le projet Sala Al
Jadida selon le nombre de baraques en l'année 1992 Jadida selon le nombre de baraques en l'année 2010
Douar Jdid Douar
Douar Douar Jdid;
192; 6% Douar Akreuch
Akreuch 180; 8%
Draou (Diss); 185;
( Diss) Douar
50; 2% 9%
369; 12% (Rouihiyine) Draou; 55;
Rass El
218; 10% 3%
mae Rass El
(Rouihiyine) 1023; 35% Mae; 1400;
Karyan el
198; 7% 66%
Karyan el Oued; 81;
Oued 4%
1126; 38%
15 16
Source –Graphe 15 : Élaboration personnelle sur la base des données du cahier de charges du projet Sala al
Jadida DASA, 2002 –Graphe16 : Élaboration personnelle sur la base des données recueillies auprès de la préfecture
de Salé -DU Programme villes sans bidonvilles de Salé –Novembre 2009
76
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
A l’exception des bidonvillois de Rouihiyine (Sablons) qui ont refusé à adhérer au projet
Sala Al Jadida en 1995, appuyés par le soutien de S.M le Roi, à l’époque prince héritier. En
2009, ils ont accepté à se reloger à Sala al Jadida dans le cadre du programme de l’habitat
social de 140.000 Dhs, et ce par dérogation34.
Le bidonville Rouihiyine est situé à l’extrémité sud-est de l’arrondissement de Laayayda.
Il est mitoyen aux infrastructures des habitations militaires de la Commune. Il abrite 191
baraques avec une population estimée à 1081 habitants.
Ce projet, dont la réalisation s’étalera sur 15 mois, a pour but le relogement de 280
ménages, indiquant que chaque bénéficiaire va contribuer à hauteur de 100 mille DH, alors
que les 40 mille Dhs restants seront assurés par le fonds de solidarité habitat .
Et suite aux recommandations d’une réunion entre l’autorité locale , les représentants
de la direction de l’habitat, l’agence urbaine , la commune urbaine de Salé et la société Al
Omrane à la préfecture de Salé en novembre 2007 relative à l’évaluation du programme
villes sans bidonvilles à Salé, il a été proposé par le gouverneur de Salé de céder 1 ha
supplémentaire à la Société Al Omrane, dans le but de faciliter le relogement du reliquat des
ménages demeurant dans des maisons menaçant, et ce dans le cadre de l’opération
Rouihiyine à Sala Al Jadida.
Cette dernière vise la construction de 869 appartements, les 600 appartements autres que
ceux destinés à Rouihiyine, seront cédés aux acquéreurs qui répondent aux critères
d’éligibilité pour les logements de 140.000 Dh.
34
Le terrain situé à Sala l Jadida sur lequel les travaux de construction des immeubles destinés aux bidonvillois
de Rouihiyine, a fait l’objet de dérogation pour abriter des IMM R+4 au lieu des IMM R+3
77
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Ainsi, nous constatons que la nature des statuts juridiques des terrains occupés par les
bidonvillois est dominée par la propriété privée (65%) qui est très difficile à libérer vu les
demandes importantes d’indemnisation ou de leur vente par leurs propriétaires, ce qui incite
les bidonvillois à refuser le relogement contrairement aux terrains qui relèvent de la propriété
Habous ou Gich, ce facteur en plus de ceux ayant trait à la particularité du projet de Sala Al
Jadida dominée par l’habitat collectif et la copropriété n’ont pas favorisé l’intégration des
bidonvillios dans cette opération de relogement .
La section suivante s’intéressera aux autres facteurs qui ne sont pas liés à la nature
juridique des terrains occupés par les bidonvillois, mais à d’autres facteurs liés aux
conditions socio économiques des chefs de ménages visés .
2.3.2 .Les raisons de la non adhésion des bidonvillois au projet Sala Al Jadida
Puisque, nous avons consacré l’enquête sur le terrain à la perception de la population de
Sala Al Jadida quant aux équipements collectifs, il était difficile de mener une enquête auprès
des bidonvillois qui ont été visés par le projet Sala Al Jadida .Toutefois, à fin de relever les
raisons de la non adhésion des bidonvillios au projet Sala Al Jadida, nous avons réalisé au
mois de Juillet 2010 un interview avec un responsable de la Division de l’urbanisme de la
préfecture de Salé , ces raisons évoquent les éléments suivants :
-La situation financière difficile des bidonvillois ne leur permet pas d’accéder à des crédits de
logement auprès des banques (absence de garantie);
-Le non prise en considération du mode de vie des bidonvillois.
« A l’opposé de ce qui a été avancé par les concepteurs du projet, les bidonvillois leurs
reprochaient les caractéristiques intrinsèques du produit proposé qui ne répondent pas à
leurs attentes tant en terme de superficie qu’en terme de possibilité d’extension
(prédominance des appartements de 51 m² et de 41 m² ») ;
-Les bidonvillois privilégient les lots de terrain au lieu des appartements car le lot de terrain
équipé permet de concilier entre les acquis dont ils disposent dans le bidonville à savoir
l’espace, l’autonomie de l’habitat, la possibilité de continuer à exercer certaines activités
économiques informelles et les avantages du logement social c'est-à-dire l’hygiène et la
salubrité ainsi que l’accès aux différents services urbains.
-Les rumeurs sur la faible solidité des fondations des appartements sans piliers, engendrées
par l’utilisation des techniques des murs porteurs dans tous les appartements sociaux et
promotionnels à Sala Al Jadida et les murs d’isolation en plâtre, ce qui exige dans les contrats
78
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
de vente la nécessité de respecter un certain nombre de critères lors de l’intégration des
modifications de ces appartements.
-La crainte du mode de vie en copropriété qui semble loin d’être adapté avec leur situation,
surtout lorsque le nombre des personnes composant chaque ménage peut avoir un impact
négatif par la stimulation des besoins de leurs enfants qui sont adaptés à vivre dans des
domiciles plus vastes que de vivre dans des appartements exigus ainsi que les problèmes de
voisinage.
Ainsi, nous constatons que l’objectif de l’intégration des bidonvillois a échoué, puisqu’elle
signifiait dans les prévisions des concepteurs du projet Sala Al Jadida un brassage de
catégories de population de niveaux socioéconomiques diversifiés, situation qui devait passer
par une demande quasi-égale des différents types d’habitat proposés à savoir la réalisation
d’une zone destinée aux appartements et une autre pour des lots de terrains ayant des petites
superficies( les 50 m² , 60m² ou 70 m²) ce qui affirme notre deuxième hypothèse en ce qui
concerne la question de l’adhésion des bidonvillois dans cette opération immobilière .Pour ce
qui est de la satisfaction des habitants vis-à-vis des équipements collectifs , elle sera traitée
dans la section suivante .
79
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
La lecture de ce tableau fait ressortir les principaux maîtres d’ouvrage publics ainsi que la
part de terrains consommée par chacun d’eux en vue de la réalisation des équipements
publics. Ainsi, on constate que c’est le département de l’éducation nationale qui s’est arrogée
la plus grande part (environ 60%).Ces équipements publics sont regroupés suivant deux
artères parallèles. Ce mode d’organisation qui consiste à regrouper les équipements collectifs
sur un même site permet de créer un centre animé et d’accroître le niveau de fréquentation .
Dans le paragraphe qui suit, nous allons analyser le degré de valorisation des lots de
terrains destinés à implanter ces équipements publics.
80
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Selon l’article 2 de la convention avec les départements ministériels, ces derniers sont
appelés à mettre à la disposition du Ministère des travaux publics les crédits nécessaires aux
études, le suivi et la réalisation des travaux de construction de l’équipement. Ainsi « chaque
département ministériel concerné s’engage à inscrire le budget nécessaire à la réalisation des
projets retenus selon un plan de financement prévisionnel établi sur la base des estimations
du Ministère des travaux publics et mis à jour annuellement »35
Les réalisations du Ministère de l’Education
Sur la base du plan de masse en vigueur, le Ministère de l’Education doit réaliser au sein
de la cité royale de Sala Al Jadida :-12 écoles-05 collèges-04 lycées.
L’état des réalisations des équipements qui relèvent du ministère de l’éducation se
présente comme suit :
Tableau n°18 : Niveau de réalisation des équipements scolaires à Sala Al Jadida
35
Extrait de la convention entre le Ministère des travaux publics et le Ministère de l’éducation nationale
81
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
1997 et la moitié de l’année 1999 soit environ trente mois qui ont suivi le lacement du
projet. Les 6 écoles restantes n’ont pas été réalisées jusqu’à nos jours. Toutefois, nous avons
constaté la réalisation de huit écoles privées.
En effet les équipements scolaires sont réalisés au fur et à mesure de l’installation des
populations. Mais il s’est fait qu’à un moment donné la production des logements a connu
certaines difficultés financières si bien que le nombre de classes offertes était supérieur à la
demande. Par ailleurs, il faut dire que certaines tranches périphériques n’ont pas été
valorisées à temps pour justifier de la nécessité de construire plus d’écoles : c’est justement
pour cette raison que les écoles E5, E10 et E13 n’ont pas été réalisées. Quant à l’école E11,
elle été réaffectée pour abriter l’ex délégation de l’éducation nationale (DEN) entre 1998 et
2002. Pour les collèges, le taux de valorisation des lots réservés aux écoles est d’environ
60%. En effet, sur cinq collèges prévus pour être construits, trois ont été effectivement
réalisés. Ici encore, la non réalisation des deux autres collèges est due au départ à une
insuffisance de la demande. La même raison est valable pour les lycées qui affichent un taux
de valorisation de 75%.
Nous signalons qu’aujourd’hui, le besoin en établissements scolaires est accru en raison
de l’installation de nouveaux arrivés après la livraison des dernières tranches.
82
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Tableau n°19: Niveau de réalisation des équipements sanitaires à Sala Al Jadida
83
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
1 2 3
84
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Tableau n°21 : Niveau de réalisation des équipements relevant du Ministère de l’Intérieur
Ce département a eu le mérite de valoriser quasiment toute la totalité des lots qui lui ont
été réservés. Comme on peut le remarquer dans le tableau ci-dessus six équipements sur sept
ont été réalisés. Cela s’explique par le fait que ce Ministère coiffe des structures qui ont une
autonomie financière. Par exemple les commissariats de police sont financés par la Direction
Générale de la Sûreté Nationale et non pas directement par le Ministère de l’Intérieur ; il en
est de même pour les locaux de la municipalité qui sont financés par la commune mais dans
le cas spécifique de Sala Al Jadida, le siège de l’annexe de l’arrondissement de Hssaine a été
entièrement financé par la société Sala Al Jadida.
Photo n°5: 1.Sièges de Maroc Télécoms (à droite) et de l’ex-préfecture de Sala Al Jadida (à gauche)
85
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
86
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Dans le cadre du projet urbain qui s’édifie sur le territoire de Hssaine, celle-ci a
également la responsabilité de valoriser les lots destinés à accueillir le nouveau siège de la
municipalité, la maison des jeunes, le foyer féminin et aussi les espaces verts. Ces projets
font l’objet d’un partenariat entre plusieurs intervenants tels que la préfecture, le Ministère de
la culture, la commune et le Ministère de la jeunesse et du Sport.
-Les réalisations du Ministère de la Jeunesse et des Sports
Les équipements prévus et relevant du ressort du Ministère de la Jeunesse et des Sports
sont au nombre de six : il s’agit des zone de jeux et sports. Au terme de notre enquête de
recensement de valorisation des lots d’équipements, nous avons constaté qu’aucun
équipement émanant de ce Ministère n’a été réalisé. Les quelques aires de jeux (basket-ball,
mini-foot ) qui existent ont été réalisées par la société Sala Al Jadida.
-Les réalisations du Ministère des Transports
Le Ministère de l’Equipement et des Transports s’est engagé à réaliser un centre de
qualification professionnelle à savoir l’institut de Formation des Techniciens de Transport.
Mais jusqu’à ce jour ce lot n’a toujours pas été valorisé.
-Les réalisations du Ministère de la Formation Professionnelle
Le Ministère de la formation professionnelle a réalisé le seul équipement qui lui incombait
à Sala Al Jadida à savoir l’institut supérieur de technologie appliqué. Il a été réalisé en 2000.
-Les réalisations de Barid Al Maghrib
Deux bureaux de poste ; tels sont les équipements publics qui devraient être réalisées par
l’office des postes du Maroc. Sur les deux équipements prévus, un seul a été réalisé sur l’axe
structurant QA1 en 1997.
-Les réalisations de la Redal
La Redal, société de distribution d’eau et d’électricité devrait réaliser deux agences de
perception des redevances d’eau d’assainissement et d’électricité, une station de pompage et
un réservoir d’eau.
Tableau n°24: Equipement de la Rédal
Type d’équipements Etat de Année de réalisation
valorisation
Régie d’eau et Réalisée -
d’électricité1 Non Réalisée -
Régie d’eau et
d’électricité2
Station de pompage Réalisée 1997
87
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
En se basant sut les données recueillies et établis sur la carte ci après (Carte des
équipements collectifs à Sala Al Jadida), nous constatons qu’il y a 8 écoles primaires, 5
collèges et 3 lycées.
Tableau n°25 : Taux de réalisations des équipements collectifs à Sala Al Jadida
(Voir page suivante.
88
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Taux de
Type Département Équipement Équipement
N° Réalisation
équipement concerné prévu réalisé
( %)
Écoles
1 M Éducation 14 8 57
primaires
2 Collèges M Éducation 6 5 83
3 Lycées M Éducation 4 3 75
4 IFTT M du Trans port 1 0 0
M. Formation
5 ISTA 1 1 100
professionnelle
7 Commissariat M. Intérieur 2 2 100
Arrondissement
8 M. Intérieur 2 1 50
urbain
Protection
9 M. Intérieur 1 1 100
civile
10 Centre de santé M. Santé 4 2 50
M. Affaires
11 Mos quée 4 2 50
Islamiques / Habous
12 Centre culturel M. Culture 2 1 50
Maison de
13 Commune 2 1 50
jeunes
14 Foyer féminin Commune 1 0 0
15 Municipalité Commune 1 1 100
Zone de jeux et M. Jeunesse et
16 6 3 50
sports Sports
Recette
17 M. Finances 2 2 100
perception
M. Poste et
18 Bureau de poste 2 1 50
Télécommunications
19 Agence REDAL REDAL 2 1 50
Central M. Poste et
20 1 1 100
téléphonique Télécommunications
Source : Élaboration personnelle sur la base d’une comparaison entre les prévisions et les réalisations
89
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga- quartier résidentiel
Source : Élaboration personnelle sur la base de notre enquête terrain. Année 2010
90
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
L’analyse de la base de données sur la rentrée scolaire en 2008-2009, de calculer les
moyennes des classes par établissement scolaire en primaire, le collégial et le secondaire
ainsi que le total des filles scolarisées, au niveau de Sala Al Jadida et par rapport au total des
classes et des moyennes d’élèves par classe au niveau urbain, rural et provincial.
Tableau n°26 : Récapitulatif de la répartition des élèves par classe et par
établissement scolaire public.
NOM
Total Total Total Moyenne élèves
ETABLISSEMENT
Classe Elevés Filles par classe
Public
Primaire
MOHAMED
34 1158 593
BAROUDI 34
ASSADIK
26 838 408
BELARBI 32
OMAR IBN
40 1590 845
ABDELAZIZ 40
SIDI AHMED
12 321 141
BEN ACHIR 27
AHMED BEL
12 403 187
YAMANI 34
SIDI
ABDALLAH BEN 24 822 415
HASSOUN 34
Total Sala al
124 4310 2174
Jadida 35
TOTAL
543 19725 9608
HSSAINE 36
TOTAL MILIEU
URBAIN 1767 61281 29922 35
TOTAL MILIEU
RURAL 323 8895 4049 28
TOTAL
PROVINCIAL 2090 70176 33971 34
Total Total Total Moyenne élèves
Collégial
Classes Elèves Filles par classe
ABDELLAH
GUENNOUN 28 968 476 35
ALLAL BEN
ABDELLAH 30 1018 512 34
AHMED BEL
YAMANI 30 1018 512 34
RIDA
ESSLAOUI 24 999 494 42
Total Sala al
Jadida 112 4003 1994 36
Total rural 40 2058 874 51
Total urbain 1253 47849 23562 38
91
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Total Total Total Moyenne élèves
Qualifiant Classe Elèves Filles par classe
ALLAL AL
FASSI 30 1182 625 39
HASSAN II 28 1091 637 39
ALLAL EL
FASSI Annexe 18 1068 581 59
Total Sala al
Jadida 76 3341 1843 44
RURAL 22 845 450 38
URBAIN 727 28109 15111 39
Total provincial 749 28954 15561 39
Source : Etabli sur la base de données de la délégation de l’éducation nationale –Salé-Année 2009
Tableau n°27: Récapitulatif de la répartition des élèves par classe et par établissement scolaire
privé.
D’après ces deux tableaux, on constate que la moyenne des élèves par classe en primaire,
est de 35 élèves par classe, qui est similaire à celle enregistrée au niveau urbain de Salé. En
collégial, elle est de 36, qui est inférieure à celle enregistrée à tous les niveaux urbain, rural
et provincial qui sont respectivement de 38, 51, 39. La part des filles dans les établissements
scolaires en primaire, au milieu urbain est de 50%, elle est de 48%, .En collégial, elle est de
53%.Alors qu’en secondaire (qualifiant), cette moyenne est de 44 élèves par classe qui
dépasse toutes les moyennes enregistrées au niveau rural, urbain et provincial qui sont
respectivement de 38, 39, et 39 avec l’existence des classes qui comportent 44 élèves et une
92
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
classe qui dépasse 50 élèves. Cela témoigne qu’il y a un manque remarquable de classes
dans les établissements existantes et l’absence de l’effectif nécessaire de lycées publics et
privés à sala al Jadida qui se répercutent sur le bon déroulement des séances estudiantines 36
et dans plusieurs cas par la déperdition scolaire ou dans certaines cas par la poursuite des
études dans des établissements privés à Rabat et Salé qui ont allégé le retard enregistré
pendant une décennie dans la réalisation des établissements scolaires programmés par le
département de l’éducation qui accapare 61% de la superficie total de l’assiette foncière
affectée aux départements ministériels lors de la programmation du projet Sala Al Jadida .
2.4.3. Analyse des résultats de l’enquête ménage ayant trait aux premières
attentes par ordre décroissant des chefs de ménages37.
Comme nous avons indiqué dans la partie introductive de ce mémoire, l’enquête ménage
réalisée par nos soins a ciblé un échantillon de 140 chefs de ménages comprenant des chefs
de ménages résidant dans des appartements et d’autres relevant du lotissement Villa et R+2.
C’est la méthode des sondages à deux degrés qui a été adoptée. Ainsi en se basant sur une
répartition de la population des différentes tranches, estimée à 45640 (RGPH 2004) et sur les
informations recueillies auprès de la direction d’aménagement Sala Al Jadida et des
opérateurs immobiliers à propos des dernières livraisons d’appartements après l’année 2004,
une stratification des tranches selon les périodes de livraison des appartements et des lots a
été retenue comme première variable de contrôle.
Pour apprécier le niveau de satisfaction des personnes enquêtées, vis-à-vis de
l’implantation des équipements collectifs et à fin de connaître les réalités vécus par les
usagers notamment en ce qui concerne l’adéquation à leurs aspirations et la proximité, nous
avons relevé leurs premières attentes par ordre décroissant comme établit dans le graphe
suivant :
36
Comme nous avons constaté d’après certains étudiants du lycée Allal Fassi)
37
Voir la section « le questionnaire ordinaire »de Françoise. NAVEZ BOUCHANINE dans l’ouvrage « Enquête,
mode d’emploi : Techniques d’enquête et collectes de données dans les études socio-économiques», pp118-134.
93
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Graphe n° 17 : Fréquence des premières attentes par ordre décroissant des chefs de ménages
selon les équipements.
40
Fréquence
35
30
25
20
15
10
94
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
l’Education Nationale et de la jeunesse, au ministre de la Santé et au ministre des Habous et
des Affaires Islamiques, les appelant à renforcer l’infrastructure de base de leur ville.
Ils espèrent ainsi faire entendre leurs voix et peut ê mettre fin à leurs problèmes quotidiens.
-La prédominance de l’habitat collectif sans prendre en considération les besoins effectifs
en équipements et services publics de la population visée par le projet en question (120 000
habitants) constitue une grande déclinaison de la grille des équipements du SDAU de Rabat
Salé en se référant aux périodes de réalisation de ces équipements qui reste loin d’être en
corrélation avec celles de l’installation de la population;
- Les aménageurs du projet n’ont pas effectivement anticipé la création d’une ville
nouvelle mais une zone d’urbanisation nouvelle équivalente à un grand quartier résidentiel.
-La superficie importante sur la quelle le projet a été implanté (258 Ha) avec une inégale
répartition des équipements collectifs a rendu difficile la proximité à ces équipements;
-Durant la période 1995-2002, un rôle important a été donné à la création de Sala Al
Jadida. Mais avec la fusion des deux préfectures Salé Médina et Salé Al Jadida, de 2003-
2010, les terrains de la dernière tranche ont été cédés au secteur privé.
D’où, l’absence d’une approche de territorialisation d’une politique publique de
création de la ville (89% des chefs de ménages enquêtés considèrent Sala Al Jadida comme
un grand quartier résidentiel et 11% la considèrent comme une ville).
95
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
On relève donc une faible présence des centres socioculturels, de marchés, maisons de
quartier, qu’en stades ou autres équipements sportifs, ou encore qu’en bibliothèques.
La non réalisation des établissements scolaires dans les délais prévus et la concentration
de ceux réalisés dans l’entrée de Sala Al Jadida, ont pesé sur les dépenses supportées par les
ménages qui sont obligés d’inscrire leur enfants dans des établissements scolaires privés
avec des dépenses supplémentaires adossées au paiement des annuités de leurs emprunts à
long terme.
Sala Al Jadida n’est pas équilibrée spatialement, avec des différences importantes de
quartier de l’habitat collectif caractérisé par sa densification par rapport au quartier des
Villas. En fait, nous avons remarqué selon l’enquête qu’il existe deux logiques
d’appropriation différentes de l’espace : l’attachement au quartier semble fort pour la
majorité de la population de l’habitat individuel (95 %) , alors que 10% des enquêtés dans les
premières zones de l’habitat collectif ont déjà changé leur résidence et ont déménagé vers
d’autres habitations moins exiguës que celles acquises il y a dix ans , ce qui implique
l’existence d’une mobilité résidentielle au sein du même territoire de Sal Al Jadida.
Le projet de la création de la ville nouvelle Sala al Jadida reste donc dominée par la
fonction d’habitat, assimilée à la conception des grands ensembles, c’est une cité dortoir, un
ensemble de quartiers résidentiels, qui a répondu seulement à deux critères de la ville à
savoir : l’habitat et la circulation. Ses concepteurs et aménageurs n’ont pas pris en
considération les deux autres fonctions principales pour l’animation de la ville à savoir les
fonctions économiques et ludiques qui sont quasi absentes.
96
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Aussi, nous constatons que si l’urbanisation a éclaté partout au sud -est de Salé et que les
terrains centraux sont gelés pour des raisons spéculatives. C’est par ce que les notables, par
leur rôle important dans l’étirement du tissu urbain et dans l’extension de l’urbanisation
périphérique sur les zones agricoles les plus fertiles, ont toujours résisté par une pression sur
les pouvoirs publics dans le sens d’une extension démesurée de périmètre urbain pour
englober la plupart des terrains agricoles.
97
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Dans ce cadre « la connaissance des illégalités urbaines, de leur mode de formation et
développement, reste incomplète, sans une analyse des moyens et des procédés 38 » , cette
connaissance devait être une priorité des priorités préalables à la réalisation de tout projet
urbain et de toute intervention dans l’espace.
En effet depuis le début des années 90 et avant le lancement de l’opération Sala al Jadida,
les interventions des autorités publiques en matière d’habitat non réglementaire optaient pour
la régularisation et la mise en place de dispositifs institutionnels cherchant à mobiliser la
participation financière des populations pour l’équipement de leur quartier à travers la
restructuration et le recasement. Dans le processus de négociation ouvert autour de la
régularisation qui est une sorte de reconnaissance au droit à la construction et à l’équipement,
la légitimité des acteurs et leur rôle d’intermédiaire, s’avèrent indispensable. Et s’il existe
une relation asymétrique entre les notables, grands propriétaires fonciers et des assujettis
(titulaires des bas revenus) citadins appauvris, d’où leur pouvoir mobilisateur, notamment
pendant les périodes préélectorales dans les quartiers populaires, cette puissance de la
notabilité à la ville de Salé a toujours réagi par ses interventions pour que Salé Médina soit
le centre et que Sala Al Jadida soit écartée de toute centralité malgré qu’elle abrite pendant
une décennie plusieurs délégations des départements centraux .
38
Extrait de ABOUHANI Abdelghani dans « POUVOIRS, VILLES ET NOTABILITES LOCALES : Quand les
notables font la ville », page 73.
98
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
DEUXIEME PARTIE :
La gestion urbaine à Sala Al Jadida et sa place dans les
projets urbains de développement de l’agglomération.
99
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Les villes marocaines ont sérieusement été imprégnées par le résultat des conditions
objectives particulières où prévalait le souci sécuritaire et où s'absentait la dimension de
développement. Cette approche avait débouché sur l'adoption d'une méthode de gestion
communale qui a totalement négligé l'unité socio-économique et culturelle de la ville
marocaine. De plus, malgré l'initiative visant à créer le système de la communauté urbaine
dans quatorze agglomérations urbaines dont la ville de Salé, la démarche n'a pas produit
l'effet escompté.
C'est pour cela que la réforme de la charte communale est intervenue pour accompagner
les orientations de "l'ère nouvelle" notamment en insistant sur l'instauration du principe de
l'unité de la ville. Dans l’enchaînement qui suit, nous allons essayer d’analyser dans un
premier chapitre les mécanismes de la gestion urbaine à Sala Al Jadida, ses spécificités et
ses finalités ainsi que les éventuels changements qu’elle a connus après l’adoption du
système de l’unité de la ville , et ce à fin de déceler si la réussite de tel projet urbain de ville
nouvelle nécessite au préalable une gestion urbaine particulière et un arsenal juridique
spécial. Dans le second chapitre, nous mettrons l’accent sur que sa place dans les projets de
développement urbain de l’agglomération et son impact sur l’extension de la ville de Salé au
niveau des terrains limitrophes de Sala Al Jadida.
100
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
La gestion urbaine, au sens large, concerne toutes les mesures administratives, techniques
et normatives mises en œuvre par les pouvoirs publics et les acteurs urbains en vue d’assurer
l’encadrement, l’ordonnancement et le contrôle du développement d’un espace urbain.
Partant de cette définition, la gestion urbaine municipale est l’affaire d’une multitude
d’acteurs. Parmi eux, le conseil municipal reste de loin la plaque tournante de tout
développement économique et social d’une agglomération urbaine.
Bien que, de part les attributions qui lui sont conférées, le conseil municipal se positionne
comme acteur principal chargé de la gestion urbaine, cette mission est partagée, en fait, par
plusieurs autres acteurs à des degrés différents de responsabilité. Il s’agit, entre autres, des
autorités locales, des organismes publics et des associations.
Dans les sections qui suivront, nous allons traiter la question du rattachement
administrative de Sala Al Jadida, les différents intervenants dans la gestion urbaine, les
dérogations, les transgressions des normes de l’urbanisme, le non respect des règles de la
copropriété, la gestion des déchets et du transport urbain, l’occupation du domaine public
ainsi que le rôle des associations.
Le principe de l’unité de la ville s'articule autour de deux points majeurs. D'une part, il
faut dissocier la dimension sécuritaire de la dimension du développement, et ensuite la
concrétisation du principe de l'unité socio-économique et culturelle de la ville. Pour cela, il
fallait remettre en cause les découpages centralisés qui avaient constitué une entrave
supplémentaire devant l'apparition d'une nouvelle politique de croissance et de
développement. Dans ce schéma, il fallait supprimer le système des communautés urbaines et
essayer de mettre en place des critères crédibles pour l'application d'un nouveau système
dans les villes.
Or, il n'y a pas de meilleur critère que celui du nombre d'habitants. Ainsi, le seuil
minimum choisi au début est de sept cent cinquante mille habitants. Mais ce nombre s'est
avéré insuffisant, puisqu'il limitait le système à Casablanca et Rabat uniquement. Mais, la
volonté prédominante visait à élargir ce système à plusieurs villes. C'est pour cela que le
chiffre initial a été revu à la baisse et finalement l'unité de la ville concerne désormais les
101
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
villes dont les habitants dépassent les cinq cent mille. Ainsi, six villes ont été dotées de
l'unité. Il s'agit de Casablanca, Rabat, Salé, Marrakech, Fès et Tanger.
- Le conseil communal : Il règle par ses délibérations les affaires de la commune et à cet
effet décide des mesures à prendre pour assurer à la collectivité locale son plein
développement social, économique et culturel. »
Quant aux arrondissements, ils sont gérés par un conseil d’arrondissement et par des
conseillers.
-Décide des crédits qui lui sont affectés par le conseil communal.
102
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
-Participe à la mobilisation sociale, à la promotion du mouvement associatif, sportif,
culturel…
-Décide des programmes, modes de gestion des équipements collectifs tels que les
halls et marchés, jardins publics, maisons de jeunes, infrastructure sportive…
103
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
En effet, Sala Al Jadida, qui était durant la période qui s’étale entre 1998 et 2002, le chef
lieu de l’ex-préfecture de Salé Al Jadida (composée des ex-communes urbaines de Hssaine (y
compris Sala Al Jadida et Kariat Ouled Moussa), Laayayda, et les communes de Bouknadel,
et Shoul), valorisée par un intérêt particulier de la part de l’administration de tutelle et le
conseil préfectoral , a été reléguée à une simple portion de l’arrondissement de Hssaine.
« Du coté sécuritaire, les agressions et la vente de drogue douce et dure commencent à se
développer. Sala Al Jadida n’a plus l’attention qu’elle avait jusqu’à l’année 2003, les
moyens humains et matériels sont insuffisants pour couvrir un tel méga quartier
résidentiel », déclare un épicier locataire d’un local à l’avenue Bouregreg.
D’où, les retombées négatives sur son fonctionnement et sa gestion administrative,
urbaine et un impact sur sa situation socio-économique.
104
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
règlements communaux de construction, conformément à la législation et la réglementation
en vigueur.
Toutes ces compétences ont confié les compétences d’octroi des autorisations de lotir des
grands projets d’aménagement à la commune et non à l’arrondissement qui reste cantonné
dans la gestion des simples affaires courantes et l’instruction des dossiers des petits projets
d’habitat.
Sala Al Jadida qui était envisagée à recevoir un intérêt particulier en intégrant dans le
ressort territorial de l’ex-préfecture de Salé al Jadida un ensemble de zones industrielles en
vue de renforcer sa base économique, s’est trouvée le lendemain de l’application du système
de l’unité de la ville dépourvue de toutes ses potentialités (Voir tableaux n°25 et n° 26 –ci-
dessous qui montre que le ressort administratif de Sala Al Jadida a perdu 5 zones industrielles
qui pourraient lui confier des avantages fiscaux et des opportunités d’emplois permanents.
105
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga- quartier résidentiel
Tableau n°28 : Zones industrielles de la commune de Hssaine RELEVANT DE L’EX- PREFECTURE DE SALE AL JADIDA
entre 1998 et 2002
Douar Dourafae en
Hors site
face Cité Sala Al IN3 15 Privé Privé Projeté
existant
Jadida
106
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga- quartier résidentiel
Tableau n°29 : Zones industrielles des communes de LAAYAYDA ET BOUKNADEL RELEVANT DE L’EX- PREFECTURE DE SALE AL JADIDA
entre 1998 et 2002
Superfi
Statut Opérat Equipement hors Etat de
Situation Affectation -cie (en
juridique eur site valorisation
ha)
Mazza Zone IN2 Existence de
Assainissement
Route sidi Brahim (Unités de 80 Privé Privé certaines Unités
Inexistant
C.U Boulajoul 1000m2 min) Industrielles
L -Existence de
A certaines unités
Zone IN2
Y Equipement Hors industrielles
Secteur de l’aviation (Unités de 30 S.N.E.C SNEC
A site Existant - Les travaux
1000m2 min)
Y ont débutés en
A mai 2003.
D Zone IN3 Existence de
Assainissement
A Sidi Abdellah (Unités de 120m2 8 Privé Privé certaines Unités
inexistant
min) Industrielles
C.R
B Zone IN2 C.R de
Commun
O Lotissement Zerdal (Unités de 1000 2 Bouknade Partiel Néant
2 al
U m min) l
K
N -Zone IN3
A (Unités de 120m2 15,5
D Route de Fouarate min) Privé Privé Inexistant Projeté
E -Zone industrielle 5
L Agroalimentaire
107
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
39
Dans ce cadre, Mr .Affa , chef de la division des affaires économiques et sociales de l’ex- préfecture Sala Al
Jadida et actuellement chef de service à la division des affaires économiques et de la coordination à la
préfecture de Salé , nous a précisé dans une interview, que la fusion des deux préfectures de Salé Médina et Sala
Al Jadida s’est répercutée négativement sur le devenir économique de Sala Al Jadida et ce en faisant exclure de
son ressort territoriale plusieurs zones industrielles , cela a défavorisé son essor , son expansion et par
conséquent ses potentialités financières.
108
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
la marge de manœuvre des responsables locaux est très dérisoire en matière de mobilisation
des ressources locales.
Il est clair qu’aborder la gestion urbaine ne se limite pas uniquement à l’analyser à travers
la gestion du conseil communal ou du conseil d’arrondissement. Loin de là, la gestion
urbaine concerne, à différents degrés d’intervention, plusieurs gestionnaires. Et prétendre
tous les cerner, et à travers eux comprendre comment se gèrent les agglomérations urbaines,
est, en fait, une rude tâche tant les attributions des uns et des autres sont multiples et se
prêtent parfois à la contradiction et l’antagonisme. C’est pourquoi, l’attention sera plus
portée, dans le cas de Sala Al Jadida, sur le principal intervenant à savoir l’arrondissement
de Hssaine, qui est le gestionnaire direct et acteur de proximité le plus impliqué dans les
affaires locales plus que le conseil de la commune urbaine de Salé dont le territoire est plus
vaste et concerne la gestion urbaine de manière globale au niveau de la ville de Salé.
109
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
1.2.1. Le conseil de l’arrondissement de Hssaine : Une composition relativement
homogène et une moyenne d’âge relativement jeune
Le conseil de l’arrondissement de Hssaine se présente comme suit :
Tableau n° 30 : Liste des membres du conseil de l’arrondissement de Hssaine
Noms et Qualité au Tendance Date de Niveau
N°
prénoms
Profession Politique
conseil naissance d’instruction
Mohamed
1
Benatia
fonctionnaire Président PAM* 4/1/1959 Supérieur
110
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
ELMARZOUKI
Abdelaziz
25
BOLAKOUL
Fonctionnaire Conseiller PJD 1/1/1966 Supérieur
Driss
26
MOUAOUIYA
Ouvrier Conseiller PJD 15/11/1965 Secondaire
Profession
27 Driss ELHOU Conseiller PJD 14/1/1982 Supérieur
libérale
28 Kamal ESSAID Commerçant Conseiller MDS* 32/11/1961 Supérieur
Med
29
ELFAHIMI
Commerçant Conseiller MDS 10/2/1954 Supérieur
AbdelkAdar
30
EZZAHIRI
Commerçant Conseiller MDS 1/1/1940 Supérieur
Med Directeur
31
EZZANDOUR
Conseiller MDS 1/1/1946 Supérieur
école
32 Khalid FATHI Médecin Conseiller PI 1/11/1967 Supérieur
Brahim
33
LAARAJ
Ouvrier Conseiller PI 17/2/1971 Secondaire
Med Profession
34
CHARKAOUI
Conseiller PI 9/10/1961 Supérieur
libérale
Hayat
35 BOUFRACHAN Professeur Conseiller PAM 26/10/1963 Supérieur
E
Fatima
36
BENFATAH
Elève Conseiller PAM 27/3/1974 Supérieur
Loubna
37
EL KAHLI
Etudiante Conseiller PJD 31/8/1980 Supérieur
Halima
38
CHOUIKA
Professeur Conseiller PJD 29/10/1972 Supérieur
Source : Etabli sur la base de données recueillie auprès de la division des collectivités locales.
Préfecture de Salé –Avril 2010
111
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Le parti de la Justice et du développement avec 9 conseillers. Le conseil se caractérise par
le niveau d’instruction universitaire de la majorité de ses membres.
Graphe n°18 : Répartition des membres du conseil municipal selon l’appartenance politique
Apparte nance politique de s m e m bre s du cons e il de
l'arrondis s e m e nt de Hs s aine
RNI
MDS 8% PJD
11% 24%
PI
13%
PAM
MP
28%
16%
La plupart des membres du conseil est originaire de la ville de Salé. La même situation
est constatée aussi pour l’ancien conseil, ce qui peut constituer un indicateur révélateur de
l’implication des capacités locales dans la gestion de la ville. Cependant, il ressort, à travers
les entretiens menés avec les citoyens et certains fonctionnaires de l’arrondissement que la
présidence du conseil constitue ces dernières mandats une source de conflit avec la montée
des candidats du parti de justice et de développement et la récente avancée au niveau
national des candidats du parti de l’authenticité et de la modernité.
1.2.3. Un conseil d’arrondissement relativement jeune
Le conseil est relativement âgé. La moyenne jeune de ses membres est 48 ans. L’intervalle
des âges varie entre 28 et 72 ans avec 18 membres ayant entre 40 et 50 ans, 11 membres ayant
entre 51 et 60 ans,8 membres ayant plus de 61 ans et un membre ayant moins de 30 ans
Graphe n° 19 : Répartition des membres du conseil municipal selon l’âge
Ré partition de s m e m bre s du cons e il de l'arrondis s e m e nt
par age
moins de
de 61-70ans 30ans
8% 3%
de 51-60ans de 30-40 ans
8% 26%
de 41-50 ans
55%
112
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Plus de la moitié des membres du conseil de Hssaine ont un niveau d’instruction supérieur
(60%), ce qui dépasse la moyenne nationale dominée par le niveau secondaire et primaire et
peut être considérée comme une donnée importante pour la gestion des affaires locales d’une
population majoritairement jeune.
Graphe n°20 : Répartition des membres du conseil municipal selon le niveau d’instruction
Niveau d'instruction des m em bres de l'arrondissem ent
de Hssaine
Primaire Analphabéte
11% 3%
Supérieur
Secondaire 60%
26%
113
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
2°/ les questions relatives à la gestion urbaine courante tels que la gestion déléguée des
déchets solides, le transport urbain, l’éclairage public, les marchands ambulants ;
3°/ l’aménagement des grands artères ;
4°/ les problèmes liés avec l’intervention de l’agence de l’aménagement des rives de la
vallée de Bouregreg ;
5°/ le plan de développement de Kariat Ouled moussa et l’approbation du projet
d’investissement de l’arrondissement de Hssaine
Le gros lot des préoccupations des gestionnaires locaux se présente comme l’indique le
tableau suivant en rapport avec les fréquences de chaque point traité dans les sessions du
conseil :
Tableau N°31 : Fréquence des points examinés lors des sessions de l’arrondissement de
Hssaine
Points examinés lors des sessions Fréquence
Election des membres des commissions du conseil 4
Vote du budget 8
Approbation du compte administratif ; 8
Programmation de l’excédent budgétaire 6
Gestion déléguée des déchets solides 10
Problèmes liés avec l’intervention de l’agence de l’aménagement des rives de la vallée
12
de Bouregreg (l’interdiction des autorisations de construire par l’agence)
Transport urbain 8
Eclairage public 6
Stationnement des Taxis 4
Occupation du domaine public par les marchands ambulants 8
Plan de développement de Kariat Ouled moussa et l’approbation du projet
10
d’investissement de l’arrondissement de Hssaine
Questions diverses 9
Source : Elaboration personnelle sur la base de PV consultés auprès de l’arrondissement de
Hssaine–Avril 2010
Le premier constat relevé est la prépondérance des problèmes liés à la gestion déléguée
des services publics (la gestion des déchets solides) et ceux impactés par l’intervention de
l’agence de Bouregreg dans le ressort administratif de l’arrondissement de Hssaine, ainsi la
question relative avec l’adoption d’un plan de développement de l’arrondissement .Aussi,
nous avons constaté auprès des responsables locaux de l’arrondissement de Hssaine,
l’existence d’une forte tension durant le précédent mandat (2002) entre les différentes
formations politiques. Une tension qui se manifestait à travers le report de l’examen et le
vote des points ayant trait à des questions relatives à la gestion des services publics tels que
le projet de transfert du Souk Lakhmiss vers une zone environnant Kariat Ouled moussa à la
zone de Sidi Hmida au coté sud de Sala Al Jadida.
114
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
7
Montant en Millions
de Dh LAMRISSA
6
5 TABRIQUET
4
BETTANA
3
2 LAAYAYDA
1
HSSAINE
0
2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 Arrondissements
Source : Elaboration personnelle sur la base de données recueillie auprès de la division des
collectivités locales. Préfecture de Salé –Avril 2010
115
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
1.2.6.2. Des dépenses de fonctionnement dominées par les charges du personnel
Tableau n°32 : Extrait de l’état des dotations des dépenses du compte administratif de
l’arrondissement de HSSAINE au titre de l’année 2009 et des dotations proposées pour le budget
de l’année 2010
Montant /Dotations effectives Montant /Dotations
Année en 2009 proposées Année en 2010
Nature des dépenses
(en Dhs) (en Dhs)
Fournitures de bureau 170.000 250.000
Matériel technique et
40.000 60.000
informatique
Carburant et lubrifiants 300.000 300.000
Pieces de rechange des
69.876 40.000
véhicules et engins
Maintenance et réparation des
90.000 50.000
véhicules et engins
Achat de produits alimentaires 577.671 500.000
Achat de vestimentaires sportifs 100.000 200.000
Dons et aides aux démunis 299.100 160.000
Frais de location Matériels de
80.000 150.000
fêtes
Frais de télécommunication 140.000 160.000
Achat de peintures 178.170 60.000
Les structures municipales de la gestion urbaine n’ont pas évolué d’une façon
significative, malgré la croissance urbaine qui s’accélère et les périmètres urbains qui
s’étendent, surtout au moment où Sala Al Jadida connaît une extension linaire vers le
quartier de Kariat Ouled Moussa.
Certes, les compétences du conseil communal ont été considérablement étendues depuis
1976, mais leurs moyens matériels et humains, ainsi que leur mode de fonctionnement n’ont
pas évolué dans les mêmes proportions.
Alors que les problèmes urbains deviennent de plus en plus techniques, les élus, pour des
raisons politiques, veulent gérer directement la ville et essaient de concurrencer un travail
permanent des associations qui tiennent à se mobiliser pour préserver leur quartier.
116
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Face à la défaillance des structures municipales, l’Etat (ministère de l’intérieur) a
multiplié les structures administratives locales de contrôle du champ urbain : Agence
urbaine, inspections régionales, divisions provinciales ou préfectorales de l’urbanisme.
Toutefois ces structures n’ont pas abouti aux résultats attendus. Le manque des moyens et
d’expériences, joint aux conflits des compétences (élus, agences) ont largement neutralisé les
effets de ces réformes administratives en se focalisant seulement sur le traitement des
problèmes issus des quartiers sensibles où ils tentent de maîtriser le déploiement de l’habitat
insalubre et non à travers des extensions effectuées principalement au moment des périodes
préélectorales et qui sont souvent abusives et ne répondant pas aux besoins réels d’un
développement urbain harmonieux.
117
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga- quartier résidentiel
Tableau n °33 : Principales demandes de dérogations concernant le territoire de Sala Al Jadida déposées auprès de la préfecture de Salé.
118
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga- quartier résidentiel
119
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
120
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Graphe n° 22: Répartition du nombre des infractions d’urbanisme par annexes administratives
et caïdat de la ville de Salé –Années 2009
250
224
Nbre Infractions
200
145
150
100 82
68 67 59 51
48
50 29 36 33 28 35
18 16 17 22 18 26
8
0
121
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Tableau n°34 : Modifications apportées par les chefs de ménages aux logements
Catégorie Fréquence
Démolition des cloisons 72
Menuiserie, Ferronnerie 25
Aménagement cuisine 42
Carrelage 65
Plusieurs modifications dont organisation spatiale 80
Plusieurs modifications sans organisation spatiale 46
Aucune modification 14
Source : Enquête personnelle –Année 2010
1 2
Photos n° 7
1-Transport des restes des murs en plâtre d’isolation suite aux modifications entreprises
dans un immeuble le 15/12/2008.
122
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
300
250
Nbre Infractions
200
150
100
50
98 00 02 04 06 08 09
19 20 20 20 20 20 20
Elaboration personnelle sur la base de données recueillie auprès de la préfecture de
Salé –DAUE 2009
1.4.2. Une prise en charge normale des dossiers d’infractions en matière de l’urbanisme.
Cette mission est d’une importance capitale dans le processus de contrôle, du fait qu’elle
permet la constitution du dossier retraçant l’historique de l’infraction, sa qualification entant
que telle exige une bonne tenue des archives. L’agent chargé de cette mission s’assure des
taches suivantes.
L’ouverture du dossier d’infraction.
Saisir l’autorité locale par message le même jour du constat de l’infraction.
Saisir le président de la commune concernée par message le même jour du constat de
l’infraction.
Veillez à la réception de la part des contrôleurs :
D’une copie du PV de constat de l’infraction
D’une copie de l’accusé de réception des PV du constat par les bureaux d’ordre relevant
respectivement de la Préfecture et de la commune concerné
Une copie de l’accusé de réception du PV de constat adressé au contrevenant
Recueillir les souches des envois sus – cités auprès du bureau d’ordre.
1.4.3. La prise en charge des requêtes formulées auprès du procureur.
Conformément à l’article 67 de la loi 12-90 relatives à l’urbanisme. Le président de la
commune peut engager des poursuites judiciaires à l’encontre du contrevenant. Ces poursuites
font l’objet de requêtes formulées auprès du procureur du Roi sous couvert du Gouverneur de
la Préfecture
123
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
L’agent responsable veille à ce que le dossier de requête satisfait les conditions requises
par les textes et lois en vigueur afin qu’il soit accepter par les juridictions compétentes. En
outre il y a lieu de vérifier que :
Tous les documents constitutifs du dossier sont document signés et datés (requête- PV
de constat- Accusé de réception- ordre d’arrêt des travaux etc.….)
Les écritures sont bien lisibles.
Le model des documents établis répondent aux critères de ceux annexés aux
textes législatifs.
Les informations sur l’infraction et son auteur sont complètes.
Le nombre des copies à transmettre est au nombre de trois (3) au minimum.
Une fois ces formalités accomplies, le dossier de requête soumis au Gouverneur pour visa,
une copie du dossier sera destinée à l’archive avant d’être transmis au procureur.
Concernant les infractions enregistrées à Sala al Jadida, cette mission ne se heurte pas à des
entraves vu la facilité d’accéder aux informations sur chaque contrevenant.
Un nombre très important de requêtes afflue sur la division de l’urbanisme qui sont
déposées directement par les citoyens auprès du bureau d’ordre de la préfecture, soit émanant
des différents départements en l’occurrence, le ministère de l’Intérieur, Diwane Al Mazalim 41,
le ministère des affaires étrangères, la Fondation Hassan II, la Fondation Mohamed V. Dans
ce cas d’espèce ces requêtes doivent requérir une attention particulière et une célérité dans
41
C’est le cas d’une requête adressée à DIWANE AL MADALIM par un secrétaire général d’un syndicat de
propriétaires d’un immeuble concernant une construction non réglementaire entreprise par le propriétaire d’une
crèche dans les parties communes de l’immeuble en question.
124
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
leur traitement du fait qu’elles incarnent souvent des délais bien définies quant aux suites qui
devront leurs être réservées.
.La part importante de ces requêtes trouvent des solutions suite à son traitement au niveau
de la préfecture en coordination avec les autorités locales et les représentants des services
concernés à savoir l ’Agence urbaine de Rabat Salé, les arrondissements concernés
l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’Espace, la commune urbaine ou rurale concernée,
l’arrondissement urbain « le cas échéant ».
Les déchets solides représentent l’ensemble des déchets de la collectivité dont la gestion
incombe à la commune urbaine et non à l’arrondissement.
1.5.1. Une décharge publique au cœur de Maâmora: Mort annoncée d’un poumon
vert.
Selon des personnes ressources exerçant dans la commune et des habitants , le projet de la
décharge publique à proximité de la Maâmora était prévu les premiers mois de l’année 2010.
L’installation de cette décharge au cœur de la forêt et non loin de Sala Al Jadida avait suscité
une grande mobilisation des habitants au prés des autorités publiques et à travers leurs
interventions dans les médias. Le maire de Salé avait alors été contraint de renoncer au projet
en septembre 2009. Mais jusqu’à aujourd’hui cette initiative va à l’encontre de la politique
environnementale de notre pays effective avec la création d’une « Charte pour
l’environnement » et que la capitale elle-même a été proclamée « Cité verte » en avril
dernier lors de la journée de la Terre.
De plus, cette intervention constitue une déviation du choix de la forêt de Maâmora en
2009 pour abriter un circuit sportif permanent dans le cadre de l’élaboration d’un schéma
stratégique des forêts périurbaines, piloté par le service des eaux et forêts, qui se base sur la
même logique et le même objectif tracé par la Préfecture de Salé ayant trait à la valorisation
du patrimoine naturel.
125
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Notre visite sur les principales artères de la cité Sala Al Jadida nos a permis d’arrêter sur
un nombre de points noirs situés dans les zones suivantes :
- Terrain à coté des résidences de la Gendarmerie Royale Avenue Mohamed ben El
Hassan.
- Terrain à côté des résidences coopération Sahar de l’éducation National.
- Terrain à côté des résidences Bayti.
- Terrain à côté de Bernkhraba.
- Terrain à côté des résidences Rihab.
Photo n °9 : Prise de vue le 5/9/2010 de certains points de collecte des ordures ménagères - Place
située à proximité de la poste à proximité de l’axe principal de Sala Al Jadida
Le traitement des déchets est loin d’être au point. Il y a un manque flagrant des
équipements de ramassage des ordures ménagères qui n’ont pas accompagné l’évolution de
126
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
la population Ce ramassage se fait par le biais de 2 camions Ben, en les utilisant l’un le jour
et l’autre la nuit avec 5 agents chacun .
«Nous sommes une quarantaine à assurer le ramassage des ordures»,
assure un employé de Veolia, unique société à gérer les déchets de la
cité. « Pour balancer leurs poubelles, les habitants sont obligés de se
déplacer jusqu’à des points de dépôts précis qui sont parfois assez loin
de leurs habitations ».Nous a indiqué un employé de Véolia.
Ce même employé de Véolia a réclamé des augmentations qui restent en deçà de ses
aspirations à l’instar de ses collègues Cette réalité va à l’encontre des premières démarches
en l’année 2000 pour l’élaboration et la création d’un Centre National de Documentation
d’Etudes et d’Environnement des Villes Pilotes à Sala Al Jadida.
Cette occupation a dévalorisé l’importance des jardins avoisinant les immeubles et portent
atteinte à la libre circulation des usagers sur les passages menant aux avenues secondaires et
principales .Aussi elles réduisent les emprises réelles qui ont été prévues par le projet surtout
lorsque nous avons déduit que le nombre de café projeté initialement était de 02 cafés, alors
qu’aujourd’hui, nous avons recensé 37 cafés.
1 2
Photo n° 10 : Occupation du domaine public: 1-Café à av .Med ben El Hassan, 2-Café au Mail
Central
Aussi, les épiciers ont pour habitude de sortir devant leur échoppe quelques produits (les
bouteilles de gaz). Elles s’approprient ainsi quelques mètres de la largeur des passages
piétons, sans que cela ne soit perçu comme un étalement exagéré de leur part. Cela a souvent
lieu entre le local et le trottoir. Si l’on ajoute à ces occupations, les stationnements de
véhicules des à moitié sur la route à moitié sur le trottoir, ainsi que les passages usuels des
127
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
piétons sont limités par ces déviations non accompagnées par un contrôle rigoureux de ces
occupations illégales.
Afin de déceler ces problèmes, nous avons exploité dans le paragraphe suivant les résultats de
l’enquête ménage notamment en ce qui concerne le temps de déplacement aux lieux de
travail et aux établissements scolaires.
128
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
129
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
1.8. Le non respect du règlement de la copropriété.
Une réglementation qui était nécessaire étant donné le développement des logements en
copropriété, il existe plus d’un million de logements en copropriété dont plus de 40 % se
situent dans la seule ville de Casablanca.
Le champ d’application de cette loi est large puisqu’il concerne tant les immeubles à usage
d’habitation que les immeubles de bureaux ainsi que les regroupements de villas dans un
espace fermé ou coexiste des parties divises et indivises (copropriété horizontale).
Le syndic peut être professionnel ou non professionnel (il va alors s’agir d’un syndic
bénévole souvent un copropriétaire de l’immeuble).
Il peut s’agir d’une personne physique ou d’une personne morale, d’une société voire
d’une association.
130
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
131
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Aussi, la responsabilité d’un syndic peut être engagée par un copropriétaire ou plusieurs
copropriétaires qui sont victimes d’un préjudice résultant d’un acte du syndic.
4%
12% Paiem ent régulier
32%
Paiem ent non
régulier
CM ayant intention
de payer
52%
CM n'ayant pas
intention de payer
Le non respect des dispositions du règlement de la copropriété porte sur les parties
communes42 des immeubles (les parties bâties ou non bâties destinées à l’usage et à la
jouissance de l’ensemble des copropriétaires ou de certains d’entre eux. Selon l’enquête
réalisée auprès des chefs de ménages, les déviations de certains copropriétaires portent en
général sur les éléments suivants :
-les passages et les corridors destinés à l’usage commun ;
- les murs et cloisons séparant deux appartements ou locaux ;
- les équipements communs, y compris les parties y afférentes qui traversent les parties
privatives ;
-les bouches d’aération destinée à l’usage commun ;
42
Les parties communes et les droits y afférents ne doivent faire l’objet ni d’une répartition entre l’ensemble des
copropriétaires ou certains d’entre eux, ni d’une vente forcée indépendamment des parties individuelles. Aucun
copropriétaire ne peut ni user de sa fraction divise ni la louer ou l’hypothéquer indépendamment de sa fraction
indivise
132
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
- les toitures et les balcons non affectés initialement à l’usage individuel ;
- les jardins ;
- les locaux destinés à l’usage commun ;
- les murs porteurs ;
- la façade de l’immeuble ;
- les toits destinés à l’usage commun du sanitaire
-Les créances du syndicat relatives aux charges communes à l’encontre des
copropriétaires.
Photo n°11: Occupation des parties communes par la création d’une deuxième porte
d’entrée de l’appartement au détriment des couloirs43
Analyse et commentaire
Les sociétés de gestion d’immeubles n’arrêtent pas de foisonner, mais dans une anarchie
totale. La loi 18.00 ne fixe aucun critère pour l’accès au métier, encore moins le seuil des
honoraires ou les modalités de fixation des montants des cotisations dues par les
copropriétaires.
-« Nous avons constaté une forte demande sur les sociétés de syndic.
Les gens n’ont plus le temps de s’occuper de la gestion de leurs
immeubles ».Indique un syndic général à la résidence Rihab.
Le marché est envahi par de petites structures qui échappent à tout contrôle. Elles sont
rares à vivre exclusivement de l’activité de gestion de la copropriété. Souvent, cette dernière
se greffe sur d’autres métiers, comme la surveillance et le gardiennage.
-« La marge de bénéfice dans le syndic est assez réduite. Nous sommes
obligés de faire, en parallèle, d’autres activité pour survivre », indique
le syndic de Bayti Sakane ».
La réglementation de la copropriété apportée par la loi 18.00 a été donc adoptée pour mettre
de l’ordre dans le secteur. L’article 13 est clair : « Tous les propriétaires d’un immeuble
divisé en appartements, étages ou locaux, se trouvent, de plein droit, groupés dans un syndicat
134
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
représentant l’ensemble des copropriétaires et ayant une personnalité morale et une autonomie
financière. Il a pour objet la conservation de l’immeuble et l’administration des parties
communes. Le syndicat est administré par une assemblée générale et géré par un syndic. Tout
copropriétaire, stipule la même loi, est tenu de participer aux activités du syndicat, notamment
aux décisions prises par l’assemblée générale par voie de vote ».Elle devait être suivie par une
sensibilisation des propriétaires, soit à travers les médias, soit par les associations ou même
lors de la conclusion des contrats d’acquisition de leurs appartements.
Comme la plupart des villes Marocaines, Salé connaît un grand essor des associations, les
estimations font état de l'existence entre 4000 et 4500 associations dont certaines œuvrent
dans le domaine du développement local et la jeunesse. C'est à la fin des années 80 que celle-
ci ont renforcé leur mobilisation surtout dans les quartiers non réglementaires et les quartiers
insalubres qui faisaient l’objet des opérations antérieures de recasement, de restructuration ou
de relogement (à titre d’exemple l’association des habitants de Karyan el Oued), du fait du
désengagement de l'Etat de certaines fonctions sociales et de l'appui des organismes
internationaux en vue d'impliquer le secteur associatif.
Toujours selon les associations locales, il est prévu également dans cette aire un projet de
sauvegarde des forêts périurbaines en collaboration avec le Haut Commissariat aux Eaux et
Forêts et à la lutte contre la Désertification (HCEFLCD) en vu de créer un parc dans la
Maamora. Autre argument retenu contre ce projet par le collectif: le trafic de camions
composé d'une flotte d'une cinquantaine de camions chargés du transport des déchets. Malgré
136
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
l'étude d'impact, réalisée par la commune, les associations dénoncent outre les inconvénients
(odeurs, par exemple), les dangers sur la santé des populations limitrophes. Selon elles, des
études ont confirmé que les habitants installés non loin des décharges souffrent principalement
de maladies de peau ou respiratoires. Face donc à l'intransigeance des autorités de la ville, les
associations disent vouloir lancer une campagne de sensibilisation de l'opinion publique
nationale et internationale sur les conséquences de ce projet.
Un appel a été lancé par le président de l’association Espace Sala El Jadida aux associations
nationales pour qu'elles viennent défendre la Maâmora, en le qualifiant patrimoine qui
appartient à tous les Marocains.
Autre voix de la contestation, Habib Ben Malek de l'association «Sala Moustakbal» qui
indique que les associations ont bloqué le projet par le dépôt d'un dossier juridique au tribunal
administratif. Le collectif a déjà lancé une pétition à l'adresse des populations limitrophes du
projet et une manifestation réunissant toutes les associations locales sera organisée dimanche
18 avril à l'occasion des festivités de la Journée de la Terre sur le lieu du projet. Les
organisateurs ont prévu des grandes tentes, qui abriteront notamment des ateliers pour
sensibiliser les jeunes aux défis environnementaux.
- Un des exemples réussis des projets de l’INDH, celui de l’association IKHLASS des enfants
et des personnes handicapés. Les responsables l’association Al AMAL ont réussi à édifier un
centre moderne, bien équipé, surtout avec une gestion des plus remarquables pour un centre
social. Un effort effectué en matière de redressement social en faveur de plus de 5000
personnes qui ont bénéficié des interventions de l’association IKHLASS, est fortement
apprécié même par les autorités publiques.
-L’action de l’association Mostaqbal Sala Al Jadida est articulée autour de plusieurs comités
tels que le comité de la femme et de l’enfance, le comité de la programmation et de la
communication, le comité sportif ainsi que le comité des affaires sociales et économiques.
137
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Sala Al Jadida. Ce complexe, inauguré en 2008 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI au coût
de 12.300.000 dirhams et financé à moitié par l'INDH, est venu combler un vide énorme dans
la ville en termes d'animation socioculturelle. .Ce complexe vise la réinsertion sociale des
enfants marginalisés, délaissés et non scolarisés.
« Nous mettons à leur disposition plusieurs services, dont notamment
une mosquée, une bibliothèque, un restaurant, et des salles de jeux.
Sur le plan éducatif, on leur dispense des cours d'alphabétisation,
ainsi que des ateliers d'informatique, d'art culinaire et de couture.
Extra muros, nous organisons régulièrement à leur intention des
sorties, des campings et diverses activités lors des fêtes nationales et
religieuses», avait indiqué le secrétaire général du complexe en
question après l’inauguration du complexe en question.
Concernant Sala Al Jadida, malgré qu’elle n’abrite aucun quartier sous équipée ou non
réglementaire, elle a été intégrée dans un programme dit « transversal » comme indiqué par
le tableau n° 36 : Projet Transversal -INDH /2006-2008
Le programme INDH
138
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Tableau n° 35 : Récapitulatif des montants alloués par l’INDH en Dirhams concernant les
projets situés à l’arrondissement de Hssaine
Source : Etabli sur la base des données recueillie auprès de la division de l’action sociale –Préfecture
de Salé –Avril 2010
139
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga- quartier résidentiel
140
D.E.S .EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
141
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Hormis les impacts négatifs de certaines composantes de la gestion urbaine sur le devenir
de la cité de Sala Al Jadida, les nouvelles orientations de la planification urbaine et les projets
entrepris dans le cadre du développement urbain de l’agglomération de Rabat Salé auront –ils
un impact sur l’extension de Sala Al Jadida sur les zones limitrophes .Dans les sections
suivantes, nous essaierons de mettre l’accent de manière très succincte sur le contenu de ces
orientations et de ces projets.
Face au vide juridique ayant trait à la gestion des villes nouvelles, nous estimons que le
projet du Code de l’urbanisme apporte une alternative pour combler cette lacune qui
accompagne cette tendance de développer d’autres projets de villes nouvelles.
Dans ce cadre les villes nouvelles dans le projet du code de l’urbanisme sont définies
comme suit :
Définies par le SDA (schéma directeur d’agglomération) ou par des études spécifiques
dans le cadre des orientations du SNAT et du SRAT ;
Décidées par décret pris après avis du comité interministériel des villes nouvelles
(V.N) ;
Décret de création de la V.N vaut obligation de programmation des équipements
publics ;
Réalisées par un aménageur- développeur chargé des études, de l’aménagement, du
suivi et de la gestion de la V.N dans un cadre conventionnel, pendant une période
déterminée ;
Instauration de mesures d’incitation et d’encouragement fiscales et financières au
profit des investisseurs, sur une période déterminée ;
Droit de préemption et d’expropriation délégué par l’Etat à l’établissement ;
142
D.E.S. EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Droit de regard sur les transactions et les projets à réaliser dans un périmètre
déterminé autour de la V.N.
Le projet de loi 04-04 a donné une importance particulière à l’adoption ,la création et la
gestion des villes nouvelles , ce qui peut les accompagner par des mesures correctives et des
nouvelles méthodes de gestion urbaine .
143
D.E.S. EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
14,5 R+3
Ville moyenne Logements collectifs isolés 20,5 R+5
sous forme de parcs habités,
de bureaux et d’équipements
publics
Ville haute Correspond aux zones aux 23,5 R+6
constructions ponctuelles 37 R+12
dont les hauteurs sont
supérieures à R+5
Source : Etabli sur la base de données recueillie à la préfecture de Salé 2009
Deux types d’émergence peuvent être autorisés au niveau de la ville moyenne (quartier
sud de la séquence 3), avec des hauteurs de 37m et 100m. Des bâtiments de grandes hauteurs
peuvent être autorisés très ponctuellement par l’Agence.
Ce site permettra une extension planifiée de la Médina vers la mer. Il s’agit principalement
d’aménagements d’espaces verts et de promenades.
Mellah Ancien :
144
D.E.S. EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
L’étude à réaliser par l’Agence sur cet espace devra comporter l’analyse du bâti face aux
remparts, la refonte du réseau de voirie, la restauration des remparts et la mise en valeur des
portes historiques.
Ce sont des secteurs destinés à une urbanisation future sous forme d’opérations d’ensemble
pour des contraintes physiques de construction (notamment des aménagements hydrauliques
et contre les inondations). Ces zones feront l’objet de plans opérationnels.
Elle se situe dans la séquence Bab Al Bahr. Elle s’entend sur une superficie de 7,5 Ha.
C’est une plate forme d’artisanat marocain à l’échelon national et international. Elle sera
constituée par une grande variété de formations et d’activités pédagogiques :
- Ecoles d’art,
- Activités commerciales.
Donnant directement sur l’oued, elle sera destinée aux équipements de loisirs nautiques et
aquatiques.
Elle sera côté Rabat à vocation agricole. Côté Salé, elle pourra accueillir de grands
équipements sportifs et de loisirs avec un programme résidentiel intégré.
Le plateau de Shoul est destiné à terme au développement d’un pôle haute gamme dont le
programme reste à déterminer.
145
D.E.S. EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Séquence 6 : Cité des sports : (ZP10/séq3) :
Située à la limite de Sala Al Jadida, elle sera réservée aux équipements structurants, aux
services, à l’hôtellerie et à l’habitat standing.
L’analyse du plan d’aménagement spécial des rives du Bouregreg nous permis de déduire
que La réglementation d’aménagement permet la possibilité d’octroi des modifications
particulières. L’Agence est le seul organisme habilité à valider des modifications
particulières, sa mission n’est pas limitée dans le temps.
Les zones de restructuration (ZR) et les zones de projets (ZP) sont déclarées d’utilité
publique par le décret de promulgation du Plan d’aménagement Spécial. De ce fait, elles
feront l’objet de plans opérationnels en vue de leurs aménagements.
2.2.4. Observations
Pour les zones ouvertes à l’urbanisation, les principales constructions seront du côté
de la ville de Salé, notamment au niveau de la plaine de l’Oulja ;
Pour plus de 50% des terrains à l’intérieur du périmètre de Bouregreg, la
réglementation et le zoning ne sont pas encore définis ;
Dans les secteurs 3 et 7 de Kariat Ouled Moussa, le zoning des parties donnant sur le
projet de la vallée de Bouregreg engagées en construction et réservées selon le plan
d’aménagement homologué à une zone de restructuration a été modifié en espace public ;
Le terrain occupé actuellement par les constructions du quartier « Ounk Jmel » est
réservé selon le projet du plan d’aménagement à un terrain naturel interdit de toute
construction ;
Le cimetière Sidi Ben Acher est divisé en deux :
Partie située entre la voie et la muraille est affectée à un espace public,
L’autre partie située entre la voie et le quartier fera l’objet d’une restructuration.
L’affectation du cimetière Sidi Bel Abbas est maintenue ;
L’aménagement de la vallée du Bouregrg aura des retombées importantes sur le plan
économique : création d’un complexe portuaire, d’une zone touristique, de centres
commerciaux, d’un parc de bureaux mais aussi redynamisation des Médinas. L’Agence du
Bouregreg estime que les six séquences du projet permettront la création de plus de 85 000
emplois privés.
146
D.E.S. EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Ce projet a déclenché les procédures d’expropriation des terres appartenant à des
propriétaires dont certains sont des notables44 qui ont exprimé leurs vives oppositions contre
l’agence de l’aménagement des rives du Bouregreg suite à l’annonce de certaines indemnités
jugées dérisoires.
Les orientations du SOFA serviront comme une référence aussi bien à l’élaboration du
schéma régional d’aménagement du territoire ainsi que le schéma directeur d’aménagement
urbain. Elles privilégient la maîtrise des zones périurbaines, Elles se basent sur la mise à
niveau des équipements existants et l’amélioration du système de transport qui doit être
fourni en particulier vers les nouvelles zones d’urbanisation.
En comparaison avec les prévisions du SOFA , ces projets limitrophes de Sala AL Jadida
vont en parallèle avec ses orientations .Il s’agit du Technopolis installé sur une superficie de
300 Ha qui constitue un prolongement de l’extension urbaine de la ville de Salé via Sala Al
Jadida sur la partie Sud –est, d’où c’est une extension de Sala Al Jadida , qui s’est réalisée
sur un territoire qui relevait à la commune rurale de Shoul. Actuellement, le Technopolis
relève administrativement au territoire de l’arrondissement de Hssaine rattaché à la commune
urbaine de Salé. Aussi les projets d’habitat programmés par l’agence d’aménagement des
rives de la vallée de Bouregreg sur la partie mitoyenne de Sala Al Jadida, auront sans doute
un impact sur l’extension de Sala Al Jadida Cette situation projetée peut être spatialisée
suivant la carte suivante :
Carte n° 12: Extension urbaine possible de Sala Al Jadida
44
Il S’agit du parlementaire élu au niveau de circonscription de Sala Al Jadida et président de
l’arrondissement de Hssaine M.Benatia
147
D.E.S. EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Source : Elaboration personnelle sur la base des estimations des futurs projets et des dérogations -
2010
148
D.E.S. EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
149
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
2.3.2. Consistance du projet de Technopolis de Rabat :
Dans le cadre de la stratégie e-Maroc, il a été proposé de doter l’économie marocaine des
technopoles de niveau international, des technoparcs régionaux et de des zones d’accueil
intelligentes, capables de répondre aux exigences des investisseurs dans le domaine des
technologies de l’information et de la communication et de l’audiovisuel.
Une première étude d’un projet d’une Technopole des TIC au Maroc, a été sur la base
d’une étude de faisabilité élaborée par le cabinet d’études français (Aménageurs –
Développeur de France) ayant l’expertise nécessaire dans des projets similaires, a validé le
concept et a conclu à l’opportunité de réaliser une technopole dédiée aux activités des
Technologies de l’Information et de la communication dans notre pays.
- Atouts du site :
Le projet Technopolis a été inauguré au mois de décembre 2005 sur une superficie de 300
ha dans la région de Rabat – Salé à proximité de Sala Al Jadida.
Le projet comporte une première tranche de 107 hectares, financée par des fonds publics
(3,3 milliards de Dhs, dont 4% pour le foncier, 13% pour l’aménagement de la zone, 83%
pour la construction), une deuxième tranche de 200 hectares devrait être aménagée d’ici
2013. A terme ce sont près de 30 000 emplois qui devraient être créés. La première tranche
est viabilisée (voiries, assainissement, réseaux, aménagements) et représentera 300 000 m²
de planchers dont 200 000 sont des plateaux de bureaux. En octobre 2008, cette première
tranche a été partiellement mise en service depuis 45 000 m² ont été mis en service.
Jusqu’au mois d’Avril 2010, le Technopolis Rabat Salé a créé 5000 emplois directs et
indirects alors que ce n’a été que de quelques centaines.
151
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
14
12 Im m euble/
10 habitat
collectif
8
6
Terrain
4 nu/R+2;Villa
2
0
Années
2.5. Le renforcement des axes routiers liant Sala Al Jadida avec les autres centres
urbains
*Elargissement de la RP 4006 et le renforcement du tronçon situé entre la RP 4029 et
Métro :
Ce tronçon de la RP 4006 constitue le prolongement du Boulevard Ezzarbia et connaît
un trafic important étant donné qu’il dessert Kariat Ouled Moussa, la cité de Sala Al Jadida,
Souk Lakhmis et la zone d’Ouled Hlal en pleine expansion urbaine.
Pour homogénéiser cette section, il sera procédé à son élargissement de 7 à 12 m et le
renforcement de la chaussée entre la RP 4029 et Métro sur une longueur de 2,4 km.
*Construction de la RP 4006 à 7 m entre RP 4029 et la RP 4039 sur une longueur de
5,3 km :
Cette section de la RP 4006 se trouve en état de piste. Elle permet de relier le quartier
Moulay Ismaïl, Kariat Ouled Moussa, Ouled Hlal et Sala Al Jadida avec la voie de
contournement et de décongestionner, par voie de conséquence, le rond point de Hay
Essalam et le centre ville.
*Dédoublement et renforcement de la RP 4029 du PK 0 + 000 (RN6) au PK 3 + 800
(Sala Al Jadida) :
46
C’est le cas des ventes d’appartements des sociétés Al Arssa , Al Amine , Riyad Sala Al Jadida
152
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Cette route constitue l’entrée principale à la Cité Sala Al Jadida et au secteur Ouled Hlal
en pleine expansion urbaine à partir de la route nationale 6 et constitue l’unique desserte à la
faculté des sciences Economiques, Juridiques et Sociales de Salé et au Centre National des
Handicapés en cours de construction.
Les travaux de cette route consistent en :
Le renforcement de la chaussée de 7 m existante.
Le dédoublement de la chaussée avec la création d’une nouvelle voie de 7 m.
Création de trottoirs de 2 x 2 m.
Réaménagement de l’intersection avec la RN6.
*Elargissement et renforcement de la RP 4039 de 2,6 à 4 m entre la RP 4006 et le
carrefour Sala Al Jadida sur 6,3 km :
-La route provinciale 4039 constitue une substitution de la voie de contournement en cas
de problème et permet de relier les populations de Shoul avec le siège de leur commune.
-L’état de chaussée de cette route présente des dégradations nécessitant les travaux de
maintenance précités.
-L’aménagement de la RP 4039 permettra la création d’un nouvel itinéraire : RN 6- RP
4039- RP 4006- RP 4029.
153
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
155
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
156
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
dégradation de son paysage urbain trop fragmenté, il est le résultat des opérations dispersées
au gré des opportunités et des spéculations foncières.
Aussi, le lancement des travaux de la réalisation du mégaprojet de l’aménagement des
rives du Bouregreg , en tant qu’ initiative royale, est accompagné par toutes les garanties de
réussite à fin d’être un élément capital visant l'union entre deux villes proches. Il est soutenu
par les administrations et les partenaires qui sont mobilisés en vue de conjuguer leurs efforts
dans le but de faciliter la réalisation des différentes opérations de ce chantier d'envergure
notamment celles relatives à la simplification des procédures et la réduction des délais de
traitement des dossiers et d'obtention des autorisations.
Les orientations du SOFA de l’Aire métropolitaine serviront également comme cadre de
référence pour la requalification des fonctions existantes pour qu’elles soient en parfaite
adéquation avec l’implication de tous les acteurs.
157
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Conclusion générale
158
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
La ville de Salé a fait depuis 1971 l'objet des études de planification urbaine à travers les
documents d'urbanisme prévisionnel (SDAU et PA), ceux-ci ont certainement conditionné
le développement urbain et l’extension spatiale de la ville, néanmoins, ils sont restés
impuissants devant les problématiques réelles de la ville.
Si l’aménagement du territoire est une condition essentielle du développement
économique tant : Quantitative par les grandeurs économiques de la croissance du produit
intérieur brut (PIB) de la productivité ; Qualitative : par la répartition géographique
harmonieuse de la richesse nationale sur l’ensemble du territoire qui se mesure par la qualité
de vie, et l’égalité des chances d’accès de tous à cette richesse.
A Sala Al Jadida, il y a du quantitatif qui se présente par le nombre important des unités
de logement produites dans un terme record, mais il y a moins du qualitatif en raison de
l’aménagement et la répartition inégale des équipements collectifs, c’est une extension
urbaine au sud -est de Salé vu qu’elle était implantée dans un site qui appartenait jadis à une
zone rurale de Hssaine, qui relevait au ressort territorial de la commune rurale de
Bouknadel, cette dernière elle même a connu récemment une partition en deux communes ,
l’une rurale à savoir la CR Amer et l’autre urbaine la CU Sidi Abi Al Kanadil (l’ex –centre
urbain Zerdal).
De plus, l’objectif d’arriver à zéro bidonvilles à Salé n’a pas été atteint vu la non prise en
considération les capacités financières des bidonvillois, leurs modes de vie, l’absence de
communication et d’accompagnement à l’époque, ainsi que le système de péréquation
adoptée par la direction gestionnaire du projet Sala Al Jadida à travers la production des
logements promotionnels et la cession des lots de terrains situés dans la zone du lotissement
Villa et les immeubles R+2. Le produit financier de cette péréquation n’a pas été réinjecté
dans la création de nouveaux projets de résorption de l’habitat insalubre ou celui de
relogement des ménages de l’habitat menaçant ruine en tant qu’objectif complémentaire de
l’opération Sala Al Jadida, et ce pour secourir la société gestionnaire de ses problèmes
financiers.
Aussi, le recours à la pratique des dérogations qui changent l’affectation des équipements
collectifs et les espaces publics tels que ceux destinés aux places de loisirs et de distractions
n’a témoigné d’aucun apport économique et social sur lesquels elles se sont fondées pour
dépasser la lourdeur des procédures d’instruction des autorisations de lotir et de construire
159
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
ainsi que la rigidité des plans d’aménagement ,ces derniers tels qu’ils sont prévus par le
dahir n°25-90 relatif à l’urbanisme se caractérisent par le fait qu’ils constituent des
règlements d’occupation et d’utilisation des zones et qu’ils n’ont pas de dimension
prospective et opérationnelle. Ils sont en effet davantage des documents de police de
l’utilisation des sols que l’expression d’un projet urbain.
Si la charte communale a érigé la commune, depuis 1976, en un véritable acteur en
matière de l’urbanisme et d’aménagement du territoire, et en une instance de contrôle qui
veille à l’application et au respect des règles en vigueur dans ce domaine, la nouvelle charte
communale 2002 a été fidèle à cette logique et a porté consécration de ce rôle.
Toutefois, L’inexpérience des élus communaux, jointe à l’absence des ressources
humaines qualifiées et de ressources matérielles suffisantes, ainsi que la lourdeur de la
machine administrative ont conduit à une faible efficience de la gestion locale qui se traduit
par une faible maîtrise du développement urbain.
Tamesna, Tamansourt, Bab Zaër, les noms de trois « villes nouvelles » qui vont
apparaître sur la carte du Maroc. Derrière ce concept, l’idée est de créer des centres urbains
autonomes ou des villes-satellites aménagées à la périphérie de grands centres urbains
(Rabat et Marrakech) afin d’alléger la pression sur ces villes.
La création des « villes nouvelles » obéit à un double impératif : faire face aux besoins
croissants des populations en matière d’habitat et contribuer à l’éradication des bidonvilles.
Les villes nouvelles ne doivent pas ressembler à des cités-dortoirs. Elles doivent être dotées
d’un maximum d’infrastructures et d’équipements collectifs : administrations, écoles,
dispensaires, mosquées et complexes sportifs. Leurs connexion aux réseaux de transport
urbain est indispensable à fin de favoriser la mobilité des habitants, c’est l’objectif escompté
du projet du Tramway, condition inévitable pour y créer aussi un minimum d’activité
économique, et portant comme une source de revenu pour les résidents. Pas question donc
de refaire d’immenses cités-dortoirs avec ce que cela suppose comme risques sociaux tel
que le chômage et la délinquance.
Malgré ses problèmes, Sala Al Jadida attire toujours des arrivants venus en particulier de
la région et même des marocains résident à l’étranger. Ce gigantesque projet qui n’a pas
encore réussi ses ambitions d’accueillir 120 000 habitants, il a donné la naissance d’une cité
d’accueil importante en matière de la migration définitive qu’aucune zone de la région ou
même du pays n’a connu dans son histoire.
160
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
161
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
-Il est temps de penser profondément aux faiblesses structurelles dont souffre le pouvoir
communal en matière de la gestion urbaine. Actuellement de nouvelles approches
d’orientations en matière d’aménagement, sont envisagées dans le cadre du SOFA et des
projets de développement urbain. Les choix adoptés parait-il sont ambitieux, mais la
question est du moins posée quant à leur mise en œuvre ;
-Il faut produire d’abord anticiper des projets de développement urbain, pour, ensuite,
produire du logement. Car la qualité première d’un logement est sa localisation au sein de
son quartier, de sa ville, de son agglomération. Aujourd’hui, il faut créer une capacité à
concevoir, à assumer et à réaliser un nombre suffisant de projets urbains susceptibles de
renforcer les finances de la collectivité locale chargée de la gestion de la ville nouvelle, en
mobilisant des ressources pour l’amélioration de la qualité des espaces, avec la promotion
des zones d’activité économique et d’investissement.
162
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
BIBLIOGRAPHIE
163
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Ouvrages :
- CHALINE Claude. Les villes nouvelles dans le monde, coll. Que sais-je? , 2e
éd. Paris, PUF, 1996.
164
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Thèse et Mémoires :
- Daroua Mohamed. La ville dans l’histoire du Maroc. Thèse de Doctorat d’Etat
en Histoire, Faculté des Lettres- Université Mohamed V, Rabat 2002-2003.
Séminaires et rapports :
-Séminaire «La planification sectorielle : Plan Emergence, plan Azur, plan Vert, préparé
par les étudiants AHDIFA Hassan, KASMI Fatiha, HAFID Noureddine dans le cadre du
Module : PROJET DE TEERITOIRE ET MANAGEMENT TERRITORIAL sous la
direction de M. Abdelhadi RAOUNAK.
165
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
ANNEXE
166
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
168
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Numéro Titre N°
de la de
carte Page
1: Situation géographique de la région RSZZ, de Salé de l’arrondissement de Hssaine 23
et de Sala Al Jadida
2: Situation de Salé 25
3: Situation de l’habitat irrégulier et des bidonvilles de Salé 30
4: Situation de l'arrondissement de Hssaine 36
5: Localisation de Sala Al Jadida 38
6: Situation des tranches d’exécution des travaux 46
7: Répartition des équipements collectifs à Sala Al Jadida 52
8: Situation des douars visés par le programme Villes Sans bidonvilles-Novembre 72
2009
9 Situation des équipements collectifs de Sala Al Jadida 90
10 : Projets de dérogations 119
11 : zone d’aménagement des rives de la vallée Bouregreg 145
12 : Zone d’extension urbaine possible de Sala Al Jadida 150
Numéro Titre N°
de la de
photo Page
169
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
GUIDES D’ENTRETIENS
Questions :
Q .2. Quel est le nombre des appartements livrés aux bénéficiaires par année ?………..
Q .3. Quel est le nombre de lots de terrain vendus dans le lotissement des habitations
individuelles? ………………………………………………………………...............
Q .6. Parmi les six tranches de cette opération, la dernière n’a pas été réalisée jusqu’à
nos jours, quelles sont les raisons qui ont abouti à cette situation?
………………………………………………………………………………………..
Q.1: Quelles sont les principales difficultés rencontrées pour la mise en œuvre du projet
de la ville nouvelle de Sala al Jadida ?
* Difficultés d’ordre administratif:
……………………………………………………………………………………….
* Difficultés d’ordre technique :
…………………………………………………………………………………………
* Difficultés d’ordre financière :
…………………………………………………………………………………………
* Autres à préciser :
…………………………………………………………………………………………
Q.2: Quels sont les atouts et faiblesses de ce projet ?
…………………………………………………………………………………………
Commune urbaine de Salé
Q.1 : Quel est le bilan des réalisations du projet de la ville nouvelle de Sala al Jadida ?
170
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
……………………………………………………………………………………………
…….
Q.2 : Y a t-il des projets de dérogation prévus au niveau de Sala al Jadida ?
…………………………………………………………………………………………
Q.1 : Pouvez vous nous donner une idée sur les dotations budgétaires allouées à la
gestion des services publics au niveau de Sala Al Jadida ?...........................................
Q.2 : Y a –il d’autres intervenants dans cette gestion notamment à travers la gestion
déléguée.....................................................................................
Q.3 : Quels sont les domaines qui absorbent le plus de ressources financières à sala al
Jadida...........................................................................................................................
Q.4 : Quels sont les principaux projets financés (ou cofinancés) par la Commune, et leur
degré de réalisation ?.............................................................................................
Service technique
Q.1 : Quelles sont les actions menées dans le cadre de la police administrative
notamment les autorisations de construire et les demandes de modifications apportées aux
logements ?
Q.2 : quel est votre apport dans le système de contrôle des infractions des règles
d’urbanisme dans le cas de sala al Jadida sachant que 70% des immeubles sont construits
suivant les techniques des murs porteurs ?
Q.4 : Est-ce que le nombre des infractions a varié après la fusion des deux préfectures
Salé Médina et Salé Al Jadida suite à l’adoption du système de l’unité de ville ?
Q.1 : Jugez-vous que la situation de l’infrastructure scolaire dont dispose Sala Al Jadida
soit suffisante ? (La carte scolaire)
…………………………………………………………………………………………
Q.2 : On parle souvent de la faible capacité des écoles, jugez-vous cette capacité
satisfaisante ?
…………………………………………………………………………………………
Q.3 : Existe-t-il des cantines scolaires?................................................................
171
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
Questions :
172
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
1/ MENAGE
1.1-Personne enquêtée :
Chef de ménage homme Chef de ménage femme Un membre du ménage
Autres (préciser)……………………………… …………………………………...
1.2-Age de la personne enquêtée ……………………………………………………
1.3-Lieu de naissance : …………………………………
4-Statut matrimonial :
Célibataire marié(e) divorcé(e) veuf (ve)
*Question : Pour chacun des aspects suivants concernant votre logement, diriez-vous que
vous êtes très satisfait-1, assez satisfait-2, peu satisfait -3 ou pas du tout satisfait -4 ?
-Etat du logement : salubrité, propreté, etc. ………………………………………..
-Agencement intérieur (la manière dont les pièces sont disposées)……………………
-Superficie……………………………………………………………………………
*Modifications apportées au logement
Oui…………………………………………………………………………………….
Non……………………………………………………………………………………
Si oui, quelles sont ?.....................................................................................................
47(? ) 1-à l’intérieur du quartier 2-à Salé Al Jadida 3-dans une autre ville (préciser)
173
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
48
Préfecture ou province, nom du quartier ou douar dans le cas de Rabat, Salé et Témara
174
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
175
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga- quartier résidentiel
176
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga- quartier résidentiel
177
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010
Sala Al Jadida entre le projet d’une ville nouvelle et la réalité d’un méga-
quartier résidentiel
2.1 Les nouvelles approches de la planification urbaine dans l’agglomération de Rabat Salé144
2.2 Place de Sala El Jadida dans les projets de développement urbain programmés dans
l’agglomération.........................................................................................................................145
2.2.1 Le projet de l’aménagement des deux rives de la vallée de Bouregreg...........................145
2.2.2. Zones de restructuration..................................................................................................146
2.2.3. Zones de projets..............................................................................................................147
2.2.4. Observations...................................................................................................................148
2.3..1. Contexte de réalisation...................................................................................................151
2.3.2. Consistance du projet de Technopolis de Rabat :..........................................................153
2.4 .Impact des deux projets de l’aménagement des rives du Bouregreg et du Technopolis sur les
prix du foncier...........................................................................................................................154
2.5. Le renforcement des axes routiers liant Sala Al Jadida avec les autres centres urbains....155
Conclusion du deuxième chapitre.............................................................................................157
Conclusion de la deuxième partie............................................................................................159
Conclusion générale..................................................................................................................161
BIBLIOGRAPHIE....................................................................................................................166
ANNEXE..................................................................................................................................169
179
D.E.S EN AMENAGEMENT ET URBANISME - INAU 2010