UNIVERSITE NAZI BONI
CENTRE UNIVERSITAIRE DE BANFORA
Filière : Agropastoral Civil L2 S3
ANNEE UNIVERSITAIRE 2022-2023
COURS DE GEOLOGIE
GÉNÉRALITÉS SUR LE POURQUOI DE LA GEOLOGIE
La géologie est-elle la science des cailloux ? Vous l’aurez remarqué, très souvent c’est
en tout cas la réponse qu’on reçoit quand on dit qu’on enseigne la géologie.
Étymologiquement, le mot géologie est la contraction de deux mots du grec ancien Gê et
Logos qui veulent respectivement dire Terre et Discours.
La géologie est donc une science ayant pour vocation la description de la planète
Terre et l’explication des processus qui animent ce dernier. Etant une science, elle se base sur
les observations et des calculs pour élaborer des modèles ou des théories tendant à expliquer
au mieux la Terre dans sa diversité et sa complexité. Elle s’appuie pour ce faire, sur des
principes qui lui sont propres ainsi que sur des lois mathématiques, physiques et
chimiques.
Ainsi, la géologie est une science interprétative dont l’objectif ultime est la
reconstitution de l’état initial de l’objet étudié (à savoir la Terre) et la description de son
histoire à partir de l’étude de son état actuel observable. A cet effet, elle cherche à
comprendre les processus actuels à partir de l’étude des minéraux/roches et d’autres archives
ou marqueurs géologiques sur lesquels, elle s’appuie pour reconstituer l’histoire de la Terre et
aussi, à prévoir son futur grâce à des modèles.
La géologie s’inscrit donc dans tout le spectre temporel (passé, présent et futur), de la
formation de l’Univers aux siècles à venir. D’un point de vue spatial, la géologie s’intéresse
de l’échelles de l’atome au minéral, de la roche à l’affleurement, de la région à la Terre en
s’étendant jusqu’à l’Univers.
- Qu’est-ce qu’une planète ? Qu’est-ce qu’une étoile ? Quand la Terre et
l’Univers se sont-ils formés ?
- Pourquoi existe-t-il des reliefs sur Terre ? Pourquoi existe-t-il une telle
diversité de paysages ?
- De quoi est constituée la planète Terre ? Que révèle une roche ou un minéral
à l’observation ? Quelle est l’origine de la dynamique terrestre ?
Ces questions parmi tant d’autres relèvent du champ scientifique de la géologie. Si
les penseurs de l’Antiquité s’interrogeaient déjà sur la planète Terre et l’Univers, les plus
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anciennes disciplines de la géologie dans son sens moderne sont la pétrologie, la stratigraphie
et la paléontologie qui ont vu le jour aux XVIIe et au XVIIIe siècles.
En outre, connaître le fonctionnement de la planète Terre est sans aucun doute un
moyen pour mieux comprendre le monde contemporain et ses enjeux sociétaux,
environnementaux et géopolitiques : la survenue d’un séisme, l’accès à l’eau, le
changement climatique, les besoins en ressources naturelles, les matériaux de construction,
les pollutions, etc.
Dans ce sens, elle reste un guide et un rempart incontournable pour le citoyen et de
préparation d’une société éduquée et responsable face au développement des mass media,
des fakes news, du scepticisme généralisé et du complotisme pour ainsi faire la part des
choses entre ce qui relève du scientifique du chimérique.
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CHAPITRE I : GEOLOGIE, DEFINITION ET OBJET
I. DEFINITION ET INTERET DE LA GEOLOGIE
1. Définition
La géologie (mot issu du grec ‘geo’ = Terre et ‘logos’ = Discours) est la science dont
le principal objet d’étude est la Terre. C’est d’ailleurs pourquoi la géologie est très souvent
mentionnée sous l’appellation de « Sciences de la Terre » ou encore de « Géosciences ».
Donc la géologie étudie les structures (interne et externe) de la planète Terre et les
processus qui ont été à l’origine de la forme et de la composition de la Terre tout au long de
son histoire et dont l’évolution continue d’ailleurs jusqu’aujourd’hui.
De façon plus large, il est admis la dénomination de « Science de la Terre et de
l’Univers » pour regrouper toutes les sciences dont l’objet est l’étude de la terre (à travers
l’hydrosphère, la lithosphère et l’atmosphère) et son environnement spatial (à travers
notamment les autres planètes, les satellites naturels, les astéroïdes, les comètes, les
météorites, etc.) s’étendant jusqu’à l’Univers dans son ensemble.
Ainsi, la Terre sert de modèle et de référence à l'étude d'autres planètes dites
telluriques (rocheuses et riches en éléments chimiques) depuis qu’on peut envoyer des sondes
spatiales pour l’exploration d'autres objets du système solaire.
La Terre se trouve dans la zone habitable du Système solaire. Cette planète est
principalement composée de Fer (32,1%), d'Oxygène (30,1%), de Silicium (15,1%), de
Magnésium (13,9%), de Soufre (2,9%), de Nickel (1,8%), de Calcium (1,5%), d'Aluminium
(1,4%) et les 1,2% restants sont partagés en de légères traces des autres éléments.
La biosphère désigne toutes les formes de vie de la planète. C’est une notion qui
désigne à la fois un espace vivant donc où la vie est possible et un processus dynamique sur
la planète Terre (depuis l’apparition de la vie il y a environ 4,6 milliards d'années à nos
jours).
L'hydrosphère par contre est un terme général désignant l'ensemble des zones d'une
planète où l'eau est présente. Il s’agit de l'eau sous sa forme liquide (océans, fleuves, eaux
souterraines, etc.), sous forme solide (glaciers, banquise...) et/ou sous forme gazeuse (vapeur
d’eau).
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Le cycle géologique c’est l’enchaînement de phénomènes internes d’orogenèse
(Formation de montagnes) et de phénomènes externes d’érosion/sédimentation continus dont
la durée se mesure en dizaines voire en centaines de millions d’années ; au cours de chaque
cycle, des reliefs ont surgi à la surface du globe puis ont été érodés jusqu’à être aplanis
(supprimés).
La géodynamique interne s’intéresse quant à elle aux processus internes de la
planète qui ont été à l’origine de la formation des océans et des grandes chaînes de
montagnes.
La géodynamique externe s’occupe de l'évolution dynamique de la surface de la
Planète. Elle s’intéresse à cet effet aux paysages résultant des processus d'érosion et de
sédimentation dans les océans, souvent causés par l’eau, la glace et/ou le vent.
Il apparait évident l’existence d’un lien certain entre la géodynamique interne et celle
externe. En effet, la dynamique reliée à la tectonique des plaques vient vraisemblablement
dans le but de rajeunir les reliefs des continents qui vont ensuite servir d’éléments pour la
naissance des roches sédimentaires à travers l’altération/érosion de particules de roches, leur
transport et dépôt dans les bassins sédimentaires.
2. Intérêt de la géologie
Les méthodes d'études de la géologie et les connaissances acquises à travers leur
application ont une incidence directe sur pratiquement tous les secteurs d’activités des
hommes depuis l’économie en passant par l’industrie sans oublier l’agriculture.
Cela peut s’évaluer à travers l’économie spécifiquement par la conservation des
réserves (richesses) d’une nation en Or qui est supposé être une valeur sûre exempt de toute
spéculation malsaine et de façon générale notamment dans les domaines :
• Du génie civil (Utilisation de sable, gravier, ou encore la transformation du
calcaire en ciment),
• De l’exploitation de matières premières (Or, lithium, bauxite, pétrole, gaz, etc.),
• De la production d’engrais agricoles (Nitrate et/ou phosphate),
• De la gestion des ressources en eau (Détermination du volume des eaux
souterraines et de surface),
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• De la gestion de l'environnement (La protection de l’environnement contre les
pollutions provenant de l’atmosphère, des sols et des eaux),
• Et enfin de la prévention des risques naturels (Séismes ou tremblements de terre,
glissements de terrain, inondations, etc.).
Ainsi, on comprend aisément le rôle central joué par la géologie dans les
innombrables secteurs de l’économie au point que l’on puisse affirmer sans risque de se
tromper qu’une nation pour s’assurer un développement durable qui va avec une
croissance économique certaine et donc un bien-être social indéniable doit se donner les
moyens de se garantir une disponibilité fiable et continue en ressources minérales,
énergétique et en eau potable.
En géologie, les objets d’étude sont par exemple les minéraux et les roches, mais
également les fossiles, les substances utiles (Pétrole, gaz, minerai) ou certains phénomènes
physiques comme les séismes et les volcans.
II. LES DISCIPLINES DE LA GEOLOGIE
Les disciplines de la géologie sont principalement divisées en deux (2) groupes à
savoir les disciplines fondamentales (Encore appelées disciplines descriptives qui
s’intéressent à la description de la terre à travers : minéral-roche, fossiles et les différents
phénomènes géologiques qui sont à l’origine de leur mise en place) et les disciplines
appliquées (Le plus souvent qui ont pour objectif la résolution de problèmes concrets
rencontrés par les Hommes dans leur vie de tous les jours).
Que la discipline soit fondamentale ou appliquée le point commun qui les lie est le fait
qu’elles se font toutes sur le sous-sol, c’est seulement les approches et les objectifs qui
diffèrent. Les disciplines fondamentales des sciences de la Terre ont d’abord pris naissance
ensuite celles appliquées ont suivi.
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1. Les disciplines fondamentales
Les disciplines fondamentales de la géologie sont les plus nombreuses et se basent le
plus souvent sur la description des minéraux, des roches, des fossiles, etc. et d’autres part des
milieux dans lesquels ils font leur dépôt (Sédimentologie), la nature de leurs structures et
textures et des origines des déformations qu’ils subissent. Parmi les disciplines
fondamentales, on peut citer :
• La géologie structurale (Ou tectonique) : Science qui étudie les déformations
mécaniques subies par les roches, et les structures (Plis et failles) de l'écorce
terrestre produites par des mouvements orogéniques (Formations des chaines de
montagnes) et éventuellement les mouvements des plaques terrestres. Cette
science est naturellement rattachée à la Géodynamique interne ;
• La paléontologie : Science qui se base sur l’étude des fossiles c'est–à-dire des
restes fossilisés des nombreuses formes de vie ayant peuplé la Terre dans le passé
dans l’optique d’apporter des éléments de compréhension pour ce qui est de
l'évolution de la vie dans le temps et dans l’espace ;
• La stratigraphie : Elle se fonde sur l’étude de la succession des diverses strates
sédimentaires dans le temps et dans l'espace ;
• La sédimentologie : Science qui étudie les phénomènes d'érosion des roches, le
dépôt des débris sous forme de sédiments et la transformation de ces derniers en
roches sédimentaires compactes (Diagénèse). Cette science fait partie donc de la
Géodynamique externe ;
• La pétrographie : Elle se présente comme la science des roches. Etant donné que
nous avons fondamentalement trois types de roches, on a alors les pétrographies :
magmatique, sédimentaire et métamorphique. La pétrographie s'intéresse en effet
à l'origine, à la formation, à l'évolution, à la description, à la texture ainsi qu’aux
propriétés des roches ;
• La minéralogie : Science qui étudie la nature, la composition et la structure
cristalline des minéraux. Elle se rattache à la cristallographie, science qui en plus
de faire partie de la physique, s’intéressant spécifiquement à la forme des cristaux
(Minéraux) ;
• La volcanologie : Science qui étudie la nature physico-chimique et le
fonctionnement intrinsèque des volcans. Cette science est un lien entre les
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géodynamiques interne et externe car le volcanisme débute dans les profondeurs
avant de venir ses laves à la surface ;
• La géochimie : Science qui étudie la composition chimique des roches, que ce
soit en éléments majeurs ou en éléments traces et leur variabilité dans le temps et
dans l’espace ;
• La géochronologie : Science qui permet à partir des diverses méthodes
radiométriques de dater une roche ou un de ses constituants ;
• L’hydrologie : Discipline scientifique qui traite des eaux que l'on trouve à la
surface de la Terre, ainsi qu'au-dessus et en dessous d’elle, de la formation et la
circulation des eaux, des propriétés biologiques, physiques et chimiques des eaux,
des interactions entre l’eau et son environnement y compris avec les êtres vivants
et enfin de la distribution des eaux dans le temps et dans l'espace ;
• La pédologie : Encore appelée sciences du sol s’intéresse à l’étude des différents
composants du sol, leurs caractéristiques morphologiques, minéralogiques et
physico-chimiques. Il est important de noter que cette discipline se situe à la
frontière de la géologie (Dont une partie étudie l'altération des roches, l’évolution
mécanique et chimique des sols) et de la biologie (Rôle des organismes dans
l'altération de la roche mère et l'évolution du sol).
2. Les disciplines appliquées
A côté de ces disciplines fondamentales on trouve d’autres disciplines à caractère
appliqué qui puisent leur essence dans les premières et dont l’objectif est la résolution de
problèmes pratiques rencontrés par les Hommes. En d’autres termes les disciplines
appliquées des sciences de la Terre ont pour rôle de rendre facile la vie des Hommes.
Ainsi l’application pratique de la géologie dans les domaines du minier, du pétrole, de
l’hydraulique et de la construction civil donne les différentes branches de la géologie
appliquée. Dans ce lot de disciplines, on peut citer :
• La géophysique : Science qui étudie la structure et la composition interne de la
Terre à partir de méthodes physiques (Sismique, gravimétrie, magnétisme,
électrique, électromagnétique) appliquées à la prospection pétrolière, minière,
hydrique et aux études environnementales. Cette science se base sur la mesure de
paramètres physiques des phénomènes internes et s’efforce de les interpréter.
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C’est d’ailleurs pourquoi elle est traitée de méthode prospection (Ou recherche ou
encore exploration) indirecte par opposition à la géochimie par exemple ;
• La géologie pétrolière : Partie de géologie qui étudie la genèse (formation) et
l’exploration (recherche) des hydrocarbures.
• La métallogénie : Elle étudie l’origine et la genèse des gisements métallifères et
l’estimation de leur quantité en vue de leur exploitation si elles sont
économiquement rentables.
• La géologie de l’ingénieur : qui est l’application de la géologie dans le domaine
du génie civil et la géotechnique est une sous-branche.
• La géotechnique : Science qui a pour principal objet l’étude du sol pour la
construction d'ouvrages humains (Infrastructures) à savoir : les pavillons, les
immeubles, les voiries, les barrages, les mines, etc. C’est la géologie appliquée au
domaine de la construction ; elle traite de l'interaction sol/structures et fait appel à
des bases de la géologie, de la mécanique des sols, de mécanique des roches et de
structures. Elle traite également des phénomènes de mouvement de sol
(Glissement, affaissement et autres) ;
• L'hydrogéologie : Science qui s’intéresse aux interactions entre formations
géologiques-eaux souterraines et à celles-ci en tant que ressource qu’elle s’efforce
d’évaluer quantitativement et qualitativement. Elle s'occupe donc de la
distribution et de la circulation de l'eau souterraine dans le sol et les sous-sols en
tenant compte de leur interaction avec les formations géologiques et l'eau de
surface aussi ;
En complément de ces sciences, d’autres moyens d’investigations s’ajoutent aux
sciences de la Terre et constituent de nos jours des spécialités à part entière. Cela augmente
naturellement le nombre de sciences appliquées de la géologie. Dans cette catégorie, nous
avons :
• L’imagerie satellitaire et la télédétection : C’est l’ensemble des techniques qui
permettent à travers l’acquisition d’images (A partir d'avions, de ballons, de
satellites, des drones, etc.) d’obtenir de l’information sur la surface de la Terre (y
compris l’atmosphère et les océans). A partir de l’énergie solaire (Energie de
rayonnement électromagnétique) émise en direction de la terre, les différents
objets qui s’y trouve vont se comporter différemment (réflexion, réfraction). Ainsi
des cartes peuvent être élaborer en mettant en évidence spatialement cette
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panoplie d’informations. Elle a des applications en : Géologie, Météorologie,
Océanographie, Catastrophes naturelles, etc. ;
• La géomatique : C’est un mot composé de Géo et d’Informatique (Géo-
Informatique) qui regroupe l'ensemble des outils et méthodes permettant
d'acquérir, de représenter, d'analyser et d'intégrer des données géographiques donc
en rapport avec la Terre ;
• Les Systèmes d’Information Géographique (SIG) : C’est un ensemble de
Systèmes Informatiques de représentation de données sur l'espace (terrestre et
spatial) réel en associant les coordonnées géographiques et les données récoltées
sur le terrain (toutes sortes de données peuvent être ainsi représentées).
Figure 1 : Les différentes disciplines des sciences de la terre
Comme nous venons de voir que les branches de la géologie sont multiples, les
métiers de la géologie sont également nombreux et très variés. En effet, de toutes ses
disciplines ci-dessus mentionnées qui ne sont d’ailleurs pas exhaustive, nous avons des
géologues spécialistes. Nous pouvons citer entre autres le géologue pétrolier, minier,
l’hydrogéologue, le géophysicien, le volcanologue (ou vulcanologue), le sismologue, le
géologue des travaux publics, le paléontologue, le chercheur universitaire, etc.
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III. LES LIENS ENTRE LA GEOLOGIE ET LES AUTRES SCIENCES
Il existe des rapports (ou liens) entre la géologie et d’autres sciences dont les plus
importantes sont : la physique, la chimie, la biologie et les mathématiques.
Pour la détermination des dimensions et de la forme de la Terre, mettre en évidence
une concentration élevée en un élément ou groupe d’éléments (naturels ou artificiels) ou
encore pour modéliser des phénomènes géologiques, la géologie créée un pont de
collaboration étroite entre elle et les mathématiques.
Pour l’étude des fossiles (restes d’animaux ou de végétaux) logés dans les roches ou
l’altération des roches par les microorganismes, la géologie travaille de concert avec la
biologie.
La physique intervient en géologie dans l’étude des caractéristiques physiques (ou
cristallographiques) des minéraux/roches (forme, structure, texture, etc.) et dans l’estimation
de leur âge (géochronologie).
Quant à la chimie, elle est indispensable en géologie dans l’étude des propriétés
chimiques des roches/minéraux (composition chimique) en vue d’avoir une parfaite
compréhension du milieu souterrain et son évolution dans le temps et dans l’espace.
Figure 2 : Les relations entre la géologie et les domaines comme la physique, la chimie, la
biologie et les mathématiques
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IV. LES METHODES ET ECHELLES D’OBSERVATION
GEOLOGIQUES
La géologie étant une science naturelle donc d’observation par excellence, ces
méthodes d’étude sont celles d’une approche scientifique classique de la Terre dans son
ensemble et dans sa diversité.
Les travaux géologiques commencent toujours par une étude d’ordre générale. On dit
également à grande échelle d’observation : étude d’une région, d’un gisement. Cette première
étape se traduit concrètement sur le terrain par une reconnaissance de la zone d’étude,
collecte d’échantillons, prise de mesures, identification des sites stratégique et/ou des repères.
Ces travaux se poursuivent par une deuxième étape se traduisant par une étude
détaillée ou à petite échelle d’observation : étude des roches (utilisation d’un microscope
polarisant), des minéraux, des fossiles, des eaux lorsqu’il s’agit de l’hydrogéologie ou encore
de la géologie marine le plus souvent se déroule au laboratoire mais s’il s’agit de l’étude des
photos aériennes/satellitaires, de l’interprétation des mesures faites sur le terrain, elle se fait
au bureau ou devant un micro-ordinateur.
La dernière étape consiste en la rédaction d’un rapport géologique détaillé sur
l’étude qui a été réalisée ou la confection de cartes géologiques (contextuel).
Sur le terrain, le géologue est muni, entre autres, d’un marteau géologue, d’une
boussole (aujourd’hui on utilise de plus en plus le GPS pour se localiser mais la boussole
reste indispensable), des loupes, des cartes topographique et géologique (utilisées aussi bien
par les biologistes, les géographes, les urbanistes, les architectes, les archéologues, etc. que
par les géologues), de sacs d’échantillonnage, de crayons magnétiques, de marqueurs
indélébiles, de carnets ou blocs notes et de crayons de couleur.
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Figure 2 : Les outils utilisés par le géologue (marteau géologue, boussole, loupe,
microscope, image satellitaire, cartes topographique et géologique)
A travers ces différents outils, supports et techniques on peut résumer le but et les
étapes de l’étude géologique comme suit :
• L’observation par satellites : Elle permet d’étudier de très grandes surfaces, à
l’échelle des continents. Les satellites fournissent des photos ou images satellitaires.
• L’observation par avion/drone : Elle produit des photos aériennes. L’observation
couvre une surface d’un millier de Km².
• L’observation régionale : Elle permet l’étude d’une région d’une superficie du
Km². C’est la plus courante en géologie. Elle se fait sur la base de cartes
topographiques.
• L’observation à l’œil nu : C’est l’aspect le plus courant de l’observation en
Sciences de la Nature. On regarde directement les couches, les roches, les structures
(les failles, les plis) sur le terrain.
• L’observation à la loupe : Elle permet d’observer au détail près une roche ; par
exemple des cristaux de la taille du millimètre.
• L’observation au microscope : Au moment de l’observation à l’œil nu sur le
terrain, des échantillons de roches sont prélevés à l’aide du marteau géologue, mis
dans le sac et emportés au laboratoire. Après préparation de ces échantillons en
lames minces, leurs observations est possible avec beaucoup plus de détails sur les
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éléments constitutifs des roches (minéraux, cristaux) jusqu’à l’ordre du dixième de
millimètre.
• Autres appareillages : Certains appareils comme le diffractomètre aux rayons X
(RX) et le MEB (microscope optique à balayage) permettent d’étudier la structure
et la composition chimique des minéraux. Ces appareils se trouvent dans le
laboratoire et à travers l’échantillon prélevé sur le terrain l’étude est réalisée.
• Logiciels : Il existe de nos jours une panoplie de Géo logiciels pour le traitement
des données récoltées. On peut citer ArcGIS, MapInfo, Surfer, Surpac, Micromine,
Envi, Modflow, etc. qui sont incontournables dans la compréhension et la
schématisation (Forme et dimensions) des phénomènes étudiés.
V. LES PRINCIPES DE LA GEOLOGIE
La géologie est basée sur deux principes fondamentaux que sont l’uniformitarisme et
la tectonique des plaques.
1. Le principe de l’Uniformitarisme
Ce premier principe de la géologie stipule que le présent est la clé du passé dans
l’interprétation des phénomènes géologiques.
Ainsi, les lois régissant les phénomènes géologiques actuels étaient valables dans le
passé. Ce principe est de James Hutton (1726-1797) qui l’énonça pour la première fois. Il
est important de noter à ce niveau que Charles Lyell (1797-1875) fut le scientifique qui a
énormément travaillé sur ce principe en l’améliorant à travers notamment la sortie du traité de
géologie en 1834. A ce titre il est considéré comme le fondateur de la géologie moderne.
2. Le principe de la tectonique des plaques
A partir de 1912, Alfred Wegener (1880-1930) développe la théorie de la « dérive des
continents ». Cette théorie considère que les continents « flotteraient » sur le manteau, dont la
densité est plus élevée et seraient animés de mouvements de translation.
La tectonique des plaques stipule qu’à une certaine époque, tous les continents
auraient été réunis en une masse continentale unique, la Pangée, et se seraient ensuite séparés
au fil du temps.
Les arguments avancés par Wegener sont nombreux et reposent entre autres :
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➢ Sur la concordance des côtes de part et d’autre de l’Atlantique, surtout au niveau
de l’Amérique du Sud et de l’Afrique dont les contours s’emboîtent presque
parfaitement ;
➢ Sur les similitudes paléontologiques et géologiques existant entre le Brésil et
l’Afrique du Sud ;
➢ Sur la flore particulière (flore à Glossopteris) ayant existé au Permien c’est-à-dire
avant l’éclatement de la Pangée (Supercontinent), à la fois en Afrique du sud, en
Amérique du sud, en Inde, en Antarctique et en Australie (Continent de
Gondwana) ; mais pas dans le reste de l’Eurasie et en Amérique du nord
(Continent d’Angara) ;
➢ Sur la continuité existant par-delà l’Atlantique entre les chaînes de montagnes
anciennes d’Amérique du Nord et d’Europe ;
➢ Ou encore sur les différents climats enregistrés par les continents au cours des
temps géologiques.
Figure 1 : Evolution des continents à trois époques géologiques selon Wegener (Le Carbonifère :
-359 à -299 MA, l’Eocène : -56 à -34 MA et le Quaternaire : à partir de 2,6 MA à nos jours).
Malgré tous les arguments avancés par ce dernier, ce n’est qu’en 1962 que sa théorie fut
acceptée par toute la communauté scientifique.
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