0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
58 vues21 pages

Cours Anneau Poly

Transféré par

finconnu6
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
58 vues21 pages

Cours Anneau Poly

Transféré par

finconnu6
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Algèbre Cours 9

Anneaux

27 novembre 2009
Définition
Définition Anneau. Un anneau unitaire est un triplet
(A, +, ∗) où A est un ensemble, + : A × A → A et ∗ : A × A → A
deux lois internes sur A vérifiant les axiomes suivants :
1 (A, +) est un groupe abélien (en particulier, il existe un
(unique) élément 0 ∈ A tel que 0 + a = a + 0 = a pour tout
a ∈ A) ;
2 (A, ∗) est un monoïde (en particulier, il existe un (unique)
élément 1 ∈ A tel que 1 ∗ a = a ∗ 1 = a pour tout a ∈ A) ;
3 la loi ∗ est distributive (à gauche et à droite) par rapport à + :
pour tous a, b, c ∈ A, on a
(a + b) ∗ c = a ∗ c + b ∗ c et a ∗ (b + c) = a ∗ b + a ∗ c.

(A, +, ∗) est dit commutatif si ∗ l’est c’est-à-dire si a ∗ b = b ∗ a


pour tous a, b ∈ A.

−→ Abus de langue : soit A un anneau !


Exemples

Exemple Anneau nul. Soit A = {x} un ensemble réduit à un


élément. Montrer qu’il existe sur A une unique structure d’anneau
unitaire, que cette structure est commutative et que 1 = 0.
Inversement, que peut-on dire d’un anneau unitaire (A, +, ∗) tel
que 1 = 0.

Exemple Anneaux de nombres. Les ensembles suivants ont


une structure naturelle d’anneau unitaire :Z, Q, R, C. Citons aussi
D = {a/10n , a ∈ Z, n ∈ Z}. Peut-on remplacer 10 par un entier
quelconque ?
Citons encore Z[i] = {a + bi, a, b ∈ Z} ⊂ C qui est appelé
l’anneau des entiers de Gauss ou encore Z[j ] = {a + bj , a, b ∈ Z}
(où j = exp(2iπ/3)).
Exemples : encore
Exemple Anneau d’endomorphisme. Soit (G , +) un groupe
abélien. Alors (Endgr. (G ), +, ◦) est un anneau unitaire.
De même, si V est un k-espace vectoriel alors Endk (V ) = L (V )
est un anneau unitaire (et même une k-algèbre...).
Si A est un anneau unitaire alors Mn (A) aussi. Que « vaut »
Mn (Mp (A)) ?

Exemple Anneaux produits. Soit (Ai )i ∈I des anneaux.


L’addition et la multiplication terme à terme détermine sur
B = Ai une structure d’anneau unitaire. On dit que B est
Q
i ∈I
l’anneau produit des Ai .

Exemple Anneaux de polynômes. R[X ] et C[X ] sont des


anneaux unitaires.

Exemple Anneaux quotient. Z/nZ et R[X ]/hX 2 + 1i sont


des anneaux unitaires.
Calcul dans un anneau

Notation Comme d’habitude, pour une loi notée additivement,


l’opposé de a ∈ A pour la loi + est noté −a.

Exercice On fixe a ∈ A. Montrer que b 7→ a ∗ b et b 7→ b ∗ a sont


des endomorphismes du groupe (A, +).
En déduire que 0 est absorbant pour ∗ : a ∗ 0 = 0 ∗ a = 0 pour tout
a ∈ A.
En déduire aussi que a ∗ (−b) = (−a) ∗ b = −(a ∗ b) et en
particulier que (−1) ∗ x = x ∗ (−1) = −x.

Exercice Soit a, b, c, d ∈ A. Pourquoi a-t-on


(a + b) ∗ (c + d ) = a ∗ c + b ∗ c + a ∗ d + b ∗ d ? A-t-on
(a + b)2 = a2 + 2a ∗ b + b2 ?
Calcul dans un anneau : suite
Proposition La formule du binôme de Newton. Soit
a, b ∈ A tel que ab = ba alors, pour tout
 n ∈ N, on a
n n
(a + b)n = ak bn−k .
P
k=0 k
En particulier, pour tout a ∈ A, on a  
n n k
(1 + a)n = a .
P
k=0 k

Proposition Identité remarquable. Soit a, b ∈ A tel que


ab = ba alors, pour tout n ∈ N, on a
n−1
an − bn = (a − b) ak bn−1−k .
P
k=0

En particulier, pour tout a ∈ A, on a


n−1
1 − an = (1 − a) ak .
P
k=0
D’autres identités remarquables

Exercice Formule du multinôme. Soient a1 , . . . , am ∈ A tel


que ai ∗ aj = aj ∗ ai pour tous i, j . Développer (a1 + · · · + am )n .

Exercice Soit a1 , . . . , aP
n ∈ A. On pose I = {1, 2, . . . , n} et pour
H ⊂ I , on définit aH = ai . On a
i ∈H

(−1)n (−1)|H| (aH )n .


P P
aσ(1) · · · aσ(n) =
σ∈Sn H⊂I

Qu’obtient-on lorsque les ai commutent deux à deux ?


Morphisme d’anneaux
Définition Morphisme. Soit (A, +, ∗) et (B, +, ∗) deux
anneaux unitaires. Un morphisme d’anneaux unitaires f : A → B est
une application vérifiant les deux propriétés suivantes
1 f : (A, +) → (B, +) est un morphisme de groupes :
f (a + b) = f (a) + f (b) pour tous a, b ∈ A ;
2 f : (A, ∗) → (B, ∗) est un morphisme de monoïdes :
f (a ∗ b) = f (a) ∗ f (b) pour tous a, b ∈ A et f (1) = 1.
On a automatiquement f (0) = 0.
Définition Isomorphisme d’anneaux. Soit (A, +, ∗) et
(B, +, ∗) deux anneaux unitaires. Un morphisme d’anneaux
unitaires f : A → B est un isomorphisme s’il existe un morphisme
d’anneaux g : B → A tel que g ◦ f = idA et f ◦ g = idB . On dit
alors que A et B sont isomorphes.
Comme d’habitude, on a « morphisme bijectif = isomorphisme ».
Exemples
Exemple L’application
(
A −→ Endgr. ((A, +))
λ:
a 7−→ λa : x 7→ ax
est un morphisme d’anneaux unitaires.

Exemple Composition. Soit A, B, C trois anneaux unitaires


et f : A → B et g : B → C deux morphismes d’anneaux unitaires.
Alors g ◦ f : A → C est un morphisme d’anneaux unitaires et idA
est un morphisme d’anneaux unitaires : les anneaux forment une
sous-catégorie de la catégorie des ensembles.

Exemple Anneau nul. Soit A = {0} « l’ »anneau nul et B


un anneau unitaire. Existe-t-il un morphisme d’anneaux unitaires
(et si oui combien) f : A → B ? Même question avec f : B → A ?
On dit que A est un objet terminal dans la catégorie des anneaux
unitaires.
Encore des exemples

Exemple Quotient. Les surjections canoniques π : Z → Z/nZ


et π : R[X ] → R[X ]/hX 2 + 1i sont des morphismes d’anneaux
unitaires.

Exemple Polynômes. Pour x ∈ R, l’application


evx : P ∈ R[X ] → P(x) ∈ R est un morphisme d’anneaux unitaires.

Exemple Produit. Soit (Ai )i ∈I une famille d’anneaux


unitaires alors la projection sur le i e facteur :
 Q
 Ai −→ Ai
pi : i ∈I

(ai )i ∈I 7−→ ai

est un morphisme d’anneaux unitaires. Énoncer et démontrer une


propriété universelle du produit pour les anneaux unitaires.
P.U. de l’anneau Z
Théorème Propriété universelle de l’anneau Z . Soit A un
anneau unitaire. Il existe un unique morphisme d’anneaux unitaires
f : Z → A. Il est donné par f (k) = k1A . On dit que Z est un objet
initial de la catégorie des anneaux unitaires.

Définition Caractéristique d’un anneau unitaire. Le noyau


de l’unique morphisme f : Z → A est de la forme nZ pour un
unique n ∈ N. Cet entier n est appelé la caractéristique de l’anneau
A. C’est le plus petit entier non nul(s’il existe) tel que n1A = 0. Il
vérifie aussi na = 0 pour tout a ∈ A (pourquoi ?).

Exercice Montrer qu’il n’existe aucun morphisme d’anneaux


unitaires de Q (resp. R, C, Z/nZ avec n > 1) dans Z.
Montrer que l’unique morphisme d’anneaux unitaires f : Z → Q
vérifie que pour tous morphismes d’anneaux unitaires g , h : Q → A
tel que g ◦ f = h ◦ f , on a h = g .
Sous-anneaux
Définition Sous-anneaux. Soit A un anneau unitaire. Un
sous-anneau unitaire B de A est une partie de A telle que (B, +)
soit un sous-groupe de A et (B, ∗) soit un sous-monoïde de A (en
particulier, on doit avoir 1 ∈ B). Les lois induites donnent à B une
structure d’anneau unitaire telle que l’application d’inclusion
i : B → A soit un morphisme d’anneaux unitaires.

Remarque Sous-anneau : un critère. Pour que B soit un


sous-anneau unitaire de A, il suffit que B soit stable par + et ∗,
1 ∈ B et −1 ∈ B.

Proposition Sous-anneau engendré. Une intersection de


sous-anneau unitaire de A est un sous-anneau unitaire de A. Si
S ⊂ A, on peut considérer hhSii le sous-anneau unitaire engendré
par S qui est par définition l’intersection des sous-anneaux unitaires
contenant S. C’est le plus petit sous-anneau de A contenant S.
Décrire les éléments de hhSii.
Sous-anneaux : exercices

Exercice Quel est√le sous-anneau de R engendré par 1/2 ? et


celui engendré par 2 ? Quel est le sous-anneau de R engendré par
les inverses des nombres premiers ? Quel est le sous-anneau de C
engendré par i ?
Soit A un anneau unitaire. Montrer qu’il existe un plus petit
sous-anneau unitaire contenu dans A (dit anneau premier de A) et
que ce sous-anneau unitaire est commutatif et l’image de l’unique
morphisme f : Z → A.

Exercice Montrer que l’image (resp. l’image réciproque) d’un


sous-anneau unitaire par un morphisme d’anneaux unitaires est un
sous-anneau unitaire. Énoncer et démontrer un théorème de
correspondance pour les sous-anneaux unitaires de A et B pour un
morphisme surjectif d’anneaux unitaires f : A → B.
Convention

À partir de maintenant, « anneau » signifiera « anneau unitaire »


et « morphisme d’anneaux » signifiera « morphisme d’anneaux
unitaires ».
Idéal
Définition Idéal. Soit A un anneau. Un idéal à gauche I
(resp. à droite) de A est un sous-groupe additif de (A, +) tel que
pour tout a ∈ A et tout x ∈ I , on ait ax ∈ I (resp. xa ∈ I ).
Un idéal bilatère de A est une partie de A qui est à la fois un idéal
à gauche et à droite c’est-à-dire un sous-groupe additif de (A, +)
tel que pour tous a, b ∈ A et tout x ∈ I , on ait axb ∈ I .

Exemple {0} et A sont des idéaux bilatères. Un anneau est dit


simple si ce sont les seuls idéaux bilatères et qu’ils sont distincts.

Exercice Déterminer les idéaux bilatères de Mn (A) en fonction de


ceux de A. En déduire que si k est un corps alors Mn (k) est un
anneau simple.
Montrer qu’un anneau simple et commutatif est un corps.
Déterminer les idéaux à gauche et à droite de Mn (k) (où k est un
corps).
Idéaux engendrés

Proposition Une intersection d’idéaux à gauche (resp. à droite,


bilatère) est un idéal à gauche (resp. à droite bilatère).
Soit S est une partie de A. L’intersection des idéaux à gauche
(resp...) contenant S est un idéal à gauche (resp...) appelé idéal à
gauche (resp...) engendré par S. C’est le plus petit idéal à gauche
(resp...) contenant S. Il est noté hSi ou (S) (attention aux
confusions !) Donner la forme de ses éléments.

Exercice Idéaux de Z . Déterminer les idéaux de Z (resp.


k[X ] où k est un corps). Montrer qu’ils sont engendrés par un
élément (on dit que ce sont des idéaux principaux).
Anneau quotient
Proposition Bonne relation d’équivalence. Soit A un
anneau commutatif unitaire et R une relation d’équivalence sur A.
On a équivalence entre
1 Il existe une structure d’anneau sur A/R tel que la surjection
canonique π : A → A/R soit un morphisme d’anneaux ;
2 R est compatible avec ∗ et + ;
3 Il existe un idéal bilatère I de A tel que xRy si et seulement si
x − y ∈ I.
L’idéal I est bien déterminé : c’est la classe de 0 et donc le noyau
de π.

Corollaire Une autre caractérisation des idéaux bilatères.


Le noyau d’un morphisme d’anneaux est un idéal bilatère. Les
idéaux bilatères de A sont exactement les noyaux des morphismes
(surjectifs) d’anneaux.
Propriété universelle du quotient
Proposition Soit I un idéal bilatère de A et π : A → A/I la
surjection canonique. On considère un morphisme d’anneaux
f : A → B. On a alors équivalence entre
Il existe une application f : A/I → B telle que f ◦ π = f ;
f (I ) = 0 ;
I ⊂ Ker f .

L’application f est uniquement déterminée, c’est un morphisme


d’anneaux. L’image de f est la même que celle de f . Le noyau de f
est Ker f /I .
Corollaire Théorème d’isomorphisme. Soit A, B deux
anneaux et f : A → B un morphisme d’anneaux. Alors, f induit un
isomorphisme d’anneaux ϕ : A/Ker f → Im f donné par
ϕ(a + Ker f ) = f (a) .
ann.
Si f est surjectif, on a B ≃ A/Ker f .
Théorème de correspondance

Soit A, B deux anneaux, f : A → B un morphisme d’anneaux. Si J


est un idéal de B (à gauche, à droite, bilatère), f −1 (J) est un idéal
(à gauche, à droite, bilatère) de A. Mais attention I est un idéal de
A alors f (I ) n’est pas un idéal de B.

Proposition Théorème de correspondance. On suppose


que f est surjectif alors on a des bijections qui conservent inclusion
et intersection, entre les idéaux bilatères (resp. à gauche, à droite)
de A contenant Ker f et les idéaux bilatères (resp. à gauche, à
droite) de B.
De plus, si I ⊂ A et J ⊂ B sont deux idéaux bilatères qui se
ann.
correspondent alors A/I ≃ B/J.
Éléments remarquables d’un anneau
Définition Soit A un anneau.
Un élément a ∈ A est dit régulier à gauche (resp. à droite) si
l’application λa : x 7→ ax (resp. ρa : x 7→ xa) est injective.
Un élément a ∈ A est dit inversible à gauche (resp. à droite) si
l’application ρa (resp. λa ) est surjective ; un élément a ∈ A est dit
inversible s’il est inversible à droite et à gauche.
Un élément a ∈ A est dit nilpotent s’il existe n ∈ N tel que an = 0.
Définition Anneau à division. Soit A un anneau. On dit que
A est un anneau à division ou un corps non nécessairement
commutatif si A 6= {0} et tout élément non nul de A est inversible.
Un anneau à division commutatif est un corps.
Exprimer la propriété d’anneaux à division en terme d’idéaux.
Définition Anneau intègre. Soit A un anneau. On dit que A
est intègre si A est commutatif, A 6= 0 et tout élément non nul est
régulier. Dans un anneau commutatif, les éléments non réguliers
sont appelés les diviseurs de 0.
Suite dans 10 minutes !

Vous aimerez peut-être aussi