Cours :1
INTRODUCTION :
L orthophonie est né en France en 1828, lors de la création par le Docteur
Marc Colombat de l’Institut Orthophonique de Paris, dont le but était le
redressement de la parole et en particulier du bégaiement. Les premières
attestations d’études d’orthophonie ont été délivrées en 1955 à la suite
des initiatives de Madame Suzanne Borel-Maisonny, fondatrice de cet
enseignement en France. La profession a obtenu son statut légal par la loi
du 10 juillet 1964 qui a institué un diplôme national : le Certificat de
Capacité d’Orthophonie (C.C.O.).
Depuis cette date, les orthophonistes figurent, au même titre que six
autres professions d’auxiliaires médicaux.
OBJECTIFS DE L ORTHOPHONIE ; L’orthophonie consiste:
à prévenir, à évaluer et à traiter les déficiences et troubles de la
voix, de l’articulation, de la parole, ainsi que ceux associés à la
compréhension du langage oral et écrit, à sa réalisation et à son
expression,
à dispenser l’apprentissage d’autres formes de communication non
verbale permettant de compléter et de suppléer ces fonctions,
Dans l’exercice de son activité, l’orthophoniste prend en compte les
dimensions psychologique, sociale, économique et culturelle de chaque
patient, à tout âge de la vie.
Cette mission et ce rôle conditionnent le contenu et la forme de
l’enseignement initial des orthophonistes : enseignement théorique,
enseignement dirigé, stages pratiques.
L’orthophonie, c’est la correction des troubles affectant la voix,
l’articulation, le langage oral et écrit par des techniques de rééducation. A
titre d’exemple, on citera :
les troubles du langage : retard d’acquisition du langage oral ;
perturbation d’acquisition liée à un déficit sensoriel (surdité,
hypoacousie) ou neurologique (infirmité motrice cérébrale) ;
bégaiement ; difficulté dans l’acquisition du langage écrit
(dyslexie, dysorthographie) ; troubles du langage secondaires à des
atteintes neurologiques (aphasie)
les troubles de la voix : fatigue vocale professionnelle ; rééducation
après intervention sur le larynx
les troubles d’articulation (sigmatismes, chuintement) ou dus à des
malformations congénitales (fentes labio-palatines)
C’est un auxiliaire médical qui agit sur prescription médicale ; il
met en œuvre ses techniques de rééducation pour aider un sujet
handicapé à se corriger partiellement ou totalement ; apprécie les
possibilités d’acquisition et d’évolution ; participe à l’établissement
du diagnostic. L’orthophoniste est un rééducateur spécialisé mais
dans un domaine complexe qui nécessite une formation en des
disciplines scientifiques diverses : acoustique, anatomie et
physiologie, linguistique et phonétique, neurologie, psychiatrie,
pédagogie, psychologie, etc…
L’exercice de l’orthophonie peut, en outre, apporter des matériaux
précieux à la recherche de ces disciplines : l’orthophoniste ne peut
ignorer ce double courant dans lequel il doit se placer, mais ceci ne
fait que découler de sa fonction première, un métier au service des
personnes handicapées.
LE RÔLE DE L’ORTHOPHONISTE :
L’implication des orthophonistes dans les équipes de formateurs pour
adultes date des années 80-90. Les formateurs confrontés à l’inadéquation
d’une pédagogie de type scolaire et les apparentes pathologies du langage
oral et écrit que présentent les stagiaires établissent des contacts avec les
orthophonistes.
Les interventions se situent à différents moments :
– Au moment du bilan d’évaluation : il participe à l’établissement du
bilan –évaluation diagnostic en mettant en évidence les potentialités, les
handicaps et les difficultés des apprenants ainsi que leurs motivations et
leurs objectifs. Il fait apparaître les difficultés spécifiques en lecture, les
pathologies éventuelles du langage, les difficultés perceptives, cognitives
et affectives en vue d’un projet réalisable à court terme. Les
orthophonistes ont élaboré un outil d’évaluation spécifique ( le DMI)
– Au moment de l’élaboration des programmes de formation :
répondant ici à une demande pressante des formateurs, l’orthophoniste
met son expérience professionnelle à leur service.
– Au moment de la formation des formateurs : l’orthophoniste
participe à
initiale et permanente des formateurs en leur présentant les différents
dysfonctionnements de la parole et du langage oral et écrit ainsi que les
mécanismes qui les sous-tendent.
– Au moment de la recherche : la recherche dans le domaine de
l’illettrisme commence à peine et est indissociable de celles nombreuses,
qui ont pour objet la lecture et l’écriture ; toutefois, elle diffère
sensiblement des recherches concernant l’apprentissage. Il existe
aujourd’hui des groupes de recherches pluridisciplinaires. Des mémoires
de recherches élaborés par des étudiants en orthophonie ont été consacrés
à l’illettrisme.
Lieux d’intervention :
Les orthophonistes exercent dans différents types d’institutions :
établissements hospitaliers publics ou privés, services de puériculture, de
pédiatrie, de psychiatrie, de neurologie, de gériatrie. Il travaille également
dans les centres de rééducation et de réadaptation pour adultes et pour
enfants, hôpitaux de jour, centres d’aide par le travail, centres médico-
psychologiques, centres médico-psychopédagogiques.
En exercice en libéral, l’orthophoniste travaille généralement en
collaboration avec, les médecins généraliste, les pédiatres, les psychiatres,
les orthophonistes, les psychologues et les enseignants de son secteur.
L’orthophoniste peut exercer sa profession :
à titre libéral: il travaille alors en cabinet privé, seul ou en groupe
mono- ou pluridisciplinaire. Ses conditions d’exercice sont définies
par la convention nationale ;
à titre salarié, il peut travailler soit :
o dans le secteur public: services hospitaliers ou dans les équipes de
secteur psychiatrique ;
o dans le secteur privé: centres spécialisés (CMPP, instituts
d’éducation sensorielle, institutions pour enfants sourds ou enfant
handicapés moteur etc…
COURS :2
LES TROUBLES DU LANGAGE ;
Les troubles de l'acquisition du langage oral sont définis par l'apparition
retardée du langage oral ou son développement ralenti ou perturbé. Ces
troubles peuvent être responsables de difficultés d’apprentissage chez
l’enfant.
Ces troubles du langage oral apparaissent chez un enfant doté d’une
intelligence normale, en l’absence de toute atteinte cérébrale,
neurologique, psychologique ou psychiatrique. L’enfant concerné ne
présente pas non plus de déficit moteur, mental ou sensoriel (vision et
audition correctes).
Parfois, les troubles du langage oral coexistent avec une autre affection
(surdité, anomalie des organes phonatoires permettant l'émission des
sons, déficit intellectuel etc.) et leur prise en charge thérapeutique est plus
difficile.
On distingue :
les troubles simples du langage oral qui régressent après une rééducation
précoce et adaptée : troubles de l'articulation, bégaiements, retard de
parole et de langage,
de la dysphasie qui est un trouble du développement cognitif, durable et
de traitement plus difficile.
Les troubles de l'articulation
Les troubles articulatoires une impossibilité à prononcer certains "sons"
(phonèmes).
Ces sons peuvent être :
supprimés (par exemple "apeau" au lieu de "chapeau") ;
déformés ou remplacés par un autre son. L'anomalie concerne surtout
certaines consonnes (f/v, ch/j, s/z...) : "zou" au lieu de "joue" ou "chat"
devient "ta" par exemple. Il en résulte le plus souvent un zozotement ou
un chuintement.
L'erreur sur le "son" concerné est constante et systématique. Ce trouble
est bénin s’il est isolé. Il n’a généralement pas de conséquence sur la suite
du développement de la parole, mais peut persister indéfiniment en
l’absence de réé[Link] retard simple de parole et de langage
Le retard de parole
On retrouve chez l'enfant, après l'âge de 4 à 5 ans, des erreurs de langage
observées normalement vers 3 ans :
confusion de consonnes : (j → ch, z → s) ou occlusives (d → t, g → k),
inversion de consonnes (f → p, z → d) ou de sons (an → a, in → é, oua
→ a),
mots raccourcis (pour → pou),
déformations diverses des mots (lavabo → valabo)...
Contrairement à ce qui est observé dans les troubles de l’articulation, les
erreurs ne sont pas constantes, et chaque phonème peut être correctement
prononcé isolément.
Le retard de parole est souvent associé à des signes d’immaturité
affective : succion du pouce ou de la langue, prédilection pour le biberon
ou l’alimentation mixée. Souvent, l’entourage favorise ces conduites
régressives en encourageant l’enfant à rester bébé. Ce trouble disparaît
généralement sans difficulté.
Le retard de langage
L’élément essentiel est le retard d’apparition de la première phrase (après
3 ans), suivi d’un « parler bébé » prolongé.
Ce retard de langage concerne surtout l’expression :
le vocabulaire est pauvre, des mots sont oubliés et les mots de liaison ne
sont pas utilisés (dans, parce que...),
la syntaxe est rudimentaire,
le style est télégraphique : par exemple "papa voitu" signifie "papa est
parti en voiture",
les verbes ne sont pas conjugués, laissés à l'infinitif,
les pronoms personnels (je, tu, il...) ne sont pas employés.
Ceci aboutit quelquefois à un véritable jargon reconnu uniquement par les
proches. La compréhension est relativement préservée, mais souvent
moins bonne que celle des enfants du même âge. L’évolution est
généralement favorable, mais quelquefois lente.
Le bégaiement
Le bégaiement est un trouble de la fluidité de la parole caractérisé par :
des répétitions (par exemple papapapanier) ou des prolongations
involontaires de syllabes, parties de mots ou plus rarement de mots
entiers (par exemple ppppanier),
accompagnées de blocages de la parole (la bouche reste ouverte sans
émission de son).
Ce trouble se manifeste de façon répétée chez l'enfant bègue.
Le bégaiement touche en majorité les garçons. Il débute le plus souvent
entre 2 et 5 ans. Son évolution est généralement favorable. Une
rééducation peut être nécessaire.
La dysphasie
La dysphasie est la forme la plus sévère des retards de langage qui
représente 1 % de l’ensemble des troubles de l’expression orale. Elle est
définie comme un trouble de la structure du langage, alors qu’il n’y a
aucun déficit auditif ou psychologique.
La dysphasie affecte aussi bien l'expression orale que la compréhension
orale.
Il s’agit d’enfants qui n’ont, à l’âge de 4 ans, qu’un langage très
sommaire.
Le langage oral spontané est réduit, avec un vocabulaire rudimentaire,
parfois difficilement compréhensible ; ce langage n’utilise pas de
grammaire ou comporte d’importantes et nombreuses erreurs de syntaxe.
L'enfant a des difficultés à nommer une image, à décrire une situation et a
construire une phrase, même simple. Il manque de mots.
Il existe habituellement des troubles plus ou moins importants de la
compréhension associés.
La dysphasie est un trouble du langage oral durable et entraîne des
difficultés vis-à-vis des apprentissages scolaires, en particulier de
l'apprentissage du langage écrit.
L’évolution à long terme est très variable, et la rééducation doit être
entreprise le plus tôt possible.
Les troubles du langage oral font partie des "troubles dys" et peuvent être
associés à d’autres troubles d’apprentissage, en rapport avec :
le langage écrit (dyslexie et dysorthoraphie), la dysphasie est associée une
fois sur deux à une dyslexie ;
le calcul (dyscalculie) : mauvaise perception des quantités numériques
(sens du nombre), difficultés de mémorisation et d’apprentissage des
tables d’addition et de multiplication ;
la coordination et l’exécution des gestes. Certains enfants
dysphasiques présentent d’importants troubles moteurs de la bouche et de
la face (dyspraxie), contribuant aux problèmes d’articulation ;
l’attention.
COMMENT SE DÉVELOPPE LE LANGAGE ORAL ?
Le développement du langage ne se fait pas au jour près et varie d’un
enfant à l’autre. Les étapes de cette évolution suivent toutefois une
chronologie relativement constante.
Dès la naissance, le nouveau-né montre un intérêt privilégié pour la voix
humaine et il peut différencier des sons. Dès les premières semaines, il est
capable de varier ses cris en fonction de son état (faim, douleur, appel…)
Ces sons se diversifient progressivement pour aboutir, vers le 6e mois, à
un véritable jeu avec l'environnement : le babillage [ba ba ba].
À partir de 6 mois, des syllabes articulées apparaissent. Elles prennent
progressivement leur place en réponse au langage environnant, aidées par
des éléments de communication non verbale (regard, puis sourire, enfin
pointer du doigt). Le babillage se diversifie [ba da ba] et se rapproche des
premiers mots.
Après l’âge d’1 an environ, on parle de phase linguistique pour désigner
l’apparition des premiers mots. D'abord formés d’une seule syllabe et
associés à certains objets ou situations, ils se multiplient à une vitesse
extrêmement variable d’un enfant à l’autre.
Entre 18 et 24 mois, l’enfant utilise des mots-phrases dont la signification
varie suivant le contexte et l’intonation. [balle] pourra ainsi signifier
"donne la balle" ou "c’est ma balle". C’est en général le stade auquel
l’enfant apprend plusieurs mots chaque jour : on parle de période
d’explosion lexicale.
Vers la deuxième année apparaissent les premières ébauches de phrases.
Comprenant deux mots au début, elles deviennent progressivement plus
complexes. L’enfant utilise "moi" pour parler de lui.
Vers 3 ans arrivent les phrases à trois éléments (sujet, verbe,
complément). C’est également à cet âge qu’apparaît le "je", qui marque
une étape importante dans l’affirmation de l’identité propre de l’enfant.
Après 3 ans, le langage s’étoffe et se complexifie pour ressembler
progressivement au langage adulte. L’enfant articule tous les sons.
Vers 6 ans, il est en général prêt pour apprendre à lire et à écrire.
L’enfant va donc progressivement développer son langage en fonction de
ses capacités, et surtout de son environnement. D'où l’importance de
stimuler son langage dès le plus jeune âge.
COURS :3
LE BILAN orthophonique
Qui peut bénéficier d'un bilan orthophonique ?
Consulter un orthophoniste est de plus en plus fréquent et peut intervenir
à tous les âges :
pour tout enfant dont les parents, le milieu médical ou scolaire
s'inquiète concernant le développement du langage oral/écrit ou la
mise en place des apprentissages ;
pour tout enfant dont le handicap (surdité, Troubles Envahissants
du Développement, syndromes génétiques etc.) perturbe
l'installation du langage et de la communication ;
pour tout adolescent ou adulte dont les capacités de
communications sont altérées (pathologies ORL, pathologies
neurologiques : AVC, traumatismes crâniens.. démences type
Alzheimer ou Parkinson
Les étapes du bilan
La réalisation du bilan est indispensable avant de mettre en place toute
rééducation. Il permet en effet à l'orthophoniste de cibler le plus
précisément possible l'origine des difficultés rencontrées par le patient.
L'anamnèse :Le bilan débute par une anamnèse approfondie où
l'orthophoniste vous posera de nombreuses questions sur :
le motif de la consultation ;
qui est à l'origine de la demande (parents, médecin, école, enfant
lui-même etc.) ;
le développement psycho-moteur de votre enfant : âge d'acquisition
de la marche, de la propreté, premiers mots, mode de garde avant
l'entrée à l'école, éléments médicaux, autonomie etc. ;
les apprentissages s'il s'agit d'un enfant/adolescent ;
votre mode et rythme de vie.
Toutes ces questions sont importantes et permettent à l'orthophoniste de
retracer votre histoire ou celle de votre enfant afin de mieux comprendre
la nature de la demande.
Les tests
A la suite de l'anamnèse, l'orthophoniste vous fera passer une série de
tests standardisés, sélectionnés en fonction de la plainte et/ou de l'âge. Si
vous accompagnez votre enfant et qu'il se sent à l'aise, il se peut que
l'orthophoniste vous demande d'attendre dans la salle d'attente afin que
votre présence ne perturbe pas les réponses de l'enfant.
langage oral et/ou langage écrit chez un enfant
-Langage oral :
Praxies bucco-faciales : gonfler les joues, tirer la langue, lever les
sourcils...Elles permettent de vérifier la bonne coordination
gestuelle et la mise en place de l'articulation.
Articulation : répéter ou imiter des sons isolés afin de vérifier la
réalisation de tous les phonèmes.
Phonologie : répéter des mots simples, des mots complexes,
dénommer des images... afin de vérifier l 'enchainement des sons
dans un mot ou une suite de mots.
Métaphonologie : identifier les syllabes, les rimes, ajouter ou
enlever des sons...pour vérifier la capacité à discriminer, isoler et
manipuler les phonèmes. La métaphonologie fait partie des pré-
requis indispensables à l'entrée dans le langage écrit.
Lexique : fluences
lexicales, dénomination d'images... afin d'analyser la
compréhension et l'utilisation du lexique de l'enfant.
Syntaxe : réalisation de consignes précises, compréhension de récit,
description d'une image...pour évaluer le bon ordre des mots dans
un énoncé et le niveau de compréhension verbale.
2-Langage écrit :
Lecture :
o De syllabes, de mots réguliers, de mots irréguliers, de
logatomes, test de leximétrie (vitesse de lecture)...pour
définir les stratégies de lecture et évaluer la voie
d'assemblage et la voie d'adressage.
o De phrases simples ou avec sens caché, de textes courts ou
longs avec ou sans implicite pour évaluer le niveau de
compréhension de lecture.
Écriture :
o Dictée de logatomes, dictée de syllabes, dictée de mots
réguliers et irréguliers afin de vérifier les capacités de
conversion des phonèmes (sons) en graphèmes (écrit).
o Dictée de phrases ou de texte pour tester les capacités
d'application des règles grammaticales.
3-Habiletés cognitives :
Mémoire : répétition de chiffres à l'endroit/à l'envers, reproduction
de rythmes, reconnaissance d'images apprises, rappel différé...pour
tester la mémoire dans toutes ses modalités, en mémoire de travail
ou en différé.
Traitement visuo-attentionnel : barrage d'une cible, comparaison
sérielle...pour vérifier les capacités de l'enfant à maintenir son
attention pendant une tâche.
Notions temporelles et spati
iales : complétion de formes, déplacements topologiques..pour
vérifier le repérage dans le temps et dans l'espace.
Habiletés pragmatiques : observation de l'enfant pendant qu'il joue,
adaptation de l'enfant dans certaines situations, questions posées
aux parents...pour vérifier si l'enfant peut adapter son
comportement et son langage lorsqu'il communique
Restitution et compte-rendu
A la fin du bilan, l'orthophoniste vous fera une rapide restitution orale de
ce qu'il a pu observer. Il adressera également son compte-rendu écrit au
médecin prescripteur et à vous si vous en faites la demande. Le compte-
rendu de bilan orthophonique a pour but d'analyser les productions de
l'enfant et d'affirmer ou infirmer l'existence d'un trouble du langage et/ou
de la communication. Il permet également d'établir un projet de
rééducation. Lorsque cela est possible
Lorsque cela est possible, et souvent avec l'appui d'autres professionnels
de santé, l'orthophoniste pose un diagnostic orthophonique de retard
d'acquisition (l'enfant présente un retard de langage par rapport à la
norme qui va se combler avec la rééducation) ou de trouble
spécifique (dans ce cas, les acquisitions de certaines compétences
langagières relèvent d'une déviance forte et durable, l'orthophoniste met
en place des moyens de compensation sur le long terme). Le trouble
spécifique se retrouve par exemple dans la dysphasie, la dyslexie, la
dysorthographie, la dyspraxie.
Le bilan de renouvellement
Lorsqu'une rééducation est mise en place suite au bilan initial,
l'orthophoniste réalise un bilan de renouvellement au bout des 50 ou 100
premières séances selon la pathologie afin de faire le point sur les
avancées et de décider de poursuivre ou non la rééducation.
Il vous faudra alors fournir une nouvelle ordonnance mentionnant « bilan
orthophonique de renouvellement ». Le prix bilan de renouvellement est
minoré de 30 % par rapport au bilan initial.
COURS :4
CONNAÎTRE LES THÉRAPIES :
un programme d’intervention basé sur le langage L’intérêt d’une
prise en charge orthophonique
L’orthophonie s’avère souvent nécessaire pour une personne avec
des troubles de la communication, qu’elle soit non verbale, peu
verbale ou trop verbale. En effet, la communication reste un élément
primordial qui influe sur la qualité de vie. Non seulement elle permet
d’établir des relations sociales, mais elle joue aussi un rôle sur
le comportement et les capacités d’apprentissage. Chez les jeunes
enfants bénéficiant d’un diagnostic précoce de TSA, l’orthophonie est
ainsi très souvent recommandée pour faciliter l’intégration sociale et
scolaire.
Des interventions orthophoniques en fonction des profils
d’autisme
La prise en charge orthophonique s’étend sur un champ
d’intervention très large. Elle doit en effet prendre en compte les
particularités de chaque personne autiste, enfant ou adulte, en
fonction de ses troubles. La rééducation orthophonique prévoit ainsi
des interventions adaptées aux besoins individuels. Les
orthophonistes peuvent envisager des séances autour de :
l’articulation pour apprendre à prononcer les mots pour se faire
comprendre ;
le langage avec l’apprentissage de vocabulaire et la formulation de
phrases ;
la communication fonctionnelle qui permet d’acquérir un langage
simple utile dans la vie quotidienne ;
le pragmatisme. Ce genre d’apprentissage correspond plus
particulièrement aux personnes avec un syndrome d’Asperger. Elles
ne présentent généralement pas de retard de langage, mais ont besoin
d’apprendre à utiliser un langage adapté à un cadre social défini.
Les méthodes de développement de la
communicationla communication améliorée qui utilise des outils
pour renforcer le langage oral ;
la communication alternative qui propose de remplacer le langage
oral par une autre forme de langage.
Les CAA associent donc de nombreux moyens de communication :
parole, symbole, geste, écrit, langue des signes…
Les principales méthodes utilisées dans le cadre de la communication
améliorée et alternative sont le PECS et le Makaton.
Le PECS (Picture Exchange Communication System)
Le PECS (ou communication par échange d’images) vise
principalement le développement des habiletés de
communication des enfants autistes sujets à des troubles du langage
verbal. Ce programme s’appuie sur les principes de l’analyse
appliquée du comportement (méthode ABA ). L’objectif est d’aider
l’enfant à s’exprimer et à interagir de manière spontanée. Le PECS
utilise des images pour faciliter la compréhension et la
communication. L’enfant va commencer par choisir une image qui
correspond à son besoin et la donner à la personne avec qui il souhaite
communiquer. La méthode PECS se déroule ainsi de manière
structurée et progressive sur 6 phases :
échange d’une image contre un objet ;
interpellation et spontanéité de l’échange ;
discrimination d’images ;
élaboration de phrases simples pour exprimer un besoin ;
réponse à une question posée ;
construction de commentaires.
Cette méthode ne doit pas être mise en œuvre par un seul intervenant.
Professionnels, parents, enseignants peuvent suivre une formation
PECS pour accompagner l’enfant aux différents moments de sa vie
quotidienne.
Le Makaton
Le programme Makaton se conforme aux besoins d’enfants et
d’adultes avec un trouble du langage et de la communication. C’est en
l’occurrence le cas pour les personnes avec TSA. Il met en place
un vocabulaire fonctionnel combinant parole et visuels. Plus de 400
concepts sont ainsi représentés par des signes (communication par
gestes) et des pictogrammes. L’apprentissage de ce langage
visuel facilite la compréhension et l’expression orale de l’enfant ou de
l’adulte autiste. Le programme Makaton nécessite l’intervention
de professionnels formés et une forte implication des parents. Ils
seront en effet le relais privilégié pour assurer le suivi Makaton au
quotidien et permettre à l’enfant de pouvoir s’exprimer et être
compris dans tous ses lieux de vie. Ce type d’intervention permettra
d’améliorer les échanges et l’intégration sociale des personnes
autistes.
La langue des signes
Comme toutes les méthodes préalablement présentées, la langue des
signes s’appuie elle aussi sur les performances visuelles des
personnes autistes. Encore très peu utilisée dans l’accompagnement
des personnes TSA, il ne faut cependant pas l’écarter.
L’enseignement simultané de la langue des signes et de l’expression
orale accélérerait la communication verbale.
Exercices d'orthophonie :
Globalement on trouve des exercices d'orthophonie pour travailler
différents aspects :
la motricité de la bouche et des mâchoires ;
le souffle et la respiration ;
la voix ;
l'articulation :
la phonologie en général ;
la lecture et le langage écrit ;
le langage
oral ;
le vocabulaire ;
la communication :
les mathématiques ;
la logique ;
la mémoire et l'attention ;
le repérage spatio-temporel.
Exercices de motricité de la bouche et des mâchoires
L'orthophoniste peut proposer des exercices consistant à faire
des grimaces pour travailler les muscles du visage, qui, tout en restant
ludiques,améliorent l'attention et l'observation.
Le thérapeute peut aussi demander au patient de mimer des
expressions telles que la peur, la surprise, la colère la bouderie, etc. Ces
jeux permettent de varier les expressions à reproduire.
Ils se révèlent intéressants pour aider les patients qui souffrent
de Dysphagie, entre autres.
Exercices d'orthophonie portant sur le souffle et la respiration
Les jeux pour faire travailler le souffle des patients sont nombreux. Il
existe notamment :
un jeu dans lequel il faut faire progresser une bille en soufflant
dessus pour obtenir un score de jeté de dé ou une forme, une
couleur, etc. ;
un jeu en bois dans
lequel il faut déplacer une bille en soufflant dessus à l'aide d'une
paille ;
un jeu dans lequel il faut moduler son souffle pour déplacer une
balle ;
un jeu consistant à souffler pour faire tourner une hélice, mais aussi
pour la faire s'arrêter sur la bonne case ;
toutes sortes de sifflets, pailles et autres jeux consistant à faire des
bulles de savon.
Exercice orthophonique de la voix
Là encore, les jouets permettant de faire travailler la voix ne manquent
pas. Du simple petit microphone qui fait écho
au mégaphone déformateur de voix, toutes sortes d'outils se prêtent au
travail avec un aspect ludique.
L'orthophoniste peut également amener son patient à chanter : de
nombreux livres existent pour faire travailler les phonèmes et apprendre à
prononcer correctement les sons en correspondance avec les mots.
Cela permet donc de corriger des troubles
Exercice d'orthophonie articulatoire
L'orthophoniste peut faire réaliser des exercices d'articulation avec un
matériel tel que le , afin que le patient entende sa propre voix et prenne
conscience de sa prononciation.
Il existe aussi de nombreuses comptines avec des phrases amusantes à
répéter permettant d'apprendre à ne pas zozoter ou chuinter.
Ces exercices viennent en complément des méthodes spécifiques
évoquées dans ce dossier.
Matériel de base de l'orthophoniste :
Les orthophonistes ont besoin d'un matériel de base, indispensable à la
pratique de leur exercice :
des stylos et crayons de diverses tailles et couleurs ;
des feutres et crayons de couleur (mines de différentes épaisseurs) ;
des feuilles de papier de différents formats (principalement A4), du
papier épais et du papier Bristol ;
de la colle, du s
cotch et une agrafeuse ;
des pochettes en plastique.
À ces fournitures de base s'ajoutent certains jeux indémodables qui
pourront servir à toutes sortes d'exercices d'orthophonie :
des dominos ;
le jeu de l'oie ;
le jeu des 7 familles ;
le jeu de Memory ;
les puzzles (allant d'une douzaine à une centaine de pièces)
les formes en bois (cubes, cylindres, ponts...) ;
le jeu Puissance 4 ;
le jeu Mastermind ;
les Legos® et autres Playmobils® ;
les petites voitures ;
les poupons ;
ladînette ;
la pâte à modeler ;
a gouache et de la peinture à doigts ;
les lettres magnétiques ;
quelques instruments de musique (maracasses, tambourin, flûte,
triangle, castagnettes...) ;
les livres de jeunesse tels que « Petit ours brun » ou les « Monsieur
et Madame » et des bandes dessinées ;
les cartes illustrées pour permettre de faire la distinction entre des
sons proches : D-T, B-P, B-V ou K-G par exemple.
Matériel de test en orthophonie
Le praticien dispose également d'un matériel d'orthophonieplus
spécifique, qui lui permet d'établir un bilan orthophonique :
des grilles ;
des questionnaires ;
des tests standardisés, comm
e par exemple, pour l'illettrisme : le D.M.I. ;
des vidéos et des enregistrements audio...
Matériel dédié à la motricité faciale
Les orthophonistes disposent d'outils spécifiques pour procéder à la
rééducation oro-faciale. Ils utilisent notamment un instrument vibrant sur
lequel il est possible de fixer divers embouts en fonction des objectifs
visés. Cet outil de stimulation et de rééducation oro-faciale s'emploie
dans la bouche et sur le visage du patient de façon à encourager la
mobilisation des muscles des lèvres et des maxillaires.
Pour faire travailler la mastication, il existe divers outils à mâcher : des
tubes, des lettres (P et Q), etc. De plus, ces outils stimulent les dents, les
joues et les gencives.
Certains orthophonistes possèdent également un audiophone destiné à la
rééducation auditive.
Intérêts des logiciels d'orthophonie
Les orthophonistes peuvent tout à fait bénéficier des avancées
technologiques qu'offrent les ordinateurs et autres tablettes numériques
qui seront équipés de logiciels d'orthophonie adaptés.
Ces logiciels peuvent être utilisés pour la rééducation de troubles
couramment rencontrées en cabinet l
libéral (dyslexie, dysorthographie, etc.), mais ils peuvent aussi être
spécialisés dans la rééducation orthophonique de pathologies
graves, telles que les maladies dégénératives, une IMC ou de lourds
handicaps moteurs et mentaux.
Par ailleurs, certains logiciels sont conçus pour assister les
orthophonistes dans la création de matériel orthophonique et
d'exercices de rééducation orthophonique. Ils permettent
notamment de fournir des images, des sons, des photos et des
vidéos qui peuvent être directement exploites
Exemples de logiciels d'orthophonie libres
De nombreux logiciels en accès libre, spécialement conçus pour
l'orthophonie ou non, peuvent être utilisés, à l'image de :
Anki, qui permet de créer des programmes destinés à faire
travailler la mémoire et à l'auto-apprentissag.
Chewing Word, qui facilite l'écrWord, qui facilite l'écriture
(clavier virtuel et saisie prédictive).
Freemind, pour organiser ses idées et créer des cartes mentales
(représentation visuelle schématique de l'organisation des idées).
FriLogos, qui est un assistant à la rééducation orthophonique.
Gimp, le fameux logiciel de retouche d'images.
Inkscape, un logiciel de création graphique qui permet de créer ses
propres images.
Open Office Vox, qui est unun traitement de texte avec une
synthèse vocale multilingue.
Bilan orthophonique de l’autisme
Le diagnostic de trouble du spectre de l’autisme (TSA) s’appuie sur
une série de tests pour évaluer le degré d’affection du patient. Au cours
de ces examens, la personne atteinte du handicap rencontre divers
professionnels de santé :
Psychiatre ou pédopsychiatre ;
Pédiatre ;
Neurologue ;
Etc.
L’orthophoniste qui soigne les compétences de communication et de
langage a une place de choix dans la rééducation de ces patients. Le
traitement orthophonique repose également sur une série de tests qui
mesure :
Les compétences intellectuelles ;
La relation entre le comportement et le fonctionnement de l’individu ;
Le développement social et la capacité à interagir avec les autres ;
L’intérêt pour son environnement ;
L’aptitude à jouer ;
À noter :
L’orthophoniste s’occupe aussi de patients ayant le syndrome d’Asperger.
Autisme et orthophonie : le traitement
Si l’orthophoniste est spécialisé dans les problèmes d’élocution et de
prononciation, son champ d’action est beaucoup plus global avec un
autiste. Bien évidemment, le professionnel de santé utilise ses techniques
habituelles pour venir à bout des difficultés d’élocution.
Néanmoins, concernant l’autisme, l’orthophoniste s’intéresse tout autant
à l’expression orale qu’au langage écrit et corporel.
Il travaille sur la capacité à comprendre, mais aussi à se faire comprendre.
La production de sons, la grammaire ou encore la syntaxe sont ainsi
abordées en consultation d’orthophonie avec un autiste.
En parallèle, il incite la personne à avoir plus de répartie. Il lui montre
comment répondre à toute sollicitation, en fonction du contexte.
Enfin, l’orthophoniste complète ses séances par des sessions de lecture et
d’écriture.
Les séances d’orthophonie pour l’autisme
Pour l’autisme, les séances s’étalent de l’enfance à l’âge adulte. Des
points sont faits régulièrement. Les objectifs, quant à eux, fluctuent en
fonction des progrès réalisés.
Des consultations axées sur le langage
Lors des premières séances d’autisme en orthophonie, le soignant
incite son patient à communiquer.
Stimulations et compréhension
Son désir est capital. Tant que le malade ne comprend pas l’intérêt, il sera
difficile, voire impossible, de le faire progresser. Tout le temps que passe
l’orthophoniste avec la personne atteinte de troubles autistiques est aussi
consacré à stimuler sa capacité d’attention et de concentration.
Une fois ce blocage levé, le praticien met à la disposition de son patient
un matériel d’orthophonie spécifique à l’autisme.
La communication
Il essaie de développer la communication par tous les moyens. Il ne
s’arrête pas à l’expression orale, mais encourage aussi les gestes et
l’expression corporelle. Qu’il s’agisse d’un enfant ou d’un adulte, le
patient peut s’exprimer au travers de signes plus subtils, comme un objet,
par exemple, ou tout autre médium.
Au fil des séances, la communication gagne en fluidité. Le malade
acquiert des réflexes et enrichit son vocabulaire. Ainsi, un enfant atteint
d’autisme devient capable de répondre à des demandes plus complexes,
avec une attention de plus en plus soutenue dans la durée.
Apprentissage des conventions sociales
Le travail de l’orthophoniste qui est spécialisé dans l’autisme inclut
l’enseignement des codes de société. Une personne autiste n’acquiert pas
naturellement les réflexes qui peuvent paraître les plus évidents, comme
les formules de politesse. Elle doit apprendre à dire bonjour ou merci, à
demander à son interlocuteur s’il va bien, etc.
Les résultats des exercices en orthophonie dépendent du degré d’autisme.
Un malade souffrant de troubles autistiques peut développer
suffisamment sa communication et être intégré au sein de groupes
scolaires, artistiques, sportifs, etc.
Le rôle de l’orthophoniste dans la famille
Il est essentiel que l’entourage d’une personne atteinte de TSA s’implique
dans le parcours d’orthophonie. Le soignant recommande, en effet,
souvent différents tests à réaliser à la maison pour entretenir les bienfaits
de sa séance.
Le professionnel soutient également la famille. Il fait parfois office de
traducteur lorsque l’entourage ne saisit pas les signaux envoyés par le
patient. Ces derniers peuvent être ignorés ou mal interprétés.
L’orthophoniste aide les proches à en saisir la signification.
Durée de la prise en charge
Vous l’aurez compris, le traitement orthophonique de l’autisme est long.
Les personnes atteintes de TSA sont des patients que vous risquez de
suivre pendant de nombreuses années. Il convient donc de relever
soigneusement les moindres progrès de chaque consultation.
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la tâche. Ce dernier contient notamment un agenda en ligne qui vous
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