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Olympiades nationales de mathématiques 2023
Métropole – La Réunion – Mayotte
Europe – Afrique –Orient – Inde
L’épreuve se déroule en deux parties indépendantes de deux heures chacune. Les énoncés des deux parties
sont donc séparés, distribués puis ramassés à des moments différents.
Une des deux parties de l’épreuve est constituée des exercices nationaux, l’autre des exercices académiques.
À l’issue de la première partie, les copies et les énoncés sont ramassés et une pause de cinq à quinze minutes
est prévue, avant la seconde partie à l’issue de laquelle les copies et les énoncés sont également ramassés.
Déroulement de l’épreuve constituée des exercices nationaux (2h)
• Les candidats de la voie générale ayant suivi l’enseignement de spécialité de mathématiques doivent
traiter les exercices nationaux 1 et 2.
• Tous les autres candidats (ceux de la voie générale n’ayant pas choisi l’enseignement de spécialité
mathématiques, et ceux de la voie technologique) doivent traiter les exercices nationaux 1 et 3.
Les énoncés doivent être rendus au moment de quitter définitivement la salle de composition. Des consignes
de confinement peuvent être données selon la zone géographique de passation de l’épreuve.
Il est conseillé aux candidats qui ne pourraient formuler une réponse complète à une question d’exposer le
bilan des recherches qu’ils ont pu entreprendre.
Lorsque le candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il l’indique sur sa copie en expliquant
les initiatives qu’il a été amené à prendre et poursuit sa composition.
Les calculatrices sont autorisées selon la réglementation en vigueur.
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Exercice 1 (tous les candidats)
PLUS FORT !
Dans tout ce problème, 𝑛 désigne un entier naturel supérieur ou égal à 3.
Un joueur dispose de 𝑛 cartes numérotées de 1 à 𝑛. Il les mélange puis note dans l’ordre la suite des numéros
des cartes obtenue. On appelle liste la suite des numéros ainsi observés.
Le nombre 𝑛 sera appelé longueur de la liste.
Par exemple, avec 𝑛 = 8, une liste possible est 𝐿 = [2,5,7,6,1,8,4,3].
Avec une liste donnée, le joueur marque un point chaque fois que le numéro d’une carte est supérieur à celui
de la carte précédente.
Par exemple avec la liste 𝐿 = [2, 𝟓, 𝟕, 6,1, 𝟖, 4,3], le joueur marque 3 points.
On appelle score le nombre de points marqués par le joueur. Le score précédent est donc 3.
1. Quelques exemples
a. Donner un autre exemple de liste de longueur 8 et de score 3.
b. Donner toutes les listes de longueur 3 possibles ainsi que les scores correspondants.
2. Écrire sur votre copie la syntaxe d’une fonction Python qui, prenant en argument une liste 𝐿 et sa longueur
𝑛, renvoie le score de la liste 𝐿.
On revient au cas général ainsi qu’à des considérations théoriques.
3. Démontrer que tout score est compris entre 0 et 𝑛 − 1. Donner une liste dont le score vaut 0 et une liste
dont le score vaut 𝑛 − 1.
4. Soit 𝑘 un entier compris entre 1 et 𝑛 − 2.
a. Démontrer qu’il existe une liste de longueur 𝑛 et de score 𝑘.
b. Peut-on trouver deux listes de longueur 𝑛 et de score 𝑘 ?
On note désormais 𝐿𝑛 (𝑠) le nombre de listes de longueur 𝑛 et de score 𝑠.
5. Déterminer 𝐿𝑛 (0) et 𝐿𝑛 (𝑛 − 1).
6. Une relation de récurrence
a. Déterminer 𝐿3 (0), 𝐿3 (1) et 𝐿3 (2). Comment insérer dans la liste [3,1,2] la carte portant le numéro 4 pour
obtenir une liste dont le score vaut encore 1 ?
b. Comment insérer dans la liste [3,2,1] la carte portant le numéro 4 pour obtenir une liste dont le score reste
nul ?
c. Vérifier que 𝐿4 (1) = 2𝐿3 (1) + 3𝐿3 (0).
d. Montrer que pour tout entier naturel 𝑛 ≥ 3,
𝐿𝑛+1 (1) = 2𝐿𝑛 (1) + 𝑛𝐿𝑛 (0).
e. Pour tout 𝑛 et pour tout entier naturel 𝑘 non nul, exprimer 𝐿𝑛+1 (𝑘) à l’aide de 𝐿𝑛 (𝑘) et 𝐿𝑛 (𝑘 − 1).
f. Dresser un tableau des valeurs de 𝐿𝑛 (𝑘) pour 𝑛 ∈ ሼ3, 4, 5ሽ et 𝑘 ∈ ሼ0, 1, 2, 3, 4ሽ.
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Exercice 2 (candidats suivant l’enseignement de spécialité de la voie générale)
UNE DESCENTE INFINIE
Dans tout l’exercice, α désigne un entier naturel supérieur ou égal à 4.
On considère l’équation (E) ci-dessous dont l’inconnue est le triplet d’entiers relatifs (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ 𝐙3 .
(E) : 𝑥12 + 𝑥22 + 𝑥32 = α𝑥1 𝑥2 𝑥3
Le but de l’exercice est de démontrer que le seul triplet dans 𝐙3 solution de (E) est (0,0,0).
Partie 1
Soient 𝑏 et 𝑐 deux réels. On considère la fonction polynôme 𝑃 de R dans R définie par 𝑃(𝑥) = 𝑥 2 + 𝑏𝑥 + 𝑐.
Un réel 𝑟 tel que 𝑃(𝑟) = 0 est appelé racine de 𝑃. On suppose dans cette partie que 𝑃 admet deux racines
distinctes, 𝑟1 et 𝑟2 . Ainsi, 𝑃(𝑥) = (𝑥 − 𝑟1 )(𝑥 − 𝑟2 ) pour tout réel 𝑥.
1. Exprimer 𝑏 et 𝑐 en fonction de 𝑟1 et 𝑟2 .
2. On suppose ici 𝑏 ≤ 0 et 𝑐 ≥ 0
Que peut-on dire du signe de 𝑟1 et 𝑟2 ?
Partie 2
1. a. On suppose que le triplet (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ 𝐙3 est solution de l’équation (E). Montrer que (|𝑥1 |, |𝑥2 |, |𝑥3 |)
est aussi solution de l’équation (E).
b. En déduire que, s’il existe un triplet d’entiers relatifs différent de (0,0,0) solution de l’équation (E), alors
il existe un triplet d’entiers naturels différent de (0,0,0) solution de l’équation (E).
2. Si le triplet (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ 𝐙 3 est solution de l’équation (E), que dire du triplet (𝑥2 , 𝑥1 , 𝑥3 ) ?
3. En déduire que, si l’équation (E) admet une solution dans 𝐙3 différente du triplet (0,0,0), alors elle admet
une solution (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) dans 𝐍 3 différente du triplet (0,0,0) et telle que 𝑥1 ≤ 𝑥2 ≤ 𝑥3 .
Partie 3
On suppose donc dans cette partie qu’il existe un triplet d’entiers naturels (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) différent de (0,0,0)
solution de (E) et tel que 𝑥1 ≤ 𝑥2 ≤ 𝑥3 . On fixe un tel triplet.
1. Démontrer que 𝑥1 > 0.
2. On définit la fonction 𝑄 de R dans R par 𝑄(𝑥) = 𝑥 2 − α𝑥1 𝑥2 𝑥 + 𝑥12 + 𝑥22 .
Un réel 𝑟 tel que 𝑄(𝑟) = 0 est appelé racine de 𝑄.
a. Soit 𝑦 un réel. Montrer que (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑦) est solution de (E) si, et seulement si, 𝑦 est une racine de 𝑄.
b. Indiquer une première racine de 𝑄 à partir des données de l’énoncé.
c. Vérifier que 𝑄(𝑥2 ) = (3 − α𝑥1 )𝑥22 + (𝑥12 − 𝑥22 ) et en déduire que 𝑄(𝑥2 ) < 0.
d. Quel est le signe de 𝑄(0) ?
e. Démontrer que 𝑄 a deux racines distinctes : celle donnée précédemment et une autre notée 𝑦 ; ranger
dans l’ordre croissant les nombres 0, 𝑥2 et 𝑥3 et 𝑦 et justifier qu’ils sont tous distincts.
f. Montrer que (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑦) est un triplet d’entiers naturels solution de l’équation (E).
3. Que donne le raisonnement de la question 2 en remplaçant le triplet solution (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) par le triplet
constitué de 𝑥1 , 𝑥2 , 𝑦 rangés dans l’ordre croissant ?
4. Expliquer comment aboutir à une absurdité et conclure quant aux triplets d’entiers relatifs solutions de
l’équation (E).
5. Démontrer le résultat suivant :
« Soit 𝑛 ∈ ℕ et α ∈ ℕ avec α > 𝑛 ≥ 2.
L’équation 𝑥12 + ⋯ + 𝑥𝑛2 = α𝑥1 … 𝑥𝑛 d’inconnue (𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 ) n’admet pas de 𝑛-uplet d’entiers relatifs
solution autre que (0,0, … ,0). »