342 P OLARISATION DES ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES
P 18
Polarisation des ondes
ellaSaL - hpesoJ tniaS tnemessilbatÉ - - IST EGPC - eimihC - euqisyhP
électromagnétiques
18.1 Compétences du chapitre
Notions et contenus Capacités exigibles
Onde plane progressive monochro-
matique polarisée rectilignement. • Expliquer le caractère idéal du modèle de l’onde plane
monochromatique.
• Citer les domaines du spectre des ondes électromagné-
tiques et leur associer des applications.
Exemples d’états de polarisation
d’une onde plane progressive et • Reconnaître l’expression d’une onde plane polarisée rec-
monochromatique : polarisation tilignement.
rectiligne. Polariseurs.
• Mettre en évidence une polarisation rectiligne.
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18.2 Onde plane progressive monochromatique : rappels 343
18.2 Onde plane progressive monochromatique : rap-
pels
Les champs électrique et magnétique sont transversaux : ils sont tous les deux perpendiculaires à la direction
de propagation.
Soit −
→
n vecteur unitaire dirigé dans la direction de propagation suivant le sens de cette propagation.
→
−
Le vecteur d’onde est défini par k = k − →
n . On a :
Physique - Chimie - CPGE TSI - Établissement Saint Joseph - LaSalle
−
→ →
−
−
→ n ∧ E
B =
c
− −
→ →
Les champs électrique et magnétique sont également orthogonaux entre eux et le trièdre formé par (−
→
n , E, B)
est direct.
Considérons par exemple une onde électromagnétique plane progressive monochromatique se propageant
suivant l’axe Oz croissant.
Le champ électrique s’écrit alors dans le cas le plus général :
Ex = E0x cos (ω t − k z + ϕx )
Ey = E0y cos (ω t − k z + ϕy )
Ez =0
→
−
où ϕx et ϕy représentent respectivement les fonctions de phase des composantes de E suivant x et y.
−
→ x
−
→
B E
−
→ −
→
n k z
18.3 Les différents états de polarisation
18.3.1 Polarisation elliptique
→
−
Pour décrire le champ électrique E , il est commode de se placer dans un plan à z fixé. Nous prendrons par
→
−
exemple z = 0 pour la suite. On décrit alors l’évolution du vecteur E dans ce plan : cela correspond à une
→
−
projection du champ E sur le plan z = 0.
Ainsi, pour z = 0 :
Ex = E0x cos (ω t + ϕx )
Ey = E0y cos (ω t + ϕy )
Ez =0
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344 P OLARISATION DES ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES
E0x
On s’aperçoit que Ex est compris entre −E0x et
+E0x .
De même, Ey est compris entre −E0y et +E0y . y E0y
→
−
L’extrémité du vecteur E décrit ainsi une courbe 0
comprise dans un rectangle de côtés 2 E0x et 2 E0y .
Dans le cas général, cette courbe est une ellipse (cf.
ellaSaL - hpesoJ tniaS tnemessilbatÉ - - IST EGPC - eimihC - euqisyhP
ci-contre).
F IGURE 18.1 – Polarisation elliptique
18.3.2 Polarisation circulaire
E0x
Dans le cas très particulier où E0x = E0y = E0 , le
champ est compris dans un carré de côté 2 E0 et si de y E0y
π 0
plus, ϕx = ϕy ± , les maxima de E sont sur les axes
2
x et y.
On parle alors de polarisation circulaire :
F IGURE 18.2 – Polarisation circulaire
18.3.3 Polarisation rectiligne
18.3.3.1 Description à z fixé
Fixons toujours z = 0.
• Dans le cas où les deux fonctions de phase ϕx et ϕy sont égales (prises par exemple à ϕ), on a :
Ex = E0x cos (ω t + ϕ)
Ey = E0y cos (ω t + ϕ)
Ez =0
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18.3 Les différents états de polarisation 345
x
Ainsi, quelque soit l’instant t, on a :
E0x
Ex E0x
= = C te = a
Ey E0y
ou encore : y E0y
0
Ex = a Ey
Physique - Chimie - CPGE TSI - Établissement Saint Joseph - LaSalle
En projection sur le plan z = 0, la courbe décrite
→
−
par l’extrémité du vecteur E est un segment, de
pente positive compris toujours dans le rectangle
de côtés 2 E0x et 2 E0y .
F IGURE 18.3 – Polarisation rectiligne avec ϕ = 0
• Dans le cas où les deux fonctions de phase ϕx et ϕy sont déphasées de ±π, on a par exemple :
Ex = E0x cos (ω t + ϕ)
Ey = E0y cos (ω t + ϕ + π) = −E0y cos (ω t + ϕ)
Ez =0
x
Ainsi, quelque soit l’instant t, on a :
E0x
Ex E0x
=− = C te = −a
Ey E0y
ou encore : y E0y
0
Ex = −a Ey
En projection sur le plan z = 0, la courbe décrite
→
−
par l’extrémité du vecteur E est un segment, de
pente négative cette fois, compris toujours dans le
rectangle de côtés 2 E0x et 2 E0y .
F IGURE 18.4 – Polarisation rectiligne avec ϕ = 0
18.3.3.2 Description à un instant t fixé
On peut également étudier le champ électromagnétique à un instant t fixé.
Ainsi, pour une polarisation rectiligne, le champ électromagnétique peut être visualisé de la façon suivante :
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346 P OLARISATION DES ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES
−
→
E
y
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−
→
B
−
→
k
F IGURE 18.5 – Polarisation rectiligne
18.4 Aspect énergétique
Pour une onde plane progressive, la densité volumique d’énergie électromagnétique uem (ou wem ) vaut :
ε0 E 2 B2
wem = we + wm = +
2 2 µ0
−
→
→ →
− −
n ∧ E
Comme B = , cela implique :
c
E √
B= = ε 0 µ0 E
c
Ainsi, on obtient :
ε0 E 2 ε0 E 2
wem = + = ε0 E 2
2 2
Les deux termes (densités d’énergies électrique et magnétique) sont égaux.
Le vecteur de Poynting est défini par :
→ −
− →
−
→ E∧ B
Π=
µ0
Avec le double produit vectoriel :
Ä−
→ →ä → Ä→ −
− →ä →
→
−
a ∧ b ∧− c = (− →a ·−→c) b − −
a· b −
c
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18.5 Polarisation de la lumière 347
On obtient :
→
− 1 î− → Ä− →äó
−
Π= E∧ → n ∧ E
µ0 c
1 î 2− Ä−
→ →ä →−ó
= E →n − E ·− n E
µ0 c
E2 − →
= n
µ0 c
= ε0 c E 2 −
→
n
Physique - Chimie - CPGE TSI - Établissement Saint Joseph - LaSalle
c B2 −
→
= n
µ0
Le vecteur de Poynting est dirigé dans la direction et suivant le sens de la propagation de l’onde plane.
— Rappel —
→ →
− −
Pour déterminer l’expression du vecteur de Poynting, il faut que les vecteurs E et B soient en notation
réelle.
Calculons le flux du vecteur de Poynting à travers une surface d’aire S perpendiculaire à −
→
n :
ZZ
− −
→ →
− E2
P= Π ·→
n d2 S = k Π k S = S = ε0 c E 2 S S
−
→
(S) µ0 c n
Ce flux étant égal à l’énergie δWem traversant S pendant la durée
dt, on peut écrire : dh = c dt
δWem = P dt = ε0 c E 2 S dt = wem S c dt
Le terme S c dt correspond au volume élémentaire constitué par un cylindre de base S et de hauteur
dh = c dt.
δWem représente donc l’énergie contenue dans ce cylindre.
Ceci montre que l’énergie s’est propagée à la vitesse :
dh
vE = =c
dt
— Remarque —
Dans la pratique, étant données les fréquences des ondes électromagnétiques, on ne peut que mesurer des
puissances moyennes dans le temps.
Quelques valeurs moyennes :
• la valeur moyenne d’un terme en sin ou en cos est nulle,
1
• la valeur moyenne d’un terme en sin2 ou en cos2 est égale à (facilement démontrable par linéari-
2
sation)
• la valeur moyenne du produit sin · cos est nulle.
• la valeur moyenne d’une somme est égale à la somme des valeurs moyennes mais la valeur
moyenne d’un produit n’est pas égale au produit des valeurs moyennes !
18.5 Polarisation de la lumière
18.5.1 La lumière naturelle
En règle générale, la lumière naturelle, par exemple celle émise par notre chère étoile nommée "Soleil",
n’est pas polarisée.
Même à la sortie d’un filtre coloré permettant d’isoler une certaine gamme de fréquences (ou de longueurs
d’onde), cette lumière n’a aucune raison d’être polarisée.
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348 P OLARISATION DES ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES
18.5.2 Polariseur
— Polariseur —
Un polariseur est un système optique (considéré comme plan) qui possède une direction privilégiée :
celle-ci s’appelle l’axe de transmission ou de polarisation.
Un tel polariseur laisse passer la lumière polarisée parallèlement à cet axe et arrête la lumière polarisée
perpendiculairement.
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Ainsi, la lumière qui sort d’un polariseur est polarisée rectilignement, parallèlement à la direction de l’axe
de transmission du polariseur, ceci quelle que soit la nature de la lumière incidente :
F IGURE 18.6 – Polarisation de la lumière naturelle
On peut effectuer une analogie avec les cordes vibrantes :
Imaginons une corde tendue horizontalement. Si on en agite une extrémité de haut en bas dans un plan
vertical, la corde se déforme et l’ébranlement se propage tout en restant dans le plan vertical. On fabrique
ainsi une onde polarisée rectilignement (ou linéairement). Ce plan vertical s’appelle le plan de vibration.
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18.5 Polarisation de la lumière 349
Les polariseurs les plus courants sont formés de lames dites "Polaroïd", (inventés par Land en 1938) ne
laissant passer, de la vibration lumineuse que la composante parallèle à une certaine direction privilégiée
de la lame, dite direction de polarisation (perpendiculaire à l’aiguille indicatrice). Cette polarisation recti-
ligne est produite par dichroïsme : une substance dichroïque absorbe de manière très inégale les vibrations
lumineuses selon leur direction.
— Remarque —
Le phénomène de dichroïsme dépend un peu de la longueur d’onde.
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— Proprié té —
Si la lumière est polarisée rectilignement selon la direction perpendiculaire à l’axe de transmission, au-
cune lumière ne sort du polariseur : on parle d’extinction.
Cette propriété sert lorsqu’on souhaite mettre en évidence la polarisation rectiligne d’un signal lumineux.
18.5.3 Effet d’un polariseur
Le polariseur projette le champ électrique suivant son axe → −
ex ′ , et éteint la composante perpendiculaire
→
− ′
(suivant ey ).
Si le champ électrique précédent le polariseur a pour composantes suivant − →e et −
x
→
e :y
®
Ex (t)
Ey (t)
Si l’axe −→
ex ′ du polariseur fait un angle θ avec le vecteur −
→
ex , le champ électrique de l’onde après passage à
→
− →
−
travers le polariseur a pour composantes suivant ex et ey ′ :
′
®
Ex′ (t) = Ex (t) cos θ + Ey (t) sin θ
Ey′ (t) = 0
— Loi de Malus —
Après un analyseur qui fait un angle θ avec une polarisation rectiligne, l’intensité est multipliée par
cos2 θ :
IP = I0 cos2 θ
⇒ Activité 18. 1
Déterminer l’orientation relative de deux polariseurs pour qu’une lumière naturelle soit transmise avec une
intensité réduite de moitié entre l’entrée du deuxième polariseur et sa sortie.
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