Le Rimbaud des Cahiers de Douai se situe au carrefour de trois influences.
1 – Hugo, l’influence du romantisme : Rimbaud admire le souffle épique et
lyrique du romantisme politique.
Romantisme : quelles dates et quelles caractéristiques ? (le romanstisme, ce n’est pas ce que vous
croyez !!)
Le romantisme est un mouvement littéraire et culturel qui se développe en France dans la
première moitié du XIXème siècle, environ de 1820 à 1840-1850 (Il a émergé plus tôt en
Angleterre et en Allemagne).
Quelques auteurs : François René de Châteaubriand ; Alphonse de Lamartine ; Alfred de Musset ;
Alfred de Vigny…Victor Hugo. Ne pas oublier que ce sont souvent de jeunes gens !
Musset explique1 que sa génération arrive après la Révolution Française, après les conquêtes
napoléonniennes, après que les grandes aventures enthousiasmantes -en quelque sorte- sont
finies. Il dit donc que sa génération ressent un profond ennui dans la société telle qu’elle a été
forgée par une bourgeoisie montante où l’argent devient la valeur prépondérante : plus de place
pour les grands idéaux !
A partir de ce constat, on peut comprendre les grandes thématiques : une fascination pour des
pays lointains et notamment l’Orient ; une fascination également pour des époques lointaines, le
Moyen Âge notamment ; une sensiblité, un lyrisme, une attention aux mouvements de l’âme ; la
nature -et implicitement un éloignement de la civilisation- ; le folklore des peuples européens -
loin de tout académisme sclérosé- … et quelques combats politiques quand même !
Comment Hugo a-t-il parlé de politique dans sa poésie (faire référence à 3 sujets différents qu’il évoque
dans ses poèmes ; 2 citations)?
Hugo veut éradiquer la pauvreté, la misère : Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu’on
peut supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais je suis de ceux
qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère. » Discours à L’Assemblée nationale,
1849
Dans vos fêtes d'hiver, riches, heureux du monde,
Quand le bal tournoyant de ses feux vous inonde,
Quand partout à l'entour de vos pas vous voyez
Briller et rayonner cristaux, miroirs, balustres,
Candélabres ardents, cercle étoilé des lustres, Deux premières strophes de
Et la danse, et la joie au front des conviés ; « Pour les pauvres », publié dans
Feuilles d’automnes, 1830
Tandis qu'un timbre d'or sonnant dans vos demeures
Vous change en joyeux chant la voix grave des heures,
Oh ! songez-vous parfois que, de faim dévoré
Peut-être un indigent dans les carrefours sombres
S'arrête, et voit danser vos lumineuses ombres
Aux vitres du salon doré ?
Hugo dénonce la politique de Napoléon III, un tyran selon lui responsable de la misère de la
France
La conscience humaine est morte ; dans l’orgie,
Sur elle il s’accroupit ; ce cadavre lui plaît ;
Par moments, gai, vainqueur, la prunelle rougie,
1
Début des Confessions d’un enfant du siècle.
Il se retourne et donne à la morte un soufflet.
La prostitution du juge est la ressource.
Les prêtres font frémir l’honnête homme éperdu ;
Dans le champ du potier ils déterrent la bourse,
Sibour revend le Dieu que Judas a vendu.
Ils disent : – César règne, et le Dieu des armées
L’a fait son élu. Peuple, obéis ! tu le dois. –
Pendant qu’ils vont chantant, tenant leurs mains fermées,
On voit le sequin d’or qui passe entre leurs doigts.
Il veut un état laïc
Il veut abolir le travail des enfants et les voir fréquenter l’école : « Le droit de l’enfant, c’est d’être
un homme : ce qui fait l’homme, c’est la lumière ; ce qui fait la lumière, c’est l’instruction. »,
Discours aux enfants, 1869
Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules
Extrait de
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
« Melancholia », Les
Dans la même prison le même mouvement.
Contemplations
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il est pour le droit des femmes : « Dans notre législation telle qu’elle est, la femme ne possède
pas, elle n’est pas en justice, elle ne vote pas, elle ne compte pas, elle n’est pas. Il y a des citoyens,
il n’y a pas de citoyennes. »1872, lettre publiée dans un journal Le Droit des Femmes.
Il est contre la peine de mort : « Sur beaucoup de questions à cette heure, les gouvernants sont en
retard. Voyez les hésitations de l’Assemblée à propos de la peine de mort. En attendant,
l’échafaud sévit. »
Cent mille hommes, criblés d'obus et de mitraille,
Cent mille hommes, couchés sur un champ de bataille,
Tombés pour leur pays par leur mort agrandi,
Comme on tombe à Fleurus, comme on tombe à Lodi,
Cent mille ardents soldats, héros et non victimes,
Morts dans un tourbillon d'évènements sublimes, « Cent mille hommes »,
D'où prend son vol la fière et blanche Liberté, 24 mars 1870, Les Quatre
Sont un malheur moins grand pour la société, vents de l’esprit, 1881
Sont pour l'humanité, qui sur le vrai se fonde,
Une calamité moins haute et moins profonde,
Un coup moins lamentable et moins infortuné
Qu'un innocent, - un seul innocent condamné, -
Dont le sang, ruisselant sous un infâme glaive,
Fume entre les pavés de la place de Grève,
Qu'un juste assassiné dans la forêt des lois,
Et dont l'âme a le droit d'aller dire à Dieu : Vois !
Il s’attaque aussi à la guerre :
Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,
Berceuse du chaos où le néant oscille,
Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,
Toute pleine du bruit furieux des clairons,
« Bêtise de la guerre »,
Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,
L’Année terrible, 1872
Hideuse, entraîne l’homme en cette ivrognerie,
Nuée où le destin se déforme, où Dieu fuit,
Où flotte une clarté plus noire que la nuit,
Folle immense, de vent et de foudres armée,
A quoi sers-tu, géante, à quoi sers-tu, fumée,
Si tes écroulements reconstruisent le mal,
Si pour le bestial tu chasses l’animal,
Si tu ne sais, dans l’ombre où ton hasard se vautre,
Défaire un empereur que pour en faire un autre ?
Comment les Cahiers de Douai reprennent-ils cette influence (nommez des poèmes dans votre
développement ) ? JE NE REDIGE PAS…
La guerre : «Le Dormeur du val », rédigé à l’automne 1870. Rimbaud prend la parole pour
défendre ceux qui ne peuvent plus s’exprimer, les victimes de la guerre. Il dénonce la violence
d’une guerre, une violence qui est tue : cf periphrase du dernier vers (« Tanquille. Il a deux trous
rouges au côté droit »)
La guerre toujours que l’on entend (allitérations et assonances) dans « Le Mal », poème qui date
aussi de l’automne 1870 : « Tandis que les crachats rouges de la mitraille »….la guerre est une
machine infernale qui broie la jeunesse
La critique des tyrans : on le voit dans « Le Mal » « près du Roi qui les raille, /
Croulent les bataillons en masse dans le feu »
« L’éclatante victoire de Sarrebrück » : Image très ironque de Napoléon III, ridicule ici…
Au milieu, l’Empereur, dans une apothéose
Bleue et jaune, s’en va, raide, sur son dada
Flamboyant ; très heureux, ? car il voit tout en rose,
Féroce comme Zeus et doux comme un papa
Pour la petite histoire, en 1927, à Charleville, un collectif surréaliste Permettez (Aragon en tête)
s’offusque de ce que l’on érige une statue à la mémoire de Rimbaud …pas très loin du Monument
aux morts suggérant par là que Rimbaud aurait ête un défaitiste.
En fait, Rimbaud détestait très fort sa ville qu’il en arrivait à souhaiter la voir sinon détruite du
moins occupée… pour aller vers une renaissance. Les propos qu’il tient dans ses lettres ont donc
été mal compris et caricaturés.
Par ailleurs, dès que l’Empire cède la place à la République, Rimbaud aurait aimé s’engager
comme comme garde national volontaire : patriote donc aux côtés des Communards,avec
distance certes car il est à Charleville pendant la Commune de Paris.
Un peu différemment de Hugo….
La religion est dénoncée comme l’instrument du peuple par la bourgeoisie. Cette religion est
montrée comme une comédie reposant sur des rituels vidés de leur sens. Là encore l’ironie est
présente. Cf « Le Mal »
– Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l’encens, aux grands calices d’or ;
Qui dans le bercement des hosannah s’endort,
Et se réveille, quand des mères, […]
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !
Les bourgeois :
La défense des femmes : « Quand sera brisé l’infini servage de la femme, [...] elle sera poète, elle
aussi ! La femme trouvera de l’inconnu ! Ses mondes d’idées différeront-ils des nôtres ? — Elle
trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses ; nous les prendrons, nous
les comprendrons. »
Lettre de Rimbaud à Paul Demeny, 15 mai 1871.
A noter : Hugo a été le premier à malmener l’alexandrin…. Rimbaud continuera
[…] J'ai disloqué ce grand niais d'alexandrin ;
Les mots de qualité, les syllabes marquises,
Vivaient ensemble au fond de leurs grottes exquises,
Faisant la bouche en cœur et ne parlant qu'entre eux, Les Contemplations, 1856
J'ai dit aux mots d'en bas : Manchots, boiteux, goîtreux,
Redressez-vous, planez, et mêlez-vous, sans règles,
Dans la caverne immense et farouche des aigles !
2-Banville et l’influence du Parnasse
Le parnasse s’oppose au romantisme….
Rimbaud envoya ses premiers textes (dont « Ophélie ») à Banville. "Je serai Parnassien" s'exclame-t-il
alors. (Lettre du 24 mai 1870)
Quelles sont les caractéristiques de ce mouvement ?
Catulle Mendès, Verlaine, Gautier, Leconte de Lisle, Théodore de Banville, José Maria de Hérédia,
François Coppée…. Voici quelques auteurs qui ont surtout, dans les faits, pour caractéristiques
commune d’avoir publié dans Le Parnasse contemporain, des vomumes collectifs publiés en
1866,1871,1876
Ils sont dans une posture aristocratique, veulent lutter contre le « débraillé » de l’époque,
clament leur amour du vers comme produit de leur artisanat. Bref, ils se posent en rupture avec
une époque d’industrialisation où, sous prétexte de démocratisation, l’esthétique est
abandonnée. Ils sont donc du côté du repli esthétique et de la résistance intellectuelle à ce
second Empire. Rappel : le Parnasse est la Montagne de la Phocide consacrée à Apollon et aux
Muses.
De là, des mots d’ordre comme « L’Art pour l’art » ou celui de la nécessaire « impassibilité ». La
métaphore de la statue que le poète sculpte pour parler du travail du poète, en quête d’une
beauté idéale, est alors commune.
En quoi un poème comme « Ophélie » de Rimbaud peut être lié à l’influence parnassienne ?
Comme l'autre Ophélie, Et comme Juliette,
Dont la douce folie Qui craignait l'alouette Et, dans la matinée
S'endort en murmurant Éveillée au matin De la vingtième année,
Dans le torrent, Parmi le thym, Elle a fermé ses yeux
Insoucieux.
Pâle, déchevelée Elle est morte aussi jeune
Et dans l'onde étoilée Au bel âge où l'on jeûne, Poème de Banville (1856)
Éparpillant encor Ta pensive Mimi
Ses tresses d'or, Au front blêmi,
« A Henri Murger » est le nom de ce poème : Banville y compare une héroïne de cet auteur romantique, Mimi, à
deux personnages de Shakespeare (fin XVI et début XVII), Juliette (Roméo et Juliette) et Ophélie (Hamlet)…. Le
sujet n’est donc pas tiré de la réalité mais de la littérature.
Banville évoque la mort d’Ophélie : jeune fiancée qui flotte sur l’eau sa chevelure dénouée, sur l’eau, autour
d’elle.
(Odelette : Petite ode traitant un sujet léger et gracieux…. Pas très léger ici)
Rappel : Ophélie est la fiancée heureuse de Hamlet. Heureuse jusqu’au moment où Hamlet simule la folie pour
démasquer les meurtriers de son père. Ophélie, qui croit à la folie de Hamlet, sombre dans le désespoir.
Dans le premier Cahier de Douai, « Ophélie » est le premier poème d’une série de 4 qui font référence à l’Histoire
de l’Art : Ophélie, Villon, Tartuffe, Vénus…. C’est là un premier parallèle avec Banville
Chez Rimbaud, Ophélie est une Vierge : les lys ; les grands et longs voiles, la couleur blanche. Ajoutons à cela les
astres et les étoiles que l’on trouvait également chez Banville. Elle incarne la beauté, une beauté qui se détache
sur des notations obscures (cf adj noir). Comme « Le Dormeur du val », cette mort prend place dans un cadre
naturel, loin des hommes. On peut donc rejoindre par là l’idée que le poète, en quête de beauté éternelle, évolue
dans un monde obscur ; il peut, comme Ophélie, voir sa raison sombrer et jouer sa vie. Être poète, c’est un
engagement total.
En quoi le poème de Rimbaud « Le Dormeur du val » est-il une réécriture du poème de Lecomte de Lisle « La
Fontaine aux lianes » dont voici 7 quatrains sur les 28 que compte le poème
Au fond des bois baignés d'une vapeur céleste, Repos du cœur, oubli de la joie et des peines !
Il était une eau vive où rien ne remuait ; Salut ! ô sanctuaire interdit à nos maux !
Quelques joncs verts, gardiens de la fontaine Et, sous le dôme épais de la forêt profonde,
agreste, Aux réduits du lac bleu dans les bois épanché,
S'y penchaient au hasard en un groupe muet. Dormait, enveloppé du suaire de l'onde,
Un mort, les yeux au ciel, sur le sable couché.
Les larges nénuphars, les lianes errantes,
Blancs archipels, flottaient enlacés sur les eaux,
Et dans leurs profondeurs vives et transparentes Il ne sommeillait pas, calme comme Ophélie,
Brillait un autre ciel où nageaient les oiseaux. Et souriant comme elle, et les bras sur le sein ;
Ô fraîcheur des forêts, sérénité première, Il était de ces morts que bientôt on oublie ;
Ô vents qui caressiez les feuillages chanteurs, Pâle et triste, il songeait au fond du clair bassin.
Fontaine aux flots heureux où jouait la lumière,
Éden épanoui sur les vertes hauteurs ! La tête au dur regard reposait sur la pierre ;
Aux replis de la joue où le sable brillait,
On eût dit que des pleurs tombaient de la
Salut, ô douce paix, et vous, pures haleines, paupière
Et vous qui descendiez du ciel et des rameaux, Et que le cœur encor par instants tressaillait.
Ce poème de Leconte de Lisle est célèbre à l’époque.
Le poète se promène dans un bois et tombe sur le cadavre d’un jeune homme qui s’est donné la mort.
Pas de soldat ici : un désespéré….
La nature présentée comme un Eden (“locus amoenus”2) ; le mort au bord de l’eau, « pâle et triste »,
n’était pas attendu par le lecteur : effet de surprise …. Beaucoup d’échos avec « Le Dormeur du val »
3- influence baudelairienne
Cherchez les caractéristiques de l’écriture et des thèmes de Baudelaire.
Baudelaire est un héritier du Romantisme et du Parnasse. Comme certains romantiques, il souffre
de mal-être, de l’ « Ennui » ou du Spleen. Comme les Parnassiens, il utilise l’image de la statue
pour évoquer son travail d’écriture
Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière. « La Beauté » de
[...] Baudelaire
Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études ;
Une métaphore, transformer « la boue en or », exprime la quête de Baudelaire. Cette métaphore
est inspirée de l’alchimie qui cherchait à transformer le plomb en or. Tout ce qui est sale ou laid
(physiquement ou moralement) peut faire un sujet de poème : le poème le sublimera.
Baudelaire ouvre la voie aux symbolistes : il est attaché au travail sur les sensations, aux sons, aux
synesthésies. La poésie devient en quelque sorte évocatoire : elle ouvre, par ce travail sur les
sonorités et les images, les portes vers un autre monde, imperceptible par nos seuls sens. Il y a
une dimension mystérieuse et même mystique dans cette poésie3.
Les thèmes utilisés par Baudelaire dans son œuvre sont la marque de sa modernité. Ils lui ont
permis d’exprimer une vision de la société en mutation dans lequel il évoluait, et de l’aliénation
de l’homme dans cette urbanité grandissante au profit de l’industrialisation et de la Modernité.
Désorienté, privé de ses repères, Baudelaire illustre le sentiment d’isolement et de perdition de
l’individu face à la modernité.
Comparez « Le Buffet » de Rimbaud et ce texte de Baudelaire
J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans. Seuls, respirent l'odeur d'un flacon débouché.
Un gros meuble à tiroirs encombrés de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances, Rien n'égale en longueur les boiteuses journées,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau. Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
C'est une pyramide, un immense caveau, L'ennui, fruit de la morne incuriosité
Qui contient plus de morts que la fosse commune. Prend les proportions de l'immortalité.
- Je suis un cimetière abhorré de la lune, - Désormais tu n'es plus, ô matière vivante !
Où comme des remords se traînent de longs vers Qu'un granit entouré d'une vague épouvante,
Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers. Assoupi dans le fond d'un Sahara brumeux ;
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées, Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
Où gît tout un fouillis de modes surannées, Oublié sur la carte, et dont l'humeur farouche
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher Ne chante qu'aux rayons du soleil qui se couche.
2
Expression latine composée de "locus" signifiant "lieu" et de "amoenus" signifiant "agréable". On l'utilise dès la Rome Antique et c'est un
terme récurrent au théâtre ou en poésie. Elle connaît une nouvelle utilisation lors du Haut Moyen-Âge, dans les chansons de geste. Enfin, le
XIXe, mêlant poésie et ode à la nature, utilise également le thème du "locus amoenus". De nos jours, on l'utilise pour qualifier tout lieu
paradisiaque.
3
Symbole : Signe, objet matériel ou formule, servant de marque de reconnaissance entre initiés. À l'origine, en son étymologie, le symbole
est un objet coupé en deux dont les parties réunies à la suite d'une quête permettent aux détenteurs de se reconnaître
« le meuble » de Baudelaire effraie : encombrement ; mort ; soucis… d’ailleurs la seconde strophe parle
du spleen. Le meuble est une métaphore pour parler du poète, de son cerveau. La deuxième strophe
explicite le mal-être de l’auteur, étranger à lui-même et au monde.
Même la forme du poème, avec ses longues strophes, est pesante.
Le Buffet » de Rimbaud est plus léger : des termes mélioratifs inversent l’image du texte de Baudelaire.
Les parfums sont « engageants » et chaque objet est une promesse d’histoire du temps passé. Le buffet
est personnifié et c’est une relation de confiance qui est exprimée. La forme du sonnet est plus aérée.