Cours de Microéconomie L1 PDF
Cours de Microéconomie L1 PDF
Un bien est quelque chose qui procure à son détenteur (consommateur) une satisfaction
ou une utilité. Il existe deux catégories de biens :
Un bien économique est un bien rare ; c’est-à-dire un bien pour lequel la quantité
disponible est plus faible que celle dont l’on désire pour un prix nul.
Ainsi, du fait de la rareté, l’on doit faire des choix. Et ces choix impliquent des coûts
d’opportunité.
1
entreprise. En d’autres termes, elle vise à modéliser les activités économiques en les
percevant comme l’interaction des agents économiques poursuivant leurs intérêts privés
ou personnels.
Que se soient les consommateurs, les propriétaires de ressources ou firmes, chaque unité
individuelle a des objectifs à atteindre et fait face à des contraintes qui déterminent le
niveau de réalisation de ces objectifs. Ainsi, dans ce monde de contraintes, il est presque
impossible d’atteindre un objectif sans faire de choix. Raison pour laquelle la théorie
microéconomique traite des objectifs, des contraintes et des choix des différents agents
économiques et de leur interaction sur le marché.
2
différents et les consommateurs qui cherchent à l'acheter au prix le moins cher
possible. En fonction des rencontres entre ces agents, les prix des biens disponibles
vont changer. Etant donné que nous considérons que les unités échangées sur le
marché sont identiques du point des vues des trois caractéristiques, les échanges ne
vont se stabiliser que quand le marché atteint un prix unique auquel tous les
consommateurs qui voulaient acheter le bien à ce prix pourront le faire et tous les
vendeurs qui voulaient le vendre à ce prix trouveront un acheteur : les décisions
d'achat et de vente seront parfaitement compatibles dans ce cas et nous appelons un
tel état du marché l'équilibre du marché et le prix correspondant, le prix
d'équilibre.
3
l’économie. En d’autres termes elle étudie ce qui est, ou comment les problèmes
économiques qui se posent à une société sont résolus dans les faits. Elle décrit les
faits et le fonctionnement de l’économie.
4
Chapitre 1 : Utilité et préférence du consommateur
Dans une économie de marché, les décisions de consommation prises par l’individu
occupent une place fondamentale, car ce sont elles qui orientent les décisions de
production prises par les entreprises. Il est donc important de déterminer la manière dont
les consommateurs font leur choix.
I- Utilité et Fonction d’utilité
L’utilité c’est la satisfaction qu’on retire de la consommation d’un bien. Cette utilité a fait
l’objet de débat dans la théorie microéconomique entre d’une part les auteurs comme
Menger, Stanley Jevons, Marshall, Walras et d’autre part des auteurs comme John Hicks,
Samuelson, Pareto et Slutsky.
Selon les premiers (tenants de l’utilité cardinale), l’utilité est mesurable, quantifiable.
Selon eux, l’on peut attribuer à chaque combinaison de biens correspond un nombre qui
mesure le degré de satisfaction que l’on retire de la consommation de ce bien. L’utilité
cardinale tire son nom des nombres cardinaux c’est-à-dire qui exprime des quantités
permettant de se faire des comparaisons. Par exemple si le bien A procure au
consommateur une utilité de 6 et que le bien B lui procure une utilité de 10, alors le
consommateur doit pouvoir retirer plus de satisfaction avec le bien B que le bien A.
A partir de l’utilité, nous pouvons dégager la notion d’utilité marginale. Elle se définit
comme étant l’utilité additionnelle ou supplémentaire que le consommateur retire de la
consommation d’une unité additionnelle ou supplémentaire d’un bien.
L’utilité totale est l’utilité maximale que le consommateur retire de la consommation d’un
bien.
1.1 L’utilité totale et le problème d’indépendance des utilités des différents
biens
Selon les auteurs marginalistes (Jevons et Walras), les utilités des différents biens sont
considérés comme indépendants les unes des autres. Selon l’hypothèse de
l’indépendance totale des utilités, pour un consommateur, l’utilité totale U 1 d’un bien X1
varie en fonction des quantités consommées X1 de ce bien, mais cette utilité est
indépendante des quantités des autres biens. Pour ces auteurs, la satisfaction totale retiré
de la consommation des biens X1, X2, X3,……, Xn est UT = U(X1) + U(X2)+….+U(Xn)
Cette hypothèse d’indépendance des utilités a été critiquée et qualifiée d’irréaliste et
insoutenable car certains biens sont mieux consommés en association ou certains biens
certains biens sont complémentaires. Il faut donc souligner l’interdépendance des biens
et l’on ne peut construire une fonction d’utilité isolée pour chacun des biens. Ces limites
de l’utilité cardinale ont conduit à son abandon et au développement d’une théorie
alternative à savoir l’approche ordinale de l’utilité.
5
1.2 L’utilité marginale et la loi de l’utilité marginale décroissante
L’utilité marginale est l’utilité supplémentaire que le consommateur retire de la
consommation d’une unité supplémentaire d’un bien. La loi de l’utilité marginale
décroissante stipule qu’au fur et à mesure que l’on consomme un bien donné, l’utilité
marginale décroît.
1.3 Représentation graphique de l’utilité totale et marginale
6
- A < B (je préfère B à A)
- A ≈ B (le consommateur est indifférent entre A et B)
Cet axiome signifie que les consommateurs ne sont pas paralysés par les décisions. Ils
comprennent complètement les choix opérés et peuvent toujours décider de la désirabilité
d’une alternative par rapport à une autre. Selon cet axiome, le souci n’est pas de savoir
si l’utilité d’un ensemble de biens A est deux fois plus grande qu’un ensemble de biens B.
Il s’agit d’un classement ordinal : préférence et indifférence.
2.1.2 Axiome 2 : La transitivité
Etant donné, trois ensembles de biens A, B et C. si A > B et que B > C alors A > C. Selon
cet axiome de transitivité, les individus rationnels ne font pas de choix contradictoires mais
plutôt cohérents.
Ainsi, sur la base des deux axiomes précédents, les individus peuvent alors faire un
classement de tous les ensembles de biens du plus élevés au moins désiré.
7
❖ Les courbes d’indifférence ont une pente négative.
❖ Les courbes d'indifférence correspondant à des niveaux différents de satisfaction
ne peuvent se couper.
❖ Plus une courbe d’indifférence est élevée, plus le niveau d’utilité est élevé.
❖ Les courbes d’indifférence sont convexes par rapport à l’origine.
8
3.1 Interprétation économique de l’ordonnée à l’origine et de la pente de la
Droite
❖ Ordonnée à l’origine
C’est la quantité de bien X2 que l’individu peut obtenir s’il consacre tout son revenu à
l’acquisition de ce bien (X1 = 0).
❖ La pente de la droite de budget
Toute pente traduit l’augmentation négative du bien X 2 quand le consommateur acquiert
une unité supplémentaire du X1.
3.2 Impact d’une variation de prix et de revenu pour la droite de budget
❖ Si P1 diminue, le revenu et le prix P2 étant constants
Quand le prix du bien X1 augmente c’est-à-dire P’1 > P1, on observe un déplacement de
la droite de budget vers la gauche. Voir figure ci-dessous :
9
IV- Le choix du consommateur
Après avoir introduit la représentation des contraintes du consommateur et celle de ses
préférences, considérons maintenant le problème du choix du consommateur. Il doit
choisir le panier qu'il préfère à tous les autres parmi les paniers qu'il peut acheter avec
son revenu :
Max x1, x2 U (x1, x2)
S/C. p1 x1 + p2x2 = m
Le point E est l'optimum du consommateur. Il correspond à l'utilité la plus élevée possible
(U*) qu'il peut atteindre étant donné son revenu.
E = (x1*, x2*) :
- E est sur la droite de budget : p1 x1* + p2x2* = m;
- E est le point de tangence entre une courbe d'indifférence et la droite de budget.
Pour les préférences normales ces deux conditions sont suffisantes pour déterminer
l'optimum du consommateur. Si les préférences sont normales alors l'optimum doit
correspondre à un point de tangence entre la droite de budget et une courbe
d'indifférence.
10
CHAPITRE II : LA FONCTION DE DEMANDE
Les concepts d’utilité et de préférence ont permis de définir le comportement rationnel
d’un agent économique : le consommateur ou le ménage par rapport aux biens
consommés ainsi que le niveau de satisfaction ressenti.
De même nous rechercherons à établir un lien entre les prix des biens consommés, les
quantités demandées et le revenu monétaire (R) limité du ménage. On montrera ensuite
comment le revenu monétaire limité (R) et le niveau des prix déterminent la nature et
quantité des biens qui lui sont disponibles.
2- Définition
Toute fonction de demande qui est dérivée du processus de maximisation de l’utilité sous
la contrainte du budget en situation de concurrence est appelée fonction de demande
marshallienne ou ordinaire.
En général, on suppose que le consommateur consomme deux biens en quantité X1 et X2
dont il tire le maximum de satisfaction. Son problème est donc un problème d’optimisation.
De cette optimisation, nous obtiendrons les fonctions de demande Ordinaires ou
Marshalliennes.
11
Soit R le revenu disponible du consommateur et le système de prix suivant P= (P1,
P2,………, Pn).
✓ Hypothèses
- Le revenu R est entièrement dépensé pour l’achat des biens. Il ne fait pas
d’épargne et n’a aucune possibilité d’emprunt (𝑅 = ∑𝑛𝑖=1 𝑃𝑖 𝑋𝑖 )
- Le consommateur est price-taker.
La méthode de substitution
Application :
Considérons le programme initial :
Max U(X1, X2) = X1.X2
S/C R = X1P1 + X2P2
Etape 1 : exprimer X2 en fonction de X1 à partir de l’équation de la droite de budget.
R – X1P1 – X2P2 = 0
X2P2 = R - X1P1
X2 = (R - X1P1) / P2 = R/P2 – (X1P1) / P2 (1)
Etape 2 : remplacer l’équation (1) dans la fonction d’utilité du consommateur.
U(X1, X2) = X1.X2
U (X1) = X1 [R/P2 - (X1P1)/P2]
12
U (X1) = (X1R)/P2 – (X12P1)/P2 (2)
Etape 3 : poser que la dérivée première de l’équation (2) est égale à zéro
U’X1 = 0 ↔ R/P2 – (2X1P1)/P2 = 0
(2X1P1)/P2= R/P2
X1 = R/(2P1) (3)
Etape 4 : remplacer l’équation (3) dans l’équation (1) pour obtenir au final X 2
X2 = R/P2 – (X1P1) / P2
X2 = R/P2 - [[R/(2P1)] P1] / P2
X2 = R / (2P2)
(4)
13
R - 2 X1P1 = 0
(5)
X1 = R/ (2 P1)
Etape 5 :
Déterminer à présent X2 à partir de l’équation (4), en remplaçant X1 par son expression
dans l’équation (4).
X2 = (X1 P1) /P2 = [R/ (2 P1)] P1 / P2
X2 = R/ (2 P2)
Ainsi, on a : X*1= X1 = R/(2 P1) et X*2= X2 = R/(2 P2) les quantités de biens X1 et X2 qui
maximisent la satisfaction (utilité) du consommateur.
14
II- La courbe Consommation-Prix et la courbe Consommation-Revenu
1- La courbe Consommation-Prix
La courbe prix-consommation est la liaison entre la variation du prix d’un bien et les
quantités consommées de ce bien, le revenu et les prix des autres biens étant constants.
Graphiquement, la droite de budget pivote autour du point d’ordonnées R/P 2, dans le sens
inverse des aiguilles d’une montre si le prix P1 du bien X1 baisse, et dans le sens des
aiguilles d’une montre si le prix P1 de X1 augmente (le prix P2 du bien X2 restant inchangé,
la droite de budget coupe toujours l’axe des ordonnées pour X*2=R/P2). Si le prix P1 de X1
diminue, la pente de la courbe de budget baisse car le rapport P1/P2 diminue. Ce résultat
a une interprétation économique simple : si le prix P1 de X1 baisse, la quantité de X1
consommée augmente, toutes choses égales par ailleurs.
Compte tenu de la nouvelle contrainte de budget, le nouvel optimum est le point de
tangence de la nouvelle droite de budget avec une courbe d’indifférence plus haute dans
la carte d’indifférence. La jonction des optima obtenus pour les différents prix de X
constitue la courbe de prix-consommation.
15
Les points de tangence entre les droites de budget ainsi déterminées et les courbes
d’indifférence correspondent à de nouveaux points d’équilibre du consommateur. La
droite reliant ces différents points d’équilibre (𝐸; 𝐸 ′ ; 𝐸 ″ )est appelée courbe de
consommation-revenu.
On peut ainsi définir la courbe de consommation-revenu comme une courbe qui indique
les différentes combinaisons de biens X1 et X2 achetés à différents revenu (les prix
nominaux restant constants).
1
Voir Introduction à la microéconomie de Harl R. Varian (1997), p108 à 113.
16
✓ Un bien inférieur est un bien dont la quantité consommée diminue
(augmente) lorsque le revenu croît (baisse), toutes choses égales par
ailleurs.
17
En remplaçant ces fonctions de demande marshalliennes dans la fonction d’utilité du
consommateur, on obtient la fonction d’utilité indirecte notée V(.).
Elle met en relation le niveau d’utilité, les quantités consommées de biens et le revenu du
consommateur.
𝑉(𝑃1 , 𝑃2 , . . . . , 𝑃𝑛 , 𝑅) = 𝑈 ∗ [𝑥1∗ (𝑃1 , 𝑃2 , . . . . , 𝑃𝑛 , 𝑅), 𝑥1∗ (𝑃1 , 𝑃2 , . . . . , 𝑃𝑛 , 𝑅), . . . . , 𝑥𝑛∗ (𝑃1 , 𝑃2 , . . . , 𝑃𝑛 , 𝑅)]
2- L’identité de ROY
Les fonctions de demande ordinaires ou marshallienne peuvent s’obtenir à partir d’une
fonction d’utilité indirecte.
𝛥𝑉 𝛥𝑉
∗ 𝛥𝑃𝑥 ∗ 𝛥𝑃𝑦
𝑋 =− 𝛥𝑉 , 𝑌 =− 𝛥𝑉
𝛥𝑅 𝛥𝑅
5- Le Lemme de Shephard
La fonction de dépense des consommateurs est dérivée de la fonction de demande
compensée. Le Lemme de Shephard permet d’obtenir les fonctions de demande
compensées, une fois que la fonction de dépenses est connue.
𝝏𝑫 𝝏𝑫
𝑿∗∗ = 𝝏𝑷 , et 𝒀∗∗ = 𝝏𝑷 qui désigne la fonction de dépense ou de coût du consommateur.
𝒙 𝒚
18
Chapitre III : LA THEORIE DE LA PRODUCTION
La théorie de la production traite de la courbe d’une entreprise produisant un bien. Il s’agit
pour l’économie de savoir quel bien produire, combien d’unité doit produire l’entreprise
pour maximiser son profit et quelle combinaison de facteurs de production ou d’inputs ou
intrants utiliser dans la production de ces biens. La théorie de la production traite de la
courbe d’offre de la même manière que la théorie du consommateur a traitée de la courbe
de demande. Dans ce chapitre, nous, nous intéresserons, d’une part, à la fonction de la
production à une variable (fonction de production de court terme) et d’autre part à une
fonction de production ou tous les facteurs de production sont variables (fonction de
production de long terme).
I- La fonction de production
1- Définition
Une fonction de production est une relation technique entre les inputs (facteurs de
production) et l’output (produit). Elle exprime la quantité maximale de produits capable
d’être obtenue par un ensemble d’intrants donné par un état de technologie donné. On
appelle fonction de production, la relation existante entre le niveau de facteurs de
production utilisé et le niveau de la production obtenu. Il existe deux grands types de
fonction de production :
- La fonction de production de court terme
- La fonction de production de long terme.
On appelle fonction de production de court terme, la fonction de production dans laquelle
un des facteurs de production est variable et tous les autres facteurs de production restent
fixes. Et une fonction de production de long terme, une fonction de production dans
laquelle tous les facteurs de production sont variables en même temps.
De manière générale la fonction de production se présente comme suite :
Pour des besoins de simplicité, nous allons considérer seulement deux facteurs de
production : le capital (K) et le tarvail (L).
19
2- Rendement d’un facteur de production
Ici nous allons supposer qu’un des facteurs de production est fixe, en occurrence le
facteur capital (K) et que le facteur travail (L) est variable. En effet, il s’agit d’étudier l’effet
sur la production de la variation d’un facteur de production.
a- Productivité moyenne (PM)
On appelle productivité moyenne d’un facteur de production, le rapport du volume de
production au volume du facteur de production utilisé. On aura :
f ( K , L)
PM L = PAL =
L
b- Productivité marginale (Pm)
On appelle productivité marginale d’un facteur de production, la limite vers laquelle tend
le rapport de l’accroissement de la production à l’accroissement du facteur considéré
lorsque ce dernier accroissement tend vers zéro. En d’autres termes, c’est la production
supplémentaire obtenu de l’augmentation supplémentaire du facteur de production
variable.
Y
Pmi =
X i
3- Fonction de production à deux variables
Ici, nous avons une fonction de production de long terme c’est-à-dire une fonction de
production où tous les facteurs de production sont variables, en occurrence les facteurs
capital (K) et travail (L).
les isoquants : définition et propriétés
Un isoquant est une courbe qui représente les différentes combinaisons de facteur de
production que l’on peut utiliser pour obtenir un niveau donné d’output.
20
Propriétés
- les isoquants sont convexes par rapport à l’origine ;
- deux isoquants ne peuvent pas s’intersecter
- l’isoquant le plus élevé indique un niveau élevé de produit ;
- les isoquants sont de pente négative.
f (K , L) f (K , L)
PmL = PmK =
Avec : L et K
Q = F ( K , L) = AK L
m 1
F (mK , mL) = A(mK ) (mL) = m + F ( K , L) = m + Q
+ =1 rendement d ' echelle cons tan t
+ 1 rendement d ' échelle decroissant
+ 1 rendement d ' echelle croissant
21
II- La combinaison optimale des facteurs de production
L’un des problèmes auxquels fait face constamment l’entrepreneur est la combinaison
des facteurs de production pour produire un niveau donné de production. Dans cette
section, nous allons voir comment ce dernier combine les facteurs afin de maximiser son
profit.
1- La droite d’isocoût
Tout comme la droite de budget chez le consommateur, la courbe d’isocoût joue un rôle
important dans le choix optimal du producteur. Une courbe d’isocoût montre différentes
combinaisons de deux facteurs de production que la firme peut acquérir pour un niveau
donné de dépense.
Comment représente-t-on la courbe d’isocoût ?
Soit « w » le coût unitaire du facteur travail, « r » le coût unitaire du facteur capital, « C »
le coût total auquel l’entreprise fait face au cours de l’acquisition des facteurs de
production.
C = wL + rK
C w
K = + L (équation de la droite d ' isocoût )
r r
Pour produire Q , la combinaison des facteurs qui permet d’obtenir un prix minimal est le
point de tangence entre l’isoquant et la droite d’isocoût.
22
Pour combiner ces facteurs de production afin d’avoir un profit maximal, l’entreprise va
soit minimiser ses coûts pour un niveau donné de production ; soit elle va maximiser sa
fonction de production pour un niveau donné de coût (c’est la dualité en production).
Q = f ( K , L) et C = wL + rK
Min C = wL + rK Max Q = f ( K , L)
S / C f ( K , L) = Q ou S / C C0 = wL + rK
A l’optimum on a :
PmL dK w
TMSTLK = =− =
PmK dL r
Le producteur maximise son profit soit :
- Quand il minimise les coûts pour atteindre un niveau donné de production ;
- Soit il maximise la production sous la contrainte d’un niveau donné de coût. Pour
cela le producteur atteint le profit maximum quand le rapport des productivités
marginales des facteurs est égal au rapport des coûts unitaires des facteurs.
Le sentier d’expansion est obtenu à partir de l’égalité des rapports des productivités
marginales des facteurs de production et des rapports des coûts unitaires des facteurs.
3- Application
La fonction de production d'une entreprise est : Q = 2 K0,5L0,5. Avec Q la quantité produite,
K, le nombre d'heures d'utilisation d'une machine et L, le nombre d'heure de travail par un
ouvrier. Le taux de salaire est de 20 EUR par heure de travail. Le coût de location de la
machine est de 10 EUR par heure.
1) Rappelez la définition d'une courbe d'isoquant.
23
2) La production actuelle de l'entreprise est de 20 unités (Q = 20). Déterminez les
coordonnées de l'isoquant dans un tableau pour K = 1 ; K = 2 ; K = 3 ; K = 4 ; K = 5 ; K =
8 ; K = 10 ; K = 12,5 ; K = 25.
3) Rappelez la définition d'une droite d'isocoût. Pour chaque combinaison capital -
travail évaluée à la question 2, calculez le coût total.
4) Déduisez de la question précédente, la combinaison capital-travail qui minimise les
coûts. Quel est alors le coût total ? Ecrivez la formule de la droite d'isocoût.
5) Rappelez les définitions et les formules des productivités marginales du capital
(PmK) et du travail (PmL).
6) Rappelez la définition du Taux Marginal de Substitution Technique (TMST) des
heures de travail en heures de capital.
7) A partir de la formule que vous devez connaître : TMST = PmL / PmK ; montrez
que le TMST = K/L.
8) A partir de la relation entre le TMST et les prix relatifs des facteurs, déterminez les
quantités optimales de capital et de travail pour Q = 20 puis pour Q = 12.
Correction :
1- Un isoquant est une courbe qui représente les différentes combinaisons de facteur
de production que l’on peut utiliser pour obtenir un même niveau donné d’output.
2- Pour Q0 = 20, déterminons les coordonnées de l’isoquant dans le tableau ci-
dessous :
Q = Q0 → 2 K0,5L0,5 = 20
𝟏𝟎𝟎
Alors 𝑳 = 𝑲
24
L 100 50 33,33 25 20 12,5 10 8 4
K 1 2 3 4 5 8 10 12,5 25
CT 2010 1020 696,6 540 450 330 300 285 330
8) A partir de la relation entre le TMST et les prix relatifs des facteurs, déterminez les
quantités optimales de capital et de travail pour Q = 20 puis pour Q = 12
l (K , L, ) = wL + rK + Q − f (K , L)
Le lagrangien nous donne :
A l’optimum nous avons :
f ( K , L)
L = PmL = w
f ( K , L) PmK r
L
25
En remplaçant K par son expression dans la contrainte, on obtient les solutions suivantes :
Q 5
L* = 3
K* = 2 2 Q
2
2
Pour Q = 20, on a :
L* = 7,072 K * = 14,14
26
CHAPITRE IV : LES FONCTIONS DE COÛTS
Pour produire son output, la firme doit acheter les inputs K et L sur le marché des facteurs
respectivement aux prix « r » et « w ». Ainsi, on peut définir le coût de production comme
étant la somme des dépenses engagées par la firme pour générer l’output. Il est obtenu
à partir de l’objectif principal de la firme, qui est de minimiser ses coûts de production.
l (K , L, ) = wL + rK + q − f (K , L)
Le lagrangien nous donne :
A l’optimum nous avons :
f ( K , L)
L = PmL = w
f ( K , L) PmK r
L
Application :
Pour q = 100 K0,5L0,5; w=30 et r = 40
Solution :
3
K= L
A l’optimum, on obtient : 4
En remplaçant K par son expression dans la contrainte, on obtient les solutions suivantes :
3 3
L* = q K* = q
150 200
En portant les expressions de L* et de K* dans la fonction de coût, on obtient la fonction
de coût total de l’entreprise :
27
C* = w L* + r K *
4 w 3 +3r 3
C* = q C* = C (r , w, q ) = C * (q)
600
Min C = wL + rK
s / c f ( K , L) = q
Après résolution de ce système, les demandes conditionnelles des facteurs deviennent
dans ce cas :
L* = L* (q, w, r, K ) et K* = K
Et la fonction de coût de court terme s’écrira :
Min C = wL + rK
s / c f ( K , L) = q
De cette résolution, on obtient la fonction de coût de long terme suivante :
28
3- Coûts fixe et coût quasi-fixe
Les coûts correspondants aux facteurs de production dont la consommation par la firme
ne dépendent pas du niveau de la production, correspondent aux coûts fixes.
Exemple : coût de construction des bâtiments, coût d’achat des machines
Les coûts qui ne dépendent pas du niveau de production mais qui peuvent être évité en
arrêtant totalement la production sont des coûts quasi-fixes.
Exemple : consommation d’électricité ou de fuel, contrat de location des bâtiments, etc….
CT Coût Total
CM (q) = =
q quantité produite
Nous savons qu’à court terme, la production se réalise à partir des facteurs variables et
des facteurs fixes avec les coûts correspondants. Par conséquent, nous pouvons
décomposer le coût total de l’entreprise de la manière suivante :
CT (q) = CV (q) + F
C (q) CV (q) + F CV (q) F
CM (q) = T = = +
q q q q
CVM CFM
CV (q)
q
CVM Selon la présence et l’importance des rendements d’échelle croissant, nous
pouvons avoir une zone plus ou moins importante de décroissance des CVM. Mais cette
zone sera suivie d’abord par une constance et ensuite par une zone de décroissance. On
obtient alors une courbe sous forme de U.
Exemple :
𝐶𝑉(𝑞) = 𝑞 3 − 4𝑞 2 + 10𝑞
𝐶𝑉(𝑞) 𝑞 3 − 4𝑞 2 + 10𝑞
𝐶𝑉𝑀(𝑞) = = = 𝑞 2 − 4𝑞 + 10
𝑞 𝑞
⏟3 − 4𝑞 2 + 10𝑞 + 10
𝐶𝑇(𝑞) = 𝑞 ⏟
¨𝐶𝑉 𝐶𝐹
29
𝐶𝑇(𝑞) 𝑞 3 − 4𝑞 2 + 10𝑞 + 10 10
𝐶𝑇(𝑞) = = ⏟2 − 4𝑞 + 10 +
=𝑞
𝑞 𝑞 𝑞
⏟
¨𝐶𝑉𝑀
𝐶𝐹𝑀
CT (q)
Cm (q) = = CT '(q)
q
Quel(le) lien ou relation pouvons-nous établir entre l’évolution de CM et celle du coût
marginal (Cm) ?
Pour répondre à cette interrogation, nous partons de la définition du coût moyen et nous
étudions sa variation.
CT (q)
CM (q) =
q
CT (q) CT '(q).q − q '.CT (q)
CM '(q) = =
q q2
CT '(q) CT (q)
= −
q q2
1 CT (q)
= Cm (q) −
q q
1
= Cm(q) − CM (q)
q
Ainsi on a :
CM’(q) > 0 alors Cm (q) > CM(q) et la courbe du Coût moyen (CM) est croissante ;
CM’(q) < 0, alors Cm (q) < CM(q) et la courbe du Coût moyen est décroissante ;
CM’(q) = 0, alors Cm (q) = CM(q) et la courbe du coût moyen est constant.
❖ Lorsque les rendements d’échelle sont croissants, alors les coûts augmentent
moins que proportionnellement à l’augmentation de l’output (les coûts sont
décroissants).
30
CM (q)
0
q
❖ Lorsque les rendements sont décroissants, les coûts de production augmentent
plus que proportionnellement à l’augmentation de l’output (les coûts sont
croissants).
CM (q)
0
q
31
Chapitre 5 : Le marché de concurrence pure et parfaite (CPP)
Le marché de CCP est un marché impersonnel c'est à dire que les agents économiques
n’ont aucun avantage à distinguer le bien offert par une firme par rapport à celui d’une
autre firme. Aussi en régime de CCP, on cherche à savoir comment le prix et la production
sont déterminés.
1- Définition
On dit qu’un marché est en situation de CPP si la concurrence joue des deux côtés du
marché c'est à dire entre offreurs et demandeurs. Ou encore un marché sur lequel aussi
bien les acheteurs que les vendeurs pensent que leurs propres décisions d’achat ou de
vente n’ont aucun effet sur le prix du marché. Dans ce cas, le prix qui était considéré
comme un paramètre devient une variable dont la valeur est déterminée par les actions
conjuguées des acheteurs et des vendeurs.
Le prix du marché est donc indépendant des actions isolées de chaque firme. Il est donc
imposé à la firme. On dit que la firme est price taker.
✓ Homogénéité du produit
Les produits sont identiques d’un vendeur à un autre. Aussi, les consommateurs sont-ils
identiques pour les vendeurs en ce sens qu’ils ne trouvent aucun avantage ou
inconvénient à vendre leurs produits à un consommateur plutôt qu’à un autre.
✓ Atomicité du marché
Les entreprises et les consommateurs sont nombreux et les ventes ou achats de chaque
unité prise individuellement sont très petits par rapport au volume global des transactions.
32
✓ Libre entrée et sortie du marché
Les agents économiques qui participent à l’offre et à la demande sont libres d’entrer ou
de sortir du marché.
✓ Transparence du marché
Les agents économiques ont une parfaite connaissance des données économiques et
technologiques. En d’autres termes, les entreprises et les consommateurs ont une
connaissance parfaite des prix pratiqués et des offres courantes.
33
Figure I : Détermination du prix de marché en CPP
Ce prix de marché ou encore prix d’équilibre est donc celui pour lequel la quantité
demandée est égale à la quantité offerte et permet le plus grand nombre possible de
transactions. Il ajuste donc les quantités demandées et les quantités offertes. De par la
loi de l’offre et de la demande, pour tout prix inférieur au prix d’équilibre, il y aurait plus de
demandes que d’offres et pour tout prix inférieur au prix d’équilibre, il y aurait plus de
demandes que d’offres et pour tout prix supérieur, on aura plus d’offres que de demandes.
34
- Si la demande de marché est D1, le prix d’équilibre sera P1 ; si cette demande
passe à D2, le prix d’équilibre passera à P2 et ainsi de suite.
On constate que quel que soit la position de la courbe de demande, la quantité offerte est
toujours la même. Donc en période de marché, l’offre seule détermine la quantité
d’équilibre et la demande seul le prix d’équilibre du marché. Ce prix d’équilibre rationne
la quantité offerte (Q0) entre les différents acquéreurs qui sont prêts et capables de payer
le prix de marché.
III- Analyse de l’équilibre de la firme dans le court terme
=0
q
= P − C ( q ) = 0 P = Cm
q
35
36