100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
124 vues36 pages

Cours de Microéconomie L1 PDF

Transféré par

sergedjalega
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
124 vues36 pages

Cours de Microéconomie L1 PDF

Transféré par

sergedjalega
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

INTRODUCTION

La microéconomie est la branche de l’économie qui s’intéresse au comportement


individuel des agents économiques en reposant sur des postulats.

1.1 La théorie économique


Les économistes construisent des théories en vue d’expliquer et de prédire les
évènements du monde réel. Une théorie est une représentation simplifiée du monde réel
élaboré pour une meilleure compréhension de ce monde. Elle est construite autour de
variables que les économistes estiment plus importantes pour expliquer et prédire un
phénomène donné.

1.2 Rareté, choix et coût d’opportunité


La rareté est la condition dans laquelle les besoins des individus surpassent les
ressources destinées à satisfaire ces besoins. C’est ainsi que les économistes diront que
les besoins sont illimités et les ressources limitées.

Un bien est quelque chose qui procure à son détenteur (consommateur) une satisfaction
ou une utilité. Il existe deux catégories de biens :

✓ Les biens libres ou non économiques


✓ Et les biens économiques.
Un bien libre est un bien suffisamment disponible dans la nature pour satisfaire les désirs.
C’est un bien dont la quantité est plus élevée que celle dont l’on désire à un prix nul
(exemple : l’air).

Un bien économique est un bien rare ; c’est-à-dire un bien pour lequel la quantité
disponible est plus faible que celle dont l’on désire pour un prix nul.

Ainsi, du fait de la rareté, l’on doit faire des choix. Et ces choix impliquent des coûts
d’opportunité.

1.3 La Théorie Microéconomique


Également appelée Théorie des prix, la Théorie microéconomique étudie le
comportement économique des unités de décisions individuelle telle que les
consommateurs, les propriétaires de ressources et les firmes dans une économie de libre

1
entreprise. En d’autres termes, elle vise à modéliser les activités économiques en les
percevant comme l’interaction des agents économiques poursuivant leurs intérêts privés
ou personnels.

Que se soient les consommateurs, les propriétaires de ressources ou firmes, chaque unité
individuelle a des objectifs à atteindre et fait face à des contraintes qui déterminent le
niveau de réalisation de ces objectifs. Ainsi, dans ce monde de contraintes, il est presque
impossible d’atteindre un objectif sans faire de choix. Raison pour laquelle la théorie
microéconomique traite des objectifs, des contraintes et des choix des différents agents
économiques et de leur interaction sur le marché.

1.4 Marché et Equilibre


• Le Marché
Dans l'utilisation courante du terme, un marché correspond à un lieu particulier où
certains types de marchandises sont vendus et achetés ; par exemple, le marché des
fruits et des légumes, le marché du livre...
Dans l'analyse économique, le concept de marché est beaucoup plus général. En
effet, un marché existe à partir du moment où deux ou plusieurs individus sont prêts
à effectuer des échanges de marchandises quelque soient le lieu et la date. Ainsi le
mot marché indique une situation d'échange.
L'analyse du fonctionnement des marchés est le problème central en microéconomie
puisque le processus d'allocation des ressources est un processus de marché : toute
allocation des ressources est le fruit du fonctionnement des marchés. Par
conséquent, pour chaque marchandise, un marché doit exister et toute chose qui ne
peut pas être échangée sur un marché n'est pas une marchandise, du point de vue
de la microéconomie.
• L’Equilibre
Le fonctionnement d'un marché résulte dans la détermination du volume des
transactions sur ce marché et du prix auquel ces transactions ont lieu (prix de
marché). Le marché d'un bien et service réalise la confrontation des offres et des
demandes et il conduit à la détermination d'un prix. A un moment donné, nous allons
observer sur un marché des vendeurs qui essaient de vendre le bien à des prix

2
différents et les consommateurs qui cherchent à l'acheter au prix le moins cher
possible. En fonction des rencontres entre ces agents, les prix des biens disponibles
vont changer. Etant donné que nous considérons que les unités échangées sur le
marché sont identiques du point des vues des trois caractéristiques, les échanges ne
vont se stabiliser que quand le marché atteint un prix unique auquel tous les
consommateurs qui voulaient acheter le bien à ce prix pourront le faire et tous les
vendeurs qui voulaient le vendre à ce prix trouveront un acheteur : les décisions
d'achat et de vente seront parfaitement compatibles dans ce cas et nous appelons un
tel état du marché l'équilibre du marché et le prix correspondant, le prix
d'équilibre.

1.5 Analyse Statique comparative et analyse Dynamique


La statique comparative étudie et compare deux ou plusieurs positions d’équilibre
sans se préoccuper des raisons du passage d’un équilibre à un autre. Elle fait
abstraction du temps et repose sur l’hypothèse que les variables économiques
s’adaptent instantanément et automatiquement les unes les autres.
La Dynamique est une méthode d’analyse du comportement de l’économie ou de
certaines variables économiques dans le temps. Elle tient compte du temps qui est
une force sans laquelle il n’y a pas de mouvements et elle permet de mettre en
évidence la notion de décalage, de retard ou de délais.

1.6 Economie normative et économie positive


Le raisonnement économique peut être conduit selon une approche normative ou
positive :
- L’économie normative :
Elle étudie ce qui devrait être ou comment les problèmes économiques qui se posent
à une société devraient être résolus. Elle vise la recommandation des changements
en matière de politique économique.
- L’économie positive :
C’est l’économie telle qu’elle se présente, c’est-à-dire ce qui est. Elle a pour but
d’apporter des explications objectives ou scientifiques du fonctionnement e

3
l’économie. En d’autres termes elle étudie ce qui est, ou comment les problèmes
économiques qui se posent à une société sont résolus dans les faits. Elle décrit les
faits et le fonctionnement de l’économie.

La suite du cours s’organise de la manière suivante :


Première partie : Théorie du consommateur
Chapitre 1 : Utilité et préférence du consommateur
Chapitre 2 : La demande du consommateur
Deuxième partie : Théorie du producteur
Chapitre 3 : Théorie de la production
Chapitre 4 : Fonction de coût
Troisième partie : Introduction à la notion de marché
Chapitre 5 : Le marché de Concurrence Pure et Parfaite
Chapitre 6 : Le marché de monopole

4
Chapitre 1 : Utilité et préférence du consommateur
Dans une économie de marché, les décisions de consommation prises par l’individu
occupent une place fondamentale, car ce sont elles qui orientent les décisions de
production prises par les entreprises. Il est donc important de déterminer la manière dont
les consommateurs font leur choix.
I- Utilité et Fonction d’utilité
L’utilité c’est la satisfaction qu’on retire de la consommation d’un bien. Cette utilité a fait
l’objet de débat dans la théorie microéconomique entre d’une part les auteurs comme
Menger, Stanley Jevons, Marshall, Walras et d’autre part des auteurs comme John Hicks,
Samuelson, Pareto et Slutsky.
Selon les premiers (tenants de l’utilité cardinale), l’utilité est mesurable, quantifiable.
Selon eux, l’on peut attribuer à chaque combinaison de biens correspond un nombre qui
mesure le degré de satisfaction que l’on retire de la consommation de ce bien. L’utilité
cardinale tire son nom des nombres cardinaux c’est-à-dire qui exprime des quantités
permettant de se faire des comparaisons. Par exemple si le bien A procure au
consommateur une utilité de 6 et que le bien B lui procure une utilité de 10, alors le
consommateur doit pouvoir retirer plus de satisfaction avec le bien B que le bien A.
A partir de l’utilité, nous pouvons dégager la notion d’utilité marginale. Elle se définit
comme étant l’utilité additionnelle ou supplémentaire que le consommateur retire de la
consommation d’une unité additionnelle ou supplémentaire d’un bien.
L’utilité totale est l’utilité maximale que le consommateur retire de la consommation d’un
bien.
1.1 L’utilité totale et le problème d’indépendance des utilités des différents
biens
Selon les auteurs marginalistes (Jevons et Walras), les utilités des différents biens sont
considérés comme indépendants les unes des autres. Selon l’hypothèse de
l’indépendance totale des utilités, pour un consommateur, l’utilité totale U 1 d’un bien X1
varie en fonction des quantités consommées X1 de ce bien, mais cette utilité est
indépendante des quantités des autres biens. Pour ces auteurs, la satisfaction totale retiré
de la consommation des biens X1, X2, X3,……, Xn est UT = U(X1) + U(X2)+….+U(Xn)
Cette hypothèse d’indépendance des utilités a été critiquée et qualifiée d’irréaliste et
insoutenable car certains biens sont mieux consommés en association ou certains biens
certains biens sont complémentaires. Il faut donc souligner l’interdépendance des biens
et l’on ne peut construire une fonction d’utilité isolée pour chacun des biens. Ces limites
de l’utilité cardinale ont conduit à son abandon et au développement d’une théorie
alternative à savoir l’approche ordinale de l’utilité.

5
1.2 L’utilité marginale et la loi de l’utilité marginale décroissante
L’utilité marginale est l’utilité supplémentaire que le consommateur retire de la
consommation d’une unité supplémentaire d’un bien. La loi de l’utilité marginale
décroissante stipule qu’au fur et à mesure que l’on consomme un bien donné, l’utilité
marginale décroît.
1.3 Représentation graphique de l’utilité totale et marginale

II- Analyse Ordinale des utilités et les courbes d’indifférence


Cette approche a été développée par des auteurs contemporains (John Hicks, Pareto,
Samuelson, Slutsky). Le point de départ de cette théorie moderne du consommateur
réside dans l’hypothèse préférence-indifférence ou postulat de rationalité. Le
consommateur rationnel doit éviter les situations de contradiction. Ce qui implique une
cohérence dans ses choix. En tant qu’agent rationnelle, le consommateur suit dans ses
décisions, trois axiomes fondamentaux qui garantissent le choix rationnel.
2.1 Axiomes
2.1.1 Axiome 1 : Hypothèse de possibilités permanentes de classement par
ordre de préférence
Etant donné deux ensembles de biens A et B, le consommateur peut adopter l’une des
positions suivantes :
- A > B (je préfère A à B)

6
- A < B (je préfère B à A)
- A ≈ B (le consommateur est indifférent entre A et B)
Cet axiome signifie que les consommateurs ne sont pas paralysés par les décisions. Ils
comprennent complètement les choix opérés et peuvent toujours décider de la désirabilité
d’une alternative par rapport à une autre. Selon cet axiome, le souci n’est pas de savoir
si l’utilité d’un ensemble de biens A est deux fois plus grande qu’un ensemble de biens B.
Il s’agit d’un classement ordinal : préférence et indifférence.
2.1.2 Axiome 2 : La transitivité
Etant donné, trois ensembles de biens A, B et C. si A > B et que B > C alors A > C. Selon
cet axiome de transitivité, les individus rationnels ne font pas de choix contradictoires mais
plutôt cohérents.
Ainsi, sur la base des deux axiomes précédents, les individus peuvent alors faire un
classement de tous les ensembles de biens du plus élevés au moins désiré.

2.1.3 Axiome 3 : la non satiété


Cet axiome suppose que le consommateur préfère plus d’un bien que moins. Il affirme
qu’entre un panier plus petit et un panier plus gros, le consommateur préfère toujours le
plus gros. Ainsi, si on peut écrire que qA1 > qB1 et qA2 > qB2 alors A > B

2.2 Courbes d’indifférence


La courbe d’indifférence est l’ensemble des combinaisons de biens qui procurent au
consommateur le même niveau de satisfaction.
Soit un panier X de biens et T un autre panier de biens, et Ix, IT les courbes d’indifférence
correspondantes telle que :

Ces courbes présentent les propriétés suivantes :

7
❖ Les courbes d’indifférence ont une pente négative.
❖ Les courbes d'indifférence correspondant à des niveaux différents de satisfaction
ne peuvent se couper.
❖ Plus une courbe d’indifférence est élevée, plus le niveau d’utilité est élevé.
❖ Les courbes d’indifférence sont convexes par rapport à l’origine.

III- La contrainte budgétaire


Prenons à nouveau le cas simple de deux biens de consommation : X 1 et X2. Leurs prix
sont respectivement P1 et P2. Le revenu du consommateur est m. Si le consommateur
achète le panier X = (X1, X2), nous pouvons facilement calculer les dépenses
correspondantes :
P1 X1 : dépenses en bien 1
P2 X2 : dépenses en bien 2
p1 x1 + p2 x2 ≤R : Contrainte budgétaire
Tous les paniers vérifiant cette contrainte forment l'ensemble de budget du
consommateur. Comme l'utilité du consommateur va en général être croissante avec la
consommation des biens, il aura tendance à dépenser la totalité de son revenu en
consommation de biens dans ce monde statique où l'épargne ne sert à rien. On
s'intéresse par conséquent souvent à la frontière de l'ensemble de budget :
p1 x1 + p2x2 = m désigne la droite de budget dont la représentation est la suivante :

8
3.1 Interprétation économique de l’ordonnée à l’origine et de la pente de la
Droite
❖ Ordonnée à l’origine
C’est la quantité de bien X2 que l’individu peut obtenir s’il consacre tout son revenu à
l’acquisition de ce bien (X1 = 0).
❖ La pente de la droite de budget
Toute pente traduit l’augmentation négative du bien X 2 quand le consommateur acquiert
une unité supplémentaire du X1.
3.2 Impact d’une variation de prix et de revenu pour la droite de budget
❖ Si P1 diminue, le revenu et le prix P2 étant constants
Quand le prix du bien X1 augmente c’est-à-dire P’1 > P1, on observe un déplacement de
la droite de budget vers la gauche. Voir figure ci-dessous :

Effet d’une augmentation du prix du bien X1


❖ Si le revenu augmente ou diminue, les prix des biens restant inchangés
Lorsque le revenu du consommateur augmente (diminue), les prix des biens restant
inchangés, on observe un déplacement parallèle vers la droite (la gauche) de la droite de
budget. Voir figure suivante :

Effet d’une variation du revenu du consommateur

9
IV- Le choix du consommateur
Après avoir introduit la représentation des contraintes du consommateur et celle de ses
préférences, considérons maintenant le problème du choix du consommateur. Il doit
choisir le panier qu'il préfère à tous les autres parmi les paniers qu'il peut acheter avec
son revenu :
Max x1, x2 U (x1, x2)
S/C. p1 x1 + p2x2 = m
Le point E est l'optimum du consommateur. Il correspond à l'utilité la plus élevée possible
(U*) qu'il peut atteindre étant donné son revenu.
E = (x1*, x2*) :
- E est sur la droite de budget : p1 x1* + p2x2* = m;
- E est le point de tangence entre une courbe d'indifférence et la droite de budget.
Pour les préférences normales ces deux conditions sont suffisantes pour déterminer
l'optimum du consommateur. Si les préférences sont normales alors l'optimum doit
correspondre à un point de tangence entre la droite de budget et une courbe
d'indifférence.

10
CHAPITRE II : LA FONCTION DE DEMANDE
Les concepts d’utilité et de préférence ont permis de définir le comportement rationnel
d’un agent économique : le consommateur ou le ménage par rapport aux biens
consommés ainsi que le niveau de satisfaction ressenti.
De même nous rechercherons à établir un lien entre les prix des biens consommés, les
quantités demandées et le revenu monétaire (R) limité du ménage. On montrera ensuite
comment le revenu monétaire limité (R) et le niveau des prix déterminent la nature et
quantité des biens qui lui sont disponibles.

I- Les fonctions de demande Marshallienne ou ordinaire


1- Rappels sur la notion de revenu et de droite de budget du ménage
✓ Notion de salaire et de contrainte budgétaire
Le salaire se formalise comme le produit d’un taux de rémunération noté (w) par une
quantité de travail fournie notée (L). Donc le revenu de type salarial R=wL. Ce revenu est
dépensé en partie en achetant certaines quantités de bien X 1, X2,..,Xn au prix P1, P2,..,Pn.
On obtient ainsi la consommation en valeur.
Consommation en valeur = 𝒑𝟏 𝒙𝟏 + 𝒑𝟐 𝒙𝟐 +. . . . +𝒑𝒏 𝒙𝒏 = ∑𝑵
𝒏=𝟏 𝒑𝒏 𝒙𝒏

✓ L’équation de budget (contrainte budgétaire)


Elle indique l’éventail de toutes les différentes combinaisons de X 1 et X2 que le
consommateur peut acheter compte tenu de son revenu (R) limité et des prix P1 et P2 des
deux biens X1 et X2.
L’ensemble des consommations possibles C est alors défini par les relations suivantes :
𝑝1 𝑥1 + 𝑝2 𝑥2 ≤ 𝑅, 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑥1 , 𝑥2 ≥ 0
2
𝐶 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝐼𝑅+ /𝑝1 𝑥1 + 𝑝2 𝑥2 ≤ 𝑅, 𝑥𝑖 ≥ 0}
Le consommateur doit dépenser P1X1 à l’achat de X1 et P2X2 à l’achat de X2 ; la somme
de ces deux dépenses doit être inférieure ou égale à son revenu (R).

2- Définition
Toute fonction de demande qui est dérivée du processus de maximisation de l’utilité sous
la contrainte du budget en situation de concurrence est appelée fonction de demande
marshallienne ou ordinaire.
En général, on suppose que le consommateur consomme deux biens en quantité X1 et X2
dont il tire le maximum de satisfaction. Son problème est donc un problème d’optimisation.
De cette optimisation, nous obtiendrons les fonctions de demande Ordinaires ou
Marshalliennes.
11
Soit R le revenu disponible du consommateur et le système de prix suivant P= (P1,
P2,………, Pn).

✓ Hypothèses
- Le revenu R est entièrement dépensé pour l’achat des biens. Il ne fait pas
d’épargne et n’a aucune possibilité d’emprunt (𝑅 = ∑𝑛𝑖=1 𝑃𝑖 𝑋𝑖 )
- Le consommateur est price-taker.

3- Détermination des fonctions de demande marshallienne


Soient U(X1, X2, X3,………, Xn) la fonction d’utilité du consommateur ; P= (P1, P2, P3,
………, Pn) le système de prix des biens X1, X2, X3, ….., Xn et R le revenu du
consommateur.
L’objectif du consommateur est de maximiser son utilité sous contrainte de son revenu.
𝑀𝑎𝑥𝑈(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 , . . . . . , 𝑥𝑛 )
Le programme s’écrit : {
𝑆/𝑐𝑅 = 𝑃1 𝑥1 + 𝑃2 𝑥2 + 𝑃3 𝑋3 +. . . . . . . . . +𝑃𝑛 𝑥𝑛
Pour la résolution d’un tel programme, nous allons utiliser deux méthodes : la méthode
de substitution et la méthode de Lagrange.

La méthode de substitution

Application :
Considérons le programme initial :
Max U(X1, X2) = X1.X2
S/C R = X1P1 + X2P2
Etape 1 : exprimer X2 en fonction de X1 à partir de l’équation de la droite de budget.
R – X1P1 – X2P2 = 0
X2P2 = R - X1P1
X2 = (R - X1P1) / P2 = R/P2 – (X1P1) / P2 (1)
Etape 2 : remplacer l’équation (1) dans la fonction d’utilité du consommateur.
U(X1, X2) = X1.X2
U (X1) = X1 [R/P2 - (X1P1)/P2]

12
U (X1) = (X1R)/P2 – (X12P1)/P2 (2)
Etape 3 : poser que la dérivée première de l’équation (2) est égale à zéro
U’X1 = 0 ↔ R/P2 – (2X1P1)/P2 = 0
(2X1P1)/P2= R/P2

X1 = R/(2P1) (3)

Etape 4 : remplacer l’équation (3) dans l’équation (1) pour obtenir au final X 2
X2 = R/P2 – (X1P1) / P2
X2 = R/P2 - [[R/(2P1)] P1] / P2

X2 = R / (2P2)
(4)

La méthode du multiplicateur de Lagrange


Utilisons les mêmes données de l’application précédente pour déterminer les fonctions
de demande marshallienne par la méthode de Lagrange.
Etape 1 : écrire l’équation de Lagrange
L (X1, X2, λ) = U (X1, X2) + λ [R – X1P1 – X2P2]
L (X1, X2, λ) = X1.X2 + λ [R – X1P1 – X2P2]
Etape 2 : poser que les dérivées premières de l’équation de Lagrange sont nulles et
déterminer les expressions de « λ »
L’X1 = 0 ↔ X2 – λ P1 = 0 → λ = X2 /P1 (1)
L’X2 = 0 ↔ X1 – λ P2 = 0 → λ = X1 /P2 (2)
L’λ = 0 ↔ R – X1P1 – X2P2 = 0 (3)
Etape 3 : Poser l’égalité entre l’équation (1) et l’équation (2)
(1) = (2) ↔ X2 /P1 = X1 /P2 et X2 = (X1 P1)/P2 (4)
Etape 4 : remplacer l’équation (4) dans l’équation (3)
R – X1P1 – X2P2 = 0
R – X1P1 – [(X1 P1) /P2] P2 = 0
R – X1P1 – X1P1 = 0

13
R - 2 X1P1 = 0
(5)
X1 = R/ (2 P1)

Etape 5 :
Déterminer à présent X2 à partir de l’équation (4), en remplaçant X1 par son expression
dans l’équation (4).
X2 = (X1 P1) /P2 = [R/ (2 P1)] P1 / P2

X2 = R/ (2 P2)

Ainsi, on a : X*1= X1 = R/(2 P1) et X*2= X2 = R/(2 P2) les quantités de biens X1 et X2 qui
maximisent la satisfaction (utilité) du consommateur.

NB : Les quantités optimales (X*1 et X*2) obtenues à l’issue de la résolution de chacune


des méthodes, sont appelées fonctions de demande Marshallienne ou fonctions de
demande ordinaire.

3- Propriétés de fonction de demande marshallienne


Les fonctions de demande possèdent deux propriétés :
✓ La demande d’un bien est généralement une fonction univoque des prix et du
revenu. Puisque les courbes d’indifférence sont convexes, on ne peut avoir qu’un
minimum ; donc une seule combinaison de biens correspondant à une distribution donnée
de prix et de revenu.
✓ La seconde propriété stipule que les fonctions de demande sont homogènes de
degré zéro (0) par rapport aux prix et au revenu. C'est à dire que si tous les prix et le
revenu subissent des variations de même pourcentage, la quantité reste inchangée. Le
degré d’homogénéité zéro signifie que le consommateur ne se conduira pas comme s’il
était plus riche (ou plus pauvre) en termes de revenu réel si son revenu nominal et les
prix augmentent dans la même proportion. En effet, une augmentation de revenu
monétaire est désirable pour le consommateur (ceteris paribus) mais son bénéfice est
illusoire si les prix se modifient proportionnellement. Donc de telles augmentations
laissent le comportement du consommateur inchangé : il n’est pas victime d’illusion
monétaire.

14
II- La courbe Consommation-Prix et la courbe Consommation-Revenu

1- La courbe Consommation-Prix
La courbe prix-consommation est la liaison entre la variation du prix d’un bien et les
quantités consommées de ce bien, le revenu et les prix des autres biens étant constants.
Graphiquement, la droite de budget pivote autour du point d’ordonnées R/P 2, dans le sens
inverse des aiguilles d’une montre si le prix P1 du bien X1 baisse, et dans le sens des
aiguilles d’une montre si le prix P1 de X1 augmente (le prix P2 du bien X2 restant inchangé,
la droite de budget coupe toujours l’axe des ordonnées pour X*2=R/P2). Si le prix P1 de X1
diminue, la pente de la courbe de budget baisse car le rapport P1/P2 diminue. Ce résultat
a une interprétation économique simple : si le prix P1 de X1 baisse, la quantité de X1
consommée augmente, toutes choses égales par ailleurs.
Compte tenu de la nouvelle contrainte de budget, le nouvel optimum est le point de
tangence de la nouvelle droite de budget avec une courbe d’indifférence plus haute dans
la carte d’indifférence. La jonction des optima obtenus pour les différents prix de X
constitue la courbe de prix-consommation.

Figure 1 Courbe Consommation-Prix

2- La courbe Consommation-Revenu ou chemin d’expansion du revenu


Lorsque le revenu de l’agent économique varie, la droite de budget se déplace
parallèlement à elle-même vers le plus haut ou vers le bas selon que le revenu augmente
ou diminue (les prix nominaux restant constants).

15
Les points de tangence entre les droites de budget ainsi déterminées et les courbes
d’indifférence correspondent à de nouveaux points d’équilibre du consommateur. La
droite reliant ces différents points d’équilibre (𝐸; 𝐸 ′ ; 𝐸 ″ )est appelée courbe de
consommation-revenu.
On peut ainsi définir la courbe de consommation-revenu comme une courbe qui indique
les différentes combinaisons de biens X1 et X2 achetés à différents revenu (les prix
nominaux restant constants).

De la courbe de consommation-revenu, l’on peut tirer une courbe qualifiée de courbe


d’Engel. En effet, la courbe d’ENGEL est étroitement liée à la courbe de consommation-
revenu. La courbe d’ENGEL traduit la relation entre la quantité d’équilibre achetée d’un
bien et le revenu monétaire du consommateur (ou bien les dépenses effectuées sur ce
bien).
La courbe d’Engel est généralement croissante, mais elle peut prendre d’autres formes
(cas de substituts parfaits ; de compléments parfaits, les préférences Cobb-Douglas, les
préférences quasi-liénaires)1. En particulier, elle peut être une droite ou une courbe
croissante à taux décroissant. La forme de la courbe est liée à la valeur de l’élasticité-
revenu de la demande.
Cette courbe permet de repérer les comportements de consommation face à des
modifications du revenu et de classifier les biens en trois catégories :
✓ Un bien normal est un bien dont la consommation augmente (ou diminue) lorsque
le revenu s’accroît (baisse), toutes choses égales par ailleurs.

1
Voir Introduction à la microéconomie de Harl R. Varian (1997), p108 à 113.

16
✓ Un bien inférieur est un bien dont la quantité consommée diminue
(augmente) lorsque le revenu croît (baisse), toutes choses égales par
ailleurs.

- Fonction d’utilité indirecte, identité de ROY, fonction de demande compensée et


Lem de Shephard.

1 - La fonction d’utilité indirecte


Supposons le programme primal suivant :
𝑀𝑎𝑥𝑈(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 , . . . . . , 𝑥𝑛 )
{
𝑆/𝑐𝑅 = 𝑃1 𝑥1 + 𝑃2 𝑥2 + 𝑃3 𝑋3 +. . . . . . . . . +𝑃𝑛 𝑥𝑛
Dont la résolution nous donne les fonctions de demande Marshalliennes suivantes :
𝑥 ∗1 (𝑃1 , 𝑃2 , . . . , 𝑃𝑛 , 𝑅), 𝑥 ∗ 2 (𝑃1 , 𝑃2 , . . . , 𝑃𝑛 , 𝑅), . . . . . , 𝑥𝑛∗ (𝑃1 , 𝑃2 , . . . , 𝑃𝑛 , 𝑅)

17
En remplaçant ces fonctions de demande marshalliennes dans la fonction d’utilité du
consommateur, on obtient la fonction d’utilité indirecte notée V(.).
Elle met en relation le niveau d’utilité, les quantités consommées de biens et le revenu du
consommateur.
𝑉(𝑃1 , 𝑃2 , . . . . , 𝑃𝑛 , 𝑅) = 𝑈 ∗ [𝑥1∗ (𝑃1 , 𝑃2 , . . . . , 𝑃𝑛 , 𝑅), 𝑥1∗ (𝑃1 , 𝑃2 , . . . . , 𝑃𝑛 , 𝑅), . . . . , 𝑥𝑛∗ (𝑃1 , 𝑃2 , . . . , 𝑃𝑛 , 𝑅)]

2- L’identité de ROY
Les fonctions de demande ordinaires ou marshallienne peuvent s’obtenir à partir d’une
fonction d’utilité indirecte.
𝛥𝑉 𝛥𝑉
∗ 𝛥𝑃𝑥 ∗ 𝛥𝑃𝑦
𝑋 =− 𝛥𝑉 , 𝑌 =− 𝛥𝑉
𝛥𝑅 𝛥𝑅

3- Les fonctions de demande compensées ou hicksiennes

Les fonctions de demande hicksiennes ou compensées sont obtenues en minimisant la


dépense c'est à dire :
𝑀𝑖𝑛𝑃1 𝑥1 + 𝑃2 𝑥2 +. . . . . +𝑃𝑛 𝑥𝑛
{
𝑆/𝑐 𝑈0 = 𝑈(𝑥1 , 𝑥2 , . . . . . , 𝑥𝑛 )
La résolution de ce programme permet d’obtenir des fonctions de demande appelées
fonctions de demande Compensées ou Hicksiennes. Elles sont fonction des prix des
biens et du niveau d’utilité à atteindre par le consommateur.

5- Le Lemme de Shephard
La fonction de dépense des consommateurs est dérivée de la fonction de demande
compensée. Le Lemme de Shephard permet d’obtenir les fonctions de demande
compensées, une fois que la fonction de dépenses est connue.
𝝏𝑫 𝝏𝑫
𝑿∗∗ = 𝝏𝑷 , et 𝒀∗∗ = 𝝏𝑷 qui désigne la fonction de dépense ou de coût du consommateur.
𝒙 𝒚

18
Chapitre III : LA THEORIE DE LA PRODUCTION
La théorie de la production traite de la courbe d’une entreprise produisant un bien. Il s’agit
pour l’économie de savoir quel bien produire, combien d’unité doit produire l’entreprise
pour maximiser son profit et quelle combinaison de facteurs de production ou d’inputs ou
intrants utiliser dans la production de ces biens. La théorie de la production traite de la
courbe d’offre de la même manière que la théorie du consommateur a traitée de la courbe
de demande. Dans ce chapitre, nous, nous intéresserons, d’une part, à la fonction de la
production à une variable (fonction de production de court terme) et d’autre part à une
fonction de production ou tous les facteurs de production sont variables (fonction de
production de long terme).

I- La fonction de production
1- Définition
Une fonction de production est une relation technique entre les inputs (facteurs de
production) et l’output (produit). Elle exprime la quantité maximale de produits capable
d’être obtenue par un ensemble d’intrants donné par un état de technologie donné. On
appelle fonction de production, la relation existante entre le niveau de facteurs de
production utilisé et le niveau de la production obtenu. Il existe deux grands types de
fonction de production :
- La fonction de production de court terme
- La fonction de production de long terme.
On appelle fonction de production de court terme, la fonction de production dans laquelle
un des facteurs de production est variable et tous les autres facteurs de production restent
fixes. Et une fonction de production de long terme, une fonction de production dans
laquelle tous les facteurs de production sont variables en même temps.
De manière générale la fonction de production se présente comme suite :

Y = f ( X1 , X 2 ,.............., X n ) , où Y est la fonction de production

X1 , X 2 ,.............., X n → sont les inputs ou facteurs de production.

Pour des besoins de simplicité, nous allons considérer seulement deux facteurs de
production : le capital (K) et le tarvail (L).

Y = f ( K , L) → fonction de production de court terme


Y = f ( K , L) 
Y = f ( K , L) → fonction de production de long terme

19
2- Rendement d’un facteur de production
Ici nous allons supposer qu’un des facteurs de production est fixe, en occurrence le
facteur capital (K) et que le facteur travail (L) est variable. En effet, il s’agit d’étudier l’effet
sur la production de la variation d’un facteur de production.
a- Productivité moyenne (PM)
On appelle productivité moyenne d’un facteur de production, le rapport du volume de
production au volume du facteur de production utilisé. On aura :

f ( K , L)
PM L = PAL =
L
b- Productivité marginale (Pm)
On appelle productivité marginale d’un facteur de production, la limite vers laquelle tend
le rapport de l’accroissement de la production à l’accroissement du facteur considéré
lorsque ce dernier accroissement tend vers zéro. En d’autres termes, c’est la production
supplémentaire obtenu de l’augmentation supplémentaire du facteur de production
variable.

Y
Pmi =
X i
3- Fonction de production à deux variables
Ici, nous avons une fonction de production de long terme c’est-à-dire une fonction de
production où tous les facteurs de production sont variables, en occurrence les facteurs
capital (K) et travail (L).
les isoquants : définition et propriétés
Un isoquant est une courbe qui représente les différentes combinaisons de facteur de
production que l’on peut utiliser pour obtenir un niveau donné d’output.

20
Propriétés
- les isoquants sont convexes par rapport à l’origine ;
- deux isoquants ne peuvent pas s’intersecter
- l’isoquant le plus élevé indique un niveau élevé de produit ;
- les isoquants sont de pente négative.

4- Le taux marginal de substitution technique (TMST)


Le TMST entre deux facteurs de production (K et L) est le rapport entre une variation du
facteur capital qu’il est possible d’abandonner pour obtenir une variation du facteur travail
pour maintenir constant le niveau de production.
PmL K
TMSTL / K = =−
PmK L

f (K , L) f (K , L)
PmL = PmK =
Avec : L et K

5- La fonction de production Cobb-Douglas et les rendements d’échelle


Dans l’analyse de la courbe d’isoquant et conséquemment dans la détermination du
TMST, nous avons examiné les propriétés de substitution entre le capital et le travail en
maintenant le niveau de d’output constant.
Mais dans la réalité, il nous faut plutôt examiner une variation simultanée du capital et du
travail sur le niveau de l’output qui est aussi variable. L’impact de tous les facteurs de
production sur le niveau de l’output s’appelle les rendements d’échelle, qui peuvent être
croissant, constant ou décroissant.

Q = F ( K , L) = AK  L
m 1
F (mK , mL) = A(mK ) (mL)  = m +  F ( K , L) = m +  Q
 +  =1  rendement d ' echelle cons tan t
 +  1  rendement d ' échelle decroissant
 +  1  rendement d ' echelle croissant

21
II- La combinaison optimale des facteurs de production
L’un des problèmes auxquels fait face constamment l’entrepreneur est la combinaison
des facteurs de production pour produire un niveau donné de production. Dans cette
section, nous allons voir comment ce dernier combine les facteurs afin de maximiser son
profit.

1- La droite d’isocoût
Tout comme la droite de budget chez le consommateur, la courbe d’isocoût joue un rôle
important dans le choix optimal du producteur. Une courbe d’isocoût montre différentes
combinaisons de deux facteurs de production que la firme peut acquérir pour un niveau
donné de dépense.
Comment représente-t-on la courbe d’isocoût ?
Soit « w » le coût unitaire du facteur travail, « r » le coût unitaire du facteur capital, « C »
le coût total auquel l’entreprise fait face au cours de l’acquisition des facteurs de
production.
C = wL + rK
C w
K = + L (équation de la droite d ' isocoût )
r r

2- Choix optimal d’inputs


Pour produire un niveau donné d’output, la firme choisira les combinaisons de facteurs
qui minimisent ses coûts de production car c’est seulement dans ce cadre qu’elle
maximisera son profit. Ainsi, un producteur essayera de produire un niveau donné
d’output en utilisant des quantités de facteurs de production qui minimisent ses coûts de
production. Cela est une situation optimale pour lui.

Pour produire Q , la combinaison des facteurs qui permet d’obtenir un prix minimal est le
point de tangence entre l’isoquant et la droite d’isocoût.

22
Pour combiner ces facteurs de production afin d’avoir un profit maximal, l’entreprise va
soit minimiser ses coûts pour un niveau donné de production ; soit elle va maximiser sa
fonction de production pour un niveau donné de coût (c’est la dualité en production).

Q = f ( K , L) et C = wL + rK
Min C = wL + rK Max Q = f ( K , L)
 
S / C f ( K , L) = Q ou S / C C0 = wL + rK
A l’optimum on a :

PmL dK w
TMSTLK = =− =
PmK dL r
Le producteur maximise son profit soit :
- Quand il minimise les coûts pour atteindre un niveau donné de production ;
- Soit il maximise la production sous la contrainte d’un niveau donné de coût. Pour
cela le producteur atteint le profit maximum quand le rapport des productivités
marginales des facteurs est égal au rapport des coûts unitaires des facteurs.
Le sentier d’expansion est obtenu à partir de l’égalité des rapports des productivités
marginales des facteurs de production et des rapports des coûts unitaires des facteurs.

3- Application
La fonction de production d'une entreprise est : Q = 2 K0,5L0,5. Avec Q la quantité produite,
K, le nombre d'heures d'utilisation d'une machine et L, le nombre d'heure de travail par un
ouvrier. Le taux de salaire est de 20 EUR par heure de travail. Le coût de location de la
machine est de 10 EUR par heure.
1) Rappelez la définition d'une courbe d'isoquant.

23
2) La production actuelle de l'entreprise est de 20 unités (Q = 20). Déterminez les
coordonnées de l'isoquant dans un tableau pour K = 1 ; K = 2 ; K = 3 ; K = 4 ; K = 5 ; K =
8 ; K = 10 ; K = 12,5 ; K = 25.
3) Rappelez la définition d'une droite d'isocoût. Pour chaque combinaison capital -
travail évaluée à la question 2, calculez le coût total.
4) Déduisez de la question précédente, la combinaison capital-travail qui minimise les
coûts. Quel est alors le coût total ? Ecrivez la formule de la droite d'isocoût.
5) Rappelez les définitions et les formules des productivités marginales du capital
(PmK) et du travail (PmL).
6) Rappelez la définition du Taux Marginal de Substitution Technique (TMST) des
heures de travail en heures de capital.
7) A partir de la formule que vous devez connaître : TMST = PmL / PmK ; montrez
que le TMST = K/L.
8) A partir de la relation entre le TMST et les prix relatifs des facteurs, déterminez les
quantités optimales de capital et de travail pour Q = 20 puis pour Q = 12.

Correction :
1- Un isoquant est une courbe qui représente les différentes combinaisons de facteur
de production que l’on peut utiliser pour obtenir un même niveau donné d’output.
2- Pour Q0 = 20, déterminons les coordonnées de l’isoquant dans le tableau ci-
dessous :
Q = Q0 → 2 K0,5L0,5 = 20
𝟏𝟎𝟎
Alors 𝑳 = 𝑲

L 100 50 33,33 25 20 12,5 10 8 4


K 1 2 3 4 5 8 10 12,5 25

3- La droite d’isocoût est représentation qui montre les différentes combinaisons de


deux facteurs de production que la firme peut acquérir pour un niveau donné de
dépense.
4- Pour chaque combinaison capital-travail de la question 2, calculons le coût total :
CT = wL + rK = 20 L + 10 K

24
L 100 50 33,33 25 20 12,5 10 8 4
K 1 2 3 4 5 8 10 12,5 25
CT 2010 1020 696,6 540 450 330 300 285 330

5) La productivité marginale du capital représente la variation de la production


engendrée suite à une augmentation supplémentaire du facteur capital (outils,
machines……).

La productivité marginale du travail représente la variation de la production engendrée


suite à une augmentation supplémentaire de moyens humains.

6) Le Taux Marginal de Substitution Technique de L pour K (TMSTLK) mesure le


nombre d’unités de facteurs K que l’on peut retrancher pour maintenir le même niveau de
production, après avoir ajouté une unité du facteur L.
7)
f ( K , L)
TMSTL = L = PmL = K
K f ( K , L) PmK L
L

8) A partir de la relation entre le TMST et les prix relatifs des facteurs, déterminez les
quantités optimales de capital et de travail pour Q = 20 puis pour Q = 12

Min C = wL + rK (coûts des facteurs)



 s / c f ( K , L) = Q ( fonction de production)

l (K , L, ) = wL + rK +  Q − f (K , L)
Le lagrangien nous donne :
A l’optimum nous avons :
f ( K , L)
L = PmL = w
f ( K , L) PmK r
L

Pour Q = 2 K0,5L0,5; w=20 et r = 10 on a: K = 2 L

25
En remplaçant K par son expression dans la contrainte, on obtient les solutions suivantes :

Q 5
L* = 3
K* = 2 2 Q
2
2
Pour Q = 20, on a :

L* = 7,072 K * = 14,14

26
CHAPITRE IV : LES FONCTIONS DE COÛTS

Pour produire son output, la firme doit acheter les inputs K et L sur le marché des facteurs
respectivement aux prix « r » et « w ». Ainsi, on peut définir le coût de production comme
étant la somme des dépenses engagées par la firme pour générer l’output. Il est obtenu
à partir de l’objectif principal de la firme, qui est de minimiser ses coûts de production.

1- Minimisation des coûts


Comme nous l’avons vu précédemment, le producteur combine les facteurs de production
de sorte à minimiser ses coûts pour atteindre un niveau donné de production. C’est à
cette condition qu’il maximisera son profit.

Min C = wL + rK (coûts des facteurs)



 s / c f ( K , L) = q ( fonction de production)

l (K , L, ) = wL + rK +  q − f (K , L)
Le lagrangien nous donne :
A l’optimum nous avons :
f ( K , L)
L = PmL = w
f ( K , L) PmK r
L

Application :
Pour q = 100 K0,5L0,5; w=30 et r = 40
Solution :
3
K= L
A l’optimum, on obtient : 4

En remplaçant K par son expression dans la contrainte, on obtient les solutions suivantes :

3 3
L* = q K* = q
150 200
En portant les expressions de L* et de K* dans la fonction de coût, on obtient la fonction
de coût total de l’entreprise :

27
C* = w L* + r K *

4 w 3 +3r 3
C* = q C* = C (r , w, q ) = C * (q)
600

2- Coûts de long terme et coût de court terme

❖ Coût de court terme


En courte période, certains inputs sont utilisables en quantités fixes. Il en est ainsi du
capital technique.

Soit K le facteur fixe noté K , le problème de minimisation devient :


Min C = wL + rK

s / c f ( K , L) = q

Après résolution de ce système, les demandes conditionnelles des facteurs deviennent
dans ce cas :

L* = L* (q, w, r, K ) et K* = K
Et la fonction de coût de court terme s’écrira :

CCT (q, K ) = wL* (q, w, r ) + r K

❖ Coût de long terme


A long terme, tous les facteurs de production sont variables. Cette fois, le programme à
résoudre sera le suivant :

Min C = wL + rK

 s / c f ( K , L) = q
De cette résolution, on obtient la fonction de coût de long terme suivante :

CLT = w L* (q, w, r ) + r K * (q, w, r )


Remarque : Il se dégage de ces fonctions de coûts que, à court terme, la fonction de coût
à une composante variable et une composante fixe ; alors que à long terme, toutes les
composantes de la fonction de coût sont variables.

28
3- Coûts fixe et coût quasi-fixe
Les coûts correspondants aux facteurs de production dont la consommation par la firme
ne dépendent pas du niveau de la production, correspondent aux coûts fixes.
Exemple : coût de construction des bâtiments, coût d’achat des machines
Les coûts qui ne dépendent pas du niveau de production mais qui peuvent être évité en
arrêtant totalement la production sont des coûts quasi-fixes.
Exemple : consommation d’électricité ou de fuel, contrat de location des bâtiments, etc….

4- Les fonctions de coûts


4.1 Le coût moyen (CM)
Le coût moyen nous donne une approximation du coût unitaire de production :

CT Coût Total
CM (q) = =
q quantité produite
Nous savons qu’à court terme, la production se réalise à partir des facteurs variables et
des facteurs fixes avec les coûts correspondants. Par conséquent, nous pouvons
décomposer le coût total de l’entreprise de la manière suivante :
CT (q) = CV (q) + F
C (q) CV (q) + F CV (q) F
CM (q) = T = = +
q q q q
CVM CFM

CV (q)
q
CVM Selon la présence et l’importance des rendements d’échelle croissant, nous
pouvons avoir une zone plus ou moins importante de décroissance des CVM. Mais cette
zone sera suivie d’abord par une constance et ensuite par une zone de décroissance. On
obtient alors une courbe sous forme de U.
Exemple :
𝐶𝑉(𝑞) = 𝑞 3 − 4𝑞 2 + 10𝑞
𝐶𝑉(𝑞) 𝑞 3 − 4𝑞 2 + 10𝑞
𝐶𝑉𝑀(𝑞) = = = 𝑞 2 − 4𝑞 + 10
𝑞 𝑞
⏟3 − 4𝑞 2 + 10𝑞 + 10
𝐶𝑇(𝑞) = 𝑞 ⏟
¨𝐶𝑉 𝐶𝐹

29
𝐶𝑇(𝑞) 𝑞 3 − 4𝑞 2 + 10𝑞 + 10 10
𝐶𝑇(𝑞) = = ⏟2 − 4𝑞 + 10 +
=𝑞
𝑞 𝑞 𝑞

¨𝐶𝑉𝑀
𝐶𝐹𝑀

4.2 Le coût marginal


C’est la dérivée du coût total de production par rapport à la quantité produite :

CT (q)
Cm (q) = = CT '(q)
q
Quel(le) lien ou relation pouvons-nous établir entre l’évolution de CM et celle du coût
marginal (Cm) ?
Pour répondre à cette interrogation, nous partons de la définition du coût moyen et nous
étudions sa variation.
CT (q)
CM (q) =
q
CT (q) CT '(q).q − q '.CT (q)
CM '(q) = =
q q2
CT '(q) CT (q)
= −
q q2
1 CT (q) 
= Cm (q) −
q q 
1
= Cm(q) − CM (q)
q

Ainsi on a :
CM’(q) > 0 alors Cm (q) > CM(q) et la courbe du Coût moyen (CM) est croissante ;
CM’(q) < 0, alors Cm (q) < CM(q) et la courbe du Coût moyen est décroissante ;
CM’(q) = 0, alors Cm (q) = CM(q) et la courbe du coût moyen est constant.

4.3 Coût Moyen et les rendements d’échelle


❖ Lorsque les rendements sont constants, alors le coût total est égal au coût
CM (q)
=0
marginal. C’est-à-dire : q

❖ Lorsque les rendements d’échelle sont croissants, alors les coûts augmentent
moins que proportionnellement à l’augmentation de l’output (les coûts sont
décroissants).

30
CM (q)
0
q
❖ Lorsque les rendements sont décroissants, les coûts de production augmentent
plus que proportionnellement à l’augmentation de l’output (les coûts sont
croissants).

CM (q)
0
q

31
Chapitre 5 : Le marché de concurrence pure et parfaite (CPP)

Le marché de CCP est un marché impersonnel c'est à dire que les agents économiques
n’ont aucun avantage à distinguer le bien offert par une firme par rapport à celui d’une
autre firme. Aussi en régime de CCP, on cherche à savoir comment le prix et la production
sont déterminés.

I- Hypothèses et caractéristiques de la CPP

1- Définition

On dit qu’un marché est en situation de CPP si la concurrence joue des deux côtés du
marché c'est à dire entre offreurs et demandeurs. Ou encore un marché sur lequel aussi
bien les acheteurs que les vendeurs pensent que leurs propres décisions d’achat ou de
vente n’ont aucun effet sur le prix du marché. Dans ce cas, le prix qui était considéré
comme un paramètre devient une variable dont la valeur est déterminée par les actions
conjuguées des acheteurs et des vendeurs.
Le prix du marché est donc indépendant des actions isolées de chaque firme. Il est donc
imposé à la firme. On dit que la firme est price taker.

2- Hypothèse d’un marché de CPP

Un marché de CPP doit satisfaire à cinq conditions à savoir :

✓ Homogénéité du produit
Les produits sont identiques d’un vendeur à un autre. Aussi, les consommateurs sont-ils
identiques pour les vendeurs en ce sens qu’ils ne trouvent aucun avantage ou
inconvénient à vendre leurs produits à un consommateur plutôt qu’à un autre.

✓ Atomicité du marché
Les entreprises et les consommateurs sont nombreux et les ventes ou achats de chaque
unité prise individuellement sont très petits par rapport au volume global des transactions.

32
✓ Libre entrée et sortie du marché
Les agents économiques qui participent à l’offre et à la demande sont libres d’entrer ou
de sortir du marché.

Ces trois premières conditions ci-dessus constituent l’hypothèse de concurrence pure.


A ces trois conditions, on ajoute les deux dernières conditions ci-dessous qui définissent
l’hypothèse de concurrence parfaite.

✓ Mobilité parfaite des ressources


Les facteurs de production sont parfaitement mobiles entre les différents emplois
possibles et les différents secteurs de l’économie. Cette hypothèse s’applique aussi bien
aux producteurs qu’aux consommateurs.

✓ Transparence du marché
Les agents économiques ont une parfaite connaissance des données économiques et
technologiques. En d’autres termes, les entreprises et les consommateurs ont une
connaissance parfaite des prix pratiqués et des offres courantes.

Remarque : en général, aucune industrie ne satisfait à ces 5 critères de CPP, cependant


seul le marché des produits agricoles de cette structure de marché parce qu’il remplit 3
des 5 conditions principales (homogénéité, atomicité, mobilité parfaite des ressources).

II- Offre individuelle et offre de marché


1- Détermination du prix de marché en régime de CPP
Dans un marché de CPP, la détermination du prix de marché est donnée par l’intersection
des courbes d’offre et de demande globales du bien. Ces deux courbes représentent
l’ensemble des producteurs et des consommateurs qui s’affrontent sur le marché.
Ce prix du marché qui est établi par l’ensemble des vendeurs et acheteurs est imposé à
chaque firme individuelle de l’industrie. On dit alors que la firme en CPP est « Price-
Taker ».

33
Figure I : Détermination du prix de marché en CPP
Ce prix de marché ou encore prix d’équilibre est donc celui pour lequel la quantité
demandée est égale à la quantité offerte et permet le plus grand nombre possible de
transactions. Il ajuste donc les quantités demandées et les quantités offertes. De par la
loi de l’offre et de la demande, pour tout prix inférieur au prix d’équilibre, il y aurait plus de
demandes que d’offres et pour tout prix inférieur au prix d’équilibre, il y aurait plus de
demandes que d’offres et pour tout prix supérieur, on aura plus d’offres que de demandes.

2- Détermination de l’équilibre de la branche en période de marché (ou période


de commercialisation)
La branche industrielle regroupe l’ensemble des firmes qui produisent un bien homogène.
En période de marché, la firme individuelle ne peut pas modifier le niveau de production.
Par exemple, si l’entrepreneur décide le matin de produire Q0 et qu’il l’exécute, il passera
le reste de la journée à vendre cette production au prix le plus élevé possible. C’est un
stock donné qu’il vendra. Dans ce cas, la courbe d’offre de marché est une droite verticale.

Figure 2 : Détermination de l’offre et du prix en période de marché


- La quantité produite et vendue est égale à Q0 et la courbe d’offre de marché est
celle en rouge. Cette courbe d’offre définit la quantité offerte par l’ensemble des
firmes de la branche.

34
- Si la demande de marché est D1, le prix d’équilibre sera P1 ; si cette demande
passe à D2, le prix d’équilibre passera à P2 et ainsi de suite.
On constate que quel que soit la position de la courbe de demande, la quantité offerte est
toujours la même. Donc en période de marché, l’offre seule détermine la quantité
d’équilibre et la demande seul le prix d’équilibre du marché. Ce prix d’équilibre rationne
la quantité offerte (Q0) entre les différents acquéreurs qui sont prêts et capables de payer
le prix de marché.
III- Analyse de l’équilibre de la firme dans le court terme

L’analyse de l’équilibre de la firme dans le court terme va consister à déterminer le profit


maximum que peut réaliser l’entrepreneur tout en modifiant le niveau de sa production.
L’approche totale de la maximisation du profit
Elle consiste à déterminer le profit comme la différence entre la recette totale ou revenu
total (RT) et le coût total (CT) d’exploitation de la firme. Le profit sera maximisé pour le
niveau d’output qui maximise la différence entre le RT et le CT.
Condition de maximisation du (  ) en CPP
 = RT − CT ; RT = Pq
 = Pq − C ( q ) − b; CT = C ( q ) + b

Pour maximiser le profit (  ), la condition de premier ordre nous permet d’avoir :


=0
q

= P − C ( q ) = 0  P = Cm
q

La condition du second ordre pour la maximisation de (  ) nécessite que la dérivée


 2
0
seconde c'est à dire  q 2
: ce qui signifie que le coût marginal doit être croissant pour
la valeur de l’output qui maximise le profit.

35
36

Vous aimerez peut-être aussi