La hiérarchie des normes juridiques en France
La hiérarchie des normes est une théorie fondamentale en droit français qui assure la
cohérence et la conformité des règles juridiques dans un système. Introduite par le juriste Hans
Kelsen, cette pyramide hiérarchise les di érentes sources de droit, chaque norme devant
respecter celles qui lui sont supérieures.
Les niveaux de la hiérarchie des normes
1. La Constitution
o La Constitution de 1958 est le texte fondateur de la Ve République. Elle organise
les institutions et fixe les grands principes fondamentaux (séparation des
pouvoirs, souveraineté nationale, etc.).
o Le Conseil constitutionnel vérifie la conformité des lois à la Constitution grâce
au contrôle de constitutionnalité.
2. Les traités internationaux et le droit européen
o Les traités, conventions et accords internationaux ratifiés par la France sont
supérieurs aux lois nationales (article 55 de la Constitution), sous réserve de leur
application réciproque.
o Le droit de l’Union européenne (UE) prime sur le droit national. Les règlements
européens s’appliquent directement, tandis que les directives nécessitent une
transposition dans le droit interne.
3. Les lois
o Adoptées par le Parlement (Assemblée nationale et Sénat), elles encadrent de
nombreux domaines comme les droits civiques, la fiscalité ou encore le droit du
travail.
o Certaines lois doivent respecter des normes spécifiques, comme les lois
organiques qui précisent l’organisation des pouvoirs publics.
4. Les règlements
o Les décrets et arrêtés complètent les lois en précisant les modalités
d’application. Ils émanent du pouvoir exécutif (Président ou Premier ministre
pour les décrets, ministres ou préfets pour les arrêtés).
5. Les décisions individuelles et les contrats
o En bas de la hiérarchie se trouvent les actes administratifs individuels (par
exemple, les permis de construire) et les contrats passés entre particuliers ou
entreprises.
La cohérence et le contrôle des normes
Chaque niveau doit respecter les normes supérieures. En cas de conflit, des mécanismes de
contrôle existent :
Le contrôle de constitutionnalité, exercé par le Conseil constitutionnel.
Le contrôle de conventionnalité, assuré par les juges ordinaires.
Le contrôle de légalité, exercé par les juridictions administratives (comme le tribunal
administratif).