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Trichinillose

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ZOONOSES

Diagnostic de la trichinellose
Patrice Bouréea,*, Jean Dupouy-Cameta

RÉSUMÉ SUMMARY
La trichinellose est une zoonose parasitaire cosmopolite due à l’ingestion de
Diagnosis of trichinellosis
viande de porc, de sanglier, de cheval ou encore d’ours. Elle se manifeste
Trichinellosis is a worldwide parasitic zoonosis, due to
par une association de symptômes : fièvre, diarrhées, œdème de la face
the consumption of poorly cooked pig, boar, horse or
et myalgies. Le diagnostic est suspecté sur une élévation importante des
bear meat. Patients complain of fever, diarrhea, facial
éosinophiles sanguins et des enzymes musculaires, puis confirmé par la
edema and myalgia. The diagnosis is suspected on
sérologie. Plus le traitement par albendazole et corticoïdes est précoce,
an increased level of eosinophil count and muscular
plus il est efficace. La prophylaxie est basée sur le contrôle des viandes
enzymes, and confirmed by serological tests. The soo-
et la cuisson à cœur des viandes.
ner the treatment with albendazole and prednisolone
is introduced, the sooner the symptoms decrease.
Trichinellose – fièvre - myalgies – diarrhées – hyperéosinophilie – porc – cheval.
Prevention is based on pork control and sufficient
cooking of meat at 63 °C.
1. Introduction
Trichinellosis – fever – myalgia – diarrhea –
La trichinellose est une zoonose parasitaire, due à des high eosinophil count – pig – horse.
petits nématodes du genre Trichinella, atteignant plus de
150 espèces d’animaux et l’Homme. L’infestation est due La répartition géographique, autrefois cosmopolite, est
à la consommation de viande parasitée, mal cuite, dont les devenue plus limitée actuellement. Le principal réservoir
muscles renferment des kystes de trichines. Les méthodes est le porc, mais de très nombreux animaux ont été trou-
d’amplification génomiques ont montré qu’il existait plu- vés porteurs de ce parasite [4]. En Europe centrale, le taux
sieurs espèces de Trichinella [1] avec des particularités d’infestation des porcs est faible, de 0,2 à 0,6 %. Dans
épidémiologiques différentes [2] (tableau I), la plus ancienne d’autres pays d’Europe (Suède, Finlande, Suisse, Italie,
connue et la plus répandue étant Trichinella spiralis. Outre Pologne, Roumanie, etc.), les renards sont nettement plus
l’Homme, divers animaux peuvent être infestés par des infestés (de 8 à 30 %), ainsi que d’autres carnivores (loups,
espèces plus rares de trichines, comme T. papuae chez blaireaux, chacals [5], etc.), ce qui entretient le cycle dans
le porc en Papouasie-Nouvelle Guinée, T. zimbabwensis la nature [6]. Dans le grand nord, le réservoir principal est
chez le crocodile ou encore T. patagoniae chez le puma [3]. l’ours, parfois infesté à 79 % [7]. En Amérique latine, la
maladie est endémique, par ingestion de porcs. En Asie,
2. Un vaste réservoir animal des cas rares ont été décrits après consommation de tor-
tues [8], mais la majorité des cas est liée à la consomma-
Des kystes de trichinose (nom donné à l’époque) ont tion de porc au Laos et surtout en Chine où des cas liés
été décelés dans les muscles d’un patient décédé au à la consommation de chiens ont été décrits [9]. Les cas
St Bartholomew Hospital de Londres par Paget en 1835 sont rares en Afrique en raison des habitudes religieuses
et décrits officiellement devant la Zoological Society de (islam) et culinaires (viandes consommées bien cuites),
Londres la même année par Owen. Puis la mise en évidence mais des cas ont été rapportés après ingestion de viande
du cycle a été réalisée par Virchow en 1859 et la patho- de phacochère [10, 11]. Au total, depuis environ 25 ans, il
génicité démontrée par Zenker en 1860, ce qui a très vite y a eu, dans le monde, plus de 65 000 cas déclarés, dont
entraîné le contrôle de la viande de porc. En 1896, Railliet 42 décès [12], répartis dans 41 pays, dont 87 % en Europe
propose le nom de Trichinella, le mot Trichina étant déjà et tout particulièrement en Roumanie [13] (tableau II).
utilisé pour un diptère. En France, la maladie humaine était probablement assez
fréquente au XIXe siècle, bien qu’une seule épidémie ait été
identifiée à Crépy-en-Valois en 1878. Elle est réapparue,
a Service de parasitologie et de mycologie un siècle plus tard dans la région parisienne, touchant 125
Groupe hospitalier universitaire Cochin – Saint-Vincent-de-Paul personnes, mais avec une particularité : l’animal en cause
27, rue du Faubourg Saint-Jacques étant alors le cheval [14]. Puis, 14 épidémies, dues aussi à
75679 Paris cedex 14 la viande de cheval se sont succédé durant les 25 années
suivantes [15] en France et en Italie qui sont les deux prin-
* Correspondance cipaux pays qui apprécient la viande de cheval servie crue
[email protected] sous forme de steak tartare ou de carpaccio. L’enquête a
montré qu’il s’agissait de chevaux importés de Pologne, des
article
ti l reçu le
l 13 avril,
il acceptété le
l 23 avril il 2014.
2014 États-Unis et du Canada. Cette constatation a surpris, car
© 2014 – Elsevier Masson SAS – Tous droits réservés. le cheval n’était pas considéré comme un animal réservoir

REVUE FRANCOPHONE DES LABORATOIRES - JUILLET/AOÛT 2014 - N°464// 71


Tableau I – Caractères épidémiologiques des différentes espèces de trichines.
Type Espèce Géographie Climat Hôtes H
T1 T. spiralis Cosmopolite Varié Porc, chien, chat, renard, cheval +++

T2 T. nativa Holoarctique Froid – espèce résistante au froid Loup, ours ++

T3 T. britovi Eurasie Tempéré – résiste au froid Renard, rat, porc, chacal, sanglier ++

T4 T. pseudospiralis Cosmopolite Tempéré Oiseaux, marsupiaux, porc, sanglier +

T5 T. murrelli Amérique du Nord Tempéré Ours, raton-laveur ?

T6 Proche de T. nativa Amérique du Nord Froid – bonne résistance au froid Ours, loup ?

T7 T. nelsoni Afrique Tropical Hyène, lion +

T8 Proche de T. britovi Afrique du Sud Subtropical Hyène, lion ?

T9 Japon Tempéré Carnivores ?

T10 T. papuae Asie du Sud-est Subtropical Reptiles, porc +

T11 T. zimbabwensis Afrique de l’Est Tropical Reptiles ?

T12 T. patagoniensis Argentine Tempéré Carnivores ?


T. : Trichinella ; H : cas humains.

et nourris avec des carcasses de renards qui sont des réser-


Tableau II – Morbidité et mortalité mondiales
voirs sauvages de T. spiralis et de T. britovi.
de la trichinellose.
Par ailleurs, des cas importés sont encore constatés épi-
Régions Nombre de cas Décès sodiquement, soit après consommation de viande infestée
Afrique 28 1
(ours, phacochère, chacal), les symptômes s’étant déclarés
Amérique 7 179 10 au retour [18] soit après importation de charcuterie arti-
Région méditerranéenne 50 0 sanale consommée en France [19]. Pour mieux surveiller
Europe 56 912 24 l’épidémiologie de cette affection, ont été créés l’ITRC
Asie 1 606 5 (International Trichinella reference center) à Rome en 1988
Région Pacifique 1 344 6
et un CNR (Centre national de référence) à Paris de 2002
Non identifié 86 0
à 2011 à l’Hôpital Cochin.
Total : 42 pays 67 205 46

de trichines, mais cela a été confirmé par l’expérimentation


3. Un parasite auto-hétéroxène
[16]. Quelques petites épidémies surviennent encore par Les trichines sont des petits nématodes blanchâtres,
consommation de sanglier ou de marcassin, en particulier mesurant de 1 à 4 mm, situés dans le tube digestif des
dans le sud de la France [17]. Depuis plus d’un siècle, une animaux réservoirs. La femelle, vivipare, pond plusieurs
seule petite épidémie a été provoquée en Provence par la milliers de larves par jour puis meurt. Ces larves (de 100
consommation de porcs élevés par un artisan taxidermiste à 150 microns) (figure 1) vont traverser la paroi digestive

Figure 1 – Larve de Trichinella Figure 2 – Larve de Trichinella dans un muscle.


(en microscopie électronique à balayage).

In: [6].

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ZOONOSES

et, par la grande circulation, se répandre dans


Figure 3 – Trichinella dans la paroi duodénale.
tout l’organisme. Mais elles sont détruites par
les éosinophiles, sauf dans les muscles où
elles vont s’immobiliser, s’enrouler sur elles-
mêmes (figure 2) et s’enkyster dans les fibres
musculaires [20]. Les larves vont pénétrer dans
le cytoplasme des cellules musculaires, détrui-
sant les myofibrilles et va se former un réseau
capillaire autour de la fibre musculaire parasi-
tée pour nourrir les kystes contenant la larve.
Ces kystes restent vivants pendant plusieurs
années avant de se calcifier. L’homme s’infeste
en ingérant ces muscles mal cuits : viande de
porc sauvage ou de sanglier, d’ours ou de che-
val. La viande de cheval est très appréciée et
consommée peu cuite car elle est considérée
dans la population comme saine et « vivifiante ».
Après l’ingestion, la viande est digérée, libérant
les kystes et les larves qui en sortent deviennent CD Anofel, J. Dupouy-Camet.
adultes en quelques heures et vont s’accou-
pler. Les femelles commencent à émettre des
larves dans les 2 à 4 jours après la fécondation et pro- Un certain nombre de facteurs influencent l’infestation
voquent des perturbations de l’épithélium digestif [21] par la trichine. Les adultes, qui ingèrent une quantité de
(augmentation du péristaltisme intestinal, perturbations viande plus importante que les enfants, présentent des
des sécrétions digestives, infiltration inflammatoire de la symptômes cliniques plus marqués. Les femmes, qui
muqueuse). Il est intéressant de remarquer que ce parasite goûtent la nourriture pour surveiller la cuisson, sont plus
est auto-hétéroxène, c’est-à-dire que le même hôte est souvent infestées. La saison estivale, avec les activités
successivement hôte définitif (car il héberge les parasites extérieures et les pique-niques, favorise les repas à base
adultes dans l’intestin) (figure 3) puis hôte intermédiaire de saucisses artisanales (en zone d’endémie, une saucisse
(car il héberge les formes larvaires dans les muscles), ce qui peut contenir jusqu’à 100 000 larves pour 30 grammes de
n’est pas fréquent dans les cycles des parasites (figure 4). saucisse !) [22].

Figure 4 – Trichinella : parasitose auto-hétéroxène.

REVUE FRANCOPHONE DES LABORATOIRES - JUILLET/AOÛT 2014 - N°464 // 73


l’ECG montre des lésions d’ischémie ou de troubles de la
Figure 5 – Œdème des paupières.
conduction. L’EEG montre un ralentissement de l’activité
électrique et la tomodensitométrie cérébrale visualise des
lésions nodulaires hypodenses multifocales.

5. Diagnostic : la sérologie
L’hémogramme montre une hyperleucocytose à 15 000
globules blancs et surtout une éosinophilie très élevée,
pouvant atteindre 10 000 éosinophiles/mm3 voire plus [27].
La vitesse de sédimentation et la CRP sont élevées. Le
ionogramme est perturbé : hypoprotidémie, augmentation
des alpha 1, alpha 2 et gammaglobulines et des transa-
minases (ASAT, ALAT). Mais surtout, on constate une
élévation importante des enzymes musculaires (créatine
phosphokinase, lactico-deshydrogénase, aldolases). Ces
Tableau III – Principaux symptômes de la trichinellose (en %). arguments sont déjà suffisants pour traiter, la confirma-
Symptômes (%)
USA : Paris : Melun : Paris : tion sérologique pouvant être plus tardive. En effet, les
256 cas 125 cas 396 cas 340 cas IgM spécifiques sont détectables dès le 15e jour après
Myalgies 74 59 88 74 l’infestation, le délai d’apparition des anticorps étant
Fièvre 90 65 85 77 variable selon l’espèce de Trichinella et la dose infectante.
Œdème (face) 70 57 84 72
Les IgG apparaissent plus tardivement mais persistent
Conjonctivite 33 31 36
Diarrhées 6 16 41 47
plusieurs années [28]. De nombreuses méthodes sérolo-
Céphalées 88 60 40 giques sont utilisables [29], comme l’hémagglutination,
Asthénie 94 65 70 l’immunofluorescence, l’Elisa [30], l’agglutination au latex
et le western blot [31]. En pratique, le dépistage peut être
effectué par l’Elisa et l’immunofluorescence et la confir-
4. Des myalgies fébriles mation par le western blot qui va permettre de détecter
des bandes spécifiques
Chez l’animal, les symptômes sont modérés (entérite fébrile) (figure 6), et cela même Figure 6 – Trichinellose :
et régressent en quelques jours, sauf en cas d’infestation avant la positivité des western-blot mettant
importante aboutissant à la mort en quelques semaines. méthodes sérologiques en évidence les bandes
Chez l’Homme, tous les degrés peuvent se voir, de la traditionnelles [32]. spécifiques.
latence totale à l’infestation massive. Habituellement, Les examens parasito-
après une incubation de quelques jours, le patient se plaint logiques des selles ne
de troubles digestifs (douleurs abdominales, nausées, retrouvent pas les larves
vomissements, diarrhées) et d’une fièvre qui peut atteindre de trichines qui sont pas-
40 °C. Puis, vers le 10e jour, apparaissent un œdème des sées dans les muscles.
paupières (figure 5), voire de la face (ce qui a fait appeler Toutefois, cet examen
cette affection la « maladie des grosses têtes ») et une est utile pour éliminer
conjonctivite (tableau III). Des myalgies, dues à la péné- une autre helminthose qui
tration des larves dans les muscles, sont très fréquentes pourrait aussi expliquer
et souvent invalidantes [23], en particulier les muscles de l’hyperéosinophilie san-
la face, les muscles respiratoires, les muscles du tronc et guine. Le seul moyen de
des membres Les principaux symptômes régressent en retrouver les parasites est
une dizaine de jours, alors que les myalgies et l’asthénie de pratiquer une biopsie
vont s’atténuer progressivement en un mois, voire plus. musculaire, en particulier
L’enfant présente souvent une symptomatologie moins au niveau du deltoïde,
marquée, probablement en relation avec une ingestion bien que les muscles
plus faible de larves [24]. Chez la femme enceinte, peut les plus atteints soient le
survenir un avortement spontané ou un accouchement diaphragme et la langue…
prématuré (rôle de la fièvre ?) mais, bien entendu, une
Parfois, peuvent survenir des troubles plus sévères : ocu- biopsie de ces localisa-
laires (photophobie, exophtalmie), cutanés (rash, prurit, tions est trop complexe
microhémorragies sous-unguéales), pulmonaires (dyspnée, et trop douloureuse et sur-
broncho-pneumonie, pleurésie), neurologiques [25] (ver- tout n’offre qu’une faible
tiges, convulsions, ataxie, paraplégie) ou encore cardiaques sensibilité diagnostique.
[26] (précordialgies, tachycardie, voire myocardite de mau- Encore faut-il attendre un
vais pronostic), surtout chez les personnes âgées. La mor- mois pour que les larves
talité peut atteindre 20 % à 30 % en cas de complications soient enkystées dans les
cardiaques ou neurologiques. Dans ces circonstances, muscles.

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ZOONOSES

Figure 7 – Kystes de Trichinella spiralis dans les fibres musculaires. Figure 8 – Contrôle de la viande
de porc (Allemagne, 1881).

CD Anofel, Necker. In: [6].

Les kystes, ovoïdes, allongés dans le sens des fibres mus- n’y a que 7 000 contrôles sur plus de 500 000 sangliers
culaires, mesurent environ 500 x 300 microns, entourés abattus chaque année. L’examen s’effectue par diges-
d’une réaction inflammatoire (figure 7) et contiennent une tion enzymatique des prélèvements de viande (figure 9).
larve enroulée sur elle-même. La biopsie musculaire a Dans les porcheries, le contrôle de l’alimentation et la
l’avantage de permettre le typage de la souche en cause dératisation, établies selon des directives européennes et
par biologie moléculaire. internationales [32], éliminent le risque de contamination.
Quelques diagnostics différentiels peuvent être discutés À titre individuel, il est conseillé de bien cuire la viande
(intoxication alimentaire, en particulier avec des produits de porc et de sanglier, mais aussi de cheval, les larves
contenant du tryptophane [33], dermatomyosite, connecti- étant tuées à 63 °C, la viande devant être grise à cœur.
vite, distomatose hépatique, bilharziose en
phase d’invasion), mais l’atteinte simultanée Figure 9 – Larves de Trichinella obtenues
de plusieurs personnes qui ont partagé le par digestion pepsique d’un muscle parasité.
même repas et les diagnostics sérologiques
permettent de rectifier le diagnostic.

6. Prévention :
la cuisson
Le traitement de la trichinellose est d’autant
plus efficace qu’il est débuté tôt [34]. Le pro-
duit de choix est l’albendazole (15 mg/kg/
jour pendant 10 à 15 jours). Les corticoïdes
(prednisolone 1 mg/kg/j) font régresser les
réactions de type allergique et sont utiles en
cas d’atteinte cardiaque ou neurologique.
La prévention est basée sur le contrôle
vétérinaire des viandes de porc (qui
peuvent héberger 1 500 larves/g) (figure 8)
dont le coût est estimé en Europe à plu-
sieurs centaines de millions d’euros [10]
et, depuis 1985, des viandes de cheval.
CD Anofel, J. Dupouy-Camet.
Il en est de même pour le sanglier,mais il

REVUE FRANCOPHONE DES LABORATOIRES - JUILLET/AOÛT 2014 - N°464 // 75


Les fours à micro-ondes ne sont pas recommandés pour contrôles sont très difficiles dans les pays où l’élevage des
cette cuisson [35]. La conservation des viandes doit se porcs se fait en semi-liberté avec un abattage domestique
faire à -20 °C pendant au moins 15 jours pour détruire les et par ailleurs, le vaste réservoir sauvage de la trichinellose
parasites de l’espèce Trichinella spiralis. La salaison et le
rendent illusoire l’éradication de cette affection.
fumage sont inefficaces.

Remerciements
7. Conclusion Les auteurs remercient infiniment le Pr William Campbell pour sa
permission d’utiliser ses documents (figures 1 et 8).
Ainsi, en raison des mesures de surveillance des élevages
et des contrôles vétérinaires, la trichinellose, zoonose
cosmopolite [36], est en nette régression dans les pays Déclaration d’intérêts : les auteurs déclarent ne pas avoir de
européens et en particulier en France [35]. Cependant, ces conflits d’intérêts en relation avec cet article.

[18] Dupouy-Camet J. Travel and tourism are drivers for trichinellosis.


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