CHAPITRE 2 : PRINCIPES COMPTABLES DE BASE EN BANQUE
En matière d’informations chiffrées dans l’entreprise, le compte de résultat et le bilan viennent en
première ligne ; c’est pourquoi les documents comptables font l’objet d’une réglementation pour leur
établissement, leur vérification et leur publication. Ceci concerne toutes les branches d’activités
économiques en général et les Etablissements de crédit en particulier.
Le bilan et le compte de résultat sont alimentés par des regroupements constitués d’un ou
plusieurs comptes ce qui permet de faciliter leur compréhension par les agents en charge des
opérations bancaires et notamment tous les utilisateurs concernés.
Cette démarche doit permettre de faire le lien entre l’activité et les données comptables qui
en résultent. Les agents comptables en charge du circuit administratif et comptable doivent
s’assurer de la cohérence, de l’exhaustivité et de la fiabilité de l’ensemble des opérations
réalisées dans les différents services de la banque notamment les services de front office, de
back office et des unités support.
L’ensemble des mécanismes qui feront l’objet de notre cours relève des principes comptables
généraux, de la réglementation de la COBAC (Commission Bancaire de l’Afrique Centrale) et du plan
comptable des établissements de crédit (PCEC).
Ainsi, la comptabilité a pour objet, l’enregistrement de toutes les opérations affectant le patrimoine de
l’entreprise et d’en dégager le résultat au cours d’une période donnée. Elle permet également de
présenter des états de synthèse donnant une image fidèle de sa situation et de ses opérations.
ORGANISATION, CADRE ET PRINCIPES COMPTABLES
A- L’ORGANISATION COMPTABLE
Elle comprend :
- les manuels de procédures
- les attributs d’identification
- le système d’enregistrement des opérations
- la monnaie légale de tenue de la comptabilité [la contre-valeur, la matérialisation de la
monnaie étrangère (devise) en monnaie locale]
- la confection des documents financiers de synthèse
- le traitement automatique des données comptables
1 – Manuel de procédure
Les procédures et l'organisation comptables doivent être consignées dans un document mis à jour
régulièrement afin de faciliter la compréhension du système comptable et la réalisation des contrôles.
2– Attributs d’identification
Afin de satisfaire les divers besoins d'information de toutes les parties concernées, il a été institué des
attributs.
Un attribut est une spécification permettant de fournir, pour le solde d'un compte général, une
information complémentaire, soit sur les caractéristiques des opérations ayant concouru à la formation
de ce solde, soit sur les agents économiques avec lesquels ces opérations sont effectuées.
Le système d'information des assujettis doit intégrer les attributs dont la liste figure en annexe I.
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- Enregistrement des opérations
Le système d'information des établissements assujettis doit permettre l'identification et
l'enregistrement des opérations conformément au Règlement COBAC R-2001/07 relatif au contrôle
interne dans les établissements de crédit.
Les opérations doivent être comptabilisées le jour même de leur ordonnancement. Les assujettis
devront veiller à ce que la clôture d'une journée comptable n'autorise pas l'enregistrement d'écritures a
posteriori ; seul le recours exceptionnel aux "journées complémentaires" devrait permettre la
comptabilisation des opérations qui n'ont pu l'être à bonne date.
Les principes d'enregistrement des opérations de crédit-bail et assimilées sont décrits en annexe II.
L'enregistrement des crédits distribués doit s'opérer agios exclus. Les intérêts courus et non échus qui
se rapportent à ces concours sont comptabilisés dans des comptes spécifiques appelés créances
rattachées. De même, les charges d’intérêts courus et non échus générées par les dépôts de la clientèle
et les autres ressources externes sont inscrites dans les comptes de dettes rattachées.
Le traitement comptable des intérêts générés par les créances douteuses, qu'elles soient publiques ou
privées, repose sur la notion de règlement effectif. Les produits décomptés sur des créances réputées
saines mais dont l’immobilisation est avérée à la clôture de l’exercice doivent être contrepassés et être
enregistrés au hors-bilan.
Les opérations de hors bilan doivent être comptabilisées obligatoirement en partie double.
- Monnaie légale pour la tenue de la comptabilité
Les livres et les documents comptables sont établis en Francs CFA émis par la Banque des Etats de
l'Afrique Centrale. Cependant, les livres et documents relatifs à l'enregistrement des opérations en
devises doivent être tenus dans chacune des devises utilisées, conformément aux principes décrits à
l'annexe III du présent plan.
- Confection des documents de synthèse
Le système d'information des assujettis doit permettre l'établissement des documents de synthèse sous
la forme et selon la périodicité fixées par les autorités de tutelle et de contrôle.
Chaque montant figurant dans les documents de synthèse et résultant de l'utilisation de soldes de
comptes généraux doit être contrôlable par l'existence d'un ensemble de procédures permettant :
- de reconstituer les opérations dans un ordre chronologique ;
- de justifier toute information par une pièce d'origine à partir de laquelle il doit être possible de
remonter, par un cheminement ininterrompu, au document de synthèse et réciproquement ;
- d'expliquer l'évolution des soldes des comptes généraux, d'un arrêté à l'autre, par la conservation des
mouvements ayant affecté ces comptes.
Chaque montant figurant dans les documents de synthèse et résultant de l'utilisation des attributs doit
être contrôlable à partir du détail des éléments composant ce montant.
- Traitement automatisé des données comptables
Les procédures de traitement automatisé des données doivent être consignées dans un document écrit.
Ces procédures doivent permettre d'obtenir, sur support papier ou tout autre support, des états
récapitulant dans un ordre chronologique toutes les données qui y sont entrées, sous une forme
interdisant toutes insertions, suppressions ou additions ultérieures.
La reconstitution des éléments des comptes, états et renseignements comptables, à partir des données
entrées, doit être possible et vice-versa.
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L'exercice de tout contrôle doit permettre l'accès aux documents de conception, de réalisation et de
mise en œuvre des applications informatiques.
B- LE CADRE COMPTABLE
Le cadre comptable se résume à 9 classes de comptes (1 chiffre) qui se décomposent en comptes
principaux (2 chiffres) eux-mêmes répartit en comptes divisionnaires (3 chiffres) qui peuvent se
décliner en autant de comptes (de 3 chiffres) que nécessite l’organisation de chaque banque
(codification de la clientèle par nature, intégration du code de l’unité ayant engagé l’opération etc.) au
cours d’une période donnée.
- les classes 1, 2, 3, 4, 5 ressortent la situation patrimoniale de la banque se sont les comptes du bilan.
- les classes 6 et 7 enregistrent les charges et les produits d’exploitation de la banque, de ces deux
classes découlent les différentes marges bancaires qui constituent la classe 8.
- la classe 9 enregistre les opérations du hors bilan.
C- LES PRINCIPES ET REGLES COMPTABLES
1- les principes comptables
Les plus essentiels sont au nombre de 3 :
- le principe de prudence
Afin d’éviter des surprises dans la vie de l’entreprise, il est important de préciser certains faits dans la
tenue des comptes. Par exemple, une charge doit-être prise en compte dès lors qu’elle est probable et
un produit dès lors qu’il est certain. De même les plus values ne doivent être comptabilisées que lors
de leur réalisation alors que les moins values même latentes doivent donner lieu à la constitution d’une
provision.
- la régularité
Les comptes doivent être établis dans le respect des règles de procédure et du plan comptable des
établissements de crédit élaboré par la COBAC.
- la sincérité
En effet, il doit être tenu lors de l’établissement des comptes des éléments connus postérieurs à la date
de clôture, surtout s’ils sont de nature à altérer la valeur de l’entreprise. Il serait en effet trompeur de
présenter des comptes qui ne reflètent pas la réalité du patrimoine de la banque.
2- les règles comptables
6 principales règles sont recensées :
- la continuité de l’exploitation
Les comptes sont établis dans l’esprit de la continuité de la vie de l’entreprise d’année en année.
- la permanence de méthode
Sauf exception, la méthode de confection des comptes et des états de synthèse doit rester constante.
Lorsqu’une possibilité de choix est offerte par les autorités monétaires ou par la réglementation,
l’option exercée par la banque a un caractère définitif.
- la spécialisation des exercices
Dans la zone CEMAC, les comptes sont arrêtés à la fin de l’année civile c’est à dire au 31 décembre
de chaque année. Ainsi tous les produits et charges sont rattachés à l’exercice auquel ils ont été
engagés.
- la non compensation
Aucune compensation ne doit-être opérée ni entre les postes comptables de l’actif et du passif ni entre
les charges et les produits. De ce principe échappe les comptes de la clientèle et notamment la
présentation des comptes de provisions et des amortissements dans le bilan.
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- l’intangibilité du bilan d’ouverture
Le bilan d’ouverture d’un exercice doit correspondre au bilan de clôture de l’exercice précédent.
- le coût historique
Les biens acquis par l’entreprise doivent être enregistrés à leur coût d’acquisition.
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