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Distinctions entre cession et délégation

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Cession de créance, cession de dette, délégation, subrogation et novation: distinctions

By Aurélien Bamdé

I) Notion
La cession de créance est définie à l’article 1321 du Code civil comme le « contrat par lequel
le créancier cédant transmet, à titre onéreux ou gratuit, tout ou partie de sa créance contre le
débiteur cédé à un tiers appelé le cessionnaire. »
Cette opération consiste, autrement dit, à transférer la titularité d’une créance d’un créancier à
un cessionnaire, avec cette particularité que le débiteur de l’obligation cédée ne participe pas à
la formation de la convention de cession, son consentement n’étant pas requis.

La cession de créance constitue ainsi un mode conventionnel de transmission des créances. Le


cessionnaire prend la place du cédant, en tant que créancier du débiteur cédé.

La singularité de la cession de créance résulte du double aspect de cette opération :

 D’un côté, la convention de cession de créance est bipartite, en ce sens que le débiteur
cédé endosse la qualité de tiers à l’opération : la validité du contrat n’est nullement
subordonnée à l’obtention de son consentement.
 D’un autre côté, l’opération est tripartite dans la mesure où la cession a pour effet
d’obliger le débiteur envers le cessionnaire sur le fondement du même rapport juridique
qui le liait au cédant : le débiteur cédé n’est donc, en réalité, pas un tiers à l’opération,
son dénouement reposant sur son paiement.
II) Distinctions
==> Cession de créance et cession de dette
Plusieurs différences opposent radicalement la cession de créance de la cession de dette

 Définition
 La cession de créance consiste en une substitution de créancier
o Dans cette hypothèse, le débiteur demeure inchangé
 La cession de dette consiste en une substitution de débiteur
o Dans cette hypothèse, c’est le créancier qui ne change pas
 Objet de l’opération
 Contrairement à la cession de créance qui porte sur la dimension active de
l’obligation, la cession de dette intéresse sa dimension passive.
 Pour le comprendre, revenons un instant sur la notion d’obligation
 Fondamentalement, l’obligation s’apparente à lien de droit entre deux personnes
en vertu duquel, l’une d’elle, le créancier, peut exiger de l’autre, le débiteur, de
donner, faire ou ne pas faire quelque chose.
 Aussi, ce lien de droit que constitue l’obligation se distingue-t-il des autres
rapports humains, en ce que lors de sa création il produit des effets juridiques.
 Ces effets juridiques sont :
o Tantôt actifs, lorsqu’ils confèrent un droit subjectif : on parle de créance
o Tantôt passifs, lorsqu’ils exigent l’exécution d’une prestation : on parle de
dette
 Schématiquement, tandis que la cession de créance opère la transmission d’un
droit, la cession de créance opère la transmission d’un devoir
 L’objet de la cession est de la sorte radicalement inversé selon que l’on envisage
l’une ou l’autre opération.
 Consentement du tiers
 À l’inverse de la cession de créance, en matière de cession de dette le débiteur est
partie à part entière à l’opération
 Aussi, techniquement c’est le créancier qui est ici tiers à la convention, encore
qu’il ne s’agit pas vraiment d’un tiers dans la mesure où l’obtention de son
consentement est une condition de validité de l’opération.
 L’article 1327 du Code civil qui autorise la cession de dette prévoit, en effet,
qu’un débiteur ne peut céder sa dette qu’« avec l’accord du créancier».
 Il s’agit là d’une différence majeure avec la cession de créance qui ne suppose pas
l’obtention du consentement du débiteur.
==> Cession de créance et délégation de paiement
 Objet de l’opération
 Définie à l’article 1336 du Code civil la délégation est une opération par laquelle
une personne, le délégant, obtient d’une autre, le délégué, qu’elle s’oblige envers
une troisième, le délégataire, qui l’accepte comme débiteur.
 À la différence de la cession de créance, la délégation n’opère pas de transfert de
créance : elle a seulement pour effet de créer un nouveau rapport d’obligation
entre le délégué et le délégataire.
 Il en résulte que :
o En matière de délégation, le délégataire dispose de deux débiteurs, cette
opération n’opérant pas extinction du rapport d’obligation entre le délégant
et le délégué
o En matière de cession de créance, le cessionnaire ne dispose que d’un seul
débiteur, la cession ayant pour effet de désintéresser le cédant dans son
rapport avec le débiteur cédé.
 Inopposabilité des exceptions
 La cession de créance
o Le débiteur cédé est autorisé à opposer au cessionnaire toutes les exceptions
qu’il pouvait opposer au créancier cédant.
o Il s’agit tant des exceptions inhérentes à la dette (exception d’inexécutions)
que des exceptions qui lui sont extérieures (compensation légale).
o La raison en est que la créance qui entre dans le patrimoine du cessionnaire
par l’effet de la cession, est exactement la même que celle dont était titulaire
le créancier cédant.
 La délégation
o Contrairement à la cession de créance, il n’y pas ici de transfert de la
créance dont est titulaire le délégant contre le délégué.
o La délégation a pour effet de créer un nouveau rapport d’obligation entre le
délégué et le délégataire qui dispose alors de deux débiteurs.
o Il en résulte que le délégué, en consentant à la délégation, renonce à se
prévaloir des exceptions tirées du rapport qui le lie au délégant.
o Il y a un principe d’inopposabilité des exceptions.
o L’article 1336, al. 2 du Code civil dispose en ce sens que « le délégué ne
peut, sauf stipulation contraire, opposer au délégataire aucune exception
tirée de ses rapports avec le délégant ou des rapports entre ce dernier et le
délégataire.»
 Consentement
 Contrairement à la cession de créance qui ne suppose pas le consentement du
débiteur cédé, tiers à l’opération, la délégation exige toujours le consentement des
trois parties à l’opération, notamment du délégataire qui doit accepter un nouveau
débiteur.
 En cela, la délégation se rapproche de la cession de dette.
 Toutefois, elle s’en distingue dans la mesure où la dette du délégant envers le
délégataire n’est nullement transférée au délégué
 La délégation opère seulement la création d’un nouveau rapport d’obligation entre
le délégué et le délégataire.

==> Cession de créance et indication de paiement


L’article 1340 du Code civil prévoit que « la simple indication faite par le débiteur d’une
personne désignée pour payer à sa place n’emporte ni novation, ni délégation. Il en est de
même de la simple indication faite, par le créancier, d’une personne désignée pour recevoir
le paiement pour lui. »
L’indication de paiement consiste ainsi pour un débiteur ou un créancier à désigner une tierce
personne quant à effectuer le paiement de la dette.

Contrairement à la cession de créance, l’indication de paiement n’opère aucun transfère de


créance à la faveur de la personne désignée.

Cette dernière assure simplement le règlement de la dette du débiteur.

L’indication de paiement se rapproche ainsi du mandat de payer qui peut prendre la forme,
par exemple, d’une autorisation de prélèvement.
L’indication adressée au créancier ou au débiteur vaut seulement information de ce que la
dette sera payée par un tiers désigné.

Elle n’emporte en rien opposabilité, ni novation de l’obligation.

==> Cession de créance et subrogation personnelle


 Définition
 Contrairement à la cession de créance qui a pour objet un transfert de droits, la
subrogation réalise une substitution de personne ou de chose.
 Lorsqu’elle est personnelle, la subrogation produit certes les mêmes effets que la
cession de créance : le créancier subrogé devient titulaire de la même créance que
le créancier subrogeant ce qui revient à réaliser un transfert de ladite créance de
l’un à l’autre.
 Toutefois, elle s’en distingue sur un point majeur
o En matière de subrogation personnelle, le transfert de créance intervient à
titre accessoire à un paiement.
o En matière de cession de créance, le transfert de créance constitue l’objet
principal de l’opération.
 Ainsi, la subrogation consiste-t-elle en un paiement par une personne autre que le
débiteur de sa dette qui, du fait de ce paiement, devient titulaire dans la limite de
ce qu’il a payé, de la créance et ses accessoires.
 L’intention des parties est donc ici d’éteindre, par le paiement, un rapport
d’obligation.
 Tel n’est pas le cas en matière de cession de créance : les parties ont seulement
pour intention de transférer un rapport d’obligation moyennant le paiement d’un
prix.
 Effet de l’opération
 Particularité de la subrogation personnelle, elle n’opère qu’à concurrence de ce
qui a été payé par le subrogé. Et pour cause : elle est une modalité de paiement.
 Ainsi, la subrogation se distingue-t-elle de la cession de créances qui autorise le
cessionnaire à actionner le débiteur en paiement pour le montant nominal de la
créance, alors même que le prix de cession aurait été stipulé pour un prix inférieur.
 Tel est le cas, lorsque le cessionnaire s’engage à garantir le cédant du risque
d’insolvabilité du débiteur cédé.
 L’intérêt de la cession de créance réside, dans cette hypothèse, dans la possibilité
pour le cessionnaire d’exiger le montant de la totalité de la créance,
indépendamment du prix de cession convenu par les parties.
 Le subrogé ne peut, quant à lui, recouvrer sa créance que dans la limite de ce qu’il
a payé et non au regard du montant nominal de la créance.
 Consentement
 À la différence de la cession de créance qui requiert le consentement du créancier
cédant, la subrogation peut, tantôt exiger le consentement du débiteur, tantôt
l’accord du créancier.
 Tout dépend du type de subrogation (légale ou conventionnelle).
==> Cession de créance et novation
 Définition
 Définie à l’article 1329 du Code civil, la novation est un contrat qui a pour objet
de substituer à une obligation, qu’elle éteint, une obligation nouvelle qu’elle crée.
 Elle peut avoir lieu par substitution d’obligation entre les mêmes parties, par
changement de débiteur ou par changement de créancier.
 Contrairement à la cession de créance, la novation n’opère pas de transfert de
créance, elle a pour effet de créer un nouveau rapport d’obligation entre le
débiteur et le cocontractant du créancier.
 Ainsi, le nouveau créancier est-il titulaire d’une nouvelle créance qui se distingue
de l’ancienne, éteinte, par l’effet de la novation.
 L’extinction de l’obligation ancienne s’étend à tous ses accessoires.
 Consentement
 Tandis que la cession de créance n’exige pas l’accord du débiteur, la novation par
changement de créancier requiert son consentement.
 Celui-ci peut, par avance, accepter que le nouveau créancier soit désigné par le
premier.

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