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Methodologie en Histoire Bix

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2014-2015

METHODOLOGIE
UNIVERSITE

FELIX
EN HISTOIRE
HOUPHOUET DISSERTATION ET COMMENTAIRE DE
BOIGNY TEXTE HISTORIQUE
Ceci est une partie des cours de travaux dirigés sur les
relations internationales de 1945 à nos jours (anciennement
UV 151) pour le compte de l’année 2004-2005

UFR
SCIENCES DE
L’HOMME ET
DE LA
SOCIETE

Pr. KOUASSI YAO


DEPARTEMENT D’HISTOIRE
2014-2015
I- LA DISSERTATION HISTORIQUE

1- Historique et définition

La dissertation est un nom féminin qui vient du latin dissertatio. Il est connu
de la langue française depuis 1647. Selon le Robert, il se définit comme « un
développement le plus souvent écrit portant sur un point de doctrine sur une
question savante. ». Elle se définit également comme « un exercice que doivent
rédiger les élèves de grandes classes de lycées et ceux des facultés littéraires,
historiques sur des sujets historiques ».

Quant au verbe disserter, c’est un verbe intransitif connu de la langue


française depuis le XVIIIème siècle, il vient du mot latin dissertare qui veut dire
faire un développement écrit ou oral portant sur un sujet. Comme synonymes de
disserter, on a discourir, causer, traiter de…

2- Les différentes formes de la dissertation

Au XVIIème et XVIIIème siècle, et même avant, on le désignait sur les


appellations suivantes : traité, essai, mémoire. Par la suite, on lui a préférer l’essai
littéraire ou philosophique, l’étude, la thèse pour aboutir à la dissertation.

3- Les caractéristiques de la dissertation

Elles sont assez bien résumées par le principe suivant : toute dissertation est
une discussion autour d’un problème posé directement ou implicitement par
l’énoncé du sujet. Une dissertation suit un fil conducteur et développe une
argumentation logique rigoureusement organisée et nourrie d’exemples
concrets.

Il ne s’agit pas donc pas de réciter par cœur des connaissances. Car cet
exercice suppose que l’on prenne le temps de la réflexion et de l’analyse, que
l’on veille à sélectionner et à hiérarchiser ces idées en vue de répondre à une
problématique précise. Enfin, elle exige une importante somme de connaissances
sur le sujet, objet de la dissertation. Car sans connaissances, il n’y a pas de
dissertation. Dans le sens inverse, sans la maîtrise de la méthode, il n’y a pas non
plus de dissertation.

4- Les objectifs du cours théorique

- Faire acquérir aux étudiants en année de DEUG les connaissances de bases


indispensables à la maîtrise des techniques rédactionnelles de la dissertation
historique. Cette démarche vise à court terme, la préparation aux concours et
examens de fin d’année.

-Préparer l’étudiant sur le long terme à affronter les dissertations les plus
importantes dans sa carrière : le travail d’étude et de recherche TER en année de
Licence, de Mémoire en année de Maîtrise et de Doctorat en année de Thèse.
1ère PARTIE : COMMENT EVITER LE
HORS-SUJET EN DISSERTATION ?

I- LES DISSERTATIONS HISTORIQUES LES PLUS CONNUES


DES ETUDIANTS

1- La dissertation historique chronologique ou sujet évolutif

Exemple 1 : La construction de l’Europe de 1957 à 1993


Exemple 2 : La Côte d’Ivoire de 1944 à 2002

A quoi reconnaît- on ce type de sujet qui nous invite à étudier une évolution ?

-En générale, par la présence de deux dates (bornes chronologiques) situées à


la fin du libellé. Ce sont deux points de repères qui permettent de circonscrire le sujet
dans un espace de temps précis.

• Sujet chronologique sans bornes chronologiques

Exemple 1 : Histoire de la Côte d’Ivoire des origines à nos jours.

Ce n’est pas toujours que le sujet de type évolutif se présente sous la forme de
bornes chronologiques à la fin du sujet. Cependant, en le lisant attentivement, on
peut trouver des mots, groupe de mots exprimant l’idée d’évolution.
• Faits ou évènements pouvant suggérer l’idée d’évolution

Exemple 2 : La Côte d’Ivoire de la proclamation des indépendances


au décès de Félix Houphouët Boigny.

Dans le même ordre d’idée, le libellé peut ne pas comporter de date ou


expressions origines et à nos jours. Mais on peut y trouver des références à des faits
ou événements qui sont datables et qui expriment l’idée d’évolution.

2- La dissertation tableau / le sujet de synthèse (expose un fait)

Exemple 1 : La corruption en Afrique.

Exemple 2 : La mondialisation.

Exemple3 : Le poids de l’ONU dans les relations internationales.

Exemple4 : L’année 1947 dans les relations internationales.

Exemple5 : Le monde à la fin de la seconde guerre mondiale.

Ce type de sujet invite celui qui disserte à étudier tous les aspects d’un sujet,
d’un fait, d’un événement donné. En principe à la fin de l’exposé, votre auditoire ne
devait plus se poser de questions sur un seul aspect du fait étudié. Car l’exposé est
sensé avoir étudié de manière exhaustive tous les contours du sujet. Un tel exercice
exige un bagage intellectuel. Celui qui disserte doit donc ordonner en deux ou trois
centres d’intérêt de façon synthétique : d’où son appellation sujet de synthèse.

3- Le sujet de controverse ou dissertation dialectique

Exemple 1 : L’histoire est-elle une science ?


Ce type de sujet est fondamentalement différent des deux précédents en ce
sens qu’il invite celui qui disserte à examiner deux points de vue contradictoires. Il
s’agit donc de controverses ou de discussions.

• forme interrogative : c’est la forme la plus classique du sujet de


discussion, car il se présente sous la forme d’une phrase interrogative

• forme affirmative :

Exemple : Yalta : mythe et réalité d’un partage.

Dans ce cas, l’examen du libellé permet d’y déceler des mots, expressions ou
groupe de mots indiquant qu’il s’agit de controverse. Ici mythe s’oppose à réalité, ce
qui est un indice de controverse ou de l’existence de deux points de vue
contradictoires. Il s’agit bien d’un sujet de discussion.

4- Le sujet biographique

Il s’agit d’une autre forme du sujet évolutif identifiable à la présence de


deux éléments suivants.

Exemple 1 : Félix Houphouët Boigny 1905-1993.

Exemple 2 : Charles de Gaulle 1890-1970.

On le reconnaît à la présence d’un nom de personnage historique et de deux dates


indiquant généralement la date de naissance et du décès du personnage en question.

Il peut arriver que les bornes chronologiques qui suivent le nom du personnage
n’indiquent pas forcément ses dates de naissance et de décès, mais plutôt une tranche
précise de sa vie.
5- Le sujet comparatif

Exemple 1 : Comparer les migrations Akan et Mandé.

Exemple 2 : Comparer les régions politiques de la France et de l’Angleterre au


XVIIIème siècle.

Ce type de sujet se reconnaît à la présence du verbe comparer conjugué à


l’impératif et la conjonction et liant les deux objets.

Comparer signifie examiner ou étudier les rapports de ressemblances et de


dissemblances entre deux objets, deux faits. En d’autres termes, il s’agit de
confronter, les informations relatives à un sujet donné.

6- L’étude des rapports ou des relations entre les deux termes du


sujet.

Exemple 1 : Industrialisation et environnement.

Exemple 2 : Droit de l’homme et démocratie. : Staline et le développement


économique de l’U.R.S.S.

Il se présente quelques ressemblances avec le sujet de comparaison, mais s’en


différencie par la présence du mot « comparer » au débat du sujet comparatif. Ce
type de sujet se caractérise par la présence de la conjonction de coordination ‘’et ‘’
entre les deux termes du sujet afin de mettre en exergue les éventuelles oppositions,
complémentarités, continuités. Pour mémoire, la méthodologie a mis en place 4 types
de rapports.
II- LES PLANS OU DEMARCHES QUI ACCOMPAGNENT
CHAQUE TYPE DE SUJET.

1- Le plan évolutif ou chronologique

Son objectif est d’étudier les principales les principales étapes, évolutions et
transformations d’un fait, d’une question dans la tranche chronologique indiquée
dans le sujet. Il permet d’étudier les changements et transformations qui se succèdent
dans le temps. C’est ce qu’on appelle le plan de l’historien.

Caractéristiques :

- Un bon plan évolutif fait une bonne place aux dates qui marquent la
rupture, le changement.
- Le plan doit veiller à découvrir des mots chronologiques pertinents et
homogènes qui s’appuient sur des éléments objectifs indiquant un point de
rupture dans la question étudiée.
- Pour être acceptable, le dit plan doit éviter les découpages mécaniques et
mathématiques.

Exemple : La Côte d’Ivoire de 1944 à 2002.

1944 : Tenue de Brazzaville (Janvier 1944) et date de la création du Syndicat


Agricole Africain (S.A.A.), lutte anticoloniale.

1960 : Fin de la lutte anticoloniale et obtention de l’indépendance de la Côte


d’Ivoire.

1980 : Période de ralentissement de la croissance économique (fin du miracle


économique).

2002 : Accentuation de la crise et début de la rébellion, de la guerre.


I- La lutte anticoloniale 1944-1960
-L’ère A. Latrille : de la création du SAA au départ du Gouverneur
Latrille (1944-1960).
-L’ère Péchoux ou la répression (1948-1950).
-La collaboration administration coloniale PDCI-RDA (1950-1960).

NB : Il peut arriver dans les cas d’exception qu’un plan évolutif ne convienne
pas à un sujet du même type. Soit parce que la période étudiée est trop courte, soit
parce qu’elle est linéaire au niveau de l’évolution. Il n’est donc pas possible de
dégager des points de rupture significative mettant en relief des évolutions et
transformations. Il est donc conseillé dans ce cas de recourir au plan thématique car il
ne s’agit pas d’un véritable sujet évolutif. La présence des bornes chronologiques
ayant pour seul objectif la limitation du champ de l’étude.

2- Le plan thématique /Tableau / Inventaire

Son objectif est d’analyser tous les aspects, tous les contours d’une question en
principe jusque dans les moindres détails. Pour réussir une telle dissertation, une
évidence s’impose. L’étudiant doit disposer d’une importante sur la question. Vu que
les connaissances sont nombreuses et que le bon sens interdit leur disposition
mécanique, le plan doit veiller à les réunir en un centre d’intérêt, d’où son
appellation de plan thématique. En définitive, ce plan doit concilier larges
connaissances et esprit de synthèse.

Les étapes de l’élaboration

D’abord, il faut fixer par écrit au brouillon toutes les idées qui nous viennent
à l’esprit. Ensuite, il faut procéder par élimination et ne garder que les connaissances
utiles pour l’élaboration du plan et le développement. Enfin ordonner, classer par
thème (réunir les idées de même valeur, qui parlent de la même chose) connaissances
retenues.
Sujet : le procès de Nuremberg

I- Les raisons d’un procès

-Punition des criminels de guerre

-Procès d’un régime : le Nazi

-Retour à la morale

II- Le déroulement du procès

-Le choix du lieu : Nuremberg

-Composition du tribunal

-Durée du procès : 1an, les difficultés du procès

-Les chefs d’accusation : crime contre l’humanitaire

-Personnalités des accusés

III- La fin du procès

-Le verdict (acquittement, condamnation à mort)

-Les emprisonnements (1984 : libération, 40ans de prison)

-Réactions de l’opinion (satisfaction / mécontentements)

3- Le plan dialectique

Dialectique signifie « ensemble de moyens mis en œuvre dans la discussion


en vue de démontrer, réfuter….. »

Pour HEGEL, la dialectique « c’est la marche de la pensée régissant


l’inséparabilité des contradictoires (Thèses / antithèses) que l’on peut unir dans une
catégorie supérieure appelée synthèse ». Son Objectif est d’examiner à l’intérieur
d’un même développement, deux points de vue contradictoires et d’en faire la
synthèse. Normalement, il comporte trois mots particuliers.

La thèse : signifie proposition, théorie qu’on tient pour vraie, et qu’on


s’engage à défendre par des arguments. C’est aussi le premier moment de la
démarche dialectique auquel on oppose l’antithèse. En fait, il s’agit de développer
dans un sens positif la thèse suggérée par le sujet à l’aide d’arguments sélectionnés,
hiérarchisés.

L’antithèse : signifie l’opposition de deux ou plusieurs pensées ; expressions


que l’on rapproche dans le discours pour en faire sortir nettement le contraste. Chez
KANT, proposition radicalement opposée à la thèse et constituant avec elle une
antinomie. Dans la dialectique de HEGEL, seconde démarche de l’esprit, ‘’niant’’ ce
qu’il avait affirmé dans la thèse avant la synthèse. En fait, il ne s’agit pas de nier la
thèse précédente. Car il serait absurde de s’ingénier à convaincre, à soutenir un point
de vue pour se dédire par la suite en affirmant « c’est faux tout ce que je viens de
dire ». En réalité dans l’antithèse, il s’agit de développer un point de vue différent au
premier en insistant sur les faiblesses et les limites de celui-ci. On parle de point de
vue contradictoire et non contraire.

La synthèse : c’est la notion ou la proposition qui réalise l’accord de la thèse


et de l’antithèse en les faisant passer à un niveau supérieur : c’est une réalité nouvelle
qui embrasse la thèse et l’antithèse en un tout. Il s’agit plus simplement de dépasser
la thèse et l’antithèse et de proposer la solution originale au problème posé.

4- Le plan comparatif

Il correspond au sujet de comparaison et se caractérise par un esprit de


synthèse qui se développe en deux parties distinctes :

-La première étudie les points de ressemblance et les similitudes.

-La deuxième étudie les points de différenciation des deux situations à


comparer.
5- Le plan du sujet biographique

La biographie se définit comme « un genre littéraire qui étudie la vie d’un


personnage ayant marqué l’histoire ou dont la vie peut éclairer, l’étude d’une époque
historique ». Il n’existe pas de plan type pour ce travail, car la vie de deux
personnages ne se ressemble pas. Il est donc difficile d’élaborer une démarche
standard qui permettrait de reconstituer la vie de personnages forts différentes et
évoluant dans un contexte singulier. On peut recourir à deux plans : le plan évolutif
et le plan thématique.

Exemple : Félix Houphouët Boigny (1905-1993)

Plan évolutif

I. De la naissance à l’entrée en politique (1905-1944).

II. Le combattant anticolonialiste (1944-1960).

III. L’homme d’Etat (1960-1993)

Plan thématique

I. Un ‘’ cerveau politique’’ de première ordre (de Gaulle)

II. Militant du dialogue de la paix.

III. Le grand bâtisseur.

6- Le plan de l’étude des relations entre les deux termes du


sujet

L’objectif du plan est d’étudier la nature des liens existant entre les deux
termes du sujet. L’erreur à éviter est d’étudier séparément chaque terme du sujet et
de tenter maladroitement d’en faire une synthèse dans une troisième partie. La
méthodologie a mis au point différents types de rapport entre les deux types de
terme.
a) Rapport ou lien de complémentarité

Exemple : Démocratie et droit de l’homme.

Dans ce cas, l’action des deux parties se complète. L’analyse revient donc à
étudier tous les aspects de cette complémentarité. Le plan thématique est celui qui
convient le mieux.

b) Rapport d’opposition ou d’exclusion

Dans ce cas, l’action des deux parties s’oppose. Il faut étudier tous les aspects
de cette opposition. Le plan thématique est celui qui convient.

c) Rapport de complémentarité et opposition

Exemple : Industrialisation et environnement

Cela signifie que l’action des deux parties s’accorde sur certains points, mais
s’oppose sur d’autres. L’analyse consiste à étudier successivement les points de
complémentarité et d’opposition.

d) Relation ou lien de conséquence

Exemple 1 : Le discours du 3 mai 1840 et le déclenchement de la guerre


civile.

Dans ce cas, il y a un lien de cause à effet entre les deux termes du sujet. Le
terme A est à l’origine, a pour conséquence ou a contribué à l’avènement du terme B.
Schématiquement, A entraîne B, ou B est la conséquence de A. L’analyse consistera
donc à étudier ce lien de cause à effet en montrant comment A a entraîné B ou a
contribué à entraîner B.
Exemple 2 : Joseph Staline et le développement économique de l’U.R.S.S.

Pour déterminer le type le type de rapport existant entre les deux termes du
sujet, en règle générale, il est conseillé de s’appuyer sur le premier terme qui
détermine le second. Dans ce cas, c’est Staline, qui, par sa politique économique, a
permis à l’U.R.S.S. de devenir la troisième puissance en 1937 alors qu’elle était en
retard de 50ans sur l’Europe. Ici, nous avons affaire à une inclusion, comme si le
premier terme absorbait le second.

II- LES DISSERTATIONS AUX LIBELLES PARTICULIERS

Elles sont traitées sur une rubrique à part à cause de la formulation


particulière du libellé. Leur méconnaissance peut conduire au hors sujet. Cependant,
elles ne présentent pas de difficultés particulières, car elles utilisent deux plans déjà
étudiés, à savoir le plan dialectique et le plan thématique.

1- Dissertation aux libellés particuliers utilisant un plan dialectique

Exemple : Un Européen dit : « l’Afrique Noire a largement profité de la


traite négrière. »
Discutez cette affirmation.

Ce type de sujet est composé de deux éléments :

-une citation

-un libellé particulier qui oriente celui qui disserte sur ce qu’on lui
demande.

En règle générale, il s’agit d’un ou deux verbes conjugués à la forme


impérative. Ainsi lorsqu’une citation est suivie de : commenter et discuter…,
analyser et discuter…, expliquer et discuter…ou discuter…, il faut adopter un
plan dialectique, car la présence du verbe discuter est une invitation à la controverse.

2- Dissertation aux libellés particuliers utilisant un plan thématique

Exemple : « les Etats n’ont pas d’amis mais des intérêts » avait dit un
penseur.
Justifier cette affirmation / Expliquer cette pensée
2e PARTIE : LE COMMENTAIRE DE
DOCUMENT

L’objectif de ce cours n’est pas d’étudier de manière exhaustive, la méthode


de commentaire de document. Avant d’aborder l’étude proprement dite, il faut
définir la notion de document telle qu’elle est appréhendée par l’historien. Il s’agit :
« d’une notion assez large, qui inclut non seulement le développement écrit, le
texte, mais intègre également l’iconographie, l’objet archéologique, bref toute
trace contemporaine laissée par le passé. »Jean Noel LOUCOU

I- INTRODUCTION / MISE EN PLACE HISTORIQUE /


PRESENTATION HISTORIQUE

L’introduction est composée de plusieurs éléments qui sont :

La Nature du document, l’Origine, la Date, le(s)Destinataire(s), le(s) Auteur(s), le


Contexte historique, l’Analyse et le Plan ; en d’autre terme le NODDACAP.

1- Nature du document

Selon le Robert, la nature est « l’ensemble des caractères, des propriétés qui
définissent un être, une chose concrète ou abstraite, généralement constitué comme
un genre, comme une entité. ». Préciser la nature d’un document en histoire, c’est
l’identifier et le classer dans une des catégories ci-après. Ce sont : le document
juridique, le document politique, l’article de presse, le récit de voyage, la
correspondance, l’extrait d’ouvrage ou de revue, la carte historique, le tableau
statistique, etc.
a) Le document juridique

Document juridique ayant été élaboré dans le passé, mais qui continu
d’exister de nos jours.

-Un décret, une loi, un décret-loi, une charte, un pacte, une alliance, une
constitution, une convention, un arrêté, une décision, un accord, un protocole
d’accord, un contrat, une bulle papale (décret pris par le pape).

Document juridique appartenant à l’antiquité et au moyen âge (certains


existent encore à notre époque).

Une charte, une donation, un testament, une lettre d’affranchissement d’un


esclave, un acte de vente ou de cession, une reconnaissance de dette, un édit, un titre
foncier.

Caractéristique du document juridique

L’objectif visé par le document juridique est de codifier une situation, de la


matérialiser dans le sens d’une évolution ou d’une modification. Assez sec dans sa
présentation, le texte juridique peut se révéler d’une extraordinaire richesse à
l’analyse de son contenu. Chaque mot du document a été soigneusement pesé même
la place des ponctuations, afin qu’il n’y ait pas d’équivoque dans l’interprétation des
clauses par l’une des parties.

-Quand il s’agit d’un édit ou d’une constitution, le document se présente


avec un préambule expliquant les raisons de l’accord, des clauses rédigées sous les
formes d’articles portant sur les domaines où il y a eu accord. Enfin les conditions
d’application avec des annexes éventuellement en vue d’éclairer le contenu.

-Pour les autres textes, on peut les reconnaître à l’utilisation de certaines


formules, notions et expressions du langage juridique comme « … je soussigné x…
atteste que ; pour servir et valoir ce que de droit ; en foi de quoi, nous lui avons
délivré… ».
b) Le document politique

Les documents politiques classiques

Un discours, une proclamation, une déclaration de politique générale, de


guerre ou d’indépendance, un message, une prestation, un serment, une mise au point
ou communiqué gouvernemental, un rapport politique, un programme électoral, une
plateforme politique, un mémorandum, un accord, un traité d’union, de fusion, ou de
réunification entre deux pays, deux parties politiques, une alliance électorale
matérialisée par un texte, un manifeste de partie politique, statut et règlement
intérieur d’un parti politique, les résolutions d’un congrès d’un parti politique, un
tract anti-gouvernemental, une note confidentielle à caractère politique…

Les documents à caractère diplomatique

La note diplomatique, le rapport diplomatique, l’arrangement, le Modus


Vivendi, un télégramme, une note de protestation diplomatique, un ultimatum, une
lettre de créance ou d’accréditation des diplômes.

Caractéristiques

Il est un exposé fait de façon solennelle et qui est transcrit à titre de


document. Selon les circonstances et la qualité de l’auditoire « grève, révolte,
remous sociaux, révolutions, sympathisants, adversaires, situation de paix, … »
le ton et le contenu du document changent car ils s’adaptent à la situation. On y
découvrira donc des silences, des redites, des répétitions, des sous-entendus, des
allusions ou des attaques.

c) L’article de presse

Editorial, le reportage, l’interview, compte-rendu, dépêche de presse,


correspondance d’un envoyé spécial ou résident sur place, un billet, un
dossier (ensemble d’article de presse sur un sujet donné).
Caractéristique

Il est très souvent écrit à chaud, il révèle les états d’âme de l’auteur et est une
véritable passion dans la présentation des évènements. Attiré par le sensationnel,
emporté par la passion ou des considérations commerciales, l’auteur n’a pas le temps
de se livrer à une étude approfondie des évènements de telle sorte qu’il livre au
lecteur des analyses teintées d’émotions.

d) Le récit d’explorateur / de voyage / de navigation

On l’appelle également relation de voyage, compte rendu de voyage, journal


ou description des… Ce sont des impressions de voyage consignées dans des
documents et comportant le plus souvent des détails pittoresques souvent exagérés de
bonne ou mauvaise foi. Cela est dû à l’étonnement de l’auteur qui découvre pour la
première fois, des contrées qui lui sont inconnues. Partant du principe que sa culture
ou sa civilisation est supérieure à celle qu’il découvre, il ne peut décrire
objectivement la réalité et exagère sa description.

e) La correspondance

Elle peut prendre la forme d’une lettre privée ou officielle écrite dans des
conditions particulières (guerres, émeutes, période de disette, coup d’Etat, crise
économique, période de prospérité…) et dont le contenu peut avoir un caractère
historique.

f) L’extrait d’ouvrage ou article de presse

Exemple1 : Extrait d’ouvrage d’Histoire

Ce sont les analyses d’un historien portant sur des faits ou des évènements qui
ne lui sont pas forcément contemporain. Contrairement au journaliste, l’historien a le
bénéfice du recul, de la réflexion, qui permet la mise en exergue de la signification
profonde d’un évènement. Cependant l’ouvrage historique peut contenir des thèses
fantaisistes et farfelues.

Exemple 2 : Extrait d’ouvrage littéraire

A cause de l’arrière-plan historique des évènements relatés, ces ouvrages


peuvent présenter un intérêt historique. Ce sont le plus souvent des essais ou des
romans.

Exemple 3 : Les bouts de bois de Dieu, Sembène Ousmane, qui décrit dans
cet ouvrage la grève des cheminots (Dakar-Niger) en 1947.

Exemple 4 : Germinal, Emile Zola décrivant les conditions de vie misérables


des ouvriers et les méfaits du capitalisme au XIXe s.

Exemple 5 : Les extraits de mémoire d’hommes politiques, ce sont des


souvenirs d’hommes politiques ayant été aux affaires. Leur objectif est d’expliquer et
de justifier leurs actes passés de telle sorte qu’ils comportent assez d’inexactitudes,
d’erreurs, de tendances à masquer leur responsabilité ou à exagérer le rôle qu’ils ont
joué.

g) L’extrait d’un article de revue

Il évoque souvent une question d’homme politique. La revue scientifique est


rédigée par un écrivain, un journaliste spécialiste, un universitaire…

h) Autres documents
La carte historique

Le commentaire de document peut porter sur l’analyse d’une carte donnée.


Dans le cadre d’une carte, indiquer la nature du document est nécessaire, c’est dire
ceci : carte historique suivie du titre complet et exact de la carte.

Exemple : Carte historique relative à la situation du Soudan Occidentale


au XVIe S
Le tableau statistique

C’est un document qui présente des séries de donnés chiffrés qui, à première
vue ne signifie pas grande chose. Mais une fois inscrite en courbe, l’évolution et la
signification apparaissent clairement. Indiquer sa nature exacte, c’est dire ceci :
tableau statistique, suivi du titre complet et exact du tableau.

NB : Il en est de même pour les documents politiques et juridiques. Il faut


indiquer la nature exacte de ces documents.

Le document iconographique

Il peut se présenter sous la forme d’un portrait, d’une peinture, d’une image,
d’un objet quelconque (objets archéologiques).

2- L’auteur

Dans la présentation historique, il faut présenter l’auteur. Car quelques


éléments d’informations sur sa personne peuvent aider à le comprendre et à
l’interpréter. Vous devez indiquer pour ce faire si possible.

-Ses origines sociales (ouvrier, paysan, descendant royal, bourgeois…)

-Ses origines nationales (citoyen Ivoirien, Italien, Français…)

-Ses options politiques (communiste1, anarchiste, fasciste, libéral, extrême


gauche / droite, centriste…)

-Ses options religieuses (chrétien catholique, orthodoxe, jéhovisme,


musulman, harrisme…)

-Sa fonction (président, opposant, ministre…)

Il s’agit d’apporter des éléments essentiels de la biographie de l’auteur


susceptibles d’éclairer le texte. Ne retenir que les éléments essentiels à la

1
Idéologie selon laquelle tout appartient à la collectivité, et à l’Etat de repartir selon les besoins de
chacun
compréhension du texte. Insister particulièrement sur les fonctions qu’occupe
l’auteur au moment de l’élaboration du document.

Cas particulier d’auteurs

Cas n°1 : Le document est à plusieurs signataires (un document juridique ; il


s’agit de deux parties en présence, d’un témoin ou des témoins. Dans ce cas, il faudra
autant que faire ce peu les présenter.

Cas n°2 : Le document n’est pas signé, il ne faut jamais conclure qu’il n’y a
pas d’auteur. Il faut essayer, en vous appuyant sur le contenu, le style, la date et les
évènements qu’il évoque afin de donner une idée de celui ou ceux qui peut ou
peuvent en être le(s) auteur(s).

Cas n°3 : Le document est signé, mais le signataire n’est pas forcément
l’auteur (textes de loi). Dans le cadre d’une loi votée par l’Assemblée Nationale,
pour qu’elle soit valable, elle doit être promulguée par le Président de la République.
Il appose sa signature sans en être l’auteur. Dans ce cas, il faut rechercher celui ou
ceux qui ont pu inspirer la rédaction de ce texte et tenter de dégager brièvement leur
préoccupation.

Cas n°4 : L’auteur peut être une association, un organisme national (ONG)
ou international (F.M.I, B.A.D,…). Dans ce cas, il faut parler de ces institutions, leur
rôle,…

3- Le destinataire du document

C’est celui à qui est destiné le document.

Cas n°1 : S’il s’agit d’un individu, il faut le présenter dans la même optique
que l’auteur (voir les relations qui existent entre les deux personnes).

Cas n°2 : Le destinataire n’est pas un individu, mais une institution. Il faut
donner des informations sur l’institution (date de création, composition, but). Mais
surtout le point le plus crucial est dans le cas d’une assemblée nationale, est de savoir
qui détient la majorité au moment des travaux (mettre devant l’intérêt du pays).
Cas n°3 : Le destinataire n’est ni un individu, ni une institution. Il s’agit de
l’opinion publique (peuple) ou peuple qui suit l’évolution d’une situation. Chercher à
savoir l’état d’esprit au moment où ce peuple reçoit ce message. Est-il en joie,
révolté, abattu, démoralisé…

4- Le contexte historique

On appelle contexte historique, l’atmosphère ou les circonstances ayant


entouré la rédaction d’un document quelconque (comment sommes-nous arrivés à
cette situation ?). A la suite de quel évènement sommes-nous arrivés là ? Cette
démarche est nécessaire, car tout document tel qu’il soit se situe dans l’espace et
dans le temps. Un temps qu’il convient de restituer pour mieux le comprendre.

Exemple 1 : Discours du 18 juin 1940 du général de Gaulle

-1939, début de la deuxième guerre mondiale, et la France est occupée par


l’armée allemande.

-Capitulation du gouvernement de Chypre et donc de Gaulle demande au


peuple français de résister.

-Premier septembre 1939, l’Allemagne agresse la Pologne. Trois septembre,


la France et l’Angleterre déclarent la guerre à Hitler en vertu du pacte les liants.

-Mai 1940, Hitler décide de régler le compte de ces deux adversaires, en


moins de deux semaines. La France est écrasée militairement. Le nouveau
gouvernement du général Pétain décide de demander l’armistice, mais certains
Français dont le général de Gaulle estime qu’il ne faut pas capituler. Pour ce faire, il
va en exil d’où il lance un appel à la résistance, objet du document soumis à notre
analyse.

Exemple 2 : Le code électoral de 1995 en Côte d’Ivoire et boycott actif

Comment du code électoral, sommes-nous arrivés au boycott actif ?


-En 1990, la Côte d’Ivoire connaît le multipartisme, le gouvernement n’a pas révisé
les textes.

-Pour les élections de 1995, le gouvernement en place a jugé utile de créer un code
électoral. Ce code n’ayant pas plu à certains partis de l’opposition, ordre a été donné
de boycotter les élections, d’où le boycott actif soumis à notre analyse.

5- La date

L’indication de la date est utile, car elle permet de situer la date de


l’élaboration du document et de mieux préparer le contexte historique.

Exemple n°2 du (C.H) : 1990 marque l’avènement du multipartisme et les


premières élections multipartistes se déroulent dans une ambiance de contestation
parce que l’opposition estime que le code électoral en vigueur était inadapté pour ces
élections. Tenant compte des remarques formulées par l’opposition, le parti au
pouvoir élabore un nouveau code électoral pour les élections de 1995. Une fois de
plus l’opposition conteste certaines dispositions et compte empêcher les élections
avec la stratégie du boycott actif que dénonce le Pr dans son discours.

6- Origine

Il est important d’indiquer l’origine du document. Car cela permet de mesurer


le degré de crédibilité qu’on peut accorder à ce document. Cela peut fournir des
informations sur les insuffisances et les lacunes attachées à ce type de document.

7- L’analyse résumée

Elle est une autre variante de la contraction de texte, mais elle s’en démarque,
car il existe une grande latitude ou liberté pour repenser le texte. La première phase
de l’analyse est l’idée générale. Après l’idée générale, il faut présenter les points
clés du discours de l’auteur sous la forme de deux ou trois articulations appelées
thèmes qui développent les idées de même valeurs.

8- Le plan

Cas n° 1 : Le texte est logique dans sa structure dans la présentation des faits.
Elaborer le plan dans ces conditions ne pose pas de problème particulier. Car il ne
faut pas chercher à lui substituer une autre démarche.

Premier paragraphe : L’auteur évoque une idée quelconque

Deuxième paragraphe : L (11-20), l’auteur évoque une seconde idée

Troisième paragraphe : L’auteur évoque une idée quelconque (L 22- fin)

Cas n° 2 : Le texte n’est pas bien ordonné. Dans ce cas, on regroupe les idées
de même valeur (qui parlent de la même chose) pour former un centre d’intérêt, c’est
une méthode thématique.

II- DEVELOPPEMENT OU EXPLICATION DE TEXTE

Cette rubrique est composée de trois éléments. Il s’agit des allusions


historiques, de la rédaction du commentaire et de la critique.

1- Les allusions historiques

Il existe plusieurs formes d’allusions historiques ; entendues comme des


évènements, des faits, des situations, des noms, des individus, etc. Pour mieux
exploiter un texte, il convient d’abord de recenser les allusions historiques.

-Noms d’institutions (O.N.U, C.E.D.E.A.O, B.A.D., F.M.I,…)


-Noms patronymiques (Félix Houphouët Boigny, Aimé Césaire, Roosevelt,
Mandela)

-Termes ou expressions (guerre froide, miracle japonais, C.P.I, …)

-Les sous-entendus : manière d’éveiller l’idée d’une personne ou d’une


chose sans en faire expressément mention.

Exemple 1 : « les Etats Unis sont décidés à combattre les régions


totalitaires. » Harry Truman : discours du 12 mars 1947 à la tribune du congrès du
Sénat. En fait pour Truman, l’U.R.S.S., la Roumanie et les pays des Démocraties
populaires sont des Etats qu’il faut combattre pour stopper le Parti Communiste de
l’Union Soviétique (P.C.U.S.)

Exemple 2 : « le soi-disant plan de secours américain » Andreï Jdanov2 en


septembre 1947, 3èmeSecrétaire du Parti Communiste de l’URSS chargé de
l’idéologie et ‘’bras droit’’ de Staline. En fait le plan Marshall est critiqué par le
membre du PCUS pour trop d’intentions cachées.

-Les dates

Quand on rencontre une ou des dates dans un texte, il faut essayer si possible
de leur donner des significations par rapport au discours de l’auteur.

Exemple : « les 6 et 9 août 1945, représentent une page sombre dans


l’histoire du Japon. ». Les Etats Unis ont bombardés à ces dates, Hiroshima et
Nagasaki à ces dates. Avec plus de cent mille (100000) morts, ces bombes
atomiques3 marquent la défaite et la capitulation du Japon pendant la deuxième
guerre mondiale.

Les noms de pays, de villes, de régions, de fleuves ou d’îles à caractères


historiques ont besoin d’être éclairés.

Exemple : Bingerville et Grand-Bassam sont des villes symboles dans


l’histoire de la Côte d’Ivoire. Elles furent les deux premières capitales du pays.

2
Il est mort en 1948
3
Les deux bombes auraient explosées à 660 mètres du sol
2- La rédaction (voir exercice ci-après)

 Erreurs à éviter au cours de l’explication

La superposition des idées

Le commentaire ou l’explication de texte ne consiste pas à superposer les


explications des allusions, les explications doivent être reliées entre elles dans le
cadre d’un plan ayant été préalablement défini.

La paraphrase

C’est la répétition sous une autre forme de ce qui est déjà exprimé dans le
texte. La paraphrase est une erreur fréquente dont l’origine se trouve dans la faiblesse
ou le défaut de connaissance. C’est cette lacune qui se transforme en faute
méthodologique.

La dissertation à propos de…

Il s’agit dans ce cas d’une démarche à prendre prétexte de l’existence d’une


allusion bien connue de l’étudiant pour disserter sans retenue et oublier l’ensemble
du texte.

La récitation mécanique du cours magistral

Elle consiste à déverser de nombreuses connaissances tirées du CM sans


aucun lien avec l’explication attendue. De temps à autre, l’étudiant peut se référer à
des lignes du texte donnant l’impression qu’il est en train d’expliciter.

Le développement hors-sujet

Il consiste à évoquer des faits dont l’auteur n’a pas de connaissances et qu’on
lui attribue abusivement à travers l’explication d’une allusion. En somme, faire dire
au texte ce qu’il ne dit pas. Comment peut-on trouver l’évocation de la crise de Cuba
d’octobre 1962 dans le discours de Jdanov de1947, alors qu’il est mort en 1948 et
qu’il n’a pas eu connaissance de ces faits.
3- La critique historique

Définition : « examen d’un principe, d’un fait en vue de porter sue lui un
jugement d’appréciation d’un point de vue esthétique ou figé. ». C’est encore « faire
l’examen des ouvrages d’art ou d’esprit pour en faire les qualités ou les défauts, ou
c’est émettre un jugement faisant ressortir les défauts des personnes et des choses. »

En Histoire, la critique est nécessaire car elle permet de mettre en relief les
faiblesses d’un document donné, d’en déceler les erreurs et de distinguer les faux des
vrais documents. Il existe une polémique à propos de la critique. Nous ne nous
engagerons pas dans cette voix. Car l’essentiel à notre avis est de maîtriser les
principes de la dite critique. Nous l’aborderons en deux parties.

- L’emplacement de la critique ou le faux problème.


- Les principes de la critique historique ou le vrai problème.

a- La méthode classique

Traditionnellement, la critique est divisée en deux parties : celle dite interne


et l’autre externe.

La critique interne doit son nom au fait qu’il se fait à l’intérieur du texte et
au fur et à mesure du développement, tout en mettant l’accent sur les insuffisances du
texte. Elle n’exige pas en principe de trop grandes connaissances.

La critique externe, elle est un jugement global sur la valeur du texte et se


fait dans la conclusion tout en se plaçant entre l’intérêt et la portée du document.

b- La méthode étudiante

Elle consiste à regrouper un certain nombre d’éléments critiques à la fin de


chaque centre d’intérêt, chaque développement. Après analyse, il est apparu que
c’était des éléments de critique interne, car la critique externe ne peut être
séquencialisée.

c- Méthode du département d’Histoire à l’Université de Cocody (1982)

Elle consiste à réunir tous les éléments critiques dans un centre d’intérêt
spécial intitulé critique. On y trouve les éléments de la critique interne en (a), puis en
(b) les éléments de l’autre critique. Ce centre d’intérêt constitue le 3e ou le 4e selon le
plan adopté.

NB : En principe, le choix de l’une ou l’autre de ces méthodes ne devrait pas


poser de problèmes, mais au cas où un de vos professeurs aurait un penchant pour
l’une de ses méthodes ou une autre n’ayant pas été étudiée ici, il faut suivre son
choix.

Mais il faut avoir tout de même en esprit que l’emplacement de la critique est
un faux débat, mais d’en maîtriser plutôt les principes, d’où la question suivante :
comment maîtriser la critique ?

 Les principes de la critique historique ou le vrai problème

1- La critique interne

- Il faut commencer par la critique de style (2 à 3 lignes). Il faut dire si le texte


est clair ou confus. Il faut parler de l’enchainement des idées. Dire si le ton
est doux ou violent (justifier le pourquoi avec des exemples). Enfin dire si
l’auteur utilise des images pour exprimer ses idées.
- Il faut relever systématiquement les contradictions du texte. Exemple
l’auteur affirme dans le texte que la migration des Baoulés s’est déroulée au
XXe siècle. A la ligne 20, le même auteur donne une autre date. C’est une
contradiction à révéler.
- Les confusions de faits ou d’évènement. L’auteur peut de bonne foi prendre
un fait pour un autre. Exemple du printemps de Prague différent du coup de
Prague, deux faits distants de 20 ans.
- Les anachronismes (confusion de date) : l’auteur peut prendre une date
pour une autre.
- Les erreurs : il peut arriver que l’auteur se trompe de bonne ou mauvaise
foi ; par exemple en situant les Pygmées qu’on rencontre en Afrique Centrale
dans le désert mauritanien.
- Les omissions : par exemple (l’oubli des baoulés dans peuples de Côte
d’Ivoire).

2- La critique externe

Elle se fait traditionnellement dans la conclusion et se place entre l’intérêt et


la portée du document. C’est une critique globale de la valeur du texte d’un point de
vue historique. On l’appelle encore critique de sincérité, d’exactitude ou
d’objectivité. Elle se fait par comparaison entre le texte et les éléments recueillis
par ailleurs. Cela permet de vérifier L’EXACTITUDE DES AFFIRMATIONS DE
L’AUTEUR ET LA PERTINENCE DE SES JUGEMENTS.

Les questions qui doivent nous guider

- Recenser les omissions ou erreurs de l’auteur et dire si elles sont volontaires


ou non.
- Dire si elles sont importantes ou non.
- A quelles causes peut-on les attribuer : la mauvaise foi, l’ignorance, un parti
pris flagrant ?
- L’auteur est-il sincère dans sa présentation des faits ?
- Il faut relever les interprétations tendancieuses et abusives de l’auteur (le
pourquoi).

En un mot, il faut juger de l’objectivité de l’auteur.

Erreur à éviter
Il faut éviter la critique facile et passe partout. Chaque point de la critique doit
s’appuyer sur des faits. Il faut éviter les condamnations gratuites, brutales et sans
fondement. Chaque fois que vous relevez une faiblesse, dite en quoi elle consiste.
Sinon votre critique est nulle et de nulle effet. Elle reste vague, sans intérêt et
sans valeur.

NB : En ce qui concerne la critique, qu’elle soit interne ou externe, il


apparait mieux approprier de la faire au fur et à mesure que l’on rédige
le travail. Donc éviter de consacrer une partie entière de son devoir à cet
élément.

III- LA CONCLUSION

Elle comprend deux éléments : l’intérêt et la portée du document.

1- L’intérêt du document

A la fin de votre analyse, il faut dégager le sens global du texte et son apport
général à la connaissance du passé. En d’autre terme, c’est dire ce que le texte
apporte de neuf, d’original à la connaissance d’une période étudiée. C’est en cela
que réside sa valeur.

Les questions qui doivent nous guider

- Qu’apporte le document à la connaissance du passé sur des faits précis ou une


situation donnée ?
- Apporte-t-il un nouvel éclairage sur des faits ou évènements connus ?
- Est-il en porte à faux avec les idées reçues sur une question donnée ?

S’il ne nous apporte rien, le dire en donnant les raisons. Par exemple un texte qui
comporte trop d’erreurs d’affirmations tendancieuses ou qui est globalement
subjectif présente en règle générale peu d’intérêt. Cependant si vous estimez qu’il a
une valeur historique, il faut en donner les raisons.

2- La portée du document

Il s’agit des conséquences, réactions, des suites que l’élaboration et la


publication du document ont entraînées (portée immédiate) ou contribuées à
entraîner (portée lointaine).

- Dans le cadre d’un discours, il faut chercher à étudier son influence, son
impact, et les réactions qu’il a suscitées.
Exemple : le discours peut apporter un démenti, une mise au point, sur des
troubles sociaux, un renversement ou chute d’un gouvernement.
- Dans le cadre d’une loi, décret, traité, constitution…, on se demandera quand
et comment ils ont été appliqués et quelle importance a résulté de l’acte.
- S’il s’agit d’une lettre, il faut indiquer si le document a emmené une réponse
du correspondant et dans quel sens (réponse est la portée).

Cas particulier

- Quand le document ne semble pas avoir eu de portée immédiate ou à long


terme, il convient non seulement de le souligner, mais d’en apporter les
raisons.

Exemple : Une loi destinée à apporter une réforme et qui finalement n’est pas
appliquée. Cela signifie qu’il n y a pas eu des oppositions.

- Le document n’a pas de portée immédiate, mais plutôt à long terme.

Exemple : Le discours du 18 juin 1940 prononcé par le général de Gaulle à


Londres.

- Certains document sont une portée considérable, il faudra le souligner en


indiquant les grandes lignes. Car à vouloir entreprendre l’étude de toutes les
conséquences, on risque d’aborder un thème extrêmement vaste et hors sujet.

Exemple : Le traité de Versailles.


On peut noter brièvement la rancune créée chez les Allemands par les clauses
du traité. Cette rancune a été par la suite exploitée par la propagande Nazie et
a favorisé d’une certaine façon le déclenchement de la deuxième guerre
mondiale.

En règle générale, la portée d’un document est fonction de sa nature ; ce


qui fait que certains documents n’ont pas de portée évidente. Dans ce cas, on
indique à la portée du document de la façon suivante : portée nulle, peu évidente
ou ne rien écrire du tout.

Les documents concernés sont :

- Une carte historique


- Les tableaux statistiques
- Une gravure
- Un extrait d’ouvrage ou de mémoire évoquant une période révolue

NB : La maîtrise de la méthode à elle seule ne suffira pas pour commenter un


document. Il faut, et cela est extrêmement important disposer de larges connaissances
tirées de cours magistraux et d’environs 200 lectures personnelles. A l’opposé les
nombreuses connaissances ne serviront à rien si l’on ne maîtrise pas la méthode du
commentaire. Un bon commentaire de document doit prendre en compte ces deux
démarches indissociables.

EXERCICE D’APPLICATION (texte sur les deux blocs)

I- La structuration des blocs


- Le bloc occidental (L1-L6)
- Le bloc oriental (L6-L10)
A- Le bloc Occidental (L1 – L6)
1- Les Etats Unis, leader du camp occidental (L1)
« Les Etats Unis sont la principale force du camp impérialiste » (L1)
2- Les pays alliés des Etats unis (L2- L6)
a- Les alliés européens (L2- L4) « la France, l’Angleterre, la Belgique, la
Hollande »
b- Les alliés non européens (L4- L6) « le Proche Orient, l’Amérique du
Sud, la Chine. »
B- Le bloc Oriental (L6- L10)
1- Le noyau fondateur du bloc Oriental (L7- L8)
« …l’autre camp l’U.R.S.S. et les pays de la Démocratie Nouvelle en sont
le fondement. »
2- Les alliés de l’U.R.S.S. (L8- L10)
« …le mouvement ouvrier et démocratique, les partis communistes frères
sur les combattants de libération nationaliste des pays coloniaux. »

REDACTION PROPREMENT DITE

Ce centre d’intérêt évoquera successivement le leader du camp occidental


(L1) et ses alliés (L2- L6).

1- Les USA, leader du camp occidental

D’entrée de jeu, Jdanov présente les USA comme ‘’la principale force du
camp impérialiste’’ (L1). Cette affirmation est d’autant plus justifier qu’à la fin du
second conflit mondial, les USA imposent surtout en Occident leur leadership. En
effet, la guerre a permis aux USA de retrouver la prospérité, de doubler son PNB
grâce aux commandes de guerre de l’armée américaine et des alliés. Ils détiennent en
plus les deux tiers du stock d’or mondial, ce qui suffit à garantir la convertibilité du
dollar imposé comme monnaie de référence internationale à la conférence de Breton
Wood de juillet 1944.

Cette puissance économique et financière est complétée par un leadership de


premier plan. Car à cette date, ils sont les seuls à détenir la bombe atomique. Par
ailleurs, ils sont capables de mobiliser près de douze millions (12000000) de soldats,
et disposent en plus d’un matériel performant composé de milliers de chasseurs
bombardiers avec des portes avions. C’est grâce à cette puissance que les USA ont
mis fin à leur isolationnisme et pris progressivement la direction du monde non
communisme grâce à l’aide octroyée à l’Europe de 1945 à 1947 (près de douze
milliards de dollars) à partir de la doctrine TRUMAN du 12 mars 1947, qui a permis
de chasser les communistes des gouvernements de pays d’Europe et enfin au
programme de reconstruction économique dit plan Marshall.

En considération de tout ce qui précède, Jdanov a donc raison de soulever le


leadership des USA. Cependant ils ne sont pas seuls. Ils ont des alliés que l’auteur
présente dans les lignes qui suivent.

2- Les alliés des USA (L2- L6)

Jdanov distingue deux catégories d’alliés : d’un côté les alliés européens et de
l’autre les non européens.

a- Les alliés européens

Qui sont donc ces alliés sur lesquels les USA s’appuient pour diriger le camp
impérialiste ? (L1), c’est-à-dire ceux qui veulent imposer leur domination aux plus
faibles afin de satisfaire des ambitions hégémoniques.

L’auteur répond qu’il s’agit de « la France, la Belgique, la Grande-Bretagne,


la Hollande » (L2-L4). S’agissant de la France, il faut noter que pendant la seconde
guerre mondiale, elle a été défaite par l’Allemagne Nazie. Elle est sortie de la guerre
et n’a dû son salut qu’à l’intervention des USA. Cette situation de faiblesse l’a
contrainte à devenir un des meilleurs amis des USA en Europe de l’Ouest afin de
bénéficier des fonds Marshall et d’être protéger de l’expansion communiste.

Quant à la Grande-Bretagne, après la défaite de la France en 1939, elle est


restée le seul pays à résister à l’armée nazie. Cette situation l’emmenée à coopérer
étroitement avec les USA au point qu’il est devenu le pays qui a le plus combattu les
Nazis. Pour ce faire, la Grande-Bretagne a reçu des prêts-bails après la guerre et
même avant. Ce qui a fait des USA un de ses plus gros amis.
La Belgique et la Hollande se présentent comme des puissances de seconde
zone. Leur principale caractéristique est d’avoir été libérée par la poussée par le
débarquement américain de 1944. Affaiblis et épuisés économiquement, ces pays
comptent sur les USA pour leur reconstruction économique.

C’est à juste titre que l’auteur, affirme que ces pays sont des alliés des USA.
Car il ne saurait en être autrement, vue leur situation économique et financière au
sortir de la guerre. Les alliés des USA ne sont pas qu’Européens. Il en existe hors
d’Europe.

b- Les alliés non Européens (L4- L6)

Trois régions selon l’auteur intéressent les USA. Il s’agit du Poche Orient,
l’Amérique du Sud et de la Chine (L4 – L6).

S’agissant du Proche Orient, on doit dire qu’en 1947, les USA ont très peu
d’alliés dans cette région. L’allusion de l’auteur semble viser la Turquie, pays à la
fois européen et asiatique, qui, face aux pressions militaires et diplomatiques de
1947, a eu le soutien des USA qui lui ont promis cent cinquante millions de dollars.
On pourra ajouter accessoirement la Turquie, l’Iran.

Quant à l’Amérique du Sud, on peut sans risque de se tromper comme le


laisse entendre l’auteur cette région « dépend politiquement et économiquement des
USA »L5. En effet depuis la déclaration du président JAMES MONROE (1823),
dans laquelle, il proposait que « les Européens s’occupent des affaires européennes,
que les Américains s’occupent des affaires américaines ». Les USA ont fait donc de
cette région une sorte de ‘’basse-cour’’. En effet le leadership économique des USA,
est écrasant et s’exprime dans de nombreux investissements réalisés. La création de
nombreuses multinationales de la banane à Cuba, au Mexique, au Nicaragua, au
Guatemala, au Salvador et mainmise sur le tourisme. Cette dépendance économique
et financière trouve son prolongement dans la politique. Car c’est Washington qui
fait et défait les différents gouvernements depuis le milieu du XIX e siècle. Pour
préserver son intérêt, Washington n’hésite pas à organiser des expéditions punitives
et même des coups d’Etat pour mettre au pas les récalcitrants. Cette description
concerne également la Chine en raison de ses liens étroits avec les USA.

Les liens ont débuté pendant la deuxième guerre mondiale, quand les USA
ont apporté une aide militaire et économique à la Chine de Tchang Kaï Check pour
les aider à repousser l’envahissement japonais. Cette aide a continué même après la
guerre quand il luttait contre les communistes de MAO Sté Toung. L’excellence des
relations s’est manifestée par l’entrée de la Chine au conseil de sécurité à l’initiative
des USA. Au regard de ces faits, les trois régions évoquées ci-dessus par l’auteur
sont des alliés des USA. Après donc la description du bloc Occidental, l’auteur
s’intéresse au bloc Oriental dont il fait partie. (INACHEVER…)

AYEMOU KADJOMOU FERDINAND

Tél : 01 29 37 10/ 49 24 56 75

Fekaye1986@[Link]/ writter_32@[Link]

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