Droit International Privé
Le DIP regroupe :
- Les conflits de loi ;
- Les conflits de juridiction ;
- Nationalité ;
- Condition des étrangers ;
Le DIP peut être définit comme le droit applicable aux personnes privées impliquées dans les
relations internationales. La détermination de son objet passe parce que l’on appelle une relation
internationale. Celle-ci peut avoir deux sens :
Dans un sens subjectif, la relation internationale est celle qui présente à l’organe étatique
auquel elle est soumise, un élément d’extranéité, c'est-à-dire un élément par lequel elle est en
contact avec un ordre juridique étranger. Ex : la relation entre 2 époux maliens domiciliés au Gabon,
apprécié par un juge gabonais est une relation internationale. Dans cet exemple, l’élément
d’extranéité réside dans la nationalité des époux.
Peuvent constituer des éléments d’extranéité aux yeux des organes gabonais, le domicile à
l’étranger d’un sujet de droit, sa nationalité étrangère, la conclusion ou l’exécution d’un acte à
l’étranger, ou encore la situation d’un bien à l’étranger.
La notion « relations internationales » est ici subjective, car selon le point de vue adopté
l’identité de l’élément d’extranéité change. Ainsi dans l’exemple précédent, pour un juge malien, la
relation des époux mariés domiciliés au Gabon est une relation internationale par le domicile et non
par la nationalité.
Dans un second sens objectif, est internationale, une relation qui met en cause deux ou
plusieurs pays par ses éléments intrinsèques ; ses éléments intrinsèques étant ceux qui ont été défini
comme pouvant constituer des éléments d’extranéité. La notion est ici objective car le rattachement
à 2 ou plusieurs pays existent, soit avant toute saisine d’organes étatiques quelconques ou après.
Ainsi par exemple, la relation matrimoniale entre un malien et une guinéenne, la relation
entre héritiers gabonais d’une succession comprenant des immeubles en France sont relativement
internationales.
La complexité du droit international privé tient à l’existence d’un ou plusieurs éléments
d’extranéité qui font que le rapport de droit s’inscrit dans le cadre de la vie internationale. Lorsque
l’on étudie les disciplines du droit interne, on résonne comme si le Gabon est le seul pays du
monde. Or, par suite de mouvement des populations et des biens, les rapports internationaux se
nouent.
Pourtant, les problèmes que résous le DIP sont les mêmes qui sont résolus par le droit
interne. De la même manière on se pose la question en droit interne sur la validité d’un mariage ou
d’un contrat, on se la pose aussi en DIP. Seulement en droit interne, le juge gabonais résous ses
questions en appliquant directement le droit gabonais. Mais dès lors que la situation présente un
élément d’extranéité, l’application du droit gabonais n’est plus systématique, car on cherche à
soumettre les relations internationales en droit avec lequel elle présente les liens les plus sérieux.
Avant même de s’interroger sur la loi applicable, il faut un préalable du point de vue de la
compétence juridictionnelle.
Le domaine du droit international privé
4 matières peuvent rentrer dans l’étude du droit commun.
Le conflit de loi
Il y a conflit de lois lorsqu’une situation juridique se rattache à 2 ou plusieurs pays et qu’il
devient nécessaire de choisir entre les droits de ses différents étrangers celles qui devront
s’appliquer pour résoudre le problème posé.
Le conflit de juridiction
Les conflits de juridiction concernent toutes les questions relatives à la sanction judiciaire
des lois lorsqu’un litige est soumis à un tribunal. Ils existent quand, devant une situation
internationale, il faut déterminer si les tribunaux gabonais sont compétents ou non pour statuer.
La résolution des conflits de juridiction est nécessairement préalable à la résolution des
conflits de lois, car avant de déterminer la loi applicable le juge doit d’abord se prononcer sur sa
propre compétence.
La nationalité
Le poids de la nationalité est constitué par l’ensemble des règles qui déterminent
l’appartenance juridique d’un individu à la population constitutive d’un Etat. Certains auteurs
placent ce droit dans le droit public au motif qu’il régit les rapports entre l’Etat et l’individu.
Cependant, cette théorie ne convainc pas car tout ce qui intéresse l’Etat ne relève pas
nécessairement du droit public. Quoiqu’il en soit, il appartient à chaque Etat de déterminer les
conditions dans lesquelles les individus auront à acquérir ou perdre la nationalité.
On pourrait alors croire que le droit de la nationalité n’est qu’une branche du droit interne,
mais il n’en est rien, dans la mesure où il reparti les individus entre les différents Etats du monde et
intéresse de ce fait le DIP.
D’ailleurs, les solutions en matière de conflits de loi ou de juridiction sont souvent
subordonnées à la détermination de la nationalité utilisée comme élément de rattachement de la
situation en ordre juridique déterminé.
La condition des étrangers
C’est l’ensemble des règles qui déterminent l’aptitude d’un étranger à jouir d’un droit au
Gabon. Négativement, elle regroupe toutes les différences établies par le droit gabonais entre les
gabonais et les non gabonais.
Ces règles sont relatives à la police des étrangers (condition d’entrée et de séjour), ainsi
qu’aux droits dont bénéficient les étrangers. Il faut simplement montrer que certains étrangers
peuvent être placés dans une situation particulière justifiant l’exclusion d’un droit commun et
l’application d’un statut protecteur.
Il s’agit particulièrement des réfugiés et des apatrides (ce qui n’ont pas de patrie).
Partie I : Le conflit de juridiction
La nationalité et la condition des étrangers
Les modes d’acquisition de la nationalité
En ce qui concerne les modes d’acquisition de la nationalité, on peut distinguer 2
conceptions reposant sur des logiques différentes : le droit du sol et le droit du sang. Le droit du sol
repose sur la logique selon laquelle une personne née sur un territoire adopte la nationalité attachée
à ce territoire, alors que le droit du sang repose sur la logique selon laquelle une personne ne peut
avoir une nationalité que s’il a hérité de ses parents ou d’au moins l’un d’entre eux.
Au Gabon tout comme en France, les modes d’acquisition de la nationalité reposent à la fois
sur le droit du sol et sur le droit du sang. Ainsi, est français ou gabonais tout enfant, légitime ou
naturel, dont l’un au moins des parents est français ou gabonais. Un enfant né en France ou au
Gabon de 2 parents étrangers, pourra, sous certaines conditions, acquérir la nationalité française ou
gabonaise à sa majorité, s’il a une résidence habituelle pendant une période d’au moins 5ans depuis
la naissance.