MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR REPUBLIQUE DE CÔTE D'IVOIRE
ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE Union - Discipline - Travail
DIRECTION GENERALE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
ET DE L’INSERTION PROFESSIONNELLE (DGESIP)
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Concours GIC session 2017
Institut National Polytechnique
Félix Houphouët – Boigny Composition : Physique 2 (électricité, optique)
SERVICE DES CONCOURS Durée : 4 Heures
L’épreuve consiste en trois problèmes qui sont indépendants. Si au cours de l’épreuve, un candidat repère ce
qui lui semble être une erreur d’énoncé, il est invité à la signaler sur sa copie et à poursuivre sa composition en
expliquant les raisons des initiatives qu’il aura été amené à prendre. On attachera un grand soin à la
présentation des copies.
Problème 1 : Principe du moteur asynchrone
A. Dipôle magnétique : définitions et propriétés fondamentales
er , er , er désignent les vecteurs unitaires d’un repère orthonormé direct Oxyz
x y z lié à un référentiel galiléen. On
considère une spire MNPQ de forme rectangulaire MN QP a, MQ NP b parcourue par un courant
r r
continu d’intensité I . Cette spire est placée dans un champ magnétique constant et uniforme B Bex où B 0
. Voir la figure 1.
Figure 1. Dipôle magnétique
r
1. Déterminer soigneusement les forces Fi exercées sur chacun des côtés de la spire. En déduire la force
magnétique résultante sur la boucle.
2. Vérifier que le système des forces exercées par le champ magnétique est un couple. Déterminer les
r r
moments Ci par rapport au centre C du rectangle, des actions exercées par le champ B sur chaque côté de la
r r r r
spire. En déduire que le moment résultant peut se mettre sous la forme B . Exprimer le moment
r r
magnétique de la boucle en fonction de la surface A de celle-ci, de l’intensité I et du vecteur unitaire n
perpendiculaire au plan de la boucle.
r r
3. Application numérique : on donne a b 0,1 m, I 10 A, B 0,1 T . Calculer et .
4. On suppose que la spire peut tourner librement autour de l’axe Oy , la position de la spire étant
r r r r
caractérisée par l’angle 𝜃 entre le champ B et le moment magnétique : B, . Pour quelle valeur de 𝜃
la boucle est-elle en équilibre stable? en équilibre instable? Justifier brièvement les réponses.
5. On suppose qu’à partir de l’angle 𝜃, la spire subit une rotation infinitésimale d . Exprimer le travail
W du couple magnétique durant ce déplacement; déterminer le travail correspondant à une rotation finie entre
r r
1 et 2 . En déduire l’existence d’une énergie potentielle U . B .
6. Application numérique : la spire effectue une rotation depuis la position 1 jusqu’à la position
2
2 0 . Quelle est la variation de son énergie potentielle?
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r r r
L’expression du moment B est valable pour la boucle parcourue par un courant d’intensité i
r
variable dans le temps et placée dans un champ magnétique B variable dans le temps.
B. Principe du moteur asynchrone
Une petite bobine plate de centre O , formée de N spires de section A , fermée sur elle-même, d’inductance
propre L et résistance r tourne à la vitesse constante autour de l’axe Oz . Sa position est repérée par l’angle
r r r r
entre ex et le vecteur unitaire n normal au plan de la bobine : ex , n t 0 où 0 désigne une constante
r
positive. Cette bobine est plongée dans un champ magnétique B , de norme constante, ≪tournant≫ lui aussi
r r
autour de l’axe Oz à la vitesse angulaire 0 constante : ex , B 0t . Voir la figure 2.
Figure 2. Bobine et champ tournant
7.
r r
Déterminer la valeur, à l’instant t , de l’angle n , B en fonction de , 0 , 0 et t . En déduire le
r
flux du champ B à travers la bobine. Quelle est la force électromotrice induite e correspondante?
8. En régime établi, cette force électromotrice engendre dans le circuit r , L un courant sinusoïdal i t de
même pulsation que e que l’on exprimera sous la forme i I sin . Déterminer I et tan .
r r
9. A quel couple ez le circuit est-il soumis? Quelle est la valeur moyenne m de ? À quelle
condition le couple est-il moteur?
On se propose d’étudier la variation du couple moyen m en fonction de la vitesse angulaire.
10. Vérifier qu’il est possible d’écrire m sous la forme :
02 r L2
m avec 0 NBA et 0
2 0 r
11. Pour quelle valeur de (dans le domaine moteur) la quantité est-elle minimale?
12. Soit M la valeur de la pulsation qui donne le maximum de m , soit max (toujours dans le domaine
moteur). Exprimer max et vérifier que ce couple moyen maximal est indépendant de la résistance r .
13. Donner l’allure de la courbe m pour tout le domaine de variation de (y compris les valeurs
négatives). On désignera les extrema par les points M et M .
14. Interpréter les branches 0, puis 0 0 et 0 . Justifier le terme de ≪ moteur asynchrone≫
de ce dispositif.
Problème 2 : Mesure par interférométrie
Le dispositif étudié constitue un interféromètre compact dédié à l'étude sismique de sources stellaires. Le
principe proposé, un peu moins efficace qu'un spectromètre à réseau, conduit à un instrument bien moins
encombrant et bien moins coûteux. Le principe de l'interféromètre est analysé, ainsi que son installation au
foyer d'un télescope et son fonctionnement dans des conditions d'observation réalistes. On suppose, dans tout le
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problème, les optiques idéales : lentilles parfaitement transparentes, miroirs totalement réfléchissants, lames
semi- réfléchissantes divisant le faisceau incident en deux faisceaux d'intensités lumineuses égales.
A - Interférométrie
Dans tout ce qui suivra, on notera le nombre d'onde, à savoir l'inverse de la longueur d'onde . On
exprimera ce nombre en m 1 .
1. La figure 1 correspond au montage de principe d'un interféromètre de MICHELSON. Les miroirs sont
réglés de telle façon que l'on observe les anneaux d'interférence circulaires sur l'écran E placé dans le plan
focal de la lentille L, de distance focale image f .
Figure 1. Montage
Quel est le rôle de la lame L semi-réfléchissante SR ? Quel est celui de la lentille L ? Montrer qu'avec ce
montage la moitié du flux incident est irrémédiablement perdue.
2. La différence de marche, différence entre les deux chemins optiques pour un rayon entrant
perpendiculairement au miroir 1 , est notée D ; pour un rayon entrant avec une inclinaison i on rappelle que
la différence de marche est alors donnée par D cos i . L’interféromètre est éclairé par une source étendue,
supposée strictement monochromatique de nombre d’onde 0 . On suppose la tâche centrale en F brillante.
Exprimer le rayon r1 du premier anneau sombre, en fonction de 0 , D , et f . Faire un schéma de ce que l’on
observe sur l’écran.
3. La source est l’image d’une étoile, telle celle fournie par un télescope. Cette image est étalée par la
diffraction mais surtout par la turbulence atmosphérique, ce qui donne des rayons entrant dans l’interféromètre
d’inclinaisons diverses mais faibles. Quelle est la figure d’interférence observée en fonction de D en présence
d’un filtre interférentiel qui sélectionne une très étroite bande passante autour d’un nombre d’onde 0 donné ?
4. On éclaire l’interféromètre par une source monochromatique, de nombre d’onde 0 . Un détecteur est
placé au foyer F de la lentille L. Ce détecteur délivre un signal S D , proportionnel à l’intensité lumineuse au
point F . Ce signal sera appelé dans la suite interférogramme. Il dépend de la différence de marche D. Montrer
que S D est donné par : S D S0 1 cos 2 0 D . Que représente S0 ? Quelle est la période de
l’interférogramme?
5. On illumine l’interféromètre par une source présentant un doublet de nombres d’onde 1 et 2
voisins. Chacune des raies est supposée monochromatique et leurs intensités sont égales. Déterminer
l’expression de l’interférogramme S D correspondant. Mettre en évidence deux périodes caractéristiques
dans S D . Application numérique : Représenter l’allure de l’interférogramme pour le doublet du sodium :
1 589,0 nm et 2 589,6 nm .
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B. Interférogramme d’une raie élargie
On suppose maintenant que le profil spectral de la source n’est plus monochromatique mais possède une
largeur . On désigne par I l’intensité spectrale : dans l’intervalle ; d l’intensité émise est
I d . On admettra que les rayonnements correspondant à chaque intervalle de largeur d , sont incohérents.
On notera I 0 l’intensité lumineuse totale de la raie. I 0 est donc donnée par la somme des intensités de chaque
intervalle :
I 0 I d
0
Dans la suite, on prendra :
I0
I 0 si 0
2
I 0 0 si 0
2
6.
Montrer alors que le signal détecté est donné par : S D S 0 1 v cos 2 0D et exprimer la
fonction de visibilité des franges v en fonction de 𝐷 et . Représenter schématiquement la fonction v D .
Quelle est la plus petite valeur D de 𝐷 qui annule la fonction de visibilité?
On illumine l’interféromètre avec une source stellaire via un filtre de bande passante 1; 2 sélectionnant
une raie en absorption, voir la figure 2. Cette raie d’absorption est suffisamment étroite pour être considérée
comme monochromatique. On note I c l’intensité totale au travers du filtre (sans absorption) et I a l’intensité
totale absorbée.
Figure 2. Spectre avec raie d'absorption
7. Montrer que, d’après la question précédente, on peut négliger dans le signal interférométrique tout terme
interférentiel associé au spectre large délimité par le filtre si D est suffisamment grand, en supposant valables
les résultats établis précédemment sur le profil de raie idéalisé.
8. En déduire que l’interférogramme s’écrit : S D Sc 1 C cos 2 0 D où Sc est proportionnel à I c .
Exprimer le contraste de franges C en fonction de I c et I a .
Problème 3 : Onde entre deux plans parfaitement conducteurs.
On donne : Célérité des ondes dans le vide : 𝑐 = 3. 108 𝑚. 𝑠 −1 ; Perméabilité du vide : 𝜇0 = 4𝜋. 10−7 𝐻. 𝑚−1 ;
1
Permittivité du vide : 0 F .m1
36 .109
Dans l'espace rapporté au repère orthonormé direct Oxyz , on définit la base ex , ey , ez . On dispose de deux
r r r
plans métalliques parallèles au plan yOz et d'équations x 0 et x a . Dans l'espace vide entre ces plans
conducteurs, on étudie la propagation d'une onde électromagnétique sinusoïdale de pulsation 𝜔 et polarisée
rectilignement suivant Oy . Suivant le sens de propagation de l'onde, les deux plans métalliques joueront le rôle
de « résonateur électromagnétique » (figure 1) ou de « guide d'ondes » (figure 2).
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1.1. Montrer que dans un conducteur parfait, en l'absence de champ statique, nous avons :
r r r r r r
E 0, B 0, j 0, 0 (champ électrique, champ magnétique, densité volumique de courant et densité
volumique de charges).
r
1.2. Compléter les quatre relations de passage ci-après concernant les champs 𝐸⃗ et B au niveau de la surface
d'équation x 0 entre le conducteur parfait (milieu 1) et le vide (milieu 2). Les composantes de 𝐸⃗ et 𝐵
⃗ seront
r
indicées T (tangentielles) et N (normales) et nous poserons s et js respectivement la densité surfacique de
charges et le vecteur surfacique de courant.
r r r r r r r r
Relations : (1) ET2 ET1 ; (2) EN2 EN1 ; (3) BT2 BT1 ; (4) BN2 BN1 .
1.3. Montage en « résonateur électromagnétique » (figure 1)
L'onde électromagnétique incidente (𝐸⃗𝑖 , 𝐵
⃗ 𝑖 ), polarisée rectilignement et de champ électrique parallèle à Oy , se
propage vers le métal dans le sens du vecteur d'onde ⃗⃗⃗ 𝑘 = −𝑘𝑒𝑥 . En notation complexe, le champ électrique
⃗
incident est donné par : 𝐸𝑖 = 𝐸0 𝑒 𝑗(𝜔𝑡+𝑘𝑥)
𝑒𝑦 .
⃗ 𝑖.
1.3.1. Déterminer, à l'aide de l'équation de structure d'une onde plane, le champ magnétique incident 𝐵
1.3.2. En utilisant les relations de passage des composantes du champ électrique, déterminer le champ 𝐸⃗𝑟 (0, 𝑡)
de l'onde réfléchie sur le plan conducteur d'équation x 0 , et en déduire les champs électrique 𝐸⃗𝑟 et
magnétique 𝐵 ⃗ 𝑟 de l'onde réfléchie en tout point de 1'espace.
1.3.3. Exprimer le champ électrique total 𝐸⃗ (𝑥, 𝑡) et le champ magnétique total 𝐵
⃗ (𝑥, 𝑡) à l'instant 𝑡 en un point
E
M x, y, z de la cavité. En déduire le rapport des modules des champs complexes en fonction de 𝑐, 𝑘 et 𝑥.
B
1.3.4. Montrer que la fréquence de l'onde dans cette cavité ne peut prendre que des valeurs discrètes f N
exprimées à l'aide de l'entier N.
Application numérique : Calculer la fréquence propre minimale de ce résonateur pour une distance a 3 cm
entre les plans métalliques.
Les résultats des quatre questions suivantes seront exprimés en fonction de 𝜺𝟎, c, E0 , a et pour N 1 .
1.3.5. Déterminer le vecteur de Poynting 𝑅⃗(𝑥, 𝑡) de l'onde résultante et en déduire sa moyenne temporelle
r
R x, t t . Commenter le résultat.
1.3.6. Calculer la densité volumique d'énergie électromagnétique u x, t puis sa moyenne temporelle
u x, t t en fonction de 𝜀0 et E0 .
1.3.7. Déterminer le vecteur densité surfacique de courant 𝑗𝑠 (𝑡) qui parcourt à l'instant 𝑡 la plaque métallique à
l’interface métal-vide, en x 0 .
df
1.3.8. En déduire, en fonction de 𝜀0 et E0 , la pression électromagnétique moyenne temporelle p t
dS t
r
r r B 0, t
exercée par l'onde sur cette plaque, sachant que df js dS est la force de Laplace exercée sur
2
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l'élément de surface dS du plan métallique d'équation x 0 .
Application numérique : On donne la valeur E0 100 V.m-1 ; calculer u x, t t et p t .
1.4. Montage en « guide d'ondes » (figure 2)
On considère une onde électromagnétique (𝐸⃗1 , 𝐵
⃗ 1 ), progressive, monochromatique, se propageant dans le vide
entre deux plans conducteurs distants de 𝑎, suivant la direction de Oz et telle que le champ électrique reste
parallèle aux deux plans. On impose que la forme de 𝐸⃗1 est : 𝐸⃗1 (𝑥, 𝑧, 𝑡) = 𝐸1 (𝑥 )𝑒 𝑗(𝜔𝑡−𝑘𝑔 𝑧) 𝑒𝑦 .
1.4.1. Exprimer 1'équation de Maxwell-Faraday et en déduire que 𝐵 ⃗ 1 est de la forme :
⃗⃗⃗⃗
𝐵1 (𝑥, 𝑧, 𝑡) = [𝐹(𝑥 )𝑒𝑥 + 𝑗𝐺 (𝑥 )𝑒𝑧 ]e𝑗(𝜔𝑡−𝑘𝑔 𝑧), sachant que l’on exclut de ⃗⃗⃗⃗ 𝐵1 toute composante statique.
Expliciter les fonctions 𝐹 (𝑥 ) et 𝐺 (𝑥 ). Justifier l'attribution du sigle « T.E » à cette onde.
1.4.2. Exprimer l’équation de Maxwell-Ampère et en déduire l'équation différentielle vérifiée par l'amplitude
E1 x du champ électrique. Les champs 𝐸⃗1 et ⃗⃗⃗⃗𝐵1 vérifient-ils les deux autres équations de Maxwell ? Justifier
votre réponse.
1.4.3. Résoudre l'équation différentielle vérifiée par E1 x et donner la solution dans le cas k g , sachant
c
⃗
que le champ électrique 𝐸 1 vérifie des conditions sur les plans conducteurs du guide d'ondes. On notera 𝛼
l'amplitude de la solution obtenue pour E1 x et on introduira un nombre entier N1 , non nul et positif,
dénombrant N1 « modes » de propagation.
1.4.4. Connaissant E1 x , déterminer les expressions, en représentations complexe et réelle, des champs
électrique 𝐸⃗1 et magnétique ⃗⃗⃗⃗
𝐵1 .
1.4.5. Exprimer k g en fonction de 𝜔, 𝑐, N1 et 𝑎. Quelle est la fréquence de coupure f c en dessous de laquelle
la propagation de l'onde n'existe pas ? Calculer numériquement f c pour le mode N1 1 et a 3 cm .
Les résultats des cinq questions suivantes seront exprimés pour N1 1 .
fc
1.4.6. On nomme f la fréquence de 1'onde. Exprimer la vitesse de phase v en fonction de 𝑐 et du rapport .
f
Application numérique : Calculer numériquement v pour f 3 f c .
r
1.4.7. Déterminer le vecteur de Poynting R1 x, z , t de 1'onde résultante et en déduire sa moyenne temporelle
r
R1 x, z, t t .
1.4.8. En déduire le flux énergétique moyen m à travers une surface 𝑆 perpendiculaire à l'axe Oz et de
largeur 𝑏 suivant la direction Oy . On introduira la vitesse de phase v dans le résultat de m .
1.4.9. Exprimer la densité volumique d'énergie électromagnétique uem x, z , t et sa moyenne temporelle
uem x, z, t t .
1.4.10. Calculer l'énergie électromagnétique localisée en moyenne dWem , dans un volume d'épaisseur dz et
limité par deux surfaces 𝑆 perpendiculaires à Oz .
En déduire la vitesse de propagation de 1'energie moyenne ve en fonction de v à travers les surfaces
𝑆 perpendiculaires à Oz . Commenter le résultat. Représenter sur un même graphe ve et v en fonction du
f
quotient des fréquences . Positionner sur le graphe les points représentatifs de ve et v correspondant à
fc
l'application numérique de la question 1.4.6.
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