0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
103 vues61 pages

Bulletin Officiel du Maroc - N° 7318

Transféré par

z4ywq6yhs5
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
103 vues61 pages

Bulletin Officiel du Maroc - N° 7318

Transféré par

z4ywq6yhs5
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Cent-treizième année – N° 7318 12 moharrem 1446 (18 juillet 2024)

ISSN 0851 - 1217


ROYAUME DU MAROC

BULLETIN OFFICIEL
EDITION DE TRADUCTION OFFICIELLE

TARIFS D’ABONNEMENT ABONNEMENT


EDITIONS AU MAROC IMPRIMERIE OFFICIELLE
A L’ETRANGER Rabat - Chellah
{
6 mois 1 an
Tél. : [Link].24 ‑ [Link].25
A destination de l’étranger, [Link].13
par voies ordinaire, aérienne
Edition générale................................................................... 250 DH 400 DH Compte n° :
ou de la poste rapide interna‑
Edition de traduction officielle............................................. 150 DH 200 DH tionale, les tarifs prévus ci- 310 810 1014029004423101 33
Edition des conventions internationales................................ 150 DH 200 DH contre sont majorés des frais ouvert à la Trésorerie Préfectorale de Rabat
d’envoi, tels qu’ils sont fixés
Edition des annonces légales, judiciaires et administratives... 250 DH 300 DH
par la réglementation postale au nom du régisseur des recettes
Edition des annonces relatives à l’immatriculation foncière.. 250 DH 300 DH en vigueur. de l’Imprimerie officielle

Cette édition contient la traduction officielle des lois et règlements ainsi que tous autres décisions ou documents dont
la publication au Bulletin officiel est prévue par les lois ou les réglements en vigueur

Pages Pages
SOMMAIRE TEXTES PARTICULIERS

Agréments pour la commercialisation des


TEXTES GENERAUX semences et de plants.
Arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche
Eau. maritime, du développement rural et des
Dahir n° 1-23-16 du 19 rejeb 1444 (10 février 2023) eaux et forêts n° 1568-24 du 6 hija 1445
portant promulgation de la loi n° 05-23 modifiant (13 juin 2024) portant agrément de la pépinière
et complétant la loi n° 36-15 relative à l’eau..... 2017 « EL KHATABI » pour commercialiser des
Lutte contre la pollution de l'air. plants certifiés d’olivier, de vigne, de figuier, de
grenadier, de caroubier, des rosacées à pépins,
Décret n°2-23-244 du 26 chaabane 1445 (7 mars 2024)
des semences et plants certifiés des rosacées à
modifiant et complétant le décret n° 2-09-286
noyau et des plants certifiés des espèces à fruits
du 20 hija 1430 (8 décembre 2009) fixant les
normes de qualité de l’air et les modalités de rouges.............................................................. 2023
surveillance de l’air.......................................... 2017 Arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche maritime,
Agrégation agricole. - Commercialisation du développement rural et des eaux et forêts
directe des fruits et légumes. n° 1569-24 du 6 hija 1445 (13 juin 2024) portant
agrément de la pépinière « OUTOUKART
Décret n° 2-23-920 du 2 moharrem 1446
BRAHIM » pour commercialiser des plants
(8 juillet 2024) pris pour l’application de la
loi n°37-21 édictant des mesures particulières certifiés d ’olivier, de vigne, de figuier, de
relatives à la commercialisation directe des figuier de barbarie, de grenadier, de caroubier,
fruits et légumes produits dans le cadre de d’arganier, des rosacées à pépins et des semences
l’agrégation agricole........................................ 2021 et plants certifiés des rosacées à noyau............. 2024
2016 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)
Pages Pages
Arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche Arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche
maritime, du développement rural et des eaux maritime, du développement rural et des eaux
et forêts n° 1570-24 du 6 hija 1445 (13 juin 2024) et forêts n° 1573-24 du 6 hija 1445 (13 juin 2024)
portant agrément de la pépinière « KAWTAR » portant agrément de la société « SARA
SEEDS » pour commercialiser des semences
pour commercialiser des plants certifiés d’olivier,
certifiées du maïs, des légumineuses alimentaires,
de vigne, de figuier, de figuier de barbarie, de des légumineuses fourragères, des oléagineuses,
grenadier, de caroubier, d’arganier, des rosacées des semences standard de légumes et des plants
à pépins et des semences et plants certifiés des certifiés de pomme de terre.............................. 2027
rosacées à noyau.............................................. 2025
Banque nationale pour le développement
Arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche économique. - Prorogation du délai de
maritime, du développement rural et des eaux liquidation.
et forêts n° 1571-24 du 6 hija 1445 (13 juin 2024) Décision du Wali de Bank Al-Maghrib n° 139 du
portant agrément de la société « TAMAZIGHT 4 hija 1445 (11 juin 2024) portant prorogation
POUR CEREALES ET LEGUMINEUSES » du délai de liquidation de la Banque nationale
pour commercialiser des semences certifiées pour le développement économique.................. 2028
du riz............................................................... 2026

Arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche AVIS ET COMMUNICATIONS


maritime, du développement rural et des eaux
et forêts n° 1572-24 du 6 hija 1445 (13 juin 2024) Avis du Conseil Economique, Social et
portant agrément de la société « LEADER Environnemental sur :
FOOD » pour commercialiser des plants • «Les jeunes NEET : Quelles perspectives
certifiés de pomme de terre.............................. 2027 d'inclusion socio-économique ?» .............. 2029
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2017

TEXTES GENERAUX

Dahir n° 1-23-16 du 19 rejeb 1444 (10 février 2023) portant Article 2


promulgation de la loi n° 05-23 modifiant et complétant La loi n° 36-15 relative à l’eau est complétée par l’article
la loi n° 36-15 relative à l’eau. 143 bis comme suit :
« Article 143 bis.– Est puni d’une amende de 5.000 à 15.000
«dirhams tout propriétaire ou exploitant d’un fonds qui, au
LOUANGE A DIEU SEUL ! «cours des travaux de creusement d’un puits ou de la réalisation
«d’un forage sur son fonds ou pendant leur exploitation ou
(Grand Sceau de Sa Majesté Mohammed VI) «après leur abandon, n’a pas mis en place les dispositifs
Que l’on sache par les présentes – puisse Dieu en élever «de sécurité permettant la prévention des dangers associés
et en fortifier la teneur ! «aux travaux de creusement, d’exploitation et d’abandon du
«puits ou du forage.
Que Notre Majesté Chérifienne ;
« En cas de récidive, l’amende est portée au double. »
Vu la Constitution, notamment ses articles 42 et 50,
Article 3
A DÉCIDÉ CE QUI SUIT :
La présente loi entre en vigueur douze (12) mois à
Est promulguée et sera publiée au Bulletin officiel, à la compter de la date de sa publication au Bulletin officiel.
suite du présent dahir, la loi n° 05-23 modifiant et complétant
Le texte en langue arabe a été publié dans l’édition générale du
la loi n° 36-15 relative à l’eau, telle qu’adoptée par la Chambre « Bulletin officiel » n° 7173 du 6 chaabane 1444 (27 février 2023).
des représentants et la Chambre des conseillers.

Fait à Rabat, le 19 rejeb 1444 (10 février 2023).


Décret n°2-23-244 du 26 chaabane 1445 (7 mars 2024) modifiant
Pour contreseing :
et complétant le décret n° 2-09-286 du 20 hija 1430
Le Chef du gouvernement, (8 décembre 2009) fixant les normes de qualité de l’air et
les modalités de surveillance de l’air.
AZIZ AKHANNOUCH.
*
* * LE CHEF DU GOUVERNEMENT,

Loi n° 05-23 Vu la loi n° 13-03 relative à la lutte contre la pollution


modifiant et complétant la loi n° 36-15 de l’air promulguée par le dahir n° 1-03-61 du 10 rabii I 1424
relative à l’eau (12 mai 2003), notamment ses articles 3, 4 et 24 ;
Vu le décret n° 2-09-286 du 20 hija 1430 (8 décembre
Article premier 2009) fixant les normes de qualité de l’air et les modalités de
surveillance de l’air ;
L’article 31 de la loi n° 36-15 relative à l’eau est complété
Après délibération en Conseil du gouvernement, réuni
comme suit :
le 12 chaabane 1445 (22 février 2024),
« Article 31. -L’autorisation, prévue à l’article 24
DÉCRÈTE :
« ci-dessus, est accordée ………………………………………………
« La décision d’autorisation fixe, notamment : ARTICLE PREMIER. – Sont modifiées et complétées
comme suit les dispositions des articles 2, 4, 10, 11, 12, 13 et
« – ………………………………………………………………
14 du décret n° 2-09-286 susvisé :
« – les modalités d’équipement de l’installation de
« Article 2. – Au sens du présent décret on entend par :
« prélèvement d’eau d’un compteur ……………………..
« - Seuil d’information : ........................
« – les dispositifs de sécurité nécessaires à la prévention
« - ........................
« des dangers associés à la présence de puits ou
« de forage. » « - ........................
2018 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

« - Réseau de surveillance : Ensemble de stations fixes « • la collecte des données relatives à la qualité de l’air aux
« ou mobiles destinées à la surveillance de la qualité de « fins de les stocker, de les traiter, de vérifier leur fiabilité
« l’air et connectées à un poste informatique central ; « et de diffuser les informations relatives à la qualité de
« l’air par tous les moyens disponibles ;
« - Particules en suspension PM2.5 : Particules passant
« par une ouverture d’entrée telle que définie dans « • l’élaboration de bulletins et de rapports périodiques
« la méthode de référence pour l’échantillonnage « relatifs à la qualité de l’air et les mettre à la disposition
« et la mesure des particules PM2.5 selon les normes « de l’autorité gouvernementale chargée de la santé, des
« marocaines, notamment la norme marocaine NM « walis des régions et des gouverneurs des préfectures
« et provinces en vue de les informer sur l’état de la
« EN 14907 ;
« qualité de l’air ;
« - Particules en suspension PM10 : Particules passant par
« • l’élaboration de rapports sur l’état de la qualité de
« une ouverture d’entrée telle que définie dans la méthode
« l’air en cas de dépassement des seuils d’information
« de référence pour l’échantillonnage et la mesure
« et d’alerte et les mettre à la disposition des walis des
« des particules PM 10 selon les normes marocaines,
« régions et des gouverneurs des préfectures et provinces
« notamment la norme marocaine NM EN 12341 ;
« pour prendre les mesures d’urgences ;
« - Guide référentiel : documents de référence
« • l’accompagnement des comités permanents dans le
« élaborés par l’autorité gouvernementale chargée de « suivi de la qualité de l’air, y compris la désignation
« l’environnement et définissant les principaux éléments, « des lieux des stations de mesure de la qualité de l’air ;
« les modalités et les conditions qui doivent être pris
« • l’élaboration d’un rapport national sur la qualité de
« en considération lors de la désignation des lieux et
« l’air tous les deux ans et le présenter aux membres
« des sites des stations fixes et mobiles qui constituent
« du Comité national de suivi et de surveillance de la
« le réseau de surveillance ;
« qualité de l’air, pour avis.»
« - Mesures d’urgences : ....... sur la santé de la population.»
« Article 11. - Dans chaque région .......... Il a pour mission de :
« Article 4.- Sont fixées au tableau annexé au présent
« • Désigner les lieux et les sites de mise en place des
« décret les substances polluantes et les normes de qualité de « stations fixes ou mobiles selon les propositions du
« l’air y afférentes. « comité technique visé à l’article 12 ci-dessous ;
« La mesure des substances polluantes est effectuée selon « • Informer la population ................. qualité de l’air ;
« les méthodes........................ en matière de normalisation.
« • Proposer au comité national ......... qualité de l’air ;
«Le tableau annexé au présent décret peut être modifié
« • Proposer aux autorités locales........au niveau régional ;
« par arrêté conjoint du ministre chargé de l’environnement
« et du ministre chargé de la santé. » « * Assister le gouverneur .......... à l’article 7 ci-dessus ;

« Article 10. – L’autorité gouvernementale chargée de « • Approuver les rapports des comités techniques,
« l’environnement prend, en concertation avec les autorités « prévus à l’article 12 ci-dessous, concernant les
« questions techniques liées à la qualité de l’air. »
« gouvernementales et les collectivités territoriales concernées
« et en partenariat avec les personnes morales de droit public « Article 12. – Le comité permanent de suivi...... du
« ou privé intéressés..................... à l’article 9 ci-dessus. « commerce et de l’artisanat. »

« L’autorité gouvernementale chargée de l’environnement « Participent aux travaux de ce comité ......... conseil
« a pour mission de superviser la gestion des réseaux « communal concerné.
« de surveillance de la qualité de l’air et de veiller à leur « Le Président du comité permanent peut, si nécessaire,
« bon fonctionnement, en concertation avec les personnes « inviter tout organisme public ou privé concerné par le
« morales de droit public ou privé intéressées par la protection « domaine de l’air, ainsi que toute personne ayant une expertise
« de l’air. A cette fin, l’autorité gouvernementale chargée de « dans ce domaine, pour participer à titre consultatif aux
« l’environnement procède notamment à : « travaux du Comité.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2019

« II se réunit à l’initiative ....... chargée de l’environnement. « Il se réunit............................................autant de fois que


« Le Président du comité permanent de suivi et de « les nécessités l’exigent.
« surveillance de la qualité de l’air crée un comité technique
« issu du comité permanent, en vue de proposer les lieux et les (La suite sans modification.)
« sites d’installation des stations fixes ou mobiles conformément
A RT. 2. – L’article 9 du décret n° 2-09-286 susvisé est
« aux modalités et conditions spécifiées dans le guide référentiel
« établi à cet effet. abrogé et remplacé comme suit :

« Le Président du comité permanent de suivi et de « Article 9. – Un réseau de surveillance de la qualité de


« surveillance de la qualité de l’air peut aussi, si nécessaire,
« l’air est créé au niveau de chaque région.
« créer des comités techniques issus du comité permanent,
« en vue de statuer sur les questions techniques relatives à la
« Ce réseau regroupe toutes les stations fixes ou mobiles
« qualité de l’air.
« qui peuvent être placées au sein du territoire de la région
« Les comités techniques établissent des rapports sur
« leur travaux et les transmettent au président du comité « y compris dans les zones industrielles et les zones dans
« permanent concerné. » « lesquelles le niveau de concentration d’une ou plusieurs
« Article 13. – Il est institué, auprès de l’autorité « substances polluantes dans l’air dépasse ou peut dépasser
« gouvernementale chargée de l’environnement un comité
« les normes de qualité de l’air en vigueur. »
« national................................ qui a pour mission de :
« - veiller......................................qualité de l’air ; ART. 3. – Le tableau annexé au décret n° 2-09-286 susvisé

« - assurer la coordination............au niveau régional ; est abrogé et remplacé par le tableau annexé au présent décret.

« - donner son avis.............les réseaux de surveillance ; ART. 4. – La ministre de la transition énergétique et du


« - proposer les substances polluantes................l’article 5 développement durable, le ministre de l’intérieur et le ministre
« ci-dessus» ;
de la santé et de la protection sociale sont chargés, chacun en
« -définir.............................................dans l’air ».
ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret qui entre
« Article 14. – .Le comité national de suivi et de
en vigueur trois mois après sa date de publication au Bulletin
« surveillance de la qualité de l’air est présidé.................. Il est
« composé d’un représentant des autorités gouvernementales officiel.
« chargées de :
Fait à Rabat, le 26 chaabane 1445 (7 mars 2024).
« - l’intérieur ;
AZIZ AKHANNOUCH.
« - les finances ;
Pour contreseing :
« - la santé ;
La ministre de la transition
« - ...................... ;
énergétique et du
« - ...................... ;
développement durable,
« - la recherche scientifique.
LEILA BENALI.
« Le président du comité national de suivi et de
Le ministre de l’intérieur,
« surveillance de la qualité de l’air peut, si la nécessité l’exige,
« inviter des représentants des comités permanents de suivi ABDELOUAFI LAFTIT.
« et de surveillance de la qualité de l’air, tout organisme Le ministre de la santé et de la
« public ou privé concerné par le domaine de l’air ainsi que
protection sociale,
« toute personne ayant une expertise dans ce domaine, pour
« participer à titre consultatif aux travaux du comité national. KHALID AIT TALEB.
*
* *
2020 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

Le texte en langue arabe a été publié dans l’édition générale du « Bulletin officiel » n° 7285 du 14 ramadan 1445 (25 mars 2024).
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2021

Décret n° 2-23-920 du 2 moharrem 1446 (8 juillet 2024) pris • Pour le ministère de l’intérieur :
pour l’application de la loi n°37-21 édictant des mesures
particulières relatives à la commercialisation directe des – Le Directeur Général des Collectivités Territoriales ou
fruits et légumes produits dans le cadre de l’agrégation son représentant ;
agricole. – Le Directeur de Coordination des Affaires Economiques
ou son représentant.
• Pour le Département chargé du commerce :
LE CHEF DU GOUVERNEMENT,
– Le Directeur Général du Commerce ou son représentant ;
Vu la loi n°37-21 édictant des mesures particulières
relatives à la commercialisation directe des fruits et légumes • Le Directeur Général de l’Office National de
produits dans le cadre de l’agrégation agricole, promulguée Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires ou son
par le dahir n°1-21-72 du 3 hija 1442 (14 juillet 2021) ; représentant ;
Après délibération en Conseil du gouvernement, réuni • Le Directeur Général de l’Agence de Développement
le 13 hija 1445 (20 juin 2024), Agricole ou son représentant.
DÉCRÈTE : Le président du comité technique peut inviter, pour
A RTICLE PREMIER. – L’autorité compétente prévue assister aux réunions dudit comité, à titre consultatif, toute
à l’article premier de la loi susvisée n°37-21 est l’autorité personne dont la présence lui parait utile, en raison de ses
gouvernementale chargée de l’agriculture. connaissances ou de ses compétences.
ART. 2. – La demande de l’autorisation visée à l’article 3 Le secrétariat du comité précité est assuré par le
de la loi précitée n°37-21 est établie par l’agrégateur concerné, département de l’agriculture.
selon le modèle fixé par arrêté conjoint des autorités ART. 5. – Le comité visé à l’article 4 ci-dessus se réunit
gouvernementales chargées de l’agriculture, de l’intérieur et en présentiel ou à distance, sur convocation de son président,
du commerce.
dans un délai ne dépassant pas huit (8) jours ouvrables à
La demande est déposée auprès de la Direction régionale compter de la date de sa saisine.
de l’agriculture dans le ressort de laquelle est située l’unité
de valorisation autour de laquelle est constitué le projet Le Comité délibère valablement lorsque la moitié, au
d’agrégation agricole concerné. moins, de ses membres sont présents ou représentés. Dans
le cas où ce quorum n’est pas atteint, le président convoque
A RT. 3. – La demande doit être accompagnée d’un une deuxième réunion du comité dans un délai ne dépassant
dossier comprenant les documents dont la liste est fixée par pas cinq (5) jours ouvrables. Le comité peut alors se réunir et
arrêté conjoint des autorités gouvernementales chargées de délibérer valablement quel que soit le nombre des membres
l’agriculture, de l’intérieur et du commerce ainsi que le cahier présents ou représentés.
des charges visé à l’article 5 de la loi précitée n°37-21 daté et
signé par le demandeur. Le comité rend ses avis à la majorité des voix des membres
présents et, en cas d’égalité des voix, celle du président est
La Direction régionale de l’agriculture susindiquée
prépondérante.
transmet la demande et le dossier l’accompagnant à l’autorité
gouvernementale chargée de l’agriculture dans un délai Chaque réunion du comité fait l’objet d’un procès-verbal
maximum de cinq (5) jours ouvrables, à compter de la date établi séance tenante.
de réception dudit dossier complet.
L’avis du comité est transmis à l’autorité gouvernementale
Ladite autorité gouvernementale saisit le Comité chargée de l’agriculture, dans un délai ne dépassant pas cinq
technique prévu à l’article 4 ci-dessous pour avis, dans un (5) jours ouvrables à compter de la date d’établissement du
délai n’excédant pas huit (8) jours ouvrables à compter de la procès-verbal de la dernière réunion relative audit avis.
date de réception dudit dossier.
A RT. 6. – L’autorité gouvernementale chargée de
A RT. 4. – Il est institué, auprès de l’autorité l’agriculture délivre au demandeur l’autorisation ou lui
gouvernementale chargée de l’agriculture, un comité technique
notifie le refus motivé de délivrance de celle-ci dans un délai
chargé de donner son avis sur la demande de délivrance, de
ne dépassant pas cinq (5) jours ouvrables, à compter de la date
renouvellement et de retrait de l’autorisation prévue à l’article 2
ci-dessus. de réception de l’avis du comité technique susindiqué.

Ledit comité est composé des membres suivants : Les départements ministériels et les établissements
publics concernés sont informés de la délivrance des
• Pour le Département de l’agriculture : autorisations.
– Le Directeur de Développement des Filières de ART. 7. – La demande de renouvellement de l’autorisation
Production ou son représentant, président ; doit être déposée trois (3) mois, au moins, avant la date
– Le Directeur des Affaires administratives et juridiques d’expiration de sa durée de validité.
ou son représentant ; Elle est instruite selon les mêmes modalités et dans
– Le Directeur Régional de l’Agriculture concerné ou les mêmes délais d’instruction de la demande d’autorisation
son représentant ; initiale.
2022 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

L’autorisation est renouvelée lorsque son titulaire 1) accorder un délai qui ne peut être inférieur à 15 jours
continue de répondre aux conditions qui ont permis sa ouvrables au titulaire de l’autorisation pour remédier
délivrance initiale. aux non conformités constatées. Une notification lui est
adressée, à cet effet, dans un délai n’excédant pas cinq
Le refus de renouvellement de l’autorisation est motivé (5) jours ouvrables à compter de la date de réception
et adressé à l’intéressé par tout moyen faisant preuve de la de l’avis du comité technique ; ou
réception.
2) procéder au retrait de l’autorisation. Notification du
Les départements ministériels et les établissements retrait motivé est adressée à l’intéressé dans un délai
publics concernés sont informés du renouvellement des n’excédant pas cinq (5) jours ouvrables, à compter de
autorisations. la date de réception de l’avis dudit comité technique.
ART. 8. – Pendant la durée de validité de l’autorisation, A l’expiration du délai de mise en conformité visé au 1)
des contrôles peuvent être effectués, y compris par la visite ci-dessus, s’il est constaté que le titulaire de l’autorisation n’a
des points de vente concernés, par le comité régional prévue à pas remédié auxdites non conformités, l’autorisation est retirée.
l’article 9 ci-dessous, pour s’assurer du respect des conditions Notification du retrait motivé est adressée à l’intéressé dans un
ayant permis la délivrance de ladite autorisation, ainsi que délai n’excédant pas cinq (5) jours ouvrables, à compter de la
du respect des clauses du cahier des charges correspondant. date de l’expiration du délai de mise en conformité.
ART. 9. – Il est institué auprès du directeur régional de la Les départements ministériels et les établissements
direction régionale de l’agriculture visée à l’article 2 ci-dessus, publics concernés sont informés du retrait des autorisations.
un comité régional chargé d’assurer le contrôle du respect des ART. 12. – Sont fixées par arrêtés conjoints des autorités
conditions ayant permis la délivrance de l’autorisation, ainsi gouvernementales chargées de l’agriculture, de l’intérieur et
que du respect des clauses du cahier des charges correspondant. du commerce :
Ledit comité est présidé par le Directeur régional – la liste des villes prévue à l’article premier de la loi
de l’agriculture ou son représentant. Il est composé des précitée n°37-21 ;
représentants des services déconcentrés des départements
ministériels et des représentants des établissements publics – les modalités d’établissement des déclarations prévues
visés à l’article 4 ci-dessus. à l’article 4 de la loi précitée n°37-21 ;

Les modalités de désignation des membres du comité, – le modèle du cahier des charges prévu à l’article 5 de la
ainsi que les modalités de son fonctionnement sont fixées par loi précitée n°37-21.
décision conjointe des autorités gouvernementales chargées A RT. 13. – Le ministre de l’agriculture, de la pêche
de l’agriculture, de l’intérieur et du commerce. maritime, du développement rural et des eaux et forêts, le
ministre de l’intérieur et le ministre de l’industrie et du
ART. 10. – Tout contrôle fait l’objet d’un rapport transmis
commerce sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de
par le président du comité régional à l’autorité gouvernementale
l’exécution du présent décret qui sera publié au Bulletin officiel.
chargée de l’agriculture dans un délai n’excédant pas cinq (5)
jours ouvrables, à compter de la date dudit contrôle. Fait à Rabat, le 2 moharrem 1446 (8 juillet 2024).
Dans le cas où ledit rapport fait état du non-respect AZIZ AKHANNOUCH.
d’une ou de plusieurs conditions ayant permis la délivrance de Pour contreseing :
l’autorisation ou du non-respect d’une ou de plusieurs clauses
Le ministre de l’agriculture,
du cahier des charges, l’autorité gouvernementale chargée de
l’agriculture peut saisir le comité technique visé à l’article 4 de la pêche maritime, du
ci-dessus pour donner son avis sur le retrait de l’autorisation, développement rural et des
dans un délai n’excédant pas dix (10) jours ouvrables, à compter eaux et forêts,
de la date de réception dudit rapport.
MOHAMMED SADIKI.
Le comité technique donne son avis et le transmet à
Le ministre de l’intérieur,
l’autorité gouvernementale chargée de l’agriculture, selon les
modalités et dans les délais fixés à l’article 5 ci-dessus. ABDELOUAFI LAFTIT.
Le ministre de l'industrie et du
A RT. 11. – Suite à la réception de l’avis du comité
technique, l’autorité gouvernementale chargée de l’agriculture commerce,
peut : RYAD MEZZOUR.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2023

TEXTES PARTICULIERS

Arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche


développement rural et des eaux et forêts n° 1568-24 du maritime, du développement rural et des eaux et forêts n° 2109-17
6 hija 1445 (13 juin 2024) portant agrément de la pépinière du 25 kaada 1438 (18 août 2017) portant homologation du
« EL KHATABI » pour commercialiser des plants certifiés règlement technique relatif à la production, au contrôle, au
conditionnement et à la certification des plants des espèces
d’olivier, de vigne, de figuier, de grenadier, de caroubier,
à fruits rouges (fraisier, framboisier, myrtillier, murier,
des rosacées à pépins, des semences et plants certifiés des groseillier et cassissier) ;
rosacées à noyau et des plants certifiés des espèces à fruits
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche
rouges.
maritime, du développement rural et des eaux et forêts n° 1437-22
du 25 chaoual 1443 (26 mai 2022) portant homologation du
règlement technique relatif à la production, au contrôle, au
LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE, DE LA PÊCHE conditionnement et à la certification des semences et plants
MARITIME, DU DÉVELOPPEMENT RURAL ET DES EAUX des rosacées à noyau ;
ET FORÊTS,
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche
Vu le dahir n° 1-69-169 du 10 joumada I 1389 (25 juillet 1969) maritime, du développement rural et des eaux et forêts n° 640-23
réglementant la production et la commercialisation de du 14 chaabane 1444 (7 mars 2023) portant homologation du
règlement technique relatif à la production, au contrôle, au
semences et de plants, tel qu’il a été modifié, notamment ses
conditionnement et à la certification des plants de caroubier ;
articles premier, 2 et 5 ;
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la réforme
Vu la loi n° 25-08 portant création de l’Office national de agraire n° 966-93 du 28 chaoual 1413 (20 avril 1993) fixant
sécurité sanitaire des produits alimentaires, promulguée par le les conditions d’importation et de commercialisation des
dahir n°1-09-20 du 22 safar 1430 (18 février 2009), notamment semences à cultiver au Maroc, tel qu’il a été modifié,
son article 2 ; ARRÊTE :

Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et du A RTICLE PREMIER. – La pépinière « EL KHATABI »


développement rural n° 2100-03 du 8 chaoual 1424 (3 décembre dont le siège social sis Aïn Alowlla, vers El Hajeb, est agréée
2003) portant homologation du règlement technique relatif à la pour commercialiser des plants certifiés d’oliver, de vigne, de
figuier, de grenadier, de caroubier, des rosacées à pépins, des
production, au contrôle et à la certification des plants de vigne ;
semences et plants certifiés des rosacées à noyau et des plants
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture, du développement certifiés des espèces à fruits rouges.
rural et des pêches maritimes n° 2110-05 du 21 ramadan ART. 2. – La durée de validité de cet agrément est de cinq
1426 (25 octobre 2005) portant homologation du règlement (5) ans, à compter de la date de publication du présent arrêté
technique relatif à la production, au contrôle et à la certification au « Bulletin officiel ».
des plants d’olivier ; Il peut être renouvelé pour la même durée à condition
que la demande de renouvellement soit formulée six (6) mois,
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la pêche
au moins, avant l’expiration de sa validité.
maritime n° 2157-11 du 16 chaabane 1432 (18 juillet 2011) portant
homologation du règlement technique relatif à la production, ART. 3. – La déclaration prévue à l’article 2 de chacun
au contrôle, au conditionnement et à la certification des plants des arrêtés susvisés nos 2100-03, 2110-05, 2157-11, 3548-13,
des rosacées à pépins ; 784-16, 2109-17, 1437-22 et 640-23 doit être faite par la pépinière
« EL KHATABI » à l’Office national de sécurité sanitaire des
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la pêche produits alimentaires comme suit :
maritime n° 3548-13 du 27 safar 1435 (31 décembre 2013) portant
• en avril et septembre de chaque année :
homologation du règlement technique relatif à la production,
au contrôle, au conditionnement et à la certification des plants – pour les achats et les ventes des plants d’oliver ;
de figuier ; – pour les achats, les ventes et les stocks des plants de
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la pêche vigne et des rosacées à pépins ;
maritime n°784-16 du 29 kaada 1437 (2 septembre 2016) portant – pour la production, les ventes et les stocks des plants
homologation du règlement technique relatif à la production, de figuier ;
au contrôle, au conditionnement et à la certification des plants • en novembre et mai de chaque année pour la situation
de grenadier ; des stocks des plants de grenadier ;
2024 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

• en novembre et mai de chaque année pour la situation Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la pêche
des stocks des plants des espèces à fruits rouges ; maritime n° 2157-11 du 16 chaabane 1432 (18 juillet 2011) portant
homologation du règlement technique relatif à la production,
• au moins une fois par an, au plus tard le 31 décembre,
au contrôle, au conditionnement et à la certification des plants
pour la situation des stocks de semences et plants
des rosacées à pépins ;
certifiés des rosacées à noyau ;
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la pêche
• au moins une fois par an, au plus tard le 31 décembre, maritime n° 3548-13 du 27 safar 1435 (31 décembre 2013) portant
pour la situation des stocks de plants certifiés de homologation du règlement technique relatif à la production,
caroubier. au contrôle, au conditionnement et à la certification des plants
ART. 4. – L’agrément objet du présent arrêté peut être de figuier ;
retiré en cas d’infraction dûment constatée aux dispositions Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la pêche
du dahir n° 1-69-169 susvisé ou des textes pris pour son maritime n°784-16 du 29 kaada 1437 (2 septembre 2016) portant
application. homologation du règlement technique relatif à la production,
ART. 5. – Le présent arrêté sera publié au Bulletin officiel. au contrôle, au conditionnement et à la certification des plants
de grenadier ;
Rabat, le 6 hija 1445 (13 juin 2024). Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche
MOHAMMED SADIKI. maritime, du développement rural et des eaux et forêts n°986-19 du
21 rejeb 1440 (28 mars 2019) portant homologation du règlement
technique relatif à la production, au contrôle, au conditionnement
Le texte en langue arabe a été publié dans l’édition générale du
et à la certification des plants de figuier de barbarie ;
« Bulletin officiel » n° 7317 du 9 moharrem 1446 (15 juillet 2024).
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche
maritime, du développement rural et des eaux et forêts n° 1437-22
du 25 chaoual 1443 (26 mai 2022) portant homologation du
Arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du règlement technique relatif à la production, au contrôle, au
développement rural et des eaux et forêts n° 1569-24 du conditionnement et à la certification des semences et plants
6 hija 1445 (13 juin 2024) portant agrément de la pépinière des rosacées à noyau ;
« OUTOUKART BRAHIM » pour commercialiser des
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche
plants certifiés d’olivier, de vigne, de figuier, de figuier
maritime, du développement rural et des eaux et forêts n° 640-23
de barbarie, de grenadier, de caroubier, d’arganier, des
du 14 chaabane 1444 (7 mars 2023) portant homologation du
rosacées à pépins et des semences et plants certifiés des
règlement technique relatif à la production, au contrôle, au
rosacées à noyau.
conditionnement et à la certification des plants de caroubier ;
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche
maritime, du développement rural et des eaux et forêts n° 2140-22
LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE, DE LA PÊCHE
du 4 moharrem 1444 (2 août 2022) portant homologation du
MARITIME, DU DÉVELOPPEMENT RURAL ET DES EAUX
règlement technique relatif à la production, au contrôle, au
ET FORÊTS,
conditionnement et à la certification des plants d’arganier ;
Vu le dahir n° 1-69-169 du 10 joumada I 1389 (25 juillet 1969) Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la réforme
réglementant la production et la commercialisation de agraire n° 966-93 du 28 chaoual 1413 (20 avril 1993) fixant
semences et de plants, tel qu’il a été modifié, notamment ses les conditions d’importation et de commercialisation des
articles premier, 2 et 5 ; semences à cultiver au Maroc, tel qu’il a été modifié,
Vu la loi n° 25-08 portant création de l’Office national de ARRÊTE :
sécurité sanitaire des produits alimentaires, promulguée par le A RTICLE PREMIER. – La pépinière « OUTOUKART
dahir n°1-09-20 du 22 safar 1430 (18 février 2009), notamment BRAHIM » dont le siège social sis Oasis Hassan II, Sidi
son article 2 ; Youssef, Marrakech, est agréée pour commercialiser des plants
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et du certifiés d’oliver, de vigne, de figuier, de figuier de barbarie, de
développement rural n° 2100-03 du 8 chaoual 1424 (3 décembre grenadier, de caroubier, d’arganier, des rosacées à pépins et
2003) portant homologation du règlement technique relatif à la des semences et plants certifiés des rosacées à noyau.
production, au contrôle et à la certification des plants de vigne ; ART. 2. – La durée de validité de cet agrément est de cinq
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture, du développement (5) ans, à compter de la date de publication du présent arrêté
rural et des pêches maritimes n° 2110-05 du 21 ramadan 1426 au « Bulletin officiel ».
(25 octobre 2005) portant homologation du règlement technique Il peut être renouvelé pour la même durée à condition
relatif à la production, au contrôle et à la certification des que la demande de renouvellement soit formulée six (6) mois,
plants d’olivier ; au moins, avant l’expiration de sa validité.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2025

ART. 3. – La déclaration prévue à l’article 2 de chacun Vu la loi n° 25-08 portant création de l’Office national de
des arrêtés susvisés nos 2100-03, 2110-05, 2157-11, 3548-13, sécurité sanitaire des produits alimentaires, promulguée par le
784-16, 986-19, 1437-22, 640-23 et 2140-22 doit être faite par dahir n°1-09-20 du 22 safar 1430 (18 février 2009), notamment
la pépinière « OUTOUKART BRAHIM » à l’Office national son article 2 ;
de sécurité sanitaire des produits alimentaires comme suit : Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et du
• en avril et septembre de chaque année : développement rural n° 2100-03 du 8 chaoual 1424 (3 décembre
– pour les achats et les ventes des plants d’oliver ; 2003) portant homologation du règlement technique relatif à la
production, au contrôle et à la certification des plants de vigne ;
– pour les achats, les ventes et les stocks des plants de
vigne et des rosacées à pépins ; Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture, du développement
rural et des pêches maritimes n° 2110-05 du 21 ramadan 1426
– pour la production, les ventes et les stocks des plants
(25 octobre 2005) portant homologation du règlement technique
de figuier ;
relatif à la production, au contrôle et à la certification des
• annuellement pour les stocks des plants de figuier de plants d’olivier ;
barbarie ;
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la pêche
• en novembre et mai de chaque année pour la situation maritime n° 2157-11 du 16 chaabane 1432 (18 juillet 2011) portant
des stocks des plants de grenadier ; homologation du règlement technique relatif à la production,
• au moins une fois par an, au plus tard le 31 décembre, au contrôle, au conditionnement et à la certification des plants
pour la situation de leurs stocks de semences et plants des rosacées à pépins ;
certifiés des rosacées à noyau ; Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la pêche
• au moins une fois par an, au plus tard le 31 décembre, maritime n° 3548-13 du 27 safar 1435 (31 décembre 2013) portant
pour la situation des stocks de plants certifiés de homologation du règlement technique relatif à la production,
caroubier ; au contrôle, au conditionnement et à la certification des plants
• au moins une fois par an, au plus tard le 31 décembre, de figuier ;
pour la situation des stocks de plants certifiés d’arganier. Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la pêche
ART. 4. – L’agrément objet du présent arrêté peut être maritime n° 784-16 du 29 kaada 1437 (2 septembre 2016) portant
retiré en cas d’infraction dûment constatée aux dispositions homologation du règlement technique relatif à la production,
du dahir n° 1-69-169 susvisé ou des textes pris pour son au contrôle, au conditionnement et à la certification des plants
de grenadier ;
application.
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche
ART. 5. – Le présent arrêté sera publié au Bulletin officiel.
maritime, du développement rural et des eaux et forêts n°986-19
Rabat, le 6 hija 1445 (13 juin 2024). du 21 rejeb 1440 (28 mars 2019) portant homologation du
règlement technique relatif à la production, au contrôle, au
MOHAMMED SADIKI.
conditionnement et à la certification des plants de figuier de
barbarie ;
Le texte en langue arabe a été publié dans l’édition générale du
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche
« Bulletin officiel » n° 7317 du 9 moharrem 1446 (15 juillet 2024).
maritime, du développement rural et des eaux et forêts n° 1437-22
du 25 chaoual 1443 (26 mai 2022) portant homologation du
règlement technique relatif à la production, au contrôle, au
Arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du conditionnement et à la certification des semences et plants
développement rural et des eaux et forêts n° 1570-24 du des rosacées à noyau ;
6 hija 1445 (13 juin 2024) portant agrément de la pépinière Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche
« KAWTAR » pour commercialiser des plants certifiés maritime, du développement rural et des eaux et forêts n° 640-23
d’olivier, de vigne, de figuier, de figuier de barbarie, de du 14 chaabane 1444 (7 mars 2023) portant homologation du
grenadier, de caroubier, d’arganier, des rosacées à pépins règlement technique relatif à la production, au contrôle, au
et des semences et plants certifiés des rosacées à noyau. conditionnement et à la certification des plants de caroubier ;
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche
maritime, du développement rural et des eaux et forêts n° 2140-22
LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE, DE LA PÊCHE du 4 moharrem 1444 (2 août 2022) portant homologation du
MARITIME, DU DÉVELOPPEMENT RURAL ET DES EAUX règlement technique relatif à la production, au contrôle, au
ET FORÊTS, conditionnement et à la certification des plants d’arganier ;
Vu le dahir n° 1-69-169 du 10 joumada I 1389 (25 juillet 1969) Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la réforme
réglementant la production et la commercialisation de agraire n° 966-93 du 28 chaoual 1413 (20 avril 1993) fixant
semences et de plants, tel qu’il a été modifié, notamment ses les conditions d’importation et de commercialisation des
articles premier, 2 et 5 ; semences à cultiver au Maroc, tel qu’il a été modifié,
2026 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

ARRÊTE : Arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du


développement rural et des eaux et forêts n° 1571-24 du
ARTICLE PREMIER. – La pépinière « KAWTAR » dont 6 hija 1445 (13 juin 2024) portant agrément de la
le siège social sis route Aït Krate, Sebt Jehjouh, wilaya de société « TAMAZIGHT POUR CEREALES ET
Meknès, est agréée pour commercialiser des plants certifiés LEGUMINEUSES » pour commercialiser des semences
d’oliver, de vigne, de figuier, de figuier de barbarie, de grenadier, certifiées du riz.
de caroubier, d’arganier, des rosacées à pépins et des semences
et plants certifiés des rosacées à noyau.
LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE, DE LA PÊCHE
ART. 2. – La durée de validité de cet agrément est de cinq MARITIME, DU DÉVELOPPEMENT RURAL ET DES EAUX
(5) ans, à compter de la date de publication du présent arrêté ET FORÊTS,

au « Bulletin officiel ». Vu le dahir n° 1-69-169 du 10 joumada I 1389 (25 juillet 1969)


Il peut être renouvelé pour la même durée à condition réglementant la production et la commercialisation de
semences et de plants, tel qu’il a été modifié, notamment ses
que la demande de renouvellement soit formulée six (6) mois, articles premier, 2 et 5 ;
au moins, avant l’expiration de sa validité. Vu la loi n° 25-08 portant création de l’Office national de
ART. 3. – La déclaration prévue à l’article 2 de chacun sécurité sanitaire des produits alimentaires, promulguée par le
dahir n°1-09-20 du 22 safar 1430 (18 février 2009), notamment
des arrêtés susvisés nos 2100-03, 2110-05, 2157-11, 3548-13,
son article 2 ;
784-16, 986-19, 1437-22, 640-23 et 2140-22 doit être faite par
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la pêche
la pépinière « KAWTAR » à l’Office national de sécurité
maritime n° 2197-13 du 2 ramadan 1434 (11 juillet 2013) portant
sanitaire des produits alimentaires comme suit : homologation du règlement technique relatif à la production,
• en avril et septembre de chaque année : au contrôle, au conditionnement et à la certification des
semences des céréales à pailles (blé, orge, avoine, triticale,
– pour les achats et les ventes des plants d’oliver ; seigle et riz) ;
– pour les achats, les ventes et les stocks des plants de Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la réforme
vigne et des rosacées à pépins ; agraire n° 966-93 du 28 chaoual 1413 (20 avril 1993) fixant
les conditions d’importation et de commercialisation des
– pour la production, les ventes et les stocks des plants semences à cultiver au Maroc, tel qu’il a été modifié,
de figuier ; ARRÊTE :
• annuellement pour les stocks des plants de figuier de ARTICLE PREMIER. – La société « TAMAZIGHT POUR
barbarie ; CEREALES ET LEGUMINEUSES » dont le siège social sis
zone industrielle, Saknia, n° 106, Kénitra, est agréée pour
• en novembre et mai de chaque année pour la situation
commercialiser des semences certifiées du riz.
des stocks des plants de grenadier ;
ART. 2. – La durée de validité de cet agrément est de cinq
• au moins une fois par an, au plus tard le 31 décembre, (5) ans, à compter de la date de publication du présent arrêté
pour la situation de leurs stocks de semences et plants au « Bulletin officiel ».
certifiés des rosacées à noyau ; Il peut être renouvelé pour la même durée à condition
que la demande de renouvellement soit formulée six (6) mois,
• au moins une fois par an, au plus tard le 31 décembre, au moins, avant l’expiration de sa validité.
pour la situation des stocks de plants certifiés de ART. 3. – La déclaration prévue à l’article 2 de l’arrêté
caroubier ; susvisé n° 2197-13, des achats, des ventes et des stocks des
semences mentionnées à l’article premier ci-dessus doit
• au moins une fois par an, au plus tard le 31 décembre, être faite à la fin du mois de décembre de chaque année,
pour la situation des stocks de plants certifiés d’arganier. par la société « TAMAZIGHT POUR CEREALES ET
ART. 4. – L’agrément objet du présent arrêté peut être LEGUMINEUSES » à l’Office national de sécurité sanitaire
des produits alimentaires.
retiré en cas d’infraction dûment constatée aux dispositions
ART. 4. – L’agrément objet du présent arrêté peut être
du dahir n° 1-69-169 susvisé ou des textes pris pour son retiré en cas d’infraction dûment constatée aux dispositions
application. du dahir n° 1-69-169 susvisé ou des textes pris pour son
ART. 5. – Le présent arrêté sera publié au Bulletin officiel. application.
ART. 5. – Le présent arrêté sera publié au Bulletin officiel.
Rabat, le 6 hija 1445 (13 juin 2024).
Rabat, le 6 hija 1445 (13 juin 2024).
MOHAMMED SADIKI. MOHAMMED SADIKI.

Le texte en langue arabe a été publié dans l’édition générale du Le texte en langue arabe a été publié dans l’édition générale du
« Bulletin officiel » n° 7317 du 9 moharrem 1446 (15 juillet 2024). « Bulletin officiel » n° 7317 du 9 moharrem 1446 (15 juillet 2024).
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2027

Arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du Arrêté du ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du
développement rural et des eaux et forêts n° 1572-24 du développement rural et des eaux et forêts n° 1573-24 du
6 hija 1445 (13 juin 2024) portant agrément de la société 6 hija 1445 (13 juin 2024) portant agrément de la société
« LEADER FOOD » pour commercialiser des plants « SARA SEEDS » pour commercialiser des semences
certifiés de pomme de terre. certifiées du maïs, des légumineuses alimentaires, des
légumineuses fourragères, des oléagineuses, des semences
standard de légumes et des plants certifiés de pomme de
LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE, DE LA PÊCHE
terre.
MARITIME, DU DÉVELOPPEMENT RURAL ET DES EAUX
ET FORÊTS,

Vu le dahir n° 1-69-169 du 10 joumada I 1389 (25 juillet 1969) LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE, DE LA PÊCHE
réglementant la production et la commercialisation de MARITIME, DU DÉVELOPPEMENT RURAL ET DES EAUX
semences et de plants, tel qu’il a été modifié, notamment ses ET FORÊTS,
articles premier, 2 et 5 ;
Vu la loi n° 25-08 portant création de l’Office national de Vu le dahir n° 1-69-169 du 10 joumada I 1389 (25 juillet 1969)
sécurité sanitaire des produits alimentaires, promulguée par le réglementant la production et la commercialisation de
dahir n°1-09-20 du 22 safar 1430 (18 février 2009), notamment semences et de plants, tel qu’il a été modifié, notamment ses
son article 2 ; articles premier, 2 et 5 ;

Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la pêche Vu la loi n° 25-08 portant création de l’Office national de
maritime n° 622-11 du 10 rabii II 1432 (15 mars 2011) portant sécurité sanitaire des produits alimentaires, promulguée par le
homologation du règlement technique relatif à la production, dahir n°1-09-20 du 22 safar 1430 (18 février 2009), notamment
au contrôle, au conditionnement et à la certification des plants son article 2 ;
de pomme de terre,
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la réforme
ARRÊTE :
agraire n° 857-75 du 8 chaoual 1397 (22 septembre 1977) portant
ARTICLE PREMIER. – La société « LEADER FOOD » homologation du règlement technique relatif à la production,
dont le siège social sis Boulevard Chefchaouni, rue SB7, au contrôle, au conditionnement et à la certification des
quartier industriel Sidi Bernoussi, Casablanca, est agréée semences de légumineuses fourragères (luzerne, bersim, trèfle
pour commercialiser des plants certifiés de pomme de terre. de Perse, pois fourrager, vesce et lupins) ;
ART. 2. – La durée de validité de cet agrément est de cinq
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la réforme
(5) ans, à compter de la date de publication du présent arrêté
agraire n° 858-75 du 8 chaoual 1397 (22 septembre 1977) portant
au « Bulletin officiel ».
homologation du règlement technique relatif à la production,
Il peut être renouvelé pour la même durée à condition
au contrôle, au conditionnement et à la certification des
que la demande de renouvellement soit formulée six (6) mois,
semences de tournesol, carthame, colza, lin, soja et arachide ;
au moins, avant l’expiration de sa validité.
ART. 3. – La déclaration prévue à l’article 2 de l’arrêté Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la réforme
susvisé n° 622-11, des achats, des ventes et des stocks des agraire n° 859-75 du 8 chaoual 1397 (22 septembre 1977) portant
plants mentionnés à l’article premier ci-dessus doit être faite homologation du règlement technique relatif à la production,
semestriellement, par la société « LEADER FOOD » à l’Office au contrôle, au conditionnement et à la certification des
national de sécurité sanitaire des produits alimentaires. semences de maïs ;
ART. 4. – L’agrément objet du présent arrêté peut être
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la réforme
retiré en cas d’infraction dûment constatée aux dispositions
agraire n° 862-75 du 8 chaoual 1397 (22 septembre 1977) portant
du dahir n° 1-69-169 susvisé ou des textes pris pour son
application. homologation du règlement technique relatif à la production,
au contrôle, au conditionnement et à la certification des
ART. 5. – Le présent arrêté sera publié au Bulletin officiel.
semences de légumineuses alimentaires (fève, féverole, pois,
Rabat, le 6 hija 1445 (13 juin 2024). lentille, pois-chiche et haricot) ;
MOHAMMED SADIKI. Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la réforme
agraire n° 971-75 du 8 chaoual 1397 (22 septembre 1977) portant
Le texte en langue arabe a été publié dans l’édition générale du homologation du règlement technique relatif au contrôle des
« Bulletin officiel » n° 7317 du 9 moharrem 1446 (15 juillet 2024). semences standard de légumes ;
2028 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la pêche Décision du Wali de Bank Al-Maghrib n° 139 du 4 hija 1445
maritime n° 622-11 du 10 rabii II 1432 (15 mars 2011) portant (11 juin 2024) portant prorogation du délai de liquidation
homologation du règlement technique relatif à la production, de la Banque nationale pour le développement économique.
au contrôle, au conditionnement et à la certification des plants
de pomme de terre ;
LE WALI DE BANK AL-MAGHRIB,
Vu l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la réforme
agraire n° 966-93 du 28 chaoual 1413 (20 avril 1993) fixant Vu la loi n° 103-12 relative aux établissements de crédit
et organismes assimilés, promulguée par le dahir n° 1-14-193
les conditions d’importation et de commercialisation des
du 1er rabii I 1436 (24 décembre 2014), notamment ses articles
semences à cultiver au Maroc, tel qu’il a été modifié,
145 et 146 ;
ARRÊTE :
Vu la décision du Wali de Bank Al-Maghrib n° 42 du
ARTICLE PREMIER. – La société « SARA SEEDS » dont
28 rejeb 1434 (7 juin 2013) prorogeant le délai de liquidation
le siège social sis Agropolis IS1-1, commune Sidi Slimane, Moul de la Banque nationale pour le développement économique ;
Alkifane, El Menzeh, Meknès, est agréée pour commercialiser
Vu la décision du Wali de Bank Al-Maghrib n° 55 du
des semences certifiées du maïs, des légumineuses alimentaires,
9 ramadan 1437 (15 juin 2016) prorogeant le délai de liquidation
des légumineuses fourragères, des oléagineuses, des semences
de la Banque nationale pour le développement économique ;
standard de légumes et des plants certifiés de pomme de terre.
ART. 2. – La durée de validité de cet agrément est de cinq Vu la décision du Wali de Bank Al-Maghrib n° 92 du

(5) ans, à compter de la date de publication du présent arrêté 25 ramadan 1440 (31 mai 2019) portant prorogation du délai
de liquidation de la Banque nationale pour le développement
au « Bulletin officiel ».
économique ;
Il peut être renouvelé pour la même durée à condition
que la demande de renouvellement soit formulée six (6) mois, Vu la décision du Wali de Bank Al-Maghrib n° 117 du
au moins, avant l’expiration de sa validité. 14 kaada 1443 (14 juin 2022) portant prorogation du délai de
liquidation de la Banque nationale pour le développement
ART. 3. – La déclaration prévue à l’article 2 de chacun
économique ;
des arrêtés susvisés nos 857-75, 858-75, 859-75, 862-75, 971-75
et 622-11 doit être faite par la société « SARA SEEDS » à Vu la décision du Wali de Bank Al-Maghrib n° 131 du
l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires 24 kaada 1444 (13 juin 2023) portant prorogation du délai de
comme suit : liquidation de la Banque nationale pour le développement
économique ;
– semestriellement pour les achats, les ventes et les stocks
des plants de pomme de terre ; Vu que le délai de liquidation de la Banque nationale
pour le développement économique expirera le 15 juin 2024,
– mensuellement pour les achats et les ventes de semences sans que les opérations de liquidation ne soient clôturées ;
des autres espèces mentionnées à l’article premier
Vu la demande formulée par le liquidateur en date du
ci-dessus.
7 juin 2024,
ART. 4. – L’agrément objet du présent arrêté peut être
DÉCIDE :
retiré en cas d’infraction dûment constatée aux dispositions
du dahir n° 1-69-169 susvisé ou des textes pris pour son A RTICLE PREMIER. – Est prorogé pour une durée de
application. deux (2) années le délai de liquidation de la Banque nationale
ART. 5. – Le présent arrêté sera publié au Bulletin officiel. pour le développement économique prévu par la décision du
Wali de Bank Al-Maghrib n° 131 susvisée.
Rabat, le 6 hija 1445 (13 juin 2024).
A RT. 2. – La présente décision est publiée au Bulletin
MOHAMMED SADIKI. officiel.

Rabat, le 4 hija 1445 (11 juin 2024).


Le texte en langue arabe a été publié dans l’édition générale du
« Bulletin officiel » n° 7317 du 9 moharrem 1446 (15 juillet 2024). ABDELLATIF JOUAHRI.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2029
Conformément aux dispositions de l’article 6 de la loi organique n°128-12, le Conseil
économique, social et environnemental (CESE) s’est autosaisi, aux fins de préparer un avis sur
AVIS ET COMMUNICATIONS
les jeunes en situation de NEET (ni à l’emploi, ni en éducation, ni en formation).

Le Bureau du Conseil a confié l’élaboration de cet avis à la commission chargée de l’emploi et


Avis du Conseil Economique Social et environnemental
des relations professionnelles1.

Lors de sa 152ème Session Ordinaire tenue le 30 novembre 2023, l’Assemblée Générale du


CESE a adopté à la majorité de ses membres l’avis intitulé : « les jeunes NEET : quelles
« Les jeunes NEET : Quelles perspectives d’inclusion socio-
perspectives d’inclusion socio-économique ?»
économique ?»
Élaboré sur la base d’une approche participative, le présent avis est le résultat d’un large débat
entre les différentes catégories qui composent le Conseil et des auditions organisées avec les
Conformément
principales aux prenantes
parties dispositions de l’article
concernées 2
. Il 6 est
de également
la loi organique
enrichi n°128-12, le Conseil
par les résultats et
économique, social
enseignements tirés et
desenvironnemental (CESE)
consultations lancées surs’est autosaisi, digitale
la plateforme aux fins«de préparer un avis
[Link] » et sur
les réseaux
jeunes ensociaux
situation
3
. de NEET (ni à l’emploi, ni en éducation, ni en formation).
Commission chargée de l’emploi et des relations professionnelles
Le Bureau du Conseil a confié l’élaboration de cet avis à la commission chargée de l’emploi et
des relations professionnelles1.

Lors de sa 152ème Session OrdinairePrésident


tenue le 30 de
novembre 2023, l’Assemblée
la commission : KhalilGénérale
Bensami du
CESE a adopté à la majorité de ses membres l’avis intitulé : « les jeunes NEET : quelles
Rapporteur
perspectives d’inclusion socio-économique ?» de la thématique : Mouncef Kettani
Experts internes: Afaf Hakam et Karim El Mokri
Élaboré sur la base d’une approche participative, le présent avis est le résultat d’un large débat
entre les différentes catégories qui composent le Conseil et des auditions organisées avec les
principales parties prenantes concernées2. Il est également enrichi par les résultats et
enseignements tirés des consultations lancées sur la plateforme digitale « [Link] » et sur
les réseaux sociaux3.

Tables des matières

1
Annexe 1 : Liste des membres de la commission chargée de l’emploi et des relations professionnelles.
2
Annexe 2 : Liste des acteurs auditionnés.
3
Annexe 3 : Résultats des consultations lancées sur la plateforme Ouchariko et sur les réseaux sociaux.
2030 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

Synthèse
L’avis du CESE intitulé : " les jeunes NEET : quelles perspectives d’inclusion socio-
économique ", élaboré dans le cadre d’une auto-saisine, a mis le focus sur une catégorie
spécifique de jeunes, d’un âge compris entre 15 et 24 ans, vivant une situation de vulnérabilité
prononcée, en marge du système d’éducation/formation et du marché du travail (NEET). Cet
avis a été adopté à la majorité par l’Assemblée Générale du Conseil, tenue le 30 novembre
2023.
Le HCP a estimé, qu’en 2022, un jeune marocain sur quatre, entre 15 et 24 ans, se trouve
dans une situation de NEET, soit 1,5 million d'individus. Ce chiffre souligne l’insuffisance
des stratégies et politiques publiques consacrées à l'intégration socio-économique de cette
catégorie particulièrement vulnérable. Cette vulnérabilité est souvent conjuguée à de multiples
facteurs intervenant durant les différentes phases de la vie d’un jeune, exacerbant ainsi
l’ampleur et la complexité de la problématique des NEET. Il est permis, à cet égard, d’identifier
trois inflexions majeures :
- La première survient précocement suite au décrochage scolaire entre les niveaux du
primaire et du secondaire collégial. Ainsi, 331.000 élèves en moyenne quittent, chaque année,
les bancs de l’école. Cette rupture est principalement due à l’échec scolaire, suite à des
difficultés d'accès aux établissements scolaires, en particulier dans le milieu rural, ainsi qu’au
déficit important en matière d'offre de formation professionnelle. D’autres barrières socio-
économiques en amplifient les impacts (contraintes sociales, culturelles et familiales, mariage
précoce des filles, travail des enfants, situation de handicap, etc.).
- La deuxième intervient lors du passage du système éducatif vers le marché du travail.
Cette expérience est vécue de manière plus que contraignante, voire décourageante par les
primo-demandeurs d’emploi qui constituent près de 6 chômeurs sur 10. L’inadéquation de la
formation avec les besoins du marché du travail et l’efficacité encore limitée des services
d’intermédiation pour l’emploi peuvent expliquer cette situation. D’autres facteurs tels que la
discrimination de genre et le poids des tâches domestiques pénalisent particulièrement les
femmes qui représentent la plus forte proportion des NEET (72,8%).
- La troisième a lieu entre deux emplois, suite à une perte d’emploi, ou à un arrêt
volontaire pour recherche de meilleures opportunités. En plus de causes transverses telles
que les aléas de la conjoncture et la fragilité du tissu entrepreneurial, la rupture de la carrière
professionnelle des jeunes peut être attribuable également à des conditions de travail non-
décentes, combinées à des niveaux de rémunération en inadéquation avec leurs profils et leurs
compétences.
Sur la base de ce diagnostic partagé, le CESE préconise, en vue de résorber ce phénomène
et d’accélérer l’insertion sociale et économique de cette catégorie de jeunes, l’adoption d’une
approche intégrée se déclinant sur cinq axes :
- Le premier axe concerne le renforcement des capacités de repérage et de suivi des jeunes
NEET. Pour ce faire, le CESE recommande notamment, la création d’un système
d'information élargi pour le repérage des NEET et le suivi de leurs parcours, qui regroupe
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2031

des données croisées de sources multiples (RSU, statistiques relevant des secteurs impliqués,
etc.).
- Le deuxième axe prévoit la mise en place d’un écosystème élargi pour accueillir et orienter
les jeunes NEET vers des options personnalisées répondant à leurs besoins spécifiques. Il
conviendrait en l’espèce de développer un réseau dense de points d'accueil, d'écoute et
d'orientation des NEET. Ce réseau, qui devrait s'étendre à l'ensemble des collectivités
territoriales, serait régi par une charte unifiée qui préciserait les rôles, les activités et la
répartition des responsabilités entre les différents acteurs impliqués.

- Le troisième axe vise l’amélioration de la qualité et de l'efficacité des services et


programmes d'insertion des jeunes NEET. Cela inclut principalement l’amélioration de la
qualité et l’efficacité des services publics d’insertion des jeunes dans le marché du travail et la
garantie d’un accompagnement personnalisé aux NEET dans le but d'améliorer leur
employabilité, via des dispositifs de contractualisation appropriés avec le secteur privé ou le
tiers-secteur. L’objectif est de faciliter leur réintégration dans le système éducatif ou de
formation, de les assister pour trouver des opportunités de stage ou d'emploi et de les
accompagner en pré et post création d’entreprise.

- Le quatrième axe a trait à la mise en place de mesures préventives pour éviter que de
nouvelles catégories de jeunes ne se retrouvent en situation de NEET. Il est recommandé
à cet égard de :
 Garantir l’effectivité de l'obligation de scolarisation jusqu'à 16 ans, en mettant en place
les mesures de rétention et de réinsertion nécessaires, avec une implication poussée des
parents et des parties prenantes concernées au niveau local ;
 Généraliser les écoles communautaires en milieu rural, tout en veillant à renforcer leurs
équipements et à étendre la couverture des services de transport scolaire ;
 Renforcer l'offre publique de formation professionnelle en milieu rural, en adaptant les
spécialisations aux besoins de chaque région et de chaque territoire.

- Le cinquième a pour objectif la mise en place d’un cadre de gouvernance, caractérisé par
une cohérence et une complémentarité optimale entre les divers programmes, ainsi qu’une
coordination continue et efficace entre les différentes parties prenantes concernées.
2032 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

Introduction
La problématique de l'insertion sociale et économique des jeunes a suscité un intérêt croissant
au niveau des grandes orientations de la politique publique de l'État. Elle a été soulignée à
plusieurs reprises dans les Discours Royaux4, en plus de figurer parmi les orientations
stratégiques du nouveau modèle de développement et comme objectif transversal dans les
mesures annoncées dans le programme gouvernemental (2021-2026). De son côté, le Conseil
économique, social et environnemental a accordé une attention particulière aux questions
d'insertion des jeunes à travers une série d’avis et de rapports qui ont abordé l'exclusion sociale
et économique de cette catégorie sous ses différentes formes, notamment au niveau du marché
de l’emploi, et a recommandé une série de mesures visant à intégrer les jeunes dans le processus
de développement de notre pays.

Le présent avis s’inscrit dans la continuité des travaux menés par le CESE sur la question de
l'insertion sociale et économique des jeunes. L'accent y est mis sur les jeunes dits « NEET »,
une catégorie particulièrement vulnérable, qui endure de multiples formes d'exclusion, en
restant à l'écart du système éducatif, de la formation professionnelle et du marché du travail.

En se focalisant sur la catégorie des NEET, le Conseil entend, en s’inspirant des pays ayant
adopté ce concept, enrichir l'analyse et les recommandations présentées dans ses précédents
rapports et avis relatifs à l'intégration des jeunes.

Les objectifs de développement durable (ODD-8) visent à réduire nettement la proportion de


ces jeunes non scolarisés et sans emploi, ni formation. C’est ainsi que plusieurs pays et
organismes internationaux, notamment l'Union Européenne, ont adopté le concept de jeunes
NEET et élaboré des politiques spécifiques à cette catégorie.

L'importance de traiter les aspects de l'exclusion socio-économique à travers le prisme des


jeunes NEET, découle du fait que cette catégorie concerne la période 15 à 24 ans,
particulièrement critique et déterminante dans le parcours de vie de tout individu. Durant cette
phase, les jeunes sont confrontés à des contraintes majeures qui sont de nature à accroitre le
risque de chômage de longue durée ou de sortie de la population active.

Par ailleurs, le concept NEET permet d'aborder la problématique de l'exclusion des jeunes dans
une perspective plus large, reflétant la diversité des sous-catégories incluses sous cette
appellation. En effet, le concept de jeunes NEET permet un suivi plus précis de la situation
versatile des individus de cette catégorie, suite aux ruptures auxquelles ils sont exposés tout au
long des différentes étapes de leur parcours de vie : des interruptions de leur scolarité jusqu’à
leur exclusion du marché du travail. A l’inverse, la plupart des autres indicateurs pris
séparément, demeurent partiels et ne permettent pas un suivi continu dans la durée des
changements qui affectent le parcours de vie des jeunes.

4
Discours royal à l'occasion de la Révolution du Roi et du Peuple, le 20 août 2013 Et Discours royal à l’occasion
de l’ouverture de la première session de la 2ème année législative de la 10ème législature, le 13 octobre 2017.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2033

Au Maroc, le taux élevé de jeunes NEET, estimé à environ 1,5 million de personnes en 2022,
soit l'équivalent d'un jeune sur quatre5, est un indicateur qui révèle l'insuffisance des efforts
déployés en matière d'emploi et de formation visant à intégrer de manière appropriée cette
catégorie sensible et aux besoins différenciés.

La persistance de l'exclusion des jeunes NEET au Maroc est porteuse de risques qui menacent
la cohésion et la stabilité sociale en alimentant la pauvreté, la vulnérabilité, les inégalités
sociales et territoriales. Elle induit un phénomène patent de découragement des jeunes, des
troubles psychologiques, et constitue un terreau propice au développement de la délinquance et
de l'extrémisme.

Dans ce contexte, le Conseil s’est employé à traiter la problématique de l'insertion de cette


catégorie pour apporter des éléments de réponse aux questions suivantes :

- Quelles voies pour accélérer l'insertion économique et sociale des jeunes NEET,
tout en tenant compte de l’hétérogénéité des segments qui composent cette
catégorie?
- Comment renforcer et améliorer l’efficacité des mesures correctives visant à
récupérer ces jeunes de la situation NEET ?
- Quelles conditions doivent être remplies pour empêcher que de nouvelles cohortes
de jeunes ne basculent dans la situation NEET ?
- Quel cadre de gouvernance est susceptible de remédier aux insuffisances en matière
de cohérence et de complémentarité entre les programmes actuels dédiés à l'insertion
des jeunes NEET ?

1. Les jeunes NEET : un concept qui reflète l’aspect


multidimensionnel de l’exclusion économique et sociale des
jeunes
Les jeunes sans éduction, ni emploi, ni formation, connus sous l’acronyme des NEET (not in
education, employment or training) sont des jeunes qui ne figurent ni parmi les étudiants ni les
stagiaires de la formation professionnelle, qui se trouvent en situation de chômage ou
d’inactivité et dont l’âge varie entre 15 et 24 ans. Toutefois, dans certains pays, cette tranche
d'âge peut s'étendre jusqu'à 29 ans, voire 34 ans, en fonction des critères économiques et sociaux
adoptés.

Apparu pour la première fois au Royaume-Uni en 19996, le concept de "NEET" désignait les
jeunes âgés entre 16 et 18 ans qui se retrouvaient en dehors du marché du travail, sans pour
autant bénéficier des allocations de chômage. Il s’agissait d’une proportion de jeunes qui
n’appartenait à aucun système, ni de l’éducation ni de la formation, et par conséquent, était hors
des radars des pouvoirs publics. L’avenir instable de cette catégorie de jeunes, surtout en raison

5
HCP, 2022
6
Bridging the gap: New opportunities for 16 –18 years olds not in education, employment or training, Report by
the Social Exclusion Unit, presented to Parliament by the Prime Minister by Command of Her Majesty July 1999.
2034 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

de leur vulnérabilité et leur risque élevé d’exclusion économique et sociale a suscité l’intérêt de
repenser en profondeur les politiques publiques dédiées aux jeunes et d’y intégrer de nouveaux
indicateurs d’insertion qui reflèteraient mieux la réalité de cette catégorie de la population. Dix
ans plus tard, cette réflexion s’est étendue à d’autres pays européens, notamment dans les
rapports de la Commission Européenne7 et de l’Eurofound8, et s’est traduite par le lancement
en 2013, de la stratégie européenne Garantie jeunesse9.

L'adoption du concept NEET par les institutions internationales de statistiques a considérablement


élargi son champ d'application. Ce terme est désormais employé comme un indicateur-clé pour
évaluer l'efficacité des politiques publiques dédiées à l'insertion des jeunes dans le marché du travail.

Il est, en effet, permis de suivre la situation10 des jeunes sans emploi, non seulement lorsqu’ils
sont en situation de chômage11, mais également lorsqu’il s’agit de non-étudiants12 dans une
situation d’inactivité.

Ainsi, l'OCDE a adopté le taux des jeunes NEET, en le définissant par la proportion des jeunes
âgés de 15 à 29 ans qui ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation professionnelle.
L’Office statistique de l'Union européenne, EUROSTAT, a adopté la même définition que
l’OCDE, à ceci près qu’il ne reconnait que la formation professionnelle formelle. Pour ce qui
est de l'organisation internationale du travail (OIT), les jeunes NEET sont définis par la tranche
d’âge de 15-24 ans, au même titre que l’indicateur 8.6.1 adopté au niveau de l'objectif 8 des
ODD, qui cible la réduction de la proportion des jeunes âgés entre 15 et 24 ans non scolarisés
et sans emploi, ni formation. L'OIT a également mis au point une méthode de mesure
internationale pour évaluer le taux de jeunes NEET, qui s’appuie soit sur des enquêtes nationales
sur l'emploi soit sur le recensement national, afin de standardiser la définition de l’indicateur et
faciliter les études de benchmark. Il y a lieu de noter, à ce niveau, que depuis 2015, le Haut
Commissariat au Plan du Maroc, emploie cette même approche13 pour déterminer le taux de
jeunes NEET14.

7
Jeunesse en mouvement, Une initiative pour libérer le potentiel des jeunes aux fins d’une croissance
intelligente, durable et inclusive dans l’Union européenne, Union européenne, 2010.
8
Stratégie « Europe 2020 » lancée en 2012.
9
Voir annexe 8.
10
Un aperçu sur la situation des jeunes NEET dans le monde est présentée dans l’annexe 4.
11
Capté par l’indicateur du taux de chômage.
12
Que ce soit dans l’enseignement général ou dans la formation professionnelle.
13
Le concept d’emploi utilisé par les enquêtes sur l’emploi du HCP se base sur l’exercice durant la période de
référence d’un travail productif au sens de la comptabilité nationale, ne serait-ce que pour une heure, et quel que
soit le revenu qu’il procure.
Les personnes qui disposent d’un emploi, mais ne l’ont pas exercé durant la période de référence suite à un congé,
à un conflit temporaire de travail, à une maladie de courte durée ou suite à n’importe quel empêchement passager
ne dépendant pas de leur volonté, font aussi partie de la population active occupée. Il s’agit donc d’un concept
large qui englobe tous les types d’emplois, y compris le travail occasionnel, le travail à temps partiel et toutes les
formes d’emplois irréguliers. Source : méthodologie de l’enquête nationale sur l’emploi
14
Le HCP ne comptabilise pas les aides familiales parmi les jeunes NEET parce qu’il les considère en emploi
productif, même s’ils ne perçoivent pas de rémunération.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2035

2. Les jeunes NEET au Maroc : une situation préoccupante à


différentes échelles entre exclusion et inégalités sociales et
territoriales
Les jeunes au Maroc occupent une place significative au sein de la structure démographique de
la population. Selon la définition conventionnelle des jeunes établie par l’ONU15, qui les situe
entre 15 et 24 ans, ces derniers constituent 16 %16 de la population marocaine. De près de 6,1
millions de jeunes recensés en 2014, selon les projections du HCP, leur nombre devrait atteindre
6,3 millions d’individus à l’horizon 2030.

Figure 1. Evolution des jeunes et des jeunes NEET au Maroc

7000000 40%
6077685 6064338 6045665 6024047 6002499 5983758 5969449 5960896 5959754 6300678
6000000 35%

29% 30% 30%


5000000 28% 28% 28% 27% 27% 26% 25% 25%
4000000
20%
3000000 18% 18% 18% 17% 17% 17% 17% 16% 16% 16% 15%
2000000
10%
1000000 5%
0 0%
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2030
jeunes 15-18 ans jeunes 19-24 ans part des jeunes dans la population totale Part des jeunes NEET

Source : HCP

Pourtant, malgré la vitalité de sa jeunesse, le Maroc semble sous-exploiter son potentiel, comme
en témoignent les indicateurs du marché du travail qui révèlent une situation préoccupante. Le
taux d’activité des jeunes âgés entre 15 et 24 ans ne dépasse pas les 23,5 %17, avec des chiffres
encore plus alarmants chez les femmes (11,4 %) et chez les détenteurs d’un diplôme supérieur
(19,8 %). Cette faible participation au marché du travail s'accompagne d'un taux d'emploi limité
à 16,2%18 et d’un taux de chômage élevé de 31,2%19, soit 2,5 le taux de chômage national.

Cette situation est exacerbée par le phénomène des NEET touchant un jeune sur quatre, ce qui
représente un effectif total de 1,502 million d'individus20. Sur près d’une décennie, le taux de
jeunes NEET est passé de 29 % à 25,2 %, témoignant d'une baisse de 4 points. Cependant, bien
que ce taux s’avère en deçà de la moyenne des pays à revenu intermédiaire, tranche inférieure

15
[Link]
%20l,1%2C2%20milliard%20de%20personnes.
16
HCP, 2022.
17
HCp, 2020.
18
Ibid.
19
Ibid.
20
HCP, 2022.
2036 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

(28%)21, il demeure toutefois plus élevé que la moyenne des pays à revenu intermédiaire tranche
supérieure (19,6%)22 et de celle des pays de l’OCDE (14,8%)23.

Les jeunes NEET au Maroc ont une structure marquée par un taux de féminisation très
important avoisinant les 72%24 et une prédominance des jeunes inactifs, à hauteur de 70%25. En
plus de leur inactivité, ces jeunes se caractérisent dans leur grande majorité par un niveau
d'éducation très modeste qui les maintient dans la précarité. Environ 40%26 d'entre eux ont un
niveau d’éducation nul ou inférieur au collège, et 8%27 seulement ont un niveau d’études
supérieures. En outre, la probabilité d'être en situation de NEET s’accroit de 1,15 fois28 pour
chaque année supplémentaire de scolarité non – achevée.

Figure 2. Niveau d’études des jeunes NEET au Maroc en 2022

36,9
31,7

14,3
9,0 8,0

0,2

Aucun niveau Primaire Secondaire Secondaire Supérieur Autre


d'études collégial qualifiant

Source : HCP

La répartition des jeunes NEET selon les principaux critères socio-démographiques indique que
le taux des NEET chez les femmes s'élève à 38,8 %29, soit presque trois fois celui enregistré
chez les hommes, qui est de l’ordre de 13,6 %30. En ce qui concerne le milieu de résidence, le
taux des NEET en milieu rural est de 32%31 contre 21,9% en milieu urbain. En combinant les critères
du sexe et du lieu de résidence, les disparités deviennent plus significatives. Le taux de jeunes NEET
parmi les femmes vivant en milieu rural atteint 61%, tandis qu'il est de 33 % pour les femmes vivant
en milieu urbain et de 13 % pour les hommes, quel que soit leur milieu de résidence.

Par ailleurs, il est important de noter que lorsqu'ils deviennent NEET, les jeunes en milieu rural
demeurent dans cette situation pour une durée supérieure à celle observée chez les jeunes
résidant en milieu urbain. En effet, le taux des jeunes NEET qui sont restés dans cette situation,
entre 2012 et 2019, s’est élevé à 76 %32 en milieu rural, contre 61% en milieu urbain. Ce constat

21
ILOSTAT, 2022.
22
Ibid.
23
OCDE, 2022.
24
HCP, 2022
25
Ibid.
26
Ibid.
27
Ibid.
28
ONDH, UNICEF, Les NEET au Maroc, analyse qualitative, 2020.
29
HCP, 2022.
30
Ibid.
31
Ibid.
32
ONDH, UNICEF, Les NEET au Maroc, analyse qualitative, 2020.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2037

s'explique par leur niveau d'éducation relativement bas et leurs compétences de base très
limitées, ce qui rend d’autant plus complexe leur capacité à retrouver rapidement un emploi ou
à reprendre les études. Il est ainsi manifeste que les jeunes actifs en milieu urbain ont davantage
de facilité à envisager un retour à l'éducation ou à suivre une formation par rapport à leurs pairs
en milieu rural (7,5 % contre 1,8 % respectivement33).

En ce qui concerne les jeunes femmes, la majorité d'entre elles sont souvent confinées au rôle
de femmes au foyer et font face à un décrochage scolaire précoce, ce qui multiplie par trois leur
probabilité de se retrouver dans la catégorie des jeunes NEET, comparativement aux hommes.
Le lien de causalité entre le mariage en milieu rural et le fait de se retrouver en situation de
NEET parait bidirectionnel. En effet, si d’un côté, le mariage à un jeune âge entrave la
scolarisation et l’emploi chez les filles en milieu rural, il n’en demeure pas moins que le manque
d’opportunités d’emploi et de formation pour le cas de certaines filles en milieu rural34, les
contraint souvent à accepter le mariage comme alternative décisive d’évolution de leurs
conditions de vie. Il est à noter, en outre, que le taux des jeunes NEET femmes demeurant dans
cette situation, entre 2012 et 2019, s’est établi à 84%35, alors qu’il a atteint 30% chez les
hommes durant la même période.

Le statut de jeune NEET est aussi un phénomène corrélé à la pauvreté. L’étude mixte de
l’ONDH sur les jeunes NEET au Maroc met en exergue la relation croisée entre le niveau de
revenu de la famille et le niveau d’éducation des jeunes NEET et ses conséquences sur leur
vulnérabilité. Ainsi, le faible niveau d’éducation d’un jeune NEET conjugué aux ressources
financières limitées de sa famille accroît significativement sa vulnérabilité et sa prédisposition
d’emprunter des trajectoires à risque.

Bien que le phénomène des jeunes NEET soit présent à l'échelle mondiale et qu'il revête un
caractère structurel dans de nombreux pays, les spécificités socio-économiques du Maroc
conduisent à une catégorisation particulière. L’étude qualitative menée par l’ONDH en 202036
sur les jeunes NEET au Maroc a permis d’identifier pour la première fois cinq groupes distincts
de jeunes NEET, signalant toutefois que les chemins empruntés ne sont pas toujours distincts
et peuvent se croiser et donner lieu à d’autres sous-catégories. Ces cinq groupes sont définis
comme suit :

- Les femmes rurales au foyer qui constituent la plus grande part, soit 54,3% : ce sont des
femmes qui assument des responsabilités familiales en raison de contraintes sociétales et
culturelles qui caractérisent la situation des femmes dans la société marocaine.

- Les jeunes citadins découragés, qui constituent 25% : il s'agit de jeunes issus du milieu urbain,
célibataires, encore dépendants des revenus modestes de leurs familles. Ils éprouvent des
sentiments de frustration, de marginalisation et de désespoir. Ils sont de ce fait fortement
exposés aux risques de délinquance et de comportements addictifs.

33
Ibid.
34
Ibid.
35
Ibid
36
Ibid.
2038 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

- Les jeunes "NEET" en transition, qui représentent 7,8% : Ils sont principalement des jeunes
vivant en milieu urbain, dont certains proviennent de zones rurales, et qui ont tendance à
changer fréquemment d'emploi, se retrouvant ainsi souvent dans des situations de chômage de
courte durée.

- Les jeunes "NEET" volontaires, qui représentent une part de 7,5% : Il s'agit de femmes et
d'hommes issus de familles aisées, avec un haut niveau d'éducation, qui choisissent
délibérément de rester inactifs. Leurs motivations sont généralement liées à l'absence
d'obligation de travailler après l'obtention de leur diplôme, en particulier pour les femmes, ou
bien à la recherche de nouvelles aspirations, qui ne sont pas nécessairement liées à une carrière
professionnelle, mais qui visent à leur assurer leur épanouissement personnel.

- Les jeunes "NEET" souffrant de problèmes de santé, représentant 5,1 %37 : Ce sont des jeunes
femmes et hommes marginalisés sur le marché du travail ou en décrochage scolaire en raison
de maladies chroniques ou de handicaps physiques ou mentaux.

Figure 3. Sous-catégories des jeunes NEET au Maroc

Jeunes NEET Jeunes NEET


volontaires; 7,50% souffrant de
problèmes de santé;
Jeunes NEET en 5,10%
transition; 7,80%

Femmes au foyer
Jeunes urbains rurale avec
découragés; 25% resposabilité
familiale; 54,30%

Source : ONDH

37
Le taux de 5,1% parait comme étant un chiffre qui sous-évalue la prévalence du handicap et des maladies
chroniques parmi les jeunes. Selon l’étude de l’ONDH qui produit cette estimation « Ce chiffre peut être plus élevé
encore, dès lors que l’on prend en compte :
• Les jeunes qui sont décrits comme découragés mais qui souffrent aussi souvent de difficultés d’apprentissage
liées à des troubles mal diagnostiqués, ce qui les pénalisent lourdement dans l’acquisition de compétences.
• Les jeunes qui souffrent de troubles psychiques, qui sont soit antérieurs à leur éloignement de l’emploi et de la
formation, soit aggravés par leur vécu de NEET. »
Il convient de signaler que selon les données du HCP pour l’année 2020, la part des personnes infirmes ou malades
représente 6.3% parmi les jeunes NEET.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2039

3. Les causes de la persistance du phénomène des NEET au


Maroc et leur corrélation avec les ruptures déterminantes
dans le parcours de vie des jeunes
La complexité de la problématique des NEET est reflétée par la multitude de facteurs qui
contribuent à la persistance de cette catégorie sociale vulnérable. A l’image du profil pluriel des
NEET, ces causes sont également très hétérogènes, entre facteurs structurels transverses et
facteurs de risques économiques, sociétaux/culturels ou familiaux qui provoquent des ruptures
tout au long du parcours de vie des jeunes individus.

1. Le manque d’opportunités économiques, un facteur structurel transverse


témoignant de la faiblesse de l’inclusivité du modèle de développement

Avant même d’aborder les inégalités et discriminations en matière d’accès à l’emploi, il est tout
aussi important d’évoquer la disponibilité d’opportunités d’emploi suffisantes pour absorber
l’offre de travail. Les estimations de l’intensité de la croissance en emploi révèlent une tendance
à la baisse, à l’exception des trois années ayant précédé la crise Covid-19. Ceci vient confirmer
que l’économie nationale peine à générer suffisamment d’emploi pour absorber les 300.000
nouveaux jeunes qui arrivent annuellement sur le marché du travail. Par conséquent, le modèle
de croissance qui a prévalu jusqu’à aujourd’hui n’est manifestement pas suffisamment inclusif.
Ce manque d’opportunités économiques varie d’une région à une autre et s’avère plus prégnant
en milieu rural où l’activité est globalement concentrée autour de l’agriculture et, par
conséquent très vulnérable aux aléas climatiques, devant le manque de diversification vers des
activités non-agricoles et sources de revenu alternatives. Il y a lieu de mettre en relief, dans ce
milieu, la prévalence du sous-emploi. Cela se traduit par des déficits d’emploi annuels
significatifs et une persistance du chômage des jeunes à des niveaux élevés, alimentant par la
même occasion le stock des NEET dans notre pays.

Ces déficits deviennent de plus en plus difficiles à résorber eu égard à la faiblesse des taux de
croissance économique enregistrés au cours des dernières années.38

Parallèlement, la fragilité d’une part prépondérante du tissu entrepreneurial menace la viabilité


de nombreuses TPE, micro-entreprises et auto-entreprises et, par la même, les emplois qui y
sont liés. A cela s’ajoute un autre élément transverse particulièrement important, à savoir les
lacunes souvent relevées au niveau du climat des affaires qui contribuent, à leur tour, à entraver
l’auto-emploi des jeunes, en tant que levier d’insertion dans le marché du travail.

38
Exception faite de l’année 2021 de rattrapage après le choc lié à la crise covid-19.
2040 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

2. Une multitude de causes qui reflètent la composition diversifiée des jeunes NEET
et les différences de leur parcours de vie

En se référant aux analyses disponibles dans les quelques études et rapports consacrés aux
NEET au Maroc, il est permis de conclure que les jeunes se retrouvent généralement dans la
catégorie des NEET à l’occasion de trois types de ruptures majeures dont chacune survient suite
à un certain nombre de causes ou de facteurs déclencheurs39:

Figure 4. Les principales ruptures lors du parcours de vie des jeunes

Source : schéma réalisé par les auteurs

- la première rupture concerne surtout les plus jeunes individus parmi ceux appartenant
à la catégorie des NEET et intervient lors de la phase de scolarisation. Il s’agit du
décrochage scolaire des enfants, en particulier lors de l’étape du collège. Les 331 000 cas de
décrochage scolaire enregistrés sur la période 2020-202140, sont une parfaite illustration. Les
causes de ce décrochage précoce sont diverses et varient en fonction du genre, du milieu et du
niveau de vie du ménage41. A ce titre, il y a lieu de citer la distance parcourue pour atteindre
l’établissement scolaire, en particulier pour les filles dans le milieu rural. A cela faut-il ajouter
le découragement des élèves qui connaissent des redoublements répétitifs ou encore suite à la
violence et aux harcèlements subis dans l’enceinte ou aux abords des établissements scolaires.
En outre, le manque de moyens pour bénéficier des cours de soutien scolaire, dont le recours
est devenu presque systématique afin de pallier les défaillances d’apprentissage du système
éducatif, expose les jeunes issus de milieux défavorisés à l’échec et l’abandon scolaire,
contrairement aux enfants des classes moyennes et des milieux aisés qui arrivent à accéder à ce
type de prestations. De même, la nécessité de sortir de l’école à un âge précoce pour aider sa

39
Annexe 5 : répartition des causes par sous-catégorie de NEET.
40
Déclaration du ministre de l’Education nationale, du préscolaire et des sports le lundi 27 juin 2022, lors de la séance
de questions orales à la Chambre des représentants.
41
Les causes citées dans cette analyse sont déduites suite aux auditions organisées avec un certain nombre
d’institutions impliquées dans cette question, telles que l’ONDH et UNICEF, ainsi que sur la base des résultats de
certains chercheurs dans le domaine.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2041

famille ou encore les stigmatisations dans le milieu scolaire sont autant de facteurs qui
précipitent le décrochage scolaire chez les jeunes issus de familles défavorisées.

D’un autre côté, les opportunités pour intégrer la formation professionnelle demeurent
extrêmement limitées en milieu rural, alors que la disponibilité suffisante de ce type de
formations aurait pu aider à récupérer de nombreuses victimes de l’abandon scolaire.

Parallèlement, il y a lieu d’insister sur des facteurs sociétaux et culturels tels que le mariage
précoce en milieu rural qui constitue une entrave devant la scolarisation des filles. Dans le
même registre, les accidents de parcours en lien avec le divorce ou le décès des parents peuvent
également constituer un facteur de décrochage scolaire.

Enfin, le handicap agit à son tour comme un facteur de décrochage, en particulier devant la
faiblesse d’une offre de scolarisation spécialisée et adaptée à cette catégorie vulnérable de
jeunes, devant être assurée de manière qualitative et équitable sur l’ensemble du territoire
national.

- La deuxième grande rupture intervient au moment du passage du système éducatif vers


le marché du travail. Cette transition est vécue de manière particulièrement douloureuse par
les jeunes à cause de facteurs intrinsèques aux individus et d’autres liés à leur environnement
socio-économique. En effet, près de 6 chômeurs sur 10 sont des primo-demandeurs d’emploi,
une part qui va au-delà de 92% lorsque sont considérés spécifiquement les jeunes de 15 à 34
ans42, témoignant ainsi de la sévérité du problème d’accès de cette catégorie au premier emploi.
Cet accès devient de plus en plus difficile au fur et à mesure que la durée de chômage augmente,
sachant que 72,7% des jeunes chômeurs43 sont des « chômeurs de longue durée » (supérieure à
1 an).

A la lumière des études disponibles, de multiples causes sont à l’origine de cette composante
des NEET au Maroc. Parmi ces facteurs, et au-delà du manque d’opportunités d’emplois
rémunérés évoqué ci-haut, ou encore le manque de qualification adéquates pour intégrer
facilement le marché du travail, il y a lieu de citer les faiblesses en matière d’orientation
scolaire44 qui se répercutent par la suite sur l’employabilité des jeunes une fois qu’ils quittent
le système éducatif. Ce problème se pose avec davantage d’acuité pour les jeunes dont les
parents ont un niveau de scolarisation modeste qui sont dans l’incapacité de conseiller leurs
enfants, ainsi que pour les jeunes vivant en milieu rural ou dans des zones éloignées.

Sur un autre registre, la difficulté de trouver un premier emploi peut être liée au fait que de
nombreux jeunes chômeurs perçoivent les services d’intermédiation institutionnelle pour
l’emploi, à l’image de l’ANAPEC, comme étant insuffisamment attractifs. Ce constat est
appuyé par les chiffres du HCP qui indiquent que la part des chômeurs qui y recourent ne
dépassait pas 5% en 201945.

42
HCP, 2019.
43
Présentation du HCP lors de l’audition tenue au CESE le 23 février 2023.
44
ONDH, UNICEF, Les NEET au Maroc : analyse qualitative, 2020.
45
HCP, 2019.
2042 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

Parallèlement, les inégalités de genre en matière de mobilité géographique peuvent avoir un


impact significatif sur l’accès à l’emploi pour les jeunes NEET. Bien que certains secteurs
puissent privilégier le recrutement des femmes, du fait de leur tendance à accepter des salaires
plus bas, les jeunes femmes NEET avancent toutefois qu’elles sont souvent défavorisées par
rapport à leurs pairs masculins en termes d’étendue géographique du périmètre de recherche
d’emploi46, surtout lorsqu’elles résident dans des zones éloignées des grands bassins d’emploi.
Cette mobilité restreinte des femmes NEET peut être expliquée par plusieurs facteurs sociaux,
notamment, la contrainte de la famille et de la société en général ou encore les problèmes de
sécurité qui peuvent se poser pour une femme se déplaçant seule loin de son foyer.

Dans la même perspective, et outre les femmes en chômage, les femmes inactives constituent
une composante importante des NEET. En plus de l’effet de découragement suite à la longueur
des délais d’attente d’une opportunité d’emploi, des facteurs spécifiquement socio-culturels
peuvent expliquer cette situation. En effet, le poids sociétal en matière de répartition des tâches
domestiques au détriment des femmes qui se voient généralement attribuer la responsabilité de
s’occuper des enfants, des personnes âgées, en plus des tâches ménagères47, constitue une
difficulté de taille qui entrave l’accès des jeunes femmes au marché du travail.

Enfin, le handicap et les maladies de longue durée peuvent s’avérer un obstacle de taille devant
les jeunes cherchant à accéder à leur premier emploi. Cette situation vient accentuer les
inégalités auxquelles cette catégorie sociale vulnérable est confrontée depuis la scolarisation.

- La troisième rupture intervient quant-à elle au moment de la perte d’emploi de


personnes déjà en poste. A ce niveau également, la transition entre deux emplois peut
s’avérer difficile à réaliser et les causes d’une telle rupture peuvent être multiples. En plus des
causes transverses liées à l’environnement économique telles que les aléas de la conjoncture et
la fragilité du tissu entrepreneurial, la rupture de la carrière professionnelle pour les jeunes peut
être attribuable aussi à des facteurs liés à leurs expériences professionnelles. Pour certains
jeunes, le découragement ou l’arrêt volontaire pour rechercher de meilleures opportunités,
intervient souvent suite à une succession de mauvaises expériences dues au non-respect des
conditions de travail décent, combinées à des niveaux de rémunération inadaptés, avec ou sans
cas de violences et de mauvais traitements. Cette situation elle-même peut être imputable au
faible niveau de qualification des jeunes concernés ou à l’inadéquation de leur diplôme par
rapport aux besoins du marché qui les privent de retrouver facilement de nouvelles opportunités
d’emploi décent.

Réponses des participants sur « ouchariko »


Parmi les causes conduisant à la situation de NEET, les répondants ont pointé du doigt l’absence
d’opportunités d’emploi (34%), l’abandon scolaire (26,8%) et l’inadaptation des diplômes avec
le marché du travail (26,5%). Toutefois, peu de répondants ont considéré que le mariage précoce
des filles et le handicap peuvent conduire à la situation de NEET.

46
ONDH, UNICEF, Les NEET au Maroc : analyse qualitative, 2020
47
Les femmes consacrent jusqu’à 7 fois plus de leur temps journalier que les hommes aux tâches domestiques,
selon l’enquête du HCP sur l’emploi du temps des marocains.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2043

Dans l’ensemble, la multitude des causes associées à chacune des trois grandes phases de
rupture observées lors du parcours de vie des jeunes, nous amènent à questionner la
pertinence et l’efficacité des politiques publiques existantes. Ces politiques sont censées
être le principal garant d’une récupération réussie des jeunes NEET à chaque accident de
parcours. Le besoin de telles politiques s’impose davantage pour les catégories de jeunes
NEET les plus vulnérables qui ne disposent pas du soutien et ressources financières nécessaires
de la part de leurs familles48 pour leur garantir une échappatoire de l’exclusion sociale.

4. Des efforts continus de la part des pouvoirs publics qui


demeurent toutefois épars et en-deçà de l’ampleur du
phénomène des NEET
Bien que notre pays n’ait jamais disposé d’une politique publique dédiée exclusivement à la
problématique des NEET, il a été constaté toutefois que l’insertion socio-économique des
jeunes a gagné en importance en tant que préoccupation majeure des pouvoirs publics au cours
des deux dernières décennies et ce, parallèlement aux actions entreprises par le secteur
associatif local. Durant cette période, et particulièrement à partir du milieu des années 2000,
plusieurs réformes et mesures ont été mises en œuvre en faveur des jeunes, aussi bien au niveau
du système éducatif et de formation que sur le plan de la promotion de l’emploi et ce,
parallèlement aux politiques transverses qui ciblent des populations plus larges, dont les jeunes
font partie, à l’image de l’INDH, du service militaire obligatoire ou encore de la réinsertion des
détenus.

A cet effet, il y a lieu de distinguer plusieurs niveaux d’intervention des pouvoirs publics:

 Le premier niveau a trait à toutes les mesures à même de garantir la scolarisation


des enfants et de résorber le décrochage scolaire. Sur ce volet, les actions se sont succédées
en tentant d’agir sur les causes de ce phénomène de décrochage, notamment via (i) l’atténuation
du poids de certaines dépenses de scolarisation pour les ménages pauvres, telles que Tayssir et
l’Initiative « un million de cartables », (ii) l’amélioration de l’accès, de la logistique et de la
proximité de l’infrastructure scolaire sur l’ensemble du territoire via des programmes et projets
tels que les écoles communautaires, le transport scolaire, les cantines et internats, ainsi que (iii)
la mise en place de mécanismes pour « récupérer » les enfants victimes de décrochage, tels que
l’école de la deuxième chance dont le rythme d’absorption des élèves en décrochage demeure
toutefois insuffisant49.

En dépit des évolutions positives constatées sur le plan quantitatif, à l’image de l’amélioration
du taux de scolarisation des enfants sur les trois cycles (100% de taux de scolarisation en 2022-
2023 pour le primaire et le secondaire collégial et 76,9% pour le secondaire qualifiant50), force

48
ONDH, UNICEF, Les NEET au Maroc : analyse qualitative, 2020.
49
Selon les statistiques du ministère de tutelle, à peine 31 222 enfants en ont bénéficié durant l’année scolaire
2022/2023, soit à peine 9,5% des élèves victimes de décrochage scolaire enregistrés chaque année.
50
Bilan du département de l'Education Nationale et du Préscolaire en chiffres et indicateurs au titre de l’année
scolaire 2022/2023.
2044 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

est de constater que sur le plan qualitatif, les résultats des politiques publiques dans ce domaine
demeurent bien en deçà des ambitions. Comme en témoignent les indicateurs d’évaluation de
l’apprentissage51, seulement 30% des élèves du public maîtrisent le programme à la fin du
primaire et à peine 10% maitrisent celui du collège52. Ces contreperformances sont de nature à
contribuer à la persistance du phénomène des NEET, en favorisant le décrochage scolaire par
découragement suite aux redoublements récurrents, ou par effet négatif décalé sur
l’employabilité de ces jeunes ultérieurement (manque de qualification ou inadéquation
formation-emploi). En plus des défaillances d’apprentissage, il y a lieu de mentionner
également, comme facteurs de décrochage scolaire, les difficultés d’accès pour de nombreux
enfants dans le milieu rural et dans les zones montagneuses et les conditions d’accueil
caractérisées par un niveau d’équipement très faible, notamment au niveau des écoles satellites.
Les 331 000 élèves qui quittent l’école en moyenne chaque année sont une parfaite illustration
de l’insuffisance des mesures engagées jusqu’à aujourd’hui à enrayer le phénomène de
l’abandon scolaire.

Outre les dysfonctionnements précités, force est de constater que les réformes précédentes
n’avaient pas permis d’offrir un service d’orientation satisfaisant pour assurer aux élèves des
chances de réussite plus élevées. Il convient de souligner, toutefois, que ce volet occupe une
place importante dans la nouvelle feuille de route pour la réforme de l’école publique 2022-
202653, ce qui pourrait en cas de mise en œuvre adéquate, contribuer à réduire l’incidence du
décrochage scolaire.

 Le deuxième niveau d’intervention des pouvoirs publics concerne la promotion de


la formation professionnelle. En effet, le système de formation professionnelle a connu une
succession de plans et de programmes dans le but d’offrir des formations diversifiées, orientées
vers le marché du travail et qui présentent des alternatives concrètes au système d’éducation
classique. Plus particulièrement, la vision stratégique de la réforme de l’enseignement 2015-
2030 qui a souligné la nécessité de mettre en place plusieurs mesures pour la réhabilitation du
secteur de la formation professionnelle, a constitué un cadre propice pour mettre au point une
stratégie de la formation professionnelle (SNFP 2021) qui prône une plus grande ouverture sur
le milieu rural et sur les populations issues de milieux défavorisés. Le secteur a vu également
en 2019, le lancement du chantier Royal visant à créer 12 cités des métiers et compétences,
avec une capacité d'accueil potentielle de 34 000 stagiaires par an. Ces cités se concentrent sur
une offre de formation diversifiée axée sur les nouvelles professions, ainsi que sur des espaces
pédagogiques modernes visant à stimuler le développement des apprenants et à valoriser le
capital humain.

Il demeure, néanmoins, que l'offre actuelle de formation n’est pas en mesure de répondre à la
demande croissante, eu égard au taux d’affluence54 qui est estimé à 1,7 par rapport à la capacité
d'accueil des instituts de formation professionnelle, ce qui empêche plus de 200.000 étudiants

51
PNEA, 2019
52
Feuille de route 2022-2026 pour l’éducation.
53
Engagement n°4.
54
Le taux d’affluence atteint 3,8 dans les filières techniques spécialisées, selon les statistiques du Département de
la formation professionnelle au titre de l'année 2020-2021.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2045

en moyenne de s’inscrire dans des parcours de la formation professionnelle. D’autre part, le


taux d’achèvement du cursus de formation a enregistré une baisse continue, passant de 73% en
2011 à 61% en 201855, ce qui soulève des questions sur les facteurs de réussite et d’attractivité
de la formation professionnelle, ainsi que sur le sort des stagiaires apprenants qui abandonnent
en milieu de cursus.

Certes, le taux d'insertion au niveau du marché du travail des lauréats des instituts de formation
professionnelle dépasse les 80 %56, il est constaté, néanmoins, que le taux de chômage atteint
des niveaux élevés (28,9% pour les techniciens spécialisés, 20,9% pour les titulaires de
certificats de spécialisation professionnelle, et 19,4% pour les titulaires de certificats de
qualification professionnelle)57, comparativement au taux de chômage national qui s’établit à
9,2% (en 2019)58. De plus, les lauréats de la formation professionnelle travaillent très souvent
dans des conditions défavorables, que ce soit en termes de salaires bas (80 %59 des diplômés
perçoivent moins de 3000 dirhams de rémunération mensuelle), ou en ce qui concerne les
contrats de travail, qui sont verbaux à hauteur de 60 %60 des emplois, renforçant ainsi la
précarité du travail et l'instabilité professionnelle.

Par ailleurs, le système de formation professionnelle ne parvient pas non plus à récupérer une
part significative d’enfants du milieu rural où l’offre demeure extrêmement limitée. En effet,
« la formation professionnelle est concentrée dans les espaces urbains et principalement les
chefs-lieux de provinces » 61.

 Le troisième niveau d’intervention des pouvoirs publics concerne l’insertion des


jeunes dans le marché du travail, bien que la plupart de ces actions n’aient pas
exclusivement ciblé la catégorie des jeunes NEET. Sur ce volet, trois phases sont à
distinguer :
o La première phase s’étend de la fin des années 80 jusqu’en 2005, où l’objectif
de la politique gouvernementale était de compenser la baisse de l’offre d’emploi dans la
fonction publique, suite aux recommandations du programme d’ajustement structurel, par une
incitation à l’auto-emploi, étant donné la faible capacité du secteur privé existant à absorber
l’offre de main d’œuvre par voie de salariat. Parmi les actions-phares qui ont caractérisé cette
période, il y a lieu de citer la mise en place du « crédit jeunes promoteurs » en 1987, le
programme « action-emploi » dédié aux lauréats de l’enseignement supérieur en chômage

55
Principaux indicateurs du système de formation professionnelle pour l’année 2019-2020.
56
Selon les déclarations de monsieur Youness Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique de la petite entreprise
de l’emploi et des compétences devant la chambre des représentants le 23 octobre 2023 :
[Link]
marche-du#:~:text=24%20Octobre%202023-
57
Note d’information du HCP sur les caractéristiques principales du chômage et du sous-emploi en 2020.
58
Ibid.
59
Enquête statistique pour le suivi de l’insertion professionnelle des lauréats de la formation professionnelle en
2016.
60
Ibid.
61
ONDH, UNICEF, Les NEET au Maroc : analyse qualitative, 2020.
2046 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

depuis plus d’une année et du programme de création d’incubateurs d’entreprises visant à


résoudre le problème de manque de locaux pour les jeunes entrepreneurs.

En se focalisant sur le cas du crédit jeunes promoteurs et bien que ce dernier ait permis de créer
des opportunités en termes d’auto-emploi, ses résultats n’étaient pas à la hauteur des attentes.
Ledit programme s’est soldé par un volume très important de cas d’impayés vis-à-vis du
système bancaire62. Plusieurs obstacles peuvent être pointés comme étant derrière les résultats
peu concluants dudit programme et de la politique de promotion de l’auto-emploi durant cette
période en général63, notamment : i) l’absence de culture entrepreneuriale chez les porteurs de
projets, ii) le manque d’encadrement et d’accompagnement des jeunes surtout lors de la phase
de création et du démarrage du projet, iii) le rôle limité des organisations et des associations
professionnelles dans l’accompagnement de jeunes porteurs de projets, iv) la faible
performance des services publics en matière de mise en œuvre des mesures prises, v) le manque
de concertation et de planification et de vision prospective partagée entre les acteurs impliqués,
vi) le coût de financement qui demeure élevé et vii) la difficulté persistante d’accès des jeunes
au financement bancaire et aux locaux.

o La deuxième phase ayant marqué la politique publique de promotion de


l’emploi, notamment des jeunes, s’étend de 2005 à 2019 : cette phase a été caractérisée par
une prise en charge de la problématique de l’emploi, notamment des jeunes, à travers aussi bien
des programmes nationaux dédiés que les plans sectoriels diversifiés qui ont été lancés au cours
de la période « Plan Maroc vert », « Plan d’accélération industrielle », etc. Il s’agit également
d’une étape où les mesures d’appui à l’emploi des jeunes ont été pensées en tenant compte de
certaines lacunes identifiées lors de la phase précédente des années 90, en particulier la faiblesse
de l’accompagnement des jeunes porteurs de projets et la question spécifique de
l’employabilité.

Dans l’ensemble, si ces programmes ont permis d’intégrer une proportion assez significative
de jeunes dans le marché du travail, il n’en demeure pas moins que le bilan reste en-deçà de
l’ampleur du déficit d’offre d’emploi constaté64, surtout face au flux continu des jeunes arrivant
chaque année sur le marché du travail. D’autant plus que certains rapports d’institutions
publiques et internationales, appellent à relativiser les résultats des évaluations faites de ces
programmes, qui se basent souvent sur des indicateurs d’intrants plutôt que de résultats et
d’impact. Selon le rapport de la Banque mondiale et du HCP publié en 2021 sur le paysage de
l’emploi, à peine 1% des demandeurs d’emploi inscrits trouvent un emploi par le biais de
l’ANAPEC. Dans le même sens, l’intermédiation institutionnelle demeure très peu attractive
puisque, selon l’enquête d’emploi du HCP de 201965, seulement 5% des chômeurs ont recours
aux institutions d'intermédiation pour trouver un emploi.

62
Selon les trois banques qui financent près de 80% des projets dans le cadre du crédit jeunes promoteurs, le
nombre de dossiers concernés par les échéances impayées s’élevait, au 31 mai 1998, à 2.270 dossiers, soit une part
de 32%, dont 503 en situation de contentieux, d’après l’Auto - Saisine n°27/2016 du CESE - L’auto-entreprise,
levier de développement et d’intégration du secteur informel.
63
Ibid.
64
Rapport d’auto-saisine sur le bilan des programmes publics destinés aux jeunes durant la période 2016-2021.
65
Note sur les caractéristiques de la population active en chômage en 2019.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2047

Pour certains programmes tels que « IDMAJ » qui a connu une révision en 2016, des
dysfonctionnements se sont manifestés et persistent encore, en dépit des certaines réalisations
tangibles en termes d’insertion. Il s’agit notamment, de la focalisation sur les jeunes diplômés
au détriment des non-diplômés, le manque d’attractivité du programme pour certaines
catégories de diplômés ou encore la difficulté de mobilité qui se pose pour les jeunes issus des
zones rurales ou économiquement peu développées, sans oublier le risque d’utilisation parfois
abusive par certaines entreprises de ce type de programmes66.

Concernant le programme « TAEHIL », s’il est vrai que le nombre de bénéficiaires s’est inscrit
dans une tendance positive entre 2010 et 2019, particulièrement pour la formation d’adaptation
au profit des secteurs émergents (FSE) et la formation contractualisée pour l’emploi (FCE), il
convient néanmoins de rappeler que ce dernier a démontré certaines insuffisances. Il s’agit entre
autres, d’une couverture territoriale limitée du programme qui soulève la question de la mobilité
contraignante des chercheurs d’emploi, ainsi que la problématique du manque d’opérateurs de
formation spécialisés dans les métiers des secteurs émergents67.

Pour ce qui est du « Programme d’appui à l’auto-emploi », ce dernier a continué selon le


département de tutelle, de présenter plusieurs insuffisances, notamment « la dilution de la
responsabilité du programme (multiplicité des intervenants), la faible satisfaction des candidats
à la création d’entreprises des modalités proposées en matière de financement bancaire, le
parcours uniforme pour tout porteur de projet et le faible suivi post-création »68. Par rapport à
ce dernier point, il a été constaté que les guichets d’accompagnement ne disposent pas des
moyens logistiques et humains pour assurer le suivi post-démarrage et aider les jeunes porteurs
de projet à surmonter les obstacles rencontrés69.

S’agissant du statut de l’auto-entrepreneur, il a connu une bonne évolution depuis son


lancement en 2015, notamment auprès des jeunes de moins de 34 ans, dont la part dans le total
des auto-entrepreneurs avoisine les 54%70 et ce, en raison des avantages d’ordre fiscal et
comptable qu’il offre et de la procédure de création simplifiée. Toutefois, depuis 2021, une
rupture de cette tendance a été observée, puisque le nombre d’adhésions à ce statut a fortement
diminué71. Plusieurs éléments peuvent expliquer cet essoufflement de l’attractivité du statut.
Tout d’abord les limites en termes de chiffre d’affaires et en matière de recrutement qui
empêchent les auto-entrepreneurs de développer la taille de leurs projets ou encore le risque de
saisie des biens personnels en cas de litige. Ensuite, l’instauration de l’AMO pour les détenteurs
du statut en question dès 2022, a induit une augmentation des charges supportées par ces
derniers. Enfin, les mesures fiscales introduites par la loi de finances 2023 pour contrecarrer le
salariat déguisé, pourraient éroder l’avantage comparatif fiscal du statut d’auto-entrepreneur
comme solution d’insertion sur le marché du travail formel pour les jeunes.

66
ONDH, Rapport sur le développement humain 2020 « être jeune au Maroc de nos jours ».
67
Ibid.
68
Rapport d’auto-saisine CESE sur le bilan des programmes publics destinés aux jeunes durant la période 2016-
2021.
69
Rapport de La Fondation européenne pour la formation (2015), par Aomar IBOURK - Les politiques de l’emploi
et les programmes actifs du marché du travail au Maroc.
70
[Link]
71
Rapport d’activité de la DGI de 2022
2048 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

o La troisième phase de mutation de la politique publique de promotion de


l’emploi, commence le lendemain de la crise Covid-19. L’orientation des pouvoirs publics
en matière de promotion de l’emploi des jeunes est venue pallier certaines insuffisances et
fragilités des programmes de la phase précédente. Cette troisième phase a été caractérisée par
l’initiation d’une nouvelle génération de programmes, dont les plus connus sont INTELAKA,
FORSA, Ana Moukawil et AWRACH, en l’attente de la formulation de la Stratégie Nationale
pour l’Emploi et l’Entrepreneuriat (PNEE) à l’horizon 2035.

« INTELAKA » est un programme récent qui a été lancé à partir de janvier 2020, et qui vise à
promouvoir l’entrepreneuriat, notamment auprès des jeunes porteurs de projets. Bien que nous
ne disposions pas de suffisamment de recul, ni de données détaillées, pour prétendre une
évaluation d’impact rigoureuse, nous pouvons déjà saluer la diversité des services offerts par
ce programme, puisqu’il s’agit d’un instrument de financement à un coût avantageux,
d'accompagnement et d'orientation, d’autant plus qu’il cible une population diversifiée, y
compris, les jeunes porteurs de projets, notamment en milieu rural.

Néanmoins, en dépit de ces avantages, force est de constater que l’accès au financement n’est
pas toujours garanti, comme en témoigne le taux de rejet des dossiers qui est passé de 25% en
2020 à 39% en 2021 souvent justifié par l’absence d’une véritable politique d’accompagnement
en faveur des porteurs de projets72. Ce dernier point renvoie encore une fois à la question de
l’accompagnement et du conseil des porteurs de projets. En se référant aux acteurs auditionnés
par le CESE sur ce programme dans des rapports récents 73, certains aspects du programme
nécessitent encore d’être améliorés, notamment, ceux relatifs à la formation des jeunes porteurs
de projets, la qualité de l’accompagnement offert à ces derniers, ainsi que la question de la
simplification des procédures administratives. Enfin, il y a lieu de constater qu’il n’a pas été
prévu pour ce programme un dispositif spécifique d’évaluation de la performance.

Le programme « Forsa » pour sa part, propose aux bénéficiaires, dont les jeunes porteurs de
projets ou d’idées d’entrepreneuriat, une triple prestation combinant à la fois formation,
accompagnement au financement avec possibilité d’incubation avec des incubateurs locaux,
ainsi qu’un financement allant jusqu’à 100.000 DH. Outre cet avantage, le programme Forsa se
distingue également par le fait qu’il donne la chance à tous les porteurs de projets avec comme
seules conditions la qualité de l’idée et sa faisabilité ainsi que le degré d’engagement du
candidat. Le programme se veut également garant d’une certaine équité régionale et par genre
et couvre de nombreux profils, afin de dépasser les limites relevées antérieurement. Néanmoins,
il demeure que l’accompagnement post-création n’est pas valablement pris en considération
puisque l’approche se focalise plutôt sur l’accompagnement vers le financement.

Toujours dans le cadre de la promotion de l’entreprenariat des jeunes, l’année 2023 a connu le
lancement du programme « Ana Moukawil », selon un concept qui élargit le champ des
bénéficiaires aux unités économiques informelles souhaitant intégrer l’économie structurée et
qui apporte un appui financier aux porteurs de projets pour couvrir les dépenses d’assistance

72
Passage du Wali de Bank Al-Maghrib, le 15 février 2022, devant la commission des finances de la première chambre .
73
Rapport d’auto-saisine CESE sur le bilan des programmes publics destinés aux jeunes durant la période 2016-
2021.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2049

technique en matière d’accès au financement, de formation ainsi que de renforcement de


capacités de gestion.

Pour ce qui est du programme « Awrach », ce dernier vise à remédier à une autre critique
adressée aux programmes de la phase précédente, à savoir la concentration des efforts sur les
chercheurs d’emploi diplômés au détriment de ceux sans qualification. « Awrach » vise ainsi à
faciliter l’accès à l’emploi pour les personnes ayant des difficultés à s’insérer sur le marché du
travail, en permettant par la même occasion, d’améliorer leurs compétences et leur
employabilité.

Dans la continuité des efforts déployés, les pouvoirs publics ont proposé une version améliorée
du programme en tentant d’augmenter la part des emplois stables à 50.000 sur 150.000 emplois
ciblés. Bien qu’il soit encore prématuré de juger de l’impact de ce programme, il y a lieu
toutefois de soulever le risque de précarisation de l’emploi, notamment des jeunes, puisque
malgré les efforts la part des postes temporaires demeure prépondérante.

Au total, et en termes génériques, la plupart des programmes actifs de promotion de l’emploi


souffre de l’absence d’une évaluation d’impact rigoureuse et scientifique74dont la préparation
est censée commencer dès le lancement des programmes en question, ce qui renvoie également
à la problématique de disponibilité de données granulaires et détaillées pour le suivi des
individus bénéficiaires et l’évaluation d’impact.

 Le quatrième niveau d’intervention des pouvoirs publics concerne les programmes


spécifiques qui ciblent différentes catégories de jeunes :

o L’insertion par le service militaire : dans ce cadre, il convient de mettre en


évidence le rôle crucial du service militaire obligatoire, sous sa nouvelle version lancée en 2019,
qui constitue une expérience remarquable dans la formation et l’insertion des jeunes. Il propose
une large gamme de formation technique et professionnelle axée principalement sur le volet
pratique à hauteur de 70 %, dans divers domaines, soit une soixantaine de spécialités
disponibles au niveau des unités des Forces Armées Royales, tout en veillant à une meilleure
adéquation avec les attentes et les aspirations des jeunes. Dans l’édition de 2022, le nombre
d’inscrits au service militaire obligatoire a connu une hausse de 33% comparée à l’édition de
2019, soit 178.166 jeunes âgés de 19 à 25 ans. A la fin de leur service, les jeunes obtiennent
des diplômes qui augmentent leur chance d’employabilité.

o Le renforcement de l’employabilité des détenus : de son côté, la Délégation


générale de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion joue un rôle important dans
l’inclusion des détenus. Sa nouvelle approche adoptée repose sur la réalisation d’un diagnostic
individuel des détenus et d’un accompagnement personnalisé de réinsertion effective après leur
liberté. Le but est d'optimiser leur période d'incarcération en offrant une variété de programmes

74
Ce constat rejoint celui relevé par la Cour des comptes dans ses rapports annuels de 2019 et 2010 et par le rapport
conjoint de la Banque mondiale et le HCP intitulé « Le secteur de l’emploi au Maroc - Recenser les obstacles à un
marché du travail inclusif – 2021 ».
2050 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

éducatifs et de formation, en proposant des opportunités d'emploi en prison, ainsi qu'une


formation aux métiers et compétences correspondant à leurs capacités et intérêts.

 Le cinquième niveau d’intervention concerne le développement de partenariats


avec les acteurs associatifs, notamment dans le cadre de l’INDH, dans le but d’accompagner
leurs activités dans l’insertion socio-économique des jeunes. Le recours à ce type de partenariat
se justifie par la capacité des associations à approcher et à atteindre un plus grand nombre de
jeunes, à bâtir un lien de confiance avec eux et à entreprendre des actions diversifiées qu’elles
soient économiques, sociales, culturelles ou sportives.

Dans ce sens, force est de constater que l’INDH, dans la phase III, a mis en exergue de manière
illustrative la relation entre les acteurs publics et la société civile, lançant les prémisses d’un
nouveau cadre de partenariat public-tiers secteur. Ainsi, la mise en œuvre du programme 3 pour
l’amélioration des revenus et l’inclusion des jeunes, notamment les jeunes NEET, s’est basée
sur l'implication des acteurs associatifs à l'échelle territoriale.

Ainsi, les associations se voient confier la responsabilité de mettre en œuvre et de gérer


l'ensemble des étapes du processus, sur la base d’un système de suivi-évaluation, à partir de la
plateforme d'accueil des jeunes, où ces derniers sont accueillis, et dont le nombre a atteint 112
unités, jusqu’à leur orientation, soit vers les programmes publics de formation et
d'employabilité, soit vers d’autres associations qui se spécialisent dans l'accompagnement à
l'entrepreneuriat et à la création de projets75 . Les associations sélectionnées pour participer à
ce programme concluent, en fonction des résultats obtenus, un contrat de financement avec
l'INDH. Ce contrat prévoit un financement de 5.000 dirhams par personne bénéficiant du
service d'accueil et d'orientation, de 10.000 dirhams par personne bénéficiant d'un
accompagnement visant l'insertion sur le marché du travail et de 11.500 dirhams pour le soutien
à la création d'entreprises. Ces montants sont répartis en deux phases : la phase pré-insertion et
la phase post-insertion, avec une attention particulière accordée à cette dernière pour garantir
un impact durable de l'action après sa réalisation.

Ce nouveau type de partenariat a été adopté également dans d’autres programmes régionaux
destinés à l’insertion des jeunes, dont notamment le programme d’insertion économique des
jeunes dans la région de Marrakech-Safi, présenté dans l’annexe 6. Toutefois, malgré les
initiatives pertinentes et réussies de certaines associations dans les programmes précédemment
cités dans l’accompagnement des jeunes NEET, la plupart des acteurs associatifs ne disposent
pas suffisamment des capacités humaines, techniques et financières pour conclure des
partenariats avec le secteur public, ce qui pourrait compromettre le développement du
partenariat public-tiers secteur, en l’absence de mesures importantes de mise à niveau et de
capacitation de la société civile.

 Retour sur les principaux constats relevés par rapport à l’action publique :

Globalement, le long processus de réformes déployées en matière de lutte contre le


décrochage scolaire, de renforcement de la formation professionnelle et de promotion de

75
Présentation de l’INDH lors de l’audition tenue au CESE le 02 mars 2023
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2051

l’emploi des jeunes a probablement contribué à la réduction quasi-continue du taux des


NEET au Maroc. Néanmoins, ces mesures demeurent insuffisantes devant l’ampleur du
phénomène. En résumé, les principales insuffisances qui persistent au niveau des
politiques publiques sont les suivantes :

 L’absence d’une politique intégrée dédiée aux NEET, laissant place à une juxtaposition
de programmes divers destinés aux jeunes, avec des intervenants multiples
(départements ministériels sectoriels, secteur privé, associations, collectivités
territoriales), sans réelle convergence entre eux.
 Un sous-dimensionnement des programmes et dispositifs d’insertion des jeunes en
termes d’effectifs de jeunes couverts en comparaison avec le flux et le stock important
des NEET.
 Une couverture territoriale insuffisante des structures d’accueil/éducation et formation
professionnelle/orientation et insertion professionnelle des jeunes, particulièrement au
détriment des zones défavorisées et du monde rural.
 Une faible qualité de l’éducation et l’impact limité des réformes du système éducatif en
termes de réduction du phénomène du décrochage scolaire.
 Des déficits au niveau des mécanismes d’orientation scolaire.
 Des conditions d’emploi souvent défavorables pour les lauréats de la formation
professionnelle.
 Des mécanismes de médiation institutionnels pour l’insertion dans le marché du travail
perçus par les jeunes comme étant peu-attractifs.
 Des faiblesses en matière d’accompagnement post-création pour les jeunes porteurs de
projets.
 Des insuffisances en matière de systèmes d’information pour identifier et suivre les
jeunes NEET à un niveau granulaire (région, province, commune).
 L’absence dans la plupart des politiques actives de l’emploi, d’une évaluation d’impact
rigoureuse et scientifique, dont la préparation est censée commencer dès le lancement
des programmes en question.
 L’absence de prestations en matière d’accompagnement psychologique des jeunes en
décrochage scolaire, ou en chômage de longue durée.
 Des déficits en termes de structures d’accueil (écoles, formation professionnelle, etc.)
pour les jeunes en situation de handicap.
 La faiblesse des moyens humains et financiers des associations qui proposent des
programmes d’appui aux jeunes.
 Une communication insuffisante autour des mesures actives d’emploi ou d’insertion
dans le marché du travail qui ne sont pas toutes suffisamment connues de la part des
jeunes.

Réponses des participants sur « ouchariko »


78%, des répondants ignore l’existence de programmes publics ou d’initiatives de la société
civile destinés à soutenir les jeunes NEET, et seulement 22% des répondants ont connaissance
de ces programmes et initiatives, dont les plus cités sont Forsa, Awrach, Intelaka, l’école la
deuxième chance, l’INDH, l’Auto-entrepreneur, la formation en alternance.
2052 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

5. Vers une approche intégrée pour renforcer l'insertion sociale


et économique des jeunes NEET
Partant du diagnostic établi, et en vue de résorber le phénomène des NEET et d’accélérer
l’insertion sociale et économique de cette catégorie de jeunes, le CESE préconise l’adoption
d’une approche intégrée basée sur cinq axes:

1. Renforcer les capacités de repérage et de suivi des jeunes NEET et des catégories
vulnérables de jeunes ;
2. Mettre en place un écosystème élargi pour accueillir et orienter les jeunes NEET vers
des solutions adaptées à leurs différentes situations ;
3. Améliorer l'offre, la qualité et l'efficacité des services et programmes d'insertion des
jeunes NEET ;
4. Mettre en place des mesures préventives pour éviter que de nouvelles catégories
vulnérables de jeunes ne se retrouvent en situation NEET ;
5. Mettre en place un cadre de gouvernance basé sur le renforcement de la cohérence et la
complémentarité entre les programmes et une coordination continue entre les parties
prenantes.

Axe 1 : Renforcer les capacités de repérage et de suivi des jeunes NEET et des
catégories vulnérables de jeunes
Les mesures proposées dans le cadre de cet axe visent à mettre en place le système statistique
et informatique nécessaire pour permettre le repérage précis des jeunes NEET et de faciliter le
suivi de leurs parcours de vie et des changements qui s’y opèrent en raison des ruptures
auxquelles ces jeunes peuvent être exposés durant les phases de scolarisation, de formation et
d’accès au marché du travail. Il convient pour cela de :
 Créer un système d'information national avec une déclinaison régionale pour repérer les
jeunes NEET et assurer le suivi de leurs parcours, en regroupant des données croisées
de sources multiples, en particulier le registre social unifié et les dispositifs statistiques
relevant des secteurs de l'éducation, de la formation, et de l'emploi. Ce système serait
renforcé par des données provenant d'autres systèmes d'information tels que les
statistiques du recensement démographique, des caisses de protection sociale, de
l'administration pénitentiaire, du service militaire, etc ;
 Effectuer un travail de terrain pour repérer les jeunes NEET non répertoriés dans les
bases de données susmentionnées, en collectant des données disponibles auprès des
associations au niveau des quartiers et des Douars, qui sont généralement en contact
direct avec cette catégorie de jeunes NEET ;
 Accorder un caractère préventif au système d'information en question en effectuant un
suivi particulier des jeunes vulnérables qui présentent des conditions les rendant plus
susceptibles de se retrouver en situation NEET ;
 Améliorer les statistiques officielles relatives aux jeunes NEET au niveau national et
régional, et intensifier la publication régulière de rapports sur cette catégorie.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2053

Axe 2 : Mettre en place un écosystème élargi pour accueillir et orienter les jeunes
NEET vers des solutions adaptées à leurs différentes situations

L’objectif est de créer un écosystème avec une large couverture régionale pour pouvoir
communiquer avec les jeunes en situation de NEET, les accueillir et créer un climat de
confiance et ce, afin de pouvoir diagnostiquer leurs situations diverses, et les orienter vers les
solutions ou programmes les plus adaptés. Ce système revêt une importance cruciale dans un
contexte caractérisé par la multiplicité des programmes d'insertion d'une part, et le manque
d'infrastructures d'orientation pour les jeunes NEET, qui manquent souvent d’informations
nécessaires pour connaître les solutions disponibles et pouvoir choisir celles qui conviennent le
mieux à leurs situations respectives. Pour ce faire, il est recommandé de :

o Développer un réseau dense de points d'accueil, d'écoute et d'orientation, à l'image


des plates-formes pour la jeunesse de l'Initiative Nationale pour le Développement
Humain (INDH), couvrant toutes les collectivités locales et soumises à une charte
unifiée définissant leurs rôles, activités et responsabilités.
o Ces points sont animés par des équipes réduites formées dans le domaine de l'écoute
et de l'orientation. Leur mission consiste à recevoir et diagnostiquer chaque cas
individuellement afin de les orienter vers le service de réinsertion le plus adapté.
o Ces points sont liés à un système d'information unifié via des formulaires
électroniques pré-établis qui seront alimentés par les données sur les jeunes NEET
accueillis, permettant ainsi de suivre les parcours de ces jeunes jusqu'à leur
engagement dans les solutions d'intégration qui leur sont recommandées.
o Ces points disposent d'un Label facilitant leur reconnaissance par les jeunes NEET,
et sont implantés au sein de toutes les institutions qui disposent d'un réseau à
couverture territoriale élargie et dont les compétences correspondent aux missions
d'orientation, d'accompagnement vers l'emploi, ou vers la création d'entreprises.
Parmi les institutions pouvant abriter ces points d’accueil, il y a lieu de citer les
agences de l'ANAPEC, les chambres professionnelles et commerciales, les centres
régionaux d'investissement, les conseils régionaux et locaux, les centres d’entraide
nationale et les maisons de jeunes, ainsi que certaines associations accréditées dans
un cadre contractuel assorti d'un cahier des charges bien établi.
o Ces points sont régulièrement alimentés, via une plate-forme électronique, en
informations détaillées et mises à jour sur toutes les solutions d'intégration
disponibles, proposées par les autorités publiques ou la société civile locale, dans les
domaines de la formation, de l'emploi et du soutien à l'entrepreneuriat, tout en
veillant à faciliter l'accès des jeunes à cette plateforme électronique directement via
des smartphones par exemple, afin de disposer d’informations suffisantes sur les
solutions disponibles en cas d'incapacité à se rendre aux points d'accueil
o Recruter et former, via des organisations de la société civile, des enquêteurs de
terrain dans le domaine de la communication et de l'orientation. Ces derniers
prendront en charge le repérage des jeunes NEET découragés au niveau des quartiers
et des Douars, qui souvent n’auraient pas fait le pas vers les points d’accueil de leur
2054 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

propre initiative, et engager par la suite une communication en face-à-face avec ces
derniers afin de les inciter à s’enregistrer auprès des points en question.
o Programmer des caravanes de communication et d'orientation vers les zones
reculées où il est difficile de créer des points d'accueil spécialisés.
o Offrir des incitations aux jeunes NEET pour les encourager à s'inscrire auprès des
points d'accueil susmentionnés : smartphones ou cartes SIM pour faciliter l'accès à
Internet et des services76 tels que les transports publics, en encore des transferts
financiers conditionnés en faveur des jeunes NEET en situation très précaire.

Axe 3 : Améliorer l'offre, la qualité et l'efficacité des services et programmes


d'insertion des jeunes NEET

L’objectif visé est d’améliorer la qualité et l’efficacité des services d’insertion actuels destinés
aux jeunes, ainsi qu'à les compléter par des mesures et des solutions supplémentaires, que ce
soit à travers des programmes publics ou des initiatives de la société civile. À cet égard, il est
recommandé de mettre en place :

Des mesures pour l'intégration des jeunes NEET déscolarisés en âge de scolarisation
obligatoire :

o Élargir la couverture géographique des écoles de la deuxième chance nouvelle


génération et les équiper de ressources appropriées, en mobilisant des équipes
pédagogiques spécialisées hautement qualifiées. Cela requiert de mobiliser
davantage d’acteurs de la société civile et des experts du secteur privé pour fournir
des services de formation dans les compétences de base, ainsi que dans les soft skills,
les langues et des formations professionnelles pour les jeunes en décrochage
scolaire, en vue de faciliter leur réintégration ;
o Diversifier les formations professionnelles proposées par les écoles de la deuxième
chance et les sanctionner de certificats de qualification reconnus pour faciliter leur
insertion professionnelle ;
o Garantir une réintégration plus fluide des jeunes issus des écoles de la deuxième
chance dans les cycles de formation du système de la formation professionnelle de
l’OFPPT, particulièrement les certifications par apprentissage et les niveaux de
qualification et de spécialisation ;
o Exonérer les jeunes NEET des frais d'inscription dans les établissements de
formation professionnelle et leur accorder automatiquement des bourses dès leur
inscription à l'OFPPT ;
o Renforcer les offres de formations courtes portant sur les compétences numériques,
les métiers créatifs, culturels/sportifs, ou les métiers liés aux services de soins aux

76
L’étude de l’ONDH sur les jeunes NEET a recommandé de fournir aux jeunes NEET des portefeuilles
électroniques (e-wallet) donnant accès à certains services sociaux.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2055

personnes, qui ne nécessitent pas un niveau d'éducation élevé et qui peuvent


accueillir un grand nombre de jeunes NEET ;

Des mesures pour la réinsertion des jeunes NEET âgés de 18 ans ou plus dans le marché
du travail :

o Fournir des services de soutien ciblés aux jeunes NEET afin d'améliorer leur
employabilité ou de faciliter leur intégration dans le marché du travail, par le biais
d'associations ou d'experts expérimentés, dans le cadre de contrats qui favorisent la
complémentarité des rôles avec les programmes publics. Ces services comprennent:
 La médiation avec les institutions de formation professionnelle pour
l'intégration des jeunes NEET.
 Des cours de courte durée reconnus au profit des jeunes NEET dans les
domaines des compétences techniques et linguistiques.
 L’assistance dans la recherche et la découverte d'opportunités de formation
ou d'emploi au sein des entreprises.
 Un accompagnement préalable et postérieur aux jeunes NEET en matière de
création de projets d'auto-emploi et de petites entreprises.
o Améliorer la qualité et l'efficacité des services fournis par les agences et les
programmes publics, que ce soit dans le domaine de l’accompagnement pré et post-
création de projets d’auto-emploi ou dans le domaine des services publics de
recherche d'emploi, en diversifiant les offres, en formant le capital humain en charge
de ces missions et en assurant un suivi précis du parcours des bénéficiaires, avec une
évaluation basée sur les résultats.
o Mettre en place des incitations pour l'intégration des femmes au foyer NEET dans
le marché du travail. Il convient pour cela de :
 Encourager l'engagement des femmes au foyer NEET en milieu rural dans
des activités génératrices de revenus au sein de l'économie sociale et
solidaire, en leur accordant le soutien nécessaire et l’accompagnement
approprié.
 Fournir des incitations financières aux jeunes femmes au foyer NEET
souhaitant s’engager dans l’auto-emploi.
 Accorder des subventions à durée déterminée aux entreprises acceptant
d’employer des jeunes femmes au foyer NEET.
 Permettre aux femmes au foyer au sein de la catégorie des jeunes NEET, en
particulier en milieu rural, de renforcer leurs compétences professionnelles
et d’améliorer leurs chances d'intégration, à travers la participation à des
programmes de formation qualifiante dans divers secteurs, en tenant compte
des spécificités de chaque région, tout en veillant à les doter d’un horaire
plus flexible adapté à cette catégorie de NEET.
2056 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

 Lancer un plan national pour ouvrir des crèches publiques ainsi qu'au sein
des entreprises privées en échange d'incitations.
 Prendre des mesures encourageant le recours à de nouvelles formes de travail
au sein des entreprises, telles que le télétravail, le travail à temps partiel, la
flexibilité des horaires, etc.

Axe 4 : Mettre en place des mesures préventives pour éviter que de nouvelles
catégories vulnérables de jeunes ne se retrouvent en situation de NEET

L'objectif recherché à travers cet axe est de remédier aux lacunes et défaillances qui conduisent
à l'émergence de nouvelles cohortes de jeunes NEET, en fournissant des solutions préventives,
que ce soit pour éviter le décrochage scolaire, renforcer l’employabilité, ou pour garantir une
intégration fluide des jeunes au marché du travail. À cet égard, le Conseil recommande une
série de mesures qui peuvent être regroupées selon les catégories de jeunes concernées :

I- Mesures pour éviter le décrochage scolaire :

 Mesures préventives concernant particulièrement les jeunes en âge de scolarisation et


éprouvant des difficultés d'apprentissage :

o Garantir l’effectivité stricte de l'obligation scolaire jusqu'à l'âge de 16 ans et mettre


fin au renvoi des élèves du système d’éducation/formation en cas de redoublements
répétés, tout en proposant des solutions de réhabilitation, à travers un encadrement
scolaire de ces élèves par des professionnels qualifiés offrant, notamment, des cours
de mise à niveau gratuits ou bien un appui pour leur réorientation vers la formation
professionnelle, en fonction des capacités et préférences individuelles de chacun.
o Mettre en place des cellules d'écoute, de soutien psychologique et d'orientation
scolaire au sein des écoles, qui seraient chargées de surveiller les élèves les plus
susceptibles de décrocher, en suivant de près certains indicateurs précoces (absences
fréquentes, troubles d'apprentissage, changements de comportement, dégradation
des résultats scolaires, etc.) et ce, afin de les orienter vers les solutions appropriées
(soutien scolaire, conseil, soutien psychologique, etc.). Cette mesure requiert par la
même occasion, d'accélérer la généralisation des cours de soutien et de renforcement
lancés au niveau des écoles publiques, en fournissant un nombre suffisant de
professionnels qualifiés.
o Développer une offre de formation spécialisée pour accueillir les jeunes souffrant
de troubles de l’apprentissage, en impliquant un réseau élargi d’associations agréées
sur tout le territoire, afin d’éviter le décrochage scolaire.

 Mesures concernant les jeunes en âge de scolarité en milieu rural :

o Accélérer la généralisation des écoles communautaires en milieu rural, tout en


améliorant leur niveau d’équipement.
o Etendre la couverture du service de transport scolaire provincial.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2057

 Mesures concernant les jeunes en âge de scolarité et ayant des handicaps ou des
problèmes de santé :

o Adaptation de l’encadrement pédagogique, des équipements et des infrastructures,


ainsi que l'intégration de technologies numériques dans les établissements éducatifs
en faveur des jeunes souffrant de handicaps ou de certaines maladies chroniques
susceptibles de compromettre leur scolarité, en tenant compte du type et du degré
du handicap (taux d'incapacité), qu'il soit physique ou mental.

II- Mesures visant à accroître l'employabilité des jeunes et à faciliter leur accès à
l'emploi

o Renforcer l'offre de formation professionnelle dans les zones rurales, notamment


dans les niveaux de spécialisation et de qualification et particulièrement dans les
métiers liés aux activités économiques spécifiques à chaque région ;
o Assurer une adéquation de la formation aux besoins du marché du travail via77 :
 La mise en place d’incitations aux entreprises pour les encourager à s'engager
activement dans le développement de la formation en alternance pour les
jeunes. En contrepartie de ces incitations, les entreprises concernées devront
garantir un encadrement et un suivi adéquats aux stagiaires ;
 L’élaboration d'un référentiel unifié des métiers et des compétences
comprenant les référentiels existants dans certaines institutions (chambres
professionnelles, ANAPEC, etc.), ainsi qu’en y intégrant des métiers et des
compétences non répertoriés. Ce référentiel servira de soubassement lors de
la conception des programmes de formation professionnelle pour mieux
répondre aux besoins du marché du travail ;
 L’implication du secteur privé dans la définition du contenu des cours et des
filières de formation professionnelle, ainsi que dans la gestion
d'établissements de formation dans certains métiers et spécialités, à l’instar
de certains secteurs tels que l'industrie automobile et l'aéronautique.
o Développer des systèmes spécifiques pour anticiper les besoins du marché du travail
(ANAPEC) en suivant une planification stratégique prospective prenant en compte
les grandes transformations structurelles (démographiques, technologiques,
économiques, etc.) susceptibles de réduire la prévalence de la situation de NEET
chez les jeunes à l'avenir.
o Renforcer la communication et le discours adressés aux jeunes au sein des
institutions éducatives et dans les médias afin de changer l'image stéréotypée
associant la formation professionnelle à l'échec scolaire.

77
Ces recommandations ont été inspirées des expériences allemandes et suisses en matière de formation en
alternance présentées dans l’annexe 7.
2058 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

Axe 5 : Mettre en place un cadre de gouvernance basé sur le renforcement de la


cohérence et la complémentarité entre les programmes et une coordination
continue entre les parties prenantes
Le succès de l'approche intégrée proposée par le Conseil dépendra de la capacité de mettre en
place un cadre institutionnel qui adhère aux principes de la bonne gouvernance, via notamment :
o L’attribution de la mission de coordination et de suivi de la mise en œuvre des
programmes visant à intégrer les jeunes NEET à un comité spécial présidé par le
chef du gouvernement, comprenant tous les acteurs impliqués dans les questions
d'éducation, de formation et d'emploi aux niveaux national et régional, en veillant à
impliquer les organisations de la société civile travaillant étroitement avec la
catégorie de jeunes NEET ;
o L’adaptation des solutions proposées à la nature hétérogène des jeunes NEET et aux
spécificités locales de chaque région, en adoptant une déclinaison territoriale
granulaire (quartier/douar), et en veillant à l’implication efficace des collectivités
territoriales à tous les niveaux ;
o L’association des programmes d’insertion des jeunes NEET à un système de suivi
et d'évaluation géré par des entités indépendantes, permettant la réalisation d'études
d'impact précises et scientifiques pour les différentes mesures prises ;
o L’élaboration d'une stratégie élargie de communication aux niveaux national et
local, ciblant les jeunes NEET et garantissant la fourniture des informations
nécessaires sur les programmes et les mesures mises en place.
o L’établissement d'un cadre contractuel clairement défini entre les autorités
publiques et les organisations de la société civile partenaires (Partenariat Public
Tiers secteur - PPT) engagées dans la mise en œuvre des programmes et des
mesures, reposant sur la définition des responsabilités, des cahiers des charges précis
et l'évaluation des résultats.
o La consolidation du principe de l'approche participative par l'organisation d'assises
nationales sur la problématique des jeunes « NEET", réunissant toutes les parties
prenantes, pour recueillir leurs diverses opinions, discuter de la complexité de la
situation des jeunes NEET et examiner les solutions possibles ;
o L’accélération du rythme des réformes majeures au niveau des politiques sociales et
économiques telles que l'éducation, la formation professionnelle, l’aide sociale et les
politiques sectorielles liées à la création d'opportunités d'emploi.
Réponses des participants sur « ouchariko »
En matière d’actions à entreprendre pour faciliter l’intégration sociale et professionnelle des
jeunes NEET, les réactions des répondants ont permis de classer les priorités dans l'ordre
suivant : 1- Mettre en place une politique publique intégrée ciblant les jeunes NEET (31 %
des réponses), 2- Soutenir l’entrepreneuriat et l’auto-emploi (30% des réponses), 3-
Renforcer la création des écoles/formations de 2ème chance (23% des réponses), 4-
Encourager l’insertion par les arts et le sport (16% des réponses).

*
* *
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2059

Annexes

Annexe 1 : Liste des membres de la commission chargée de l’emploi et des relations


professionnelles

Membres

Ahmed Abbouh
Mohammed Alaoui
Mohamed Ben Jelloun
Khalil Bensami (Président)
Bouchta Boukhlafa (Rapporteur)
Mohammed Boulahcen
Khalid Cheddadi
Abdelkarim Foutat
Sidi Mohamed Gaouzi
Ali Ghannam
Loubna Tricha
Khalid Lahlou
Thami Abderrahmani Ghorfi
Armand Victor Hatchuel
Mohamed Horani

Mouncef Kettani (rapporteur de l’avis)

Karima Mkika

Mohamed Mostaghfir (vice-rapporteur)

M’Hammed Riad

Najat Simou (vice-président)

Liste des experts ayant accompagnés la commission :

Experts permanents au Conseil Afaf HAKAM

Karim EL MOKRI

Experte permanente chargée de la traduction Nabila DARIF

* * *
2060 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

Annexe 2 : Liste des institutions et acteurs auditionnés


 Départements ministériels - Ministère de l’intérieur – INDH
- Ministère de l’économie et des finances
- Ministère de l’éducation nationale, du p
- réscolaire et des sports
- Ministère des habous et des affaires
islamiques
- Ministère de la jeunesse de la culture et de la
communication- département de la jeunesse
- Ministère de la solidarité, de l’inclusion sociale
et de la famille
- Ministère de l’inclusion économique, de la petite
entreprise, de l’emploi et des compétences
- Ministère du tourisme, de l’artisanat, de
l’économie sociale et solidaire
- Administration de la défense nationale

 Etablissements nationaux et publics - Haut-Commissariat au Plan


- Observatoire National pour le Développement
Humain
- Agence Nationale pour la Promotion de
l’emploi et des Compétences
- Office de la Formation Professionnelle et de
la Promotion du Travail
- Agence de développement social
- Agence de développement agricole
- Délégation Générale à l’Administration
Pénitentiaire et à la Réinsertion
- Société Nationale de Garantie et du
Financement de l’Entreprise TAMWILCOM
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2061

 Organismes internationaux - UNICEF


- Lab de l’emploi
- OIT
- Délégation de l’Union Européenne au
Maroc
- USAID
- GIZ
- UNHCR

 Associations professionnelles - Fédération nationale des associations de


microcrédits

 Société civile - Collectif pour la promotion des droits


pour les personnes handicapées
- Union des associations des maisons
familiales rurales
- Fédération des associations des parents
et tuteurs d’élèves
- Association des écoles privées
- Association Ali Zaoua
- Association TIBU Maroc
- Association Chifa
- ISCOS Marche Maroc
- Fondation Moubadara Mohammadia
- Association Qualification des jeunes
- Association des jeunes leaders marocains
- Association Visions Technologie

 Experts - Aomar IBourk


- David Goeury
- Olivier Deau
- Zakaria Kadiri
- Morad Bentahar
- Mouncef Kettani

 Groupes de jeunes qui sont en situation de NEET ou qui étaient des NEET

 Visite de terrain - Préfecture de Marrakech

* * *
2062 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

Annexe 3 : Résultats des consultations lancées sur la plateforme «Ouchariko» et sur les
réseaux sociaux
Dans le cadre de l’auto-saisine sur « Les jeunes NEET: Quelles perspectives d’inclusion socio-
économique?», le CESE a initié une consultation citoyenne à travers sa plateforme «Ouhariko»
entre le 8 septembre et le 29 octobre 2023, sollicitant la contribution des citoyen.e.s. Par ailleurs,
un nombre important d’internautes a interagi activement en publiant des commentaires sur la
page du CESE sur divers réseaux sociaux.
Le nombre d’interactions a atteint 35396, dont 1266 réponses et 188 commentaires sur les
réseaux sociaux du CESE.
Caractéristiques du groupe de répondants à la consultation citoyenne
Les répondants à la consultation citoyenne relative au sujet des jeunes NEET représentent
majoritairement une population citadine (86%), tandis que la population rurale ne représente
que 14%. En termes de répartition par genre, les hommes ont constitué 73% du nombre total,
soit trois fois celui des femmes.
La population des répondants est composée de deux tranches d’âge majeures : 25-39 ans (47%)
et 15-24 ans (28%). Le nombre de répondants restant est réparti sur les tranches d’âge
suivantes : 40-59 ans (19%), et 60 ans et plus (6%).

86%
73%

47%

27% 28%
19%
14%
6%

Femme Homme Urbain Rural 15-24 ans 25-39 ans 40-59 ans 60 ans et plus
Genre Milieu de résidence Age

Les répondants sont constitués majoritairement d’étudiants (25%), de chômeurs (18%), de


professions libérales (9%) et de fonctionnaires (16%), et près de deux tiers d’entre eux sont
concentrés dans les régions de Casablanca-Settat (20%) et Rabat-Salé-Kénitra (19%),
l’Oriental (13%) et Fès-Meknès (12%).

19% 20%
25%
13% 12% 18%
9% 9% 9%
8% 8% 9%
4% 3% 4% 5% 4% 5% 5% 4%
1% 1% 0% 2% 1% 1% 1% 1%
Tanger-Tétouan-Al…

Laâyoune-Sakia El…
Dakhla-Oued Ed-…

Fonctionnaire – Cadre…
Fonctionnaire – Cadre…
Salarié du privé –…
Salarié du privé -…
Salarié du privé -…

Commerçant

Chômeur diplômé

Autres
Etudiant(e)
Fonctionnaire – Agent

Chômeur sans diplôme

Travailleur occasionnel
Femme au foyer
Profession libérale

Retraité
Exploitant agricole
Oriental

Guelmim-Oued Noun
Marrakech-Safi
Drâa-Tafilalet
Fès-Meknès

Béni Mellal-Khénifra
Casablanca-Settat

Souss-Massa
Rabat-Salé-Kénitra

Occupation
Région
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2063

Points saillants de la consultation citoyenne


Les répondants à la consultation citoyenne sont constitués à hauteur de 63% de personnes qui
ne se considèrent pas appartenir à la catégorie des NEET. Cependant 83% parmi les répondants
ont plusieurs jeunes NEET dans leur entourage. Certains internautes qui ont interagi avec la
consultation sur les réseaux sociaux ont recommandé de recenser les jeunes se trouvant dans
cette situation, et d’explorer les différentes facettes et composantes du problème pour mieux
l’appréhender et le surmonter. Ce point a également été souligné dans les contributions écrites
sur la plateforme Ouchariko, considérant qu’« il faut commencer par poser des diagnostics des
réalités socio-économiques des NEET au niveau local, d'une façon volontaire (…) afin d'évaluer
le potentiel des jeunes, identifier les ressources et mettre la main sur leurs vrais défis ».
Près des trois quarts (73%) des répondants considèrent que les hommes sont plus concernés par
le statut de jeunes NEET que les femmes, et près des deux tiers (61%) pensent que ce sont les
jeunes urbains qui sont touchés par cette situation. Les répondants estiment également, à
hauteur de 60%, que les NEET sont des jeunes non diplômés. D’ailleurs, de nombreux
internautes ont tenu, dans leurs commentaires sur la page du CESE dans les réseaux sociaux, à
souligner la distinction entre la catégorie des NEET et celle des diplômés chômeurs, considérant
que l’insertion sociale et professionnelle de ces derniers doit être priorisée.
73%
61% 60%
39% 40%
27%

les jeunes filles les jeunes hommes les jeunes ruraux les jeunes urbains les jeunes les jeunes sans
diplômés diplômes
Selon vous, la situation des NEET Selon vous, la situation des NEET Selon vous, la situation des NEET
concerne plus ? concerne plus ? concerne plus?

S’agissant des causes qui conduisent à la situation de NEET, les répondants ont pointé du doigt
d’abord les difficultés inhérentes à l’insertion professionnelle. Ils mettent en cause à ce propos
l’absence d’opportunités d’emploi (75,12%), mais considèrent en même temps que les diplômes
ne sont pas adaptés au marché du travail (59,24%). Les raisons liées aux ruptures dans les
parcours individuels sont également invoquées. Ainsi, un peu plus de la moitié des répondants
(59,95%) considèrent que l’abandon scolaire conduit à la situation de NEET, et près d’un
participant sur cinq (17,38%) invoque le mariage précoce des filles parmi les principales causes
de ce phénomène. Toutefois, 11,77% des répondants considèrent que la situation de handicap
peut conduire à la situation de NEET. Le problème des addictions a également été soulevé dans
les commentaires des internautes sur les pages du CESE sur les réseaux sociaux, ainsi que dans
les contributions écrites sur la plateforme Ouchariko, le considérant comme l’une des causes
du décrochage scolaire ».

Il est à noter que lors d’un atelier sur le sujet des jeunes NEET organisé par le CESE au profit
des jeunes parlementaires du Maroc, le décrochage scolaire est arrivé en tête des causes
conduisant à la situation de NEET, suivi de l’absence d’opportunités d’emploi, de l’inadaptation
des diplômes avec les besoins du marché du travail, de la situation de handicap et enfin du
mariage précoce des filles.
2064 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

Une majorité écrasante des répondants, représentant la part de 78%, ignore l’existence de
programmes publics ou d’initiatives de la société civile destinés à soutenir les jeunes NEET, et
seulement 22% des répondants ont connaissance de ces programmes et initiatives.

Parmi les programmes cités par les répondants, ceux dédiés à l'entrepreneuriat se placent en
tête, représentant 43,75 % des occurrences. Des initiatives comme Forsa (22,06%), Intelaka
(7,35%), ou plateformes jeunes (4,41%) se distinguent particulièrement.

Les programmes sociaux totalisent 33,45% des occurrences, avec en tête l’INDH (27,57%),
suivie de l’Entraide nationale et de la Fondation Mohammed V.
Parmi les programmes liés à l’emploi (25,74%), Awrach se distingue particulièrement avec
18,38% des occurrences. Il convient de souligner que le programme de placement à l’étranger
de l’ANAPEC est ressorti dans l’une des réponses spontanées à cette question. La migration
comme solution pour les jeunes NEET a également été évoquée par certains internautes qui ont
interagi avec la consultation sur les pages du CESE sur les réseaux sociaux.

Les programmes liés à la formation totalisent 15,07% des occurrences, dont la moitié concerne
l’école de la deuxième chance (7,35%), suivie de la formation professionnelle et de la formation
en alternance.
Les répondants ont également cité des programmes ou des initiatives portées par des
associations (12,13%) ou par des organismes internationaux (8,46%). On peut citer, à titre
d’exemple, concernant cette catégorie, l’UE, l’OIM, l’USAID, la GIZ, le British Council,
l’AFD, Enabel ou Oxfam.

Il est à souligner que le service militaire a été mentionné dans les commentaires comme programme
à même de soutenir les jeunes NEET. Des internautes ont également suggéré cette solution dans
leurs commentaires sur la page du CESE dans les réseaux sociaux, le considérant comme une
solution pour « éclairer le chemin de ceux ayant rencontré des problèmes dans leur parcours
scolaire » ou bien « pour ceux en quête de leur place ou de leur rôle dans la vie sociale ».
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2065

En matière d’actions à entreprendre pour faciliter l’intégration sociale et professionnelle des


jeunes NEET, les répondant ont placé en tête de leurs réponses la mise en place d’une politique
publique intégrée ciblant les jeunes NEET (67,14%). Près des deux tiers (63,82%) préconisent
de soutenir l’entrepreneuriat et l’auto-emploi. Un peu moins de la moitié d’entre eux (48,89%)
considèrent qu’il faudrait renforcer la création d’écoles et de formations de 2ème chance. Enfin,
pour 35% des répondants, il est approprié de favoriser l’insertion des jeunes NEET à travers les
arts et le sport. À ce propos, on peut lire dans l’une des contributions écrites sur la plateforme
Ouchariko que « globalement, il y a un manque d'activités parascolaires au sein des
établissements scolaires, et qu’il faut créer un environnement propice à l’épanouissement de
l'élève afin de l'inciter à trouver du plaisir à se rendre à l'école».

Actions à entreprendre pour faciliter


l’intégration sociale et professionnelle des
jeunes NEET

Encourager l’insertion par les arts et le sport 35,31%

Renforcer la création des écoles/formations


48,89%
de 2ème chance

Soutenir l’entreprenariat et l’auto-emploi 63,82%

Mettre en place une politique publique


67,14%
intégrée ciblant les jeunes NEET

Toujours dans le cadre des actions à entreprendre, il est intéressant de rappeler que le CESE a
reçu d’autres propositions d’actions sur ses réseaux sociaux. Les internautes qui ont interagi
avec la consultation sur les pages du CESE sur les réseaux sociaux ont opté pour un classement
sensiblement différent de celui révélé par les résultats du questionnaire. Ainsi, les thématiques
liées à la formation arrivent en tête des commentaires (28,19%), suivies de l’emploi (13,83%)
et de l’entrepreneuriat (7,45%).
Concernant la formation, les commentaires ont porté aussi bien sur l’importance de maintenir
les jeunes dans le système scolaire ou de les y réintégrer, que sur la nécessité de mettre en place
des dispositifs de deuxième chance, ainsi que des formations professionnelles dans des
domaines porteurs. Les conditions matérielles, aussi bien des formateurs que des apprenants,
on également émergé parmi les recommandations.

Pour ce qui est de l’emploi, les internautes ont principalement mis en avant la nécessité de
soutenir les initiatives, qu'elles soient privées ou publiques, à même de créer davantage
d’opportunités d’emplois pour les jeunes. Cependant, ils ont également souligné l’importance
de veiller au respect de la réglementation et de garantir des conditions de travail décentes.
Certains internautes ont avancé qu’il serait pertinent d’adapter les programmes d’emploi aux
besoins spécifiques de chaque région, mettant ainsi l'accent sur la nécessité de territorialiser ces
2066 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

initiatives. De plus, certains commentaires ont suggéré que l’encouragement et la promotion de


l’emploi devraient s’accompagner de la mise en place d’indemnités de chômage.

Ces propositions ont été confirmées par la majorité des jeunes parlementaires du Maroc, lors
de leur participation à un atelier organisé par le CESE sur le sujet des jeunes NEET, qui avait
considéré que l’éducation, la formation et le soutien à l’entreprenariat sont les mesures
prioritaires à actionner afin d’assurer l’insertion socio-professionnelle des jeunes NEET.

* * *
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2067

Annexe 4 : Les jeunes NEET dans le monde : un phénomène à caractère structurel,


fortement féminisé et concentré sur les jeunes à faible niveau d’éducation

La part des jeunes NEET dans le monde en 2022 est estimée à 23,5% 78, bien qu’elle varie
largement d’un pays à un autre. Les pays à revenu faible et à revenu intermédiaire tranche
inférieure affichent les taux de NEET les plus élevés, soit 28%79 en moyenne, tandis que les
pays à revenu élevé enregistrent les taux les plus faibles, soit une moyenne de 10,4% 80 (selon
les données de l’OIT et l’OCDE en 2022).

Figure 5. Evolution de la part des jeunes NEET dans le monde

28,2 29,4 27,4 28,2 27,7 28,0


26,3 27,2 26,7 27,4
26,0 26,1 25,6 26,4 26,0 26,7 26,2
24,2 24,8 24,9
23,7 22,9 23,8 23,5
22,0 22,0 22,2 22,4 22,5 22,7
20,7
19,1 18,8 18,8 19,0 18,9 18,6 18,6 19,3 19,0

13,0 12,5 12,6


12,0 11,6 11,4
11,0 10,8 10,5 10,4

2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
Monde Pays à faible revenu Pays à revenu moyen inférieur Pays à revenu moyen superieur Pays à revenu élevé

Source : OIT

En termes d’évolution, la période 2013-2022 montre que les pays à revenu faible et les pays à
revenu intermédiaire tranche inférieure s’inscrivaient d’ores et déjà dans une tendance
haussière, avant que la crise sanitaire ne vienne exacerber la situation causant ainsi une
augmentation quasi-généralisée de la part des NEET dans le monde d’environs 2 points de
pourcentage entre 2019 et 2020. La pandémie n’a fait que confirmer la forte vulnérabilité des
jeunes NEET face aux crises, soulignant la nécessité de l’intervention publique pour faciliter
leur réintégration économique et sociale.

La ventilation de la population des NEET au niveau mondial selon différents critères montre
que l’incidence du phénomène varie considérablement selon les caractéristiques socio-
démographiques. Le critère du genre indique en effet que le poids du phénomène est plus pesant
parmi les femmes, avec un taux de NEET de 32,1% en 2022, contre 15,4% chez les hommes81.
Cet écart demeure toutefois beaucoup plus élevé chez les pays à revenu faible et à revenu
intermédiaire tranche inférieure que chez les pays à revenu élevé.

Par catégorie d’âge, les données relatives aux NEET dans les pays de l'OCDE indiquent que la
proportion des NEET est plus élevée au niveau de la tranche d'âge 20 à 24 ans, soit 14 % en
2022, contre seulement 8% pour les plus jeunes âgés de 15 à 19 ans. Outre l’âge et le genre, le
critère du niveau d’éducation permet de mettre en évidence une certaine concentration du

78
Données de l’OIT en 2022.
79
Ibid.
80
Ibid.
81
Ibid.
2068 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

phénomène des NEET au niveau des jeunes affichant un faible niveau de qualification. Dans
les pays de l’Union Européenne en 2019, à titre d’exemple, 36%82 des jeunes européens sans
ou peu diplômés sont devenus des jeunes NEET.

Les jeunes NEET comptent également une composante de personnes souffrant de maladies ou
de handicap, incluant les troubles mentaux, dont la part s’élève à environ 7%83. Un faible état
de santé constitue un facteur déclencheur du statut de jeunes NEET, en causant l’arrêt des études
pour des raisons d’inaccessibilité des équipements et d’inadaptation des programmes
pédagogiques, mais aussi l’exclusion de la vie professionnelle.

Malgré les efforts visant à uniformiser la définition et à rendre disponibles les statistiques
internationales, il est important de reconnaître que la catégorie des jeunes NEET est loin d’être
homogène. Cette difficulté découle de la diversité des profils qui la composent, généralement
englobant les chômeurs de courte durée, les chômeurs de longue durée, les personnes souffrant
de maladie ou de handicap, les personnes assumant des responsabilités familiales, les personnes
découragées et les personnes souhaitant retravailler. De plus, la répartition de ces profils parmi
les jeunes NEET varie d’un pays à un autre en fonction des spécificités économiques, sociales,
culturelles et politiques.

82
Giret Jean-François, Jongbloed Janine, Les jeunes en situation de NEET : le rôle des compétences de base, Céreq
Bref, n°413, 2021.
83
Society at a Glance 2016, OECD social Indicators, The NEET challenge: What can be done for jobless and
disengaged youth?

* * *
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2069

Annexe 5 : Catégorisation des causes de la situation des NEET


Catégorie de causes Liste des causes Catégories de NEET les plus
concernées
Causes à l’échelle - Croissance modeste Facteur transverse
macroéconomique - Faible intensité de la croissance en emplois
due à la transformation structurelle de
l’économie
- Fragilité du tissu entrepreneurial qui
impacte sa viabilité et celle des emplois liés
- Lacunes au niveau de l’environnement des
affaires qui entravent l’auto-emploi des
jeunes
- Longueur de la distance parcourue pour - Jeunes NEET en âge de scolarité
atteindre l’établissement scolaire obligatoire, particulièrement dans
les zones excentrées
- Déficit important en termes d’offre de - Jeunes NEET en âge de scolarité
formation professionnelle dans certaines obligatoire, principalement dans le
zones, surtout en milieu rural milieu rural
- Faiblesses en matière d’orientation - Bien que la faiblesse des services
scolaire d’orientation scolaire demeure un
aspect général, force est de
constater toutefois que ses effets
sont plus pesants pour les jeunes
Causes liées à la phase dont les parents ont un niveau de
de scolarisation : scolarisation modeste qui sont dans
Décrochage scolaire l’incapacité de conseiller leurs
enfants, ainsi que les jeunes vivant
en milieu rural ou dans des régions
éloignées.
- Découragement des élèves en raison de la - Jeunes NEET en âge de scolarité
multiplication des redoublements et échecs obligatoire issus de familles
ou encore suite à la violence et aux pauvres et avec des parents à faible
harcèlements au niveau de l’école. niveau d’instruction ou sans
- Manque de moyens pour bénéficier des instruction
cours de soutien scolaire, dont le recours est
devenu presque systématique afin de pallier
les défaillances d’apprentissage du système
éducatif, expose les jeunes issus de milieux
défavorisés à l’échec et l’abandon scolaire,
contrairement aux enfants issus de milieux
plus aisés qui arrivent à accéder à ce type de
prestations
- Abandon de l’école à un âge précoce pour
aider sa famille
- Mariage précoce en milieu rural - Jeunes filles mariées de moins de
18 ans en milieu rural, avec
responsabilités familiales
2070 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

-Handicap, devant la faiblesse d’une offre - Jeunes NEET en âge de scolarité


de scolarisation spécialisée et adaptée obligatoire en situation de
handicap, avec comme facteur
amplificateur un milieu familial
défavorisé

- Faible niveau de qualification ou - Jeunes de 18 ans et plus, en


inadéquation par rapport aux besoins du chômage ou en inactivité (par
marché du travail découragement)

- Intermédiation institutionnelle perçue - Jeunes chômeurs âgés de 18 ans et


comme insuffisante plus à qualification faible ou
inadéquate et issus d’une classe
défavorisée ou moyenne
- Discriminations de genre : les hommes - Jeunes femmes âgées de 18 ans et
peuvent décrocher relativement plus de plus (en chômage ou inactives par
postes d’emplois en pouvant se déplacer découragement), surtout en milieu
vers les zones et villes éloignées plus rural ou habitant dans des zones
dynamiques, contrairement aux jeunes filles urbaines peu dynamiques en termes
à mobilité géographique plus restreinte en d’emploi
Causes liées à la phase raison de plusieurs facteurs, notamment, la
de transition du contrainte de la famille et de la société en
système éducatif au général ou encore les problèmes de sécurité
marché du travail : - Poids sociétal en matière de répartition des - Jeunes femmes mariées de 18 ans
Rupture du premier tâches domestiques au détriment des et plus avec responsabilités
emploi femmes familiales
- Découragement suite à l’étalement de la - Jeunes chômeurs de longue durée
durée de chômage ou inactifs découragés (de 18 ans et
plus)
- Handicap et maladies de longue durée - Jeunes âgés de 18 ans et plus
souffrant de handicap en situation
de chômage ou d’inactivité, avec
comme facteur amplificateur
l’appartenance à une famille
défavorisée

- Découragement ou arrêt volontaire du - Jeunes chômeurs âgés de 18 ans et


Causes liées à la phase travail pour rechercher de meilleures plus (hors primo-demandeurs
de transition entre opportunités suite à une succession de d’emploi) avec niveau de
deux emplois (en plus mauvaises expériences combinant non- qualification faible ou peu adéquat
des causes partagées respect des conditions du travail décent et par rapport aux besoins du marché
avec la phase de la salaires inadaptés, avec ou sans d’éventuels de l’emploi
deuxième rupture) cas de violences et de mauvais traitements.

Source : Tableau élaboré sur la base des éléments issus des auditions organisées par le CESE avec les acteurs
impliqués, ainsi que la compilation des conclusions issues des différents rapports sur le sujet évoqué dans la
section.

* * *
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2071

Annexe 6 : Exemple illustratif d’un partenariat entre les pouvoirs publics et la société
civile à l’échelle territoriale pour l’insertion économique des jeunes : Région de
Marrakech-Safi

S’étalant sur la période 2019-2023 et financé par la Banque Mondiale, le programme d’insertion
économique des jeunes a été implémenté dans la région Marrakech-Safi, dont la coordination
est assurée par la Wilaya. Il vise à améliorer l'accès des jeunes à des opportunités économiques
dans la région en assurant un maillage territorial entre les différentes parties prenantes.

A côté des acteurs privés, les acteurs de la société civile ont été fortement sollicités afin de
renforcer le programme et constituer des relais aux services et prestations publics destinés aux
jeunes NEET. La proximité de cette catégorie de jeunes et la connaissance de leurs trajectoires,
sont des atouts importants dont jouissent les acteurs associatifs, à même d’assurer un meilleur
ciblage des jeunes et un accompagnement qui répond à leurs besoins et attentes.

Liées par un contrat de financement basé sur les résultats avec les acteurs publics, à savoir
l’ANAPEC, le CRI et le ministère de l’Intérieur à travers l’INDH, la contribution des
associations à la réalisation de ce programme consiste à assurer la gestion intégrale des espaces
dédiées aux jeunes NEET relevant des deux composantes du programme, à savoir la
composante d’employabilité et d’insertion professionnelle et la composante d’appui à
l’entreprenariat et à la création de TPE.

Les résultats du bilan d’étape à fin juin 2023 se présentent comme suit :

- Création de 8 espaces emploi jeunesse, ayant reçu 9984 bénéficiaires.

- Création de 15 centres de formation, ayant formé 7613 bénéficiaires en formation par


apprentissage et 195 bénéficiaires en formation en qualification.

- Création de 8 centres d’appui à l’entreprenariat pour le développement économique local ,


ayant reçu plus de 400 bénéficiaires.

- Accompagnement de 5690 bénéficiaires en pré-création et 1663 bénéficiaires en post-création


(soit un taux de réalisation respectif de 114% et de 111% par rapport aux objectifs initiaux du
programme).

- Création de 1432 entreprises.

- Appui à 154 de coopératives et de TPME dans 9 filières prioritaires identifiées.

* * *
2072 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

Annexe 7 : Système dual de la formation professionnelle

Expérience allemande

Points forts :
• Une mobilisation coordonnée des entreprises, des pouvoirs publics, des régions, en
matière de formation professionnelle
• La forme dominante d’acquisition des qualifications professionnelles pour tous les
emplois d’opérateurs qualifiés et de responsables techniques supérieurs.
• La forte implication des partenaires sociaux comme instances de conceptualisation des
contenus et de contrôle à tous les niveaux décisionnels
• Une insertion professionnelle sans rupture ni frictions à la fin de leur formation et une
rémunération en rapport avec les compétences acquises.
• Elle s’appuie sur des procédures institutionnelles et un tripartisme de négociation dans
lesquelles interviennent trois grands acteurs soit : les pouvoirs publics, les organisations
patronales et les syndicats de salariés.

Chiffres clés :
• Environs 330 filières de formation reconnues, dont 270 sont chapeautées par les
Chambres de Commerce.
• Des formations qui préparent à plus de 15.000 activités professionnelles différentes.
• Une entreprise sur quatre s’engage dans le système dual
• Une capacité d’environ 500 000 apprentis chaque année
• 47 % des cadres en Allemagne sont issus de ce type de cursus
• 86 % des élèves allemands en éducation secondaire sont inscrits dans des programmes
combinant le travail et l’école
• Environ deux tiers des jeunes qui quittent l'école s'engagent dans une formation
professionnelle.

Expérience suisse

Points forts :
• Un exemple de réussite qui repose sur la collaboration étroite entre le secteur privé, les
écoles, les régions et les partenaires sociaux
• Un système qui trouve son origine dans le système des corporations datant de la fin du
ème
19 siècle.
• Une approche garantissant une formation de qualité, une employabilité élevée, et
contribuant de manière significative à l'innovation et à la compétitivité de l'économie suisse.
• Avec les hautes écoles spécialisées, les universités et les écoles polytechniques
fédérales, la formation professionnelle supérieure constitue le degré tertiaire du système
éducatif suisse.
• Implication accrue de l’entreprise dans la formation professionnelle initiale suisse,
considérée comme un lieu de formation tout aussi important que l’école professionnelle.
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2073

• La mise en place d’une nouvelle offre de formation est conditionnée à la démonstration


d’un besoin avéré sur le marché du travail ainsi que d’un nombre suffisant d’entreprises prêtes
à former et à recruter dans le champ professionnel en question.
• L’obligation pour les jeunes de trouver un stage d’apprentissage dans l’entreprise et de
signer un contrat de travail avant de s’inscrire dans l’école professionnelle.
• Des offres qui prennent en considération les capacités différentes des personnes en
formation et les besoins spécifiques de chaque classe d’âge.
• Possibilité de suivre ultérieurement des offres de formation plus exigeantes ou de
changer d’activité durant sa vie professionnelle grâce à la prise en compte des acquis.

Chiffres clés :
• Près de deux tiers des jeunes suisses choisissent l'apprentissage après leur scolarité
obligatoire.
• Un quart des titularisés de la formation professionnelle initiale poursuivent ainsi leurs
études dans l’enseignement supérieur.
• Une offre de formation de 250 spécialités de formation, adaptées aux besoins du marché.
• Environ un quart de l'ensemble des entreprises suisses participent à la formation
professionnelle.
• Les trois quarts des jeunes rejoignent directement le marché du travail au terme de la
formation professionnelle initiale.

* * *
2074 BULLETIN OFFICIEL Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024)

Annexe 8 : Garantie jeunesse de l’Union Européenne

Les Objectifs :
• Agir de manière urgente pour résoudre le problème de l'emploi et de l'inactivité des
jeunes, en tenant compte des répercussions négatives sur les individus, la société et le pays dans
son ensemble ;
• Proposer des solutions robustes face aux transformations rapides dans les domaines de
la numérisation et de l'économie verte, en particulier à la suite de la pandémie de COVID-19 ;
• Remettre en question le modèle actuel de la transition de l'école au monde du travail,
qui s'étend sur une période prolongée en raison des programmes de formation étendus, tout en
suivant l'évolution de la nature du travail et les nouvelles demandes en matière de compétences
professionnelles ;
• S'engager à respecter les obligations européennes en matière de politiques sociales et
d'emploi.

La Population cible :
• Les jeunes âgés entre 15 et 29 ans qui ne sont ni en emploi ni en études

Les phases de mise en oeuvre :


• La première étape : établir une cartographie pour identifier les groupes de jeunes cibles,
les services disponibles et les compétences requises. Cette étape inclut également la prévention
par le biais de la mise en place de systèmes de suivi et d'interventions précoces ;
• La deuxième étape : atteindre ces jeunes, en particulier les groupes vulnérables, afin
d'accroître leur sensibilisation, d'engager une communication constructive et de faire appel aux
services publics d’emploi ;
• La troisième étape : élaborer des plans d'action individuels en utilisant des moyens pour
cerner les caractéristiques de ces jeunes. Ces plans se présentent sous forme de services de
consultation, d'orientation, de conseil, de suivi, de formation, de développement de
compétences, d'acquisition de nouvelles compétences, de certification et de reconnaissance des
compétences ;
• La quatrième étape : fournir des offres de qualité aux jeunes pour les aider à s'intégrer
sur le marché du travail, sous forme d'incitations, de services aux employeurs, d'assurance
qualité, d'égalité des offres, de soutien et de suivi après l'emploi.

Les facteurs clé de réussite


• Mobilisation des acteurs et des partenaires : Renforcer les partenariats entre le
gouvernement, les prestataires de services et les parties prenantes, y compris les employeurs,
les établissements d'enseignement et de formation, les partenaires sociaux, les services d'emploi
des jeunes, les organisations de jeunesse et les organisations communautaires ; Renforcer les
protocoles de coopération ; Promouvoir des modèles de services intégrés tels que les guichets
uniques ;
• Amélioration du système de collecte de données et de suivi : Renforcer les systèmes de
suivi de l'intégration durable sur le marché du travail à long terme et établir un système
Nº 7318 – 12 moharrem 1446 (18-7-2024) BULLETIN OFFICIEL 2075

d'information commun entre les parties prenantes, tout en respectant les règles de protection
des données ;
• Optimisation de l'utilisation des ressources allouées : Allouer suffisamment de
ressources financières nationales pour mettre en œuvre la politique ; Tirer pleinement parti des
mécanismes de financement de l'Union européenne actuels et d'autres sources de financement
disponibles pour les États membres.

Les principaux résultats :


- Entre 2013 et 2019, le programme a profité à 24,7 millions de jeunes hommes et femmes dans
l'ensemble des pays de l'Union européenne, ce qui équivaut à 73 % du total des inscrits (33,8
millions de personnes) depuis le lancement du programme ;
- La part des jeunes "NEET" (ni en emploi, ni en éducation, ni en formation) est passée de 13
% à 10,1 %, tandis que le taux de chômage est passé de 24,4 % à 14,9 % entre 2013 et 2019 ;
- Le programme a contribué au lancement de plusieurs réformes, en particulier dans le domaine
des services de médiation publique à court et moyen terme ;
- Malgré le coût du programme estimé à 15 milliards d'euros, cette somme reste modeste en
comparaison du coût de l'inactivité, évalué à un manque à gagner atteignant 160 milliards
d'euros dans le produit intérieur brut pour chaque million de jeunes inactifs (soit 1,2 % du PIB).

Vous aimerez peut-être aussi