Alternatives à l'IPE selon la loi-cadre
Alternatives à l'IPE selon la loi-cadre
Saisine 32/2021
www.cese.ma
Rapport du Conseil Economique, Social et Environnemental
Saisine 32/2021
SR-C3-32-7054-fr
Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu L’assiste
Saisine n° 32/2021
8
Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
SOMMAIRE
Acronymes.....................................................................................................................11
Synthèse.........................................................................................................................13
Introduction...................................................................................................................15
I. Caractéristiques du dispositif actuel d’indemnisation pour perte d’emploi........19
1. Présentation du dispositif d’indemnité pour perte d’emploi.............................................. 19
a. Objectifs d’instauration de l’IPE................................................................................................... 19
b. Nature de l’IPE.................................................................................................................................... 21
c. Conditions d’éligibilité.................................................................................................................... 21
d.Types de prestations........................................................................................................................ 21
e. Modalités de financement.............................................................................................................22
ANNEXES........................................................................................................................41
Annexe 1 : Propositions simulées en 2020 avec prise en considération de l’impact
de la crise sanitaire.................................................................................................41
Annexe 2 : Benchmark des systèmes d’assurance chômage............................................ 42
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Conseil Economique, Social et Environnemental
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Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
Acronymes
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Conseil Economique, Social et Environnemental
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Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
Synthèse
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Conseil Economique, Social et Environnemental
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Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
Introduction
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Un montant annuel total de 51 milliards de dirhams devra être alloué à cette réforme,
dont 23 milliards financés par le budget général de l’Etat d’ici à 2025. Cette allocation
budgétaire devrait permettre :
■ Lagénéralisation de l’assurance maladie obligatoire (AMO) de base, durant les
années 2021 et 2022 ;
■ La généralisation des allocations familiales durant les années 2023 et 2024 ;
■ L’élargissement, en 2025, de la base des adhérents aux régimes de retraite pour
inclure les personnes qui exercent un emploi et ne bénéficient d’aucune pension ;
■ Lagénéralisation de l’indemnité pour perte d’emploi durant l’année 2025 pour
couvrir toute personne exerçant un emploi stable, à travers la simplification des
conditions pour bénéficier de cette indemnité et l’élargissement de la base des
bénéficiaires.
Concernant ce dernier point relatif à l’indemnité pour perte d’emploi, objet de la
présente saisine, le Code du travail prévoit, depuis 20044, ce mécanisme. Cependant,
la loi fixant l’indemnité pour perte d’emploi (IPE),5 n’est entrée en vigueur qu’en
décembre 2014, après 10 ans de négociations entre les différents partenaires
socioéconomiques.
Or si à l’origine, l’IPE a été conçue, à l’instar de toute assurance chômage, en tant que
système de protection sociale ayant pour but d’indemniser les salariés ayant perdu
leur emploi de manière involontaire et de favoriser leur retour à l’emploi, sa mise en
place effective s’avèrera par la suite limitée, notamment en termes de nombre de
bénéficiaires.
Dans un marché de travail marqué par la sous-déclaration et la faible continuité de
l’activité salariée formelle, ce dispositif n’a pu atteindre l’objectif initialement ciblé de
30.000 personnes par an. Ainsi, sur les 32.633 salariés qui ont déposé une demande de
l’IPE en 2019, seuls 15.036 salariés ont pu bénéficier de cette prestation6.
A cela, s’ajoute le fait que le marché de l’emploi au Maroc est caractérisé par un
faible taux d’activité, qui s’était établi à 45.8% en 2019. Parmi ces actifs, 9.2% étaient
au chômage7.
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Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
L’informel emploie, par ailleurs, 40%8 de la population active qui n’est pas couverte par
ce dispositif. Les travailleurs non-salariés et les indépendants ne sont pas également
couverts par ce dispositif.
Cette situation s’est exacerbée avec la pandémie de la Covid-19. En effet, selon les
données publiées par le HCP9, le Maroc enregistre une perte de 432.000 postes
d’emploi en 2020. Le taux de chômage a enregistré une hausse de 2,7 points,
entre 2019 et 2020, passant de 9,2% à 11,9%10. Cette hausse du taux de chômage
a particulièrement été importante auprès des personnes ayant déjà travaillé dont
le nombre est passé, au niveau national, entre 2019 et 2020 de 473.000 à 804.000
personnes.
L’ensemble de ces éléments font que l’IPE apparait, tel que souligné au niveau du
rapport sur la protection sociale élaboré par le CESE en 2018, comme une prestation
limitée et peu appropriée à la couverture du risque de perte d’emploi dans notre
pays.
C’est ainsi que la présente étude vise à répondre à deux questionnements majeurs :
■ Quelssont les causes limitant la couverture de cette prestation en cas de perte
d’emploi ?
■ Comment réorganiser l’IPE à la lumière des orientations de la loi-cadre sur la
protection sociale « pour couvrir toute personne exerçant un emploi stable » ?
Pour apporter des réponses à ces problématiques, il sera procédé au niveau de cette
étude dans :
■ une première partie : à une analyse des caractéristiques du dispositif actuel
d’indemnisation pour perte d’emploi, de manière à déterminer les raisons limitant
la couverture de cette prestation ; et dans,
■ une seconde partie : à des propositions de réorganisation du système en s’inspirant
notamment des enseignements du benchmark international en l’espèce.
Pour apporter une réponse structurée prenant en compte les attentes des différentes
parties prenantes concernées, le CESE a traité cette problématique selon une
approche systémique en plus de l’examen des variations des paramètres techniques
envisagées par la proposition du gouvernement, avant l’adoption du projet de loi-
cadre sur la protection sociale.
8 - Interview accordée par le Haut-Commissaire au Plan au site « Média 24 », le 8 février 2021 :
https://www.hcp.ma/Interview-accordee-par-Monsieur-Ahmed-LAHLIMI-ALAMI-au-site-medias24_a2652.html
9 - « Note d’information du Haut-commissariat au Plan sur les principales caractéristiques de la population active occupée
en 2020 » HCP, 17 Février 2021.
10 - « Note d’information du Haut-Commissariat au Plan sur les principales caractéristiques du chômage et du sous-emploi
en 2020 » HCP, 9 février 2021.
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Conseil Economique, Social et Environnemental
Pour comprendre et évaluer l’apport de l’indemnité pour perte d’emploi telle qu’elle
est actuellement déployée dans le cadre du régime de sécurité sociale géré par la
CNSS, il convient d’en rappeler la vision et les finalités initiales. Il s’agissait, dans un
contexte marqué à la fois par l’absence de toute protection du revenu des salariés du
secteur privé ayant perdu leur emploi, la fragilité des entreprises soumises aux aléas
des marchés et souvent dans l’incapacité de garder durablement l’intégralité de leurs
effectifs, d’apporter un filet de sécurité aux salariés et d’initier la construction d’un
dispositif national d’assurance-chômage.
■ Protéger les salariés contre le risque social important de perte d’emploi
La mise en place de l’IPE était intervenue dans un contexte de forte turbulence sur
le marché du travail, apparu au milieu des années 90 et aggravé dans la décennie
suivante, avec un flux croissant de salariés sortants, sans couverture sociale, du
marché de l’emploi formel et du régime de la CNSS. Ce phénomène a alerté sur la
nécessité de mettre en place un dispositif assurantiel pour prévenir et protéger les
salariés contre la perte d’emploi en tant que risque social important.
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Conseil Economique, Social et Environnemental
Source : CNSS
En effet, tel que déjà relevé au niveau du rapport sur la protection sociale élaboré par
le CESE en 2018, entre 1997 et 2019, le secteur privé assujetti au régime obligatoire de
sécurité sociale déclarait en moyenne 373.683 salariés par an à la CNSS et à l’inverse
une moyenne de 267.171 assurés cessaient annuellement d’être déclarés, par suite
principalement d’une perte d’emploi et, dans tous les cas, d’une rupture du contrat
formel de travail.
Graphique : Évolution de la part des
Graphique : Évolution du nombre des
personnes en cessation de déclaration à
personnes entrants dans le système et en
la CNSS par rapport aux entrants dans le
cessation de déclaration à la CNSS
système (en %)
88,0 700.000
600.000
82,4 82,0
500.000
77,376,9
76,676,5 400.000
74,0 73,8 74,173,7
73,2
300.000
71,3
69,9 69,3
69,1
200.000
67,2 67,468,0
66,6
64,3 100.000
62,4
61,5
0
1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019
1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019
Entrants Pers onnes en cessati on de décl aration
A partir d’avril 2000, à la suite de l’accord conclu, dans le cadre du dialogue social,
entre le Gouvernement et les partenaires socioéconomiques pour mettre en place
une indemnité pour perte d’emploi, plusieurs études ont été menées. Le projet initial
prévoyait l’octroi d’une indemnité dans le cas exclusif de perte d’emploi pour des
raisons économiques, technologiques ou structurelles. Le projet proposé à l’issue
des délibérations au niveau du Conseil d’Administration de la CNSS, en 2011, a étendu
néanmoins la couverture à toute perte involontaire de l’emploi.
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Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
b. Nature de l’IPE
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Conseil Economique, Social et Environnemental
e. Modalités de financement
La mise en place de l’IPE a permis d’instaurer une nouvelle prestation au bénéfice des
salariés au sein du régime obligatoire de la sécurité sociale. Succédant à la mise en
place de l’Assurance Maladie Obligatoire, cette indemnité a étendu le champ matériel
des prestations dites « à court terme », comprenant les indemnités journalières en cas
de maladie, les indemnités journalières en cas de maternité et les allocations en cas
de décès15, en plus des allocations familiales et des prestations à long terme (pensions
d’invalidité, de vieillesse et de survivants).
Ce dispositif a également l’avantage d’assurer la continuité du bénéfice des allocations
familiales et de l’assurance maladie obligatoire durant la durée d’indemnisation, ainsi
que de la cotisation au régime de retraite. Ce mécanisme obéit au principe universel
de la conservation des droits sociaux acquis pour les travailleurs ayant perdu leur
emploi durant la période de leur indemnisation.
L’IPE comprend, en outre, l’obligation d’inscription auprès de l’ANAPEC en tant que
service public d’intermédiation sociale sur le marché du travail. Dans l’esprit des
concepteurs de l’IPE, cette disposition était destinée à fournir aux salariés ayant
perdu leur emploi un accompagnement administratif et technique d’information et
d’intermédiation avancé pour les aider dans leur réinsertion sur le marché du travail.
L’intermédiation de l’ANAPEC avait donc pour objectif de donner au dispositif de
l’IPE une organisation dynamique en appui sur un service personnalisé permettant
aux salariés ayant perdu leur emploi de bénéficier d’une information appropriée
sur les offres d’emploi disponibles ainsi que sur le renforcement des capacités ou
éventuellement l’acquisition de nouvelles compétences via des offres de formation.
Six années après sa mise en œuvre, plusieurs limites quant à la possibilité de bénéficier
de ce dispositif sont apparues16.
13 - Discours du Ministre de l’Economie et des Finances à l’occasion de la signature de la décision relative au versement de
la part de l’Etat dans le cadre du lancement de l’opération « indemnité pour perte d’emploi », 24 avril 2015.
14 - Données fournies par la CNSS, les organisations syndicales et la CGEM lors des auditions organisées dans le cadre de
l’élaboration de la présente étude.
15 - Voir article 1er du Dahir portant loi n°1.72.184 du 15 joumada II 1392 (27 juillet 1972) relatif au régime de sécurité sociale tel
que modifié et complété par le dahir n1-14-143 du 25 Chaoual 1435 (22 août 2014) portant promulgation de la loi n°03-14.
16 - Bilan du dispositif de la CNSS 2015-2019, la situation de l’année 2020 étant encore provisoire.
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Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
L’analyse de l’effectif des bénéficiaires de cette indemnité fait ressortir qu’entre 201517
et 2019, en moyenne 47% des dossiers ont donné lieu à l’octroi de l’indemnité. En
2019,18 sur 32.56419 salariés ayant sollicité l’accès à l’IPE, seuls 46% ont pu en bénéficier.
Par conséquent, et depuis son instauration, plus de la moitié des personnes
concernées par cette indemnité n’arrivent pas à l’obtenir, compte tenu notamment,
de conditions d’éligibilité assez contraignantes. L’analyse des motifs de rejet des
dossiers déposés, fait ressortir, qu’entre 2015 et 2019, en moyenne un peu plus de
la moitié des dossiers ont été rejetés à cause de l’insuffisance du nombre de jours
déclarés. Le manque de pièces justificatives et/ou d’information vient en deuxième
position des motifs de rejet et concerne, à peu près, le tiers des demandes des salariés
rejetées. De plus, il est à signaler qu’en moyenne 8% des dossiers ont été rejetés à
cause de leurs dépôts hors délais.
Graphique : Part des bénéficiaires de l’IPE par
Graphique : Principaux motifs de rejet
secteur d’activité, comparée à la structure de
des dossiers de l’IPE entre 2015 et 2019 (en
l’ensemble des salariés déclarés à la CNSS
moyenne)
35,0 32,6
29,8
30,0 27,0 14%
24,0
25,0
20,4
8%
20,0
14,4 15,0 51%
15,0 12,0 12,2
10,0
9,2 27%
5,0
Nombre de jours déclarés insuffisants
0,0
2015 2016 2017 2018 2019 Manque de pièces et compléments d'informations
Nombre de dossiers concernés par l'IPE Hors délais
Nombre de bénéficiaires de l'IPE
Autres Motifs
Source : CNSS
23
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■ Dans le secteur agricole, un salarié sur deux est déclaré à la CNSS pour une durée
inférieure à six mois sur douze. Seules 15% de femmes dans ce secteur et 37%
d’hommes sont déclarés 12 mois sur 12 ;
■ Lenombre annuel moyen de jours déclarés en 2016 pour les actifs du secteur
agricole est de 144 (dont 167 jours pour les hommes, et de 110 jours pour les
femmes) ;
■ Le nombre annuel moyen de jours déclarés en 2016 pour les actifs des autres
secteurs était de 220 jours pour les hommes contre 209 jours pour les femmes,
soit 217 jours pour l’ensemble de cette population ;
■ Unpeu plus du quart (37%) des hommes et des femmes déclarés en 2016 ont
cumulé entre 216 et 312 jours et seuls 22% de cette population, majoritairement
des hommes, ont atteint le maximum de 312 jours déclarés au titre de la même
année.
Ces résultats sont globalement les mêmes entre les années 2015 et 2019 où le nombre
annuel moyen de jours déclarés pour les salariés actifs du secteur privé se situe entre
un minimum de 211 et un maximum de 220 jours. Seule une moyenne de 53% des
hommes et 44% des femmes salariés arrivent à atteindre le nombre de 260 jours de
déclaration par an.
Ces derniers chiffres attestent de la difficulté de remplir le critère d’une période
d’assurance d’au moins 780 jours dans les trois années précédant la date d’arrêt du
travail et plus particulièrement la condition de 260 jours déclarés durant les douze
derniers mois civils.
■ Exclusion des travailleurs occasionnels et saisonniers
24
Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
21 - Article 46 Bis, 3e alinéa « être inscrit comme demandeur d’emploi auprès de l’Agence nationale pour la promotion de
l’emploi et des compétences ».
22 - Loi n° 60.17 du 5 octobre 2018, « relative à l’organisation de la formation continue au profit des salariés du secteur privé,
de certaines catégories de personnels des établissements et entreprises publics et d’autres personnes non-salariées qui
exercent une activité privée ».
25
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23 - Aomar Ibourk « les politiques de l’emploi et les programmes actifs du Marché du travail au Maroc », Fondation
Européenne pour la Formation, 2015.
24 - Données de la CNSS transmises dans le cadre de son audition le 24 février 2021.
25 - Audition du Directeur général de l’ANAPEC, le 24 mars 2021.
26
Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
Encadré 1 : Normes minimales énoncées par l’OIT en relation avec les systèmes
d’indemnisation de perte d’emploi
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Conseil Economique, Social et Environnemental
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Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
En vue de financer l’IPE, un taux de cotisation de 0,57% du salaire plafonné est imposé
conjointement à l’employeur, à hauteur de 0,38%, et au salarié à hauteur de 0,19%.
Le maintien de l’équilibre financier de ce système d’indemnisation devrait tenir
compte à la fois de la durabilité des sources de financement et de la répartition des
catégories professionnelles et veiller à ce qu’aucune d’elles ne supporte une charge
disproportionnée. En effet, le taux de cotisation appliqué au Maroc semble être
insuffisant pour assurer la pérennité du système, les taux de cotisation variant en
général pour plusieurs pays entre 1,5% et 7%, partagés entre employeurs et travailleurs,
selon le dispositif adopté. En revanche, les cotisations au titre de la taxe professionnelle,
payée par les entreprises, qui bénéficient peu aux salariés, sont plus élevées avec 1,6%
de la masse salariale déplafonnée. En France, par exemple, la cotisation patronale
s’élève à 4,05% du salaire brut. L’Etat participe au financement de l’assurance chômage,
en remplacement de la cotisation salariale qui est supprimée depuis le 1er janvier 2019.
Pour le cas de la Turquie, en plus des contributions patronales et salariales, respectives
de 2% et de 1%, l’Etat contribue également à hauteur de 1%. Pour d’autres pays, les taux
de contribution au titre de l’assurance chômage sont modulés en fonction de certains
critères. A titre d’illustration, l’Italie et l’Espagne majorent les parts patronale et salariale
pour les contrats courts tels que les contrats à durée déterminée ou à temps partiel. La
Suisse, quant à elle, majore la part patronale et salariale dépendamment des niveaux de
salaire, tandis que pour les Pays-Bas et l’Italie, les contributions d’assurance-chômage
sont modulées en fonction des secteurs d’activité (taux nuls pour l’industrie textile
et taux réduits pour l’agriculture). La masse salariale des entreprises peut également
constituer un critère de modulation. En effet, pour la Finlande, l’employeur contribue
à hauteur de 0,5% de la masse salariale de l’entreprise jusqu’à 2.086.500€. Au-delà de
cette tranche, la contribution s’élève à 2,05%.
En outre, l’exemple des cadres ou employés ayant un salaire de plus de 6000 dirhams
illustre bien l’iniquité de ce système dans lequel cette catégorie cotise à hauteur de
0,19% du salaire plafonné mais ne bénéficie en cas de perte d’emploi que du SMIG,
un revenu de remplacement insatisfaisant pour couvrir les risques sociaux de cette
catégorie.
En parallèle, et depuis son entrée en vigueur, l’IPE a bénéficié d’un fonds d’amorçage
de l’Etat d’une valeur de 500 millions de dirhams, dont seulement 250 millions26 ont été
versés à la CNSS, durant la première année de son instauration. Dans ce sens, le rôle
de l’Etat est également important en termes de continuité du financement de l’IPE.
Ainsi, la masse salariale ne devrait pas constituer la principale ressource financière de
l’IPE, cette structure de financement pouvant être particulièrement problématique
dans un contexte de chômage structurellement élevé ou d’avènement de crise
économique telle que celle vécue actuellement en relation avec la pandémie de la
Covid-19.
26 - Données fournies par la CNSS lors de l’audition organisée dans le cadre de l’élaboration de la présente étude.
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Conseil Economique, Social et Environnemental
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Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
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Conseil Economique, Social et Environnemental
Le premier scénario de réforme prévoit de maintenir les 780 jours de déclaration dans
les 36 mois précédant la perte d’emploi et de supprimer la condition supplémentaire
des 260 jours de déclaration dans les 12 derniers mois.
Le deuxième scénario qui ciblerait le profil moyen du régime préconise 212 jours de
déclaration dans les 12 derniers mois et 636 jours de déclaration dans les 36 mois
précédents.
Le troisième scénario propose 182 jours de déclaration dans les 12 derniers mois et
546 jours de déclaration dans les 36 mois précédents. Soit une diminution de 3 mois
de déclaration (26 jours/mois) par rapport aux conditions de stage actuelles.
Selon les résultats des projections en termes de financement de coût supplémentaire
durant la période 2018-2027 :
■ Lepremier scénario implique une augmentation du taux de cotisation de 0,04%
ou un montant supplémentaire moyen annuel de 54 millions de dirhams.
■ Le deuxième scénario suppose une augmentation du taux de cotisation de 0,18%
ou un montant supplémentaire moyen annuel de 232 millions de dirhams.
■ Le troisième scénario nécessitera une augmentation du taux de cotisation de
0,32% ou un montant supplémentaire moyen annuel de 405 millions de dirhams.
32
Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
l’employeur et un tiers pour le salarié. Cela dit, dans le cas où la crise sanitaire perdure
dans le temps (au-delà de 2022), l’augmentation du taux de 0,04% de la cotisation
pourrait atteindre 0,10%. Cette hausse serait nécessaire pour assurer l’équilibre
financier et ce, dans un contexte de baisse des cotisations causée par l’impact de la
crise sanitaire sur la masse salariale déclarée.
L’impact de ce premier scénario de réforme resterait assez limité au regard de
l’objectif visant l’élargissement de l’effectif des bénéficiaires. Ainsi et selon les
projections établies par la CNSS, il permettrait d’augmenter en moyenne de 1500 à
2000 le nombre de bénéficiaires sur la période 2021-2029 (en fonction de la durée
des effets de la crise sanitaire29). Les deux autres scénarios seraient socialement plus
avantageux puisqu’ils permettent respectivement pour le scénario 2 (636 jours et 212
jours) d’ouvrir le droit à l’indemnité pour perte d’emploi, en moyenne, sur la même
période, à un effectif supplémentaire entre 9 963 et 14 713 bénéficiaires et pour le
scénario 3 (546 jours et 182 jours) entre 17 616 et 26 010 bénéficiaires.30
En l’état, le projet de réforme du gouvernement ne porte donc que sur la
variation d’un élément paramétrique unique, avec parmi les scénarii possibles
le choix de la solution à la fois la moins coûteuse financièrement et la moins
avantageuse socialement. Les autres paramètres du dispositif, par exemple son
plafonnement à 70% du salaire de référence sans excéder le SMIG, demeurent
inchangés, ce qui maintient les employés et les cadres en situation de très forte
vulnérabilité.
Il ressort de l’examen des limites de l’IPE que plusieurs paramètres de l’IPE
mériteraient d’être revus de manière à permettre une refonte structurelle
du dispositif afin de le rendre, à la fois, plus accessible et mieux protecteur,
plus inclusif, plus équitable et plus dynamique, de façon à l’ériger également
en outil d’aide au retour à l’emploi, de modernisation du marché du travail
à travers le renforcement des mécanismes d’accompagnement aussi bien
des salariés demandeurs d’emplois que des entreprises à la recherche de
compétences.
Les auditions menées par le CESE avec les différentes parties concernées convergent
sur l’avis que la réforme du seul paramètre portant sur la durée de la période de stage
est très en-deçà de l’ambition affichée par la loi-cadre sur la protection sociale qui
prévoit d’améliorer la protection sociale de toutes les catégories de la population
et en particulier la généralisation de l’IPE à l’ensemble des personnes exerçant un
emploi stable durant l’année 2025. Le budget afférant à cette généralisation a été
29 - De nouvelles simulations des trois scénarios ont été élaborées en 2020 de manière à prendre en considération la crise
sanitaire. Quatre variantes ont été considérées pour chaque scénario ou proposition. La fourchette exposée ci-dessus
présente les résultats de la variante 1 (Impact de la crise sanitaire en 2020 et un retour à l’activité normale en 2021 avec une
croissance du taux de correction (T) selon un pas moyen de 1,37% constaté sur la période 2016-2018. Ce taux atteindrait 50%
en 2029) et de la variante 4, considérée comme le pire des scénarios (impact de la crise sanitaire perdure dans le temps avec
une croissance selon le pas constaté sur la période 2016-2018 pour atteindre 70% en 2029).
30 - Voir tableaux annexe 1
33
Conseil Economique, Social et Environnemental
estimé à près de 1 milliard de dirhams par an31, correspondant aux contributions des
personnes exerçant une activité, sur la base du SMIG.
Une telle ambition implique de s’engager vers une réforme de nature systémique
de manière à intégrer d’autres catégories socio-professionnelles telles que les
travailleurs non-salariés et les indépendants. Or, le système d’indemnité pour perte
d’emploi, actuellement en place, se limite aux travailleurs salariés du secteur privé
formel déclarés à la CNSS remplissant les conditions d’éligibilité. Ce système laisse, en
outre, sans protection les salariés ayant cotisé mais ne remplissant pas les conditions
d’éligibilité, qui représentent plus de 53% des dossiers déposés à la CNSS, de même
qu’il n’apporte pas de solution aux personnes en fin de droit au titre de l’IPE et
qui n’ont pas retrouvé un emploi. Ces constats plaident en faveur d’une réforme
systémique de l’IPE. Cette dernière permettrait de placer ce dispositif dans un cadre
cohérent, intégré et dynamique visant l’instauration d’un système d’indemnisation
de chômage comprenant plusieurs mécanismes assurantiels et d’assistance adaptés
et répondant aux risques spécifiques et aux besoins des différentes catégories socio-
professionnelles.
A l’instar des systèmes mis en place dans la majorité des pays disposant d’une assurance-
chômage, le CESE préconise la mise à l’étude urgente d’un système d’indemnisation
chômage, comprenant un régime assurantiel et un régime d’assistance, arrimé à un
dispositif actif d’aide au retour à l’emploi. Le régime assurantiel comprendrait deux
dispositifs, à savoir un régime d’assurance-chômage pour les travailleurs salariés et un
régime d’assurance chômage pour les travailleurs non-salariés. Le régime assistanciel
couvrirait les travailleurs ayant perdu leur emploi et ne remplissant pas les conditions
d’éligibilité à l’assurance chômage ou les personnes en fin de droit. La mise en place
de ce système s’établirait de manière progressive.
a. Développement du régime assurantiel pour perte d’emploi
Il s’agit dans le cadre d’un système contributif ouvrant droit à des allocations-chômage
dont l’accès est conditionné par une durée de cotisation préalable, d’instituer un
régime obligatoire d’assurance-chômage des salariés, et un régime assurantiel
distinct pour les travailleurs non-salariés et les travailleurs indépendants.
■ Du passage de l’IPE à une assurance chômage des travailleurs salariés
Afin de dépasser les limites relevées au niveau du système actuel sur lequel repose
l’IPE, le CESE préconise l’adoption des 6 mesures suivantes :
31 - Présentation du projet de loi-cadre 09.21 relatif à la protection sociale par M. Mohamed Benchaaboun, Ministre
de l›Economie, des Finances et de la Réforme de l›Administration, le lundi 22 février 2021, devant les membres de la
commission des finances, de la programmation et du développement économique, relevant de la Chambre des
Conseillers.
34
Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
La période d’éligibilité de 780 jours déclarés à la CNSS durant les 36 mois précédant la
perte d’emploi est drastique, largement supérieure aux périodes d’éligibilité dans la
majorité des pays disposant d’une assurance-chômage32.
De plus, cette période de stage est peu adaptée au contexte national, comme
démontré dans la première partie de cette étude, où le nombre de jours annuel
moyen déclaré pour les salariés actifs du secteur privé se situe entre un minimum de
211 et un maximum de 220 jours.
De ce fait, les deuxième et troisième scénarii, prévus par l’étude de la CNSS33,
apparaissent à l’évidence plus adaptés aux caractéristiques du marché de l’emploi
de notre pays.
32 - A titre comparatif, Cette période est de 4 mois en France (soit 88 jours travaillés ou 610 heures travaillées) au cours des
24 derniers mois ou au cours des 36 derniers mois pour les salariés de 53 ans et plus. En Espagne, cette période est de 12 mois
(360 jours) au cours des 6 dernières années. Pour sa part, le Chili dispose de deux systèmes d’indemnisation de chômage
pour les salariés, le premier supporté exclusivement par l’Etat exige au moins 52 semaines ou 12 mois de façon continue
ou discontinue pendant les 2 ans précédant l’arrêt de travail, le deuxième système donnant lieu à un compte d’épargne
individuel exige quant à lui 12 mois de cotisations au cours des derniers 24 mois.
33 - Les deuxième et troisième scénarios préconisent respectivement, 212 jours de déclarations dans les 12 derniers mois et
636 jours de déclaration dans les 36 mois précédents ou 182 jours de déclarations dans les 12 derniers mois et 546 jours de
déclaration dans les 36 mois précédents.
35
Conseil Economique, Social et Environnemental
Le Maroc affiche des taux de cotisation très bas, en comparaison avec les autres
pays où les taux de cotisation varient en général entre 1,5% et 7%, partagés entre
employeurs et travailleurs, selon le dispositif adopté. Pour pallier cette faiblesse
et pouvoir répondre aux propositions formulées ci-dessus, il importe de revoir
significativement le financement du dispositif. A cet effet, le CESE recommande de :
■ Déplafonner les cotisations à l’IPE, à l’instar du financement des allocations
familiales par l’employeur ;
36
Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
34 - Il ressort du rapport du CESE sur la Protection au Maroc élaborée en 2018, que « La couverture des risques accidents du
travail et maladies professionnelles a permis aux compagnies d’assurance de dégager en 2016, au titre de cette branche, un
résultat technique net de 550,41 millions de dirhams. Ce résultat a été multiplié par 15 depuis 2012 (où il était de 36 millions
de dirhams) », page 58.
35 - Pour rappel, cette situation concerne à peu près le tiers des demandes des salariés rejetées.
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Conseil Economique, Social et Environnemental
Afin de permettre une meilleure adaptation des différents secteurs en cas de crise ou
d’arrêt partiel de l’activité de l’entreprise, le CESE recommande d’élargir la possibilité
de bénéficier de cette assurance-chômage lorsque l’entreprise est en difficulté
économique. Cette possibilité permettrait d’éviter les licenciements économiques,
tout en garantissant un revenu minimum au salarié le temps que l’activité de
l’entreprise reprenne. Ceci d’autant plus qu’il ressort des données de la CNSS relatives
à la reprise de l’activité des bénéficiaires de l’IPE que 15% d’entre eux ont repris
l’activité chez le même affilié.
Par ailleurs, et afin de favoriser la mobilité du travail, il serait opportun de permettre,
sous certaines conditions, le bénéfice de cette assurance lorsque la rupture du contrat
est à l’initiative du salarié. Ceci à l’exemple du système d’assurance chômage français
qui a introduit en 2019 « l’exception de démission légitime » et qui permet d’ouvrir
des droits à l’indemnisation du chômage en cas de démission pour poursuivre un
projet professionnel, à certaines conditions (avoir travaillé au moins 5 ans de manière
continue, poursuivre un projet de reconversion professionnelle nécessitant le suivi
d’une formation ou un projet de création ou de reprise d’une entreprise ; le projet
professionnel doit présenter un caractère réel et sérieux et faire l’objet d’une validation
par une commission paritaire interprofessionnelle régionale).
Ces deux mesures pourraient être mises en place progressivement, dans une seconde
phase.
■ Vers une intégration des travailleurs non-salariés dans le régime d’assurance
chômage
L’indemnisation pour perte d’emploi ne devrait pas être réservée seulement aux
salariés, dans la mesure où la matérialisation du risque de chômage n’est globalement
pas contrôlée et peut toucher les travailleurs non-salariés et indépendants, ce qui
justifie fondamentalement le besoin d’une assurance contre ce risque social qu’est la
perte d’emploi.
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Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
36 - Article 10 du décret n° 2.18.622 du 17 juillet 2019 pris en application de la loi n° 98.15 relative au régime de l›assurance
maladie obligatoire de base et la loi n° 99.15 instituant un régime de pensions pour les catégories des professionnels, des
travailleurs indépendants et des personnes non salariées exerçant une activité libérale.
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Conseil Economique, Social et Environnemental
une contribution de l’Etat dont le montant est fixé chaque année dans la loi de
finances. A titre d’exemple, pour les demandeurs d’emploi ne remplissant pas la
condition d’affiliation pour pouvoir bénéficier de l’assurance chômage, l’allocation
est forfaitaire en Espagne et s’élève à 430,27 € par mois. La durée de l’indemnisation
varie selon la durée de cotisation et les charges de famille. Pour les demandeurs
d’emploi en fin de droit au titre de l’assurance chômage, l’allocation est forfaitaire et
s’élève à 430,27 € par mois. La durée de l’indemnisation varie selon l’âge, les charges
de famille et la durée du droit précédent.
c. Arrimer le système d’indemnisation chômage à un dispositif actif d’aide au retour
à l’emploi
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Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
ANNEXES
Annexe 1 : Propositions simulées en 2020 avec prise en considération de
l’impact de la crise sanitaire
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Conseil Economique, Social et Environnemental
Durée
Durée Calcul des
Pays Gouvernance Financement minimum
d’indemnisation allocations
affiliation
Taux de
Salarié 1,5%
Min : 6 mois, Max : remplacement
Allemagne Parapublic Employeur 1,5%, avec 12 mois
12 mois 60%, salaire net
plafond
après impôt
Salarié 0,87%
Belgique Parapublic 12 à 24 mois Illimitée 65% salaire brut
Employeur 1,46%
Salarié exempté et
remplacé par l’Etat Min 4 mois 57% ; 75% salaire
France Privé 12 mois
: 2,4% Employeur : Max 24 mois brut
4,05%, avec plafond
75% du salaire
3 mois pour durant le premier
les durées de mois
Employeur : 1% contribution de
Au moins 65% le deuxième
Jordanie Public Salarié : 0,5% moins de 180 mois
36 mois mois
Etat : si déficitaire 6 mois pour les
55% le 3e mois
contributions de
plus 180 mois. Et 45% entre le 4e
et le 6e mois.
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Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
Montant
journalier
Salarié 1% minimum de 40%
Proportionnelle au du salaire moyen
Employeur 2% 600 jours durant les 4
nombre de jours de
pendant les derniers mois de
Turquie Parapublic Travailleurs non- cotisation, et varie
3 dernières travail ;
salariés sur la base de 180 jours à 300
années
des revenus mensuels jours. Plafonnée à
déclarés, avec plafond 80% du salaire
minimum
mensuel brut
Deux
- 52 - Min : 90 jours - Proportionnel
systèmes :
-Exclusivement à la semaines Max : 360 jours à la durée
- Etat (pour charge de l’Etat ou 12 mois d’indemnisation ;
les salariés du durant les - varie selon
système avant - salarié CDI :0,6% 2 dernières la période de - Varie de 30%
Chili 2002) années cotisation, à 70% selon le
CDD 0% employeur salaire moyen des
exemple : 1 mois
- Compte 2,4% à 3% selon type -12 mois au 12 derniers mois
de prestation pour
d’épargne de contrat ; avec cours des et décroit avec
une période de
individuel plafond 24 derniers le nombre de
moins de 17 mois
(fonds de mois mensualités.
de cotisations
pension)
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Conseil Economique, Social et Environnemental
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Indemnité pour perte d’emploi :
quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
Experts
Benseddik Fouad
Himmich Hakima
Lamrani Amina
Rachdi Abdelmaksoud (rapporteur du thème)
Zoubeir Hajbouha
Syndicats
Bahanniss Ahmed
Bensaghir Mohamed (vice-rapporteur)
Dahmani Mohamed (vice-président)
Essaïdi Mohamed Abdessadek
Hansali Lahcen (rapporteur)
Khlafa Mustapha
Abderrahmane Kandila
Jamaâ El Moâtassim
Organisations et Associations professionnelles
Bensalah Mohamed Hassan
Bessa Abdelhai (Président)
Boulahcen Mohamed
Organisations et Associations œuvrant dans les domaines de l’économie
sociale et de l’activité associative
Berbich Laila
Chouaib Jaouad
Elkhadiri Mohamed
Zahi Abderrahmane
Zaoui Zahra
Membres de droit
Adnane Abdelaziz
Cheddadi Khalid
Lotfi boujendar
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Nadia Sebti
Expertes permanentes au Conseil
Aafaf Afariate
Traducteur Brahim Lassaoui
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quelles alternatives à la lumière de la loi-cadre sur la protection sociale ?
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