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Marx

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Concepts clés

la lutte des classes


1. Historique
Marx lui-eme fait renarquer (letre a Weydemeyer 1852) ดุมี่
« découvert » ni l'existence des classes dans la société moderne, ni la lutte que se livrent ces classes : « Des
historiens bourgeois avaient exposé bien avant moi l'évolution historique de ceite lutte ».
›> 2. Références
La notion est déjà présente dans l'Idéologie allemande (1845.
1846) : « Toutes les luttes à l'intérieur de l'État, la lutte entre la démocratie, l'aristocratie, la monarchie, la lutte
pour le droit de vote, etc., ne sont que les formes illusoires sous lesquelles sont menées les luttes effectives des
différentes classes entre elles. » Ainsi, il apparaît que chaque phénomène historique n'est que la forme - à
chaque fois extraordinairement variée - de la lutte des classes.
La notion, s'appliquant cette fois au cas particulier de notre société contemporaine, est indiquée expressément
dans Misère de la philosophie
(1847) : « L'antagonisme entre le prolétariat et la bourgeoisie est une lutte de classe à classe. »
Dans le Manifeste (1848), la notion est donnée comme clé de l'histoire des sociétés : « L'histoire des sociétés n'a
été que l'histoire des luttes de classes. »
› 3. Concept
La « lutte des classes » n'est pas une notion en soi, mais un concept rendant compte d'un rapport social mettant
en œuvre deux classes, par exemple féodalité-servage, bourgeoisie-prolétariat, où l'un des termes r'a d'existence
qu'en liaison avec l'autre terme.
La classe bourgeoise n'a d'existence qu'articulée à la classe proléta-rienne, de même que, dans son rapport de
production spécifique, le capital (comme travail accumulé) est articulé au salariat (qui concerne le travail vivant).
Du côté de la bourgeoisie, le développement de la division du travail avec le machinisme permet la reproduction
sur une échelle toujours plus vaste du capital, la conquête de nouveaux marchés dans le monde entier, mais
aussi l'exacerbation de la concurrence et des crises de surproduction

Du esté du proletarial, saggrave l'exploitation et la concurrence


entré les travailles. Mastitur en dent peu à peu les conditions durrenté du prolétariat, et sa constitution en classe.
4. De la classe à l'association
Si Marx n'est pas l'inventeur de la notion, son originalité est d'avoir attimé que l'existence des classes n'est liée
qu'à des phases historiques déterminées du développement de la production, autrement dit qu'on peut concevoir
un développement si important de la production qu'il n'y a plus de nécessité de classes antagonistes. Il a affirmé
également que la lutte des
dasses entre le proletariat et la bourgeoisie amene necessairement a la dic-
tature du prolétariat. Enfin, il a affirmé que cette dictature ne représente elle-même qu'une transition vers une
societé sans classe.
Le prolétariat, dans sa lutte contre la sourgeoisie, se constitue en
classe, et par une révolution, s'érige en classe dominante. Ce faisant, elle
commentaire méthodique
est déjà politisée
ser est comment j'il n'y ait pas de A Javoir dans un premier parler politique à le propagande.
nd « la vie » puis
peu do
yen. Surtout en le 18 ans. Car en ationalité Suisse isonniers ou les cole doit nous éléments qui
Deno
abolit par la violence ies anciens rapports de production, et abolit donc les
nonde qui nous
conditions de l'antagonisme des classes.
Il abolit les classes en général, abolit sa propre domination de classe
- les droits et les
?
et s'abolit comme classe. Dans la vision de Marx, se substitue alors à la lutte
société selon
des classes l'association, « où le libre développement de chacun est la condi-
ttre à l'élève de
tion du libre développement de tous ».
cadre neutre et que dans cadre ion comme les
Dossier
conception la + alité l'école est qu'on reçoit à t très bien dans a mettre le droit se soit intégrée tant de parler
les forces productives
› 1. Historique
La notion de « forces productives», dans ses grandes lignes, désigne tout d'abord, chez Marx, l'industrie. Ainsi,
dans La Sainte Famille
(1845), les forces productives sont tout ce que néglige une histoire non matérialiste : la matière, le corps, la
substance de l'histoire réelle, par opposition à l'histoire fantasmatique à l'honneur chez les Jeures-hégéliens.
• 2. Définition
La notion de « forces productives » (le plus souvent au pluriel) est à distinguer de celle de force productive (au
singulier). La force productive, c'est la « productivité » (du travail social). Les forces productives, ce sont les «
capacités de production d'une formation sociale, l'ensemble des forces de travai et des moyens de production
d'un pays ou d'une époque donnée »
Georges Labica, Dictionnaire critique du marxisme).
Les forces productives sont les sources naturelles de travail social l'eau, le vent, les cerres défrichées...) mais
aussi les instrumerts matériels de ioduction (ia main, des outils, d'es machires).
3. Références
C'est surtout ce sens d'épter enge rodui on.
tons productives, comme on le voit dars ventantese (18 8 5 geoste ne peut exister sans révolut iproduction, c'est-
a-dies instruments rapports sociaux. »
pons ate pr de production, et die ramen
Mais les forces productives comprennent aussi bien les traiten et les capitaux accumulés (« Le capital est lui
aussi, entre autres chose, instrument de production, il est lui aussi du travail
passé, objectivé », Into
duction aux Grundrisse (1857).
Au niveau de la grande industrie « la science elle-même devien
une force productive » (Le Capital, Livre 1, chap. 14, 1867).
Marx ne songe pas à établir une fois pour toutes une nomenclatur exhaustive (mais en réalité limitative) des
différents éléments qui constituent la notion de forces productives. D'un texte à l'autre des éléments apparais
sent. Dans L'Idéologie allemande (1845-1846) : « L'établissement d'une éca nomie domestique communautaire a
pour conditions préalables le dévelop pement du machinisme, celui de l'utilisation des forces naturelles et de
nombreuses autres forces productives - par exemple des conduites d'eau, de l'éclairage au gaz, du chauffage par
la vapeur, etc., la suppression de l'op.
position entre la ville et la campagne. »
Dans le Manifeste : « Classe au pouvoir depuis un siècle à peine, la bourgeoisie a créé des forces productives
plus nombreuses et plus gigantesques que ne l'avaient fait toutes les générations passées prises ensemble.
Mise sous le joug des forces de la nature, machinisme, application de la chimie à l'industrie et à l'agriculture,
navigation à vapeur, chemins de fer, téle graphes électriques, défrichement de continents entiers, régularisation
des fleuves, populations entières jaillies du sol. »
›> 4. La masse des forces productives
Ces forces productives doivent être considérées dans leur masse.
C'est le terme (Menze) employé dans L'Idéologie allemande (« la masse des forces productives ») ou encore
(Masse) dans le Projet de profession de foi communiste (1847) (« la masse des forces de production et des
moyens de subsistance engendrés par le développement de l'industrie... »). C'est cette masse des forces
productives accessibles aux hommes qui « détermine l'état social », de telle sorte, disent Engels et Marx, que «
l'on doit étudier et élaborer sans cesse "'histoire des hommes" en liaison avec l'histoire de l'industrie et des
échanges ».
Mais les forces productives n'ont pas concrètement d'existence en tant que telles. Elles ne sont « des forces
réelles » que dans le commerce et l'interdépendance des individus, dans les rapports qu'ils entretiennent.
les rapports de production
1. Historique
La notion de « rapports de production » s'exprime d'abord avec le reme approchant de « mode de relation ».
L'expression mode de relation corespond au mot allemated der Zehr que Karl Marx traduit lui-meme par «
commerce », dans sa lettre du 28 décembre 1846 à Pavel V. Annenkor redige en rangaie que ertrois urage Miere
de la philosophie) : es lettre qui précède de quelques mois l'ouvrage Misère de la philosophie) : « Les hommes
sont forcés, du moment où le mode de leur commerce ne corres-pond plus aux forces productives acquises, de
changer toutes leurs formes sociales traditionnelles. Je prends le mot commerce ici dans le sens le plus général,
comme nous aisons en allemand: Verkehr», ce qui, en français, désigne « les relations que lon entretient dans la
société ».
2. Références
Ce sont des relations (des individus entre eux), des formes de réla-tions (Verkehrsformen). Cette manière d'être
en relation constitue dans L'Idéologie allemande un mode déterminé de l'activité des individus, un mode de vie
(Lebensweise).
Le terme de modes de relations laissera ultérieurement la place au terme des « rapports de production»
(Produktions verhaltnisse), expression empioyée à plusieurs reprises dès 1848 dans le Manifeste: « La
bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production et donc les rapports
de production, c'est-à-dire l'ensemble des rapports sociaux. »
Lexpression rapport de production est définitivement acquise dans la Préface à la Critique de l'économie politique
(1859) : « Dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés,
nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production qui correspondent à un degré de
développement déterminé de leurs forces productives matérielles. »
› 3. Concept
C'est cette correspondance entre « forces productives » et « rapports de production » qui permet d'éclairer le
concept même de rapport de production.
Dans cette correspondance, on ordonne généralement en 1. les forces productives, en 2. les rapports de
production. Mais il s'agit en réalité de deux notions liées, et liées à un tel point que le mode de relation doit tre
compris aussi comme force productive : « Un mode de production ou un stade industriel déterminés sont
constamment liés à un mode de coopération ou à un stade social déterninés, et que ce mode de coopération est
lui-même une force pro-ductive. »
Marx exprime clairement cette correspondance dans sa lette à Pavel V. Annenkov : « Posez un certain état de
développement des facules productives des hommes, et vous aurez une telle forme de commerce et de
consommation. » Avec comme exemple: « Le privilege, l'institution des jurandes et des corporations, le régime
reglementaire du Moyen Âge, étaien! des relations sociales, qui seules correspondaient aux forces productives
acquises et à l'état social préexistant, duquel ces institutions étaient sorties.)
On retrouve une formule identique dans la Préface à la Contribution à la critique de l'économie politique : « Les
hommes entrent en des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de produc: tion
qui correspondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives matérielles. »
De cette correspondance, Marx donne parfois des formules raccourcies : « Le moulin à bras vous donnera la
société avec le suzerain; le moulin à vapeur, la société avec le capitalisme industriel » (Misère de la philosophie,
1847)
le prolétariat
1. Historique
Le terme « prolétaire » désigne étymologiquement celui qui ne possède que sa descendance, sa lignée (proles).
Dans l'antiquité latine, c'est le citoyen qui ne possède que ses bras et ses enfants.
Le substantif « prolétariat » apparaît vers 1830. Il est employé, dans la littérature politique, par Jean-Jacques
Rousseau dans le Contrat social
(1762) et par Saint-Simon qui évoque la « classe des prolétaires ». Marx, à partir de 1843, utilise la notion qu'il
précise peu à peu jusqu'à l'exposition du concept dans le Manifeste (1848), en faisant glisser son approche de la
philosophie à l'histoire.
•> 2. Références
Dans la Critique du droit politique hégélien (1843), Marx imagine un rapport entre philosophie et prolétariat, tel
que la philosophie, principe acti, cerveau, vient féconder le prolétariat, le cœur : « Dès que l'éclair de la pensée
sera tombé dans les profondeurs de ce nair terrain populaire » en résultera le moment de l'émancipation
humaine.
Dans La Sainte Famille (1845), la notion commence à être rapportée à sa dimension économique: la propriété
privée, pour perpétuer se. cute la existence, est forcée de perpétuer le prolétariat: « le prolétariat exe-cut là
sentence que la propriété privée prononce contre elle-même en engendrant le prolétariat ».
torique.
Mais c'est avec le Manifeste que la notion prend toute sa portée his
3. Concept
L'approche de Marx est double. Tout d'abord de l'ordre de la défi-rition simple: « Le prolétariat, c'est la classe des
ouvriers modernes », et surtout de la définition articulée à d'autres notions.
1. Le prolétariat se vendant au jour le jour comme marchandise, comme tout autre article du commerce, et donc
placé sur un marché, dont
i subit toutes les fluctuations et toutes les vicissitudes. Ce quil vend c'est un
travail (la notion 'affinera ultérieurement, dans les Grundrisse de 1857 : Ce que ie prolétariat vend ce n'est pas un
travail - qui n'est pas effectué - c'est sa force de travail, une force qui crée de la valeur et qui, par un traitement
approprié, est une source de plus de valeur qu'elle n'en possède elle-même).
Cette notion de travail elle-même, de travail vivant, ne se comprend qu'articulée à la notion de capital, de travail
accumulé, à l'intérieur d'un procès de production dans lequel l appropriation des moyens de production et du
travail est une appropriation privée. Le travail, approprié dans des mains pri-vées, n'a d'autre fonction que la
formation et l'accroissement du capital.
Enfin le salaire du prolétariat, prix de son travail (l'achat pour un temps donné de sa force de travail), est comme
pour n'importe quelle autre mar-chandise, égal au coût de sa production, c'est-à-dire des dépenses liées à sa
subsistance et à sa reproduction.
2. Et surtout approche de la notion de prolétariat du point de vue
de l'histoire, du procès (au sens de processus historique).
Comme la féodalité ou comme la bourgeoisie, le prolétariat a une nistcire : une naissance, un développement et
une fin. Le Manifeste, dans sa première partie, décrit l'histoire de la bourgeoisie, puis l'histoire du pro-létariat, liée
« dialectiquement» à l'histoire du développement de la bour-geoisie. Le prolétariat est d'abord une masse
disséminée et désunie, puis une masse nombreuse et concentrée dont l'union se constitue dans les luttes.
Tout en même temps que l'organisation du prolétariat est sans cesse compromise par la concurrence des
ouvriers entre eux, elle est cependant instituée par le progrès industriel. Aussi le prolétariat s'organise en classe,
puis en parti politique. Sa visée, dans sa lutte contre la bourgeoisie, est de s'ériger, à l'échelle mondiale, en
classe régnante et « comme classe régnante lae détruire par la violence] les anciens rapports de production.»
4. Vers l'association
Mais, estime Marx, l'existence des classes, quelle qu'elles soient, n'est toujours liée qu'à des phases historiques
déterminées du développement de la production. Cela est vrai aussi bien pour la bourgeoisie, condamnée dans
sa vision du monde à disparaître, que pour le proletariat, Le Manifeste esquisse cette disparition : « À la place de
l'ancienne societe courgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une asso-iation où le libre
développement de chacun est la condition du libre développement pour tous.

Le communisme dans le Manifeste


› 1. Le consensus des « partis ouvriers » en 1847 manière, de la situation historique qui se développe depuis au
moins une
Ma dation historique qui se develonite, dendant compe, à s dizaine d'années, estime : 1. que le proletariat se
constitue en classe ; 2. que le aiversement de la domination bourgeoise est à l'ordie du jour ; 3. que la conquête
du pouvoir politique est possible.
Cette appréciation, il ne la revendique pas pour lui-même, ni pour le « Parti communiste » en train de se créer,
mais la partage, dit-il, avec l'en-
semble des partis ouvriers.
La mise côte à côte de ces trois éléments ne doit cependant pas faire illusion, ils ne relèvent pas exactement de
la même échelle historique.
1. La constitution du prolétariat en classe relève de l'histoire économique et a commencé nécessairement à partir
du moment où la bourgeoisie s'est constituée économiquement par l'appropriation des moyens de production et
s'est affirmée elle-même politiquement comme classe sociale.
Dans ses grandes lignes, en Angleterre à partir de 1650, et en France à partir de 1789. La présence du
prolétariat comme classe sociale se manifeste tout particulièrement dans le pays alors le plus avancé
économiquement, l'Angleterre. Friedrich Engels en a fait la minutieuse description économique dans La Situation
de la classe laborieuse en Angleterre (1845).
1. Le renversement de la domination bourgeoise s'inscrit dans un temps plus récent comme aboutissement
logique du développement du prolétariat en classe. Face à la domination encore effective de la
bourgeoisie se pose la question de l'émancipation du prolétariat, déjà esquissée dans la philosophie
allemande, et plus particulièrement chez Ludwig Feuerbach à travers l'idée de l'émancipation humaine
en général. Plus concrètement, les révoltes ouvrières en Angleterre et en France qui se font jour, ici ou
là, à partir de 1830, ou encore la révolte des tisserands de Silésie en juin 1844, l'insurrection de
Cracovie en février 1846, en sont les signes annonciateurs.
2. Enfin la conquête du pouvoir politique se pose, tout au moins V'imaginent les dirigeants ouvriers de
l'époque, dans un temps très court. On croit à l'imminence de la révolution. La prise du pouvoir - grâce à
un complot autorisant un coup de force de l'organisation - est à l'ordre du jour chez des socialistes
révolutionnaires français comme Blanqui, aussi bien sur le plan théorique (avec de nombreux ouvrages)
qu'en matière d'organisation (société des saisons) et que pratiquement (conspiration: de 1831, tentative
3. d'insurrection contre Louis Phis ses 1839, et un peu plus tard contre l'Assemblée en 1848). La Lige des
justes également croit à une révolution en Europe au printemps 1847. Marx, liant pour la première fois
crise écono nique et révolution, estime certaine a revolution en 1848.
4. 瑞,
5. 2. La spécificité communiste
6. 84)
7. Cette triple analyse, il faut le souligner, n'est pas particulièrement celle du « Parti communiste », mais
celle du mouvement ouvrier dans son ensemble.
8. La spécificité du point de vue communiste, dans la mouvance commune des Fraternal Democrats, de la
Ligue et du Bureau de correspondance qui se met en place dans les années 1846-1847, se situe plus
avant. D'une part dans l'objectif, de type économique, parce que l'économie est pour Marx la clé
d'explication de la société dans son ensemble, à savoir l'abolition de la propriété bourgeoise (comme
l'indique le Manifeste : « En ce sens les communistes peuvent résumer leur théorie dans cette formule
unique : abolition de la pro-priete bourgeoise »); d'autre part dans les moyens de la prise du pouvoir :
une révolution violente et démocratique (lettre d'Engels d'octobre 1846).
9. › 3. Les « communistes » et le prolétariat
10. Certes les communistes se veulent identiques aux autres partis ouvriers : en ayant les mêmes intérêts
que l'ensemble du prolétariat, ils ne constituent pas, dit Marx, un groupe à part et ne cherchent pas à
imposer des principes sur lesquels il faudrait se modeler (comme c'était le cas avec les « socialismes »
antérieurs).
11. Cependant ils affirment aussi leur distinction dans leur manière d'interpréter et d'intervenir dans les luttes
contre la bourgeoisie. D'une part dans l'approche globale et internationale des intérêts du prolétariat : «
Dans les différentes luttes nationales des prolétaires ils mettent en avant et font valoir les intérêts
indépendants de la nationalité », ce qui exprime avant la lettre la notion d'internationalisme prolétarien.
D'autre part dans la prise en compte des intérêts, non de telle ou telle fraction du prolétariat, mais du
prolétariat dans son ensemble : « [les communistes) représentent toujours les intérêts du mouvement
dans sa totalité. »
12. Si bien que les communistes se définissent eux-mêmes, dans une double dimension, théorique et
pratique, qui les spécifie par rapport des autres ouvriers, comme : 1. ayant « l'avantage d'une
intelligence claire des conditions, de la marche et des résultats généraux du mouvement proléta-rien. »;
2. étant « la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui entraîne toutes
les autres ». Ce qui exprime pour la première fois, avant la lettre, la notion de parti d'avant-garde de la
classe ouvrière (fraction la plus résolue), ayant pour mission, dans son rôle dit-geant (fraction qui
entraîne toutes les autres), d'éclairer les masses (l'avantage d’une intelligence claire).

La critique des socialismes antérieurs


Ce n'est qu'au moment du développement économique le plus extrême que l'antagonisme de classe se réduit,
pour Marx, à l'opposition de deux classes : la bourgeoisie et le prolétariat. Lorsqu'il conduit une analyse concrète,
Marx repère dans la structure sociale plusieurs classes qui subse tent à côté de la bourgeoisie.
Ainsi, dit-il, dans les années 1830, la classe aristocratique, même si elle est impuissante politiquement, n'a pas
disparu pour autant. En plus de la paysannerie et à côté de la bourgeoisie, en fonction du développement de
cette dernière, s'est constituée une nouvelle classe de petits-bourgeois:
« Dans les pays où s'est épanouie la civilisation moderne, il s'est formé une nouvelle classe de petits-bourgeois
qui oscille entre le prolétariat et la bour-geoisie. »
À chacune de ces classes existantes (aristocratie, petite-bourgeoisie et paysannerie, bourgeoisie, prolétariat)
correspond terme à terme un type de socialisme, dans l'analogie stricte des classes sociales et de leur idéologie.
› 1. Nouveauté de la critique des socialismes
Le Manifeste du Parti communiste consacre sa troisième et avant-dernière partie, à peu près un quart de sa
pagination, à une description-dénonciation de la « littérature socialiste et communiste ».
La référence aux socialismes antérieurs est absente dans le Projet de
profession de foi communiste rédigé à la suite du premier congrès de la Ligue communiste (juin 1847). Elle est
par contre présente dans les Principes du communisme rédigés par Engels (été 1847), dans la réponse à la
vingt-quatrième question: « En quoi les communistes se distinguent-ils des socialistes ? »
Engels, dans un texte assez court de deux pages, divise les socialistes en trois catégories: 1. les socialistes
partisans de la société féodale et patriarcale (socialistes réactionnaires) ; 2. les socialistes partisans de la société
actuelle (socialistes bourgeois); 3. les socialistes qui estiment que des mesures sociales (et non politiques)
suffiront à supprimer la misère (socia-listes démocrates). Selon lui, une alliance, dans l'action, des communistes
avec les socialistes démocrates est possible.
Dans un tel découpage s'établit nettement une distinction théo-rique, fondée chronologiquement, entre ce qui est
« avant » et dépassé (les différents socialismes) et ce qui est « maintenant» et porteur d'avenir (le communisme).
Engels l'explicitera dans une préface ultérieure (1890) au Manifeste : « Le socialisme signifiait en 1847 un
mouvement bourgeois, le communisme un mouvement ouvrier. »

2. Le découpage de Marx
Marx reprend le découpage d'Engels pour les deux premiers points: 1. le socialisme réactionnaire; 2, le
socialisme bourgeois. Il abens donne le point trois d'Engels (les socialistes démocrates) et le remplace par
3. le socialisme et le communisme critico-utopiques.
Ce qui permet d'unifier l'approche critique: aucun des socialismes antérieurs n'a grâce à ses yeux, avec aucun
d'entre eux on ne peut concevoir une alliance politique quelconque. Ils sont tous historiquement dépassés.
Même si chacun a eu, au moment de son apparition, une fonction critique intéressante, et qu'on peut saluer au
passage, ils sont aujourd'hui sans valeur
particuliere, sans prise sur la realite., Ils correspondent a un moment du deve
loppement économique qui n'a plus cours.
Est également abandonnée l'idée d'un partage entre les socialismes ('avant) et le communisme (maintenant), qui
fonctionnerait comme l'opposition entre l'erreur et le vrai, le dépassé et l'actuel. Marx, dans une approche
strictement historienne, reconnaît dans les œuvres de Saint-Simon, de Fou-rier, d'Owen, l'existence d'une
idéologie communiste antérieure à un second communisme qui prend naissance autour de l'année 1845.
› 3. Le socialisme réactionnaire
a. Le socialisme féodal
La première forme du socialisme réactionnaire analysée par Marx est celle du « socialisme féodal ». Il est porté
par l'aristocratie française et anglaise dans les années 1830. En France, après l'avènement de Louis-Philippe et
l'instauration de la monarchie bourgeoise, en Angleterre après le mouvement de la Réforme, qui revendique le
suffrage universel, et débouche sur le chartisme.
La victoire de l'économie bourgeoise est définitivement assurée. Il est alors impossible pour l'aristocratie féodale
de songer à une quelconque lutte politique « sérieuse » contre la bourgeoisie. Il ne lui reste plus que la lutte «
littéraire », purement verbale et sans aucune prise sur la réalité. La teinture « critique » de ses discours (« sa
critique amère, mordante et spirituelle frappait la bourgeoisie au cœur ») n'empêche rien : 'aristocratie est prête à
passer alliance avec la bourgeoisie contre le prolétariat, elle est prête à tirer profit de la nouvelle situation
économique. Elle est même prête à passer alliance avec le prêtre et à donner un tour religieux à son socialisme.
b. Le socialisme petit-bourgeois
La seconde forme du socialisme réactionnaire est celle du « socialisme petit-bourgeois ». « Dans les pays
comme la France, où la classe paysanne constitue bien plus de la moitié de la population, il est nature que des
écrivains qui prenaient fait et cause pour le prolétariat contre la bourgeoisie aient appliqué à leur critique du
régime bourgeois des critères petit bourgeoises et paysans

C'est historien et l'écotemiste surse ea. Chane sun


(1773-1842) qui « est le chef de cette critique le libérait inte n
(17 enten france et en Angleterre. I, attiroie le Miser de économ qui, foin d'assurer le bien-être pour tous trat ay
misere de travaien coi oit un programme d'intervention de l'tat ayant pour obi a post tion des ouvriers.
Il y a du positif dans ce socialisme. La mise à nu de l'hypocrite a économistes, l'analyse des contradictions
inhérentes aux rapports de m. duction modernes, la démonstration « des effets meurtriers » du met nisme, de la
division du travail, des crises de surproduction, etc. Mais an du négatif: ce socialisme est réactionnaire, tout
simplement parce qui re revenir en arrière et rétablir les anciens moyens de production et d'échang les anciens
rapports de propriété, en bref toute l'ancienne société.
c. Le socialisme allemand
La troisième forme du socialisme réactionnaire est celle du « soc lisme allemand », appelé aussi, par dérision, le
« socialisme vrai ». C'est u socialisme d'origine française, dont la littérature communisante est née sou la
pression d'une bourgeoisie dominante. Mais, pour l'Allemagne, ce n'e pas un socialisme d'origine : c'est un
socialisme importé.
Autant ce socialisme a un sens et une portée (« une significatio
pratique immédiate »), au moment de son surgissement dans son pays d'or gine, autant son importation dans un
pays où les conditions de vie sont tota lement différentes (« à l'époque où la bourgeoisie [allemande] commences
lutte contre l'absolutisme féodal ») lui fait perdre toute valeur concrète.
Le socialisme allemand devient une simple spéculation oiseuse, ur discours de type idéologique, qui se donne
une teinture philosophique, en par lant en général de « société véritable», de « réalisation de l'essenc humaine ».
Comme le note Marx, les revendications de la Révolution fran çaise deviennent une revendication de la raison
pratique, les manifestation de la volonté de la bourgeoisie française deviennent les lois de la volont pure, c'est-à-
dire de la volonté en général, telle qu'on imagine qu'elle doi être. Ce qui était dénonciation critique des rapports
d'argent s'affadit er « aliénation de l'essence humaine », ce qui était dénonciation critique d l'État bourgeois
s'affadit en « abolition du règne de l'universel abstrait ». l'envers du palimpseste, où sur les manuscrits des textes
païens les Pères de l'Église ont écrit la vie édifiante des saints, ici, c'est sous la littérature française profane, sous
l'original français que le « socialisme allemand » a glissé ses insanités philosophiques.
Mais le socialisme allemand n'est pas qu'un simple charlatanisme.
Il a été employé comme un outil au service des gouvernements absolus pour effrayer la bourgeoisie (« ce
socialisme devint l'épouvantail rêvé contre la bourgeoisie montante qui les menaçait »). Il a été aussi un outil aux
mains de la petite-bourgeoisie allemande (dont il représente les intérêts). En utilisant la rhétorique socialiste,
celle-ci a cherché à faire
contre la degensant sa tendan la menace de disparition et contre le prolétariat en « denteste, Marx dance
brutalement destructive ».
Dans le Manifeste, Marx accorde une grande place à la dénonciation de ce soi disant « socialinge emain, end
ainsi publique la dénonciation en regle, qu'il avait deait définitiveme perte avec Engels dans l'Idéologie alie-
monde (mais qui étais coin tome, souste à l'état de manuscrit), pus ple-ticulièrement dans le seconférome, sous
titré : Critique du socialisme allemand dans la personne de ses dierents prophètes, qui visait tout particulièrement
Kar Grün (1817-1887) La Ligue commmuniste avait, pour sa part, dans le rap-
port au (Pr Congres ouin ean exoligmatise la condute de ce « chevalier din-
dustrie littéraire, en outre un exploiteur des ouvriers, l'écrivain allemand Karl
Crin = qui utlise la traduction en allemand quril a faite du livre de Proudhon
Système des contradictions économiques ou Philosophie de la misère] pour tenir à Paris des conférences devant
les membres (allemands) de la Ligue, où il exalte le proudhonisme et tente - mais en vain - de le substituer au
communisme véritable.
4. Le socialisme conservateur
C'est le « socialisme» porté par la classe bourgeoise elle-même.
Son projet général est d'assurer tout à la fois la continuité de la société bourgeoise et, si possible, de porter
remède aux anomalies sociales.
C'est l'économiste français Joseph Proudhon (1809-1865) qui est le représentant type de ce socialisme
conservateur, relayé tout récemment auprès du public allemand par son traducteur Karl Grün, un émule du «
socialisme vrai ».
On sait que Marx, dans un premier temps admiratif de l'œuvre de Proudhon Qu'est ce que la propriété?, a déjà
opéré une critique détaillée de la Philosophie de la misère en publiant directement en français, simultanément à
Paris et à Bruxelles, en juillet 1847, son premier livre d'économie :
Misère de la philosophie, réponse à « la Philosophie de la misère de M. Prou-dhon ». Il veut, dit Marx en parlant
de Proudhon, « planer en homme de science au-dessus des bourgeois et des prolétaires; il n'est que le petit-
bour-geois, ballotté constamment entre le Capital et le Travail, entre l'économie politique et le communisme. »
5. Le socialisme et le communisme critico-utopiques
C'est le socialisme porté par le prolétariat lui-même, ou par des
penseurs qui expriment son point de vue et soutiennent ses intérêts.
Il y a un premier moment de son expression qui correspond au temps du renversement de la société féodale. Le
prolétariat est alors dans un clat embryonnaire Il n'y a, bien sûr, à cette époque, aucune des conditions matrille de
son émancipation. Prônant un ascétisme universel et un ega-
Maine grossier, un mel cipocialis Prônant contenus reactionnaire.
Mais il y a un second moment où la bourgeoisie est constituée et cui corespond à la premiere période historique
de « luttes embryntines » aute le prolétariat et la bourgeoisie. Se constituent alors des « systèmes
comme celui du comte de Saint-Simon (1760-1825), de Charles Fourier
(0772-1837) avec ses phalanstères, de l'industriel anglais Robert Oren
(1771-1858), partisan de « colonies intérieures » et des coopératives ouvrières.
il y a dans un tel socialisme des éléments positifs: 1, la reconnais.
sance de l'antagonisme de classe ; 2. la conception d'une société portant en elle-même les éléments de sa
dissolution; 3. l'attaque des fondements de la société existante; 4. des propositions positives concernant la
société future.
Mais aussi des éléments négatifs: 1. la non-reconnaissance d'une activité historique autonome du prolétariat ; 2.
la non-reconnaissance d'un mouvement politique qui lui appartienne en propre; 3. le rejet de toute action
révolutionnaire.
C'est que l'industrie est encore peu développée, que les antagonismes de classe sont faibles. Aussi les
conditions objectives sont-elles remplacées par des constructions intellectuelles subjectives, par « une science
sociale, des lois sociales chargées de créer les conditions d'émancipation du prolétariat. » L'activité sociale faible
est remplacée par l'ingéniosité des pen-seurs, les conditions historiques réelles de l'émancipation sont
remplacées par des conditions imaginaires, l'organisation progressive du prolétariat en classe est remplacée par
une « organisation » fabriquée de toutes pièces.
Enfin, autant les auteurs de ces systèmes - malgré leurs dimensions utopiques - peuvent être considérés comme
des révolutionnaires, autant leurs disciples, à un moment où les luttes de classes prennent forme, peuvent être
considérés comme des « socialistes réactionnaires ».
Le « programme » communiste
Dès les premiers mois de l'année 1845, Engels affirme : « La Révolution doit venir ». Au printemps 1845 la Ligue
des communistes considère comme imminente une révolution qui, dit-elle, doit éclater dans l'année.
Marx et Engels partagent ce sentiment. En effet la crise économique frappe l'Angleterre, avec un taux de
chômage de près de cinquante pour cent pour les travailleurs de Manchester. Cette crise, en quelques mois, se
propage en Europe: la France, en octobre 1846, connaît des manifestations de rue contre l'augmentation du prix
du pain, et à Paris des boulangeries sont attaquées aux cris de « À bas Louis-Philippe»; l'Allemagne est atteinte
en 1847 avec des révoltes populaires durement réprimées.
Aussi, en 1847-1848, Marx et Engels estiment que la révolution est proche dans les pays les plus développés
d'Europe: après une bataille directe entre le prolétariat et la bourgeoisie en Angleterre (compte tenu de la
profondeur de la nouvelle crise économique, de l'importance du mouvement chartiste et de l'existence de son aile
gauche), après la victoira passagère
d'une fraction de la bourgeoisie sur l'autre en France (l'enclenchement du mouvement étant rendu possible par la
conjonction d'une crise de subsis-
tance a la maniere de I'Ancien Regime et d'une crise moderne, a la fois finan
cière et de surproduction), après une brève période de domination bourgeoise dans le cas de l'Allemagne
(compte tenu de la tâche historique d'abattre le pouvoir aristocratique).
On sait que, pour Marx et Engels, ce sont les rapports économiques qui forment l'assise de tout mouvement
politique. Autrement dit, la crise économique (de surproduction) qui débute en Angleterre en 1845, débouche sur
une crise sociale « qui met en danger toute la civilisation» (faillites, chômage) qui, elle-même, rend possible une
crise politique. Engels le répète, à l'automne 1847: « La révolution prolétarienne [.. selon toute vraisemblance se
produira ». D'où l'urgence de la tenue, en moins de six mois, des deux congrès de la Ligue, et l'élaboration, qui
doit se faire sans retard, d'un « programme communiste ».
›› 1. Le contenu économique du programme
Le prolétariat, selon la vision des communistes de ce temps, a pour projet de s'emparer du pouvoir politique. Mais
cette prise du pouvoir n'est qu'un moyen - pour qu'à la suite de la défaite politique de la bourgeoisie, le prolétariat
puisse intervenir directement dans la sphère économique. La destruction de la bourgeoisie ne se fait pas par la
prise du pouvoir, elle ne peut être obtenue que s'il est porté atteinte de manière « décisive » (l'expression est de
Engels dans les Principes du communisme) à la propriété bourgeoise, c'est-à-dire à la forme privée de
l'appropriation du travail social.
C'est le sens des dix mesures du « programme ». L'appropriation sociale qui caractérise le socialisme implique,
dans le passage de la bourgeoisie au socialisme, une expropriation de l'appropriation privée. Elle s'accomplit :
1. dans la direction de l'agriculture, par l'expropriation de la propriété foncière et « l'affectation de la rente
foncière aux dépenses de l'État.» (mesure n° 1) ;
2. dans la direction des échanges, pour tout ce qui concerne l'ar-gent. D'abord des mesures visant à
frapper individuellement les personnes appartenant à la classe bourgeoise par l'impôt (sur les revenus)
fortement progressif (mesure n° 2). Ensuite par des mesures visant à supprimer la possibilité d'une «
reproduction» de la propriété privée d'une génération à l'autre, autrement dit l'abolition du droit d'héritage
(mesure n° 3). Enfin par des mesures sociales visant la centralisation du crédit, « par une banque
nationale, dont le capital appartiendra à l'état et qui jouira d'un monopole exclusif » (mesure n° 5) ;
3. dans la direction de l'industrie, par « la multiplication des usines
nationales et des instruments de production » (mesure n' 7);
méthodique
Dossier
4. dans la direction du transpose pt (mesure na sation ente le mains de l'État de tous les moyens de transport
(mesure n° 6).
• 2. Les mesures sociales du programme
Elles concernent :
1. Le travail: à la fois par l'instauration du « travail obligatoire pour tous », ce qui peut s'entendre à lutter
contre le eritive contre les obst et comme mesure positive destinée à lutter contre le chômage, et dans
une dimension d'organisation, par un travail de masse prenant la forme « d'ar.
2. mées industrielles » (mesure n° 8).
3. L'éducation: d'abord par « l'abolition du travail des enfants dans les fabriques ». Rappelons qu'en
France, la loi Guizot de 1841, mais qui ne fut pratiquement pas appliquée, n'autorisait le travail des
enfants qu'au-
dessus de huit ans...
Ensuite par l'éducation gratuite de tous les enfants, et en revendiquant l'effet d'inculcation idéologique de toute
éducation, puisque Marx parle expressément d'éducation « politique » (mesure n° 10).
3. La visée communiste du programme
Les mesures du programme s'inscrivent dans la logique du Mani-feste. Ainsi, alors que « la bourgeoisie a soumis
la campagne à la domination de la ville », thème fortement développé dans l'Idéologie allemande, le
communisme va tenter d'atténuer puis de supprimer l'opposition ville-campa-gne, par une coordination de
l'activité industrielle et agricole (mesure n° 9), par l'activité des armées industrielles « particulièrement pour
l'agriculture» (mesure n° 8), par le développement des forces productives non seulement dans le domaine
industriel, mais aussi dans le domaine agricole, « défrichement et amélioration des terres. » (mesure n° 7)
Par contre, c'est dans le mouvement même de centralisation conduit par la bourgeoisie (« Elle a centralisé les
moyens de production et concentré la propriété dans un petit nombre de mains ») dans le domaine économique,
social et politique, que le prolétariat au pouvoir accélère la cen-tralisation. Centralisation « entre les mains de
l'État» du crédit, des moyens de transport. Importance donnée au plan collectif, à l'organisation et à la
coordination, qu'ils portent sur l'activité industrielle et agricole ou sur l'éducation mise en rapport avec les besoins
de la production industrielle, ce qui suggère, avant la lettre, l'idée de planification (idée évoquée par Engels dans
les Principes: « Association générale de tous les membres de la société en vue de l'exploitation collective et
planifiée des forces productives »).
4. Visée lointaine et réalisme immédiat
Marx imagine bien que cette prise de pouvoir du prolétariat ne va pas se dérouler sans que la bourgeoisie ne s'y
oppose. Aussi imagine-t-ii,
toste poment, mine date doute par Vesperience de lo de bien!
de tous les émigrés et rebelles
» (mesure n° 4).
Il estime aussi que
l'établissement du communisme ne saurait se
produire par un passelarusque, Le Projet de profession de foi, rédigé par la lique en juin 1847, déclare que la
communauté des biens ne peut sintro-duire« d'un seul coup », l'évolution des masses ne se faisant pas par
décret:
«Elle est déterminée par l'évolution des rapports dans lesquels vivent ces masses, et par conséquent progresse
lentement. » Engels, quelques mois plus tard, dans les Principes, le la suppression de la propriété privée au
degré d'extension des forces productives. On ne pourra « supprimer la propriété privée que lorsqu'on disposera
de la quantité de moyens de production nécessaire à cette fin ».
Cependant la révolution joue un rôle d'accélérateur. Qui n'est pas seulement d'ordre subjectif, c'est-à-dire
renvoyant à la volonté des acteurs de la révolution, mais aussi (et surtout) d'ordre objectif, c'est-à-dire s'imposant
à la classe révolutionnaire. Engels insiste sur l'accélération de la révolution, une fois qu'elle est mise en marche :
« Toutes ces mesures ne peuvent pas [...] être appliquées d'un seul coup. Mais chacune entraînera
nécessairement la sui-vante. À peine la première atteinte décisive aura-t-elle été portée contre la propriété privée
que le prolétariat se verra obligé d'aller toujours plus loin. »
La logique des mesures se comprend dans leur articulation expo-
sée par Marx :
1. politiquement, « arracher » peu à peu à la bourgeoisie tout capi-
al (c'est-à-dire par les mesures n° 1, 2, 3, 4, 5, 6) ;
2. centraliser tous les instruments de production entre les mains de
État (c'est-à-dire par les mesures n° 5, 6, 7) ;
3. augmenter au plus vite la masse des forces productives (c'est-à-
ire par les mesures n° 7, 8).
Quant à la visée lointaine, c'est, à l'échelle mondiale, après un eveloppement sans précédent des forces
productives, l'abolition des ciens rapports de production, et par là même la disparition des classes. Le uvoir
politique (« pouvoir organisé d'une classe pour l'oppression d'une tre ») se transforme en pouvoir public : « Surgit
alors, dit Marx, une asso-ation dans laquelle le libre développement de chacun est la condition du re
développement de tous. »

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