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HJRKINA FASO
La Patrie ou la Mort, Nous Vaincrons !
MINISTERE DES ENSEIGNEMENTS SECONDAIRE, SUI’ERIEUlI
ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU
FACULTE DES LA&XJES, DES I,E’r‘-I’llES, DES AR’I‘S, I)l3 SClI;N(‘I;S
HUMAINES & SOCIALES
(F.L.G.S.H.S.)
DEPARTEMENT DE GEOGRAPIIIE
OPTION : GEOGRAI’ïIIE URlL4INE
MEMOIRE DE M A 1 T R 1 S E
THEME : UNE INDUS’l’1<1E DE
/ ’ TRANSFORMATiON DES I’ItODU ITS
LOCAUX : LA SOCIETE DES HUILES
& SAVONS ,DU BURKINA ( S.H.S.B.)
Présenté et soutenu par :
Christophe ‘l‘k4Ol<E
Sous la Direction de
Georges ,COMPAORE
Maître Assistant
DEDICACE
----- )f -----
Je dédie ce travail,
à mon père Fanogo TRAORE,
à ma mère Maflnè TRAORE,
à mes frères et soeurs.
REMERCIEMENTS
Nous saisissons l’opportunité qui nous est offerte ici pour manifester notre
gratitude à Mousicur Gcorgcs COMPAORII, qui, malgré ses mriltiplcs
occupations, a bien voulu nous suivre tout au long de la préparation du présent
document, Sans la patience et la dispouibilité dont il a fait prcuvc, cc trawil
n’aurait probablement pas abouti.
Par la même occasion, notre recouiiaissance va à l’endroit des Enseigiiaiits
du Département de Géographie pour la formation et l’encadrement dont nous
avons bénéficié.
Nos remercicuw~ts vont aussi (1la SI IS13,eli particulier à Mcssicws I’icro
Prosper TAMINI et Abdoulayc ~IJI~DRAOCO, rcspcctivcmwt Chef drt
persomlel et Directeur d’Exploitation. Pour l’assistance technique qu’ils nous ont
accordée, nous leur disons merci.
Nous ne saurons oublier également les soutiens et les sympatl~ies
manifestées à notre égard par Messieurs & Mesdames Fanogo ‘I‘RAORE, Sékou
SANGARE, Mélégué Maurice TRAORE, Etienne TRAORE, Augustin
BASSINGA, Moussa TRAORE et Laurent TRAORE.
Enfin, nous remercions tous ceux dont les noms n’ont pu être énumérés ici,
mais polir qui nous @u-donsuu sentiment de sympathie chaude et sirlche.
RESUME
---mm s--s-
H
L’économie burkinabè repose eu grande partie sur les activités agro-
pastoralcs. Ccpcudaut, les populations locales saut CIICOIÇcor~fi-wt&s ri tics
problèmes de survie. Les agro-industries telle que la SHSB à Bobo-Dioulasso,
contribuent à cet effet, à la recherche incessante de l’autosuffisance dimmtaire CII
encourageant la production agricole. De plus, le Burkina Faso est un pays enclavé
n’ayant pas de débouché direct sur la mer. La valorisation sur place des matières
premières agricoles, permet à la SHSB de jouer un rôle déterminant dans le
renforcement du développement économique et social du pays tout entier.
Mots Clé!3 : Burkina Faso - Bobo-Dioulasso - S.I I.S.13. - Illdrlstri~llisatioll -
1, Valorisation des produits locaux - Matières premières agricoles.
SOMMAIRE
-----)f -----
Dédicace ....................... ....................................... ........ ........ ... ... .. ................ I
Remerciements ................................ ................... ...,...................................... 2
Résumé ............ .. ... ........................ ..... ..................................................... ..... 3
Sommaire .. .. ... ................................ ........ .................................................. ... .. 4
INTRODUCTION .......................................................................... 8
PREMIERE PAKllE : Le cadre géographique de
Bobo-Dioulasso ....................................-... II
CHAPITRE PREMIER : Présentation de la ville
de Bobo-Dioulasso . .... ... ... ... .... .. ... .. ... ... ... ... ... .. .. 13
1. L’étude du site ..... ............................. ... ..... ... .. ... .... ....................... 13
A - Climat et hydrographie ..........................................,............ 13
1. Le clitnat .. ................................... ..... ... .. .................... 13
2. L’hydrographie ......................... .. ... ... .. ... ... .................. 14
B - Sols et végétation ...... ... .. ... ................................... ............. 15
1. Les sols ............................ ... .. ...... .. ... ... ...................... 15
2. La végétation ........................................................ ... .. 16
II. La situation de Bobo-Dioulasso .............................................. ..... .. 16
A - Les fonctions niilitaire, politique et adniiuistrative .... .. ............ 17
B - Le commerce traditionnel ..................................................... 17
C - Le réseau routier ..... ............................................................. 18
D - La voie ferrée ....... ..................................................... ... .. ... ... 19
CHAPI’I’RE II. : Le contexte humain ct ciconomiquc .... .. .. .... ... .. ... ... ... ...
1. [Link] humain ....................................................................... 20
A - Les conditions humaines ............................................... ..2 .
1. Dynamique de la population bobolaise.. .................. .22
2. Structure de la population bobolaise ...................... 22
B - La répartition socioprofessionnelle ................................ 24
II. [Link] condiliow Cccot~on~iqucs ..................................................... 24
A - Les potentialités agricoles de la région ......................... .25
de Bobo-Dioulasso ................................................... 25
1. Les cultures céréalières ....................................... 25
2. Les cultures fruitières et maraîchères ................... 26
a) Les cultures fruititircs ............................... 26
b) Les cultures maraîchères .......................... 26
B - Les productions arachidière, cofonnii:re et la cucillettc
des amandes de karité ............................................... .27
1. L’arachide ................................................................ 27
2. Le coton .................................................................. 28
3. Les amandes de karité ............................................. 28
CHAPITRE 111.: Les premiéres formes d’industrialisation .. ... ... ... ... ... . 30
1. La politique industrielle du cololiisateur . .. . .. . .. .. . . . . .. .. . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
11. La Clï’EC-HUILERIE . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . .. . .. . . . .. . . . . . . .. . .. . . . . . . . . . . . . . . . . 3 1
CONCLUSION I’AIWI~l,I J: .. . .. . .. . .. . .. .. . .. .. . .. . . .. . .. . .. . .. .. . .. . .. . . .. . . .. . .. . . M
DEUXIEME lBAIU’IE : Les :wtivit(ts itdustr-iellcs
et IC~I-seflèts imhits ................................. 3s
CHAPITRE 1. La transformation des matières premières . .. .... .. .. ... .. ... .... 37
1. Nature des produits locaux ............................................ .. ... .... 37
A - L’arachide . ..... ........................................................ ... ... .. 37
B - Le coton . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
C - Les amandes de karité . .. .. . . . .. . . . . .. . . . . . . .. . . .. . . . . .. .. . . . . . . . . . . ,. . . 47
II. Les matières premières importées ........................................... 50
A - Matibcs lmmic’rcs clc la savomeric ................................. 50
B - Matières premières de l’atelier de
pâtes dentifrices ......................................................... 52
6
CHAPITRE II. Les produits transformés . .. .... ... ... ... ... ... ... ... .. ... .. ... ... ... 53
[Link] produits finis et semi-finis ................................................ 53
A - Les produits alhcntaires .............................................. 53
1. Les huiles ............................................................. .53
2. La pâte d’arachide chgadiguè)) ............................... .54
3. Un produit semi-fini : le beurre de karité ..................54
B - Les cosmétiques .......................................................... 54
1. Les SavoIIs dc rr~ClK~ge .......................................... 54
2. Les savonnettes et les pâtes dentifrices ................... 55
II. Les sous-produits .................................................................. 55
A - Les sous-produits de l’huilerie ....................................... 55
1. Les tourteaux ....................................................... 55
2. L’aliment de bétail ............................................... 56
B - Les sous-produits de la savonnerie ................................ 56
[Link] des quantités produites ............................. ... ........... 57
CHAPIT&E III. Les retombées sociales et économiques . ... ... ... ... .. ... ... 65
1. Les marchés consommateurs ................................................... 65
A - Le marcliC uatiyal ....................................................... 65
B - Les exportations ........................................................... 66
II. L’animation du monde rural ....... ........... .. ... ...... .. ... ................... 67
III. Renforcement de l’économie urbaine ....................................... 68
A - Emplois et salaires ........................................................ 68
B - Les taxes ..................................................................... 69
C - Crhtion d’activith cn aval : lc scctcur infi)lmcl .............. 70
1. Nature des produits et leur commercialisation .......... 70
2. Les entraves du savotl traditionnel .......................... 7 1
3. Perspectives du savon artisanal .............................. 7 1
CHAPITRE IV. Problhcs ct pcrspcctivcs dc la SI IW .... .. ... ... ... .. ... ... .. 72
1. Les problèmes de la SHSB ....................................................... 72
A - La concurrence industrielle ........................................... 72
7
1. Les problèmes d’approvisiolltlelllerlt eu
Matières premières .:.............................. ... ........72
2. L’environnement concurrentiel ............. ... .. ... ....... 73
a) L’état des produits SHSB écoulés sur
le marché national ......................... ..... ....... 73
b) La situation des produits exportés . ............. 76
U - Les conditions tcchiqucs ....................................... ...... . 77
II. Les perspectives de la SHSB ... .. ........................ ... ... .. ............... 78
CONCLUSION GENERALE ....................................................... 80
Liste tilphabétique des sigles .. ,. ... ..... ........................,............................. .. ... 82
Table des cartes .......................................................................................... 84
Table des tableaux ...................................................................................... 85
Table des figures ........................................................................................ 86
Bibliographie .............................................................................................. 87
ANNEXES : qucstiomaircs ...........................................................................0 I
INTRODUCTION
Le Burkina Faso est un pays agricole arri6rC. L’agriculture occupé pth dc
90 % de la populatiou. Les habitants sont toujours coufi-out& à des ~~robl~~~~cs dc
survie et la recherche de l’autosuffisance alimentaire demeure encore une priorité.
Cependant, la production agricole est vari& : cultures cCrEaliCrcs, fi,uitihcs,
industrielles etc.. .
Les cultures céréalières se composent du mil, du sorgho, du maïs, du riz, du
fouio, du niébé etc...
Les cultures fruitières concernent l’oranger, le papayer, le nianguier, le goyavier,
le’ bananier etc. . .
Quant aux cultures maraîchères, les paysans les pratiqueut silllrlltallCtllellt avec
les cultures céréalières. L’essentiel de ces produits se composeut des choux, de
l’oignon, de la salade, du haricot vert, des totnatcs etc...
Dans la trame des cultures de reute, ou distingue le coton, l’arachide, la canne à
sucre etc.. .
Enfin, les produits de cueillette sont constitués d’awandcs de karit6, dc (~III~[ in,
de néré etc.. .
Le Burkina Faso compte beaucoup de produits agricoles dout seulcmet~t
quelques uus font l’objet de transformation dans les industries nationales.
Le maïs et le sorgho sont transformés en farine par Ics Gra~~ds Moulit~s du
Burkina (G.M.B.) ;
La canne à sucre est valorisée par la Société sucrière dc la CHIRAC ([Link].) ;
Certains produits maraîchers telle que la tomate sont conditiotmés par la
SAVANA.
Le coton, l’arachide et les amandes de karit6 sont triturh par la SocidC des
Huiles et Savons du Burkina (S.H.S.B.).
‘I‘outcs ces matières preuiihcs locales transl’u~~n~Ccseii prodriits linis cl
semi-finis dans les industries nationales, méritent une attentim particulière du fait
des possibilités d’augmentation des productions agricoles ct swtor~t dc la lmliticluc
nationale eu matière de valorisation des ressources agricoles. Une place de choix
‘)
est accordée à cet égard aux unités industrielles de transf’ormtior~ des produits
locaux telle que la SHSB dans la politique d’industrialisation du Burkiua Faso.
Cela justifie en grande partie le choix de la SHSB comme thème d’étude.
D’abord le choix de notre sujet repose sur la politique nationale prônant avec
force l’autosuffisance alimentaire et la valorisation des matières premières locales.
Les efforts des pouvoirs publics visent à encourager la production agricole en
trouvant sur place des débouchés pour les produits de l’agriculture susccl)tiblcs
d’être transformés dans les industries locales.
Ensuite notre option fut guidée par le fait que la SIISI3 est la plus anciwtx des
industries du Burkim Faso. Illlc a vu lc jour à I~ol>[)-I)iorll~lssr, CII 194.2 SOIIS I:I
colonisation. La désignation de Bobo-Dioulasso pour l’implantation de cette uuité
industrielle fut subordonnée à certains critères favorables tcllc (pc sa positiw
géographique. La ville se situe au carrefour de plusieurs axes de COI~III~~I~C~S
internationaux. En outre, elle bénéficie de conditions I>liivioiriétriclrlcs
avantageuses et des terres qui se prêtent au développement des activités
agricoles.
Mais quels sont les avantages d’une telle étude ?
Que représente ce type d’industrie pour u11 pays enclavé C~IIIIIIC le 13urkina Faso ?
Le pays n’a pas de débouché direct sur la mer. Ceci ne rend pas aisé les activités
d’itnport et d’export. L’opportunité et I’intCrêt d’une telle Ctutle résident dms lc fait
que la transformation sur place des produits locaux permet d’économiser les
devises. La réduction des importations des pt’oduits irhstriels de première
nécessité ii’est-il pas 1111facteur de développenwt notmnwt ~III’ le plat1
agricole ?
En outre, la SHSB doit faire face à la concurrence des pays de 13 sorls-r+,iotl et
d’ailleurs qui lirbriqiwit les 111Ct1ics l)iocluits. (~wllcs tccliiiiclws tic I)ioductioti cl
quelle politique commerciale doit-elle entreprendre pour s’imposer sur les
marchés consoininateurs ?
Ces interrogations nous amènent à étudier la SHSB dam son ensem\->le af?n
d’appréhender le rôle de cette unité industrielle en rapport avec les objectifs qui
lui saut assignés. Pour cela, nous avons adopté la n~~tlwlc~logic wivante :
Nous avons procédé d’abord par les recherches bibliographiques, puis les
enquêtes sur le terrain pour eiifin teminer par la rédaction.
Les recherches bibliograplliques ont consisté à recenser les ouvrages gétléraux
(bibliographie signalétique) et les docuinciits spbcifïqucs (\~il~lic~~r:t~~l~ic
analytique) SC rapportmit à riotrc tliC:m.
La bibliographie signalétique renvoie aux ouvrages généraux traitant des
problèmes de développement, de l’industrialisation eu général.
10
La bibliographie analytique, quant à elle, repose sur les documents les plus usités
c’est-à-dire le2 ouvrages qui ont fourni des élkments d’illtonllatiotl SÇ rappot tant
directement à notre sujet.
Les enquêtes sur le terrain ont nécessité l’établissement des questionnaires :
- Un questionnaire relatif à la SHSB : il nous a permis de cerner les bases
de cette industrie ( matières premières utilisées, énergie...), le
fonctionnement de la SHSB dans son ensemble et les problèmes liés aux
activités industrielles.
- Un questionnaire destiné aux ouvriers : son but était de recenser leurs
probkmcs CII rapport avçc Icur niveau dc vie ainsi que Icurs opilliorts sut-
l’industrie.
- Un questiounaire à l’adresse des consommateurs pour conuaîtrc IC~I s
appréciations sur la production industrielle : la qualité, les quantités et
les prix pratiqués.
Une fois la bibljographie réunie, les enquêtes effectuées, ~O~IS ~VOIIS crwite
procédé à la rédaction du document final suivant le plau adopté. Notre mémoire
s’articule autour de deux parties :
Dans la première partie uous abordons l’étude du cadre géographique de 13obo-
Dioulasso.
Son chapitre premier est consacré à l’étude du site et de la situatior~ tic la ville.
Le chapitre II porte une attention particulière sur le contexte llumaiu et
économique de la région.
Le chapitre II 1 ocçupc les prcmiCrcs formes d’illdustri~llis~ll iou.
La deuxième partie de cette étude fait mention des activités industrielles et leurs
effets induits.
Le premier chapitre traite de la transformation des produits locaux et le secoud
nous fournit la gamme complète des produits finis, semi-finis et des sous-
produits.
Le chapitre Il1 met en exergue les implications socio-économiques avec les
marchés consommateurs, l’animation du monde rural et le renforcement de
I’konomic urbaiuc.
Les problèmés et les perspectives de la SHSB font l’objet du deruier chapitre de
cette partie qui conduit à la conclusion générale sur notre sujet.
PREMIERE PARTIE :
Le cadre géographique de Bobo-Dioulasso
C A R T E "1
12
L’implantation d’une unité industrielle dans une région donnée, nécessite au
préalable, une’analyse des atouts dont elle dispose. L‘accueil de la SllSB dans la
région de Bobo-Dioulasso obéit à ce titre, à des critères favorables liés à la nature
de cette industrie. Il serait alors judicieux d’étudier d’abord les potentialités
physiques, humaines et économiques ainsi que les influences politiques, tliilitaircs
et administratives d’antan de Bobo-Dioulasso qui lui ont valu la faveur de cet
investissement. L’étude de cette première partie s’articule autour de trois
chapitres.
Dans un premier chapitre, nous présentons Bobo-Dioulasso a travers sou site et
sa situation.
Le chapitre II traite des potentialités agricoles de la région de bobo-I)iolllass;o et
de la disponibilité de la main-d’oeuvre acquise à sa cause.
Enfin le chapitre Il1 fait mention des premières formes d’industrialisation.
13
Chapitre Premier : Présentation de La ville de
Bobo-Dioulasso.
Bobo-Dioulasso animait déjà, bien avant la colonisation, des flux
d’échanges commerciaux en Afrique de l’Ouest. A ce volet comruercial sont
venues se greffer des activités industrielles et celles de trausport moderue. Ces
activités sont à la base de la réputation de Bobo-Dioulasso comme wicux centre
industriel)) du pays. L’émergence de Bobo-Dioulasso tient aussi a des critéres
telles que sa position géographique et certaines fonctions spécifiques qui lui
étaient assignées. Il serait alors opportun d’apprécier les avantages de cette ville
qui ont suscité l’attention des iuvcstisseurs ktraugers.
1. Etude du site de Bobo-Dioulasso.
Bobo-Dioulasso se situe dans uue zone de transition eutre la forêt et le
Sahel, et s’est d&veloppCe progressivement a11contact des flux dc popr~l:~tions qui
avaient pour activité principale, le co,i~iiim-ce. Les activités a~:ro-iiicli~striclles s’y
sont parallèlement développées.
A- Climat et hydrofq-aphie
1. Le climat
La région de Bobo-Dioulasso appartient au climat soudano-guinéeil
compris entre. les isohyètes 900 et 1100 millimètres de pluies par an. Deux
principales saisons SCdistingucut :
Une saison sèche de novembre à avril et une saison des pluies de mai à octobre,
soit une durée de six mois de part et d’autre.
La saisou sèche débute dans la première quinzaine du mois d’octobre. OH note
une rareté des pluies qui finissent par disparaître conlplètement en fi11 scptcmbre ;
intcrvicnricut alors Ics rkoltcs soiis I’hariiiattan, 1111veiil fort cl dcssckl~:~iit cpi
souffle toute la saison sèche. Les températures se situeut eutre 25 et 36” C.
La saison pluvieuse quant à elle, est soumise à l’influence de la mousson. Elle
correspond à la période des cultures avec des pluies de mai à septembre. La
température moyenne est de 25” C et 1’ humidité relative avoisine 50 %.
Dans l’ensemble, la région de 13obo-Dioulasso, sitrh au Sud-Ouest, est
mieux arrosée que les régions du Centre et du Nord qui ont respectivemeut 800 et
600 millimètres de pluies par an. Elle est de ce fait considCr& COIIIIIIC IIIIC rcgiotl
à vocation agricole oit peuvent se développer certaines cultures industrielles
comme le coton qui exige une pluviométrie assez abondante.
2. L’hydrographie
La région de Bobo-Dioulasso est drainée du Sud-Ouest au Nord par un
cours d’eau pérenne, le KOU ou Baoulé, et plus B l’Est par le Wolo.
Le KOU est un af’fhent du Mouhoun et constitue l’uuité hydr-ologique principale
de la région. Il est divisé en deux sous-unités par le massif de Ouolonkoto :
- La sous-unité Nord se compose de trois cours d’eau : Ic Ni:uIlc, Ic
Bingbélé et le Houet qui traverse la ville de Bobo-Dioulasso du Sud a~1
Nord ;
- La sous-unité Ouest comprend trois cours d’eau également : Farako-13â,
Kiéné et Yengué.
L’alimentatiou de la ville de r3obo-I>ioul~~ss<, CII ear~ pot;\blc est :ISSIII ck ~;II-
l’Office Nationale des Eaux et de l’Assainissement (O.N.E.A.) qui joue un rôle de
captage des eaux de surface dont la source est située à Nasso (15 kilomètres de
Bobo-Dioulasso). Cette source est aliment& par le bassin du KOU. Elle ravitaille
toute la ville de Bobo-Dioulasso en eau potable et supporte les intenses activités
des industries de la place comme la SrISn, la BRAKINA etc...
Quaut aux bras du KOU, ils constituent des zones de développement des cultures
maraîcli~rcs. 1711 cllkt, c’est aux al~ords dc ces COIII~S d’cxi~i (I[I~ SC soiit dCvclo~~~~C:s
les périmètres irrigués.
Le Wolo plus à l’Est, draine une partie des eaux de surface. Son débit est faible et
il joue un rôle mineur sur le plan Iiydrologiqiie. Ccpciidaiit il fiworisc le
développement des cultures maraîchères notanm~ent à Léguha, localité située à
15 kilomètres à l’Est de Bobo-Dioulasso.
Le rCscaii liydi-ogral’llicliic aiiisi que IC cliiwt, ont des r~l)cic~itioiis sciisilh SI~
l’évolution des formations superficielles (sols) dont la nature détermine le type de
végétation en place.
B - Sols et végétation
1. Les sols
Dans les régions de l’Ouest, dont Bobo-DiouJasso, 011 peut distinguer trois
types de substratutn : la série sédimentaire, la série tt~Ctattlorl)l~iclttc et la sh-ic
orthométamorphique. Sur ces trois types de substratum se développeut des sols
profonds, moyetmetnent profonds et des enclaves de sols gravillotmaires peu
profonds aux aptitudes agronomiques souvent médiocres. Mais parallClcmcnt h
cette classification des fortnations superficielles selon le subsfrafum, se dégage
une autre organisation selon la topographie locale. Ainsi, dans I’Ortcsl, du sortttttct
des élévations au nid des cours d’eau, ou distingue une telle successiou des sols :
- Des sols minéraux bruts ou borné : ce sont des sols bauxitiques qui
empêchent la formation de sol arable favorable aux activités agricoles ;
- Des sols ferrugineux indurés (litho sols) de couleur grise ti beige ayattf
des qualités chimiques médiocres ;
- Des sols dits sableux peu épais et setlsibles à 1’Crosion ;
- Des sols ferrugineux plus ou moins profonds de couleur sombre. Ils ont
une bonne valeur agricole;
- Des sols bruns eutrophes riches et1 humus cotlsid6rés comtw de botttlcs
terres sur le plan agricole;
- Des solollclz : cc sutit clcs cllclavcs dc sols dc tct1ips CI1 Ictllps cl sorll
considérés cotntne des sols bruns eutrophes ;
- Des sols hydromorphes : on les retlcotltre en bordure &~:NI hns les
positions topographiquemeut basses. 11ssont riches eu matih~cs orgattiqucs.
Au regard de ces formations superficielles, on peut dire que l’Ouest burkitlabè
possède d’assez botwes terres par rapport aux rQjotls scl)tctttriottalcs. <“est sur
ces terres présentant une bonne valeur agricole que se développent I’aracllide et
les cultures cotonnières, et où les exigences agronomiques et pluviométriques y
sont requises. DC plus, c’est dans 1’Oucst burkittabC que la pt ocluctiott d’atttattclcs
de karité est la plus importante du pays eu égard à la fertilité des terres et aux
conditions climatiques favorables.
Toutefois, ces sols analysés sel011 Icur aptitude agrottomiquc, détertttittcttt ett
grande partie le développemeut de la végétation en place.
2. La végétation
Le type de végétation le plus répandu dans l’Ouest du 13utkiua Faso est la
savane arborée avec des arbres avoisinant 10 mètres de hauteur. Cette formation
végétale semble être favorable au développement de certains arbres utilitaires tels
que le Butyrospermum Parkii (le karité) dont les fruits sont triturés par la SIlSf3
et le Parkia Biglobosa (le néré).
Les alentours de la ville sont bordés par de grands espaces verts:
- La forêt de Kuinima situé au Sud de la ville ;
- La forêt de Dindéresso au Nord-Ouest composé esscntiellemeut
d’anacardiers.
La ville de Bobo-Dioulasso quant à elle, reste très verte. Sou site uaturcl est boisé
et des plantations d’arbres bordent les voies.
La végétation de Ia région de Bobo-Dioulasso, ainsi que les opérations de
reboisement, concours au maintien de l’éqr~ilibre du milieu. .I~:rl outw, Ic site dc
Bobo-Dioulasso, à travers son climat, ses sols et sa végétation est fàvorable à
l’agriculture. Eu effet, il offre beaucoup de ressources agricoles trarlsfi)rtrl~lt)Ics
par les industries locales. De plus, le d~veloppemeut des cultures idustt icllcs
dans la région de Bobo-Dioulasso, favorise un approvisiounemetit f‘rlcile et
régulier. Eu plus du site, Bobo-Dioulasso se distingue dans l’Ouest af’ricaill fi
travers sa situation.
II. La situatiin de lhbo-Dioulr~sso.
La ville de Bobo-Dioulasso s’est développée daus w cnvirolwwnt
géographique extrêmement favorable au carrefour de plusieurs axes de
commerces interuationaux. Au contact avec 1’0ccident, Mm-lhrrlmso qrti
constituait déjà uu point de reucoutre eutre populations d’origiues dil’lheutes allait
jouer un rôle militaire, politique et administratif déterminant sous la colonisation.
17
A - Les fonctions militaire, politique et administrative
----A---.----...
Bobo-Dioulasso est tombée sous le joug colonial le 15 septembre 1897.
Les européens se sont installés en amont sur la rive gauche du marigot Houet au
Sud de l’actuelle Mairie. Cette position stratégique était propice aux maweuvrcs
militaires pour le contrôle des troupes wwnics. I~o\)o-I>iorll~~ssc, dcvcl\ait ainsi
le premier poste militaire français de l’Ouest africain créé en 1906 avec un
contingeilt de 3000 européens et devait servir d’appoht pour étendre l’inflrwce
coloniale dans cette partie du continent. Jusqu’en 19 14, Ic ccrclc de Idaho-
Dioulasso a participé au recrutemeut de troupes indigènes. Sa fonctiotl militaire
était liée à d’autres fonctions notanimel1t politique et administrative.
Le cercle était commandé par un of’ficier supérieur jusqu’et 19 13 oi~ les fiwhous
de commandement se virent confiées à ~III administrateur des colonies. Celui-ci
était chargé e11mhe temps dc la direction politiqrtc ct dc la swvcilhlcc tic torts
les services civils et financiers. Il s’occupait de l’application des décrets et
règlements en vigueur. Il incarnait aussi l’autorité dans le cercle de hho-
Dioulasso qui était divisé administrativement eu 19 cantons et petits groupe~wnts.
Il se portait garant de la justice devant les indigènes astreints aux travaux fiwck.
Enfin, il déléguait une partie de ses pouvoirs à ses adjoints qui s’occupaient du
recouvrement des impôts, de l’exécution et de la surveillance des travaux de
cartographie et de topographie.
Les exercices militaires et politico-administratifs ont ainsi cotltribué
largeme~lt au dCvcloppemcut urbain dc 13ol)o-I)iorllasso. Ils ont C:tC:atwi I~II tics
atouts déterminants dans le choix de l’accueil de la Sl lSt3-CI’I‘EC-1 lUILL3l~IE qui
devait ravitailler la, métropole en denrées alimentaires (corps gras).
L’acheminement des produits industriels s’appuyait sur les routes nouvellement
construites et les cheuhs de fèr qui ollt facilité I’acciis a la rkgiou.
B - Le commerce traditionnel
Le mouvement d’échanges se faisait d’une part entre populatiotls du Sud et
du Nord et cutre ljopulatiotls du Sud cxclusivwlcnt d’autre pst-t.
Le commerce à Bobo-Dioulasso était axé sur le sel et la cola e11 dclwrs des
céréales et concernait essentiellement les peuples du Sud. 1,~s DiorlIa se rcntlaicnt
au Ghana pour l’achat de la cola qu’ils acheminaient ensuite à ‘I’ombouctou et à
IX
Mopti au Mali. Du Mali ils ramenaient le sel pour le vendre au Ghana. Ils avaient
ainsi mis sur pied, un circuit de commerce basé sur l’axe Ghana - Burkina Faso -
Mali.
Un autre réseau de commerce s’établissait entre les populations du Sud qui
troquaient de la cola, des céréales, des boeufs, du poissons fhé, des épices coutre
des perles et des coquillages des peuples d’Afrique du Nord.
L’économie coloniale venait fortement structurer ces axes par la
construction de nouvelles voies de communication faisant ainsi de Bobo-
Dioulasso, une zone de collecte et de transit des produits wwncrciaux ~II
direction des pays voisins pour leur acheminement vers la métropole.
C - Le réseau routier
Les premiers officiers placés à la tête de Bobo-Dioulasso se sont souciés
de la doter d’un réseau de routes et d’établir la carte de la région. IX réseau
comprenait à cet égard, les routes dc :
- Bobo-Dioulasso - Kouri
- Bobo-Dioulasso - Sikasso
- Bobo-Dioulasso - Kong
- Bobo-Dioulasso - Koutiala
- Bobo-Dioulasso - Mopti
toutes [Link]és se trouvent au Mali actuel sauf Kong qui se situe eu
Côte-d’Ivoire. 3
D’autres routes étaient dégagées en direction d’Abidjan (Ccte-d’lvoirc) et de
Niamey (Niger).
La constructiou de ces routes s’est accompagnée daus les mt~Ccs I(N6
d’installations de nombreuses maisons de commerce, telles que la SociSté de
Commerce en Afrique de l’Ouest (S.C.0.A) et les boutiques libano-syr icwes.
Toutes ces opitratious étaieut dcstiuécs à des fins agricvlcs car 1301~1 hrllasso
était considérée comme une région à vocation agricole où l’on trouvait des
produits comme le sésame, l’arachide, le karité, le caoutchouc, la cil-c C~C... 1301~~
Dioulasso devenait ainsi un centre d’achats et de collectes pour l’aclleillillelllellt
des matières premières agricoles vers la métropole. Elle était considhéc a ce
titre, comme uue plaque tournante dans les échanges commerciaux CH Afi-iqrlc de
l’Ouest. La position carrefour de Bobo-Dioulasso, à travers ses voies d’accès aux
pays voisins, lui confère une dimension internationale. Bobo-Dioulasso a COI~I~~I
certainement plus d’essor dans les échanges économiques avec l’arrivée du
chemin de fer.
D - La voie ferrée
Le Burkina Faso ne dispose pas d’un réseau ferroviaire proprctuc~~t dit mis
une ligne de pénétration longue de 1147 kilomètres dont 5 17 kilomètres .&ur le
territoire national. Le prolongement du chemin de fer jusqu’A Bobo-Dioulasso CII
1934, traduisait le souci de trouver un Inoye pratique d’évncuatiorl des produits.
En effet, la voie ferrée venait donner plus de dynarnistne aux activités
commerciales en tant que moyen commode d’acheminement des produits dont le
tonnage devenait de plus en plus important. Elle joua avec les routes ut1 rôle
déterminant dans le ravitaillement de la métropole en corps gras fournis à
l’époque par la seule industrie SHSB-CITEC-I1UlLERIE.
L’accès de Bobo-Dioulasso rendu facile par l’ouverture des routes internationales
et du cheminfde fer vers les pays côtiers venait ménager les activités d’import et
d’export. Le transfert d’éventuelles machirw de fabricat iw dc 1” othi t s
industriels, le ravitaillement de la métropole en denrées alimentaires, pouvaient
désormais s’appuyer sur ces infrastruct’ures routière et ferroviaire.
Ainsi, l’étude du site et de la situation prédisposait d’ores et dCj5 Bobo-
Dioulasso à accueillir des industries CII I’occwwcc WC inclustt ic clc
transformation des produits locaux. La création d’une telle unité industrielle
s’accompagnait aussi de l’organisation hunlaine et de l’orieutatioll de la productiw
agricole dans la région de Bobo-Dioulasso.
CHAPITRE II : Le contexte ltutwtitt et écottotttique
L’agriculture a servi pendant longtemps de pilier dans l’économie Ouest
burkinabè. L’économie coloniale est venue donner plus de dynamisme aux
activités agricoles. D’une quantité limitée à I’autocotlsomrnation et au système de
troc, on est passé à des productions importantes pour les besoins pressants de la
métropole. Les mêmes circonstances ont amené les populations locales à
abandonner progressivement leurs circuits traditionnels d’échanges pour
consacrer plus d’effort aux travaux agricoles.
1. Le milieu humain
Les premiers Iiabilants à s’installer i1 Bobo-Dioulasso liwciit
puis les Bobo-dioula et les Ouattara qui étaient des couwwrçants III~SII~III~IIS.
L’économie de traite viendra fixer les populatiow ~II les oricntallt vers la
production des matières premières agricoles. Aujourd’hui nous dishguous uue
stratification de la population suivant les différentes branches d’activités.
A - Les conditions hutmines
1. Dynamique de la population bobolaise
D’après le recensement général de décembre 1985, la popula1ioll de Bobo-
Dioulasso s’élevait à 228 668 habitants contre 44 1 5 14 habitants à Ouagadougou.
L’évolution de la population bobolaise est marquée par \III taux de fhndité
relativement faible 6,7 enfants par fwunc par rapport aux autres villes IIIO~CIIIICS
du pays. Les niveaux de fécondité les plus élevés s’observent à Ouahigouya 6,9
enfants par femme et à Koudougou 7,9 enfants par femme. La baisse de la
fécondité dans les deux grandes villes du pays (Ouagadougou avec 6,2 eufi~l\ls
par femme et Bobo-Dioulasso) est essentiellement due au niveau d’urbatlisatiol1
où la situation socio-Cconomique est relativcmcnt nicillcut-c.
En outre, la mortalité reste aussi faible dans ces deux villes par rapport aux arltrcs
localités du pays.‘Les taux de mortalité des Provinces du 1louct (chef’ lieu 13otw
Dioulasso) et du Kadiogo (chef lieu Ouagadougou), tourwnt autour de 68 et
21
61 %O respectivement . Par contre les taux de mortalité avoisiucut 100 %O dans
les proviuccs scplcntrioualcs, celles qui suullieul Ic plus des cllh de la
sécheresse.
L’une des composantes remarquables de la population bobolaise est la proportion
grandissante ,des immigrants. Bobo-Dioulasso attire des populations de tout le
pays. Ccpehdant, le plus grand nombre des migrants provient des régions A forte
densité humaine comme le Bulkiemdé (chef lieu Koudougou) avec 88 1Atauts
au km2, le Yatenga (chef lieu Ouahigouya) avec 44 habitants au km2. Les aléas
climatiques et la pression démographique sont les principales causes de cette
migration en direction du Sud-Ouest daus le but de trouver dc ~~ouvcllcs tcrrcs
exploitables. Ainsi, d’après le recensement de décembre 1985, environ 21 %
seulement des chefs de ménage étaient originaires de la ville de ~3obo-I>iorllass<,
comme nous l’indique le tableau suivaut :
Sud-Ouest I7,2
Nord 18,3
Ouagadougou 6,3
Sud 10
Est 3
Etrangers Il,3
22
La présence d’immigrants à Bobo-Dioulasso, tient essentiellement à la
recherche des terres cultivables et du travail en ville. Celle des étraugcrs peut
s’inscrire dans le cadre de la coopération entre le Burkina Faso et ses partcnaircs.
La proporti& d’immigrants (environ 78 %) est considérable dans l’effectif global
de la population. Ainsi, en 1985, on dénombrait 76 000 rnigrauts pendant que
l’accroissement naturel de la ville de Bobo-Dioulasso était Cgal ti 155.000
habitants. 1
2. Structure de la population bobolaise
La population bobolaise est essentiellement jeune. 46 % de la population a
moins de 15 ans et 52 % de la population est active. En outre le rapport de la
population masculine sur la population féminine (sex ratio) est de 10 1 hommes
pour 100 femmes. Le sex ratio se rapproche de l’équilibre. il est relativement
élevé par comparaison avec la population burkinabè oi~ 011 obse~~vc 1111 ICgcr
excédent féminin (102 femmes pour 100 hommes). L’analyse de la structure de la
population de Bobo-Dioulasso est plus aisée sur une pyramide des figes.
figure no?: PYRAMIDE DES AGES DE BOBO DIOULASSO
HOMMES AGES FEMKES
l .- lO_
5 _, 1’ L
I L 7
&
totale
4 de la popuhtion
une g 13 7 6 5-4 3 2 1 -0 123456 8 7 ~3
r 9 % de la populatio;
pour totale pour une
:lasse de 5ans 5mm pour Sans lcm pour 1% classe de Sans
Source : S DAU Bobo/recensemenk, 1975 /1985 TRAORE Christophe
Cette pyramide dégage des caractéristiques proprement urbaines avec une
population à majorité composée de jeunes actifs et, à la base, une proportiw
importante de jeunes n’ayant pas l’âge de travailler. La population active ainsi
dégagée, occupe les différentes branches d’activités dans la région de Bobo-
Dioulasso.
B - La répartition socioprofessionnelle
Nous distinguons trois branches d’activités :
- Le sécteur primaire regroupant l’agriculture et l’élevage, occupe 7 % des
actifs ;
- Le secteur secondaire demeure tout aussi faible. 9 % de la population s’y
emploie. Il concerne les activités industrielles et l’artisanat qui occupe plus
de la ,nioitié de cette catégorie de la population ;
- Le secteur tertiaire se révèle majoritaire concentraut plr~s de 80 % de la
population active. On note uiie prédorniriaiice de l’ad~r~ii~istratiorlpribliqr~c
(34 % des actik) ct du comwcrcc ( 15 ‘56des actif’s) au ~C!Iiilwt tfr~
transport des services publics, privés et autres (artistes, religieux etc...).
Le secteur primaire apparaît minoritaire par rapport aux deux autres. Scuhw~t,
une infime partie de la population s’adonne aux activités agricoles et pastorales.
C’est elle qui fournit une partie de la production arachidière et cotorwière i la
SHSB pour les besoins de la trausformatiou. Malgré la pr~domiuaucc du secteur
tertiaire par rapport aux deux autres, il faut dire qu’en réalité, tout se tient dans cet
espace économique. Le commerce, le transport, les services publics et privés
complètent les activités du secteur secondaire qui à son tour, s’apl)uic sur le
primaire. ’
II. Les conditions économiques
Les conditions écouoruiqucs dc la rkgiou dc li~)l,o-l.)i~)rllass~) soI]t CII
grande partie assurées par les ressources agricoles. On y distingue une gamme de
produits variés oil se côtoient les cultures céréalières, maraîclkres, fiuitiCres ct
les cultures de rente.
25
A - Les potentialités agricoles de la région de 13ob~)-l>ioul;lsso
1. Les cultures céréalières
Elles concernent le tnaïs, le tnil, le sorgho, le riz, le fouio et se pratiquent
sous le contrôle et l’ettcadretttcttt du Cetttrç Régional de Protttotiott Agro-
pastorale (C.R.P.A.) des Hauts-Bassins regroupant les Provinces du Houet et du
Kénédougou. Au niveau du Houet, le rayon d’action du CRPA se limite aux trois
secteurs suivants : Bobo-Nord, Bobo-Sud et I louttdé.
Le tableau ci-dessous, nous décrit la production agricole de 198 1 à 199 1 toutes
céréales confondues de la région de Bobo-Dioulasso.
Tableau no2 : Productions céréalières (en tome) de la régiotl
de Bobo-1Joulas.w.
Production
1
Campagnes 1981-82 1982-83 1983-84 1884-M
87 840 90 064 90 250 105 4G7
1985-86 1986-87 1987-88 1988-89
Il8 584 Il9 523 145 000
Nous observons une augtnentation de la production jusqu’etl 1987- 1088,
II9 523
1989-90
200 I,ih
1990-9 1
152 000
campagne à partir de laquelle ott note par la suite, des fluctuations ducs
essentiellement aux caprices de la pluviométrie. Malgré les intempéries du climat,
le CRPA arrive à’dégager chaque anttée, un excédettt cér&tlier cottttttcrcirtlis;It,lc
hormis les bcsoitts d’autocottsottttttatiott Chblis à 1W kg dc cCt Cales par I)CI SOIIIIC
et par an. En 1990-1991, cet excédent céréalier était évalué à 614 tonnes. Si 1’011
s’en tient à ces résultats, nous pouvotis affirmer que la région de Bobo-Diortlasso
s’autosufftt sur le plan alitnentaire. Toutefois, à côté des cultures céréalihcs, les
populations s’adonnent à des cultures fruitières et maraîchères destittécs à la vertte
sur le marché.
26
2. Les cii!lures fi-uilièrcs et maraîçlièrcs
Elles sont plutôt développées dans la régiou d’Orodara (Province du
Kénédougou) considCr6e comme une zone de prodwztiot~s fi-rtilih cs. I~II~ cc~tc
localité, se développent des espèces comme l’oranger, le papayer, le citronnier, le
mandarinier, le goyavier, le manguier etc...
L’introducGon de ces arbres fruitiers dans I’ellvironlletrlellt immédiat de I3ob
Dioulasso est assez récente ce qui fait qu’ils souffrent d’un manque de suivi et
d’évaluation des superficies et des productions. Par ailleurs, Ic dCvc!o!q~~~~r~t C!C
ces arbres fruitiers se heur-teà l’épineux problème d’écoulcmcut eu égard à I’Ctat
des routes le plus souvent défectueux. Pendant que les fruits souffi-ent d’r111
manque de débouchés, les produits maraîclws quant ri eux, trot~vc~~t sor~vctll WI
place, leur clientèle.
Les paysans pratiquent parallèlement à côté des cultures céréalières, les
cultures maraîchères en temps opportun. On digtingue des périmètres aménagés
comme ceux de la Vallée du KOU, de Toussiana, de Léguéma, et des pérituètres
non aménagés tels que ceux de Diarratlougou, lksso, ht!ara, SauwrdCni r!ans la
localité de Bobo-Dioulasso. Ces cultures se pratiquent aux abords des cours
d’eau. Elles bénéficient en outre de l’encadrement tcclwique de la IrlaraîcllCcrllt~Ire
du Houet (MACEHOU) créée pour la circonstawe et du C!<PA des 1lauts-
Bassins. En général, les produits maraîcllers se veudelit en ville. Ils smt destinés
à une catégorie de la population rclativcmcnt ais&. Ceci ticrit :HI Ilivcart C!C vie
des populations, le plus souwwt bas, et ses produits n’entrent pas !~~I~CI~WII~ C!~IE
les habitudes alimentaires. Quelques ims d’entre eux foI)t !‘o!>.jctde trallsli)rlllatioll
industricllc à la SAVANA tclles C!~CIcs totwtcs. Mais cctlc wlilC i~~tlrtsl~iclle
accuse une faible capacité d’absorption. Néanmoins, les paysans s’adonnent à ces
cultures maraîchères pour se faire ulie source de revenus. Plus qr~c Ics cr~ltrwcs
maraîchères, ce sont les cultures de rapport qui procurent le plus de I~CV~I~US aux
paysans.
27
B - Les productions arachidière, cotonnière et la cueillette
des amandes de karité
Les cultures industrielles qui constituent des sources de revenus importants
ont toujours préoccupé les populations depuis la période coloniale jusqu’à nos
jours. L’arachide, le coton et le karité, à l’instar du caoutchouc, de la cire et du
sésame, figuraient parmi les produits recherchés par le colonisateur. Leurs
productions deviendront de plus en plus importantes et feront l’objet de soins
particuliers de la part des organismes spécialisés.
1. L’arachide
Elle fut la première culture de rente proprement dite et les poprllations la
pratiquaient bien avant la colonisation pour les besoins de l’autocollsorr~ll~aItiol\.
La production s’est accrue avec l’installation de la SI ISI3 dans la région de
Bobo-Dioulasso. Ccttc production dEpassc aujwrd’hrri les litiiitcs dc
l’autoconsommation et devient l’objet de spéculation sur le marché. La culture de
l’arachide bénéficie depuis quelques années, de l’appui de la Société de
Financement et de la Vulgarisation de 1’Arachide ([Link].V.A.I<.) crC&c cn 1988.
Malgré l’ant&iorité de l’arachide par rapport aux autres cultures industrielles, sa
production demeure relativement faible dans la région de Bobo-Dioulasso comme
nous l’indique le tableau ci-dessous : ,
1983-84 1984-85 1985-M I98h-87 1987-W
.~
Bobo 5 290 5 254 352 4 730 8 150 4 914 4 032 R 300
,-~- .~
Burkina Faso 82 591 71 495 127 786 158 789 145 857
La baisse sensible de la production en 1985-1986 dans la région de Ijobo-
Dioulasso, est due à des conditions climatiques jamais connues dans les dix
années antérieures. La pluviométrie atteignit 1024 mm en 55 jours inondant ainsi
la plupart des superficies cultivables. Toutefois, la production arachidiC1e reste
28
faible dans la région de Bobo-Dioulasso. Ainsi, elle assurait lors de la canlpagne
1989-1990, 3,2 % de la production nationale. L’arachide dont la productim reste
modeste à Bobo-Dioulasso, est une denrée qd entre largcmcnt dans Ics Ihitdcs
alimentaires des populations. Un contingent de coques est réservé à la SI IS13. Le
reste de la production est destiné à la vcntc libre sur Ic n~rchC ct ;j I’cxpwt;\tion.
La faible production de l’arachide dans la région de Bobo-Dioulasso,
s’accompagne d’un développement de la culture du coton.
2. Le coton
La culture du coton dans la région de Bobo-Dioulasso, bénéficie de l’appui
technique et financier de la Société des Fibres et Textiles (SUFI’I’EX) qui se
charge de la collecte, de l’égrenage et de la commercialisation. Le tableau srlivwt
nous donne la production des dernières cam~xqycs agricoles.
19X4-85 19X5-86 19X6-87 19x7-XX IOXX-x9 19X’)-‘JO I000-OI
BObO 28 518 33 465, 39 160 44 135 43 031 44 222 45 621
BurkinaFaso 125 515 161 468 235 197 206659 204 454 214 X75 266620
I I I I I I I I I
La région de Bobo-Dioulasso assurait 17,l % de la productions cotormiCte
au Burkina Faso en 1990-199 1. Sa contribution à la production nationale est loin
d’être négligeable. L’importance des quantités produites place Robe-Diortlasso
parmi les grandes rkgions productrices dc coton au ljur kim F:w~.
3. Les amandes de karité
Le karité est un arbre qui ne se cultive pas et se rencontre un peu partout
sur le territoire national. Cependant, son aire de prédilection est la savane
arborée. Il est abondant dans la région comprise entre I’3r,l)r,-I>iorllasso, Ihfi,l a
et Ferkessédougou où il pousse sur de bons terrains. Les arbres atteignent 15 à 20
mètres de hailteur. Les quantités de production sont cc~~tr:~lisCcs ~lohlct~~~~t ;~II
niveau de la Caisse dc Stabilisatir)n des I’rix des I+wh~its Ag~iccd~s (C.S.I’.I*.A)
si bien que la répartition par Province n’est pas apparente. Néanmoins on estime
29
que les productions dans l’Ouest burkinabè sont importantes compte tenu de
l’abonda& et de la productivité des peuplements de karitC.
Au total, &US distinguons des ressources agricoles variées daw la région
de Bobo-Dioulasso. Toutes ces cultures se développent dans un environwnent
physique propice où elles bénéficient de bonnes terres et d’une pluviométrie
favorables à leur croissance.
Toutefois, la situation de Bobo-Dioulasso, carrefour d’échangcs entre popdations
d’origine différente, favorise l’attraction de flux humains. Les déplacements de
populations à la recherche des terres encore fertiles, d’emplois et d’échanges
commerciaux, contribuent à élargir le marché consommateur des produits
industriels. Ainsi, l’étude du contexte humain et économique permet de
comprendre le rôle de Bobo-Dioulasso dans l’industrialisation des ressources
agricoles.
30
Chapitre III : Les pretttières fortttes
d’[Link]*ialisct~iott.
Par rapport à l’ensemble du pays où l’indi~strialisatio~~ dciucw-e cm
processus récent qui n’a véritablcmciit commëncé qu’h partir des a~iriCcs 1960,
Bobo-Dioulasso couuaissait déjà, sous la colonisation, uu début
d’industrialisation.
1. La politique industrielle du Colonisateur
La révolution industrielle du XVIIIè siècle a conduit les européens à la
recherche de matiercs premiErcs pour filire fonctiorliw Icrws ind~lstr ics. I ,a
conquête coloniale devrait ainsi permettre I’exploitatiw pmxEc tics uxsowccs
agricoles et minières des colonies.
Bobo-Diolhsso, qui, avant I’arrivCc dii cohisatcrir, mliiwiit dCSi;i tics Ilrix
d’échanges commerciaux en Afrique dc l’ir~cst u’Cchal)pa pas A ccttc visioii
colonialiste. Les français apportèrcut u11 cliangcmciit nohblc tlaris Ic ciiciiit
traditiomlel d’échanges en les orientaut désormais vers l’Europe. Pour cela, ils
tentèrent de fixer les populations pour la production de qwlques produits
soigneusement sélectionnés : caoutchouc, cire, peaux et produits du cru tels que
le karité, le sésame, l’arachide etc... Or toutes ces matières prcwiic’rcs étaient
abondautes dans le cercle de Bobo-Dioulasso. II s’agissait alors de donner me
nouvelle orientation à leur production et de structurer le marché des produits de
base. L’accent fut mis sur I’iilteilsificatioil des cultrmcs ct la comtt uctiw des
greniers pour le stockage des produits. La collecte et la commercialisation étaient
assurées par des maisons de commerce erlropéermes. Eu 1909, on comptait d6jh à
Bobo-Dioulasso, uw dizai~~e dc miso~~s ru~xc~r~cllcs s’:lSjoutait III~ I)orit iquu
syrienne. L’aclleminement des matières premières vers les imlrlstries crwophmw
s’appuyait sur les routes déja construites B cet ef’fèt et sllr le cllcmit~ tic ICr biw
filus tard.
La deuxième guerre mondiale, ayant créé des besoins srll,plClllelltaires e11
denrées alimentaires, venait donner un coup de pouce à cette cxploitatiw. Ainsi,
toute la zoue Ouest-africaine devenait pour la circonstatlce, une vaste aire de
ravitaillement des alliés. C’est à la faveur des besoins pressants dc In wQropolc
qu’à vu le jour l’huilerie de la Compagnie de I’ludustrie ‘I‘extile CotomliCIe
(CITEC) en 1942 eu pleine guerre. Bobo-Dioulasso, située au coeur d’une région
agricole et présentant une situation politique satisfiiismte, fut choisie pour
accueillir cette implarltatiorl. D’autres critEres tels que In sitmtiw géog~aldliqrc,
les rôles militaires et administratifs ont été d’une influence rernarqrlable dans ce
31
choix. La CITEC avait pour seul rôle, la livraison de denrées alimentaires à la
métropole. 1À ce titre, elle u’a été qu’une ébauche d’industrie auxiliaire de
commerce d’exploitation des produits locar~x trat~sfimn~s sur plxc.
II. La CITEC-HUILERIE
L’huilerie de la CITEC est la première industrie du Burkirla. t<lle :1 Eté
créée ,de la volonté d’uu seul homue (~oussac). Petit à petit, elle s’est transftirmée
pour devenir une entreprise familiale française : La Société Boussac Saint-Frères
(B.S.F.). Cette industrie de corps gras occupait jusqu’en 1955, quatre européerls
et 150 à 200 autochtones. Elle était teuue de fournir à la consouunatiou de la
population locale, près de 7000 tonnes d’huile d’arachide et du beurre de karité
pour l’exportation. Elle a produit de mai 1955 à 1956, 2700 tomes de produits
bruts rep,résentantprès de 1100 tonnes de produits finis dont :
- 594 tonnes de beurre de karité
- 334 torincs d’liuile d’aracl~idc
- 59 tomes d’liirile de sésame
- 95 tenues de savou
- 400 tonnes de tourteaux d’arachide
- 27 tonrlcs de tourteaux dc sCsarne
L’usine avait une capacité de production de 600 tonnes de produits br MS par :ul.
Elle fonctionnait à moins de 50 % de sa capacité de production. 1kr1x sot tes
d’huiles étaient fabriqukes : Iiuile d’arachide ct Iiiiilc dc sCs:iii~. 1,c c0l011
n’intervenait pas dans la production car il u’existait pas encore de ceutre
d’égrenage de ce produit. Il n’entrera dans la gamme des produits transfim~~s
qu’après la construction des unités agricoles d’égrcnagc du CO~OII dc 13oh-
Dioulasso eu 1957 et de Ouagadougou eu 1958, placées sous le contiôlc dc la
Compagnie française des Fibres-Textiles (C.F.I>.T.).
L’huilerie de la CITEC, implantée daus le ceutre de la ville dams
l’ex-quartier Koko, avait uue forme de production artisamle. Elle avait pris dès
1967, l’appellation de Société des Iluiles et Savow dc I lautc-Volta ([Link].S.1 I.V.)
avec le statut de Société Anonyme. Les privés faisaient leurs apparitions dam la
Société mais le Groupe Boussac détenait encore uue large majorité du capital.
La CLTEC connut une forme moderne de production ell 1972 lorscpe Ic Grwpc
Boussac décida d’implanter en zone industrielle, une nouvelle unité dont l’activité
consista à la trituration des graines d’arachide et de coton, le raffinage des hiles
d’aracliidc cl dc cotw, la iiiisc ci1 \~outcillc IJasticlw t!cs Iiltilw, 1:r Ii il~llilli~~ll
d’amaudes de karité et la fabrication du savon de ménage. Le conlplexe agro-
32
iudustriel évolua dans, cette enceinte avec de plus en plus la participation
remarquable des privés et des orgatlismcs nationaux (SOFI’I‘EX, ‘I’rhor) aux
actions de la dite SociCtk.
La t2olitiqu’e nationa]e en matière _-li_r.~?r~~~![Link].
L’année 1984 vint apporter un coup décisif dans l’histoire de cette uttité
industrielle dont plus de la moitié des capitaux était détenue par les étrattgcrs. En
1984, avec l’avènement de la Révolution, la Société changea de forme juridique.
Elle quitta le statut de Société Anonytne et devint une Société d’Econotttie Mixte,
le 15 août 1984 sous la nouvelle appellation de Société des I luiles et Savons du
Burkina (S.H.S.B.). Le Groupe Boussac devait quitier la Société en rétrocédattt
ses actions à I’Etat burkinabè et à ses détnembretnents. A la veille du départ des
Frères Boussac, la Société était dot& d’rttt capital de 305.000.000 dc fi-attcsC‘FA
reparti comme suit :
- Boussac .,..,..... 64,80 %
- CSI’I’A ............ 8,I8 Y:,
- Trésor ...... ... .... 8,l Y %
- Privés .............. 17,16 %
- S01TI’EX . ...... 1,GS%
La nouvelle répartition du capital passant de 305.000.000 de francs CFA à
610.000.000 de francs CFA en 1984 se présentait comme suit :
- ,Etat et Trésor .......... 8,80 %
- CSPPA ............ ..... .... 42,89 %
- SOFITEX ................ 3 1,64 %
- Privés ........ ............... 17,27 %
Le changement de forme juridique de la CITEC intervittt à ut1 trtotttertt oit les
autorités burkinabè prônèrettt avec force, I’atttosufTisrttice alittictttait-c et la
valorisation des ressources locales. En effet, face aux aléas climatiques, à la
pression démographique et aux méthodes arcltaïqttes d’exploitatiott des ICI-tes, Ics
autorités du Burkitta Faso décidiircttt tic dottttcr uttc ~touvcllc OI ictttatiott :I[I
secteur agricole. Ainsi fut créés les Cetttres de Promotiott
(C.R.P.A.) pour corriger les it~suffisatws des Otptttistttes
Développement (0.K.D:) datts le développetttettt du tttottdc WIa
de valoriser économiquement les terres a conduit à la créatiotl
Agraire et Foncière (R.A.F.) au Burkina Faso en 1984 et son applicatiott ett 1985.
Toutefois, l’accent fut aussi mis sur les atttéttagetttettts Itydro-agricoles avec
souvent déplacement des populations, tel le cas de la Vallée du KOU dans la
localité de Bobo-Dioulasso. Des structrtrcs comme la [Link] hrc~tl CI&cs
pour protnouvoir la production des matières premières agricoles. Tous les ef‘f’orts
consentis au développement du secteur agi-icole visent à atteittdre I’arttosuf‘fisattce
alimentaire, mais au-delà de la survie, un sut-plus agricole doit Ctre tICgap ct
drainé vers les industries natiottales en vue de leur trattsfortttatiotl. La valorisatiott
33
des ressources agricoles permet de résoudre en partie, les difficultés rencontrées à
l’exportation de ces produits de base. En effet, la fluctuatior~ des prix des produits
tropicaux le plus souveut d la baisse, doublée des fi-ais dc dowl~~cct dc tlwspw t
aggravent le déséquilibre de la balance commerciale et accroît davantage la
dépendance économique. Pour ut1 pays er~clavé COIT~IIIC le I3rtrkiua Faso, il set-ait
avantageux de développer des stratégies en vue de rentabiliser la production
agricole, véritable base économique du pays. C’est à juste titre qu’une priorité fut
accordée aux industries agro-alimentaires comme la SHSB dans la politique
d’industrialisation du Burkina Faso. Le changement de statut de la CITEC en
1984 obéissait à cette politique nationale, où, pour la première fois, la direction
füt confiée à des nationaux.
L’aumentation du capital de 6 10.000.000 de francs CFA à 1,5 milliard de
francs CFA est à ,mettre en rapport avec la divcrsificatiou des activités dc la
SHSB où 1’Etat et ses démembrements s’accaparèrent d’une large majorité du
capital.
- Etat ct Organismes publics ................ 110,SO7;
- SOFITEX ........ ........ ........................ 35,OOYO
- Privés .............. .. ... ... .. ...................... 14,50 o/o
- CFDT .,.......,.....,...................... ... .. ... IO.00 ‘:h
L’extension des activités a porté en 1988 sur l’installation des chaînes de
savonnettes, des ateliers de pâte d’arachide et de pGtesthtifiices. La coopératiw
avec la CFDT s’inscrit dans le cadre de l’assistance techique. Elle sert
d’intermédiaire entre la SHSB et les maisons mères fabricant des pièces de
rechange.,et se’charge des commandes de l’équipement nhssairc à l’extcllsiou de
l’usine.
La SHSB a subi une évolution remarquable aussi bieu chs le temps que datés
l’espace. Créée pour le ravitaillement de la métropole en corps gws, elle SCvoit
de nos jours, assignée une nouvelle mission, du moins une réorientatiorl de ses
objectifs en livrant des produits de première nécessité à la population locale.
Bobo-Dioulasso, située au coeur d’une région agricole, présente WI
environnement propice au développement des activités illd\tstl-iclles, en
particulier, celles orientées vers la transformation des ressources agricoles. 1311~
se trouve dans une zone qui bénéficie de conditions climatiques et d’urv.z ttlain-
d’oeuvre favorables à l’agriculture, pendant que ses voies d’a&s (codâtes ct
chemin de fer) c’onstituent des éléments de désenclavement terrestre du Sud-
Ouest et partant, de tout le pays. La situation de la ville dc f~obo-I)iorllasso Irri
permet de jouer LIII rôle économique déterminant tant au niveau du Butkina Faso
qu’au sein de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (C.E.A.O.) eu
34
témoignent les semaines nationales de la culture biennale dans cette localité en
plus de ces conditions physiques et hutnaiucs particuIiCrcs, d’:u~trcs fowtious
spécifiques tels que les rôles militaire, politique et administratif ont contribué à
faire figurer cet espace économique parmi les villes les plus remarquables ell
Afrique Occidentale Française. La conjugaison de ces différents facteurs a été à
l’origine d’investissements étrangers telle que I’implautatiou de 1a SI ISB-CI’I’EC-
HUILERIE d Bobo-Dioulasso. La SHSB constitue de ce fait LIII héritage colonial
dont l’évolution aboutit aujourd’hui à une ~~ouvelle définitiorl des missions qui Iui
étaient attribuées.
35
DEUXIEME PARTIE :
Les activités industrielles et leurs effets
induits.
L’activité principale de la SHSB est la trausformatiou des produits de base
en biens de consommation destinés à la population locale. La diversificatiou des
activités’ amène la, SHSB à s’adresser de plus en plus à l’étranger pow-
l’importation de certaines matières premières.
La nature et l’origine des matières premières constituent notre premier chapitre.
Les produits finis et semi-finis font l’objet du second chapitre.
En outre, les activités industrielles ont des effets remarquables sur les marchés
intérieur et extérieur. Les implications sociales et la participation de cette
industrie à l’économie du pays, consacrent le chapitre III.
Enfin, les difficultés engendrées par la transformation et les perspectives d’avenir
de la SHSB sont mises en exergue dans le dernier chapitre de cette deuxième
partie.
_...-. ____- -. .---
~>
31
Chapitre premier l
. La transformation des matières
premières.
La ,SHSB utilise des matières premières d’origines différentes. Au hrkii~a
Faso, les produits locaux concernent essentiellement les produits du cru comme
l’arachide, le karité et le coton. Les autres oléagineux tels que le sCsmnc et lc soja
ne connaissent pas encore une production suffisante pour les besoins de la
transformation.
Les matières premières importées proviennent de la sous-région, de l’Europe ct du
continent asiatique.
1. Nature des produits locaux
A - L’arachide
Elle constitue la principale oléagineuse du pays et se cultivait dejA bic11
avant la colonisation. L’augmentation de la production est allée de pair avec
l’installation de la SHSB dans la région de Bobo-Dioulasso. Cependant, la
production a connu de fortes irrégularités eu égard aux insuffisances dc
l’encadrement et aux différentes sécheresses comme l’indique le graphique sur
l’évolution des cultures d’arachide de 1960 - 1961 à 1989 - 1990.
figure no 2: EVOLUTION DES CULTURES
D’ARACHIDE DE 1960/61 A 19(39/90
Q
(en tmm
14oooc 1..
12000@ J=
i
10000( 1.
E30 ooc
60 OOCb-
40 ooc Iv.
20 ooc )-
L
15J6( 1970 19E30 lml l-nées
Source I [Link]
39
Le niveau de la production arachidière dans les années 1966-l 967, se
situait déjà à 130.000 tonnes. La production a connu par la suite, une chute dc
37 % et tomba à 75.000 tonnes à partir des années 1970. Cette baisse de la
production etait due aux effets de la sécheresse amorcée dans les années 1970, à
une insufi+ance d’application des thèmes techniques, au n~anque de soutien h la
filière et. à l’absence d’une commercialisation soutenue. Cette situation a entraîné
un effondrement des exportations au niveau de I’Etat burkinabè. C’est au vu de
cette désorganisation de la productiori arachidière et de I’indispouibilité des terres
dans le centre du pays pour accueillir la culture du coton, que I’Etat, dans le cadre
de la politique d’intensification et de diversifïcation des cultures de rente, a porté
une grande attention aux autres cultures industrielles tels que le sésame, l’arachide
etc... Suite à cette politique nationale, a vu le jour la [Link] par décret
numéro 85265/CNR/PRES/ du 25 avril 1985 pour promouvoir la culture de
l’arachide en particulier et des ol~agincux CII gCnCra1.A côtti dc la [Link]
interviennent d’autres structures tels que les CRPA et la Caisse Nationale de
Crédit Agricole (C.N.C.A.). Les CRPA s’occupent de I’orgmisatim des
producteurs, des actiom de formation et de vulgarisatior~ tandis qw la C’NC’A
assure la fourniture .de semences, d’engrais et de l’é[Link] agricole kxssaircs
aux paysans.
A la faveur dc la politiqric dc rchicc dc 13 cultr~rc :~r;tcliitli~ic :III IItirkiri:i I~;I~~~~,
I:i
production s’est accrue de 14 % par an à partir de 1985-1986 pour atteindre
160.220 tonnes en 1989. La culture de l’arachide s’est ainsi répandue dans toutes
les provinces du pays avec des variétés adaptées aux difhhctites zows
écologiques. La répartition de la production par province en 1992-l 993, se
présente comme suit :
C A R T E N'2
LEGENDE
[Link] 16. NAHCURI
[Link] [Link]
a 07. GANZCU RGVLi 1.9 .C i l 3 R 1 TE :4GA
220
''''' II. K A 3 IOGO 2 2 .SA NGUI E
[Link]üG3LI [Link]
1 4 . K C 3 I T E NGA 30ZCJNWEtSGO
Les grandes régions productrices de l’arachide se situent autour du plateau
mossi. En raison des conditions climaliques d~favorablcs the Ics r6giws th
Centre, de l’Est et du Nord, l’arachide apparaît comme la scr~lc culture clc rcntc.
Les premiers ‘rôies joués par ces localités dans la production arachidiére
s’expliquent par le fàit que les populations de l’Ouest s’xlo1m3~t lmr~co~~l~ plr~s ,2
la’culture du coton. Par ailleurs, la culture de l’arachide chs certaines localit&
comme la Province du Boulgou s’inscrivait jadis dans les moeurs des populations.
Cette oléagineuse connaissait des utilisations coutumières. L’inauguration de
nouvelles habitations, les fiançailles faisaient l’objet d’une off iande d’arachide.
L’intervention des structures d’encadrement a consisté à faire passer la culture de
l’arachide de la production traditionncllc zi I’csploitatiol~ IIIO~~III~. I ,‘acccI~t est
désormais mis sur les facteurs de production en vue d’accroître les ret&merI~s.
Une politique de commercialisation hcite les paysages à produire plr~s afi dc tirer
des rcvcnus pour faire fitcc ~IX bcsoit~s INW~W~IX qlii s’ill~poscllt ;i CIIS. I J.Y
opérations de collecte et d’achat se trouvent aux mains des grottperlw~ts
villageois, des commerçants agréés et de la SOFIVAR qui dispose d’r111atelier de
60 décortiqueuscs. LA SI ISI3 et Ics co~n~ncrça~~ts agrCbs dCticnncnt aussi IIIIC
partie des décortiqueuses manuelles. Outre ces machines d’égrenage, une unité de
conditionnement d’arachide est en cours de construction a Chagador~~orr. Elle
aura pour rôle, de dhortiqucr, vanuer, trier et atlalyscr la qualit& du produit.
L’huilerie de la SHSB s’approvisiomle eu arachide par le biais de la
CSPPA, de la SOFIVAR et des commerçants agréEs. IJrlc cw\w~tion lie la SI ISl3
à la CSPPA et à la SOFIVAR pour la garantie de I’al)pl.o~,isionrlclllcrlt tic cette
industrie. Ces structures sont tenues de satisfaire les quotas fis& par la SI IS13
avant toute exportation. Ces dernières années, cette unité industricllc XCIISÇ III~
sous-utilisation de l’arachide. La dernière livraison oflïcielle datait de 198% 1989
où l’usine a réceptionné 232,264 tonnes de graines d’arachide. Cette ruplure
d’approvisionnement est due aux difficultés d’écoulcmcnt des produits issus dc la
transformation de l’arachide : pâte d’arachide et huile d’arachide.
Mais d’une façon générale, le marché national absorbe we grande qrlantité
d’arachide. L’autoconsortlmation reprchwtc enviroll 80 ii 90 % dc la pi odrictiori
nationale. Le reste de l’arachide est exporté dans la sous-région ct vers I’ir~rol~e.
I,c marcliC saris-rC~iiiial rittirc I’cssciiticl des cs~~oll:~liol~s. I :i ( ‘ôiv-(l’I\,oitc, Iv
Bénin et le Niger conshwt les cré~~~~x d’écoule~~mt de ce produit local.
Cependant, le Burkina Faso se heurte à la concurrence féroce des gros
producteurs $1 continent Africain comme le Sénégal, le Nigéria et le Soudan. Ces
pays totalisaient respectivement en 1987, une production de 876.000 fores,
740.000 ‘tonnes et 434.000 tonnes contre 146.000 tonnes pour le compte du
Burkina Faso (source : CNUCEI$Gl~NEVE 1988). 1’11 plrts dc ccttc
concurrewe des pays africains, l’arachide pro\want du LJurkilla I;X~ a du mal 6
1Conférence des Nations Unies pour Le Conmerce Et le IXvcloppenwnt
42
s’imposer sur le marclié international face à l’iriterveutiou des pays latiuo-
américains et de la Chine qui y livrent des tonnages jamais égalés.
B - Le coton
La ctilture du coton fut initiée sous l’impulsion de la CFDT hstallée CII
ex-Haute-Volta sous la colonisation en vue de moderniser et de vulgariser la
production cotonnière. Le développement de cette culture industricllc s’est
accompagné de la construction de deux unités d’égrenage à Bobo-Dioulasso en
1957 et à Ouagadougou en 1958. La CFDT garda le monopole de la production
jusqu’en 1970 où 1’Etat burkiuabè s’accapara du contrôle dc ccttc culture. Ccttc
volonté politique engendra la création de la SOFlTEX en 1970 et le recul de la
CFDT qui rétrocéda la majeure partie de son capital à 1’Etat burkinabè. La
SOFITEX fut créée sous le statut d’économie mixte avec pour o\)jcctil‘ l’aide au
développement de la culture cotonnière et de cultures associées, l’achat et
l’égrenage du coton, la commercialisation du coton et de ses sous-produits.
Le coton bénéficie d’un important investissculcut de f’acteurs dc
production (motopompes, engrais, insecticides, bascules etc.. .), Les productions
sont surtout importantes dans les CRPA du MO~~KNIIIet des 1Iauts-hssiils
comme nous I’indiquc le tableau suivaut :
1988-1989 l989- 1990 1990-I 99 1 1991-1992
59 453 62 402 80 230 73 593
CRPA Hauts-Bassins
8 558 Il 360 13 73x 12 9.16
CRPA c0111o$t
4584 4 58-1 7 192 7 705
CRPA Sud-Ouest
65 759 67 480 80 922 63 607
CRPA Mouhoun
--.- __ _ _. __
2 778 2 736 3‘1ltl 7 017
CRPA Ccntrc-Ouest
429 212 209 .l IX
CRPA Cwlrc-Nord
q-4
65 92
CRI’/\ Ccntrc-Est
2 430
CRPA Est
-i-f--&
CRPA Centre-Sud 1Oh
-----..
330 2.1
CRI’A Centre
146 115 ,,,,\,, 107 Il7
‘I’O’I~AI~.........................
Source : CIWA des Hauts-Passim.
La culture du coton exige une pluviotnétrie relativemetit abondante et des sols
qui ont une bonne valeur agronomique. La disponibilité des terres et l’importance
des précipitations dans l’Ouest burkinabè expliquent la prépondérance de cette
partie dans la production cotonnière au Burkina Faso. En plus de ces cottditiotts
physiques favorables, la culture du coton béndficie d’itnportattts facteurs de
production permettant d’obtenir de hauts rendements.
La collecte du coton-graine est assurée par les paysans organisés au sein des
groupements villageois. Le produit est ensuite pesé sur des bascules avant d’être
vendu à la SOFITEX.
La capacité d’égrenage des deux unités construites à Ouq.g&x~go~~ et à
Bobo-Dioulasso dcvcnait itlsufliswtc face a la croissatwc dc la l~todrtcti()~l. l>(~lt
parer à ces insuffisances, d’autres unités d’égrenage ottt été coustruites. Ainsi,
celle de Koudougou a vu le jour en 1969 avec une capacité installée de 130
totmes par jour, Bobo II en 1970 par rappott à l’atlcietttte construction ett 1957
appelée Bobo 1, Houndé en 1978 (200 tomes par jour), Dédougou en 198 1 (200
tonnes par jour) et enfin Bobo Ill et1 1989. IZobo 1, 13olm II et 13oh III ont IHIC
capacité d’égrenage globale de 600 tottnes par jour.
Au total, sept unités d’égrenage d’une capacité de 175.000 tonnes par a11ont été
créées. Cependant, elles detneurent encore déficientes face à l’accroissctttcttt de la
production qui atteignait déjà en 1990-1991, 189.053 tonnes. Un projet de
construction d’une huiti~tne usine d’égrenage est dc ce fait CI~~OUIS dc t&\lisation.
Les productions cotonnières se repattissent entre les industries nationales et les
exportations. Seuletnent 2 % de la productiotl sont vendus aux ittdustrics locales
en l’occurrence la SI-ISB, la SociCté de Fabricatiotts l~drtstricllcs 1k111x~ct
compagnie (SOFIB) et Faso Fani, l’industrie des Fibres Textiles placée à
Koudougou. Le constat qui s’impose est la faiblesse (1~ lmirccnta~e de la
production réservée aux itldustries uatiottales. Cette sitrtatiott est liée à la capacité
d’absorption 1itnitCede ces uttités industricllcs. Les quatttitC;sdc graiws dc coton
triturées à la SHSB ces dernières aniiécs s’Clcvaictit c01i111icsuit :
CAMPAGNES QUANTITES
1985-1986 43.9 12-895
19861987 145.453.277
1987-1988 156837.058 1
1988-1989 152.642.330 1
‘Figure n”3: Evolution des quantitk de
coton triture’ par lu 5.t.1.5.B.
Q(en tonne) A-
6000C L
//PJ+
40 0001..
2owc l
- - -.--- L--..----) IAnn cc.5
lh35lorlii7 19f39 1991
Source : 5. H.S.B.
40
Sur la courbe d’évolution des graines de cotw ri!iIi!$cls htis I’liitilcric, IIOIIS
distinguons dCUX j)hXXS dc croissance ct deux Ihioifcs tic t Cccssiwl. I ,il I~il(lssc
constatée de 1985-1986 à 1987-1988 fait suite à une f0rte dcl~~andecu huile dc la
population sans cesse grandissante. La I>iliSSfZ des ~~~li~!ititCS cnregistr&cs ri p;lrtir
de l’exercice 1988-l 989 jusqu’en 1989- 1990 COIrespoud ti I’htroduct iw dc I’huilc
de la SOFIB sur Je marché national. La SOFIB s’est accaparér d’urnepartie de la
clientèle occasionnant du même coup, des dil?icultés de placc~ncnt dc I’hile
SHSB. Ces problèmes de commercialisation sont à la base de la chute des
quantités de graines de coton utilisées daris l’huilerie de la SI lSI3. La croissance
de la courbe en 1990- 199 1 est duc à la reconquête du marchE de I’lluilc par la
SHSB. La décroissance amorcée en 199 l-1992 est liée aux diflicultés
d’approvisionuemeut en graines de coton. En eflèt, ~111 cl~angcrnent rcr~~arq~tal~le
est intervenu dans le, programme de livraison de cette matière prenlière. La
SOFITEX exige aujourd’hui le paiement par mois avant de procéder 6 un nouveau
ravitaillement. Or les problèmes de trésorerie de la SI lSI3 actwllct~~rtt IKT
permettent pas de faire face à ces exigences. L’absence de fhds propres eutraîw
par moments des ruptures de stocks.
Dans tous les cm, la rcularque qu'on puisse faire est la faible absol ptiw [Link] Ii1 I)i11t
des industries nationales en graines de coton. La sous-utilisation de cette matière
première au niveau national s’accompagne d’une exportatioli accrue de coton
ailleurs en Afrique, en Europe et en Asie.
I ANNEES
1981
1982
QUAN’f IlES
23.991
19.335 --
1983 28.819
19814 ~~---~29.208
1985 n 26.793 ---
1986 46.88 1
1987 45.484
1988 .--.-~ 47.928
.--l_-.-1989 --.----5 1.635
- -_-..
~.
1990 .~--~Ll().u-
77 1
1991 73.687
Solrrce : SO!GEX
1960 -2
Source
-~ : [Link].
L’exportation des fibres de coton se présente en dents de scie avec une tendance
générale à la hausse. A des périodes de croissance succèdent celles des
récessions liées à la mévente. Cette situation irrégulière est dictée par la
fluctuation des prix des produits tropicaux sur le marché mondial.
L’accroissement de la production cotonnière au Burkina Faso dépend entièrement
des possibilités d’écoulement de ce produit. L’augmentation de la capacité
d’absorption des industries nationales serait alors encourageante. A l’heure
actuelle, le coton reste un produit très sollicité dans l’huilerie par rapport à
certaines matières premières comme les amandes de karité.
C -‘Les amandes de karité
Le karité s’étend sur tout le Burkina Faso à l’exception de la pointe Nord. Il se
développe Sur des sols sablo-argileux ou argilo-siliceux. Au Burkina Faso, le
peuplement est assez dense dans le Sud-Ouest..On trouve aussi au Sud, dans les
localités de Diébougou, Léo et Pô, de véritables îlots de peuplements purs de
karité. Par contre, dans la région de Koudougou-Ouagadougou, les peuplements
moins dense6 et moins homogènes sont de taille plus réduite. Le climat sec et le
sol plus ,pierreux en sont la cause. La répartition de l’arbre se trouve influencée
par la densité et le mode de vie des populations. E~I effet les feux de brousse et
les défrichements constituent des contraintes spécifiques au développement du
karité. Ainsi, la plus grande densité de karité apparaît là air il n’y a ni cases, ni
villages. Les arbres sont encore à l’état sauvage. C’est pourquoi on parle plutôt de
collecte que de production.
Par ailleurs le karité a un cycle de développement très I~II~. Il ne
commence à fleurir qu’entre 15 et 20 ans. De plus, son cycle est irregulicr. Et1
bonne année, on peut collecter de grandes quahtés d’amandes. Par cwtre en
mauvaise année la récolte est médiocre. La diflïculté d’obtenir une producticm
régulière conjuguée avec la longueur du temps pour avoir utle prcmihc réculte
n’ont pas permis d’établir des plantations industrielles de karité au Burkina Faso.
En outre, la production serait liée aux possibilités d’écoulement des amandes. Plus
la dcmandc~est élcvCc plus Ics quantitcts collcctécs sont impwtal~tcs. I,a fwte
demande des noix de karité provient surtout de l’extérieur. Les hdustries
nationales telle que la SI IS13absorbent III~~ infirw partie de la ptwhctio~~ du bit
que la transformation de ce produit local n’est qu’une activité secondaire qui vieut
compléter celle des graines de coton lorsqw la capacite dc tritrlration n’est pas
atteinte. .Par contye lorsque la demande estériewe est presque irwxistante, la
CSPPA ne collecte que les quantités fixées par les iridustries nationales. Le plus
souvent un nombre important d’amandes restent inexploitks car le trnitcmcnt
artisanal du beurre de karité ne suffit pas à épuiser tout le stock.
Toutefois la production est impossible à établir quand OU sait que la collecte n’est
pas effectuée à 100 % et qric scrilcinci~t 1111pourccntagc de 13 qri:uititC collcctCc
parvient à la CSPPA, seule institution ofIicielle chargée du ramassage des
amandes de karité. Le reste entre les mains des paysans et des commerçants est
inestimable.
Les amandes de karité réceptionnées par la SI !SI3 s’échelonnaient cowne suit :
CAMPAGNES QUANTITES
1985-1986 5.894,1 10
1986-1987
1987-1988 -------
1988-1989 1.858,439
1989-1990 3.409,500
1990-1991
1991-1992 2.425 ,909
Le constat qu’on puisse faire sur cette courbe est la faiblesse des quantitds
d’amandes de karité consommées par la SHSB malgré la relative importance de la
production. Ceci est à mettre en relation avec le rôle secondaire que joue le karité
dans la transformation des matières premières locales au uivcau dc ccttc iutlustric.
Aussi l’usine ne s’approvisionne pas régulièrement du fait des diflïcultés
d’écoulement du beurre de karité industriel.
L’exportation des amandes de karité commît les mêmes di!Iicultés de placeuwut.
Elle est di&e par la loi de l’offre et de la demande. Le karité a une demande
restreinte à quelques utilisateurs : la Société UNILEVER-TPS en Ga~~le-
Bretagne, KARLSHAMM eu Suède, ARHUS au huemark, IWDJI’I‘OI 1 et
KANEKA-MITHSUBISHI au Japoli. Ces dernières années connaissent une
baisse sensible des exportatious. L’instabilité des quantitCs d’a~~~andcscxporth
tient à la concurrence des produits de substitution :
le karité subi la concurrence sévère de I’ill~~2. C’est un arbre cultivé
abondamment en Chine et qui possédc presque les mCmcs propriétCs que Ic
karité. La régularité du cycle de I’illipé pennet d’avoir une production stable et uu
approvisionnemeut régulier de la part des utilisateurs. DC plus il a I’av:mtagc tic
revenir moins cher par rapport aux amandes de karité qui proviemwt du
continent africain> dont les prix sont élevés compte tenu des frais de douane
doubh dc ceux du transport.
SO
En plus de ce produit de substitution, le cacao constitue un autre concurrent du
karité. On utilise tous les deux dans la pâtisserie. L’exportation des amandes de
karité est en partie dictée par les cours mondiaux du cacao. Lorsque le prix du
cacao est élevé, ses utilisateurs se rabattent sur le karité. Inversement lorsque les
prix chutent, ils se retourueut vers le cacao qui a I’avautagc de IIÇ pas cwu~aître
d’odeur particulière.
Outre les produits de substitution, le Durkina Faso subi la coucurrewe des
pays africains comme la Côte-d’Ivoire, le Mali, le Béniu, le Niger et le Nigeria
dont les productions d’amandes de karité saut importautcs. I~ace a CÇS p~d~lhcs
d’écoulement sur le marché mondial, il serait aussi louable de rechercher uue plus
grande utilisation des amandes de karité dans les industries nationales. I,e beurre
de karité pourrait trouver sa pleine utilisation à la SI-IX3 au niveau de la
savonnerie où la majeure partie des matières premières sont importées.
A - Les matières premières de la savomwie
Les principaux produits de la savonnerie provienwnt esscnticllcmct~t dc
l’exth-icur. Ch distiuguc deux groupes dc ~mduits ilqortks :
- les matières grasses : il s’agit :
l de hile de palme de couleur rose provenant de la
, Malaisie et de l’Espagne ;
l du palmiste, huile soutirée de la iloix de palme, importé de
la Malaisie, du Gabon, du ‘I‘ogo ct de lu Côte-d’lvoirc ;
du coprah, huile ‘soutirée de la noix de coco, importé de la
l
Malaisie.
Les matières grasses coufheut au savon, sa propriété mousscuitc.
- les huiles palmitiques et stéariques : elles sont coiisidérks cmmle des
matières auxiliaires et se composent :
des acides gras de palme provenant de la Malaisie et de la
l
Côte-d’Ivoire ;
51
Les autres matières secondaires sont constituées de la soude caustique de
I’hlgleterre; le sel de la Côte-d’Ivoire, les brillantines et les parfums de la France.
La fabrication du savon exige une multitude de produits. La cousommation
des matières premières de la savonnerie ces dernières années est relativement
importante. Les quantités importées sont mentionnées dans le tableau ci-dessous :
Tableau no9 : Evolution des quantith de nratihes prcrnihzs
importée.~ (en tomci)
Il aurait fallu fournir des dor~t~&zssur mi moins 10 armks pour iuicux
s’imprégner de l’évolution des quantités de matières premières provenant de
l’étranger. Mallleureuseirlei~t, la Sf iSL3 ne disposait pas du matériel inhrruatique
avant 1988 ce qui ne nous a pas permis d’avoir les données chifl’rées antérieures.
Néanmoins, les chiffres recueillis nous permettent de tracer une courbe qui évolue
de façon ir&ylière. La diminution ou l’augmentation des matières premières
importées est à mettre en relation avec le rythme d’écoulement du savou SIISB.
La faible cousommation des matiitres premihs dc la savouucric dc 1989 à 1991
est liée aux difficultés de placement du savon SHSB oil le savon de la SOFIB a
fait sou apparition pendant la même période. La situation constatée dc 1989 à
1991 peut être attribuée aussi aux procédés de rentabilité du savon qui fout que la
SHSB arrive parfois à se passer d’une hportation massive tic produits d~ar~gcrs.
Mais les quantités de produits de base utilisés sont beaucoup plus fonction des
possibilités d’écoulement du savon. L’augmentation des quantités cousommées en
1992 fait alors suite à un envirourwucut comnwcial hvoral~lc ;NI slavon SI ISIS.
Toutefois, la fabrication du savon exige des produits cllimiques telle
que la soude caustique qu’ou ue trouve pas sur le tcrritoirç uatioual. Lc bcurw dc
karité qYi peut remplacer les acides gras de palme ne suffit pas à lui tout seul pour
fabriquer du savon. La SHSB étaut WC witC iudustricllc dc trrlilsfi,r’tll:rtiotl dc
produits locaux, joue ainsi un second rôle d’industrie de substitution aux
importations.
B - Les matières premières de l’atelier de pâtes denti fi-iccs
11 existe une multitude de matiércs premières iutcrvenai~t daus la
fabrication de la pâte dentifrice que l’on peut regrouper en quatre catégories : les
éléments abrasifs, les détergents, les lwnectants et les liants. Toutes ces matiCrcs
premières proviennent du laboratoire GOUPIL, Maison-mère située en France, oil
la SHSB est liée par une licence l’autorisant à fabriquer une catégorie de pâtes
dentifrices.
Toutes les commandes de matières prcrniCres ont été satist’aitcs CI\ 1087,
armée de création de cet atelier. Depuis lors, aucune importation de matières
preiniçres n’a étk efhtuee. Les tribcs de fluor~,l ct dc flrtoca~-yl 0111filil I’ol~~ictdc
deux couunandcs. A la prculi~rc COI~~;~~~C, la SI ISI3 ;I I q-u 25.()0() tr~lws cfc
fluoryl et 25.000 tubes de fluocaryl égalenleut. A la deuxième livraison, clic a
enregistré 75.000 tubes de fluor-$ et 37.000 trtbcs de flrrocwyl.
La stagnation de ces produits de base fait suite aux problèmes d’écoulewwt
des pâtes dentifrices SHSB si bien que nous décomptons de nos jours, 8.382
tubes de fluoryl et 14.616 tubes de fluocaryl comme stocks restants.
Le fait remarquable dans cet atelier est I’itnportatiw ~ICSC~LK totale des
principaux produits de base. Les pâtes dentifrices qui ne sont pas classees datls la
gamme des produits de première nCccssit& ~OIIC de gra~dc corlsoltlrllatiotl, font
jouer à la SHSB un second rôle de substitution aux importations des produits
semi-finis utilisés comme matières premières.
CHAPITRE II. Les produits transformés.
Les produits comme l’huile, le beurre de karité, le savon de ménage et les
tourteaux ont connu une longue évolution. Progressivement d’autres produits tels
que l’aliment de bétail, les savonnettes, la pc?tedentifrice et la pite d’arachide sont
venus s’ajouter à la gamme. L’ensemble des produits issus de la trallsfol‘tllatiotl se
composent de produits finis, setni-fillis et des sous-produits.
1. LES I’[Link]’I’S FINIS El SlChll-FINIS
Ces deux sÇrics de produits rcl~fcrllwlt csswticllcnw~t Ics IwdAts
alimentaires et les cosmétiques.
A - Les produits alimentaires
1. Les huiles
La SHSB làbriquc deux sortes tl’lwiles :
L’huile de coton est obtenue à partir de la trituratioil des graines de coton. L’est
de l’huile raffinée qui tend généralement vers la couleur jaune paille. Elle est
consommée par la majeure partie de la population brirkiilabè. 1.a prochictioii
journalière chiffrée à 230 tonnes, peut atteindre 270 tolwes lorsque la demande
est élevée. La surexploitation de I’ln~ilerie filit dc cette Iwilc, III\ ptwlrlit ciblc (le In
SHSB qui occupe une part importante dalis le cl\ifIi-e d’Alf\iires de ccttc il\dustlic.
L’autre huile, celle de l’arachide provient de la transformation des graines
d’arachide. C’est de I’huile douce couranwwlt appel& Iwile dc t;\blc. I’llc ttorl~~e
souvent sa place dans la préparation des crudites. L’huile d’arachide S’X~IIXC de
plus en plus aux couches sociales aisées eu égard à la cherté de SOI~prix (500 F
CFA le litre contre 350 FCFA celui du C~~OI~). Elle rencontre dc ce filit tics
difficultés d’écoulement si bien que sa contribution dans le chif’fre d’Affaires reste
faible.
2. La pâte d’arachide ((ti~~atliczuè))
Elle est obtenue à partir des graines d’arachide. La pâte d’arachide constitue
l’élément principal dans la préparation de la sauce dite d’arachide qui fait partie
des habitudes alimct~taircs des populatiow brukillabc. I:llc I~‘av;~iI jartmis C!C
l’oeuvre d’une transformation industrielle au Utlrkina Faso avant 1989. La SI fSI3
vient amorcer ce début de production moderne en livrant aux populations de la
pâte d’arachide conditionnée dans des emballages m&talliques. La capacité
installée est de 300 kg de pâte par heure. Sa production est modeste et sa
consommation se limite eti ville. C’est ii11 produit qui n’est pas lar~criiciit
consommé du fait des habitudes de production artisanale par les femmes et
surtout de son prix élevé, en dehors de la portée des masses.
3. Un produit semi-fini : le beurre de karité
Le beurre de karité est obtenu à partir du broyage des amandes de karité.
Les utilisa@&s de ce beurre industriel sont situés en Ewope. 11est utilisé co~lmle
substitut au bewrc tic cacao dans les p%isscrics ct poss~dc des pt opl iL:tCs
médicinales. Sa production est discontinue du f’ait des problèmes de placement du
beurre sur le marché international. C’est t111 produit scco~daire ti la SI lSI3 qlli n’est
désormais fabriqué que sur commande. Sa colltributioll est presque inexistante
dans le chifie d’Affaires de cette unité industrielle.
B - Les cosmétiques
1. Les savons de n1éIlaEe
Oil distingue quatre catégories de savons :
le savon no1 qui pèse 250 g, le savon n”2, 400 g, le sav011 11’3, 450 g et les
barres de 2 kg vendues seulement au personnel de la SI KW. 1x SWOII dc
ménage, reconnu par ses qualités (conservation aisCe, savw bien
moussarit...) connaît une production journalière fluctuante en fiw&rl de
la demande : 45 à 47 tonnes par jour dans les II~I-I~LS, 55 à 60 tonnes en
plein rendement, c’est-à-dire lorsque la demande est fbrtc, et 25 B 27
tonnes quand !‘cScou!c~nct~t est Iwt, II est utilisti pwsq~~~~ pm1~~11t :\II
Burkina Faso et constitue un produit cible de la SHW. Sa contribution au
chiffre d’Affaires de cette industrie est importante.
r 2. Les savonnettes et les pâtes dentifrices
Elles font partie de !a nouvelle gamme .des produits Sl lSl3. A la
faveur de l’extension des activités ,de la SI 1SI3, les chaînes de savomiettes
et de l’atelier de pgtcs dentifiiccs orit 6tc! insta!lCcs CII 1988.
Deux groupes de savons de toilette sont fabriqués: le savon SANYA, 15Og
et le savon SANYA 250g.
Quant aux pâtes dentifi-ices, nous distinguons le l~luocary! bi-fluor6 75 ml
vendu exclusivement dans les pharmacies et le Fluoryl 75 ml qui fàit
l’objet d’une vente libre sur la place du marché.
Le SANYA tout comme les pâtes dentifrices sont consommés en milieu
urbain. La part de ces nouveaux produits dans le cllifli-e d’af’ihires reste
faible du fait ‘d’un blocage au niveau dc: Icur collllllerr;i;llis;Itiorl.
Cependant certains sous-produits tels que les tourteaux et l’aliment de
bétail qui ne sont pas classés parmi les principaux produits SI lS1’3,
concourent pour une grande part à l’augmentation du cl~illie d’atlàires.
11. LES sous-l’lwlNJ1’l’s
Ils sont obtenus à partir de l’huilerie et de la savouncrie. Les rkidus de la
savonnerie ne sont pas valorisés par la SHSB et sont déversés hors de l’usine. Par
contre les tourteaux et l’aliment de bétai I provenant de l’huilerie font I’objct d’une
activité industrielle.
A - Les produits de l’huilerie
1. Les tourteaux
Les tourteaux tout cwmw Ics huiles smt tir& des gr aitics clc cc~toti ct
d’arachide. C’est au cours de la transformation que s’opCre la scission eutre les
produits finis et ces sous produits.
Les tourteaux de coton et d’arachide sont des éléments nutritifs destinés à
l’alimentation du bétail. Les éleveurs les utilisent en cor~lplétrlerlt,lrité avec
d’autres produits ah de suivre la croissance des allimnux. UIW partic de la
production des tourteaux est exportée vers l’Europe et dans la sous-région. Les
tourteaux constituent un produit secondaire de la SI 1SI3 qui est soumis à la
fluctuation des prix sur le marché international.
2. L’aliment de bétail(z)
La production de l’aliment de b6tail est assei réccntc ct date dc 1986. II
conuaît les mêmes usages que les tourteaux. Ces deux produits d’élevage font
l’objet d’expérimentation dans les stations de Farako-13a ct dc Matorn-korl :HI Sud-
Ouest du Burkina Faso. Les recherches au laboratoire visent à améliorer la qualité
de ces sous-produits. L’aliment de bétail est vendu à I’OfTïcine Nationales des
Vétérinaires ([Link].) et aux commerçants qui SC cllargcnt dc la distrihtiwl
au niveau des groupements d’éleveurs situés dans le Nord du Burkina Faso.
Quelques groupements villageois viennent se ravitailler de f’açorl sporadique au
sein de l’usine.
L’aliment de bétail est aussi exporté dans la sous-régi011 vers le Mali qui apparaît
comme le plus gros hcheteur, le Bénin, la Côte-d’Ivoire ct lc Ghat~a.
Il s’agit des résidus soustraits du savon et qui IX soiit pas cxploitCs chs la
savonnerie à cause de leur faible proportion en soude cwstiql~e. N’ayant pas dc
propriétés+ requises à d’autres fins dans l’usine, ces déchets, sous forme liquide,
sont conduits dans des canaux pour être dh~s~s tla~s we ZOIW de 1agr111:1gc
51
située au Sud de la zone industrielle, le long de la route 13ol>o-I)iorllasso -
Banfora. Une bonne partie de ces sous-produits, de couleur noirâtre, est
récupérée par les femmes du secteur informel pour la fhbrication artisanale du
savon.
Au total, les activités industrielles ont e~lgcndré mc divcrsificatkm des
produits livrés sur les marchés co11soIIlI)l;1tclIt’[Link] rytlme d’Ccouhwt~t de cçs
produits détermine en grande partie, les quantités de production. Pour avoir une
idée de la consommation intérieure, il aurait fallu dresser UIK carte dc rCpartitiorl
des produits SHSB par province. Malheureusement le service commercial de la
SHSB ne dispose pas de données statistiques sur la colisotlllllatiol~ des difl’hcntcs
provinces. La distribution des produits SHS13 est assurée par les commerçants
dont la plupart sont installés à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou. Ils s’occupent
à la fois du ravitaillement d’autres provinces eu dehors de leur rEsitlctlce ct
reviennent s’approvisionner auprès de la SHSB lorsque les conditions fïnailcières
s’y prêtent. De plus, l’absence d’agrément fait quh nombre important de
commerçants s’accaparent des produits SI ISIS S;~IS qu’o11 colulaissc ILNI s
destinations exactes. Il est difficile dans ces conditions de dégager la part réelle
de consommation de chaque province du Burkina Faso. La politique comwxcialc
de la SHSB vise essentiellement à écouler une grande quantité de ses produits. La
non exigence de l’attestation fiscale permet d’éviter la restriction de la clientèle.
III. Evolution des quantités produites.
Les tableaux ci-dessous nous donnent I’évolutio~l des quantités produites
depuis quelques années.
1989 1990 199 I I 092
FLUOCARYL 23.074 14.909 13.032 2 1.096
FLUORYL 12.418 34.880 12.043
Sorrrce : SHSB
58
Tableau no1 1 : Evolution des quantités des autres produits finis el
semi-$nis (en lonne)
1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1990 1992
- -
Savon de $695 11230 10804 12092 13816 13873 9219 9SI.l 9406 6657 10500
ménage
Beurre 1367 1421 2610 608 1859
de karitC
Savonnettes 33 166 65
rourteaux 13000 10334 12465 13212 -, 11233 21563 23491 19991 12120 19786
Aliment - 521 3596 5118 5639 7381 978-t
de bétail
PBlcs 45
d’arachide
Huile 4175 5223 4879 4729 5203 5070 8642 8755 11063 10759 12603 10350
de coton
Huile 500 39 106 135 1592 93 20(1
d’arachide -.
Source : SHSB
L’interprétation des quantités produites est beaucoup plus aisée sur des
courbes d’évolution.
Q(en tube
l-----Il’
f 1\
50 oc
fI f \\
I \
/ \\
\fff \ /
20 OI \
\
,fi L\;JLa,, / ‘.“’
\\
100
\
\
\
13t33 1?30 IF'31 1391 /\r,r,r/'v:
sou f-cc : S.H.S.B. --- FlUOry I
f'lr IcJrar yl
Les courbes sur la production des pâtes dentifrices fluoryl ct fluocaryl Cvolucnt en
déphasage. La production du fluoryl a connu une augmentation en 1990 avant
d’amorcer une chute pour devenir nulle en 1992. La hausse fut liée à un
écoulement important de ce produit nouvcllcmcnt lancé sur le 1narch6
consommateur. Le recul enregistré à partir de 1990 est à mettre en rapport avec la
cherté du prix du fluoryl. Les populations préfèrent se rabattre sur les autres
marques de pâtes ‘dentifrices qui se vendent moins cher sur la place du marché.
Par contre, la production du fluocaryl a subi une baisse jusqu’en 1991 avant de
connaître une légère augmentation en 1992. La mévente du fluocaryl de 1989 ~II
1991 est liée à la situation confuse entre les officines qui sont les principaux
grossistes et la SHSB(3). L’accroissement de la production fait suite à une
restauration dc confïancc cntrc Ics deux partcwircs.
(3) : IR prcmicr approvisionncmcatdesoflïcirics s’cslctlixlrlti ~III~ III pr~will~tiolt dc I’illl~Sl~lliOll li4c11Ic (pli II’II Jriilhrs
pas fait l’objet de réclamationau moment de la livraison des produits. Or selon la ltigishtio~l CII vigueur, toutes les
pharmaciesdoivent présents une attestationtïscale les acquittalIt de leurs tascs a\‘illlt d’crltrcr CII posscssiorl des prodllits
SHSU. Ce diK&end qui s’estsoldépar le paicmcnt d’amcndcsaussibien du cOtCdesolliciws qw dc celui tic I;I SI ISIj II
frisé unecertaineméfiancede la part despharmaciesquantd Icur ap~~rovisioll~ielIlcllt
CII p51csdctltiliiws
60
1~s autr’cs courbes d’évolution sur les nouveaux et anciens produits SHSB,
ainsi que les produits d’exportation peuvent aussi s’interpréter en fonction de leur
1on de la production de nouveaux
Q(cn tonne ]
sooc
1 ooc
1 I z .
IC 16 19t37 19fK3 19t39 1990 19bl 1992 Annees
Source: 5H.S.B. ,,,.rs).‘v, Aliment de bétail
Savon de toilette
---- Pâte d-arachide
61
La production des savons de toilette et de la pâte d’arachide demeure très faible
compte tenu des difficultés djcoulement de ces produits.
Par contre celle de l’aliment de bétail connaît une croissance régulière. Les
quantités de production, très élevées par rapport à celles des savo~~nettcset de la
pâte d’arachide, tiennent à la forte demande des éleveurs.
figure n”9, : EVolution de la production des ancS;cns
produits 5.H.S.B. I;vre; sur le Marche
National
_.- --.- ___---_---.-_~-- _____ -...
Produc~
’ (en tonne)
13QOC
Source : [Link].0. +. + ++Savon de menage
____,__ Huile C~C coton
-WV Huile d aruchide
*
- . . . . . .. . Absence d e dei rincc9
62
Les mêmes difficultés de placement gagnent aussi les anciens produits SHSB
livrés sur le marché national. La production de l’huile de coton a connu une
tendance genérale à la hausse jusqu’en 1992 où elle a accusé une baisse sensible.
Les besoins de la population sans cesse grandissante en huile expliquent
l’augmentation de ce produit alimentaire. Cependant la chute de la production à
10.350 tonnes en 1992 fait suite aux difficultés d’approvisionnement en graines de
coton. ,
Quant à la ‘courbe des savons de ménage, nous pouvons distinguer plusieurs
phases d’évolution : une première phase de 1981 à 1986 marquée par une relative
croissance de la production due à une forte demande. A cette augmentation
succède un pallier dans la deuxième phase de 1984 à 1987, puis une chute à partir
de 1987 correspondant à la troisième phase. La régression de la production du
savon de ménage en 1987 est essentiellement due à la concurrence du savon
SOFIB qui venait de conquérir une bonne partie du marché ; enfin l’ascension de
la courbe de 1991 à 1992 correspond au dernier tronçon oil une politique
commerciale dynamique a permis au savon SHSB de revenir en surface.
La troisième courbe d’évolution de la série des anciens produits SHSB est celle de
l’huile d’arachide. La production de cette huile est faible à cause de son utilisation
limitée à une catégorie de la population relativement aisée.
63
FiguPe no 10 : Evolution des quanti&
d e produits [Link]. cx pot-t 6s
Pt-gductibn
(eti tonne)
2OOOQ
r
?5 ooc
...
+
n 1935 1990 Annccs
Source : S.H.S.B. ---.- beurre de kak;! 6
tour) eaux
..-._ .____.. _. absence de donn@és
4
A l’instar des courbes d’évolution des produits de consommation intérieure,
celles des exportations portant sur le beurre de karité et les tourteaux présentent
une forme [Link] de scie. La fluctuat,ion de la production tantôt à la hausse
tantôt à la baisse est subordonnée à la situation des produits des pays tropicaux
sur le marché international.
D’une façon générale, les productions de la SHSB salit fonctioti de la
demande, du moins du rythme d’écoulement des produits. Les créneaux
d’écoulement des produits SHSB seront analysés dans le chapitre III.
65
CHAPITRE III. Les retombées sociales et
économiques
L’implantation de la SHSB dans la région de Bobo-Dioulasso n’a pas
manqué d’avoir des répercutions remarquables tant sur le plan social que sur
l’économie du pays tout entier. Elle a engendré des changements notables dans la
vie des populations depuis la production des matières premières jusqu’à la
commercialisation en passant par la transformation. Les répercutions socio-
économiques peuvent s’observer dans les circuits de commercialisation et dans la
contribution de la SHSB aussi bien dans le monde rural que dans le
développement natioual.
1. Les marchés cotwmmateurs.
La coinniercialisatioti cotistitric ut1 volcl sctisiblc poIir tii1c riiiit&
industrielle. Elle imprime son rythme à la production. Plus l’écoulenteut est
rapide, plus on est tenté d’augmenter les capacités de production. En cas de
mévente, l’industrie est obligée de fonctiowcr CH dessous dc ses capacith dc
production car rien ne servirait de produire d’avantage si l’on n’est pas sûr de
trouver des débouchés.
A - Le marché national
Les huiles dexoton et d’arachide, le savon de ménage, les savonnettes, les
pâtes d’arachide et dentifrice, l’aliment de bétail et UIIC partic des tourteaux sont
destinés à la consoutmation locale.
L’huile de coton est conditionnée dans des fUts métalliques de 200 litres et dans
des touqics dc 25 litres.
L’huile d’arachide est aussi livrée dans des ftits métalliques de 200 litres eu plus
des bouteilles plastiques d’un litre.
La distribution des ltuiles d’arachide et de coton était assrw.?eavaut 1992 par des
grossistes agréés. Mais les agréments ollt été abroges e11 1991 suite à we
situation de mhetlte. L’agrhwnt ,2 la SI ISIS avait cot~rl~lit ;i IIII I~loc;~~c
d’écoulement des produits. On s’est ret~du conlpte d’utle tl~faillakx
d’infrastructures de stockage au sein de certains comwrçants agré& qui
n’arrivaient pas à vendre de grandes quantités. De plus, la faiblesse de leur moyen
financier ne permettait pas un approvisionnement régulier eii produits SI ISB. For
66
de ce constat, le service commercial a adopté un système de vente libre. Tous les
commerçants out désormais accès aux produits SI 1SB pourvus qu’ils soieut eu
règle vis à vis des services du fisc. L’huile de coton est largemeut consommée
dans toutes les provinces du pays à l’exception du Sud-Ouest et des localités
proches du Togo. Par contre, celle de l’arachide se limite eu ville.
Le savon de ménage est livré aux grossistes dans des cartons. II constitue
avec l’huile de coton, les deux produits les plus sollicités par la clientèle. Leurs
productions sont insuffisantes face à l’accroissement de la population.
La consommation des savonnettes, des pâtes d’arachide et dentifrices est
limitée aux milieux urbains. Les savons de toilette sont livres aux clients daus des
cartons tandis que la pâte d’arachide est conditiormCe dans des pots dc 20 kg ou
dans des cartons renfermant des boîtes de 425 et 850 g.
La pâte dentifrice fluocaryl est livrée ti la Société Nationale des Pharrw~cics
([Link].) qui se charge de la distribution daus les ol‘ficiues.
Le fluoryl quant à lui est vendu sur la place du marché.
L’alimcut d<l bCtail ct une partic des tourteaux swt vc~~lus aux groulw~w~ts
villageois, à l’[Link] et aux commerçants qui assurent la distribution au
niveau des groupements d’éleveurs et des éleveurs isolés. La plupart de ces
éleveurs sol? situés au Nord du pays oil les zones de pâturage sont quelquefois
disponibles. Les populations pratiquent UJI élevage à caractère extensif. L’aliment
de bétail est beaucoup CO~ISOIJ~I~~ CII saison stichc lorsqr~c I’hcrl~c clcvicrlt
inexistante et les pâturages de plus en ,plus rares.
Le circuit de coiiiincrcialisatioll suit uw chaitic depuis Ics grossistes
jusqu’aux consommateurs en passant par les demi-grossistes et les détaillants.
Cepeudaut il n’existait pas ut1trioyw de coiitrôlc cllic~c ~III‘ I:I dcstiiiatioii des
produits ce qui fait qu’il est difficile de quantifier la consommation de chaque
province du Burkina Faso encore moins les sorties eu dircctiou des pays voisins.
B, - Lés exportations
Le beurre de karité et les tourteaux constituent les deux produits
d’exportation de la SlISB.
Le beurre de karité est destiné à uue clientèle esseutiellcment europCeune et
asiatique. Aujourd’hui il connaît une mévente sur le mnrché illtenlatiorlal. II n’est
désormais produit que sur commande.
Les tourteaux connaissent également les mêmes problèmes d’écoulement. Les
tourteaux de coton sont actuellement vendus sur ~onml:~~l~ ,7des intcnu~diaircs
comme INTER-TRADEX, CFD’! (France), AIGLON (Suisse) qui SCclwgcnt de
la redistribution.
La production des tourteaux d’arachide est ITW ri GIIISCdc la t1itrltirtioti pwctwllc
des graines d’arachide.
Les activités de production et de commercialisation ont des efl’ets
remarquables tant dans le milieu urbain que dans l’organisation du monde rural.
II. L’animation du monde rural.
A travers ses activités la SHSB a un impact réel sur le ~wmde rural. Elle y
injecte par le biais de ses partenaires commerciaux (CSPPA, SOFITEX,
SOFIVAR et commerçants partiwlicrs) II~I~ IIIXSC importalltc c~‘:w~~III. 1711 cfkt
les achats de graines de coton à la SOFI’I’EX par exemple, varient entre 45.000 et
80.000 tonnes par an correspondant à une valer~r ~noye~m dc 800 n~illiws 5 I ,2
milliard de francs CFA. L’achat de cette matike prcmiiirc pcllwt aux wgmisrlw
chargés de la promotion de la filière coton d’intervenir efficacement au niveau du
monde paysan. C’est le cas de la SOFITEX qui y apporte son concours ,7travers
la livraison d’équipements agricoles (tracteurs, motopompes, bascules), d’iutrants
agricoles en vue d’accroître la productivité.
Les régions bénÇfïciaires de ces facteurs dc prod~~ctiousont cssc~~ticllw~c~~tccllcs
qui produiseljt du coton : les Proviwes du Mouhoun, du lIouet, de la Comoé
etc... En général ce sont les régions du Sud-Ouest oi~ les conditions agro-
climatiques sont favorables au développcnwt de cett,eculture i~hst~ iclle.
Toutefois l’apport financier de la SHSB dépasse les limites du Sud-Ouest oi~ elle
est implantée. SOUdomaine d’iuterveuth s’6tcnd a11Ccntr-c ct à sa p&iphhk oil
la culture de l’arachide est importante. Ces localités jouissent des ristournes tirées
de la vente de l’aracl~ide,
L’achat des matit’res premières al~prés des services clergés dc la collcctc et dc la
commercialisation procure aux paysans des sources de revenus. Ces
rémunérations permettent aux producteurs d’améliorer leurs corlditiorls
d’existence. Les produits agricoles sont ainsi \ralorisés par les mités industrielles
de transformation qui, en retour, fournissent des services propices ~II maintien de
ces cultures à travers leurs [Link] avec Ic milieu rirral. C’est d:ws cc SCIIS
que la SHSB encourage la production agricole. C’est égalernellt 5 ce liiveari que
l’agriculture peut être cowidérée comme le pilier de I’indrlstrie e11 11Ivorisant
d’abord l’autosuffisance alimentaire puis cil dégageant 1111surplus qui est drainé
vers l’industrie. La SHSB contribue ainsi aux changements de mentalité des
populations qui ne se contentent plus de produire pour survivre mais de fourriir
des quantités importalites prêtes à être commercialisées. La spéculation sur les
produits agricoles concourt à l’élévation du niveau de vie du monde paysan.
La SHSB <contribue ainsi au développeuxnt du IIWIK~ I HI al tout CII ouvrant la
voie à l’innovation technique; Son impact dans I’écononlie urbaine est tout aussi
significative.
III. Renforcement de l’économie urbaine
La contribution de la SHSB dans le développeuieiit urbain passe d’abord
par la résorption du chômage qui est l’un des IJI~W cruciaux des pays sous
développés. C’est pourquoi les considérations économiques ne doivent pas être
privilégiées au détriment de l’aspect social.
A - Emplois et salaires
A la ‘fpvcur de la divcrsiticatiw tics wtivitEs tic l:i SI IS!j le ~ioiubrc
d’emplois eh passé de 331 eu 1987 à 403 en 1992. Panni les 403 emplois ou
dénombre 19 cadres, 38 ageuts de maîtrise, 342, employés et ouvriers et 4
expatriés fiançais. Cette industrie reste marquée aussi de plus eli plus par la
présence des femmes dont la participation est jusqu’alors faible. Au nombre de
29, on compte 18 femmes dans I’ad~~~i~~istratiot~ du pcrsor~ncl (CII ghhal des
secrétaires de bureau), une femme dans la savonnerie et 10 dans l’huilerie.
En plus de ces travailleurs permanents OII note la présence d’owricrs saisotwicrs
au nombre de 35 et uue moyenne de 50 journaliers par mois. Le rccrutcmerlt des
employés de bureau et des cadres supérieurs se fait par test tandis que les
ouvriers suivent des passages A niveaux : du stade jo~malicr ils dcvicwcnt des
journaliers permanents en passant par le statut de saisonnier.
Malgré I’au6lllctltatioi1 des emplois CII 1093, Ic IN)IIIIH~ des tt:lv:lillcrtr s dc
la SHSB demeure faible. Pourtant cette industrie est la plus ancienne du Burkina
Faso. C’est la preuve qu’elle aurait dfi créer plus d’emplois qu’o11ne le constate
aujourd’hui. La faiblesse des emplois tient au fait que les ~~ouveaux produits Ile
sont pas rentables. La chaîne des savonnettes, les ateliers de pstes dentifrices et
de pâte d’arachide n’arrivent pas ri corqrrhil stllYis:lrlllllclll Ic IllNClld
consommateur. La mévente de ces produits entraîne le plus sou\,ent u11blocage
des activités au sein de l’usine. Dans ces conditions, le persorwcl affcct~ dans ces
secteurs est obligé de se rabattre sur I’huilcric pwr ne pas SC rctwuvcr au
chômage. Il est, difficile en ce tnotnent d’envisager d’autres recrutements.
L’augmentation des etnplois va aussi de pair WCC la croissnttcc Ccottottticlrtc dc
l’unité industrielle. Plus les produits apportent un chifTre d’afraires itnportattt à
l’industrie, plus on est tenté de diversifier les activités donc d’accroître le notnbre
d’emplois.
Par ailleurs l’iutroduction de nouveaux produits sur le tttarchC doit tcttir
compte du pouvcjir d’achat des populations. Rien ne servirait de livrer sur le
marché consommateur des produits que la majeure partie de la population n’arrive
pas à s’octroyer par faute de moyen financier.
L’ensemble des travailleurs permanents de la SHSB bénéficie d’une solde globale
de 26 millions de francs CFA par tnois allant de 40.000 FCFA portr l’ottvricr dc la
3e c$égorie salis ancienneté à 400.000 FLFA pour les cadres sitpérieitrs attcietts.
La distribution de ses salaires cache cependant des disparités etltre les couches
sociales. En effet l’ouvrier de la 3e cat6gorie a un tnanqttc à gagttcr par rappot t a
son supérieur hiérarchique qui peut faire face à de grosses d&pettscs.
40.000 FCFA dans la crise économique actuelle sont itwtfKisants bien qu’ils
dépassent le Salaire Mittitnal ItltctprofCssiottttcl ~farattti (SMIG) au 13~1kitta Faso
fixé autour de 22.000 FCFA. En général les travailleurs qui touchent les plus bas
salaires sont des responsables de fatnille. Ils endosseut sortvetlt des charges plus
proportionnées à leurs revenus ce qui fait qu’ils n’arrivettt pas à dégager utte
épargne fi-anche. Lorsque l’épargne n’existe pas, il n’y a point d’investissement.
Pendant ce tetnps, ou note une évolutiott du coût de la Vic, cc qui fait qu’il n’est
pas aisé pour la majeure partie des travailleurs d’acquérir des biens de
consommation. Les populations auront donc tendance à s’appauvrir. Les
conditions d’existence deviettttcttt de plus ctt plus pt+caircs ctttpCcltattt ainsi le
niveau de vie de s’améliorer.
Malgré la faiblesse des revenus, la distribtttioti des salaires contribue att
renforcement de l’économie urbaitte à travers les dépenses des employés. Cette
contribution est beaucoup plus sigtlifïcativc i travers Ics taxes vcrs~cs i I’T:t;lt.
B - Les taxes
La SHSB est tenue de s’acquitter de ses taxes et droits de dortattc sclott la
législation en vigueur prévue par le code des ittvestissctttcttts. Au titre dc ces
impôts on peut citer, la Taxe Patronale d’Appretttissage (T.P.A.) perçue sur la
main-d’oeuvre et reste à la charge de l’employeur, la patente, I’lrnpôt Unique sttr
les Traitetnents et Salaires (I.U.T.S.) payé par I’ctttployC, Ic IZCttUlicc Ittdustt~icl ct
Commercial (B.I.C.), la Taxe sur la Valeur Ajoutée (T.V.A.) en remplacetnent de
la Taxe sur le Chiffre d’Affaires (T.C.A.), les taxes routières, les vigucttes et les
droits d’enregistreme11tet ti111brespour l’établissewent des co11tratsde bail en
faveur des expatriés.
Les droits de douane et les taxes coustitucut les plus grosses charges dc la Sl ISB.
Ils entrent dans le cadre de la Inobilisation des recettes par les municipalités
urbaines en vue du fïnance1nent des services locaux. Les bénéficiaires de ces
services doivent fournir de ce fait les ressources nécessaires aux investissements
publics et aux ’ dépenses courantes. L’i1nportance des taxes versées aux
municipalités locale’s tient au fait que ceux qui disposent de reveuus élevés
doivent un fort pourcentage d’impôts pour éviter de proposer des services plus
proportionnés aux gains des couches inférieures de la population.
La SHSB est aussi sollicitée pour le financement de certaines activités
provinciales voire nationales. Elle vieiit de s’illustrer tout dcrniCrc11lc11t
CI~ta11tque
sponsor officiel de la se1naine nationale de la culture Bobo 92 avec u11e
contribution de 7 tnillions de fraucs CFA. Elle participe aussi au Tour du Faso,
manifestation cycliste se déroulant chaque a1111Cc à l’occasion de la Etc uatiowlc
du Burkina Faso. Le règlement des frais d’eau et d’électricité procure des devises
aux organismes chargés de ces ressources qui peuvent améliorer davantage leurs
prestations.
L’apport de la SHSB au renforce1nent de lëcouo1nie urbaine est aussi perceptible
sur les activités du secteur informel utilisant les sous-produits de cette industrie.
C - Création d’activités en aval : le secteur informel.
1. Nature des produits et leur co1n1nercialisation
Le rejet des eaux usées de la savonnerie de la SllSB contribue au
développement d’intenses activités ~netvks par les femmes du scctcur informel.
La rnatib-e prclidrc priiicipiilc dc111crircles rEsicllis dc S;~~O~IS
SI ISIS aw~lr~cls les
femmes ajoutent de la potasse et quelque fois du beurre de karité traditionnel. Le
mélange est porté à ébullition. Après refroidissement, le savou est roulé sous
forme de boules prêtes à être commercialisées.
Le savon est vendu de porte CI~porte ct sur la place du marcl16. C’est
essentiellement un commerce de détail qui procure aux femmes ut1 revenu
modeste pouvant atteindre quelquefois 20.000 fiancs CFA dans le mois. Le savon
artisanal est,vendu le plus souvent aux couches sociales infërieures et moyennes
71
qui l’utilisent soit pour laver les ustensiles soit porir recou~~rir le dos dc la mat mite
facilitant ainsi SOII 1~31oy~i~~c.
Le monde du savou mtisaual cotitrihe aiiisi fi wloriser les saris-piodriits de la
SI 613. II est à cc titre, 1m partwairc iIrlportar~t dc la SI !SI3 ct ~KUI~X UIC tlmirl-
d’ocuvrc assez iioi~iI~~cwx qtii C)\if riit ;III~ I~q~~~l:~tioiis clcs Ijiciis tic S~I L ic*c*s ;i 1~011
marché. Il se présente alors comme ui1 scctmir joimt un rOlc Ccominiquc et
social d6terniiii:irit claris Ic milieu rirlxiiii. ( ‘cpwd;~t~t il ic~iccuitic 1111 cc’i t;iill
nombre de difficultés à son dé\,eloppement.
Le sayou artisaiial coiiiiriît mi écorilciiicrit leiit dti A l’droitcssc dc SOII
marché. Cette situatiori tieiit :III filit que SOI~ ritilisatiori iic s’Ctciid p:is ;i t011tcs 1~s
couches sociales. De plus, il subit la c~I~~II~I~I~~~ fCiwe clrr sa~x~it iiiclristr ici cjrii
est de qualité mcillcure. 1711outre, Ic 11~mdc clrt S:IWW :u tis:~l~:il est IKYI ot !~,;ir~isC IIC
disposaut pas d’ilifi-astrrlctllrcs acléqrr:ttcs ri sot1 Cl’:lliorlisscrii~llt. S:I 1~ oclrtctiotl CII
ville doit obéir XIX exigcrlces des pqxrl:ltions tnrlt CH q~r:llltitC ~II’CII clrl;rliti’ afi11
d’Clargir soi1 niarchC dc coi~soi~~iii:~fioii.
72
Chapitre IV. Problémes et lwrslxxtives (le la SIISI3.
La SHSB, dans ses efforts de renforcement du développement économique
et social rencontre d’énormes difficultés à plusieurs niveaux. II s’agira dans ce
chapitre de faire, ressortir et d’analyser les problèmes inhérents à son bon
fonctionnement. Le’ diagnostic sur cette unité industrielle nous permettra
d’entrevoir les éventualités qui peuvent être favorables à son épanouissement.
1. Les problèmes de la SkISI
Ils sont multiples et vont grandissants avec la diversiflcation des activités.
Toutes les matières premières susceptibles d’Ctre transfonn&s ne trouvent pas
une grande utilisation compte tenu du cent de production le plr~s souvmt ClcvC.
De plus les conditions d’approvisiollllelllellt des usines en matihx prctniCrcs II~
sont pas tout à fait enviables. Les qrmr~tités tic productiol~ soiit pi-fi)is CII dcyà
des besoins de la population, tantôt stagrmtcs par rapport aux tytluucs
d’écoulement des produits. Le matériel de production demande de nouveaux
investissements pendant que l’industrie traverse une crise fïnancitit-e sGcusc.
Toutes ces difficultés peuvent se résumer à la concurrence industrielle et aux
conditions techniques.
A .- La concurrence industrielle
Avant d’aborder la concurrence proprement dite, il couvieut de s’attarder 1111
instant sur les difficultés d’approvisionnement en matières premières.
1. Les problèmes d’approvisionnement en matières
prCtnières
Au niveau des produits chimiques importés, la difXculté réside
essentiellement dans le délai de livraison. Le plus souvent la réception des
produits qui transitent par le Port d’Abidjan (Côte-d’Ivoire) accuse un retard.
Même si ce retard ne cause pas de dorn~n:~~cs itllpottnnts, il ampute qdqr~c pcr~
sur le rythme de la production.
En ce qui &Cerne les tnatières premières locales, l’arachide et les amandes de
karité ne posent pas de problèmes sérieux vu que les structures chargCes de leur
collecte sont tenues de satisfaire en priorité les quotas fixés par la SI ISB en début
73
de campagne. .Par contre un changement est intervenu dans le ravitaillemeut de
l’usine en graines de coton. Par le pnssC, un plari d’Cvacri:itiw des gwiim de
coton liait la SOFITEX à la SHSB. La SOFI’I’EX livrait la matière première en
fonction des besoins de l’huilerie. Automatiquement après la veilte d’huile, un
quota revenait à la SOFITEX. Mais aujortrtf’hui COII~~!C ICINI des diflic~~lt~s
financières que connaît la SOFITEX, elle exige un paiement au comptant par
mois. Ce revirement de la situation pose d’énwmes &flicultCs CI la SI ISI3 qui, elle
aussi, traverse une crise financière. Les problèmes de trésorerie ne permettent pas
pour le moment à cette industrie d’assurer ~II approvisionnement régulier dans les
limites des conditions exigées par la SOFITEX. La SHSB ne pourrait faire face à
la situation présente qu’avec l’entrée de devises tirées de la vente de ses produits.
Or elle a du mal à pouvoir placer convenablement ses produits dans cet
environnement concurrentiel particulièrement mouvemwté par la IibCi-alisation et1
cours.
2. L’environnement conciwreiitiel
L’huile de coton est concurrencée par celle d’une autre unité de
transformation de produits locaux, la SOFIB-Huilerie, et les huiles provenant des
pays voisins. La SOFIB s’est accaparée &~III~ partie du IIKI~~II~ CII introduisant
une huile qui coûte moins chère (300 FCFA le litre contre 350 FCFA celui de la
SHSB), afin d’attirer la clientèle. Or le prix ‘est aussi déterklallt dans la
commercialisation. Pour une population ayant un niveau de vie relativement bas,
plus que la ‘qualité et l’hygiène, les gens cherchent à se procurer des produits
moins coûteux.
De plus, la politique de commercialisation des 13s d’lwiles de la SI 1SB adoptée
en 1991 avec l’emballage perdu a entraîn WC ~M~ISS~ ci11 prix ci11 fiît d’l~r~ile
passaut de 62.505 I;Cl;A ii 70.0W l;Cl;A. Cela a swcité IIII tctlait des ~everitleiiis
(demi-grossistes et détaillants) qui ont du mal à rassembler les moyens financiers
nécessaires à leurs approvisionnements. Ils préfèrent désormais se tourner vers
l’offre la moins chère.
En dehors de l’l~uile de la SOFII3, on retro\lve sur le ~,wrcl~é, WC pawplie
d’huiles étrangères qui coûtent moins cher que celles de la SHSB : huile Dillor,
huile Palme d’or de Côte-d’Ivoire, huile de c(Cathwelb) etc...
/4
Par ailleurs, les textes administratifs en matière d’attestation fiscale et dhgrémerlt
ont coustitué 1111fi-ch i la vrrlgarisatioii dc ccrt:iim prodriils tclle qric I’hriilc C~C
coton. Ils sont à l’origine du retrait de bon nombre de conuuer~al~ts qui se
tournent facilement vers la commercialisations d’autres huiles mCmc Ctrangc’res oil
l’ou ne demande uuiquemeut que Ics fi-ais dc douant. La V~II(~ des produits
étrangers apporte des devises considérables aux commcr~auts eu égard à la
différence des prix. Le carton de 12 bouteilles d’huile d’arachide par exemple
coûte 5.604 FCFA contre 5.000 FCFA le cartoll de 12 bouteilles de l’huile palme
d’or. L’écoulement de cette huile étrangère est par conséquent beaucoup plus
rapide que celle de la SHSB compte tenu des prix pratiqués.
La SHSB rencontre aussi des problèmes d’écoulcmcllt de SOI~huile thr~s les
Provinces du Sud-Ouest (localités de Gaoua) oil le beurre de karitC altisaual
demeure la principale huile végétale utilisée dans I’alime~ltation des populations.
L’utilisation du beurre de karité au dCtrimcnt dc I’l~uile inrlrlstricllc tlat~ ces
régions tient à plusieurs facteurs. D’abord la collsolllll~a(iolI de cette huile vCgChle
relève d’une habitude alimentaire. Aussi une bonne part ic dc ces popr~latious
méconnaît l’huilc iudustricllc ce qui fait que sa cotlsollllll~ltiol~ est illsigllili;llltc.
Ensuite cette situation est liée à la faiblesse du niveau de vie des populations
rurales. Au lieu d’acheter un litre d’huile ti 350 FCFA, les fc111111cs des c:~~~lpag~lcs
préfèrent s’occuper daus la fabrication traditionnelle du beurre de karité qui
n’exige aucune charge financière particulière, sinon l’effort physique déployé.
La sous-consommation de l’huile SHSB dans les 1ocalitCs proches du Togo est ri
mettre en rapport avec la production artisanale de l’hile d’arachide et la veule
clandestine d’huile veuant de ce pays voisin. I,a fraude COIICCIII.~ aussi I’lluilc tic
«Cathwell» normalcinciit considCréc coininc un don iuais qui liait l’objet dc
spéculation.
Néanmoirls, l’huilc de coton dc la SI ISI3 filit toujours I’objct d’r111cf’o~tc tlc~~~lc
pendant que le savou de ménage accuse des di!IicultCs séricuscs de placcrue~~t.
Lc savon dc iiihiagc tic I:I SI ISI3 qtii ;i\3it doiliiil& I)cr~(l;ittt Iott~:tc:i~~~~sIc
marché a connu une chute spectaculaire à partir de 1987 avec l’introduction du
savon SOFIB dans les milieux cousonlmateurs. La création dc la savomlcl~ic dc la
SOFIB faisait suite à l’insuffisance de la production de la SI iSB f’ace à uue
demande croissaute. Mais très vite, la SOFIA a conquis Ic IIKIKIIC ~II li\~l-arlt du
savon m0ins cher aiix populations (6.000 FCFA le cartoi~ d\~ 11~1 coi~tic 0.720
FCFA celui de la SHSB. La recherche des débouchés :UIKIKI la SI ISIS ri Iic,rcr à
crédit le savon aux commerçants. Cette politique s’est avérée néfaste t1a11s la
incsiirc oii la SI ISI3 ii’cst pas arrivEc $1~xk~~!kx le tiers C!C ses ciC;iiiccs jrisc!ri’;i
nos jours.
La SHSB fait face à !a coiwirrei~ce d’autres productioils locales COIJ~IJI~ le SC~VUJI
Sya, le savon de Koudougou (Province du Bulkiemdé), le savo11 traditionnel et les
savons togolais ct gliaiihs hbric!u& ii base dc la wix dc coco. Mais la
concurrence de ces savons tiers, d’une qualité beaucoup plus infhieure, n’est pas
aussi vive au point de dCc!asscrle savot~SI 1S13COIIIIIIC l’est CC~!C tic la SOlyI13 (lui
lui crée par moments une situation de mévente.
L’introduction des savonnettes dans la gahme des produits SI !SI3 u’a pas
CO~N de succès. Les savous de toilette importés avaient déjà envahi le marcllé. ii
revenait à cet effet à la SHSB de conquérir une partie du r~~arci~é.
Malheureusement i’iutroduction des savorwct~es sur le i~~d~é ne s’est pas
accompagnée d’une publicité pouvant susciter l’attention des utilisateurs.
L’absence de thction des coIIsoIIIIl\;\1cIIl.s est csse~~~icllcwcnt dr~c ;i la
méconnaissance de ce produit et aux habitudes d’utilisation des savws dc toilette
étrangers. Ces habitudes saut souvent IiCcs (1 des prCjr~gEs sur les prodrlits ioca~~ic
considérés COIIIIIIC des produits tic clualitC infCricrwc. C’cttc :qqmkia~ioll
subjective découle d’un complexe imtiginaire sur ses propres capacités créatrices,
toute chose qui lie favorise pas i’htégration économique. La nihente des
savonnettes avait ainsi conduit en 1990 à un arrêt de leur production qui n’a repris
qu’en 1991 à la suite de campagnes publicitaires. Mais l’écoulement demeure
toujours lent.
Les pâtes dentifrices fluocaryi et !luoryi sont aussi conliwtécs ;i la
concurrence d’autres produits de ~CIJK ~~IIIIJK dbNjri pihci~ts sur Ic IIIXCI~.
L’exigence de l’attestaGo fiscale pour le fluocaJy1 d’une part, les prix de vctttc a11
détail reiativctilcnt élev&, 1090 FCFA pour- ic tu!,c dc flr~ocaryl et lO,l6 I;(‘I;A
celui du fluoryi d’autre part ne favoriswt pas 1111 écoulcmc~~t rapide dc ces dcr~x
produits. L’attestation fiscale crée de plus e11 ~I~Js rme IJK?~~:~IICCclc la part tics
grossistes tandis c!uc ics prix Iixés tic soiit pas Ii la !wtCc dc la iii:ibicrir c Imr lie dc
la population qui se coutente des pâtes dentifi-ices Spermillt (fabric!uées CII Cllliw
et qui ne coûte que 150 FCFA) Siguai, ‘I’rh-prh etc... Le llr~ocaryi, cri dQiit de
sou caractère pharmaceutique et le fluory! sont coiisidCrCscomme tics pi~odtiitsdc
luxe destinés aux couches sociales plus aisées.
Les mêmes difficultés d’écoulement gagnent aussi la p;jte d’aracl~idc
«tigadiguè)) qui connaît une mévente lorsque i’araci~ide est ahmdantc sw le
marché. Les femmes préfhcnt trailsfonwr les graiiics d’aracliidc dc li~yoii
76
artisanale ce qui revient moins cher que de s’approvisionner eu p$e d’arachide
SHSB pour la revendre. II faut attch-e jrlin-~iuillct, au mo~rw~t oil I’mwl~icfc SC
fait rare sur le marché pour pouvoir placer la pate d’arachide industrielle. De plus
le prix élevé de ce produit (494 FCFA la boîte de 850 g et 2.468 FCFA celle de
4.250 g), est WI Ii-ch h sa çollllrlcrcialisatioll. Or Iç coGt dc p~ocluctiwl Clcvb dc ce
produit ne permet pas de le vendre en deçà des prix fixés. Tout cela est doublé de
la méconnaissawe de la pate d’arachide industrielle par les populatiol~s, l’aute
d’insuffisance de spots publicitaires. Ce produit pouvait s’ajouter à la gainme des
exportations mais malheureusement il n’a pas encore fait l’objet d’agrément de la
Taxe de Coopération Régionale (T.C.R.) au sein de la C.E.A.O.
Pour l’ensemble des produits commercialisés sur Ic marclk rmtiow~l, la
remarque commune qu’oii puisse fàire est I’abse~w d’éliicle de III~I~~~IC avant le
lancement des marchandises. Les nouveaux produits Si ISB posent d’énormes
diflïcultés de placcmwt si bics qw Icur fi~bricrttion dcvicnt IIIIC cl~:q-rc illll)ol talilc
lorsqu’on tient compte du coût de production.
Le beurre de karité et les tourteaux tout comme les produits des pays
tropicaux sont soumis à la fluctuation des prix sur le marché i~~ternatio~~al.
Le prix du beurre de karité fluctuait entre 500.000 et 800.000 FCFA la tonlie il y
a quelques ari’nCcs.-Cc prix a cliutC: de 110s jours à 350.000 IYC’FA ciifi;liii;iiil du
même coup une baisse de SOI~ clliffie d’afl’aires préjudiciable (1 la Sl ISIS. Les
difficultés d’écoulement de ces produits sont liées à la détérioration des termes de
l’échange et surtout avec l’apparition des produits de substitritiw. 13 fiiiblcsse dc
la demande du beurre de karité exporté en Suisse, ell Allemagne et CII Anglctcrre
a conduit à partir dc 1990 ;i Ic produire C~\ICs\Ir COIIIIII:III~C.
Quant aux tow-teaux de coton, la filille réside au ni\zarl dc la ~~II~IIII~II~~
sévère des U.S.A. ct de la Chi~~c qui produisent de grar~lcs qrlal~titEs dc soja ct tic
coton. Les tourteaux venant de ces deux pays coûtent moins cher par rapporl à de
la SHSB qui endosse la lourde charge des frais de transport lorsqrl’ol~ sait que Ic
Burkina Faso est un pays enclavé ne disposalit pas de débouché sur la mer. Les
fiais de transport doublés de la chute des prix ont entraîk la wppression des
exportations des tourteaux en 199 1. La Sf fSl3 a.&kidk aloi-s à la iiihiw ai~iiCc,
d’écouler ce produit sur le marché intérieur. Les éleveurs ct les \~6tériwires ~~‘ét:mt
pas informés à temps, la SHSB a dCi casser les prix jusqu’A 10.000 FCFA la tonne
ah d’éliminer le stock qui ll’a pas manqu& de causer des prCjwliccs Iwlg6~aires ri
17
cette industrie. Actuelhncut, les tourteaux saut exportés de la IN~IIIC uwlikre que
le beurre de Farité c’est à dire sur ~ot~m~m~ie.
La qualit&‘et la quantité des produits ne pciiiiettcnt pas pour le ~i~oii~i~t à la
SHSB de s’imposer sur les marchés étrangers. Pouytant l’exportation massive des
produits fabriquh vers I’extéricur est une sou~xx d’eutrk dc dcviscs ilnpot tautcs
et provoque une propulsion en avant.
Les problèmes de commercialisation qui ont engendré des créances faites
aux grossistes nationaux, sont à la base du déficit budgétaire de la SIISB depuis
1989 qui s’élevait à 1,8 milliard dc ftmcs CFA. Jusqu’ri IWS jcws, ccttc industrie
n’a pas encore fini d’éponger ce déficit. Cependant, des efforts d’assainissement
ont été eutrepris afin de combler le I~II~~E ti gagner. Ainsi CII 1990, ou a
enregistré une perte de 334 millions de FCFA. Elle n’était plus que de I,4 ~l~illiou
en 1991,.
Par ailleurs, le cifXcit budgc%aire coi~Aaté depuis 1989 n’est pas iiripit:il)lc ri I:I
seule politique commerciale. La mauvaise gestion de l’entreprise ell est un autre
mobile. En effet certaines charges engendrées par le pcrsounel notanlulcut l’usage
abusif du tdéphonc, les ~~o~~~brc~~scssollicitations htiqucs ct Iwvi~~ci:~lcs, Ics
dons, même si elles ne constituent pas la cause première de cette faillite, ont tout
de même contribué à plonger davantage la Sl ISB dans cette crise fiuanciCrc.
La commercialisation reste un volet hportant à maîtriser car c’est elle qui dowe
plus de vivacité à la production. La qualité tant recherchée par les collsommatcurs
suppose une technologie perforinaute.
B - Les conditions techniques
Hormis la chaîne des savonnettes, les ateliers de fabricatior~ des pâtes
d’arachide ct dcntifi-iccs, la plupart des iiistall;itioiis cl;il;~rit tic 107.3 soiil
dépassées et ne correspondent plus aux uormes de la techologie nlodcrrie.
L’usage progressif des pièces provoque souveut un arrct dc 48 à 72 I~cwcs des
travaux. L’usine, disposant d’uu atclicr dc piC;ccs dc rcclwigc, est alors sollicitée
pour la fabrication de nouvelles pièces. Mais il arrive que des pièces dkpassées
n’aient plus de rechange même à l’extérieur parce qu’il n’existe plus de maison de
fabrique de ces anciennes pièces. La SI IS13 est alors ammée 9 fiiii-e des
commandes en joignant une copie de dessin des dites pièces. C’est A ce Iliveau
qu’intcrviciit I’assistancc tcclmiqric, la CFIYI qui sc clw~x tic crCcr Ics ccu~cli(icms
optimales au bon f’ollctiollnelrletlt des nlachines.
La vétusté de l’équipement s’accompagne aussi d’une insufiisance énergittique. I,a
présente chaudière qui produit 20 o/o de l’hzrgie est surexploitCc. Sa capacitC
7x
fonctionnelle de 8 tomes par heure est sowent portée i 1 i torm~ par IWII~C. IJe
ce fait la productiou est arrhk tous Ics trois j0iit.s pour crlli-et kil. 14
w-exploitation de la chaudière traduit le souci de satisfaire les demandes de la
clientèle. L’extension de certaines chaînes technologiques s’avère aussi
nécessaire. 11 s’agit des chaîucs dc Iic~itralis~ltiori ct d’aliiiiciits dc lklail ~wur
l’augmentation de la capacité de production de I’huile de coton et des produits
d’élevage dont les quantités actuelles saut insuflïsat~tes face à une forte dct~mde.
Toutefois, force est de reconnaître que la réunion des conditions techniques est
indispensable pour une unité industrielle qui se veut concurrente. Or la crise
financière actuelle que connaît la SHSB doublée des clwgcs CIWII~S (impôts,
droits de douane et&.) ue permettent pas pour le moment ut1 autofï,,allceliielIt en
vue de satisfaire l’attente de la clientèle.
II. Les perspectives de IR SI-ISB
La SHSB d’aujourd’hui ue présente pas un atwir heureux. L)a crise
financière chronique que traverse ccttc indristrie en est 13 lwii\cip:\lc raisoi\. I .:i
priorité actuelle rcstc Ic rcdresscmcnt dc la situation écwolniqw alin dc pwvoir
faire face aux exigences matérielles qui s’iinposeiit à elle. Pour y panmir, la
SHSB doit faire preuve de dynamisme dans ses relations commzrciales et laisser
apparaître une gestion rigoureuse.
Une nouvelle politique doit être esquissée afin de conquérir le marché dms ~III
environnement de libéralisation de la veute des produits de grande collsolillllatiol1.
La SHSB doit se faire connaître à travers des campagues publicitaires, eu
organisant des déplacements sur le terrain ou disposer de tout :I\I~I~ circriit
pouvant lui fournir des informations sur le marché no~atnmcut sur la qrnlitC, la
quantité et le goût de la clientèle. L’accent doit être aussi mis sur I’iilti,nllatioll des
populations de la prkcim dCs prod~iils stir Ic II~;~I~~ tels CIIIC Ics p3lcs tl’:ii:icliitlc
et dentifrice, le savon SANYA et les tourteaux qui de~~wrer~t jt~scluc Iri IIICCOIIIIIIS
dans certains milieux. Les prix SOUVCIU exohitat~ts ccwstitrmt HI~ fi-eitl à IUII
écouhcnt. II couvicudrait alors d’agir a cc niveau sur les coibs dc proclwtioi~ A
la baisse afin de ne pas proposer aux populations des prix plus proportionnels à
leurs revenus. Au lieu d’utiliser par exemple des boîtes nktalliqrlcs pmr- le
conditionnement de la pâte d’arachide, il serait moins cotiteux d’utiliser des
emballages en plastique.
Face à la mévente des pates dcntif’riccs fluocaryl et llr~oryl, I;I SI ISIS posait
envisager leur remplacement par d’autres marques populaires déjà connues du
public dont les prix seront accessibles à 1111plus grand ~~m~brc dc coIisoIiiIII:11cllrs.
Une éventuklle diversifïcation des activités de la SHSB devrait s’orienter vers des
«produits de masse)). Nous po~~vons citer par cxc~nplc les S~VOIIS liqrlidc et CII
poudre, les détergents d’une façon ghihle qui sont bc:wx~up COIIS~IIIIIIC:~ par les
ménages.
Par ailleurs, une nouvelle orientation de la politique commerciale devrait
être soutenue par une gestion rigoureuse de cette hdustrie. l,‘assaitlissclllclll dc la
gestion passe tout d’abord par la réduction des dépenses qui Ile sont pas
prioritaires tels que les dons. La restricton des dépenses doit être observée à tous
les niveaux même dans les usages courants du persowel. Au besoin, et compte
tenu des réalités du moment, la SHSB pourrait intervenir dans le fll~ancetneut de
certaines. activités gationales et provinciales datis Ics liwitcs dc ses iiwyc~is
budgétaires. Cepelldaut ces ~r~esur-es ne suf‘fisc~d pas à elles toutes sculcs pour
assurer à cette industrie toute sa rentabilité.
La faillite amorcée par la SIISB depuis qiielqries arwks l’ol)lige ;I Iror~vei
de nouveaux fonds de roulement. C’est justement i ce niveau que I’arl~trlctltr~tic~~~
du capital par les actiotwaires est sollicitCc. Or avec la crise firwlIcic’t c WI VCIIIIC
ces derniers moments, les actionnaires se plaignent de ne plus percevoir de
dividendes. Ils refusent alors de participer à la ma~joratiw~du capital. I*:l cl isc
ayant déjà été entamée, il faut nécessairement rechercher de ~wuvclles so~trccs de
financement.
La recherche de l’argent liquide conduit la SIISB ,7 s’adrcsscr aux h~~clrtes
européemles en l’occurrence la Caisse Centrale de Coopération Ilcowmiqrle
(C.C.C.E.) et la Banque Européenne d’investissements (B.E.1.). Si le dossier CII
cours s’avkait coiicluailt, l’ciuprwt cstiik à plusieurs iiiilli;li ds serait d;ilti sui 10
ans de remboursement. Certes le prêt consenti peu permettre de débloquer cette
crise mais il ii’611dciiicurc pas nioiiis qi’aii delà du rcdrcsscrwit il y a 1111risque A
courir. Actuellemellt, la SHSB atteild l’appui de I’Etat qui doit se porter gara~~t des
bailleurs de fonds. Or ces derniers ne voudront pas iuvcstir S:~IIS s’assurer d’une
gestion saine de l’klustric. L’État va probablc~wt~t exigu Ic cot~trôlc rlc I;l SI ISIS
par d’autres dirigeants en dehors de ceux de la direction actuelle. L’inspection sera
assurée probablement par les étrangers notan~ment la CI~II’I‘ oi~ ~IKX~I-C la CCCE
et la BEI. Si le contrôle de la SHSB revient une fois de plus aux étra~~gers, il y a
de forte chance que cette industrie soit détournée de ses d>+jectifS natiwmx. Face
à cetlc siluation, il serait coiivcnat~lc pour I’ldat hi kiiiak d’iwitcr les opCi-r~tcui-s
économiques nationaux à I’augmentation du capital pour délivrer la SHSI3 de
cette main ‘mise afin qu’elle puisse jouer pleinenlent SOI~ de dails le
développement économique et social du pays.
x0
CONCLUSION
, GENERALE
Au terme de Fette étude, il nous paraît nécessaire de souligner quelques
points saillants se rapportant à la politique nationale eu matière de valorisation
des produits locaux, à la SHSB et ses effets induits et aux perspectives du
développement industriel au Burkina Faso.
La politique de valorisatiou des ressources nationales a permis uue
orientation de la production agricole en fonction des bcsoiw alitncllt:~iles des
populatioas locales. L’Etat a déployé des elrorts à travers la création des
structures chargées de la promotion du monde rural. II a, en ordre, facilité le
rapprochement entre les secteurs primaire et secondaire ii II-avers Ic sorttien dc
certaines industries comme la SHSB au milieu rural. La production des bieus de
consommation sur place permet non seulement d’économiser les devises mais
stimule aussi le développement du monde paysan. La politique uatiouale de
valorisation des produits locaux se revèle une bonne chose eu ce sens qu’elle se
rapproche d’un développement auto-centré.
La SHSB, quant à elle, participe à la réalisation de l’autosuflisance
alimentaire en assurant l’écoulemeut des produits agricoles, en pcrmctta~~t de
façon indirecte l’amélioration des méthodes et techniques culturales pour
l’augmentation de la productivité et en n~cttant SM- le marché des proclr~its tic
première nécessité tels que l’huile, le savon de ménage etc... C’est une iwlrlstrie
qui s’adapte donc mieux aux réalités du pays. La transformation tics ptrduits
comme l’arachide et le coton par la SHSI3 permet de crkr WC sywxgie mtrc la
ville de Bobo-Dioulasso et ses campagues environnantes. La SHSB obéit à ce
titre à la politique nationale de valorisation des produits locaux. Vue sous cet
angle, elle est une industrie qui mérite d’être soutenue par les populations locales
à travers la consommation des produits irldustr-iels, les powoirs prhlics ct ics
opérateurs économiques.
Cependant, en plus de la transformation des ressources agricoles du pays,
la SHSB imliortc d’autres matihes prctnihcs tic I’Ct~mgcr ~~III- la fabt icatiw clc
81
certains produits comme les savons de toilette et les pstes dentifrices. Elle joue en
ce moment un second rôle de substitution aux importations. Cette sccot~!e
activité ne lui apporte pas de bénéfices considérables vu que les nouveaux
produits SHSB ont une faible participation à l’augmentation du chiffre d’affaires
de cette industrie. De plus, l’importation dc ces f)roduits semi-liiiis utilish COIIIIII~
matières premières est une source de déséquilibre de la balance commerciale et
accroît la dépendance économique du pays vis à vis de l’extérieur.
Pou&$ cette industrie peut être plus rentable grâce à une gestion
rigoureuse et à une nouvelle orientation de ses activités axées sur l’utilisation
d’une quantité plus importante de produits transformables tels que l’arachide, les
amandes de, karité, le sésame etc... Toutefois, une collaboration avec les
commerçants’ mérite d’être établie. L’itltervention de cette industrie aufhs des
grossistes doit consister à les assister aux techniques comptables à travers des
séances de formation. L’appui à ses partenaires 6ommcrciaux fwmcttrait dc
résoudre en partie, les difficultés de trésorerie auxquelles ils sont souveut
confrontés. Cette initiative faciliterait l’écoulement des fjrodrrits Sf fSf3 sur Ics
marchés consommateurs.
Par ailleurs, la SHSB en tant que la plus ancienne des industries, doit jouer
un rôle remarquable dans l’industrialisation du Burkina Faso. Malgré son faible
degré d’attraction qui se limite le plus souvent à l’exode rural, elle doit permettre
la création et la rentabilité d’autres unités industrielles. Une coofhatiou mutuelle
doit s’établir entre les industries nationales de sorte que chacune d’elles puisse y
trouver des clients ‘et des fournisseurs. A ce titre, les relations doivent être
renforcées eutre la SI 19.3 et certaines industries de la place CC)IIIIIIC !a SOf;lf3,
l’industrie de fabrication des Plastiques du Faso (FASO-I’LAST) et la Société
Nationale des Cartons et d’Emba!!ages du Burkina ([Link].C.E.f3.). C’est d:ms
ces conditions que l’industrie burkinabè pourrait trouver son profIre dynamisme.
L’industrialisations a été à la base des natiws aujour~l’llui dhc!of)f)&cs. fhw
les pays économiquement avancés, les industries sont le plus souveut groupées et
maintiennent des relations étroites les unes avec les autres. Dans cette même
perspective, VOUVOIES-nous concevoir le développement du fhrkina Faso à pal tit
de ses unités industrielles ?
82
Liste alphabétique des sigles
B.E.I. : Banque Européenne d’Illvestisselnellts
B.I.C. : Bénéfice Industriel et Commercial
B.S.B : Boussac Saint-Frères
C.C.C.E. : Caisse Centrale de Coopératiou Economique
C.E.A.O. : Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest
C.F.D.T. : Compagnie française des Fibres ‘I’extilcs
[Link].C. : Compagnie de l’industrie Textile Cotonnière
C.N.C.A. : Caisse Nationale de Crédit Agricole
C.N.U.C.E.D. : Coufhence des Nations Unies pour le Conmcrcc Et Ic
Déyeloppement
C.,R.P.A. : Centre Régional de Promotion Agro-pastorale
C.S.P.P.A. : Caisse dc Stabilisation des Prix des Produits Aghcolcs
D.D.I.A. : Direction du Développement de l’Industrie et de I’Artisanat
[Link]-PLAST : Société des Plastiques du Faso
G.M.B. : Grands Moulins du Burkina
I.G.B. : Institut Géographique du Burkina
I.U.T.S. : Impôt Unique sur les Traitements et Salaires
[Link] : Maraîcher-culture du Houet
M.E.S.S.R.S. : Ministère des Enseignements Secondaire, Suphieur et de la
Recherche Scientifique
[Link]. : Officine Nationale des Vétérinaires
O.N.E.A. : Ofice National des Eaux et de I’Assai~~issemmt
O.R.D. : Organisme Régional de Développenlent
R.A.F. : Réforme Agraire et Foncière
S.C.0.A : Société de Commerce CII Afrique de l’Ouest
S.H.S.B. : Société des Huiles et Savons du Burkina
S.H.S.H.V. : Société des Huiles et Savons. de Haute-Volta
S0.F.I.B. : Société de Fabrication Industrielle Bars-o & Compagnie
[Link]. : Société des Fibres Textiles
[Link]. : Sociétc de Financcuwlt ct dc Vulgarisation dc I’Arachidc
[Link].C.E.B. : Société Nationale de Cartons et d’Emballages du Burkina
[Link]. : Société Nationale des Pharmacies
[Link]. : Société Sucrière de la Comoé
S.M.I.G. : Salaire Minimal Interprofessionnel Garanti
T.C.A. : Taxe sur le Chifie d’maires’
T.C.R. : Taxe de Coopération Régionale
T.P.A. : Taxe Patronale d’Apprentissage
T.V.A. : Taxe sur la Valeur Ajoutée.
Table des cartes
Carte no1 : BURKINA FASO
Localisation de la zone d’étude
Carte no2 : BURKINA FASO
Production d’arachide en 1992-l 993 (en tonne)
Table des tableaux
Tableau no 1 : Origines des chefs de ménage résidant à Bobo-Dioulasso
Tableau no 2 : Productions céréalières de la région de Bobo-Dioulasso (~II tomme)
Tableau no 3 : Productions d’arachide coques (en tome)
Tableau no 4 : Productions cotonnières (en tonne)
Tableau no 5 : Evolution de la production cotonnière par CRPA (en tome)
Tableau no 6 : Evolution des quautith de graines de coton tritwé par la SI ISl3
(en tonne)
Tableau no 7 : Evolution des exportations de coton (en tonne)
Tableau no 8 : Evolution des quantités d’amandes de karité réccptiotmks par la
SHSB (en tonne)
Tableau no 9 : Evolution des quantités de matières premières importées (en tome)
Tableau nolCI : Productions de pâtes dentifrices (en tube)
Tableau no 11: Evolution des quantités des autres produits finis et semi-fillis
(Cl1 tonllc)
X6
Table des figures
Figure no 1 : Pyramide, des âges de Bobo-Dioulasso
Figure no 2 : Evolution des cultures d’arachide de 19GO-196 1 à 1989- 1990
Figure no 3 : Evolution des quantités de coton trituré par la SHSB (en tonne)
Figure no 4 : Evolution des exportations de coton au Burkina Faso
Figure no 5 : Evolution des quantités d’amandes de karité réceptiomées par la
SHSB
Figure no 6 : Evolution de la consommation des matières premières importées
Figure no 7 : Evolution de la production de pâtes dentifrices SHSB
Figure no 8 ,: Evolution de la production des nouveaux produits SHSB
Figure no 9 : Evolution de la production des anciens produits SI ISB livrés sur le
marché national ,
Figure no 10 : Evolution des quantités de produits SHSB exportés.
87
BIBLIOGRAPHIE
Documents généraux
+ ALBERTINI J.M. : 1967 ; Les mécanismes du sous-développement ;
Editions Economiques et I lumanismc ; Les Editiow
r ouvrières ; Paris-CEDEX ; 33 1 p
+ Chambre de Commerce : Réglementation des itmstissements au Burkina Faso;
15 P
+ COMPAORE Georges : 1984 ; Thèse de Doctorat de 3è cycle -
L’industrialisation de la Haute-Volta ; Bordeaux 111
VER de Géographie ; 272 P
+ CRPA des Hauts-Bassins : 1980- 198 1 ; Rapport de stage ; Etude d’un milieu ;
Etude d’uu groupement villageois organisaut la
collecte du coton ; 36 p
+ CRPA des Hauts-Bassins : juillet 1984 ; Rapport technique 1983-l 984 ;
Bobo-Dioulasso ; 77 p
+ CRPA des Hauts-Bassins : octobre 1986 ; Rapport tcclmiquc I985- 1986 ;
Bobo-Dioulasso ; 122 P
+ DE GRYSE (H) : septembre 1981 ; L’industrialisation eu IIaute-Volta ;
Ouagadougou ; 15 p
+ D.D.I.A. : août-septembre 1990 ; Rapport relatif à l’enquête du sclhm
directeur d’industrialisation de la CEDEAO ; 290 p
RX
+ Haut-Commissariat de Bobo-Dioulasso : 1920 ; Monographie du ccrclc de
Bobo-Dioulasso ; 52 p
+ KONE Mamadou : 1978 ; La culture de la canne à sucre et ses implicatioiis
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Université de Ouagadougou ; 54 p
+ Ministère de 1’Equipement : juin 1986 ; Perspectives démographiques ; 61 p
+ Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Mines : mai 1992 ; Rapport
diagnostic ; Etrde de
5 branches ; volume 11;
104 p
+ NACOULMA J.B. : 1983 ; L’industrie voltaïque : typologie-impact
socio-économique-politique de promotion ; Uliivcrsité
de Dakar ; 86 p
+ NYAMEOGO P. : 1982 ; Quelle industrialisation en Haute-Volta ? Mémoire
r
de Maîtrise ; Université de Ouagadougou ; 32 p
+ PIERRE George : 1952 ; Géographie industrielle du monde ; Que sais-je ‘?
PUF;Paris; 118~
+ SAWADOGO F.M. : 199 1 ; Précis de Droit fiscal burkinabè ; 363 p
+ TLNDANO D.L. : 198 1 ; Problème de l’industrialisation : cas de la 1laute-Volta
Mémoire de Maîtrise ; Université de Ouagadougou ; 44 p
+ TRAORE Kassoum : mai 1985 ; Origines et causes de l’échec des Projets
industriels au Burkha Faso ; ESSEC ; 69 p
Documents thématiques
+ COMPAORE Georges : 1980 ; Les industries alimentaires en Haute-Volta ;
Mémoire de Maîtrise ; Ouagadougou ; ESLSII ; 133 p
+ CRPA des Hauts-Bassins : 198 1- 1982 ; SOFI’I’EX Motorisation ; Rapport
annuel ; 74 p
+ CSPPA : 9-10 mai 1985 ; Séminaire sur la cotnmercialisatiou des produits du
cru au Burkina Faso ; Ouagadougou ; 53 p
+ MESSRS : IRBET-ISN/IDR ; 15-I 8 novembre 1988 ; Séminaire national sur
la valorisation du karité pour le développement national ; Bilan et
perspective ; Ouagadougou ; 188 p
+ Ministère de 1’Equipement : décembre 1988 ; Schha de Dévcloppmcut et
d’Aménagemeut Urbain ; Bobo-Dioulasso ;
Diagnostic Economique ; Rapport Final ; 188 p
+ Ministèr& de 1’Equipement : 1990 ; Schéma de Développement et
d’Atiii3tia~ci1IciIf Ilrbaiii 42 I3olw-l hulasso ;
Livre 1 ‘; Analyse ; 545 p
+ Ministère de l’Agriculture et de IlElevage : avril 1991 ; Autres cultures
irld~istrielles/I)ivcrsi!ïc~ti(~t~ ; Etride
sur les filières Sésame, Aracllide et
Karité ; 99 p
+ Ministère de l’Agriculture et des Ressources Animdes : fëvrier 1993 ; Relance
de la production
90
+ PICASSO C. : novembre 1984 ; Synthèse des résultats acquis en matière de
recherche sur le karité au Burkina Faso de 1950 à 1958 ; 45 p
+ SANOU Dya Christophe : 1984 ; Quelques problèmes de dynamique actuelle ;
l’érosion des sols dans la région de Bobo-Dioulasso ;
Thèse de Doctorat de 3e Cycle de Géographie
physique ; STRASBOURG ; 248 p
+ SAWADOGO Mahamoudou : 1989-1990 ; Filière karité : Potentialités et
perspectives ; ESSEC ; 58 p
+ SHSB : Evolution du contexte burkinabè des corps gras de juin 1989 ;j mars
1990 ; comparaison des situations ; 9 p
+ SHSB : Note introductive sur la CITEC ; 7 p
+ TOE Simplice S. : 1990-1991 ; La politique commerciale de la SllSl3 ;
Problèmes de commercialisation de la pâte d’arachide
«tigadiguè» ; ESSEC ; 72 p
+ TOURE Bama : 1982-1983 ; Gestion d’une entreprise industrielle en
Haute-Volta : cas de la SHSHV ; ESSEC ; 76 p
ANNEXES : questionnaires
Questionnaire no1 : Auprès des responsables
de la SHSB
1. Evolution des formes juridiques de la SHSB ? ................................................
2. Année d’entrée en activité ? ............................................................................
3. Répartition eu pourcentage du capital social ?.................................................
4. Matières premières utilisées ? ............. Origines géographiques ? ...................
Quantité et calendrier d’approvisiouuemeut ? .............................................
Difficultés d’approvisionuement ? ...............................................................
Infiash-uctut-es de stockage et de conditionnement ?....................................
5. Origine du matériel de fabrication : ..................................................................
Huilerie ?........ Savonnerie ?........ Atelier de pâtes dentifrices ?...................
Atelier de pâte d’arachide ?........................................................................
6. Des probl’èmes de maintenance ?.......... Assistance technique ?......................
7. Existe-t-il des pièces de rechange fabriquées à l’usine ? ...................................
Comment ? ............ Sont-elles .adaptées? .....l.. ..........................................
8. Energie électrique employée ? .........................................................................
9. Y-a-t-il des besoins d’extension ? .....................................................................
10. Différents types de produits fabriqués ? .........................................................
11. Capacités de production installée ? ....... Production réelle ? ...........................
12. Produits livrés sur le marché intérieur ? ..........................................................
Quantités et prix ? .......................................................................................
13. Produits exportés ? ......... Quantités et destinations ? ......................................
14. Emballages utilisés ? .......................................................................................
15. Connaissez-vous des difficultés d’écoulement des produits SI ISB ? ................
16. Politique comm&-ciale de la SI ISB ‘?..............................................................
li. Evolution du nombre des emplois ? .................................................................
18. Nombre des expatriés et des nationaux ? ........................................................
19. Main-d’oeuvre et niveau de qualification ? ......................................................
20. Critères de recrutement du personnel ? ...........................................................
Formations reçues après recrutement ? .......................................................
21. Avantages accordés aux travailleurs de la SIISB ?...........................................
22. Des perspectives d’augmentation de l'effèctif ? ................................................
23. Taxes versées au fisc ? ........ Charges de la SI 1SB ?.......................................
24. Evolution du chiffre d’affaires de la SHSB ?....................................................
93
25. Salaires diStribu@ aux employés de la SHSB ? . ... .. ...... .. ...... .. .............. ...........
26. Des diffkultés budgétaires 7........................ ..... ... .. ... ... ..... ... ..................... ......
27. Concédez-vous souvent des dons 1 .............. ..... ... .. ... ... ..... ... .. .........................
Sollicitations provinciales ?...;............... Etatiques 7*.. ..... ... ........ ...................
28. Les autres problèmes de la SHSB ? .. ... ........ .. ........ ... ... .. ... ... .. ... ... ...................
29. Perspectivés d’avenir de la SHSB 7. ... ... .. ........ .............. .......... ... ... ...................
[Link] n”2. : Adressés aux ouvriers
de la SHSB
1. Sexe : ......... Age : .................. Situation familiale : .......................................
2. Lieu de résidence 1.............. Raisons de la migration (s’il y a lieu) ?...............
3. Logement : Propriété .................. Location ...................................................
Forme de l’habitat : Dur ......................................... Banco.. ........................
4. Moyens de transport ?....................................................................................
5. Trayail : Tenips plein .......... Temporaire ........... Saisonnier .....Journalier ......
6. Comment avez-bous été embauché ? .............................................................
7. Niveau de qualifïc,ation ?................... Formation(s) reçue (s) ?.......................
8. Salaire ?........................................Primes de service ?.....................................
9. Quelles sont vos charges ?.............................................................................
10. Des possibilités d’épargne ? ............................................................................
11. Organisations ouvrières ? ................................................................................
12. Activité secondaire 7......................................................................................
13. Suggestions ? ..................................................................................................
Questionnaire no3 : Relatif au secteur informel
1. Sexe : ......... Age : .................. Situation familiale : .......................................
2. Lieu de résidence ?.........................................................................................
3. Qu’est ce qui vous a amené à pratiquer cette activité ? ...................................
4. Autres membres de la famille exerçant le même métier ? ..............................
5. Origine des produits traités ? ............... Rapports avec la Sf fSL3?..................
6. Matériel de fabrication utilisé 7. ......................................................................
7. Etapes de la fabrication du savon artisanal ?................................................
Périodes de production 7..............................................................................
8. Procédés de conservation du Savon artisanal ? ...............................................
9. Marchés consommateurs 1 ...................... Circuits de commercialisation ? ....
10. Difficultés d’écoulement des produits ? ...........................................................
11. Quantités et prix pratiqués ? .:.........................................................................
12. Revenus tirés de la vente du savon ? ...............................................................
13. Organisation du monde du savon artisanal ? ....................................................
14. Autres activités 7.............................................................................................
15. Suggestions ? ...................................................................................................
96
Questionnaire no4 : A l’attention des commerçants
(Grossistes).
1. Lieu de résidence 7 .‘.........................................................................................
2. Accords avec la SHSB ? ......... Produits concekés ? .......................................
3. Quantités et prix de chaque produit ? .............Calendrier de livraison ? ...........
4. Les quantités sollicitées vous sont-elles livrées en totalité ?..............................
5. Localisation de votre clientèle ? .......................................................................
6. Produits SHSB les plus sollicités par la clicntéle ‘?...........................................
7. Rythme cj’écoulement des produits SHSB ?.......................................................
8. Autres prbduits commercialisés de même gamme que ceux de la SHSB ? ........
Différences : Origine ..... Qualité .....Odeur ...... Goût ..... Prix.. .. Poids ? ...
9. Des suggestions ?...............................................................................................
97
Questionnaire no5 : Destiné aux consommateurs
(Ménages)
1. Quantités de produits SHSB consommés par semaine ou par mois :
Huile de coton ..................................................................................
Huile d’arachide ................................................................................
Savon de ménage no1 .......................................................................
Savon de ménage no2 .......................................................................
Savon de ménage no3 .......................................................................
Savon SANYA 150 g .......................................................................
Savon SANYA 250 g .......................................................................
Pâte d’arachide «tigadiguè» ...............................................................
Pâte dentifrice fluocaryl ....................................................................
Pâte dentifrice fluoryl .......................................................................
2. Autres huiles, pâtes dentifrices et savons utilisés ? ........ ....................................
Différences avec les produits SHSB ? ..................................... ... ..... ..
Qualité ............................... .. ... ......................................I..................
Odeur ............. ........................... ..... ............................. ... ..... ... ........ ..
GoUt .. ............................ ......................... ... ..... ..................................
Prix ,......,.........,.................................................................................
3. Consommez-vous le savon artisanal ? ...............................................................
Quelles sont ses utilisations ? . ................................................ .. ... ......