COURS 02 NOTION DE RISQUES Md RIHANI
L6 GEOLOGIE APPLIQUEE
I. CONCEPTS ET DEFINITION : ALEA, VULNERABILITE ET RISQUE
Le risque est le produit d’un aléa et d’une vulnérabilité. C’est pourquoi il est d’abord
nécessaire de définir ces termes avant de préciser la notion de risque :
L’aléa : Probabilité d’occurrence d’un phénomène de nature et d’intensité donnée ; ou l’aléa
est indépendant l’enjeu exposé et vient on trois composantes essentielles composent
l’intensité ; la probabilité ; la période de référence.
Les enjeux : Ensemble des personnes, des biens, moyens, patrimoine, etc., susceptibles d’être
affectés par un phénomène naturel ;
La vulnérabilité : La vulnérabilité exprime le niveau de conséquences prévisibles d’un
phénomène sur les enjeux. Les enjeux sont les domaines affectés par le risque : les hommes,
leurs biens et les milieux dans lesquels ils vivent. Cette palette des enjeux varie suivant la
nature de l’aléa.
Un enjeu est vulnérable plus il est affecté par l'aléa. Généralement, on mesure les risques
naturels en fonction des dommages qu'ils occasionnent (approche quantitative).
Le risque et risque naturel : conjonction d'un phénomène naturel dit aléa et d'une
vulnérabilité des biens et des personnes exposés
Le risque est l’éventualité d'occurrence d'un événement dommageable lié à l'exposition
d'enjeux vulnérables à un aléa. L'aléa est alors perçu comme un danger.
((Les humains sont soumis à de nombreux phénomènes naturels dont la probabilité, ou aléa,
dépend des lieux et des moments. Lorsqu’un phénomène possède un aléa élevé dans une zone
inhabitée, le risque pour l’humain est nul. Cependant, si ce même aléa est présent dans une
zone habitée, l’humain qui s’y trouve devient vulnérable et le phénomène présente un risque
important pour les habitants, constructions et autres biens)).
La prévision est l'étude de l'aléa (nature, fréquence, localisation, intensité, voire date des
événements majeurs) permettant un calcul plus précis du risque.
La protection est l'ensemble des mesures prises pour diminuer l'impact potentiel d'un aléa
sur un enjeu donné (population, construction...), et donc diminuer le risque en diminuant la
vulnérabilité.
La prévention d'un risque est l'ensemble des mesures visant à anticiper aléas et impacts par
divers moyens (apprentissage de gestes ou consignes à suivre en cas de problème, mise en
place et respect de règles ou protocoles d'action...) afin de diminuer le risque global.
L'adaptation est la diminution de la vulnérabilité par diminution à la fois de l'exposition à l'aléa
et de ses effets potentiels en prenant en compte les caractéristiques de l'aléa (mise en place
de dispositifs spécifiques du fait de la présence d'un aléa donné à un endroit donné). La
recherche de la diminution de l'exposition est la limitation alors que la recherche de la baisse
des effets néfastes est l'atténuation.
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La prévention passe, entre autres, par la formation des populations et des décideurs lors
d'actions de sensibilisation (un risque existe, des "protections" existent et doivent/devraient
être prises en compte) ou d'éducation (information et apprentissage de gestes ou actions
préventifs et/ou d'urgence).
L'acceptabilité est le seuil de tolérance (la capacité à supporter les conséquences) d'une
personne, d'un groupe ou d'une société face à un risque. Ce seuil dépend des enjeux touchés,
des dégâts potentiels, des informations disponibles (permettant d'estimer au mieux le risque)
mais aussi de considérations personnelles, culturelles ou économiques (pour les risques
"purement" financiers). L'acceptabilité peut donc être différente selon le niveau envisagé
(personnel, groupe, état), le lieu (culture, informations disponibles) et le temps (évolutions
culturelles et sociétales, éducation...).
Figure 1. Récapitulatif des principaux termes liés à la notion de risque
Un événement potentiellement dangereux, l’aléa n’est un risque que s’il s’applique à une zone
où des enjeux humains, économiques ou environnementaux sont en présence (vulnérabilité).
Ces deux notions d’aléa et de vulnérabilité sont sans cesse changeantes, c’est la raison pour
laquelle le risque n’est qu’une notion relative évoluant dans le temps et dans l’espace.
Le risque majeur est généralement caractérisé par sa faible occurrence et par sa forte gravité.
Cette configuration de variables en fait un événement difficile à anticiper et donc à juguler.
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La gravité traduit l’importance d’un phénomène. Elle peut être mesurée (hauteur d’eau pour
une inondation, magnitude d’un séisme) ou estimée (durée de submersion, vitesse de
déplacement).
La probabilité d’occurrence est conditionnée par des facteurs de prédisposition ou de
susceptibilité (géologique par exemple). L’extension spatiale de l’aléa est plus difficile à
estimer (avalanche ou mouvement de terrain par exemple). La probabilité d’occurrence
temporelle dépend de facteurs déclenchants naturels ou anthropiques (du fait de l’homme).
Elle peut être estimée, qualitativement (négligeable, faible, forte) ou quantitativement
(période de retour de 10 ans, 30 ans, 100 ans).
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II. LES DIFFERENTS RISQUES ET CATASTROPHES :
II.1. RISQUES ET CATASTROPHES D’ORIGINE TECHNIQUE
Les risques d’origine technique sont, en règle générale, les moins meurtriers :
les grands incendies et les explosions,
les catastrophes aériennes,
les catastrophes maritimes et fluviales,
les catastrophes routières et ferroviaires,
les accidents de mines et carrières,
les effondrements de bâtiments et d’ouvrages d’art.
II.2. RISQUES ET CATASTROPHES D’ORIGINE NATURELLE :
Les risques d’origine naturelle occupent le troisième rang, en termes de victimes, loin derrière
les risques sociopolitiques et ceux du vivant. Mais ces catastrophes sont très ressenties.
Ce type de risque tient à la manifestation, avec une intensité anormale, d'un agent naturel sur
une région habitée. Sont dits risques naturels :
– les inondations dues à la crue d'un fleuve ou à la saturation des nappes phréatiques.
– les ruissellements de boue, notamment sur des pentes fragilisées par la
déforestation, les glissements ou effondrements de terrain,
– les feux de forêt ,
– les éruptions volcaniques,
– les séismes, dans la proximité des zones de friction des plaques tectoniques,
– les raz de marée et les tsunamis,
– les cyclones et, dans les régions continentales, les tornades,
– les avalanches,