.
Les installations de médecine nucléaire doivent être conçues avec un soin particulier pour minimiser
les risques d'exposition. Cela inclut l'utilisation de matériaux de construction capables d'atténuer les
radiations, ainsi que la mise en place de zones contrôlées, où l'accès est limité aux seuls personnels
formés et autorisés. Ces zones sont cruciales pour protéger non seulement le personnel, mais aussi
les patients et le public contre une exposition involontaire.
La période effective de l'Iode-131, qui est de 7,6 jours, combine la période physique (temps
requis pour que la quantité d'un radionucléide diminue de moitié en raison de la désintégration
radioactive) et la période biologique (temps nécessaire pour que la moitié du radionucléide
soit éliminée de l'organisme par des processus biologiques).
Élimination après 2 Mois
Avec une période effective de 7,6 jours, l'Iode-131 est éliminé de l'organisme en plusieurs
cycles de demi-vie. En général, après environ 10 périodes effectives (soit environ 76 jours ou
2,5 mois), le radionucléide est considéré comme quasiment totalement éliminé, ce qui
correspond à une réduction de la quantité initiale à moins de 0,1 %.
Temps de Résidence
Le temps de résidence est un paramètre crucial pour calculer la dose absorbée par un organe
spécifique, plutôt que par l'ensemble du corps. Ce temps mesure la persistance d'un traceur
(comme l'Iode-131) au sein d'un organe ou d'un tissu particulier. En connaissant le temps de
résidence, les médecins peuvent mieux estimer la dose de radiation que cet organe recevra, ce
qui est essentiel pour évaluer le risque de toxicité locale et optimiser les traitements en
médecine nucléaire.
En somme, la période effective permet de comprendre la durée pendant laquelle l'Iode-131
reste actif dans le corps entier, tandis que le temps de résidence se concentre sur la dose
absorbée par des organes spécifiques, ce qui est crucial pour un calcul précis de la
radioprotection en médecine nucléaire.
La réalisation des calculs de blindage, qu’elle que soit la méthode choisie se base sur la fixation
préalable d'une contrainte de dose (en général 1mSv pour les travailleurs exposés et 0,3 mSv pour le
public). L’expert en radioprotection (ou le PCR externe) documente ses calculs de façon transparente
et traçable. Ces calculs informent toujours sur : - la contrainte de dose utilisée pour le calcul - les
distances entre source et murs (y compris dalle, plafond, portes, fenêtres, etc.), - les facteurs
d’occupation des personnes dans les locaux environnants - les matériaux et épaisseurs des murs
existants ou planifiés (y compris en équivalent plomb) - les protections qu’offrent ces murs existants
ou planifiés (y compris en équivalent plomb) - la protection totale et manquante requise pour les
murs (y compris en équivalent plomb)
14/08/24
LA RADIOPROTECTION DES TRAVAILLEURS (rayonnements ionisants):
Aux fins du présent recueil, il existe deux catégories de travailleurs:
a) les travailleurs affectés à des travaux sous rayonnement; . Les travailleurs affectés à des travaux
sous rayonnement sont ceux auxquels s'appliquent les limites de dose indiquées au paragraphe
5.4.3.
b) les travailleurs non affectés à des travaux sous rayonnement mais qui peuvent se trouver exposés
du fait de leur travail ,Les travailleurs non affectés à des travaux sous rayonnement sont des
travailleurs qui, pour les besoins de la radioprotection, devraient être traités comme s'ils étaient des
personnes du public.
2- Conditions d'exposition : Les conditions d’exposition aux rayonnements sont bien connues du
personnel et le respect des bonnes pratiques permet de se protéger simplement.
.Aux fins du présent recueil, on distingue deux types de conditions d'exposition:
a) les conditions dans lesquelles l'exposition est prévisible et peut être limitée par des mesures
appropriées; cela comprend l'exposition dans les conditions normales d'exploitation de l'installation
ainsi que les cas d'exposition exceptionnelle concertée;
b) les conditions dans lesquelles la source de rayonnement n'est pas assujettie à un contrôle; cela
comprend les expositions accidentelles et les expositions d'urgence, c'est-à-dire des expositions
survenant dans des conditions anormales où il est urgent de prévenir des dommages ou la perte de
vies humaines, d'évacuer des blessés ou des personnes emprisonnées et de prévenir l'extension des
conséquences d'un accident, y compris la perte des biens.
3- Conditions de travail
Aux fins du présent recueil, il existe deux classes de conditions de travail pour les travailleurs affectés
à des travaux sous rayonnement:
les conditions de travail A, dans lesquelles l'exposition annuelle pourrait dépasser trois dixièmes des
limites de dose les travailleurs catégorie A
b) les conditions de travail B, dans lesquelles il est fort peu probable que l'exposition annuelle
dépasse trois dixièmes des limites de dose les travailleurs catégorie B
4- Classification des zones de travail
Une zone contrôlée est une zone assujettie à des règles spéciales aux fins de la radioprotection et
dont l'accès est réglementé. Les zones où les travailleurs sont susceptibles de recevoir plus de trois
dixièmes de l'une quelconque des limites annuelles de dose devraient être comprises dans les zones
contrôlées.
5- Optimisation de la radioprotection des travailleurs dans les conditions normales d'exploitation
L'application de bonnes pratiques de radioprotection constitue un élément important de la réduction
de l'exposition des travailleurs et représente, par conséquent, un grand pas vers la réalisation d'une
radioprotection optimale. L'employeur et les travailleurs sont responsables de l'optimisation de la
protection. Les services de surveillance radiologique et de surveillance de la santé et, en particulier,
le responsable de la radioprotection devraient s'acquitter de leurs fonctions conformément aux
instructions de l'employeur. Certaines opérations telles que la gestion des effluents conduisent à une
exposition de l'environnement général ainsi que du milieu de travail. En pareil cas, l'optimisation
devrait tenir compte à la fois de l'exposition des travailleurs et de celle du public.
6- Limites d'équivalent de dose primaires
Les limites pour la prévention des effets stochastiques des rayonnements s'appliquent à la
somme des équivalents de dose effectifs résultant des expositions externes subies au cours
d'une année et des équivalents de dose effectifs engagés résultant de l'incorporation de
radionucléides au cours de la même année.
Les limites pour la prévention des effets non stochastiques des rayonnements s'appliquent à
la somme des équivalents de dose aux organes ou aux tissus résultant des expositions
externes subies au cours d'une année et des équivalents de dose engagés résultant de
l'incorporation de radionucléides au cours de la même année.
Les limites de dose primaires sont des valeurs liées à l'individu qui s'appliquent aux doses annuelles
reçues par les travailleurs du fait de sources de rayonnement liées au travail. Ces limites sont:
a) la limite pour l'équivalent de dose effectif annuel, à savoir 50 mSv;
b) la limite pour l'équivalent de dose annuel au niveau d'un organe ou d'un tissu (excepté le
cristallin), à savoir 500 mSv;
c) la limite pour l'équivalent de dose annuel au niveau du cristallin, à savoir 150 mSv.
Les équivalents de dose indiqués ci-dessus sont les équivalents de dose moyens au niveau de
l'organe ou du tissu considéré. Pour la peau, l'équivalent de dose résultant de la contamination de la
peau est égal à la valeur moyenne calculée sur 100 cm² ; toutefois, si la contamination est répartie de
manière très inégale et si l'on a des raisons de penser qu'elle résulte d'une exposition imprévue,
l'équivalent de dose devrait être égal à la valeur moyenne sur 1 cm² . En cas d'exposition externe de
la peau, l'équivalent de dose enregistré par un ou plusieurs dosimètres est censé représenter la dose
à la peau.
7 Niveaux de référence
Aux fins de la radioprotection, l'employeur devrait appliquer les niveaux de référence suivants,
définis par l'autorité compétente:
a) niveau d'enregistrement: c'est un niveau défini par l'autorité compétente pour l'équivalent de
dose, l'équivalent de dose effectif ou l'incorporation, et au-dessus duquel les valeurs observées sont
suffisamment intéressantes du point de vue de la radioprotection pour être enregistrées et
conservées;
b) niveaux d'investigation: ce sont les valeurs de l'équivalent de dose, de l'équivalent de dose effectif
ou de l'incorporation, au-dessus de laquelle les valeurs observées sont considérées comme
suffisamment importantes pour justifier des investigations plus poussées;
c) niveaux d'intervention: ce sont des niveaux que l'on fixe habituellement en prévision de situations
anormales. Ces niveaux sont fixés d'avance par une autorité compétente ou par la direction de
l'installation, de sorte que, si la valeur d'une quantité ne dépasse pas ou ne semble pas devoir
dépasser le niveau d'intervention, il est hautement improbable qu'une intervention sera justifiée.
[Link]
1- CLASSIFICATION DES PERSONNELS
Dès lors qu’un personnel est susceptible de recevoir, dans les conditions normales de travail, une
dose supérieure ou égale aux trois dixièmes d’une des limites de dose annuelle, il est classé en
catégorie A. Les personnels ne pouvant atteindre cette fraction des limites de dose mais dont
l’exposition pourrait dépasser celle admise pour le public (1 mSv au corps entier, 50 mSv pour les
extrémités, 15 mSv pour le cristallin) sont classés catégorie B.
2- Dosimétrie active, ou opérationnelle
Cette technique utilise un dosimètre électronique, qui affiche la dose en temps réel. En
radiodiagnostic, il doit être adapté aux rayons X de faible énergie (seuil de détection de
20 keV). Cette technique nécessite, outre les dosimètres individuels, une ou plusieurs bornes
de lecture et un poste informatique de centralisation, archivage et transmission des données.
Le recueil des données se fait en temps réel, lorsque le personnel porteur passe devant une
borne de lecture, et la transmission des données est mensuelle.
3- Dosimétrie passive
On appelle ainsi toute technique de mesure de dose réalisée à l’aide d’un dispositif à lecture
différée : dosifilm, dosimètre thermoluminescent, dosimètre à lecture optiquement stimulée
(OSL) ou dosimètre radiophotoluminescent (DPL). En cas d’emploi du film dosimètre
(dosifilm), la fréquence de lecture sera de préférence trimestrielle. En effet, compte tenu des
faibles doses enregistrées, un développement trimestriel permettra une mesure plus fiable
car le seuil d’enregistrement des films dosimètres est de 0,2 mSv, aussi une exposition
mensuelle de 0,1 mSv ne sera pas comptabilisée en enregistrement mensuel, alors que la
somme trimestrielle de 0,3 mSv le sera
4- Attribution des dosimètres dans le service Les personnels de catégorie A doivent cumuler les
deux types de dosimétrie, dosimétrie passive à lecture mensuelle et dosimétrie électronique
ARTICLE :Mesure de l’exposition externe du personnel du service de médecine nucléaire de l’hôpital
Ibn Sina de Rabat au cours de la manipulation des radiopharmaceutiques
La dosimétrie individuelle est l’un des maillons essentiels du dispositif de radioprotection des
travailleurs exposés aux rayonnements ionisants. Elle a pour objectif de fournir une
estimation des doses reçues au niveau de l’organisme entier ou des tissus significativement
exposés et de mettre en œuvre le principe d’optimisation selon lequel les expositions doivent
être maintenues au niveau le plus faible qu’il est raisonnablement possible d’atteindre [1].
Les dosimètres sont de ce fait notre sixième sens, non seulement ils nous indiquent la valeur
de l’exposition mais aussi, le plus souvent, ils nous rassurent sur la manière de travailler sous
rayonnements [2]. Depuis l’application de la loi no 00571 relative à la protection contre les
rayonnements ionisants et de ses deux décrets : 2-97-30 et 2-97-132, le 28 octobre 1997, la
surveillance des travailleurs a fait l’objet d’évolution réglementaire importante au Maroc,
notamment l’enregistrement individuel en temps différé de la dosimétrie.
Dans les conditions habituelles de travail, nous avons trouvé intéressant de mener une étude
dosimétrique permettant l’évaluation des doses reçues par le personnel au cours des
différentes tâches diagnostiques, thérapeutiques et de dosages radio-immunologiques.
L’étude a été menée pendant une durée de trois mois et portait sur deux techniciens (T1, T2)
pour l’ensemble des actes techniques réalisés quotidiennement (élution du technétium,
marquage des radiopharmaceutiques, administration de l’iode 131, examens
scintigraphiques), deux infirmiers (I1, I2) assurant l’injection des radiotraceurs aux patients,
sans usage de seringues radioprotégées, deux manipulateurs de laboratoire (M1, M2) pour
les dosages radio-immunologiques à l’iode 125, une physicienne (P) pour le contrôle de
qualité et la gestion des déchets radioactifs, un médecin (D) qui s’occupait des actes
médicaux et enfin un agent (A1) pour l’évacuation des déchets
La méthode que nous avons adoptée se décline en trois phases. La première phase consistait
à informer le personnel sur les modalités et la stratégie de l’étude. La seconde phase est celle
de la lecture et l’évaluation des doses et la dernière phase est l’exploitation des résultats
obtenus [7]. Notons que dans le cadre de la radioprotection, le programme de travail des
quatre techniciens du service est soumis à un planning de rotation entre l’élution, la
préparation des radiopharmaceutiques, la réalisation des examens scintigraphiques et le
balayage à l’iode131.
Radioprotection du personnel dans un service de médecine nucléaire
Le personnel du milieu médical représente en France la majeure partie des travailleurs
exposés aux rayonnements ionisants d’origine artificielle, Les doses les plus importantes, de
l’ordre de quelques mSv, sont enregistrées dans les services de médecine nucléaire. Le
personnel y est confronté à un risque d’exposition externe lors de l’utilisation des molécules
marquées et à un risque de contamination par la manipulation des sources non scellées.
La radiothérapie interne, longtemps limitée au cancer thyroïdien, s’est étendue à beaucoup
d’autres types de cancers du fait de la disponibilité de nouveaux vecteurs et de nouveaux
radionucléides. Toutes ces évolutions technologiques ont une implication en radioprotection
en ce qui concerne l’exposition du personnel de médecine nucléaire.
Les mesures de protection radiologique à adopter reposent sur le recensement des situations
à risque, l’évaluation prévisionnelle des doses, l’étude du poste de travail, l’optimisation des
expositions et des pratiques. Elles aboutissent à la catégorisation du personnel, à
l’aménagement des locaux en fonction du risque radiologique et à l’amélioration des
pratiques. La surveillance de l’exposition professionnelle se fait par la dosimétrie externe, la
radiotoxicologie et une surveillance médicale adaptée à chaque poste de travail. La
généralisation du port d’un dosimètre actif est indispensable pour mieux surveiller les doses
distribuées en temps réel. Le niveau d’exposition du personnel reste néanmoins très
inférieur aux limites réglementaires. Les seuls effets biologiques des rayonnements à
redouter sont stochastiques par nature : cancers solides ou leucémies.
Depuis cette époque, au fur et à mesure des découvertes en radiobiologie et de la
généralisation de l’utilisation des radiations ionisantes, la dose maximale annuelle admissible
chez le travailleur exposé n’a cessé de diminuer. Si les premières limites avaient pour but
d’éviter les effets déterministes des radiations, les normes actuelles restreignent l’exposition
professionnelle au domaine des très faibles doses. Dans le cadre de l’exposition habituelle au
poste de travail, l’objectif est à présent de prévenir la survenue des effets stochastiques. Les
mesures de radioprotection se sont progressivement étendues au public, à l’environnement
et naturellement aux patients exposés à des fins médicales.
Les doses les plus importantes, de l’ordre de quelques mSv, sont enregistrées dans les
services de cardiologie interventionnelle et de médecine nucléaire. En effet, si, en raison de
l’évolution des matériels et des pratiques, les doses sont maintenant négligeables en
radiodiagnostic, ces deux spécialités exigent une surveillance attentive des praticiens. La
surveillance de leur exposition doit reposer sur une dosimétrie corps entier (dosimètre
thoracique) complétée par un dosimètre actif. Le personnel de médecine nucléaire est
confronté à un double risque d’exposition externe et de contamination, du fait du mode de
mise en œuvre des rayonnements ionisants dans cette discipline.
Les risques pour le personnel de médecine nucléaire
Schématiquement tout acte de médecine nucléaire comporte l’injection à un patient, à des
fins diagnostiques d’imagerie, d’un traceur associant un marqueur radioactif et un vecteur
moléculaire dont les propriétés conditionnent son comportement in vivo. Le marquage
radioactif permet la détection externe de la molécule porteuse et la réalisation d’une image
de sa distribution dans l’organisme. Les caractéristiques biochimiques du traceur peuvent
aboutir à une accumulation préférentielle au sein d’un tissu ou d’un organe, permettant alors
son utilisation à visée thérapeutique. Dans ce cas, la quantité de traceur injectée est plus
importante. Les rayonnements émis par les traceurs sont électromagnétiques,
principalement gamma d’origine nucléaire, ou électroniques (émission bêta ou électron
Auger de faible énergie). Les électrons émis par les atomes radioactifs parcourent une
distance très courte dans la matière. Ils déposent une dose importante localement mais
n’entraînent pas d’irradiation significative à distance. Les rayonnements électromagnétiques
sont seulement atténués par la matière. Ils sont à l’origine d’une plus faible irradiation locale
et transforment l’organe au sein duquel ils sont présents en source de radiations ionisantes.
Les radionucléides les plus utilisés en médecine nucléaire sont le technétium (émetteur
gamma) et l’iode (émetteur bêta et gamma) en application diagnostique courante, et le fluor
18 (émetteur bêta et photons d’annihilation) en tomographie par émission de positons (TEP).
La période physique de ces radionucléides, de quelques heures à quelques jours, combinée à
une période biologique également courte du traceur, permet de diminuer au maximum
l’exposition du patient et donc du personnel. L’essentiel des dispositions réglementaires
actuelles concerne ces trois marqueurs, même si d’autres radionucléides sont utilisés
quotidiennement. Le tropisme spécifique du vecteur moléculaire pour un organe ou une
fonction biologique conditionne son utilisation. Si l’iode 123 peut être utilisé seul pour
l’exploration de la thyroïde, un même radionucléide, le technétium 99m , peut être associé à
diverses molécules pour obtenir des images osseuses, cardiaques, pulmonaires ou rénales.
Depuis quelques années, des systèmes hybrides TEP/scanner permettent de fusionner les
images fonctionnelles de la TEP avec les images anatomiques du scanner, pour un meilleur
diagnostic. Cette technologie nécessite la production de fluor 18 dans un cyclotron. Le 18F-
fluorodésoxyglucose est actuellement le seul traceur utilisé, pour le bilan d’extension initial
de plusieurs types de cancers relativement fréquents (poumon, colon, lymphomes malins…)
ou pour le bilan précoce de l’efficacité d’un traitement anticancéreux. Le personnel du
service de médecine nucléaire est exposé à un risque d’exposition externe et à un risque de
contamination.
1- Le risque d’exposition externe
due au traceur radioactif : C’est le risque principal, surtout si le même technicien
prépare l’injection de la molécule marquée et surveille le bon déroulement de
l’examen : prélèvement dans la seringue, transport au chevet du patient,
injection au malade et surveillance pendant l’examen, puis accompagnement du
patient dans la salle d’attente « chaude ». Les activités injectées peuvent être
très importantes : 5 à 8 MBq/kg de [18F]-FDG soit 350 à 600 MBq pour un
examen de tomographie par émission de positons par exemple. Le problème de
l’exposition externe doit être considéré d’un double point de vue. Le premier est
celui de l’exposition des extrémités lors de la manipulation des sources et lors de
l’injection au patient. L’exposition la plus importante a lieu pendant la phase de
préparation et d’injection de la molécule marquée. C’est une des circonstances
où l’une des limites de dose réglementaire peut être atteinte, non pas la limite «
corps entier » mais la limite « peau et extrémités » : la dose équivalente cumulée
par certains doigts peut dépasser annuellement, dans certaines conditions, les
3/10 de la limite « extrémités ». Le second point de vue est celui de l’exposition
du corps du manipulateur par le patient lui-même. Cette exposition survient de
façon significative en cas de proximité étroite avec le patient, lors de l’installation
sous la caméra ou lors d’actions comme le brancardage de malades à mobilité
réduite. Elle est presque nulle lors de la phase de réalisation de l’examen lui-
même qui s’effectue à distance derrière un paravent plombé. Le risque est
fonction de la nature et de la quantité de radionucléide utilisé. Les émetteurs
gamma de basse énergie comme le technétium 99m (140 keV) sont responsables
d’une dose négligeable pour le technicien dès lors qu’il se trouve à plus d’un
mètre du patient. Dans le cas des émetteurs gamma à haute voire très haute
énergie (360 keV pour l’iode 131 et 511 keV pour les photons d’annihilation des
positons), le débit de dose peut atteindre un niveau important, atténué par le
positionnement du technicien derrière un paravent plombé adapté à l’énergie.
par les examens radiologiques anatomiques : Il s’agit de l’exposition au scanner
couplé à la caméra TEP ou TEMP (tomographie par émission mono-photonique)
afin d’associer une référence anatomique à l’image fonctionnelle obtenue par
scintigraphie. Les données obtenues servent en premier lieu à corriger les images
scintigraphiques du phénomène de l’atténuation des rayonnements exercée par
les tissus du patient
2- Le risque de contamination interne
Le tableau II précise les caractéristiques des principaux radionucléides utilisés en
médecine nucléaire en sources non scellées pour le diagnostic in vivo. Lors des phases
successives de préparation et d’administration au patient, le personnel peut se
contaminer accidentellement par inhalation ou par blessure, exceptionnellement par
ingestion. Ces circonstances de contamination sont à l’origine des règles d’hygiène et de
comportement strictes dans les zones à risque : interdiction de s’alimenter, de fumer…
Contamination par blessure : Lors de chaque manipulation, tous ces éléments
présentent un risque potentiel d’accident pour le personnel, qui est susceptible de se
blesser. L’utilisation de ces radionucléides génère des déchets contaminés dont la
gestion doit être rigoureuse : les diverses manipulations pour leur conditionnement
avant élimination sont une cause supplémentaire de contamination.