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02/12/2024

Côte d'Ivoire, Ordonnance n°2009-385 du 1er décembre 2009 portant


réglementation bancaire
Sources internationales et étrangères > Textes africains > Côte d'Ivoire > 2009 > décembre > 1

[ NB - Ordonnance n°2009-385 du 1er décembre 2009 portant réglementation bancaire ]

Titre 1 - Champ d'application de la réglementation bancaire

Art.1.- La présente ordonnance s'applique aux établissements de crédit exerçant leur activité sur le territoire de
Côte d'Ivoire, quels que soient leur statut juridique, le lieu de leur siège social ou de leur principal établissement
dans l'Union Monétaire Ouest Africaine, ci-après dénommée « UMOA », et la nationalité des propriétaires de leur
capital social ou de leurs dirigeants.

Art.2.- Sont considérées comme établissements de crédit, les personnes morales qui e ectuent, à titre de
profession habituelle, des opérations de banque.

Constituent des opérations de banque, au sens de la présente ordonnance, la réception de fonds du public, les
opérations de crédit, ainsi que la mise à disposition de la clientèle et la gestion de moyens de paiement.

Les établissements de crédit sont agréés en qualité de banque ou d'établissement financier à caractère bancaire.

Art.3.- Les banques sont habilitées à effectuer toutes les opérations de banque définies à l'article 2, alinéa 2.

Art.4.- Les établissements nanciers à caractère bancaire sont habilités à e ectuer les opérations de banque pour
lesquelles ils sont agréés.

Ils sont classés, par instruction de la Banque Centrale, en diverses catégories selon la nature des opérations de
banque qu'ils sont habilités à effectuer.

Art.5.- Sont considérés comme fonds reçus du public, les fonds qu'une personne recueille d'un tiers, notamment
sous forme de dépôts, avec le droit d'en disposer pour son propre compte, mais à charge pour elle de les restituer.
Les fonds provenant d'une émission de bons de caisse sont considérés comme reçus du public.

Toutefois, ne sont pas considérés comme fonds reçus du public :

1) les fonds constituant le capital d'une entreprise ;

2) les fonds reçus des dirigeants d'une entreprise, ainsi que des actionnaires, associés ou sociétaires
détenant 10 % au moins du capital social ;

3) les fonds reçus d'établissements de crédit à l'occasion d'opérations de crédit ;

4) les fonds reçus du personnel d'une entreprise, à condition que leur montant global reste inférieur à 10 %
des capitaux propres de ladite entreprise.

Art.6.- Constitue une opération de crédit, pour l'application de la présente ordonnance, tout acte par lequel une
personne, agissant à titre onéreux :

1) met ou promet de mettre des fonds à la disposition d'une autre personne ;

2) prend, dans l'intérêt de celle-ci, un engagement par signature tel qu'un aval, un cautionnement ou une
garantie.

Sont assimilés à des opérations de crédit, le crédit-bail et, de manière générale, toute opération de location
assortie d'une option d'achat.

Art.7.- Sont considérés comme moyens de paiement, tous les instruments qui, quel que soit le support ou le
procédé technique utilisé, permettent à toute personne de transférer des fonds. Il s'agit notamment des chèques
bancaires, chèques de voyage, cartes de paiement et de retrait, virements ou avis de prélèvement, cartes de crédit
et transferts électroniques de fonds.

Art.8.- Les opérations de crédit-bail visées à l'article 6 concernent :

1) les opérations de location de biens d'équipement ou de matériel ou d'outillage qui, quelle que soit leur
quali cation, donnent au locataire la possibilité d'acquérir, à une date convenue avec le propriétaire, tout

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ou partie des biens loués, moyennant un prix arrêté d'accord parties et prenant en compte les paiements
effectués à titre de loyers ;

2) les opérations, quelle que soit leur quali cation, par lesquelles une entreprise nance, pour son compte,
l'achat et/ou la construction de biens immobiliers à usage professionnel, a n de les donner en location à
des personnes à la demande desquelles elle a agi et qui pourront en devenir propriétaires de tout ou
partie, au plus tard à l'expiration du bail.

Art.9.- Sous réserve, le cas échéant, du respect des autorisations et autres dispositions législatives et
réglementaires spéci ques, relatives à l'exercice de certaines activités ou professions, les établissements de crédit
sont également habilités à effectuer les opérations suivantes, considérées comme connexes à leurs activités :

1) opérations sur or et métaux précieux ;

2) opérations de change manuel ou scriptural ;

3) opérations de placement, à savoir les prises de participation dans des entreprises existantes ou en
formation et toutes acquisitions de valeurs mobilières émises par des personnes publiques ou privées ;

4) opérations de conseil et d'assistance en matière de gestion nancière, gestion de patrimoine, gestion et


placement de valeurs mobilières et produits nanciers, opérations d'ingénierie nancière et, de manière
générale, toute opération destinée à faciliter la création et le développement des entreprises, notamment
la recherche de financements et de partenaires ;

5) opérations de location simple de biens mobiliers ou immobiliers par les établissements nanciers à
caractère bancaire, habilités à effectuer des opérations de crédit-bail ;

6) opérations d'intermédiation en tant que commissionnaires, courtiers ou autrement dans tout ou partie
des opérations de banque et des opérations visées au présent article.

Art.10.- Les établissements nanciers de capital-risque et les établissements nanciers d'investissement en fonds
propres sont soumis aux dispositions de la présente ordonnance, applicables aux établissements nanciers à
caractère bancaire, sous réserve des dispositions législatives ou réglementaires qui leur sont spécifiques.

Sont considérés comme établissements nanciers de capital-risque et établissements nanciers d'investissement


en fonds propres, au sens de la réglementation sur les entreprises d'investissement à capital xe, les entreprises à
capital xe qui font profession habituelle de concourir, sur ressources propres ou assimilées, au renforcement des
fonds propres et assimilés d'autres entreprises.

Art.11.- La présente ordonnance ne s'applique pas :

1) à la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest, dénommée, ci-après « la Banque Centrale » ;

2) au Trésor public ;

3) aux institutions nancières internationales, ni aux institutions publiques étrangères d'aide ou de


coopération, dont l'activité sur le territoire de Côte d'ivoire est autorisée par des traités, accords ou
conventions internationales auxquels est partie la Côte d'Ivoire ;

4) aux Sociétés de Gestion et d'Intermédiation, ainsi qu'aux autres acteurs agréés du marché nancier
régional de l'UMOA ;

5) aux systèmes financiers décentralisés, notamment les institutions mutualistes ou coopératives d'épargne
et de crédit non agréées en qualité d'établissement de crédit et soumises à un régime particulier, sous
réserve des dispositions des articles 54 et 104 ;

6) à l'Administration et aux services financiers de la Poste sous réserve des dispositions de l'article 54.

Les articles 31 à 33 de la présente ordonnance ne s'appliquent pas aux établissements de crédit publics à statut
spécial dont la liste est arrêtée par le Conseil des Ministres de l'UMOA.

Art.12.- Ne sont pas considérés comme établissements de crédit :

1) les entreprises d'assurance, de réassurance et les organismes de retraite ;

2) les notaires et les officiers ministériels dans le cadre de leurs fonctions.

Toutefois, les personnes visées au présent article sont soumises aux dispositions de l'article 103.

Titre 2 - Agrément et retrait d'agrément des établissements de


crédit

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Art.13.- Nul ne peut, sans avoir été préalablement agréé et inscrit sur la liste des banques ou sur celle des
établissements à caractère bancaire, exercer l'activité dé nie à l'article 2, ni se prévaloir de la qualité de banque ou
d'établissement nancier à caractère bancaire, ni créer l'apparence de cette qualité, notamment par l'emploi de
termes tels que banque, banquier, bancaire ou établissement nancier dans sa dénomination sociale, son nom
commercial, sa publicité ou, d'une manière quelconque, dans son activité.

Art.14.- Les interdictions dé nies à l'article 13 ne font pas obstacle à ce qu'une entreprise, quelle que soit sa
nature, puisse notamment :

1) dans l'exercice de son activité professionnelle, consentir à ses contractants des délais ou avances de
paiement ;

2) conclure des contrats de location de logements assortis d'une option d'achat ;

3) procéder à des opérations de trésorerie avec des sociétés ayant avec elle, directement ou indirectement,
des liens de capital conférant à l'une des entreprises liées, un pouvoir de contrôle effectif sur les autres ;

4) émettre des valeurs mobilières, ainsi que des titres de créances négociables, conformément aux
dispositions législatives et réglementaires en vigueur ;

5) émettre des bons et cartes délivrés pour l'achat, auprès d'elle, d'un bien ou d'un service déterminé.

Art.15.- Les demandes d'agrément sont adressées au Ministre chargé des Finances et déposées auprès de la
Banque Centrale qui les instruit. Celle-ci véri e si les personnes morales qui demandent l'agrément satisfont aux
conditions et obligations prévues aux articles 25, 26, 29, 34 et 36. Elle s'assure de l'adéquation de la forme juridique
de l'entreprise à l'activité de banque ou d'établissement financier à caractère bancaire.

La Banque Centrale examine notamment le programme d'activités de cette entreprise et les moyens techniques et
nanciers qu'elle prévoit de mettre en œuvre, ainsi que son plan de développement du réseau de succursales,
d'agences ou de guichets, à l'échelle nationale et communautaire. Elle apprécie également l'aptitude de l'entreprise
requérante à réaliser ses objectifs de développement, dans des conditions compatibles avec le bon
fonctionnement du système bancaire et une protection suffisante de la clientèle.

La Banque Centrale obtient tous renseignements sur la qualité des personnes ayant assuré l'apport des capitaux
et, le cas échéant, sur celle de leurs garants, ainsi que sur l'honorabilité et l'expérience des personnes appelées à
diriger, administrer ou gérer l'établissement de crédit et ses agences.

Une instruction de la Banque Centrale détermine les pièces à joindre à la demande d'agrément.

Art.16.- L'agrément est prononcé par arrêté du Ministre chargé des Finances, après avis conforme de la
Commission Bancaire de I'UMOA, ci-après dénommée la Commission Bancaire.

L'agrément est réputé avoir été refusé s'il n'est pas prononcé dans un délai de six mois à compter de la réception
de la demande par la Banque Centrale, sur avis contraire donné au demandeur.

L'agrément peut être limité à l'exercice de certaines opérations définies par l'objet social du demandeur.

L'agrément est constaté par l'inscription sur la liste des banques ou sur celle des établissements nanciers à
caractère bancaire.

Ces listes sont établies et tenues à jour par la Commission Bancaire qui a ecte un numéro d'inscription à chaque
banque ou établissement financier à caractère bancaire.

La liste des banques et celle des établissements nanciers à caractère bancaire, ainsi que les modi cations dont
elles font l'objet, y compris les radiations, sont publiées au Journal O ciel de la République de Côte d'Ivoire, à la
diligence de la commission Bancaire.

Art.17.- Les établissements nanciers à caractère bancaire, classés dans une catégorie, ne peuvent exercer les
activités d'une autre catégorie sans une autorisation préalable accordée comme en matière d'agrément.

Le retrait de cette autorisation est prononcé comme en matière de retrait d'agrément

Art.18.- Un établissement de crédit ayant obtenu l'agrément dans un Etat membre de l'UMOA et qui désire ouvrir
dans un ou plusieurs autres Etats membres des succursales et/ou liales qui béné cieraient de cet agrément doit,
préalablement à l'ouverture desdites succursales et/ou liales, noti er son intention sous forme de déclaration. La
déclaration d'intention est adressée à la Commission Bancaire et déposée auprès de la Banque Centrale.

La Banque Centrale adresse copie de la déclaration au Ministre chargé des Finances du pays d'accueil et à celui du
pays d'origine, pour information.

La Banque Centrale détermine, par voie d'instruction, les informations que doit contenir la déclaration ainsi que les
documents à y joindre, en particulier, une présentation du projet d'implantation comprenant notamment des

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renseignements sur les activités envisagées, les dirigeants, la structure organisationnelle, l'organisation du
contrôle interne et le cas échéant, la constitution du capital minimum exigé avant le début des activités.

La déclaration d'intention est instruite par la Commission Bancaire. L'autorisation ou le refus d'installation est
noti é par la Commission Bancaire qui en informe au préalable le Ministre chargé des Finances du pays d'origine et
du pays d'accueil de l'établissement de crédit.

L'autorisation ou le refus d'installation est noti é dans un délai de trois mois à compter de la date de dépôt de la
déclaration d'intention et du dossier complet de demande d'établissement auprès de la Banque Centrale.

L'autorisation d'installation est constatée par l'inscription sur la liste des banques ou sur celle des établissements
financiers à caractère bancaire, dans les conditions définies à l'article 16.

Art.19.- Les banques et les établissements nanciers à caractère bancaire doivent faire gurer leur numéro
d'inscription sur la liste des banques ou sur celle des établissements nanciers à caractère bancaire, dans les
mêmes conditions, sur les mêmes documents et sous peine des mêmes sanctions qu'en matière de Registre du
Commerce et du Crédit Mobilier.

Art.20.- Le retrait d'agrément, à la demande de l'établissement de crédit intéressé ou lorsqu'il est constaté que
ledit établissement de crédit n'exerce aucune activité depuis au moins un an, est prononcé par arrêté du Ministre
chargé des Finances, après avis conforme de la commission Bancaire.

Sans préjudice des dispositions des articles 39 et 40, toute décision de transfert du siège social d'un établissement
de crédit hors de l'UMOA ou toute opération de fusion par absorption, scission, ou création d'une société nouvelle,
ayant pour résultat de transférer le siège social hors de l'UMOA ou sa disparition, entraîne le retrait de l'agrément.

Le retrait d'agrément ou d'autorisation d'installation pour infraction à la réglementation bancaire ou à toutes


autres législations applicables aux établissements de crédit, est prononcé dans les conditions prévues à l'article 66.

Le retrait d'agrément ou d'autorisation d'installation est constaté par la radiation de la liste des banques ou de
celle des établissements financiers à caractère bancaire.

Art.21.- Les demandes de retrait d'agrément ou d'autorisation sont adressées au Ministre chargé des Finances et
déposées auprès de la Banque Centrale. Elles doivent comporter notamment le plan de liquidation, le plan de
remboursement des déposants, le plan de dédommagement du personnel et la stratégie de traitement des
créances de l'établissement de crédit.

Art.22.- Les établissements de crédit doivent cesser leur activité dans le délai xé par la décision de retrait
d'agrément.

Art.23.- La Commission Bancaire peut décider que le retrait de l'agrément accordé à un établissement de crédit
entraîne le retrait de l'autorisation d'installation des liales dudit établissement de crédit créées dans un ou
plusieurs Etats membres de l'UMOA, compte tenu de leurs liens nanciers et juridiques particuliers et des
conséquences qui peuvent découler de ce retrait.

La Commission Bancaire informe, le cas échéant, la Banque Centrale et le Ministre chargé des Finances de l'Etat
d'implantation de la liale concernée, de la décision d'extension à celle-ci du retrait de l'agrément de la société
mère.

En cas de poursuite des activités des liales, celles-ci doivent solliciter un agrément dans les conditions dé nies par
une instruction de la Banque Centrale.

Toutefois, le retrait de l'agrément d'un établissement de crédit s'étend automatiquement aux succursales.

Art.24.- Le Ministre chargé des Finances prend et noti e aux établissements de crédit, les actes réglementaires
requis par les décisions et les avis conformes de la Commission Bancaire, dans les conditions prévues par l'article
37 de l'Annexe à la Convention régissant la Commission Bancaire.

Titre 3 - Dirigeants et personnel des établissements de crédit

Art.25.- Nul ne peut diriger, administrer ou gérer un établissement de crédit ou une de ses agences, s'il n'a pas la
nationalité ivoirienne ou celle d'un Etat membre de l'UMOA, à moins qu'il ne jouisse, en vertu d'une convention
d'établissement, d'une assimilation aux ressortissants de l'UMOA.

Le Ministre chargé des Finances peut accorder, sur avis conforme de la Commission Bancaire, des dérogations
individuelles aux dispositions de l'alinéa précédent.

Les dirigeants pour lesquels la dérogation est sollicitée doivent être titulaires d'au moins une maîtrise ou d'un
diplôme équivalent et justi er d'une expérience professionnelle de cinq ans au moins dans le domaine bancaire,

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financier ou dans tout autre domaine de compétence jugé compatible avec les fonctions envisagées.

Tout dirigeant ou administrateur, ayant obtenu la dérogation à la condition de nationalité, pour exercer dans un
établissement de crédit dans un Etat membre de l'UMOA, n'est pas tenu de solliciter une nouvelle dérogation,
lorsqu'il change de fonction, d'établissement ou de pays.

Art.26.- Toute condamnation pour crime de droit commun, pour faux et usage de faux en écriture publique, pour
faux et usage de faux en écriture privée, de commerce ou de banque, pour vol, pour escroquerie ou délits punis
des peines de l'escroquerie, pour abus de con ance, pour banqueroute, pour détournement de deniers publics,
pour soustraction par dépositaire public, pour extorsion de fonds ou valeurs, pour corruption, pour émission de
chèques sans provision, pour infraction à la réglementation des relations nancières extérieures, pour infraction à
la législation contre le blanchiment de capitaux, pour atteinte au crédit de l'Etat ou pour recel de choses obtenues
à l'aide de ces infractions, ou toute condamnation pour infraction assimilée par la loi à l'une de celles énumérées
ci-dessus, emporte de plein droit interdiction :

1) de diriger, administrer ou gérer un établissement de crédit ou une de ses agences ;

2) d'exercer l'une des activités définies à l'article 2 ;

3) de proposer au public la création d'un établissement de crédit ;

4) de prendre des participations dans le capital d'un établissement de crédit.

Toute condamnation pour tentative ou complicité dans la commission des infractions énumérées ci-dessus
emporte les mêmes interdictions.

Les mêmes interdictions s'appliquent aux faillis non réhabilités, aux o ciers ministériels destitués et aux
dirigeants suspendus ou démis en application de l'article 66.

Les interdictions ci-dessus s'appliquent de plein droit lorsque la condamnation, la faillite, la destitution, la
suspension ou la démission a été prononcée à l'étranger. Dans ce cas, le ministère public ou l'intéressé peut saisir
la juridiction compétente d'une demande tendant à faire constater que les conditions d'application des
interdictions ci-dessus sont ou non réunies ; le tribunal statue après véri cation de la régularité et de la légalité de
la décision étrangère, l'intéressé dûment appelé en Chambre du Conseil. La décision ne peut faire l'objet que d'un
recours en cassation.

Lorsque la décision, dont résulte l'une des interdictions visées au présent article, est ultérieurement rapportée ou
in rmée, l'interdiction cesse de plein droit, à condition que la nouvelle décision ne soit pas susceptible de voies de
recours.

Art.27.- Quiconque contrevient à l'une des interdictions édictées par les articles 25 et 26 sera puni d'un
emprisonnement d'un an à cinq ans et d'une amende de 10.000.000 à 25.000.000 FCFA ou de l'une de ces deux
peines seulement.

Art.28.- Quiconque aura été condamné pour l'un des faits prévus à l'article 26, alinéas premier et 2, et à l'article 27
ne pourra être employé, à quelque titre que ce soit, par un établissement de crédit. Les dispositions de l'article 26,
alinéas 4 et 5, sont applicables à cette interdiction.

En cas d'infraction à cette interdiction, l'auteur est passible des peines prévues à l'article 27 et l'employeur, d'une
amende de 25.000.000 à 50.000.000 FCFA.

Art.29.- Tout établissement de crédit doit déposer et tenir à jour auprès de la Commission Bancaire et du gre er
chargé de la tenue du registre du commerce et du crédit mobilier, la liste des personnes exerçant des fonctions de
direction, d'administration ou de gérance de l'établissement de crédit ou de ses agences. Tout projet de
modi cation de la liste susvisée doit être noti é à la Commission Bancaire au moins trente jours avant la prise de
fonction des nouveaux dirigeants.

Le gre er transmet copie de la liste susvisée et de ses modi cations sous huitaine, sur papier libre, au procureur
de la République.

Art.30.- Les personnes qui concourent à la direction, à l'administration, à la gérance, au contrôle ou au


fonctionnement des établissements de crédit, sont tenues au secret professionnel, sous réserve des dispositions
de l'article 53, dernier alinéa.

Il est interdit aux mêmes personnes d'utiliser les informations con dentielles dont elles ont connaissance dans le
cadre de leur activité, pour réaliser directement ou indirectement des opérations pour leur propre compte ou en
faire bénéficier d'autres personnes.

Titre 4 - Réglementation des établissements de crédit

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Chapitre 1 - Forme juridique

Art.31.- Les banques doivent être constituées sous forme de sociétés anonymes à capital xe ayant leur siège
social en Côte d'Ivoire ou, par autorisation spéciale du Ministre chargé des Finances donnée après avis conforme
de la Commission Bancaire, sous la forme de sociétés coopératives ou mutualistes à capital variable.

Elles ne peuvent revêtir la forme d'une société unipersonnelle. Exceptionnellement, elles peuvent revêtir la forme
d'autres personnes morales.

Elles doivent avoir leur siège social sur le territoire d'un des Etats membres de l'UMOA.

Art.32.- Les établissements nanciers à caractère bancaire sont constitués sous forme de sociétés anonymes à
capital fixe, de sociétés à responsabilité limitée ou de sociétés coopératives ou mutualistes à capital variable.

Ils ne peuvent revêtir la forme d'une société unipersonnelle.

Ils doivent avoir leur siège social sur le territoire d'un des Etats membres de l'UMOA.

Une instruction de la Banque Centrale précise, en cas de besoin, la forme juridique que doivent adopter les
diverses catégories d'établissements financiers à caractère bancaire.

Art.33.- Les actions émises par les établissements de crédit ayant leur siège social en Côte d'Ivoire doivent revêtir la
forme nominative.

Chapitre 2 - Capital et réserve spéciale

Art.34.- Le capital social des banques ayant leur siège social en Côte d'Ivoire ne peut être inférieur au montant
minimal fixé par le Conseil des Ministres de l'UMOA.

Le capital social des établissements nanciers à caractère bancaire ayant leur siège social en Côte d'Ivoire ne peut
être inférieur au montant minimal xé par le Conseil des Ministres de l'UMOA. Ce minimum peut être di érent
selon les diverses catégories d'établissements financiers à caractère bancaire.

Toutefois, pour un établissement de crédit donné, la décision d'agrément peut xer un montant minimal supérieur
à celui visé aux alinéas premier et 2 du présent article.

Le capital social doit être intégralement libéré au jour de l'agrément de l'établissement de crédit à concurrence du
montant minimal exigé dans la décision d'agrément. Le capital libéré doit rester à tout moment employé dans les
Etats membres de l'UMOA.

Art.35.- Les établissements de crédit, qui doivent accroître leur capital social pour se conformer à la
réglementation en vigueur, disposent d'un délai de six mois à cet e et, à compter de la date de la décision du
Conseil des Ministres de l'UMOA fixant le montant du capital social.

Art.36.- Les fonds propres de base d'un établissement de crédit doivent, à tout moment, être au moins égaux au
montant minimal déterminé en application de l'article 34, sans pouvoir être inférieurs au minimum de fonds
propres de base qui pourrait être rendu obligatoire en vertu de l'article 56.

Une instruction de la Banque Centrale dé nit les fonds propres de base et les fonds propres e ectifs, pour
l'application du présent article et des articles 45 et 56.

Art.37.- Les établissements de crédit, dotés de la personnalité morale, sont tenus de constituer une réserve
spéciale, incluant toute réserve légale éventuellement exigée par les lois et règlements en vigueur, alimentée par
un prélèvement annuel sur les bénéfices nets réalisés, après imputation d'un éventuel report à nouveau déficitaire.
Le montant de ce prélèvement est fixé par une instruction de la Banque Centrale.

La réserve spéciale peut servir à l'apurement des pertes, à condition que toutes les autres réserves disponibles
soient préalablement utilisées.

Art.38.- Les personnes physiques, visées à l'article 105, doivent justi er d'un cautionnement bancaire donné par
une banque agréée dans l'un des Etats membres de I'UMOA, pour une somme égale au montant minimum
déterminé par une instruction de la Banque Centrale.

Chapitre 3 - Autorisations diverses

Art.39.- Sont subordonnées à l'autorisation préalable du Ministre chargé des Finances, les opérations suivantes
relatives aux établissements de crédit ayant leur siège social en Côte d'Ivoire :

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1) toute modification de la forme juridique, de la dénomination sociale, ou du nom commercial ;

2) tout transfert du siège social dans un autre Etat membre de l'UMOA ;

3) toute opération de fusion par absorption ou création d'une société nouvelle ou de scission ;

4) toute dissolution anticipée ;

5) toute prise ou cession de participation qui aurait pour e et de porter la participation d'une même
personne, directement ou par personne interposée, ou d'un même groupe de personnes agissant de
concert, d'abord au-delà de la minorité de blocage, puis au-delà de la majorité des droits de vote dans
l'établissement de crédit, ou d'abaisser cette participation au-dessous de ces seuils.

Est considéré comme minorité de blocage le nombre de voix pouvant faire obstacle à une modi cation des statuts
de l'établissement de crédit.

Sont notamment considérées comme personnes interposées par rapport à une même personne physique ou
morale :

1) les personnes morales dans lesquelles cette personne détient la majorité des droits de vote ;

2) les liales à participation majoritaire, c'est-à-dire les sociétés dans lesquelles les sociétés visées à l'alinéa
précédent détiennent la majorité des droits de vote, ou dans lesquelles leur participation, ajoutée à celle de
la personne physique ou morale dont il s'agit, détient la majorité des droits de vote ;

3) les filiales de filiales au sens de l'alinéa précédent.

Art.40.- Sont également subordonnées à l'autorisation préalable du Ministre chargé des Finances :

1) toute cession par un établissement de crédit de plus de 20 % de son actif correspondant à ses opérations
en Côte d'Ivoire ;

2) toute mise en gérance ou cessation de l'ensemble de ses activités en Côte d'Ivoire.

Art.41.- Les autorisations préalables prévues au présent chapitre sont accordées comme en matière d'agrément.

Art.42.- Les ouvertures, fermetures, transformations, transferts, cessions ou mises en gérance de guichets ou
d'agences d'établissement de crédit en Côte d'Ivoire doivent être noti és au Ministre chargé des Finances, à la
Commission Bancaire et à la Banque Centrale.

Chapitre 4 - Opérations

Section 1 - Opérations des banques

Art.43.- Il est interdit aux banques de se livrer, pour leur propre compte ou pour le compte d'autrui, à des activités
commerciales, industrielles, agricoles ou de service, sauf dans la mesure où ces opérations sont nécessaires ou
accessoires à l'exercice de leur activité bancaire ou nécessaire au recouvrement de leurs créances.

Art.44.- Il est interdit aux banques d'acquérir leurs propres actions ou de consentir des crédits contre a ectation
en garantie de leurs propres actions.

Art.45.- Il est interdit aux banques d'accorder directement ou indirectement des crédits aux personnes qui
participent à leur direction, administration, gérance, contrôle ou fonctionnement, pour un montant global
excédant un pourcentage de leurs fonds propres e ectifs, qui sera arrêté par une instruction de la Banque
Centrale. Cette interdiction s'applique aux actionnaires ou associés qui détiennent chacun directement ou
indirectement 10 % ou plus des droits de vote au sein de la banque.

La même interdiction s'applique aux crédits consentis aux entreprises privées dans lesquelles les personnes visées
ci-dessus exercent des fonctions de direction, d'administration ou de gérance ou détiennent plus du quart (25 %)
du capital social.

Quel qu'en soit le montant, tout prêt ou garantie consenti par une banque à ses dirigeants, à ses principaux
actionnaires ou associés ou aux entreprises privées dans lesquelles les personnes visées ci-dessus exercent des
fonctions de direction, d'administration ou de gérance ou détiennent plus du quart du capital social, devra être
approuvé à l'unanimité par les membres du Conseil d'Administration de la banque et sera mentionné dans le
rapport annuel des commissaires aux comptes à l'assemblée des actionnaires.

Art.46.- Le Ministre chargé des Finances peut, après avis conforme de la Commission Bancaire, accorder des

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dérogations individuelles et temporaires aux dispositions de la présente section.

Section 2 - Opérations des établissements financiers à caractère bancaire

Art.47.- Les opérations des diverses catégories d'établissements nanciers à caractère bancaire sont réglementées
par une instruction de la Banque Centrale, en fonction de la nature de leur activité et sous réserve des dispositions
de l'article 56.

Art.48.- Il est interdit aux établissements nanciers à caractère bancaire d'accorder directement ou indirectement
des crédits aux personnes qui participent à leur direction, administration, gérance, contrôle ou fonctionnement,
pour un montant global excédant un pourcentage de leurs fonds propres e ectifs, qui sera arrêté par une
instruction de la Banque Centrale. Cette interdiction s'applique aux actionnaires ou associés qui détiennent
chacun directement ou indirectement 10 % ou plus des droits de vote au sein de l'établissement financier.

La même interdiction s'applique aux crédits consentis aux entreprises privées dans lesquelles les personnes visées
ci-dessus exercent des fonctions de direction, d'administration ou de gérance ou détiennent plus du quart (25 %)
du capital social. Quel qu'en soit le montant, tout prêt ou garantie consenti par un établissement nancier à
caractère bancaire à ses dirigeants, à ses principaux actionnaires ou associés ou aux entreprises privées dans
lesquelles les personnes visées ci-dessus exercent des fonctions de direction, d'administration ou de gérance ou
détiennent plus du quart du capital social, devra être approuvé à l'unanimité, par les membres du Conseil
d'Administration ou de l'organe compétent de l'établissement nancier et sera mentionné dans le rapport annuel
des commissaires aux comptes à l'assemblée des actionnaires.

Le Ministre chargé des Finances peut, après avis conforme de la Commission Bancaire, accorder des dérogations
individuelles et temporaires aux dispositions du présent article.

Art.49.- Les établissements nanciers à caractère bancaire ne peuvent recevoir de dépôts de fonds du public que
dans le cadre de leur activité et s'ils y ont été autorisés par décret, et dans les conditions xées par ledit décret,
après avis conforme de la Banque Centrale.

Chapitre 5 - Comptabilité et information de la Banque Centrale et de la Commission


Bancaire

Art.50.- Les établissements de crédit doivent tenir à leur siège social, principal établissement ou agence principale
en Côte d'Ivoire, une comptabilité particulière des opérations qu'ils traitent sur le territoire de la République de
Côte d'Ivoire.

Ils sont tenus d'établir leurs comptes sous une forme consolidée et combinée, conformément aux dispositions
comptables et autres règles arrêtées par la Banque Centrale.

Art.51.- Les établissements de crédit doivent arrêter leurs comptes au 31 décembre de chaque année.

Avant le 30 juin de l'année suivante, les établissements de crédit doivent communiquer à la Banque Centrale et à la
Commission Bancaire, leurs comptes annuels, dans les délais et conditions prescrits par la Banque Centrale.

Ces comptes doivent être certi és réguliers et sincères par un ou plusieurs commissaire(s) aux comptes, choisis
sur la liste des commissaires aux comptes agréés par la Cour d'appel ou tout autre organisme habilité en tenant
lieu. Le choix du commissaire aux comptes est soumis à l'approbation de la Commission Bancaire.

Les banques doivent désigner au moins deux commissaires aux comptes et deux suppléants, ainsi que les
établissements financiers à caractère bancaire faisant publiquement appel à l'épargne.

Les établissements nanciers à caractère bancaire ne faisant pas publiquement appel à l'épargne, dont le total du
bilan atteint un seuil xé par une instruction de la Banque Centrale, doivent également désigner au moins deux
commissaires aux comptes et deux suppléants.

Les commissaires aux comptes, nommés par l'assemblée générale ordinaire, disposent d'un mandat de trois ans.
Leur mandat est renouvelable.

Les comptes annuels de chaque établissement de crédit sont publiés au Journal O ciel de la République de Côte
d'Ivoire à la diligence de la Banque Centrale. Les frais de cette publication sont à la charge de l'établissement de
crédit.

Art.52.- Les établissements de crédit doivent, en cours d'exercice, dresser des situations selon la périodicité et dans
les conditions prescrites par la Banque Centrale. Ces situations sont communiquées à cette dernière et à la

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Commission Bancaire.

Art.53.- Les établissements de crédit doivent fournir, à toute réquisition de la Banque Centrale, les
renseignements, éclaircissements, justi cations et documents jugés utiles pour l'examen de leur situation,
l'appréciation de leurs risques, l'établissement de listes de chèques et e ets de commerce impayés et d'autres
incidents de paiement, et généralement pour l'exercice par la Banque Centrale de ses attributions.

Les établissements de crédit sont tenus, à toute demande de la Commission Bancaire, de fournir à cette dernière
tous documents, renseignements, éclaircissements et justifications jugés utiles à l'exercice de ses attributions.

A la requête de la Commission Bancaire, tout commissaire aux comptes d'un établissement de crédit est tenu de lui
communiquer tous rapports, documents et autres pièces, ainsi que tous renseignements jugés utiles à
l'accomplissement de sa mission.

Le secret professionnel n'est opposable ni à la Commission Bancaire, ni à la Banque Centrale, ni à l'autorité


judiciaire agissant dans le cadre d'une procédure pénale.

Art.54.- Les dispositions de l'article 53 sont applicables aux systèmes nanciers décentralisés et à l'Administration
de la Poste en ce qui concerne les opérations de ses services financiers et de chèques postaux.

Chapitre 6 - Organisation de la profession

Art.55.- Les établissements de crédit doivent, dans le mois qui suit leur inscription sur la liste des banques ou sur
celle des établissements nanciers à caractère bancaire, adhérer à l'Association Professionnelle des Banques et
Etablissements Financiers.

Les statuts de cette Association sont soumis à l'approbation du Ministre chargé des Finances. L'approbation est
donnée après avis de la Commission Bancaire.

Titre 5 - Règles de l'Union Monétaire Ouest Africaine

Art.56.- Le Conseil des Ministres de l'UMOA est habilité à prendre toutes dispositions concernant :

1) le respect, par les établissements de crédit, d'un rapport entre les divers éléments de leurs ressources et
emplois ou le respect de plafond ou de minimum pour le montant de certains de leurs emplois ;

2) les conditions dans lesquelles les établissements de crédit peuvent prendre des participations ;

3) les normes de gestion que les établissements de crédit doivent respecter en vue notamment de garantir
leur liquidité, leur solvabilité, la division de leurs risques et l'équilibre de leur structure financière.

La Banque Centrale est habilitée à prendre toutes dispositions concernant les instruments et les règles de la
politique du crédit applicables aux établissements de crédit, notamment la constitution de réserves obligatoires
déposées auprès de la Banque Centrale, ainsi que les taux et conditions des opérations e ectuées par les
établissements de crédit avec leur clientèle. Elle peut instituer des dispositions particulières en faveur de certains
établissements à statut spécial, notamment les établissements ne recourant pas à l'usage du taux d'intérêt et
pratiquant le système de partage des profits et des pertes.

Les dispositions prévues au présent article peuvent être di érentes pour les banques et les diverses catégories
d'établissements nanciers à caractère bancaire. Elles peuvent également prévoir des dérogations individuelles et
temporaires, accordées par la Commission Bancaire.

Ces dispositions sont notifiées par la Banque Centrale aux établissements de crédit.

La Commission Bancaire peut également xer des normes di érentes selon la situation individuelle de chaque
établissement de crédit.

Des instructions de la Banque Centrale déterminent les modalités d'application de ces dispositions.

Art.57.- Les établissements de crédit sont tenus de se conformer aux décisions que le Conseil des Ministres de
l'UMOA, la Banque Centrale et la Commission Bancaire prennent, dans l'exercice des pouvoirs qui leur sont
conférés par le Traité de l'Union Monétaire Ouest Africaine, les Statuts de la Banque Centrale, la Convention
régissant la Commission Bancaire et la présente ordonnance.

Art.58.- Les décisions de la Commission Bancaire sont exécutoires de plein droit sur le territoire de la République
de Côte d'Ivoire.

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Titre 6 - Contrôle des établissements de crédit et protection des


déposants

Chapitre 1 - Contrôle des établissements de crédit

Art.59.- Les établissements de crédit ne peuvent s'opposer aux contrôles e ectués par la Commission Bancaire et
la Banque Centrale, conformément aux dispositions en vigueur sur le territoire de la République de Côte d'Ivoire.

Art.60.- La Commission Bancaire peut décider la mise sous administration provisoire d'un établissement de crédit,
dans les cas prévus à l'article 31 de l'Annexe à la Convention régissant la Commission Bancaire, ou lorsque la
gestion de l'établissement de crédit met en péril les fonds reçus en dépôt ou rend non liquides les créances de la
Banque Centrale. Elle noti e sa décision au Ministre chargé des Finances qui nomme un administrateur provisoire
auquel il confère les pouvoirs nécessaires à la direction, l'administration ou la gérance de l'établissement concerné.

L'administrateur provisoire est désigné, dans un délai maximal de sept jours calendaires à compter de la date de
réception par le Ministre chargé des Finances de ladite décision, sur une liste dressée à cet e et par la Commission
Bancaire.

La décision de nomination fixe les conditions de rémunération de l'administrateur provisoire.

La prorogation de la durée du mandat de l'administrateur provisoire et la levée de l'administration provisoire sont


prononcées par le Ministre chargé des Finances, dans les mêmes formes.

L'administrateur provisoire nommé auprès d'un établissement de crédit, au lieu de son siège social, organise
l'administration provisoire des succursales établies dans les autres Etats membres de l'UMOA et qui ont béné cié
de l'agrément dudit établissement.

L'administrateur provisoire nommé auprès d'un établissement de crédit, au lieu de son siège social, coordonne
l'administration provisoire des liales établies dans les autres Etats membres de l'UMOA et qui ont béné cié de
l'agrément dudit établissement.

Il peut être nommé, dans les mêmes formes, par le Ministre chargé des Finances de l'Etat concerné, un
administrateur provisoire secondaire auprès des liales installées sur le territoire des autres Etats membres de
l'UMOA.

Art.61.- L'administrateur provisoire doit présenter à la Commission Bancaire et à la Banque Centrale, au moins une
fois tous les trois mois, un rapport sur les opérations qu'il a accomplies ainsi que sur l'évolution de la situation
nancière de l'établissement de crédit. Il doit, en outre, présenter à la Commission Bancaire et à la Banque
Centrale, au cours d'une période n'excédant pas une année à compter de la date de sa désignation, un rapport
précisant la nature, l'origine et l'importance des di cultés de l'établissement de crédit ainsi que les mesures
susceptibles d'assurer son redressement ou à défaut, constater la cessation des paiements.

L'administrateur provisoire doit accomplir sa mission dans le délai imparti, conformément aux termes de
référence de son mandat.

Art.62.- La Commission Bancaire peut décider la mise en liquidation d'un établissement de crédit ou d'une
entreprise, dans les cas prévus à l'article 32 de l'Annexe à la Convention régissant la Commission Bancaire. Elle
noti e sa décision au Ministre chargé des Finances de l'Etat concerné qui nomme un liquidateur auprès de
l'établissement de crédit ou de l'entreprise concerné.

Le liquidateur est désigné, dans un délai maximal de sept jours calendaires à compter de la date de réception par
le Ministre chargé des Finances de ladite décision, sur une liste dressée à cet effet par la Commission Bancaire.

Le liquidateur nommé auprès d'un établissement de crédit, au lieu de son siège social, organise la liquidation des
succursales dudit établissement établies dans les autres Etats membres de l'UMOA et qui ont béné cié de son
agrément.

Le liquidateur nommé auprès d'un établissement de crédit, au lieu de son siège social, organise la liquidation des
liales dudit établissement établies dans les autres Etats membres de l'UMOA, en cas d'extension à celles-ci du
retrait d'agrément de la maison mère, en application des dispositions de l'article 23, alinéa premier de la présente
ordonnance.

Il peut être nommé, le cas échéant, dans les mêmes formes, par le Ministre chargé des Finances de l'Etat concerné,
un liquidateur secondaire auprès des filiales installées sur le territoire des autres Etats membres de l'UMOA.

Art.63.- La Commission Bancaire peut prendre à l'encontre d'un établissement de crédit des mesures
administratives, conformément aux dispositions de l'article 27 de l'Annexe à la Convention régissant la Commission

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Bancaire.

Chapitre 2 - Protection des déposants

Art.64.- Le Président de la Commission Bancaire peut, en tant que de besoin, inviter les actionnaires, associés ou
sociétaires d'un établissement de crédit en difficulté, à apporter leur concours à son redressement.

Il peut, en outre, inviter l'ensemble des adhérents de l'Association Professionnelle des Banques et Etablissements
Financiers à examiner les conditions dans lesquelles ils pourraient apporter leur concours au redressement de
l'établissement de crédit.

Art.65.- Les établissements de crédit agréés dans l'UMOA adhèrent à un système de garantie des dépôts.

Titre 7 - Sanctions

Chapitre 1 - Sanctions disciplinaires

Art.66.- Les sanctions disciplinaires pour infraction à la réglementation bancaire ou à toutes autres législations
applicables aux établissements de crédit sont prononcées par la Commission Bancaire, conformément aux
dispositions des articles 28 et suivants de l'Annexe à la Convention régissant ladite Commission.

Chapitre 2 - Sanctions pénales

Art.67.- Sera puni d'un emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 10.000.000 à 100.000.000 FCFA,
ou de l'une de ces deux peines seulement, quiconque, agissant pour son compte ou celui d'un tiers, aura
contrevenu aux dispositions des articles 13 et 17, alinéa premier.

En cas de récidive, la maximum de la peine sera porté à cinq ans d'emprisonnement et à 300.000.000 FCFA
d'amende.

Art.68.- Les établissements de crédit peuvent être déclarés pénalement responsables, dans les conditions prévues
par les dispositions de l'article 42 de la loi uniforme relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux dans les
Etats membres de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).

Toutefois, les sanctions prévues aux points 3, 4, 5, 6 et 7 de l'alinéa 2 dudit article 42 ne sont pas applicables aux
établissements de crédit.

Art.69.- La Commission Bancaire de I'UMOA, saisie par le Procureur de la République de poursuites engagées
contre un établissement de crédit, peut prendre les sanctions appropriées, prévues notamment à l'article 28 de
l'Annexe à la Convention régissant la Commission Bancaire de l'UMOA.

Art.70.- Sera puni d'un emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 10.000.000 à 100.000.000 FCFA,
ou de l'une de ces deux peines seulement, quiconque aura contrevenu aux dispositions de l'article 30, alinéa 2.

En cas de récidive, le maximum de la peine sera porté à cinq ans d'emprisonnement et à 300.000.000 FCFA
d'amende.

Art.71.- Sera puni d'un emprisonnement d'un mois à un an et d'une amende de 5.000.000 à 50.000.000 FCFA, ou de
l'une de ces deux peines seulement, quiconque, agissant pour son compte ou celui d'un tiers, aura communiqué
sciemment à la Banque Centrale ou à la Commission Bancaire, des documents ou renseignements inexacts ou se
sera opposé à l'un des contrôles visés aux articles 59 et 105.

En cas de récidive, le maximum de la peine sera porté à deux ans d'emprisonnement et à 100.000.000 FCFA
d'amende.

Art.72.- Sera puni d'une amende de 10.000.000 à 100.000.000 FCFA, tout établissement de crédit qui aura
contrevenu à l'une des dispositions des articles 29, 37, 40, 51,52 et 53 ou des dispositions prévues aux articles 56 et
57, sans préjudice des sanctions prévues aux chapitres premier et Ill du présent Titre.

La même peine pourra être prononcée contre les dirigeants responsables de l'infraction et contre tout
commissaire aux comptes qui aura contrevenu aux dispositions de l'article 53.

Seront passibles de la même peine, les personnes qui auront pris ou cédé une participation dans un établissement
de crédit en contravention des dispositions de l'article 39 ou de celles de la réglementation communautaire relative

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au gel des fonds et autres ressources nancières dans le cadre de la lutte contre le nancement du terrorisme
dans les Etats membres de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine.

Art.73.- Les autorités judiciaires saisies de poursuites relatives à des infractions prévues au présent chapitre, ainsi
que de celles prévues aux dispositions de l'article 53 de la loi uniforme relative à la lutte contre le blanchiment de
capitaux dans les Etats membres de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine, peuvent demander à la
Commission Bancaire et à la Banque Centrale tous avis et informations utiles.

Art.74.- Pour l'application du présent chapitre, la Banque Centrale peut se constituer partie civile.

Chapitre 3 - Autres sanctions

Art.75.- Les établissements de crédit, qui n'auront pas constitué auprès de la Banque Centrale les réserves
obligatoires qui seraient instituées en vertu de l'article 56 ou qui ne lui auront pas cédé leurs avoirs en devises
lorsqu'ils en sont requis conformément à l'article 17 des Statuts de ladite Banque, seront tenus envers celle-ci, d'un
intérêt moratoire dont le taux ne pourra excéder 1 % par jour de retard.

Art.76.- Les établissements de crédit, qui n'auront pas rapatrié le produit des recettes d'exportation conformément
à la réglementation des relations nancières extérieures en vigueur, pourront être requis par la Banque Centrale
de constituer auprès d'elle un dépôt non rémunéré correspondant au montant non rapatrié. En cas de retard dans
la constitution de ce dépôt, les établissements de crédit concernés seront tenus envers la Banque Centrale, d'un
intérêt moratoire dont le taux ne pourra excéder 1 % par jour de retard.

Art.77.- La Commission Bancaire peut prononcer, en plus des sanctions prévues à l'article 66, une sanction
pécuniaire dont le montant est xé par instruction de la Banque Centrale. Les sommes correspondantes sont
recouvrées par la Banque Centrale pour le compte du Trésor public.

Art.78.- Les établissements de crédit, qui n'auront pas fourni à la Banque Centrale ou à la Commission Bancaire les
documents et renseignements prévus aux articles 51, 52 et 53, pourront être frappés par la Banque Centrale de
pénalités de retard, dont les montants sont fixés par instruction de la Banque Centrale.

Le produit de ces pénalités est recouvré par la Banque Centrale pour le compte du Trésor public.

Art.79.- Les établissements de crédit qui auront contrevenu aux règles de l'UMOA leur imposant le respect d'un
rapport entre les divers éléments de leurs ressources et emplois ou le respect de plafond ou de minimum pour le
montant de certains de leurs emplois, pourront être requis par la Banque Centrale de constituer auprès d'elle un
dépôt non rémunéré dont le montant sera au plus égal à 200 % des irrégularités constatées et dont la durée sera
au plus égale à celle de l'infraction.

En cas de retard dans la constitution de ce dépôt, les dispositions de l'article 75 relatives à l'intérêt moratoire sont
applicables.

Art.80.- Les établissements de crédit, qui auront contrevenu aux dispositions de la réglementation des relations
nancières extérieures en vigueur, relatives aux dispositions de déclaration, aux procédures, aux formalités et aux
autorisations requises, seront sanctionnées par la constitution, auprès de la Banque Centrale, d'un dépôt non
rémunéré. La durée dudit dépôt sera au plus égale à un mois et son montant ne pourra excéder 200 % du montant
des opérations sur lesquelles portent les manquements constatés.

En cas de retard dans la constitution de ce dépôt, les dispositions de l'article 76 relatives à l'intérêt moratoire sont
applicables.

La Banque Centrale peut prononcer, en plus de la sanction prévue au premier alinéa, une sanction pécuniaire, dont
le niveau sera au plus égal au montant de l'opération sur laquelle a porté l'irrégularité. Les sommes
correspondantes sont recouvrées pour le compte du Trésor public.

Art.81.- Les établissements de crédit, qui auront contrevenu aux règles de I'UMOA xant les taux et conditions de
leurs opérations avec leur clientèle, pourront être requis par la Banque Centrale de constituer auprès d'elle un
dépôt non rémunéré dont le montant sera au plus égal à 200 % des irrégularités constatées ou, dans le cas de
rémunérations indûment perçues ou versées, à 500 % desdites rémunérations, et dont la durée sera au plus égale
à un mois.

En cas de retard dans la constitution de ce dépôt, les dispositions de l'article 75 relatives à l'intérêt moratoire sont
applicables.

Art.82.- Pour l'application des articles 78 à 81, les pénalités de retard et les intérêts moratoires ne commenceront à
courir qu'à compter de la date de réception, par l'établissement de crédit, d'une mise en demeure adressée par la
Banque Centrale.

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Art.83.- Les décisions prises par la Banque Centrale et par la Commission Bancaire, en vertu des dispositions du
présent chapitre, ne sont susceptibles de recours que devant le Conseil des Ministres de l'UMOA, dans les
conditions fixées par celui-ci.

Titre 8 - Dispositions relatives à l'organisation des procédures


collectives d'apurement du passif

Art.84.- Les dispositions du droit commun relatives au règlement préventif, au redressement judiciaire et à la
liquidation des biens sont applicables aux établissements de crédit en tant qu'il n'y est pas dérogé par les
dispositions de la présente ordonnance.

Art.85.- Le liquidateur nommé par le Ministre chargé des Finances, auprès d'un établissement de crédit, peut saisir
la juridiction compétente aux fins de faire déclarer ledit établissement en état de cessation des paiements.

Art.86.- Nonobstant les dispositions de l'article 25 de l'Acte uniforme portant organisation des procédures
collectives d'apurement du passif, sont en état de cessation des paiements, les établissements de crédit qui ne sont
pas en mesure d'assurer leurs paiements, immédiatement ou à terme rapproché.

Art.87.- L'ouverture d'une procédure de règlement préventif, instituée par l'Acte uniforme portant organisation
des procédures collectives d'apurement du passif, est, relativement à un établissement de crédit, subordonnée à
l'avis conforme de la Commission Bancaire. La procédure de mise en œuvre est la suivante.

Le représentant légal d'un établissement de crédit, qui envisage de déposer une requête aux ns d'ouverture
d'une procédure de règlement préventif, doit, par lettre recommandée avec accusé de réception ou lettre remise
contre récépissé, saisir la Commission Bancaire d'une demande d'avis préalablement à la saisine du Président de la
juridiction compétente. Cette demande comporte les pièces nécessaires à l'information de la Commission Bancaire.

La Commission Bancaire donne par écrit son avis dans un délai d'un mois à compter de la date de réception de la
demande.

L'avis est transmis par tout moyen au demandeur.

La Commission Bancaire, une fois saisie, informe sans délai l'organisme chargé de la gestion du système de
garantie des dépôts et le Ministre chargé des Finances.

Art.88.- Les procédures de redressement judiciaire et de liquidation des biens, instituées par l'Acte uniforme
portant organisation des procédures collectives d'apurement du passif, ne peuvent être ouvertes à l'égard d'un
établissement de crédit qu'après avis conforme de la Commission Bancaire, suivant la procédure décrite ci-après.

Avant qu'il ne soit statué sur l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens à
l'égard d'un établissement de crédit, le Président de la juridiction compétente saisit par écrit la Commission
Bancaire d'une demande d'avis. Le gre er transmet cette demande sans délai. Il en informe le Procureur de la
République.

La demande est accompagnée des pièces nécessaires à l'information de la Commission Bancaire. Celle-ci donne
son avis par écrit dans un délai maximal de vingt et un jours francs à compter de la réception de la demande d'avis.

L'avis de la Commission Bancaire est transmis par tout moyen au greffier, qui le remet au Président de la juridiction
compétente et au Procureur de la République. L'avis est versé au dossier.

Après la décision d'ouverture de la procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens à l'égard d'un
établissement de crédit, le greffier adresse immédiatement un extrait de la décision à la Commission Bancaire.

La Commission Bancaire, une fois saisie, informe l'organisme chargé de la gestion du système de garantie des
dépôts et le Ministre chargé des Finances.

Art.89.- Lorsqu'un administrateur provisoire a été désigné par le Ministre chargé des Finances, en application de
l'article 60 de la présente ordonnance, le syndic nommé par la juridiction compétente, dans le cadre d'un
règlement préventif et d'un redressement judiciaire, sera spécialement chargé de la surveillance des opérations de
gestion, en vertu de l'article 52, alinéa 2 de l'Acte uniforme portant organisation des procédures collectives
d'apurement du passif.

Art.90.- En cas d'ouverture ou de prononcé d'une procédure de liquidation des biens à l'égard d'un établissement
de crédit, la Commission Bancaire prend une décision pour le retrait d'agrément et la mise en liquidation dudit
établissement. Elle noti e sa décision au Ministre chargé des Finances qui nomme un liquidateur, conformément
aux dispositions de l'article 62. Celui-ci procède à la liquidation du fonds de commerce de l'établissement de crédit.
Il assiste le syndic dans la liquidation des autres éléments du patrimoine de la personne morale.

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Art.91.- La procédure de liquidation des biens peut également être ouverte à l'égard des établissements de crédit
qui ont fait l'objet d'un retrait d'agrément par le Ministre chargé des Finances et dont le passif envers les tiers, à
l'exception des dettes qui ne sont remboursables qu'après désintéressement complet des créanciers
chirographaires, est effectivement supérieur à l'actif net diminué des provisions devant être constituées.

La liquidation des biens est prononcée par l'Autorité judiciaire compétente sur saisine du liquidateur nommé par le
Ministre chargé des Finances.

Art.92.- Le syndic, désigné par la juridiction compétente en application de l'article 35 de l'Acte uniforme portant
organisation des procédures collectives d'apurement du passif, procède à l'inventaire des actifs, aux opérations de
liquidation, à l'exclusion du fonds de commerce de l'établissement de crédit, ainsi qu'aux licenciements, dans les
conditions prévues au Titre 2 dudit Acte. Il est assisté par le liquidateur nommé par le Ministre chargé des Finances.

Art.93.- En cas d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens, sont dispensés
de la déclaration prévue aux articles 78 à 80 de l'Acte uniforme portant organisation des procédures collectives
d'apurement du passif, l'organisme chargé de la gestion du système de garantie des dépôts et les déposants pour
leurs créances entrant pour tout ou partie dans le champ d'intervention de cet organisme.

L'organisme chargé de la gestion du système de garantie des dépôts informe les déposants du montant des
créances exclues de son champ d'intervention et précise les modalités de déclaration desdites créances auprès du
syndic.

Art.94.- Le syndic établit les relevés de toutes les créances. Ces relevés doivent être visés par le Juge-commissaire,
déposés au gre e de la juridiction compétente et faire l'objet d'une mesure de publicité. En cas de contestation, le
déposant saisit à peine de forclusion la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de
l'accomplissement de la mesure de publicité.

Art.95.- En cas d'apurement du passif d'un établissement de crédit, les titulaires des comptes bancaires sont
remboursés immédiatement après les créanciers de frais de justice et les créanciers de salaires super privilégiés, à
concurrence d'un montant xé par l'Autorité judiciaire compétente, sur la base des ressources disponibles,
déduction faite des dettes à l'égard dudit établissement.

Les dispositions visées à l'alinéa précédent ne s'appliquent pas aux dépôts des établissements de crédit et des
autres institutions financières.

Art.96.- Pendant la durée de la liquidation, l'établissement de crédit concerné demeure soumis au contrôle de la
Commission Bancaire. Il ne peut effectuer que les opérations strictement nécessaires à l'apurement de sa situation.
Il doit préciser dans tous ses documents et ses relations avec les tiers qu'il est en cours de liquidation.

Art.97.- Toute somme reçue par le liquidateur, dans l'exercice de ses fonctions, est immédiatement versée dans un
compte ouvert à cet effet dans un établissement de crédit ayant son siège social en Côte d'Ivoire.

En cas de retard, le liquidateur doit, pour les sommes qu'il n'a pas versées, payer des intérêts au taux de pension
de la Banque Centrale.

Art.98.- Le liquidateur doit présenter au Ministre chargé des Finances, ainsi qu'à la Commission Bancaire et à la
Banque Centrale, au moins une fois tous les trois mois, un rapport sur l'évolution des opérations de liquidation et,
au terme de sa liquidation, un rapport circonstancié sur celle-ci.

Il procède à la reddition des comptes. Il est responsable des documents qui lui ont été remis au cours de la
procédure pendant cinq ans à compter de cette reddition.

Art.99.- Nonobstant toute disposition contraire, les ordres de transfert, introduits dans un système de paiements
interbancaires conformément aux règles de fonctionnement dudit système, sont opposables aux tiers et à la
masse ; ils ne peuvent être annulés jusqu'à l'expiration du jour où est rendu le jugement d'ouverture d'une
procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens à l'encontre d'un participant, même au motif
qu'est intervenu ce jugement.

Les dispositions prévues à l'alinéa précédent sont également applicables aux ordres de transfert devenus
irrévocables. Le moment auquel un ordre de transfert devient irrévocable dans le système est dé ni par les règles
de fonctionnement dudit système.

Art.100.- Nonobstant tout disposition contraire, la compensation e ectuée en chambre de compensation ou à un


Point d'Accès à la Compensation dans le respect des règles de fonctionnement du système de paiement
interbancaire concerné, est opposable aux tiers et à la masse ; elle ne peut être annulée au seul motif qu'est rendu
un jugement d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens à l'encontre d'un
participant audit système.

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Titre 9 - Dispositions diverses et transitoires

Chapitre 1 - Dispositions diverses

Art.101.- Le Ministre chargé des Finances peut, après avis conforme de la Commission Bancaire, suspendre tout ou
partie des opérations d'un établissement de crédit ou de l'ensemble des établissements de crédit.

Art.102.- Les établissements de crédit sont soumis à une réglementation de la concurrence spéci que, tenant
compte des particularités des établissements de crédit.

Art.103.- Les entreprises, organismes et personnes visés à l'article 12 doivent, sous peine des sanctions prévues à
l'article 72, communiquer à la Banque Centrale, sur sa demande, les renseignements et documents nécessaires à
l'exercice de ses attributions, telles qu'elles sont dé nies par le Traité de l'UMOA, par ses Statuts et par les lois et
règlements en vigueur.

Dans le cas de fourniture de documents ou renseignements inexacts, les dispositions de l'article 71 sont
applicables.

Art.104.- La Banque Centrale et la Commission Bancaire peuvent procéder à tout contrôle des systèmes nanciers
décentralisés, notamment les institutions mutualistes ou coopératives d'épargne et de crédit, ainsi que les
structures ou organismes non constituées sous forme mutualiste ou coopérative et ayant pour objet la collecte de
l'épargne et/ou l'octroi de crédit.

Une instruction de la Banque Centrale détermine les modalités de ces contrôles. Article 105

Toute personne physique ou morale autre qu'un établissement de crédit, qui fait profession habituelle de servir
d'intermédiaire en tant que courtier ou autrement, en apportant des affaires aux établissements de crédit exerçant
leur activité dans l'UMOA ou à l'étranger ou d'opérer pour leur compte même à titre d'activité accessoire, ne peut
exercer son activité sans l'autorisation préalable du Ministre chargé des Finances.

La demande d'autorisation est instruite par la Banque Centrale. L'autorisation précise l'appellation qui peut être
utilisée par cette personne, par dérogation à l'article 13, ainsi que les renseignements qu'elle devra fournir à la
Banque Centrale et leur périodicité.

Toute cessation d'activité est préalablement notifiée au Ministre chargé des Finances et à la Banque Centrale.

Les dispositions du présent article ne s'appliquent pas aux dirigeants et au personnel des établissements de crédit
agréés, dans l'exercice de leurs fonctions.

Quiconque, agissant pour son compte ou celui d'un tiers, aura contrevenu aux dispositions du présent article, sera
puni d'une amende de 5.000.000 à 50.000.000 FCFA.

En cas de récidive, il sera puni d'un emprisonnement de deux mois à deux ans et d'une amende de 10.000.000 à
100.000.000 FCFA, ou d'une de ces deux peines seulement.

Art.106.- Sous réserve des dispositions de l'article 49 et des lois et règlements particuliers applicables à certaines
personnes physiques ou morales, il est interdit à toute personne physique ou morale autre qu'une banque, de
solliciter ou d'accepter des dépôts de fonds du public quel qu'en soit le terme.

Sera puni d'un emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 10.000.000 à 50.000.000 FCFA, ou l'une
de ces deux peines seulement, quiconque, agissant pour son compte ou celui d'un tiers, aura contrevenu aux
dispositions de l'alinéa précédent.

En cas de récidive, le maximum de la peine sera porté à cinq ans d'emprisonnement et à 150.000.000 FCFA
d'amende.

Art.107.- Le Procureur de la République avise la Commission Bancaire et la Banque Centrale des poursuites
engagées contre des personnes placées sous leur contrôle, en application des dispositions législatives et
réglementaires en vigueur. Il en fait de même pour toutes poursuites engagées contre toute personne visée à
l'article 30 pour l'une des infractions mentionnées à l'article 26.

Chapitre 2 - Dispositions transitoires

Art.108.- Les établissements de crédit actuellement inscrits sur la liste des banques ou sur celle des établissements
financiers à caractère bancaire sont agréés de plein droit et inscrits sur les listes prévues à l'article 13.

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02/12/2024

Art.109.- Une instruction de la Banque Centrale précise les conditions de retrait d'agrément des établissements
financiers de vente à crédit en activité avant la date d'entrée en vigueur de la présente ordonnance.

Art.110.- Les dispositions de la présente ordonnance, relatives aux procédures collectives d'apurement du passif,
ne s'appliquent qu'aux procédures ouvertes à l'encontre d'un établissement de crédit après son entrée en vigueur.

Art.111.- Lorsqu'elle appartient à une personne étrangère, toute succursale déjà implantée dans I'UMOA doit être
apportée à une société de droit, préexistante ou à créer, de l'un des Etats membres de I'UMOA, un an au plus tard
à compter de la date d'entrée en vigueur de la présente ordonnance.

Le présent article s'applique de plein droit nonobstant toute disposition contraire,

Art.112.- Les règlements d'application de la présente ordonnance seront pris après avis de la Banque Centrale.

Art.113.- Les instructions ou circulaires de la Banque Centrale ou de la Commission Bancaire précisent les
modalités d'application de la présente ordonnance.

Art.114.- La présente ordonnance entre en vigueur dès sa date de publication.

Sont abrogées à compter de cette date, toutes dispositions antérieures contraires et, notamment la loi portant
réglementation bancaire du 25 juillet 1990.

Art.115.- La présente ordonnance sera exécutée comme loi d'Etat et publiée au Journal O ciel de la République de
Côte d'Ivoire.

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