Cours de Carbohydrates Biochimie
Cours de Carbohydrates Biochimie
1D Dr. Benabdelkader T.
UMBB-FS Biochimie générales
Sommaire
1. Définition – Rôle…………………………………………………………………...……………
2. Sources des glucides…………………………………………………………………..…………
3. Classification…………………………………………………………………….………………
4. Structure des oses………………………………………………….……………………………
4.1. Structure linéaire………………………………………..……………………………………
4.1.1. Nomenclature………………………………………………………………………………
4.1.2. Chiralité - Stéréoisomérie…………………………………………………………………
4.1.3. Séries D & L des oses (Projection de FISCHER) ……………………………….………
4.2. Structure cyclique………………………………………………………………...…………
4.2.1. Hémiacétal et mutarotation………………………………………………………...……
4.2.2. Mécanisme de cyclisation et représentation de HAWORTH……………….…………
4.2.3. Conformation spatiale……………………………………………………………………
4.2.4. Conséquence de la mutarotation……………………………………………...…………
5. Propriétés physique……………………………………………………………………………
5.1. Solubilité………………………………………………………………………..……………
5.2. Pouvoir Sucrant……………………………………………………………..………………
5.3. Pouvoir Rotatoire……………………………………………………………...……………
5.4. Caractéristiques spectrales…………………………………………………………………
6. Propriétés chimiques……………………………………………………………..……………
6.1. Propriétés liées au groupement réducteur………………………………...………………
6.1.1. Oxydation…………………………………………………………………………………
6.1.2. Réduction…………………………………………………………………….……………
6.1.3. Action de la Phénylhydrazine……………………………………………………………
6.1.4. Réactions de condensation…………………………………………….…………………
6.2. Propriétés liées aux fonctions alcooliques…………………………………………………
6.2.1. Les complexes avec le bore………………………………………………………………
6.2.2. Méthylation…………………………………………………………….…………………
6.2.3. Formation des esters et éthers…………………………………...………………………
6.2.4. Dérivation azotés : osamines……………………………………..………………………
6.3. Autres propriétés……………………………………………………………………………
6.3.1. Action acides forts concentrés…………………………………...………………………
6.3.2. Action des bases diluées………………………………………………….………………
7. Etude de quelques oses et dérives…………………………………………..…………………
7.1. Monosaccharides (Oses) ……………………………………………………………………
7.1.1. Le glucose: (aldohexose - pyranose) …………………………………………….………
7.1.2. L'arabinose: (aldopentose - pyranose) ………………………………………….………
7.1.3. Le fructose: (cétohexose - furanose) …………………………………………….………
7.1.4. Le galactose et le mannose: (aldohexose - pyranose) ………………………..…………
7.2. Osamines (sucres aminés)……………………………………………………..……………
7.3. Les acides sialiques……………………………………………………………….…………
7.4. Les acides muramiques………………………………………………………..……………
7.5. Les sucres phosphate………………………………………………………..………………
8. Etude de quelques osides et dérivés…………………………………………..………………
8.1. Définition-liaison osidique……………………………………………….…………………
8.2. Détermination de la structure d'oside…………………………………..…………………
8.3. Les Oligosaccharides (Oligoholosides) …………………………….………………………
8.3.1. Quelques disaccharides (diholosides) très importants…………………………………
a. Le maltose…………………………………………………………………………….………
b. Le lactose……………………………………………………………………………..………
c. Le saccharose (sucrose)……………………………………………………………...………
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d. Le cellobiose……………………………………………………………………………….…
e. Le tréhalose……………………………………………………………………………..……
8.3.2. Trisaccharides (Triholosides) : le gentianose et le raffinose………………………...…
8.4. Les Polysaccharides (Polyholosides) ………………………………………………………
8.4.1. Les Homopolysaccharides (Homopolyosides ou Homoglycane) ………………………
a. L'amidon…………………………………………………………………………………...…
b. Le glycogène………………………………………………………………………….………
c. L’inuline………………………………………………………………………………………
d. Les dextranes………………………………………………………………..……….………
e. La cellulose……………………………………………………………………..…….………
f. La chitine………………………………………………………………………..…….………
8.4.2. Les Hétéropolysaccharides (Hétéropolyosides) …………………………..……………
a. Les glycoprotéines……………………………………………………………………………
b. Les protéoglycannes…………………………………………………………………………
c. Les peptidoglycannes……………………………………………...…………………………
d. Les lectines……………………………………………………….…..………………………
9. Méthodes d’études des glucides…………………………………….…………………………
Emil Fischer
1852-1919
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Grâce à la photosynthèse les plantes transforment le dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère
en glucides. Les animaux consomment des plantes et utilisent les glucides, en particulière l’amidon,
comme source d’énergie qu’ils emmagasinent pour certains fonction sous forme de glycogène.
1. Définition - Rôle
Les glucides viennent du mot grec glukus, ce qui veut dire "doux".
Le terme le plus large et le plus exact c’est "Carbohydrates" vue qu’une importante partie de ce
groupe n’ont pas le gout sucré et que la majorité de ces composés suit la formule brute Cn(H2O)n.
Les oses ont été définis comme des molécules organiques caractérisées par la présence de chaînons
carbonés porteurs de groupements hydroxyle, et de fonction aldéhydes ou cétoniques, et
éventuellement de fonction carboxyle ou amine. Ce sont des composés hydrosolubles et réducteurs.
Les glucides sont présents partout dans la biosphère et représentent en poids la classe prépondérante
parmi les molécules organiques. La plus grande part des glucides amassés provient de la
photosynthèse, processus qui incorporelle CO2 dans les glucides.
Les glucides jouent plusieurs rôles capitaux dans les cellules :
ils servent de réserve énergétique sous forme polymérisée (amidon, glycogène). l'amidon est
la forme principale d'accumulation de l'énergie photosynthétique dans la biosphère ;
ils jouent un rôle d'élément de structure de la cellule : les mucopolysaccharides chez les
animaux supérieurs, la cellulose chez les végétaux, la chitine chez les mollusques etc. ;
ils interviennent comme éléments de reconnaissance et de communication entre cellules : les
polyosides des groupes sanguins, les polyosides antigéniques des bactéries ;
enfin, ils font partie intégrante de la structure de nombreuses macromolécules biologiques
fondamentales telles que les glycoprotéines, les acides nucléiques (ribose et désoxyribose),
les coenzymes et les antibiotiques.
3. Classification
On subdivise les glucides selon leur degré de polymérisation :
Les glucides constituent un ensemble de substances dont les unités de base sont les sucres
simples appelés oses ou monosaccharides ;
les oligosaccharides sont des polymères de 2 à 10 résidus d'oses, les plus communs étant les
disaccharides ;
les polysaccharides sont composés de plus de 10 unités ;
enfin, les glucides sous forme polymérisée sont appelés des osides. Ils peuvent être
composés :
1. seulement d'oses et s'appellent des holosides ou homosaccharides ;
2. ou d'oses et d'une partie non glucidique (ou aglycone) et s'appellent des hétérosides ou
hétérosaccharides.
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Nom générique
Nb C Oses
Aldoses Cétoses
3 triose aldotrioses cétotrioses
4 tétroses aldotétroses cétotétroses
5 pentoses aldopentoses cétopentoses
6 hexoses aldohexoses cétohexoses
7 heptoses aldoheptoses cétoheptoses
la numérotation des atomes de carbone des aldoses attribue le numéro 1 à celui qui porte la
fonction aldéhydique. Dans le cas des cétoses, le carbone qui porte la fonction cétonique
porte le numéro 2.
Les premiers oses qui ont un rôle sont des oses en C3 ou triose, il s'agit du glycéraldéhyde et la
dihydroxyacétone. Il faut noter que sous leur forme phosphorylée ces deux composés correspondent
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à une étape importante de la voie de la glycolyse, puisqu'il s'agit du passage d'un sucre en C6 (le
glucose 1, 6 diphosphate) à 2 sucres en C3.
* * Formule perspective
* *
Formule projective
On peut citer l'exemple du glucose : C'est un aldohexose de formule globale C6H12O6. Selon
Fischer il est de la série D. C'est un sucre naturel composant le sucre des fruits, du miel etc.
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Il existe 4 carbones asymétriques, donc 16 stéréoisomères du glucose (8 de la série D et 8 de la série
L). Seuls deux d'entre eux sont des composés naturels le (D)-galactose et le (D)- mannose. Les autres
isomères D et leur énantiomère L ont tous été synthétisés.
Les sucres naturels sont en grande majorité de la série D.
On appelle diastéréoisomères, des stéréoisomères non énantiomériques, c'est-à-dire qui ont
plusieurs carbones chiraux de configuration différentes (Fig I-2).
On appelle épimères des stéréoisomères qui ne diffèrent par la configuration que d'un seul
carbone chiral : exemple : le D-mannose et le D-galactose sont des épimères du D-glucose mais ne
le sont pas entre eux.
Tous les sucres seront préfixés par les lettres D ou L en référence pour les aldoses à la
configuration du glycéraldéhyde et pour les cétoses à la configuration du cétotétroses. Ce préfixe
sera suivi de la nature du pouvoir rotatoire de la molécule (-) ou (+) (Fig I-3 et I-4).
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Remarque
- Les abréviations D et L ne font en aucun cas référence à la nature du pouvoir rotatoire.
- Un mélange équimolaire de deux énantiomères s'appelle un mélange racémique. Ce mélange ne
présente pas d'activité optique par annulation des deux pouvoirs rotatoires spécifiques.
C'est en 1884 que TOLLENS a fourni l'explication par la structure CYCLIQUE des oses :
les angles de valence du carbone tétrahédrique de 109.3° permettent en effet au squelette
carboné de se cycliser ;
la réaction se produit entre le groupement aldéhydique et le groupement alcoolique le plus
proche spatialement, celui porté par le carbone 5 ;
on obtient un cycle à 6 sommets, 5 carbones et 1 oxygène. Un cycle à 7 sommets subirait
trop de tension ;
seuls les cycles à 5 et 6 sommets ont une importance chez les oses naturels.
Tout d'abord, il y a plusieurs conventions dans la représentation cyclique que l'on appelle
représentation de HAWORTH :
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on considère que toute la chaîne des carbones est dans un même plan, la ligne épaisse
représente la partie du cycle orientée vers l'observateur ;
de plus, les hydroxyles situés à droite dans la projection de Fischer sont dirigés vers le bas
dans le cycle et ceux situés à gauche sont dirigés vers le haut.
Le mécanisme est le suivant (Fig I-6) :
du fait de ces conventions, l'hydroxyle porté par le carbone 5 se retrouve en dessous du cycle ;
il s'effectue une rotation de 90° autour de la liaison entre le carbone 4 et le carbone 5 de telle
sorte que l'hydroxyle du carbone 5 se rapproche du groupement aldéhydique du carbone 1 ;
de ce fait, le carbone 6 subit une rotation équivalente et se retrouve au-dessus du cycle ;
à partir de ce moment l'un des doublets libres de l'atome d'oxygène peut réagir d'un côté ou
l'autre de l'atome de carbone et l'on obtient l'-D-glucopyranose si l'hydroxyle porté par le
carbone 1 est en dessous (vers le bas) du cycle ou le -D-glucopyranose dans le cas contraire
(vers le haut) (Fig I-7).
On obtient donc un nouveau carbone asymétrique et les deux isomères ne diffèrent que par la
position d'un groupement sont appelés anomères. Le carbone n°1 dont la configuration est différente
entre ces deux formes est dit "carbone anomérique".
Le groupement hydroxyle porté par le carbone 4 peut également réagir et on obtient un cycle à 5
sommets ou cycle furanose. Le nom de pyranose (pyrane) et dans le cas des cycles à 5 sommets, le
nom de furanose (furane), ont été adoptés par analogie avec les hydrocarbures à 6 et 5 cycles
respectivement.
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4.2.3. Conformation spatiale (Fig I-8)
Les études de la stabilité conformationnelle du cyclohexane ont montré que les arrangements
spatiaux qui ne subissent pas de contraintes stériques sont la conformation dite en chaise et d'autres,
quelques peut moins stables, dont la principale est la conformation dite bateau.
La position des substituants hydrogène peut être soit dans un axe perpendiculaire au plan défini par
les 6 liaisons carbone-carbone, ce sont des substituants dits axiaux, soit au contraire dirigés vers
l'extérieur de ce cycle et ils sont dits équatoriaux. Dans le cas du glucopyranose, c'est essentiellement
la forme chaise qui existe (Fig I-9).
Les cycle furaniques ne sont pas planaires : la forme la plus probable est une forme à 4 atomes
coplanaires et le 5ième en dehors donnant à la conformation une forme d’enveloppe (Fig I-10).
β-D-glucose
α -D-glucose
Fig I-11 : Phénomène de mutarotation (Lowry, 1889)
5. Propriétés physique
5.1. Solubilité
En raison des nombreux groupes hydroxyle et de la fonction hémiacétal (ou hémicétal) et de
leur petite taille, les oses sont extrêmement solubles dans l’eau, jusqu’à donner des sirops visqueux.
Ces groupes polaires forment de nombreuses liaisons hydrogène avec les molécules d’eau ou avec
d’autres molécules comme les protéines.
Rappel : Le pouvoir rotatoire spécifique []20D est mesuré avec un appareil qui s'appelle un
polarimètre (Fig I-12). On le définit en précisant la température, la longueur d'onde à laquelle est
effectuée la mesure (il s'agit en général de la raie D du sodium 589 nm).
Par ailleurs, la concentration est exprimée en g/ml et la longueur du tube du polarimètre est exprimée
en décimètre. Connaissant le pouvoir rotatoire spécifique d'un composé, la loi de BIOT permet de
déterminer la concentration d'une solution de ce même composé. Cette loi est additive, c'est-à-dire
que le pouvoir rotatoire d'un mélange est la somme des pouvoirs rotatoires des composés qui
constituent ce mélange.
1. Lampe au sodium
2. Filtre
3. Prisme de Nicol polariseur
4. Cellule avec échantillon
5. Prisme de Nicol analyseur
6. Oculaire
a) Schéma d’un polarimètre
Vision du champ avec échelle au zéro et après l'insertion de l'échantillon. Champ non
uniforme.
[α]D20 : est le pouvoir rotatoire spécifique de la substance, que l’on détermine avec la raie D
émise par la flamme au sodium et à la température de 20°.
A : est l’angle dont il faut tourner le deuxième cristal pour compenser l’effet de la solution.
c : est la concentration de la solution en gramme pour 100 ml.
l : est la longueur de la récipient qui traversé par la lumière, exprimée en centimètres.
6. Propriétés chimiques
6.1. Propriétés liées au groupement réducteur (C=O)
6.1.1. Oxydation
Les oses sont des réducteurs plus faibles que les aldéhydes ou les cétones vrais. Le résultat
de l'oxydation dépend des conditions de cette oxydation.
a) Par oxydation douce avec Br2 ou I2 en milieu alcalin (oxydation du carbone 1 des aldoses en
carboxyle), on obtient les acides aldoniques (Fig I-13). Les acide aldoniques n’ont plus de fonction
réductrice, ils ne peuvent pas donner de cycle hémiacétalique ; on les retrouve pas dans les osides.
le glucose donne l'acide gluconique ;
le mannose donne l'acide mannonique ;
le galactose donne l'acide galactonique.
L’acide D-gluconique est un constituant naturel des jus de fruit et du miel.
Les cétoses ne sont pas oxydés dans ces conditions.
b) Par oxydation plus poussée avec l'acide nitrique à chaud on obtient les acides aldariques (Fig I-
13) qui sont des diacides possédant une fonction carboxylique sur le carbone 1 et le carbone 6:
le glucose donne l'acide glucarique ;
le galactose donne l'acide galactarique.
Les cétoses sont dégradés dans ces conditions. La chaîne est rompue au niveau de la fonction cétone.
On obtient un mélange d'acides carboxyliques.
c) Enfin, si la fonction aldéhyde est protégée pendant l'oxydation, on obtient les acides uroniques
(Fig I-13) oxydés uniquement sur la fonction alcool primaire :
le glucose donne l'acide glucuronique ;
le galactose donne l'acide galacturonique.
Ces composés interviennent dans la reconnaissance cellulaire chez les bactéries. L'acide
glucuronique est le précurseur de la voie de synthèse de la vitamine C. l’acide D-galacturonique,
constituant des pectines des fibres végétales.
6.1.2. Réduction
Les réactions de réduction se font par hydrogénation catalytique, soit par action d'un
borohydrure alcalin tel que LiBH4 ou NaBH4 (Fig I-14), la fonction réductrice est transformée en
alcool (donc plus de cyclisation hémiacétalique possible). On obtient le polyalcool (alditol)
correspondant à l'aldose de départ.
le D-glucose donne le sorbitol (ou D-glucitol) ;
le mannose donne le mannitol.
En ce qui concerne les cétoses, on obtient 2 polyalcools épimères (Fig I-15).
Il faut mentionner que Les aldoses montrent les réactions caractéristiques de la fonction
aldéhyde. A chaud et en milieu alcalin, ils réduisent les oxydes métalliques, comme l'oxyde de cuivre
CuO (la liqueur de Fehling) le nitrate d'argent et les sels de tétrazolium. C'est le pouvoir réducteur
des aldoses (Fig I-16).
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O-
ose ester-phosphate
OH + HO R O R
ose éther-oxyde
furfural
Hydroxyméthyl-furfural
a) Transposition (cétose-aldose)
b) Epimérisation en C2 (aldose-aldose)
d) détermination de la masse molaire et de la longueur des chaînes dans le cas des polyosides:
Les techniques physiques usuelles (osmométrie, ultracentrifugation, diffusion de la lumière,
viscosimétrie, filtration sur tamis moléculaire, électrophorèse de complexes avec le bore...)
auxquelles on peut joindre des techniques biochimiques (enzymes spécifiques de dégradation ou au
contraire de synthèse In vitro) et immunochimiques.
Nomenclature : la liaison osidique est définie non seulement par les oses, mais également par
l’anomère de l’ose engageant sa fonction semi-acétalmique que l’on place à gauche, et par le numéro
de l’atome de l’autre ose. Génériquement le nom sera :
x….asyl ((anomère) 1 n) y….ose (n est différent du carbone anomérique)
x….asyl ((anomère) 1 1 (anomère)) y….oside
on trouve aussi la nomenclature où le suffixe osyl est remplacé par le suffixe osido.
Pour les cétoses le carbone anomérique est en position 2, il suffit d’adapter cette formule générique
et pour le cétose, remplacer 1 par 2.
Pour simplifier les écritures de polysaccharides, des écritures condensées conventionnelles ont été
définies :
b. Le lactose
C'est le sucre du lait, propre au règne animal, synthétisé dans les glandes mammaires. Il s'agit
du -D-galactopyranosyl-(1,4)-D-glucopyranose (Fig I-33). C'est le seul diholoside réducteur
trouvé à l'état naturel. Hydrolyse enzymatique par lactase (-galactosidase) en D-glucose et D-
galactose.
c. Le saccharose (sucrose)
C'est un sucre extrêmement représenté dans le règne végétal et tout particulièrement dans la
canne à sucre et la betterave. L’hydroxyle du carbone anomère du fructose est engagé dans la liaison
osidique avec le glucose: ainsi, on peut considérer le saccharose comme étant l'-D-glucopyranosyl-
(1,2)--D-fructofuranoside ou le -D-fructofuranosyl-(2,1)--D-glucopyranoside (Fig I-34). Avec
le tréhalose, c'est le seul diholoside non réducteur trouvé à l'état naturel.
La méthylation suivie d'hydrolyse donnera donc du 3,4,6 tri-O-méthyl-fructose et du 2,3,4,6 tétra-
O-méthyl-glucose. Hydrolyse enzymatique par l’invetase des leuvures (-fructosidase) en D-
glucose et D-fructose ou par saccharase (-glucosidase) intestinale.
Enfin, les solutions de saccharose présentent un pouvoir rotatoire mais pas le phénomène de
mutarotation.
d. Le cellobiose
Ce sucre provient de la dégradation de la cellulose. Il s'agit du -D-glucopyranosyl-(1,4)-D-
glucopyranose (Fig I-35). C'est donc un épimère du lactose (épimère en C4 du premier résidu de
glucose).
e. Le tréhalose
C’est un disaccharide (-D-glucopyranosyl-(1,1)-D-glucopyranoside) (Fig I-36) que l’on
trouve dans les champignons, les bactéries ou encore dans l’hémolymphe d’insectes. De nombreux
organismes l’accumulent en réponse à des chocs thermiques (froid) ou à la dessiccation.
De réserve
a. L'amidon
C'est le polyoside de réserve des végétaux. C’est un haut polymère insoluble dans l’eau froid
bien qu’hydrophile. L'amidon est en fait un mélange de deux polysaccharides (glucane) l’amylose
et l’amylopectine qui possèdent les deux une seule extrémité réductrice.
L’hydrolyse de l’amidon coupe le polymère en chaîne assez courtes : les dextrines qui sont
réductrices.
- l’action d’un acide minérale à chaude libère du D-glucose.
- l’action d’un enzyme (maltase) aboutit à la libération de maltose. Pour cette raison, les
biochimistes ont souvent considéré que l’amidon était un polymère de maltose.
l'amylose: elle représente 15 à 30% de la masse de l'amidon. C'est un polymère linéaire de résidus
D-glucose (1000 à 4000) sans branchement, liés par une liaison glycosidique (1,4) (Fig I-39a) où
l’extrémité de la chaîne porte un groupe réducteur (Fig I-39b). Cette longue chaîne prend la forme
d'une hélice (Fig I-39a) (6 résidus de glucose par tour d'hélice), stabilisée par des liaisons hydrogène
entre les groupements hydroxyle en C2 du premier cycle et C3 du deuxième cycle.
Caractérisation avec solution iodo-ioduré complexe bleu. Il est soluble dans l’eau chaude.
l'amylopectine: elle représente 70 à 85% de la masse de l'amidon. Elle diffère de l'amylose du
fait qu'il s'agit d'un polymère à un nombre supérieur de glucose mais surtout par une structure
ramifiée arborescente compactée (Fig I-39c):
- les glucoses des chaînes: liaison -(1,4)-D-glucosidique;
c) L'amylopectine
L'amylopectine est une variante ramifiée de l'amylose. Des chaînes linéaires de résidus de D-glucose liés en -[1 4]
se lient les unes aux autres par liaisons glucosidiques -[1 6].
Fig I-39 : L’Amidon
b. Le glycogène.
C'est le polyoside de réserve des animaux. Le stock principal se trouve dans le foie (200g
pour un adulte) et dans les muscles (100 à 300 g). Le cerveau est un grand utilisateur de glucose:
100 mg/min, mais il ne possède qu'une réserve limitée de glycogène (10 à 20 g).
Le glycogène ressemble beaucoup à l'amylopectine: il s'agit de chaîne de glucose liés en -(1,4) et
de branchements en -(1,6) plus fréquents, environ toutes les dix unités glucose et même de 3 à 5
au centre de la molécule (Fig I-40). Cependant les chaînes sont beaucoup plus courtes et la molécule
de glycogène est plus dense (plus compacte) à une masse molaire beaucoup plus importante pouvant
atteindre 100 millions. Le glycogène est dégradé par des amylases comme l'amidon.
d. Les dextranes
Réserve des bactéries et levures, ce sont des polymères de -D-glucose liés par des liaisons
(1,6), avec d’occasionnels branchement sur les C3 ou C4.
De structure
e. La cellulose
La cellulose est d'origine végétale seulement. C'est une substance de soutien, puisqu'elle est le
constituant principal de la paroi des cellules jeunes des végétaux. C'est la biomolécule la plus
importante en masse à la surface de la terre et elle contiendrait la moitié du carbone disponible sur
la terre.
Elle est constituée de longues chaînes linéaires sans ramification (100 à 200 résidus) de glucose lié
en (1,4) (glucane) (Fig I-41a). La masse molaire est évaluée à 500 000 soit 1500 enchaînements
cellobiose, mais des mesures conduisent à des valeurs nettement supérieures allant jusqu'à 12 000.
Son hydrolyse fournit du cellobiose, puis du glucose. Elle forme un composé cristallin bien organisé
(fibre) dans lequel les groupes alcools forment de nombreuses liaisons hydrogène dans la même
chaîne et avec les chaînes voisines (Fig I-41a,b).
La cellulose n'est pas attaquable par les sucs digestifs des omnivores: l'homme est incapable de
digérer la cellulose car il est dépourvu d'enzymes actifs sur les liaisons -glucosidiques.
La cellulose est très utilisée sous forme de coton, papier sans grande transformation de sa
structure. Elle est aussi transformée par l'acide nitrique en nitrocellulose dans laquelle des groupes
hydroxyles sont estérifiées en esters nitriques R-O-NO2. Si la nitration est poussée elle donne un
composé explosif utilisé comme poudre sans fumée. Une nitration moins intense donne le Celluloïd
qui est une des premières matières plastiques. Utilisé longtemps comme support de matière sensible
en photographie et cinématographie, son usage est abandonné du fait de sa grande inflammabilité et
de sa conservation difficile.
a) Structures en rubans
La répétition de la liaison O-glycosidique en configuration anomérique crée des structures en rubans étirés,
particulièrement adaptées aux fonctions mécaniques des revêtements cellulaires. Noter le retournement de 180° de
chaque résidu par rapport aux résidus adjacents
Dans la paroi végétale, les molécules de cellulose courent parallèlement les unes aux autres, associées par de
nombreuses liaisons hydrogène.
f. La chitine
La chitine est un polymère semblable à la cellulose sauf qu'elle est formée de glucoses aminés.
Un glucose aminé, c'est un glucose lié à un groupement acétylamine en C2 (GlcNac (β1,4)) (voir
Fig I-24). La chitine est généralement durcie et rigidifiée par des dépôts de carbonates de calcium
(CaCO3).
La chitine forme l'exosquelette (la "carapace") des Arthropodes (araignées, insectes, crustacés) et
les mollusques.
Les disaccharidase
Ces enzymes hydrolysent uniquement les diholosides et n’ont aucune action sur des polyosides
d’ordre supérieur. Citons quelques disaccharidases :
Lactase : enzyme intestinale qui est une β-galactosidase (Fig I-42) spécifique de la liaison (β1
4) du lactose. Elle n’hydrolyse pas le cellobiose.
1-6 glucoamylases
Le glycogène
Le glycogène alimentaire est dégradé comme l’amylopectine. Dans le foie et le muscle, le
mécanisme est différent : une glycogène-phosphorylase activée par les hormones, glucagon dans le
foie, adrénaline dans le muscle, fait subir une dégradation séquentielle du glycogène en libérant un
résidu d’une extrémité non réductrice, résidu phosphorylé. Cette dégradation séquentielle, pour être
complète, a besoin d’un enzyme "débranchant"pour hydrolyser la liaison (α1 6) : l’amylo α1-6
glucosidase.
La cellulose
Celle-ci est réalisée par des β-glucosidase, les cellulase (endo et exo). Cette hydrolyse conduit au
cellobiose qui sera hydrolysé en glucose par les cellobiase. Les escargots et certaines bactéries
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possèdent des cellulases en abondance, les mammifères en sont dépourvus et ne peuvent assimiler
l’herbe sauf les herbivores (les ruminants) qui abritent dans leur tube digestif des bactéries
saprophytes qui produisent les β-glucosidases nécessaires.
Des lipides de membranes des cellules animales ou bactériennes portent des chaînes oligo ou
polyosidiques : ce sont des glycolipides.
Les protéoglycannes (PG) : des polyosides souvent très longs (les glycosaminoglycannes ou
GAG) sont associés à une protéine en restant très majoritaires (> 90 %).
Les glycoprotéines (GP) : ce sont des protéines sur lesquelles sont greffées des chaînes
glucidiques courts dont la fraction vraie en générale de 1 à 20 %.
Les peptidoglycannes : réseau de polyosides reliés par de nombreux petits peptides.
Les protéines glyquées : produits de la fixation chimique d’une unité de glucose.
a. Les glycoprotéines
Ces composés sont constitués d'une partie glucidique et d'une partie protéique (majoritaire). La
partie glucidique varie, en poids, de 1 à 20% de la masse de l'ensemble. Les chaînes
polysaccahridiques sont souvent ramifiées.
Il existe des polysaccharides liés à O (O-osidique) (Fig I-44), comme le galactose lié au groupement
hydroxyle d'une hydroxylysine dans le collagène. Cependant, les acides aminés impliqués sont
souvent la sérine ou la thréonine.
Les polysaccharides liés à N (N-osidique) (Fig I-44), sont unis par covalence à l'azote de la liaison
peptidique de certaines asparagines.
La glycosylation est un évènement post-traductionnel qui n'a lieu que chez les eucaryotes. Les
protéines glycosylées sont destinées à être sécrétées ou à être intégrée à la membrane plasmique.
Exemple : les glycoprotéines des groupes sanguins (Fig I-45)
Dans le système des groupes sanguins ABO, les déterminants antigéniques spécifiques sont
glucidiques :
- l’antigène H est la structure de base, présent chez les individus de type O.
- l’antigène A diffère de H par la présence d’une N-acétyle-D-galactosamine terminale.
- l’antigène B diffère de A par le remplacement du résidu terminal par du D-galactose.
b. Les protéoglycannes
Ce sont des molécules en général très volumineuses, composés par l’association covalente de
protéines et de polymères glucidiques appartenant à la famille des glycosaminoglycannes (GAG).
Ces derniers résultent de la polycondensation linéaire d’unités d’osamines et d’acides uroniques qui
peuvent être sulfatés.
La majorité de ces composés se trouvent dans la matrice extracellulaire (tissu conjonctif), dans les
membranes plasmiques et quelques-uns sont intracellulaires.
Les mucopolysaccharides
Ce sont des composés hétérogènes qui résultent de la condensation d'un nombre élevé de sous-
unités disaccharidiques élémentaires. Cette unité est constituée:
- d'une molécule d'hexosamine, sulfatée ou non.
- d'une molécule d'acide hexuronique
Ce sont des molécules à caractère acide très marqué. Elles sont toujours liées à une partie protéique.
Cependant, dans le composé final, les glucides sont très majoritaires (95%).
Le plus simple des mucopolysaccharides est l'acide hyaluronique constitué de:
- une molécule de N-acétyl-glucosamine -(1,4) et
- d'une molécule d'acide glucuronique.
Sa fonction principale, liée à la grande viscosité qu'il procure aux solutions, est de s'opposer à la
diffusion de substances étrangères.
c. Les peptidoglycannes
Les peptidoglycannes forment la paroi des bactéries qui leur donne leur forme et les protège.
La structure de la muréine qui constitue la paroi de Staphylococus aureus, dont on retrouve une
architecture similaire chez les autres bactéries, est une association covalente de :
- polyoside (Fig I-46) : répétition par des liaison β d’une séquence diosidique de N-
acetylglucosamine, mais l’un des oses (MurNac) est substitué par condensation sur la fonction alcool
du C3 avec l’acide lactique (acide muramique – voir Fig I-28).
- deux oligopeptide : un tétrapeptide et un pentapeptide.
Le réticulage est formé par pontage grâce à des liaisons amide (Fig I-47) :
- chaque MurNac lie par son bras carboxyle l’extrémité N-terminal du tétrapeptide.
- le pentapeptide relie les tétrapeptides de deux chaînes par son extrémité N-terminal avec
l’extrémité C-terminal d’un tétrapeptide et par son extrémité C-terminal avec le NH2 de la lysine,
3ème aminoacide de l’autre tétrapeptide.
Neutrophile
Oligosaccharides Vaisselle
spécifiques sanguine
Lectine
Cellule endothéliale
Site d’infection
Fig I-47 : Lectine et oligosaccharides dans les sites d’infections
v ribose
fructose
Standards mannose
galactose
glucose
Mélange
L'échantillon (un liquide volatil) est d'abord introduit en tête de colonne par l'intermédiaire d'une
micro seringue pour se retrouver dans une petite chambre en amont de la colonne appelée injecteur.
L'injecteur est traversé par le gaz porteur et porté à une température appropriée à la volatilité de
l'échantillon. Ensuite, une fois rendus volatils, les différents composés de l'échantillon vont être
emportés par le gaz porteur à travers la colonne et se séparer les uns des autres en fonction de leur
affinité avec la phase stationnaire. La phase stationnaire va provoquer un phénomène de rétention
chromatographique avec les différents composés (appelés solutés). Plus le composé a d'affinité
avec la phase stationnaire, plus il mettra de temps à sortir de la colonne. La grandeur expérimentale
brute est appelée temps de rétention. C'est le temps qui s'écoule entre l'injection de l'échantillon et
l'apparition du signal maximum (pic) du soluté au détecteur. Généralement on applique un
programme de température qui varie dans le four qui contient la colonne.
À la sortie de la colonne, les composés rencontrent un élément essentiel qui est appelé détecteur (ex.
flame ionization detector). Cet élément évalue en continu la quantité de chacun des constituants
séparés au sein du gaz porteur. Le détecteur envoie un signal électronique vers un enregistreur de
données qui dessinera les pics en fonction de leur intensité. L'ensemble des pics est appelé
chromatogramme.