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Endomorphismes cycliques et diagonalisabilité

Physique

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Denis Pasquignon

endomorphisme cyclique
Rappel:
Pour tout entier n > 1, l’équation z n = 1, d’inconnue z appartenant à C
I, admet
exactement n racines complexes distinctes qui sont

1, eiθ , e2iθ , . . . , ei(n−1)θ avec θ=
n
Définitions:
Soit E un espace vectoriel sur C I.
• On note idE l’application identique de E.
• Pour tout endomorphisme f de E, on note f 0 = idE , et pour tout entier
naturel k, fk+1 = fk ◦ f .
• Soit p ∈ IN ∗ . On dit qu’un endomorphisme f de E est cyclique d’ordre p s’il
existe un élément x0 de E vérifiant les trois conditions suivantes
1. f p (x0 ) = x0 ,

2. la famille x0 , f (x0 ), . . . , f p−1 (x0 ) est génératrice de E,

3. la famille x0 , f (x0 ), . . . , f p−1 (x0 ) est constituée d’éléments deux à deux
distincts.

La famille x0 , f (x0 ), . . . , f p−1 (x0 ) est alors appelée un cycle de f .

Partie I: Etude d’un exemple

Dans cette partie, E est un espace vectoriel sur C I de dimension 3, et B =


(e1 , e2 , e3 ) est une base de E. On considère l’endomorphisme f de E dont la
matrice associée dans la base B est:
 
1 2 2
A = 1 1 2
–2 –2 –3

1) Vérifier que e1 , f (e1 ), f 2 (e1 ) est une base de E et déterminer la matrice
associée à f relativement à cette base.

2) Montrer que f est cyclique d’ordre 4 et que e1 , f (e1 ), f 2 (e1 ), f 3 (e1 ) est
un cycle de f .
3) Montrer que f 4 = idE .
4) Montrer que f est diagonalisable en déterminant une base de E constituée
de vecteurs propres de f .

1
Partie II: Cas général

Dans cette partie, E est un espace vectoriel sur C I de dimension n, et on considère


un endomorphisme f de E cyclique  d’ordre p.
Soit x0 , f (x0 ), . . . , f p−1 (x0 ) un cycle de f .
1) Montrer: p > n.
2) Montrer que f p = idE . En déduire que f est bijective.
3) On note m le plus grand  des entiers naturels k tels que la famille
x0 , f (x0 ), . . . , f k−1 (x0 ) est libre.
a) Montrer que f m (x0 ) est combinaison linéaire des m vecteurs x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 )
b) Montrer, par récurrence, que pour tout entier naturel k supérieur ou
égal à m, le vecteur f k (x0 ) est combinaison linéaire des m vecteurs
x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 )

c) En déduire que m = n et que la famille x0 , f (x0 ), . . . , f n−1 (x0 ) est une
base de E.
4) On note a0 , a1 , . . . , an−1 les n nombres complexes tels que:

f n (x0 ) = a0 x0 + a1 f (x0 ) + a2 f 2 (x0 ) + · · · + an−1 f n−1 (x0 )

a) On considère l’endomorphisme g de E défini par g = a0 idE + a1 f + a2 f 2 +


· · · + an−1 f n−1 .
Montrer: ∀k ∈ IN, g f k (x0 ) = f n+k (x0 ).


En déduire: f n = a0 idE + a1 f + a2 f 2 + · · · + an−1 f n−1 .



b) Déterminer la matrice associée à f relativement à la base x0 , f (x0 ), . . . , f n−1 (x0 )
à l’aide des coefficients a0 , a1 , . . . , an−1 .
c) Montrer: ∀λ ∈ C I, rg(f − λidE ) > n − 1.
En déduire que les sous-espaces propres de f sont de dimension 1.
5) On suppose dans cette question que  f est cyclique d’ordre n ( et dim(E) =
n). Soit x0 , f (x0 ), . . . , f n−1 (x0 ) un cycle de f .
a) Montrer que si un nombre complexe λ est valeur propre de f , alors λn = 1.

b) Déterminer la matrice associée à f relativement à la base x0 , f (x0 ), . . . , f n−1 (x0 ) .
c) Montrer que f est diagonalisable en déterminant une base de E constituée
de vecteurs propres de f .

2
Solution
Partie I : Etude d’un exemple

1. E est de dimension  3 donc pour montrer que la famille de trois vecteurs


e1 , f (e1 ), f 2 (e1 ) est une base de E il suffit de montrer que c’est une
famille libre. 
Or f (e1 ) = e1 + e2 − 2e3 et f 2 (e1 ) = f f (e1 ) = −e1 − 2e2 + 2e3 . Soient α,
β et γ trois éléments de C I tels que : αe1 +βf (e1 )+γf 2 (e1 ) = 0E . Montrons
que α = β = γ = 0. En effet αe1 +β(e1 +e2 −2e3 )+γ(−e1 −2e2 +2e3 ) = 0E
donc (α+β −γ)e1 +(β −2γ)e2 +(−2β +2γ)e3 = 0E . La liberté de (e1 , e2 , e3 )
donne alors α + β − γ = β − 2γ = −2β + 2γ = 0. Ainsi γ = β = 2γ et
α + β − γ = 0. Nécessairement β = γ = 0 et α = −β + γ = 0. Finalement
α = β = γ = 0. 
donc e1 , f (e1 ), f 2 (e1 ) est une base de E.
Cherchons la matrice de f dans cette base : on a

f (e1 ) = 0.e1 + 1.f (e1 ) + 0.f 2 (e1 ) et f 2 (e1 ) = 0.e1 + 0.f (e1 ) + 1.f 2 (e1 ).

f f 2 (e1 )

= f (−e1 − 2e2 + 2e3 )
= −e1 + e2
= e1 − (e1 + e2 − 2e3 ) − (−e1 − 2e2 + 2e3 )
= −e1 − f (e1 ) − f 2 (e1 )

La matrice de f dans la base e1 , f (e1 ), f 2 (e1 ) est :
 
0 0 −1
 1 0 −1  .
0 1 −1

2. Montrons que f est cyclique d’ordre 4.


• f 3 (e1 ) = −e1 + e2 ; alors f 4 (e1 ) = −f (e1 ) + f (e2 ) = −(e1 + e2 − 2e3 ) +
(2e1 + e2 − 2e3 ) = e1 .

• e1 , f (e1 ), f 2 (e1 ), f 3 (e1 ) est une famille génératrice
 de E comme sur-
famille de la famille génératrice e1 , f (e1 ), f 2 (e1 ) de E.

• e1 , f (e1 ), f 2 (e1 ), f 3 (e1 ) = (e1 , e1 +e2 −2e3 , −e1 −2e2 +2e3 , −e1 +e2 ) ;

la famille e1 , f (e1 ), f 2 (e1 ), f 3 (e1 ) est donc constituée d’éléments deux à
deux distincts.
Les trois points précédents permettent
 de dire que : f est cyclique d’ordre
4 et e1 , f (e1 ), f 2 (e1 ), f 3 (e1 ) est un cycle de f .

3
3. Pour montrer que f 4 = IdE il suffit
 de prouver queces deux endomor-
phismes de E coı̈ncident sur la base e1 , f (e1 ), f 2 (e1 ) de E. Pour cela il
suffit de prouver que f 4 (e1 ) = e1 , f 5 (e1 ) = f (e1 ) et f 6 (e1 ) = f 2 (e1 ).

f 4 (e1 ) = e1 résulte de Q1 et permet d’écrire que : f f 4 (e1 ) = f (e1 ) et
f 2 f 4 (e1 ) = f 2 (e1 ) ; alors f 5 (e1 ) = f (e1 ) et f 6 (e1 ) = f 2 (e1 ). Ainsi :
f 4 = IdE .
4. Observons que f 4 − idE = 0L(E) . Ainsi X 4 − 1 est un polynôme
annulateur de f dont l’ensemble des racines est {1, −1, i, −i}.
Les seules valeurs propres possibles de f sont 1, −1, i et −i.
 
Notons B 0 la base e1 , f (e1 ), f 2 (e1 ) de E et A0 la matrice de f dans cette
 
0 0 −1
base. A0 =  1 0 −1 .
0 1 −1
Soit x un élément de E de coordonnées (α, β, γ) dans B 0 .
    ( −γ = α
α α γ = −α
(
0 
f (x) = x ⇔ A β =  β  ⇔ α − γ = β ⇔ β = 2α ⇔α=
γ γ β−γ =γ 2α + α = −α
β = γ = 0 ⇔ x = 0E .
Donc 1 n’est pas valeur propre de f .
    ( −γ = −α
α α α = γ
0 
f (x) = −x ⇔ A β = − β ⇔ α − γ = −β ⇔
  .
γ γ β − γ = −γ β=0

Alors −1 est valeur propre de f et le sous-espace propre associé est


SEP (f, −1) = Vect e1 + f 2 (e1 ) .

Observons que Vect e1 +f 2 (e1 ) = Vect(e1 −e1 −2e2 +2e3 ) = Vect(−2e2 +
2e3 ) = Vect(e2 − e3 ).
γ = −iα
    
( −γ = iα
α α 

f (x) = ix ⇔ A0  β  = i  β  ⇔ α − γ = iβ ⇔ β = 1i (α − γ) = −i(α + iα) = (1 − i)α .
γ γ β − γ = iγ


(1 − i)α + iα = i(−iα) = α
γ = −iα

(
γ = −iα


f (x) = ix ⇔ β = (1 − i)α ⇔ .

 β = (1 − i)α
α=α
Alors i est valeur propre de f et le sous-espace  propre associé est
SEP (f, i) = Vect e1 + (1 − i)f (e1 ) − if 2 (e1 ) .
Or e1 +(1−i)f (e1 )−if 2 (e1 ) = e1 +(1−i)(e1 +e2 −2e3 )−i(−e1 −2e2 +2e3 )) =
2e1 + (1 + i)e2 − 2e3 .

4

Par conséquent SEP (f, i) = Vect 2e1 + (1 + i)e2 − 2e3 .
Remarquons alors que si X est un élément de M3,1 (C I), A0 X = −iX ⇔
0 0
A X = iX puisque A est à coefficients réels.
( (
γ = −iα γ = iα
Ainsi f (x) = −ix ⇔ ⇔ . Alors −i est
β = (1 − i)α β = (1 + i)α
valeur
 propre de f et le sous-espace
 propre
 associé est SEP (f, −i) =
Vect e1 + (1 + i)f (e1 ) + if 2 (e1 ) = Vect 2e1 + (1 − i)e2 − 2e3 .

f admet trois valeurs propres distinctes et E est de dimension 3 donc : f


est diagonalisable.
 
Comme SEP (f, −1) = Vect e2 − e3 , SEP (f, i) = Vect 2e1 + (1 + i)e2 −
  
2e3 et SEP (f, −i) = Vect 2e1 + (1 − i)e2 − 2e3 : e2 − e3 , 2e1 + (1 +

i)e2 − 2e3 , 2e1 + (1 − i)e2 − 2e3 est une base de E constituée de vecteurs
propres de f respectivement associés aux valeurs propres 1, i et −i.

Partie II Cas général



1. x0 , f (x0 ), . . . , f p−1 (x0 ) est un cycle de f donc c’est une famille
génératrice de E. Cette famille génératrice est de cardinal p et E est de
dimension n, par conséquent : p > n.

2. Soit x un élément de E. x0 , f (x0 ), . . . , f p−1 (x0 ) est une famille
I p tel
génératrice de E donc il existe un élément (λ0 , λ1 , . . . , λp−1 ) de C
p−1
λk f k (x0 ).
P
que : x =
k=0
p−1  p−1 p−1
p p k

λk f p f k (x0 ) = λk f p+k (x0 ) =
P P P
f (x) = f λk f (x0 ) =
k=0 k=0 k=0
p−1 
k p
P
λk f f (x0 ) .
k=0
p−1
Or f p (x0 ) = x0 . Ainsi f p (x) = λk f k (x0 ) = x.
P
k=0

Finalement ∀x ∈ E, f p (x) = x = IdE (x) donc : f p = IdE .


f ◦ f p−1 = f p = IdE . De màme f p−1 ◦ f = f p = IdE . Ainsi : f est bijective
et f −1 = f p−1 .
 
3. a. Par définition de m, x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 ) est libre et x0 , f (x0 ), . . . , f m (x0 )
est liée.
I m+1 tel
Par conséquent il existe un élément non nul (λ0 , λ1 , . . . , λm ) de C
m
λk f k (x0 ) = 0E .
P
que :
k=0

5
m−1
λk f k (x0 ) = 0E . La liberté de la famille
P
Supposons λm = 0. Alors
 k=0
x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 ) donne λ0 = λ1 = · · · = λm−1 = 0.
Ainsi λ0 = λ1 = · · · = λm = 0 ce qui induit une légère contradiction.
On peut donc affirmer que λm n’est pas nul et écrire : f m (x0 ) =
m−1
X  λk 
− f k (x0 ).
λm
k=0

fm (x0 ) est combinaison linéaire de x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 ) .

b. Montrons par récurrence que, pour tout élément k de m, f k (x0 ) est


combinaison linéaire des m vecteurs x0 , f (x0 ), ...,f m−1 (x0 ).
• Nous venons de montrer que la propriété est vraie pour k = m.
• Supposons la propriété vraie pour un élément k de m et montrons la
pour k + 1.

L’hypothèse de récurrence permet de dire que f k (x0 ) appartient à Vect x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 ) .
 
Alors : f k+1 (x0 ) ∈ f Vect x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 ) = Vect f (x0 ), f 2 (x0 ), . . . , f m (x0 ) .

De toute évidence f i (x0 ) appartient à Vect x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 ) si i 
appartient à [[1, m − 1]]. f m (x0 ) appartient également à Vect x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 )
d’après a.

Ainsi ∀i ∈ [[1, m]], f i (x0 ) ∈ Vect x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 ) .
 
Alors Vect f (x0 ), f 2 (x0 ), . . . , f m (x0 ) ⊂ Vect x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 ) .
Comme f k+1 (x0 ) appartient à Vect f (x0 ), f 2 (x0 ), . . . , f m (x0 ) , f k+1 (x0 )
appartient à Vect x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 ) .
f k+1 (x0 ) est combinaison linéaire des m vecteurs x0 , f (x0 ), ..., f m−1 (x0 )
et ainsi s’achève la récurrence.
Pour tout entier naturel k supérieur ou égal à m, le vecteur f k (x0 ) est
combinaison linéaire des m vecteurs x0 , f (x0 ), ..., f m−1 (x0 ).
c. Nous venons de voir que pour tout élément k de m le vecteur f k (x0 )
est combinaison linéaire des m vecteurs x0 , f (x0 ), ..., f m−1 (x0 ). Ceci vaut
également pour k dans [[0, m − 1]].

Ainsi tous les éléments de la famille génératrice x0 , f (x0 ), . . . , f p−1
 (x 0 )
sont combinaisons linéaires de la famille x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 ) .
 
Alors E = Vect x0 , f (x0 ), . . . , f p−1 (x0 ) ⊂ Vect x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 ) ⊂
E.

Ainsi Vect x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 ) = E.

6

La famille x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 ) est donc une famille génératrice de E.
Rappelons que par définition de m elle est libre.

x0 , f (x0 ), . . . , f m−1 (x0 ) est donc une base de E de cardinal m. Comme
E est de dimension n : 
m = n et x0 , f (x0 ), . . . , f n−1 (x0 ) est une base de E.
4. a. Soit k un élément de IN .
n−1
X n−1
X n−1
X
g f k (x0 ) = a` f ` f k (x0 ) = a` f `+k (x0 ) = a` f k f ` (x0 ) =
  

`=0 ! `=0 `=0


n−1
X
fk a` f ` (x0 ) .
`=0
n−1
X
Rappelons que, par hypothèse, f n (x0 ) = a` f ` (x0 ).
`=0
  
Ainsi g f (x0 ) = f k f n (x0 ) = f k+n (x0 ) = f n+k (x0 ) = f n f k (x0 ) .
k

∀k ∈ IN, g f k (x0 ) = f n+k (x0 ) = f n f k (x0 ) .


Ceci permet en particulier de dire que les deux endomorphismes  g et f n
n−1
coı̈ncident sur les éléments de la base x0 , f (x0 ), . . . , f (x0 ) de E. Alors

g = f n.

f n = a0 IdE +a1 f + a2 f 2 + · · · + an−1 f n−1 .



b. La matrice de f dans la base x0 , f (x0 ), . . . , f n−1 (x0 ) est donc :
0 ··· ··· 0 a0
 
. ..
 1 .. . a1 
 

. . .. .. 
 0 .. .. . . .
 
. . .. 
 .. .. ... 0 . 
0 ··· 0 1 an−1
c. Soit λ un élément de C I. Posons pour tout élément k de [[0, n]], ek =
f k (x0 ).
 
e0 , e1 , . . . , en−1 = x0 , f (x0 ), . . . , f n−1 (x0 ) est une base de E. De plus
∀k ∈ [[0, n − 1]], f (ek ) = ek+1 .

Alors ∀k ∈ [[0, n − 1]], (f −λ IdE )(ek ) = (f −λ IdE )( f k (x0 ) = f k+1 (x0 )−
λ f k (x0 ) = ek+1 − λ ek .

e1 − λe0 , e2 − λe1 , . . . , en−1 − λen−2 , en − λen−1 est donc une famille
d’éléments de Im(f − λ IdE ).
e1 − λe0 , e2 − λe1 , . . . , en−1 − λen−2 ) également. Pour prouver que la
dimension de Im(f − λ IdE ) est supérieure ou égale à n − 1, montrons
que cette dernière famille est libre.

7
I n−1 tel que : λ1 (e1 − λe0 ) + λ2 (e2 −
Soit (λ1 , λ2 , . . . , λn−1 ) un élément de C
λe1 ) + · · · + λn−1 (en−1 − λen−2 ) = 0E .
−λ1 λ e0 + (λ1 − λ2 λ) e1 + (λ2 − λ3 λ) e2 + · · · + (λn−2 − λn−1 λ) en−2 +
λn−1 en−1 = 0E .
La famille (e0 , e1 , . . . , en−1 ) est libre il vient donc :
−λ1 λ = λ1 − λ2 λ = λ2 − λ3 λ = · · · = λn−2 − λn−1 λ = λn−1 = 0.
Ceci donne sans difficulté λ1 = λ2 = · · · = λn−1 = 0.

Ainsi e1 − λe0 , e2 − λe1 , . . . , en−1 − λen−2 est une famille libre de
Im(f − λ IdE ), de cardinal n − 1.
Par conséquent dim Im(f − λ IdE ) > n − 1. ∀λ ∈ C
I, rg(f − λ IdE ) > n − 1.
Soit λ une valeur propre de f et SEP (f, λ) le sous-espace propre associé.
dim SEP (f, λ) = dim Ker(f − λ IdE ). En appliquant le théorème du rang
on obtient :
dim SEP (f, λ) = dim E − rg(f − λ IdE ) = n − rg(f − λ IdE ).
rg(f − λ IdE ) > n − 1 donne alors dim SEP (f, λ) 6 n − (n − 1) = 1.
Ainsi SEP (f, λ) est de dimension au plus 1.
Or par définition SEP (f, λ) est de dimension au moins 1. Alors dim SEP (f, λ) =
1. Les sous-espaces propres de f sont de dimension 1.
5. a. f est cyclique d’ordre n donc f n = IdE (d’après Q2). X n − 1 est
alors un polynôme annulateur de f . Toute valeur propre de f est alors une
racine de ce polynôme. Ainsi : Si un nombre complexe λ est valeur propre
de f , alors λn = 1.
b. f n (x0 ) = x0 , f n (x0 ) = a0 x0 +a1 f (x0 )+a2 f 2 (x0 )+· · ·+an−1 f n−1 (x0 )
et x0 , f (x0 ), . . . , f n−1 (x0 ) est une base de E. Alors a0 = 1 et a1 = a2 =
· · · = an−1 = 0.
0 ··· ··· 0 1
 
 1 ... .
.. 0 
. .
La matrice de f dans la base x0 , f (x0 ), . . . , f n−1 (x0 ) est donc :  0 . . . . . . .. .. .
  

. .
. . . . . 0 ... 

.
.
0 ··· 0 1 0
n
c. Soit λ un élément de C I tel que λ = 1.
Soit x un élément de E de coordonnées (α0 , α1 , . . . , αn−1 ) dans la base
x0 , f (x0 ), . . . , f n−1 (x0 ) .
0 ··· ··· 0 1 α0 α0
    
 1 ... ..  α   α1 
. 0  1 
.. ..   .. 
 . 
f (x) = λ x ⇔  0 . . . . . .

 .  = λ  .. .
  
. .
. .
. .. ... .   .. 
  
 ... 
 
. 0 .. .
0 ··· 0 1 0 αn−1 αn−1

8
f (x) = λ x ⇔ αn−1 = λα0 et ∀k ∈ [[0, n − 2]], αk = λαk+1
1
⇔ αn−1 = λα0 et ∀k ∈ [[0, n − 2]], αk+1 = αk
λ
1
⇔ αn−1 = λα0 et ∀k ∈ [[0, n − 1]], αk = k α0
λ
1 1 1 1 1
⇔ ∀k ∈ [[0, n − 1]], αk = k α0 et α0 = αn−1 = α0 = n α0 = α0 !
λ λ λ λn−1 λ
1
⇔ ∀k ∈ [[0, n − 1]], αk = k α0
λ

Alors λ est valeur propre de f et le sous-espace propre associé est la droite


vectorielle engendrée par
1 1 1
x0 + f (x0 ) + 2 f 2 (x0 ) + · · · + n−1 f n−1 (x0 ).
λ λ λ
2kπ 1 1
Posons ∀k ∈ [[0, n − 1]], λk = ei n et tk = x0 + f (x0 ) + 2 f 2 (x0 ) +
λk λk
1
· · · + n−1 f n−1 (x0 ).
λk
I et λn = 1.
λ0 , λ1 ,. .., λn−1 sont les n solutions de l’équation λ ∈ C
λ0 , λ1 ,. .., λn−1 sont (les) n valeurs propres distinctes de f et (t0 , t1 , . . . , tn−1 )
est une famille d’éléments de E constituée de vecteurs propres de f associés
à des valeurs propres distinctes.
(t0 , t1 , . . . , tn−1 ) est alors une famille libre de cardinal n de l’espace
vectoriel E dont la dimension est n.
(t0 , t1 , . . . , tn−1 ) est donc une base de E constituée de vecteurs propres de
f . Ainsi
f est diagonalisable.

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