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DOCUMENT CONFECTIONNE PAR MONSIEUR NDOUR

TEL. 77-621-80-97
DOMAINE IV
L’ESTHETIQUE : LA PHILOSOPHIE DE L’ART

VERSION ORIGINALE AMELIOREE


Nous tenons à préciser que ce travail n’est qu’une esquisse des repères possibles pour acquérir des connaissances et
dérouler une argumentation en dissertation philosophique. Les choix opérés peuvent être arbitraires, comme tout choix
d’ailleurs, mais l’essentiel c’est que les mains expertes qui s’en saisiront mettent en branle leur effort d’orientation afin de
l’exploiter au mieux, pour le seul bénéfice des apprenants. Loin de réclamer une certaine exhaustivité, il va sans nul doute
aussi leur fournir des connaissances philosophiques non négligeables, renforçant la qualité de leur apprentissage, leur
procurer des données diverses, variées pouvant leur permettre de pallier à leur déficit de lecture. L’objectif ultime visé de
ce document est la mobilisation des ressources didactiques. Mais il ne prend pas en compte toutes les appréhensions
méthodologiques, du fait que leurs différents professeurs sont tenus de les mettre en œuvre dans le cadre de leur
enseignement apprentissage.
…………………………………………………………………………………………………

SUJET DE DISSERTATION N°1


Peut-on convaincre autrui qu’une œuvre d’art est belle ?

INTRODUCTION
Le dictionnaire LALANDE définit l’art comme toute « production de beauté par les œuvres
d’un être conscient ». Il réfléchit également sur le beau, sur la nature de la création des œuvres d’art,
sur le rôle et la place de l’artiste dans la société. Et l'art en tant qu'une des plus vieilles manifestations
du génie créateur humain signifie l'ensemble des productions de l'homme qui visent le beau. Dès lors,
il convient de se demander si l’on peut convaincre autrui qu’une œuvre d’art est belle. Autrement dit
une œuvre d’art peut-elle susciter une émotion unanime ? Afin de mener à bien notre investigation,
nous tenterons dans un premier temps de voir s’il est possible de convaincre autrui qu’une œuvre d’art
est belle, en analysant les différents concepts mis en scène par la question. Puis nous mesurerons la
légitimité d’un tel vouloir. Sommes-nous en droit de vouloir imposer à nos semblables nos
appréciations et interprétations, comme nous avons l’habitude de désirer le faire ?

DEVELOPPEMENT
En premier lieu, il convient donc de s’interroger sur les conditions de possibilité d’une telle
démarche : sommes-nous en mesure de convaincre autrui qu’une œuvre d’art est belle ?
Pour qu’une telle démarche s’avère réalisable, il faudrait avant tout que le beau soit universel. Sans ce
critère d’universalité, des divergences d’appréciation seraient logiques. Nous nous rendons d’ailleurs
compte que la prétendue universalité du beau est remise en cause par la sagesse populaire, qui utilise à
outrance le dicton bien connu : « Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas ». Pourtant maints
philosophes se sont risqués à une définition du beau. Dans son Hippias Majeur, PLATON parle de «
ce qui est agréable à la vue et à l’ouïe ».
Plus tard KANT affirma dans sa Critique de la faculté de juger que « le beau est ce qui plaît sans
concept ». Pour KANT une chose ou un objet sont jugés beaux si le jugement de goût est désintéressé.
Ce qu'il faut remarquer ici, c'est que ce n'est ni l’objet, ni la chose qui comportent un intérêt mais c'est
la représentation que nous en avons. C'est en ce sens que KANT dira que le beau c'est : « La

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représentation d'une chose en tant que cette représentation n'a pas de fin » ; en d'autres termes tout
ce que l'on cherche dans le beau c'est le beau lui-même, et de manière désintéressée. C'est aussi sous ce
rapport qu'il va distinguer deux types de beautés : la beauté libre relevant d'œuvres qui ne sont pas
utilitaires (tableaux, musiques, statuts, etc.), et la beauté adhérente qui manifeste des objets utiles a
l'homme mais qui sont tout de même beaux (un beau lit, un beau château, de belle chaussures, etc.).
Cette ultime définition nous donne des enseignements précieux. En effet, elle suggère l’immédiateté de
la compréhension et de l’admiration d’une œuvre d’art. Le plaisir issu de la contemplation est
immédiat, et la perception de la beauté d’une œuvre d’art n’est pas le fruit d’une opération réflexive et
discursive. Ainsi de toute évidence, la compréhension de l’art et la perception du beau exigent une
mise en œuvre directe et spontanée de la sensibilité. Or la sensibilité est une notion très subjective,
relative à l’histoire personnelle et aux états d’âme de l’individu, du « sujet » qui contemple. Cette
sensibilité qui dérive du vécu et de la subjectivité altère considérablement la possibilité de convaincre
autrui qu’une œuvre d’art est belle. Si notre semblable ne perçoit pas de façon immédiate le beau que
peut contenir une œuvre, alors il nous sera difficile de l’en convaincre. De surcroît, l’interprétation
d’une œuvre d’art s’avère parfois difficile et obscure, et les capacités de compréhension de l’individu
peuvent tout à fait être restreintes. Pour comprendre une œuvre d’art et en apprécier la valeur et la
beauté, il faut nécessairement partager la vision de l’artiste, percevoir la dimension qu’il a souhaité
donner à son œuvre. Chaque artiste donne à voir le monde tel qu’il le ressent. A nouveau, la
subjectivité est de rigueur et nous avons donc affaire à une double subjectivité : celle de l’artiste et
celle du sujet-observateur, à savoir deux personnalités plus ou moins éloignées. Dès lors nous
comprenons rapidement que deux alternatives se présentent et s’opposent : soit l’observateur est en
phase avec l’artiste et partage sa vision du monde, soit il considère ce même artiste comme un névrosé
et s’en va voir un autre tableau. En tout cas, un observateur en phase avec l’artiste, qui perçoit toute la
beauté de son œuvre, ne pourra jamais convaincre son semblable de cette beauté, si ce dernier n’a pas
la même sensibilité et s’il n’a pu interpréter spontanément la signification de l’autre, ce qui lui confère
sa beauté. Ainsi, de nombreux individus présentent des capacités d’interprétation, intuitives et
sensibles, plutôt limitées. Pour certains, le sens et la beauté d’une œuvre ne peuvent qu’être invisibles
et il serait vain de vouloir les comprendre. Le célèbre peintre espagnol Salvador DALI déclarait : «
quand je vois une pomme et qu’elle est de Cézanne, il ne me viendrait pas à l’idée de la croquer »,
critiquant ainsi la conception matérialiste et terre-à-terre que se font certaines personnes de l’art, sans
sensibilité aucune. La perception de la beauté d’une œuvre d’art requiert une finesse d’interprétation. Il
convient de respecter, de prendre en considération et d’essayer de comprendre les symboles utilisés par
l’artiste, quels qu’ils soient. Force est de constater qu’il n’est malheureusement pas donné à tout
individu de comprendre et d’apprécier les allégories et la beauté d’une œuvre d’art. Puisque nous avons
démontré l’impossibilité pratique de convaincre autrui qu’une œuvre d’art est belle, il convient
désormais d’évaluer la légitimité d’un tel vouloir. En effet, la question présuppose que nous avons pour
habitude de vouloir à tout prix faire partager aux autres notre admiration, mais sommes-nous en droit
de le vouloir ?
Au cours de la première partie de notre analyse, nous avons mis en lumière la nécessité de la
mise en œuvre de la sensibilité et de la subjectivité du sujet-observateur. Dès lors, vouloir convaincre
autrui qu’une œuvre d’art est belle, n’est-ce pas en quelque façon altérer sa subjectivité pour lui
imposer la mienne ?
Evaluons de plus près la légitimité d’un tel vouloir, en prenant soin de mesurer les risques ontologiques
que je fais encourir à mon semblable. Par essence, autrui est un individu autre que moi, « mais
semblable à moi en cela qu’il est libre comme moi, mais sans être moi », comme l’a bien souligné
Emmanuel LEVINAS. En somme, autrui est comme moi un sujet. Ainsi, vouloir le convaincre qu’une
œuvre d’art est belle, c’est vouloir lui imposer ma subjectivité, vouloir inscrire mon « moi » dans sa
personne. Mais c’est surtout ne pas respecter sa subjectivité, aliéner sa liberté de sujet en voulant lui
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imposer ce que « je pense ». Très clairement, nous pouvons percevoir ici un risque majeur et combien
grave, à savoir celui de subordination ontologique d’autrui. Si une œuvre d’art est belle à mes yeux,
vouloir qu’elle le soit également à ses yeux, c’est vouloir satelliser autrui dans ma personne. Dès lors,
il apparaît radicalement illégitime de vouloir convaincre autrui qu’une œuvre d’art est belle, en cela
qu’une telle démarche consiste en l’aliénation de sa liberté de sujet, de sa subjectivité. Priver un
semblable de sa liberté d’Homme, c’est atteindre le paroxysme de l’individualisme et de
l’égocentrisme, mais c’est surtout agir contre la morale, qui implique le respect d’autrui dans sa
personne. Toute subordination ontologique est inacceptable pour la morale, et vouloir convaincre
autrui de la beauté d’une œuvre d’art, c’est lui confisquer son essence, le priver de sa liberté
fondamentale, bien qu’il soit en son ressort de refuser une telle démarche et d’affirmer sa subjectivité,
afin de préserver sa liberté de « sujet » qui juge. Ainsi, le respect de la subjectivité et de la liberté de
nos semblables se révèle être une maxime morale immuable et fondamentale. Pour illustrer ce propos,
revenons à Emmanuel KANT, et à la formulation pertinente de son impératif catégorique, lorsqu’il
énonce cette maxime : « Agis de manière telle que tu traites l’humanité dans ta personne comme
dans celle des autres toujours comme une fin et jamais simplement comme un moyen ». Une telle
maxime confirme l’illégitimité fondamentale de toute tentative de satellisation d’autrui, d’autant plus
que nous sommes grandement redevables à nos semblables d’exister en tant qu’êtres libres et
conscients. En effet, c’est toujours autrui qui me confère ma liberté de sujet. Seul, je ne peux survivre
et sans une autre présence, ma conscience n’aurait jamais pu émerger. À ce sujet, les propos de Gaston
Bachelard sont judicieux et significatifs, notamment lorsqu’il affirme que « le moi s’éveille par la
grâce du toi ». Dans son dictionnaire philosophique, Voltaire écrit : « Qu’est-ce que le beau ?
Demandez à un crapaud, il vous répondra que c’est sa crapaude ; demandez à un Noir de Guinée, il
vous parlera d’un nez épaté, d’une grosse bouche et d’une peau huileuse… ; demandez à un
philosophe, il vous répondra par un galimatias ». A travers cette affirmation, apparaît nettement
l’idée d’un relativisme qui entoure le beau. Voltaire a certainement voulu dire que le beau est
subjectif, qu’il ne se démontre pas par un discours rationnel, qu’il ne se prouve pas, mais s’éprouve.
L’art, incroyable moyen d’accès à une nouvelle compréhension de l’univers, ne s’impose pas, il
se discute. Il faut dès lors retenir donc que l'esthétique est la science du beau. Toutefois l'histoire de la
philosophie est marquée par une divergence de points de vue qui fait que chacun mettra en place une
réflexion personnelle sur le beau.

CONCLUSION
En définitive, il nous est maintenant possible de répondre de façon claire à la problématique
poursuivie selon laquelle on peut convaincre autrui qu’une œuvre d’art est belle. En effet, il convient
d’abord de rappeler que nous ne sommes pas en mesure de convaincre autrui qu’une œuvre d’art est
belle, et ceci pour plusieurs raisons. La perception du Beau dans l’œuvre d’art requiert une mise en
action immédiate et spontanée de la sensibilité, celle-ci différant d’un individu à l’autre. En outre
l’artiste donnant à voir le monde tel qu’il le ressent, il est nécessaire d’être en phase avec sa vision pour
admirer l’esthétique de l’œuvre et la qualité des symboles utilisés. Enfin, chaque individu n’est pas
doté des mêmes capacités d’interprétation : nous n’avons pas tous la même finesse, ce qui prive
certains du bonheur que procure l’art et ce qui empêche surtout de persuader autrui de la beauté d’une
œuvre d’art.

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