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Gestion Des Risques

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Gestion des risques

climatiques
R e

Recherche pour des futurs résilients au climat


Gestion des risques climatiques
Août 2015
Dr Cheikh Tidiane Wade
Dr Oussouby Toure
Dr Mamadou Diop

Ce rapport a été produit dans le cadre d'une série de documents préliminaires pour guider à long terme le
programme de recherche du projet Promouvoir la Résilience des Economies en zones Semi-Arides (PRESA).
PRESA est un projet de recherche multi-pays de cinq ans de nouvelles
connaissances sur la manière dont le développement économique dans les régions semi-arides peut être rendu
plus équitable et résilient au changement climatique.

Photo de couverture

© Rajeshree Sisodia/PRISE

2 Gestion des risques climatiques


Sommaire

Liste des encadrés 4


Liste des tableaux 4
Liste des figures 5
Sigles et acronymes 6
Résumé analytique 9
Introduction 12
Partie 1: ensemble 15
1. Aperçu sur les zones arides et semi-arides
(ZASA) 15
2. Définitions de concepts 18
3. Aperçu sur les tendances climatiques 22
4. Types et impacts des risques climatiques 31
Partie 2: Stratégies de gestion des risques
climatiques 59
1. Principales initiatives engagées par les parties
prenantes 60
Partie 3: Questions émergentes pour un nouvel
agenda de recherche pour le PRESA 77
1. Principaux défis liés à la gestion pratique des
risques climatiques 77
2. Identification des secteurs et des zones dans
lesquels la gestion des risques constitue un défi 78
3. Questions et pistes de réflexion pour un nouvel
agenda de recherche 79
Conclusion 81
Références bibliographiques 82
Annexe 91

Gestion des risques climatiques 3


Liste des encadrés

Encadré 1: Faits et chiffres sur les catastrophes naturelles ......................................................................... 19


Encadré 2: Risques climatiques actuels et futurs au niveau de la zone sylvo-pastorale du Sénégal ............ 20
Encadré 3: Conséquences de phénomènes hydro-climatiques extrêmes récents
................................................................................... 33
Encadré 4: Menaces sur le littoral sénégalais .............................................................................................. 35
Encadré 5: .................... 40
Encadré 6: Les zones urbaines, nouveaux pôles de vulnérabilité................................................................. 56
Encadré 7: ....................... 61
Encadré 8: Bonnes pratiques au Sénégal. Un réseau de parlementaires concernés
par la réduction des risques de catastrophes............................................................................. 67
Encadré 9: Les sources de financement internationales et multilatérales de la lutte contre les changements
climatiques.................................................................................................................................................... 75

Liste des tableaux

Tableau 1: Les sous zones sèches définies par les Nations Unies ............................................................... 15
Tableau 2: Impacts des inondations au Burkina Faso de 1988 à 2009 ........................................................ 34
Tableau 3: Liens entre risques climatiques et élevage en zone semi-aride .................................................. 41
Tableau 4: Impacts des risques climatiques sur le capital naturel ................................................................... 43
Tableau 5: Impacts des risques climatiques sur le capital humain ............................................................... 49
Tableau 6: .......................... 62
Tableau 7: ............................ 65
Tableau 8: Synthèse de quelques actions entreprises au niveau national (Sénégal, Kenya, Pakistan) ......... 68
Tableau 9: ....... 71

4 Gestion des risques climatiques


Liste des figures

Figure 1: Situation mondiale des zones arides et semi arides ...................................................................... 16


Figure 2: Le risque climatique ...................................................................................................................... 18
Figure 3: ........ 23
Figure 4: Différences de températures (°C) annuelles et en JJAS entre la période future (2080-2099)
et la période de référence (1985-2004) pour RCP4.5 (panneaux de gauche)
et RCP8.5 (panneaux de droite)..................................................................................................... 24
Figure 5: Changement prévu de la température moyenne annuelle pour l'année a) 2025 b) 2050,
c) 2075 et d) 2100.......................................................................................................................... 25
Figure 6: Changement de la température moyenne quotidienne maximale moyenne mensuelle
en Afrique de l'Est pour le mois le plus chaud, 2000-2050, le scénario A1B (°C) .......................... 26
Figure 7: Cartes des isohyètes des normales pluviométriques 1931-1960, 1951-1980 et 1961-1990 .......... 27
Figure 8: Migration décennale des isohyètes 600 et 900 mm au Burkina Faso ............................................ 28
Figure 9: Scénarios climatiques au Kenya .................................................................................................... 29
Figure 10: Changement dans les précipitations annuelles moyennes en Afrique orientale,
2000-2050 selon le scénario A1B (millimètres) ............................................................................ 30
Figure 11: ................................................................................................. 39
Figure 12: Extension des terres de culture au Sénégal ................................................................................. 46
Figure 13:
face au changement climatique..................................................................................................... 59

Gestion des risques climatiques 5


Sigles et acronymes

ACC Adaptation aux Changements Climatiques


Centre Africain pour les Applications de la Météorologie au
ACMAD
Développement
AMMA Africa Mousoon Multidisciplinary Analysis
ANSD Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie
CCNUCC Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques
CDP Carbon Disclosure Project
CEDEAO
CILSS Comité Inter-États de Lutte contre la Sécheresse au Sahel
CILSS Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel
COMNACC Comité National sur les Changements Climatiques
COMRECC Comités Régionaux sur les Changements Climatiques
CRA Centre Régional AGRHYMET
CRDI Centre de Recherche pour le Développement International
CRED
CRED Centre for Research on the Epidemiology of Disasters
CSAO Club du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest
CSE Centre de Suivi Écologique
DEEC
DPEE Direction de la Prévision et des Etudes Economiques
FAO Food and Agriculture Organization
FCFA Franc des Communautés Financières d'Afrique
FIT Front intertropical
GERES Groupe Énergies Renouvelables, Environnement et Solidarités
GES Gaz à Effet de Serre
GIEC
GMV Grande Muraille Verte
GRC Gestion des Risques de Catastrophe
IDA Association internationale de développement
IED Afrique Innovation Environnement et Développement en Afrique
IFPRI International Food Policy Research Institute
IGB Institut Géographique du Burkina
JJAS Juin-Juillet-Aout-Septembre
MEDD
OIM Organisation Internationale pour les Migrations
OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement
OMM Organisation météorologique mondiale
ONU Organisation des Nations Unies
OSS Observatoire du Sahara et du sahel

6 Gestion des risques climatiques


PAM Programme alimentaire mondial
PANA Climatiques
PIB Produit Intérieur Brut
PMR Pays membre régional
PNUD Programme des Nations-Unies pour le Développement
PNUE
PRESA Promouvoir la Résilience des Économies en Zones Semi-Arides
PRISE Pathway to Resilience in Semi-arid Economies
RCP Representative Concentration Pathway
REDD
RNDH Rapport national sur le développement humain
SAPCO
SPIC Stratégie Internationale de Prévention des Catastrophes
Special Report on Managing the Risks of Extreme Events and Disasters to
SREX
Advance Climate Change Adaptation
UEMOA Union Économique et Monétaire Ouest Africaine
UICN Union Internationale pour la Conservation de la Nature
UNISDR Nations International Strategy for Disaster Reduction
UNOCHA United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
USAID United States Agency for International Development
USD United States Dollar
VPO-URT -United Republic of Tanzania
WAAPP West Africa Agricultural Productivity Program
ZASA Zones Arides et Semi-Arides

Gestion des risques climatiques 7


Vendeuse dans les rues inondées de Dakar (Sénégal)
© IED Afrique / Kamikaze

8 Gestion des risques climatiques


Résumé analytique

La dégradation des terres et les menaces sur les activités de production en zones
semi-arides résultent de différents facteurs, tels que les variations climatiques et

conduisant à la dégradation des terres dans les zones semi-arides, mais les
facteurs déclenchant, qui interagissent de façon complexe, sont connus. Les

s et modifie la
probabilité de leur occurrence. Les facteurs indirects dérivent majoritairement des
activités humaines, incluant la pauvreté, la technologie utilisée, les tendances des
marchés et les dynamiques socio- t en avant
ses causes anthropiques ou en se focalisant sur les modifications majeures du
climat au niveau global ou régional, le changement climatique est mis en évidence
par ses manifestations de plus en plus documentées ainsi que par les différents
risqu
communautés et leurs biens sont exposés.

sur le capital naturel


et humain. Les impacts des risques climatiques dans les régions semi-arides et

perturbation des paramètres climatiques (température, pluviométrie, vent) du fait

multiplication des événements météorologiques extrêmes, mais aussi et surtout


socio-

semi-aride, en général, a provoqué une mobilisation et un élan de solidarité à


toutes les échelles de gouvernance.

économiques et les populations des zones arides et semi-arides, ont donc révélé
xe liée au changement climatique. La

climatiques et leurs conséquences, font peser une menace importante sur le


développement économique, la croissance et la lutte contre la pauvreté sur le

se rapportant à ce phénomène explique le caractère prolixe de la littérature


dédiée à la thématique du changement climatique, notamment pour ce qui
concerne son implication sur le développement économique et social. Ces
impacts des changements climatiques vont certes, engendrer plusieurs entraves
au développement économique et social, mais à bien des égards, offrir des
opportunités, notamment dans la redéfinition des politiques de développement
surtout dans les secteurs clés des économies des zones arides et semi-arides. Le
-économiques et
pose des défis majeurs aux nations si bien que le rôle de chaque partie prenante
est attendu primordial pour donner une dimension collective et induire des effets
structurants à des échelles conséquentes.

mesures multidimensionnelles afin de réduire s


international plusieurs initiatives ont été développées pour une meilleure gestion

e Stratégie Internationale
Résumé analytique 9
de Prévention des Catastrophes et a orienté ses actions essentiellement vers la

la surveillance des épidémies (OMS). Quant à la Banque Mondiale, elle a mis

financements majeurs pour la reprise des activités après les sinistres, des
investissements dans la prévention et la réduction des impacts des catastrophes
et un travail analytique pour améliorer la gestion des risques de catastrophes.

existantes, sur le renforcement de la recherche, sur le renforcement de la


coopération internationale et sur la sensibilisation des citoyens. Elle est aussi le
vre de la Stratégie Internationale de
Prévention des Catastrophes avec 5,3 millions de dollars en 2007.
Sur le plan régional, la CEDEAO a adopté un Programme Stratégique de

reco

significatifs dans la réduction de la vulnérabilité à travers les principales actions et


les investissements réalisés dans les différents secteurs de développement les
plus vulnérables en privilégiant les synergies et complémentarités entre acteurs de
la sous-région. Sur le plan financier, la BOAD et la BAD se sont positionnées au
niveau sous régional pour a
face aux risques climatiques.

vulnérabilité et dans une moindre mesure dans le domaine du transfert et partage


des risques. Au niveau local, les collectivités intègrent davantage la dimension
changement climatique dans leur planification et ont adopté de nouveaux
instruments de régulations, conformes à leurs réalités, pour une meilleure gestion

société civile, elles orientent de plus en plus leurs interventions dans le

la réduction de la vulnérabilité des populations et des moyens de production,


dans la résilience des écosystèmes, etc.
Le constat de la persistance des problèmes identifiés surtout dans des secteurs

réalisées, révèle les défis liés à la complexité du phénomène de changement


climatique. Les succès mitigés dans différents secteurs poussent à interroger

pistes intéressantes
pour la recherche. Celles-ci concernent le concept et la problématique de la

phénomènes migratoires liés au changement climatique, les enjeux liés à la


gestion des ressources naturelles, les questions de pertinence et de performance
des interventions relatives à la gestion des risques climatiques, les programmes
de filets de sécurité sociaux, les mécanismes innovants de financement, etc. Ces
questions émergentes de recherche reposent sur des alternatives viables pour les
habitants des zones arides et semi-arides afin de maintenir leurs moyens
ns.

10 Gestion des risques climatiques


Gestion des risques climatiques 11
Introduction

Le réchauffement global observé pour déclencher des alertes. Les beaucoup de régions vulnérables
s'est accompagné de la risques à prévenir sont, de plus en au changement climatique. Ces
perturbation de nombreux plus, variés et difficilement situations concernent: (i) les
paramètres météorologiques et maîtrisables, compte tenu de leur ressources hydriques, en particulier
climatiques (pluies extrêmes, diversité et de leur caractère les bassins partagés par plusieurs
périodes de froid ou de chaleur souvent transna nations où le risque de conflit
extrêmes, mouvement du trait de collectivités territoriales, chargés potentiel existe et pour lesquels une
côte, fonte des glaciers, etc.). coordination régionale en matière
nements populations ont pour mission de de gestion des ressources
climatiques suffit à démontrer que gérer les crises et de les prévenir,
nous vivons dans un monde en grâce à des structures de veille, sécurité alimentaire menacée par la
mutation. En 2007, le GIEC avait baisse de la production agricole ;
prévu une élévation du niveau marin risques. Toutefois, face à la (iii) la productivité et la biodiversité
multiplication des risques et à la des ressources naturelles de plus
forte demande des citoyens, les en plus menacées ; (iv) la
un taux de 0,09 à 8,8 mm/an et pouvoirs publics se trouvent parfois prévalence des maladies à
une valeur moyenne de 48 cm.
efficace. hydrique, en particulier dans les
changement climatique observé et Les processus de transformation
sanitaires adéquates ; (v) les zones
les risques qui en découlent sont posent un défi aux systèmes de
côtières vulnérables à la montée
attribuables, au moins en partie, gestion des risques dans les
des océans, en particulier les
aux activités humaines et devrait se régions arides où les États
routes, les ponts, les constructions
poursuivre au cours des prochaines éprouvent beaucoup de difficultés
et autres infrastructures exposées
décennies. L'ampleur du pour garantir le bien-être des
changement dépendra des communautés. Sous ce rapport, les
incessante de la désertification du
émissions de gaz à effet de serre et changements climatiques
fait des changements en termes de
d'aérosols de sulfate, et donc des
scénarii énergétiques appliqués. qui impactent négativement sur les
Des évolutions démographiques conditions de vie et les activités des
aux changements du climat, en communautés. Si les tendances au niveau
passant par le développement des mondiale sont maintenues, les
Ce ph
mégalopoles ou la montée des changements climatiques peuvent:
progressivement, nécessite un
technologies d (i) perturber le volume et la
engagement substantiel et conjoint
diverses forces qui contribuent à fréquence des précipitations, avec
de tous les acteurs concernés. Ces
redéfinir les risques auxquels les des impacts visibles sur les activités
derniers ont un rôle à jouer dans la
populations sont exposées. des régions semi arides notamment
préservation et la restauration des
Parallèlement à la prise de décision, moyens de subsistance des
une réduction des réserves
la gestion des risques consiste à communautés pauvres qui
hydriques et provoquer la réduction
dépendent essentiellement des
des capacités de croissance
en place activités productives comme
économique et (iii) entrainer des
fluctuations de températures
collecte systématique de données décrit six situations qui rendent
12 Gestion des risques climatiques
pr développement plus résilient et plus
nombreuses maladies émergentes durable.
et affecter le capital humain.
Cette présente revue thématique
Les impacts de la variabilité du sur la gestion pratique des risques
climat et des changements climatique est structurée autour: (i)
climatiques sur les économies des
zones semi-arides sont sans arides et semi arides avec
équivoque. Ce sont des zones dont
les activités économiques climatiques les plus fréquents et
dépendent en grande partie du leur caractérisation ; (ii) des
capital naturel. Ces impacts manifestations et les impacts de
pourraient également aggraver les ces risques sur les terroirs, les
conditions de vie difficile des secteurs économiques et sur les
femmes et des couches populations ; (iii) des différentes
vulnérables, la sécurité humaine et stratégies à différents niveaux de
dépasser les capacités des Etats décision ; (enfin sur les questions
de la région. En Asie centrale par émergentes pour un nouvel agenda
exemple (cas du Tadjikistan), le de recherche pour le PRESA au
réchauffement et la fonte des Sénégal et au Burkina Faso.
glaces vont exacerber la

caractérisée par des tensions


sociopolitiques et les conflits
causés par l'accès à l'eau et aux
ressources énergétiques. Au
Pakistan, les impacts du
changement climatique seront
marqués par la mise en péril de
l'approvisionnement en eau pour
les populations. Cette situation sera
exacerbée par les changements de
la mousson annuelle qui auront une
incidence sur l'agriculture et les
activités économiques connexes.
Les secteurs les plus touchés sont

des sols, la baisse de la

et les ressources en eau. Les


impacts sur ces secteurs ont des
conséquences négatives sur les
populations compte tenu du fait
que celles-ci sont majoritairement
rurales.

prévisions liées à ces facteurs de


risques, exigent que des initiatives
soient entreprises pour se prémunir
dapter aux conséquences
néfastes sur le développement
économique, les conditions

nécessitent également la définition

Introduction 13
14 Gestion des risques climatiques
Partie 1:

Les risques climatiques ont des terres. La vulnérabilité des pays à


incidences considérables sur le faible revenu est une combinaison
développement socio-économique. de trois facteurs que sont leur forte
Aussi, il est désormais admis que exposition physiographique aux
les efforts de lutte contre les effets risques naturels, la dépendance
des conditions climatiques sur le excessive au climat de certaines
développement humain doivent activités sensibles comme

développement plus durable.


Plusieurs initiatives sont menées au
niveau national, infranational et changement (Bowen et al.,2011).
supranational par les acteurs les
Dans le cadre de ce travail, il est
plus affectés pour gérer les risques
liés à la variabilité et aux
bonne définition des zones sèches
changements climatiques.
qui excluent habituellement les
1. Aperçu sur les zones déserts. Ces zones sèches,
réparties en quatre sous-catégories
arides et semi-arides de zones largement reconnues
(ZASA)
La dégradation des terres en zones (Tableau 1).
semi-arides résulte de différents
facteurs, tels que les variations
Tableau 1: Les sous zones sèches définies par les Nations Unies
climatiques et les activités

processus linéaire de cause à effet Écosystème dominant


conduisant à la dégradation des Hyperaride Vrai désert
terres dans les zones semi-arides, Aride Semi-désert
mais les facteurs déclenchant, qui Semi-aride Prairie
interagissent de façon complexe, Subhumide sec Pâturage
sont connus. Les facteurs directs
Source: synthèse des auteurs

notamment relatifs au niveau des


précipitations, à la faible humidité

facteurs indirects dérivent


majoritairement des activités
humaines, incluant la pauvreté, la
technologie utilisée, les tendances
des marchés et les dynamiques
socio-politiques. La pauvreté est à
la fois une cause et une
conséquence de la dégradation des
Partie 1 15
Les zones sèches et les déserts La littérature définit les ZASA en se favorables bénéficiant de
représentent 41,2% de la superficie fondant sur la caractérisation du précipitations plus importantes et
mondiale, les déserts occupent climat (Fabricius et al., 2008; Mongi plus régulières. Entre 1983 et 2003,
6,6% et les zones sèches 34,6%. et al., 2010). Par exemple, Mongi et environ 16% des terres se sont
al. (2010) considèrent les zones améliorées, parmi lesquelles 20%
les Nations Unies dans le cadre de semi-arides comme des zones où de terres cultivées et 43% de
leur décennie (2010-2020) le régime des précipitations pâturages2.La superficie des zones
montrent que: annuelles se situe entre 500 et 800 arides et semi-arides de 25 pays
mm. Fabricius et al. (2008)
 2,1 milliards de personnes
vivent dans des déserts et
englober aussi bien les conditions masse continentale) et plus de 30%
des zones sèches ;
et de semi-aridité. des terres dégradées du monde se
 90% des populations des Fabricius et al. (2008) considèrent trouvent en Afrique (Jama et Zeila
zones sèches vivent dans également une grande partie de la 2005). Fabricius et al. (2008)
des pays en voie de zone sub-saharienne qui comporte
développement ; 40 pays du continent comme ayant population de ces régions était
 50% du cheptel mondial se des conditions arides.
trouve dans les pâturages ; A
 46% du carbone global est terres sont en cours de
Cependant, Jama et Zeila (2005)
stocké dans les zones détérioration (figure 1). Environ 1,5
ont constaté que près de 400
sèches ;
directement de ces zones
 nsemble des terres arides et semi-arides du
exposées a plusieurs formes de
terres cultivées se situent continent. Face à une population
dégradation. Près de 20% des
dans les zones sèches ; qui croît de 3% par an, les
terres qui se dégradent sont des
ressources naturelles de ces
 30% des plantes cultivées terres cultivées, et 20à 25% sont
sont originaires des zones des pâturages1.La régénération du
constante dégradation, doivent
arides. capital naturel dans les zones
nourrir encore 12 millions de
arides prend 5 à 10 fois plus de
personnes chaque année.
temps que dans les régions

Figure 1: Situation mondiale des zones arides et semi arides

Source: CRU/UEA, UNEP/DEWA

1 Data from 2010, GEF-STAP, New Science, 2Data from 2010, GEF-STAP, New Science, to the 4th General Assembly
New Opportunities for GEF-5 and Beyond.Report New Opportunities for GEF-5 and Beyond.Report
to the 4th General Assembly
16 Gestion des risques climatiques
En Afrique orientale et centrale, les Odhiambo (2013) montre en outre Les régions arides et semi-arides
terres arides et semi-arides que les régions arides et semi- sont très affectées par la variabilité
arides au Kenya sont en grande et les changements du climat, une
partie occupées par les
communautés pastorales et agro- de stress multiples se produisant à
(Jama et Zeila 2005; Monela et al., pastorales, couvrant plus de 80% divers niveaux avec une faible
2005; Mongi et al, 2010). Mongi et de la masse terrestre du pays et capacité adaptative des
al. (2010) indiquent que les zones avec une population de près de 10 populations. Cette situation est
semi-arides de la Tanzanie millions de personnes. Ces régions aggravée par des défis de
représentent entre 33% et 67% du détiennent également environ 70% développement existants comme la
territoire, regroupant les régions du cheptel national et abritent la
centrales comme Dodoma et plupart des parcs nationaux du limité au capital et aux
Singida, et les régions du centre- pays qui sont le fondement de sa infrastructures et technologies ; la
ouest telles que Shinyanga et une faune touristique en plein essor dégradation des écosystèmes et
partie de la région de Tabora. (République du Kenya, 2010; les désastres et conflits
Odhiambo, 2013). complexes3.

© Kerriekerr

3Ces questions seront traitées dans les parties


qui suivent ;

Partie 1 17
2. Définitions de climatiques dont les
graves perturbations du modifications ou perturbations
concepts résultant des effets combinés de la
2.1. La notion de risque variabilité naturelle du climat et de
climatique (RC) physiques dangereux avec des des principaux risques climatiques.
Le concept de risque, tel que défini conditions de vulnérabilité sociale, Les différentes interconnexions
par la Commission européenne, qui provoquent sur le plan humain, entre les concepts clés abordés
prend en compte deux éléments: matériel, économique ou dans le rapport SREX sont illustrées
La probabilité que survienne un environnemental de vastes effets dans la figure 2. Celle-ci montre
élément dangereux et la sévérité de indésirables nécessitant la prise comment des changements
ses conséquences4. En situation immédiate de mesures pour affectant la vulnérabilité et
répondre aux besoins humains
par les différents types de risques essentiels et exigeant parfois une affectant les événements
assistance extérieure pour le climatiques et météorologiques
danger, un inconvénient plus ou relèvement »6. Dans le domaine du extrêmes peuvent se combiner
moins probable auquel un individu changement climatique, le risque
est exposé. A priori, un individu
vulnérable est ainsi plus
particulièrement prédisposé à des risques de catastrophe (GRC)
certains inconvénients, exposé à un dangereux ou de tendances
danger, à une perte ou un échec5. multipliées par les impacts si ces changements climatiques (ACC)
En 2012, le GIEC définissait le événements ou ces tendances se intégrées aux processus de
risque de catastrophe par la produisent (GIEC, 2014). La développement.
« probabilité que surviennent, au température et la pluviométrie sont
les deux principaux paramètres

Figure 2: Le risque climatique

Source: GIEC 2012

4 http://www.actu- ménages ruraux de 6

environnement.com/ae/dictionnaire_environneme Madagascar », Développement durable et http://www.coe.int/t/dg4/majorhazards/ressourc


nt/definition/risque.php4 territoires [En ligne], Dossier 3 | 2004, mis en ligne es/Apcat2012/APCAT2012_03_EcosystemDRRf
5 Gondard-Delcroix, C et Rousseau, S. le 23 février 2004, consulté le 26 mai 2015. URL: orEurope_fr.pdf
2004. Vulnérabilité et Stratégies durables de http://developpementdurable.revues.org/1143 ;
gestion des risques: Une étude appliquée aux DOI: 10.4000/developpementdurable.1143
18 Gestion des risques climatiques
Toutefois, comme le montre la à la variabilité climatique et la
récurrence des catastrophes
naturelles qui se manifestent, entre
entre (i) les perturbations dans les autres, par des sécheresses, des
paramètres climatiques; (ii) feux de brousse, des inondations
(encadré 1), etc. qui entrainent des
milieux et des activités sur un conséquences souvent importantes
territoire à cet aléa climatique ; et dans les récoltes, le cheptel, les
(iii) leur vulnérabilité au dit aléa infrastructures socio-économiques,
(GIEC, 2012 ; IISD, 2013). la santé, etc. Le risque climatique
peut ainsi être mesuré « en quantité
Dans les zones semi-arides du
de dommages physiques subis par
Sahel par exemple, les populations
des biens » (Corbun et al., 1991).
sont exposées de façon structurelle

Encadré 1: Faits et chiffres sur les catastrophes naturelles


Au cours de la dernière décennie, 3 852 catastrophes ont tué plus de 780 000 personnes et en ont touché

Après les séismes, ce sont les tempêtes (22 % de pertes humaines) et les températures extrêmes (11 %
de pertes humaines) qui ont été les catastrophes les plus meurtrières de la dernière décennie.
t le cyclone Nargis de 2008 qui a tué 138 366
personnes au Myanmar et la canicule de 2003 en Europe, qui a fait 72 210 victimes.
Source: www.undp.org | Octobre 2010.

La vulnérabilité est étroitement liée nous affecter (en touchant notre


santé, notre alimentation, etc.) ; (ii)
Elle dépend à la fois de la sensibilité comment ces risques peuvent être
des populations aux aléas atténués ou contrôlés, grâce à
climatiques et de leur capacité
(quels sont les besoins, les options,
les zones semi-arides, la sensibilité ou encore les opportunités pour
des populations à ces aléas est ; (iii) Comment limiter ces
risques grâce à la réduction de nos
moyens de subsistance dépendent émissions de gaz à effet de serre.
en grande partie des activités
Il est aussi important de distinguer
agricoles et agro-pastorales qui
les risques climatiques existants
sont elles-mêmes fortement
tributaires des paramètres
futurs. En effet, le climat futur sera
climatiques et météorologiques.
caractérisé par de nouveaux aléas,
Le cinquième rapport du GIEC par le renforcement des aléas
(GIEC, 2014) évalue les existants. Pour cette raison, les
vulnérabilités, les impacts, et risques climatiques résultant du
changement climatique doivent être
climatiques. Il analyse trois points envisagés, en tenant compte
principaux: (i) les risques que
causent les changements structure socio-économique et de
climatiques sur nos sociétés et la
manière dont ces risques peuvent 2).

Partie 1 19
Encadré 2: Risques climatiques actuels et futurs au niveau de la
zone sylvo-pastorale du Sénégal
-
risques climatiques actuels et futurs qui sont autant de menaces pour les activités prioritaires dans la zone

mme suit:
Menace 1: variabilité accrue des précipitations et de ses caractéristiques avec une brusque alternance

zone au cours de 21ème siècle selon les projections climatiques,


Menace 2: des durées de saisons de pluies écourtées de 12 à 25 jours environ dans la zone sylvo -
pastorale. Ces longueurs sont de 40 à50 jours dans le Nord de la zone ; de 60 jours dans le centre et de 90
jours environ dans le sud,
Menace 3: une hausse des séquences sèches de plus de 7, 10, 15 jours pouvant survenir à tout moment

Menace 4: recrudescence, en certains endroits des pluies maximales cumulées en 3 jours consécutifs
compris en moyenne entre 70 et 85 mm, et pouvant atteindre 1 année sur cinq plus de 90 mm dans le

conclusions du GIEC avec le Changement climatique et engendrer des dégâts et pertes importants sur les
systèmes socio-
aussi considérée comme une opportunité pour la disponibilité des eaux de surface et le développement des
activités agro-sylvo-pastorales.
Menace 5:

prévoient des hausses de température pouvant atteindre 3 à 4,5° C vers la fin du siècle selon le scénario

Source: GERES, 2012

Terre dégradée dans la région de Fatick (Sénégal)


© Lancelot Soumelong / PRISE
20 Gestion des risques climatiques
Les risques futurs liés aux réorganisation, de technologies qui leur sont liées
changements climatiques sont très renouvellement (Holling, 2001) des (UNISDR, 2009 ; 2013). Elle
nombreux et ont été tous identifiés englobe la préparation et la gestion
avec un niveau de confiance élevé. système (Quenault, 2013). De des différents types de risque
On peut en citer: (i) les inondations, même, sur un plan plus
les tempêtes et la hausse du opérationnel, elle peut être perçue au changement climatique plus
niveau des mers; (ii) les inondations comme la capacité à résister à globales (PNUD, 2010).
dans de grandes zones urbaines ;
Elle consiste à élaborer, mettre en
(iii) la rupture des réseaux ses conséquences; à répondre ou
à se transformer pour limiter les
politiques et mesures destinées à
phénomènes météorologiques dommages en cas de nouvelles
mieux comprendre les risques de
extrêmes ; (iv) la mortalité et la crises (Quenault, 2013).
catastrophes, à favoriser la
morbidité durant les périodes de
Au plan institutionnel, la résilience réduction et le transfert de ces
chaleurs extrêmes
peut risques et à promouvoir
alimentaire et la rupture des
politiques visant à anticiper les
chaînes de production alimentaire ;
dommages liés au changement préparation à une catastrophe, des
(vi) la perte
réponses à y apporter et du
des écosystèmes maritimes et
rétablissement postérieur, dans le
côtiers, de leur biodiversité et des
Mimura, (2010) comme le seul but explicite de renforcer la
; (vii) la
moyen « » protection des personnes, leur
perte des écosystèmes terrestres et
(Pigeon, 2012). bien-être, la qualité de vie, la
résilience et le développement
leur biodiversité et des services 2.3. La gestion des durable.
risques climatiques La gestion des risques climatiques
2.2. La résilience Les pays, communautés et nécessite une utilisation efficace
un écosystèmes vulnérables sont déjà des données climatologiques pour
système, une communauté ou un affectés par les effets des faire face aux incidences que les
ménage à résister, absorber, changements climatiques. Les changements climatiques risquent
risques associés à ces derniers
sont bien réels et se constatent gestion des ressources (GIEC,
déjà dans beaucoup de systèmes 2012). Elle suppose une approche
changements et de secteurs essentiels à la survie multidisciplinaire visant à générer
(climatiques/environnementaux, humaine, y compris les réserves des décisions bien informées
économiques, politiques, etc.) à permettant de traduire de façon
long-terme de manière efficiente et et la santé. Dans la plupart des plus efficace les informations
à temps sans toutefois ébranler la communautés vuln climatiques en actions. Pour cela
sécurité alimentaire et les moyens des changements climatiques ces informations doivent être
7
. Selon le DFID (2009), représente une menace directe pertinentes, crédibles et légitimes.
la résilience est perçue comme pour la survie de la population. Les La prise de décision et la mise en
pays concernés doivent par
communauté et ménage de gérer conséquent élaborer des stratégies aux risques climatiques dans les
les changements tout en de gestion du risque climatique afin
zones arides est confrontée à la
maintenant ou transformant les complexité des processus et des
moyens ou standards de vie face à des changements climatiques. interactions (et rétroactions) climat-
des catastrophes naturelles et/ou La gestion pratique du risque est un environnement-sociétés, aux
humaines comme la sécheresse, processus de recours systématique ressources financières limitées, aux
aux directives, compétences cadres institutionnels et juridiques
sans toutefois compromettre leur opérationnelles, capacités et et la multiplicité des contextes dans
organisation administrative pour le même espace de gestion. La
La résilience peut tout aussi bien gestion du risque doit être basée
repré stratégies et capacités de réponse sur une approche impulsée par la
appro demande, un cadre favorable de
après une perturbation que celle
de transformation, de risques de catastrophes s de qualité, des
environnementales et les services climatiques de qualité, une

7 Définition proposée par United Nations


International Strategy for Dysaster Reduction
(UNISDR)
Partie 1 21
bonne communication et une 3. Aperçu sur les bimodal avec deux maxima, le
premier en mars-avril, le second en
des différentes parties prenantes,
tendances climatiques septembre-octobre (Gaye et Sylla,
3.1. Tendances et 2008). Entre 1960 et 2010,

effective des parties prenantes


évolution des
(Hellmut, et al., 2007). températures stations du pays, avec un
accroissement moyen de 1,6°C
région la plus vulnérable aux effets avec des variations régionales selon
croissantes des risques et autres
des changements climatiques du les zones climatiques. Sur
crises humanitaires et leurs
conséquences, font peser une fait de la fragilité des économies. En
effet, les changements climatiques températures ont augmenté de
menace importante sur le
constituent un frein au 0,9°C depuis 1975, contribuant à
développement, la croissance et la
développement économique des la
lutte contre la pauvreté sur le long
pays africains en ce sens q sécheresse (Funk et al., 2012).
nt plus pour les
Selon
populations les plus pauvres et les
la
plus vulnérables des pays en
Pour autant, il est encore délicat hausse des températures se chiffre
développement. Ces impacts des
à 3°C dans la zone sahélienne et
changements climatiques vont
0,7°C au sud-est dans la zone sud-
certes, engendrer plusieurs
particulier pour ce qui concerne les soudanienne (CSE, 2010). À partir
entraves au développement
précipitations. Les modèles du début des années 1980, on
économique et social, mais à bien
climatiques sont relativement observe une rupture dans
des égards, offrir des opportunités,
satisfaisants pour prévoir le n des températures avec
notamment dans la redéfinition des
politiques de développement changement de température en
Afrique. La hausse de la températures moyennes
surtout dans les secteurs clés des
température moyenne entre maximales.
économies des zones arides et
semi-arides. 1980/99 et 2080/99 pourrait Selon Gaye et Sylla (2008), la
atteindre entre 3 et 4°C sur hausse des températures devrait
Le plus grand défi des pays, situés
varier entre 3°C en 2031-2050 et
en zones semi-arides, réside donc
8,5°C en 2081-2100 si on
2008). Cette hausse sera moins
sur les plateformes existantes et
forte au sein des espaces côtiers et de gaz à effet de serre A1B (qui est
leurs institutions spécialisées pour
équatoriaux (+3°C) et la plus élevée un scénario émetteur important).
promouvoir des stratégies plus
dans la partie ouest du Sahara Quel que soit le modèle considéré,
intégrées fondées sur une action
(+4°C). En revanche, des
collective capable elle-même de incertitudes demeurent sur les venir à une hausse conséquente
résultats des projections des températures, en particulier
concernant les précipitations (GIEC, pendant les mois traditionnellement
catastrophes naturelles, notamment les plus chauds (figure 3).
les sécheresses, contribue à
est la moins forte.
misère. Bien que les approches de
gestion de la sécheresse basées du GIEC contribuent à une
sur le risque, telles que la gestion connaissance beaucoup plus fine
du cycle de sécheresse ont été des ressorts régionaux des
développées depuis quelques
évolutions climatiques (Wanneau et
t, elles
ion des

et plus spécifiquement au Sahel est


à la sécheresse sont toujours marquée par une augmentation de
0,2 à 0,8°C depuis la fin des
(approches conjoncturelles plutôt
années 1970. Elle est plus marquée
que structurelles). En définitive, le
au niveau des minimales que des
cadre politique doit viser à maximales (CEDEAO-CSAO/OCDE,
promouvoir la gestion des risques 2008).
plutôt que des interventions
- Au niveau du Sénégal, le cycle
arides. annuel des températures est
22 Gestion des risques climatiques
Figure 3: P

Source: Tall, 2014, tiré de Gaye et al., 2014

La réponse des précipitations face RCP8.5 avec un signal plus


à cette hausse des températures marqué au Sud-est du domaine
pour des valeurs de 5 à 5.5 °C
dans le scénario élevé (figure 4).
baisse des précipitations va
nde
variabilité interannuelle se
traduisant par la succession de

La figure 3 montre les


changements des températures et
Le plus grand défi des pays
des précipitations annuelles pour la situés en zones semi-arides
période correspondant à la fin du réside donc dans leurs capacités
21ème siècle (2080-2099) par
rapport à la situation climatique de existantes et leurs institutions
1985 à 2004. À cause du
changement climatique, les spécialisées pour promouvoir des
températures vont augmenter sur stratégies plus intégrées fondées
sur une action collective capable
scénario moyen RCP4.5, elle-même de générer des
dans la région se situera entre 1 et
2 °C durant cette période. Pour le
scénario élevé RCP8.5, les
augmentations de températures se
situeront entre 3 et 5 °C. Par
ailleurs, le réchauffement excédera
même 6 °C dans les limites sud-est
et nord-est de la région.
En Juin-Juillet-Aout-Septembre
(JJAS), on note approximativement
les mêmes traits de cette
augmentation globale de
température due aux changements

pour les scénarios futurs RCP4.5 et


Partie 1 23
Figure 4: Différences de températures (°C) annuelles et en JJAS entre la période future (2080-2099) et la période de
référence (1985-2004) pour RCP4.5 (panneaux de gauche) et RCP8.5 (panneaux de droite)

(b) ANN RegCM4 RCP4.5 (c) ANN RegCM4 RCP8.5


17 N 17 N

16.5 N 16.5 N

16 N 16 N

15.5 N 15.5 N

15 N 15 N

14.5 N 14.5 N

14 N 14 N

13.5 N 13.5 N

13 N 13 N

12.5 N 12.5 N

12 N 12 N
18W 17W 16W 15W 14W 13W 12W 11W 18W 17W 16W 15W 14W 13W 12W 11W
N N N N

(a) JJAS RegCM4 RCP4.5 (b) JJAS RegCM4 RCP8.5


17 N 17 N

16.5 N 16.5 N

16 N 16 N

15.5 N 15.5 N

15 N 15 N

14.5 N 14.5 N

14 N 14 N

13.5 N 13.5 N

13 N 13 N

12.5 N 12.5 N

12 N 12 N
18W 17W 16W 15W 14W 13W 12W 11W 18W 17W 16W 15W 14W 13W 12W 11W
N N N N

Source:

Au niveau du Burkina Faso, les pays, fait apparaître clairement une


températures connaissent une forte évolution à la hausse. Partout, les
variabilité spatio-temporelle. Les valeurs thermiques extrêmes
moyennes mensuelles dépassent affichent une tendance croissante
rarement 35°C et les extrêmes se entre 1960 et 2012 par rapport à la
rencontrent au nord avec une normale. En procédant à une
valeur minimale absolue de 5°C à analyse des dernières séquences
Markoye en janvier 1975 et une décennales (1981-1990 ; 1991-
valeur maximale absolue de 47,2°C 2000 ; 2001-2010), on constate
à Dori en que les deux dernières décennies
valeurs thermiques relevées au (1990-1999 ; 2000-2009) ont été
cours des cinquante dernières plus chaudes que la première
années dans les dix stations décennie (1981-1990) de la série
synoptiques, réparties à travers le (Bationo, 2009).

24 Gestion des risques climatiques


En Tanzanie, les modèles (figure 5) significative de la disponibilité des
convergent vers une hausse des ressources en eau. Les zones où qui seront des facteurs importants
températures, autour de 1°C pour une augmentation des
deux des quatre modèles appliqués précipitations (la plupart des eau dans ces zones et déterminent
8
, et régions du Kenya) est prévue, ne
de 2°C et plus pour les deux autres seront pas nécessairement 2009).
(Wanneau et Gemenne, 2013)9. Ce excédentaires en eau du fait du
qui entraînera une réduction

Figure 5: Changement prévu de la température moyenne annuelle pour l'année a) 2025 b) 2050, c) 2075 et d) 2100

a) b)
Changement de la température moyenne annuelle d'ici à 2025 Changement de la température moyenne annuelle d'ici à 2050

Bukoba
Bukoba Musoma
Lattitude (S)

Musoma

Lattitude (S)
2 2
Loliondo Mwanza Loliondo
Mwanza
Kibondo Arusha Moshi Arusha Moshi
Kibondo
Kilimanjaro Kondoa Kilimanjaro
Shinyanga Shinyanga
Kondoa Same Same
4 Singida 4
Kigoma Kigoma Singida
Tanga
Tabora Tabora Tanga
Pemba Pemba
Korogwe Zanzibar
Zanzibar Dodoma Korogwe
Mpanda Dodoma 6 Mpanda
6 Morogoro
Dar es Salaam
Morogoro
Dar es Salaam
Sumbawanga Mafia Sumbawanga
Iringa Utete Iringa
Utete Mafia
8 Mafinga 8
Mafinga
Mahenge Mahenge
Mbeya Mbeya
Lindi
Njombe Njombe Lindi
Mtwara Mtwara
10 Songea 10
Songea

30 32 34 36 38 40
30 32 34 36 38 40
Longitude (E) Longitude (E)

c) d)
Changement de la température moyenne annuelle d'ici à 2075 Changement de la température moyenne annuelle d'ici à 2100

Bukoba
Lattitude (S)

Bukoba
Lattitude (S)

Musoma Musoma

Loliondo
2 2
Loliondo Mwanza Arusha
Mwanza Kibondo Moshi
Arusha Moshi Kilimanjaro
Kibondo Shinyanga Same
Kilimanjaro Kondoa
Shinyanga Same Kigoma Singida
4 Kondoa 4 Tabora Tanga
Singida Pemba
Kigoma
Tabora Tanga
Korogwe
Pemba Dodoma Zanzibar
Korogwe
Dodoma Mpanda
Zanzibar Morogoro Dar es Salaam
6 Mpanda 6
Morogoro
Iringa
Dar es Salaam Sumbawanga Utete Mafia
Iringa Mafinga
Sumbawanga Utete Mafia
Mafinga Mahenge
Mbeya
8 Mahenge 8
Mbeya Njombe

Njombe Lindi
Mtwara
Lindi
Songea
Mtwara
10 Songea 10

30 32 34 36 38 40 30 32 34 36 38 40
Longitude (E) Longitude (E)

Source: CEEST, 2014

8 International Food Policy Research Institute 9

https://www.frstrategie.org/barreCompetences/e
nvironnement/doc/ogl_08.pdf
Partie 1 25
Au Kenya, par rapport aux Nord-Est et côtières du territoire
moyennes de 1961-1990, la
température moyenne annuelle exacerbera les caractéristiques (entre 0,5 et 1°C) dans les zones à
augmentera entre 0,8 à 0,9°C à climatiques kenyanes ; les hausses fort potentiel agricole (figure 6).
devraient être les plus prononcées

Figure 6: Changement de la température moyenne quotidienne maximale moyenne mensuelle en Afrique de l'Est pour le
mois le plus chaud, 2000-2050, le scénario A1B (°C)

<-1
-1 à -0.5

-0.5 à 0

0 à 0.5
0.5 à 1

1 à 1.5
1.5 à 2

2 à 2.5
2.5 à 3
3 à 3.5

> 3.5

CNFM-CM3 CSIRO Mark 3

ECHAM 5 MIROC 3.2 résolution moyenne

Source: à partir de Jones, Thornton et Heinke (2009) in Waithaka et al., 2013.

26 Gestion des risques climatiques


3.2. Tendances et baisse des précipitations pour énergétique aux combustibles
Sahel Ouest (4 modèles sur 6 naturels, etc.
évolutions de la
pluviométrie Concernant la distribution de la
à la période 1961-1990
pluviométrie au Sénégal, elle
(CRA/CILSS, 2007).
Les précipitations restent la variable connait une très forte hétérogénéité
climatique la plus difficile à prévoir, à la fois spatiale et temporelle,
surtout dans le contexte ouest- assujettie aux caractéristiques de la associée à un gradient nord-sud.
africain marqué par de très fortes Mousson Ouest Africaine. Les Les indices pluviométriques de
variabilités intra et interannuelle. fluctuations nord-sud du Front
Outre cette difficulté lié à la nature intertropical (FIT) procède de climatiques démontrent la présence
même de la mousson ouest-
africaine, il faut reconnaître que climatiques de la zone aride et Depuis 1968, les stations du
cette zone manque cruellement de semi- Sénégal sont périodiquement
frappées par des sécheresses aux
La variabilité spatio-temporelle des
phénomènes climatiques. Les conséquences dramatiques sur les
pluies au niveau des régions
modèles climatiques ne convergent systèmes de production (Leroux et
soudano-
pas sur les tendances futures des Sagna, 2000). Les cycles de
sécheresse sont matérialisés par la
En effet, moins des 2/3 des translation vers le Sud des
monde (IPCC, 2007). La
modèles climatiques concordent isohyètes par rapport à la normale
pluviométrie au Sahel se singularise
sur le sens de la variation des pluies 1931- -
par une très forte variabilité
temporelle et spatiale, avec une
qui concerne les tendances mm, par
tendance à la baisse depuis le
générales, le GIEC (2007) prévoyait, milieu des années 1960. On estime
malgré la divergence des modèles km vers le Sud, fragilisant ainsi les
le déficit entre 50 et 80%, selon les
climatiques et les incertitudes cultures pluviales dans toute la
années et les stations, les années
élevées, une légère baisse des partie nord du pays.
1970, 1984 et 2001 ayant été
précipitations (5 à 10%) pour la géographique de la sécheresse
particulièrement déficitaires. Ces
partie Ouest et une légère évoquée par Sircoulon (1976) est
fluctuations pluviométriques ont un
augmentation (5 à 15%) pour la confirmée par Le Borgne (1988) qui
caractère drastique dans les
partie Est. Ces résultats à travers la figure 7, illustre bien
régions sahéliennes avec
corroborent ceux du CRA/CILSS notamment les sévères
trouvés sur la zone sahélienne qui translation des isohyètes issus des
sécheresses observées (Hubert et
montrent une faible augmentation normales pluviométriques 1931-
Carbonnel, 1987; Sircoulon, 1987),
des précipitations pour le Sahel 1960, 1951-1980 et 1961-1990
la dégradation et les pertes de
Central (4 à 5 modèles sur 6 utilisés (Dacosta et al., 2002).
terres, la pression démographique
selon les scénarios) et une faible ainsi que la dépendance

Figure 7: Cartes des isohyètes des normales pluviométriques 1931-1960, 1951-1980 et 1961-1990

Source: Dacosta et al., 2002

Partie 1 27
La pluviométrie a baissé de 30% 132 milliards de m3 après 1970, Pendant la dernière décennie 2001-
depuis les années 1950 sur soit une perte de ¼ des volumes
annuellement précipités (Ndiaye, positionne bien au-dessus du 12e
cette baisse atteint 50% tandis 2009). -delà du
-est à Kédougou elle se 14e. Pourtant, son tracé était
Mais, depuis 2000, on observe une
chiffre à 7% (CSE, 2010). Au cours nettement incurvé en dessous du
légère reprise de la pluviométrie,
des 20 dernières années, les 12e parallèle au cours de la
dans presque toutes les stations du
cumuls de la saison pluvieuse sont période 1981-1990. Durant la
Sénégal. Cette reprise ne peut
restés relativement stables mais décennie 1991-2000, son léger
cependant être assimilée à un
sont de 15% inférieurs à la glissement du Sud vers le Nord est
moyenne1920-1969 (Funk et al., la conséquence de conditions
. Plus que les
2012). A quelques exceptions près, pluviométriques favorables (figure
hauteurs de précipitation, ce sont
les déficits pluviométriques varient 8). En définitive, il ressort une légère
les intensités des pluies qui ont
entre 20 et 40%. Pour un pays dont reprise de la pluviométrie au cours
fortement augmenté, contribuant à
ssentiel du territoire se situe en des trois dernières décennies de la
zone sahélienne, une réduction des normale 1983-2012 par rapport
les grands centres urbains du
aux décennies antérieures. Cela
Sénégal.
aura des conséquences amène à supposer que le
importantes sur les disponibilités en Au niveau du Burkina Faso la relèvement des températures induit
variabilité de la pluviométrie, dans une amélioration de la pluviométrie
(République du Sénégal, 2010). à travers les fortes évaporations,
Dans les années à venir, on peut appréhendée à partir de la lesquelles participent au
fluctuation des isohyètes 600 et renforcement de la capacité
900 mm qui constituent les limites
40% qui va lourdement impacter la de transition respectives entre les la formation de nuages pour
disponibilité en eau. Les apports trois domaines climatiques du pays:
pluviométriques sont passés de sahélienne, soudano-sahélienne et atmosphériques.
176 Milliards de m3 avant 1970 à soudanienne (PANA, 2007).

Figure 8: Migration décennale des isohyètes 600 et 900 mm au Burkina Faso

Longitude (°)
-6 -5 -4 -3 -2 -1 0 1 2 3

MIGRATION DES ISOHYETES 600 mm et 900 mm


15 15

66000
6000 DORI
14 14
600
OUAHIGOUYA
60 60000
6000 6
600
BOGANDE 600
13 13
Latitude (°)
Latitude (°)

900
DEDOUGOU
OUAGADOUGOU
90
90 90900 0 FADA NGOURMA
12 0 0 900 12
BOROMO
900

BOBO-DIOULASSO PO
900
11 90 90 11
0 0
Légende
GAOUA
1961-1970
10 1971-1980 10
1981-1990
1991-2000
Source: Direction de la Météorologie
2001-2009
9 9
-6 -5 -4 -3 -2 -1 0 1 2 3
Longitude (°)

Source: Direction de la météorologie du Burkina Faso

28 Gestion des risques climatiques


On constate globalement une stagnation (Thiombiano, 2000 ; peut ne pas aboutir certes, à des
fluctuation des totaux annuels tout Traore, 2005).
au long de la période 1960-2012 précipitée, mais pourrait entraîner
Au niveau du Kenya, les scénarios
des inondations épisodiques. Ces
climatiques montrent que les
phases sont observables pour projections peuvent avoir des
précipitations annuelles vont
toutes les stations: implications profondes sur la
augmenter de 7,0 à 9,7% et de
fréquence ou la gravité des
13,3 à 18,8% respectivement en
annuellement recueillies entre 1960 inondations et des sécheresses. En
2030 et 2050. Plus au nord du
et 1982 ; puis une reprise entre général, les projections des
Kenya, la pluviométrie annuelle
précipitations indiquent une
moyenne devrait augmenter de
la dynamique des trois dernières augmentation des précipitations à
décennies, la tendance travers la partie équatoriale et les
pour 2050 (figure 9). Toutefois, ces
pluviométrique est à la hausse pour régions du nord du Kenya (DFID,
régions sont généralement arides et
la quasi-totalité des stations à 2009).
semi-
augmentation de la pluviométrie
Dioulasso qui accuse une

Figure 9: Scénarios climatiques au Kenya

Source: DFID, 2009

Partie 1 29
Figure 10: Changement dans les précipitations annuelles moyennes en Afrique orientale, 2000-2050 selon le scénario A1B
(millimètres)

<-400

-400 à -200

-200 à -100
-100 à -50

-50 à 50
50 à 100

100 à 200

200 à 400

> 400

CNRM-CM3 CSIRO Mark 3

ECHAM 5 MIROC 3.2 résolution moyenne

Source: Jones, Thornton, and Heinke (2009) in Waithaka et al., 2013.

30 Gestion des risques climatiques


4. Types et impacts des socioéconomiques des zones thermiques sévères pouvant
arides et semi-arides: handicaper sérieusement la
risques climatiques productivité végétale et
 la variabilité accrue des
Au regard des émissions globales, animale.
précipitations et de ses
caractéristiques (nombre de Ces différents risques rendent de
jours de pluie, date de plus en plus aléatoire et/ou difficile
début, longueur de la la planification des activités
moins de 4 pour cent des saison) qui peut se traduire socioéconomiques et la mise en
émissions de GES produites à par une brusque alternance place des infrastructures.

comparatives sur les émissions de Outre ces extrêmes climatiques,


sèches ;
GES par personne révèlent que les des risques localisés sont notés.
européens et les américains  une saison des pluies On peut citer par exemple les
écourtée corrélativement au vagues de froid qui accompagnent
émettent respectivement environ 50
à 100 fois et 100 à 200 fois plus retard de son installation ; certains types de précipitations.
que les africains (Thiam, 2009). Au 
regard des conséquences occurrences des séquences surviennent en saison sèche,
engendrées par la variabilité et le sèches pouvant survenir à
changement climatique, il apparait notamment durant la période froide.
que les populations africaines sont Les pluies enregistrées entre le 09
et le temps au cours de la
beaucoup plus vulnérables que et le 12 janvier 2002 au Sénégal ont
période actuelle ;
un caractère exceptionnel par leur
baisse tendancielle de la  une tendance à la hausse intensité et par leur étendue
des pluies maximales atteignant 115,8 mm à Podor par
traduite par des extrêmes cumulées en peu de jours exemple. Ces pluies constituent
climatiques, avec des consécutifs, hausse qui des records jamais observés au
conséquences désastreuses sur les
ressources naturelles, les activités regard des conclusions du Dakar le maximum absolu a été
agricoles et pastorales, etc. Même GIEC sur le changement observé le 14 janvier 1979 avec
si un retour des hivernages pluvieux climatique et engendrer des une hauteur de 34,9 mm. Etant
a été enregistré dans certaines dégâts et pertes importants donné leur origine, elles sont plus
zones, les volumes de sur les systèmes socio- fréquentes au nord semi-aride.
précipitations enregistrés économiques (cultures, (Wade, 2008).
annuellement demeurent inférieurs infrastructures) et humains. Pour devenir un véritable outil
aux totaux des années 1950. Il peut paraître paradoxal
que les changements des risques climatiques requiert des
climatiques puissent à la
4.1. Inventaire des fois intensifier les pluies et
scénarios climatiques plus
différents types de robustes, étayés par des
aggraver les risques de modélisations du climat à la
risques climatiques sécheresse. En fait, la résolution affinée notamment entre
dans les zones 90 et 100 km dans les travaux
arides actuels (Wanneau et Gemenne,
mais ces pluies sont plus 2013).
violentes et les épisodes de
tendance de la variabilité de la
sécheresse sont plus 4.2. Impact des risques
longs ; climatiques
pluviométrie est soumise à
plusieurs incertitudes. Parmi ces  les vents secs et violents
incertitudes on peut citer la nature associés à des pluies très
rares et qui empêchent une la mesure des conséquences de sa
et les seuils critiques des
évènements extrêmes, la fréquence humidification suffisante des manifestation sur un territoire donné
de ces extrêmes selon les régions, sols, rendant difficile le et/ou dans un secteur donné
la précision des données utilisées, développement de toute vie (PCET, 2014). Les impacts des
les résultats des simulations végétale ; risques climatiques peuvent être
mathématiques avec la propagation exprimés en termes « bruts » (une
 enfin, la hausse actuelle
sans équivoque des endommagés ») ou en termes
températures observées financiers (une quantification
plusieurs grands risques selon les prévisions du
climatiques majeurs pour le monétaire des dommages aux
GIEC et qui engendrerait enjeux). Des problèmes en rapport
développement des activités des situations de stress avec le capital naturel et/ou le
Partie 1 31
capital humain ou une évolution impacts de ces catastrophes régime des événements climatiques
brutale des conditions du marché naturelles sont plus dévastateurs et extrêmes en termes de fréquence
peuvent en principe affecter tout le durables dans les pays en
monde (PCET, 2014). développement. En effet, entre
En termes absolus, les pertes
1970 et 2007, 90% des
Le réchauffement climatique est économiques dues aux
catastrophes les plus dévastatrices,
es plus catastrophes naturelles sont les
selon leur indice de nombre de
sérieux pour le développement plus importants dans les pays
victimes, a eu lieu dans les pays en
durable de notre planète et, à long développés, en pourcentage du
développement (Hochrainer et al.,
produit intérieur brut (PIB) ;
2009)
cependant, les catastrophes
compter avec dix aspects majeurs Des études conduites par le infligent des pertes proportionnelles
durant les prochaines années. Il CRED/UNISDR (2006) ont montré plus importantes aux pays en
de: (i) une évolution croissante et rapide développement. Une catastrophe
8°C de la du nombre de catastrophes naturelle majeure dans un pays
; (ii) une naturelles à travers le monde. Ce industrialisé aura un impact mineur
accumulation des gaz à effet de nombre est passé de 50 en 1975, à sur le PIB (par exemple, l'ouragan
200 en 2000 à plus de 350 en Katrina en 2005 a entraîné une
"extrêmement probable10" ; (iii) la 2005. En 2012, il y a 905 baisse du PIB de 1,1% aux États-
catastrophes naturelles dans le Unis); à l'autre extrême, les petites
un mètre ; (iv) une fréquence accrue monde entier et 93 % de ces nations insulaires peuvent subir des
des événements climatiques catastrophes étaient liées au climat: dommages et intérêts représentant
extrêmes ; (v) une insécurité 45 % étaient météorologiques, plusieurs fois leur PIB annuel
alimentaire exacerbée ; (vi) 36 % hydrologiques, 12 % (Kunreuther et Michel-Kerjan,
climatologiques et 7 % des 2008).
sanitaires phénomènes géophysiques. Des
es ; études récentes indiquent que les
du Sahel en particulier, subissent
(viii) une plus grande prévalence inondations, les cyclones ou les
des rivalités et des conflits ; (ix) une sécheresses sont plus fréquents
des années 70 et 80, les effets de
hausse du coût économique que d autres phénomènes
fortes pluies et des inondations
météorologiques extrêmes (Nelson,
dévastatrices. Les dommages et
gouvernements ; et (x) un 2013, World Bank, 2012) dans les
pertes liés à ces événements
changement nécessaire du modèle régions arides ou semi-arides.
hydro-climatiques extrêmes ont été
énergétique actuel.
Ces événements seront de plus en évalués à plusieurs centaines de
Des épisodes extrêmes plus intenses et surtout de plus en milliards de francs. En outre, ces
événements ont perturbé les
de sécheresse, Les extrêmes pluviométriques systèmes humains, les systèmes
agricoles et les infrastructures
côtière économiques (encadré 3). Ils
entravent la disponibilité,
Entre 80 et 90 % des catastrophes changement climatique renforçant
naturelles sont liées à des ainsi le cycle condensation-pluie-
événements hydro climatiques tels ruissellement. On peut donc alimentaires et entraînent la hausse
que les sécheresses, les fortes des prix sur les marchés. Ils ont
pluies, les inondations (OMM 2006). venir à des situations contrastées,
Or, selon le GIEC (2007), il est très alternées de sécheresse et psychologiques importants
vraisemblablement (probabilité > notamment sur les groupes les plus
90) établi que les événements de vulnérables. Ces événements
fortes précipitations, les inondations des catastrophes hydro-climatiques pourraient
dévastatrices et les vagues de (UICN, 2004). Les observations ont plus fréquents dans ce contexte de
chaleur continueront à devenir plus ainsi montré au cours des 50 changement climatique.
fréquents dans le monde. Il dernières années, des
convient de noter, en outre que les changements significatifs dans le

10 Cela signifie, dans le jargon du GIEC, une


probabilité supérieure à 95%.
32 Gestion des risques climatiques
Encadré 3: Conséquences de phénomènes
hydro-climatiques extrêmes récents survenus

2005: entre le 16 et le 22 août, Dakar a enregistré 367 mm de pluie, soit

s en banlieue et celle de la route


nationale 1.
2007:
ans, avec des conséquences dramatiques (33 morts au Burkina Faso, 23 au
Togo, 46 000 déplacés dont 26 000 au Burkina Faso et 14 000 au Togo).
Au Burkina Faso, 17 689 ha de cultures ont été inondées, avec des pertes

niveau de 55 barrages.
2009: les fortes pluies ont entraîné des inondations au Burkina Faso.
Ouagadougou et ses environs ont enregistré entre le 1er septembre et le 2
septembre 2009 une pluie cumulée de 263 mm Ces précipitations sont
130% supérieures au 90ème percentile (pluies extrêmes). Elles ont causé
plus de 150 000 sinistrés et 8 morts, ainsi que la destruction de plusieurs

pays.
Source: http://www.cilss.bf/fondsitalie/download/down/specialChC.pdf

Champ inondé par la remontée des eaux du fleuve, (Senegal)


© IED Afrique
33
Par ailleurs, le nombre des saisons épargnée par ces évènements. Une 2000, à une situation de stress
extrêmement humides est appelé à hausse exponentielle du nombre hydrique élevé permanent en 2010-
2015 avec une demande en eau
les vingt ans à la fin du 20e siècle à fortes pluies a été observée. Ce atteignant 69,7% du volume
une fois tous les cinq ans dans le utilisable en année normale et
prochain siècle (Christensen, et al., moyenne à moins de 2 par an avant 141,9% en année très sèche. De
2007). Ainsi, selon FAO (2007) la 1990 à plus de 8 voire 12 par an au
possibilité que les récentes cours des années 2000. localités ont été sévèrement
inondations au Sahel et en Afrique touchées par les inondations. Le
tableau ci-dessous donne un
situation de stress hydrique modéré
conséquence du changement aperçu non exhaustif des dégâts
en année normale, moyen en année
climatique doit être prise au sérieux. matériels et humains dus aux
très sèche au début des années
inondations.

Tableau 2: Impacts des inondations au Burkina Faso de 1988 à 2009

Années Nombre Nombre Nombre Nombre Superficie Nombre de


de sans de décès de blessés De maisons inondée (ha) Barrages/Ponts
abri éboulées détruits

1988 23 324 16 - 1 144 - Inconnu


1992 5 485 6 - 3 133 - 14
1994 74 080 22 4 21 000 106 164 18
1999 51 342 6 18 2 188 - Inconnu
2009* 150 000 8 - 24 000 9 300 12

Source: PANA, 2007

De manière générale, les coûts de environ 82 milliards de FCFA soit dramatiques, notamment: (i) des
ces inondations estimés à plusieurs 2% du PIB du pays. (Rapport FMI, inondations et déplacements des
milliards de dollars US sont 2010). marais et des zones côtières
nettement dans certains cas,
Des études récentes indiquent que
supérieurs aux coûts liés à
les inondations, les cyclones ou les
(ii) la perturbation de
sécheresses sont plus fréquents
entre 2000-2008, les montants des rovisionnement en eau douce,
dommages liés aux inondations
météorologiques extrêmes dans
des estuaires, des deltas et des
les régions arides ou semi-arides
estimés entre 39 et 80 milliards de autres ressources en eau douce
(Nelson, 2013, World Bank, 2012).
dollars US, respectivement pour le
En Afrique, de 1900 à 2014, les
scénario minimal et maximal. Selon salés dans les zones côtières et
dommages économiques totaux de
le PNUD et le Fonds de la durant des périodes de sécheresse
la sécheresse sont estimés à 2 984
Facilitation Mondiale, pour la prolongées érosion des zones
593 USD. Dans la corne de
prévention des risques et côtières résultant des inondations
catastrophes et de relèvement, les fréquentes qui mettent en danger
(2008-2011) a laissé près de 13,3
dommages et pertes au cours de les plages de sable dans les
millions de personnes confrontées
régions estuariennes et deltaïques
à des pénuries alimentaires et
milliards de FCFA dont 35,5
causé des pertes totales estimées à
milliards uniquement pour Dakar. dans la sédimentation, consistant
12,1 milliards USD au Kenya
En 2014, le plan ORSEC et le soit à une augmentation, soit à une
(République du Kenya, 2009).
programme décennal de gestion diminution du volume des
des inondations (PDGI) avaient sédiments du fait des inondations
couté 700 milliards de FCFA niveau de la mer pourrait atteindre (encadré 4).
(GFDRR 2014). 50 cm (entre 5 et 95 cm) de plus
Au Burkina Faso, les coûts
élévation du niveau de la mer
financiers des inondations de
entraînera selon Simon (2011) une
septembre 2009 ont été estimés à
série de conséquences
34 Gestion des risques climatiques
Encadré 4: Menaces sur le littoral sénégalais
A. Le littoral sénégalais: clé du développement du pays
 Population: 54% de la population sénégalaise vit sur la bande littorale / urbanisation rapide
 Économie de la zone littorale essentielle mais fragilisée
 Agriculture:
cultivables
 Pêche:
 Tourisme représentant 7% du PIB en crise (division par deux des entrées)
B.
changement climatique
 Pression croissante sur un milieu naturel très vulnérable (pression foncière, dégradation de la
biodiversité et des RNL, problèmes de gestion des ressources en eau, de pollution industrielle, etc.)

signalés dans presque toutes les villes côtières: (i) région de Dakar, les populations menacées: 174
000 à 730 000 personnes ; (ii) estuaire du Saloum (Kaolack, Fatick et Foundiougne): 74 000 et 847
000 personnes ; (iii) recul du trait de côte dans les zones affectées est estimé à un à deux mètres par
an en moyenne

Source: Anne Simon, 2011.

Pour ce qui concerne des arrivées est estimé à 200 000


spécifiquement le phénomène de par an sur un total moyen d'environ
800 000 au niveau national soit un
particulièrement préoccupant dans quart des arrivées totales au
la mesure où il occasionne, en Sénégal. Le coût de
même temps, la plupart des autres l'investissement est estimé à un
phénomènes évoqués, des peu plus de 110 milliards de francs
déplacements de populations et CFA (200 millions de $ US) dont 7
des impacts visibles sur les milliards pour les infrastructures de
activités comme le tourisme et la base. Celles-ci ont été financées
pêche. grâce au partenariat public-privé.
Malgré ces efforts, la zone de Saly
Le tourisme, deuxième pourvoyeur
Portudal, principal site touristique
de devises, deuxième employeur,
contribuant à hauteur de 7% au
une érosion côtière intense
PIB, est très exposé aux effets
négatifs du changement climatique,
la destination Sénégal. Les
du fait de son caractère
essentiellement balnéaire.
manifestent par des destructions
touristique pour le Sénégal à partir
pouvant nécessiter de nombreuses
des données fournies par le
relocalisations (République du
Ministère du tourisme concernant
Sénégal, 2006).
les entrées (toutes frontières
confondues) sur la période allant de
2003 à 2011 montre que le
nombre de touristes est passé de
667 000 à 992 000. On a noté une
tendance à la hausse de 2003 à

station de Saly Portudal, le nombre


Partie 1 35
n côtière se traduit par la Programme National Intégré de
destruction des infrastructures

Sénégal, a estimé que dans la


certains secteurs comme la zone rég
de Mbour-Saly qui est dévolue au populations menacées est compris
tourisme balnéaire (CSE, 2004 ; Sy entre 174 864 et 730 249 habitants
et Ndiaye, 2012). La Petite Côte (ANSD, 2009). En ce qui concerne
est dévolue au tourisme balnéaire les populations menacées dans

la Petite Côte (SAPCO) qui gère la estimées entre 74 587 et 847 191
zone de Saly Portudal. Cependant, (CSE, 2010).
avec un taux de recul de la ligne de
Dans un autre registre, pendant le
rivage variant entre 1 et 2 m par an
milieu des années 1980, les pertes
pour les plages sableuses (Dennis
économiques engendrées par les
et al., 1995 ; Niang-Diop, 1994),
sécheresses ont été estimées à
Les jeunes ruraux, cette zone littorale est très peu
plusieurs centaines de millions de
découragés par les appropriée à ce type de tourisme.
dollars US (Tarhule et Agneau,
effets négatifs des ont perdu leur emploi suite à la
2003). Les sécheresses ont
aléas climatiques fermeture du domaine du Nianing.
principalement affecté le Sahel, la
répétés, migrent dans méridionale, en particulier depuis la
les villes à la fin des années 1960. Les
perdu 38 emplois permanents, 33
formations naturelles ont subi de
saisonniers et 22 journaliers.
rémunérateurs. Cette profondes modifications, dues
situation pourrait
aux sécheresses successives et
engendrer, à moyen résidences et 300 commerces.
surtout aux activités humaines
et long termes, de Outre les infrastructures hôtelières, (Sanogo, 2012). La dégradation de
sérieuses menaces les collectivités locales, les
sur le développement habitations et les infrastructures de
pêche sont également affectées population urbaine qui engendre
agricole local et une demande plus élevée des villes
national et sur la côtière. Chaque année, les
infrastructures hôtelières versent soudano-sahélienne occidentale
800 000 FCFA de taxe à la est la zone la plus touchée, alors
commune de Saly. Cette dernière que les ressources forestières y
profite aussi des services sociaux sont déjà fortement limitées.
de base installés par la SAPCO
(eau, assainissement, électricité,

risque de perdre cette manne


financière et ces investissements. Il

du domaine maritime, les


constructions sans études
préalables, le prélèvement de sable
marin qui vont nécessairement
accentuer la vulnérabilité de la côte
face aux conséquences de

consécutif au réchauffement global.


Ailleurs, les conséquences qui
découlent de ces processus sont
multiples et demeurent très
complexes. Par exemple, dans le

36 Gestion des risques climatiques


Le climat et la effet, elle est le secteur de récurrence des tempêtes,
l'économie le plus directement lié inondations et sécheresses (Mirza
production agricole et Shahid, nd). Les études récentes
montrent que du fait du
température comme input. Par changement climatique, les récoltes
dans le développement des pays
conséquent, tout risque de ont globalement diminué de 30%
semi-arides est reconnue depuis
changement climatique est (Lead, 2008). Il faut signaler que
des années. En effet, selon le
secteur
rapport de la banque mondiale
économique du pays, représentant
(2008), les pauvres se trouvent
gestion du risque climatique 21% au PIB et employant 43% de
surtout dans les zones rurales et
la force de travail (Lead, 2008)
dépendent pour la plupart de
déterminants du processus de parmi laquelle les femmes sont
riculture. Cependant, cette
pauvreté, car elle affecte majoritaires.
agriculture pratiquée en majorité
directement la performance du
par de petites exploitations C'est ainsi que l'impact du
secteur agricole dont dépend la
agricoles, peine encore à jouer son changement climatique au Pakistan
grande majorité des ménages
rôle à cause d'une multitude de affecte beaucoup plus les femmes,
pauvres dans les zones arides et
risques dont la semi-aridité du qui produisent entre 60 et 80% de
semi- n, la
climat, la dépendance à la la nourriture consommée dans les
sécheresse de 2002-2003 en Inde,
pluviométrie et son caractère foyers. Par contre, si 67% des
avec une baisse de 19% des
extensif (Kurukulasiya et femmes exercent une activité liée à
Mendelsohn, 2008). Ainsi, si toutes
baisse de 3,1% du PIB du secteur
les activités économiques sont une terre. Ainsi, 70% des pauvres,
agricole (Fouillet, 2007).
qui sont de loin les plus vulnérables
Au Pakistan, le changement aux dommages causés à
particulier du fait des nombreux climatique accroit la vulnérabilité du
risques auxquels elle fait face. En secteur agricole à travers la (Zahur, 2009).

Inondation au Pakistan
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Partie 1 37
Au Tadjikistan, il est connu que extrêmes comme les inondations, pluviale devraient être réduits
l'agriculture irriguée dépend les sécheresses fréquentes, graves
totalement de la disponibilité de conséquent, ceci affecte la sécurité
l'eau, qui connaîtra un déficit alimentaire et aggrave la
substantiel dans un avenir à long sont de plus en plus communs malnutrition. Il est également prévu
terme. Les estimations montrent dans la majeure partie de la
que, dans les 20 prochaines Tanzanie et le Kenya. Dans la augmentation de 5 à 8% des terres
années, le débit des principaux majeure partie des zones arides et arides et semi-arides en Afrique
cours d'eau tels que l'Amou-Daria semi- due, entre autres facteurs, à la
et le Syr Darya sera probablement note une variation saisonnière des sécheresse (GIEC, 2014).
réduite de 20 à 30% du fait du pluies, une diminution de la quantité
déclin économique de toute la des précipitations et une hausse
et du Sahel est dominée par les
région d'Asie centrale (GIEC 2007). des températures. Parmi les
activités agricoles qui contribuent,
Il est secteurs qui seront gravement
de façon significative, à
climatiques futurs, l'agriculture touchés par les changements
irriguée sera de plus en plus climatiques en Tanzanie et au
création de la richesse globale et à
menacée. Le secteur agricole subit
de plein fouet les impacts néfastes
revenus. Plus de 60% de la
du changement climatique. Le pays
population active de cette sous-
est constitué à 93% de montagnes
La forte croissance démographique région tire du secteur agricole la
qui limitent considérablement ses
majeure partie de ses moyens
terres arables et habitables. Cette
topographie, couplée avec une
secteur agricole constitue le
forte dépendance du pays à
alim
l'agriculture et l'hydroélectricité
(2013) ont estimé que les la sous-région. Même si une
(respectivement 25% du PIB et
changements climatiques certaine diversification de
98% de la production totale
pourraient exacerber cette
d'énergie,) le rendent très
depuis quelques années
vulnérable au changement
adaptation était essentielle pour (transformation des produits
climatique. Les moyens de
permettre une croissance agricoles, exploitation minière,
subsistance ruraux qui permettent à
économique durable en Afrique de artisanat, commerce, transport et
la majorité de la population de
ntes tourisme), celle-ci est encore
survivre sont touchés négativement
(Waithaka et al., 2013;Odera et al., dominée par les exploitations
par les changements climatiques à
2012 ; Kilembe et al., 2012),
travers la dégradation des terres
des revenus de la population rurale
arables du fait de la perte de fertilité
(Faye et al., 2007).
des sols et la salinisation, le
surpâturage et la dégradation des ique de
changements climatiques auront
pâturages, la dégradation des
des effets négatifs sur les
forêts en raison de l'exploitation
rendements du blé, du soja, du
forestière illégale et des incendies,
sorgho et du riz irrigué. Les baisses
l'érosion des terres productives, compris les jachères de longue
de productivité varieront de 5 à
(glissements de terrain, coulées de durée, dont seulement 60 millions
20 % selon les cultures, le riz irrigué
boue et les tempêtes de vent) et la sont actuellement mis en valeur. À
étant le plus touché.
baisse de la disponibilité de l'eau. ce potentiel de terres cultivables
Les rendements des cultures dans En Tanzanie, le changement (figure 1
certaines régions du pays vont climatique devrait progressivement
baisser de 30% en 2100, augmenter la variabilité localisés en zone sahélienne et
provoquant des changements dans interannuelle des récoltes dans de sahélo-soudanienne (FAO, 2011). Il
la culture et la qualité du fourrage et nombreuses régions. Les effets les existe également une grande
de la propagation des ravageurs et plus significatifs seront, cependant, diversité des écosystèmes ; ce qui
des maladies (Banque mondiale, des changements au niveau du est une source potentielle de
2013). Les impacts seront calendrier et de la durée de la diversification de la production qui
croissance des cultures et permettrait non seulement de
comme le manque de financement, valoriser les avantages comparatifs
les capacités techniques et les dans les régions où les de la sous-région, mais aussi de
infrastructures obsolètes. précipitations diminuent ou quand
ces dernières sont inférieures à sous régional fondé sur les
complémentarités écologiques.
les amplitudes des événements
38 Gestion des risques climatiques
Figure 11: L

Au Sénégal, la baisse de la inondations, attaques acridiennes) ; contribution subit de graves


production agricole, notée au cours (ii) aux épidémies et (iii) à la menaces découlant des effets de la
de ces 20 dernières années, est liée variabilité des prix (produits et variabilité et du changement du
à celle de la pluviométrie (RNDH, climat (encadré 5).
atique qui
pèse sur la moitié septentrionale du alimentaire en milieu rural serait de
39,7% (PAM, 2003). Au niveau de
la faiblesse des précipitations et de
la brièveté de la saison pluvieuse, vulnérables, sont ceux qui ne
elle est surtout le résultat de
consomment et dépensent 59% de
des pluies. La mesure dans laquelle
les agriculteurs seront touchés par
le changement climatique dépendra couverture des besoins céréaliers,
de leur emplacement ainsi que de les ménages agricoles non
leurs capacités à s'adapter. Jalloh autonomes du fait de la conjoncture
et al., (2012) notent des impacts liée aux campagnes agricoles,
différents sur la superficie cultivée, représentaient 35,20% en 2006, en
le rendement à l'hectare et la baisse par rapport aux trois années
production totale selon les précédentes (République du
spéculations à l'horizon 2050. Pour Burkina Faso, 2009). Au niveau de
le mil, l'arachide et le sorgho, ils -éleveurs à
notent une augmentation de la cultures vivrières et élevage à cycle
production totale, la superficie court, sont considéré comme
cultivée et le rendement à l'hectare particulièrement vulnérables en
dans tous les scenarios. Pour le situation de grande précarité
maïs, c'est plutôt une stagnation (République du Burkina Faso,
qui est attendue pour la superficie 2009).
allouée mais une augmentation de
La contribution du secteur agricole
la production et du rendement.
à la formation du PIB se situe en
Au Burkina Faso, les risques de moyenne à 35% et atteint même
vulnérabilité sont entre autres liés: (i) 60% du PIB national dans certains
aux aléas climatiques (sécheresses, pays (DPEE, 2011). Toutefois, cette
Partie 1 39
Encadré 5: C
Sénégal et du Burkina Faso
Au Sénégal, le secteur primaire emploie plus de 50% de la population active et contribue à hauteur de 15% à
la formation du PIB (14,7% en 2008, contre 12,9% en 2007). Cette évolution est à mettre sur le compte du
sous-secteur agricole qui a contribué pour plus de 50% à la formation du PIB du secteur primaire et du
dynamisme du sous-
sénégalaise se caractérise par une forte vulnérabilité face aux aléas climatiques structurels et conjoncturels
(DPEE, 2011).

valeur ajoutée du secteur primaire et 1,3% au PIB, contre respectivement 8,1% et 1,2% en 2010 (ANSD,

main- néré 16% du PIB.

qui occupe des superficies importantes. Toutefois,


cette spéculation connaît une baisse de la production depuis 2005. Ainsi, de 2006 à 2007, la production a
: (i) les aléas climatiques ; (ii) la baisse
des prix aux producteurs ; (iii) la hausse du prix des intrants ; et (iv) les retards de paiement des paysans.
Source:: Yaméogo, 2009

Repiquage sur le terrain, Mbentinky (Sénégal)


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https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/
40 Gestion des risques climatiques
Des études récentes du fourrager, une détérioration des ovins. Ces facteurs auront des
CILSS/AGRHYMET (Sarr et al., et la conséquences importantes sur
2007) ont montré que les recrudescence de maladies
rendements des cultures comme le animales climato-sensibles » exploitants agricoles et éleveurs. La
mil et le sorgho vont baisser de plus (BOAD, 2010). Toutefois, les rareté des espaces de pâturages et
10 % au Sahel dans le cas de températures élevées les contraintes sur les cultures
fourragères exerceront des
de + 2°C et de variations peu élevés par les petits fermiers, pressions encore plus fortes sur les
significatives des précipitations à principalement grâce à leur
résistance à la chaleur (Seo et
3°C engendrera une baisse de Mendelsohn, 2006). La changement climatique modifie la
transhumance du bétail devrait géographie agropastorale et induit
15 à 25 % au Sahel. Sarr et al. également augmenter. Les effets une répartition territoriale glissante
(2007) ont démontré que le du changement climatique et en des activités productives vers les
rendement moyen des cultures de particulier la fréquence des terres du Sud.
mil et de sorgho, base de phénomènes climatiques extrêmes
Devant ces contraintes, la demande
ations affecteront le bétail différemment
fourragère constitue une
sahéliennes, diminuerait entre 15 et suivant les années de sécheresse
opportunité de marche pour les
ou de fortes pluviométries (BOAD,
industries du secteur. Le marché
2010).
burkinabé des fourrages industriels
2008) montrent une baisse
Durant les années de fortes a vacillé entre des pics de forte
relativement importante de 5 à
pluviométries, les effets pervers demande au Mali et en Mauritanie
50 % des rendements des cultures
porteront sur la santé des animaux et des baisses marquées par des
avec la résurgence de certaines surproductions non vendues. Les
a baisse est plus
maladies et les pertes directes chocs climatiques sont sans doute
drastique (20 à 50%) dans les pays
en cause, ainsi que les variations de
sahéliens.
Les expériences dramatiques des la production cotonnière, mais une
Le sous- fortes pluies hors-saison étude plus poussée pourrait
également affecté par les risques enregistrées en janvier 2002 au documenter le cas échéant des
climatiques. Il est attendu des opportunités de marché que
différents changements des et brusque de température avec créeraient les effets du changement
conditions climatiques « une des minima de 14°C en moyenne climatique (tableau 3).
réduction drastique des pâturages, sur les zones concernées, ont
un déficit du bilan pastoral et décimé plus de 100 000 bovins et

Tableau 3: Liens entre risques climatiques et élevage en zone semi-aride

Risques climatiques Manifestations Impacts


Sécheresse Rétrécissement des Modification des parcours
pâturages Surpressions sur les ressources
Assèchement des points

Surexploitation des forages


Vague de poussière
Courte saison des Dégradation précoce des Qualité de la productivité animale
pluies pâturages Changement des dates de transhumance
Qualité des pâturages

Pause pluviométrique Entrave au développement


végétatif Baisse de la qualité des rendements
Baisse en quantité et en Baisse de la productivité laitière
qualité des pâturages Conflits inter-pasteurs
Problème de sécurité alimentaire
Baisse des revenues
Inondation Erosion hydrique Perte des pâturages
Inondation des pâturages Santé animale
Maladies hydriques
Paludisme

Partie 1 41
Dégradation des infrastructures et réduction de la
mobilité
Indisponibilité de produits laitiers

Pluies hors saison et Destruction des pâturages Mortalité humaine et animale


vague de froid Destruction du bétail
Vague de chaleur Poussière Accroissement de la morbidité
Vents de sable Pression sur les ressources
Vents violents Erosion éolienne Impacts sanitaires
Décapage de la couche Développement
arable respiratoire
Ensablement des Baisse de la productivité
pâturages

Source: PRESA/IED, 2014

Une sécurité alimentaire rémunérateurs. Cette situation d'élevage pose le défi de la sécurité
pourrait engendrer, à moyen et long alimentaire.
menacée termes, de sérieuses menaces sur
enjeux du
Les défis majeurs que le continent le développement agricole local et
changement climatique nécessite
africain doit relever sont entre national et sur la sécurité
de prendre pour point de départ les
alimentaire.
risques liés à la variabilité climatique
Selon le PNUD (2002a), les et la gestion des ressources
déclin des rendements agricoles,
sécheresses ont un impact
considérable sur la productivité les modifications attendues du
alimentaire des populations et des
agricole au Tadjikistan. Par climat pourraient les amplifier. Le
conditions de stockage et de exemple, la sécheresse de 2001- contexte agricole des zones semi-
distribution des produits agricoles.
2002 a entraîné une chute critique arides montre que de nombreuses
Avec le phénomène de
dans les rendements de 30 à 40% régions du monde seraient à la fois
changement climatique, ce défi se (Oxfam 2009 ; SNC, 2008) dans la très sensibles et très vulnérables au
révèle encore plus crucial. En effet, plupart des zones agricoles sèches changement climatique. Les
les secteurs économiques du Tadjikistan. La sécheresse de modifications attendues des
importants, notamment 2008, qui a été suivie par une crise températures et des précipitations
composée, conduit à la baisse des pour les prochaines décennies
sensibilité courante du climat et
cultures agricoles de 40% (IWPR, impliquent en effet une
enregistrent des impacts néfastes
2008). Les impacts des risques augmentation des besoins
considérables. Cette vulnérabilité sont généralement accompagnés
teurs, par d'autres facteurs physiques et réduction des ressources
en particulier la paupérisation
humains, qui comprennent le disponibles. Ces efforts de
croissante des populations, la manque de capacité d'adaptation
dégradation des écosystèmes, les pour faire face aux défis, l'irrigation
catastrophes naturelles, les conflits non durable et les mauvaises ressources naturelles.
techniques de plantation, le
aux marchés financiers, aux Face à la recrudescence de
manque d'engrais et de semences
infrastructures structurantes et aux l
résistantes au climat. Ces différents
technologies (GBAD, 2013). Gouvernement burkinabè et ses
aspects conduisent à un déclin de
partenaires se sont engagés dans
Septime (2008) a démontré que, de la production agricole dans le pays.
manière indirecte, les changements Par exemple, le Tadjikistan qui était
climatiques affectent la disponibilité grand producteur de fruits et
soutien aux populations vulnérables
de la main- légumes juteux en importe pour sa
aux crises alimentaires et
consommation. De nos jours, 50 à
nutritionnelles. Un conseil national
agricoles et le fonctionnement des 60% des produits agricoles,
de sécurité alimentaire a été mis en
unités de transformation agro- notamment les céréales, les fruits et
industrielle. Les jeunes ruraux, les légumes proviennent de la
découragés par les effets négatifs Chine, du Pakistan, de l'Iran, etc.
résilience et de soutien aux
des aléas climatiques répétés, (Mustaeva 2013). La perte de
populations vulnérables a permis
migrent dans les villes à la cultures agricoles et des produits
796 242 personnes
42 Gestion des risques climatiques
vulnérables dont 518 123 démunies ces investissements pour le capital le changement climatique devrait
et/ou victimes de catastrophe. A naturel. accroître la fréquence de ces
244 enfants phénomènes. Les économies de la
ciblés pour des actions préventives région sont fortement dépendantes
associés au capital naturel peuvent
ou de prise en charge de la des ressources naturelles. Le
tout autant affecter les entreprises
malnutrition aigüe. 59,13 milliards
de FCFA ont été mobilisés pour plus sensible à la dégradation des
les risques de catastrophe liés aux
conditions climatiques, malgré le
actifs. Avec le capital naturel, de
(CNSA, 2014). potentiel de ressources hydriques
nombreux risques générés au
Liens entre risques travers des investissements réalisés
35 milliards de m3/an dont dispose
par les entreprises sont externalisés
climatiques et capital et transférés par le biais de
le Sénégal (DEEC, 2006).
naturel mécanismes tels que le Au Burkina Faso, la capacité de
Le capital naturel fait référence à un changement climatique, la
ensemble de ressources naturelles dégradation des terres et la est estimée à un peu plus de 5
renouvelables et non renouvelables, surexploitation des ressources en milliards de m3 ; cependant en
incluant notamment les terres eau (UNISDR, 2013 ; OECD/FAO,
agricoles, les ressources 2012). A long terme, ces risques
halieutiques, les combustibles deviennent des risques partagés m3. En année moyenne, le pays
fossiles, les ressources forestières, reçoit environ 206,9 milliards de m3
les ressources en eau, la mais également en termes de
biodiversité et les minéraux. Outre (4,16%), infiltrations (15,66%) et
les contributions aux actifs, les ressources naturelles qui évaporation (80,18%). Les réserves
entreprises investissent également compromet les richesses des en eau souterraine sont évaluées à
futures générations (OECD, 2013) environ 402 milliards de m3 en
année moyenne mais peuvent
chuter à 268 milliards en année de
subsaharienne est une région
minière, au sein de pays qui sécheresse sévère.
caractérisée par la fragilité des
dispos ressources naturelles (deux tiers Le tableau 4 montre que les risques
sont constitués de déserts ou de climatiques actuels des régions
de comprendre les risques terres arides), très exposée aux arides ont des conséquences
éventuels que peuvent constituer sécheresses et aux inondations. Or, certaines sur les ressources en eau.

Tableau 4: Impacts des risques climatiques sur le capital naturel

Effets négatifs Effets positifs Impacts


Eau Changements de Transhumance allongée
souterraine comportement des
Réduction du volume des populations Incidences sur la santé
eaux de surface Mise en place de stratégies Augmentation du temps de travail
Tarissement précoce des pour une gestion rationnelle des femmes
eaux de surface de la ressource Modification des trajets de
Effet sur la disponibilité des Promotion de la recherche transhumance
ressources agronomique et des Reconfiguration du cheptel
Modification de la qualité biotechnologies Baisse des rendements agricoles
des eaux Promotion de la Gestion
Intégrée des Ressources
en Eau (GIRE)
Végétation Stress hydrique Politique de reboisement Baisse de la production agricole
Perte de biodiversité Amélioration du niveau de Insécurité alimentaire
Perte de fonctions vie des femmes (Niayes, Augmentation de la corvée des
écosystémiques, bois villageois) femmes
Migration des espèces Perte de revenus avec
végétales
ligneux
Pharmacopée

Partie 1 43
Sols Erosion Mise en place de stratégie Conflits fonciers
Dégradation physique et pour une gestion rationnelle Vente de terre dans les zones
chimique de la ressource périurbaines
Perte de fertilité Promotion de la recherche Réduction de la durée des
Baisse des rendements agronomique et des jachères
Réduction du potentiel de biotechnologies Conventions locales
terres arables Sécurisation foncière
Marginalisation de certains techniques de récupération
acteurs des sols
Source: PRESA/IED, 2014

Les impacts se traduisent par un de boue et de sédiments (eaux du pays, notamment orges,
tarissement précoce des mares, brunes). Des températures élevées amandiers, grenadiers, raisins,
et corrélées à une baisse des pommiers, poiriers, cerisiers et
Avec la transhumance, les précipitations au cours des mois pruniers. La biodiversité agricole du
ressources en eau des zones semi- déjà sèches dans les bassins Tadjikistan est donc importante
arides sont fortement exposées. En versants de la rivière tanzanienne pour les moyens de subsistance
effet, ces transhumants qui, à une pourraient affecter le débit annuel des communautés rurales, pour
des bassins hydrographiques et
contraints de quitter leurs zones de affecter enfin de compte des long terme des populations du
pâturage pour des horizons plus pays, mais aussi pour la sécurité
propices, occasionnent la production agricole (VPO-URT, alimentaire mondiale, notamment
2003). Toujours en Tanzanie, par au vu des défis majeurs posés par
passages. Ces facteurs de exemple, le débit de deux sur trois
vulnérabilité sont essentiellement à rivières a baissé en raison de la uniques sont actuellement
pluviométrie régionale en déclin, qui confrontées à de nombreuses
a eu des effets écologiques et menaces, dont le changement
développement de maladies économiques comme les pénuries climatique qui risq
hydriques. Ils peuvent également
occasionner des conflits sociaux. exercé sur ces agroécosystèmes
Aussi, la transhumance accentue la uniques.
pression sur les ressources en eaux pèlerins et de champignons, une
-arides, le
des sites de destinations et peut diminution de la biodiversité et une
Sénégal connait depuis quelques
créer des compétitions et des variabilité de la production
décennies une dégradation de plus
crises sociales entre migrants et
en plus poussée de ses ressources
sédentaires. 2005).
naturelles. En effet, cette
Le Tadjikistan abrite une dégradation est corrélée à celle des
fréquence et de la gravité des conditions climatiques qui
sécheresses provoquera une organisent sa distribution spatio-
diminution des apports en eau et plantes cultivées dans le monde11. temporelle (CSE, 2010). Le
réduit la productivité des cultures En effet, près de 50 % des plantes processus de dégradation des
menant à une famine généralisée cultivées sont indigènes, en terres a connu une amplification
particulier de nombreuses céréales considérable où l'on a constaté des
Int., 2010). Le Programme Africa et espèces de fruits communes. A déséquilibres écologiques majeurs
Mousoon Multidisciplinary Analysis se traduisant notamment par: (i)
(AMMA)) a trouvé que le débit des des déficits pluviométriques
rivières dans le Sahel a augmenté sont cultivées dans le pays pour la répétés ; (ii) une forte régression de
malgré la baisse pluviométrique. On consommation, le fourrage, des la couverture végétale ; (iii) une
appelle cela le paradoxe du Sahel. utilisations techniques et médicales dégradation accélérée des sols par
ou en tant que plantes érosion éolienne et hydrique
ornementales. A la richesse des (photos ci-dessous) et par les feux
dégradation du couvert végétal qui de brousse ; et (iv) la baisse du
entraine de très forts multitude de plantes sauvages des
ruissellements. Mais la qualité des cultures agricoles, concentrées des nappes phréatiques (FAO,
eaux montre des étendues charges dans les écosystèmes montagneux 2012).

11 ublication/financing-adaptation-action-FR.pdf
http://www.thegef.org/gef/sites/thegef.org/files/p
44 Gestion des risques climatiques
Ravinement causé par Dégradation des terres suite à la salinisation

© Cheikh Mbow

Cette dégradation des terres est démographique rapide (3% par an),

que le niveau de développement y dégradation des terres exerce une influent sur les récoltes (photos ci-
est très étroitement dépendant des pression accrue sur les ressources après).
ressources naturelles. Dans un naturelles. Cette évolution
contexte de croissance régressive des sols est exacerbée

Feu de brousse Proliferation de Striga hermonthica

© Cheikh Mbow

le surpâturage, notamment dans


des terres les plus souvent sol) entraînant une dégradation de les zones polarisées par les points
mentionnées en zones semi-arides la structure du sol ; (iii) la pollution d'eau pastoraux ; (v) le
sont: (i) la culture extensive des déboisement (extension des
terres pluviales, sans utilisation de superficies cultivées, satisfaction de
la jachère ; (ii) le mauvais usage des par le biais du réseau de drainage besoins en énergie domestique,
machines et des équipements et de la nappe phréatique, etc.) qui engendre une perte de
agricoles dans les pratiques atteignent les chenaux naturels et diversité biologique (figure 12).
culturales (non-respect des sont reversés dans le paysage ; (iv)

Partie 1 45
Figure 12: Extension des terres de culture au Sénégal

1988

Forêt protégée Agriculture Eau 1


de Kassas Eau 2 Mètres
Savane Arbustive
Villages

2000

Forêt protégée Agriculture Eau 1


de Kassas Eau 2 Mètres
Savane Arbustive
Villages

46 Gestion des risques climatiques


Légende

o Villes
Légende
Faible production
Forte production o Villes

1900

1950

1970
Légende

o Villes

Source: Mbow, C., Mertz, O., Diouf, A., Rasmussen, K., Reenberg and A. (2008). "The history of environmental change and adaptation in eastern Saloum Senegal. Driving forces and perceptions." Global
and Planetary Change 64, pages 210-221.

Partie 1: Vue 47
Bien que la dégradation des terres études (Niasse, 2005 ; van Lieshout l'insuffisance des systèmes de
soit principalement associée aux et al., 2004; Epstein et Mills, 2005; santé dans le pays. Au sein des
terres sèches, elle ne se limite pas Mc Michael et al., 2006; Pascual et ménages à faible revenu, les
uniquement à ces dernières et peut al., 2006; Patz et Olson, 2006) femmes, les enfants et les habitants
concerner tous les écosystèmes montrent que tout événement des bidonvilles ruraux et urbains
affectés par les conséquences des climatique extrême ou de stress seront plus exposés au risque.
activités anthropiques ou des climatique prolongé, est susceptible
La malnutrition parfois
calamités naturelles.
préoccupante dans certaines
des maladies infectieuses, en
Au Burkina Faso, environ 105 000 régions semi-arides est aggravée
particulier dans les régions semi-
ha de forêt disparaissent chaque par les évènements climatiques
année (MEE, 2002). De 1980 à extrêmes. Au Niger, au Mali et au
du VIH/sida, la tuberculose et le
2000, la superficie des formations
paludisme. Par ailleurs, les impacts
forestières du Burkina Faso est malnutrition a été dépassé en 2008,
potentiels du changement
passée de 15,42 millions
climatique comprennent également
moins de cinq ans atteints de
les maladies diarrhéiques et autres
malnutrition aiguë (OCDE, 2010).
En plus des mobilités, le
Géographique du Burkina (IGB) changement climatique tout en
(Confalonieri et al., 2007). La
accentuant la précarité de
variabilité du climat a eu de
superficies naturelles couvertes de
profondes répercussions sur la
végétation ont régressée de production, la crise du secteur
santé humaine et entraine aussi
108 141 ha. Dans un contexte
marqué par la variabilité et la tourisme impacte également sur
péjoration du climat, les activités ation et la formation des
les maladies vectorielles et des
humaines et les établissements jeunes (accélération du travail des
maladies hydriques. Des épidémies
enfants, déscolarisation,
de fièvre de la vallée du Rift sont
érosion croissante du capital occupation des écoles par les
également corrélées à la variabilité
naturel. En effet, 34% du territoire sinistrés, curricula de formation non
climatique.
soit 9 234 500 ha de terres de adaptés) tout en affectant les
production, sont dégradés pour Pays essentiellement montagnard, infrastructures. Les marchés locaux
causes anthropiques (agriculture, le Tadjikistan est souvent frappé deviennent difficilement accessibles
élevage, bois-énergie, etc.) et par des catastrophes naturelles (tableau 5).
climatiques, avec une progression (OCHA, 2012). Par exemple, en
de la dégradation des terres 2010 lors de la catastrophe des
estimée chaque année entre inondations, la capacité du système
105 000 et250 000 ha. On note de traitement de l'eau Kulyab a
que 74% des terres arides ou semi- chuté à 30%. Les sinistrés ont été
arides sont affectées par le temporairement installés dans des
phénomène de la tentes augmentant, un risque accru
désertification/dégradation des de maladies infectieuses (Mustaeva,
terres au Burkina Faso (SCADD, 2013).
2011).
Au Pakistan, les prévisions relatives
Liens entre risques aux effets des changements
climatiques sur la santé sont
climatiques et capital restées générales et spéculatives
humain du fait de l'insuffisance de données
Les liens entre le climat et le capital pour des projections. Néanmoins,
humain peuvent aussi être dans l'examen des effets du
appréhendés en termes de risques changement climatique sur la
sur la santé et la mobilité des santé, il est nécessaire de
populations, sur leur éducation, leur considérer un contexte où la
population s'accroit de manière
ainsi que sur le capital social. La exponentielle. Les sections les plus
conjonction entre ces différents pauvres de la société, qui
risques est source de pression sur représentent près d'un tiers de la
le développement économique et population du Pakistan, porteront le
plus lourd fardeau des impacts
néfastes sur la santé en raison de
48 Gestion des risques climatiques
Tableau 5: Impacts des risques climatiques sur le capital humain

Secteur Contraintes
Santé Emergence de certaines maladies avec des températures élevées
Promiscuité
Augmentation de la mortalité dans les zones inondables (accident, noyade dans les bassins)
Mobilité Exode rural
Occupation des zones inondables et pressions sur les services publics (cercle vicieux)
Risques de conflits
Accélération du travail des enfants

Réduction de la mobilité (Kaffrine, îles du Saloum, Dakar en 2012, Ouagadougou en 2009)

Education Augmentation du travail des enfants


Déscolarisation
Formation Occupation des écoles par les sinistrés
Curricula de formation non adaptés
Emploi
Perte du capital de production
Effritement du secteur primaire
Reconversion professionnelle non préparée des agriculteurs dans la pêche et le secteur informel

Capital
social

Conflits entre autochtones et allochtones


Source: PRESA/IED, 2014

Au Sénégal, la pêche artisanale comme principaux supports de


occupe 89% de la production entraîne des pertes économiques production piscicole, les retenues
halieutique nationale et joue un rôle très importantes aussi bien chez les
socioéconomique prépondérant petits pêcheurs qui en vivent nationales en eau) et les cours
quotidiennement que chez les
nationale. En effet, avec une femmes qui sont les principales Burkina Faso est un pays sahélien
production de 111,8 milliards de actrices dans la transformation des sans façade maritime.
FCFA en 2011, la pêche contribue poissons par séchage ou fumage.
à hauteur de 4,8% au PIB et, sur le
La contribution de la pêche au PIB
plan de la sécurité alimentaire et de
du Burkina Faso en 2003 a été
7 762 millions de FCFA soit 0,31%
besoins en protéines animales de la
du PIB (FAO, 2003). La superficie
population sénégalaise. En outre,
totale des eaux dans lesquelles est
elle crée environ 600 000 emplois
pratiquée la pêche est estimée à
directs et indirects.12(ANSD, 2014).
200 000 ha en période de crues. La
Selon le Direction des pêches, on
pêche occupe environ 20 000
observe depuis 1997 une
personnes dont 12 500 qui en
diminution de ces emplois (64 328
vivent essentiellement. La
en 1997 contre 57 524 emplois en
consommation totale annuelle est
2005, soit une perte de 6804
estimée à 30 000 tonnes environ (et
en augmentation) avec une
également consécutive au sous
production nationale de 9 500
approvisionnement des entreprises
tonnes. Le revenu moyen par
de pêche dont les capacités de
pêcheur est estimé à 357 000
traitement dépassent, actuellement,
FCFA (FAO, 2008). Le taux
la production débarquée. Ceci
risque de menacer à long terme
piscicoles est estimé à 95% avec

12Républiquedu Sénégal, Ministère de la pêche et situation de la pêche artisanale sénégalaise du


des affaires maritimes: Mémorandum sur la point de vue des acteurs. Janvier 2014.
Partie 1 49
Liens entre risques milliards de FCFA, la pêche est le produits halieutiques entrent dans
la composition de nombreux plats.
climatiques, marchés et La consommation moyenne de
chaines de valeur phosphates. Le secteur génère poisson par habitant et par an varie,
Les dérivés climatiques connaissent selon les auteurs. Elle est de 28,8
12% du PIB total (Samb et Barry, kg/an par personne selon la FAO
principalement par une prise de 2007)13. La pêche piroguière (environ 80 g/j par personne)14, de
conscience de la part des constitue également la première 26 kg/an par personne selon Cissé
entreprises de leur vulnérabilité aux (1999) avec environ 70 g/j par
variations climatiques portant sur la générant plus de 600 000 emplois personne
température, les précipitations, le directs ou indirects, soit 17% de la que la consommation moyenne
vent, la neige, ou encore population active (Béné et Neiland, mondiale et enfin de 14,8 kg/an par
2003). En 2005 on a estimé le personne (Amegari et al, 1993). La
secteurs économiques, comme par nombre de pêcheurs artisanaux consommation de poisson est plus
sénégalais à 63 000 et avec un importante dans les régions
parc de 12 000 pirogues. Le parc côtières et les centres urbains que
loisirs ou la construction, le risque piroguier de Kayar est constitué de dans les zones rurales où elle est
climatique est même beaucoup 350 embarcations dont 93% sont proche de zéro (Failler et Lecrivain,
plus important que le risque de motorisées. En période de 2003). A Dakar où le poisson est
marché associé aux fluctuations « campagne » de pêche, la flotte présent presque tous les jours sur
peut atteindre 960 pirogues. La la table, la consommation atteint 43
change, des prix des matières pêche piroguière contribue à kg/an et par personne, soit environ
premières (Marteau, 2004)
populations locales puisque les
Au Sénégal, avec plus de 400 000 produits halieutiques débarqués par
tonnes de produits halieutiques cette activité fournissent plus de personne (Broutin, 2000).
débarquées chaque année et un 75% des besoins en protéines
de 278 animales (Leroux, 2005). Les

Marché de poissions à Saint-Louis (Sénégal)


© Evgeni Zotov, Creative Commons License: https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/

13Samb, B et Barry, MD. 2007 Synthèse des Mediterranean Groupers Francour P., Gratiot J. en 1955 contre 28,8kg par habitant en 1996
connaissances sur le Thiof (Epinephelus aeneus) (eds). Nice, May 10th 13th 2007. Pp 143-148
exploité au Sénégal. 2nd Symposium on 14 La consommation annuelle a fortement évoluée.

Elle était estimée, selon la FAO, à 12,6 kg par tête


50 Gestion des risques climatiques
Malgré ces performances, les des changements climatiques. En
changements climatiques affectent effet, la crise que connaît déjà le entreprises de transformation
le secteur de la pêche avec les secteur avec la raréfaction des spécialisés sur des espèces bien
modifications des paramètres ressources halieutiques risque déterminées soient contraintes de
climatiques. L'augmentation de la
température de surface de la mer perturbations prévues avec les
entraînera la modification de effets des changements
répartition des ressources climatiques. Les risques climatiques naturelles et les chocs climatiques
halieutiques ainsi que l'érosion de la appauvrissent les zones de pêche extrêmes exposent les entreprises
biodiversité marine et côtière, qui et la plupart des espèces migrantes et les agents économiques à des
auront des impacts négatifs sur la risques et des incertitudes
sécurité alimentaire. En outre, les supplémentaires. Il en résulte des
stress environnementaux induits côtes occasionnant des frais coûts importants pour les appareils
par les changements climatiques et supplémentaires et des risques productifs installés mais également
la surexploitation des ressources pour les flottes artisanales qui sont
vont accentuer la pression sur la obligées de fréquenter le large avec nature des projets et la localisation
pêche, et entraîneront la raréfaction leurs pirogues en bois. des activités.
des ressources halieutiques avec naufrages, les disparitions en mer
Au niveau mondial, beaucoup
comme conséquence l'émergence et les décès se multiplient avec une
de conflits liés à l'accès et au moyenne de 95 décès par an. Saint
occasions offertes par les
contrôle de ces ressources Louis a été la plus touchée à cause
changements climatiques au sein
halieutiques à l'échelle régionale. La du canal de délestage creusé en
de leur entreprise, dans la chaîne
pauvreté qui résulte des impacts 2003 qui a englouti pour une seule
-delà de
des changements climatiques dans année 2013 plus de 100
les certaines localités du littoral personnes.
sont introduits sur le marché des
sénégalais a occasionné une
émissions pour atténuer les risques.
migration des pêcheurs vers les
dépendent du secteur de la pêche
localités où ils espèrent un léger
sont exposées au changement entreprises se sont concentrées sur
mieux pour faire fonctionner leurs
climatique. Par exemple, les
entreprises dépendant du climat ou climatiques, en général en
leurs familles. Les principales zones
dont les ressources sont sensibles
de migration intérieure restent
aux conditions météorologiques et nouvelles réglementations15. Mais
Mbour, Joal, Kayar, les îles du
hydrodynamiques évoluant dans le en 2005, les entreprises mettaient
Saloum et des localités de la
secteur de la pêche, de plutôt en place des stratégies
Casamance. Ces mobilités
l'aquaculture et de la transformation commerciales dans le but de saisir
entrainent des conflits de toutes
des produits halieutiques subissent les nouvelles occasions ou
déjà les impacts de la variabilité
certaines techniques de pêche
accrue du climat. par les changements climatiques.
prohibées dans quelques localités.
Sur 136 entreprises appartenant au
Dans les pays dont les économies
A côté de ces conflits entre palmarès mondial des 500 plus
sont à dominante rurales, les
pêcheurs, il y a eu aussi des conflits grandes entreprises en 2005,
entreprises agroalimentaires sont
entre femmes mareyeuses ou plusieurs profils se sont dégagés: (i)
très attentives aux effets du
transformatrices et des pêcheurs 67
changement climatique sur certains
qui préfèrent écouler leurs réduire leurs émissions dans le
secteurs du fait des impacts
productions à des mareyeurs futur ; (ii) 14
probables sur leurs revenus et
réduit leurs émissions ; (iii) 10 %
parfois la survie de leurs activités.
concurrence pour approvisionner
les usines travaillant pour possibilités verticales au sein de
dépendent de la pêche ou de
rovisionnement ;
(iv) 5
ap
intéressées aux possibilités
la disponibilité future des produits
horizontales hors de leur marché ;
climatique intègrent faiblement le halieutiques et agricoles en rapport
(v) 4
secteur de la pêche, notamment la avec les changements structurels
droits de pollution ou participé à
vulnérabilité des communautés de susceptibles de modifier le
des projets compensatoires (Kolk,
pêche artisanale face aux impacts fonctionnement des chaines de
A et Pinkse, J. 2005). Selon le

15 http://nbs.net/fr/connaissances/enjeux- sadaptent-aux-changements-climatiques-le-font-
environnementaux/changements- en-innovant-et-en-echangeant-des-droits-
climatiques/perspective-les-entreprises-qui- demission-de-carbone/
Partie 1 51
rapport du Carbon Disclosure production mondiale de coton
Project (2013) 70% des entreprises agricole pourrait procurer. équivaut à environ 25 million de
estiment que les risques Tonnes par an et est dominée par 4
Les entreprises qui dépendent pour
climatiques constituent une menace pays:
vités touristiques
potentielle pour leurs revenus. Pakistan, qui représentent 70% de
la production mondiale de coton17.
balnéaire aux effets du changement
Based Targets Carbon Disclosure Survey, en 2012, le secteur textile
les pertes importantes de plages
Project (CDP), United Nations représentait 8,5% du PIB1, 46% de
notées ces dernières années sur la
Global Compact, World Resources
Institute et WWF lancent une manufacturière et 38%
même de cette catégorie de
campagne visant à mobiliser 100 industriel (soit environ 15 millions
tourisme. Les investissements déjà
réalisées en infrastructures et
aligner leurs émissions de gaz à sont également de très loin le
fortement agressées inhibent toute
effet de serre sur les
recommandations des scientifiques pays même si leur part dans le total
les sites menacés.
du GIEC pour limiter la hausse de la exporté diminue sensiblement au fil
température moyenne mondiale en- Les risques climatiques vont des ans (53% avec 13 Milliards
accroître la volatilité des prix, en USD en 2012, contre 64% en
dans cette démarche, les ion. 2004) (Anonyme, 2013)18.
entreprises peuvent à la fois évoluer Doe et Diallo (1997) notent que
Selon les données fournies par
vers une économie sobre en
carbone et démontrer aux provient plus des aléas climatiques
Pakistan dans le commerce
politiques, qui participeront de monnaie
mondial de textiles était de 1,9% en
notamment à la Conférence Paris excessive ». Zonon (2003) trouve
2011 (1,1% pour les vêtements et
pour le Burkina Faso que
3% pour les autres produits). Elle a
dans la lutte contre le changement «
connu une relative stagnation
climatique. 80 % des 500 plus des fluctuations dues aux
depuis 1990 alors même que la
grandes entreprises du monde conditions climatiques qui
plupart des autres pays asiatiques
enregistraient une progression
de leurs émissions de GES ou de négatifs sur la production et cela a
significative de leur propre part de
gestion de l'énergie, mais on estime un impact positif sur le niveau
marché19.
que seule une douzaine des
entreprises les plus proactives ampleur ». Partant des moyennes Le coton constitue un élément vital
prennent en compte la nécessité de des précipitations trimestrielles pour dans ces industries et tout impact
contenir la hausse de la duits sur la production de coton affecte
température moyenne mondiale en- chaque acteur de la chaîne
dessous de 2°C16. d'approvisionnement. Matière cotée
(2011) trouvent que cette variable à la bourse des matières premières,
Sur le plan agricole, les variations
joue le rôle le plus important dans la le cours du coton a connu ces trois
de températures et de
dernières années des fluctuations
précipitations vont induire des
respectivement au Mali et au sans précédent, du fait de plusieurs
baisses de productivité pour
Tchad. Pour le cas du Cap-Vert facteurs conjoncturels. Du point de
certaines variétés et sans doute
Semedo & AryTanimoune (2013) vue climatique, les moussons
contraindre la plupart des petits
successives ont été mauvaises,
producteurs à modifier leurs choix
des origines réelles que monétaires, affectant de manière forcée la
de spéculations (Dugue, 2012).
et que les coûts des intrants production de coton. Dans ce
importés et les chocs climatiques contexte, il est important de mettre
exclu que des entreprises dont le
ont des impacts sur la volatilité des en évidence les vulnérabilités au
e
prix relatifs ». changement climatique de la
contractuelle soient menacées de
culture du coton au Pakistan. La
faillite. En tout état de cause, les
ceinture cotonnière du Pakistan,
petits producteurs auront besoin rie textile illustre
longue de 1200 km le long du
fleuve Indus a fait face à des
sur les chaines de valeur. La

16 http://www.wwf.fr/?4880/Science-Based- 17 http://www.fibrethik.org/un-probleme- 19

Targets-appelle-les-entreprises--a-aligner-leurs- coton#sthash.HCf4tcS2.dpuf http://www.tresor.economie.gouv.fr/File/387648


emissions-de-gaz--effet-de-serre-sur-lobjectif- 18 Anonyme, 2013.Pakistan Un « colosse aux
de-2C Extr
Sud de juin 2013
52 Gestion des risques climatiques
dommages extrêmes avec les la culture du coton entraîne une forte par une réorganisation des
inondations en 2010 (Ton, 2010). baisse de 42 330 balles de coton
Les inondations à l'été 2010 dans dans cinq districts du Pendjab dont
la vallée de l'Indus ont détruit des Bahawalpur, Faisalabad, Jhelum, changement de leur technologie de
régions entières de champs de Mianwali et Multan. Une autre production, la relocalisation de leur
coton, ce qui a entraîné une baisse analyse de Ton (2010) établit que la appareil productif et une ré-division
de 8% de la production locale. Près production de coton au Pakistan a du travail en leur sein, etc.
de 75% des pertes financières franchi le niveau de tolérance à la
subies étaient dues à la destruction chaleur depuis le début des années Impacts des risques
de la culture du coton. Des études 1970 et 80, lorsque la température
rapportent que près de 20% des a commencé à s'élever. et les infrastructures
terres de culture ont complètement
De même, la filière coton est
été emporté par l'eau d'inondation
stratégique pour le développement fiables est une condition du
(Thorpe et Fennell, 2012). Ces
économique du Burkina Faso. Elle développement humain et
inondations ne sont pas la seule
joue un rôle déterminant dans le économique. Seulement 24% des
manifestation du changement
dispositif stratégique de lutte contre populations africaines ont un accès
climatique. En effet, la manifestation
la pauvreté car il fait vivre près de
des changements climatiques ne
10 % de la population totale (IFDC, contrainte majeure pour la
s'est pas fait uniquement à travers
2010). Il représente environ 60 % croissance économique, la
les événements extrêmes.
des recettes d'exportation et compétitivité et les exportations
L'augmentation de la température a
contribue pour 25 % à la formation africaines (Banque mondiale, 2009).
aussi des effets directs sur la
du produit intérieur brut (rapport sur Au niveau des zones semi arides, la
qualité du sol qui affecte la
les performances du secteur demande énergétique est pourtant
production agricole. Les analyses
agricole, DGPER, en croissance soutenue et plusieurs
de l'évolution de la température
- contraintes, en particulier
montrent qu'en moyenne, elle a
économique de tout le pays financières, pèsent déjà sur les
commencé à augmenter à un taux
(Goreux, 2003 ; Malloum et Fahala,
plus élevé après 1990. Siddique et
2005, cités par FAO, 2012). futures. Les cours élevés du pétrole
al (2012) estiment qu'une
augmentation de 1° de la obèrent la facture énergique et
température maximale requise pour cons

Grues à conteneurs dans un port


© Halbergman

Partie 1 53
Les défis des changements touchées. Environ 70 % des
personnes touchées par les des ressources abondantes.
hydraulique de la plupart des pays inondations de 2010 étaient des
En Tanzanie, la sécheresse est la
des ZASA ne sont pas seulement femmes et des enfants (UNEFA,
cause de la baisse des niveaux
liés à la non- 2010). Ces inondations ont
quantité suffisante et en temps endommagé les routes, les ponts et
hydroélectriques. Les données du
voulu, pour tous les secteurs de les voies ferrées dans la zone de
Khyber Pakhtunkhwa, de Punjab et
montrent que le plus haut niveau de
plupart des pays concernés ont de Sindh. Plus de 45 ponts
aussi du mal à réduire les effets importants et des milliers de
695,8 millions de m3 en 2003 à
destructifs et souvent cumulatifs kilomètres de routes ont été
690,5 m en 2004 et à 689,5 m en
des catastrophes naturelles liées à détruits ou gravement
2005 et 688 millions en mars 2006
endommagés. Des milliers de
(Bolduc, 2009). Un cas similaire a
les inondations. La prise en compte poteaux électriques et tours de
été noté dans la Nyumbaya Mungu
de tous ces risques est communication ont été déracinés.
indispensable pour réaliser les Dans le Nord-Ouest, un barrage qui
respectivement de 686,2 m à 683,8
investissements nécessaires afin de irriguait près de 200 000 hectares
m, 683 m et 680 millions en 2003,
de terres agricoles a été
2004 et 2005 affectant ainsi la
électrique aux populations endommagé. Ce « tsunami au
concernées (UNEP/GRID-Arendal,
(Bolduc, 2009).
2002; du Plessis et al. 2003). secrétaire
démoli 1,6 million de maisons,
En Asie, environ 0,8 milliards de
coupé les réseaux électriques,
dévasté plus de 2,4 millions conséquences pour le secteur
chez eux, 1,8 milliard de personnes
privé. De nombreuses entreprises
ne sont pas connectées à des
tué des centaines de milliers africaines connaissent de
notamment : 25
des bovins, des caprins, de la jours par an au Sénégal, 63 en
volaille, etc. (ADEME, 2012). Tanzanie et 144 au Burundi. Ces
événements météorologiques
extrêmes comme les inondations Le développement économique
traduisent en de grandes pertes en
futur du Tadjikistan semble passer
termes de ventes perdues et
des infrastructures au niveau des par une valorisation plus effective
: en
services essentiels tels que de son potentiel hydraulique et
hydroélectrique, sachant que les
pour les entreprises formelles, et
eau et les services de santé. montagnes tadjikes produisent à
elles seules plus de 60 % du total
Le Pakistan est exposé à des
de l'eau potable de la région et
phénomènes météorologiques leurs propres systèmes de secours
recèlent un potentiel de 500 millions
extrêmes comme les inondations, (Foster et Steinbuks 2008).
de kW/h, suffisant pour satisfaire
les sécheresses et autres
les besoins en électricité du Pendant ces dernières décennies,
catastrophes naturelles. Selon
Tadjikistan et, pour partie, de les infrastructures de transports ont
plusieurs de ses voisins beaucoup souffert de la
Pakistan a subi des pluies tor-
centrasiatiques (PNUD, 2012a ; recrudescence des fortes pluies et
PNUD, 2012b). Des changements
des pires catastrophes de son
dans le ruissellement pourraient niveau de la mer. De nombreux cas
histoire. Ces précipitations
avoir un effet significatif sur la de destructions des routes, de
exceptionnelles (3 mètres de pluie
ponts, de lignes de chemin de fer,
en 36 heures, les plus fortes depuis
de pistes, etc. ont été observés et
80 ans) se sont abattues dans les
tels que le Tadjikistan, qui est le leur fréquence et intensité devraient
montagnes du nord, occasionnant
troisième producteur augmenter. En conséquence, des
de graves dégâts. Les crues ont
dommages importants sont à
alors déferlé le long du fleuve Indus
(Banque mondiale, 2002). prévoir dans les décennies à venir
pour inonder les régions très
(GIEC, 2007). Ces dommages sont
peuplées du Penjab et du Sindh. Selon Fay et al (2009), le caractère
attendus plus importants encore
inadapté des infrastructures, en
Au total, un mois après les pluies, dans les contextes où
Afrique subsaharienne, pourrait
pakistanais était sub moindre en raison de la corruption
au changement climatique, compte
avait fait plus de 1700 victimes et
tenu notamment des capacités
18 millions de personnes étaient contrôle des marchés publiques.
54 Gestion des risques climatiques
Les ZASA ne sont pas épargnés Liens entre risques urbaine du pays (%) soit 20,6% de
par ces fléaux. la population total du pays (ANSD,
climatiques migrations et 2014). Un tel état de fait pourrait
Le financement des infrastructures urbanisation
en zones semi arides au service
vulnérabilité des campagnes, ou du
des besoins essentiels des
catastrophes climatiques ont moins des populations qui y vivent.
populations, de
engendré la migration de 20 Toutefois, il existe tout un ensemble
structurant et, de plus en plus, pour
répondre aux enjeux de millions de personnes en 2008.
devrait porter tout autant sur les
migrants pourraient être jetés sur espaces urbains. Dans le rapport
;
les routes par les dérèglements de intitulé « Baissons la chaleur »
Banque Mondiale 2010). La gestion
(Banque mondiale, 2013), les
des ressources en eau
ex
transfrontalières exige un fort
reconnu que les changements présentent la situation comme suit
engagement institutionnel. Depuis
climatiques pourraient exacerber (encadré 6).
1960, de nombreux pays ont mis
en place des dispositifs pour les
bassins fluviaux, comme engendrer des mouvements
migratoires incessants de
valeur du fleuve Sénégal en 1972. A personnes qui abandonnent les
travers la médiation et son soutien zones touchées par la sécheresse
pour aller se réinstaller ailleurs
(VOA, 2008). Selon Neill et al.
départ. A mesure que le soutien Sur le plan agricole,
question des déplacements de
organisations de bassins se sont populations imputables aux
les variations de
retrouvées sans le soutien financier températures et de
nécessaire pour mener leurs de toute évidence. précipitations vont
programmes à terme (Banque Dans les pays sahéliens, les induire des baisses
Mondiale, 2010). Les coûts de la sécheresses accélèrent les de productivité pour
coordination sont élevés, à cause
du caractère sensible des
processus migratoires déjà certaines variétés et
existants. Les périodes de
ressources en eau, en particulier sans doute
pour les pays situés dans des contraindre la plupart
des petits
technique et le renforcement des et des migrations. Les multiples producteurs à
migrations forcées sont liées au modifier leurs choix
grande aide pour les organisations dér
de bassins. au réchauffement climatique de spéculations. Dans
Face à un sous-investissement (Cotthem 2009). La variabilité ces conditions, il
chronique et des besoins en climatique affecte la temporalité des
croissance, les zones sèches sont migrations et contribue à des entreprises dont
confrontées à un problème majeur
de financement que ni les bailleurs circulaires, permanentes voire
de fond, ni les partenaires de la définitives. La migration joue un rôle nce
coopération décentralisée, ni les important dans la gestion des contractuelle soient
risques climatiques et a des
combler (Comfort et al. 2010 ; logiques pour la survie des familles
Gulyani et al. 2008). La qualité des (Cissé et al 2010).
infrastructures répond difficilement Des études réalisées sur le
et à coût modeste aux contraintes phénomène de changement
liées aux risques. La résilience climatique ont mis le focus sur les
devient un enjeu primordial face à la zones rurales. Au Sénégal, le taux
montée des risques naturels. Elle
repose sur une gouvernance
avisée qu (ANSD, 2014). Ce taux cache
(la connaissance), la prévention et
prépare la réaction (Comfort et al. La région de Dakar, avec un taux
2010).
presque la moitié de la population
Partie 1 55
Encadré 6: Les zones urbaines,
nouveaux pôles de vulnérabilité
Le recensement de nouveaux pôles de vulnérabilité dans les
zones urbaines est un des points communs qui ressortent de

t en 2010, atteindra 56 pour cent. Bien


que cette évolution tienne à plusieurs facteurs, le changement
climatique joue un rôle de plus en plus important à cause des

des populations rurales et côtières.

soient exposés dans toutes les régions à un éventail de facteurs


de risques climatiques, plusieurs facteurs servent à définir la
vulnérabilité particulière des citadins - et en particulier des
pauvres - aux effets du changement climatique. Par exemple: (i)la
chaleur extrême est plus difficile à tolérer dans les villes, puisque

beaucoup de villes se trouvent en zones côtières et sont donc


souvent exposées aux inondations et aux ondes de tempêtes ;(iii)

sont souvent dépourvues des services de base que sont


frastructures de santé
et des logements durables. Les habitants de ces zones sont très
exposés aux événements météorologiques extrêmes comme les

créent souvent des conditions particulièrement propices à la


transmission de maladies transmises par des vecteurs ou par

devenir plus fréquentes avec le changement climatique ;(v) les


citadins pauvres constituent le groupe le plus vulnérable aux
hausses des prix des aliments qui surviennent dans la foulée des
chocs et des baisses de production prévisibles dans les
conditions futures de changement climatique;
Le changement climatique qui pose déjà une menace particulière
pour les citadins,
exposer ainsi plus de gens aux nouveaux pôles de vulnérabilité
décrits ci-dessus. Il est cependant possible, grâce à des mesures

collectivités mieux adaptées aux effets du changement


climatique.
Source: BM, Juin 2013

Inondation dans les rues de Dakar (Sénégal)


© Martinez Codina, Creative Commons License:
https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/
56 Gestion des risques climatiques
En Asie centrale, et particulièrement ils sont régulièrement victimes de climatique est susceptible d'avoir
au Tadjikistan, le changement vexations et de brimades un impact négatif sur les moyens
climatique affaiblit les moyens de xénophobes20. de subsistance en milieu rural et sur
subsistance des ménages et les couches vulnérables. Les
Les ressources hydrologiques de
conduit à des effets transfrontaliers populations rurales sont donc plus
plus en plus instables peuvent
sur les pays voisins. Pour fuir la susceptibles de chercher un emploi
menacer les infrastructures telles
crise et lutter contre les effets des dans les zones urbaines. Ainsi, on
que l'irrigation, l'hydroélectricité et
changements climatiques, les s'attend à une migration humaine
l'eau potable, ainsi que les
tadjiks sont obligés de migrer vers vers les zones urbaines à
communautés vulnérables
les pays voisins. Ces dernières augmenter, et ces situations
entrainant des départs vers les
années, les transferts de fonds 21 devraient se multiplier à l'avenir. Au
. Avec
issus des migrants constituent une cours des 25 dernières années, la
la hausse de l'émigration de la
part importante du PIB du population urbaine du Pakistan a
main-
Tadjikistan. En 2013 les entrées connu une croissance de plus de
nombre croissant de femmes se
records de fonds ont été estimées 3% par an. Les agglomérations
retrouvent avec des tâches
à environ 4,1 milliards USD, soit urbaines ont augmenté à un rythme
agricoles dans l'agriculture de
l'équivalent de près de 49 pour si rapide qu'aujourd'hui près de
subsistance. Au Tadjikistan les
cent du PIB, ce qui se répercute 30% de la population du Pakistan
femmes représentent 56% de la
ponctuellement sur les est contenue dans moins de 0,75%
force de travail agricole, d'où
investissements et le bien-être des de sa superficie. Bien que ces
l'importance de répondre à leurs
populations (Banque mondiale, colonies aient fleuri, les
besoins pour améliorer leurs
2014). Le revenu national du pays infrastructures de base n'ont pas
moyens de subsistance dans un
serait tributaire pour près de 50 % suivi le rythme. Avec le résultat
environnement changeant avec la
des transferts privés des quelque qu'environ un tiers de la population
diminution de la production
un million de travailleurs tadjiks urbaine du Pakistan vit dans des
agricole22.
émigrés (environ 2 milliards de bidonvilles (Katchi abadis) qui
dollars US en 2010, selon les Dans la première communication manquent d'eau potable,
statistiques de la Banque centrale du Pakistan au CCNUCC23, il a été d'assainissement, d'éducation et
russe), pour la plupart en Russie où démontré que le changement de possibilités d'emploi.

20 http://www.senat.fr/ga/ga100/ga1004.html 22Tajikistan: Strategic Program for Climate


21 Resilience January 2011
http://www.oecd.org/fr/environnement/bycountry 23

/tadjikistan/ http://unfccc.int/resource/docs/natc/paknc1.pdf
Partie 1 57
58 Gestion des risques climatiques
Partie 2: Stratégies de gestion des risques
climatiques

Le changement climatique menace Conventions internationales, en répercussions que pourraient avoir


les extrêmes climatiques ; sachant
croissance économique durable, la des Nations Unies sur les
réduction de la pauvreté, la qualité changements climatiques et de
de vie et la stabilité politique dans le prendre des décisions face à
monde24. De ce fait, la certitude, en analysant les
problématique du changement solutions que propose le domaine risques de catastrophe face au
climatique est désormais de la gestion des risques (ONU, changement climatique du GIEC
considérée comme une des 1992). (2012) ci-après, cette partie tente
préoccupations majeures principales initiatives
Ainsi, à tous les niveaux
engagées par les parties prenantes
(international, sous régional,
une réponse adéquate. À cet effet, à différents niveaux ainsi que
national et local) différentes
les États se sont dotés de plusieurs
instruments opérationnels pouvant des risques climatiques sur le
développement socioéconomique
vulnérabilité tout en augmentant la
effective, dans les champs des pays (figure 13).

Figure 13: C
climatique

Source: GIEC, 2012

24http://www.afdb.org/fileadmin/uploads/afdb/Do

cuments/Policy

Partie 2: Stratégies de gestion des risques climatiques 59


1. Principales initiatives aménagés (ONU, 1992). Ainsi, tsunami de 2004 en Asie du Sud-
plusieurs initiatives ont été Est et la conférence de Kobé en
engagées par les développées pour une meilleure 2005 que la gestion des risques et
parties prenantes gestion des risques par différentes des catastrophes naturels occupe
institutions internationales une place importante dans les
discussions et les interventions au
acteurs, décideurs, communautés
locales, chercheurs, organisations 2009) surtout à travers certaines de
2014). ses institutions comme le PNUD.
trouver des mesures Dans son approche de la gestion
multidimensionnelles pour réduire des risques climatiques, le PNUD
les effets du changement 1990-1999 la Décennie
tient compte aussi bien des risques
climatique. Cet engagement vise Internationale pour la Prévention
causés par la variabilité
également à aider les pays en des Catastrophes Naturelles. Dans
météorologique actuelle que des
développement à améliorer le cadre de cette Décennie, des
projections concernant les
experts de nombreux domaines ont
trajectoires du changement
commencé à façonner le cadre
climatique (www.undp.org, octobre
focalisée sur la Conférence mondial pour les risques et leur
2010).
internationale des Nations Unies sur
le changement climatique qui a été Dans sa politique de lutte contre les
organisée à Copenhague du 07 au ratégie Internationale de changements climatiques, la
19 décembre 2009. Cette Prévention des Catastrophes-SPIC Banque Mondiale25
rencontre a débouché sur un (Nations Unies, 2011). La vision de
accord de portée restreinte pour le et la gestion des risques de
combat contre le réchauffement objectifs du catastrophe26. Ainsi, grâce à
planétaire. De toute évidence, il Hyogo (2005-
reste beaucoup de progrès à développement (IDA) la Banque
réaliser et de nombreux acteurs réduction des risques dans les intervient dans la gestion des
africains estiment que leurs politiques de développement risques liés aux catastrophes à
g durable et la planification; (ii) de travers des financements majeurs
davantage dans ce combat, tant développer les institutions, les pour la reprise des activités après
mécanismes et les capacités pour les sinistres, des investissements
niveau national. renforcer la résilience face aux dans la prévention et la réduction
des impacts des catastrophes et un
1.1. Dimension approches de réduction des travail analytique pour améliorer la
risques dans la planification gestion des risques de
internationale de la ence, la réponse, et les catastrophes. Ses investissements
gestion des risques programmes de récupération contribuent à protéger des millions
climatiques (Nations Unies, 2011). A travers la de personnes et leurs moyens de
subsistance mais aussi à préserver
Face aux changements qui assister les la croissance dans les secteurs
communautés à augmenter leur socio-économiques clés. En 2006,
communauté internationale a résilience face aux risques naturels, la Banque mondiale, a contribué à
adopté en 1992 un instrument technologiques et aux catastrophes la mise sur pied du Global Facility
environn for Disaster Reduction and
1992). En ratifiant cette convention, réduire les risques et les pertes liés Recovery afin de mobiliser de
les parties contractantes nouveaux investissements, de
humaines, économiques et produire des connaissances et des
mesures visant à réduire les effets sociales » (Nations Unies, 2011). compétences spécialisées, et de
néfastes que les changements bâtir un partenariat mondial en vue
Sur le plan pratique, les premières
climatiques pourraient engendrer
sur: (i) le fonctionnement des gestion des risques de catastrophe.
moins orientées vers la réduction
systèmes économiques ; (ii) la santé de la vulnérabilité avec la fourniture Ces dernières années, les politiques
et le bien-être des populations ; et et les investissements relatifs à la
(iii) la composition et la productivité la surveillance des épidémies gestion des risques de la Banque,
des écosystèmes naturels et

25Les informations sont tirées du site de la 26http://siteresources.worldbank.org/EXTIDAFRE


Banque Mondiale (www.banquemondiale.org) NCH/Resources/Risk-Management_fr.pdf
60 Gestion des risques climatiques
prise en compte des impacts des populations, des moyens
stratégies de réduction des risques. climatiques actuels et futurs. La
82 projets ont été stratégi
entièrement consacrés à la de développement et de
reconstruction après sinistre et 84 résilience27.
autres ayant intégré au moins une mesures en coordination avec les
composante formelle allouée à autres politiques européennes, sur
annuel, qui, en 2007, atteignait plus
le renforcement de la recherche,
de 7
catastrophes (reconstruction et sur le renforcement de la
prévention). coopération internationale et sur la
mondiale et le principal bailleur de
sensibilisation des citoyens.
Sur la base des travaux du
Cependant, cette stratégie, semble
Programme Européen sur le Stratégie Internationale de
Changement Climatique (PECC), Prévention des Catastrophes avec
5,3 millions de dollars en 2007
si plusieurs activités ont été mises
(ISDR, 2007)28.
changement climatique et définit un
Afrique (encadré 7) pour réduire la
cadre et des mécanismes pour la
vulnérabilité à travers la protection

Encadré 7: E

des besoins de la population. Cette aide a


actions entreprises. Grâce à une action aussi décisive que rapide, un drame a pu être évité. Sur une période
ir de la faim.
Au Burkina Faso, 18 557 tonnes de semences améliorées ont été produites par les agriculteurs soutenus par

égraineuses et des batteuses supplémentaires. Sept magasins et sept aires de séchage ont été construits.
En plus de la formation de près de 200 personnes en techniques de collecte et de conservation des
s et équipés au
niveau des régions.

11 millions de personnes menacées par la faim en contrepartie de leur travail pour les infrastructures rurales.

2010 pour des infrastructures de contrôle

Source: http://ec.europa.eu

Globalement, plusieurs initiatives face aux menaces engendrées par


ont été prises sur le plan assurances contre les les risques climatiques (tableau 6).
international à travers des filets de catastrophes, qui permettent
sécurité, des notes politiques, des

27http://ec.europa.eu/europeaid

Partie 2: Stratégies de gestion des risques climatiques 61


Tableau 6: S

Organisation des Nations Union Européenne Banque Mondiale


Organismes
Unies et ses Agences
spécialisées
Stratégies
Réduction de  Accompagnement des Etats
dans le déplacement des
populations dont les habitats
sont menacés
Augmentation de  Financement de projets 
 Système mondial
la résilience à de recherche sur les pratiques améliorées de gestion
Changements des terres,
nouveaux risques Climatiques (ACCRETe, 
ADAGIO, AdaptFor, pratiques améliorées de
stress agricole Index System
AFRICA-GHG, protection du littoral surtout dans
(ASIS).
) les pays les plus pauvres
 appui au renforcement des
 amélioration de la
capacités en matière de
compétitivité des
prévention des risques et de
entreprises,
gestion des catastrophes
 développement des
(Burundi)
infrastructures adaptées
(Green and Blue Space
Adaptation for Urban
Areas and Eco-towns)

de con
et des inondations ;
 mise en place de

-
MERGE, CLIFF,

 prévention et
ralentissement des feux
de forêt (SPREAD)
 prévision et gestion des
crues (Projet ACTIF) ;
 financement des
initiatives SHARE dans

AGIR-Sahel
Transformation  Promotion de  Financement de projets dans la
 conception et transfert de
ntégration de la
technologies écologiquement
dimension du énergies renouvelables afin
rationnelles en particulier
changement climatique
dans les domaines de
dans les politiques au émissions tout en faisant
niveau des pays prospérer leur économie ;
 Développement de moyens de
de
 transport non polluants pour une
 Changement climatique:
plateforme « Climat- croissance durable des villes ;
Intégration des risques à la
ADAPT » pour le partage  Financement de politiques
gestion de proximité du bétail
favorables à une croissance
dans les plaines du Nord-
Ouest (Erythrée)
énergétique) ;
 Intégration des risques liés
 Abaissement des subventions
au changement climatique
aux combustibles fossiles ou
dans le Programme de
tarification du carbone

62 Gestion des risques climatiques


développement pour des îles
plus sûres (Maldives)
Réduction de la  Amélioration de la protection et
 amélioration et de  assistance alimentaire
vulnérabilité de la gestion des écosystèmes
valorisation des services des surtout en Afrique, en
naturels et une gestion plus
écosystèmes forestiers Asie et en Amérique
durable des ressources
 Initiatives Pilotes de Micro Latine (fourniture de
naturelles
Irrigation et de Gestion denrées alimentaires
 Adaptation aux changements
Durable des Terres
 Programmes de lutte contre personnes touchées par
la catastrophe, biodiversité des cultures pluviales
la pauvreté
des hauts plateaux (Yémen)
 appui au Développement
Economique Local la remise de bons
 initiative Énergie durable
pour Tous  Mise en place de filets
 Défi « Faim Zéro » pour sociaux de sécurité
rendre tous les systèmes  incitations à réduire la
alimentaires durables. vulnérabilité à la
 Réduction des risques sécheresse (Bassins
induits par le changement Segura et Tage,
climatique et de la Af
vulnérabilité aux risques de  octroie des fonds
débordement des lacs humanitaires aux pays
glaciaires dans les vallées de pour faire face à la
Punakha-Wangdi et de malnutrition aiguë sévère
Chamkar dont sont victimes les
enfants et les femmes
(Inde)

réinstallation (Burundi)
Préparation, 
 Reconstruction des maisons  Accompagnement des Etats
intervention et contre les cyclones
et des infrastructures et dans le relogement des sinistrés
relèvement
réhabilitation des moyens de
subsistance (Exp. Haïti)
 programme-cadre de la FAO
de camps de secours ;
de réduction des risques de

catastrophes pour la sécurité
programme de
alimentaire et la nutrition (Kits
préparation aux
catastrophes
Sud-Soudan)
(DIPECHO) ;
 programme de réduction

des risques de catastrophe
en intégrant les secteurs de
potable, des soins
médicaux et des
ressources naturelles pour
installations sanitaires à
faire face plus efficacement
12,5 millions de
aux risques de catastrophe
personnes à la suite de
qui menacent les moyens de
subsistance des petits
le Pakistan;
agriculteurs, forestiers,
éleveurs et pêcheurs
(Amérique latine et Caraïbes ;
Afrique ; Asie et Pacifique)
 Renforcement des systèmes

risques posés par le


changement climatique en
Gambie

Partie 2: Stratégies de gestion des risques climatiques 63


Transfert et  Financement de projets
-
partage des qui aident les pays
risques en développement à se remettre
cadre de catastrophes
plus rapidement des effets des
changements climatiques et à
humaine.
éviter la déliquescence des
moyens de subsistance de la
communauté ou des ressources

Source: synthèse des auteurs (www.un.org/fr/, www.banquemondiale.org/, http://europa.eu/index_fr.htm)

1.2. Initiatives sous décembre 2003 à Accra avait


affectés par les changements
régionales de la capacité de réduire les risques de climatiques en privilégiant les
gestion du risque catastrophes et la prévention des synergies et complémentarités
climatique déplacements, produisant une entre les acteurs de la sous-région
politique sous régionale pour la (UEMOA, 2012).
-région ouest réduction des risques en 2007,
Pour ce qui concerne les finances
africaine, la CEDEAO considère le
climat, la BOAD29 et la BAD se sont
problème relatif au changement pour la période 2010-2015
positionnées au niveau sous-
climatique comme un facteur (Commission de la CEDEAO,
régional pour appuyer les pays de
bloquant pour le développement 2013 ; UNISDR, 2009). Enfin, la
puissent faire
des pays. Pour relever les défis que CEDEAO organise officiellement
face aux conséquences néfastes
des exercices de simulation de
des changements climatiques et
régionale a entrepris un certain gestion conjointe des catastrophes
nombre de démarches dont la plus en vue de favoriser la coopération
son Plan stratégique 2015-2019, la
technique et améliorer la formation,
BOAD réserve son Axe 2 au
et cela afin de mieux se préparer
« Soutien à la croissance inclusive,
Réduction de la Vulnérabilité et aux catastrophes (Ferris et Petz,
à la sécurité alimentaire et au
2013).
développement durable » et
Élaboré en 2009, ce programme
et Monétaire Ouest Africaine
if
(UEMOA), une politique commune aux chocs climatiques et la
stratégique de « Développer et
renforcer les capacités de résilience
été adoptée (UEMOA, 2012). Les et inclusive. Dans ce cadre, elle
orientations stratégiques de cette assure la promotion de projets
pour faire face aux changements
politique sont essentiellement, la
climatiques et aux phénomènes
lutte contre la désertification, la changements climatiques.
climatiques extrêmes ». A travers ce
protection des ressources
programme, la CEDEAO a établi un A travers la Stratégie du groupe de
naturelles et la biodiversité,
diagnostic détaillé des risques la banque en matière de gestion du
climatiques et de la vulnérabilité
sectorielle des moyens de aux changements, la BAD30 vise à
des énergies renouvelables et la
subsistance face à ces risques « accélérer les progrès sur la voie
(CEDEAO, 2009).
contribuer à améliorer durablement
Bien avant cela, la CEDEAO a fait focaliser sur la gestion des risques
les moyens de subsistance des
de la gestion des risques de liés aux changements climatiques,
populations ». A cet effet, la banque
catastrophes une préoccupation à des efforts ont été faits dans la
se fixe comme objectifs de: « (i)
travers la Direction des affaires réduction de la vulnérabilité à
Réduire la vulnérabilité des Pays
humanitaires et sociales de travers les principales actions et les
membre régional (PMR) à la
investissements réalisés dans les
variabilité du climat et renforcer la
du Conseil des Ministres de la différents secteurs de
CEDEAO, qui a eu lieu en développement ou espaces

29Voir http://www.boad.org/fr/plan-strategique- 30 Voir


2015-2019 http://www.afdb.org/fileadmin/uploads/afdb/Doc
uments/Policy-Documents/Strat%C3%A9gie
64 Gestion des risques climatiques
changement climatique des Renforce les capacités et les
investissements passés et à venir connaissances des PMR pour faire politiques et réglementaires ».
financés par la Banque pour face au changement climatique et
améliorer leur efficacité ; (ii) assurer la viabilité des projets en

Tableau 7: S CEDEAO et de la BOAD

Organismes UEMOA CDEAO BOAD

Stratégies
Réduction de

Augmentation  Initiative Régionale  Projet Energies de Cuisson  Programme de régénération des


de la résilience à écosystèmes et de mise
(IRED) en valeur de la vallée du Niger
nouveaux  Programme de mise  Système Régional  facilitation
risques en place du Système populations rurales à la micro-
(ECOAGRIS) finance et à des services
Régional (SIAR)  Vulgarisation auprès des énergétiques modernes
populations des pratiques (plateformes multifonctionnelles)
et techniques modernes  financement de projets de lutte
contre la désertification et
changements climatiques

domestique et alternative à
la biomasse

risques au sein des quinze
Etats membres
Transformation  Promotion de  Renforcement des  Programme de transferts de
n des capacités scientifiques et technologies et de renforcement
dimensions des des capacités nécessaires à la
changements gestion de la problématique des
climatiques dans  Renforcement de capacités changements climatiques.
sur les Règles, lois et
politiques, stratégies, principes applicables aux
programmes et projets actions internationales en
de développement au cas de catastrophe (IDRL)
niveau sous régional  Guide méthodologique
facilitant la prise en compte
pluridisciplinaires des
changements climatiques
dans les projets régionaux
et nationaux
Réduction de la  Projet de restauration  7 Millions USD pour la mise  renforcement du système
vulnérabilité des écosystèmes du
Lac Faguibine (Mali) initiales du programme la ville de Tafiré et des localités
 Projet régional de mise environnantes
en valeur des terres de aux changements 
climatique station de déferrisation au point
  Programme de Productivité K et de réhabilitation de forages
la mise en place Agricole en Afrique de (Sénégal)
 renforcement de la sécurité
stockage (Sénégal,  Programme Régional alimentaire et nutritionnelle
Togo) 
 Programme (PRIA) populations rurales
 Programmes sous- 
Villageoise avec la

Partie 2: Stratégies de gestion des risques climatiques 65


réalisation de plusieurs changements climatiques
centaines de forages et de réduction de la
(Sénégal, Togo, Mali, vulnérabilité des
Bukina Faso, Niger, écosystèmes fragiles
etc.)  Promotion des produits
 Programme Spécial stratégiques pour la
Régional de Sécurité sécurité et la souveraineté
Alimentaire (PSRSA) alimentaires
 Programme Régional
de Lutte contre

(PRLEC UEMOA)
Préparation,  Appui pour le  assistance technique en faveur
intervention et développement de des Etats membres et leurs
relèvement Dispositifs nationaux pour institutions en matière
la réduction des risques de
catastrophes en Côte gestion de conséquences nées
de catastrophes naturelles pour
une valeur de 64 millions de
FCFA

Transfert et 
partage des Agricole
risques du Sénégal pour la mise en
-
récolte des cultures coton et
mais (PA-CNAAS)

Mutuelle Agricole
du Bénin pour la mise en place
-récolte
des cultures coton et riz (PA-
AMAB)
Source: synthèse des auteurs (http://events.ecowas.int/, http://www.uemoa.int/, http://www.boad.org/)

1.3. Initiatives Régionaux sur les Changements


Climatiques. Toujours pour une
nationales de Protection Sociale et de gestion meilleure gestion des risques, le
Au niveau national, pour mieux faire des risques afin de « réduire Sénégal a élaboré en 2012 le
face aux défis des changements
environnementaux et gérer les directement la vie des populations des besoins technologiques et les
risques y afférant, les Etats ont notamment les groupes les plus
adopté des politiques et mis en vulnérables en aidant les ménages
à mieux gérer les risques qui changement climatique. Mettant
projets surtout dans le domaine de conduisent à la perte de la vie ou à
des pertes irréversibles en capital et
actions concrètes allant dans le
plus vulnérables de la population sens du renforcement du capital
réduction de la vulnérabilité et dans aux services sociaux de base » naturel, de la gestion rationnelle des
une moindre mesure dans le (République du Sénégal, 2005). En ressources, du renforcement des
domaine du transfert et partage des 2006, ce dispositif a été renforcé
risques. et des organisations
socioprofessionnelles, etc.
Cas du Sénégal risques climatiques et des unités (République du Sénégal, 2010).
exposées aux changements
Après avoir ratifié les principaux
accords relatifs aux changements
Comité National et des Comités

66 Gestion des risques climatiques


Encadré 8: Bonnes pratiques au Sénégal. Un réseau de
parlementaires concernés par la réduction des risques de
catastrophes

volontairement établi leur propre Réseau des parlementaires sur la réduction des risques de catastrophes au
Sénégal. Ils considèrent la réduction des risques de catastrophes comme un facteur crucial pour la
réalisation du développement durable. Malgré un budget très limité, le réseau, qui regroupe 80 des 250
députés du pays, est en mesure de défendre efficacement cette cause, particulièrement en établissant des

-même, farouche défenseur de cette cause.


Le Réseau est ainsi parvenu à mener les actions suivantes: (i) construire des partenariats avec les ministères
concernés au sein du gouvernement, collecter des informations pertinentes auprès des associations civiles
locales et collaborer sur cette question avec les organismes internationaux, tels que le PNUD ; (ii) sensibiliser
les membres du parlement et collaborer avec le PNUD et la Direction de la Protection civile au sein du
ntré sur leur
rôle en tant que contrôleurs des politiques du gouvernement ; (iii) produire des films et des matériaux de

changement climatique, en collabo


Source: UNISDR Genève, Suisse, septembre 2010

Cas du Kenya techniques de son système de


réponse aux situations de
Avec 80% de terres arides et semi- catastrophe en désignant au niveau décisions de planification du
arides, le Kenya est confronté à sectorielle des points focaux
chargés de veiller à la synergie la capacité de prise de décision
(sécheresse, inondation, insécurité entre institutions pour assurer une (République du Kenya, 2013).
alimentaire). En effet, plus de 70% plus grande protection de la vie, la
des catastrophes naturelles dans propriété, la santé et Cas du Pakistan
ce pays sont liés aux événements
Pays très vulnérable aux risques
climatiques extrêmes (République Kenya, 2009). Ce dispositif est climatiques, le Pakistan a adopté
du Kenya, 2013). Conscient du renforcé par la Politique de gestion un Cadre national de gestion des
caractère nuisible et imprévisible de des catastrophes nationales (2012) risques de catastrophe dont la mise
ces risques, les autorités ont qui est venue institutionnaliser la en application est assurée par le
adopté plusieurs documents gestion des catastrophes et National Disaster Management
intégrer la réduction des risques Authority, principal organe de
dans les initiatives de coordination en cas de risques et
développement du pays. Cette catastrophes (NDMA, 2007).Les
Stratégie nationale de réponse politique vise aussi à accroître et différentes orientations stratégiques
contre le changement climatique soutenir la résilience des du Cadre tournent autour de (i)
communautés vulnérables aux
national sur le changement risques climatiques (République du risques dans tous les projets
climatique pour la période 2013- Kenya, 2012)
2017(République du Kenya, 2013).
Ces différentes orientations sont vulnérabilité des communautés, (iii)
« renforcer la préparation aux traduites en actes à travers un
ensemble de programmes, projets vulnérabilité et des risques dans les
catastrophes pour une réponse
et actions (voir tableau 7) mettant programmes de développement,
efficace à tous les niveaux et de
(iv) le renforcement des moyens de
essentiellement la prévention et la subsistance durables et (v)
vise à renforcer la résilience des réduction des risques et
catastrophes liées au climat, des risques de catastrophe dans
nations et des communautés face
les budgets annuels (NDMA, 2007).
aux catastrophes ». Ainsi, à travers
risques climatiques dans les Le Pakistan, fortement affecté par
activités économiques (comme les inondations de 2010, a aussi
Kenya a renforcé les capacités
Partie 2: Stratégies de gestion des risques climatiques 67
mis sur pied une Commission post-inondation. Ainsi, le Pakistan
National des inondations (MoWP, portent sur les secteurs comme
concentrant sur des secteurs clé
des dommages dus aux
inondations et les risques et de en eau, la santé humaine, la
foresterie et la biodiversité, et la etc. (Governement of Pakistan,
réhabilitation et de restauration préparation aux catastrophes. Dans 2009).

Tableau 8: Synthèse de quelques actions entreprises au niveau national (Sénégal, Kenya, Pakistan)

Organismes Sénégal Kenya Pakistan

Stratégies
Réduction de  projet
de relogement des
populations vivant dans
les quartiers inondés de
la banlieue dakaroise
(Plan Jaxaay)
 Projet de logements
sociaux à Saint-Louis
pour le déplacement des
populations menacées

les inondations
Augmentation de  Projet sénégalo-  Programme T21 pour 
la résilience à
solaire photovoltaïque à risques les impacts globaux du
nouveaux risques Diaoulé et Ndiébel.  changement climatique
 programme de la réduction des risques (GCISC0)
de catastrophes dans les 
sécurité alimentaire programmes scolaires système de mise en
Louga Matam - Kaffrine  Projet de renforcement de
(PASA Loumakaf) la résistance au pour développer les
 Projet de Consolidation changement climatique capacités des
n des Aires dans la région de Samburu communautés agricoles à
Marines Protégées  Projet de renforcement de faire face efficacement au
 promotion des la résilience au Kenya changement et à la
techniques de gouttes à (irrigation goutte à goutte, variabilité climatiques
gouttes, diversification, des cultures 
;
Programmes de gestion (GomalZam Dam, Rainee
des ressources naturelles à Canal, Kachhi Canal,
base communautaire Satpara Dam Multipurpose,
Darwat Dam)
 projet de barrage multi-
usages de Munda
 Building Capacity
on Climate
Change Adaptation in
Coastal Areas
of Pakistan (CCAP)

68 Gestion des risques climatiques


Transformation   Réseau des systèmes

changement climatique famine (FEWSNET)


dans le développement  Programme de barrages
durable INTAC pour protéger leurs
 Programme National de
Réduction des Emissions  Programme de prise en
de gaz à effet de serf à compte de la vulnérabilité
au
énergétique des secteurs changement climatique
du bâtiment pour la planification et la
 Projets de réalisation
politiques de
du littoral, développement durable
 Programme  L'exploitation des sources
TACC (Territorial d'énergie renouvelables,
Approach to comme l'hydroélectricité
Climate Change conventionnel et le solaire

Réduction de la  Programme de Bourse  Initiative Climate Smart  Projet de réduction des
vulnérabilité de solidarité familiale Villages avec le soutien de risques induits par le
 Programme de mise en CCAFS (Bassin de la changement climatique et
-villages rivière Nyando) ;
de la vulnérabilité aux
 Programme de la grande  Développement et
risques de débordement
muraille verte promotion de cultures à
 Programme croissance rapide et des lacs glaciaires dans le
résistantes à la sécheresse nord du Pakistan
Changement Climatique  Adoption de mesures  Projet de développement
et de diversification des préventives pour limiter la
productions agricoles transmission du paludisme au climat des ouvrages
dans les perspectives (moustiquaires,
nce traitement/assèchement
alimentaire et de lutte des sites de agroalimentaire
contre la pauvreté reproduction) ;  Projet de promotion des
 Projet de gestion  Projet de renforce de la moyens de subsistance en
durable et participative
des énergies systèmes naturels et programme de soutien à
traditionnelles et de agricoles à la variabilité
substitution climatique à court terme
 Social Protection and
 (Mont Kenya)
développement de  Programme de Livelihoods program
développement rural du
 Kenya (KRDP)
Modernisation des Filières  Safety Net Programme
Animales (PAPEL III)  Promotion et
renforcement de
l'aquaculture, l'élevage de
volailles, etc., comme des
moyens de subsistance
alternatifs

au changement climatique
en zones arides ;

au changement climatique
pour réduire les risques
sanitaires
 Déménagement des
troupeaux le long des
Partie 2: Stratégies de gestion des risques climatiques 69
rivières pour trouver un
meilleur fourrage en
période de sécheresse
 Réduction du nombre
global de bétail par la
vente ou l'abattage
Préparation,  Programme de  Kenya Climate Fund
intervention et reconversion des acteurs (KCF)
relèvement de la pêche artisanale
Transfert et  Développement de 
partage des Compagnie Nationale -
risques Agricole du récolte météorologiques
Sénégal indexées multirisque (pluies
diluviennes, inondations,
grêle, etc.)
Source: synthèse des auteurs

1.4. Stratégies (Lavigne Delville, 2001, Ribot, 2002, changement progressif du


calendrier agricole et des itinéraires
en milieu rural est fortement liée aux techniques, la rotation des cultures,
développées par les
communautés ces mécanismes au-delà de leur
locales caractère endogène variétés adaptées à la sécheresse,
favorisent une meilleure résilience les techniques de conservation des
Au niveau local, plusieurs initiatives des écosystèmes (forestiers, eaux et des sols, etc. (Savadogo, et
ont été développées pour al., 2011 ; Dugué et al., 2012 ;
permettre aux communautés Badege et al., 2013). Par exemple
locales de mieux faire face aux pratiques. Au Sénégal, ces au Burkina Faso, les communautés
risques et catastrophes liés aux mécanismes locaux sont renforcés locales utilisent des techniques de
changements climatiques. Sur le collecte et de conse
plan institutionnel, les collectivités Territoriaux comme le zaï, la demi-lune, les
locales intègrent de plus en plus la Intégrés (PCTI) qui permettent de cordons pierreux, les bandes
dimension changement climatique faire des analyses approfondies de enherbées afin de freiner le
dans leur planification (ENDA,
2013). Des structures et locale afin de proposer les (CILSS, 2012 ; Lô et al., 2014). Au
décentralisées sont aussi mises sur Niger, des communautés de la
possibles (République du Sénégal, bande Sud du Niger (Maradi et
notamment des Comités régionaux 2014). cent sur la
sur les Changements Climatiques Régénération Naturelle Assistée
(COMRECC) au Sénégal pour Au-delà du cadre institutionnel, les
pour augmenter la résilience des
communautés locales mettent en
développer plus de synergies dans écosystèmes agricoles et des
la prise en charge des questions populations (Reij et al., 2009 ;
relatives à la lutte contre le pour amoindrir les risques
Baggnian et al., 2013). Cette
changement climatique (République climatiques et réduire leur
pratique a permis ainsi une
du Sénégal, 2014). vulnérabilité. En effet, vivant dans
augmentation de la densité de 2 ou
les zones semi-arides du Sahel, ces
En outre, avec les politiques de 3 arbres par hectare sur les
communautés ont appris à
décentralisation, les communautés mat et
locales ont adopté de nouveaux 40, 60, voire plus de 100 arbres par
à vivre avec les modifications de
instruments de régulations, hectare (Reij et al., 2009).
leur environnement. Elles ont ainsi
conformes à leurs réalités, pour une pu développer différentes stratégies
meilleure gestion de qui comprennent à la fois des différentes initiatives pour faire face
aux risques climatiques, sont
naturelles des réponses ex post. relatives à la sécurisation de
dans le contexte du Sahel, des
conventions locales, des plans le stockage (fauche et conservation
d agricole, les stratégies développer
du fourrage), à la régénération de
sols, des chartes foncières, etc. par ces communautés, se déclinent
pâturages naturels, aux cultures
généralement à travers le
70 Gestion des risques climatiques
fourragères, à la pratique de
mobilité du bétail et de la aussi sur la collecte des eaux de (cultures pluviales et même de
transhumance, à une meilleure pluies ou impluviums, les contre saison) pour compenser le
valorisation des résidus de récolte, manque à gagner engendré par les
au déstockage du bétail (Nori et al., souterraine (puits et forages), le incertitudes climatiques (GWP,
2008 ; Savadogo, et al., 2011 ; surcreusement des mares 2010).
Rivera-Ferre et al.,0000 ; Bazin et naturelles, la protection de points
Enfin, les dynamiques
al.,2013 ; Billard et al., 2014). d
organisationnelles au niveau
En plus de ces différentes communautaire se sont renforcées
stratégies ont été développée pars initiatives, les communautés locales avec la mise sur pied de différents
les communautés locales. Dans le utilisent la diversification des types de structures de la société
pratiques, des activités et des civile locale notamment des cadres
(Savadogo, et al., 2011, Dugué et sources de revenus. Cette de concertation des organisations
al., 2012, Badege et al.,2013), les diversification porte généralement de producteurs, des associations
initiatives permettant une meilleure féminines pour la réduction de la
conservation et une utilisation spéculations, les activités de vulnérabilité des femmes et des
transformation, le commerce, la enfants (Diagne-Guèye, 2008 ;
sont essentiellement le système reconversion, etc. Au Sénégal, les Aberman et al., 2011 ; Dugué et al.,
goutte à goutte, les retenues pêcheurs artisanaux explorent 2012 ; Ragasa et al., 2013).
collinaires, la micro-irrigation à
Plus vulnérables aux changements
les sources de revenus notamment
climatiques que les hommes, les
dans la culture maraîchère, la
femmes au Sénégal, multiplient les
pratique des systèmes de rampe mareyage (Diop et al., 2010) au
initiatives pour réduire leur
consiste à installer des conduites moment où les agriculteurs font de
diverses activités génératrices de
revenus notamment le maraîchage,
de celle-ci de la source aux de la vente de foyers améliorés,
la vente de céréales, de fruits et
cultures, la pratique de retenues etc. (Sall et al., 2010). Au Burkina
Faso, les éleveurs délaissent de
courant (Diagne-Guèye, 2008).
ouvrages hydrauliques pour une plus en plus les transhumances de
meilleure gestion des eaux de grandes amplitudes vers le Niger et

Tableau 9: S

Zones Sahel Asie (Pakistan,


Tanzanie) Tadjikistan)
Stratégies
Réduction de  Migration  Migration vers des terres  Migration des zones
agricoles plus fertiles rurales vers les zones
 Migration des montagnes urbaines
vers les vallées (Malimbichi)  Migration des zones de
où les rendements sont montagnes vers les
meilleurs plaines
 Migration ex anté pour
fuir les inondations

Augmentation de  Utilisation de variétés  Enfouissement des résidus  Règlement et


la résilience à améliorées de cultures et de de culture pour reconstituer la optimisation de
races animales fertilité du sol (par exp.
nouveaux risques  Diversification des systèmes Kamenyanga et Kintinku)  Élaboration de règles et
de production alimentaire  Amélioration du sol en de principes de gestion
 Diversification des sources matière organique sur la protection et
de revenu  Utilisation des crêtes de
 Utilisation de cultivars niveau pour minimiser ressources biologiques
améliorés ou résistants à la  Utilisation de variétés
sècheresse encourager une meilleure résistantes à la
 Restauration du couvert pénétration des racines et sécheresse (coton,
végétal (Régénération améliorer la conservation de sorgho)
Naturelle Assistée pour
Partie 2: Stratégies de gestion des risques climatiques 71
augmenter la résilience des  Diversification et orientation  Construction de
écosystèmes agricoles) vers des activités non-
 Amélioration des agricoles zones agricoles
 Pratique de la jachère pour spécifiques pour stocker
maîtrise partielle ou totale de augmenter la fertilité des sols
et lutter contre les ravageurs périodes de sécheresse
 Production de semences et les maladies et de réduire le risque
améliorées en termes de  Utilisation de cultures
précocité et de productivité adaptées au nouveau coulées de boue
contexte climatique  Constitution de stocks
(anacarde, oignons, de céréales
tournesol, poivre)  Substitution des cultures
 Castration du bétail pour céréalières avec des
améliorer la résistance face à cultures de rente
la prolifération des tiques  Utilisation du système de
 Organisation de la distribution micro-crédit
 Adaptation des variétés
hybrides
rizières des bassins versants
 Construction de barrages en
terre ou de barrages de
charbon de bois (Malambo)
pour servir de réservoirs
e bétail

bassins versants et pratique

Transformation  Amélioration des itinéraires   Mécanisation de


techniques de cultures
 Sédentarisation et  Transfert de
reconversion progressive connaissances entre les
des éleveurs générations sur la base
 Information et sensibilisation
sur les changements
climatiques

Réduction de la  Développement de   Rotation des cultures,


vulnérabilité pratiques agricoles limitant  Protection des sols et
la dégradation des terres et supplémentaire pour les limitation du labour des
maximisant conservation et cultures terres escarpées pour
 Utilisation de variétés de
la demi-lune, les cordons cultures résistantes à la  Création de stocks
pierreux, les bandes sécheresse comme le manioc fourragers
enherbées, etc.) et les patates douces, les supplémentaires
 Systèmes intégrés légumes, le maïs et les  Renforcement des
agriculture-élevage haricots, etc (Tanzanie). réserves de fourrage;
  Utilisation de semences à  Adoption de variétés
conservation maturité précoce (riz, maïs, améliorées et de cultures
 Utilisation de fumure etc.) de courte durée
organique  Diversification des sources de  Diversification des
 Déstockage avec la vente revenus (aviculture...) spéculations
 Utilisation de billons et du  Passage à la
plus âgés et les plus faibles paillage pour conserver les monoculture du soja
afin de constituer un stock dans certaines zones
 Diversification des  Diversification des
 Rotation des cultures et la cultures (plantation de revenus (produits laitiers,
jachère améliorée (variation nouveaux arbres fruitiers pisciculture)
de spéculations et repos du comme les mangues, les  Réduction des dépenses
sol avec semis de avocats, et les ananas personnelles et épargne
72 Gestion des risques climatiques
légumineuse afin de  Diversification des  Installation de puits
restaurer sa fertilité). spéculations dans un même tubulaires pour renforcer
 Pratique du labour avant les périmètre pour réduire les
semis risques eau.
 Confection de buttes et de  Enrichissement des sols
billons à la main par des amendements
 Parcage du bétail pour organiques
rehausser ou maintenir le
niveau de fertilité des sols
 Utilisation du paillage (paillis
ou couchage de tiges) pour

sol
 Extension des terres de
culture pour compenser la
baisse des rendements
 Pratique de la jachère ou de
la mise en défens
 Pratique du sous-solage

 Développement de
pratiques pour améliorer

saison sèche
 Réserves et gestion de
stocks de vivres
Préparation,  Entraide, coopération, aide   Renforcement des
intervention et extérieure des immigrés systèmes traditionnels de
relèvement solidarité (soutien
parental)

Transfert et  Souscription à une  Souscription à des  Souscription à une


partage des assurance agricole assurances indicielles assurance indicielle
risques (agriculture, élevage) (producteurs de coton
du Tadjikistan)
 Souscription à une
assurance agricole ou
une assurance
multirisque (pluies
diluviennes, inondations,
grêle, etc.) au Pakistan
Source: synthèse des auteurs

Partie 2: Stratégies de gestion des risques climatiques 73


Initiatives des FONGS, CONGAD, etc. ont permis
organisations de la davantage au contexte de
société civile changement climatique en initiant
Les acteurs de la société civile essentiellement diverses activités:
contribuent à la lutte contre les  information et sensibilisation sur
changements climatiques et à les changements climatiques ;

populations rurales dans le Sahel  renforcement de capacités


(UICN, 2013). Ils sont des acteurs
essentiels de la gestion des planification participative, de
Pour la réduction ressources naturelles et de la recherche et de gestion de
des risques et biodiversité en raison du fait que les ;
impératifs de développement sont  partage de connaissances et de
politiques, on doit étroitement liés à la gestion et à la bonnes pratiques sur le
s'orienter vers des préservation des ressources changement climatique et de
naturelles ; mais également parce renforcement de la
systèmes globaux de que les ONG portent les aspirations gouvernance locale ;
gestion des et les attentes des communautés
 production de semences
catastrophes locales (UICN, 2013). Face à
améliorées en termes de
(sécheresses, précocité et de productivité ;
catastrophes naturelles et leurs
impacts avérés sur le  restauration du couvert végétal,
rapide, la développement des pays, les
planification, la acteurs de la société civile ont nouvelles pratiques culturales ;
conception et orienté davantage leurs
 promotion de nouvelles
interventions dans le renforcement
construction de urtout
nouvelles des communautés locales, dans la ;
infrastructures et réduction de la vulnérabilité des  développement de pratiques
enfin, vers la populations et des moyens de
production, dans la résilience des
modélisation et la écosystèmes, etc. Au Sénégal, des
bétail en saison sèche ;
sensibilisation des organismes internationaux comme  promotion de la sécurité
communautés UICN31, WWF32, Wetlands alimentaire et diversification des
sources de revenu ;
vulnérables International33, FIBA34, ENDA
(A  mise en place des pépinières
plusieurs initiatives allant dans le villageoises, des caisses de
solidarité sociale et de
écosystèmes (reboisement de la systèmes de transformation des
mangrove, protection de milieux
fragiles, promotion de bonnes
pratiques, création de forêts et de
réserves communautaires, etc.) et
des populations (services sociaux
de base, renforcement des
capacités organisationnelles des
acteurs, micro-crédit, etc.).
Des organisations locales de la
société civile (République du
Sénégal, 2010 ; Sall et al., 2010 ;
GONGAD, 2012,) comme ENDA,
IED Afrique, Green Sénégal,

31 Source: 33 Source: http://africa.wetlands.org/


https://www.iucn.org/fr/propos/union/secretariat/ 34 Source: www.lafiba.org
bureaux/paco/senegal/
32 Source: https://wwfwamposite.wordpress.com

74 Gestion des risques climatiques


Encadré 9: Les sources de financement
internationales et multilatérales de la lutte
contre les changements climatiques
Il existe de multiples types de flux financiers permettant de financer la
lutte contre les changements climatiques et qui ne relèvent pas
directement du processus de la CCNUCC. Le Programme pilote pour
la résilience climatique, le Dispositif mondial de réduction des effets
des catastrophes et de relèvement, le Fonds pour la réalisation des

acti

Fonds carbone, le Fonds de partenariat pour la réduction des


émissions de carbone, le Fonds de partenariat pour la réduction des
émis¬sions de carbone forestier et le mécanisme REDD+ de
réduction des émissions causées par le déboisement et la
dégradation des forêts dans les pays en développement.
Sur le plan régional et bilatéral, des instruments sont déployés pour le
financement de la lutte contre les changements climatiques
notamment les fonds ré¬gionaux dont: (i) Alliance mondiale pour la
lutte contre le changement climatique (Union européenne) ; (ii) Africa
and Latin America Resilience to Climate Change (USAID Agence des
États-Unis pour le développement international) ; (iii) Congo Basin
Forest Fund (Royaume-Uni de Grande-
Nord) ; (iv) Collaborative Adaptation Research Initiative in Africa and
Asia (Ministère du développe¬ment international et Centre de
recherches pour le développement international) ; (v) Fonds
BioCarbone (États-Unis, Royaume-Uni et Norvège).Les pays PRESA
ont pu bénéficier de ces fonds avec 29,6 million USD pour le
Sénégal, million USD pour le Bukina Faso, 6,5 million USD pour le
Kenya, 31,7 million USD pour la Tanzanie 7,2 million USD pour le
Pakistan et enfin 77,3 million USD pour le Tadjikistan.
Sources:
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Femme collectrice de fruits de mer, Sénégal


© Rajeshree Sisodia / PRISE

Partie 2: Stratégies de gestion des risques climatiques 75


76 Gestion des risques climatiques
Partie 3: Questions émergentes pour un nouvel
agenda de recherche pour le PRESA

Les effets du changement climatiques » et environnementaux tiennent compte du climat ; et (iii)


climatique sur le développement rendus par les ressources un soutien pour les mesures de
sont multiples. Les phénomènes naturelles des pays et (ii) la prise en protection sociale afin de prendre
météorologiques extrêmes, comme compte de la vulnérabilité des en compte les gagnants et les
les vagues de chaleur, les populations, des biens et des perdants des diverses mesures et
sécheresses, les tempêtes et les écosystèmes aux effets du politiques, ainsi que les
inondations menacent directement changement climatique. Pour considérations liées au sexe et à
la vie, les moyens de subsistance et apporter des mesures correctives
les biens socioéconomiques. La aux défis que pose la gestion des les mauvais résultats.
variabilité du climat influe fortement risques climatiques, les acteurs
Pour développer une approche de
sur la performance des économies
gestion des risques climatiques
en développement en particulier, en résolution des problèmes
au sein du continent africain, et
raison de leur forte dépendance complexes liés à la gestion des
notamment dans le Sahel, il existe
des ressources naturelles, ressources (eau, alimentation,
énergie). Pour ce faire, ils doivent
convient de relever. Plusieurs
changement climatique peut -
organismes se sont intéressés à
compromettre le rendement des jacentes de la dégradation des
investissements, notamment en cas
plus cruciaux pour la sous-région
de pluviométrie excessive ou des capacités des populations afin
ouest africaine. La FAO, par
insuffisante, au même moment,
exemple, dans la « Stratégie de
gestion des risques de catastrophe
climatiques risquent de décourager adapter, notamment les
les investisseurs et affaiblir changements climatiques (ONU,
durablement la croissance 2011).
majeurs. Ces derniers sont détaillés
économique. La variabilité du climat
La synthèse des exemples
et les phénomènes extrêmes
ires tirés des de ce tableau sur les défis
compromettent la viabilité et la
rapports du GIEC (2012) de la FAO essentiels liés
performance des infrastructures
: (i) communautés africaines au
économiques et sociales et
une amélioration des approches en changement climatique peut être
réduisent leur rentabilité.
matière de gouvernance, réalisée suivant deux axes majeurs.
1. Principaux défis liés à la notamment la gestion durable des Le premier axe porte sur les
aspects politico-institutionnels et le
gestion pratique des
politiques concernant les second sur les aspects socio-
risques climatiques ressources naturelles ; (ii) une économiques.
La question du changement favorisation de la gestion des
Ces défis récurrents, auxquels font
climatique est sous-tendue par des risques grâce à des
face toutes les économies,
enjeux fondamentaux de investissements à tous les
deviennent, de manière cyclique,
développement dont (i) la échelons, en particulier par le
plus évidents, tout comme la
valorisation des services « truchement de technologies qui
nécessité de relancer la croissance,
Partie 3: Questions émergentes pour un nouvel agenda de recherche pour le PRESA au Sénégal et au Burkina Faso 77
vaincre la pauvreté et créer des fréquence de la transhumance et des jeunes et des femmes, ou
des conflits entre agriculteurs et encore en matière de prise en
zones arides et semi-arides qui se éleveurs ; et (ii) augmenter les compte des inégalités au niveau
veulent prospères, est de bâtir une vecteurs de maladies nuisibles. des populations. Les phénomènes
résilience aux différents chocs dont migratoires, avec les transferts de
Les pertes de productivité résultant
ceux relatifs aux changements fonds (Sénégal, Pakistan,
du changement climatique
climatiques basée sur un Tadjikistan), sont un excellent
aggraveront les crises déjà
changement de modèle de atout pour contribuer à la résilience
récurrentes dans les zones arides
développement avec des des économies.
et semi arides. Ainsi, les options
mécanismes de financement
Dans le cadre des financements
adaptés, des technologies
innovants, des efforts ciblés doivent
appropriées pour asseoir
résilience des systèmes de être menés pour bien conduire
définitivement un développement
production au travers de méthodes
économique et social durable.
et de technologies (par exemple le
2. Identification des domaine transversal des changement climatique, ainsi que
infrastructures) pour faire face à
secteurs et des zones cette nouvelle donne climatique informations ainsi recueillies pour
dans lesquels la gestion orienter les politiques et la
Selon le quatrième rapport
des risques constitue planification. Il est impossible de
un défi garantir que les investissements
annuel des rivières et la disponibilité
réalisés aboutiront à une meilleure
Le changement climatique devrait résilience sans études
amplifier les risques existants liés au de 10 à 30% dans certaines
approfondies. Ces études vont
climat et engendrer de nouveaux régions sèches des moyennes
contribuer à la mise en place de
risques pour les systèmes naturels latitudes et dans les tropiques secs.
et humains. Certains de ces risques Selon le même rapport, les
principaux besoins en capacités en
seront limités à un secteur ou à une communautés pauvres seront les
plus vulnérables du fait de leurs
auront des effets en cascade. Le
changement climatique devrait leur grande dépendance de
financements innovants pour
également, dans une moindre ressources à forte sensitivité
répondre à ces besoins.
mesure, présenter certains climatique telles que les ressources
avantages. La gamme des activités en eau et les systèmes de
dévastées annuellement sous les production agricoles. recherches doivent se focaliser sur
effets de la péjoration climatique les systèmes de production
Tous ces facteurs concourent à
exacerber les conflits entre
secteurs semblent particulièrement exploitants agricoles et éleveurs.
exposés. renouvelables, de mesures
Par ailleurs, ce nouvel
environnement climatique serait
favorable à la recrudescence de
sion maladies animales climato- Pour la réduction des risques et
des eaux salées dans les eaux de sensibles. n de politiques, on doit
surface et les nappes phréatiques, ter vers des systèmes
Les impacts socio-économiques
la submersion de zones de culture globaux de gestion des
des risques climatiques sur les
catastrophes (sécheresses,
groupes plus vulnérables sont
difficultés de drainage, la considérables. Ils contribuent au
destruction des récoltes, la baisse planification, la conception et
dérèglement des marchés
de fertilité des sols, le manque de construction de nouvelles
(disponibilité et accessibilité, hausse
connaissances, d infrastructures et enfin, vers la
des prix) et par conséquent à
de savoir-faire technologique. modélisation et la sensibilisation
des communautés vulnérables. En
La dégradation des terres influe sur conflits et les migrations
effet, les dégâts constatés
climatiques. Face à ces contraintes,
concernent la destruction
tapis herbacé et des ressources la recherche peut être conduite sur
fourragères, ainsi que par la les opportunités. Les flux
voies de communication, la hausse
destruction des barrages de migratoires sont au centre des défis
des coûts de transactions et la
du développement durable
uvement du bétail. Cela notamment en matière de
contribue à: (i) accroître la
78 Gestion des risques climatiques
répartition des efforts entre les de faire face aux risques
modèles économiques et sociaux pays, à leurs politiques et modes climatiques ?
classiques aux chocs climatiques, de dévelo
v. quel lien entre risques
les parties prenantes sont limitées des travaux de recherche, aux
climatiques et exacerbation
notamment par: (i) le manque de choix technologiques. La solidarité
des conflits au Sahel ?
données climatiques fiables, utiles entre les pays est un enjeu essentiel
et pratiques ; (ii) la faiblesse des pour lutter efficacement contre le vi. quelles stratégies de
capacités institutionnelles et changement climatique et trouver valorisation des pratiques
techniques permettant de gérer des éléments de réponse adaptés endogènes et des savoirs
efficacement les risques et de aux conséquences prévisibles de locaux pour une meilleure
ce changement, notamment dans résilience aux risques
climatique ; (iii) les contraintes les pays les plus défavorisés qui climatiques ?
sont aussi les plus vulnérables. vii. comment les
technologies adaptées ; (v) connaissances
Malgré les informations fournies par
la littérature dans le cadre de cette traditionnelles peuvent-elles
réglementaire ; (vi) l être utilisées par les
revue, beaucoup reste encore à
ressources financières pour communautés des zones
faire notamment à travers des
soutenir les projets dans les arides et semi-arides pour
études plus approfondies. On peut
différents secteurs porteurs (BOAD,
citer entre autres les questions de
2009 ; BOAD, 2010). incertitudes des risques
transferts de fond issus des
Pour résoudre les défis liés aux différentes formes de migrations. climatiques et renforcer leur
changements climatiques, les résilience de manière
différentes parties prenantes durable ?
prenantes du Sénégal et du Burkina
ont été invités à un exercice viii. quel programme de filets de
mécanismes de financement sécurité sociaux au Sahel
innovants pour soutenir la pour réduire la vulnérabilité
recherc
réalisation de projets de des populations face aux
développement dans les domaines risques climatiques ?
répond bien à la demande. Ce
(i) de la mise en valeur des
travail a été enrichi par les
potentialités agricoles, (ii) de
contributions des autres membres
du Consortium dans le cadre du
populations, (iii) du renforcement
WP1. La synthèse de ce travail a
des systèmes de dist
stions de
recherche suivantes:
transport et de communication. i. quelle stratégie pour une
Cela permettra de promouvoir un prise en compte du risque
changement de politique et de climatique et de la migration
mobiliser des investissements dans la réforme foncière ?
adéquats et durables pour ii. comment un système
renforcer la viabilité économique
des activités économiques. pourrait-il réduire les risques
3. Questions et pistes de et renforcer les capacités de
résilience des producteurs
réflexion pour un nouvel locaux ?
agenda de recherche
iii. quels sont les besoins et
Le changement climatique est priorités des populations en
devenu un sujet majeur de matière de réalisations
recherche et de coopération
internationale. Il revient souvent risques du changement
dans les discours de politique climatique ?
internationale suite à une prise de
conscience depuis 20 ans des iv. quels mécanismes de
financements innovants
concerne des questions pour appuyer les initiatives
essentielles liées à la responsabilité
différenciée des Etats, à la permettre aux populations

Partie 3: Questions émergentes pour un nouvel agenda de recherche pour le PRESA au Sénégal et au Burkina Faso 79
80 Gestion des risques climatiques
Conclusion

Les risques climatiques touchent stratégies qui encadrent les le domaine de la gestion du risque
interventions au niveau et celui de la résilience, pour un
semi- international, régional et nouvel agenda de recherche. Ces
demeure pas moins que certaines national ; questions de recherche interpellent
zones sont particulièrement

vulnérables à leurs effets en raison du projet PRESA. Les réponses
locales liées aux risques
de leur nature délicate et du grand apportées à ces interrogations
climatiques, ainsi que des
nombre de personnes qui y
stratégies communautaires
habitent. Dans ces zones de nature à renforcer la capacité
visant à favoriser
exposées, les changements
climatiques menacent les moyens
locaux de production au
de subsistance de populations seront fondées sur une meilleure
phénomène de
nombreuses et surtout ceux des connaissance des liens entre les
réchauffement climatique ;
pauvres. changements climatiques, les
 les relations à établir entre secteurs économiques et les
La gestion pratique des risques
les risques climatiques et le thématiques à savoir: (i) le capital
climatiques peut largement
développement socio- naturel, (ii) le capital humain, (iii) les
contribuer à augmenter la résilience
économique. marchés et chaînes de valeur et
de la communauté en matière de
enfin (iv) la gouvernance et les
développement. Elle peut permettre Le diagnostic réalisé a mis en
financements innovants.
aux personnes les plus vulnérables évidence une forte dynamique
Ces réponses permettront aussi de
une pluralité rem mener des études approfondies
agissant suivant des visions, des dans les secteurs transversaux
alimentaire en protégeant et en prérogatives et des démarches très (exemple des infrastructures, de
relevant leurs moyens de diversifiées. Les autres
subsistance. La gestion des risques caractéristiques essentielles de ces approfondie des stratégies
libère les ressources susceptibles interventions résident dans leur publiques et privées mises en
diversité de contenus, leur inégale
en réduisant les besoins et la répartition géographique,

et du relèvement. Le
développement résilient face aux
aléas du climat contribue à réduire des problèmes auxquels elles
la pauvreté tout en renforçant les
capacités des populations à
En définitive, il existe une résilience
intrinsèque considérable au sein
climatiques.
des communautés et les systèmes
Cette revue thématique réalisée sur de production de moyens de
les risques climatiques a permis subsistance semblent réagir à la
variabilité du climat et soutenir des
mobilisation des connaissances économies locales, nationales et
relatives à la problématique de la régionales dynamiques. Toutefois,
gestion de ces risques à tous les dans la plupart des cas de figure
rapportés par la documentation, les
moyens de subsistance
de divers ordres et portent sur les ssouffler et
aspects ci-après: deviennent encore plus vulnérables
en raison de la prévalence des
 la situation actuelle de
facteurs extérieurs qui échappent
au contrôle des communautés.
climatique, notamment pour
ce qui est des documents
de politiques et de et des questions émergentes, dans
Conclusion 81
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90 Gestion des risques climatiques


Annexe
Annexe 1: Les défis majeurs à considérer pour une approche de

Sahel

Types des défis Facteurs explicatifs

 Renforcement   Promouvoir un renforcement des


institutionnel et encore suffisamment considérés capacités institutionnelles impliquées dans
intégration de dans les politiques de réduction et la gestion des risques de catastrophe
de gestion des risques de au niveau sous-régional et national
sécurité alimentaire et catastrophes au niveau national et  Améliorer la participation des autorités,
nutritionnelle dans les sous-régional notamment au niveau local, dans la
politiques et système de  Système et pratiques de réduction programmation des interventions de
réduction et de gestion et de gestion des risques non
des risques de encore intégrés dans les politiques aux crises, ainsi que dans les activités de
catastrophe agricoles et de sécurité alimentaire réhabilitation et transition au
et nutritionnelle développement
 Encourager le développement de la
législation portant sur la gestion des
risques de catastrophe
 Analyse des risques et  Absence ou accès limité à des  Adopter des méthodologies communes
de la vulnérabilité données détaillées, fiables et
actualisées (sur la sécurité les risques considérés
alimentaire, la nutrition, la S
entre les ministères sectoriels
les modes de vies des différents  Intégrer les fonctions de collecte de
données et de rapportage aux processus
les mécanismes habituels
R
systèmes des semences, les opérationnels,
régimes fonciers, la santé  Consolider les acteurs nationaux
animale) impliqués
 Données pas toujours basées sur  Réaliser des études standards permettant
une analyse de genre
 Analyse biaisée de la situation sur et vulnérabilités dans la sous-région
le terrain et mauvaises
cartographies des risques et de la
vulnérabilité
 Déficit de la conception

rapides, ciblées et efficaces


  Faible accès à des systèmes  Diffuser les initiatives nationales et locales
précoce (SAP)
systèmes de connaissances erte précoce
traditionnelles  Renforcer les capacités des acteurs
D nationaux et locaux pour assurer la
vulnérabilités et de formulation des disponibilité de données fiables et de
plans de préparation et de qualité pour la prise de décisions
réponse adéquats  Mettre en place et utilisation de systèmes
D

potentielles
Annexe 91
des menaces comme les inondations, les
maladies et autres
 Bonnes pratiques de  Manque ou dispersion de  Renforcer la résilience des agriculteurs,
prévention et éleveurs, pêcheurs et forestiers
technologies et applications utiles  Appliquer des technologies et des
risques à pratiques agricoles appropriées, telles
systématiquement  Connaissance, appropriation et que la sélection de variétés résistantes
identifiées et diffusées utilisation limitée des technologies à la sécheresse, aux inondations,
les plus performantes D

 Conserver les fourrages, assurer la


gestion des ressources naturelles et
des écosystèmes
 Préparation aux  Faiblesse tant au niveau  Renforcer les capacités, à travers des
gouvernemental que activités de préparation spécifiques telles
communautaire des capacités de
préparation pour faire face à contingence et de modes opératoires
normalisés,
 Etablir des systèmes efficaces de
coordination entre les parties prenantes
 Préparer des lignes directrices sectorielles
et multisectorielles
 Coordination N A
s efficace entre tous les acteurs
interpellés par la problématique de  Mise à disposition de logistique pour
la sécurité alimentaire
 Incapacité des gouvernements
A
de déterminer les modalités et entre les secteurs pour assurer une action
globale et concertée
 Difficultés pour les agences  Etablissement, renforcement et
internationales de traduire leur fonctionnement de Clusters Sécurité
appui en engagements concrets Alimentaire au niveau sous-régional et
sur le terrain national
 ONG basées dans des endroits
spécifiques et donc limitées dans
leur capacité à servir de points
focaux pour la coordination à
grande échelle, la logistique et la

 Amélioration des liens  Rareté des "approches à plus  Traiter les priorités immédiates de sécurité
la long terme" pouvant compléter alimentaire et de développement durable,
réhabilitation et le les interventions humanitaires et en améliorant la productivité et la
développement de réponse aux crises et résilience
envisager des systèmes de  Appuyer les personnes vulnérables dans
sécurité sociale

subsistance durables, notamment pour


des populations vivant dans les pays en
situation de crise prolongée
 Appuyer les institutions pour faire face aux
crises prolongées

Source: adaptation des informations fournies par la FAO (2011-2013).

92 Gestion des risques climatiques


Gestion des risques climatiques 93
94 Gestion des risques climatiques
Gestion des risques climatiques 95
PRISE
Innovation, Environnement, Développement
en Afrique (IED Afrique)
24, Sacré- BP 5579
Dakar Fann SENEGAL
Tel. (221) 33 867 10 58
Courriel: [email protected]
Site web: www.iedafrique.org

www.prise.odi.org

Recherche pour des futurs résilients au climat

Ce travail a été effectué dans le cadre de l'Initiative de

Asie (IRCAAA), avec le soutien financier du Department for


International Development (DFiD) du Royaume Uni et le
Centre de Recherche en Développement International
(CRDI), Ottawa, Canada. Les opinions exprimées dans cet
ouvrage sont celles de leurs auteurs et ne représentent
pas nécessairement celles du Department for International
Development (DFiD) du Royaume Uni et le Centre de
Recherche en Développement International (CRDI) du
Canada ou, de son Conseil de gouverneurs.

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