Chapitre 2
Chapitre 2
1.1.2 La Convection
Un débit ou une circulation de liquide ou de gaz peut transporter avec lui une certaine quantité
d’´énergie thermique. Ce transport de chaleur porte le nom de CONVECTION thermique. Ce
transport de l’énergie par un ´écoulement est analogue au transport d’autres quantités scalaires
(non vectorielles) : transport d’une concentration de sel par de l’eau, transport de l’humidité par
l’air, ... On retiendra donc que dans la convection, la chaleur se sert du fluide comme véhicule
pour se déplacer. Sans entrer dans les détails, notons qu’il existe deux types de transferts
convectifs :
La convection forcée dans laquelle l’écoulement du fluide est forcé par un dispositif
mécanique quelconque (pompe ou gravité pour un liquide, ventilateur pour de l’air).
La convection naturelle: lorsqu’il existe une différence de température entre deux points
d’un fluide, le fluide chaud, qui aura une masse volumique plus faible que le fluide froid
aura tendance à monter sous l’effet de la poussée d’Archimède.
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Il y aura ainsi circulation naturelle du fluide sous l’effet de la chaleur qui, par ailleurs, sera
transportée avec lui : on parle de convection naturelle. Si l’on prend l’exemple d’un chauffage
domestique, l’eau chaude qui arrive dans les radiateurs circule par convection forcée, entretenue
par le circulateur (petite pompe située dans la chaufferie) tandis que l’air des pièces de la maison
circule par convection naturelle depuis le radiateur autour duquel il s’échauffe jusqu’au plafond
vers lequel il s’élève avant de redescendre pour former un circuit fermé.
1.1.3 Le rayonnement
La chaleur du soleil frappe pourtant notre planète alors qu’il n’y a aucun support solide,
liquide ou gazeux au-delà de l’atmosphère terrestre. Ceci signifie donc que l’énergie thermique
peut tout de même traverser le vide. Ce mode de transfert s’appelle le rayonnement. Il
correspond à un flux d’ondes électromagnétiques émises par tout corps, quelle que soit sa
température. Comme on l’imagine, le rayonnement électromagnétique est d’autant plus élevé
que sa température est grande.
Comme pour la conduction, ce sont les interactions entre atomes et molécules qui sont à l’
origine de ce rayonnement. Elles peuvent le générer, ce qui diminue leur énergie, ou encore
l’absorber, ce qui l’augmente. De par sa nature, le rayonnement n’intervient que dans les
milieux transparents (gaz, verre, vide) ou semi-opaque (gaz + fumées de CO2, gaz + vapeur
d’eau).
1.2 Combinaison des différents modes de transferts
Dans beaucoup de situations, il y a coexistence de 2 ou même 3 des modes de transferts
thermiques décrits précédemment. Fort heureusement, il est fréquent qu’un mode soit
prépondérant et simplifie l’analyse. Avant de finir ce paragraphe, signalons que certains
échanges de chaleur s’accompagnent d’un changement d’état (vaporisation, condensation,
fusion, congélation).
Ces phénomènes se comportent alors comme une source (ex. de la condensation) ou un puits
de chaleur (ex. de la vaporisation). Le dessin de la figure (1) qui représente une fenêtre à double
vitrage synthétise l’ensemble des exemples cités.
2. La Conduction de la chaleur
Rappelons que la conduction est le seul mode de transfert de chaleur possible dans un solide
(sauf pour quelques solides transparents comme le verre qui laissent passer un rayonnement
électromagnétique). C’est un mode de transfert sans transport de matière.
2.1 Loi fondamentale de la conduction (Enoncé de la loi de J. Fourier)
Considérons le montage de la figure 2 (une plaque métallique plane D, de surface S et
d’épaisseur e). Imposons une différence de température T1 – T2 = T0 entre les deux faces non
isolées : un flux de chaleur 𝛷0 circulera. Doublons cette différence de température : un flux égal
à 2 𝛷0 circulera alors.
Pour une valeur donnée de l’écart de température, remplaçons la plaque par un matériau
différent. La valeur du flux en sera affectée. Ceci donne l’intuition que le flux qui circule par
conduction est proportionnel à la différence de température (T0) et à l’aptitude du matériau à
conduire la chaleur.
En 1811, le mathématicien et physicien Français, Jean Baptiste Joseph Fourier propose une
formulation locale de cette loi, donc valable en tout point :
. grad T
.
(1)
Qui relie la densité de flux en (W.m−2) à la conductivité thermique λ du matériau (W.
m−1.K−1) et au gradient local de température. Le signe (−) de la loi de Fourier résulte d’une
convention qui rend positif un flux de chaleur s’écoulant du chaud vers le froid, donc dans le
sens d’un gradient négatif.
La loi de J. B. Fourier (1812) peut se traduire comme suit : «En tout point d’un milieu isotrope,
la densité de flux thermique instantané, est proportionnelle à la conductivité thermique du milieu et
au gradient de température»
Dans l’équation (1), la conductivité thermique est supposée être un scalaire constant. C’est
le cas des solides homogènes et isotropes. Il existe cependant de nombreux cas ou la
conductivité thermique dépend des propriétés d’orientation du solide (cristal, matériau déposé
en couches minces, matériau fibreux etc., ...). La conductivité thermique devient alors un
tenseur et la loi de Fourier généralisée s’exprime par :
. grad T
.
(2)
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Puisque nous ne considérons que la conduction comme mode de transfert, ce bilan traduira le
fait que le flux conductif qui est entré à travers la surface S n’a servi qu’à chauffer ou refroidir
la masse de solide contenue dans le volume V. En prévision de nombreuses situations que l’on
verra ultérieurement, envisageons également la possibilité que ce volume V contiennent des
sources internes de chaleur, q en W.m−3 comme par exemple une résistance électrique libérant
de la chaleur par effet Joule ou encore une source radioactive pour un problème de conduction
thermique dans un cœur de réacteur. On écrit donc
. T
.ndS q.dv . grad T .dS q.dv C dv
S V S V V
t
Le signe − dans le calcul du flux tient au fait que l’on fait un bilan dans le sens opposé à la
normale n . Par ailleurs, la dérivée partielle de la température est due au fait que T est une
fonction de plusieurs variables : T (x, y, z, t).
L’utilisation du théorème d’Ostrogorski permet d’écrire :
.
T
V . grad T ] q dv V C t dv
div[ (5)
Cette relation étant valable quel que soit le volume V, on obtient l’équation de chaleur en régime
transitoire :
. T
div . gradT q C (6)
t
Plusieurs cas particuliers allègent cette équation :
T
Régime permanent : la température ne varie pas en fonction du temps. De ce fait
t
0 et l’´équation de la chaleur (6) devient :
.
div . gradT q 0 (7)
Absence de sources de chaleur : on a ici ” équilibre ” entre l’apport de chaleur par
conduction dans le solide et son échauffement :
. T
div . gradT C (8)
t
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La conductivité λ constante : en dehors des solides anisotropes, λ est une constante. Dans ce
cas, on peut donc le sortir de l’opérateur div et la loi de Fourier devient :
q 1 T
T (10)
a t
Le rapport a= λ /ρCp est appelé la diffusivité thermique (m2.s-1) qui caractérise la vitesse de
propagation d’un flux de chaleur à travers un matériau.
x r cos
Soient : y r sin
z z
1 T 2T 1 T 2 2 z q
a t r
2
r r 2 z 2
Système de coordonnées cylindriques
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1 2 rT 1 T
2 sin
1 T r r
2
r sin q
a t 1 2
T
2
r sin 2 2
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1 R2 dr 1 R
La résistance thermique totale de ce cylindre est : Rth
2 ..L 1 r
R
ln 2
2 ..L R1
Considérons une sphère creuse homogène de rayon interne R1 et de rayon externe R2. Les
surfaces interne et externe sont maintenues à la température T1 et T2, respectivement.
1 R2 dr 1 1 1
La résistance thermique totale dans ce cas est : Rth
4 .. R1 r 2
4 .. R1 R2
2.3.4 Association de résistances thermiques
Résistances en série
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La résistance thermique d’un mur, composé de plusieurs matériaux différents (avec des
conductivités thermiques différentes), est égale à la somme des différentes résistances
thermiques des matériaux du mur :
n
Rthq Rthi (14)
i 1
Résistances en parallèle
La conductance thermique totale du dispositif composé de matériaux différents (Figure .8), est
égale à la somme des conductances thermiques des matériaux, calculé par :
n
1 1
(15)
Rthq i 1 Rthi
T ( x 0) T1 T T2
Donc : T ( x) 1 x T1 (16)
T ( x e) T2 e
Le profil de température est donc linéaire. La densité de flux de chaleur traversant le mur s’en
T T2
déduit : 1 (17)
e
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2.5.1 Concept de facteur de forme entre deux surfaces isothermes (surfaces équivalentes)
Dans les systèmes bidimensionnels ou tridimensionnels où n’interviennent que deux
températures limites T1 et T2, on montre que le flux de chaleur peut se mettre sous la forme :
.Ft .(T1 T2 ) (18)
Avec :
λ : Conductivité thermique du milieu séparant les surfaces S1 et S2 (W m-1 K-1)
T1 : Température de la surface S1 (K)
T2 : Température de la surface S2 (K)
Ft : Coefficient de forme (m)
Le coefficient de forme Ft ne dépend que de la forme, des dimensions et de la position relative
des deux surfaces S1 et S2.
Les valeurs de (Ft), peuvent être déterminées pour différentes géométries.
Avec :
h : conductance spécifique du milieu considéré, souvent appelé coefficient d’échange ou
Coefficient de surface ou plus simplement coefficient de convection.
S : l’aire perpendiculaire au flux de chaleur
TS : La température de la surface « léchée » par le phénomène de convection
T∞ : la température du fluide « au large » (c’est -à-dire loin de la surface)
h s’exprime en W.m-2.K-1
Cette relation, permet d’exprimer globalement le phénomène de convection. h est souvent
considéré comme constant toutefois, il faut savoir qu’en fait h dépend : du point où l’on est de
l’état de surface et de la géométrie du système de la vitesse du fluide et de ses propriétés
physiques de la différence de température Ts −T∞.
h est donc une grandeur globale, complexe et variable.
Remarque : La différence majeure entre les deux expressions, et par voie de conséquence entre
la conductivité thermique λ de la loi de Fourier, et la conductance thermique spécifique h de la
loi de Newton, tient à ce que la conductance thermique, contrairement à la conductivité, est
éminemment variable, dépendant d’un très grand nombre de paramètres. On peut citer, la
vitesse d’écoulement du fluide U, sa masse volumique, sa viscosité, sa chaleur massique CP,
mais aussi sa conductivité thermique λ, de la géométrie et de la configuration retenue, de la
nature de l’écoulement (laminaire ou turbulent, Figure 9a & 9b), de la température, etc.
En bref, il n’existe pas de table fournissant des valeurs de la conductance h, comme celles de la
conductivité thermique, et chaque cas doit donc être étudié de manière séparée. Finalement
l’équation (19) est particulièrement rudimentaire
Figure.9 : Notion d’écoulement laminaire (a) pour une faible vitesse du fluide en mouvement
ou bien turbulent (b) pour une vitesse plus grande du fluide
Notons que dans cette partie des rappels de cours, nous nous limiterons à décrire des problèmes
de convection dans les convertisseurs électro-énergétiques. En effet, de nombreuses
configurations qui relèvent de la convection forcée, se déroulent pour des géométries confinées.
Par exemple, le cas d’une conduite cylindrique, avec un écoulement de liquide à l’intérieur. Cas
des entrefers dans des machines électriques, l’échange avec l’air environnent ...
3.1 Coefficient de transfert par convection
Lorsque l'on examine (par exemple) le champ de température dans un solide entouré par un
fluide, on voit bien que l'on ne peut pas résoudre complètement le problème : il faudrait calculer
l'écoulement lui-même, ce qui est souvent quasi impossible. On peut, pour simplifier le
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problème thermique, définir le coefficient d'échange " h " qui traduit de manière empirique les
échanges de chaleur de l'intérieur (ici le solide) avec l'extérieur (ici le fluide). On posera par
définition que le flux à la paroi du solide est relié à l'écart entre la température de surface du
solide et la température moyenne extérieure.
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d'échange thermique h, est liée à cette analyse sans dimension décrite ci-dessus. Il est
directement lié au nombre de Nüsselt.
3.2 Calcul du coefficient d’échange par convection dans les machines électriques
Dans le cas de la Figure. III.10, où le cylindre interne est en rotation, l'entrefer peut être modélisé
comme une lame d'air. Pour établir des relations permettant le calcul du coefficient d'échange
convectif dans la région fluide qui est déterminée par l’entrefer, nous avons recours à une analyse
introduisant les nombres sans dimension suivant :
V .e e
Re et Ta Re
R
Ta est le nombre de Taylor, Re le nombre de Reynolds et v est la vitesse de la billette. Les
valeurs du nombre de Nüsselt qui en résulte sont :
N u 2.2 Si Ta 40
N u 0.212.Ta
0.63
.Pr
0.27
Si 40 Ta 100
N u 0.386.Ta .Pr
0.5 0.27
Si Ta 100
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N u air
Le coefficient d'échange h sera : h
e
Dans le cas des géométries sous forme cylindriques la détermination du coefficient d'échange
convectif h est évalué avec des relations utilisées généralement pour les machines électriques
tournantes. Dans ces dernières l'entrefer, du point de vu thermique, est considéré comme une
mince couche d'air confinée entre deux cylindres. Comme les structures géométriques étudiées
dans cette partie sont en forme planaire (Figure.11), les relations donnant le coefficient
d'échange thermique des configurations cylindriques ne sont plus valables dans ce cas.
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Convection forcée
La convection forcée : dans ce cas, une vitesse de déplacement est imposée au fluide pour
assurer une circulation. Elle est obtenue volontairement par une source de pression ou de débit.
A/ Lorsque la pièce à chauffer est en mouvement de translation dans un espace confiné
(entrefer), le coefficient d'échange thermique entre deux parois se distingue en fonction du
régime d'écoulement.
U .d
et Re , Pr
a
Où d est la distance entre les deux parois (entrefer) qui sépare la pièce à chauffer (mobile) et
l'inducteur.
B/ Dans le cas où la pièce est en mouvement dans un espace libre (non confiné), le
coefficient d'échange h peut être évalué comme :
- Pour un régime d'écoulement laminaire : Re < 2000
2
h air Re Pr
1/ 2 1/ 3
3 L
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Il existe plusieurs configurations d’ailettes (voir figure ci-dessous), dont le choix, dans la
pratique, est conditionné par de nombreux critères : l’espace disponible dans le système, le
poids, la facilité de fabrication, les coûts…Il faut également prendre en compte la perturbation
de l’écoulement engendrée par la présence des ailettes (pertes de charge). La figure (13) montre
quelques Exemples de systèmes à ailettes utilisés dans différents secteurs d’applications.
Figure 13 : différents types d’ailettes : (a) ailette droite à section constante, (b) ailette droite à
section variable, (c) ailette annulaire, (d) ailette en forme d’aiguille à section variable
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Donc, les correspondances évidentes entre les grandeurs électriques et thermiques sont :
− Conductivité : σ (T) <=> k(T) ;
− Potentiel U température T ;
− Intensité de courant J densité de flux conductif φ.
Dans les deux cas, les isothermes (équipotentielles) sont normales aux lignes et aux tubes de
flux (lignes et tubes de courant).
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