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Fouille rocheuse pour Sault-Brénaz

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exécution d’une fouille profonde

en rocher pour l’usine hydro-électrique de Sault-Brénaz


rock excavation for Sault-Brénaz hydroelectric powerhouse

G. LOMBARD - J.C. ROSOLEN*


P. BRIGLIA**
F. VANDAME***

Résumé
La réalisation de l'aménagement hydro-électrique de Sault-Brénaz a nécessité le
creusement d'une touille rocheuse de 35 m de profondeur à parois verticales, de
dimensions suffisantes (70 m x 40 m) pour servir d’assise à l'usine.
Des études géologiques de détail et des études d'hydrogéologie ont permis de
trouver des solutions aux problèmes posés par les soutènements, les venues
d'eau et l'environnement.
Les travaux, qui ont comporté l'excavation de 250 000 m3de déblais rocheux à
l’explosif, ont été effectués en six mois. Les parois verticales ont été prédécou­
pées, puis consolidées par boulonnage. Un dispositif d'auscultation a permis de
vérifier la stabilité du massif calcaire et de détecter le glissement local d'un banc
qui a pu ainsi être purgé à temps. Une partie des déblais rocheux a pu être récu­
pérée pour réaliser les protections de berge de l’aménagement.

Abstract
To achieve the hydro-electric scheme of Sault-Brénaz, it was necessary to dig a
35 m depth rock excavation with vertical sidewalls, large enough (70 m x 40 m) to
accomodate for the power plant.
Detailed geological and hydrogeological studies brought solutions to support
design, water seepage and surroundings problems.
Works including 250.000 m3 of rockblasting were completed in six months. Fine
presplitting technics were used for vertical sidewalls, together with rockbolting
support.
A monitoring device allowed checking of limestone walls stability and brought evi­
dence of local slipping of one limestone-bed which was therefore cleared out on
time. Part of rock spoil was reused as rip rap along the banks.

* Compagnie nationale du Rhône. 2, rue André-Bonin, 69316 Lyon Cedex 04.


** Bureau de recherches géologiques et minières, 43, boulevard du 11-Novembre, BP 6083, 69604 Villeurbanne Cedex.
*** Entreprise Razel, Christ de Saclay. BP 109, 91403 Orsay Cedex.
68
SAULT-BRENAZ

N° 35
REVUE FRANÇAISE DE GÉOTECHNIQUE
Fig. 1. — Plan de l'aménagement.
EXÉCUTION D'UNE FOUILLE PROFONDE EN ROCHER 69

1. INTRODUCTION canons à parois presque verticales, de faible largeur


mais dont la profondeur peut atteindre 60 à
L’aménagement de Sault-Brénaz ; que réalise actuelle­ 100 mètres.
ment la Compagnie Nationale du Rhône, intéresse un
tronçon du Rhône situé entre 60 et 90 km à l’amont de C’est sur de tels dômes que les fouilles des ouvrages
Lyon. (barrage et usine) ont été ouverts.
Il s’agit d’un aménagement de basse chute qui com­
prend essentiellement (fig. 1) :
2.2. Études géologiques préalables
— un barrage mobile, implanté en rive droite du
fleuve, permettant de relever d’environ 6 m le niveau A la fin du siècle dernier, le problème du franchisse­
d’étiage de manière à créer une retenue de 28 km de ment des saults par la navigation avait été réglé par la
longueur, endiguée dans sa partie aval ; construction d’une écluse, qui a été utilisée régulière­
ment jusqu’en 1928.
— une courte dérivation en rive gauche permettant de
court-circuiter un tronçon du fleuve dans lequel des Le site a ensuite intéressé l’industrie hydro-électrique et
affleurements rocheux créent une zone de rapides (les les premières reconnaissances remontent à 1945.
«Saults ») ;
Les premiers projets comportaient la construction
— une usine hydro-électrique, implantée sur cette d’une usine barrage dans le lit du fleuve, fondée sur
dérivation, équipée de deux groupes à axe horizontal l’un des seuils rocheux qui barrent le Rhône à l’amont
du type bulbe capables d’absorber chacun un débit de du pont de Sault-Brénaz : Petit Sault ou Grand Sault.
350 m3/s sous une chute moyenne de 7,50 m ;
Autour de 1955, une prospection de la rive gauche,
— divers travaux de rétablissements de communica­ notamment par des méthodes sismiques complétées
tions. de protection contre les crues et d’insertion dans par un certain nombre de sondages carottés, et un
le site. lever topographique précis ont permis de mettre en
évidence, l’existence d’un canon profond et de définir
Le barrage est fondé en rive droite du Rhône sur un en conséquence le tracé du canal d’amenée et
môle rocheux. l’implantation approximative de l’usine sur un môle
rocheux situé entre le Rhône et le canon (fig. 5).
L’usine, située en rive gauche à proximité du pont de
Sault-Brénaz, est assez profondément encastrée dans Des risques de circulation d’eau dans le calcaire ont été
un massif de rocher calcaire (fig. 2). signalés dès cette époque (rapports géologiques de
JACOB et GIGNOUX).
Ce sont essentiellement les problèmes liés à la réalisa­
tion de cette fouille rocheuse (250 000 m3) qui sont Le projet a été repris à partir de 1979 et une campagne
présentés ci-après. complémentaire de sondages a été effectuée dans le
but d’améliorer la connaissance des caractéristiques du
rocher et de préciser la topographie du relief calcaire
2. RECONNAISSANCE ET ÉTUDES avec ses dômes et ses canons dissimulés par la couver­
ture alluvionnaire.
2.1. Contexte géologique Les résultats de cette campagne ont permis de préciser
l’implantation des ouvrages en tenant compte égale­
Le site du projet de Sault-Brénaz se trouve dans le ment de considérations relatives au rétablissement de
domaine jurassien de l’«Île Crémieu». Il s’agit d’une la R.N. 75 et de la route d’accès au pont de Sault-
table calcaire du Jurassique inférieur, très faiblement Brénaz. au déplacement des installations d’une entre­
pentée vers le Sud-Est et limitée à l’Est par la faille de prise locale de traitement de matériaux de construc­
Villebois, qui la sépare du Jura plissé, situé en rive tion, et du souci de minimiser le volume des déblais
droite du Rhône. rocheux.
Le Rhône a entaillé ce plateau suivant une direction L’usine se trouve ainsi implantée à l’extrémité aval
S.S.-E.-N.N.-O. recoupant les couches calcaires des d’une sorte de plateau rocheux affleurant le terrain
étages bathonien et bajocien. Des barres rocheuses, naturel, et se terminant par des falaises en formes de
qui correspondent au franchissement de ces calcaires, marches d’escalier. Elle constitue un massif en béton
entravent l’écoulement des eaux et pour certains débits armé de 40 m de largeur et de 70 m environ dans le
apparaissent des «saults » torrentiels, d’où tirent leur sens amont aval, fondé à 170 N.G.F. soit 35 m au-
nom la commune et l’aménagement. dessous du toit du rocher.
La géologie est simple dans ses grandes lignes mais, à A l’amont, la partie terminale du canal d’amenée dont
l’échelle des ouvrages, la morphologie du toit du le fond est à 192 N.G.F. est creusée dans le rocher sur
rocher est compliquée du fait de l’érosion sous- une longueur de 120 m. A l’aval de l’usine, le rocher
glaciaire. Le relief a été en partie fossilisé par des plonge rapidement et le canal de fuite dont la longueur
dépôts d’alluvions ; il se caractérise par la présence de n’est que de 300 m est presque entièrement creusé
dômes calcaires, profondément entaillés par des dans les alluvions, avec un plafond à 186,50 N.G.F.
70 N° 35 REVUE FRANÇAISE DE GÉOTECHNIQUE

Les observations piézomètriques dans les alluvions • la sismique réfraction a été utilisée à partir d’un tir
montrent que le niveau de la nappe est très sensible en forage à 36 mètres de profondeur, soit à 20 mètres
aux variations du Rhône, autour d’une côte moyenne sous le toit du calcaire. A partir de ce forage seize pro­
de 196 N.G.F. fils de six géophones et quatre profils de douze géo­
phones étaient dressés de manière radiale. Ce disposi­
tif a permis d’éviter les effets liés à la diffraction des
2.3. Études de la fouille. ondes lors de fortes ruptures de pentes.
Objectif et méthodologie • en liaison avec l’étude de fracturation afin de valori­
ser au mieux les forages, des diagraphies instantanées
A l’issue de ces premières études, deux problèmes (vitesse d’avancement), des diagraphies différées
essentiels d’exécution sont apparus : (diamétreur, neutron, gamma-gamma-gamma-ray)
ont été réalisées. Cela a permis d’identifier les disconti­
— forme à donner à la fouille rocheuse de manière à nuités en forages et notamment celles qui étaient
diminuer le volume de déblais pour des raisons de potentiellement aquifères (fig. 2).
délais, et aussi d’emprises.
— disposition à adopter vis-à-vis des venues d’eau Grâce à cette identification, les forages ont pu alors être
compte tenu du fait que le fond de fouille se situe à équipés en piézomètres ponctuels (à chambre isolée)
25 m environ au-dessous du niveau du Rhône et se au droit des discontinuités reconnues.
développe pour partie dans le dôme calcaire et pour L’étude de la fracturation a été effectuée essentielle­
partie dans les alluvions modernes. ment sur l’affleurement dans des carrières voisines qui
Un problème connexe était de récupérer le plus possi­ recoupent les faciès calcaires rencontrés par l’excava­
ble de blocs rocheux pour les protections de berges tion.
(10/100 kg et 100/400 kg). Ces affleurements ont été systématiquement levés en
Il était donc nécessaire de connaître les caractéristiques repérant toutes les discontinuités et leurs caractéristi­
mécaniques et hydrauliques du matériau et pour cela ques : type d’élément structural, direction, pendage,
on a réalisé successivement : épaisseur de la discontinuité, nature du remplissage,
continuité, degré d’ouverture libre, venue d’eau, écar­
• une étude géologique de détail permettant de définir tement des fractures, rugosité.
le plus finement possible la topographie du calcaire L’ensemble de ces données a été traité par ordinateur à
sous les alluvions et de classer en faciès les terrains tra­ l’aide d’un programme de tri permettant une pondéra­
versés d’après leur lithologie,
tion et des sorties automatiques de diagrammes de
• une étude de fracturation sur affleurement pour SCHMIDT avec courbes d’égales densité.
apprécier les conditions de stabilité des parements A l’aide de ces diagrammes, les principales familles de
rocheux globalement et par faciès et approcher une discontinuités ont été définies, et une évaluation de la
perméabilité du milieu rocheux, globalement et par perméabilité induite par la fracturation a été réalisée,
faciès. en tenant compte de ce que la perméabilité d’une frac­
• une étude d'hydraulique souterraine pour appro­ ture dépend, grossièrement, du cube de son épaisseur,
cher la perméabilité en grand du milieu rocheux, simu­ de sa continuité, de la nature de son remplissage. Il a
ler les écoulements et évaluer l’effet sur les venues fallu évidemment éliminer les fractures importantes qui
d’eau d’un éventuel écran étanche dans les alluvions, correspondent à des venues d’eau localisées. La per­
voire d’un voile dans le rocher. méabilité de la matrice rocheuse trouvée ainsi par le
calcul varie de 10 - 2 m/s à 10 -4 m/s. Pour les familles
• une étude des caractéristiques mécaniques des principales les espacements entre fractures moyens cal­
matériaux pour examiner les conditions d’abattage et culés sont de l’ordre du mètre ce qui indique un réseau
de soutènement et définir les méthodes de réalisation, très serré.
globalement et par faciès.
L’étude d'hydraulique souterraine a consisté dans un
premier temps à évaluer la perméabilité en grand du
massif calcaire au moyen de quatre essais de pompa­
2.4. Moyens mis en œuvre pour les études et ges de longue durée (48 à 70 heures environ).
résultats obtenus L'influence des pompages était observée sur les forages
équipés en piézomètres ponctuels. L'ensemble de
L'étude géologique de détail a comporté une synthèse l’essai était enregistré.
des renseignements fournis par les forages et sondages
existants et par des levés géologiques sur affleure­ Les résultats obtenus ont été les suivants :
ments, une reconnaissance géophysique et une recon­
naissance complémentaire par forages destructifs avec • puits n° 1 : 5 10 - 5 m/s ;
enregistrement de paramètres et sondages carottés au
droit de la fouille projetée. • puits n° 4 : 1,3 10 -5 m/s ;
Deux aspects particuliers des reconnaissances méritent • puits n° 3 : 2 10-4 m /s ;
d’être soulignés : • puits n° 2 : 1 10-4 m/s.
EXÉCUTION D'UNE FOUILLE PROFONDE EN ROCHER
Diagraphies instantanées LUTZ : la vitesse d'avancement Diagraphie gamma-gamma : la sonde effectue un comp­
est reportée à grande échelle sur la droite, et à plus petite tage des collisions entre les rayons gamma émis par la source
échelle sur la gauche. La courbe intermédiaire représente la et les électrons contenus dans le terrain en place.
pression de poussée sur l’outil.
10 C.P.S. = densité 2,6
Diagraphie gamma-ray : indication sur la teneur en argile 60 C.P.S. = densité 2.
du milieu par comptage des atomes d'uranium, de thorium et
de potassium (radioactivité naturelle). Diagraphie diamétreur : le diamétreur signale de manière
nette sur fracture à 29 m de profondeur environ, avec des
Diagraphie neutron : la sonde effectue un comptage d'ato­ lèvres écartées de 50 mm à la paroi du forage et pratique­
mes d’hydrogène qui permet d'avoir la teneur en eau des ment refermées à 25 mm au-delà de la paroi du forage. Noter
terrains en place (donc la porosité). aussi au-dessus de 26 m la présence du tube P.V.C.
1 000 A.P.I. = calcaire de porosité 19 %
1 800 A.P.I. = calcaire de porosité 2 %

71
Fig. 2. — Exemple de valorisation d'un forage par diagraphies.
72 N° 35 REVUE FRANÇAISE DE GÉOTECHNIQUE

TABLEAU I
Critères d'identification géologique et de classification géotechnique des calcaires de Sault-Brénaz - faciès n° 8.
Étage Bajocien Jla
Géologie

Lithologie Calcaire plus ou moins grossier à entroques


(«taille» des carriers)
Épaisseur 10,50 à 7,50 m
Bancs 10 à 50 cm, bien marqués, compacts
Densité sèche 2,62 (8 mesures)
iden-
tif.

Porosité avant gel 2,85 % (8 mes.) après gel 4,05 % (4 mes.)


Résistance à la compression
Rc en MPa 106 (3 essais)
Résistance à la traction
(brésilien) Rtb en MPa avant gel : 6,0 (4 essais) après gel 4,9 (4 es.)
mécaniques
Propriétés

Module E en MPa 60 000


Module dynamique Ed en MPa
Géotechnique

Indice Franklin It en MPa Nbre essais 51 It diamétral 4,26 It axial 6,36


avant gel 5,587
Vitesse sismique VI In situ : 5 000 m/s en labo après gel 2,977

Indice de qualité* avant gel : 86 % après gel : 46 %


35,4 (10/14 mm)
Sensi­

Fragmentation dynamique FD avant gel : 37 ( 4/6,3 mm) après : 40,4 (4/6,3 mm)
bilité

Gélivité Rtb : 0,82 VI : 0,53 FD : 1,09


R.Q.D. Nb mesures : 97 moyenne : 92,2 écart type : 13,5
Fractu­
ration

Fracturation in situ N.10-70 à 90W - N.110-60 à 90W - N.140-60 à 90W


Distance interfracturale
* L'indice est calculé à partir de la vitesse des ondes dans le cristal de calcite (6 500 m/s).

Un doute subsistait cependant pour les puits 3 et caire était isotrope, descendre le voile à 50 m en des­
2 compte tenu de la présence d'alluvions en partie sous du niveau du fond de fouille.
supérieure susceptibles d'alimenter verticalement le
puits malgré l’existence d’un bouchon. Des essais LUGEON ont pu être réalisés ultérieure­
ment dans deux forages, ils ont fait apparaître deux
zones dans le massif calcaire : de 0 à 35 m de profon­
A la suite de ces pompages et des indications de l’étude deur la perméabilité est de l’ordre de 10 - 4 m/s ; de 35
de fracturation, une première série de calculs analyti­ à 50 m la perméabilité est plus homogène et plus fai­
ques a été faite à partir des formules de SCHNEEBELI. ble, de l’ordre de 2 10 -6 à 4 10 - 7 m/s.
La valeur la plus probable du débit total a été obtenue
en affectant un poids de 60 % à la perméabilité de En tenant compte de ces nouvelles données et sans
10 -5 m/s et 40 % à la valeur 10 -4 m/s pour les cal­ voile étanche dans le calcaire, la valeur fournie par la
caires, et pour les alluvions un poids de 60 % à simulation numérique n’est plus que de 1 300 m3/h.
10 - 3 m/s et de 40 % à 10 -4 m/s. Le débit estimé
atteindrait ainsi 12 500 m3/h ce qui est considérable. Parallèlement à ces calculs de débits en perméabilité
On a ensuite étudié le cas où la traversée des alluvions équivalente, l’accent a été mis sur la présence éven­
serait entièrement obturée par une paroi étanche et où tuelle de conduits karstiques susceptibles de se décol­
les venues d’eau ne se feraient qu’à travers le rocher ; mater pendant les terrassements et de donner lieu à
le débit calculé tombe alors à 3 600 m3/h. des venues d’eau supplémentaires.
Pour estimer l’influence d’un voile étanche dans les cal­ La caractérisation mécanique des matériaux a con­
caires, un modèle aux éléments finis axisymétrique sisté à établir pour chacun des faciès identifiés recoupés
bidimensionnel a été élaboré. Ce modèle a fait apparaî­ par le terrassement «une carte d'identité » complète
tre que pour réduire de moitié le débit de pompage le (exemple tableau I) à partir des observations faites sur
plus probable, c’est-à-dire pour obtenir un débit calculé le terrain et des résultats des essais de laboratoires sur
de 1 800 m3/h, il faudrait, si la perméabilité du cal- carottes (de sondage ou d’affleurement).
EXÉCUTION D UNE FOUILLE PROFONDE EN ROCHER 73

Les faciès intéressant la fouille de l’usine sont au nom­


bre de 6 (faciès nos 6 à 11) ; les faciès supérieurs (nos 1
à 7) correspondent à d’autres ouvrages dans l’aména­
gement.
Une attention particulière a été portée sur la gélivité de
la roche et sur sa fracturation à l’échelle micro et
macrostructurale.
En tenant compte des éléments structuraux trouvés ci-
avant cette caractérisation a permis d’établir deux
classifications :
La première concerne l'abattage à partir du R.Q.D.,
pourcentage des morceaux de carotte dont la longueur
est supérieure à 10 cm (rock quality designation) et à
partir de l’indice Franklin, (It.), résistance sous charge
ponctuelle de la roche (fig. 3).
L’ensemble des faciès calcaires étant classé en B (com­
pact fracturé) l’abattage doit être réalisé à l’explosif
mais avec prédécoupage et découpage soignés.
L'autre concerne le type de soutènement, à partir du
degré de fracturation au niveau du massif et d’un cri­
tère de hauteur des parois (fig. 4). En effet, le R.Q.D.
établi à partir de sondages verticaux ne tient systémati­
quement pas compte des discontinuités subverticales
pourtant les plus importantes vis-à-vis de la stabilité des
parois de l’excavation.
Au vu de cette classification, l’ensemble de la fouille,
compte tenu de sa hauteur, doit être soutenue par bou­
lons (densité et longueur suivant fracturation) dans les
parties ultérieurement bloquées par la construction de
l’ouvrage, et par boulons et treillis soudé associé à du
béton projeté dans les zones où le rocher constitue le
parement définitif.
Un calcul de stabilité prenant en compte les principales
familles de discontinuités a conduit à recommander
l’emploi de boulons passifs 0 25 mm à scellement
réparti de 5 m de long en tête de fouille, puis de 3 m
de long sur le reste du parement avec une densité de
1 boulon par 4 m2.

CLASSF.
DE TERRAIN NATURE DU TERRAIN MODE D’ABATTAGE

A Compact, peu fracturé Excavation à l’explosif


Compact, fracturé Excavation à l’explosif
B ou avec prédécoupage
moyennement résistant ou découpage soigné
Excavation mécanique au ripper
Compact très fracturé Dislocation éventuelle à l’explosif
C ou Finition au brise roche hydraulique
très peu résistant ou
Excavation à la machine à attaque ponctuelle

Fig. 3. — Diagramme de classification des sous-faciès pour l'exécution des terrassements.


74 N° 35 REVUE FRANÇAISE DE GÉOTECHNIQUE

En outre cette caractérisation a permis d’indiquer que


les matériaux calcaires seraient récupérables pour des
usages de type remblais ou protection. Toutefois
l’importante microfissuration et la sensibilité au gel et
aux chocs, mise en lumière par les essais, inciteraient à
la prudence vis-à-vis du taux de récupération à espérer
selon la granularité demandée.

3. PROBLÈMES POSÉS PAR LE PROJET


Le problème posé par le projet était de réaliser en toute
sécurité, dans le minimum de temps, avec le minimum
de surface d’emprises et à proximité d’une zone habi­
tée, une fouille rocheuse de 35 m de profondeur de
dimensions suffisantes (70 m x 40 m) pour servir
d’assise à l'usine projetée, en tenant compte en outre
des contraintes liées à la présence d’une nappe phréati­
que et de l’intérêt de récupérer les matériaux extraits
pour servir de protections de berges sur l’aménage­
ment.

3.1. Exiguïté du site


Pour libérer le site il a fallu dévier la R.N. 75 de
manière à la faire passer le plus près possible des escar­
pements de rive gauche, et établir, entre cette voie et le
pont de Sault-Brénaz, une liaison provisoire compre­
nant un passage inférieur qui évite les croisements
entre circulation publique et circulation de chantier.
La largeur disponible entre la R.N. 75 déviée et
l’ancienne écluse de Sault-Brénaz ne dépasse cepen­
dant pas 150 m ; il est apparu souhaitable de raidir le
plus possible les talus de la fouille rocheuse pour
conserver des plates-formes pour installations de chan­
tier.

Cela conduit à la classification suivante :


ZONE MODE D’EXÉCUTION SOUTÈNEMENT
I Tir traditionnel rocher nu

II Tir avec prédécoupage ou


découpage soigné rocher nu

Tir avec prédécoupage ou


III découpage soigné et/ou réglage Boulonnage (densité et longueur
au brise-roche hydraulique des boulons suivant fracturation)

Tir avec prédécoupage ou Boulonnage + treillis soudé


IV découpage soigné et/ou réglage (densité et longueur des boulons
au brise-roche hydraulique suivant fracturation)
En cas de venues d’eau en classes III et IV, l’utilisation de béton projeté ou de résine projetée est à prévoir.

Fig. 4. — Diagramme de classification géotechnique pour la tenue des parois,


le mode d'exécution et le soutènement.
EXÉCUTION D'UNE FOUILLE PROFONDE EN ROCHER 75

3.2. Précautions contre les venues d’eau C’est ce principe qui a été proposé aux entreprises au
moment de l’appel d’offres. Une telle forme d’excava­
Les études hydrauliques ont montré que le site dans tion présente évidemment l’avantage de réduire au
lequel doit être creusé la fouille de l’usine est baigné minimum le volume du rocher à extraire. Elle oblige
par une nappe dont le niveau moyen (196) s’établit à par contre l’entrepreneur à apporter un soin extrême
env. 8 m sous le terrain naturel et 26 m au-dessus du au prédécoupage des parements rocheux, et à la sécu­
fond de fouille. Cette nappe qui règne aussi bien dans rité.
les formations rocheuses que dans les terrains alluvion­
naires est fortement influencée par les fluctuations du Le marché précisait les objectifs techniques :
niveau du Rhône, qui n’est distant que de 200 m. Les
études ont également fait apparaître l’intérêt d’obturer — erreur maximale sur la verticalité ou le parallélisme
par un écran étanche, la couche d’alluvions graveleu­ des trous de prédécoupage ne dépassant pas 1 % ;
ses qui recouvre le rocher à l’aval de la fouille, la per­
méabilité des alluvions est en effet environ 10 fois plus — hors profils n’ayant pas plus de 30 cm de profon­
forte que celle du rocher. Cet écran d’une longueur de deur au-delà du profil théorique, à moins d’accident
260 m est constitué par une paroi moulée de 0.60 m géologique ;
d’épaisseur, dont la profondeur varie de 2 m à 31 m, il
se referme à l’amont sur le rocher affleurant et ne se — parois à consolider par boulonnage (à ancrage
développe ainsi que sur la moitié aval du périmètre de ponctuel ou à ancrage réparti) au fur et à mesure de
la fouille ; il est ancré et prolongé par des injections l’avancement ;
dans le rocher sous jacent afin d’éviter tout risque de
renard. — grillages de protection à prévoir systématiquement
contre les parois de plus de 2 m de hauteur suscepti­
En ce qui concerne les venues d’eau à travers le bles de donner lieu à des chutes de pierres ;
rocher, il a été prévu de les pomper. La possibilité de
recouper des conduits karstiques a incité d’ailleurs à — abattage à l’explosif arrêté à 50 cm du fond de
une grande prudence dans l’estimation des débits à fouille, et extraction du rocher terminée par réglage
évacuer. mécanique et mise à vif du rocher juste avant le béton­
nage.
3.3. Projet de terrassement
3.4. Autres contraintes
La quasi-horizontalité du pendage des couches
rocheuses, et les caractéristiques mécaniques satisfai­ Le marché imposait à l’entrepreneur de trier les blocs
santes de la plus grande partie des faciès rocheux ont utilisables en protection de berge, avant de les mettre
permis d’envisager une fouille à parois verticales ren­ en dépôt.
forcées par boulonnage, avec une seule risberme en
partie supérieure, ce qui résoud les problèmes liés à L’attention de l’entrepreneur était en outre attirée sur
l’exiguïté du site (fig. 5). les contraintes spécifiques du site, liées à la présence de

Fig. 5. — Coupe transversale au droit de l’usine montrant un can on étroit et profond rempli d‘alluvions
sous la R. N. 75 déviée, complétée par une perspective des terrassements situés à l'amont.
76 N° 35 REVUE FRANÇAISE DE GÉOTECHNIQUE

la paroi moulée et à la proximité de voies routières, de — les implantations doivent être précises afin d’éviter
diverses installations industrielles et du village de Sault- les hors profils : les sous-profils sont grignotés à la pelle
Brénaz. ou au marteau hydraulique brise-roche au fur et à
mesure de l’exécution.
Ces contraintes se sont traduites notamment par l'inter­
diction des tirs de nuit, le contrôle du niveau sonore au Les hors profils constatés en fin d’exécution ont été
voisinage des habitations et un seuil de vibrations à ne négligeables. Il est assez remarquable d'observer des
pas dépasser au niveau de la paroi moulée (compo­ parois de fouille rigoureusement verticales sur
sante maximale de la vitesse particulaire 25 mm/s). 30 mètres de hauteur*.
4.1.2. Minage du rocher
La foration a été assurée par deux machines Tamrock
4. RÉALISATION DES TRAVAUX D.H.H. 850.
PAR L’ENTREPRISE
Après différents tirs d'essai et notamment après l’éva­
Cette fouille a été réalisée au cours de l’été 1984 selon cuation de la partie supérieure du rocher altéré sur
le calendrier suivant : quelques mètres, un plan type de minage a été arrêté,
avec un diamètre de foration de 115 mm. un maillage
— 1er avril 1984 : ordre de service ; de 3,50 m entre trous et de 3 m entre rangs, et un
dosage moyen d’explosif de 450 g/m 3 (nitrate fuel alu-
— avril : installations de chantier et travaux prépara­ minisé hors d’eau, sigmagel ou gelsurite sous le niveau
toires ; de la nappe). L’allumage comportait l’utilisation de
— mai à septembre : réalisation de la fouille propre­ micro-retards à amorçage en fond de trous, pratiquée
ment dite ; avec le système non électrique Nonel, pour permettre
un décalage des détonations sans cumul (tir séquentiel).
— 1re quinzaine d’octobre : réglage des fonds de
fouille. L’approche des parements a fait l’objet de dispositions
particulières : maille réduite, meilleure répartition de
Les quantités principales ont été : l’explosif dans la masse afin de ne pas ébranler les
parements prédécoupés et d’éviter toute fracturation
• 250 000 m3 de déblais rocheux, du rocher situé à l'arrière du rideau de prédécoupage.
• 7 400 m2 de prédécoupage,
4.1.3. Extraction - Transport
• 20 000 kg, soit mille quatre cents boulons, dont Étant donné l’exiguïté de la fouille, 40 mètres de lar­
mille environ à ancrage réparti. geur et une longueur se réduisant au fur et à mesure de
la profondeur, il n’était pas possible d’envisager plu­
Outre les contraintes d’environnement, les principales sieurs échelons d’extraction. Cette réflexion est confir­
difficultés techniques rencontrées par l’entrepreneur mée si l’on prend en compte les contraintes suivantes :
ont été causées par la forme et l'exiguïté de la fouille,
l’altération du rocher qui a compliqué les plans de tirs, — cohabitation du minage et de l'extraction ;
la présence d'une nappe phréatique sous (196) exi­
geant une station de pompage mobile évoluant avec — cohabitation avec la station de pompage mobile
les phases de chantier, et la nécessité de trier les déblais tant que le fond de fouille n’était pas atteint ;
pour récupérer les enrochements. — constitution de pistes de sortie avec rampes à 10 %
de pente ;
— nécessité de sélectionner les gros enrochements
4.1. Méthodes d’exécution dès le chargement.
4.1.1. Prédécoupage C’est pourquoi, un seul engin d’extraction a été mis en
Dès le début du chantier, les planches d’essais ont été place capable d’assurer un rendement respectant les
réalisées selon les méthodes traditionnelles : forages de délais. Une pelle Poclain 600 C.K. équipée en rétro a
diamètre 76 ou 89 mm, espacés de 0,75 ou 0,90 m, assuré ce rôle avec un rendement moyen de l’ordre de
chargés avec des cordeaux détonants de 40 ou 300 m3/h.
70 g/m, avec amorçage simultané en tête par cordeau
maître. Les transports ont été assurés par des dumpers de
35 tonnes de charge utile.
Ces planches d’essais n’ayant pas donné les résultats
escomptés, la méthode suivante a été mise au point Quelques moyens complémentaires ont été mis en
par approches successives : œuvre pour assurer les travaux secondaires, à savoir
une pelle Caterpillar type 235 rétro et une pelle Poclain
— la perforation, effectuée à l’aide d’une foreuse équi­ 90 C.K. avec marteau hydraulique brise-roche de
pée d’un marteau hydraulique hors trou, comporte des Montabert.
forages de 102 mm de diamètre espacés de 1 m et
chargés à la «cisalite » (gelsurite en boudin) associée à
un cordeau détonant de 10 g/m ;
* Le prédécoupage a été inventé vers 1960 précisément pour ce
— la hauteur des volées peut varier de 6 à 12 m ; genre de parois verticales, au canal du Niagara. Note de l'éditeur...
EXÉCUTION D'UNE FOUILLE PROFONDE EN ROCHER 77

4.1.4. Réglage du fond de fouille sécurité d’alimentation électrique est assurée par le
Ce réglage est obtenu par des moyens mécaniques tels démarrage automatique d’un groupe électrogène de
que brise-roche et petite pelle hydraulique avec net­ secours en cas de coupure sur le réseau E.D.F.
toyage éventuel à l’air comprimé ou à l’eau sous­
pression.
4.2.2. Vibrations
Toutefois, la stratification du rocher et son léger pen- Lors de chaque tir, des contrôles sismiques ont été
dage ont obligé à dresser le fond de fouille avec une enregistrés. Ils ont montré que les nuisances par vibra­
légère inclinaison de la rive droite vers la rive gauche tion étaient tout à fait réduites et ne pouvaient mettre
en suivant le pendage naturel du rocher. en péril les constructions proches et éloignées du site
(Pont de Sault-Brénaz et village entre autres).
4.1.5. Soutènements et protections
Étant donné la fracturation du rocher et les risques
d’éboulements, il a été décidé d’assurer la stabilité des 4.2.3. Mouvements du rocher
parois par la mise en place de boulons d’ancrage dont • Dispositif d’auscultation des mouvements rocheux.
l’implantation et le choix (ancrages répartis ou ponc­
tuels). ont été faits sur observations des parois au fur et Compte tenu de la hauteur des parements rocheux, il a
à mesure de l’exécution des déblais. été décidé, dès le départ, de surveiller les mouvements
du massif rocheux.
Les forations en 0 50 mm ont été réalisées avec une
machine Tamrock D.H.H.A.T. spécialement conçue Pour ce faire on a mis en place un réseau de quatre
pour la foration en petit diamètre. socles en béton (2 en rive gauche. 2 en rive droite),
permettant un suivi topographique de précision et
Les boulons d’une longueur de 2 à 3 m ont essentielle­ munis chacun d’un système de nivelles orthogonales.
ment pour but d’éviter les chutes de blocs en façade et Chacun de ces socles surmonte un tube inclinométri-
non d’assurer la stabilité générale des parois car celle-ci que scellé dans un forage descendant en dessous du
est. en effet, obtenue naturellement étant donné les fond de fouille.
pendages voisins de l'horizontale.
Ce dispositif initial a été complété pendant les travaux
La densité moyenne a été de 1,15 boulon par 5 m2en par un réseau de quinze fissuromètres permettant, en
rive droite et 0,95 boulon par 5 m2 en rive gauche, ce mesurant les variations d’épaisseur des fissures en sur­
qui s’explique par l’aspect plus torturé du parement en face. de surveiller des dièdres présumés instables en
rive droite. tête des parements, et par un extensomètre à points
multiples de 16 m de long placé dans un forage qui
Pour protéger le personnel devant travailler à la réalisa­ contrôle deux fissures délimitant un coin rocheux de
tion du génie civil contre les chutes de pierres, un gril­ volume important en rive droite.
lage a été mis en place sur toute la hauteur des parois
avec fixation générale en tête. • Mouvements observés :
Ce grillage avait pour but de canaliser les éléments — Nivelles : les déplacements mesurés ont montré un
rocheux de petite dimension dont la chute inopinée léger déplacement par basculement des têtes de fouille
aurait été excessivement dangereuse. vers le vide.
— Inclinomètres : globalement ils ont montré la stabi­
lité générale de la fouille ; cependant les mouvements
4.2. Observations en cours d’exécution des bancs les uns par rapport aux autres ont pu être mis
en évidence notamment en rive gauche du fait du pen­
4.2.1. Pompages dage légèrement incliné vers la fouille.
Les débits qui oscillent entre 600 et 1 000 m3/h sont
assez sensibles aux variations du niveau du Rhône. Un de ces mouvements a conduit au cisaillement d’un
des tubes inclinométriques à 7 m de profondeur ce qui
Les venues d’eau les plus significatives proviennent : a conduit à purger ce banc qui glissait. Notons que ce
mouvement a été détecté très tôt ce qui a permis
— de l’amont par contournement du bouchon de pro­ d’assurer la purge avant approfondissement ultérieur
tection de l’usine avec circulation des eaux dans le de la fouille.
canon décrit plus avant et la partie supérieure du — Extensomètre : les mesures avant et après tirs ont
rocher probablement assez fracturée. La majeure partie montré que ceux-ci avaient peu d'influence sur l’ouver­
de ces eaux est recueillie au niveau (192,00) entre le ture des fissures au sein du massif rocheux, les mouve­
bouchon et l’usine ; ments restant dans un domaine quasi élastique
— d’une circulation supposée au travers du rocher (1/10 mm). En revanche l’approfondissement de la
fracturé non intéressé par l'écran partiel d’étanchéité ; fouille a ouvert les deux fissures de 0,5 mm environ.
Cette valeur stabilisée à l’arrêt de l’excavation, a encore
— latéralement de quelques venues ponctuelles doublé lors du dégel du mois de janvier 1985.
situées le long des joints de stratifications.
— Fissuromètres : globalement les mouvements sont
Les pompages sont assurés par des électropompes restés faibles (inférieurs au mm) toutefois, certaines
submersibles équipées de turbines haute pression (hau­ mesures ont mis en évidence des déplacements locaux
teur manométrique de refoulement de 30 mètres). La importants et un boulonnage complémentaire a été
78 N° 35 REVUE FRANÇAISE DE GÉOTECHNIQUE

défini pour bloquer les dièdres en mouvements (bou­ les matériaux de surface qui étaient exploités ; leur
lons verticaux). nature (rocher altéré) n’a pas permis un taux de récu­
pération élevé. Ensuite la sélection a été obtenue par
4.2.4. Autre observation passage sur une grille statique, de 8,20 x 5,50 m avec
A la fin des terrassements rocheux un effondrement un espacement entre barreaux de 0.20 m, qui a pu être
des terrains alluvionnaires de remplissage du canon de opérationnelle au début du mois de juillet au moment
rive gauche a fait apparaître, en rive gauche du canal où les qualités du rocher devaient permettre un meil­
d'amenée, à 150 m environ de la partie profonde de la leur taux de récupération ; celui-ci n’a cependant pas
fouille rocheuse, une cavité d’environ 5 m de profon­ été aussi élevé qu'on l’avait espéré à cause de la fragi­
deur. Cet effondrement, qui a vraisemblablement pour lité du rocher et de sa stratification horizontale très mar­
origine le décolmatage de certains conduits karstiques quée.
consécutif aux pompages au niveau le plus bas de la
fouille, s’est rapidement stabilisé. Les deux autres catégories (100/400 et 400/1 800 kg)
ont été obtenues par un tri visuel lors de l’extraction.
Ces matériaux sont en effet facilement identifiables et
4.3. Récupération des matériaux faciles à sélectionner par un conducteur de pelle habile.
Il était prévu que les déblais rocheux serviraient à la
fabrication d’enrochements calibrés pour réaliser les
protections des berges de l’aménagement ; l’objectif CONCLUSION
étant de récupérer environ 50 % du tonnage extrait,
avec les classes de poids suivantes : Les travaux de terrassements rocheux qui constituent
une étape importante du chantier de réalisation de
5/25 kg, 10/100 kg, 100/400 kg, 400/1 800 kg. l’usine hydro-électrique de Sault-Brénaz, se sont
déroulés dans des conditions satisfaisantes. Les délais
Les deux premières catégories (5/25 à 10/100) ont ont été respectés, il n’y a eu à signaler aucun accident,
d’abord été sélectionnées visuellement lors de la mise la tenue des parois de la fouille est correcte et le
en dépôt en favorisant la ségrégation, par décharge­ volume attendu des purges faible.
ment des dumpers au sommet d’une berge verticale de
3 à 4 mètres de hauteur et récupération à la chargeuse Le seuil maximal de vibrations imposé à l’entrepreneur
des matériaux en pied du dépôt. Cette méthode a été n’a jamais été dépassé.
utilisée au début du chantier pendant les mois de mai et
juin 1984 en attendant l’installation d’une grille de cri­ Le terrassement n’ayant recoupé aucun écoulement
blage implantée au niveau (192) N.G.F. entre le bou­ dans des conduits karstiques, les venues d’eau ont été
chon amont et l’usine. Pendant cette période, ce sont plus faibles que prévu.

Fig. 6. — Fouille de l'usine vue d'aval.

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