DISPOSITIONS GENERALES DU
CODE DE COMMERCE
TABLE DES MATIERES
CODE DU COMMERCE
Titre Premier : Des dispositions préliminaires ................................................................ 5
Chap. Premier : De la liberté du commerce ............................................................ 5
Chap. II : De la liberté des prix .............................................................................. 5
Titre II : Des commerçants et de la preuve des engagements commerciaux ............... 7
Chap. Premier : Des commerçants ........................................................................ 7
Chap. II : De la preuve des engagements commerciaux ....................................... 8
Titre III : Des conventions matrimoniales des commerçants ........................................ 8
Titre IV : Des livres de commerce .................................................................................. 10
Titre V : Du registre de commerce ................................................................................. 12
Chap. Premier : Dispositions organiques ............................................................. 12
Chap. II : De la demande d’immatriculation ......................................................... 13
Chap. III : De l’immatriculation ............................................................................. 14
Chap. IV : Des inscriptions complémentaires ...................................................... 15
Chap. V : Du redressement et de la radiation ..................................................... 17
Chap. VI : Des sanctions ...................................................................................... 17
Chap. VII : De la publicité .................................................................................... 19
Chap. VIII : Dispositions fiscales ......................................................................... 19
Chap. IX : Dispositions spéciales ........................................................................ 19
Titre VI : De la concurrence déloyale ............................................................................. 19
Chap. Premier : Des pratiques anticoncurrentielles ............................................. 19
Chap. II : De la répression de la concurrence déloyale ....................................... 22
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Titre VII : De la protection du consommateur................................................................ 24
Chap. Premier : Des dispositions générales ........................................................ 24
Section 1 : Du consommateur .............................................................. 24
Section 2 : Du champ d’application ..................................................... 24
Section 3 : Des contrats relatifs aux biens et aux services .................. 24
Chap. II : De la publicité ....................................................................................... 25
Chap. III : De la vente de produits et de services au consommateur ................... 27
Section 1 : De l’obligation d’information à l’égard du consommateur ... 27
Section 2 : Des clauses abusives ......................................................... 27
Chap. IV : De l’action en cessation des pratiques contraires aux intérêts des
consommateurs ................................................................................. 29
Chap. V : Des sanctions ...................................................................................... 30
Titre VIII : Le droit au bail ............................................................................................... 31
Chap. Premier : Champ d’application .................................................................. 31
Chap. II : Du renouvellement du bail ................................................................... 31
Chap. III : Du refus de renouvellement ................................................................ 33
Chap. IV : Du loyer et de la clause résolutoire ..................................................... 33
Chap. V : De la déspécialisation ........................................................................... 34
Chap. VI : Dispositions diverses .......................................................................... 35
Titre IX : Dispositions transitoires et finales ................................................................ 35
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DECRET - LOI N° 1/045 DU 09/07/1993
PORTANT DISPOSITIONS GENERALES DU CODE DE COMMERCE
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
Vu la Constitution de la République du Burundi ;
Vu la Loi n° 1/004 du 14 janvier 1987 portant réforme du code de l’organisation et de
la compétence judiciaires ;
Revu le Décret-Loi n° 1/1 du 15 janvier 1979 relatif aux sociétés commerciales,
spécialement en son article 2 alinéa 1er ;
Vu le Décret-Loi n° 1/024 du 28 avril 1993 portant réforme du code des Personnes
et de la Famille ;
Revu le Décret-Loi n° 1/6 du 4 avril 1981 portant Code Pénal, spécialement en ses
articles 287, 288, 290 et 291 alinéas 2 et 3 ;
Revu le Décret-Loi n° 1/037 du 27 novembre 1990 relatif à la profession
d’importateur, spécialement en ses articles 2 alinéa 2, 3 et 4 tel que modifié par le Décret-
Loi n° 1/024 du 16 septembre 1991 ;
Vu le Décret n°100/014 du 18 février 1992 portant réglementation du commerce
ambulant ;
Sur rapport du Ministre du Commerce et de l’Industrie;
Après délibération du Conseil des Ministres ;
DECRETE
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TITRE PREMIER
DES DISPOSITIONS PRELIMINAIRES
CHAPITRE I. DE LA LIBERTE DU COMMERCE
Article 1
Il est libre à toute personne d’exercer le commerce sous réserve de se conformer
aux dispositions du présent Décret-Loi et aux règlements de police.
Toutefois, l’exercice du commerce par les agents et mandataires publics ainsi que
par les étrangers peut être soumis à des règles particulières.
Article 2
La liberté du commerce peut comporter notamment :
1°. la liberté d’entreprendre, c’est-à-dire le droit pour toute personne physique ou
morale de se livrer à l’activité commerciale de son choix ;
2°. la liberté d’exploiter, c’est-à-dire le droit pour tout commerçant de conduire
ses affaires comme il l’entend ;
3°. le droit d’utiliser tous les moyens loyaux pour attirer la clientèle.
CHAPITRE II. DE LA LIBERTE DES PRIX
Article 3
Les prix des biens, produits et services sont librement déterminés par le jeu de la
concurrence.
Toutefois, dans les secteurs ou les zones où la concurrence par les prix est limitée
en raison de situations de monopole, de monopsone ou de difficultés durables
d’approvisionnement, des dispositions particulières peuvent réglementer les prix.
Les dispositions des deux alinéas précédents ne font pas obstacle à ce que le
Ministre ayant le commerce dans ses attributions arrête, par ordonnance, contre des
hausses de prix, des mesures temporaires motivées par une situation de crise, des
circonstances exceptionnelles, une calamité publique ou une situation manifestement
anormale du marché dans un secteur déterminé.
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L’ordonnance ministérielle précise sa durée de validité qui ne peut excéder six mois.
Toutefois, celle-ci peut être renouvelée autant de fois que de besoin.
Article 4
L’affichage des prix, l’établissement et la remise des factures sont obligatoires.
Article 5
Le Ministre ayant le Commerce dans ses attributions fixe par ordonnance les
modalités d’affichage des prix des produits exposés ou offerts en vente, de publication du
tarif des prestations offertes au public à l’exception de celles qui relèvent de l’exercice
d’une profession libérale. Il en est de même des mentions qui doivent figurer sur la facture.
Article 6
Afin de suivre l’évolution des prix à l’importation et au consommateur, le Ministère
ayant le Commerce dans ses attributions procède régulièrement à l’enregistrement des
différents éléments du prix de revient des produits importés et de ceux produits localement.
Article 7
Le Ministre ayant le Commerce dans ses attributions désigne parmi le personnel mis
à sa disposition des cadres et agents chargés de l’enregistrement des prix.
Article 8
Les cadres et agents visés à l’article 7 ci-dessus sont munis d’une carte spéciale
dont le modèle est déterminé par ordonnance conjointe des Ministres ayant le Commerce
et la Justice dans leurs attributions. Ils ont qualité d’officier de police judiciaire pour la
recherche et la constatation des infractions à la législation commerciale.
Article 9
Dans les limites de leurs compétences, les cadres et agents visés aux articles 7 et 8
ci-dessus sont soumis aux mêmes obligations professionnelles que les officiers de police
judiciaire des parquets.
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TITRE II
DES COMMERCANTS ET DE LA PREUVE DES ENGAGEMENTS COMMERCIAUX
CHAPITRE PREMIER. DES C0MMERCANTS
Article 10
Sont commerçants ceux qui, ayant la capacité juridique d’exercice, accomplissent
des actes de commerce et en font leur profession habituelle, agissant en leur nom et pour
leur compte.
Article 11
La loi répute actes de commerce :
La loi répute aussi actes de commerce les actes non commerciaux accomplis par un
commerçant en rapport avec son commerce :
1° - tout achat de denrées ou de marchandises pour les revendre soit en
nature, soit après les avoir travaillées et mises en oeuvre, ou même pour en louer
simplement l’usage, toute vente ou location qui est la suite d’un tel achat ;
- toute location de meubles pour sous-louer, et toute sous-location qui en est
la suite ;
- toute entreprise de manufactures ou d’usines, de travaux publics ou privés,
de commission, de transport ;
- toute opération de banque, change ou courtage ;
- les lettres de change, mandats, billets ou autres effets à ordre ou au
porteur ;
- toute entreprise ayant pour objet l’achat d’immeubles en vue de les
revendre;
- toutes obligations de commerçants même relatives à un immeuble, à moins
qu’il ne soit prouvé qu’elles aient une cause étrangère au commerce ;
2° - toute entreprise de construction et tous achats, ventes et reventes
volontaires de bâtiments pour la navigation intérieure et extérieure :
- toutes expéditions maritimes ;
- tout achat ou vente d’agrès, apparaux et avitaillement ;
7
- tout affrètement ou nolisement, emprunt ou prêt à la grosse ;
- toutes assurances et autres contrats concernant le commerce de mer ;
- tous accords et conventions pour salaires et loyers d’équipage ;
- tous engagements de gens de mer pour le service de bâtiments de
commerce.
Article 12
Sont soumises aux règles du droit commercial, les sociétés, quel que soit leur objet,
qui exercent des actes de commerce de façon habituelle, agissant en leur propre nom et
pour leur compte ou constituées dans les formes prescrites par la loi.
Article 13
Le commerçant étranger résidant hors du Burundi doit avoir, au Burundi, un domicile
élu et un fondé de pouvoir résidant en permanence au Burundi. Le fondé de pouvoir reçoit
les actes juridiques et toutes les communications administratives adressés au commerçant
étranger. En l’absence du commerçant étranger non résidant, le fondé de pouvoir le
représente valablement auprès de l’Administration publique et en justice.
CHAPITRE II. DE LA PREUVE DES ENGAGEMENTS COMMERCIAUX
Article 14
Indépendamment des moyens de preuve admis par le droit civil, les engagements
commerciaux pourront être constatés par la preuve testimoniale, ou par présomptions,
dans tous les cas où le tribunal croira devoir l’admettre et sauf les exemptions prévues par
la loi. Dans les mêmes cas, il pourra être prouvé contre et outre le contenu des actes.
TITRE III
DES CONVENTIONS MATRIMONIALES DES COMMERCANTS
Article 15
Tout contrat de mariage entre époux dont l’un est commerçant doit être déposé au
moins par extrait au greffe du Tribunal de commerce du principal établissement du
commerçant.
L’extrait doit contenir les clauses qui, de quelque façon, ne rendent pas communs
tout ou partie des biens immeubles et meubles, présents ou à venir, de l’autre époux.
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Article 16
Si, pour régler les effets de mariage sur les biens, les époux se sont référés
expressément à quelque régime réglé par la loi, ne rendant pas communs tout ou partie
des biens immeubles et meubles de l’un d’entre eux, l’extrait prévu à l’article 15 ci-dessus
pourra être remplacé par l’indication de la loi qui règle l’association pécuniaire.
Article 17
Si les époux n’ont pas déposé l’extrait ou fait la déclaration prévue aux articles 15 et
16 ci-dessus, le tiers qui aura contracté avec l’époux commerçant dans l’ignorance de ses
conventions matrimoniales pourra poursuivre le paiement de ses créances sur tous les
biens mobiliers ou immobiliers saisissables dont l’un ou l’autre époux se prétend
propriétaire.
Le même droit appartiendra au tiers qui a contracté avec l’époux commerçant avant
que le dépôt ou la déclaration ait été effectué, si ce dépôt ou cette déclaration n’a pas été
fait dans le délai de trois mois à partir de l’établissement ou du mariage du commerçant.
Article 18
Si postérieurement au dépôt ou à la déclaration prévus par les articles 15 et 16 ci-
dessus, le régime matrimonial subit, dans les dispositions rendues publiques par le dépôt
ou la déclaration, des modifications de nature à intéresser les tiers, le commerçant sera
tenu de les faire connaître au greffier entre les mains duquel ce dépôt a été effectué.
Cette communication sera faite par déclaration datée et signée par l’un des
conjoints, avec indication de la date à laquelle ces modifications sont intervenues, à défaut
de quoi, les créanciers seront toujours admis à s’y opposer pour ce qui touche leurs
intérêts et à contredire toute liquidation qui en aurait été la suite.
Article 19
La collection des extraits et déclaration suivie d’une table alphabétique, est
communiquée sans déplacement à toute personne qui en fera la demande.
Copie des extraits et déclaration est délivrée contre paiement des frais déterminés
par le Ministre ayant la Justice dans ses attributions.
Article 20
Sera puni des peines prévues à l’article 202 du Code Pénal, le commerçant failli qui
a remis de faux extraits ou fait de fausses déclarations, dans le but d’exclure quelque
catégorie de biens du patrimoine qui forme le gage de ses créanciers.
Article 21
Les commerçants mariés au moment de l’entrée en vigueur du présent Décret-Loi
doivent déposer l’extrait ou la déclaration prévue aux articles 15 et 16 ci-dessus dans les
six mois à partir de cette date, faute de quoi l’article 17 ci-dessus leur sera applicable.
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Article 22
Les dispositions du présent titre ne s’imposent pas aux commerçants ambulants.
TITRE IV : DES LIVRES DE COMMERCE
Article 23
Tout commerçant doit tenir une comptabilité régulière qui fait état de ses opérations
commerciales et de sa situation de fortune conformément au plan comptable national.
A ce titre, le commerçant tient notamment les livres de commerce suivants:
1° un livre journal qui comprend les livres d’achats et les livres de recettes avec
toutes les pièces justificatives ;
2° un livre des inventaires qui retrace sa situation patrimoniale.
Le commerçant est tenu de garder copie des factures, pièces justificatives, lettres,
télégrammes et transmissions télégraphiques, par fac-similé ou électronique se rapportant
à son commerce qu’il envoie, ou qu’il reçoit et de les classer régulièrement. Ces livres
devront être tenus soit en kirundi, soit en français, soit en toute autre langue déterminée
par la loi.
Par dérogation à l’alinéa précédent, des documents informatiques peuvent tenir lieu
de livre-journal et de livre d’inventaire ; dans ce cas, ils doivent être identifiés, numérotés et
datés dès leur établissement par des moyens offrant toute garantie en matière de preuve.
Article 24
Les mouvements affectant le patrimoine de l’entreprise sont enregistrés opération
par opération et jour par jour sur le livre-journal.
Tout enregistrement comptable précise l’origine, le contenu et l’imputation de
chaque donnée ainsi que les références de la pièce justificative qui l’appuie.
Les opérations de même nature, réalisées en un même lieu et au cours d’une même
journée, peuvent être récapitulées sur une pièce justificative unique.
Article 25
Tout commerçant est tenu de faire, au début de son commerce, et ensuite d’année
en année, un inventaire de ses effets mobiliers et immobiliers, de ses dettes actives et
passives. L’inventaire est signé par le commerçant. S’il existe plusieurs associés
personnellement responsables, l’inventaire doit être signé par tous les associés.
L’inventaire est inscrit, année par année, sur un registre à ce destiné ou sera rédigé
chaque fois par acte séparé.
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En ce dernier cas, les inventaires doivent être classés, réunis et conservés.
Article 26
Les livres de commerce doivent être reliés et côtés par feuillets ou par pages à l’aide
de numéros d’ordre. Ils doivent être tenus par ordre de date, sans blancs, lacunes ni
transports en marge.
Article 27
Tout commerçant a l’obligation de conserver pendant dix ans ses livres de
commerce ou preuves de sa comptabilité, les autres documents mentionnés à l’article 23
ci-dessus ainsi que ses correspondances commerciales.
Article 28
Les livres de commerce régulièrement tenus et les autres méthodes utilisées pour la
comptabilité ainsi que les documents mentionnés à l’article 23 ci-dessus peuvent être
admis par le tribunal à titre de preuve, entre commerçants, des faits de commerce.
Article 29
Au cours d’une contestation, le tribunal peut d’office ou sur requête, ordonner la
production des livres de commerce, d’autres preuves comptables ou documents
mentionnés à l’article 23 ci-dessus pour en extraire, soit par lui-même, soit par une
personne par lui désignée, ce qui concerne le différend.
Article 30
Si une partie refuse de présenter ses livres, autres preuves comptables et
documents mentionnés à l’article 23 ci-dessus, auxquels on offre d’ajouter foi, le tribunal
peut déférer le serment à l’autre partie.
Article 31
La communication des livres de commerce et documents mentionnés à l’article 23
ci-dessus ne peut être ordonnée en justice que dans les affaires de succession,
communauté, partage de société et en cas de faillite.
Dans les sociétés en nom collectif et en commandite simple, ainsi que dans les
associations commerciales, le droit d’obtenir communication des livres de commerce, et
documents mentionnés à l’article 23 ci-dessus, sans déplacement, appartient, pendant la
durée de la société, à tous les associés, sauf convention contraire.
Article 32
Le commerçant ambulant est dispensé totalement des formalités prévues à l’article
23 ci-dessus.
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Toutefois, le commerçant ambulant qui cumule ce statut avec celui de commerçant
établi peut se voir imposé ces formalités pour son commerce établi, si celui-ci constitue
l’activité principale.
TITRE V : DU REGISTRE DE COMMERCE
CHAPITRE PREMIER. DISPOSITIONS ORGANIQUES
Article 33
Il est tenu au greffe du Tribunal de Commerce un registre de commerce.
Le greffier de ce tribunal est chargé de tenir ce registre.
Article 34
Avant le cinquième jour du mois, le greffier chargé du registre de commerce dresse
la liste des commerçants immatriculés ou radiés du registre de commerce le mois
précédent, et la transmet au Ministère ayant le Commerce dans ses attributions.
Article 35
Nul ne peut exercer le commerce s’il n’est immatriculé au registre du commerce; ni
exercer une autre activité que celles y mentionnées.
Le commerçant ambulant est néanmoins dispensé de l’immatriculation au registre
du commerce.
Article 36
L’immatriculation au registre du commerce fait présumer la qualité de commerçant.
Article 37
Les tiers peuvent toujours se prévaloir du caractère commercial des actes qualifiés
commerciaux par la loi, accomplis par une personne non immatriculée au registre de
commerce.
Ils peuvent également se prévaloir de la qualité de commerçant de toute personne
non immatriculée faisant profession d’actes qualifiés commerciaux par la loi, ou constituée
conformément à l’article 12 du présent Décret-Loi.
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CHAPITRE II. DE LA DEMANDE D’IMMATRICULATION
Article 38
L’immatriculation au registre du commerce doit être obtenue préalablement à :
1° l’ouverture de tout établissement principal par une personne physique ou morale
exerçant une activité commerciale ;
2° l’ouverture au Burundi de toute succursale, agence ou siège d’opérations, par
une personne physique ou morale exerçant une activité commerciale et dont le principal
établissement se trouve hors du Burundi.
Article 39
La demande d’immatriculation des personnes physiques ou morales ayant leur
principal établissement au Burundi doit être présentée au greffe du tribunal de commerce
dans le ressort duquel est situé cet établissement.
Celle des personnes physiques ou morales ayant leur principal établissement hors
du Burundi et y ouvrant un siège d’exploitation, une succursale ou une agence, doivent
demander leur immatriculation au registre de commerce tenu au greffe du tribunal de
commerce dans le ressort duquel se trouve ce siège d’exploitation, cette succursale ou
cette agence.
S’ils ont plusieurs établissements secondaires de ce genre, l’immatriculation sera,
suivant leur convenance, effectuée au siège de l’un des tribunaux dans le ressort duquel se
trouvent ces établissements.
La date de la réception de la demande est constatée par la mention de celle-ci dans
un registre ad hoc tenu par le greffier.
Article 40
Les demandes d’immatriculation au registre de commerce doivent être faites :
1° pour les entreprises appartenant à des personnes physiques, par celles-ci;
2° pour les entreprises appartenant à des personnes morales, par les personnes
chargées de leur administration ou de leur gestion.
Les demandes d’immatriculation peuvent également être faites par un fondé de
pouvoirs spécialement mandaté à cette fin par le requérant.
Article 41
La demande d’immatriculation est faite en deux exemplaires datés et signés.
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Article 42
La demande d’immatriculation des personnes physiques se fait sur présentation de
la carte d’identité du requérant.
La demande d’immatriculation des personnes morales de droit burundais se fait par
le dépôt d’un exemplaire des statuts authentifiés de la personne morale requérante. S’il
s’agit d’une personne morale de droit étranger, l’immatriculation se fait par le dépôt des
statuts légalisés par le Notaire.
Article 43
Les mentions devant figurer sur le registre du commerce sont précisées par
ordonnance du Ministre ayant la Justice dans ses attributions.
CHAPITRE III : DE L’IMMATRICULATION
Article 44
Dès réception de la demande, le greffier procède sans délai à l’immatriculation.
Si les conditions d’immatriculation ne sont pas réunies, le greffier refuse d’y
procéder et avise immédiatement le requérant de sa décision.
Article 45
Les personnes ayant été déclarées en faillite et non réhabilitées ou condamnées
pour banqueroute ne peuvent pas être immatriculées.
Sur requête des intéressés, le tribunal de commerce pourra les relever de cette
déchéance si leur comportement depuis la condamnation ou la faillite paraît devoir le
justifier.
Appel de la décision du tribunal pourra être formé tant par toute personne intéressée
que par le ministère public.
Article 46
Tout exploit établi à la requête d’un commerçant fera mention du lieu et du numéro
sous lequel le requérant est immatriculé au registre de commerce.
De même et pour autant qu’ils concernent leur commerce, tous les actes, bilans,
factures, lettres et autres documents des commerçants, toutes étiquettes et publications
faites à leur requête porteront leur nom, leur raison sociale, ou leur dénomination et en
toutes lettres ou en abréviation «Registre du Commerce» (R.C.) suivi de l’indication du
siège du tribunal où l’immatriculation a été faite ainsi que du numéro de celle-ci.
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Tous immeubles, échoppes, agencements à destination d’étalages, utilisés pour
l’exercice d’un commerce et tous les véhicules à usage exclusivement commercial devront
porter de façon apparente les mêmes mentions.
CHAPITRE IV : DES INSCRIPTIONS COMPLEMENTAIRES
Article 47
Tout changement intervenu dans l’état civil du commerçant, ainsi que toute
modification aux faits et actes dont le présent Décret-Loi prescrit la déclaration, toute
ouverture d’un siège d’exploitation, d’une succursale ou agence survenant après
l’immatriculation, toute cession d’un établissement principal, d’un siège d’exploitation, d’une
agence ou d’une succursale, toute mise en liquidation d’un fonds de commerce, et
généralement tous changements aux situations déclarées lors de l’immatriculation du
commerçant, donnent lieu à l’inscription complémentaire.
Article 48
Doivent également faire l’objet d’une inscription complémentaire :
1° les décisions coulées en force de chose jugée rendues par des juridictions
burundaises ou étrangères :
a) portant interdiction ou mise sous conseil judiciaire du commerçant ou
mainlevée de ces mesures ;
b) prononçant le divorce, la séparation de corps ou la séparation de biens ;
c) nommant un administrateur des biens du disparu, déclarant l’absence ou le
décès de celui-ci ;
d) désignant ou déchargeant de ses fonctions un administrateur provisoire ou
un séquestre ;
e) ordonnant fermeture, remise ou cessation de commerce ;
f) déclarant ou clôturant la faillite du commerçant, suspendant les opérations
de la faillite pour insuffisance d’actifs ou rapportant cette décision,
homologuant, refusant, annulant un concordat avant ou après la faillite ou en
portant résolution ;
g) prononçant la dissolution, la mise en liquidation ou la nullité d’une société
commerciale ;
2° les jugements et arrêts coulés en force de chose jugée des juridictions
burundaises :
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a) portant condamnation du chef des infractions visées à l’article 45 ci-dessus ;
b) portant modification ou suppression de toute mention figurant au registre de
commerce;
c) rendant exécutoire au Burundi les décisions énoncées au 1° ci-dessus rendues
par des juridictions étrangères.
Article 49
Les demandes d’inscription prévue à l’article 47 ci-dessus doivent être adressées au
greffier qui a procédé à l’immatriculation par les personnes qui avaient l’obligation de
demander celle-ci.
Article 50
Le greffier du tribunal de commerce dans le ressort duquel l’immatriculation a été
effectuée procède d’office à l’inscription des jugements et arrêts prévus par l’article 48 ci-
dessus rendus par les juridictions burundaises.
A cette fin, les greffiers des juridictions dont émanent ces jugements et arrêts en
communiquent un extrait, certifié conforme, au greffier chargé de faire l’inscription
complémentaire.
L’inscription à laquelle donnent lieu les décisions judiciaires énoncées à l’article 48
ci-dessus rendues par les juridictions étrangères, est effectuée par le greffier qui a procédé
à l’immatriculation, à la demande du commerçant ou de toute personne exerçant tout ou
partie de ses droits.
Article 51
En cas de transfert, de cession ou de cessation de commerce par suite de décès, la
demande d’inscription devra être faite au greffier qui a procédé à l’immatriculation par les
héritiers, les légataires universels ou les exécuteurs testamentaires.
Lorsqu’un fonds de commerce est mis en liquidation, la demande d’inscription
incombe tant aux liquidateurs qu’aux personnes chargées de requérir l’immatriculation.
Article 52
Toute inscription complémentaire, sauf quand elle a lieu d’office, doit être requise
dans les trois mois à partir du fait ou de l’acte à déclarer. Pour les actes à publier au
Bulletin officiel du Burundi, le délai court à partir de la publication. Pour les jugements et
arrêts, le délai court à partir du jour où ils sont coulés en force de chose jugée.
Les demandes d’inscription mentionnent le nom du requérant, la raison sociale ou la
dénomination de l’entreprise, le numéro et la date de l’immatriculation ainsi que l’objet de
l’inscription. Elles sont introduites comme il est dit aux articles 39 à 42 du présent Décret-
Loi.
16
S’il s’agit de modifications aux statuts des sociétés, les demandes doivent en outre
être accompagnées d’une copie des actes modificatifs, ou d’un exemplaire du Bulletin
Officiel du Burundi où ces actes ont été publiés.
Les articles 44 et 45 ci-dessus sont applicables aux inscriptions complémentaires. Si
l’immatriculé possède un ou plusieurs sièges d’exploitations, succursales ou agences sis
dans des ressorts différents, le greffier qui a procédé à l’inscription adresse au greffier des
tribunaux de commerce dans le ressort desquels sont situés des établissements
secondaires, une copie certifiée conforme de l’inscription effectuée.
L’inscription complémentaire fera l’objet d’une annexe à l’acte d’immatriculation.
CHAPITRE V : DU REDRESSEMENT ET DE LA RADIATION
Article 53
Les tiers peuvent obtenir la rectification ou la suppression de toute mention inexacte,
ainsi que l’insertion de toute mention omise.
Leur action est portée devant le tribunal de commerce du lieu de l’immatriculation.
Article 54
La radiation de l’immatriculation pourra être ordonnée par le tribunal de commerce,
si l’immatriculation est relative à une personne physique qui se trouve dans l’un des cas
prévus à l’article 45 du présent Décret-Loi.
La radiation est prononcée par le tribunal du lieu de l’immatriculation. Le tribunal est
saisi par requête du ministère public auquel toute cause de radiation est signalée par le
greffier ou toute personne intéressée. Appel de la décision pourra être formé tant par
l’intéressé que par le Ministère public.
La radiation est inscrite d’office par le greffier en marge de l’immatriculation ou de
l’inscription.
Le greffier communique une copie certifiée conforme de la décision prononçant la
radiation à ses homologues des tribunaux de commerce dans le ressort desquels le
commerçant radié possède un siège d’exploitation, une agence ou une succursale.
CHAPITRE VI : DES SANCTIONS
Article 55
Sera non recevable lorsqu’elle trouve sa cause dans un acte de commerce, toute
action principale, reconventionnelle ou en intervention, intentée par une personne qui,
exerçant au Burundi une activité commerciale, n’est pas immatriculée au registre de
commerce.
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La non-recevabilité sera prononcée par le tribunal bien que le moyen n’ait pas été
opposé. La fin de non-recevoir pourra être couverte par l ‘immatriculation opérée même en
cours d’instance.
Article 56
Sera punie d’une amende de 10.000 à 100.000 francs, toute personne qui, ayant un
siège d’exploitation, une succursale ou une agence, ne l’a pas mentionné dans sa
demande d’immatriculation ou n’en a pas demandé l’inscription.
Sera puni du double de la peine prévue à l’alinéa précédent, quiconque exercera
une activité commerciale nonobstant le refus d’immatriculation prévu à l’article 45 ci-dessus
ou la radiation de celle-ci conformément à l’article 54 du présent Décret-Loi.
Dans les cas prévus aux alinéas précédents du présent article, le tribunal saisi peut
ordonner la fermeture de l’établissement principal, siège d’exploitation, succursale ou
agence.
La décision de fermeture produit ses effets le troisième jour après celui de
l’avertissement donné au condamné par le ministère public.
Si elle est enfreinte, le ministère public fera apposer les scellés sur le local et
prendra toute mesure appropriée. Toute personne qui enfreindra une décision de fermeture
sera punie d’une amende ne pouvant dépasser 2.000.000 de francs.
La décision de fermeture cesse de produire ses effets dès que l’immatriculation ou
l’inscription est obtenue.
Article 57
Sera punie d’une amende de 5.000 à 20.000 francs, toute personne qui, hors des
cas tombant sous l’application de l’article 56 ci-dessus soit dans une demande
d’immatriculation ou dans ses annexes, soit dans une demande d’inscription
complémentaire, a fait sciemment une déclaration inexacte ou incomplète.
Elle sera punie d’une amende de 10.000 à 50.000 francs si l’omission ou
l’inexactitude porte sur des faits susceptibles de motiver soit le refus d’immatriculation ou
d’inscription complémentaire, soit la radiation du registre du commerce.
Article 58
Sera passible d’une amende de 10.000 à 20.000 francs, toute infraction à l’article 46
du présent Décret-Loi.
18
CHAPITRE VII : DE LA PUBLICITE
Article 59
Toute personne peut prendre gratuitement connaissance au greffe du tribunal de
commerce du registre de commerce et s’en faire délivrer des extraits à ses frais.
CHAPITRE VIII : DISPOSITIONS FISCALES
Article 60
Le montant des taxes rémunératoires à percevoir par le greffier qui procède aux
mentions au registre de commerce est fixé par ordonnance du Ministre ayant la justice
dans ses attributions. Il en est de même du montant des frais d’obtention des extraits du
registre de commerce.
CHAPITRE IX : DISPOSITIONS SPECIALES
Article 61
L’extrait prévu à l’article 15 du présent Décret-Loi relatif aux conventions
matrimoniales des commerçants, fera l’objet d’une inscription complémentaire au registre
de commerce à laquelle il sera procédé d’office par le greffier.
Article 62
Les dispositions du Titre V relatives au registre de commerce ne s’appliquent pas
aux commerçants ambulants. Toutefois, le commerçant ambulant qui cumule le statut avec
celui de commerçant établi peut se voir imposé ces formalités pour son commerce établi, si
celui-ci constitue l’activité principale.
TITRE VI
DE LA CONCURRENCE DELOYALE
CHAPITRE PREMIER : DES PRATIQUES ANTICONCURRENTIELLES
Article 63
Il y a concurrence déloyale lorsqu’un commerçant porte atteinte au crédit de son
concurrent, lui enlève sa clientèle ou d’une manière générale porte atteinte à sa capacité
de concurrence par un acte contraire aux usages honnêtes en matière commerciale.
19
Article 64
Sont prohibées, lorsqu’elles ont pour objet ou peuvent avoir pour effet d’empêcher,
de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence sur un marché, les actions
concertées, conventions, ententes expresses ou tacites ainsi que les coalitions, lorsqu’elles
tendent notamment à :
1° limiter l’accès au marché ou le libre exercice de la concurrence par d’autres
entreprises ;
2° faire obstacle à la fixation des prix par le libre jeu du marché en favorisant
artificiellement leur hausse ou leur baisse ;
3° limiter ou contrôler la production, les débouchés, les investissements ou le
progrès technique ;
4° répartir les marchés ou les sources d’approvisionnement.
Article 65
Est prohibée, dans les mêmes conditions que celles mentionnées à l’article 64 ci-
dessus, l’exploitation abusive par une entreprise ou un groupe d’entreprises :
1° d’une position dominante sur le marché intérieur ou une partie substantielle de
celui-ci ;
2° de l’état de dépendance économique dans lequel se trouve, à son égard, une
entreprise cliente ou fournisseur qui ne dispose pas d’autres alternatives. Ces abus
peuvent notamment consister en refus de vente, en ventes liées ou en conditions de vente
discriminatoires ainsi que dans la rupture de relations commerciales établies, au seul motif
que le partenaire refuse de se soumettre à des conditions commerciales anormales lui
imposées.
Article 66
Tout engagement, convention ou clause contractuelle se rapportant à une pratique
prohibée par les articles 64 et 65 ci-dessus est nul.
Article 67
Sont également considérés comme actes contraires aux usages honnêtes en matière
commerciale notamment les faits de :
1° créer la confusion, ou tenter de créer la confusion entre sa personne, son
établissement, ou les produits d’un concurrent ;
2° répandre des imputations fausses sur la personne, l’entreprise, les marchandises,
ou le personnel d’un concurrent ;
20
3° donner des indications inexactes sur sa personnalité commerciale, sur son
industrie, ou ses dessins, marques, brevets, références, distinctions, sur la nature de
ses produits ou marchandises, sur les conditions de leur fabrication, leur origine, leur
provenance, leur qualité ;
4° apposer sur des produits naturels ou fabriqués détenus ou transportés en vue de
la vente ou mis en vente ou sur les emballages de ces produits, une marque de
fabrique ou de commerce, un nom, un signe, ou une indication quelconque de nature à
faire croire que les produits ont une origine ou une provenance autre que leur véritable
origine ou provenance ;
5° faire croire à une origine ou à une provenance inexacte desdits produits, soit par
addition, retranchement ou altération quelconque d’une marque, d’une dénomination ou
d’une étiquette, soit par des annonces, écrits ou affiches, soit par la production de factures,
de certificats d’origine ou de provenance inexacte, soit par tout autre moyen ;
6° faire un usage non autorisé de modèles, dessins, échantillons, combinaisons
techniques, formules d’un concurrent, et, en général de toutes indications ou de tous
documents confiés en vue d’un travail, d’une étude, ou d’un devis ;
7° faire un emploi non autorisé du matériel d’un concurrent, de l’emballage, des
récipients de ses produits, même sans l’intention de s’en attribuer la propriété, ni de créer
une confusion entre les personnes, les établissements, ou les produits ;
8° utiliser des dénominations, marques, emblèmes créant une confusion avec des
services publics, des organismes publics, ou tendant à faire croire à un mandat de
l’autorité.
Article 68
Un Conseil de la concurrence peut être créé par Décret pour donner des avis
techniques au Gouvernement ou aux commissions parlementaires sur les projets ou
propositions de lois ainsi que sur toute question concernant la concurrence et les prix. Il
peut également être consulté sur les mêmes questions à la demande des collectivités
locales, des organisations professionnelles et syndicales, des organisations des
consommateurs agréées, des chambres de commerce, d’industrie, d’agriculture et
d’artisanat en ce qui concerne les intérêts dont elles ont la charge.
Article 69
Le Conseil de la concurrence peut notamment être consulté par le Gouvernement
sur tout projet de texte réglementaire instituant un régime nouveau ayant directement pour
effet :
1° de soumettre l’exercice d’une profession ou l’accès à un marché à des
restrictions quantitatives ;
2° d’établir des droits exclusifs dans certaines zones ;
21
3° d’imposer des pratiques uniformes en matière de prix ou conditions de vente.
Article 70
L’organisation, la composition, les compétences et le fonctionnement du Conseil de
la concurrence sont précisés par Décret.
CHAPITRE II : DE LA REPRESSION DE LA CONCURRENCE DELOYALE
Article 71
Sur demande de toute personne intéressée, le tribunal de commerce ordonne la
cessation des actes contraires aux usages honnêtes en matière commerciale.
Article 72
Dès que la décision n’est plus susceptible d’appel ni d’opposition, tout manquement
aux injonctions ou interdictions y apportées est puni d’une amende de 50.000 à 2.000.000
francs.
Le tribunal peut ordonner l’affichage du jugement, pendant le délai qu’il détermine, à
l’intérieur ou à l’extérieur des établissements du contrevenant, et aux frais de celui-ci.
Il peut aussi ordonner la publication du jugement dans les journaux aux frais du
contrevenant.
En cas de récidive, l’amende peut être doublée.
Aux termes du présent Décret-Loi, il y a récidive lorsque après condamnation
définitive pour manquement aux injonctions ou interdictions d’un jugement ou d’un arrêt, le
condamné commet un nouveau manquement au même jugement ou arrêt, dans un délai
de cinq ans.
Les infractions au présent article ne sont poursuivies qu’à la requête des intéressés
ou de l’un d’eux.
Article 73
Sans préjudice des dispositions du Code du Travail relatives au droit de grève, sera
puni d’un mois à deux ans de servitude pénale et d’une amende de 50.000 à 2.000.000
francs ou de l’une de ces peines seulement quiconque, à l’aide de menaces, violence,
voies de fait ou manœuvres frauduleuses, aura amené ou maintenu une cessation
concertée de travail dans le but de forcer la hausse ou la baisse des salaires ou de porter
atteinte au libre exercice de l’industrie ou du travail.
22
Article 74
Sera puni d’une peine de servitude pénale d’un mois à cinq ans et d’une amende de
50.000 à 5.000.000 de francs, ou de l’une de ces peines seulement, tout travailleur ou
agent de direction qui, sans autorisation, communique des secrets de fabrication de son
entreprise à des personnes étrangères à celle-ci.
Article 75
Sera puni des peines prévues à l’article 74 ci-dessus :
1° quiconque, par une action concertée, en faisant usage d’informations inexactes
ou tendancieuses ou en faisant usage de menaces, voies de fait, ou en dissimulant les
stocks de denrées ou de matériaux qu’il détient ou fait détenir, aura fait obstacle à la libre
concurrence commerciale ou à l’approvisionnement normal des commerçants détaillants
ou du public ;
2° celui qui, dans les ventes publiques aux enchères ou dans les adjudications de
marchés publics, aura entravé ou troublé la liberté des enchères ou des soumissions par
des voies de fait, menaces, promesses, fausses nouvelles, ententes sur les prix ou toute
action concertée frauduleuse.
Article 76
Sera puni d’une peine de servitude pénale de cinq à dix ans et d’une amende de
50.000 à 5.000.000 de francs ou de l’une de ces peines seulement :
1° tout commerçant, artisan, entrepreneur, ou en général, toute personne, qui
passe, même à titre occasionnel, un contrat ou un marché avec l’Etat ou une collectivité
locale, en mettant à profit l’autorité ou l’influence des personnes agissant pour le compte
de l’Etat, des établissements publics, des entreprises para-étatiques ou d’économie mixte,
des organismes bancaires, des unités auto-gérées de consommation, de production
industrielle ou agricole, de tout organisme de droit privé assurant la gestion d’un service
public, pour majorer les prix qu’ils pratiquent normalement et habituellement ou pour
modifier à leur avantage la qualité des denrées ou des délais de livraison ;
2° tout intermédiaire non autorisé et qui, sans besoins réels répondant aux
nécessités du système de distribution, contribue à la majoration artificielle des prix, modifie
à son avantage la qualité des denrées ou perturbe les délais de livraison.
23
TITRE VII
DE LA PROTECTION DU CONSOMMATEUR
CHAPITRE PREMIER : DES DISPOSITIONS GENERALES
Section 1 : Du consommateur
Article 77
Pour l’application du présent Décret-loi, il faut entendre par consommateur, toute
personne physique ou morale qui acquiert ou utilise à des fins excluant tout caractère
professionnel des produits ou des services sur le marché.
Section 2 : Du champ d’application
Article 78
Les dispositions du présent Titre s’appliquent à tout contrat entre un consommateur
et un commerçant dans le cours de son commerce et ayant pour objet un bien ou un
service.
Elles ne s’appliquent pas aux valeurs mobilières et autres instruments financiers
visés par la législation relative aux opérations financières et aux marchés financiers.
Section 3 : Des contrats relatifs aux biens et aux services
Article 79
Il est interdit de refuser à un consommateur la vente d’un produit ou la prestation
d’un service, sauf motif légitime, et de subordonner la vente d’un produit à l’achat d’une
quantité imposée ou à l’achat concomitant d’un autre produit ou d’un autre service ainsi
que de subordonner la prestation d’un service à celle d’un autre service ou à l’achat d’un
produit.
Article 80
Le consommateur peut demander la nullité du contrat ou la réduction des obligations
qui en découlent lorsque la disproportion entre les prestations respectives des parties est
tellement considérable qu’elle équivaut à de l’exploitation du consommateur, ou que
l’obligation du consommateur est excessive, abusive ou exorbitante.
24
Article 81
Dans l’appréciation du consentement donné par un consommateur à un contrat, le
tribunal doit tenir compte de la condition des parties, des circonstances dans lesquelles le
contrat a été conclu et des avantages qui résultent du contrat pour le consommateur.
Article 82
Aucuns frais ne peuvent être réclamés d’un consommateur, à moins que le contrat
n’en mentionne de façon précise le montant.
Article 83
Le contrat à distance est considéré comme conclu à l’adresse du consommateur.
CHAPITRE II. DE LA PUBLICITE
Article 84
Pour l’application du présent Décret-Loi, est considérée comme publicité, toute
communication ayant comme but direct ou indirect de promouvoir la vente de produits ou
de services, y compris les biens immeubles, les droits et les obligations, quel que soit le
lieu ou les moyens de communication mis en oeuvre.
Article 85
Sans préjudice d’autres dispositions légales ou réglementaires, est interdite toute
publicité :
1° qui comporte des affirmations, indications ou représentations susceptibles
d’induire en erreur sur l’identité, la nature, la composition, l’origine, la quantité, la
disponibilité, le mode et la date de fabrication ou les caractéristiques d’un produit ou les
effets sur l’environnement.
Par caractéristiques, il y a lieu d’entendre les avantages d’un produit, notamment au
point de vue de ses propriétés, de ses possibilités d’utilisation, et des résultats qui peuvent
être attendus de son utilisation, des conditions auxquelles il peut être acheté comme le prix
ou son mode d’établissement et la nature des tests ou contrôles effectués sur le produit et
des services qui accompagnent l’achat ;
2° qui comporte des affirmations, indications ou représentations susceptibles
d’induire en erreur sur l’identité, la nature, la composition, la durée, la disponibilité, la
date de prestation ou les caractéristiques d’un service. Par caractéristiques, il y a lieu
d’entendre les avantages d’un service, notamment au point de vue de ses propriétés, des
résultats qui peuvent être attendus de son utilisation, des conditions auxquelles il peut être
obtenu, comme le prix ou son mode d’établissement et la nature des tests ou contrôles
effectués sur le service ;
25
3° qui comporte des affirmations, indications ou représentations susceptibles
d’induire en erreur sur l’identité ou les qualités du vendeur d’un produit ou service ;
4° par laquelle le vendeur omet des informations essentielles dans le but d’induire en
erreur sur les mêmes éléments que ceux visés aux 1°, 2° et 3° ;
5° qui, étant donné son effet global, y compris sa présentation, ne peut pas être
nettement distinguée comme telle, et qui ne comporte pas la mention «publicité» de
manière lisible, apparente et non équivoque ;
6° qui comporte des éléments dénigrants à l’égard d’un autre vendeur, ses produits,
ses services et son activité ;
7° qui comporte des comparaisons trompeuses, dénigrantes ou impliquant sans
nécessité la possibilité d’identifier un ou plusieurs autres vendeurs ;
8° qui comporte des éléments susceptibles de créer la confusion avec un autre
vendeur, ses produits, ses services ou son activité ;
9° qui porte sur une offre de produits ou de services, lorsque le vendeur ne dispose
pas de stock suffisant ou ne peut effectivement prester les services qui doivent
normalement être prévus, compte tenu de l’ampleur de la publicité ;
10° qui, ayant trait à des produits ou appareils autres que des médicaments, fait
référence de manière abusive à l’amélioration de l’état du consommateur.
Article 86
Le Ministre ayant le Commerce dans ses attributions peut, par Ordonnance, pour les
produits, les services, les catégories de produits ou services qu’il détermine :
1° interdire ou restreindre la publicité en vue d’assurer la sécurité du consommateur
et de l’environnement ;
2° déterminer les mentions minimales de la publicité, en vue d’assurer une meilleure
information du consommateur.
Article 87
Le Ministre ayant le Commerce dans ses attributions peut, lorsqu’il l’estime
nécessaire à la protection de la clientèle :
1° déterminer les conditions de composition, de qualité et de dénomination
auxquelles doit satisfaire toute marchandise pour pouvoir être vendue, offerte ou exposée
en vente ;
2° prescrire l’apposition de certaines indications ou mentions concernant
notamment l’origine, la composition, le poids, le volume, la quantité ou le métrage des
marchandises visées à l’alinéa 1er du présent article. Il détermine suivant le cas, si ces
26
indications doivent être apposées sur les marchandises ou sur leur contenant ou sur tout
document s’y rapportant.
Article 88
Par dérogation à l’article 440 du Code Pénal, les infractions aux mesures
d’exécution prises en vertu des articles 86 et 87 ci-dessus sont passibles d’une amende de
20.000 à 200.000 francs.
En cas de récidive, telle que définie par l’article 72 du présent Décret-Loi, cette
peine peut être doublée.
CHAPITRE III : DE LA VENTE DE PRODUITS ET DE SERVICES
AU CONSOMMATEUR
Section 1 : De l’obligation d’information à l’égard du consommateur
Article 89
Au plus tard au moment de la conclusion de la vente, le vendeur doit apporter de
bonne foi au consommateur les informations correctes et utiles relatives aux
caractéristiques du produit ou service et aux conditions de vente, compte tenu du besoin
d’information exprimé par le consommateur et compte tenu de l’usage déclaré par le
consommateur ou raisonnablement prévisible.
Section 2 : Des clauses abusives
Article 90
Pour l’application du présent Décret-Loi, il faut entendre par clause abusive, toute
clause ou condition qui, à elle seule ou combinée avec une ou plusieurs autres clauses ou
conditions, crée un déséquilibre manifeste entre les droits et les obligations des parties.
Article 91
Dans les offres en vente et ventes de produits et de services entre un vendeur et un
consommateur, sont abusives les clauses et conditions ou les combinaisons de clauses et
conditions qui ont pour objet de :
1° prévoir lors de la signature du contrat un engagement immédiat et définitif du
consommateur alors que le vendeur contracte sous une condition dont la réalisation
dépend de sa seule volonté ;
27
2° faire varier le prix en fonction d’éléments dépendants de la seule volonté du
vendeur ;
3° réserver au vendeur le droit de modifier unilatéralement les caractéristiques
du produit à livrer ou du service à prester, si ces caractéristiques revêtent un
caractère essentiel pour le consommateur ou pour l’usage auquel le consommateur destine
le produit ou le service, pour autant du moins que cet usage ait été raisonnablement
prévisible ;
4° fixer ou modifier unilatéralement le délai de livraison d’un produit ou le délai
d’exécution d’un service ;
5° accorder au vendeur le droit de déterminer unilatéralement si le produit livré ou le
service presté est conforme au contrat ;
6° interdire au consommateur de demander la résolution du contrat dans le cas où le
vendeur n’exécute pas ses obligations ;
7° restreindre le droit du consommateur de résilier le contrat lorsque, dans le cadre
de son obligation de garantie, le vendeur ne respecte pas son obligation de réparer le
produit ou ne la respecte pas dans un délai raisonnable ;
8° obliger le consommateur à exécuter ses obligations alors que le vendeur n’aurait
pas exécuté les siennes ou serait en défaut d’exécuter les siennes ;
9° sans préjudice de l’article 82 du Code Civil Livre III, autoriser le vendeur à
rompre ou modifier le contrat unilatéralement, sans dédommager le consommateur,
hormis le cas de force majeure ;
10° même en cas de force majeure, n’autoriser le consommateur à rompre le contrat
que moyennant le paiement de dommages-intérêts ;
11° libérer le vendeur de sa responsabilité du fait de son dol, de sa faute lourde ou
de celle de ses préposés ou mandataires ou du fait de toute inexécution d’une obligation
consistant en une des prestations principales du contrat ;
12° supprimer ou diminuer la garantie légale en matière de vices cachés prévue par
les articles 318 à 326 du Code Civil Livre III ;
13° fixer un délai déraisonnablement court pour signaler des vices aux vendeurs ;
14° interdire au consommateur de compenser une dette envers le vendeur avec une
créance qu’il aurait sur lui ;
15° déterminer le montant de l’indemnité due par le consommateur qui n’exécute
pas ses obligations, sans prévoir une indemnité du même ordre à charge du vendeur qui
n’exécute pas les siennes ;
28
16° engager le consommateur pour une durée indéterminée, sans spécification d’un
délai raisonnable de résiliation;
17° proroger le contrat pour une durée déraisonnable si le consommateur ne le
résilie pas à temps ;
18° limiter les moyens de preuve que le consommateur peut utiliser ;
19° faire renoncer le consommateur, en cas de conflit, à tout moyen de recours
contre le vendeur ;
20° fixer les montants des dommages et intérêts réclamés en cas d’inexécution ou
de retard dans l’exécution des obligations de l’acheteur qui dépassent manifestement
l’étendue du préjudice susceptible d’être subi par le vendeur.
Article 92
Sans préjudice des autres sanctions de droit commun, les clauses et conditions
ainsi que les combinaisons de clauses et conditions visées à l’article 91 ci-dessus sont
nulles et interdites.
Article 93
En vue d’assurer l’équilibre des droits et obligations entre les parties dans les ventes
de produits ou services au consommateur ou en vue d’assurer la loyauté des transactions
commerciales, le Ministre ayant le Commerce dans ses attributions, pour les secteurs
d’activité commerciale ou les catégories de produits et de services qu’il détermine, peut
prescrire ou interdire l’usage de certaines clauses dans les contrats de vente au
consommateur. Il peut aussi imposer l’utilisation de contrats-types.
CHAPITRE IV : DE L’ACTION EN CESSATION DES PRATIQUES CONTRAIRES
AUX INTERETS DES CONSOMMATEURS
Article 94
Est interdit tout acte par lequel un vendeur porte atteinte aux intérêts d’un ou
plusieurs consommateurs.
Article 95
Le tribunal de commerce constate l’existence et ordonne la cessation d’un acte,
même pénalement réprimé, constituant une infraction aux dispositions du présent Décret-
loi. Il peut ordonner l’interdiction de la publicité visée à l’article 85 ci-dessus, lorsqu’elle n’a
pas encore été portée à la connaissance du public, mais que cette publication est
imminente.
29
Article 96
Le tribunal de commerce peut accorder au contrevenant un délai pour mettre fin à
l’infraction ou ordonner la cessation de l’activité. Il peut accorder la levée de la cessation
dès qu’il est prouvé qu’il a été mis fin aux infractions.
Article 97
L’action fondée sur l’article 94 ci-dessus est formée à la demande :
1° des intéressés ;
2° du Ministère ayant le commerce dans ses attributions ;
3° d’une association ayant pour objet la défense des intérêts des consommateurs et
jouissant de la personnalité juridique.
Article 98
Le tribunal de commerce peut prescrire l’affichage de sa décision ou du dispositif de
celle-ci pendant le délai qu’il détermine, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des
établissements du contrevenant et ordonner la publication de son jugement ou du dispositif
de celui-ci par la voie de journaux ou de toute autre manière, le tout aux frais du
contrevenant.
Ces mesures de publicité ne peuvent toutefois être prescrites que si elles sont de
nature à contribuer à la cessation de l’acte incriminé ou de ses effets.
CHAPITRE V : DES SANCTIONS
Article 99
Sont punis d’une amende de 100.000 à 200.000 francs :
1° ceux qui ne se conforment pas à ce que dispose un jugement ou un arrêt rendu
en vertu des articles 94 et 96 ci-dessus à la suite d’une action en cessation ;
2° ceux qui, volontairement, en personne ou par personne interposée, suppriment,
dissimulent ou lacèrent totalement ou partiellement les affiches apposées en application
des articles 98 et 101 du présent Décret-Loi.
Article 100
Lorsque les faits soumis au tribunal font l’objet d’une action en cessation, il ne peut
être statué sur l’action pénale qu’après qu’une décision coulée en force de chose jugée ait
été rendue relativement à l’action en cessation.
En cas de récidive, la peine prévue à l’article 99 ci-dessus est doublée.
30
Article 101
Le tribunal peut ordonner l’affichage du jugement ou du dispositif de celui-ci pendant
le délai qu’il détermine aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des établissements du
contrevenant aux frais de celui-ci, de même que la publication du jugement ou du dispositif
de celui-ci aux frais du contrevenant par la voie des journaux ou de toute autre manière; il
peut, en outre, ordonner la confiscation des bénéfices illicites réalisés à la faveur de
l’infraction.
Article 102
Les sociétés et autres associations à but commercial ayant la personnalité juridique
sont civilement responsables des condamnations aux dommages et intérêts, amendes,
frais, confiscations, restitutions et sanctions pécuniaires quelconques prononcées pour
infractions aux dispositions du présent titre contre leurs organes ou préposés.
Ces sociétés et associations pourront être directement citées devant le tribunal de
commerce par le ministère public ou la partie civile.
TITRE VIII
LE DROIT AU BAIL
CHAPITRE PREMIER : CHAMP D’APPLICATION
Article 103
Les dispositions du présent titre s’appliquent aux baux des immeubles ou locaux
dans lesquels est exploité un fonds appartenant à un commerçant, ainsi qu’aux baux de
locaux ou d’immeubles accessoires à l’exploitation d’un fonds de commerce quand leur
privation est de nature à compromettre l’exploitation du fonds et qu’ils appartiennent au
propriétaire du local ou de l’immeuble où est situé l’établissement principal.
Article 104
La durée du contrat de location est déterminée par les parties.
A défaut d’indication dans le contrat, elle est fixée à deux ans.
CHAPITRE II : DU RENOUVELLEMENT DU BAIL
Article 105
Le droit au renouvellement du bail ne peut être invoqué que par le propriétaire du
fonds qui est exploité dans les lieux.
31
Article 106
Par dérogation à l’article 393 du Code Civil Livre III, les baux de locaux soumis aux
dispositions du présent titre ne cessent que par l’effet d’un congé donné suivant les usages
locaux et au moins six mois à l’avance.
A défaut de congé, le bail se poursuit par tacite reconduction au-delà du terme fixé
soit par le contrat, soit en application de l’article 104 ci-dessus, conformément à l’article
394 du Code Civil Livre III.
Le congé doit, à peine de nullité, préciser les motifs pour lesquels il est donné et
indiquer que le locataire qui entend, soit contester le congé, soit demander le paiement
d’une indemnité d’éviction, doit, à peine de forclusion, saisir le tribunal de commerce avant
l’expiration d’un délai de trois mois à compter de la date de la signification du congé.
Article 107
Le locataire qui veut obtenir le renouvellement de son bail doit en faire la demande
dans les six mois qui précèdent l’expiration du bail.
La demande de renouvellement doit être signifiée au bailleur. Sauf stipulation ou
notification contraire de la part de celui-ci, elle peut lui être valablement adressée en la
personne du gérant, lequel est réputé avoir qualité pour la recevoir; s’il y a plusieurs
propriétaires, la demande adressée à l’un d’eux vaut, sauf stipulation ou notification
contraire, à l’égard de tous.
Dans les trois mois de la signification de la demande en renouvellement, le bailleur
doit faire connaître au demandeur s’il refuse le renouvellement, en précisant les motifs de
ce refus. A défaut d’avoir fait connaître ses intentions dans ce délai, le bailleur est réputé
avoir accepté le principe de renouvellement du bail précédent.
Article 108
Le bailleur qui, sans être opposé au principe du renouvellement, désire obtenir une
modification du prix du bail doit, dans le congé prévu à l’article 106 ci-dessus ou dans la
réponse à la demande de renouvellement prévue à l’article 107 ci-dessus faire connaître le
loyer qu’il propose, faute de quoi le nouveau prix ne sera dû qu’à la fin du troisième mois
suivant la demande qui en aura été faite par lettre recommandée avec accusé de
réception.
Article 109
La durée du bail renouvelé est déterminée par les parties. A défaut, elle est de deux
ans.
32
CHAPITRE III : DU REFUS DE RENOUVELLEMENT
Article 110
Le bailleur peut refuser le renouvellement du bail.
Toutefois, le bailleur qui refuse le renouvellement du bail sans motif grave et
légitime, ou dans l’intention manifeste et injustifiée d’entraver l’exploitation du fonds de
commerce, devra payer au locataire évincé une indemnité dite d’éviction égale au préjudice
causé par le défaut de renouvellement.
Cette indemnité est appréciée par le juge et comprend notamment la valeur
marchande du fonds de commerce, déterminée suivant les usages de la profession.
CHAPITRE IV : DU LOYER ET DE LA CLAUSE RESOLUTOIRE
Article 111
Le montant des loyers des baux à renouveler ou à réviser doit correspondre à la
valeur locative.
A défaut d’accord entre les parties, cette valeur est déterminée d’après :
1° les caractères du local considéré ;
2° la destination des lieux ;
3° les obligations respectives des parties ;
4° les facteurs locaux de commercialité ;
5° les prix couramment pratiqués dans le voisinage ;
6° les variations de la monnaie.
A défaut d’accord entre les parties, le tribunal de commerce apprécie ces éléments.
Article 112
Toute clause insérée dans le bail prévoyant la résiliation de plein droit pour défaut
de payement du loyer aux échéances convenues ne produit d’effet qu’un mois après un
commandement de payer demeuré infructueux. Le commandement doit, à peine de nullité,
mentionner ce délai. Il est loisible au bailleur de réclamer au locataire des dommages-
intérêts résultant du paiement tardif des loyers.
33
Article 113
Les loyers des baux d’immeubles ou de locaux régis par les dispositions du présent
titre, renouvelés ou non, peuvent être révisés à la demande de l’une ou l’autre des parties.
La demande doit préciser le montant du loyer demandé ou offert.
A défaut d’accord, le litige est soumis à l ‘appréciation du juge. En aucun cas, le
locataire ne peut être contraint à quitter les lieux avant la décision du juge.
Le nouveau prix est dû à dater du jour de la demande, à moins que les parties ne se
soient mises d’accord avant ou pendant l’instance sur une date plus ancienne ou plus
récente.
CHAPITRE V : DE LA DESPECIALISATION
Article 114
Le locataire peut adjoindre à l’activité prévue au bail des activités connexes ou
complémentaires.
A cette fin, il doit faire connaître son intention au propriétaire en indiquant les
activités dont l’exercice est envisagé. Cette formalité vaut mise en demeure du propriétaire
de faire connaître dans un délai de deux mois, à peine de déchéance, s’il conteste le
caractère connexe ou complémentaire de ces activités.
En cas de contestation, le tribunal, saisi par la partie la plus diligente, se prononce
en fonction notamment de l’évolution des usages commerciaux.
Il peut être tenu compte, pour la fixation du loyer, des activités commerciales
adjointes, si celles-ci ont entraîné par elles-mêmes une modification de la valeur locative
des lieux loués.
Article 115
Le locataire peut, sur sa demande, être autorisé à exercer dans les lieux loués une
ou plusieurs activités différentes de celles prévues au bail, eu égard à la conjoncture
économique et aux nécessités de l’organisation rationnelle de la distribution, lorsque ces
activités sont compatibles avec la destination, les caractères et la situation de l’immeuble
ou de l’ensemble immobilier.
Article 116
La demande faite au bailleur doit, à peine de nullité, comporter l’indication des
activités dont l’exercice est envisagé. Elle est formée et dénoncée aux créanciers inscrits
sur le fonds de commerce. Ces derniers pourront demander que le changement d’activités
soit subordonné aux conditions de nature à sauvegarder leurs intérêts.
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Le bailleur doit, dans le mois de cette demande, en aviser ceux de ses locataires
envers lesquels il se serait obligé à ne pas louer en vue de l’exercice d’activités similaires à
celles visées dans la demande. Ceux-ci devront, à peine de forclusion, faire connaître leur
attitude dans le mois de cette notification.
A défaut par le bailleur d’avoir, dans les trois mois de la demande, signifié son refus,
son acceptation ou encore les conditions auxquelles il subordonne son accord, il sera
réputé avoir acquiescé à la demande. Cet acquiescement ne fait pas obstacle à l’exercice
des droits prévus à l’article 117 ci-dessous.
Article 117
Le changement d’activité peut motiver le paiement, à la charge du locataire, d’une
indemnité égale au montant du préjudice dont le bailleur établirait l’existence.
Ce dernier peut en outre, en contrepartie de l’avantage procuré, demander au
moment de la transformation, la modification du prix du bail.
Les droits des créanciers inscrits s’exercent avec leur rang antérieur, sur le fonds
transformé.
CHAPITRE VI : DISPOSITIONS DIVERSES
Article 118
Sont nuls et de nul effet, quelle qu’en soit la forme, les clauses, stipulations et
arrangements qui auraient pour effet de faire échec au droit de renouvellement institué par
le présent titre.
Article 119
Sont également nulles, quelle qu’en soit la forme, les conventions tendant à interdire
au locataire de céder son bail ou les droits qu’il tient du présent titre à l’acquéreur de son
fonds de commerce.
TITRE IX
DISPOSITIONS TRANSITOIRES ET FINALES
Article 120
Dans les ressorts où il n’est pas encore créé de tribunal de commerce, les actions et
infractions relevant de la compétence de ce dernier sont jugées par le tribunal de grande
instance. Un greffier près le tribunal de grande instance desdits ressorts est chargé du
registre de commerce.
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Article 121
Les modalités d’application du présent Décret-Loi seront fixées, selon le cas, par
Décret ou par Ordonnance des Ministres ayant le Commerce et la Justice dans leurs
attributions.
Article 122
Toutes dispositions antérieures contraires au présent Décret-Loi sont abrogées,
notamment :
1° l’article 2 alinéa 2 du Décret-Loi n° 1/1 du 15 janvier 1979 relatif aux sociétés
commerciales ;
2° les articles 287, 288, 290 et 291 alinéas 2 et 3 du Décret-Loi n° 1/6 du 4 avril
1981 portant réforme du Code Pénal ;
3° les articles 2 alinéa 2, 3 et 4 du Décret-Loi n° 1/037 du 27 novembre 1990 relatif à
la profession d’importateur tel que modifié par le Décret-Loi n° 1/024 du 16
septembre 1991 ;
4° le Décret du 31 juillet 1912 relatif aux livres de commerce ;
5° le Décret du 2 août 1913 relatif aux commerçants et à la preuve des
engagements commerciaux ;
6° le Décret du 20 août 1916 sur le troc ;
7° le Décret du 24 août 1922 relatif aux conventions matrimoniales des
commerçants ;
8° le Décret du 6 mars 1951 relatif au registre de commerce ;
9° le Décret du 1er avril 1959 sur la sauvegarde du pouvoir d’achat des
consommateurs ;
l0° le Décret n° 100/58 du 20 août 1986 relatif à l’encadrement des activités
commerciales ;
11° l’Ordonnance législative n° 41/63 du 24 février 1950 portant répression de la
concurrence déloyale ;
12° l’Ordonnance ministériel n° 550/296 du 10 décembre 1980 fixant les conditions
d’installation des commerçants étrangers ;
13° l’Ordonnance ministériel n° 750/368 du 15 octobre 1990 déterminant les
conditions d’obtention de la carte de commerçant ;
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14° l’Ordonnance ministérielle n° 750/311/91 du 21 septembre 1991 portant
mesures d’exécution du Décret-Loi n° 1/037 du 27 novembre 1990 et du Décret-Loi
n° 1/024 du 16 septembre 1991 relatifs à la profession d’ importateur.
Article 123
Le présent Décret-Loi entre en vigueur le jour de sa promulgation.
Fait à Bujumbura, le 09/07/1993
Major Pierre BUYOYA
PAR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
LE PREMIER MINISTRE,
Adrien SIBOMANA
LE MINISTRE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE,
Astère GIRUKWIGOMBA
VU ET SCELLE DU SCEAU DE LA REPUBLIQUE,
LE MINISTRE DE LA JUSTICE ET GARDE DES SCEAUX,
Sébastien NTAHUGA
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