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Production Animale

Production animale

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Publié par AgroExpert inc.

pour la Fédération d’agriculture biologique du Québec

ÉQUIPE DE RÉDACTION CHEZ AGROEXPERT


Serge Grenier, agronome
Christian Legault, T.P.

RÉVISION
Nathalie Viens

REMERCIEMENTS
Nous tenons à remercier les personnes suivantes qui nous ont apporté leur expertise lors de l’élaboration de
cette trousse (par ordre alphabétique) :

Geneviève Blais, Fédération d’agriculture biologique du Québec


Victor Blais, agriculteur, Syndicat des producteurs des viandes biologiques du Québec
Eugène Demers, agriculteur, Syndicat des producteurs des viandes biologiques du Québec
Martine Labonté, Fédération d’agriculture biologique du Québec
Serge Lefebvre, agriculteur, Ferme des Patriotes
Claude Pelletier, Regroupement du Bas-du-Fleuve
Lucie Rioux, agricultrice, ferme Logi-Bio
Yvon St-Jean, agronome, agriculteur et enseignant

Nous remercions le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) de nous avoir
permis d’utiliser le contenu de certains feuillets des Références économiques.

UN PROJET RÉALISÉ GRÂCE AUX SUBVENTIONS DE

¤ AgroExpert MC
50, 9e Avenue Sud
Sherbrooke (Québec) J1G 2R1
[Link]

Dépôt légal - Bibliothèque nationale du Québec, 2006


Dépôt légal - Bibliothèque nationale du Canada, 2006
ISBN 978-2-9807862-3-5
TABLE DES MATIÈRES
„ Présentation....................................................................................................................... 5
„ Témoignage des propriétaires de la ferme Logi-Bio de Baie-du-Febvre.......................... 7
„ Témoignage des propriétaires de la Ferme des Patriotes SEC.......................................... 9
„ Portrait du secteur de la production animale biologique................................................. 11
„ Mise en marché des produits animaux biologiques ........................................................ 16
„ Résumé des normes pour la production animale biologique .......................................... 20
„ Approvisionnement en aliments biologiques pour le bétail............................................ 30
„ Résumé du budget de production de bœuf biologique et de soya................................... 31
„ Abattage, découpe ou transformation des viandes biologiques ...................................... 33
„ Ouvrages complémentaires en production animale biologique ...................................... 35

Annexes
Organismes de certification accrédités par le CAAQ
Conseillers en production animale biologique au Québec
Présentation

„ PRÉSENTATION
La Fédération d’agriculture biologique du Québec
(FABQ) est heureuse d’offrir la présente trousse
pour la transition vers la production animale
biologique. Sa réalisation a été rendue possible
grâce à la contribution financière du ministère de
l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation
du Québec (MAPAQ) ainsi qu’à celle du Conseil
pour le développement de l’agriculture au Québec
(CDAQ).

En réalisant cette trousse, la FABQ désire appuyer


les producteurs intéressés à effectuer la transition
vers la production animale biologique en mettant à biologiques. La transition de la ferme vers
leur disposition de l’information et des références l’agriculture biologique débute souvent au champ
pratiques. Cette trousse fait partie d’une série de (consulter la Trousse de transition vers
cinq trousses de transition vers l’agriculture l’agriculture biologique : Grandes cultures pour
biologique. En plus de celle-ci, la série en plus de détails).
regroupe quatre autres : Trousse de transition vers
l’agriculture biologique : Production acéricole; La transition vers la production animale
Grandes cultures; Production horticole et biologique doit se réaliser par étapes. La première
Production laitière. étape consiste à s’informer. L’agriculteur prendra
d’abord connaissance des normes de production
Depuis plus de quinze ans, la FABQ œuvre au animale biologique. Il se renseignera sur ce
développement de l’agriculture biologique au secteur de production. Il étudiera les rouages de la
Québec. Elle regroupe des agriculteurs certifiés mise en marché. Il évaluera l’impact économique
biologiques ou en transition de tous les secteurs de de la transition sur une ferme d’élevage (la
production. La force de ce regroupement est de présente trousse contient un résumé de ces
créer un lieu d’échange dynamique et de permettre différents éléments). L’agriculteur assistera
la défense des intérêts socioéconomiques de ses également à différentes formations et verra à se
membres. créer un réseau (agriculteurs, intervenants, etc.)
afin de se familiariser avec les nouveaux défis qui
La transition d’une ferme d’élevage l’attendent et d’échanger à propos des différentes
conventionnelle vers l’agriculture biologique problématiques qu’il rencontre au cours de sa
exige beaucoup de changements en ce qui transition. Lorsqu’on entreprend une transition
concerne la gestion du troupeau et des champs. En vers l’agriculture biologique, on commence un
effet, pour la production animale biologique processus, un cheminement. Il est important
(œufs, viande), la ferme a avantage à cultiver une d’effectuer la transition étape par étape en
bonne partie des fourrages et des céréales respectant son propre rythme. Habituellement, les
biologiques nécessaires. En agriculture gestionnaires de la ferme effectueront
biologique, la ferme est vue comme un progressivement des changements dans la gestion
écosystème. Ainsi, les gestionnaires de ces fermes de la ferme. Ils commenceront la transition par les
visent à minimiser les apports extérieurs et à gérer champs pour ensuite apporter des modifications à
les éléments de façon cyclique. De plus, les la gestion du troupeau, à la régie de l’alimentation
dépenses qu’engendre l’achat des grains et du foin et à l’approche en santé animale, en s’attardant
biologiques peuvent compromettre la rentabilité aux causes du problème.
économique de certaines productions animales

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 5


Présentation

De nos jours, les agriculteurs qui entreprennent • un répondant en formation agricole du


une transition vers l’agriculture biologique Collectif régional de formation agricole de
bénéficient du savoir acquis par ceux qui l’UPA s’affaire à développer et à offrir des
pratiquent ce mode d’agriculture. Bon nombre formations adaptées au monde agricole dans
d’agriculteurs ont travaillé à développer le secteur chacune des régions du Québec;
depuis plus d’une trentaine d’années au Québec.
Plusieurs fermes sont devenues des modèles, et ce, • des conseillers des clubs-conseils en
particulièrement en production bovine biologique. agroenvironnement ont développé de
Les efforts soutenus de ces innovateurs ont permis l’expertise en agriculture biologique;
de sortir l’agriculture biologique de la marginalité
pour en faire un type d’agriculture pouvant • le Bio-Réseau de la Fondation RHA organise
répondre aux défis du vingt et unième siècle. du parrainage par des agriculteurs
expérimentés auprès d’agriculteurs
Les agriculteurs contactés lors de la réalisation de commençant la transition vers l’agriculture
cette trousse s’entendent pour souligner biologique.
l’importance de l’information, de la formation et
du réseautage lorsqu’on réalise une transition vers Les raisons qui motivent les agriculteurs à
l’agriculture biologique. Au Québec, différents entreprendre une transition vers ce mode
organismes offrent une panoplie de services afin d’agriculture sont nombreuses. Pour certains, il
de venir en aide aux agriculteurs intéressés par la s’agit d’une suite logique à une démarche
production laitière biologique; en voici quelques- agroenvironnementale ou à la prise de conscience
uns : des limites du système actuel. Pour d’autres, la
motivation émerge de convictions profondes, de
• l’adhésion à la Fédération d’agriculture recherche de défis ou de découverte de marchés
biologique du Québec et au Syndicat des intéressants. Peu importe les raisons qui vous
producteurs de viande biologique du Québec amènent à vous intéresser à la production animale
permet d’être bien informé et de rencontrer biologique, nous espérons que la lecture de cette
des agriculteurs œuvrant dans le domaine; trousse vous aidera de façon concrète dans votre
cheminement.
• un répondant en agriculture biologique
travaille dans chaque bureau régional du
MAPAQ;

Notes
Toute utilisation ou mise en application de l’information, des techniques ou des outils contenus dans le
présent document demeure l’entière responsabilité de l’utilisateur. Dans ce document, la forme masculine
désigne tout aussi bien les femmes que les hommes.

Pour information
Fédération d’agriculture biologique du Québec
555, boul. Roland-Therrien, bureau 100
Longueuil (Québec) J4H 3Y9
450 679-0530
Courriel : fabq@[Link]
Site Internet : [Link]

6 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Témoignage des propriétaires de la ferme Logi-Bio

„ TÉMOIGNAGE DES PROPRIÉTAIRES DE LA FERME LOGI-BIO DE


BAIE-DU-FEBVRE
Madame Lucie Rioux, propriétaire de la ferme
Logi-Bio, a commencé la transition vers
l’agriculture biologique dans ses champs en 1991
et la transition vers la production animale
biologique en 2001. La ferme a obtenu la
certification biologique pour les animaux en 2002.
Selon les dires de la propriétaire, le « gros bon
sens » est la motivation première qui l’a amenée à
se diriger vers ce mode d’agriculture.

Mme Rioux possède 35 vaches et un bœuf. Elle


commercialise de la viande de veau sous la mère
certifiée biologique. Cette viande provient de Vue aérienne de la ferme Logi-Bio
veaux abattus entre l’âge de 6 et 7 mois. La ferme
élève également 800 oies blanches de race
Embden, 150 dindes sauvages, 100 poulets à chair équilibre à l’échelle de la ferme. La présence
et 50 poules pondeuses par année, également d’animaux permet l’intégration des prairies dans
certifiés biologiques. De plus, la ferme cultive la rotation, ce qui s’avère bénéfique pour
220 acres en grandes cultures (maïs ensilage, l’ensemble du système de production.
grains mélangés, soya, prairies et pâturages) et L’agricultrice mentionne qu’il est possible de
10 acres en horticulture (fraises, framboises, maïs fournir une bonne partie de la diète des oies
sucré et légumes). blanches à l’aide de pâturages : « Ce sont
d’excellents brouteurs, il n’y a rien comme une oie
La production animale biologique a débuté par pour raser un pacage! » Elle constate également
l’acquisition d’un troupeau de vaches-veaux que la production d’animaux monogastriques en
conventionnel en 2001. La transition s’est bien production biologique est dispendieuse compte
déroulée. Quelques animaux ont souffert de tenu du coût des grains, donc de l’alimentation de
pneumonie peu après leur arrivée sur la ferme, ces animaux.
mais le tout s’est résorbé par la suite. Une régie
bien adaptée ainsi qu’une alimentation équilibrée Lorsqu’on lui demande quel a été le meilleur
contribuent au maintien de la santé des animaux. conseil qu’elle ait reçu, Mme Rioux répond
La ferme n’utilise pas de vermifuge d’emblée : « Pratiquer la prévention et beaucoup
conventionnel. « Une bonne régie de pâturage, une d’observation du comportement des animaux. En
alimentation de très bonne qualité, l’utilisation agriculture biologique, il faut réagir dès qu’il y a
judicieuse du charbon activé et de la terre un déséquilibre qui se crée et éviter que les
diatomée offrent suffisamment aux animaux pour animaux tombent malades. Il y a peu de remèdes
qu’ils aient l’énergie de combattre les parasites. pour guérir. Si on attend trop, la situation se
L’équilibre se crée entre les parasites et les hôtes. détériore et il devient périlleux de restaurer la
Les animaux se portent très bien », mentionne santé du troupeau ».
Mme Rioux.
La mise en marché de la viande biologique est ce
La propriétaire aime le côté diversifié du modèle qu’elle a trouvé le plus difficile. « Produire, c’est
agricole allemand. On retrouve sur sa ferme des relativement facile et j’adore ça, mais la mise en
animaux, des grandes cultures et de la production marché demeure un métier en soi, car ça demande
horticole. Selon elle, cette variété amène un beaucoup de temps, de patience et d’énergie. Le

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 7


Témoignage des propriétaires de la ferme Logi-Bio

secteur des viandes biologiques québécois souffre La ferme produit plus de 75 paniers de légumes
d’un manque d’organisation. Chaque éleveur y va biologiques environ 18 semaines par année, sous
de ses propres initiatives et c’est toujours à la formule de l’Agriculture soutenue par la
recommencer. Il y a beaucoup d’énergie qui se communauté. Ce contact privilégié avec les
perd », indique-t-elle. consommateurs lui permet de commercialiser une
bonne partie de la viande de la ferme. En effet,
Il lui a fallu trouver un abattoir et une boucherie Mme Rioux intègre aux paniers des bordereaux que
qui acceptaient ses animaux et qui étaient prêts à les clients remplissent afin de commander les
appliquer les normes biologiques. Il lui a fallu découpes et les quantités voulues. Elle préfère
également organiser le transport, respecter la cette approche à celle où les clients avancent un
chaîne de froid et trouver les consommateurs. Il montant d’argent et s’engagent à acheter une
faut offrir les découpes de viande que désirent les quantité de viande sur une période définie. Elle
consommateurs. De plus, le fait de commencer trouve cette approche difficile à gérer : « La
une nouvelle production (du veau sous la mère viande, ce n’est pas comme les légumes, on ne
biologique) s’est avéré un défi encore plus grand, peut pas mettre n’importe quelle découpe dans les
car cette production était peu connue des paniers. Le consommateur aime choisir les parties
consommateurs. Il a fallu développer la clientèle, qu’il va manger. » Aujourd’hui, environ la moitié
faire connaître le produit. La participation à des de la mise en marché se réalise sous la forme de
fêtes gourmandes a donné de bons résultats. viande congelée en vente directe aux clients, alors
Mme Rioux a ainsi pu parler de son produit et le que le reste se vend sous forme de produit frais
faire goûter. Cela lui a permis de développer une dans des boucheries où elle vend les carcasses
clientèle : « C’est fini le temps où les entières.
consommateurs achetaient une demi-carcasse pour
la mettre dans leur congélateur. Aujourd’hui, les Son expérience lui démontre que l’emplacement
clients désirent des petites quantités de découpes de la ferme représente un avantage certain
ciblées ». lorsqu’on désire effectuer de la vente directe aux
consommateurs : « Être situé près d’un centre où il
Afin de développer la mise en marché des viandes, y a des clients potentiels faciliterait beaucoup la
la propriétaire de la ferme Logi-Bio s’est associée mise en marché ». Il y a également une limite au
à différents intervenants du milieu. Cependant, un prix que l’on peut demander pour de la viande
de ses acheteurs a fait faillite. C’est d’ailleurs ce biologique, car la concurrence des viandes dites
qu’elle qualifie comme l’un de ses pires coups : « naturelles » est féroce. Bref, il y a encore
« On s’associe à des partenaires parce qu’on beaucoup de travail à faire pour bien faire
souhaite développer le marché. On fait confiance connaître les avantages de la viande biologique
aux gens, et on se ramasse un bon matin où un des auprès des consommateurs et pour structurer la
partenaires qui devait de l’argent à la ferme a mis commercialisation de ces produits au Québec.
la clé dans la porte »; il faut donc se relever les
manches et continuer.

8 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Témoignage des propriétaires de la ferme des Patriotes

„ TÉMOIGNAGE DES PROPRIÉTAIRES DE LA FERME DES


PATRIOTES SEC
La Ferme des Patriotes de Saint-Charles-sur-
Richelieu, propriété de Chantale et Martine
Bourgeois ainsi que de Serge Lefebvre, fait
l’élevage de 22 000 poules pondeuses en régie
biologique. Les propriétaires cultivent également
une quarantaine d’hectares en céréales
biologiques, mais la ferme doit en acheter afin de
compléter la ration des animaux. Les propriétaires
de la Ferme des Patriotes effectuent présentement
la transition vers l’agriculture biologique sur une
terre de plus de cent hectares. Les récoltes
provenant de cette terre seront graduellement Parcours à la Ferme des Patriotes
certifiées d’ici 2008, ce qui permettra à la ferme
d’augmenter son degré d’autosuffisance en
aliments biologiques. cueillette des œufs s’effectue de façon mécanique.
Chaque poulailler est muni d’un parcours
La Ferme des Patriotes a commencé la production extérieur clôturé. Les parcours sont entretenus
d’œufs biologiques en 1999. La première année, (réensemencés à intervalles réguliers) afin d’offrir
afin d’évaluer concrètement la faisabilité de ce aux poules un accès à l’extérieur en tout temps
projet, la ferme a loué des bâtiments et y a élevé dans des conditions qui leur sont favorables.
des poules pondeuses en régie biologique. Les Cependant, les mesures temporaires de
résultats prometteurs ont convaincu les confinement imposées par le ministère de
propriétaires d’acheter une nouvelle terre et d’y l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation
bâtir des poulaillers et une meunerie au cours de du Québec en raison des craintes de la grippe
l’année 2000. aviaire obligeaient les propriétaires à garder les
volailles à l’intérieur au moment de l’entrevue.
« Nous produisions déjà des œufs de spécialité
(oméga et œufs bruns). Lorsque que nous avons Avec le recul, les propriétaires de la Ferme des
pris connaissance du besoin des consommateurs Patriotes sont en mesure d’affirmer que la
pour les œufs biologiques, nous nous sommes dit transition vers la production d’œufs biologiques
qu’il fallait nous organiser afin de combler cette s’est bien déroulée. Ils ont dû développer leurs
demande, sinon les œufs viendraient d’ailleurs. De propres façons de faire puisqu’il y avait peu
plus, les normes de qualité québécoises sont très d’expériences concrètes dans le domaine au
élevées, ce qui nous permet de produire des œufs Québec à ce moment. Ils ont pris le temps d’aller
biologiques répondant aux plus hautes exigences visiter d’autres installations du genre en Europe et
en termes de salubrité [la Ferme des Patriotes est ailleurs. Les principaux défis à relever étaient de
également certifiée HACCP, acronyme anglais trois ordres : premièrement, dénicher des vaccins
signifiant Hazard Analysis Critical Control Point]. conformes aux normes de la certification;
La production des œufs biologiques au Québec deuxièmement, élaborer une alimentation
permet de diminuer le transport, donc l’impact biologique répondant aux besoins des poules; et
environnemental lié à cette activité », déclare troisièmement, résoudre le problème de
Serge Lefebvre. cannibalisme qui survenait entre les volailles.

Cinq poulaillers de 4 600 poules chacun ont été À leur arrivée sur la ferme à l’âge d’un jour, les
construits afin d’héberger les pondeuses. La poussins sont vaccinés systématiquement. Pour

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 9


Témoignage des propriétaires de la ferme des Patriotes

pouvoir utiliser la vaccination en agriculture


biologique, les propriétaires ont dû trouver
l’information nécessaire sur tous les vaccins
habituellement utilisés. Certains vaccins ont été
remplacés par d’autres. La démarche afin de
dénicher toute l’information et les nouveaux
vaccins acceptables en agriculture biologique s’est
échelonnée sur une période de six mois.

L’élaboration d’une alimentation biologique pour


les poules pondeuses s’est révélée un défi de taille. Poule à l’œuvre à la ferme des Patriotes
« La génétique des pondeuses utilisées est la
même que dans les élevages conventionnels. Ces dizaines de poules meurent quotidiennement et où
poules nécessitent une alimentation où chacune les solutions pour résoudre le problème sont
des composantes est parfaitement équilibrée. Au difficiles à mettre en place », mentionne l’un des
Québec, il y a peu de sous-produits disponibles actionnaires. Cette réalité a amené la ferme à
provenant de la transformation des grains documenter la problématique afin d’obtenir de la
biologiques. L’utilisation de ces produits part de l’organisme de certification la possibilité
permettrait de combler les besoins en acides de tailler légèrement le bec des poules.
aminés, essentiels au développement des poules Aujourd’hui, la taille du bec et les autres
pondeuses. La ferme doit donc utiliser des modifications apportées à la régie d’élevage
suppléments afin de remplacer ces acides aminés. permettent de contrôler le taux de cannibalisme.
Or, la présence de la meunerie sur la ferme offre
beaucoup de possibilités : la production de moulée Les œufs provenant de la ferme transigent par un
sur place permet de contrôler chacun des poste de classification qui est lui-même certifié
ingrédients constituant la ration. Chaque lot biologique. Les œufs y sont lavés, mirés, classés,
d’ingrédients à la base de l’alimentation du emballés et livrés aux nombreux points de vente.
troupeau est systématiquement analysé. Chaque Selon les propriétaires de la Ferme des Patriotes,
fournisseur doit donner des preuves de conformité la mise en marché très structurée de la filière des
de ses produits aux exigences de la certification œufs de consommation facilite la commercialisation
biologique. La mise en place de notre propre des œufs biologiques. Ils sont à l’affût de la
système de contrôle de la qualité nous permet croissance de la demande et sont prêts à y
d’atteindre une régularité dans l’alimentation des répondre.
animaux. Cette façon de faire limite les variations
de l’alimentation fournie aux animaux. Et cette Du point de vue de la rentabilité, la production
approche nous évite beaucoup de problèmes d’œufs en régie biologique engendre une
potentiels », indique M. Lefebvre. productivité environ 10 % inférieure à la
production en régie conventionnelle. Lorsque tout
Un des grands défis à relever lors de la transition va bien, la production d’œufs biologiques génère
vers l’élevage biologique a été le cannibalisme des revenus intéressants. Par contre, les étapes
entre les volailles. La ferme a dû faire abattre sont nombreuses et les risques, élevés. Ce mode
certains lots de volailles avant l’âge prévu, car le de production exige une surveillance accrue afin
taux de mortalité découlant du cannibalisme était que tout se déroule selon les règles de l’art. Un
trop élevé. « À certains moments, la situation était défi qu’ont su relever avec brio les propriétaires
très décourageante. Les employés trouvaient de la Ferme des Patriotes.
difficile de travailler dans un contexte où des

10 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Portrait du secteur de la production animale biologique

„ PORTRAIT DU SECTEUR DE LA PRODUCTION ANIMALE


BIOLOGIQUE
La production biologique connaît une forte
croissance depuis les dix dernières années au
Québec, et ce, dans l’ensemble des productions.
LES PRODUCTIONS ANIMALES BIOLOGIQUES
Chaque secteur connaît néanmoins une croissance • Bien que beaucoup reste à faire, les
variable selon son degré d’organisation. Les techniques de production animale
productions qui sont regroupées au sein biologique sont de mieux en mieux
d’organismes collectifs semblent mieux outillées maîtrisées.
pour faire face à la demande accrue du marché.
• La consommation de la viande
S’il y a un secteur où les défis à relever demeurent biologique est en croissance.
nombreux et importants, c’est bien celui des
viandes biologiques. En effet, chaque production • Les déficiences dans l’organisation de la
animale a ses particularités quant aux soins mise en marché contraignent les éleveurs
vétérinaires, aux techniques d’élevage, aux à œuvrer à la commercialisation de leurs
normes environnementales et à la mise en marché. produits. Il est difficile pour un éleveur
Il y a autant de défis à relever que de types de de se consacrer exclusivement à la
production. production.

• Les viandes dites « naturelles » exercent


une forte concurrence sur les viandes
biologiques.

TABLEAU I RÉPARTITION DE LA PRODUCTION* ANIMALE


BIOLOGIQUE OU EN TRANSITION AU QUÉBEC SELON
LES TYPES DE PRODUCTION EN 2005

Production Nombre de producteurs biologiques ou en transition en 2005


Bœuf 43
Poulet 12
Ovin 9
Caprin 6
Œuf 3
Autres élevages 4
Total 77

Source : Données provenant des organismes de certification, compilation par les répondants du MAPAQ selon la
principale production en 2005

* Si la ferme élève principalement du bœuf et un peu d’agneau, la ferme apparaît seulement sous l’élément
bœuf dans ce tableau. Également, si la principale production de la ferme est la production laitière biologique,
la ferme n’apparaît pas dans ce tableau.

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 11


Portrait du secteur de la production animale biologique

Selon les informations obtenues, 77 entreprises


déclaraient faire de la production animale certifiée
ou en transition leur principale production
en 2005. Dans l’édition du 6 avril 2006 de son
bulletin d'information, le CAAQ révèle que
153 fermes déclaraient produire des animaux
certifiés biologiques au Québec au 30 mars 2006.

Au Québec, la répartition régionale de la


production animale biologique pour la production
de la viande est relativement uniforme sur le
territoire. Le tableau II expose la répartition
régionale des producteurs de viandes biologiques.

TABLEAU II RÉPARTITION RÉGIONALE DES PRODUCTEURS* DE


VIANDES BIOLOGIQUES EN 2003 ET DES PRODUCTEURS
DE VIANDES BIOLOGIQUES OU EN TRANSITION EN 2005

Nombre de producteurs de Nombre de producteurs de


Région viandes biologiques en viandes biologiques ou en
2003 transition en 2005
Mauricie 4 6
Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine 3 2
Québec 5 7
Outaouais 2 2
Montérégie 6 10
Laurentides 13 5
Estrie 6 9
Bas-Saint-Laurent 5 11
Centre-du-Québec 6 7
Beauce/Côte du Sud 2 6
Montréal/Laval/Lanaudière 5 5
Abitibi-Témiscamingue 7 4
Total 63 74

Source : Données provenant des organismes de certification, compilation par les répondants du MAPAQ selon la
principale production en 2005

* Si la principale production de la ferme s’avère les grandes cultures biologiques, la ferme n’apparaît pas
dans ce tableau.

12 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Portrait du secteur de la production animale biologique

Au Québec, la production de viande biologique est de dindes, de canards, d’oies, de chèvres, de lapins
diversifiée. On retrouve à peu près tous les types et de grands gibiers. On y apprend en outre qu’au
d’élevage en mode d’élevage biologique. Un 31 décembre 2003, au moins 65 fermes produisaient
sondage effectué par la Fédération d’agriculture des viandes biologiques avec un cheptel total de
biologique du Québec (FABQ) auprès des 25 646 animaux certifiés (voir tableau III). Plusieurs
éleveurs biologiques en 2004 révèle la présence de entreprises comptent plus d’un type d’élevage sur
producteurs de bovins, de vaches de réforme, de la ferme. Toujours selon ce sondage effectué par
veaux, de porcs, de poulets, d’agneaux et de la FABQ, des 74 337 têtes produites au Québec en
moutons. On dénombre également des producteurs 2003, 67 750 étaient des poulets.

TABLEAU III INVENTAIRE DES ANIMAUX CERTIFIÉS BIOLOGIQUES


EN DÉCEMBRE 2003 (65 ENTREPRISES)

Bovins de Veaux de Veaux


Animaux Porcs Poulets Taures Vaches
boucherie boucherie laitiers
608 425 19 500 733 2 109 337 418

Grands
Agneaux Brebis Chèvres Dindes Lapins Total
gibiers
763 210 58 50 420 15 25 646

Source : Marie-Claire Hurteau (2004). Aperçu de la production de viande biologique au Québec en 2003, FABQ

De façon générale, l’expertise technique Les défis et les possibilités du secteur des
disponible dans le secteur de la production de viandes biologiques
viande biologique ne répond pas aux attentes des En 2003, un groupe de discussion a eu lieu avec
producteurs. En outre, le cahier des charges n’est des producteurs de viande biologique et quelques
pas toujours aussi précis que les producteurs le intervenants du secteur. De plus, une entrevue a
souhaiteraient. Avec les années, toutefois, une été réalisée avec le président du Syndicat des
expertise se développe en production animale producteurs de viande biologique du Québec.
biologique au Québec. Trop souvent, auparavant, Quoique la réalité pour chacune des productions
la transition consistait en une longue suite d’essais animales biologiques soit distincte, celles-ci ont
et erreurs. plusieurs points en commun quant aux défis à
relever.
La traçabilité est un autre enjeu important du
secteur pour garantir l’intégrité du produit Les forces
biologique aux consommateurs. En ce qui
concerne la mise en marché, les règles de • demande croissante pour les viandes
contingentement qui existent dans certaines biologiques sur les marchés;
productions et les conventions actuelles ne
• transition facile à effectuer pour le bovin;
tiennent pas compte de la réalité du secteur
biologique.
• projet de traçabilité en cours dans le secteur
des viandes généralement crédible et adaptable
au secteur biologique;

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 13


Portrait du secteur de la production animale biologique

• expertise européenne existante et adaptable Mise en marché


ici. La commercialisation des viandes biologiques est
effectuée principalement par les producteurs eux-
Les défis
mêmes et par un nombre restreint d’individus qui
• promotion de certaines productions encore n’ont pas nécessairement une vision de
méconnues; développement visant la masse. Certains
souhaitent plutôt une vision de maintien d’une
• coûts de production inconnus pour plusieurs prime de prix plus élevée par rapport à la régie
types d’élevage; conventionnelle et ne désirent pas un
développement à grande échelle de ce type de
• absence d’une structure d’abattage, de production. Des importants distributeurs ont déjà
découpe et de transformation entièrement manifesté leur intérêt pour les viandes biologiques
biologique; québécoises et ils sont ouverts aux propositions.
De plus, il faut travailler au regroupement de
• difficultés d’approvisionnement en grains l’offre et saisir les occasions qui se présentent. Il
biologiques locaux dans certains cas; faut également établir les premiers contacts avec
les chaînes et explorer les avenues de
• problème de valorisation des parties moins développement possibles afin de définir les
nobles des carcasses; objectifs de chaque partie.

• essor de la production freiné par l’inexistence La demande croissante pour la viande biologique a
d’un regroupement de l’offre sur les marchés suscité une augmentation de la production animale
et l’absence de partage de vision de depuis cinq ans. Le manque d’expertise technique
développement par les producteurs ; dans le secteur est souvent la raison pour laquelle
certaines productions (porc, agneau) attirent moins
• normes agroenvironnementales difficilement de producteurs vers la production animale
applicables au secteur biologique (émission de biologique. Dans le secteur de la volaille et des
permis); œufs de consommation, le coût d’achat du quota
représente un frein pour la relève agricole et pour
• complication de la transition vers la les fermes qui désirent diversifier leur production.
production animale biologique en raison du
manque d’expertise et de formation des La commercialisation efficace des viandes
vétérinaires et des autres intervenants du biologiques représente un défi de taille. À la fin de
secteur agricole; l’année 2004, seulement 23 % des éleveurs
biologiques affirmaient être satisfaits de la
• cahier des charges en agriculture biologique commercialisation de leurs produits. Néanmoins, à
parfois inadéquat quant à la prévention des l’exception de la vache de réforme, la grande
soins de santé des animaux dans certains majorité des animaux élevés en conformité avec le
élevages; mode d’agriculture biologique trouvent leur voie
sur le circuit de la viande biologique. Environ
• manque de précision sur la production 34 % des entreprises privilégient la vente directe
biologique dans le cahier des charges, aux consommateurs comme mode de mise en
notamment les normes exigées qui sont marché. Quant aux animaux de réforme des
souvent inadaptées à la réalité québécoise; fermes laitières biologiques, ils transitent à l’encan
conventionnel. Seulement 5 % des éleveurs font
• règles de mise en marché mal adaptées au appel au réseau d’Agriculture soutenue par la
secteur biologique (p. ex. poulet). communauté (ASC); pour nombre d’entre eux, les
réseaux d’ASC demeurent donc une piste à

14 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Portrait du secteur de la production animale biologique

explorer. Cette vente directe aux consommateurs


par l’entremise de réseaux représente une avenue
intéressante pourvu que l’on s’assure de garder un
bon contrôle des normes de salubrité.

La réalisation d’une planification stratégique pour


le secteur des viandes biologiques, l’organisation
de formations spécifiques aux besoins des
producteurs et le rapprochement avec les
fédérations spécialisées afin d’adapter les élevages
biologiques et de modifier les conventions de mise
en marché existantes représentent des défis
auxquels le Syndicat des producteurs de viande
biologique du Québec (SPVBQ) devra s’attaquer. qui facilite la transition des nouvelles entreprises.
L’augmentation de la production force le
En ce qui concerne l’abattage et la découpe, il y développement de la mise en marché.
aurait lieu de bien définir les besoins et L’individualisme des éleveurs concernant la
d’échanger avec d’autres groupes d’intérêt (p. ex. commercialisation des produits d’élevage
les producteurs de grands gibiers) qui font face biologique rend difficile la mise en place d’une
aux mêmes problématiques. L’atteinte d’une structure de commercialisation commune, chacun
masse critique pour rentabiliser l’abattage et la y allant de ses propres initiatives et répétant
découpe doit reposer sur un regroupement de souvent des erreurs déjà commises par d’autres.
l’offre. Cela permettrait d’élaborer des modèles La complexité du marché, la variété des découpes,
adaptés à la réalité des éleveurs. le respect des normes biologiques à toutes les
étapes de la production et du conditionnement des
En conclusion
viandes, la conformité aux normes d’hygiène et de
L’essor qu’ont connu les productions animales salubrité et le respect de la chaîne de froid
biologiques au cours des dernières années a représentent autant de facteurs qui complexifient
permis de développer une expertise technique, ce la commercialisation des produits animaux.

Références
CAAQ (2006). Bulletin d'information, 6 avril.
FABQ (2003). Pour un développement stratégique de l’agriculture biologique au Québec, septembre.
HURTEAU, Marie-Claire (2004). Aperçu de la production de viande biologique au Québec en 2003, FABQ.

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 15


Mise en marché des produits animaux biologiques

„ MISE EN MARCHÉ DES PRODUITS ANIMAUX BIOLOGIQUES


Même si la croissance du commerce des viandes
certifiées biologiques se poursuit aussi bien au
LE DÉFI DE LA COMMERCIALISATION DES
Québec qu’au Canada, la consommation de viande
PRODUITS ANIMAUX BIOLOGIQUES
biologique ne représente qu’une faible fraction du
marché des aliments biologiques. Une étude de • Le manque d’organisation du marché
Agriculture, Food and Rural Development Alberta fait en sorte que l’éleveur peut
effectuée en 2001 démontre que le marché total difficilement trouver un distributeur et
des viandes biologiques était estimé à huit se concentrer sur la production.
millions de dollars au Canada, soit seulement 1 %
du marché de l’alimentation biologique en • La rentabilité passe souvent par une
général. En comparaison, le marché alimentaire mise en marché directe par les éleveurs.
canadien des viandes représentait 21 % du marché
total des aliments vendus. • La forte compétition des viandes dites
« naturelles » crée une confusion auprès
Ce peu d’enthousiasme pour la viande biologique des consommateurs. L’agriculteur doit
pourrait être expliqué par la forte proportion de éduquer le consommateur à l’égard des
consommateurs biologiques végétariens et par les bienfaits des produits biologiques et
déficiences concernant la commercialisation des expliquer les différences entre les
viandes biologiques. De plus, une forte multiples appellations.
compétition provient des viandes dites
« naturelles ». Au pays, ces viandes détiennent • Les abattoirs et les centres de découpe
une part beaucoup plus importante du marché avec ne sont pas toujours disposés à se
un chiffre de vente d’environ 65 millions de conformer aux exigences des normes
dollars au Canada. Le manque de compréhension biologiques et à traiter de petites
des consommateurs quant à la différence entre les quantités.
produits certifiés biologiques et les viandes dites
« naturelles » explique probablement ce • Il faut offrir une très bonne qualité en
phénomène. On remarque également que plus de tout temps, car le consommateur est prêt
90 % des consommateurs favorisent l’achat de à payer plus mais exige un produit de
viande fraîche (non congelée), ce que les petits haute qualité.
réseaux de distribution de viande biologique ont
parfois de la difficulté à offrir. • L’éleveur doit demander un juste prix
pour les produits certifiés biologiques.
Les motivations qui incitent les consommateurs à Une prime irraisonnable freine le
manger de la viande biologique se modifient avec développement des marchés.
les années. Au Canada, la crainte liée à la maladie
de la vache folle et de la fièvre aphteuse contribue • La difficulté de commercialisation des
à créer un engouement pour la viande biologique. parties moins en demande amène
souvent l’agriculteur à effectuer lui-
Heureusement, les pronostics au sujet du marché même certaines activités de
des viandes biologiques sont encourageants. En transformation.
effet, on prévoit une augmentation de 600 % de la
consommation des viandes biologiques au cours
de la première décennie du présent millénaire. Le annuellement (Rosalie Cunningham, 2002).
marché canadien des viandes biologiques Comme l’a déclaré Eugène Demers, président du
dépasserait alors les 50 millions de dollars Syndicat des producteurs des viandes biologiques

16 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Mise en marché des produits animaux biologiques

du Québec (SPVBQ) : « Le Québec a besoin


d’ambassadeurs, de personnes qui croient à la
qualité des viandes biologiques et qui en font la
promotion auprès des clients ».

Les membres du SPVBQ vivent différents


problèmes concernant la mise en marché des
viandes biologiques. Le SPVBQ effectuait un
sondage au début de l’année 2004 afin de mieux
comprendre la réalité qui se vit sur le plan de la
commercialisation des viandes biologiques. Tel
qu’il est mentionné précédemment, ce sondage
révèle que seulement 23 % des producteurs de
viandes biologiques sont satisfaits de leur mise en Mise en marché directe par les producteurs
marché (Marie-Claire Hurteau, 2004). Ils
Présentement, au Québec, la majorité des
allèguent le peu de demande, la distance des
producteurs de viandes biologiques effectuent leur
abattoirs, la logistique du transport en région et le
propre mise en marché. La crise de la vache folle a
manque d’organisation du milieu.
contribué à accentuer cette tendance. La fermeture
des frontières au bœuf canadien a soustrait
Ce sondage démontre également que la vente directe
pendant quelque temps le marché américain aux
aux consommateurs, dont la commercialisation par
distributeurs canadiens. Les producteurs
l’intermédiaire des réseaux d’agriculture soutenue
participant déjà à la mise en marché directe n’ont
par la communauté (ASC), représentait près de 40 %
pas été trop touchés, puisqu’ils écoulaient leurs
de la mise en marché des viandes biologiques au
viandes sur les marchés intérieurs.
Québec. Toujours selon ce sondage, la mise en
marché par l’intermédiaire des distributeurs
Bien que beaucoup reste à faire, les possibilités
occupe moins de 15 % du marché des viandes
sont nombreuses. Que ce soit par les kiosques de
biologiques. Le SPVBQ a d’ailleurs commandé
vente à la ferme, l’agrotourisme, les livraisons à
pour 2006 une étude de mise en marché des
domicile, Internet, les marchés publics, la formule
viandes biologiques au Québec.
de l’ASC, les institutions (écoles, garderies,
hôpitaux, etc.) ou le secteur de la restauration, la
Depuis quelques années, le SPVBQ affilié à la
mise en marché des viandes biologiques
Fédération d’agriculture biologique du Québec
s’organise lentement. Dans plusieurs régions du
(FABQ) explore différentes avenues afin de
Québec, les marchés locaux (boucherie, épicerie)
soutenir la mise en marché des viandes
s’associent aux éleveurs afin de participer à la
biologiques au Québec. La publication du feuillet
commercialisation des viandes biologiques. La
INFO-PRIX représente un bel exemple de cette
FABQ offre aux producteurs de viande biologique
stratégie. Ce feuillet offert périodiquement par le
la possibilité d’inscrire leur ferme sur son site
SPVBQ permet de faire circuler l’information sur
Internet afin de s’afficher comme point de vente.
les prix carcasses et les prix au détail de différents
types de viande (agneau, bœuf, porc, poulet et
Au cours de sa conférence « Les nouvelles
veau) pour les principales découpes. Ce feuillet
tendances de mise en marché directe des produits
renferme aussi bien le prix des viandes
biologiques », Isabelle Joncas d’Équiterre a fait le
biologiques que des viandes conventionnelles.
constat d’un réel besoin de soutien des éleveurs
Cette comparaison des prix du marché permet
biologiques. Elle affirme qu’en 2004, le réseau
d’informer les éleveurs et facilite l’atteinte d’un
d’ASC comptait sept fermes offrant leur viande
meilleur prix cible.
directement à des consommateurs. En 2006, le
réseau regroupe une douzaine de fermes

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 17


Mise en marché des produits animaux biologiques

(Équiterre, 2006). Il est relativement simple de que les consommateurs ont constitué eux-mêmes
devenir fermier de famille en communiquant avec par Internet. Le « Marché de solidarité régionale »
Équiterre : 514 522-2000 ou 1 877 272-6656, permet aux consommateurs d’obtenir différents
poste 288; [Link]. aliments (plusieurs certifiés biologiques) en se
rendant sur le site [Link]. On y
Bien connue pour les paniers de légumes que l’on retrouve, entre autres, des fruits, des légumes, des
obtient directement de son fermier de famille, la produits laitiers, des produits de boulangerie, de la
formule de l’ASC s’applique aussi aux produits viande, du café, des produits de l’érable et des
d’élevage. Pour le consommateur, c’est un produits de nettoyage. Différents points de chute
privilège de connaître l’éleveur qui prend soin des sont établis en fonction des consommateurs.
animaux qui le nourriront. Le principe de la
commercialisation de la viande biologique au Mise en marché collective
moyen des ASC diffère quelque peu des paniers Avec la réouverture de la frontière américaine en
de légumes. En bref, Équiterre recommande la 2005, le marché d’exportation de la viande
formule suivante : biologique devrait reprendre son cours.
• les consommateurs doivent s’inscrire à Au Canada, la Canadian Organic Livestock
l’avance. Ils s’engagent à prendre pour un Association – Association canadienne du cheptel
montant minimum de 200 $ de viande au biologique (COLA) travaille au développement
cours d’un intervalle de six mois; d’un système de mise en marché de la viande
biologique. Cet organisme sans but lucratif basé
• ils versent un dépôt initial d’au moins 100 $ au en Saskatchewan appartient aux éleveurs. Son
départ et une deuxième tranche de 100 $ par la mandat est de faire la promotion de la viande
suite, lorsque que le premier dépôt est épuisé; certifiée biologique canadienne (principalement
celle du bœuf). COLA s’active à mettre sur pied
• les clients peuvent choisir leurs découpes; un programme de gestion de la qualité pour le
secteur de production de bétail biologique
• lorsque les 200 $ sont épuisés, le partenaire canadien. Les principaux objectifs de cette
s’engage pour une somme supplémentaire de association sont les suivants :
200 $ et verse un premier dépôt de 100 $, et
ainsi de suite. • adoption d’un plan d’action national pour la
salubrité, la qualité et la traçabilité du bœuf
De l’avis de certains éleveurs, la formule des biologique;
paniers pour la commercialisation des produits de
viande biologique demande plus de gestion que • identification commune des produits;
celle des paniers de légumes. En effet, les
consommateurs ont développé l’habitude de • création d’alliances stratégiques répondant aux
choisir les découpes, le type de viande, le mode attentes de tous les intervenants.
d’emballage et l’état de la viande (congelée ou
non). Contrairement à la formule pour les Lors de leur adhésion initiale, les membres paient
légumes, le contenu et la valeur des paniers de 100 $ pour leur adhésion et 400 $ pour le
viande biologique diffèrent d’un client à l’autre et développement de marchés. Les années suivantes,
d’une commande à l’autre, ce qui complexifie la seuls les frais de 100 $ sont requis pour renouveler
gestion. l’adhésion. Afin que l’association puisse
poursuivre ses objectifs, 0,02 $ la livre sur le poids
Le Marché de solidarité régionale
vivant de chaque bête commercialisée lui sont
Autre exemple d’initiative régionale, les Amis de retournés. Si les membres ne respectent pas leurs
la Terre de l’Estrie offrent la possibilité de se engagements ou ne suivent pas les règlements, il
procurer un panier de produits agricoles régionaux est possible qu’un vote majoritaire du conseil

18 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Mise en marché des produits animaux biologiques

d’administration (CA) les exclue de l’association.


Le CA conserve également le privilège
d’approuver l’adhésion des nouveaux membres.
Pour de plus amples renseignements :
[Link] (en anglais seulement).

Le Regroupement du Bas-du-Fleuve
Cette entreprise vise dans un premier temps à
regrouper l’offre en viande biologique des
éleveurs du Bas-du-Fleuve et de la Gaspésie. Elle
regroupe présentement 21 éleveurs. Le
regroupement est à la recherche de partenaires pour
effectuer la transformation et la distribution des
produits. Pour de plus amples renseignements :
M. Claude Pelletier, 418 893-2716.

Conclusion
Les initiatives pour la mise en marché directe de la
viande biologique par les producteurs se
multiplient actuellement au Québec, et certains
réussissent à bien tirer leur épingle du jeu. Par
lacune fait en sorte qu’au Québec, il est
contre, l’inexistence d’un regroupement de l’offre
présentement difficile de produire de la viande
sur les marchés et le manque de consensus de la
biologique sans participer étroitement à la mise en
part des producteurs sur le développement de la
marché des produits.
mise en marché ne permettent pas la mise en place
de projets de commercialisation communs. Cette

Références
CUNNINGHAM, R. (2002). Canadian Natural and Organic Retail Markets, Alberta Agriculture, Food and
Rural Development, Edmonton, Alberta.
DEMERS, Eugène, agriculteur et président du SPVBQ (2006). Conversation téléphonique; mars.
ÉQUITERRE (2006). L’agriculture soutenue par la communauté, Soutenez votre fermier de famille en
devenant partenaire pour la saison 2006.
HURTEAU, Marie-Claire (2004). Aperçu de la production de viande biologique au Québec en 2003, FABQ.
HURTEAU, Marie-Claire (2004). Étude sur la mise en marché des viandes biologiques dans l’Ouest
canadien et en Ontario, SPVBQ.
JONCAS, Isabelle (2005). « Les nouvelles tendances de mise en marché directe des produits biologiques »,
conférence présentée dans le cadre de la Journée d’information sur l’agriculture biologique à Saint-Eustache
dans les Laurentides, Équiterre.
MACEY, Anne (2000). Organic Livestock Handbook, Canadian Organic Growers.

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 19


Résumé des normes pour la production animale biologique

„ RÉSUMÉ DES NORMES POUR LA PRODUCTION ANIMALE


BIOLOGIQUE
Introduction
Cette section présente un résumé des Normes LA CERTIFICATION BIOLOGIQUE : UN
biologiques de référence du Québec (NBRQ) pour SYSTÈME DE GESTION DE LA QUALITÉ
les productions animales biologiques (viande et
œuf). Les éléments ci-dessous sont donnés à titre • L’agriculteur doit respecter des
informatif seulement. Ils ne sauraient se substituer normes précises de production (la
à la réglementation, d’autant plus que les normes présente section contient un résumé
de production en agriculture biologique sont en de ces normes).
constante évolution. De plus, il existe certaines
• L’agriculteur doit élaborer un plan de
exceptions quant à l’application des normes. Pour
production qui définit l’ensemble des
tout renseignement complémentaire, on peut se
moyens mis en œuvre pour respecter
référer à la version officielle des NBRQ publiée
les normes de la certification
par le Conseil des appellations agroalimentaires
biologique.
du Québec (CAAQ) ou communiquer avec un
organisme de certification accrédité, dont les
• L’agriculteur doit tenir des registres
coordonnées figurent en annexe.
des interventions effectuées. Les
Les éleveurs intéressés à effectuer une transition renseignements inscrits aux registres
vers l’agriculture biologique doivent commencer permettent de documenter le respect
par leurs champs. Nous invitons ces agriculteurs à du plan de production et des normes
consulter la Trousse de transition vers de production biologique par
l’agriculture biologique : Grandes cultures. Cette l’agriculteur.
trousse renferme des informations pertinentes qui
sauront les guider. • Annuellement, un inspecteur mandaté
par un organisme de certification
Les normes biologiques de références doivent être accrédité va vérifier la conformité aux
considérées comme des exigences de base pour normes biologiques de chaque ferme
obtenir et conserver la certification biologique des qui demande la certification.
produits sur le territoire du Québec. La
certification biologique est un privilège à mériter • Au Québec, il y a six organismes de
plutôt qu’un droit à revendiquer. Les produits dits certification accrédités. Le cahier des
« biologiques » sont issus d’une méthode charges (document qui renferme les
d’agriculture fondée sur des pratiques normes biologiques de production) de
d’aménagement et de gestion agricoles. Cette tous ces organismes est identique
méthode vise à créer des écosystèmes propres à puisqu’il est basé sur le document
assurer une productivité soutenue en minimisant Normes biologiques de référence du
les apports de l’extérieur et en gérant les éléments Québec produit par le CAAQ.
de façon cyclique. L’utilisation d’intrants
représente un complément plutôt qu’un substitut à • Puisque certains marchés à
cette bonne gestion. l’exportation imposent des exigences
particulières, l’agriculteur doit se
La certification procure une reconnaissance renseigner auprès d’acheteurs et d’un
officielle aux produits issus de l’agriculture organisme de certification s’il prévoit
biologique. Elle s’appuie prioritairement sur le exporter.
contrôle des procédés de production plutôt que sur

20 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Résumé des normes pour la production animale biologique

le contrôle du produit lui-même. Le contrôle des élaboré selon un format prescrit par l’organisme
« techniques » de production exige une de certification, permet à l’agriculteur de préciser
participation responsable de tous les intervenants les méthodes et l’équipement qu’il compte utiliser
C’est dire que les responsables de l’inspection ne pour en arriver à la production d’aliments
sauraient assurer à eux seuls, le respect intégral de biologiques (p. ex. la gestion des sols, les
la réglementation. C’est sur le principe de rotations, la fertilisation, la protection des cultures,
traçabilité continue que la certification biologique les récoltes, la régie des animaux, l’alimentation
peut garantir au consommateur l’authenticité d’un animale, la santé animale, la commercialisation,
produit, de l’étable à la table. etc.). Cette planification vise deux objectifs bien
précis :
Lois et règlements applicables (généralités pour
toutes les espèces) • s’assurer que l’agriculteur a déterminé la
L’application des méthodes biologiques de façon dont l’entreprise compte s’y prendre
production ne doit en aucun cas contrevenir aux pour effectuer la transition de son entreprise;
lois et aux règlements en vigueur. Il est de la
responsabilité des agriculteurs de s’assurer de • fournir à l’organisme de certification
posséder les permis nécessaires pour le type l’information écrite nécessaire à l’évaluation
d’activité qu’ils exercent (p. ex. PAEF, quota, de la démarche de l’entreprise.
etc.).
Tenue de registres, traçabilité et suivi
Normes générales administratif (généralités pour toutes les
espèces)
L’utilisation de tout produit transgénique est
interdite. Cette interdiction vise les animaux, leurs En plus du plan de production qui relève de la
aliments et les intrants agricoles tels les vaccins. planification, les gestionnaires de l’entreprise
Pour tout produit offert sur le marché pour lequel compilent dans des registres des données sur
il existe un équivalent issu de cultures l’ensemble des activités effectivement réalisées
génétiquement modifiées, l’agriculteur doit dans l’entreprise.
demander aux fournisseurs de ce produit une
Toutes les entreprises (en transition ou en
garantie écrite attestant que ledit produit ne
production biologique) doivent tenir des dossiers
contient pas d’OGM.
et des registres. Ainsi, les gestionnaires de
Plan de production biologique (généralités pour l’entreprise compilent l’ensemble des
toutes les espèces) informations nécessaires afin de pouvoir
démontrer à l’organisme de certification le respect
Un plan de production biologique est une de toutes les normes applicables. L’entreprise
planification réalisée par l’entreprise afin de élaborera un ensemble de registres qui lui
décrire la manière dont elle compte s’y prendre permettront d’inscrire toutes les activités réalisées
pour atteindre l’objectif de la production sur la ferme (p. ex. date de semis, taux de semis,
biologique. variété; produit utilisé lors d’intervention en santé
animale, date, dose administrée, numéro de
Les entreprises agricoles qui effectuent une
l’animal, etc.).
transition vers l’agriculture biologique, de même
que celles qui ont obtenu la certification, doivent Ces registres doivent être maintenus
réaliser et mettre à jour périodiquement un plan de continuellement à jour afin de pouvoir retrouver
production. Ce plan de production est créé au un animal ou un lot d’animaux dans le système et
début de la période de transition et sera conservé d’assurer une traçabilité adéquate pour la
sur les lieux de l’entreprise afin d’être consulté au vérification. Les registres doivent faire état de
besoin par l’inspecteur de l’organisme de toutes les informations nécessaires au suivi des
certification lors de l’examen annuel. Ce plan, animaux (saillies, mises bas, provenance des

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 21


Résumé des normes pour la production animale biologique

animaux, traitements administrés, alimentation, pour qu’un animal puisse être considéré comme
déplacements d’animaux à l’intérieur et à animal reproducteur biologique, il doit jouir d’une
l’extérieur du site d’exploitation, etc.). période de transition minimum de douze (12) mois
d’élevage conformément à la totalité du cahier des
Période de transition et demande de certification charges; cependant, certaines exceptions
biologique (généralités pour toutes les espèces) s’appliquent.
La transition vers l’agriculture biologique
représente l’ensemble des démarches entreprises Effectivement, à la suite d’une autorisation de
par l’agriculteur afin qu’un système de production l’organisme de certification à cet égard, il est
non biologique (conventionnel) parvienne à permis de donner à l’animal une alimentation
respecter l’intégralité des normes d’agriculture composée d’au moins 80 % d’aliments
biologique qui s’appliquent, et ce, sur l’ensemble biologiques certifiés lors des neuf (9) premiers
d’une ferme. Pour que la viande ou les œufs soient mois de cette période de transition, et de 100 %
considérés comme biologiques, ils doivent lors des mois suivants. De plus, les cultures issues
provenir d’un animal né sur une ferme respectant des parcelles en dernière année de conversion
les conditions établies dans ces normes. Il doit peuvent être considérées dans les 80 % d’aliments
ensuite passer sa vie entière dans un système de biologiques lors des neuf (9) premiers mois de
production certifié biologique; cependant, l’année de transition. En outre, il est possible
certaines exceptions peuvent s’appliquer. d’appliquer les conditions en matière de soins
vétérinaires et de bien-être des animaux
En effet, dans le cas de démarrage d’un élevage reproducteurs décrites dans les normes pendant
biologique, d’un agrandissement considérable seulement les quatre-vingt-dix (90) derniers jours
d’une exploitation existante, d’une catastrophe de cette période de transition. À la suite de cette
naturelle ou de tout autre événement majeur période de transition, il est interdit de vendre un
imprévisible, si l’agriculteur peut démontrer à animal reproducteur sur le marché de la viande
l’organisme de certification que des animaux biologique. Seuls les descendants de cet animal
satisfaisant aux conditions de la certification ne seront commercialisés sur le marché de la viande
sont pas disponibles, certaines exceptions peuvent biologique; communiquer avec un organisme de
s’appliquer; se renseigner auprès d’un organisme certification pour plus de détails.
de certification. Ainsi, dans le cas d’un démarrage,

TABLEAU I TRAITEMENTS AU COURS DE LA PÉRIODE DE LA


TRANSITION DES ANIMAUX REPRODUCTEURS

Période de transition en mois

Traitements 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

Au moins 80 %* d’aliments biologiques ou d’aliments Alimentation


Alimentation
provenant de parcelles en dernière année de transition** biologique à 100 %
Bien-être animal Aucune exigence particulière Respect des normes
Soins vétérinaires Interdiction d’hormones Respect des normes

* le reste de la ration ne doit contenir aucun OGM


** à la suite d’une autorisation de l’organisme de certification

22 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Résumé des normes pour la production animale biologique

Les mâles achetés pour la reproduction n’ont pas à


subir de période de transition. Ils devront être
élevés conformément aux normes dès leur arrivée
sur la ferme. Aussitôt qu’un animal est transféré
dans un élevage non biologique, il perd son statut
biologique. Les animaux issus du transfert
d’embryon et de techniques de modifications
génétiques ne sont pas admis.

S’il désire obtenir la certification biologique pour


son entreprise, l’agriculteur a la responsabilité de
communiquer avec un organisme de certification
au minimum un (1) an avant la fin de la période de
transition afin de demander une précertification. o tous les animaux doivent avoir un accès à
l’extérieur sous la forme de pâturages pour
Productions parallèles (généralités pour toutes les ruminants ou de parcours pour les
les espèces)
autres espèces. Il est possible de confiner
Tous les animaux d’une même unité de production certains animaux pendant une période
doivent être élevés selon les normes biologiques. limitée. Ils devraient alors avoir accès à
Cependant, la présence d’animaux qui ne sont pas une aire d’exercice. Sur demande auprès
élevés selon les normes biologiques est permise de l’organisme de certification, le
sur le site d’exploitation, pourvu que ceux-ci confinement temporaire des mâles
soient clairement séparés des animaux sous régie reproducteurs ou des animaux au cours de
biologique. À cet effet, certaines exigences sont à la phase finale d’engraissement est permis;
respecter; communiquer avec un organisme de
certification pour plus de détails à ce sujet. o les pâturages doivent être suffisamment
grands et bien gérés pour prévenir le
Conditions d’élevage (généralités pour toutes les surpâturage et la dégradation du sol. Chez
espèces) les ruminants, ils doivent répondre à une
Les techniques d’élevage et l’environnement de bonne partie des besoins alimentaires. La
l’animal doivent favoriser la santé des animaux en charge animale doit tenir compte des
tenant compte des besoins du troupeau. Les contraintes environnementales, de la
animaux de remplacement sont également réglementation ainsi que des conditions
assujettis aux normes biologiques. L’éleveur doit pédologiques et climatiques;
assurer aux animaux :
o les animaux bénéficient d’une protection
• suffisamment d’espace, d’air frais et de contre tout excès d’ensoleillement, de
lumière naturelle (la durée totale de la période température, de précipitation et de vent;
d’éclairement prolongée artificiellement ne
peut dépasser seize (16) heures par jour. Elle • l’accès à une alimentation à volonté et à de
doit se terminer par une diminution l’eau fraîche de bonne qualité en tout temps.
progressive de l’intensité lumineuse Un test bactériologique de l’eau
lorsqu’elle atteint cette limite); d’abreuvement est parfois requis;

• l’accès à l’extérieur aussi longtemps que les • suffisamment d’espace pour se tenir debout
conditions climatiques le permettent (les naturellement, se coucher, se reposer, se
élevages exclusivement hivernaux sont retourner, se nettoyer, prendre toute position
interdits) : ou effectuer tout mouvement naturel tel que

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 23


Résumé des normes pour la production animale biologique

s’étirer ou battre des ailes et avoir accès à une synthétique que ce soit. Toute l’alimentation doit
litière. L’élevage en cage est interdit; être produite ou transformée conformément aux
normes biologiques. Tous les aliments doivent
• pour les bovins, le plancher doit être lisse sans détenir une certification biologique ou une
être glissant et il ne doit pas être entièrement attestation (p. ex. pour les minéraux) :
latté ou grillagé. L’animal doit disposer d’une
aire de repos recouverte d’une litière • le calcul des rations devra être disponible lors
suffisante. L’élevage des veaux en de la visite d’inspection :
compartiments isolés ou l’élevage au piquet
n’est permis qu’avec l’approbation de o la ration quotidienne des ruminants et des
l’organisme de certification; chevaux doit être composée d’au moins
60 % de fourrages (mesuré sur une base de
• la compagnie d’autres animaux, surtout de la poids à l’état sec). Au moins 25 % du
même espèce; fourrage doit être constitué de foin sec
durant les périodes où les animaux ne sont
• pour les oiseaux aquatiques, un accès à une pas au pâturage (pour que le foin enrobé et
étendue d’eau aménagée, un étang ou un lac, certains ensilages peu humides puissent
quand le climat le permet; être considérés comme du fourrage sec,
une dérogation de l’organisme de
• des bâtiments salubres, bien aérés et isolés certification doit être obtenue);
(taux d’humidité et teneur en poussières
acceptables). Les températures doivent • les fourrages ne doivent contenir aucun additif
correspondre aux zones de confort en fonction chimique. Les produits de conservation
de l’âge. d’ensilage suivants sont autorisés : les additifs
bactériens ou enzymatiques, la mélasse, le
Mutilations (généralités pour toutes les espèces) sucre, le miel, le sel et le lactosérum. Il est
Les mutilations ne sont généralement pas possible d’utiliser les acides lactiques,
autorisées. Cependant, la castration des porcelets propioniques et formiques si les conditions
et des bovins, la taille des dents des porcelets, climatiques sont défavorables à la
l’amputation de la queue des agneaux, fermentation, avec l’approbation de
l’enlèvement des cornes et la taille du bec sont l’organisme de certification;
tolérées, au besoin, pour des raisons de sécurité ou
dans le but d’améliorer la santé et le bien-être des • la ration de tous les herbivores doit contenir
animaux. L’opération doit être effectuée à un âge des fourrages;
approprié et sous anesthésie. Lorsqu’elles sont
pratiquées sur des jeunes sujets, les opérations • les déchets végétaux utilisés pour
telles que le brûlage des cornes et la castration à l’alimentation animale doivent être certifiés
l’aide d’un élastique peuvent être réalisées sans biologiques;
anesthésie.
• il est interdit de nourrir un ruminant avec
Alimentation animale (généralités pour toutes les toutes substances provenant de mammifères
espèces) autres que le lait et ses dérivés;
Le régime doit être équilibré, conformément aux
• les dérivés de poissons et d’animaux marins
besoins nutritionnels de l’animal (pour l’atteinte
sont autorisés en petites quantités dans la
d’une production et d’une croissance raisonnables)
ration pourvu qu’ils ne contiennent pas
et composé d’aliments de bonne qualité. Il est
d’agents de conservation non autorisés. Les
interdit de stimuler ou de ralentir la croissance ou
autres ingrédients d’origine animale sont
la production par quelque produit d’origine
interdits;

24 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Résumé des normes pour la production animale biologique

• l’ingestion forcée d’aliments à une oie, voire à


un canard est interdite (gavage);

• les champs en dernière année de transition


peuvent être utilisés comme pâturage pour les
animaux de remplacement;

• en cas de circonstances exceptionnelles


(catastrophe naturelle ou tout autre événement
majeur imprévisible) qui occasionneraient des
problèmes d’approvisionnement en aliments
d’origine biologique, certaines dérogations
peuvent être applicables avec l’approbation de
l’organisme de certification; synthétiques d’appétence ou tout autre produit
pharmaceutique vétérinaire destiné à stimuler
• toutes les matières susceptibles d’être la croissance ou la production;
consommées par les animaux (litière, bois,
etc.) ne doivent pas avoir été traitées avec des • les pastilles plastiques pour leur action
produits de synthèse. Un document signé par similaire aux fibres;
le fournisseur attestant la conformité aux
normes devra être joint au dossier. • toute substance qui contient des produits issus
du génie génétique ou qui en est dérivée.
Certains ingrédients listés aux tableaux A2.1 et
A2.2 des NBRQ sont permis dans les moulées et Concentrés (généralités pour toutes les espèces)
les rations. Ainsi, la norme autorise l’utilisation de Les concentrés (grains, moulées, suppléments,
certains émulsifiants, d’agents liants, de etc.) ne peuvent constituer plus de 40 % de la
surfactants, d’agents épaississants, d’antioxydants, ration totale offerte aux animaux et aux chevaux
de colorants, de probiotiques, d’enzymes et de (calcul sur la base du poids par animal par jour).
microorganismes et d’autres éléments de source Les minéraux, les vitamines, les extraits de
naturelle. Par contre, les produits suivants ne plantes, le sel et les autres produits de source
doivent en aucun cas et d’aucune manière être naturelle peuvent être servis à satiété. Si
inclus ou ajoutés à l’alimentation des animaux : l’utilisation d’autres produits s’avère nécessaire,
ils doivent être contrôlés et correspondre à des
• les agents de conservation synthétiques et les besoins précis des animaux. Une attention
colorants artificiels; particulière doit cependant être portée aux
ingrédients de ces produits et à la possibilité qu’ils
• l’urée ou toute autre source d’azote non contiennent des organismes manipulés
protéique; génétiquement. Tous les suppléments doivent ou
bien être certifiés biologiques ou détenir une
• les sous-produits animaux tels que les déchets attestation. Dans tous les cas, la liste des
d’abattoirs et les déjections animales; ingrédients doit être disponible lors de la visite de
l’inspecteur. Sont admissibles :
• les aliments dégraissés aux solvants (hexane,
etc.), les tourteaux de soya ou de colza extraits • les minéraux de synthèse, uniquement avec
chimiquement ou additionnés d’autres agents preuve d’insuffisance de l’approvisionnement
chimiques; en minéraux naturels;
• les antibiotiques, les médicaments, les
régulateurs de croissance, les modificateurs

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 25


Résumé des normes pour la production animale biologique

• les vitamines de synthèse, uniquement avec prévenir ainsi tout risque d’infection : génétique
preuve d’insuffisance de l’approvisionnement convenant aux conditions d’élevage, bonne régie,
en vitamines naturelles; aliments sains et appropriés aux besoins des
animaux, exercice régulier, accès à l’extérieur et
• les sources de carbonate de calcium (chaux, densité d’élevage adéquate.
chaux dolomitique, lithothame, etc.);
En cas de maladie, il sera essentiel de déterminer
• les oligo-éléments et les acides aminés les causes exactes et, au besoin, de modifier les
obtenus par des procédés naturels. techniques d’élevage en conséquence. Les
substances autorisées pour les soins vétérinaires
Alimentation au cours des premières semaines (phytothérapie, homéopathie, etc.) de même que
de vie (généralités pour toutes les espèces) les substances à usage restreint (cortisone,
Les petits mammifères pourront être retirés de la ocytocine, etc.) sont inscrites aux tableaux A2.3 et
mère à un (1) jour d’âge ou après qu’on se sera A2.4 des NBRQ. Les soins curatifs apportés à un
assuré qu’ils ont reçu du colostrum de la mère à la animal malade doivent se limiter exclusivement
naissance. Les agneaux et les chevreaux devront aux substances autorisées dans ces tableaux. Il est
recevoir du lait entier biologique frais ou du lait prioritaire de sauver la vie de l’animal tant que
reconstitué certifié biologique jusqu’à ce qu’ils cela est possible, même si le traitement utilisé
aient atteint l’âge de deux (2) mois ou un poids de entraîne la perte du statut biologique de ce dernier.
18 kilogrammes. Les veaux devront recevoir du Les animaux faisant l’objet d’interventions
lait entier frais biologique ou reconstitué vétérinaires actives régulières devront être retirés
biologique jusqu’à l’âge de trois (3) mois. du troupeau. Certains traitements comportent des
exigences particulières.
Santé et reproduction animales (généralités pour
toutes les espèces)
Toutes les mesures doivent être prises afin
d’assurer une résistance maximale aux maladies et

TABLEAU II CONDITIONS À RESPECTER APRÈS L’UTILISATION


D’ANTIBIOTIQUES ET DE PARASITICIDES

Traitements
Type d’animaux Antibiotiques Parasiticides
Reproducteurs1 ” 2 traitements par année ” 2 traitements par année
Destinés à la viande2 Aucun ” 2 traitements par année3
Période de retrait (la plus longue des
Double de la période prescrite ou 2 semaines
2 périodes suivantes)

1
Si le nombre de traitements dépasse la limite permise, l’animal devra suivre une période de transition pour
recouvrer son statut certifié biologique.
2
Sur approbation de l’organisme de certification. Si la durée de vie est inférieure à une année, un seul
traitement est permis. Si le nombre de traitements dépasse la limite établie, l’animal perdra son statut certifié
biologique.
3
L’administration de parasiticides sera tolérée pour les animaux destinés à la viande jusqu’au
1er janvier 2008.

26 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Résumé des normes pour la production animale biologique

Les vitamines, les vaccins, les hormones


(oxytocines et cortisones) et l’acide salicylique
sont des substances à usage restreint non
assujetties aux exigences du tableau I; par
conséquent, ils peuvent être utilisés au besoin. En
cas de traitement avec des anesthésiques locaux
permis dans les présentes normes, une période de
retrait de quatre-vingt-dix (90) jours doit être
respectée pour les animaux destinés à la viande et
de sept (7) jours pour les animaux reproducteurs.

L’usage d’hormones destinées au déclenchement


ou à la synchronisation des chaleurs est interdit.
Les animaux traités avec ces hormones devront taux d’application de déjections animales ne
suivre une période de transition. Bien que la doivent pas contribuer à la contamination de l’eau.
reproduction naturelle soit privilégiée, les
techniques d’insémination artificielle sont admises Élevages de bisons, de wapitis, de daims, de
en production biologique. Le transfert d’embryons chevreuils, de chevaux, de volailles et de
et les animaux provenant de ce mode de sangliers
reproduction sont interdits en élevage biologique. Les particularités suivantes s’appliquent pour ces
espèces :
Les vaccins ne doivent pas contenir d’OGM. Ils ne
doivent être utilisés que lorsqu’il est établi que les • les animaux doivent avoir accès à des
maladies visées existent dans l’environnement de fourrages;
l’élevage et qu’elles ne peuvent être combattues
par d’autres techniques. Par contre, tous les types • les animaux dits « sauvages » (ex : bisons,
de vaccins prescrits par force de loi sont autorisés cervidés, etc.) doivent être élevés à l’extérieur;
puisque les lois et règlements nationaux ont
préséance sur les normes de certification • la phase finale d’engraissement peut avoir lieu
biologique. Tous les traitements administrés à un à l’intérieur.
animal malade doivent être consignés clairement
au dossier et l’animal clairement identifié. Le Production porcine
document doit faire état de tous les détails du La taille des élevages est limitée à 1500 porcs à
traitement, notamment sa durée et le nom l’engraissement par année (soit 80 truies pour les
commercial des médicaments utilisés. élevages naisseurs-finisseurs) ou à 200 truies
(pour les élevages naisseurs uniquement) ou
Gestion des déjections animales
l’équivalent lorsque l’alimentation n’est pas
Les pratiques de gestion des déjections animales produite à 100 % sur le site exploité par
doivent minimiser la dégradation du sol et de l’entreprise. Tous les animaux doivent être
l’eau, prévenir la contamination de l’eau par les identifiés individuellement.
nitrates et les bactéries pathogènes, optimiser le
recyclage des substances nutritives et exclure le Pour le porc, l’élevage en enclos individuel est
brûlage ou d’autres pratiques contraires aux permis seulement pour les verrats. Pour les truies,
pratiques biologiques. Les structures l’isolement temporaire est permis exclusivement
d’entreposage ou les aires de compostage doivent pendant les derniers stades de la gestation et au
être conçues, construites et exploitées de façon à cours de l’allaitement des porcelets. Les cages de
prévenir la contamination du sol et de l’eau. Les mise bas sont tolérées pour de courtes périodes
uniquement (maximum 5 jours). Les truies doivent

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 27


Résumé des normes pour la production animale biologique

rester dans l’enclos de mise bas pour un minimum Lors d’achats ultérieurs et en l’absence d’un
de 21 jours après la mise bas, tandis que les nombre suffisant d’animaux élevés selon le mode
porcelets ne peuvent être gardés en cage. La coupe biologique :
des dents des porcelets ne doit pas excéder le quart
de la longueur apparente de la dent. La castration • les truies et les cochettes de remplacement ne
doit être faite avant l’âge de 7 jours par une doivent pas constituer plus de 10 % du cheptel
personne compétente et à l’aide d’instruments et doivent être élevées conformément aux
propres, désinfectés et bien conçus. La castration normes pour les cinq (5) dernières semaines de
des verrats à réformer est interdite. Le sevrage la gestation. À noter que seuls les porcelets
complet ne peut être fait avant l’âge de pourront alors être commercialisés comme
4 semaines. « viande certifiée biologique ».

À titre indicatif, des dimensions minimales pour Cuniculture (lapins)


les enclos intérieurs et extérieurs sont suggérées L’élevage des lapereaux jusqu’au sevrage et la
dans les NBRQ. Des objets à mordiller phase finale d’engraissement pour la production
sécuritaires doivent être disponibles dans les de viande peuvent avoir lieu à l’intérieur. L’apport
enclos. La pose systématique de l’anneau nasal est de fourrages est obligatoire. L’absence d’accès à
interdite. L’élevage des porcelets jusqu’au sevrage l’extérieur pour les lapines est tolérée à partir du
et la phase finale d’engraissement pour la dix-neuvième (19e) jour jusqu’au vingt-huitième
production de viande peuvent avoir lieu à (28e) jour de gestation, ainsi que du jour de la
l’intérieur. mise bas jusqu’au vingt et unième (21e) jour
d’allaitement. Des objets à mordiller sécuritaires
Une aire ombragée ainsi qu’une source de doivent être disponibles dans les enclos. À titre
rafraîchissement (p. ex. gicleurs, mare) doivent indicatif, des dimensions minimales pour les
être disponibles à l’extérieur en été. Les aires enclos intérieurs et extérieurs sont suggérées dans
d’exercice doivent permettre la défécation et le les NBRQ.
fouissage par les animaux. Les animaux doivent
bénéficier d’apport de fourrages. Le principe du L’âge minimum des reproducteurs à la première
« tout plein, tout vide » devrait être appliqué à titre saillie est de seize (16) semaines. Le nombre de
préventif seulement. portées par femelle ne doit pas dépasser six (6) par
an. Le sevrage complet ne peut être fait avant
Lorsque le cheptel est constitué pour la première l’âge de trente-cinq (35) jours. Des traitements sur
fois, et en l’absence d’un nombre suffisant les lapereaux ne peuvent être administrés à moins
d’animaux élevés selon le mode de production de trente (30) jours de l’abattage.
biologique, certaines conditions s’appliquent
quant à l’origine des animaux : Lorsque le cheptel est constitué pour la première
fois, et en l’absence d’un nombre suffisant
• afin que les porcelets puissent être considérés d’animaux élevés selon le mode de production
comme certifiés biologiques, les truies biologique, certaines exigences s’appliquent en ce
gestantes provenant d’élevages autres que qui a trait à l’origine des animaux :
biologiques doivent être élevées
conformément aux normes pour les cinq • les mâles et les femelles achetés doivent être
dernières semaines de la gestation; âgés de moins de quatre (4) mois;
• les porcelets provenant d’élevages autres que • les lapins à chair destinés à la
biologiques doivent peser moins de commercialisation doivent être nés et avoir été
15 kilogrammes et subir une période de élevés sur la ferme, conformément aux normes
conversion de trois (3) mois. biologiques.

28 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Résumé des normes pour la production animale biologique

Lors d’achats ultérieurs, et en l’absence d’un


nombre suffisant d’animaux élevés selon le mode
biologique, les lapines de remplacement ne
doivent pas constituer plus de 10 % du cheptel et
doivent être élevées conformément aux normes
biologiques pour une période de deux (2) mois. Il
est à noter que seuls les lapereaux pourront alors
être commercialisés comme « viande certifiée
biologique ».

Production d’œufs (Cette section s’applique


autant aux poules qu’aux autres volatiles)
Les races rustiques sont à privilégier. Toutes les
volailles doivent être acquises à un jour d’âge. La d’une aire de protection contre les intempéries et
moulée doit être entreposée à l’abri de la les prédateurs ainsi que d’une source d’eau
contamination par les oiseaux, les rongeurs et les fraîche. Le principe du « tout plein, tout vide »
insectes. L’éclairage naturel est de rigueur, mais devrait être appliqué seulement à titre préventif.
peut être complété par un éclairage artificiel. Un vide sanitaire de sept (7) jours est alors requis.
L’éclairage artificiel est autorisé pour les poussins.
L’absence d’accès à l’extérieur est permise durant Un registre de santé faisant état de tout problème
les premières semaines de vie, où la température de santé, de toute utilisation de produits
doit être réglée de façon constante. pharmaceutiques ainsi que des taux de mortalité
quotidienne doit être disponible lors des contrôles.
Les volailles doivent avoir accès à des nids ainsi Un taux de mortalité de plus de 0,5 % par mois
qu’à des perchoirs. La densité ne doit pas dépasser nécessite un contrôle vétérinaire documenté.
six poules par mètre carré. Il faut prévoir un nid
par cinq pondeuses. L’entreprise doit disposer sur Les œufs doivent être entreposés à une
le site d’exploitation de superficies en culture température entre 10 °C et 13 °C. Le taux
biologique équivalant à 40 % de la ration, Les d’humidité doit être maintenu entre 70 et 85 %.
bâtiments doivent disposer d’un espace couvert de L’inscription des données quotidiennes est
litière de paille, de copeaux ou de sable. Pour les obligatoire pour les élevages de plus de cent
pondeuses, l’espace de plancher réservé à la (100) pondeuses. Les œufs doivent être ramassés
collecte des fientes doit être suffisant. Les au minimum deux (2) fois par jour. On doit tenir
animaux doivent disposer de perchoirs (il faut un registre des cueillettes. Les œufs fissurés,
prévoir 20 centimètres d’espace de perchoir par abîmés ou souillés doivent être séparés des œufs
poulette). sains. Les emballages doivent être neufs,
recyclables et protégés des contaminants. Le
Les volailles doivent disposer d’aires de repos lavage des œufs est autorisé; voir la liste des
ainsi que d’ouvertures sur l’aire extérieure produits de nettoyage autorisés dans le tableau
proportionnellement à l’espèce et à la taille du A4.1 des NBRQ.
cheptel. L’utilisation de parcours enherbés
recouverts avec un espace suffisant par volaille est Les abords des poulaillers doivent être entretenus
obligatoire. La densité maximale totale à régulièrement. Les conduites d’eau doivent être
l’extérieur est de quatre (4) poules par mètre carré. nettoyées et désinfectées de façon régulière avec
Le pâturage doit disposer d’une aire ombragée, des produits autorisés. Un rinçage adéquat est
obligatoire.

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 29


Approvisionnement en aliments biologiques pour le bétail

„ APPROVISIONNEMENT EN ALIMENTS BIOLOGIQUES POUR LE


BÉTAIL
L’équilibre créé à l’intérieur de l’écosystème
d’une ferme biologique vise à assurer une
productivité soutenue. Cette approche tend à LA FERME VISE UNE AUTOSUFFISANCE EN
minimiser les apports d’intrants. Les normes ALIMENTS BIOLOGIQUES (FOURRAGES,
biologiques imposent à toute ferme d’élevage de CÉRÉALES, ETC.), TOUTEFOIS :
disposer, sur le site d’exploitation, d’une ƒ Lors de l’importation d’aliments
superficie en culture suffisante pour produire au d’origine agricole (ex. : grains
moins une partie de la ration des animaux. mélangés, fourrage, moulée, etc.),
l’éleveur doit s’assurer que ceux-ci
Une alimentation équilibrée représente l’un des détiennent une certification biologique
principaux facteurs du maintien de la santé d’un valide et il est du devoir de l’éleveur
troupeau. Au Québec, différents produits sont d’exiger une copie de cette attestation
offerts aux producteurs afin de combler la ration et de la conserver dans ses dossiers.
des animaux. Aujourd’hui, la majorité des
ƒ Lors de l’importation d’aliments
fournisseurs d’aliments pour le bétail tiennent des
d’origine non agricole (ex. : minéraux,
lignes de produits certifiés biologiques ou pour
vitamines, etc.), l’éleveur doit
lesquels une attestation d’approbation a été émise,
préalablement faire approuver par un
rendant leur utilisation acceptable en agriculture
organisme de certification la liste des
biologique.
aliments qu’il compte utiliser.
Sur le site d’AgriRéseau : [Link],
on retrouve une liste des commerçants ayant
manifesté leur intérêt pour l’achat de grains
biologiques. Certains de ces commerçants vendent
des grains ou de la moulée.

30 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Résumé du budget de production de bœuf biologique et de soya

„ RÉSUMÉ DU BUDGET DE PRODUCTION DE BŒUF BIOLOGIQUE


ET DE SOYA
Des spécialistes ont préparé ce budget de o la ferme vend annuellement 44 bouvillons,
production à l’aide d’un modèle théorique; ils ont 5 vaches de réforme et 1 taureau. Les
retenu les éléments suivants comme base de bouvillons sont abattus entre l’âge de 20 et
calcul : 24 mois et au poids vif de 550 à
600 kilogrammes;
• Le modèle retenu reflète les résultats d’une
entreprise obtenant une bonne efficacité o selon le modèle, 80 % des bouvillons sont
technique et économique de production; vendus sur le marché biologique à
5,51 $/kg poids carcasse. Les autres le sont
• ce budget ne prend pas en compte les coûts sur le marché conventionnel à 3,31 $/kg.
suivants : Les vaches de réforme se transigent à
1 $/kg et le taureau à 1,25 $/kg;
o financement à long terme (fond de terre,
bâtiments, machinerie, etc.); o le producteur s’occupe de sa propre mise
en marché. Il effectue la vente directement
o rémunération du travail de l’exploitant; aux consommateurs pour 60 % de la
viande commercialisée;
o PCSRA;
o la ferme cultive 180 hectares : 30 hectares
o TPS et TVQ (elles sont habituellement de soya avec un rendement de 2,5 tm/ha,
remboursables). 12 hectares de maïs ensilage, 23 hectares
de céréales et le reste des superficies est en
• Description du modèle de système de prairies et en pâturages. Tout le soya est
production retenu : vendu (75 tonnes métriques à 700 $/tm).
La ferme est autosuffisante pour
o le système de production met l’accent sur l’alimentation du troupeau. Elle achète
l’élevage de veaux d’embouche, leur seulement les minéraux, le sel et les
croissance et leur finition et sur la vitamines;
production de soya;
o la récolte du foin et de l’ensilage d’herbe
o l’entreprise compte environ 160 têtes dont s’effectue en balles rondes. Le foin sec
60 vaches de boucherie, 2 taureaux, les représente 25 % de la matière sèche totale
veaux d’embouche et les bouvillons; produite;
o la ferme utilise des vaches croisées qu’elle o la ferme dispose d’une étable froide
fait saillir par au moins un taureau de ouverte, d’une rampe de chargement et
boucherie attesté (taureau ou insémination d’un corral;
artificielle;
o une unité travail personne œuvre à temps
o les vêlages s’étalent sur deux (2) périodes plein sur la ferme. Un salarié (480 heures
de deux (2) mois par année; un test de par année) vient en aide pour les vêlages et
gestation est pratiqué; les récoltes;
o les veaux d’embouche sont castrés et o le montant retenu pour la marge de crédit
décornés; est de 400 000 $ au taux d’intérêt de 6 %.

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 31


Résumé du budget de production de bœuf biologique et de soya

TABLEAU I : ACTIVITÉ PRODUCTION DE VIANDE ET DE SOYA

A- Produits
1- 44 bouvillons, 6 animaux de réforme, 75 tm de soya et ASRA 163 732 $

B - Coûts variables
1- Approvisionnements 25 324 $
2- Opérations culturales 24 342 $
3- Mise en marché 6 995 $
4- Autres 22 404 $

Total des coûts variables 79 065 $


Marge sur coûts variables 84 668 $
Marge sur coûts variables sans soya 44 368 $

C - Coûts fixes avant amortissement


1- Taxes, assurances, entretien fond de terre et bâtiments, etc. 21 363 $

Bénéfice net d’exploitation avant amortissement 63 305 $

D – Amortissement
1- Bâtiments de 68 950 $ sur 30 ans, machinerie et équipement de 10 994 $
130 400 $ sur 15 ans

Total des coûts d’exploitation 110 421 $


Bénéfice net d’exploitation 52 311 $
Bénéfice net d’exploitation sans soya 12 011 $

Adapté du feuillet Production de bœuf biologique et de soya, Budget – 60 vaches et production de


45 bouvillons d’abattage, AGDEX 422.19/821d, mai 2005, Références économiques du CRAAQ.

Le lecteur intéressé à en savoir davantage sur le sujet est invité à consulter le document intégral. On peut se
le procurer auprès du CRAAQ : [Link]; 418 523 5411 ou 1 888 535-2537.

Référence
Références économiques du CRAAQ (2005). Production de bœuf biologique et de soya, Budget – 60 vaches
et production de 45 bouvillons d’abattage, AGDEX 422.19/821d, mai.

32 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Abattage, découpe ou transformation des viandes biologiques

„ ABATTAGE, DÉCOUPE OU TRANSFORMATION DES VIANDES


BIOLOGIQUES
En plus d’effectuer l’élevage, plusieurs
producteurs de viande biologique participent à la
commercialisation des produits de la viande. ABATTAGE, DÉCOUPE ET TRANSFORMATION
Cependant, peu d’entre eux possèdent DES VIANDES BIOLOGIQUES
l’équipement nécessaire pour effectuer la • L’intégrité des produits biologiques
préparation de ces produits. Ils utilisent alors les doit être maintenue en tout temps.
services de sous-traitants (abattoir, atelier de
découpe ou de transformation). • La responsabilité de l’application des
normes biologiques pour les produits
Est-ce que les lois et règlements s’appliquent
de la viande incombe au propriétaire
également aux produits certifiés?
de ces produits.
Oui, l’ensemble des lois et règlements applicables
au secteur des viandes s’applique au secteur des • L’éleveur qui fait affaire avec des
viandes biologiques également. Le Centre sous-traitants (abattoir, atelier de
québécois d’inspection des aliments et de santé découpe, atelier de transformation)
animale (CQIASA), 1 800 463-5023, qui non certifiés biologiques a la
relève du MAPAQ, s’occupe de l’application de responsabilité de les faire approuver
ces lois et règlements pour les aliments voués à par son organisme de certification.
une commercialisation au Québec. Les viandes
biologiques destinées à l’exportation dans une
province canadienne ou à l’étranger doivent Par contre, si un éleveur utilise les services d’une
transiger par des abattoirs, des ateliers de découpe entreprise en sous-traitance (l’éleveur demeure
et des ateliers de transformation sous inspection propriétaire de la viande ou des produits de la
fédérale. viande) pour les opérations d’abattage, de découpe
ou de transformation, alors la réponse est non, le
Toute manutention de viande dans le but d’en sous-traitant n’a pas à obtenir la certification
faire le commerce nécessite un permis. biologique. Dans ce cas, c’est l’éleveur qui a la
responsabilité de produire un plan d’abattage, un
L’abattoir, l’atelier de découpe ou l’atelier de plan de découpe ou un plan de transformation (à
transformation doivent-ils être certifiés moins que l’entreprise avec laquelle il fait affaire
biologiques?
soit déjà certifiée biologique). Ce plan établi en
Oui et non; en fait, il existe deux possibilités. La collaboration avec chaque sous-traitant sera rendu
première question à se poser est la suivante : À qui accessible à l’organisme de certification. Ce
appartient la viande lorsqu’elle transige dans ces document doit attester que le sous-traitant
installations? manipule les produits certifiés en conformité avec
les normes de certification biologique.
Si la viande appartient au propriétaire de l’une au L’organisme de certification pourra dépêcher
l’autre des ces entreprises (abattoir ou atelier de annuellement un inspecteur chez chacun de ces
découpe ou atelier de transformation), alors la sous-traitants afin d’évaluer la conformité des
réponse est oui. Le propriétaire est responsable opérations et d’émettre une attestation.
d’obtenir la certification biologique pour cette ou
ces entreprises (p. ex. Si l’éleveur biologique
possède un atelier de découpe, c’est lui qui doit
obtenir la certification biologique pour celui-ci).

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 33


Abattage, découpe ou transformation des viandes biologiques
En résumé

Le propriétaire de la viande ou des produits de la viande demeure en tout temps responsable


du respect de l’application des normes biologiques sur ses produits
Si le propriétaire de la viande est également Si le propriétaire de la viande utilise les
propriétaire de l’une ou l’autre services en sous-traitance de l’une ou l’autre
de ces entreprises. de ces entreprises.

Abattoir Abattoir
Atelier de découpe Atelier de découpe
Atelier de transformation Atelier de transformation

À ce moment, il doit obtenir la certification Dans le cas où le sous-traitant avec lequel il


biologique pour la ou les entreprises dont il fait affaire n’est pas déjà certifié biologique,
est propriétaire et où sont manipulés de la le propriétaire de la viande doit élaborer un
viande biologique ou des produits de viande plan et demander une attestation auprès d’un
biologique. organisme de certification pour chacun des
sous-traitants avec lesquels il fait affaire.

L’élaboration du plan (d’abattage, de découpe ou • l’absence de traitements interdits (irradiation,


de transformation) fumigation, etc.);
Il est possible d’obtenir auprès d’un organisme de
certification un modèle de plan afin d’en faciliter • un programme de lutte antiparasitaire
l’élaboration. L’agriculteur doit préparer un plan répondant aux normes biologiques;
pour chaque sous-traitant avec lequel il fait
affaire. Voici un résumé des principaux éléments à • un plan de communication permettant la
inclure dans un plan d’abattage, de découpe ou de transmission d’information aux employés qui
transformation : travaillent directement à la préparation des
aliments biologiques;
• les méthodes de manutention du bétail à
l’abattoir afin de minimiser le stress des • le protocole de double rinçage et de
animaux (abattage uniquement); désinfection de l’équipement;

• la façon dont la manipulation des produits • la méthodologie de nettoyage à chaque


biologiques (carcasses et découpes) sera intervalle de production biologique;
effectuée afin de prévenir toute contamination
par des produits non certifiés; • l’identification des lieux et de l’équipement
d’entreposage des produits biologiques;
• les lubrifiants utilisés entrant directement en
contact avec la viande doivent être approuvés • la tenue de registres détaillés et à jour.
pour usage alimentaire;

34 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Ouvrages complémentaires en production animale biologique

„ OUVRAGES COMPLÉMENTAIRES EN PRODUCTION ANIMALE


BIOLOGIQUE
(par ordre alphabétique)

Quelques sites
Agri-Info (librairie agricole et horticole). Sa
mission est de développer la connaissance au sujet
de l’agriculture biologique, de l’écologie et de tout
ce qui élève l’humanité dans son rapport à la
Terre : [Link]; 450 653-3489 ou
1 866 653-3489.

Agri-Réseau offre un accès rapide et gratuit au


savoir et à l’expertise du réseau agricole et
agroalimentaire québécois. La section
« Agriculture biologique » renferme une foule de
documents intéressants : [Link]/
Agriculturebiologique/[Link].

ATTRA est un service américain d’information


géré par le National Sustainable Agriculture
Information Service : [Link]

Canadian Organic Growers Inc. (COG) est une


association canadienne dédiée à l’éducation et au
réseautage d’organisations représentant des
agriculteurs et des consommateurs. Sa librairie qui ont mené à la publication de documents sur
regroupe plusieurs centaines de titres : différents sujets agricoles : [Link].
[Link].
Cyber-Help for Organic Farmer encourage la
Centre d’agriculture biologique du Canada production biologique en diffusant, au moyen
(CABC). Il se consacre à l’amélioration de d’Internet, de la documentation de qualité sur les
l’intégrité environnementale et sociale de cultures biologiques, en anglais seulement :
l’agriculture, entre autres en offrant de [Link]/rcbtoa/[Link].
l’information gratuitement sur son site Internet :
[Link]. Équiterre s’est donné pour mission de contribuer
à bâtir un mouvement citoyen en prônant des
Centre de référence en agriculture et choix écologiques et socialement équitables :
agroalimentaire du Québec (CRAAQ). La [Link]; 514 522-2000.
section « Catalogue » regroupe un ensemble de
rapports d’étude produits par des groupes Fédération d’agriculture biologique du Québec
d’experts : [Link]; 418 523-5411 ou (FABQ). Le site Internet contient de l’information
1 888 535-2537. pertinente sur l’agriculture biologique
québécoise : [Link].
Conseil pour le développement de l’agriculture
du Québec (CDAQ). Il a soutenu certains projets Fondation RHA (Reconstruction harmonieuse de
l’agriculture). Sa mission est de promouvoir une

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 35


Ouvrages complémentaires en production animale biologique

agriculture et un mode de vie qui s’harmonisent disponible auprès de la FABQ : [Link];


avec l’équilibre écologique dans son ensemble 450 679-0530.
tout en respectant l’environnement : [Link]-
[Link]. FABQ. Liste alphabétique des transformateurs de
produits biologiques; version imprimable gratuite
Institut national de recherche agronomique de disponible auprès de la FABQ : [Link];
France (INRA). Cet institut conjugue excellence 450 679-0530.
scientifique et finalité sociale de la recherche :
[Link]. HURTEAU, Marie-Claire (2004). Aperçu de la
production de viande biologique au Québec en
Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et 2003, FABQ; version imprimable gratuite
des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO). Il disponible auprès de la FABQ : [Link];
propose gratuitement plus de 200 titres pertinents 450 679-0530.
en français en plus de ceux en anglais :
[Link]. HURTEAU, Marie-Claire (2004). Étude sur la
mise en marché des viandes biologiques dans
Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Ouest canadien et en Ontario, SPVBQ; version
l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Les imprimable gratuite disponible auprès
centres de documentation du MAPAQ regroupent d’AgriRéseau : [Link].
de nombreuses publications offertes gratuitement
aux agriculteurs. JONCAS, Isabelle (2005). « Les nouvelles
tendances de mise en marché directe des produits
Quelques titres biologiques », Équiterre; version imprimable
CRAAQ (2005). Production de bœuf biologique et gratuite disponible auprès d’AgriRéseau :
soya, collection « Références économiques », [Link].
AGDEX 422.19/821d; disponible auprès du
CRAAQ : [Link]; 418 523-5411 ou JONCAS, Isabelle (2004). ASC Élevage; version
1 888 535-2537; 15 $. imprimable gratuite disponible auprès
d’AgriRéseau : [Link].
ÉQUITERRE. Fiches techniques de démarrage en
ASC. L'outil inclut 6 fiches techniques touchant SALHA, S. B. et J. ROBITAILLE (2005). Les
divers aspects relatifs au développement d'un produits biologiques : quel est leur avenir sur le
projet ASC; disponible auprès d’Équiterre : marché canadien?, Regard sur l’industrie
[Link]; 514 522-2000; 7 $. agroalimentaire; Bioclips +, volume 8, numéro 1,
Direction des études économiques et appui aux
ÉQUITERRE (2003). L’agriculture soutenue par filières, MAPAQ.
la communauté, vers un système de gestion
adapté; version imprimable gratuite disponible
auprès d’AgriRéseau : [Link].

D’ARAGON, Joanne. Commerçants ayant


manifesté leur intérêt pour l’achat de grains
biologiques; mise à jour périodique; version
imprimable gratuite disponible auprès
d’AgriRéseau : [Link].

FABQ. Liste alphabétique des distributeurs de


produits biologiques; version imprimable gratuite

36 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Annexes
ORGANISMES DE CERTIFICATION ACCRÉDITÉS PAR LE CONSEIL DES APPELLATIONS
AGROALIMENTAIRES DU QUÉBEC (CAAQ)
En 2006, les organismes de certification suivants étaient les seuls qui avaient le droit de certifier des produits agricoles biologiques
québécois, et ce, que les produits soient destinés au marché intérieur ou à l’exportation (y compris tout pays étranger).

MARQUE DE
NOM DU CERTIFICATEUR ADRESSE COORDONNÉES
CERTIFICATION
Ecocert Canada GarantieBio – Ecocert 71, rue Saint-Onésime 418 838-6941
et Ecocert Canada Lévis (Québec) info@[Link]
G6V 5Z4 [Link]
International Certification Farm Verified Organic, Medina, Nevada 701 486-3578
Services FVO États-Unis info@[Link]
[Link]
OCIA International OCIA Lincoln, Nevada 613 993-6093 (Ontario)
États-Unis et info@[Link]
[Link]
Organisme de certification Québec vrai et 390, rue Principale 819 289-2666
Québec vrai OCQV Sainte-Monique (Québec) quebecvrai@[Link]
J0G 1N0 [Link]
QAI Inc. Quality Assurance San Diego, Californie 858 792-3531 poste 148
International et QAI Inc. États-Unis yseult@[Link]
[Link]
OCPP/Pro-Cert Canada a deux OC/PRO et OCPP Ontario Inc. 1 877 867-4264
bureaux affiliés : OCPP/Pro-Cert Canada ocpp@[Link]
OCPP Ontario Inc. (est du Pro–Cert Organic Systems 306 382-1299
Canada) [Link]
Pro-Cert Organic Systems procertorganic@[Link]
(ouest du Canada)

Pour joindre le CAAQ : 514 864-8999; courriel : info@[Link]; [Link]


Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 37
Annexes

CONSEILLERS EN PRODUCTION ANIMALE BIOLOGIQUE AU QUÉBEC

Abitibi-Témiscamingue Centre-du-Québec
Carole Marcoux, TP Jacques Charlebois, médecin vétérinaire
Groupe conseil Abitibi-Témiscamingue Warwick, 819 358-6411
(Club-conseil en agroenvironnement) Services offerts :
Ville-Marie, 819 689-5010, poste 4 Homéopathie, médecines alternatives. Expérience
Services offerts : de praticien, de conférencier, de formateur,
Soutien à la transition, certification, formation, participation à des congrès, conférences et
auditeur bio, élevage, homéopathie, santé animale. symposiums en soins alternatifs vétérinaires.
Spécialiste externe dans différents projets
(porcherie bio Baie-James, ferme bovine bio, etc.). Alain Fournier, agronome
MAPAQ
Jean-Luc Pelletier Deschênes, agronome Nicolet, 819 293-8501
MAPAQ Services offerts :
Amos, 819 444-5477, poste 230 Soutien à l’élevage, alimentation, génétique, santé
Services offerts : animale, gestion d’entreprise.
Soutien au démarrage et à la transition, réponse
aux questions sur les pratiques d’élevage selon Mario Roy, agronome
l’expertise disponible en région. MAPAQ
Nicolet, 819 293-8501, poste 208
Bas-Saint-Laurent Services offerts :
André Boilard, médecin vétérinaire Gestion d’entreprise – plan d’affaires, mise en
Clinique vétérinaire de L’Estuaire marché, appui au diagnostic d’entreprise et à la
Mont-Joli, 418 775-5321 résolution de problèmes particuliers.
Services offerts :
Formation, élevage, homéopathie, acupuncture, Johanne Vary, agronome
santé animale. MAPAQ
Drummondville, 819 475-8403
Bas-Saint-Laurent, Capitale nationale, Centre-du- Services offerts :
Québec, Chaudière-Appalaches et Mauricie Soutien au démarrage et à la transition, plan
Annie Boudreau d’affaires (partie budget de démarrage pour tout
secteur de production), réponse aux questions sur
Labo Solidago
les pratiques d’élevage selon l’expertise
(Fournisseur de services)
disponible en région.
Lotbinière, 418 796-3491
Services offerts : Centre-du-Québec et Mauricie
Santé animale par l’homéopathie, formation,
élevage, visite de fermes, évaluation des besoins Joanne Leclair
en homéopathie, évaluation de l’alimentation pour Club agroenvironnemental du CDA
régler les différents problèmes de santé. (Club-conseil en agroenvironnement)
Saint-Tite, 418 365-5210
Services offerts :
Soutien à la transition, certification, formation,
gestion d’entreprise, recherche.

38 Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale


Annexes
Chaudière-Appalaches Mauricie
Denis Brouillard, agronome Pierrot Ferland
MAPAQ MAPAQ
Sainte-Marie-de-Beauce, 418 386-8121 Louiseville, 819 228-9404
Services offerts : Services offerts :
Gestion d’entreprise, élevage. Soutien au démarrage et à la transition, réponse
aux questions sur les pratiques d’élevage selon
Marielle Martineau l’expertise disponible en région.
MAPAQ
Saint-Flavien, 418 728-3136 Montérégie
Services offerts : Soutien à la transition, élevage. Danielle Brault, agronome
MAPAQ
Estrie
Granby, 450 776-7106, poste 234
Luc Fontaine, agronome Services offerts :
MAPAQ Productions animales, homéopathie, formation,
Rock Forest, 819 820-3001, poste 223 soutien au démarrage et à la transition.
Services offerts :
Soutien au démarrage et à la transition, réponse Andrew Frève, agronome
aux questions sur les pratiques d’élevage selon MAPAQ
l’expertise disponible en région. Saint-Jean-sur-Richelieu, 450 347-8341
Services offerts :
Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine
Soutien à la transition, certification, formation,
Abdel Nacer Hammoudi, agronome mise en marché, recherche et analyse de projets,
MAPAQ pratiques d’élevage.
Caplan, 418 388-2282, poste 227
Services offerts : Soutien au démarrage et à la Toutes les régions
transition, certification, formation, gestion Marcel Roy, agronome
d’entreprise – plan d’affaires, mise en marché –, MAPAQ
réponse aux questions sur les pratiques d’élevage Lévis, 418 837-7105
selon l’expertise disponible en région.
Services offerts :
Soutien au démarrage et à la transition, réponse
Carmen St-Denis, agronome
aux questions sur les pratiques d’élevage selon
UPA Gaspésie–Les-Îles
l’expertise disponible en région.
New Richmond, 418 392-4466
Services offerts :
Appui aux démarches collectives, mise en marché,
soutien à la transition et à la certification.

Source
FABQ (2005). Répertoire des conseillers bio.

Note
La FABQ effectue une mise à jour annuelle de ce répertoire au mois de décembre. Si d’autres conseillers
désirent voir leur nom ajouté au répertoire, ils doivent communiquer avec la FABQ : 450 679-0540;
courriel : fabq@[Link].

Trousse de transition vers l’agriculture biologique : Production animale 39

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