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Idr 2016 Tap Con

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BURKINA FASO

Unité-Progrès-Justice

.
--------------------------
MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEU~ DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE ET DE L'INNOVATION (MESRSI)

UNIVERSITE POLYTECHNIQUE DE BOBO DIOULASSO (UPB)

INSTITUT DU DEVELOPPEMENT RURAL (IDR)

DEPARTEMENT DE SOCIOLOGIE ET ECONOMIE RURALES (DSER)

MEMOIRE DE FIN DE CYCLE


en vue de l'obtention du
DIPLOME D'INGENIEUR DU DEVELOPPEMENT RURAL,
Option: sociologie et économie rurales
THEME:

Contribution des cultures maraîchères a" la sécurité

alimentaire au Burkina Faso cas de Bobo-Dioulasso,

Ouagadougou et Ouahigouya.

Présenté par:
Kiswendsida Parfait TAPSOBA

Directeur de mémoire: Maitre de stage:


Dr Patrice TOE Dr Madeleine KONKOBOIKABORE
MaÎtre de Conférences MaÎtre de recherche
Mémoire N°.. .I2016 DSER Décembre 2016
TABLE DES MATIERES

DEDICACE , IV

REMERCIEMENTS V

SIGLES ET ABREVIATIONS VII

TABLES ET LISTES DES ILLUSTRATIONS IX

LISTE DES TABLEAUX IX

LISTE DES FIGURES IX

LISTE DES CARTES , ,.. X

RESUME ....................................................................................................................................................... XI

ABSTRACT , XIJ

INTRODUCTION GENERALE , 1

1. CADRE THEORIQUE 4

1.1. Revue de littératLU'e 4


1.1.1. Maraîchage au Burkina Faso: condition et enjeux de production 4
1.1.1.1. Environnement de la production maraîchère 4
1.1.1.2. Typologie de la production 4
1.1.1.3. Enjeux de la production maraîchère 6
1.1.1.3.1. Enjeux socio-économiques 6
1.1.1.3.2. Enjeux alimentaires 6
1.1.104. Organisation de la filière 7
1.1.2. Sécurité alimentaire: enjeux et fàcteurs déterminants ". X
1.1.2.1. Ress011s de la sécurité alimentaire 8
1.1.2.2. Facteurs déterminants 9
1.1.2.3. Enjeux et critique de la sécurité alimentaire 9
1.1.3. La sécurité alimentaire état des lieux au Burkina Faso Il
1.1.3.1. Cadre institutionnel et politique Il

1.1.3.2. Situation a limentaire du Burkina Faso 11

1.2. Problématique ,.. 14

1.3. Définition conceptuelle 15


1.3.1. Maraîchage ' " "., 15
1.3.2. Cultures maraîchères ' 15
1.3.3. SécLU'ité alimentaire 15

lA. Objectifs de l'étude 15

1.5. Hypothèses de l'étude 16

1
1.6. Limites de l'étude 16

II. CADRE METHODOLOGIQUE 17

2.1 Présentation de la zone d'étude 17

2.2 Population étudiée 19

2.3 Echantillonnage des maraîchers 19

2.4 Echantillonnage des ménages urbains 19

2.5 Collecte des données 20

2.6 Traitement et analyse des données 20

2.7 Variables de l'étude 20

2.8 Méthode d'analyse 21


2.8.1 Revenu maraîcher et sa contribution à la fonnation du revenu total 21
2.8.2 Revenu maraîcher et acquisition des denrées alimentaires 22
2.8.3 Accessibilité des ménages aux produits maraîchers au cours de l'année 22
2.8.4 Cultures maraîchères et statut alimentaire des ménages urbains: 23
2.8.4.1 Statut alimentaire en termes d'énergie calorifique 23

2.8.4.2 Statut alimentaire en termes de diversité 24

III. RESULTATS ET DISCUSSIONS 26

3.1 RESULTATS 26
3.1.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés...................... . 26
3.1.2 Revenu maraîcher et revenu total des maraîchers 27

3.1.2.1 Revenu maraîcher (R.m) 27

3.1.2.2 Revenu agricole non maraîcher (Ranm) 28

3.1.2.3 Revenu non agricole (Rna) 29

3.1.2.4 Contribution du revenu maraîcher à la fonnation du revenu total... 30


3.1.3 Revenu maraîcher et acquisition des denrées alimentaires 31
3.1.4 Accessibilité des ménages urbains aux produits maraîchers au cours de l'année 33
3.1.5 Cultures maraîchères et statut alimentaire des ménages urbains: 35

3.1.5.1 Statut alimentaire en termes d'énergie caloritique 35

3.1.5.2 Statut alimentaire en termes de diversité 36

3.2 DISCUSSIONS 38
3.2.1 Revenu maraîcher et revenu total des maraîchers .. ... 3~

3.2.2 Revenu maraîcher et acquisition des demées alimentaires 40


3.2.3 Accessibilité des ménages urbains aux cultures maraîchères . 41
3.2.4 Cultures maraîchères et statut alimentaire des ménages urbains: 41
3.2.4.1 Statut alimentaire en tennes d'énergie calorifique 41

3.2.4.2 Statut alimentaire en termes de diversité 42

II
CONCLUSION-RECOMMANDATIONS 43

BIBLIOGRAPHIE 46

ANNEXES 1

III
A mon père,
Tindaogo Daniel T APSOBA, à titre posthume.

IV
REMERCIEMENTS

Le présent document est l'aboutissement d'une collaboration fructueuse avec plusieurs


personnes. Ainsi, il convient pour nous de leur témoigner toute notre gratitude. Sans vouloir
être exhaustif, nous remercions particulièrement:
le projet PARADE pour ce qu'il nous a permis de réaliser cette étude;
notre Maître de stage, Dr Madeleine KONKOBO, Maître de recherche et Chercheur
à l'Institut national des sciences des sociétés (INSS), Chef de département des
sciences de l'éducation, pour nous avoir accompagné tout au long de ce stage. Nous
lui disons merci pour sa disponibilité et ses multiples conseils;
notre directeur de mémoire, Dr Patrice TOE, Maître de Conférences, Chef du
département de Sociologie et d'économie rurales (SER) de ['Institut du
développement rural (IDR), qui, malgré son emploi de temps chargé, nous a
consacré le temps nécessaire pour la réalisation de cette étude. Nous lui disons
également merci pour les multiples conseils, et toute la rigueur scientifique apportée
au travail.

Nous remercions également:


tout le personnel de l'Institut du développement rural, et en particulier les
enseignants pour les connaissances dont ils nous ont gratifiées;
Dr Salimata POUSGA, Chef du département de vulgarisation agricole, pour son
accompagnement et ses conseils;
tout le personnel de notre structure d'accueil, la Direction régionale de Bobo­
Dioulasso (DRB) de l'Institut de recherche en sciences appliquées et technologies
(IRSAT), pour le cadre de travail convivial dont il nous a fait bénéficier;
la Directrice, Madame Christine KERE, pour avoir bien voulu nous accueillir dans
sa structure ;
monsieur Cédric KAMBIRE, Ingénieur de recherche à l'Institut de recherche en
sciences appliquées et technologies (IRSAT/CNRST) et Coordonnateur du projet
PARADE, pour nous avoir accueilli dans le cadre du projet PARADE;
monsieur Yacouba KANAZOE, de la Confédération Paysanne du Faso (CPF) :
monsieur Adama OUEDRAOGO, Socio-économiste à l'Institut de l'environnement
et des recherches agricoles, station de Farako-Bâ, pour sa supervision du travail :
monsieur Jean Pierre DIIGIMDE, Ingénieur d'agriculture au ministère de
l'agriculture, pour sa disponibilité;

v
monsieur Lasso SOMLARE, pour son hospitalité et pour avoir bien voulu nous
servir de guide à Ouahigouya ;
tous les maraîchers et les ménages urbains qui ont accepté d'apporter des éléments
de réponse à nos questionnaires;
les camarades de classe et aussi les Co-stagiaires de l' IRSAT, pour leur bonne
collaboration et leur esprit de partage de connaissances;
tous les membres de notre famille: en particulier notre mère qui n'a ménagé aucun

effort durant tout notre cursus scolaire, tous nos frères et sœurs pour leur soutien
pem1anent et inconditionnel.
Enfin, à tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à la réalisation de cette étude, nous

manifestons notre gratitude.

VI
SIGLES ET ABREVIATIONS
BUNASOLS Bureau national des sols
CAPES Centr~ d'analyse des politiques économiques et sociales
CEDEAO Communauté économique des états de l'Afrique de l'ouest
CPF Confédération paysanne du Faso
CRNST Centre national de la recherche scientifique et technologique.
DADI Direction des aménagements et du développement de l'irrigation
DGPER Direction générale de la promotion de l'économie rurale
ENIAM Enquête nationale sur l'insécurité alimentaire et la malnutrition
FAO Food and agriculture organization of the united nations
FIDA Fond international de développement agricole
IDR Institut du développement rural
ILFAU Initiative locale sur le foncier en agriculture urbaine
INERA Institut de l'environnement et de recherches agricoles
INSD Institut national de la statistique et de la démographie
IRD Institut de recherche pour le développement
IRSAT Institut de recherches en sciences appliquées et technologies
MAFAP Monitoring and analyzing food and agricultural policies
MAH Ministère de l'agriculture et de l' hydraulique
MAHRH Ministère de l'agriculture, de l'hydraulique et des ressources halieutiques
MEF Ministère de l'économie et des finances
MPU Milieu péri-urbain
MR Milieu rural
MU Milieu-urbain
ONU Organisation des nations unies
OOAS Organisation ouest africaine de la santé
PAM Programme alimentaire mondial
PARADE Renforcement de la résilience des systèmes productifs maraîchers par la recherche­
développement et l'éducation participative à l'application de principes agro­
écologiques au Burkina Faso
PCD Plan communal de développement
PMASA Programme mondial pour l'agriculture et la sécurité alimentaire
PNSAN Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle

VIl
RGA Recensement général de l'agriculture
SCA Score de consommation alimentaire du ménage
SER Sociologie et économie rurales

VllI
TABLES ET LISTES DES ILLUSTRATIONS
Liste des tableaux

Tableau 1 : Variables de l'étude en fonction des objectifs 21

Tableau 2 : Calcul du score de consommation alimentaire des ménages (SCA) 25

Tableau 3 : Répartition des maraîchers selon le sexe, l'âge et le niveau d'instruction 26

Tableau 4 : Répartition des ménages urbains en fonction de leur revenu familial mensuel. 26

Tableau 5 : Score de consommation alimentaire des ménages (SCA) 36

Liste des figures

Figure 1: Répartition de la production maraîchère par spéculation 5

Figure 2 ; Evolution de la consommation par personne des exportations et importations ct des

soldes des bilans céréaliers 2003-2012 12

Figure 3 : Evolution des apports calorifiques, protidiques, lipidiques et glucidiques de 2009 ...

à 2012 13

Figure 4 : Revenu maraîcher minimal et maximal en fonction de la localité et le milieu de ..

production 27

Figure 5 : Revenu maraîcher moyen en fonction de la localité 28

Figure 6 : Revenu agricole non maraîcher en fonction de la localité et du milieu de production

.................................................................................................................................................. 29

Figure 7 : Revenu non agricole en fonction de la localité et du milieu de production 30

Figure 8: Contribution du revenu maraîcher à la formation du revenu total. 30

Figure 9 : Contribution du revenu maraîcher à la fom1ation du revenu total suivant la localité

.................................................................................................................................................. 31

Figure 10 : Utilisation faite du revenu maraîcher 32

Figure Il : Pourcentage du revenu maraîcher dans l'acquisition des denrées alimentaires en 32

Figure 12 : Evolution des prix moyens de quelques denrées maraîchères et de leurs prix de
réserve au niveau des ménages 34

Figure 13 : Contribution des cultures maraîchères au taux de couverture des besoins ..


énergétiques hebdomadaires des ménages urbains 35

IX
Figure 14 : Fréquence de consommation des principales cultures maraîchères par les ménages
dans les différentes villes concernées par l'étude 37

Liste des cartes


Cartel: Les différentes localités concernées par l'étude 17

x
RESUME
La sécurité alimentaire est un concept multidimensionnel basé sur la disponibilité,
l'accès, la stabilité et l'utilisation effective des aliments. Au Burkina Faso, les disponibilités

alimentaires proviennent de la production nationale et des importations. La production


nationale est issue des cultures pluviales et des cultures de saison sèche largement dominées
par le maraîchage. Cette étude veut analyser de manière générale la contribution à la sécurité
alimentaire du maraîchage en tant que secteur d'appoint aux cultures pluviales, à Bobo­

Dioulasso, Ouagadougou et Ouahigouya. Deux échantillons distincts ont été utilisés: un


échantillon de 90 maraîchers issu des milieux urbains, péri urbains et ruraux et un échantillon

de 45 ménages urbains. Au niveau des maraîchers il s'est agi de déterminer leur revenu
maraîcher, la proportion de leur revenu annuel total qu'il représente puis sa contribution à

l'acquisition des denrées alimentaires. À cet effet, nous avons utilisé un compte
d'exploitation. Au niveau des ménages urbains, nous avons analysé leur accès aux cultures
maraîchères au cours de l'année tout en déterminant l'effet de la consommation de ces
cultures sur leur statut alimentaire en termes d'énergie calorifique et de diversité. Pour ce

faire, nous avons utilisé le score de consommation alimentaire (SCA) qui est un outil
d'analyse de la fréquence et de la diversité des aliments. Les résultats de l'analyse montrent

que le revenu maraîcher représente 94 % du revenu total des maraîchers. Il contribue à 30,6 %
dans l'achat de denrées alimentaires mais intervient aussi dans la satisfaction d'autres besoins
des ménages maraîchers. En outre, les ménages urbains présentent une raible accessibilité

économique et physique aux différentes cultures maraîchères au cours de l'année. Sur la base

de leur ration familiale, ils ne couvrent pas leur besoin énergétique: les taux moyens de
couverture des besoins énergétiques de ces ménages sont respectivement de 77 °ltJ ; 65,8 % et

83,7 % dans les villes de Bobo-Dioulasso, Ouagadougou et Ouahigouya. Les cultures


maraîchères représentent 4,3 % ; 4 % et 6,6 % de ce taux dans les villes de Bobo-Dioulasso,
Ouagadougou et Ouahigouya respectivement. Sur le plan de la diversité, les ménages urbains

présentent des rations qui tendent à être adéquates. La valeur moyenne du SCA est de 58,4.

Les cultures maraîchères contribuent à cette diversification de par leurs natures variées et
leurs fréquences élevées dans les rations. L'oignon et la tomate présentent des fréquences
supérieures à 85 %, le chou, le poivron, l'aubergine locale ont des fréquences de plus de 20
%.

Mots clés: Cultures maraîchères, Sécurité alimentaire, Ménage urbain, Maraîchers, Burkina
Faso.

Xl
ABSTRACT
Food security is a multidimensional concept based on the availability, access, stability and the
efficient use of foods. In Burkina Faso, food supplies come from domestic production and
imports. National production cornes from rainfed and dry-season crops, largely dominated by
market gardening. This study aims to analyze in a genera! way the contribution of market
gardening to food security as a backup sector for rainfed crops in Bobo-Dioulasso,
Ouagadougou and Ouahigouya. Two separate samples were used: a sample of 90 market
gardeners from urban, peripheral urban and rural areas and a sample of 45 urban households.
At the level of market gardeners it was a question of determining their market gardening
income, the proportion of their total annual income that it represents thcn its contribution to
the acquisition of the foodstuffs. For this purpose, we used an operating accounL At the Icvcl
of urban households, we analyzed their access to vegetable crops during the year while
determining the effect of the consumption of these crops on their food status in terms of
calorific energy and diversity. To do this, we used the Food Consumption Score (FCS), which
is a tool for analyzing the frequency and diversity of foods. The results of the analysis show
that market gardening income represents 94 % of the total income of market gardcners. lt
contributes 30.6 % in the purchase of foodstuffs but also intervenes in satisfying other needs
of market gardeners. In addition, urban households have a poor economic and physical
accessibility to the different vegetable crops. On the basis of their family ration, they do not
coyer their energy needs: the average coverage rates of the energy needs of these households
are 77 %; 65.8 % and 83.7 % in the cities of Bobo-Dioulasso, Ouagadougou and Ouahigouya.
The apparent vegetable crops 4.3 olt); 4 % and 6.6 % respectively in the cities al' Bobo­
Dioulasso, Ouagadougou and Ouahigouya. In terms of diversity, urban households have
rations that tend to be adequate. The mean value of the FCS is 58.4. Vegetable crops
contribute to this diversification owing to their varied natures and high frequencies in rations.
Onion and tomato have frequencies above 85 %, cabbage, pepper, eggplant and frequencies of
more than 20 %.

Key words: Market gardening, Food security, Urban household, Market gardeners, Burkina
Faso.

XII
INTRODUCTION GENERALE
La lutte contre l'insécurité alimentaire et l'extrême pauvreté à l'échelle de la planète
Ireste un des défis majeurs à relever de nos jours. En 1996 déjà, le Sommet mondial de
(alimentation s'était fixé pour objectif d'«éradiquer la faim dans tous les pays ct, dans
[l'immédiat, réduire de moitié le nombre des personnes sous-alimentées d'ici 2015 au plus
Itard » (FAO, 1996 : ]). En 2000, la lutte contre la faim et l'extrême pauvreté faisait partie du

premier objectif de développement du millénaire. Des efforts ont effectivement été déployés
Idans ce sens.

Food and Agriculturai Organization (FAO), dans une publication conjointe avec le
Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds international pour le développement
agricole (FIDA) sur la faim en 2015, estimaient qu'environ 795 millions de personnes étaient
en situation de sous-alimentation, soit une diminution de 167 millions par rapport à la dernière
décennie (FAO, PAM, FIDA, 2015). lis précisent que les progrès accomplis pour améliorer la
sécurité alimentaire continuent d'être inégaux à travers le monde et que \' Afrique
subsaharienne et l'Asie du Sud apparaissent comme les deux régions du monde où les progrès
ont été globalement lents. La même source nous infom1e qu'en Afrique subsaharienne, un peu
moins d'une personne sur quatre, soit 23,2 olt) de la population, devrait être sous-alimentée
durant la période 2014-2016. C'est donc dire que malgré les efforts consentis dans cette lutte
contre la faim, les résultats restent mitigés.

En Afrique de l'Ouest par exemple, ct en particulier dans la zone sahélienne, malgré


les importants programmes de relance agricole que les pays de la région ont mis en place ces
dernières années et leurs impacts globaux sur les disponibilités agricoles et alimentaires, les
populations font face à une succession de crises alimentaires et nutritionnelles de plus en plus
rapprochées dans le temps et d'ampleurs croissantes (CEDEAü, 2012). Par ail1curs, le cadre
général de la politique agricole de la Communauté économique des Etats de l'ACriquc de
l'Ouest (CEDEAü) affiche fortement l'objectif de sécurité alimentaire. Il l'inscrit même dans
une perspective de souveraineté alimentaire de la région, en misant sur la valorisation des
potentialités agricoles régionales pour réduire la dépendance de la région aux importations
alimentaires. Cette option forte s'inscrit dans le contexte mondial d'incertitude sur les
perspectives alimentaires de la planète (CEDEAü, 2012). Objectif d'autant plus noble, quand
on sait que, le continent reste le plus vulnérable en matière d'alimentation avec environ 1/5 de
sa nourriture provenant de l'aide alimentaire extérieure (Ouédraogo, 2005).
Au Burkina Faso, malgré les efforts qui ont été engagés pour réduire la pauvreté et
respecter le premier objectif du millénaire pour le développement, plus de 40 0;;) des habitants
du pays vivent toujours en dessous du seuil de pauvreté. L'insécurité alimentaire touche
environ la moitié des ménages à faible revenu avec une progression en zone urbaine (DGPER,
PAM, 2012), ce qui non sans lien avec la croissance démographique du pays. En effet, la
population du pays a été multipliée par trois depuis l'indépendance. Elle était estimée à près
de 16 millions en 2010, et continue de croître de près d'un demi-million de personnes par an

(Guengant et al, 20 Il). Cet accroissement exponentiel de la population va de pair avec


l'augmentation de la demande de biens agricoles qui est directement en rapport avec ses
besoins primaires. Selon Sposito (2010), les défis à relever face à la croissance
démographique sont nombreux et complexes avec celui de la sécurité alimentaire comme

principal.

En plus de la contrainte démographique, le Burkina Faso est confronté à une baisse de


la productivité de ses systèmes de production agricole. La pluviométrie est caractérisée par de
fortes variabilités interannuelles et spatio-temporelles (MAHRH /DADI/F Aü, 2010). Depuis
la fin des années 60, elle est entrée dans une phase de baisse des volumes accompagnée d'une

augmentation des fréquences des poches de sécheresse. Cela limite la productivité des
cultures vivrières déjà fortement affaiblie pour diverses raisons : exploitation extensive des
terres, faible technicité et pauvreté des agriculteurs, diminution de la force active dans les

cellules familiales, concurrence croissante des cultures de rentes, etc. C'est dans ce contexte

que l'on se demande quelle peut être la contribution des cultures maraîchères à la sécurité
alimentaire au Burkina Faso?

Cette étude s'est réalisée dans le cadre de la mise en œuvre du projet PARADE cl

Institut de recherche en sciences appliquées et de technologies (IRSAT), un des quatre


instituts spécialisés du Centre national de la recherche scientifique ct technologique
(CNRST). Le projet PARADE entend contribuer efficacement à la réduction de l'extrême
pauvreté et de la faim en assurant un environnement durable au Burkina Faso, dans un

contexte de pauvreté aggravée par les difficultés sociétales. Il vise la gestion des risques
climatiques qui entraînent une disponibilité alimentaire déséquilibrée ct pas toujours
satisfaisante. Dans le cadre de ses activités, le projet travaille en collaboration avec la
Confédération paysanne du Faso (CPF), une faitière des organisations paysannes au Burkina
Faso. L'analyse de la contribution du maraîchage à la sécurité alimentaire permettra de

2
montrer l'importance de ce sous-secteur en tant que secteur stratégique des systèmes
agricoles du pays qu'il faut promouvoir.
Le présent mémoire est développé en trois grands chapitres à savoir le cadre théorique,
le cadre méthodologique, les résultats-discussions, en plus d'une introduction et une
conclusion.

3
I. CADRE THEORIQUE

1.1. Revue de littérature

1.1.1. Maraîchage au Burkina Faso: condition et enjeux de production

1.1.1.1. Environnement de la production maraîchère


Le secteur agricole occupe une place de choix au Burkina Faso. En 2009, l'agriculture
a contribué à hauteur de 35,3 % à la formation du PIB et a fourni plus de 37 % des
exportations nationales. Cependant l'activité agricole est toujours extensive avec une
prédominance des petites exploitations de moins de 5 ha en 2008 (MAFAP, 2013). La
production agricole est dominée par les céréales et le coton et la consommation alimentaire
est centrée sur les céréales sèches et le riz (DGPER, 2010). En dehors du coton qui bénéficie
d'une attention particulière de l'Etat depuis plusieurs années, les filières agricoles sont peu
structurées et rencontrent des problèmes de commercialisation liés à la faiblesse de
l'intégration de l'économie agricole au marché sous régional et mondial et du fait d'un réseau
de communication insuffisant (MAFAP, 2013).
La superficie des terres cultivables a été évaluée à environ 9.000.000 ha, tandis que les
superficies exploitées augmentent en moyenne de 2,8 %. Cette augmentation des superficies
emblavées peut s'expliquée par la croissance démographique ct si cette tendance se
poursuivait, l'agriculture burkinabè épuisera ses terres cultivables à l'horizon 2030 (MAFAP,
2013). En plus de la dégradation des terres cultivables on note une baisse de la pluviométrie
et, selon Van Caloen et al (2015), cette baisse de la pluviométrie a une incidence directe sur la
dégradation des sols et sur leur fertilité.
En définitive comme souligné dans le rapport sur le cadre d'accélération des objectifs
du millénaire pour le développement au Burkina Faso (MPA TDC et al, 2012, p. 19) et
rapporté par Van Caloen et al, (2015), « Les conditions de production végétale et animale
deviennent de plus en plus fragiles et précaires ce qui entraine entre autre, la famine,
l'incapacité des populations à se procurer des revenus monétaires et la surexploitation des
ressources naturelles renouvelables ». C'est donc dans un environnement physique ct
climatique quelque peu hostile que le maraîchage vient en appuis à la productivité des
cultures vivrières pour une meilleure situation alimentaire au Burkina Faso.

1.1.1.2. Typologie de la production


Le maraîchage au Burkina Faso est caractérisé par la production d'une gamme variée
de spéculations. Une répartition de la superficie totale engagée entre les spéculations donne
une prédominance de l'oignon bulbe. En effet, 11.449 ha, soit 41,4 % des superficies sont

4
exploitées en oignon bulbe. Les intrants les plus utilisés dans le maraîchage sont le NPK (93
% des maraîchers), la fumure organique (71 %), l'urée (69 %) et les produits de traitement
locaux (58 %) (MAH 2011). Le caractère saisolll1ier de la production entraîne une grande
variabilité des prix et des quantités disponibles à la vente au cours de l'année. Les paysans
sèment ou plantent tous à la même période et l'ensemble de la production arrive en même
temps sur le marché provoquant ainsi un excès d'offre. En conséquence, les prix chutent et les
excédents de production sont perdus. (Van caloen et al, 2015).
Une répartition de la production totale par sp'éculation nous montre que l'oignon
bulbe, la tomate et le choux sont les trois principales cultures maraîchères en terme de
quantité avec respectivement 32 %, 21 % et 14 % des quantités produites, comme l'indique la
figure 1 ci-dessous.

Figure 1: Répartition de la production maraîchère par spéculation.


Source: DPSAA (20 Il)

Par ailleurs, le maraîchage au Burkina Faso rencontre plusieurs difficultés. Pour ce qui
est de la production proprement dite, les difficultés sont d'une part relatives à l'accès aux
intrants et d'autre part, liés aux aspects techniques de production naturelle et fiscaux. Les
difficultés liées à l'irrigation se résument à la périodicité des sources d'eau, aux insuffisances
des moyens de mobilisation des eaux. Plus de 82 % des exploitants rencontrent au moins une
des difficultés sus citées. Près de 85 % des exploitants maraîchers rencontrent des difficultés
de protection de leur site de production. Le coût élevé de la main d'œuvre est essentiellement .
la principale difficulté du maraîchage. Selon la majorité (86 %) des producteurs, le prix bas
des produits maraîchers constitue une contrainte de la commercialisation. Enfin, une autre
difficulté est l'accès au crédit agricole, due au manque d'institution de micro finance (IMF)
spécialisée pour le secteur agricole. Près de 44 % des exploitants maraîchers n'ont pas d'IMF
à proximité pour leur octroyer un crédit agricole (MAR 2011).

5
1.1.1.3. Enjeux de la production maraîchère

1.1.1.3.1. Enjeux socio-économiques


Le secteur des fruits et légumes est apparu depuis les années 90 dans les analyses
comme une importante source de croissance des revenus agricoles et de réduction de la
pauvreté (MAHRH, 2007). Bognini (2006) affirme que les cultures maraîchères rapportent
l'essentiel des revenus parmi les diverses activités menées par les ménages ruraux.
Thiombiano (200S) a montré que les cultures de saison sèche fournisscnt 36 Olt) des rentes
monétaires (contre 64 % pour les cultures pluviales) des ménages agricoles et permettent ainsi
de réduire la pauvreté alimentaire et monétaire au Burkina Faso. Il précise que les ménages
maraîchers enregistrent un indice de pauvreté plus bas (42 %) par rapport aux ménages non
maraîchers (46 %). Soit une réduction de 4 %. La valeur totale des ventes des produits
maraîchers a été évaluée à plus de S2 milliards de francs CFA pour la période de 2006-2010,
avec 620.000 personnes employées dans cette activité (MAH, 20 Il).

Sur le plan social le maraîchage permet une insertion des groupes SOCiaUX dits
vulnérables (retraités, femmes au foyer, agents de l'informel, enfants de la rue) (ILFAU,
1999); Ouédraogo, 200S), des populations sans emploi ou des villageois rattrapés par
l'urbanisation grandissante de nos villes (Ouattara 2004). Il contribue également à

l'assainissement et à l'amélioration du cadre de vie par le recyclage des déchets et le maintien


des zones vertes. Il joue enfin une fonction sécuritaire par l'occupation des terrains vacants.

(Ouédraogo, 200S).

1.1.1.3.2. Enjeux alimentaires


La production maraîchère contribue énormément à la sécurité alimentaire des citadins.
Elle pem1et de combattre la malnutrition et certaines carences alimentaires. Les légumes
apparaissent comme les principales sources en éléments nutritifs dans l'alimentation (basée
sur le manioc, le riz, le mil) des africains (Moustier et Fall, 2004 : Ouédraogo, 200S). Bognini
(2010) perçoit le maraîchage comme une alternative intéressante dans la 1utte contre
l'insécurité alimentaire des ménages en milieu rural à travers la diversification des

spéculations qu'il offre aux populations. Konombo (2001) affirme que les légumes ne peuvent
être uniquement à la base de l'alimentation humaine, mais qu'ils ne sauraient cependant en
être exclus car ils constituent la principale source de vitamines et de sels minéraux. Ils sont
donc complémentaires aux céréales. Broutin et al., (2005) ont montré que certains légumes
comme la tomate le chou et le piment, sont consommés tous les jours, une à deux fois par jour
et entrent dans la composition des plats principaux les plus courants. Ils notent cependant au

6
cours de l'année des périodes d'arrêt de consommation ou de remplacement de ces légumes.
Ces périodes sont généralement situées entre les mois de juillet et septembre où la rupture
d'approvisionnement des marchés entraine une hausse des prix de ces légumes. Ces légumes
sont souvent remplacés: le piment frais est remplacé par le petit piment sec, la tomate par du
concentré.

1.1.1.4. Organisation de la filière


Les principaux acteurs de la filière maraîchère au Burkina Faso sont les producteurs.
les grossistes et les détaillants. En plus de ces acteurs, on trouve les exportateurs, les
fournisseurs d'intrants, les transporteurs et les transformateurs qui concourent au bon
fonctionnement de la filière.
Il existe trois catégories de maraîchers:
les producteurs professionnels qui possèdent des exploitations de taille supérieure à
0,5 ha et qui disposent de matériels modernes de production (motopompes, tracteurs
etc.). Ils utilisent une main d'œuvre salariée;
les producteurs moyens qui disposent d'exploitations de taille comprise entre 0,1 ha et
0,5 ha, sollicitent le plus souvent des prestations de service auprès des autres
producteurs professionnels. Ils utilisent une main d'œuvre familiale et salariée:
les petits producteurs quant à eux, présentent des exploitations de taille inférieure à 0,1
ha et localisées aux alentours des concessions. Leur matériel de travail est composé
essentiellement d'outils rudimentaires : daba, pioches, houes et autres. Ils utilisent
principalement.la main d'œuvre familiale (MAHRH, 2007).

Les grossistes, les semis grossistes et les détaillants constituent les pnnclpaux
distributeurs. Les grossistes (et semi-grossistes) représentent un maillon de la chaîne entre les
producteurs et les consommateurs. Ils achètent les produits au bord des champs ou auprès
d'autres grossistes pour ensuite les distribuer aux détaillants qui les vendent aux
consommateurs. Toutefois, il est important de noter que l'essentiel de la production est
commercialisée par les détaillants à travers les marchés. Une répartition des profits dans la
filière en considérant les trois principaux acteurs laisse voir les proportions suivantes: 48 olt)
pour les grossistes, 32 % pour les détaillants et 20 % pour les producteurs (MAHRH, 2007).
Les volets de la conservation et de la transformation des produits maraîchers sont encore
embryonnaires.

7
1.1.2. Sécurité alimentaire: enjeux et facteurs déterminants

1.1.2.1. Ressorts de la sécurité alimentaire


La sécurité alimentaire recouvre quatre principales dimensions, à savOir: la
disponibilité, l'accessibilité, la stabilité et enfin l'utilisation des approvisionnements.

D'abord, la disponibilité des approvisionnements est une condition sine qua non de la
sécurité alimentaire. Dans un pays, les produits alimentaires doivent être physiquement
disponibles en quantité suffisante pour assurer la sécurité alimentaire des habitants. Ces
aliments peuvent être produits soit localement, soit à l'échelle nationale ou encore importés de
l'étranger (Maetz, 2013). Les disponibilités alimentaires dépendent en grande partie de la
production nationale qui dépend entre autre du climat, des facteurs de production et du niveau
de technicité des producteurs (Maetz, 2013).

Puis, en plus de la disponibilité des aliments, l'accessibilité est une dimension


incontournable de la sécurité alimentaire. L'accessibilité des aliments peut être analysée sous
une fornle d'accessibilité physique mais aussi sous une fornle d'accessibilité économique.
Cependant, soulignons que quelle que soit la forme sous laquelle nous analysons
l'accessibilité des ménages aux aliments, elle est influencée par plusieurs Ülcteurs. De ces
facteurs, nous pouvons citer: les conditions du marché des produits alimentaires, les rcvenus
de la population et surtout pour les catégories les plus pauvres, les droits étendus que les
différents individus peuvent avoir et des filets de sécurité en place pour venir en aide à ceux
qui n'ont pas les moyens propres d'accéder à la nourriture (Maetz, 2013).

Ensuite, la sécurité alimentaire exige une disponibilité et un accès à l'alimentation et


ce, de manière constante. Elle implique donc la régularité spatio-temporelle de la disponibilité
et de l'accessibilité alimentaire. Ainsi cette notion recouvre à la fois, la stabilité de la
production et la stabilité de l'accès. Les principaux facteurs de stabilisation de la production
alimentaire sont les infrastructures, les techniques culturales et les ressources génétiques.
Quant à la stabilité de l'accès, elle est influencée par les stocks publics ou pri vés, les services
financiers, et les dispositifs de transfert de ressources. La stabilité des approvisionnements
peut être également menacée par des chocs climatiques, sanitaires ou économiques, mais aussi
par la saisonnalité de la production et des marchés agricoles. (Maetz, 2013).

Enfin, la notion d'utilisation se réfère à la capacité des aliments consommés à


satisfaire les besoins physiologiques de l'organisme. Elle recouvre également la qualité et la

8
sécurité des aliments en vue d'un régime alimentaire équilibré et sûr. La qualité nutritionnelle
s'apprécie à deux aunes : d'une part, la diversité et l'équilibre nutritionnel du régime
alimentaire en termes de constituants nutritifs (glucides, lipides et protides), de vitamines et
d'oligoéléments et d'autre part, les normes et hygiène des aliments (Maetz, 2013).

1.1.2.2. Facteurs déterminants


Deux types de facteurs affectent la sécurité alimentaire des populations. Ce sont les facteurs
structurels et conjoncturels.

Les premiers agissent de manière continue, presque habituellement sur la situation


alimentaire des ménages. Ils conduisent à une insécurité alimentaire structurelle (situation de
constante insécurité alimentaire du ménage). Selon Kienou (2005), les causes structurelles de
l'insécurité alimentaire des ménages burkinabé sont essentiellement la dotation du pays en
ressources naturelles, le niveau technique des exploitants agricoles et la dégradation continue
des ressources naturelles, notamment la ressource sol (en milieu rural) et l'état de pauvreté des
populations. Du fait de l'importance du revenu dans la détermination de la consommation
alimentaire, la pauvreté est l'une des causes principales de l'insécurité alimentaire. Elle
entraine de façon inévitable l'insécurité alimentaire (Maetz, 2013).

Les seconds affectent de manière inhabituelle la situation alimentaire des ménages. Ce


sont entre autre les variations annuelles de la pluviométrie, l'impact de certaines catastrophes
naturelles (maladies, attaques phytosanitaires, déprédation des cultures, etc.), les défaillances
du marché, la baisse des revenus annuels, etc. (Kienou, 2005). En milieu rural, les principales
causes conjoncturelles de l'insécurité alimentaire sont essentiellement les aléas climatiques,
car ils entrainent souvent des incidents majeurs sur le revenu général des producteurs et leur
réserve de nourriture. En milieu urbain, les causes de l'insécurité alimentaire conjoncturelle
sont les facteurs qui affectent temporairement le revenu du ménage à savoir, les pertes
d'emploi par exemple.

1.1.2.3. Enjeux et critique de la sécurité alimentaire


Selon Zidouemba (2014), la lutte contre l'insécurité alimentaire se justifie à un triple
niveau: moral, économique et sécuritaire. Pour lui, l'existence de la malnutrition chronique
dans un monde d'abondance est jugée inacceptable sur le plan moral, et constitue une
violation de l'un des droits les plus fondamentaux des individus: le droit à une nourriture
suffisante. Il affirme également que sur le plan économique et sécuritaire « la malnutrition
entraîne d'importants coûts économiques puisqu'elle compromet gravement la productivité

9
des individus et donc la croissance des nations ... et que, la faim est souvent à l'origine de
troubles civils qui mettent en péril la paix et la stabilité des États» (Zidouemba, 2014 : 18)

Toutefois, la sécurité alimentaire telle que définit par ses ressorts, peut revêtir des

enjeux politiques. En effet, la recherche de la disponibilité permanente des aliments prôner


par la sécurité alimentaire, implique au besoin une importation de ces aliments. La sécurité
alimentaire, apparait alors comme favorable à la libéralisation économique. Cette dernière
présente des avantages car elle permet de prospecter des marchés pour nos producteurs
locaux. Toutefois elle peut également avoir des effets pervers: elle doit être accompagnée de
mesures institutionnelles (taxes et barrières douanières) efficaces pour une protection de nos

"petits producteurs" qui ne peuvent concurrencer la production industrielle des pays

développés. Le cas duriz importé en est un exemple concret: il concurrence durement le riz
local et limite considérablement les recettes des producteurs nationaux. Ainsi, à défaut de
prendre des mesures adéquates pour acquérir des aliments tout en protégeant leurs

producteurs, il serait plus opportun pour des pays en développement comme le Burkina Faso,

d'envisager «la souveraineté alimentaire ».

En effet, la souveraineté alimentaire est un concept qui s'adresse aux États et vise à

privilégier l'alimentation de la population nationale. Elle permet à chaque État d'être


responsable de son alimentation et de définir sa politique alimentaire en tenant compte de ses
propres spécificités sociales et culturelles. Elle protège aussi l'agriculture intérieure contre les

importations à des prix inférieurs aux coûts de la production locale. La souveraineté

alimentaire est donc un moyen d'assurer la sécurité alimentaire des peuples (ABC. Burkina,

2004). Ainsi, on pourrait penser que la sécurité alimentaire passe par une souveraineté
alimentaire.

Aussi, comme l'on souligné Egg et Gabas (1998), la sécurité alimentaire d'un ménage
ne peut être considérée comme un besoin fondamental et être traitée indépendamment des
autres objectifs du ménage, et qu'il était de ce fait important alors d'étudier la sécurité
alimentaire dans un contexte plus large de sécurisation du ménage. Toute action visant la

recherche de la sécurité alimentaire d'un ménage devrait à long terme rechercher


l'amélioration des conditions de vie de ce ménage.

10
1.1.3. La sécurité alimentaire état des lieux au Burkina Faso

1.1.3.1. Cadre institutionnel et politique


Depuis son indépendance en 1960, le Burkina Faso a mis en place plusieurs politiques

économiques en vue de faire face à la forte prévalence de la pauvreté et de l'insécurité


alimentaire mais les résultats sont restés pour le moins mitigés (Zidouemba, 2014). Ces
dernières années, de multiples efforts ont été déployés en matière de sécurité alimentaire
notamment dans l'amélioration du dispositif institutionnel de gestion. Ce dispositi f existe
depuis 1994. Cependant, en raison des insuffisances constatées et de la nécessité d'adapter le
cadre existant à l'évolution, un nouveau cadre général de coopération Etat/Partenaires

Techniques et Financiers/ Société civile en matière de sécurité alimentaire a été adopté


(Ouédraogo, 2009). Le Conseil national de sécurité alimentaire (CNSA) est l'instance de

réflexion et d'orientation qui assure la supervision de la mise en œuvre de la Stratégie

nationale de sécurité alimentaire (SNSA). Il s'appuie sur les structures spécialisées, telles que
la Direction générale de la promotion de l'économie rurale (DOPER), la Société nationale de

gestion du stock de sécurité (SONAOESS), le Comité national des secours d'urgence et de

réhabilitation (CONASUR) (Ouédraogo, 2009).


Les politiques et stratégies nationales qui contribuent à la sécurité alimentaire sont

analysées à trois niveaux (production agricole, production animale, production forestière et

halieutique). Elles prennent en compte la dimension régionale et internationale (Ouédraogo,

2009). La sécurité alimentaire au Burkina Faso bénéficie d'un environnement institutionnel ct

politique favorable.

1.1.3.2. Situation alimentaire du Burkina Faso


De manière générale, la dernière enquête nationale sur la sécurité alimentaire a révélé

que l'insécurité alimentaire touche dans l'ensemble, plus d'un ménage sur trois, soit 35,4 %

des ménages au Burkina Faso (MAHRH, 2009). Selon la même source, elle serait plus
ressentie en milieu rural (37 %) qu'en milieu urbain (31 %). Pour une meilleure

compréhension de la situation alimentaire nationale, nous procèderons à une analyse basée sur

les quatre dimensions du concept de sécurité alimentaire:

Les disponibilités alimentaires au Burkina Faso sont constituées de céréales (sorgho,


mil, maïs, riz, fonio), des produits animaux (viande, œufs, lait) et des produits forestiers non
ligneux (karité, lianes, noix de cajou etc.). Les autres productions nationales telles que le
niébé, l'igname, la patate, le manioc, le voandzou viennent en complément (PMASA, 2010).
Ces disponibilités alimentaires proviennent essentiellement de la production intérieure, des

11
importations et des aides alimentaires (PNSAN, 2013). Elles pennettent de détenniner le bilan
alimentaire d'un pays. Toutefois, les bilans alimentaires basés sur les disponibilités
comportent des biais en ce sens qu'ils pel1vent cacher des disparités plus ou moins
importantes entre les régions au sein d'un même pays (Kienou, 2005). Les disponibilités
alimentaires par personne entre 2003 et 2012, ont évolué au-dessus de la moyenne de 190
kg/personne/année, selon la figure suivante:
..--------------------------r J~.DlIl

1)JOO,oxJ i
IIJOPJQ c:

~ ~~ .. /
"-iJC4:Htnt(+) IDétk:
......-JC,.,. Impll.Jr1, iPpon

Figure 2 : Evolution de la consommation par persolU1e des exportations et importations et des


soldes des bilans céréaliers 2003-2012
Source: DGESSIDSS/ EPA, (2008-2013)

La problématique de l'accès à une alimentation saine et en quantité suffisante pour les


populations, se pose avec acuité au Burkina Faso (PNSAN, 2013). L'insécurité alimentaire est
beaucoup plus liée aux difficultés d'accès à la nourriture qu'à la disponibilité des aliments.
D'ailleurs, selon une étude menée par la FAO en 2015, l'offre alimentaire lors de l'alU1ée
2014 représentait 125 % des besoins de la population (FAO/PAMIFIDA, 2015). Notons aussi
qu'en tennes d'accessibilité physique, le Burkina Faso est caractérisé par l'enclavement des
principales zones de production (Boucle du Mouhoun, Hauts-Bassins, Cascades, Sud-Ouest,
Est) et l'éloignement des zones de consommation situées au Nord du pays. L'accessibilité
économique des ménages aux alimènts est endiguée par la pauvreté. En effet, la pauvreté est"
un des facteurs qui explique cet accès difficile à la nourriture (Van caloen et al, 2015).
L'enquête multisectorielle continue (EMC) réalisée par l'institut national de la statistique et
de la démographie en 2014 avait révéler que l'incidence de la pauvreté au Burkina Faso était

12
de 40,1 % et que le phénomène était essentiellement rural (92,5 % des pauvres vivant en
milieu rural) (INSD, 2015).
<
La stabilité des approvisionnements alimentaires n'est pas encore garantie parce
qu'elle dépend de la production nationale qui, elle-même, est tributaire des aléas climatiques
(PMASA, 2010). De plus, la stabilité des approvisionnements implique dans le temps et dans
l'espace une constance simultanée de la disponibilité et de l'accès aux aliments. Ainsi tous les
facteurs (la pauvreté, la variabilité des prix, les aléas climatiques et l'enclavement de certaines
régions etc.) qui ont une incidence négative sur la disponibilité ou l'accessibilité des aliments,
ont aussi une incidence négative sur la stabilité des approvisionnements au niveau des
ménages dans le pays.

L'utilisation des approvisionnements se traduit au Burkina Faso par un régime


alimentaire essentiellement composé de céréales qui participent pour 67 à 70 % à l'apport
calorifique total, de racines et tubercules pour 12 %, de fruits et légumes pour 1 %. Le reste
des besoins calorifiques est fourni par les oléagineux et autres légumineuses (20 à 17 %). La
consommation des produits animaux d'élevage est estimée en moyenne/habitant/an,
approximativement à 9 kg de viande, 20 kg de lait et 8,4 kg d'œufs. A ces différents produits,
s'ajoutent les produits halieutiques, les produits de chasse et le miel. L'apport énergétique est
majoritairement assuré par les glucides (céréales notamment) alors que leur apport doit être de
l'ordre de 50-65 %. L'analyse de la consommation alimentaire révèle également un régime
très peu diversifié dans la plupart des ménages. En effet, on estime que dans l'ensemble, 50,5
% des ménages ont un régime peu diversifié. Cette situation est beaucoup plus marquée en
milieu rural qu'en milieu urbain (PNSAN, 2013). La répartition des apports des différents
groupes d'aliments de 2009 et 2012 nous donne le graphique suivant:
• 1011 a'O:U

Figure 3 : Evolution des apports calorifiques, protidiques, lipidiques et glucidiques de 2009


à 2012
Source: DGESSIDSS/ EPA, (2013)

13
1.2. Problématique

Le Burkina Faso est un pays à vocation agro sylvo-pastorale. L'agriculture burkinabè


est essentiellement une agriculture de subsistance dominée par la production céréalière pour
l'autoconsommation (MAFAP, 2013). L'amplification des aléas climatiques entraîne des
pertes considérables de production (MEF, 2010). Ainsi, plus de 80 % de la population du pays
s'investit dans l'agriculture pourtant la couverture alimentaire sur l'ensemble du pays n'est pas
totalement satisfaite: la production agricole du pays est en moyenne de 2,6 millions de tonnes
et a une croissance lente par rapport aux besoins de la population. La production habitant est
plutôt stagnante depuis plus de 15 ans et elle tourne autour de 292 kg (CAPES, 2007). La
sécurité alimentaire du pays est fortement liée à la productivité des systèmes de production
qui, à leur tour, sont liés aux aléas climatiques (MEF, 2010). Pour la couverture des besoins
alimentaires de sa population, le pays est non seulement ouvert à j'importation des produits
alimentaires afin de compléter le stock existant, mais il vise aussi et surtout dans sa politique
nationale de sécurité alimentaire, un accroissement de la production nationale à travers la
promotion des cultures de saison sèche qui ont une forte rentabilité économique et financière
(PNSAN, 2013). Ainsi au cours de ces demières années, on assiste à un développement des
cultures de saison sèche, en particulier le maraîchage dans les périphéries des grandes villes,
favorisant l'accès des populations à certaines catégories de marchandises sur toute l'année
ainsi que l'amélioration du revenu des producteurs.
C'est dans ce contexte que nous pouvons nous demander quelles peuvent être les
différentes facettes de la contribution de ce sous-secteur à l'amélioration de la sécurité
alimentaire au Burkina Faso? Cette question principale soulève les questions secondaires
suivantes:
quelle proportion du revenu total des maraîchers le revenu maraîcher représente-t-il ?
quelle est la contribution de ce revenu maraîcher dans les dépenses alimentaires des
ménages maraîchers?
qu'en est-il de l'accessibilité des ménages urbains aux produits maraîchers ct quel
effet les cultures maraîchères ont-ils sur leur statut alimentaire?

14
1.3. Définition conceptueJIe

1.3.1. Maraîchage
Le maraîchage est un secteur d'activité caractérisé par la production intensive
d'espèces légumières destinées essentiellement à la vente en frais. Il tire son origine du mot
« marais» parce que les premières cultures légumières étaient réalisées en zone de marais,
bénéficiant d'un approvisionnement régulier en eau (Kankonde et al, 2001).

1.3.2. Cultures maraîchères


Les cultures maraîchères sont des plantes annuelles ou pérennes, arbustives ou
herbacées entretenues dans un espace agraire délimité (généralement exploité de manière
intensive) et dont la récolte est vendue en plus ou moins grande quantité et fournit des

ingrédients qui participent à la composition des sauces ou des salades (Autissicr ,1994),
(Bognini, 2010).

1.3.3. Sécurité alimentaire


Le concept de sécurité alimentaire a été défini à plusieurs reprises par la communauté
internationale et a considérablement évolué avec le temps. Une des évolutions les plus
fondamentales a été le passage d'une conception initiale d'une sécurité alimentaire fondée sur

la disponibilité fiable de nourriture à la notion contemporaine où la nourriturc est l'un des


éléments s'insérant dans un contexte social complexe déterminant les moyens d'existence.

(Maetz, 2013). Retenons la définition de la FAO qui stipule que: la sécurité alimcntaire est
assurée lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et économique à
une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins
énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active (FAO, 2008),
(Dao, 2014).

1.4. Objectifs de l'étude


D'une manière générale, la présente étude contribuera à la détermination de l'effet des
cultures maraîchères sur la sécurité alimentaire au Burkina Faso.
Pour ce faire, il s'est agi plus spécifiquement:
de déterminer la part du revenu maraîcher à la fom1ation du revenu familial des
maraîchers;
d'estimer la contribution du revenu maraîcher à l'acquisition des denrées
alimentaires;
de déterminer les effets induits de la consommation de ces denrées sur le statut
alimentaire des ménages urbains en tem1es de diversité et d'énergie calorifique.

15
1.5. Hypothèses de l'étude
L'hypothèse principale de recherche est que le sous-secteur du maraîchage contribue
efficacement à la lutte contre l'insécurité alimentaire au Burkina Faso. Les Hypothèses de
travail quant à elles s'énoncent ainsi qu'il suit:
le revenu maraîcher représente une part importante du revenu l'ami liai des
ménages maraîchers;
le revenu maraîcher contribue à acquérir des denrées alimentaires au niveau
du ménage maraîcher;
les spéculations maraîchères contribuent à l'amélioration du statut al imenlaire
des ménages urbains en tem1es de diversité et d'énergie calorifique.

1.6. Limites de J'étude


Une des limites de cette étude réside dans la détermination des apports énergétiques
des ménages urbains. Il n'a été tenu compte que des apports énergétiques provenant des
rations pris au sein du ménage pourtant les rations prises hors ménages en milieu urbain sont
importantes. Une estimation de ces apports énergétiques en tenant compte des repas hors
ménage donnerait des situations alimentaires bien plus réalistes. La seconde limite réside dans
l'estimation des quantités d'unités de mesures locales des différentes spéculations produites
par chaque maraîcher. En effet, toutes les quantités produites par chaque maraîcher dans
l'année ont été estimées au cours d'un seul entretien et sont plus ou moins liées à la mémoire
du producteur. Il aurait été plus opportun de le faire en plusieurs sorties.

16
II. CADRE METHODOLOGIQUE

2.1 Présentation de la zone d'étude


.,
La présente étude a été menée dans trois localités du Burkina Faso à savoir, Bobo-
Dioulasso, Ouagadougou et Ouahigouya, respectivement dans les régions des Hauts-Bassin,
du Centre et du Nord. La zone d'étude est globalement représentée suivant la figure ci-

dessous:

Cartel: Les différentes localités concernées par l'étude


Source: Adaptée de la carte du MAHRH (2010)

La ville de Bobo-Dioulasso est située à l'Ouest du Burkina Faso sur l'axe


Ouagadougou-Abidjan. Elle couvre une superficie de 160.000 ha. Chef-lieu de la Province du
Houet et capitale économique du pays, Bobo-Dioulasso est la seconde ville du Burkina Faso
et se trouve à environ 360 km de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso (PCD Bobo-
Dioulasso, 2007).
En 2006, la population de la ville était estimée à 410.459 habitants avec, un rapport de
masculinité de 103 hommes pour 100 femmes. La structuration par sexe de la ville de Bobo-
Dioulasso est différente de celle qui prévaut au niveau national. Le Burkina Faso a en effet,
52 % de femmes et 48 % d'hommes, soit un rapport de masculinité de 93 hommes pour 100
femmes. La tranche d'âge de 0 à 14 ans (population inactive) en 2005 représentait environ 46

17
% de la population. Les actifs (15 à 64 ans) quant à eux, représentent 52 % de la population
communale, tandis que les plus de 70 ans représentent 2 % (PCD Bobo-Dioulasso, 2007).

Capitale politique et première ville du Burkina Faso, Ouagadougou est située à peu
près au centre du pays, dans la province du Kadiogo. Elle est située entre les parallèles 12°30
et 12°25 de latitude Nord et méridiens 1°27 et 1°35 de longitude Ouest (Bagre et al, 2002).
Elle est au croisement d'axes routiers importants qui sont: l'axe Nord-Sud qui conduit à la
Côte d'Ivoire, l'axe Est-Ouest reliant au Niger et au Mali, l'axe Centre-Sud qui rallie le Ghana
(Traore, 2000).

La population de la ville de Ouagadougou en 2006 représentait plus de 10 % de la


population totale du Burkina Faso

La densité moyenne (relative à l'espace des 30 secteurs) était de 7750 habitants/km 2

contre une densité moyenne de 59 habitants/km 2 sur l'ensemble du pays (INSD, 2010). La
croissance démographique urbaine au Burkina Faso en général et particulièrement à
Ouagadougou reste rapide en raison de l'importance de l'exode rural vers les centres urbains.
La ville est sujette à une importante poussée démographique avec pour corollaire l'extension

de la ville. Cela rend complexe la gestion des ressources, la mise en œuvre des activités de
développement et fait croître la demande alimentaire d'où l'importance de mener l'agriculture
à proximité de la ville en raison de l'insuffisance d'infrastructures adéquates pour assurer le
transport des vivres des villages environnants vers la ville (Conchita et al. 2010).

La ville de Ouahigouya est située dans la partie Nord du Burkina Faso. Elle présente

les coordonnées géographiques 2,30° de longitude Ouest et 13,35 de latitude Nord. Elle est
située sur la nationale n02, axe reliant Ouagadougou à Mopti au Mali à 181 km de

Ouagadougou et à 57 km de la Frontière du Mali (PCD Ouahigouya, 2009).

En 2006, la population de la ville de Ouahigouya se chiffrait à 70.957 selon les


résultats préliminaires du Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH), soit

52,4 % de population urbaine de la région du Nord. Cette population représentait 13 % de la

population de la province du Yatenga et 2,6 % de population urbaine du Burkina Faso. Selon

les prévisions de l'Institut National de la Statistique et de la Démographie, cette population


urbaine atteindrait 85.315 habitants en 2012. Elle présente une très grande mobilité. Les
migrations constituent un phénomène très accentué dans la région du Nord. Ouahigouya est
en effet la destination privilégiée des jeunes en exode dans la région car ils constituent un
potentiel de main d'œuvre pour le maraîchage (Ouédraogo, 2008).

18
Ce choix des trois villes a été motivé par leur appartenance à di tTérentes zones agro­
climatiques du pays, mais aussi par le nombre de sites maraîchers qu'elles abritent. En effet,
selon MAH (2011), la région du Nord appartient à la zone sahélienne et possède le plus de
sites maraîchers (soit 17,4 % du total des sites au niveau national). La région du Centre
appartient à la zone soudano sahélienne et compte le plus faible nombre de sites maraîchers
(soit 3,2 % du total des sites au niveau national). La région des Hauts-Bassins avec ses Il,6 %
du total des sites au niveau national apparait comme intermédiaire entre les deux autres
régions. Elle appartient à la zone soudanienne.

2.2 Population étudiée


La population étudiée est constituée de deux sous-ensembles:

le premier sous ensemble comprend des maraîchers auprès desquels nous avons, dans

un premier temps, déterminé le revenu maraîcher, sa contribution à la formation du


revenu total des maraîchers et à l'acquisition des denrées alimentaires.
le deuxième sous ensemble est constitué de ménages pris dans les centres urbains de la
zone d'étude dont nous avons analysé l'accessibilité (physique et économique) aux
produits maraîchers et le niveau de consommation effective de produits maraîchers.

Ainsi, nous avons échantillonné avec des critères bien définis, au niveau des maraîchers, et

des ménages urbains.

2.3 Echantillonnage des maraîchers


Sur la base d'une liste de 200 producteurs maraîchers, issus d'une enquête exploratoire

réalisée par le projet PARADE, nous avons tiré de manière aléatoire 30 producteurs par zone,
soit 90 producteurs maraîchers pour l'ensemble de l'étude. Pour une meilleure représentativité
de l'échantillon, le tirage des 30 producteurs dans chaque localité a été fait en tenant compte

du milieu de production (milieu urbain, péri urbain et rural) et 10 producteurs maraîchers ont

été tirés de chaque milieu de production. Par ailleurs, dans chaque milieu de production le
choix des sites a été fait en tenant compte des critères suivants : l'accessibilité du site,
l'importance de l'activité maraîchère sur le site, la taille du site, sa position géographique par

rapport aux autres sites.

2.4 Echantillonnage des ménages urbains


Les ménages urbains ont également été échantillonnés dans les trois localités de la
zone d'étude. A cet effet, nous avons utilisé la méthode de l'échantillonnage par quota qui est
une méthode d'échantillonnage non probabiliste. Selon le dernier recensement général de la
population et de l'habitation 2006 du Burkina Faso, les villes de Ouagadougou, Bobo­

]9
Dioulasso, et Ouahigouya comptaient respectivement 74 %, 23 % et 3 % de l'ensemble des
ménages de ces trois villes réunies. Ainsi, nous avons enquêté en tenant compte de ces
proportions, 20 ménages urbains à Ouagadougou, 15 à Bobo-Dioulasso, et 10 Ouahigouya.
Dans chaque ville, la disponibilité du ménage à fournir les infoffilations nécessaires et la zone
d'habitation ont été prises en compte dans le choix des ménages.

2.5 Collecte des données


La collecte des données a été effectuée en deux étapes:
la première a consisté en une collecte de données secondaires sur le maraîchage et la
sécurité alimentaire à travers les bibliothèques de la ville de Bobo-Dioulasso. (les
bibliothèques de l'Organisation ouest africaine de la santé (OOAS), de l'Institut du
développement rural (IDR), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD),
etc.), des revues électroniques en ligne (Vertigo, Cairn info, CTA éditions etc.). Cette
étape nous a permis d'avoir une plus grande compréhension du sujet en nous
renseignant sur les résultats de recherches ayant porté sur le sujet pour une analyse
plus pertinente. Elle a également été nécessaire pour une clarification des différents
concepts abordés et pour une éventuelle description de la zone d'étude,
la deuxième étape de la collecte des données a consisté en une enquête de terrain pour
la collecte des données primaires. Pour ce faire, nous avons utilisé deux types de
questionnaire dont le premier a été administré aux producteurs (annexe V), et le
second aux ménages (annexe VI).

2.6 Traitement et analyse des données


Les données recueillies ont d'abord été dépouillées, saisies puis analysées au moyen
des logiciels Excel 2010 et IBM SPSS.20.0. Le logiciel SPSS.20.0 a été utilisé pour saisir et
regrouper les données. Le tableur Microsoft EXCEL 2010 a été utilisé pour les calculs liés à
l'établissement des comptes d'exploitations et la génération des graphiques.

2.7 Variables de l'étude


Les variables qui ont été retenues au cours de cette étude l'ont été sur la base des
objectifs spécifiques et ont permis de les atteindre. Par conséquent elles contribuent dans une
plus large mesure à l'atteinte de l' objectif général. Les différentes variables ont étés regroupés
dans le tableau 2 ci-dessous en fonction des objectifs auxquels elles se rapportent.

20
Tableau 1 : Variables de l'étude en fonction des objectifs
OBJECTIFS VARlABLES RESULTATS
Les pri~ bord champ des spéculations.
DétenrtinerJa part du revenu Lés qü.<intitêsproduites par spéëulation. Lerèvenumaraîcher et sa
mataîçh~T à 1<'1 fOffi1ation du . Le revenu maraîcher (R.m). contribution à la formation. '.
revenu familial des Le revenu total (Rt) durevenu familial des
I.1;l1:lra'îchers; Le rappqrt Rin/Rt. mara'îchers sont connus.
La part du revenu maraîcher dans les
Estimer la contribution du la contribution du revenu
dépenses alimentaires.
revenu maraîcher à maraîcher à l'acquisition
La part du revenu maraîcher dans le
l'acquisition des denrées des denrées alimentaires,
financement d'autres activités agricoles
alimentaires, est connue
- Les périodes de production des
Détem1inerles effets induits spécul;:ltions. les effets induits de la
delaconsommation de ces - Les prix du marché des spéçulations consommation de ces
dènrée surIe statut - Les prix de réserve des ménages. .denrées sur leur statut
alilllent <J.'irèdes.ménages " Lacbmpbsition par sexe et par âge du alimentaire des ménages
urbains entetme de diversité ménage. urbains en termes de
et d'énergie calorifique - La nature et les quantités des aliments diversité et d'énergie
consommés/jour, pendant 7jours. calorifique sont.
- . Le niveau de diversification desrations. '. déterminées
La valeur énergétique des rations. ..
Les besoins énergétiques du ménage.'

2.8 Méthode d'analyse

2.8.1 Revenu maraîcher et sa contribution à la formation du revenu total


Pour déterminer la contribution des cultures maraîchères à la formation du revenu des
producteurs, nous nous sommes intéressés au revenu annuel des producteurs. Cela nous a
pem1is de capter la contribution au revenu des activités de toutes les périodes de production
agricole dans l'année, puis d'en déterminer la contribution du maraîchage à travers un compte
d'exploitation. Ainsi, toutes les quantités produites au cours de l'année ont été estimées el
valorisées par leurs prix bord champ ou du marché selon le lieu de la vente. Thiombiano
(2008), affirmait que le revenu ( R) d'un ménage est l'ensemble des rentes monétaires ou non

21
monétaires qu'il tire de ses activités ainsi que des dons divers et que ce revenu au niveau des
ménages agricoles est constitué du revenu agricole ( Ra ) et du revenu non agricole (Rna)
amSI :

R = Ra + Rna
R= revenu du ménage
Ra= revenu agricole
Rna= revenu non agricole

Le revenu agricole peut être réparti en revenu maraîcher et en revenu agricole non
maraîcher.
Ra = Rm + Ranm, avec

Rm = revenu maraîcher
Ranm = revenu agricole non maraîcher
Le revenu Rest
R = Rm+Ranm+Rna
Nous avons estimé la contribution des cultures maraîchères (Cm) à la formation du
revenu monétaire ainsi qu'il suit:

Cm- ( -­
Rm ) Rm
Rm+Ranm+Rna R

2.8.2 Revenu maraîcher et acquisition des denrées alimentaires


Pour atteindre cet objectif, nous nous sommes intéressés aux différentes utilisations
faites du revenu maraîcher ainsi qu'aux proportions du revenu maraîcher allouées à chacune
d'elles. Nous nous sommes également intéressé à la part du revenu maraîcher destinée au
financement des autres cultures vivrières.

2.8.3 Accessibilité des ménages aux produits maraîchers au cours de l'année


Pour analyser l'accessibilité des ménages aux produits maraÎChers nous nous sommes
intéressés à l'évolution des prix des principaux produits maraîchers et aussi à celle des prix de
réserve des ménages (prix au-delà desquels les ménages ne sont plus disposés à acheter les
mêmes quantités des produits au même prix) pour ces produits au cours de l'année. Ai nsi si :
le prix de réserve est supérieur ou égal au prix du marché, le ménage aura accès à la
spéculation (Pr ::::Pm : alors accès).
le prix de réserve est inférieur au pnx moyen du marché il n'a pas accès à la
spéculation en question (Pr < Pm ; pas accès).

22
2.8.4 Cultures maraîchères et statut alimentaire des ménages urbains:

2.8.4.1 Statut alimentaire en termes d'énergie calorifique

Besoins énergétiques des ménages(BeM)


Pour se maintenir en bonne santé et rester actif, chaque individu a besoin d'une
certaine quantité d'énergie calorifique par jour exprimée en kilocalorie (kcal). Le niveau de ce
besoin est fonction à la fois, de l'âge, du sexe, du poids, et de l'activité menée par l'individu.
Nous avons retenu seulement l'âge et le sexe. A partir de la table des besoins énergétiques
journaliers au Burkina Faso (Annexe III) pour chaque catégorie d'individus, nous avons
calculé les besoins journaliers de chaque ménage de l'échantillon. Le calcul s'est fait en tenant
compte de la taille du ménage et de sa composition.

Disponibilités en énergie calorifique des ménages (DeM)


La disponibilité énergétique est la valeur en énergie calorifique des aliments
consommés par les ménages. Toutefois, il est important de préciser que dans notre étude nous
n'avons pas tenu eompte des repas hors ménage. De ce fait, notre étude évalue la disponibilité
énergétique à partir dès repas pris à l'intérieur des ménages. Les disponibi 1ités énergétiques
ont été évaluées en valorisant la masse de chaque aliment consommé (annexe Ill) par la valeur
énergétique de cet aliment donnée par la table des valeurs énergétiques (IV). Elles concernent
les apports énergétiques des spéculations maraîchères (Dem) et des autres spéculations (Dea).

DeM = Dem + Dea


Les statuts alimentaires des ménages ont été déterminés en comparant les besoins et
les disponibilités énergétiques au sein de chaque ménage. Les disponibilités énergétiques des
ménages (Dem) ont été rapportées aux besoins énergétiques (Hem) pour détemliner le taux
de couverture des besoins énergétiques du ménage (T cb).

DeM Dem + Dea Dem Dea


Teb = - - = =--+--
BeM BeM BeM BeM

Cultures maraîchères dans la disponibilité énergétique du ménage


La contribution des cultures maraîchères au taux de couverture des besoins
énergétiques du ménage (Tcbm) est
Dem
Tebm = BeM

23
2.8.4.2 Statut alimentaire en termes de diversité
Nous avons utilisé le score de consommation alimentaire des ménages (SCA) pour
apprécier l'état de sécurité alimentaire des ménages en tem1es de diversité et la contribution
des spéculations maraîchères dans cet état. Le score de consommation alimentaire pondéré par
la fréquence est un score calculé en se basant sur la fréquence de consommation des différents
groupes d'aliments consommés par un ménage durant 7 jours. C'est un proxy acceptable pour
mesurer l'apport calorifique et la qualité du régime alimentaire au niveau du ménage donnant
une indication de l'état de sécurité alimentaire du ménage, s'il est combiné à d'autres
indicateurs d'accès alimentaire des ménages. C'est un score composite, basé sur la diversité
alimentaire, sur la fréquence de consommation et l'importance nutritionnelle relative des
différents groupes d'aliments (Ndiaye, 2014). Il est calculé en multipliant la pondération de
chaque groupe d'aliments par le nombre de jour de consommation des aliments de ce groupe
au cours de la semaine. Lorsque la valeur du SCA est inférieure à 28, elle est dite pauvre et
reflète une alimentation dont la qualité et la quantité sont inadéquates. Lorsque la valeur du
SCA est comprise entre 28,5 et 42 alors elle est dite minimale et ret1ète une alimentation de
qualité inadéquate. Enfin les valeurs du SCA supérieures à 42 sont dites acceptables et sont
caractéristiques d'une alimentation qui peut être considérée comme adéquate. Le tableau 3
illustre le principe du calcul du score de consommation alimentaire.

24
Tableau 2 : Calcul du score de consommation alimentaire des ménages (SC A)

Nombre de jour de
Groupe d'aliments Pondération consommation au cours Note (A)*(B)
(A) des 7 derniers jours
··············:····.······ ..v·:.·.······· : _ :::.: .•.•...............••..•. jJ?) .
Céréales ettubercules 2
Fruits (frais et secs)
:Huile os· . ·
Lait 5
. ~.. .
Légumes frais l
Légumes secs 3
Sucre 0.5
Viande et poisson 4
Score composite x
Source: Ndiaye (2014)

25
Ill. RESULTATS ET DISCUSSIONS

3.1 RESULTATS
3.1.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés
Les maraîchers étaient essentiellement des hommes d'une moyenne d'âge de 40 ans
avec un niveau d'instruction relativement faible. Comme l'indique le tableau ci-dessous:
Tableau 3 : Répartition des maraîchers selon le sexe, l'âge et le niveau d'instruction.

Total
Localité Bobo-Dioulasso Ouagadougou Ouahigouya
échantillon
Masculin 100 100 87 96
Sexe(en li/o)
Féminin 0 0 13 4

Moyenne d'âge 40 40 42 41

Aucun 43 5 27 41
Niveau
Coranique 17 10 33 20
d'instruction des
Alphabétisé a 7 7 4
maraîchers (en %)
'Primaire 20 21 30 . 23

Secondaire 20 7 3 10

Source: Données de l'enquête, Janvier 2016

La répartition des ménages urbains suivant la moyenne d'âge des enquêtés et leur
intervalle de revenu familial mensuel sont consignés dans le tableau 5 ci-dessous.
Tableau 4: Répartition des ménages urbains en fonction de leur revenu familial mensuel.

Localité Bobo-Dioulasso Ouagadougou Ouahigouya


.................... ,•.........•
..

Moyenil e d; âge.des enqu êtés 36 38

Moins de 50.000 o ü o
50;000-99.000 . 20 33 15
Intervane de revenu
familial mensuel (%) 100.000-149.000 50 33 54

150.000~199.000 20 '23 ...

plus de 200.000 10 20 8

Source: Données de l'enquête, Janvier 2016

26
3.1.2 Revenu maraîcher et revenu total des maraîchers

3.1.2.1 Revenu maraîcher (R.m)


4 ~

En raison de la grande variabilité des pnx des produits maraîchers le compte


d'exploitation de chaque maraîcher a été élaboré avec les prix minima et maxima des unités
de mesure locale des spéculations qu'il a produites au cours de l'année. Cela nous a permis
d'obtenir les moyennes des marges bénéficiaires minima et maxima par localité (annexe 1).
Ainsi la figure ci-dessous illustre l'évolution de ce revenu suivant la localité et le milieu de
production.

ro 3500000
E
'x
ro
E
3000000
....ClJ
ro 2500000
E
c 2000000

VI
ClJ
.... 1500000
.~
u
'i=
'ClJ
1000000
C
'ClJ
CCl 500000
VI
ClJ
tl.O
.... 0
ro
~ Milieux

Bobo-Dioulasso Ouagadougou Ouahigouya Localités

MU: Millieu Urbain; MPU: Milieu Péri-Urbain; MR: Milieu Rural

marges bénéficiaires maxima • Marges bénéficiaires minima

Figure 4 : Revenu maraîcher minimal et maximal en fonction de la localité et le milieu de


.production
Source: Données de l'enquête, Janvier 2016

Cette figure laisse voir en premier une grande variabilité du revenu maraîcher. En
témoigne les importants écarts que nous pouvons observer entre les revenus minima et
maxima dans une même localité donnée. De plus ces marges bénéficiaires évoluent dans le
même sens et ce, d'une ville à une autre et aussi en fonction des milieux de production d'une
. .
même ville. Ainsi, les maraîchers de la ville de Ouahigouya présentent les meilleures marges
bénéficiaires, ils sont suivis de ceux de la ville de Bobo-Dioulasso, puis viennent ceux de
Ouagadougou. A Ouahigouya, les maraîchers urbains possèdent les meilleures marges
bénéficiaires ensuite viennent ceux des milieux ruraux. Ceux des milieux péri-urbains ont les
plus faibles marges bénéficiaires. Par contre à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou, les

27
maraîchers ruraux ont des mages bénéficiaires supérieures, à celles des maraîchers urbains,
qui à leur tour sont supérieures à celles des maraîchers péri-urbains.
Les revenus moyens ont ensuite été estimés sur la base des revenus minima et maxima
en vue d'avoir une idée de la valeur approximative du revenu maraîcher dans les différentes
localités. La figure ci-dessus nous montre l'évolution des revenus maraîchers moyens dans les
trois principales villes concernées par l'étude.

(1) 2500000
c
c
(1)
>
0
2000000 1906540
E
....(1)
ro
'u
ç 1500000
-<Il
c
'(1)
1143820
.c
(1)
1000000
....tlD
ro
E
500000

o
Bobo-Dioulasso Ouagadougou Ouahigouya Localités

• Marge bénéficiaire moyenne

Figure 5 : Revenu maraîcher moyen en fonction de la localité


Source: Données de l'enquête, Janvier 2016

Retenons de cette figure que les marges bénéficiaires moyennes annuelles des
maraîchers de Ouahigouya sont supérieures à celles des maraîchers de Bobo-Dioulasso qui à
leurs tO\lr sont supérieures à celles des maraîchers de Ouagadougou. Indépendamment de son
milieu de production (urbain, péri-urbain ou rural) un maraîcher de Ouahigouya aurait en
moyenne une marge bénéficiaire annuelle de 1.906.540 de F CFA. Par contre celui de Bobo­
Dioulasso aurait 1.143.820 F CFA et celui de Ouagadougou 887.141 F CFA.

3.1.2.2 Revenu agricole non maraîcher (Ranm)


Ce revenu est constitué par les rentes monétaires tirées des autres activités agricoles.
(Agriculture pluvia"Ie et élevage). Le graphique suivant nous donne une idée de son évolution
suivant la localité et le milieu de production.

28
.....
(lJ
60000
..c.
<~ 50000
~ 50000
lU
E
c
0 40000
c
(lJ

0
u 30000
'tii!
lU
:::J
c
(lJ
20000
>
(lJ
cr::
10000

0
MU MPU MR MU MPU MR MU MPU MR Milieux

Bobo-Dioulasso Ouagadougou Ouahigouya Localités

MU: Milieu Urbain; MPU: Milieu Péri-Urbain; MR: Milieu Rural

revenu agricole non maraîcher

Figure 6: Revenu agricole non maraîcher en fonction de la localité et du milieu de


production
Source: Données de l'enquête, Janvier 2016

Les revenus agricoles non maraîchers annuels des producteurs maraîchers varient
d'une ville à une autre, mais également en fonction des milieux de production d'une même
ville, Ils sont plus importants à Ouahigouya, (évoluent ente 20.000 à 50.000 FCFA), un peu
moins à Bobo-Dioulasso, ( 8.000 à 42.000 F CFA) et faible à Ouagadougou (17.000 à 25.000
F CFA).

3.1.2.3 Revenu non agricole (Rna)


En plus du revenu maraîcher et du revenu agricole non maraîcher, le revenu non
agricole est la troisième composante du revenu total des maraîchers. Les données de l'enquête
nous montrent son évolution à travers la figure ci-après.

29
cu 140000 122000
0
u
.~
120000
00
III
c
100000
0
c 80000
:::l
C

>
cu 60000
cu
c:: 40000
20000
2000
0
MU MPU MR MU MPU MR MU MPU MR Milieux

Bobo-Dioulassa Ouagadougou Ouahigouya Locslités

MU : Milieu Urbain; MPU : Milieu Péri-Urbain; MR : Milieu Rural

• Revenu non agricole

Figure 7 : Revenu non agricole en fonction de la localité et du milieu de production


Source: Données de l'enquête, Janvier 2016
De cette figure, il ressort que les revenus non agricoles des producteurs maraîchers
évoluent également en fonction de la ville et du milieu de production. Ils sont plus importants,
à Ouagadougou (varient entre 107.500 à 122.000 FCFA) un peu moins à Bobo-Dioulasso
(25.000 à 60.000) et faibles à Ouahigouya (2000 à 56.000).

3.1.2.4 Contribution du revenu maraîcher à la formation du revenu total


La contribution du revenu maraîcher à la fonnation du revenu total des maraîchers est
la proportion du revenu total qu'il représente. Le graphique ci-dessus nous donne une idée de
son importance sur l'ensemble de l'étude.

2% 4%

• revenu maraîcher

revenu agricole non maraicher

revenu non agricole

94%

Figure 8: Contribution du revenu maraîcher à la fonnation du revenu total


Source: Données de l'enquête, Janvier 2016

30
Sur l'ensemble des trois villes, le revenu maraîcher représente une part importante (94
%) du revenu arum el des producteurs maraîchers. En plus du revenu maraîcher, nous
distinguons deux autres composantes du revenu total à savoir le revenu âgricole non
maraîcher et le revenu non agricole. Ils représentent respectivement 2 % et 4 % du revenu
total.

Cependant, en tenant compte de la ville mais aussi du milieu de production des


maraîchers, nous avons de manières plus détaillée, une idée de la contribution du revenu
maraîcher à la formation du revenu total des maraîchers. La figure ci-après nous renseigne sur
l'évolution de sa valeur:

120%
<li

...
tllI
rn
C
100%
<li
u
....
~
0
a.. 80%

60%

40%

20%

0%
Milieux

Bobo-Dioulasso Ouagadougou Ouahigouya Localités

MU : Milieu Urbain; MPU : Milieu Péri-Urbain; MR: Milieu Rural

Marges bénéficiaires moyennes annuelles (revenu maraicher) revenu total

Figure 9 : Contribution du revenu maraîcher à la formation du revenu total suivant la localité


et le milieu de production
Source: DOMées de l'enquête, Janvier 2016

Le revenu maraîcher contribue beaucoup plus à la formation du revenu total des


producteurs maraîchers à Ouahigouya où sa contribution peut atteindre 99 % en milieu rural.
A Bobo-Dioulasso également, ce taux atteint 97 % dans les milieux urbains et ruraux. Sa plus

faible valeur est observée à Ouagadougou, en milieu péri urbain (82 %).

3.1.3 Revenu maraîcher et acquisition des denrées alimentaires

Une analyse de l'utilisation du revenu maraîcher nous révèle que les usages
couramment faits de cette rente monétaire sont: l'achat de denrées alimentaires, la
scolarisation des enfants, le financement des activités agricoles, les soins médicaux, le

31
remboursement de dettes, les évènements sociaux et enfin l'épargne. Il ressort également de
façon globale que 30,6 % du revenu maraîcher est utilisé pour l'acquisition de denrées
alimentaires comme nous le montre la figure ci-dessous:

"-
35,0% 30,6%
QI
~
<~ 30,0%
cc

cc 25,0%
E
:::J
C 20,0%
QI
>
QI

15,0%
:::J
"tJ 10,0%
C
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cc 0,0%

'QI Rubriques
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~'b ~o
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<S' ~
'?' 'b~'"
«.~

Figure 10 : Utilisation faite du revenu maraîcher


Source: Données de l'enquête, Janvier 2016

De façon plus spécifique, en fonction de la localité et du milieu de production, la


contribution du revenu maraîcher à l'acquisition des denrées alimentaires, est indiquée par la
figure ci-dessous:

QI
120%
tlll
...,cc 100%
c
QI
~ 80%
:::J
0
Cl.
60%

40%

20%
Milieux
0%

Localité
Bobo-Dioulasso Ouagadougou Ouahigouya

MU : Milieu Urbain; MPU : Milieu Péri-Urbain; MR : Milieu Rural

• achat de denrées alimentaires revenu maraÎCher

Figure Il : Pourcentage du revenu maraîcher dans l'acquisition des denrées alimentaires en


fonction de la localité et du milieu de production
Source: Données de l'enquête, Janvier 2016

32
De l'analyse de cette figure il ressort que le revenu maraîcher concourt à l'acquisition
de denrées alimentaires. Cette situation est particulièrement importante à Bobo-Dioulasso, où
jusqu'à 39 % du revenu maraîcher des producteurs maraîchers opérant en milieu péri urbain
entre dans l'acquisition des denrées alimentaires. A Ouagadougou, c'est 31 olt) de ec revenu
qui entre dans la recherche de la nourriture, dans les milieux urbains et péri urbains. La ville
de Ouahigouya quant à elle, enregistre les faibles taux de contribution avec 15 %, 10 %, et 6
% respectivement en milieu péri urbains, urbain et rural.

3.1.4 Accessibilité des ménages urbains aux produits maraîchers au cours de


l'année

L'accessibilité des ménages urbains aux denrées maraîchères au cours de l'année a été
analysée à travers l'évolution des prix moyens du marché et des prix de réserves des
différentes denrées maraîchères au cours de l'année. Cette analyse nous montre deux aspects
essentiels (à travers la figure 12 de la page suivante) :
les prix de réserves sont supérieurs ou égaux aux pnx moyens du marché. Cette
situation est moins importante. (Pr 2:Pm : alors accès) ;
les prix de réserve sont inférieurs aux prix moyens du marché. Ce cas de figure est le
plus important. Il traduit une inaccessibilité des ménages urbains aux denrées
maraîchères et s'observe essentiellement entre le deuxième trimestre (Avril-juin) et le
troisième trimestre (juillet-septembre) de l'année. (Pr < Pm; pas accès).

JJ
rJJ ~
Q
riQ" Prix du kg des différentes spéculations
., .,
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..... ..... ..... ..... .....
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Juil-Août 1

....
'" iD Sept Dec
1 1" 1
o'
1

::l 11 1 J Il 1
'"
La figure 12 nous renseigne sur l'évolution au cours de l' aIU1ée dans les trois villes,
des prix moyen du kg et aussi des prix de réserve de l'oignon, la tomate, le chou la pomme de
terre, le haricot vert, la laitue, l'aubergine importée, le poivror1, l'oseille, l'amarante,
l'aubergine locale, et le concombre. Elle nous donne une idée de l'accessibilité des ménages à
ces différentes spéculations à travers la position relative du prix moyen et du prix de réserve
de chaque spéculation, au cours des quatre trimestres de l'année. Dans l'ensemble, le premier
et le dernier trimestre de l'année se sont illustrés comme les périodes d'accessibilité des
ménages à la m~jeure partie des spéculations avec des prix de réserves sup.érieurs ou égaux au
prix moyen durant ces périodes. Par ailleurs, l'oignon, la tomate, le poivron, le haricot vert
s'avèrent être très rémunérateurs pour les détaillants avec des prix moyens du kg pouvant
atteindre au cours de l'aIU1ée respectivement 1.765; 1.437; 1.133 et 979 F CFA. Les kg de
l'oseille, de la pomme de terre, de l'amarante, de l'aubergine locale, pouvant atteindre
respectivement, 844; 666; 531 et 528 F CFA respectivement. L'aubergine importée, le
concombre le chou et la laitue viennent enfin avec des prix moyens du kg pouvant atteindre
514; 478; 312 et 307 F CFA.

3.1.5 Cultures maraÎChères et statut alimentaire des ménages urbains:

3.1.5.1 Statut alimentaire en termes d'énergie calorifique


Sur la base de leur ration familiale, en moyenne les ménages ne parviennent pas à
couvrir leurs besoins énergétiques. De plus, la contribution des cultures maraîchères en termes
d'énergie calorifique dans les rations des ménages est assez faible. La figure ci-dessous nous
présente les taux de couverture des besoins énergétiques des ménages dans les différentes
villes ainsi que la contribution des cultures maraîchères à ce taux.

w 120,0%
tlll
ro
.... • besoin energétique hebdomadaire
~ 100,0% ----­ total
~
~
~ 80,0%
disponibilité énergetique
60,0% hebdomadaire totale

40,0% Diponibilité energétique


hebdomadaire provenant des
20,0%
cultures maraîchères
0,0% Localité
Bobo-Dioulasso Ouagadougou Ouahigouya

Figure 13 : Contribution des cultures maraîchères au taux de couverture des besoins


énergétiques hebdomadaires des ménages urbains
Source: Données de l'enquête, Janvier 2016

35
Les taux de couverture des besoins énergétiques des ménages sont respectivement de
77 % ; 65,8 % et 83,7 % dans les villes de Bobo-Dioulasso, Ouagadougou et Ouahigouya. Les
cultures maraîchères représentent 4,3 % ; 4 % ; et 6,6 % respectivement dans les villes cie
Bobo-Dioulasso, Ouagadougou et Ouahigouya.

3.1.5.2 Statut alimentaire en termes de diversité


Les ménages urbains enquêtés présentent des rations alimentaires assez diversifiées.
Le score de consommation alimentaire (SCA) à une valeur moyenne de 58,4. Le tableau ci­
dessous nous indique la fréquence et la diversité des groupes d'al iments dans les rations de
ces ménages. Il a ainsi pem1is de déterminer leur score de consommation alimentaire moyen.

Tableau 5 : Score de consommation alimentaire des ménages (SCA)

Nombre de jours de
Groupe d'aliments Pondération consommation au cours des 7 Note (A)*(B).
(A). derniers jours.

Céréales et tubercules 2 6,8 13,6

Fruit (frais et secs) 3 3


Huile· 0.5 7 3,5
Lait 5 2 JO
.Légumqs secs 3 4 12
Légumes frais 5,3 5,3
Sucre 0.5 .6 3
Viande et poisson 4 2 8
Score composite 58,4.

Source: Données de l'enquête, lanvier2016, Inspiré de Ndiaye (2014)

Le tableau ci-dessus rend compte de la fréquence et de la diversification des différents


groupes d'aliments dans les rations des ménages urbains enquêtés. La pondération (A) de
chaque groupe d'aliment représente la côte qui lui est attribuée en fonction de son importance
relative dans la ration des ménages. Le nombre de jours de consommation (B) quant à lui
montre le nombre de jours de consommation de chaque groupe d'aliments au cours de la
semaine. II témoigne aussi de la diversité de la ration au cours de la semaine. L'huile, les
céréales, le sucre, les légumes frais et les légumes secs, se sont avérés êtres les aliments les
plus consommés par ces ménages avec respectivement des fréquences de consommation
hebdomadaires de 7 ; 6,8 ; 6 ; 5,3 et 4. Les fruits (frais et secs), Je lait, la viande et le poisson

36
sont peu consommés avec des fréquences de consommation hebdomadaires de respectives de
3; 2; 2; 2.
~ <

En s'intéressant au groupe alimentaire « légumes» du tableau précédent, leurs


contributions spécifiques à la diversification des rations des ménages sont appréciées à travers
leurs fréquences plus ou moins élevées dans les rations. La figure ci-dessous nous montre
l'évolution de ces fréquences dans les trois villes concernées par l'étude.

c 100,0%
0
.;:;
ra 90,0%
...
~ 80,0%
\Il
c
ra 70,0%
-0
\Il
c 60,0%
0
';:; 50,0%
~
:l
u 40,0%
'Q)
0.
\Il 30,0%
\Il
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...
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~

• Bobo-Dioulasso Ouagadougou Ouahigouya spéculations

Figure 14 : Fréquence de consommation des principales cultures maraîchères par les ménages
dans les différentes villes concernées par l'étude
Source: Données de l'enquête, Janvier 2016

La figure ci-dessus nous montre que les légumes occupent une place de choix dans les
rations des ménages, non seulement à travers leur diversité, mais aussi de par leur fréquence.
En effet la tomate, l'oignon, le poivron, et le chou le piment sont les légumes les plus
consommés avec au moins des fréquences de consommation de 8,6 ; 8,5 ; 4,6 ; 3,1 ; et 2,6
jours sur 7 respectivement. Cette figure nous révèle également que les fréquences de
consommation de ces légumes évoluent pratiquement dans le même sens à Bobo-Dioulasso à
Ouagadougou et à Ouahigou ya.

37
3.2 DISCUSSIONS

3.2.1 Revenu maraîcher et revenu total des maraîchers

Revenu maraîcher
Notre étude a montré que le maraîchage est une importante source de devises pour les
maraîchers. Le revenu maraîcher (Rm) représente 94 % de leur revenu total contre 2 % pour
le revenu agricole non maraîcher (Ranm) et 4 % pour le revenu non agricole (Rna). Ces
résultats, sont en conformité avec ceux des travaux de Bognini (2006) dans les villages de
Réo et de Goundi qui laissaient voir que les cultures maraîchères rapportaient l'essentiel des
revenus parmi les diverses activités menées par les ménages dans ces localités. De plus, en
considérant les comptes d'exploitation des maraîchers enquêtés, les valeurs des marges
bénéficiaires moyennes annuelles par maraîcher sont de 1.143.820, 887.141, et 1.906.540 F
CFA respectivement pour les villes de Bobo Dioulasso, Ouagadougou et Ouahigouya. Cela
laisse voir dans le maraîchage une activité nettement rentable (figure 5).

Toutefois il est important de signaler que ces valeurs cachent des disparités entre les
revenus des maraîchers. A Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou, les maraîchers ruraux ont des
marges bénéficiaires plus conséquentes que ceux des milieux urbains et péri-urbains comme
l'indique la figure 4. Cela pourrait s'expliquer par le fait que les superficies exploitées sont
plus grandes en milieu rural qu'en milieu urbain et péri urbain. Par contre à Ouahigouya, les
maraîchers urbains et péri urbains, présentent les meilleures marges bénéficiaires. Deux
raisons essentielles pourraient expliquer cela: d'abord la région présente une faible
pluviosité. Par conséquent, les retenues naturelles d'eau tarissent de manière très précoce. De
plus, la majeure partie des importantes retenues d'eau se trouvent dans la ville et dans ses
alentours. La disponibilité du marché pour les maraîchers urbains et péri urbains pourrait
également expliquer cet état des faits.

En outre, le revenu maraîcher présente une irrégularité dans le temps et aussi une
grande variabilité comme le montre la différence entre les marges bénéficiaires maxima et
minima (figure 4). Cela affecte considérablement la situation alimentaire des maraîchers.
Plusieurs raisons expliquent cet état des faits. Les cultures maraîchères présentent une grande
sensibilité aux attaques parasitaires. De plus, durant toutes les phases de leur cycle de
développement, la majeure partie des spéculations occasionnent des dépenses (liées aux
traitements) et pas de recettes. Ainsi, les recettes sont dispersées dans le temps et sont
intercalées par de fréquentes dépenses d'exploitation. Tout cela exige du maraîcher une bonne

38
gestion financière. Pour y remédier, il procède à la diversification des spéculations, mais aussi
il garde constamment dans sa parcelle des spéculations à cycle court comme la laitue (qui,
malheureusement ne sont pas financièrement très rentables) afin de garantir une certaine
stabilité dans les recettes. Cette situation est également compensée par la nature de certaines
spéculations comme le poivron vert, l'aubergine local et la tomate, qui à travers leurs
fructifications consécutives, permettent au maraîcher d'avoir des récoltes multiples et
rapprochées dans le temps. Pour garantir un certain niveau de revenu, Il arrive également que
les maraîchers fassent recourt à des méthodes qui peuvent avoir des incidences négatives sur
la santé des consommateurs. Certain utilisent des herbicide et d'autres produits de traitement
phytosanitaires destinés à être utilisé sur les céréales, dans leurs périmètres maraîchers. Cela
leurs permettrait de minimiser les coûts de production car pemlet de réduire le nombre de
traitements. Toutefois, les céréales étant des cultures à cycle relativement plus long que la
majeure partie des cultures maraîchères, les légumes arrivent à maturité, alors que la
rémanence du produit n'est pas totalement finie. Cela pourrait avoir des conséquences sur la
santé des consommateurs. En somme le choix des spéculations au niveau des maraîchers est
une stratégie de sécurisation économique, et dans une plus grande mesure, de sécurisation
alimentaire.

Revenu agricole non maraîcher


Notre étude nous a révélé que les revenus agricoles non maraîchers représentent une
faible proportion du revenu total des maraîchers (2 %). Ils sont issus de la vente des cultures
pluviales et des produits du petit élevage des maraîchers. Ces résultats sont en contradiction
avec ceux de Thombiano (2008), qui affimlaient que les cultures maraîchères contribuaient à
seulement 36 % à la formation du revenu des ménages agricoles contre 64 olt) pour les cultures
pluviales. Plusieurs facteurs pourraient expliquer cela. D'abord les maraîchers enquêtés au
cours de cette étude sont issus du milieu rural, mais aussi des milieux urbains ct péri urbains.
De plus, parmi les maraîchers enquêtés il y a certains qui se sont consacrés au maraîchage et
dont les revenus proviennent essentiellement de cette activité. Ceux qui, en plus du
maraîchage, pratiquent les cultures pluviales ne s'intéressent pas aux cultures de rentes
comme le coton, le sésame et l'arachide. Leurs cultures pluviales se composent
essentiellement de maïs, de sorgho et souvent de riz, destinés à la consommation familiale.

39
Revenu non agricole
Notre étude a également montré que les revenus non agricoles représentent 4 % du
revenu total des maraîchers. Ils pourraient essentiellement provenir des petits travaux (petits

commerces, maçonnerie etc.) auxquels s'adonnent les maraîchers après les tarissements de
sources d'eau pendant la canicule. Les transferts représentent aussi une partie importante de
ce revenu. Ils sont surtout conséquents en milieu rural. Cela s'expliquerait par le fait que les
proches de certains maraîchers ayant migré vers les centres urbains leurs offrent quelques
devises. Ces transferts sont souvent en natures ou encore en espèces. Les revenus non
agricoles sont plus importants à Ouagadougou qu'à Bobo-Dioulasso et Ouahigouya. Cela

pourrait s'expliquer par le tarissement précoce des retenues d'eau et la densité des maraîchers
sur les sites maraîchers à Ouagadougou, entrainant une insuffisance précoce des eaux. Les

maraîchers sont ainsi obligés de se tourner vers d'autres activités génératrices de revenus.

3.2.2 Revenu maraîcher et acquisition des denrées alimentaires


En s'intéressant à l'utilisation faite du revenu maraîcher, notre étude montre que dans

l'ensemble, le revenu maraîcher contribue à hauteur de 30,6 olt) à l'achat de denrées


alimentaires, et de 12,1 % au financement des activités de cultures pluviales soit à 42,7 0;;) à l'

acquisition de denrées alimentaires (figure 10). Cela corrobore les résultats de Thombiano
(2008) qui avait trouvé que les revenus tirés du maraîchage favorisaient une amélioration de
la situation alimentaire des ménages. En outre, l'analyse de l'utilisation faite du revenu

maraîcher nous a révélé d'autres usages tels que la scolarisation des enfants, l'accès aux soins

médicaux, les remboursements de crédit etc. Cela est en conformité avec les résultats de
Thombiano (2008) selon lesquels les cultures maraîchères permettent une amélioration du
niveau de vie des ménages. D'ailleurs, Egg et Gabas (1998), affimlaient que la sécurité

alimentaire d'un ménage ne peut être considérée comme un besoin fondamental ct être traitée
indépendamment des autres objectifs du ménage, et qu'il était donc important d'étudier la
sécurité alimentaire dans un contexte plus large de sécurisation du ménage. Dans cet ordre

d'idée, nous pouvons donc aller plus loin en affirnlant que les cultures maraîchères

contribuent à la sécurité alimentaire, mieux, à la sécurisation des ménages maraîchers, en


contribuant à l'acquisition de denrées alimentaires et à la satisfaction des autres besoins des
ménages comme le montre la figure 10.

40
3.2.3 Accessibilité des ménages urbains aux cultures maraîchères
La figure 12 traduisant l'accessibilité des ménages urbains aux spéculations
maraîchères nous montre une faible accessibilité aux principales spéculations maraîchères au
cours des différentes périodes de l'année. Cela appuie l'assertion de la Politique nationale de
sécurité alimentaire et Nutritionnelle (PNSAN) (2013) suivant laquelle l'insécurité
alimentaire au Burkina Faso est beaucoup plus liée aux difficultés d'accès à la noulTiture qu'à
la disponibilité des aliments. Une étude menée par la FAO a d'ailleurs révélé que l'offre
alimentaire lors de l'année 2014 représentait 125 % des besoins de la population (FAO,
2015). Ces résultats sont en conformité également avec ceux de Brautin et al. (2005) qui ont
montré qu'au Sénégal, certaines spéculations étaient inaccessibles à certaines périodes de
l'année en raison de la hausse des prix. Cette faible accessibilité aux spéculations maraîchères
pourrait s'expliquer par le niveau des revenus des ménages, mais aussi par la grande
variabilité des prix des spéculations maraîchères. A ce sujet, Van caloen ct Dagncau De
Richecour (2015), ont souligné que la pauvreté est un des facteurs qui expliquent cet accès
difficile à la nourriture au Burkina Faso. La déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire
mondiale mentionnait également que la pauvreté était une cause majeure de l'insécurité
alimentaire (FAO, 1996). Face à cette accessibilité très peu satisfaisante, les ménages urbains
font recours à plusieurs stratégies pour l'acquisition des denrées maraîchères. Ils agissent
souvent sur les quantités demandées par exemple. Ainsi, l'inaccessibilité totale caractérisée
sur la figure 13 par des prix moyens supérieurs aux prix de réserve se traduit dans la pratique,
par une diminution des quantités demandées. Aussi, lorsque les prix deviennent exorbitants,
ces ménages procèdent au remplacement des denrées concernées par des denrées connexes.
Les prix des produits maraîchers ont une incidence majeure sur les rations des ménages en
termes de quantités mais surtout en termes de diversité. Cette situation est bcaucoup plus
perceptible chez les ménages les plus pauvres.

3.2.4 Cultures maraîchères et statut alimentaire des ménages urbains:

3.2.4.1 Statut alimentaire en termes d'énergie calorifique


Une analyse de la valeur énergétique de la ration hebdomadaire des ménages urbains
dans les trois villes de l'étude laisse voir une couverture énergétique insuffisante. Lc taux de
couverture des besoins énergétiques hebdomadaires des ménages est de 77 %, 65,8 % et 83,7
% respectivement dans les villes de Bobo-Dioulasso, Ouagadougou et Ouahigouya. (Figure
13). Ces résultats corroborent ceux de l'enquête nationale sur la sécurité alimentaire réalisée
en 2008 et qui avait révélé que l'insécurité alimentaire touchait dans l'ensemble plus d'un

41
ménage sur trois au Burkina Faso. Les disponibilités énergétiques provenant des denrées
maraîchères représentent 4,3 % ; 4, % et 6,6 % des disponibilités alimentaires totales dans les
villes de Bobo-Dioulasso, Ouagadougou et Ouahigouya respectivement. C'est donc dire que
les cultures maraîchères contribuent faiblement aux disponibilités énergétiques totales des
ménages. Cela confimle également les affirmations de la PNSAN (2013) selon lesquelles le
régime alimentaire des ménages au Burkina Faso était essentiellement composé de céréales,
(67 à 70 % à l'apport calorifique total), de fruits et de légumes pour 1 %, de racines et
tubercules (12 %) et enfin d'oléagineux et autres légumineuses (20 à 17 %). En outre ce faible
niveau de couverture des besoins énergétiques pourrait s'expliquer par le fait qu'il a été
estimé sur la base des repas familiaux. Ainsi, plus les repas hors ménages sont importants plus
la valeur de ce taux baissera. Cela pourrait expliquer pourquoi nous avons un taux de
couverture de 65 % des besoins énergétiques dans la ville de Ouagadougou qui est un grand
centre urbain et où les repas hors ménage sont considérables dans les rations des membres des
ménages.

3.2.4.2 Statut alimentaire en termes de diversité


Cette étude a révélé un niveau de diversification assez satisfaisant de la ration des
ménages enquêtés. Les fréquences des différents groupes d'aliments y sont représentées
comme l'indique le tableau 6. Les ménages enquêtés présentent un score de consommation
alimentaire d'une valeur moyenne de 58,4. Selon Ndiaye en 2014, les valeurs du SCA
supérieures à 42 sont dites acceptables et sont caractéristiques d'une alimentation qui peut être
considérée comme adéquate. Ainsi nous pouvons dire qu'en moyenne, ces ménages
présentent une alimentation adéquate en termes de fréquence et de diversité des principaux
groupes d'aliments. Ces résultats sont en contradiction avec ceux du PNSAN, en 2013 qui
estimaient que dans l'ensemble, 50,5 % des ménages avaient un régime peu diversilié et ce.
surtout en milieu rural qu'en milieu urbain. Cela pourrait s'expliquer par le fait que les
ménages retenus pour l'analyse des rations, sont des ménages urbains. En outre, les légumes
(frais et secs) contribuent fortement à la diversification des rations des ménages urbains. Cette
contribution peut être perçue à travers leurs fréquences élevées et leurs natures variées dans
les rations comme le montre la figure 14. Cela consolide l'assertion de Bognini en 2010 selon
laquelle les cultures maraîchères permettent d'améliorer le régime alimentaire des ménages.
Les spéculations les plus fréquentes sont l'oignon, la tomate avec des fréquences supérieures
à 85 %, le chou, le poivron, l'aubergine locale qui possèdent des fréquences supérieures à 20
% (figure 14).

42
CONCLUSION-RECOMMANDATIONS
La sécurité alimentaire est un concept multi dimensionnel qui se caractérise par la
disponibilité, l'accès, la stabilité et l'utilisation effective des aliments. L'accès à une
alimentation adéquate est pour tout individu un droit fondamental reconnu par la déclaration
universelle des droits de l'homme. Pays sahélien et essentiellement agricole, le défi d'assurer
une sécurité alimentaire et nutritionnelle durable de sa population a toujours été au centre des
préoccupations du Burkina Faso. Cette volonté s'est traduite par des actions comme la mise
en place de la politique nationale de sécurité alimentaire, le programme national du secteur
rural etc. Les disponibilités alimentaires du pays proviennent de la production intérieure et des
importations. La production nationale est constituée de cultures pluviales et de cultures de
saison sèche. Les cultures pluviales sont constituées de céréales et de cultures de rentes
comme le coton et le sésame tandis que la principale activité de contre-saison est le
maraîchage.

Au cours de notre étude, il était question d'une part, d'identil"icr et analyser la


contribution des rentes monétaires issues de cette activité au statut alimentaire des maraîchers.
D'autre part il était également question d'analyser l'accès des ménages urbains aux cultures
maraîchères ainsi que leur effet induits sur le statut alimentaire de ces ménages en temles
d'énergie calorifique et de diversité. Au terme de notre étude, il ressort que le maraîchage
contribue pour 94 % au revenu total des maraîchers contre 4 % pour le revenu non agricoles et
2 % pour le revenu agricole non maraîcher. Notre première hypothèse est donc vérifiée. De
plus, le maraîchage s'illustre comme une activité économiquement rentable. Les marges
bénéficiaires moyennes annuelles sont respectivement de 1.143.820 F CFA, 887.141 F CFA,
et 1.906.540 F CFA pour les villes de Bobo Dioulasso, Ouagadougou et Ouahigouya. Par
ailleurs, l'irrégularité des revenus maraîchers et leur variabilité font du maraîchage une
activité financièrement rentable mais souvent très risquée.

De l'analyse de l'usage fàit du revenu maraîcher, il ressort qu'environ 30,6 % de ce


revenu intervient dans l'achat de denrées alimentaires et 12,1 % au financement des activités
de cultures pluviales. Le reste est dédié à la satisfaction des autres besoins du ménage. Notre
seconde hypothèse est aussi vérifiée. En plus de sa contribution à la sécurité alimentaire du
ménage, les cultures maraîchères contribuent à la sécurisation du ménage qui est une échelle
supérieure et qui passe par la sécurité alimentaire du ménage et aussi par la satisfaction de ses
autres besoins fondamentaux.

43
Nos analyses nous ont également révélé que les ménages urbains avaient accès aux
cultures maraîchères et qu'elles amélioraient leur ration en tern1es énergie et de diversité. Cela
vérifie notre troisième hypothèse. Les ménages urbains présentent dans l'ensemble une
accessibilité moyenne aux cultures maraîchères au cours de l'année. Cette accessibilité varie
en fonction de la période et aussi du revenu du ménage. Sur la base de leurs rations familiales,

les ménages urbains ne couvrent pas leurs besoins énergétiques. Les disponibilités
énergétiques représentent respectivement 77 % ; 65,8 % et 83,7 % des besoins énergétiques

dans les villes de Bobo-Dioulasso, Ouagadougou et Ouahigouya. Les disponibilités


énergétiques provenant des cultures maraîchères, elles, représentent 4,3 Olt) ; 4 % et 6,6 % des
disponibilités alimentaires totales dans les villes de Bobo-Dioulasso, Ouagadougou et

Ouahigouya respectivement. En outre, les ménages urbains présentent des rations diversifiées.

Le score de consommation alimentaire moyenne dans l'ensemble de l'étude est de 58,4. Les
fréquences élevées de certaines cultures maraîchères comme l'oignon et la tomate (plus de 85

%), le chou, le poivron, l'aubergine locale (plus de 20 %) dans les rations témoignent de leur
contribution à l'amélioration du statut alimentaire des ménages urbains à travers la

diversification des rations.

L'analyse de l'accès des ménages urbains aux cultures maraîchères et de leurs effets
sur les rations de ces derniers, nous a pernlis d'avoir une vision plus large de l'activité du

maraîchage. Elle nous a rappelé que le consommateur et le producteur sont deux agents

économiques qui recherchent deux objectifs différents, voire opposés. Les consommateurs

urbains recherchent la maximisation de leur utilité et désirent de grandes quantités à de vils

prix. Quant aux maraîchers ils recherchent la maximisation de leurs profits, en offrant de
petites quantités à de grands prix, si bien que dans le choix des moyens utilisés pour y
parvenir, certains finissent par oublier que leurs spéculations sont destinées à la

consommation humaine et le plus souvent crue. Au regard de cette situation, pour un équilibre

harmonieux entre ces deux agents économiques nous recommandons ce qui suit:

à l'Etat:
d'œuvrer au désenclavement des zones de production afin de faciliter
l'écoulem'ent des produits au niveau des maraîchers, et l'accès des ménages
urbains aux différents légumes,
de promouvoir la consommation à grande échelle des cultures maraîchères en
encourageant et en accompagnant la consommation quotidienne de ces cultures

44
dans les institutions publiques, telles que les hôpitaux, les cantines scolaires, les
écoles de formation professionnelle, les casernes etc.,
d'harmoniser la vente des pesticides et engrais chimiques utilisés dans les
productions maraîchères afin de garantir leur qualité mais aussi leur conformité:
aux maraîchers :
d'éviter l'usage de pesticides déconseillés dans le cadre du maraîchage pour le
traitement des cultures,
de n'acheter les pesticides que dans les boutiques spécialisées afin de garantir
leur efficacité et réduire les pertes de récoltes.
aux consommateurs,
de respecter les règles d'hygiène en ce qui concerne les cultures maraîchères
surtout celles qui sont destinées à être consommées crues.
Comme perspective il serait intéressant de reconduire cette étude dans un cadre plus
approfondi, en y intégrant le concept de la durabilité. Cela pern1ettra d'analyser la
contribution des cultures maraîchères à la sécurité alimentaire au Burkina Faso qui prendra en
compte non seulement les besoins alimentaires des générations actuelles, mais également
ceux des générations futures : tout ceci, dans un cadre d'équité générationnelle, et
intergénérationnelle.

45
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Centre international d'études supérieures en sciences agronomiques, école doctorale
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50
ANNEXES

ANNEXE 1: COMPTE D'EXPLOITATION PAR LOCALITE

Localité

Rubriques Bobo-
Ouagadougou Ouahigouya
Dioulasso
Coûts fixes (location de la terre)
0 28667 11167
amortissement
43615 36668 26143
Main d'œuvre
Coûts variables 410867 183230 112000
Consommations
491962 476701 221617
intermédiaires
Recettes minima
1721762 1278943 1772167
Recettes maxima
2949767 1921537 3227475
Marges bénéficiaires minima
786318 565845 1005435
Marges bénéficiaires maxima 2695027
2014323 1208438
Marges bénéficiaires moyennes
1400320 887141 1967373

Source: données de l'enquête, janvier 2016


ANNEXE Il : MASSES DE QUELQUES LEGUMES AU NIVEAU DES MENAGES

Amarante Aubergine local Aubergine importé

Concombre Tomate Poivron

Oseille Oignon Laitue

Haricot vert Chou Carotte

Source: auteur

Il
ANNEXE Ill: BESOIN ENERGETIQUE PAR AGE ET PAR SEXE AU BURKINA FASO

Groupe d'âge Besoins énergétiques (Kcal)

0-1 an 1120
1-3 ans 1190
Enfants 4-6 ans 1560
7-9 ans 1920
10-12 ans 2290
13-15 ans 2840
16-19 ans 3170
20-29 ans 2760
30-39 ans 2670
Hommes 40-49 ans 2590
50-59 ans 2380
60-69 ans 2180
70 ans et plus 1900
13-15 ans 2380
16-19 ans 2090
20-29 ans 2010
30-39 ans 1950
40-49 ans 1890
Femmes 50-59 ans 1740
60-69 ans 1590
70 ans et plus 1390
Ajouté: 300 Kcal pour les femmes enceintes et 600 Kcal pour les
femmes al1aitantes

SOURCE: MAHRH/ Direction de la nutrition, cité par THIOMBIANO, 2008

III
ANNEXE LV: VALEURS ENERGETIQUES (POUR 100g DE PARTIE COMMESTLBLE)
DES AliMENTS

groupes d'aliments Aliments énergies (kcal)

Maïs, jaune, farine 340


Maïs, blanc, farine 345
Eleusine cultivée, grain entier 315
Eleusine cultivée, farine 320
Mil chandelles, grain entier 340
Céréales et graines
Mil chandelle, farine 335
Riz, légèrement usiné, étuvé 335
Riz, usiné, poli 335
Sorgho, grain entier 345
Sorgho, farine 335
Blé, grain entier, étuvé 330
Blé, farine 340

Arbre à pain, fruit, pulpe crue 99

Manioc, amer, frais 140


Manioc, farine 320
Racines, tubercules,
Banane plantain, mûre, crue 130
et fruits amylacés
Pomme de terre, crue 75
Patate douce, jaune, crue 110
Patate douce, jaune, pâle, crue 110
Taro et igname, crus 94
Igname, fraîche 110
Igname, farine 310
Haricot, sec 320
Pois chiche, grain entier, sec, cru 325
Dolique, grain sec 320
Légumes secs et Dolique, grain frais, cru 39
légumineuses
Lentille, sèche 325
Pois cajan, sec 310
Soja, sec 405
Pois bambara, frais 345
Noix de cajou, sèche 560
Noix de coco, mûre, fraîche 390

IV
Arachide, sèche 570
Melon, graine 595
Noix et graines
Courge, graine 575
Tournesol, graine 590
Amarante, feuille crue 45
Amarante, feuille cuite 39
Baobab, feuille crue 67
Haricot, pousse crue 130
Carotte, crue 35
Manioc, feuille crue 90
Chou-fleur, cru 25
Dolique, feuille fraîche, crue 45
Dolique, feuille sèche, crue 270
Aubergine, crue 30
Légumes et dérivés Champignon, frais 29
Gombo, fruit frais 35
Gombo, feuille crue 58
Poivron doux, vert, cru 44
Poivron doux, rouge, cru 44
Poivron, feuille crue 73
Courge, crue 23
Courge, feuille crue 25
Patate douce, feuille crue 49
Taro, feuille crue 31
Tomate, crue 22
Avocat, cru 120
Baobab, fruit mûr, cru 280
Banane, mûre, crue 82
Orange et tangerine, crues 44
Pamplemousse et pomélo, crus 34
Citron et lime, crus 40
Fruits Datte, sèche 295
Goyave, crue 46
Mangue, mûre, crue 60
Mangue, verte,crue 55
Papaye, crue 30
Ananas, frais 48

v
Tamarin, séché 220
Pastèque 22
Boissons non alcoolisées, commerciales 45
Canne à sucre 54
Sucres et sirops
Sucre 375
Bœuf, moyennement gras 235
Œufde poule 140
Chèvre, moyennement grasse 170
Viande, volaille et Coeur, bœuf 105
œufs
Rognon, bœuf 115
Foie, bœuf 135
Mouton, moyennement gras 255
Porc, moyennement gras 410
Poulet 140
Poisson, filet 115
Poisson et produits
Poisson, séché 255
dérivés
Poisson, petit séché 320
Lait de vache, entier 79
Lait de vache, en poudre, entier 465
Lait et laitages
Lait de vache, en poudre, écrémé, enrichi en vitamine A 355
Lait de chèvre 84
Beurre de lait de vache 700
Huile de noix de coco 900
Huile de foie de morue 900
Ghee, beurre clarifié 885
Saindoux/graisse animale 890
Huiles et graisses
Huile de palme, rouge, fraîche 890
Huile de palme, rouge, rance 890
Huile de légume 900
Huile de tournesol 900
Bière, locale 25
Chenille, séchée 390
Autres
Lait de coco 21
Termite, fraîche 340
Levure de bière, sèche 52
Source: FAO, 2002 : « division de la nutrition: Agriculture, alimentation et nutrition
en Afrique », ISBN: 9252038205
VI
...
• ANNEXE V : FICHE D'ENQUÊTE DES MARAÎCHERS

Nom de l'enquêteur. .
Nom du site .
Département/Commune: .
N° de Fiche .

Identification du producteur
• Nom et prénom: .
• Numéro de téléphone _
• Sexe: Masculin 1 1 féminin 21 - - - - -
• Age, _
• Ethnie .
• Zone d'exploitation: Urbain 11 péri urbain 21 rura13 1 _
• Situation matrimoniale: Marié 1 1 célibataire 2 1 veuf 31 divorcé/4- - - - -
• Niveau d'instruction Aucun 11 coraniquelmedersa 21 alphabétisé 31 primaire 41 secondaire 51 supérieur 6/ _
• Statut social Migrant 11 autochtone 2 1 _
• Activité principale Maraîchage l 1 autres activités agricoles 2 1 Elevage 3 1 Commerce 4 1Artisanat 5 IPêche 6 1Autres 7 à préciser. ) __
• Activité secondaire Maraîchage 1 1 autres activités agricoles 21 Elevage 31 Commerce 4/Artisanat 51Pêche 6/Autres 7(à préciser. ) 1_ _
• Etes-vous chef de ménage? 1=Oui 2=Non

Caractéristiques Générales de l'exploitation


• Depuis combien d'années pratiquez-vous le maraîchage? .
VII
~• • Quel est votre objectif dans la production maraîchère? 1=Consommation exclusive /, 2=Vente exclusive/, 3=Consommation et vente .
• Quelle est la superficie totale dont vous disposez pour vos activités de maraîchage? .
• Cette superficie cultivée est-elle suffisante pour vous? 1 oui, /2 non .
• Quelle est votre source d'eau? l=puits, 2=barrage, 3=cours d'eau naturel, 4=forage, 5=canal d'assainissement, 6=autre .
• Quelle est la distance qui vous sépare de cette source? : .
• Quelle est votre mode d'irrigation? : 1= arrosage, 2= gravitation, 3= aspersion, 4= goute à goute .
• Comment avez-vous obtenu votre parcelle? : l=héritage, 2=achat, 3=location, 4=don 5 emprunt, 6= autre .
• Si la parcelle a été louée donnez le prix de la location annuelle .
• Quelle distance y-a-t-il entre la parcelle et la route principale? .
• Quelle distance y-a-t-il entre la parcelle et le lieu d'habitation? .
• Quelle distance y-a-t-il entre la parcelle et le marché local? .
• Quelle distance y-a-t-il entre la parcelle et la principale ville la plus proche? .
• Quelle est cette ville ? .

La production
Les dépenses d'exploitation et recette
• Payez-vous une redevance eau? : 1 Oui, 2 Non .
• Si oui, quel est le coût annuel ? F CFA

• Où stockez-vous-Ies récoltes? : 1= maison, 2 = magasin 3= silo, 4= bord-champs, 5=air libre 6 autre à préciser
• À combien estimez-vous les coûts de stockage de vos spéculations dans l'année? .
• À combien estimez-vous le coût de transport de vos spéculations dans l'année? .
La main d'œuvre

VJJJ
~• Prépara
tion des
Lab
our
transp
ort
Appli
cation
Semis/
Repiqu
Applica
tion
Appl
icati
Sarc
lage
Déshe
rbage
Déshe
rbage
traite
ment
Récolt
e
arrosag
e
Autre

Opérations (code 1) parcelle récolt fumie age NPK; on / manu chimi insecti
s e/intra r urée bina elle que cide
nt ge
Main Effectif H
d'œuvre F
salariée E
Coût
Main Effectif H
d'œuvre F
familial E
e
Coût

Quel matériel utilisez-vous dans votre exploitation?

Matériels Nombre Mode d'acquisition Prix unitaire Durée de Frais généraux Opérations culturales Type de propriété
agricoles (Code 1) vie (carburant et dans lesguelles le (1 =individuel,
maintenance) matériel est utilisé 2=collectif)
(Code 2)
Motopompe
Pompe
manuelle
Pompe à
pédale
Arrosoir
Puisette
Charrue
Charrette
Brouette

IX
~• Daba
Binette
Grillage
coupe-coupe
Pioche
Pulvérisateur/
Animaux de
trait
Autre matériel
( ...............
(Code 1) l=héritage, 2=achat, 3.=location, 4=prêt/cession temporaire, 5=don, 6=autre......... )
(Code 2 ; opération): 1=préparation de parcelles, 2= exhaure, 3=Labour, 4=transport récolte/intrants, 5=Application fumier / compost; 6=Semis/Repiquage;
7=Application NPK, 8=Application urée; 9= Sarclage / binage; lO=Désherbage manuelle; Il = Désherbage chimique; 12= traitement insecticide; 13= Récolte;
14= Autre (.......... )

Les intrants agricoles et les recettes


spéculations Période de Intrants Superficie Quantité Quantité UML Poids Prix bord- recette
production produite Vendue UML champ de
l'UML

Evolution des prix au cours de l'année (et offre des producteurs)

spéculations-
Période (code unité de mesure poids de Situation de vente (code
disponibles (code Quantité prix de l'UML Prix minimum
1) locale (code 3) l'UML 4)
2)
.
x
...

Code 1 : (mois) : 1 =janvier-mars, 2=avril-juin, 3juillet-septembre, 4=octobre-décembre
Code 1 (spéculations) :1 =oignon 2=tomate, 3=choux, 4=pomme de terre, 5=haricot vert 6=aubergine, 7=piment, 8=laitue, 9=pastèque; 10 =poivron,
Il =concombre, 12= gombo; 13 courgette; 14 =carotte ; 15=autre
autre ....................................................................................................................................................................................
Code 3(UML) : 1= sac de 100kg, 2= sac de 50kg, 3= tine, 4=panier, 5=tas 6= charrette, 6=tricycle, 7=voiture(Peugeot)
autres ......................................................................................
(Code 4) : 1= vente, 2= inévente

Etes-vous en mesure de faire des épargnes? 1=Oui, 2 =Non .


Si oui d'environ combien ? .
Quelle utilisation faite vous du revenu maraîcher?

achat de achat d'autres scolarisation des SOlOS remboursement financement des évènements autres
céréales denrées enfants médicaux de dettes activités agricoles SOCIaux
modalité

somme

Commercialisation des produits maraîchers


• Où vendez-vous vos récoltes? : 1 =bord champs, 2= marché local, 3= marché de la ville: 3= marché à terme, 4= pays voisins, 5= autre .
• Quelles sont les 5 spéculations les plus prisées sur le marché: 1=oignon, 2=tomate, 3=choux, 4=pomme de terre, 5=haricot vert 6=aubergine, 7=piment, 8=laitue,
9=pastèque; 10 =poivron, II=concombre, 12= autres ..
• Qui sont vos clients? 1= grossistes nationaux, 2= grossistes des pays voisins, 3=détaillants, 4= consommateurs 5=autres à préciser...
• Avez-vous des intermédiaires dans le cadre de la vente de vos produits: 1= oui 2 =non
XI

.., • Quels sont vos modalités de vente 1= seulement au comptant, seulement à crédit, 3 =au comptant et à crédit 4= autres ...

Le revenu non maraîcher


• En dehors du maraichage, quelles autres activités génératrices de revenu avez-vous:
Activité (code 1) Dépenses liés à l'activité Recettes liées à l'activité

(Code 1) l=autres activités agricoles; 2 = Elevage, 3=Commerce, 4 =Artisanat, 5 =Pêche, 6 = Autres (à préciser) ...........................................................................

Produits maraîchers et alimentation des ménages maraîchers


• Consommez-vous votre production? : 1= oui, 2= non
• Si oui quelle est la fréquence de votre production dans votre alimentation au cours de la semaine? : 1,2,3,4,5,5,6,7/ .
• Quelle est la spéculation que vous consommez le plus?: 1 =oignon 2=tomate, 3=choux, 4=pomme de terr6, 5=haricot vert 6=aubergine, 7=piment,
8=laitue, 9=pastèque; 10 =poivron, 11 =concombre, 12= autre à préciser .
• Sous quelles fonnes consommez-vous vos produits? : 1= sec, 2= frais .
• Combien dépensez- vous pour l'acquisition de céréales dans l'année? : .
• Avez-vous connu des périodes de pénurie alimentaire au cours de cette année? : 1= oui, 2= non
• Si oui quels mois: 1 =Janvier-Mars, 2=avril-juin, 3=juillet-septembre, 4=octobre-décembre .
• Faites-vous de la céréaliculture? : 1 =oui, 2 = non; si oui, quelles sont les spéculations que vous avez produit, 1'hivernage précèdent?
spéculations Quantités (sac de 100kg) produites Quantités consommées Quantités vendues Prix de vente

SOURCE: auteur

XTT
~• ANNEXE VI: FICHE D'ENQUÊTE DES MENAGES URBAINS

Nom de l'enquêteur. ..
Secteur. 00- 00 00 00 ..

Département/Commune: ..
N° de Fiche .
Identification de l'enquêté.
• Nom et prénom: .
• Sexe: Masculin 1 / féminin 2 / - - - - -
• Age _
• Etes-vous chef de ménage? : 1=Oui 2=Non
• Ethnie .
• Zone d'habitation : Urbain 1 / péri urbain 2 / rural 3 / _
• Situation matrimoniale: Marié 1 / célibataire 2 / veuf 3/ divorcé/ 4- - - - -
• Niveau d'instruction: Aucun 1 / coranique/medersa 2 / alphabétisé 3/ primaire 4 / secondaire 5/ supérieur 6/ _
• Statut social allogène 1/ autochtone 2 / _
• Activité principale: employé de l'Etat 1 / employé du secteur privé 2/ Commerce 3/ Maraîchage 4/ agriculture 5 / Elevage 6 /Artisanat 7/ Pêche 8 /Autres 9
a precIser )
• Activités secondaires: employé de l'Etat 1 / employé du secteur privé 2/ Commerce 3/ Maraîchage 4/ agriculture 5 / Elevage 6 /Artisanat 7/ Pêche 8
/Autres 9 à préciser)._ _·
Caractéristiques générales du ménage
• la composition de votre ménage :

XIII
~•
Tranche d'âge (code 1) O-lan 1-3an 4-6an 7-9an 10-12ans 13-ISans 16-19ans 20-29ans 30-39an 40-49an SO-S9ans 60-69an 70 et plus

Nombre d'hommes
Nombre de femmes
Code: l=(O-lan), 2= ( l-3an) , 3= (4-6an), 4= ( 7-9an), 5 =(10-12ans), 6= (13-l5ans), 7=( l6-l9ans) 8= (20-29ans), 9=( 30-39), 10= (40-49), 11=( 50-59ans),
12=( 60-69), 13=( 70 et plus) .
• intervalle du revenu'familial mensuel: 1= (moins de50.000), 2= (50.000-99.000),3= (100.000-149.000),4=(150.000-199.000), 5=(plus de 200.000)
• A combien de francs pouvez-vous estimer vos dépenses alimentaires mensuelles? .
• A combien pouvez-vous estimer vos dépenses mensuelles en produits maraîchers? .

Consommation du ménage au cours de la dernière semaine

Jours
aliments Lundi mardi mercredi Jeudi vendredi samedi dimanche7

UML Pds Qte UML Pds Qte UML Pds Qte UML Pds Qte UML Pds Qte UML Pds Qte UML Pds Qte

.
Code UML: l=lkg, 2= boit'e de tomate 3=poignée, 3= tas, 4= unité de spéculation, 5= autre ...........................

XIV
~•
Évolution des prix et accessibilité des ménages aux principales spéculations maraîchères au cours de l'année

Période Spécula Unité Poids Prix P.R Prix Prix Lieu Période Spécula Unité Poids Prix P. Prix Prix Lieu
Code 1 tions de du mm max d' Code 1 tions de du R mm max d'ach
code 2 mesure march achat code 1 mesur march at
code 3
. é e code é
2

1
2

3
4
Code 1 périodes: 1 = (janvier-mars), 2= (avril-juin), 3= (juillet-septembre), 4= (octobre-décembre)
Code 2 (spéculations) : =oignon 2=tomate, 3=choux, 4=pomme de terre, 5=haricot vert 6=aubergine, 7=piment, 8=laitue, 9=pastèque; 10 =poivron,
II =concombre, 12= autre:
Code 3 unité de mesure: 1= 1kg, 2= boite de tomate 3=poignée, 3= tas, 4= unité de spéculation, 5=autre :

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