0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
46 vues49 pages

Cours RSSC 2021

Transféré par

ajb852108
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
46 vues49 pages

Cours RSSC 2021

Transféré par

ajb852108
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

République Algérienne Démocratique et Populaire


Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Ecole Nationale Polytechnique
Génie de l’Environnement
THESE DE DOCTORAT D’ETAT
En Génie de l’Environnement

REMEDIATION
DES SITES ET DES SOLS CONTAMINES

Pr J. ARRAR 1

PLAN
POLLUTION DES SITES
MESURE DES POLLUANTS & CARACTERISATION DES SITES
Mesures directes et indirectes de l’état de pollution
Interprétation & Exploitation des données

COMPORTEMENT ET TRANSFERT DES POLLUANTS DANS LE SOUS SOL


Rétention / Relargage
Dégradation

TECHNIQUES DE REHABIBLTATION ET DE SURVEILLANCE


Confinement
Traitements physico-chimiques et Thermiques
Traitements biologiques
Techniques innovantes
Suivi de sites en continu

AVANTAGES, LIMITATIONS ET PERSPECTIVES


2
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 1


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

POLLUTION DES SITES

Déversements accidentels
Rejets non contrôlés
Anciennes pratiques
d’élimination des déchets Fuites de canalisations souterraines
Ruptures d’oléoducs

Diffuse ou Dispersée

Localisée et Concentrée

3
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

POLLUTION DES SITES

Dégradation Problèmes Conséquences

Pertes en récoltes et terres agricoles,


Artificialisation
Pertes des fonctionnalités épuratrices,
Imperméabilisation
Physique Baisse de productivité agricole,
Compaction
Pollution des cours d'eau,
Erosion
Modification du fonctionnement hydrique

Modification des fonctionnalités du sol et


remobilisation des métaux,
Acidification
Pollutions des eaux de surface et aquifères,
Pollutions *industrielle
Chimique Restriction d'usage des sols,
*agricole
Risques pour la santé humaine,
Salinisation
Toxicité du sol et de ses produits,
Pertes en terres agricoles

Perturbation de l'activité biologique,


Pesticides Perte de biodiversité,
Biologique Perte de matière Aggravation des dégradations chimiques et
organique physiques,
flux de gaz à effet de serre…
4
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 2


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

POLLUTION DES SITES

Source Polluants
Epandage de boues d'épuration
Nitrates, Phosphates, Métaux lourds
urbaines ou industrielles
Utilisation de pesticides, herbicides Molécules plus ou moins persistantes

Métaux lourds, Hydrocarbures, Acides, Solvants,


Industrie Goudrons, Substances radioactives,
Autres molécules plus ou moins persistantes

Retombées de la pollution atmosphérique


Métaux lourds, Dioxines, Acides...
urbaine ou industrielle

Stockage d'hydrocarbures
Hydrocarbures
(de la station-service au dépôt pétrolier)

Métaux lourds, Micro-organismes, Acides,


Décharges Produits chimiques divers ( déchets industriels,...)
Hydrocarbures, Pesticides périmés

5
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

POLLUTION DES SITES

SITES POLLUÉS

Stockages Décharges
Industriels anciens ou
en activité hydrocarbures,… mal gérées

Localisation
Nature (hydrocarbures, métaux lourds,...)
Ancienneté (histoire du site)

6
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 3


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

POLLUTION DES SITES


SOL CONTAMINÉ

Inhalation Ingestion Contact


Dermique
Lavage par les
eaux de pluie Directe Chaine Volatilisation
alimentaire

À court et moyen terme

Eaux Récepteur
souterraines Exposition/Dose Air

Moyen et Long terme


Risques pérenne, réel et/ou potentiel
Santé humaine et/ou Environnement
7
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

GESTION DES SITES

Caractérisation État de pollution du site


d’un site contaminé à un instant donné

Recensement des sites et sols dangereux


Classement en sites ou sols pollués à traiter
Maîtrise de la mesure des polluants
Représentativité des mesures réalisées

 Échantillonnage des sols et des eaux;


 Analyse des polluants au laboratoire et sur site;
 Mesures indirectes de l’état de contamination
(géophysiques, d’air interstitiel et bio-indicateurs);
 Interprétation et Exploitation des données.
8
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 4


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

CRITERES DE CHOIX

Quel objectif atteindre ? Pourquoi dépolluer ?


• Y’a-t-il réel danger ?
• Le remède ne risque-t-il pas d’être pire que le mal ?
• Quelle est la destination du site ?

Quelle zone dépolluer ?


• Dépollution de la source ?
• Dépollution du sol et de la nappe & objectifs à atteindre
– Concentration résiduelle dans l’eau ?
– Concentration résiduelle dans le sol ?

Quelle méthode utiliser ?


• Quelle action ?
• Quelle filière technique ?
• Quelle est la faisabilité technique, économique, sociale du
projet ?
• Quel est le rapport ″qualité/prix″ ?

9
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

GESTION DES SITES

Diagnostic Environnemental

État de pollution Évaluation


Investigation IEM des risques Choix d’une filière
de décontamination

Classification et Surveillance du site

Mise en œuvre
Suivi des travaux
Critères
Techniques (polluants, sol, faisabilité, etc..)
Économiques (coût)
Usage futur du site

10
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 5


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Gestion d'un site pollué

Démarche séquentielle d’investigation


et de traitement d’un site pollué (Lecomte 1998).
11
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Gestion d'un site pollué

Recensement des Sites Pollués et Potentiellement Pollués


• Constat d'une pollution d'un site ancien ou en activité,
ou lors d'un accident ou de découvertes fortuites
• Étude des sites en activité
• Études historiques des sites anciens
sur lesquels une activité aurait pu engendrer une pollution

Étude de Sols ou Diagnostic Initial


• Analyse historique
• Étude de la vulnérabilité de l'environnement à la pollution
• Visite du site
• Quelques investigations de terrains

Étude Simplifiée des Risques (ESR)


ESR = ESR (source de Danger, mode de Transfert, Cible)

Évaluation Détaillée des Risques (EDR)


Approche quantitative des risques
12
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 6


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Diagnostic Environnemental

Polluants
(nature, concentration, origine...)

Métaux Hydrocarbures
Pollutions mixtes Fuel, essence, gasoil
Cuivre, Zinc, Plomb, Lubrifiants & huiles
Cobalt, Nickel, pétrole brut,
Arsenic, Cadmium, Solvants halogénés
Mercure HAP,…
Conditions
géologiques, physico-chimiques du site

Risques
Populations & Écosystème

13
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Diagnostic Environnemental
Eléments constitutifs du schéma conceptuel
(source, vecteur, cible)
Etudes historiques,
Visite des lieux,
Documentaires
enquêtes de terrain
et mémorielles
Caractérisation des milieux
et des populations

Caractérisation des
Identification
voies de transfert
des enjeux à protéger
et d’expositions

Schéma Conceptuel
Etudes de
Diagnostics
vulnérabilité
et études spécifiques
des milieux
14
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 7


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

COMPORTEMENT ET TRANSFERT DES POLLUANTS

Milieu souterrain
Évolution très lente des polluants
Épaisseur de la zone non saturée
Perméabilité du réservoir (interstices ou fissures) ou Pouvoir de filtration
Caractéristiques du polluant

Zone non saturée


Teneur en matière organique et Activité biologique en surface
importantes, comparativement aux autres zones sous-jacentes
 Infiltration sous l'effet de la pesanteur composante essentiellement
verticale; la composante horizontale étant liée à la capillarité et aux
hétérogénéités).
Phénomènes d’adsorption/désorption favorisés par la présence
d'argiles, d’oxydes et hydroxydes, et de matière organique
Phénomènes de dégradation qui retardent le transfert du polluant vers la
nappe.

15
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

COMPORTEMENT ET TRANSFERT DES POLLUANTS

Zone saturée

Vitesse de propagation du polluant dans la zone saturée (frange capillaire et


aquifère) en l’absence d'obstacles dépend :

 Type de polluant, en particulier de sa viscosité, et de sa concentration (phénomène


de diffusion)

 Débit de la nappe et les fluctuations de la surface piézométrique.

 Phase solide immobile (roche réservoir) & Phase liquide mobile (eau). Mouvement de
la phase mobile = f(caractéristiques de la phase solide)

 Dans la frange capillaire, zone de transition entre la zone non saturée et l’aquifère,
les mouvements de l'eau y sont essentiellement verticaux, ascendants sous l'effet de
l'évapotranspiration, ou descendants sous l'effet de l'infiltration de l'eau de pluie

 Dans l’aquifère, l'écoulement est dû à une composante horizontale .

16
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 8


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

POLLUTION DES SOLS

Origine Nature
de la pollution des polluants

DÉGRADATION
NATURELLE LENTE

17
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Techniques de Traitement

Physiques Biologiques Chimiques


Extraction
Evacuation ou Entraînement Biodégradation Oxydation
Solidification Phytoremédiation Immobilisation
Thermique

Biostimulation Bioaugmentation
Coût
Performance
Respect environnemental
Relativement simples

18
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 9


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

REMEDIATION DES SITES

Traitements mis en œuvre

In situ Sur site Hors site

Plus rapides
Plus faciles à contrôler
Large éventail de contaminants et de types de sol
19
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Classification des méthodes

Confinement Ex situ In situ

Confinement
Ouvrages étanches ou pompages en amont des captages pour isoler la pollution
Bonne connaissance de l’hydrologie du site / puits de pompage de protection.
Sur-site ou Hors site  Excavation du sol ou Pompage
Séparateurs granulométriques, Extracteurs, Laveurs à l’eau ou à la vapeur, Incinérateurs,
Désorbeurs thermiques, etc.
In-situ : Attrayants, Moins coûteux, Développement durable.
Traitement (sans excavation du sol ou pompage des eaux souterraines (avec traitement sur site
ou hors site des polluants récupérés)). Applicables pour les sites en activité et ne nécessite ni
matériel lourd pour l’enlèvement, ni de grands espaces pour l’utilisation du matériel de
traitement. Les risques d’expositions aux contaminants sont limités au minimum.
Principe du transport actif et/ou réactif et transfert de matière d’un support solide imprégné
vers une phase mobile.

20
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 10


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Différentes techniques
. de réhabilitation des sols

22
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 11


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Classement des méthodes (Lecomte, 1995)


Technique Ex situ In situ
Mise en décharge étanche, Stabilisation, Confinement et étanchéisation
Méthodes physiques par
Vitrification Stabilisation
piégeage
Mise en tombeau sur site Piège hydraulique
Lavage des sols (tensioactifs, eau Pompage de l’eau
chaude) Pompage/Ecrémage
Méthodes physiques par
Séparation physique Lavage à l’eau chaude
évacuation de la
Extraction Ventilation
pollution
Stripping air/eau des effluents liquides Extraction sous vide
Adsorption sur charbon actif Bullage à l’air ou l’azote
Lavage aux détergents, solvants
Ozonation (HC⇒CO2)
Méthodes Lavage par aspersion avec
Réduction des aromatiques & solvants
chimiques détergents ou soude
chlorés
Déshalogénation des composés chlorés
Incinération (lit fluidisé, four rotatif)
Vitrification (à titre
Méthodes thermiques Désorption thermique
expérimental)
Vitrification
Bioréacteur
Biodégradation
Méthodes biologiques Biodégradation en tas
Ventilation et bullage bioactifs
Compostage, landfarming, biopile
Barrières réactives ou non,
Autres
électroremédiation
23
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Schéma des stratégies générales de traitement

Évaluation de la pollution

Sol, Sédiments ou
Eaux souterraines Déchets

Zone Saturée Zone Vadose

Pompage Confinement Traitement Traitement Traitement


et traitement In situ In situ Ex situ

Traitement des
effluents gazeux

24
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 12


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Critères de sélection des méthodes de dépollution

 Friche industrielle abandonnée ou usine en activité ;


 Aménagement futur ;
 Délais de traitement ;
 Surface, Etat du terrain, Situation géographique ;
 Caractéristiques du sol / Distribution et mobilité de l'eau et
des contaminants:
 Homogénéité et isotropie
 Perméabilité
 Granulométrie
 Masses volumiques
 Humidité
 Teneur en matière humique
 Carbone organique total (COT)
 pH
 Propriétés physico-chimiques des contaminants (coefficient
de partage kOW, température d'ébullition, solubilité dans
l'eau, bioconcentration)
25
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Procédés de traitement in situ


Procédés de traitement in situ

Zone vadose Zone saturée

 Extraction sous vide  Récupération / traitement


 Bioventilation des produits à l’état libre
 Bioaspiration  Pompage et réinjection
 Lessivage  Barbotage
 Traitement thermique  Murs de traitement
 Vitrification  confinement
 Brassage
 Phytoremédiation
 Procédé électrocinétique
 Fracturation
pneumatique/hydraulique
 Atténuation naturelle

Nécessité d’une excellente connaissance du sol selon un maillage très fin.


26
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 13


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Procédés de traitement in situ


EXTRACTION SOUS VIDE & VARIANTES
VENTING
Extraction des polluants volatils par mise en dépression de la zone non
saturée du sol contaminé, suivie de l’aspiration et du traitement des produits
volatils et à un degré moindre les semi-volatils. Au cours de son passage à
travers la zone contaminée, l'air se "charge" en contaminants. Le déplacement
d’équilibre des phases permet de dépolluer les phases solides et gazeuses de la
zone non saturée. Les vapeurs sont récupérées via les points d’extraction puis
traitées en surface.
Utilisation des fluides présents dans le sol ou injectés pour véhiculer la
pollution vers des points de concentration et d’extraction. Il s’adapte
particulièrement aux solvants organiques et aux hydrocarbures aromatiques
(fuels, essences, solvants chlorés,…
Air introduit dans le sol par des puits d’aération horizontaux ou verticaux,
aménagés sur des points stratégiques dans la zone contaminée et en périphérie.
 Extraction sous vide  zone vadose perméable (gravier, sable, limon
grossier)   10-4. Dans le cas contraire, on peut recourir à la fracturation
hydraulique ou l’adjonction de matériaux structurants.
 Taux de dépollution entre 95 et 99% (nature et volatilité des polluants,
géologie du sol, profondeur de la zone contaminée).
27
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Venting
Traitement de l’air

Ventilateur Compresseur

Extraction Injection

Zone non
saturée

Zone peu perméable

Nappe

Extraction sous vide


• Nombre, Espacement et Caractéristiques des points d’injection et des points d’extraction
(profondeur, diamètre, tranchées, puits...);
• Rayon d’action des puits d’extraction suivant la dépression générée par l’extracteur;
•Type et Puissance de l’unité d’extraction;
• Dimensions de l’unité de traitement.
28
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 14


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Procédés de traitement in situ


Variantes
 AIR VACUUM (Soil Vapor Extraction - SVE) : zone vadose mise en dépression via
des puits d’extraction (sans injection d’air). La création de la dépression entraîne les
phases gazeuses.
 BIOVENTING Version légèrement modifiée de l’extraction sous vide (système
d’injection similaire mais de taille inférieure à celui du venting). L’injection d’air lors
du venting, associée à l’injection d’eau oxygénée (1000ppm) et de nutriments pour
enclencher la biodégradation des polluants et augmenter l’efficacité de dépollution de
la zone vadose tout en réduisant les quantités de polluants gazeux à traiter. Débit
injection/aspiration suffisamment faible pour permettre à la flore microbienne de
dégrader les polluants véhiculés par l’air et pour limiter la volatilisation.
Particulièrement efficace pour traiter les hydrocarbures lourds et peu volatils
(kérosène, gasoil et fuels domestiques).
 SLURPING (Extraction double phase): Dépression importante (20kPa) appliquée
dans la zone vadose juste au dessus du toit de la nappe. Le slurping vise
simultanément les produits flottants et la phase dissoute de la nappe et les gaz du sol
en appliquant des puits crépinés pour augmenter la volatilité des composés adsorbés
ou dissous.
Il ne peut s’appliquer qu’à de faibles profondeurs (710m environ) et est adapté aux
COV (fraction paraffinique légère des carburants, organochlorés aliphatiques, BTEX et
essence, gasoil,… en phase pure (LNAPL).
29
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Procédés de traitement in situ

 VENTING PASSIF (passive venting) : le venting est réalisé sans injection d’air et
sans mise en dépression. Le transfert de gaz se fait par différence de pression
(notamment lors des remontées de nappe).

 SPARGING (barbotage): injection de l’air à forte pression dans la zone saturée, en


dessous du toit de la nappe, via des puits d’injection. Les polluants sont transférés de
la phase liquide à la phase gazeuse. Cette dernière migre ensuite vers la zone vadose
sous l’effet de la variation de pression de l’air. Les polluants (COV et COSV, solvants
chlorés et des hydrocarbures pétroliers volatils (essences, fuel, kérosène...) sont
aspirés via des puits ou des drains d’extraction pour être traités en surface.

 BIOSPARGING ou Bioaspiration : allie biodégradation et ventilation. Injection de l’air


dans la nappe en utilisant des puits verticaux ou horizontaux. Les nutriments pour
rééquilibrer les rapports carbone/azote/phosphore sont soit injectés dans la nappe en
amont de la zone à traiter, soit infiltrés directement dans le sol de la zone par
aspersion ou lagunage.

 EXTRACTION SOUS VIDE AVEC INJECTION THERMIQUE (SVE with thermal


enhancement, in situ heating) : de la vapeur ou de l’air chaud est injecté via les puits
d’injection permettant ainsi d’augmenter la volatilisation et l’extraction des
contaminants, notamment les COSV.

30
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 15


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Procédés de traitement in situ

Schéma de principe de l’air vacuum

31
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Procédés de traitement in situ


POMPAGE ET TRAITEMENT
Applicable aux pollutions organiques et minérales, qu’elles soient sous forme libre
ou dissoute (COSV, composés halogénés organiques semi-volatils, PCB, certains
métaux/métalloïdes). en phase dissoute dans la zone saturée et la frange capillaire
dans le cas d’aquifères relativement perméables (sablo-limoneux à graveleux) et
homogènes.
Rabattement (augmentation du gradient hydraulique) en un ou plusieurs points de
la nappe créé. Le pompage, en créant des cônes de rabattement, permet d’améliorer
la récupération des LNAPL en phase libre.
En cas de présence de flottant, il est plus judicieux pour des raisons économiques
de procéder à la récupération du surnageant indépendamment de la phase dissoute.

POMPAGE ET ECREMAGE
Dans le cas de surnageant, le pompage des eaux souterraines génère un cône de
rabattement. Les produits en phase pure suivent le gradient hydraulique, migrent
gravitairement vers le(s) point(s) bas et s’accumulent au centre de ce cône facilitant
ainsi leur récupération en surface.
Le surnageant est pompé à l’aide d’écrémeurs (hydroéjecteurs pneumatiques,
skimmers (ou crépines flottantes) et bandes oléophiles) vers les unités de stockage
en surface.
Les écrémeurs sont positionnés de telle sorte à éviter au maximum la récupération
des eaux souterraines. 32
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 16


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Procédés de traitement in situ


LAVAGE OU LESSIVAGE
Percolation de l’eau additionnée ou non d’agents extractants en amont ou au niveau
de la source de pollution. Le mélange eau/solution de lavage chargé en polluants
est recueilli dans des puits peu profonds ou dans des dispositifs de drainage
souterrains, puis pompés jusqu'à la surface où il est traité.
Infiltration réalisée soit à partir de tranchées, de puits verticaux, de drains
horizontaux, de système d’arrosage ou de mares en surface. L’extraction se fait par
des puits verticaux ou des drains horizontaux positionnés afin de récupérer la
totalité de l’eau de lavage polluée.
Réinjection des eaux de lavage traitées soit: dans l’aquifère, dans les eaux
superficielles, dans les réseaux d’eaux usées ou partiellement réutilisées.
Possibilité de recyclage des agents extractants...

Avantages du Lessivage
 Déplacement permanent des contaminants pendant toute la durée du traitement ;
 Facilité d’application sur les sols perméables ;
 Coûts modérés fonction du fluide de lessivage.

33
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Procédés de traitement in situ


Risques du Lessivage
 Introduction de la toxicité dans le sol ;
 Altération des propriétés physiques, chimiques et biologiques du sol ;
 Transport potentiel du solvant dans la zone non contaminée donc déplacement de la
pollution ;
 Décontamination incomplète à cause de l’hétérogénéité du sol ;
Traitement assez long ;
 Dans le cas de grands volumes contaminés, certaines zones peuvent échapper au
lavage si la zone d’action de celui-ci est trop restreinte.

ELECTROCINETIQUE
Application d’un courant électrique dans le sol ou l’eau souterraine pour concentrer les
métaux lourds, les radioéléments et les composés organiques de la zone
saturée/insaturée, des boues et sédiments près des puits de récupération..
Migration des contaminants via l’électro-osmose (mouvement d’eau de l’anode vers la
cathode), l’électromigration (transport d’ions et de complexes ioniques vers l’électrode
de charge opposée) et l’électrophorèse (transport des contaminants sous forme
adsorbée).
Usage de surfactants ou d’agents complexants
Consommation électrique de l’ordre de 500kWh/m3 pour des électrodes espacées de 1 à
1,5m.
34
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 17


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Procédés de traitement in situ


TRAITEMENTS THERMIQUES
Chauffage du sol par différents moyens (vapeur, air chaud, électrodes) pour:
 La désorption et/ou la volatilisation des contaminants (aliphatiques,
aromatiques et composés chlorés) se volatilisant entre 80 C et 300 C,
 Leur conversion en produits chimiquement inertes.

DÉSORPTION THERMIQUE
Chauffage du sol pour extraire les COV et COSV (solvants chlorés, essences, …),
les PCB, le mercure et récupérer les composés volatilisés via un réseau
d’extraction semblable à celui du venting.
 Procédés à basses températures (<100 C) par injection de vapeur ou d’air chaud
via des points (aiguilles) d’injection verticaux ou horizontaux (drains) d’injection
ou par résistance électrique moyennant des électrodes placées dans les sols de
part et d’autre de la zone à traiter.
La chaleur a pour effet de volatiliser l’eau entraînant l’assèchement des sols et
donc une fracturation. Les écoulements s’en trouvent donc améliorés.
 Procédés à hautes températures (>100 C) par chauffage conductif à haute
fréquence sont utilisés dans la zone vadose mais peuvent aussi s’appliquer au
niveau de la zone saturée. Ces procédés sont efficaces même dans le cas des sols
à faible perméabilité, la conductivité thermique des sols étant peu sensible aux
hétérogénéités des formations géologiques.
35
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 18


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Procédés de traitement in situ


PHYTOREMÉDIATION
Emploi de certaines plantes (dotées d’un attribut génétique leur permettant de
concentrer, de dégrader ou de transformer les contaminants) qui, généralement en
association avec les micro-organismes de la rhizosphère, éliminent, dégradent ou
fixent les contaminants du sol dans leurs racines et/ou leurs feuilles.
Technologie peu coûteuse proposée comme alternative pour traiter un sol contaminé
par des composés organiques ou minéraux.
Applicable pour le traitement de grandes surfaces où la contamination est faible et
superficielle.
Possibilité de traiter la matière végétale pour récupérer, détruire (incinération) ou
concentrer le contaminant.
Conservation des propriétés physico-chimiques et biologiques naturelles du sol traité .
 Plantes accumulatrices à forte production de biomasse :
Brassica juncea (moutarde indienne)
 Plantes hyper accumulatrices () :
Alyssum murale Ni
Pteris vitata (fougère) As
Thlaspi caerulescens
Arabidospis halleri (Arabette de Haller) Cd, Zn
Thlaspi caerulescens (tabouret calaminaire) Cd, Zn, Ni...
Sedum alfredii Zn, Cd
37
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Procédés de traitement in situ

 PHYTOEXTRACTION : Extraction essentiellement les métaux biodisponibles et


leur stockage dans la biomasse de la plante, de préférence dans les parties récoltables
(transfert vers les parties aériennes). Les plantes sont par la suite récoltées et
incinérées. L’avantage du procédé est la réduction du volume de polluants à traiter.
Certaines plantes hyperaccumulatrices ont été mises en évidence.
 PHYTOSTABILISATION : Réduction de la mobilité des polluants essentiellement
métalliques (par absorption, précipitation et maintien physique (confinement) et de
leur migration (biodisponibilité, lessivage, volatilisation …). La stabilisation a lieu
essentiellement dans les racines et dans les zones périphériques des racines. Adaptée
pour la réhabilitation des sites avec des problèmes de réenvols de sols de subsurface
(sols nus, décharges …).
 PHYTOSTIMULATION : Procédé tenant compte des interactions naturelles et
nombreuses entre les plantes et les microorganismes (notamment de certaines
synergies). Stimulation de l’activité de biodégradation des contaminants organiques au
niveau des racines (rhizosphère) ; notamment via l’augmentation de l’infiltration des
eaux et à l’aération lors du développement du système racinaire.

38
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 19


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Procédés de traitement in situ


 PHYTOVOLATILISATION : Certaines plantes adsorbent puis éliminent par
transpiration (volatilisation) certains contaminants inorganiques (Hg, Se …) ou
organiques (TCE…). Les polluants ne restent pas concentrés dans les plantes ; ils sont
dispersés dans l’atmosphère.

Action des plantes dans l’enlèvement des polluants du sol


39
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Procédés de traitement in situ


CONFINEMENT
Rétention des contaminants à l’intérieur d’un périmètre donné pour empêcher leur
dispersion hors de ce dernier. Ce n’est pas réellement un système de traitement mais
une mesure préventive.
Cette méthode constitue l’option de prédilection lorsque le traitement in situ ou
l’excavation se révèlent impraticables ou doivent être écartés du fait de leur coût.
Egalement utilisée lorsqu’il y’a lieu de craindre l’entraînement des contaminants par
ruissellement, l’émanation de substances volatiles en suspension.
Option de dernier recours.

CONFINEMENT HYDRAULIQUE
Rétention des eaux souterraines polluées dans un espace prédéfini ou
réduire le panache de pollution
 de manière active par pompage ;
 de manière passive via de tranchées drainantes.

40
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 20


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Procédés de traitement in situ


POMPAGE
Dans le cas où les eaux souterraines contaminées forment un panache de pollution, le
pompage permet de le contenir ou d’en réduire la taille en bloquant ou en inversant
l'écoulement naturel des eaux souterraines. Il s’agit d’abaisser le niveau de la nappe
jusqu’à ce qu’il soit inférieur à n’importe quel point du panache de pollution, de
manière à provoquer l’écoulement des eaux souterraines vers la station de pompage.
Un rabattement en un ou plusieurs points de la nappe est alors créé (augmentation du
gradient hydraulique).
L’eau pompée est soit traitée puis réinjectée soit réinjectée directement.h

Il faut prendre en considération


 Dimension du panache ou superficie du lieu pollué ;
 Débit des eaux souterraines et sens de l’écoulement ;
 Distance entre le lieu pollué et les puits de pompage des eaux souterraines ;
 Conditions hydrogéologiques ;
 Taux de pompage requis pour contenir le panache ;
 Localisation des puits d’extraction requis aux fins du confinement;
 Niveau et profils prévus de la nappe phréatique à débit de pompage stable ;
 Effets du pompage sur l’environnement et niveaux des eaux de surface
avoisinantes.

41
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Procédés de traitement in situ


TRANCHÉES ET DRAINS
Le creusé de tranchées ou l’installation de drains dans le sous-sol pour intercepter
les eaux souterraines s’écoulant vers un lieu donné ou s’échappant de celui-ci est
préconisée lorsque les eaux souterraines sont peu profondes et en cas d’intervention
d’urgence (propagation rapide de la pollution & menace de l’environnement
récepteur).
Cette option est inefficace si les eaux souterraines s’écoulent verticalement
L’eau s’écoule dans les tranchées ou les drains
sous l’influence de la gravité
ou y est acheminée par pompage
ou redirigée vers une zone de rejet.
Les tranchées ou les drains ont l’avantage de recueillir les eaux de ruissellement.
Leur positionnement en amont du lieu contaminé prévient la pollution des eaux
souterraines non contaminées.

Il faut prendre en considération


 Dimension du panache ou superficie du lieu pollué ;
 Débit des eaux souterraines et Sens de l’écoulement ;
 Conditions hydrogéologiques ;
 Niveau du lieu par rapports aux points de rejet avoisinants ;
 Emplacement des tranchées ou des drains pour obtenir le confinement requis ;
 Nécessité d’un système de pompage et de bassins de stockage ;
 Effets du drainage sur l’environnement (niveaux des eaux de surface avoisinantes).
42
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 21


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Procédés de traitement in situ


CONFINEMENT PHYSIQUE

Il s’agit d’isoler la source de pollution et d’empêcher l’écoulement des eaux


souterraines hors du lieu contaminé moyennant des Murs de boue ou des Rideaux
(par injection de coulis ou de palplanche).
Le site est en général recouvert de façon à éviter le lessivage et est surveillé par des
piézomètres.

Le confinement physique vertical peut être


 Périphérique ou périmétral autour de la source de pollution ;
 En amont de la source de pollution à l’aide d’une paroi imperméable
(déflecteur) pour dévier les eaux souterraines et diminuer les contacts
eaux/polluants ;
 En aval principalement lorsque les conditions du site (encombrement ...) ne
permettent pas de réaliser le confinement en amont

43
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 22


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Procédés de traitement in situ


MURS DE BOUES

Les murs de boue sont érigés en creusant des tranchées autour de la totalité ou d’une
partie du lieu contaminé que l’on remplit par une boue (mélange de bentonite et d’eau
plus parfois des agents cimentaires) qui en durcissant, constitue une paroi
imperméable.
La surface délimitée par les murs de boue est recouverte d’un matériau imperméable
pour empêcher l’infiltration des eaux de pluie.

RIDEAUX PAR INJECTION DE COULIS / RIDEAUX DE PALPLANCHE

Grande similitude entre les rideaux par injection de coulis et les murs de boue.
Les rideaux sont crées par injection de boue (ou de coulis) dans le sol à pression
élevée par des trous de sonde creusés à l’aide d’une foreuse, tandis que les murs de
boue sont obtenus par remplissage de trachées avec de la boue. Le coulis (bentonite,
ciment, silicates, matières ligneuses et produits chimiques organiques est injecté
dans les interstices du sol à des profondeurs considérables.
Il est également possible d’enfoncer des palplanches (plaques d’acier ondulées qui
s’emboitent) dans le sol et créer une cloison étanche autour de la totalité ou d’une
partie du lieu contaminé jusqu’à 20m de profondeur et même plus si l’équipement le
permet

45
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Procédés de traitement in situ


CONFINEMENT
Techniques de confinement vertical (ADEME, 1999)
Principe Technique Matériaux
Paroi en une phase Coulis bentonite/ciment
Béton ou mortier Plastique
Paroi en deux phases
Excavation du sol et mise Coulis bentonite/ciment
en place d’un matériau Paroi sol/bentonite Mélange eau, bentonite, sol
étanche Coulis bentonite/ciment
Paroi composite
avec une géomembrane
Pieux sécants Béton
Déplacement du sol et mise Paroi mince Coulis bentonite/ciment
en place d’un matériau Rideau de
Palplanche (acier)
étanche palplanches
Traitement par
Coulis d’injection
injection
Réduction de la
Mélange in situ Ciment ou coulis
perméabilité in situ
Jet grounding Coulis à base de liants
Congélation Azote liquide ou saumure
Matériaux drainants
Composite ou
Tranchée drainante Géomembrane
rétentrice
Granulats rétenteurs
46
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 23


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Conditions, avantages et inconvénients des méthodes de confinement physiques


Rideaux formés par
Caractéristiques Murs de boue Rideaux de palplanches
injection de coulis
du milieu & Conditions eau, bentonite, sol (acier)
bentonite/ciment/…
20m
Profondeur de la couche (ou plus, si l'équipement
10m Aucune restriction.
étanche spécialisé nécessaire est
disponible)
N'importe quelle situation, N'importe quelle situation,
Dans certaines formations
Hydrogéologie jusqu'à la profondeur jusqu'à la profondeur
géologiques seulement.
maximale. maximale.
Le coulis colmate les Installation impossible dans
Le creusage de tranchées est espaces interstitiels de l'assise rocheuse. Un
Géologie
difficile dans l'assise certains types de sol et support additionnel peut
/ Géomorphologie
rocheuse et certains sols. accroît la résistance des sols être nécessaire dans un sol
lâches. très lâche.
Nécessité d'appliquer
Type Il faut s'assurer de la Il faut s'assurer de la
parfois un revêtement
de contamination compatibilité boue / compatibilité coulis /
spécial sur l'acier / certains
contaminants. contaminants.
contaminants corrosifs.
Les eaux souterraines s'infiltreront autour et/ou sous l'obstacle. Recours à la modélisation
État des eaux pour déterminer les débits et les trajectoires. Dans certains cas, l'eau souterraine
souterraines après s'accumule derrière l'obstacle. Le fonctionnement des puits d'extraction existants peut être
influencé.
Il faut être en mesure d'acheminer le matériel de construction jusqu'au lieu contaminé. Il
Conditions
faut obtenir du propriétaire l'autorisation d'implanter des murs sur la propriété. Un
à la surface
contrôle en surface du lieu peut être nécessaire après l'installation.
Il convient de recouvrir la surface à l'intérieur du périmètre délimité par les cloisons. Une
Infiltration
autre solution consiste à installer un système de drains sous le lieu contaminé afin de
à la surface
recueillir les liquides qui s'infiltrent et les pomper vers une installation de traitement.
Possibilité de corrosion ou Possibilité de corrosion en
Possibilité de corrosion ou
dissolution après 30-50 ans. milieu acide en l’absence de
Durée de vie dissolution après 30- 50
Les murs solidifiés peuvent
ans. protection cathodique.
se fissurer.
Coûteux, en particulier dans
Moins cher que les rideaux le cas de méthodes de
Coût Moins cher que les rideaux
de coulis et les rideaux de
de palplanches. battage spéciales ou de
palplanches.
l'acier de gros calibre
Certains coulis ont des
Risques potentiels pour Type de boue utilisé doit
propriétés toxiques qui doit
l'environnement être conforme à la Aucun risque.
être conforme à la
réglementation en vigueur.
réglementation en vigueur.
Difficulté de déterminer le
Entièrement efficaces au degré d'étanchéité. Le
Efficacité Entièrement efficaces si
début si installés coulis peut ne pas colmater
installés correctement.
correctement. tous les espaces
interstitiels.
Entretien en subsurface impossible. Surveillance nécessaire pour repérer les fuites.
Entretien Lorsqu'une fuite est détectée, il faut tenter d'installer un mur secondaire ou excaver le sol
pour remplacer la section endommagée.
Réversibilité Excavation nécessaire. En général non réversible. Possibilité de réutilisation.

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 24


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Procédés de traitement in situ

BARRIÈRE PERMEABLE REACTIVE


Le traitement des eaux souterraines pour contrôler ou maîtriser la pollution des nappes se
fait également via :
Une Barrière Hydraulique (série de pompes formant un écran placées en travers du flux
d'eau souterraine afin de capter (pomper) toute l'eau qui passe par cet écran et de le traiter
en surface dans une installation d'épuration des eaux souterraines ;
Une Barrière Perméable Réactive (BPR) qui allie un système de confinement et un
dispositif de traitement, une zone de matériaux réactifs (métaux réducteurs, accepteurs ou
donneurs d’électrons, adsorbants, lit bactérien,…) située sur le passage d'un panache de
pollution. La barrière est ancrée dans le substratum imperméable sous-jacent de telle sorte
que le panache ne puisse pas s’écouler sous la barrière.

Schéma d’une barrière perméable réactive (USEPA)


47
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Procédés de traitement in situ


BARRIÈRES PERMÉABLES RÉACTIVES
Une barrière réactive BPR repose sur la réalisation d’une tranchée (constituée
de matériaux très perméables (10–210–3m/s, profondeur 2025m) dont la
longueur doit permettre d’intercepter l’ensemble du panache de pollution et l’
épaisseur (6080cm) permettre un temps de contact suffisamment long entre le
réactif et le polluant afin d’assurer la dégradation ou la sorption de celui-ci.
La BPR doit être de préférence orientée perpendiculairement au sens
d’écoulement de la nappe phréatique.

 Configuration Funnel & Gate (F&G) (littéralement, Entonnoir & Porte) où le


panache est canalisé à l’aide d’écrans étanches et imperméable (palplanches
métalliques, parois moulées, parois en boue composite, membranes en PEHD
thermosoudées) vers des portes qui forment les zones réactives.
 Configuration mur continu (tranchée continue, Continuous Wall (CW), ou
Continuous Reactive Wall (CRW)), où la barrière est réactive et perméable sur
la totalité de sa longueur et les perturbations hydrauliques sont minimes.
 Barrières à cartouches interchangeables et amovibles qui reposent sur la
construction de portes spécialement aménagées pour permettre le
renouvellement aisé des matériaux réactifs et le contrôle hydraulique et
chimique du dispositif. 48
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 25


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

BARRIÈRES PERMÉABLES RÉACTIVES

Configurations Funnel & Gate et Mur Continu des BPR (Brgm 2010, ITRC, 2005)

49
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

BARRIÈRES PERMÉABLES RÉACTIVES

Barrière à cartouches renouvelables de Soletanche-Bachy

50
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 26


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Procédés de traitement in situ


BARRIÈRES PERMÉABLES RÉACTIVES

L’objectif de base des matériaux réactifs des BPR est de dégrader ou


d’immobiliser directement le ou les polluants cibles ou bien de modifier les
conditions des eaux souterraines pour détruire ou immobiliser le ou les
polluants cibles.
Les principaux processus physico-chimiques intervenant dans la rétention et
dégradation des polluants sont l’adsorption, l’échange d’ions, la précipitation, la
complexation et l’oxydoréduction.
Les matériaux réactifs peuvent agir sur les polluants par dégradation chimique
ou biologique, par modification de leur forme chimique ou par adsorption.
 Barrière de Contrôle du pH et précipitation ;
 Barrière d’Oxydo-réduction (Fer métal);
 Barrière d’Adsorption et Echange d’ions ou Barrière de sorption.
(charbon actif, zéolites, zéolites modifiées par un surfactant, matériaux
argileux, oxyhydroxydes);
 Barrière d’Activation biologique.
51
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Procédés de traitement in situ


ATTENUATION NATURELLE CONTROLEE
C’est le résultat de processus naturels (dispersion, dilution, volatilisation,
adsorption, mécanismes de stabilisation ou de destruction physiques, chimiques
ou biologiques des polluants) qui ont pour effet
 Réduction de la pollution dans les sols et eaux souterraines contaminés;
 Réduction de la toxicité, la mobilité, le volume ou la concentration des
contaminants dans ces milieux.
L’atténuation naturelle contrôlée est une technique de réhabilitation, sous
réserve de:
 Atteinte effective des objectifs de réhabilitation ;
 Limitation de l’emprise spatiale (restriction des usages du sol et/ou de la
nappe);
 Respect de délais compatibles avec une gestion des risques.

ATTENUATION NATURELLE DYNAMISEE


Biodégradation dynamisée (bioventing, biosparging) nécessite l’ajout de
composés spécifiques dans les sols ou les eaux souterraines afin de créer les
conditions favorables à l’activité des microorganismes responsables de la
biodégradation des contaminants.
52
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 27


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Procédés de traitement in situ


OXYDATION CHIMIQUE ISCO
Injection d’oxydants dans les sols (zones saturée et non saturée) pour aboutir à
la destruction totale (minéralisation) ou partielle (sous-produits de dégradation
généralement biodégradables) des polluants organiques.
Principaux oxydants (sous formes liquide ou gazeuse) sont l’ozone, le
permanganate, le persulfate de sodium, le peroxyde d'hydrogène, …
Mode d’injection de l’oxydant (lavage, sparging/venting, malaxage…) influence
fortement les résultats de la dépollution.
Application sur des sols homogènes et relativement perméables pour la
dégradation des COV, COSV, Solvants volatils et semi- volatils, pesticides, …
même à des teneurs élevées.

REDUCTION CHIMIQUE ISCR


Injection de réducteurs dans les zones saturée et non saturée pour :
 Destruction totale ou partielle des polluants organiques;
 Réduction des polluants minéraux (stabilisation, moins toxiques).
Les principaux oxydants utilisés sous forme liquide ou gazeuse
Modes d’injection similaires à ceux de l’oxydation.

53
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Procédés de traitement in situ


BRASSAGE
Procédé qui utilise des équipements de mélange munis de buses ou des tarières
pour remanier, homogénéiser le sol et favoriser l’introduction
d’agents (ciments, liants organiques, …) qui immobilisent les
contaminants telles les techniques de solidification-stabilisation
d’agents de traitement biologiques (composés à relâchement progressif
d’oxygène, nutriments et microorganismes),
d’oxydants chimiques ou de fer zéro-valent.
Amendements sous formes de boue liquide, ou solide
De la vapeur peut aussi être injectée au moment du mélange.

FRACTURATION PNEUMATIQUE OU HYDRAULIQUE


Employée pour augmenter l’efficacité des procédés de pompage et de traitement
ou pour améliorer les résultats de l’extraction dans les sols peu perméables.
Injection dans le milieu, de l’air (fracturation pneumatique) ou un liquide
(fracturation hydraulique) sous pression qui conduit à la formation de
fractures.
Ces fractures une fois remplies d’une bouillie composée de matériau granulaire
(sable) et de gel, constituent des canaux très perméables .
54
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 28


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Certaines techniques sont privilégiées pour l’élimination de certains contaminants

90 83
80
70 COV
60 COSV
50 Métaux
40 37

30
18 20 22
20 15
11 9 12
10 5 6 4 5
0 0 0 0 1
0
Extraction des Désorption Biorestauration Lessivage in Extraction par Lavage in situ
vapeurs thermique situ solvant

Statistiques sur la fréquence d’utilisation de certaines techniques de remédiation aux USA

Pour les composés organiques volatils COV, l’extraction sous vide donne les meilleurs
résultats, suivie de la biorestauration, le bioventing et de la désorption thermique. Dans le cas
des composés organiques semi-volatils COSV, c’est la biorestauration qui est davantage
utilisée que l’extraction sous vide et que la désorption thermique.

Tonnage de sols & sites traités in situ en 2002 hors confinement (ADEME 2005)

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 29


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Critères de choix des techniques de traitement in situ (ADEME 2005)


Technique Prix Principaux critères de Autres
choix
2550 €/t
Polluants biodégradables.
Bioventing Prix Site en activité.
Temps disponible suffisant
compétitif.
< 30 €/m3 Configuration de site Important volume.
Confinement Prix étendue. Désignation future du
compétitif. Pollution métallique site.
2030 €/t
Ventilation Polluants volatils.
Prix Site en activité.
forcée Temps disponible suffisant.
compétitif.
Rapport
Stabilisation
coût/performance. Désignation future du
physico- 40100 €/t
Pollution métallique site.
chimique
ou organique lourde.
Caractéristiques
Lavage Très peu développée
géologiques.

Injection de fluides
chauds**

Lessivage

Chauffage HT
Vitrification

Bioventilation

Biorestauration

Extraction sous vide*

Extraction sous vide

Solidification-
stabilisation

0 300 Coût ($) 600

Coûts de certaines techniques in situ (selon Smith et Houthoofd, 1995)

Les techniques les moins coûteuses sont au nombre des procédés les plus souvent
utilisés.
Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 30
ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Le prix de la vitrification est très élevé (consommation d’énergie) et il est d’autant


plus élevé que la teneur en eau du sol est importante.
La remédiation d’un sol peu perméable coûte plus cher. Dans le cas des procédés utilisant un
fluide (air ou eau), le traitement dure plus longtemps et coûte plus cher lorsque le sol est peu
perméable.
Aussi, le coût de certaines techniques augmente lorsque la conductivité du milieu est faible.
Dans le cas des procédés biologiques, leur prix augmente lorsque la température du milieu est
basse.

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 31


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Analyse comparative de quelques techniques de remédiation

Extraction à Bio- Procédés Lavage au Brassage Fracturation Fracturation


la vapeur ventilation thermiques surfactant du sol hydraulique pneumatique
Essence, Composés
Applications Fractions Distillats Diesel, Formations argilifères
diesel, volatils et
possibles volatiles moyens pétrole brut massives
pétrole brut semi volatils
Récupération Rapidité
Technique Réduction Réduction de la longueur des
Avantages Faible coût accrue des Transfert de
éprouvée des résidus canaux de diffusion
HC masse accru
Géologie
Couches de
Lenteur Emulsions Gros Sols très Soulèvement
faible Coût élevé
Couches de Coût élevé équipement consolidés de surface
Inconvénients perméabilité Chauffage
faible Expérience Cailloux Soulèvement Résorption
des sols non uniforme
perméabilité limitée Coût élevé de surface des fractures
stratifiés
à la longue
Durée du
9 mois 2 ans 50 jours 64 jours 50 jours 3 semaines / fracturation
traitement
Technique Technique
Technique Technique Technique
disponibilité très peu très peu Technique très peu répandue
répandue répandue peu répandue
répandue répandue
Fracturation
Techniques Fracturation Fracturation Toutes les techniques de
Extraction Fracturation chauffage
complémentaires Assèchement Chauffage lessivage avec liquide
sous vide

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 32


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

PROCÉDÉS DE TRAITEMENT EX SITU


BIOREMEDIATION
La bioremédiation consiste à exploiter cette capacité naturelle des microorganismes à
dégrader les substances organiques dangereuses en la stimulant et l'optimisant.
La biodégradation est une réaction de type redox qui aboutit à la dégradation des molécules
organiques sous l’action de microorganismes indigènes (autochtones) ou rapportés
(allochtones).
Le processus se développe selon une réaction en chaîne, où les composés carbonés sont
transformés (par cassures successives) en molécules de moins en moins complexes, jusqu’à
l’obtention de sous-produits simples, généralement CO2 et H2O (minéralisation), les produits de
transformation sont appelés métabolites.

Procédés de traitement ex situ


BIODÉGRADATION
Micro-organismes + Polluants + Accepteurs/Donneurs
Source d’électrons
Energie / Carbone

Produits + Plus
Oxydés (aérobie) de Micro-organismes
Réduits (anaérobie)

Accepteur d’électrons Sous-produits H2O


O 2… – CO2

Energie
Nutriments
N+P+K

Biomasse
cellulaire
Source de carbone
(Polluants)
57
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

En conditions oxydantes (aérobie), le rôle d’oxydant est tenu par l’oxygène. En


conditions réductrices (anaérobie), le rôle de réducteur est tenu par les nitrates, les sulfates,
le méthane...
Les procédés biologiques dans tous les cas, font appel à la biostimulation du milieu
réactionnel, en procurant aux microorganismes un environnement favorable à leur
développement avec ou sans inoculation de consortiums bactériens (bioaugmentation).

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 33


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Biostimulation
La biostimulation consiste à modifier les paramètres intrinsèques d’un site pour stimuler
l’activité microbienne. Un apport de nutriments, pour rééquilibrer les rapports
carbone/azote/phosphore et d’agents correcteurs du milieu est généralement nécessaire. La
biostimulation implique une augmentation de la teneur en oxygène par exemple, un
ajustement des teneurs en éléments nutritifs tels que l'azote et le phosphore ou autres
facteurs de croissance qui pourraient être déficients dans le milieu, et dans certains cas
l’amélioration des conditions physico-chimiques du sol à traiter.

Bioaugmentation
La bioaugmentation est l’adjonction de micro-organismes et d’enzymes spécifiquement
élevés et adaptés pour digérer un type précis de polluants en vue d’améliorer le taux de
bioremédiation du sol lorsque la biostimulation de la flore indigène ne parvient pas à
augmenter les vitesses de biodégradation. Elle s’avère particulièrement intéressante dans les
cas de bioremédiation de polluants très récalcitrants et/ou présents à des concentrations
importantes dans le site.

De récentes recherches ont mis en évidence que la biostimulation de la flore


microbienne endogène pour le traitement de sols pollués par des hydrocarbures n'est pas
toujours avantageuse comparée à la bioaugmentation. Toutefois, l’utilisation de flores
microbiennes isolées à partir du sol pollué et adaptées à la dégradation des hydrocarbures ne
génère pas un taux élevé de dégradation des hydrocarbures.

Procédés de traitement ex situ


pH
Humidité Nutriments
FACTEURS
ENVIRONNEMENTAUX

Température Oxygène

AUTRES FACTEURS
Structure et nature du sol

Nombre et types de micro-organismes

Concentration, structure chimique


Biodisponibilité des contaminants

Age de la pollution
58
Pr J. Arrar / ENP REMEDIATION DES SITES ET SOLS CONTAMINES

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 34


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Lorsqu'ils sont applicables (Biotraitabilité), les procédés biologiques peuvent traiter une
large gamme de polluants organiques

Critères de biotraitabilité d’un sol

 les hydrocarbures pétroliers (gasoils, fuels, huiles minérales, BTEX) ;


 les déchets de l’exploitation du pétrole, boues et résidus d’huiles ;
 les produits et résidus organiques de l’industrie chimique de base, tels les
alcools, l’acétone, les phénols, les aldéhydes et autres solvants ;
 les composés organiques halogénés, (trichloréthylène, chloroforme...), mais
aussi les PCB ;
 les composés plus complexes de type aromatiques polycycliques (HAP), pesticides...

Systèmes à lits fixes non saturés


Les systèmes à lits fixes non saturés pour la biodégradation en tas (compostage, landfarming
biopile) permettent le traitement de quantités considérables de sols moyennement pollués. Ce type de
traitement requiert de grandes superficies et les cinétiques de dégradation observées sont faibles et
par conséquent les durées de traitement sont longues (plusieurs semaines à années),
particulièrement pour les climats froids.

COMPOSTAGE
Le compostage consiste à mélanger le sol contaminé avec des matériaux organiques frais et
le disposer en andains régulièrement espacés, de quelques mètres de circonférence et d’environ un
mètre de haut. L’augmentation de la température et l’accroissement de la diversité microbienne
favorisent la biodégradation des polluants.
Pour accélérer le phénomène, il est d’usage de mélanger la terre à un substrat organique grossier qui
favorisera l’aération au cours du temps et apportera un complément de nutritif à la réaction.

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 35


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

LANDFARMING
Le landfarming est une technique plus élaborée qui repose sur l’épandage du sol sur
une surface plane imperméable en couches très fines (quelques dizaines de cm d'épaisseur)
de sorte à favoriser l’aération naturelle.
Un fertilisant est ensuite ajouté, soit sous forme d’engrais chimique, soit sous forme de
fumier, et à intervalles réguliers, le sol est travaillé, retourné et biné, pour permettre son
aération. Des apports secondaires de fertilisant ou encore des ensemencements de
légumineuses, plantes fixant l’azote atmosphérique et pouvant servir “d’engrais vert peuvent
éventuellement être effectués.
Des échantillons sont prélevés régulièrement à différents endroits de la surface traitée, pour
contrôler la décroissance des concentrations en polluants, mais aussi la teneur en nutriments,
le taux d’humidité et la température. Le landfarming requiert de grandes surfaces et les taux
de dégradation sont relativement faibles.
Les rendements sont meilleurs en été alors qu’en hiver, le processus peut même s'arrêter
complètement par temps de gel.
Dans le cas de sols pollués contenant une fraction de composés volatils non négligeable, ces
derniers sont éliminés par évaporation et des précautions doivent être prises conformément à
la réglementation en vigueur (USEPA, 2004).
Les techniques de compostage et de landfarming sont particulièrement adaptées à la
biodégradation des hydrocarbures peu volatils (fuels, diesels,...).

BIOPILE
La biopile est un compostage plus élaboré où les paramètres biologiques et physico-
chimiques sont parfaitement contrôlés. Les matières à traiter sont empilées dans un ordre
précis jusqu’à 24mètres de hauteur sur une surface imperméable, légèrement en pente,
surmontée ou non d’une couche de gravier drainante. L’introduction de drains uniformément
répartis, permet l’aération forcée du milieu dans le cas de biopiles aérobies.
Au sommet, un dispositif d’aspersion est mis en place ; il sert à humidifier et, éventuellement,
à ajouter des nutriments et/ou des micro-organismes. L’ensemble est isolé de l’extérieur par
une membrane imperméable.
Au démarrage de l’opération, une aspiration des gaz par le système de drainage du fond
permet de récupérer un maximum de composés volatils. Ensuite, le dispositif est inversé afin
d'injecter de l’air frais par la base du tas, provoquant ainsi l'augmentation de la vitesse de
biodégradation.

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 36


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Technique de traitement par biopile (Colombano et al., 2010)

Systèmes à lits fixes saturés


BIOREACTEURS
Les bioréacteurs sont utilisés lorsque la pollution est intense et que les
microorganismes ont des difficultés à se développer dans des conditions non contrôlées. Ces
réacteurs fonctionnent soit en continu soit en discontinu, les temps de séjours variant avec la
biodégradabilité des polluants et les concentrations initiale et finale.
Ces systèmes accélèrent considérablement la vitesse de dégradation des polluants,
permettent plus de flexibilité et la gestion précise du processus de biodégradation.
Les bioréacteurs qui peuvent être utilisées sous des conditions aérobies et/ou anaérobies
présentent plusieurs avantages :
 meilleur contrôle des paramètres de culture (pH, température, nutriments) ;
 oxygénation plus efficace ;
 contacts entre microorganismes et polluants plus intimes ;
 transferts de matière et thermique accrus ;
 maintien de conditions optimales de biodégradation par sélection de souches
adaptées.

Les microorganismes sont soit ceux du sol concerné, soit des microorganismes extraits
du même sol (endogènes) ou d’autres sites pollués et adaptés aux polluants à traiter, ou un
consortium de souches pures dégradantes.
Les réacteurs impliquent la mise en contact du sol contaminé, avec l’eau, les nutriments,
l'oxygène, la biomasse et parfois des co-substrats ou des agents tensioactifs pour augmenter
le taux de biodégradation.

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 37


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

L'utilisation d’agents tensio-actifs peut améliorer la mobilité des contaminants en solubilisant


les hydrocarbures adsorbés. Des apports microbiens en cours de traitement sont possibles.
L’addition de bio-surfactants est également préconisée pour augmenter la mobilité et par
conséquent, améliorer la biodisponibilité des hydrocarbures.

Les bioréacteurs sont davantage adaptés pour le traitement


 des polluants peu biodégradables et à des concentrations importantes ;
 dans le cas de sols fortement argileux et hétérogènes.

Schéma de principe d’un bioréacteur

Schéma d’un bioréacteur à boues (SPB) adapté au traitement des sols


Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 38
ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Dans les bioréacteurs à boues, le sol tamisé au préalable est mis en suspension dans
l'eau moyennant une agitation mécanique. Le sol est mis en suspension dans l’eau avec des
pourcentages de solide compris entre 20 et 40% en masse. Les vitesses d’agitation utilisées
doivent être réduites mais suffisantes pour maintenir le sol en suspension et réduire le
cisaillement du floc microbien.
En général, l'aération est assurée par de l'air comprimé à partir de diffuseurs situés au fond
du réacteur. Les bioréacteurs à boues de type boues activées sont couramment utilisées aux
Etats-Unis pour traiter les sols contaminés par des polluants récalcitrants (HAP, PCP,…).

Extraction par solvant


L'extraction par solvant est un procédé ex situ qui utilise des solvants pour extraire les
contaminants contenus dans le sol. L'opération ne détruit pas les molécules, elle les transfère
uniquement de la phase solide vers la phase liquide. Ce qui implique un traitement ultérieur
des solutions chargées en polluants. De ce point de vue, le procédé peut être classé parmi les
traitements à séparations physiques. Mais comme le processus dépend considérablement des
propriétés chimiques des polluants et du solvant, le procédé est souvent classé parmi les
méthodes physico-chimiques. L'extraction est un procédé de solubilisation sélective pour
l'élimination des contaminants du milieu solide.

Schéma d’un procédé complet d’extraction par solvant.

L’extraction par solvant est adaptée à des terres très polluées. Les solvants utilisés
étant volatils, leur recyclage ne nécessite pas un apport de chaleur important. Le procédé est
moins agressif par rapport au sol, comparé à un traitement thermique à haute température,
ce qui peut permettre de replacer la terre sur le site même.

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 39


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Efficacité de l’extraction par solvant sur quelques groupes de contaminants.

Efficacité
Groupes de contaminants
Sol Boues Sédiments
Composés organiques
Volatiles ▲ ▲ ▲

Semi-volatiles halogénés ■ ■ ■

Volatiles non halogénés ■ ■ ▲

Semi-volatiles non halogénés ■ ■ ■

PCB ■ ■ ■

Pesticides _ ■ ▲ ▲

Dioxines/furanes ▲ ▲ ▲

Cyanides ▲ ▲ ▲

Corrosifs ▲ ▲ ▲

Composés inorganiques
Métaux volatiles (mercure) □ □ □

Métaux nonvolatiles □ □ □

Asbestos □ □ □

Matériaux radioactifs □ □ □

Corrosifs □ □ □

Cyanides □ □ □

Réactifs

Oxydants □ □ □

réducteurs □ □ □

■ Efficacité démontrée ▲ Efficacité potentielle □ Efficacité non potentielle.

Un exemple de technologie SOLVIS est présenté ci-dessous.


SOLVIS est une technologie de dépollution des sols permettant d'extraire les polluants
par la mise en œuvre de procédés physico-chimiques en milieu solvant. L'extraction
liquide/solide est réalisée grâce à la circulation à contre-courant du solvant (Figure).
Dans des cas de pollutions complexes, l'utilisation successive de plusieurs réactifs permet
d'éradiquer l'ensemble de la pollution organique. SITA FD, détenteur d'un brevet européen

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 40


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

sur le procédé, poursuit le développement de cette technologie dans son laboratoire de


recherche.

Schéma du procédé SOLVIS

Le procédé comporte trois étapes essentielles :


 Transport des terres en continu au moyen de vis sans fin spécifiques ;
 Entraînement des traces résiduelles de solvants par circulation de vapeur d'eau à
contre-courant ;
 Régénération du solvant par distillation, élimination des résidus polluants
ultimes dans les centres autorisés.

Il faut souligner que le traitement par extraction par solvant est parfois désigné par
lavage des sols. Cette appellation risque d’être confondue avec la méthode de traitement "soil
washing".

LAVAGE
Le "soil washing" est une technologie ex situ utilisée pour éliminer les contaminants
organiques et inorganiques d'une variété de sols. Les sols sont «lessivés» mécaniquement
principalement avec de l'eau pour en retirer les contaminants, soit en les dissolvant ou en les
concentrant par le biais de techniques de séparation granulométrique. Ce procédé sépare la
quantité de sol en une partie "propre" et concentre les contaminants dans l'autre partie. Il est
souvent utilisé comme méthode de prétraitement.
Le principal avantage du soil washing est de réduire les coûts de traitement en réduisant la
quantité de solide à traiter. Le procédé est très sensible aux caractéristiques du solide. Il est
plus efficace pour des sols avec de larges proportions en sable ou en gravats.

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 41


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

La différence entre le "soil washing" et l'extraction par solvant ("solvent extraction") est le fait
que la première utilise des solutions aqueuses alors que la deuxième utilise principalement
des solvants non aqueux, le but n'étant pas le même.

Exemple de procédé de lavage du sol (soil washing)

Procédé de traitement des sols par lavage (Colombano et al., 2010)

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 42


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

DESORPTION THERMIQUE
La désorption thermique utilise la chaleur pour séparer physiquement les contaminants
organiques et le mercure présents dans la matrice du sol (faible pouvoir calorifique). Elle est
basée sur le fait que les pressions de vapeur des molécules organiques augmentent avec la
température. Les contaminants volatilisés peuvent être condensés et recueillis sous la forme
de résidu huileux.

Etat des contaminants d'hydrocarbures dans une particule de sol

Ce procédé n’entraîne pas directement la destruction des contaminants mais réduit


considérablement le volume d’huile contaminée nécessitant un traitement additionnel et
permet l’application d’autres méthodes destructrices plus dispendieuses.

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 43


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Elle est parfois subdivisée en désorption thermique à basse température (90-320°C) ou en


désorption thermique à haute température (320-650°C). Dans les deux cas, le sol subit au
préalable quelques prétraitements (homogénéisation, broyage, démottage, tamisage, etc.)
Le procédé comporte deux étapes principales
• Chauffage du solide jusqu’à volatilisation des polluants et leur transfert de la phase solide
vers la phase gazeuse. Cette opération a lieu dans les désorbeurs thermiques. Le chauffage
peut être direct ou indirect ;
• Traitement des vapeurs dans une unité de post-traitement qui dépend des caractéristiques
des gaz à traiter (condensation et/ou adsorption sur charbon actif, combustion, oxydation
catalytique….).

En plus du chauffage, un gaz (de combustion, air, azote ou mélange air/azote) balaye en
continu le désorbeur thermique.
Une fois dépollué, il est refroidi, réhumidifié et selon les effets du traitement sur ses
caractéristiques, il est remis sur le site d'origine ou redirigé vers une autre utilisation.

Exemple d’un diagramme schématique d’une désorption thermique.


La désorption thermique peut être utilisée pour traiter les sols, les boues, les sédiments
et les gâteaux à filtres. Les contaminants pour lesquels, son efficacité a été prouvée à l’échelle
industrielle sont les composés organiques volatiles, les composés organiques semi-volatiles,
les polychlorobiphényles, les phénols chlorés, les pesticides, les herbicides, les
dioxines/furanes, le mercure et les cyanides.

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 44


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

La quantité de débris peut influencer le choix des systèmes de prétraitement du sol. Les
matériaux inertes peuvent être broyés et remis dans l’alimentation, les produits tels que le
papier ou le plastique peuvent générer des fumées indésirables.

Efficacité de la désorption thermique sur quelques groupes de contaminants

Efficacité
Groupes de contaminants Gâteaux à
Sol Boues Sédiments
filtres
Composés organiques
Volatiles ■ ■ ▲ ■
Semi-volatiles halogénés ■ ■ ▲ ■
Volatiles non halogénés ■ ■ ▲ ■
Semi-volatiles non halogénés ■ ■ ▲ ■
PCB ■ ■ ▲
Pesticides _ ■ ▲ ▲ ▲
Dioxines/furanes ▲ ▲ ▲ ▲
Cyanides ■ ■ ■ ▲
Corrosifs □ □ □ □

Composés inorganiques
Métaux volatiles (mercure) ■ ▲ ■ ▲
Métaux nonvolatiles □ □ □ □
Asbestos □ □ □ □
Matériaux radioactifs □ □ □ □
Corrosifs □ □ □ □
Cyanides □ □ □ □

Réactifs
Oxydants □ □ □ □
Réducteurs □ □ □ □
■ Efficacité démontrée ▲ Efficacité potentielle □ Efficacité non potentielle.

Les désorbeurs à chauffage direct introduisent un brûleur (à propane ou au gaz naturel)


dans la chambre de désorption. Le gaz qui en résulte transfère de la chaleur par convection et
radiation vers le solide. Les contaminants volatilisés sont emportés par le gaz et sont traités
par la suite. Ces désorbeurs sont généralement moins chers à construire et ont une grande
capacité de traitement. Ils sont plus simples à mettre en marche que les désorbeurs à
chauffage indirect. Par contre, ils sont limités aux sols à pouvoirs calorifiques modérés et dont
l’humidité ne dépasse pas les 25 %. Ils ont également des volumes de gaz à traiter par masse
de solide relativement grands.

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 45


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Désorbeurs à chauffage direct (à gauche) et indirect (à droite)

Les désorbeurs à chauffage indirect transfèrent la chaleur à travers une paroi par
conduction ou par des résistances électriques. Les contaminants volatilisés sont emportés par
un gaz de purge. Les gaz de combustion ne se mélangent pas avec le sol et les vapeurs
organiques.
Ces dernières sont collectées et traitées séparément. D’où des volumes à traiter relativement
petits. Ils sont moins sensibles aux pouvoirs calorifiques des sols. Certains types sont adaptés
au traitement des sols très humides.

EXEMPLES DE DESORBEURS

 Four tournant
Il est constitué d’un long cylindre tournant. Les sols contaminés chargés par l’une des
extrémités sont transportés vers la sortie à l’autre extrémité grâce à la rotation et l’inclinaison
du cylindre. La charge est chauffée et les contaminants sont volatilisés tout au long du four. Le
courant solide peut être à co-courant ou contre courant par rapport au sens d'écoulement des
gaz de combustion ou de purge.
La chaleur peut être fournie par les deux moyens vus précédemment. Dans le cas du
chauffage direct, le four ressemble à un incinérateur et des considérations doivent être prises
vis à vis de la formation de produits de combustion incomplète. Ces fours sont très utilisés
dans le traitement des produits pétroliers.

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 46


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Une postcombustion est souvent envisagée pour parachever la conversion des gaz avant
évacuation à la cheminée

Schéma de désorption thermique à l'échelle complète

 Vis chauffée (heated screw)


Il en existe plusieurs variétés utilisant pour le chauffage de l’huile, du sel fondu ou des
résistances électriques. Leur design leur permet de chauffer, mixer et transporter le sol dans
un réacteur. Ce sont plutôt des désorbeurs à chauffage indirect. Les vapeurs de contaminants
sont emportées par un gaz de purge.

 Four transporteur (conveyor furnace)


Ce type de désorbeurs utilise un tapis métallique flexible pour transporter le sol dans
un réacteur. Une mince couche de terre est éparpillée sur le tapis. La température est dans la
gamme 300-800°F. Ce système est mobile et peut traiter de 5 à 10 tonnes de sol par heure.

 Séchoir à agrégats d’asphalte


Ce système mélange des agrégats de sols contaminés avec de l’asphalte liquide. Il peut
être mobile ou fixe (capacité de traitement 25150 t/h). Les séchoirs tournants à asphalte
sont généralement construits avec de l’acier carbone. Ils ont beaucoup de points communs
avec les fours tournant travaillant à contre courant.

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 47


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

 Séchoirs à lit fluidisé


Ce système est constitué d’un réacteur vertical à travers lequel un gaz circule de bas en
haut. Sol est alimenté par le haut. Le débit de gaz est réglé de telle manière à ce que la force
de traînée compense la force gravitationnelle. Les conditions extrêmes de turbulence
augmentent le transfert de chaleur et de masse.

Incinération
Technique éprouvée pour le traitement des matériaux d’excavation et des déchets
dangereux, elle s’adapte à de nombreux polluants (volatils, semi-volatils, voire peu volatils),
tels que hydrocarbures pétroliers (essences, gasoils, kérosènes, …), fractions plus lourdes
d’hydrocarbures, solvants chlorés, huiles, PCB, pesticides, dioxines/furanes, HAP, composés
explosifs même à des teneurs très élevées. Son important succès et sa place privilégiée dans
les techniques de traitement est le fait de la transformation des polluants en molécules
inoffensives simples)
Les incinérateurs détruisent tous les hydrocarbures la matière organique dans les matériaux
d’excavation par oxydation à très haute température (870 à 1200°C). Généralement,
l’incinération se décompose en deux phases. A 400°C, les contaminants désorbés se
volatilisent et à plus de 1000 °C, ils sont détruits.
Il existe plusieurs systèmes tels les dispositifs à lit fluidisé ou à circulation, la technique
infrarouge ou le four rotatif.
Les composés gazeux et particulaires, entraînés par un flux d’air, sont récupérés et traités à la
suite pour éliminer les poussières et parfaire la combustion. Le chlore, l’azote, le souffre
présents sous forme les SO2, SOx et NOx (produits lors de la combustion) sont éliminés des
rejets atmosphériques par un procédé de lavage basique.
Les rendements obtenus correspondent, dans les meilleurs des cas, à plus de 99,99%
d’extraction et de destruction de tous les composées organiques.
Le traitement par pyrolyse sous vide de sols contaminés par des hydrocarbures peut
s‘apparenter à une opération de séchage sous vide à haute température d’un milieu poreux.
A l’exception des composés radioactifs, l’intégralité des polluants peut être traitée par
incinération (Colombano et al., 2010)
La première étape consiste à excaver les sols, puis à les assécher. Après avoir été
tamisés (seules les particules de taille centimétrique sont incinérées), les sols sont acheminés
vers le système de chauffage. Le sol peut ensuite être réutilisé sur le site. Les émanations
gazeuses doivent être récupérées et brûlées à plus de 1300°C.

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 48


ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés

Système d’incinération par four rotatif (Roudier, 2005)

Schéma de principe de l’incinération (BRGM 2010)

Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 49

Vous aimerez peut-être aussi