Cours RSSC 2021
Cours RSSC 2021
REMEDIATION
DES SITES ET DES SOLS CONTAMINES
Pr J. ARRAR 1
PLAN
POLLUTION DES SITES
MESURE DES POLLUANTS & CARACTERISATION DES SITES
Mesures directes et indirectes de l’état de pollution
Interprétation & Exploitation des données
Déversements accidentels
Rejets non contrôlés
Anciennes pratiques
d’élimination des déchets Fuites de canalisations souterraines
Ruptures d’oléoducs
Diffuse ou Dispersée
Localisée et Concentrée
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Source Polluants
Epandage de boues d'épuration
Nitrates, Phosphates, Métaux lourds
urbaines ou industrielles
Utilisation de pesticides, herbicides Molécules plus ou moins persistantes
Stockage d'hydrocarbures
Hydrocarbures
(de la station-service au dépôt pétrolier)
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SITES POLLUÉS
Stockages Décharges
Industriels anciens ou
en activité hydrocarbures,… mal gérées
Localisation
Nature (hydrocarbures, métaux lourds,...)
Ancienneté (histoire du site)
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Eaux Récepteur
souterraines Exposition/Dose Air
CRITERES DE CHOIX
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Diagnostic Environnemental
Mise en œuvre
Suivi des travaux
Critères
Techniques (polluants, sol, faisabilité, etc..)
Économiques (coût)
Usage futur du site
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Diagnostic Environnemental
Polluants
(nature, concentration, origine...)
Métaux Hydrocarbures
Pollutions mixtes Fuel, essence, gasoil
Cuivre, Zinc, Plomb, Lubrifiants & huiles
Cobalt, Nickel, pétrole brut,
Arsenic, Cadmium, Solvants halogénés
Mercure HAP,…
Conditions
géologiques, physico-chimiques du site
Risques
Populations & Écosystème
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Diagnostic Environnemental
Eléments constitutifs du schéma conceptuel
(source, vecteur, cible)
Etudes historiques,
Visite des lieux,
Documentaires
enquêtes de terrain
et mémorielles
Caractérisation des milieux
et des populations
Caractérisation des
Identification
voies de transfert
des enjeux à protéger
et d’expositions
Schéma Conceptuel
Etudes de
Diagnostics
vulnérabilité
et études spécifiques
des milieux
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Milieu souterrain
Évolution très lente des polluants
Épaisseur de la zone non saturée
Perméabilité du réservoir (interstices ou fissures) ou Pouvoir de filtration
Caractéristiques du polluant
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Zone saturée
Phase solide immobile (roche réservoir) & Phase liquide mobile (eau). Mouvement de
la phase mobile = f(caractéristiques de la phase solide)
Dans la frange capillaire, zone de transition entre la zone non saturée et l’aquifère,
les mouvements de l'eau y sont essentiellement verticaux, ascendants sous l'effet de
l'évapotranspiration, ou descendants sous l'effet de l'infiltration de l'eau de pluie
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Origine Nature
de la pollution des polluants
DÉGRADATION
NATURELLE LENTE
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Techniques de Traitement
Biostimulation Bioaugmentation
Coût
Performance
Respect environnemental
Relativement simples
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Plus rapides
Plus faciles à contrôler
Large éventail de contaminants et de types de sol
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Confinement
Ouvrages étanches ou pompages en amont des captages pour isoler la pollution
Bonne connaissance de l’hydrologie du site / puits de pompage de protection.
Sur-site ou Hors site Excavation du sol ou Pompage
Séparateurs granulométriques, Extracteurs, Laveurs à l’eau ou à la vapeur, Incinérateurs,
Désorbeurs thermiques, etc.
In-situ : Attrayants, Moins coûteux, Développement durable.
Traitement (sans excavation du sol ou pompage des eaux souterraines (avec traitement sur site
ou hors site des polluants récupérés)). Applicables pour les sites en activité et ne nécessite ni
matériel lourd pour l’enlèvement, ni de grands espaces pour l’utilisation du matériel de
traitement. Les risques d’expositions aux contaminants sont limités au minimum.
Principe du transport actif et/ou réactif et transfert de matière d’un support solide imprégné
vers une phase mobile.
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Différentes techniques
. de réhabilitation des sols
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Évaluation de la pollution
Sol, Sédiments ou
Eaux souterraines Déchets
Traitement des
effluents gazeux
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Venting
Traitement de l’air
Ventilateur Compresseur
Extraction Injection
Zone non
saturée
Nappe
VENTING PASSIF (passive venting) : le venting est réalisé sans injection d’air et
sans mise en dépression. Le transfert de gaz se fait par différence de pression
(notamment lors des remontées de nappe).
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POMPAGE ET ECREMAGE
Dans le cas de surnageant, le pompage des eaux souterraines génère un cône de
rabattement. Les produits en phase pure suivent le gradient hydraulique, migrent
gravitairement vers le(s) point(s) bas et s’accumulent au centre de ce cône facilitant
ainsi leur récupération en surface.
Le surnageant est pompé à l’aide d’écrémeurs (hydroéjecteurs pneumatiques,
skimmers (ou crépines flottantes) et bandes oléophiles) vers les unités de stockage
en surface.
Les écrémeurs sont positionnés de telle sorte à éviter au maximum la récupération
des eaux souterraines. 32
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Avantages du Lessivage
Déplacement permanent des contaminants pendant toute la durée du traitement ;
Facilité d’application sur les sols perméables ;
Coûts modérés fonction du fluide de lessivage.
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ELECTROCINETIQUE
Application d’un courant électrique dans le sol ou l’eau souterraine pour concentrer les
métaux lourds, les radioéléments et les composés organiques de la zone
saturée/insaturée, des boues et sédiments près des puits de récupération..
Migration des contaminants via l’électro-osmose (mouvement d’eau de l’anode vers la
cathode), l’électromigration (transport d’ions et de complexes ioniques vers l’électrode
de charge opposée) et l’électrophorèse (transport des contaminants sous forme
adsorbée).
Usage de surfactants ou d’agents complexants
Consommation électrique de l’ordre de 500kWh/m3 pour des électrodes espacées de 1 à
1,5m.
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DÉSORPTION THERMIQUE
Chauffage du sol pour extraire les COV et COSV (solvants chlorés, essences, …),
les PCB, le mercure et récupérer les composés volatilisés via un réseau
d’extraction semblable à celui du venting.
Procédés à basses températures (<100 C) par injection de vapeur ou d’air chaud
via des points (aiguilles) d’injection verticaux ou horizontaux (drains) d’injection
ou par résistance électrique moyennant des électrodes placées dans les sols de
part et d’autre de la zone à traiter.
La chaleur a pour effet de volatiliser l’eau entraînant l’assèchement des sols et
donc une fracturation. Les écoulements s’en trouvent donc améliorés.
Procédés à hautes températures (>100 C) par chauffage conductif à haute
fréquence sont utilisés dans la zone vadose mais peuvent aussi s’appliquer au
niveau de la zone saturée. Ces procédés sont efficaces même dans le cas des sols
à faible perméabilité, la conductivité thermique des sols étant peu sensible aux
hétérogénéités des formations géologiques.
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CONFINEMENT HYDRAULIQUE
Rétention des eaux souterraines polluées dans un espace prédéfini ou
réduire le panache de pollution
de manière active par pompage ;
de manière passive via de tranchées drainantes.
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Les murs de boue sont érigés en creusant des tranchées autour de la totalité ou d’une
partie du lieu contaminé que l’on remplit par une boue (mélange de bentonite et d’eau
plus parfois des agents cimentaires) qui en durcissant, constitue une paroi
imperméable.
La surface délimitée par les murs de boue est recouverte d’un matériau imperméable
pour empêcher l’infiltration des eaux de pluie.
Grande similitude entre les rideaux par injection de coulis et les murs de boue.
Les rideaux sont crées par injection de boue (ou de coulis) dans le sol à pression
élevée par des trous de sonde creusés à l’aide d’une foreuse, tandis que les murs de
boue sont obtenus par remplissage de trachées avec de la boue. Le coulis (bentonite,
ciment, silicates, matières ligneuses et produits chimiques organiques est injecté
dans les interstices du sol à des profondeurs considérables.
Il est également possible d’enfoncer des palplanches (plaques d’acier ondulées qui
s’emboitent) dans le sol et créer une cloison étanche autour de la totalité ou d’une
partie du lieu contaminé jusqu’à 20m de profondeur et même plus si l’équipement le
permet
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Configurations Funnel & Gate et Mur Continu des BPR (Brgm 2010, ITRC, 2005)
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90 83
80
70 COV
60 COSV
50 Métaux
40 37
30
18 20 22
20 15
11 9 12
10 5 6 4 5
0 0 0 0 1
0
Extraction des Désorption Biorestauration Lessivage in Extraction par Lavage in situ
vapeurs thermique situ solvant
Pour les composés organiques volatils COV, l’extraction sous vide donne les meilleurs
résultats, suivie de la biorestauration, le bioventing et de la désorption thermique. Dans le cas
des composés organiques semi-volatils COSV, c’est la biorestauration qui est davantage
utilisée que l’extraction sous vide et que la désorption thermique.
Tonnage de sols & sites traités in situ en 2002 hors confinement (ADEME 2005)
Injection de fluides
chauds**
Lessivage
Chauffage HT
Vitrification
Bioventilation
Biorestauration
Solidification-
stabilisation
Les techniques les moins coûteuses sont au nombre des procédés les plus souvent
utilisés.
Pr J. Arrar / Ecole Nationale Polytechnique Alger 30
ENP / Génie de l’Environnement Remédiation des Sites et Sols Contaminés
Produits + Plus
Oxydés (aérobie) de Micro-organismes
Réduits (anaérobie)
Energie
Nutriments
N+P+K
Biomasse
cellulaire
Source de carbone
(Polluants)
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Biostimulation
La biostimulation consiste à modifier les paramètres intrinsèques d’un site pour stimuler
l’activité microbienne. Un apport de nutriments, pour rééquilibrer les rapports
carbone/azote/phosphore et d’agents correcteurs du milieu est généralement nécessaire. La
biostimulation implique une augmentation de la teneur en oxygène par exemple, un
ajustement des teneurs en éléments nutritifs tels que l'azote et le phosphore ou autres
facteurs de croissance qui pourraient être déficients dans le milieu, et dans certains cas
l’amélioration des conditions physico-chimiques du sol à traiter.
Bioaugmentation
La bioaugmentation est l’adjonction de micro-organismes et d’enzymes spécifiquement
élevés et adaptés pour digérer un type précis de polluants en vue d’améliorer le taux de
bioremédiation du sol lorsque la biostimulation de la flore indigène ne parvient pas à
augmenter les vitesses de biodégradation. Elle s’avère particulièrement intéressante dans les
cas de bioremédiation de polluants très récalcitrants et/ou présents à des concentrations
importantes dans le site.
Température Oxygène
AUTRES FACTEURS
Structure et nature du sol
Age de la pollution
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Lorsqu'ils sont applicables (Biotraitabilité), les procédés biologiques peuvent traiter une
large gamme de polluants organiques
COMPOSTAGE
Le compostage consiste à mélanger le sol contaminé avec des matériaux organiques frais et
le disposer en andains régulièrement espacés, de quelques mètres de circonférence et d’environ un
mètre de haut. L’augmentation de la température et l’accroissement de la diversité microbienne
favorisent la biodégradation des polluants.
Pour accélérer le phénomène, il est d’usage de mélanger la terre à un substrat organique grossier qui
favorisera l’aération au cours du temps et apportera un complément de nutritif à la réaction.
LANDFARMING
Le landfarming est une technique plus élaborée qui repose sur l’épandage du sol sur
une surface plane imperméable en couches très fines (quelques dizaines de cm d'épaisseur)
de sorte à favoriser l’aération naturelle.
Un fertilisant est ensuite ajouté, soit sous forme d’engrais chimique, soit sous forme de
fumier, et à intervalles réguliers, le sol est travaillé, retourné et biné, pour permettre son
aération. Des apports secondaires de fertilisant ou encore des ensemencements de
légumineuses, plantes fixant l’azote atmosphérique et pouvant servir “d’engrais vert peuvent
éventuellement être effectués.
Des échantillons sont prélevés régulièrement à différents endroits de la surface traitée, pour
contrôler la décroissance des concentrations en polluants, mais aussi la teneur en nutriments,
le taux d’humidité et la température. Le landfarming requiert de grandes surfaces et les taux
de dégradation sont relativement faibles.
Les rendements sont meilleurs en été alors qu’en hiver, le processus peut même s'arrêter
complètement par temps de gel.
Dans le cas de sols pollués contenant une fraction de composés volatils non négligeable, ces
derniers sont éliminés par évaporation et des précautions doivent être prises conformément à
la réglementation en vigueur (USEPA, 2004).
Les techniques de compostage et de landfarming sont particulièrement adaptées à la
biodégradation des hydrocarbures peu volatils (fuels, diesels,...).
BIOPILE
La biopile est un compostage plus élaboré où les paramètres biologiques et physico-
chimiques sont parfaitement contrôlés. Les matières à traiter sont empilées dans un ordre
précis jusqu’à 24mètres de hauteur sur une surface imperméable, légèrement en pente,
surmontée ou non d’une couche de gravier drainante. L’introduction de drains uniformément
répartis, permet l’aération forcée du milieu dans le cas de biopiles aérobies.
Au sommet, un dispositif d’aspersion est mis en place ; il sert à humidifier et, éventuellement,
à ajouter des nutriments et/ou des micro-organismes. L’ensemble est isolé de l’extérieur par
une membrane imperméable.
Au démarrage de l’opération, une aspiration des gaz par le système de drainage du fond
permet de récupérer un maximum de composés volatils. Ensuite, le dispositif est inversé afin
d'injecter de l’air frais par la base du tas, provoquant ainsi l'augmentation de la vitesse de
biodégradation.
Les microorganismes sont soit ceux du sol concerné, soit des microorganismes extraits
du même sol (endogènes) ou d’autres sites pollués et adaptés aux polluants à traiter, ou un
consortium de souches pures dégradantes.
Les réacteurs impliquent la mise en contact du sol contaminé, avec l’eau, les nutriments,
l'oxygène, la biomasse et parfois des co-substrats ou des agents tensioactifs pour augmenter
le taux de biodégradation.
Dans les bioréacteurs à boues, le sol tamisé au préalable est mis en suspension dans
l'eau moyennant une agitation mécanique. Le sol est mis en suspension dans l’eau avec des
pourcentages de solide compris entre 20 et 40% en masse. Les vitesses d’agitation utilisées
doivent être réduites mais suffisantes pour maintenir le sol en suspension et réduire le
cisaillement du floc microbien.
En général, l'aération est assurée par de l'air comprimé à partir de diffuseurs situés au fond
du réacteur. Les bioréacteurs à boues de type boues activées sont couramment utilisées aux
Etats-Unis pour traiter les sols contaminés par des polluants récalcitrants (HAP, PCP,…).
L’extraction par solvant est adaptée à des terres très polluées. Les solvants utilisés
étant volatils, leur recyclage ne nécessite pas un apport de chaleur important. Le procédé est
moins agressif par rapport au sol, comparé à un traitement thermique à haute température,
ce qui peut permettre de replacer la terre sur le site même.
Efficacité
Groupes de contaminants
Sol Boues Sédiments
Composés organiques
Volatiles ▲ ▲ ▲
Semi-volatiles halogénés ■ ■ ■
PCB ■ ■ ■
Pesticides _ ■ ▲ ▲
Dioxines/furanes ▲ ▲ ▲
Cyanides ▲ ▲ ▲
Corrosifs ▲ ▲ ▲
Composés inorganiques
Métaux volatiles (mercure) □ □ □
Métaux nonvolatiles □ □ □
Asbestos □ □ □
Matériaux radioactifs □ □ □
Corrosifs □ □ □
Cyanides □ □ □
Réactifs
Oxydants □ □ □
réducteurs □ □ □
Il faut souligner que le traitement par extraction par solvant est parfois désigné par
lavage des sols. Cette appellation risque d’être confondue avec la méthode de traitement "soil
washing".
LAVAGE
Le "soil washing" est une technologie ex situ utilisée pour éliminer les contaminants
organiques et inorganiques d'une variété de sols. Les sols sont «lessivés» mécaniquement
principalement avec de l'eau pour en retirer les contaminants, soit en les dissolvant ou en les
concentrant par le biais de techniques de séparation granulométrique. Ce procédé sépare la
quantité de sol en une partie "propre" et concentre les contaminants dans l'autre partie. Il est
souvent utilisé comme méthode de prétraitement.
Le principal avantage du soil washing est de réduire les coûts de traitement en réduisant la
quantité de solide à traiter. Le procédé est très sensible aux caractéristiques du solide. Il est
plus efficace pour des sols avec de larges proportions en sable ou en gravats.
La différence entre le "soil washing" et l'extraction par solvant ("solvent extraction") est le fait
que la première utilise des solutions aqueuses alors que la deuxième utilise principalement
des solvants non aqueux, le but n'étant pas le même.
DESORPTION THERMIQUE
La désorption thermique utilise la chaleur pour séparer physiquement les contaminants
organiques et le mercure présents dans la matrice du sol (faible pouvoir calorifique). Elle est
basée sur le fait que les pressions de vapeur des molécules organiques augmentent avec la
température. Les contaminants volatilisés peuvent être condensés et recueillis sous la forme
de résidu huileux.
En plus du chauffage, un gaz (de combustion, air, azote ou mélange air/azote) balaye en
continu le désorbeur thermique.
Une fois dépollué, il est refroidi, réhumidifié et selon les effets du traitement sur ses
caractéristiques, il est remis sur le site d'origine ou redirigé vers une autre utilisation.
La quantité de débris peut influencer le choix des systèmes de prétraitement du sol. Les
matériaux inertes peuvent être broyés et remis dans l’alimentation, les produits tels que le
papier ou le plastique peuvent générer des fumées indésirables.
Efficacité
Groupes de contaminants Gâteaux à
Sol Boues Sédiments
filtres
Composés organiques
Volatiles ■ ■ ▲ ■
Semi-volatiles halogénés ■ ■ ▲ ■
Volatiles non halogénés ■ ■ ▲ ■
Semi-volatiles non halogénés ■ ■ ▲ ■
PCB ■ ■ ▲
Pesticides _ ■ ▲ ▲ ▲
Dioxines/furanes ▲ ▲ ▲ ▲
Cyanides ■ ■ ■ ▲
Corrosifs □ □ □ □
Composés inorganiques
Métaux volatiles (mercure) ■ ▲ ■ ▲
Métaux nonvolatiles □ □ □ □
Asbestos □ □ □ □
Matériaux radioactifs □ □ □ □
Corrosifs □ □ □ □
Cyanides □ □ □ □
Réactifs
Oxydants □ □ □ □
Réducteurs □ □ □ □
■ Efficacité démontrée ▲ Efficacité potentielle □ Efficacité non potentielle.
Les désorbeurs à chauffage indirect transfèrent la chaleur à travers une paroi par
conduction ou par des résistances électriques. Les contaminants volatilisés sont emportés par
un gaz de purge. Les gaz de combustion ne se mélangent pas avec le sol et les vapeurs
organiques.
Ces dernières sont collectées et traitées séparément. D’où des volumes à traiter relativement
petits. Ils sont moins sensibles aux pouvoirs calorifiques des sols. Certains types sont adaptés
au traitement des sols très humides.
EXEMPLES DE DESORBEURS
Four tournant
Il est constitué d’un long cylindre tournant. Les sols contaminés chargés par l’une des
extrémités sont transportés vers la sortie à l’autre extrémité grâce à la rotation et l’inclinaison
du cylindre. La charge est chauffée et les contaminants sont volatilisés tout au long du four. Le
courant solide peut être à co-courant ou contre courant par rapport au sens d'écoulement des
gaz de combustion ou de purge.
La chaleur peut être fournie par les deux moyens vus précédemment. Dans le cas du
chauffage direct, le four ressemble à un incinérateur et des considérations doivent être prises
vis à vis de la formation de produits de combustion incomplète. Ces fours sont très utilisés
dans le traitement des produits pétroliers.
Une postcombustion est souvent envisagée pour parachever la conversion des gaz avant
évacuation à la cheminée
Incinération
Technique éprouvée pour le traitement des matériaux d’excavation et des déchets
dangereux, elle s’adapte à de nombreux polluants (volatils, semi-volatils, voire peu volatils),
tels que hydrocarbures pétroliers (essences, gasoils, kérosènes, …), fractions plus lourdes
d’hydrocarbures, solvants chlorés, huiles, PCB, pesticides, dioxines/furanes, HAP, composés
explosifs même à des teneurs très élevées. Son important succès et sa place privilégiée dans
les techniques de traitement est le fait de la transformation des polluants en molécules
inoffensives simples)
Les incinérateurs détruisent tous les hydrocarbures la matière organique dans les matériaux
d’excavation par oxydation à très haute température (870 à 1200°C). Généralement,
l’incinération se décompose en deux phases. A 400°C, les contaminants désorbés se
volatilisent et à plus de 1000 °C, ils sont détruits.
Il existe plusieurs systèmes tels les dispositifs à lit fluidisé ou à circulation, la technique
infrarouge ou le four rotatif.
Les composés gazeux et particulaires, entraînés par un flux d’air, sont récupérés et traités à la
suite pour éliminer les poussières et parfaire la combustion. Le chlore, l’azote, le souffre
présents sous forme les SO2, SOx et NOx (produits lors de la combustion) sont éliminés des
rejets atmosphériques par un procédé de lavage basique.
Les rendements obtenus correspondent, dans les meilleurs des cas, à plus de 99,99%
d’extraction et de destruction de tous les composées organiques.
Le traitement par pyrolyse sous vide de sols contaminés par des hydrocarbures peut
s‘apparenter à une opération de séchage sous vide à haute température d’un milieu poreux.
A l’exception des composés radioactifs, l’intégralité des polluants peut être traitée par
incinération (Colombano et al., 2010)
La première étape consiste à excaver les sols, puis à les assécher. Après avoir été
tamisés (seules les particules de taille centimétrique sont incinérées), les sols sont acheminés
vers le système de chauffage. Le sol peut ensuite être réutilisé sur le site. Les émanations
gazeuses doivent être récupérées et brûlées à plus de 1300°C.