Profil Des Pathologies Chirurgicales Au Cours Du Vih Et Du Sida Au Chu Du Point G de Bamako
Profil Des Pathologies Chirurgicales Au Cours Du Vih Et Du Sida Au Chu Du Point G de Bamako
DEDICACES:
A MON FIANCE
Les plus grandes relations sont celles qui résistent au temps et à la distance. Ce n’est pas toujours
facile mais nous essayons de trouver le moyen pour que ça fonctionne. En plus d’être mon
compagnon, tu es un ami fidèle. J’ai trouvé en toi une personne honnête, généreuse, travailleuse,
un soutien permanent, une oreille attentive, une épaule sur laquelle me reposer. Merci pour ta
présence à mes côtés, pour ton affection, pour tous les efforts que tu fais pour me rendre heureuse.
Mon estime pour toi est sans limite. Que le Seigneur veille sur toi, nous garde unis et nous aide à
concrétiser nos projets.
A MES FRERES Armand, Serge, Chamberlin et Christian
On ne choisit pas sa famille mais c’est un plaisir d’être votre sœur. Malgré les discordes nous
pouvons toujours compter les uns sur les autres. Merci pour votre soutien. Sachons toujours vivre
selon les principes que papa et maman nous ont inculqués. Que Dieu veille sur chacun de vous et
garde notre famille soudée.
A MA GRANDE SŒUR Feue Sorelle
Tu n’avais que 6 ans quand tu nous as quittés. Malgré les années qui ont passé, ton souvenir est
toujours aussi présent et ton absence aussi douloureuse. Je me sens parfois seule sans toi ; J’espère
que de là-haut tu nous regarde et que tu es fière de moi. A travers ce travail, je veux te rendre
hommage et te dire à quel point tu nous manque. Reposes en paix.
A MES DEUX GRANDES MERES
Sans vos conseils, vos bénédictions, vos encouragements je n’y serais pas arrivée. Merci. Que le
Seigneur vous accorde longue vie.
A MA TANTE MAMAN ANNE
Si tu n’avais pas été là je ne sais pas si je ferais la médecine aujourd’hui. C’est toi qui as eu la
bonne idée de m’envoyer étudier au Mali. Je ne vous dirais jamais assez merci à ta famille et toi
de m’avoir accueilli et pris sous votre aile au Gabon. Pendant mon séjour chez vous je me suis
sentie comme un membre à part entière de la famille. Je ne l’oublierais jamais. Merci.
REMERCIEMENTS
Nos remerciements vont :
Au corps professoral de la faculté de médecine et d’odontostomatologie
Merci pour la qualité de votre enseignement et l’éducation scientifique ; nous sommes fières
d’avoir été l’une de vos étudiantes. Trouvez ici l’expression de notre reconnaissance.
A mes maitres et aux DES du Service de Maladies infectieuses
Je vous remercie tous sincèrement pour l’enseignement et pour les moments de convivialité. Grâce
à vous, mon stage au service de maladies infectieuses a été très fructueux. Merci.
A Dr Jean Paul DEMBELE
Cher maitre, en débutant au service de maladies infectieuses en tant que faisant fonction d’interne
je ne m’attendais pas à trouver en vous un soutien permanent. Votre générosité, votre rigueur dans
le travail et votre disponibilité font de vous une personne admirable. Ce travail est également le
vôtre. Merci.
Aux major, infirmiers et techniciens de surface du service de maladies infectieuses
Merci pour les services rendus et pour votre disponibilité.
A tous mes camarades faisant fonction d’interne du service de maladies infectieuses
Merci pour les moments partagés et pour l’esprit de solidarité que nous avons su développer au fil
des mois. Que le Seigneur guide chacun de vous dans sa future carrière.
A ma terre d’accueil, le MALI
Terre de paix et de réconciliation, tu m’as permis de devenir médecin. En ton sein, je n’ai rencontré
que des personnes qui m’ont tendu la main et qui ont rendu mon séjour agréable. Je repartirais
d’ici certes avec mon diplôme mais ce qui compte le plus c’est que je repartirais avec les deux
leçons les plus importantes que j’ai appris au Mali : l’humilité et la sociabilité. Merci.
A mes oncles et mes tantes
Merci pour vos coups de fil, votre soutien permanent et votre affection. Que le Seigneur veille sur
vous.
A mes cousins et cousines
Merci pour vos conseils et votre soutien.
A mes amies d’enfance : Anne, Liliane, Albertine, Marthe, Linda, Marilyn, Rose
Si les études nous ont réunis au départ, les liens d’amitié se sont tissés ensuite. J’ai partagé avec
vous les moments d’insouciance de l’enfance et de l’adolescence. Aujourd’hui, malgré que
chacune a emprunté son chemin, nous restons présentes l’une pour l’autre. Merci de m’avoir appris
ce qu’est l’amitié. Anne tu es la plus ancienne de toutes et j’aimerais spécialement te dire merci
de m’avoir accepté telle que je suis, de m’avoir aidé à m’améliorer en tant que personne. Que le
Seigneur vous aide à combler vos désirs.
A madame Nana Elodie
“ Maka”, avant ton arrivée à la maison j’étais la seule fille au milieu de quatre garçons. Tu étais
ma cousine mais nous ne nous connaissions pas vraiment. Les années passées ensemble nous ont
rapproché. Merci pour les fous rires et pour ton soutien. Aujourd’hui je te considère comme la
sœur ainée que j’ai perdue trop tôt. Merci également à ton mari et à tes enfants. Que le Seigneur
veille sur votre famille.
A Ma future belle-famille
Merci pour l’accueil chaleureux qui m’a été réservé et pour votre soutien. Puisse le Seigneur
fortifier notre relation.
A ma famille de Bamako : Dr Emma, Dr Brice, Dr Hervé, Angeline, Dr Edwige, Dr
Danielle, Dr Michella, Dr Yvan, Dr Alix, Vicky, Roméo, Irène, Marcelle Paule,
Fistel, Vanessa, Terrence
En quittant le Cameroun, j’étais triste de partir loin de ma famille car j’étais loin de me douter que
l’Eternel Dieu tout puissant mettrait sur ma route des personnes telles que vous. Grâce à vous j’ai
toujours été entouré et je ne me suis jamais sentie seule. Merci pour toutes ces fois où vous avez
répondu présents quand j’en avais besoin. Vous avez tous contribué à mon succès et à mon
épanouissement au Mali. Merci Emma d’avoir rendu cela possible car tu as été la première m’avoir
tendu la main. Je ne vous oublierais jamais.
A la communauté camerounaise au Mali:
Merci pour l’esprit de solidarité.
A LA PROMOTION SPARTE
« Soyons prêts à réussir tous ensemble », telle est notre devise. Malgré les désaccords nous avons
toujours su cohabiter ensemble et nous comporter comme des enfants d’une même famille.
Merci à chacun de vous et beaucoup de courage pour la suite. Un merci particulier à ces spartiates
de qui je suis proche : Yanick, Vicky, Kévin, Christian.
A Toutes les « sisters » : Dr Danielle, Dr Emma, Tata Grace, Dr Claude,
Dr Laurelle, Manuella, Tata Doriane, Tountou Coulibaly, Feue Léonie, Feue Tata
Irène, ainsi que notre « brother » le Dr MOMO
A vos côtés j’ai énormément muri. Merci de m’avoir accueilli dans votre groupe et de m’avoir
aidé à m’améliorer. Que le Seigneur vous bénisse.
A ma sœur de Bamako : Vicky Mirabelle
On nous appelait les jumelles en première année médecine car on ne pouvait voir l’une sans l’autre
malheureusement nous n’avons pas pu réussir le numérus clausus ensemble. Ta persévérance c’est
ce que j’admire le plus chez toi. Merci pour tous les moments que nous avons partagé et pour ta
disponibilité. Je souhaite que le Seigneur t’accorde ce que tu désires dans la vie.
Aux membres de mon ancien et de mon nouveau groupe d’étude : Yanick, Kévin,
Yvan, Angeline, Christian, Laurent, Angèle, Sandrine Bafong, Larissa, Laetitia, Dr
Frank, Constant, Dr Hermine,
Merci de m’avoir toujours poussé à me surpasser.
A toutes les personnes que j’ai oubliées
L’être humain n’étant pas parfait, veuillez m’en excuser. Merci.
Cher Maître,
Nous sommes très honorés de vous avoir comme Président de ce jury de thèse et de pouvoir
bénéficier de votre apport pour l’amélioration de la qualité de ce travail. Votre éloquence dans la
transmission du savoir, votre grande disponibilité et votre sens aigu du travail bien accompli, du
respect et de la discipline font de vous un Maître admiré de tous.
Veuillez accepter cher Maître, nos sentiments de reconnaissance et de respect.
Cher Maître
Nous sommes très touchés par votre dynamisme, votre courage et votre modestie.
Vos critiques, vos suggestions et vos encouragements ont été d’un apport capital pour
l’amélioration de la qualité de ce travail.
Permettez-nous, cher maître de vous exprimer toute notre reconnaissance et notre respect.
Cher Maître,
Vous nous faites un grand honneur en acceptant de Co-diriger ce travail auquel vous avez été d’un
apport capital.
Nous avons apprécié dès le premier contact vos immenses qualités scientifiques et humaines.
Nous garderons de vous l’image d’un homme de science et d’un enseignant soucieux de la
formation de ses étudiants.
Votre rigueur scientifique, votre amour pour le travail bien fait, votre disponibilité constante et
surtout votre honnêteté font de vous un maître respecté et un exemple à suivre.
Recevez ici cher maître, notre profonde gratitude, que le Tout Puissant vous accorde une carrière
longue et brillante.
Cher Maître,
Nous sommes honorés par l’enthousiasme avec lequel vous avez accepté de diriger ce travail.
Votre souci constant pour le progrès des sciences médicales, votre spontanéité, votre simplicité,
votre franchise et votre immense talent de scientifique émérite ont forcé notre admiration.
Véritable modèle de performance, vous êtes source de fierté pour nous qui avons appris à vos
côtés.
Soyez rassuré, cher Maître, de notre sincère gratitude et de notre profond respect.
ARV: Antirétroviral
CMV: Cytomégalovirus
SOMMAIRE
INTRODUCTION: ....................................................................................................................... 1
I. OBJECTIFS ....................................................................................................................... 3
1) Définitions : ......................................................................................................................... 4
2) Epidémiologie descriptive : ................................................................................................. 4
3) Mécanismes immunopathologiques de l’infection à VIH: .................................................. 5
4) Infection à VIH et affections opportunistes: ........................................................................ 6
5) Classification: .................................................................................................................... 15
6) Traitement antiretroviral : .................................................................................................. 19
III. MATERIEL ET METHODE: ........................................................................................ 35
V. DISCUSSION : ................................................................................................................. 51
ANNEXES .................................................................................................................................... A
INTRODUCTION:
L’infection par le Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) est un problème majeur de santé
publique. En effet, l’organisation des nations unies contre le Sida (ONUSIDA) estimait qu’en
2013, 35 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde dont 24,7 millions en Afrique
subsaharienne [1]. Au Mali, selon la dernière enquête de démographie et de santé, la prévalence
du VIH dans la population générale était de 1,1% en 2012 [2].
Les affections opportunistes comme la tuberculose, la toxoplasmose cérébrale, la maladie de
Kaposi font la gravité du syndrome de l’immunodéficience acquise (Sida) [3].
Les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) qu’elles soient ou non traitées par les antirétroviraux
sont également sujettes aux pathologies chirurgicales. La qualité de vie de la population infectée
par le VIH s’est sensiblement améliorée au cours des dernières années. En conséquence, la
prévalence des interventions chirurgicales chez les PVVIH est en augmentation. Les indications
chirurgicales sont multiples témoignant des hétérogénéités des pathologies opérées [4].
Une étude faite à Yaoundé au Cameroun de 2004 à 2005 avait montré que [5]:
la prévalence de la collection pelvienne purulente chez les PVVIH était de 35,29% ;
la prévalence du cancer de l’utérus chez les PVVIH était de 17,64% ;
la prévalence du kyste ovarien chez les PVVIH était de 5,88% ;
la prévalence du myome utérin chez les PVVIH était de 23,53%.
De nombreuses publications sont parues sur le VIH depuis sa découverte mais il y’a très peu qui
traitent de la relation VIH et pathologies chirurgicales. Au Mali, une étude préliminaire portant sur
la fréquence du VIH et du SIDA en milieu chirurgical a été réalisé au service de chirurgie générale
du CHU GABRIEL TOURE au cours de l’année 2013/2014 [5]. De cette étude il en était ressorti
que :
la prévalence du VIH en milieu chirurgical était de 8 % ;
les suppurations anales étaient les plus représentées avec une prévalence de 22,22% suivies
des péritonites généralisées avec une prévalence de 19,44 % et des appendicites avec une
prévalence de 11,11%.
Aucune étude de ce genre n’a jamais été effectuée au CHU DU POINT G à nos jours ; C’est pour
cela que nous avons jugé opportun d’effectuer ce travail dont le but était d’évaluer le profil des
pathologies chirurgicales chez les patients vivant avec le VIH au CHU du POINT G. Pour y arriver,
nous nous sommes fixés les objectifs suivants :
I. OBJECTIFS
1. Objectif général :
Etudier les pathologies chirurgicales chez les personnes vivant avec le VIH au CHU du POINT G.
2. Objectifs spécifiques :
Décrire les caractéristiques sociodémographiques des patients
Identifier les pathologies chirurgicales diagnostiquées chez les PVVIH au CHU du POINT
G.
Déterminer le devenir des patients ayant présenté une pathologie chirurgicale.
II. GENERALITES :
1) Définitions:
Le Virus de l’immunodéficience humaine (VIH) est un virus à ARN appartenant à la sous famille
des Lentivirus et à la famille des Rétroviridaes. Ces derniers sont caractérisés par la présence d’une
enzyme capable de retranscrire l’ARN de leur génome en ADN pro viral: la transcriptase inverse.
Deux types sont actuellement connus. Le VIH 1 est le plus répandu en Europe, Amérique, Asie et
en Afrique; le VIH 2 est plus fréquent en Afrique de l’Ouest [7].
Une personne est déclarée séropositive au VIH lorsqu’au moins deux tests sanguins successifs
réalisés chez cette dernière détectent la présence d’anticorps anti VIH.
Le Sida ou syndrome de l’immunodéficience acquise révélé en 1981 est le nom d’un ensemble de
symptômes consécutifs à la destruction de plusieurs cellules du système immunitaire par le VIH.
C‘est le dernier stade de l’infection qui finit par la mort de l’organisme infecté des suites de
maladies opportunistes [7].
2) Epidémiologie descriptive :
Depuis le début de l’épidémie, 78 (71- 87) millions de personnes ont été infectées dans le monde
avec plus de 39 (35- 43) millions de décès dus au SIDA. En fin 2013, l’ONU sida estimait que :
35,0 (33,2- 37,2) millions de personnes vivaient avec le VIH dont 16 millions de femmes.
2 ,1 (1,9- 2,4) millions de personnes étaient nouvellement infectées par le VIH dans le
monde dont 240000 enfants.
1,5 (1,4- 1,6) millions de personnes étaient décédées d’une cause liée au VIH dans le
monde.
Infection à VIH et SIDA en Afrique [1] :
L’Afrique subsaharienne représente la région la plus touchée par l’infection à VIH. En 2013,
d’après l’UNAIDS,
24,7 (23,5- 26,1) millions de personnes vivaient avec le VIH en Afrique subsaharienne
dont 58 % de femmes.
L’Afrique subsaharienne représentait presque 70% du total des nouvelles infections à VIH
soit 1,5 (1,3- 1,6) millions parmi lesquelles 210000 enfants.
1,1 (1,0- 1,3) millions de personnes décédaient de causes liées au SIDA en Afrique
subsaharienne.
Infection à VIH et SIDA au Mali :
Selon l’enquête de démographie et de la santé, en 2012- 2013, on dénombrait 97000 (80000-
120000) personnes vivant avec le VIH au Mali soit une prévalence de 1,1% [2] parmi lesquelles
81000 étaient représentées par les adultes de plus de 15 ans dont 49000 par les femmes et 16000
étaient constituées des enfants de 0 à 14 ans. On comptait également 5500 décès dus au SIDA [1].
3) Mécanismes immunopathologiques de l’infection à VIH [9] :
Dès la primo-infection, le virus se réplique activement et diffuse dans l’organisme. Il s’établit ainsi
des réservoirs viraux avec intégration du virus dans les cellules (ganglions, tissu lymphoïde du
tube digestif) qui échappent à la reconnaissance du système immunitaire. Le virus induit chez
l’hôte récepteur des réponses immunes spécifiques qui contrôlent partiellement l’infection.
L’extrême variabilité du virus chez un même individu impose au système immunitaire une
réadaptation constante de la réponse immune qui diminue cependant avec l’évolution de
l’infection. Cette variabilité virale réduit en outre de façon majeure les possibilités d’immuno-
intervention et de vaccination. Les cellules cibles du virus sont :
Les lymphocytes T CD4
Les monocytes/macrophages
Les cellules de la microglie cérébrale
Le VIH détruit progressivement le système immunitaire en infectant les lymphocytes TCD4
(mécanisme direct) et en entrainant une activation immunitaire qui conduit à de multiples
phénomènes immunitaires pathologiques dont la destruction des lymphocytes TCD4 (mécanisme
indirect). Lorsque les lymphocytes TCD4 sont inférieurs à 200/mm³, surviennent alors les
infections opportunistes avec apparition du Sida clinique.
Voies de transmission:
du produit biologique contaminant. Celle-ci dépend du stade de la maladie VIH chez le sujet
contaminant.
Transmission sexuelle :
C’est la voie de contamination la plus fréquente (plus de 90% à l’échelle mondiale). Cette
transmission peut se faire lors des rapports homosexuels ou hétérosexuels avec une personne
contaminée. Certains facteurs locaux augmentent le risque : rapport anal et réceptif, lésion génitale,
saignement ; un seul contact peut suffire.
Transmission mère-enfant :
Elle a lieu surtout dans la période périnatale (fin de la grossesse, accouchement et allaitement). La
gravité de la maladie chez la mère et sa charge virale plasmatique influent sur le risque de la
transmission.
L’infection par le VIH est une infection chronique avec production constante de virus. Elle évolue
pendant plusieurs années avant d’entrainer une immunodépression majeure. La connaissance des
étapes de la maladie permet d’adapter le rythme et le type du bilan clinico-biologique de
surveillance en fonction du stade de la maladie.
L’histoire naturelle désigne l’ordre habituel prévisible dans lequel se déroulent les symptômes
cliniques et biologiques de l’infection par le VIH, en l’absence d’intervention thérapeutique. Après
la contamination, l’infection évolue en plusieurs phases successives :
Incubation :
C’est la première rencontre entre l’organisme et le virus. Sa durée varie de 2 à 3 semaines. Elle est
influencée par l’âge du malade, son profil génétique et par une primo-infection symptomatique.
Primo-infection :
Elle correspond à la phase d’invasion du virus dans l’organisme. Elle survient en moyenne 2 à 4
semaines après le contage, d’intensité et de durée variable, selon la charge virale et les défenses
immunitaires de l’hôte.
C’est une phase aigüe durant laquelle la réplication virale est précoce et massive, entrainant une
dissémination du virus dans tout l’organisme et une virémie importante avec possibilité d’une
évolution rapidement défavorable de la maladie.
La phase asymptomatique :
C’est une phase cliniquement silencieuse, mais biologiquement active. La réplication virale est
constante dans les organes lymphoïdes. Le dépistage de l’infection par le VIH à ce stade est
essentiel ; permettant de proposer à chaque patient une prise en charge optimale avant l’installation
du déficit immunitaire.
C’est la phase finale, au cours de laquelle il y’a une recrudescence de la réplication virale au bout
de plusieurs années d’évolution. Le délai moyen entre la primo-infection et le développement du
Sida est estimé entre 7 et 11 ans.
L’expression de la maladie Sida est principalement liée à l’exposition de l’hôte aux pathogènes
responsables des manifestations opportunistes et des complications tumorales. En l’absence de
traitement, cette phase aboutit au décès.
c) Affections opportunistes:
Affections respiratoires :
La tuberculose :
La tuberculose est l’une des maladies les plus meurtrières au monde. D’après l’OMS en 2013, 9
millions de personnes ont développé la tuberculose dans le monde et 1,5 millions en sont mortes
[14]. Le plus grand nombre de nouveaux cas a été enregistré en Asie du Sud- Est et dans la région
du Pacifique occidental qui totalisait 56% des nouveaux cas à l’échelle mondiale. Toutefois,
l’Afrique compte la plus grande proportion de nouveaux cas par habitant, avec plus de 280 cas
pour 100000 habitants en 2013. Au moins un tiers des personnes vivant avec le VIH dans le monde
sont infectés par le bacille tuberculeux. L’infection à VIH multiplie par 29 voire 31 fois le risque
de développer une tuberculose évolutive chez les personnes infectées par le bacille tuberculeux
[14]. En 2013, on estimait à 1,1 millions le nombre de nouveaux cas de tuberculose chez les
PVVIH dont 78% vivaient en Afrique [14].
La tuberculose peut survenir à n’importe quel stade de l’infection à VIH. Les formes extra-
pulmonaires sont fréquentes lorsque le taux de lymphocytes TCD4 est inférieur à 200/mm³. La
forme pulmonaire se manifeste par une toux avec expectoration, une fébricule, une altération de
l’état général, une dyspnée et souvent des douleurs thoraciques [15].
Le diagnostic le plus spécifique repose sur la mise en évidence des bacilles acido alcoolo résistants
(BAAR) dans les crachats et sur la PCR. Tous les aspects radiologiques peuvent être observés :
infiltrats uni ou bilatéraux localisés ou non aux lobes supérieurs, foyers alvéolaires systématisés
uni ou pluri lobaires, miliaires ou plus rarement des cavernes typiques classiques [15].
La pneumocystose [16] :
La pneumonie à Pneumocystis jirovecii inaugure l’infection à VIH dans 50 à 80% des cas. Germe
ubiquitaire et cosmopolite, il est peu fréquent en Afrique. Elle est caractérisée par une toux sèche,
une dyspnée associée à une fièvre. L’auscultation pulmonaire peut être normale ou retrouver des
sous crépitants. Les images radiologiques sont avant tout des opacités interstitielles mais aussi
alvéolaires bilatérales, parfois associées à des pseudo-kystes ou à un pneumothorax. Au stade
ultime, on note des opacités réticulonodulaires donnant l’aspect de poumon blanc. Le diagnostic
de certitude repose sur la mise en évidence de Pneumocystis jirovecii dans les prélèvements
obtenus par lavage broncho- alvéolaire.
La maladie de Kaposi :
C’est une néoplasie opportuniste et multifocale à tropisme principalement cutané. Les atteintes
viscérales font sa gravité. Elle est à l’origine de 10% des atteintes pleuropulmonaires au cours de
l’infection par le VIH et de 40% des pneumopathies chez les malades atteints de maladie de kaposi
cutanéomuqueuse [17]. La symptomatologie initiale est discrète, se résumant en une toux tenace,
voire une dyspnée inexpliquée et une fièvre modérée. La radiographie thoracique retrouve
essentiellement des opacités nodulaires ou tumorales, uniques ou multiples, denses, homogènes
souvent mal délimitées, pouvant confluer. Le diagnostic de certitude est histologique.
La symptomatologie est non spécifique ; caractérisée par un début insidieux, une altération de
l’état général, une fébricule ou une fièvre intermittente, des sueurs, une anorexie, un
amaigrissement, une asthénie, une diarrhée, une hépatosplénomégalie et des adénopathies. Le
diagnostic repose sur des hémocultures sur milieux spécifiques.
Affections neurologiques :
La toxoplasmose cérébrale (abcès parasitaire du cerveau):
Elle inaugure 11% des cas de Sida en France. Elle est due à un parasite Toxoplasma gondii et
survient en règle générale chez les sujets ayant moins de 100 lymphocytes TCD4/mm³, présentant
une sérologie toxoplasmose positive et ne recevant pas de prophylaxie spécifique. Elle se
manifeste par des céphalées rebelles, trouble de la conscience, syndrome confusionnel, signes de
focalisation (hémiparésie, hémiplégie, ataxie, aphasie), crises convulsives partielles ou totales,
fièvre [18].
Les lésions cérébrales sont en général multiples et apparaissent au scanner et à l’imagerie par
résonnance magnétique. Aucune image n’est en réalité spécifique. On peut observer des masses à
contours très denses, une ou plusieurs images d’abcès ou un œdème cérébral. La biopsie cérébrale
permet après étude anatomopathologique d’identifier Toxoplasma gondii dans 75% des cas [19].
La cryptococcose neuro-méningée :
C’est une mycose opportuniste à évolution subaiguë ou chronique, à localisations diverses mais le
plus fréquemment méningo-encéphalite survenant lorsque le taux de lymphocytes T CD4 est
inférieur à 100/mm³ [20]. Le germe responsable est le Cryptococcus neoformans qui est une levure
encapsulée rencontrée dans l’environnement. Sa prévalence est en augmentation depuis
l’avènement du VIH/SIDA. Les manifestations cliniques sont dominées par les céphalées intenses
rebelles aux antalgiques, un syndrome méningé, des troubles de la vigilance, une fièvre, et parfois
des crises convulsives avec déficit focalisé. Seul l’isolement du Cryptocoque dans le liquide
céphalo-rachidien par coloration à l’encre de chine et par culture sur milieu de Sabouraud permet
d’affirmer le diagnostic.
Encéphalite à CMV :
Il s’agit habituellement d’un tableau subaigu s’aggravant en quelques jours voire quelques
semaines avec des troubles de l’équilibre et de la marche, des convulsions et des troubles
Le lymphome cérébral :
Le lymphome primitif de type immunoblastique B, s’observe dans environ 5% des cas au cours du
SIDA. La symptomatologie est celle d’un processus intracérébral constituant le principal
diagnostic différentiel de la toxoplasmose.
Le caractère hétérogène de lésions au scanner, leurs contours irréguliers, leur taille supérieure à 3
cm, leur localisation dans la substance blanche péri-ventriculaire, la discrétion de l’œdème sont
des éléments radiologiques évocateurs de lymphome.
Il s’agit d’une maladie émergente depuis l’avènement du VIH, localisée au niveau du système
nerveux central. L’agent pathogène responsable est le virus JC du genre Polyomavirus, de la
famille des Papovaviridae. Elle est présente chez 3 à 10% des malades du Sida et est responsable
d’une démyélinisation cérébrale sévère avec atteinte cytolytique des oligodendrocytes. Le
diagnostic est essentiellement neuroradiologique: scanner qui montre une hypodensité sous-
corticale, l’IRM est la plus sensible pour la détection des lésions de démyélinisation.
Affections digestives :
Le tube digestif est l’un des principaux réservoirs du VIH et l’un des principaux organes cibles
au cours de l’infection à VIH. Les affections opportunistes digestives surviennent en général à
un stade avancé : stade 4 OMS et catégorie C CDC.
La cryptosporidiose :
C’est une anthropozoonose due à un protozoaire intracellulaire (Cryptosporidium parvum). Il en
existe deux formes cliniques principales :
Forme intestinale : responsable de diarrhée faite de selles liquidiennes (10 à 20 selles) profuse
pouvant évoluer vers la chronicité et entrainer une déshydratation et des troubles hydro-
électrolytiques accompagnées de crampes abdominales.
Forme biliaire : responsable de cholécystite alithiasique ou de cholangite sclérosante.
Au Mali, une étude réalisée en 2002 révélait que la cryptosporidiose était la parasitose digestive la
plus fréquente dans le service de Maladies infectieuses de l’hôpital du Point G avec une prévalence
de 23 % [22]. Le diagnostic repose sur la mise en évidence des oocystes de Cryptosporidium
parvum dans les selles après une coloration de Ziehl- Neelsen modifiée.
Les microsporidioses :
Les microsporidies sont des protozoaires parasites très répandus chez les vertébrés et les
invertébrés. Ils exercent un parasitisme intracellulaire qui entraine une activité pathogène
importante; leur prévalence est de 32% en Afrique. La symptomatologie est dominée par la
diarrhée chronique faite de selles aqueuses (8 à 20 selles par jour) non sanglantes, non glaireuses
accompagnée de nausées, vomissements, météorisme et douleurs abdominales. Trois espèces de
microsporidioses digestives ont été identifiées chez les patients atteints de Sida.
Enterocytozoon intestinalis responsable de diarrhée avec déshydratation, cholangite, bronchite,
pneumonie, sinusite, rhinite.
Encephalitozoon intestinalis responsable de diarrhée, de néphrite tubulo-interstitielle, de
cholécystite.
Encephalitozoon cuniculi responsable d’hépatite fulminante, de péritonite, de neuropathie et
d’encéphalite.
Leur diagnostic repose sur l’examen des selles et les biopsies intestinales ou d’autres organes avec
la mise en œuvre de colorations spécifiques : Giemsa, hématoxyline-éosine-safran, fluorochrome,
trichrome, immunofluorescence avec anticorps monoclonaux spécifiques.
Isosporose :
Sa prévalence est de 8 à 16% en Afrique. Elle est principalement causée par deux agents
pathogènes: Isospora belli et Isospora hominis. Elle se manifeste par une diarrhée d’intensité
variable, faite de selles aqueuses ou glairo-sanglantes, des douleurs abdominales, une
fièvre évoluant habituellement de façon chronique. Le diagnostic repose sur la mise en évidence
des oocystes dans les selles par la coloration de Ziehl- Neelsen modifiée ou par la biopsie
duodénale.
Salmonelloses, Shigelloses, Campylobacter :
Les infections par de telles bactéries semblent plus fréquentes chez les patients infectés par le VIH
que dans la population générale. Les infections peuvent survenir à tous les stades de la maladie;
cependant, la prophylaxie systématique de la pneumocystose et de la toxoplasmose a fait régresser
l’incidence de ces infections [23]. Elles sont responsables de diarrhées aigües, fébriles souvent
glairo-sanglantes ou accompagnées de douleur abdominale. L’évolution de la diarrhée est parfois
prolongée fluctuante, et les rechutes sont possibles. Le diagnostic repose sur l’examen
bactériologique des selles ou les coprocultures.
Candidose
Parmi les différentes espèces de levures, Candida albicans est le plus responsable de
manifestations pathologiques. Le diagnostic est aisé car les lésions sont visibles et accessibles au
prélèvement. Il peut s’agir d’une forme érythémateuse visible au niveau du palais ou d’un muguet
sous forme de plaques blanchâtres plus ou moins confluentes, visibles au niveau de la face interne
des joues, du palais, des gencives. L’écouvillonnage montre la présence de nombreuses levures et
de filaments mycéliens avec peu de polynucléaires neutrophiles. La culture sur milieu de
Sabouraud permet d’identifier l’espèce en cause.
Autres affections opportunistes :
o Infection à Virus Zona Varicelle : Tout zona chez un sujet de moins de 60 ans doit faire
proposer une sérologie VIH. Le caractère multi métamérique et récidivant de même que
l’évolution nécrosante sont évocateurs d’une immunodépression sous-jacente.
o Infection à Herpès Simplex Virus : l’homme est le seul réservoir de l’Herpès Simplex
Virus (HSV) ; la transmission est interhumaine.
o Condylomes ano-génitaux : ils représentent la lésion macroscopique de l’infection par le
Human Papillomavirus (HPV). Ils peuvent être plus ou moins végétants ou plans et ne
peuvent se développer que sur une muqueuse épidermoïde.
o Dysplasies génitales et anales : cancer du col utérin, cancer de l’anus. Ils sont également
dus à l’infection par le Human Papillomavirus.
o Cancer du poumon : l’incidence chez les sujets infectés par le VIH apparait deux à quatre
fois supérieure à celle de la population générale.
o Maladie de Hodgkin : non reconnue comme manifestation du Sida, son incidence est
cependant augmentée chez les patients infectés par le VIH et ne semble pas décroitre avec
l’introduction des trithérapies antirétrovirales. Elle est constamment liée à l’Epstein-Barr
Virus (EBV) dans ce contexte.
o Cancer du foie : l’incidence et la mortalité associées au cancer du foie sont en
augmentation chez les patients infectés par le VIH. L’incidence est principalement liée aux
co-infections par les virus des hépatites B et C mais aussi à la prise excessive d’alcool.
o Lymphome malin non Hodgkinien : à un stade précoce de la maladie (CD4>200/mm³),
ils sont de type Burkitt et associés à EBV dans 30 – 40% des cas. A un stade avancé (CD4
<100/mm³), ils sont le plus souvent immunoblastiques.
Il convient alors de noter que le VIH a des affections opportunistes variées.
5) Classification:
o Stade clinique selon l’OMS : (révision 2007)
Stade clinique 1 :
Patient asymptomatique,
Adénopathie persistante généralisée ;
Degré d’activité 1: patient asymptomatique, activité normale
Stade clinique 2 :
Perte de poids inférieure à 10 % du poids corporel
Manifestations cutanéomuqueuses mineures (dermatites séborrhéiques, prurigo, atteinte
fongique des ongles, ulcérations buccales, chéilite angulaire)
Zona au cours des cinq dernières années
Infections récidivantes des voies aériennes supérieures
Et /ou degré d’activité 2: patient symptomatique, activité normale.
Stade clinique 3 :
Perte de poids supérieure à 10 % du poids corporel
Diarrhée chronique inexpliquée pendant plus d’un mois
Fièvre prolongée inexpliquée (intermittente ou constante) pendant plus d’un mois
Candidose buccale persistante (muguet buccal)
Leucoplasie chevelue buccale
Tuberculose pulmonaire dans l’année précédente
SEUDIEU Mélanie Thèse de médecine 15
Profil des pathologies chirurgicales au cours du VIH et du sida au CHU du Point G de Bamako
Et/ou degré d’activité 4 : patient alité plus de la moitié de la journée pendant le dernier mois.
CATEGORIE A
Un ou plusieurs des critères listés ci-dessous chez un adulte ou un adolescent infecté par le VIH
s’il n’existe aucun critère des catégories B et C :
Infection VIH asymptomatique
LGP (lymphadénopathies généralisées persistantes)
Primo-infection symptomatique ;
CATEGORIE B
Manifestations cliniques chez un adulte ou un adolescent infecté par le VIH ne faisant pas partie
de la catégorie C et qui réponde au moins à l’une des conditions suivantes :
CATEGORIE C :
Cette catégorie correspond à la définition du SIDA chez l’adulte. Lorsqu’un sujet a présenté une
des pathologies de cette liste il est classé définitivement dans la catégorie C
Tableau I: Révision 1993 du système de classification de l’infection à VIH chez les adultes et
les adolescents selon l’OMS :
Nombre de
lymphocytes T CD4+ Catégorie clinique
(A) (B) (C)
Asymptomatique Symptomatique sans
Primo-infection ou critères (A) ou (C) SIDA
LGP
>500/mm3 A1 B1 C1
200-499/mm3 A2 B2 C2
<200/mm3 A3 B3 C3
6) Traitement antirétroviral :
Chez les patients diagnostiqués en primo-infection, des données récentes incitent à recommander
l’initiation immédiate du traitement. Cette recommandation concerne les primo-infections
symptomatiques mais aussi les formes asymptomatiques révélées à l’occasion d’un dépistage, quel
que soit le niveau des CD4 et de la charge virale.
Chez les patients ayant une charge virale faible (inférieure à 1000 copies/ml), il est nécessaire de
s’assurer que le nombre de CD4 reste stable et supérieur à 500/mm³ avant d’envisager un éventuel
report de l’initiation.
Chez les personnes très immunodéprimées (CD4 inférieur à 200/mm³) sans infection opportuniste
identifiée, il convient de débuter un traitement ARV rapidement ainsi qu’une prophylaxie des
infections opportunistes.
Chez les personnes présentant une infection opportuniste on distingue deux situations :
Chez les patients présentant une complication liée au VIH (troubles cognitifs,
encéphalopathie à VIH) ou une infection ne relevant d’aucun traitement spécifique (LEMP,
Cryptosporidiose, Microsporidiose …), le traitement ARV doit être initié sans délai pour
restaurer l’immunité spécifique contre l’agent causal.
Lorsque l’infection opportuniste relève d’un traitement spécifique, la situation diffère en
fonction de la nature de l’infection opportuniste. Dans la pneumocystose, la toxoplasmose,
l’infection à Cytomégalovirus ou à d’autres virus du groupe Herpès, le traitement ARV
doit être débuté dans les deux semaines après le début du traitement de l’infection
opportuniste après vérification de la tolérance du traitement anti–infectieux spécifique.
Dans la tuberculose sans localisation méningée, le délai d’initiation du traitement ARV
dépend du degré d’immunodépression; le bénéfice d’un traitement précoce initié deux
semaines après le début du traitement antituberculeux est d'autant plus important que le
nombre de lymphocytes T CD4 est inférieur à 50/mm³ même si le risque du syndrome de
reconstitution immune est plus important chez les sujets très immunodéprimés. Lorsque le
déficit immunitaire est moins important (supérieur à 50/mm³), le bénéfice d’un traitement
précoce est moins clair et celui-ci peut être différé de deux à quatre semaines. Dans la
tuberculose méningée et la cryptococcose neuro-méningée, le délai recommandé entre le
traitement de l’infection opportuniste et le traitement ARV est d’au moins quatre semaines
sous réserve d’une bonne évolution clinique et de la négativation des cultures de la
cryptococcose. L’objectif ici étant de diminuer la surmortalité immédiate en réduisant le
risque du syndrome de reconstitution immune (IRIS).
Chez les personnes atteintes de cancers (classant ou non Sida), le traitement ARV doit être
entrepris sans délai.
Tableau II : liste des inhibiteurs nucléosidiques disponibles au Mali avec la posologie, les
effets secondaires et les recommandations [25].
Tableau III: liste des INNTI disponibles au Mali avec la posologie, effets secondaires et
recommandations [25].
Tableau IV: liste des IP disponibles au Mali avec la posologie, les effets secondaires et les
recommandations.
Noms Principaux effets secondaires
Lopinavir/ritonavir (LPV/r) - Diarrhées, nausées, vomissements, douleurs abdominales
200mg/50mg: 2comprimés - Eruption cutanée, prurit, acné
deux fois par jour - Asthénie, céphalées, somnolence
- Hypercholestérolémie et hypertriglycéridémie avec risque
de pancréatite
- Elévation de: ASAT, ALAT, gamma GT, glycémie
- Allongement de l’espace PR.
Ils associent deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) à un inhibiteur non
nucléosidique de la transcriptase inverse (INNTI). Le régime préférentiel en première intention est
le suivant:
Echec clinique
- Détérioration clinique avec apparition de nouvelles maladies opportunistes ou récurrence de
maladies opportunistes autres que la tuberculose.
- Survenue ou récurrence d'une affection du stade OMS III ou IV
Chez les patients sévèrement immunodéprimés, l’apparition de nouveaux signes au cours des 3
premiers mois de traitement ARV ne signifie pas obligatoirement un échec clinique.
Il peut en effet s’agir d’un syndrome de restauration immunitaire, qui doit être traité pour lui-même
sans modification des ARV. La décision de changer de traitement devra donc également tenir
compte de l’évolution immunologique (TCD4) et, virologique (CV).
Echec immunologique
- Si le taux de lymphocytes TCD4 reste < 100 / mm³ à M12
- Retour du nombre de lymphocytes TCD4 au niveau ou sous le niveau pré thérapeutique, en
l'absence de la survenue d'une infection concomitante pouvant expliquer cette baisse
- Baisse de plus de 50% du nombre de lymphocytes TCD4 par rapport au pic atteint sous
traitement en l'absence de survenue d'une infection concomitante pouvant expliquer cette
baisse.
Echec virologique
Un échec thérapeutique sera documenté par deux mesures de la charge virale à trois mois
d’intervalle, avec un renforcement de l’observance. Mais la constatation d’un échec clinique et
immunologique patent permettra d’affirmer l’échec de la première ligne de traitement.
b. Schémas proposés
Echec de 1ère ligne
- Toute combinaison doit comprendre au moins une molécule complètement active plus une
nouvelle molécule comme le Darunavir/ritonavir (DRV/r) ou le Raltégravir (RAL) en
fonction du résultat du test de résistance.
- Différer le changement si 2 molécules sont actives au vue du résultat du test de résistance
sauf chez les patients très immunodéprimés et ceux ayant un risque élevé de dégradation
clinique et/ou immunologique.
- Si les options thérapeutiques sont limitées, demander une utilisation compassionnelle des
nouvelles molécules et la participation des essais cliniques sur des nouvelles molécules.
Les patients en échec de seconde ligne sans nouvelles molécules doivent continuer avec une
combinaison bien tolérée.
Choix des molécules de 3e ligne :
Les patients en échec virologique de 2e ligne doivent être gérés en fonction du résultat du test de
génotypage de résistance
Optimisation de la nouvelle combinaison thérapeutique de 3ème ligne
- En cas de multi résistance aux INTI, éviter cette classe mais
o Envisager de maintenir la Lamivudine (3TC) même en cas de présence de résistance
documentée (mutation M184V)
- Sélectionner un IP boosté actif et éviter autant que possible l’utilisation de 2 IP boostés.
Le schéma de troisième ligne recommandé sera :
7) Prévention [27]:
Au niveau individuel, on peut réduire le risque d’infection à VIH en limitant l’exposition aux
facteurs de risque. Les principales méthodes de prévention souvent appliquées en associant
plusieurs d’entre elles sont les suivantes :
Utilisation du préservatif masculin ou féminin : L’usage correct et régulier des
préservatifs masculins ou féminins protège de la propagation des infections sexuellement
transmissibles parmi lesquelles le VIH avec une efficacité d’au moins 85%.
Conseil et dépistage du VIH et des IST
Hémorroïde : c’est la varice des veines situées autour de l’anus. Parfois sans symptômes, ils
peuvent néanmoins se manifester par des douleurs et/ou des rectorragies.
Epanchement pleural : il peut être liquidien ou gazeux. Les symptômes sont marqués par la
douleur thoracique, une dyspnée plus ou moins marquée suivant l’abondance de l’épanchement,
parfois une toux. A l’examen clinique, en cas d’épanchement pleural liquidien, il y’a une
diminution de l’ampliation respiratoire du coté atteint et un effacement des espaces intercostaux ;
une matité à la percussion ; une diminution du murmure vésiculaire et souvent un souffle tubaire.
En cas d’épanchement gazeux, il y’a une augmentation du volume de l’hémi thorax atteint ; les
vibrations vocales sont diminuées ou absentes du coté atteint, une hyper sonorité d’un hémi thorax,
le murmure vésiculaire est diminué ou absent et augmenté du coté sain.
Les abcès : C’est une collection de pus constituée sous forme d’une tuméfaction fluctuante aux
dépens des tissus sains. Les abcès chez les immunodéprimés peuvent survenir à tous les sites. On
peut avoir des abcès à germes pyogènes, des abcès parasitaires (Entamoeba histolytica,
Toxoplasma gondii), des abcès mycobactériens, des abcès fongiques.
Fasciite nécrosante : C’est une infection rare, mortelle dans 30% des cas dont un agent causal
important est le Streptococcus pyogenes fréquemment associé à d’autres pathogènes. L’infection
provoque une nécrose de l’hypoderme et de l’aponévrose superficielle sous-jacente et
secondairement du derme ; elle se propage de façon parfois foudroyante dans l’aponévrose
superficielle ou même en profondeur dans le fascia intermusculaire.
Pelvipéritonite : C’est l’inflammation du péritoine localisée au niveau du petit bassin. Elle se
manifeste par une douleur pelvienne qui peut se généraliser à tout l’abdomen associée à une
défense musculaire ou une contracture abdominale d’abord marquée au voisinage de l’organe qui
est en cause de la péritonite. Le cul de sac de Douglas est douloureux à la palpation. L’échographie
et le scanner abdominal permettent d’affirmer le diagnostic.
Cholécystite : C’est une infection consécutive à une obstruction lithiasique du canal cystique qui
sera à l’origine d’une douleur de l’hypochondre droit associée à une fièvre. La pression de l’aire
vésiculaire accentue la douleur (signe de Murphy).
Ostéomyélite : C’est une infection osseuse due à un germe qui atteint l’os par voie hématogène,
elle siège de préférence au niveau des métaphyses des os longs. Elle peut être aigue ou chronique.
Les études épidémiologiques récentes montrent une incidence de ces néoplasies deux à trois fois
supérieure chez les patients infectés par le VIH par rapport à celle de la population générale, sans
modification d’incidence à l’ère des multithérapies par rapport à la période précédente.
Néanmoins, de grandes disparités existent selon le type de néoplasie. Par exemple, le risque relatif
de maladie de Hodgkin par rapport à celui de la population générale augmente, malgré l’utilisation
large des combinaisons antirétrovirales. Les patients infectés par le VIH ont également un risque
accru de cancer du poumon, sans doute en partie expliqué par une fréquence plus élevée du
tabagisme, mais plusieurs études ont montré une augmentation du risque indépendamment du
tabagisme. Le risque de cancers liés aux infections à HPV (cancer de l’anus, de la vulve, du pénis,
en plus du cancer du col, et peut-être ORL) et aux infections par les virus des hépatites B et C
(hépatocarcinome) est également largement augmenté.
L’incidence plus élevée des pathologies tumorales chez les personnes vivant avec le VIH est due
à l’exposition à de multiples facteurs de risque à savoir :
Tabac ;
Alcool ;
Co-infection hépatite virale B, hépatite virale C ;
Co-infection HPV ;
Malnutrition.
Ce travail était une étude rétrospective et descriptive sur quatre ans allant de janvier 2011 à
décembre 2014.
L’organisation générale
L’organisation générale du CHU du Point G se présente comme suit :
L’administration générale
Elle est composée de:
une direction ;
La population ciblée était constituée de personnes vivant avec le VIH, suivies dans le service des
maladies infectieuses du centre hospitalier universitaire (CHU) du point G.
A été incluse dans l’étude toute personne vivant avec le VIH quel que soit le type de VIH, âgée
d’au moins 18 ans, sans distinction de sexe, sous traitement ARV ou non chez qui une (des)
pathologie(s) chirurgicale(s) a(ont) été diagnostiquée(s).
Les données ont été recueillies sur une fiche d’enquête anonyme, à partir des dossiers médicaux.
La collecte des données n’a donc pas directement concerné les patients.
La saisie et l’analyse des données ont été faites sur le logiciel IBM SPSS Statistic 19. Le traitement
de texte a été réalisé sur Microsoft Word 2010 et Microsoft Excel 2010. Le test de Fischer a été
utilisé avec P significatif <0,05.
6) Considérations éthiques :
8) Diagramme de Gantt :
Protocole de
Thèse
Revue de la
littérature
Enquêtes
Analyse des
Données
Rédaction
Correction
Soutenance
IV. RESULTATS :
Pourcentage(%)
20%
30-39 ans
45%
≥ 50 ans
40-49 ans
35%
Masculin 11 55,0
Féminin 9 45,0
Total 20 100,0
Le sexe masculin était le plus représenté avec 55%.
Bamako 14 70,0
Hors de Bamako 6 30,0
Total 20 100,0
30
25
20
15
10
5
0 Pourcentage(%)
Tableau VII: Répartition des patients selon le taux de lymphocytes TCD4 au moment du
dépistage.
Taux de lymphocytes T CD4 Effectif Pourcentage(%)
<200/mm³ 15 75,0
>=200/mm³ 5 25,0
Total 20 100,0
75% des patients avaient un taux de lymphocytes T CD4 < 200/mm3 au moment du dépistage.
Tableau VIII: Répartition des patients selon le taux de lymphocytes T CD4 au moment de la
découverte de la pathologie chirurgicale.
Tableau IX: Répartition des patients selon le traitement ARV au moment de la découverte
de la pathologie chirurgicale.
Au moment de la découverte de la pathologie chirurgicale, 50% des patients étaient sous traitement
antirétroviral.
Tableau X: Répartition des patients selon le délai écoulé entre le début du traitement ARV
et la survenue de la pathologie chirurgicale.
Parmi les 10 patients qui étaient sous traitement ARV au moment de la découverte de la pathologie
chirurgicale, la majorité l’était depuis moins de 180 jours (6 mois). Les délais extrêmes étaient 12
jours et 1275 jours. Le délai moyen était de 348,7 jours avec un écart type de 465,54 jours.
Tableau XI: Répartition des patients selon le schéma ARV au moment de la découverte des
pathologies chirurgicales.
Schéma ARV Effectif Pourcentage(%)
AZT+3TC+NVP 2 20,0
AZT+3TC+EFV 2 20,0
TDF+FTC+EFV 2 20,0
TDF+3TC+EFV 1 10,0
TDF+3TC+LPV/r 1 10,0
3TC+NVP+D4T 1 10,0
ABC+3TC+NVP 1 10,0
Total 10 100,0
Les schémas ARV les plus retrouvés dans notre étude étaient: Ténofovir (TDF) + Entricitabine
(FTC) + Efavirenz (EFV), Zidovudine (ZDV) + Lamivudine (3TC) + Efavirenz (EFV) et
Zidovudine (ZDV) + Lamivudine (3TC) + Névirapine (NVP) à 20% chacun.
50
45
40
35
30
25 pourcentage
20
15
10
0
Stade 4 Stade 3 Stade 2
Le stade clinique OMS le plus représenté était le stade 4 à 50% suivi du stade clinique 3 à 40%.
Nous n’avons trouvé aucun patient au stade 1 dans notre étude.
Tableau XII: Répartition des patients selon les pathologies chirurgicales diagnostiquées :
Pathologies chirurgicales diagnostiquées Effectif pourcentage
Pathologies suppuratives/liquidiennes
Pleurésie purulente 5 21,73
Abcès du psoas 2 8,69
Pelvipéritonite 1 4,35
Pleurésie tuberculeuse non purulente 1 4,35
Epanchement péricardique 1 4,35
Abcès du cerveau 1 4,35
Abcès de la fesse 1 4,35
Fistule anale 1 4,35
Hématome sous dural compressif 1 4,35
Pyo hydronéphrose 1 4,35
Hydro pneumothorax 1 4,35
Gonarthrite suppurée 1 4,35
Pathologies tumorales
Cancer de la vessie 2 8,69
Cancer du foie 1 4,35
Cancer de l’estomac 1 4,35
Cancer du col utérin 1 4,35
Autre
Lithiase rénale 1 4,35
Total 23 100,0
Les pathologies suppuratives étaient les plus représentées à 73,92% dominées par les pleurésies
purulentes à 21,73% suivies des pathologies tumorales à 21,74%. Parmi les 20 patients que nous
avons colligé, deux présentaient des pathologies chirurgicales associées. Le premier présentait
Tableau XIII : Répartition des patients selon les pathologies liées à l’immunodépression ou
pas :
Pathologies chirurgicales diagnostiquées Effectifs pourcentage
Pathologies liées à l’immunodépression
Pleurésie purulente 5 21,73
Abcès du psoas 2 8,69
Pelvipéritonite 1 4,35
Pleurésie tuberculeuse non purulente 1 4,35
Epanchement péricardique 1 4,35
Abcès du cerveau 1 4,35
Abcès de la fesse 1 4,35
Fistule anale 1 4,35
Cancer du col utérin 1 4,35
Pyo hydronéphrose 1 4,35
Hydro pneumothorax 1 4,35
Gonarthrite suppurée 1 4,35
Total 17 73,92
Pathologies non liées à l’immunodépression
Cancer de la vessie 2 8,69
Cancer du foie 1 4,35
Cancer de l’estomac 1 4,35
Hématome sous dural compressif 1 4,35
Lithiase rénale 1 4,35
Total 6 26,09
Total 23 100,0
Tableau XIV: Répartition des patients selon les pathologies chirurgicales diagnostiquées et
le traitement ARV au moment du diagnostic de ces pathologies.
Pathologies chirurgicales
Il y’avait plus de cas de pathologies liées à l’immunodépression chez les patients qui étaient sous
traitement ARV par rapport ceux qui n’étaient pas sous traitement mais cette différence n’était
pas significative sur le plan statistique (P=0,5).
Tableau XV: Répartition des patients selon les pathologies chirurgicales diagnostiquées et le
taux de lymphocytes TCD4 au moment du dépistage.
On observait plus de pathologies liées à l’immunodépression chez les patients ayant un taux de
lymphocytes TCD4<200/mm³ au moment du dépistage que chez les patients ayant un taux de
lymphocytes TCD4≥200/mm³ mais cette différence n’était pas significative sur le plan statistique
(P=0,3660).
Tableau XVI: Répartition des patients selon les pathologies chirurgicales diagnostiquées et
le taux de lymphocytes TCD4 au moment de la découverte de cette pathologie.
On observait plus de patients ayant des pathologies liées à l’immunodépression avec un taux de
lymphocytes TCD4<200/mm³ au moment de la découverte de la pathologie chirurgicale par
rapport à ceux ayant un taux de lymphocytes TCD4≥200/mm³ mais cette différence n’était pas
significative.
Tableau XVII: Répartition des patients selon les pathologies chirurgicales diagnostiquées et
le stade clinique OMS au moment du diagnostic de cette pathologie :
On observait plus de patients ayant fait des pathologies liées à l’immunodépression aux stades
cliniques 3 et 4 par rapport à ceux qui étaient au stade 2 mais cette différence n’était pas
significative sur le plan statistique (P=0,4473).
Parmi les patients ayant bénéficié d’un traitement chirurgical, 76,48% ont eu une évolution
favorable.
Tableau XX: Répartition des patients non opérés selon leur devenir.
Parmi les patients n’ayant pas pu bénéficier d’un traitement chirurgical, 66,67% sont décédés.
V. DISCUSSION :
Entre 2011 et 2014, le nombre de patients vivant avec le VIH ayant été hospitalisés dans le service
de maladies infectieuses et tropicales du CHU POINT G était de 800 parmi lesquels 20 présentaient
une pathologie chirurgicale. Il en ressort que la prévalence des pathologies chirurgicales chez les
PVVIH était de 2,5 % dans notre étude. Auparavant, aucune étude en notre possession ne ressortait
cette prévalence. Nous avons rencontré certaines difficultés notamment les perdus de vue et de
nombreux dossiers incomplets.
1) Aspects sociodémographiques :
a. Age et sexe :
Au terme de notre étude, la tranche d’âge de 30-39 ans était la plus représentée avec 45% des cas.
Les âges extrêmes étaient 30 et 70 ans avec une moyenne d’âge de 43 ans. Ce résultat est similaire
à celui obtenu dans l’étude menée à l’hôpital général de Yaoundé par NGOWE et al.[31] qui
avaient également révélé que la tranche d’âge prédominante chez les patients immunodéprimés au
VIH opérés en urgence d’une pathologie abdominale était celle de 30-39 ans avec une moyenne
d’âge d’environ 43 ans. De même, AVAKOUDJO et al. [32] dont l’étude avait été menée au centre
hospitalier régional de Saint-Louis du Sénégal avaient révélé une moyenne d’âge de 46 ans.
Par rapport au sexe, nous notions une légère prédominance masculine à 55%; le sex ratio était de
1,22 en faveur des hommes. DIENG et al [4] à Dakar trouvaient un sex ratio de 1,46 ; JOHANET
et al [33] en France trouvaient un sex ratio de 4,7; tous deux en faveur des hommes. Par contre,
dans les séries congolaise et camerounaise, les femmes ont été plus nombreuses que les hommes.
b. Lieu de résidence :
c. La profession :
Les ménagères étaient les plus représentées à 30%. De même, les ménagères étaient majoritaires
dans les études de DIENG et al [4] à 21,87%, de DOUMGBA et al [34] en république
centrafricaine à 53,14%, de SAGARA au Mali [6] à 25%. Ces résultats peuvent s’expliquer par
l’ignorance en matière de moyens de prévention, par l’absence de revenus financiers qui pourrait
favoriser certains comportements à risque. En plus, les ménagères constituent la classe
socioprofessionnelle la plus nombreuse dans notre société.
d. Le statut matrimonial :
Les patients mariés étaient les plus représentés à 70%. De même, DIENG et al [4] au Sénégal
trouvaient une prédominance de patients mariés à 62,5%. Par contre, FOUEDJIO. [5] au Cameroun
trouvait plutôt une majorité de célibataires avec une prévalence de 58,8% et NGOWE M. [31]
également au Cameroun trouvait 45% de célibataires. La prédominance des patients mariés dans
notre étude pourrait s’expliquer par le fait que dans la société malienne, les personnes ont tendance
à se marier tôt.
2) Données clinico-immunologiques et thérapeutiques :
i. Type de VIH :
Tous les patients de notre étude étaient infectés par le VIH type 1. En Italie, SPALLANZANI [35]
avait trouvé une prédominance du VIH 1 à 88,52%. Ce résultat corrobore les données de la
littérature car selon l’Onu sida et l’organisation mondiale de la santé, le sérotype VIH 1 est
responsable de la pandémie actuelle dans le Monde.
ii. Taux de lymphocytes T CD4 au moment du dépistage :
Dans notre étude, 75% des patients avaient un taux de CD4 <200/mm³ au moment du dépistage.
MAHAMANE au Mali [36] avait également révélé dans son étude que la majorité des patients
avaient un taux de CD4<200/mm³ à 81,9%; cet état d’immunodépression avancé au moment du
dépistage pourrait s’expliquer par le fait que dans notre société le dépistage volontaire n’est pas
une pratique courante. Dans la plupart des cas, l’immunodépression au VIH est découverte au
décours de la manifestation d’une infection opportuniste.
taille de notre échantillon qui pourrait constituer un biais. AVAKOUGJO au Sénégal [32] avait
trouvé une majorité des patients avec un taux de lymphocytes T CD4<200/mm³ à 57,14%.
iv. Traitement ARV au moment de la découverte de la pathologie chirurgicale :
Cinquante pour cent (50%) des patients étaient sous traitement ARV au moment de la découverte
de la pathologie chirurgicale. Par rapport au développement des pathologies chirurgicales, il n’y
avait pas une différence statistiquement significative entre les patients qui étaient sous traitement
ARV et les patients qui ne l’étaient pas. Ceci peut se comprendre dans la mesure où on peut être
sous traitement ARV et avoir une faible immunité soit parce que le traitement n’a pas encore eu le
temps d’agir, soit parce qu’il y’a une inobservance au traitement, soit parce qu’il y’a un échec ou
une résistance au traitement. AVAKOUDJO [32] avait révélé dans son étude que 71,43% des
patients étaient sous traitement antirétroviral au moment de la découverte de la pathologie
chirurgicale.
v. Délai écoulé entre le début du traitement ARV et la survenue de la pathologie
chirurgicale :
Le traitement ARV doit rendre la charge virale indétectable après 6 mois (180 jours) de traitement
bien conduit et restaurer une certaine immunité réduisant ainsi le risque de survenue de
pathologies opportunistes. La majorité de nos patients étaient sous traitement ARV depuis moins
de 180 jours ; ceci pourrait expliquer le nombre élevé de pathologies suppuratives chez les patients
malgré le traitement antirétroviral.
vi. Schéma ARV au moment de la découverte de la pathologie chirurgicale :
Les schémas Zidovudine + lamivudine + Efavirenz, Zidovudine + lamivudine + Névirapine,
Ténofovir + entricitabine + Efavirenz étaient les plus prescrits à 20% chacun. Parmi les articles et
les thèses traitant du rapport entre la chirurgie et le VIH, aucune ne ressort le schéma antirétroviral
des patients.
vii. Stade clinique OMS :
Plus le stade clinique OMS est avancé, plus le risque de survenue d’affections opportunistes est
élevé. Il y’avait 77,78% de pathologies liées à l’immunodépression chez les patients aux stades
cliniques 3 et 4 par rapport à ceux qui étaient au stade 2 malgré que cette différence n’était pas
significative statistiquement. Aucun des patients de notre étude n’était au stade clinique 1. FOMO
[35] trouvait dans son étude que le stade clinique 3 était le plus représenté à 41,8%.
VI. CONCLUSION :
Les pathologies chirurgicales ne sont pas rares chez les patients immunodéprimés au HIV. Dans
notre étude, elles représentent 2,5% des cas. Les pathologies les plus fréquentes étaient
suppuratives surtout en cas d’immunodépression profonde (taux de lymphocytes
TCD4<200/mm³). La prise en charge des pathologies chirurgicales permet d’améliorer le pronostic
des patients.
VII. RECOMMANDATIONS :
Au terme de notre étude, nous formulons les présentes recommandations :
Aux autorités sanitaires :
- Intensifier les campagnes d’information et de sensibilisation en vue d’un dépistage précoce
du VIH.
- Assurer la disponibilité permanente des réactifs pour la réalisation du taux de CD4, de la
charge virale, du génotypage ainsi que tous les autres examens nécessaires pour le suivi
des patients immunodéprimés au VIH.
- Optimiser l’accès aux ARV dans les zones à ressources limitées par des programmes de
décentralisation des sites de prise en charge.
Aux personnels sanitaires :
- Mettre davantage l’accent sur le counseling pré, per et post test ainsi que sur le
renforcement thérapeutique en vue d’une meilleure acceptation de la maladie et d’une
meilleure observance.
- Mieux remplir le dossier médical des patients pour le suivi de ces derniers.
- Renforcer la collaboration entre les chirurgiens et les médecins chargés de la prise en
charge des PvVIH, afin d’optimiser le traitement des pathologies chirurgicales chez les
patients immunodéprimés au VIH.
- Promouvoir le dépistage du VIH après counseling avant toute intervention chirurgicale.
A la population et aux personnes vivant avec le VIH :
- L’adoption de comportements non à risque ainsi que le dépistage volontaire précoce en cas
d’exposition.
- L’observance optimale du traitement antirétroviral.
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922-7
ANNEXES
FICHE D’ENQUETE
Service de : /--------------------------------------------------------/
I. DONNEES SOCIODEMOGRAPHIQUES :
Q4-PROFESSION:/-----------------------------------------------------------/
Q12- Stade clinique selon l’OMS : /-------------/ 1=1 2=2 3=3 4=4
Préciser:/-------------------------------------/
Préciser:/----------------------------/
FICHE SIGNALETIQUE :
TITRE : Profil des pathologies chirurgicales au cours du VIH et du SIDA au CHU du Point G de
Bamako
VILLE : Bamako
PAYS : Mali
RESUME :
Il s’agissait d’une étude rétrospective dont l’objectif principal a été d’étudier les pathologies
chirurgicales chez les personnes vivant avec le VIH dans le service des Maladies infectieuses du
CHU du Point G. Nous avons colligé au total 20 patients ; ce qui donne une prévalence de 2,5%
de PVVIH avec des pathologies chirurgicales parmi l’ensemble des PVVIH reçus dans le service
de Maladies infectieuses pendant la période d’étude. Le sexe masculin était le plus représenté à
55% ; la tranche d’âge majoritaire était celle de 30-39 ans avec une moyenne d’âge de 43 ans.
Parmi ces patients, 70% résidaient à Bamako; les ménagères étaient les plus retrouvées à 30%.
70% des patients étaient mariés; tous les patients étaient infectés par le VIH type 1. Au moment
du dépistage, 75% des patients avaient un taux de lymphocytes T CD4<200/mm3; 65% des
patients avaient un taux de lymphocytes T CD4<200/mm3 au moment du diagnostic de la
pathologie chirurgicale. 50% étaient sous traitement antirétroviral au moment du diagnostic de la
pathologie dont 60% depuis moins de 180 jours. Les schémas ARV Ténofovir + Entricitabine +
Efavirenz, Zidovudine + lamivudine + Névirapine, Zidovudine + lamivudine + Efavirenz étaient
les plus prescrits à 20% chacun. Le stade clinique OMS 4 était représenté à 50%. Les pathologies
chirurgicales étaient de loin représentées par les pleurésies purulentes à 21,73%. 85% des patients
de notre étude ont bénéficié d’un traitement chirurgical parmi lesquels 76,47% ont eu une
évolution favorable; 11,76% sont décédés et 11,76% perdus de vue. Parmi les patients non opérés,
66,67% sont décédés et 33,33% perdus de vue.
PROFILE SHEET:
FULL NAME: MELANIE SEUDIEU
ADDRESS: melaskem@[Link] (Tel: 74618926)
YEAR OF DEFENSE: 2014/2015
AREA OF INTEREST: Infectious Diseases, Surgery
TITLE: Profile of surgical pathologies in HIV and AIDS at the University Hospital of Point G
Bamako
CITY: Bamako
COUNTRY: Mali
Filing Location: Library of the Faculty of Medicine and Dentistry
ABSTRACT:
This was a retrospective study whose main objective was to study the surgical pathologies in
people living with HIV in the Department of Infectious Diseases of the University Hospital of
Point G. We collected a total of 20 patients; giving a prevalence of 2.5% of PLWHA with surgical
pathologies among all PLWHA received in the Infectious Diseases department during the study
period. The male sex was the most represented 55%; the majority age group was that of 30-39
years with an average age of 43 years. Among our patients, 70% resided in Bamako; household
were found more than 30%. 70% of our patients were married; all patients were infected with HIV
type 1 at the time of screening, 75% of patients had a CD4 cell count <200 / mm3; 65% of patients
had a CD4 cell count <200 / mm3 at diagnosis in surgical pathology. 50% were receiving
antiretroviral therapy at diagnosis of the disease, 60% for less than 180 days. The diagrams ARV
Tenofovir + Entricitabine + Efavirenz, Zidovudine + lamivudine + nevirapine, zidovudine +
lamivudine + efavirenz were the most prescribed at 20% each. WHO clinical stage 4 was
represented at 50%. Surgical pathologies were far represented by pleurisy purulent to 21.73%.
85% of patients in our study underwent surgical treatment of which 76.47% had a favorable
evolution; 11.76% 11.76% died and lost touch. Among the non-surgical patients, 66.67% and
33.33% died lost touch.
SERMENT D’HYPPOCRATE
En présence des Maîtres de cette faculté, de mes chers condisciples, devant l’effigie
d’Hippocrate, je promets et je jure, au nom de l’être suprême, d’être fidèle aux lois
de l’honneur et de la probité dans l’exercice de la Médecine.
Je donnerai mes soins gratuits à l’indigent et n’exigerai jamais un salaire au-dessus
de mon travail, je ne participerai à aucun partage clandestin d’honoraires.
Admis à l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce que s’y passe ma langue
taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à compromettre les
mœurs, ni à favoriser le crime.
Je ne permettrai pas que des considérations de religion, de nation, de race, de parti,
ou de classe sociale viennent s’interposer entre mon devoir et mon patient.
Je garderai le respect absolu de la vie humaine dès la conception.
Même sous la menace, je n’admettrai pas de faire usage de mes connaissances
médicales contre les lois de l’humanité.
Respectueuse et reconnaissante envers mes maîtres, je rendrai à leurs enfants
l’instruction que j’ai reçue de leur père.
Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.
Que je sois couverte d’opprobre et méprisée de mes confrères si j’y manque ! Je le
jure!