Gestion des Aires Protégées au Niger
Gestion des Aires Protégées au Niger
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La terminologie géographique employée dans cet ouvrage, de même que sa présentation, ne sont en
aucune manière l'expression d'une opinion quelconque de la part de I'UICN sur le statut juridique ou
l'autorité de quelque pays, territoire ou région que ce soit ou sur la délimitation de ses frontières.
Les opinions exprimées dans cette publication ne reflètent pas nécessairement celles de l'UICN.
ISBN : 978-2-8317-1314-4
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SOMMAIRE
RESUME .................................................................................................................................8
SUMMARY ............................................................................................................................10
RECOMMANDATIONS ........................................................................................................78
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LISTE DES FIGURES
Figure n°1 : localisation des aires protégées du Niger
Figure n°2 : répartition des différents types de pressions dans les AP du Niger
Figure n°4 : répartition de la pression d'utilisation illégale des terres dans les AP du Niger
Figure n°5 : répartition de la pression d'exploitation du bois et des PFNL dans les AP du Niger
Figure n°10 : répartition des menaces de pression démograpphique dans les AP du Niger
Figure n°12 : répartition des menaces de modification du milieu dans les AP du Niger
Figure n°13 : répartition des menaces de risque sanitaire faune sauvage/domestique dans les
AP du Niger
Tableau n°2 : détail des pressions identifiées par les gestionnaires dans chaque AP
Tableau n°3 : détail des menaces identifiées par les gestionnaires dans chaque AP
6
SIGLES ET ABREVIATIONS
·
ACDI Agence Canadienne pour le Développement International
·
AP Aires Protégées
·
ASS Antilopes Sahélo-Sahariennes
·
AWHF African World Heritage Fund
·
BAD Banque de Développement Africaine
·
CMAP Commission Mondiale des Aires Protégées
·
COGERAT Cogestion des Ressources de l'Aïr et du Ténéré
·
DDC Direction du Développement et de la Coopération(Coopération suisse)
·
DGE/EF Direction Générale de l'Environnement et des Eaux et Forêts
·
DFC/AP Directions Nationales. Parmi elles, la Direction de la Faune, de la Chasse et
des Aires Protégées
·
DPN/R Direction des Parcs Nationaux et des Réserves
·
FEM Fonds pour l'Environnement Mondial
·
FFEM Fonds Français pour l'Environnement Mondial
·
GEF Global Environment Fund
·
GTZ Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (coopération
allemande)
·
IGF Fondation Internationale pour la Gestion de la Faune
·
IRD Institut de Recherche pour le Développement
·
MAB Man and Biosphere
·
METT Management Effectiveness Tracking Tool
·
MIKE Monitoring ok Illegal Killing of Elephant
·
PAC Programme d'Action Communautaire
·
PAPACO Programme régional Aires Protégées de l'UICN en Afrique Centrale et de
l'Ouest
·
PAPE Projet d'Appui aux Parcs de l'Entente
·
PFNL Produits forestiers non ligneux
·
PGRN Projet de gestion des ressources naturelles
·
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
·
PNW Parc National du W
·
PVDT Projet de valorisation de Dosso Tilabéri
·
RAPPAM Rapid Assessment and Prioritization of Protected Areas Management
·
RNNAT Réserve Naturelle Nationale de l'Aïr et du Ténéré
·
ROSELT Réseau d'Observation sur le Suivi Ecologique à Long Terme
·
RTF/G Réserve de faune de Gadabedji
·
RTFT Réserve totale de faune de Tamou
·
SDR Stratégie de Développement Rural
·
SCF Sahara Conservation Fund
·
SNV Netherlands Development Organisation
·
UE Union Européenne
·
UNESCO United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization
·
UNOPS United Nations Office for Project Services
·
USAID United States Agency for International Development
·
WWF Worldwide Fund for Nature / Fonds Mondial pour la Nature
·
ZSL Zoological Society of London
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RESUME
Les aires protégées du Niger sont globalement représentatives de l'ensemble des
écosystèmes que couvre le pays. Elles se répartissent dans les écosystèmes soudano-
sahéliens et les zones de transitions vers les écosystèmes sahariens. Ces aires protégées
couvrent 8,5 millions d'hectares, soit 6,6 % du territoire national. Toutefois, il existe encore
certains sites à haute valeur de conservation pour les espèces clés qui ne sont pas encore
intégrées au réseau (zone à girafes, zone d'Ayorou, par exemple).
On distingue deux catégories d'aires protégées au Niger : d'un côté, celles qui bénéficient d'un
appui de partenaires extérieurs comme le parc W, la réserve naturelle de l'Aïr Ténéré et la future
réserve du Termit, et de l'autre, celles qui ne bénéficient d'aucun financement extérieur et pour
lesquelles le niveau de gestion est faible (absence de document de gestion, peu ou pas
d'infrastructures et d'équipements pour assurer les activités basiques de gestion quotidienne).
Les pressions les plus importantes découlent du braconnage et de l'utilisation illégale des terres
(pour le pâturage, l'exploitation agricole, l'installation d'habitations) ; s'y ajoutent également
l'exploitation du bois et des produits forestiers non ligneux, les feux de brousse incontrôlés et
certains facteurs de modification du milieu (ensablement des cours d'eau et plantes invasives).
L'exploitation minière qui se développe autour de certaines aires protégées (Termit, Aïr Ténéré,
parc W) constitue une menace sérieuse en termes de pollution et de pressions sur les
ressources hydriques ainsi que comme facteur d'attraction de populations susceptibles
d'accroître le besoin en ressources naturelles.
·
Pour tenter d'améliorer cette situation, les recommandations suivantes ont été émises
par les participants à l'évaluation :
·
Proposer des scénarii possibles de financement durable du réseau d'AP aux différents
partenaires et à l'Etat
·
Assurer un financement de base de toute les AP par l'Etat
·
Actualiser et valider les plans de gestion des AP qui en possèdent et élaborer ou mettre à
jour les plans de gestion des AP qui en sont dépourvues
·
Etablir le statut juridique des AP qui n'en bénéficient pas encore
·
Définir des objectifs de conservation clairs et réalisables pour le réseau et chacune de
ses aires protégées en fonction de l'état actuel de la biodiversité au Niger
·
Renforcer les capacités des gestionnaires des AP à l'utilisation des outils de
conservation (mode et outil de planification et de gestion des AP) et au dialogue avec les
autres acteurs (notamment dans le cadre de la gestion participative avec les
communautés locales)
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·
Mettre en place des cadres de concertation effectifs entre aire protégées via le réseau
national d'aires protégées (pour favoriser les échanges d'informations)
·
Renforcer le suivi des procédures internes de gestion des aires protégées et
l'autoévaluation de ces procédures à tous les niveaux pour limiter les vices de
procédures et garantir la transparence de la gestion des activités au niveau des AP
(notamment au regard des partenaires extérieurs)
·
Renforcer le dispositif de gestion de certaines AP (notamment en nommant un
conservateur ou un gestionnaire pour celles qui n'en ont pas)
·
Assurer une durée minimale de présence en poste des gestionnaires sur site pour
permettre un suivi sur le moyen terme des actions de gestion engagées et assurer une
localisation des cellules de gestion de terrain le plus proches possibles des sites à gérer
(déconcentration).
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SUMMARY
In Niger, the Ministry of hydraulics, environment and fight against desertification, particularly the
state secretariat for environment is in charge of protected areas management through the
Department of wildlife, fishing and fish farming. The park's manager reports to the Director of
wildlife, fishing and fish farming (DFPP). An ongoing restructuration aims at creating a ministry
in charge of water, environment and fight against desertification which will include the General
Department of environment, waters and forests (DGE/EF) composed of 5 national
departments. The Department of wildlife, hunting and protected areas (DFC/AP) will specifically
be in charge of management of Niger protected areas.
Niger protected areas management effectiveness has been evaluated during a three day
workshop organised in Niamey from 30 March to 1st April 2010. Six PAs have been evaluated:
Niger W national park, Aïr Ténéré national reserve, Tamou wildlife reserve, Dosso wildlife
reserve, Gadabéji wildlife reserve, and Termit Tin Toumma national reserve. The methodology
used is the one developed by WWF - Rapid Assessment and Prioritization of Protected Areas
Management (RAPPAM) - combined to the protected areas monitoring tool developed by the
World Bank and WWF: Management Effectiveness Tracking Tool (METT). These methods are
based on the evaluation framework developed by the world Commission on Protected Areas
(more information on [Link]).
Niger protected areas are representative of most of the country's ecosystems. They are divided
up through the Sudan-Sahelian ecosystems and the areas of transition to Saharan ecosystems.
These protected areas cover 8.5 millions hectares that is 6.6% of the national land area.
However, some sites that still have a high conservation value for key species are not yet
integrated to the network (giraffe area, Ayorou area for example).
There are two categories of protected areas in Niger: on the one hand, those which take
advantage of external partners support such as the W park, Aïr Ténéré reserve and Termit
future reserve, and on the other hand those which do not benefit from any external funding and
which have a low management level (lack of management documents, few or no infrastructures
and equipments for daily basic activities).
Often, the inadequacy of the human resources available (lack of staff, insufficiency of
appropriate trainings, managers living far from their site), sometimes combined to the climate of
insecurity prevailing in some areas, make these Niger protected areas vulnerable to the multiple
pressures on them. The most critical pressures come from poaching and illegal use of lands (for
pasture, farming, house building); there is also wood and non timber forest products
exploitation, uncontrolled wild fires and some factors that modify the milieu (silting-up of rivers
and invasive species).
Mining activities around (or sometimes inside) some protected areas (Termit, Aïr Ténéré, W
park) constitute a serious threat in terms of pollution and pressures on water resources as well
as a factor of attraction of populations who are likely to increase locally the needs for natural
resources.
The following recommendations have been made by the managers who participated to the
workshop:
- Update and validate the management plans of PAs when they have one, or elaborate the
management plans of those which do not have any
- Establish the legal statute of PAs which do not have it yet
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- Define clear and workable conservation objectives for the network and each protected
area according to the current state of Niger biodiversity
- Ensure a basic funding of all PAs by the State
- Propose possible scenarios to partners and the State for the sustainable funding of PAs
network
- Strengthen PAs managers capacities to use conservation tools (PAs planning and
management tool) and to dialogue with other stakeholders (particularly for involving local
communities in management issues)
- Set up effective consultation frameworks among protected areas via the national network
of protected areas (to encourage information sharing)
- Strengthen the monitoring of protected areas management and the self-evaluation of the
procedures at all levels, to limit procedural errors and to guarantee the transparency of the
management of these activities (mainly towards external partners)
- Strengthen the management system of some PAs (particularly by naming a manager for
those which don't have)
- Make sure that managers stay at their position for a minimal duration to enable a mid-term
monitoring of management actions and make sure that management structures are
located the nearest possible of the sites (decentralization)
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INTRODUCTION
La plupart des écosystèmes nigériens sont fragiles et vulnérables. Ils sont menacés par la
sécheresse, la désertification et la pression humaine entraînant de jour en jour une érosion
spécifique et génétique, une perte de capacités de production et de régénération. Ces facteurs
ont contribué à réduire de manière dramatique les habitats de certaines espèces (Hippopotame,
Girafe, Addax, Lamantin). Ces espèces vivent aujourd'hui une forte compétition, inégale, et sont
condamnées à la disparition, si des mesures urgentes ne sont pas prises. A l'heure actuelle, plus
de 60 % du territoire national ont presque atteint le seuil critique de dégradation des habitats et
plus de vingt espèces ont disparu ou sont au bord de l'extinction (Oryx, Addax, Autruche, etc.)
(DPNR, 1998).
Pour des raisons évidentes de conservation des richesses faunistiques et floristiques, des
actions d'identification et de protection de certaines aires particulières ont été menées. Ainsi,
8,41 millions d'hectares, soit 6,6% de la superficie du territoire national, constituent l'étendue
des aires protégées au Niger (DPNR, 2008).
Le Niger dispose de huit catégories d'aires protégées : Les forêts classées, les forêts protégées,
le parc national, la réserve intégrale ou sanctuaire, la réserve totale de faune, la réserve
naturelle nationale, la réserve partielle de faune, la réserve de Biosphère, ainsi que de
nombreux parcs agro-forestiers et ranchs, qui constituent des sites potentiels pour la
conservation in situ (DPNR, 2008).
Les aires protégées de faune sont au nombre de six : le parc national du ''W'', la réserve intégrale
ou sanctuaire des addax, la réserve naturelle nationale de l'Aïr et du Ténéré, la réserve totale de
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faune de Tamou, la réserve de Gadabédji, la réserve partielle de faune de Dosso. Deux aires
protégées sont inscrites sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO (le Parc National du
''W'' et la réserve naturelle nationale de l'Aïr et du Ténéré). Ces deux dernières sont aussi
classées réserves de biosphère du réseau MAB (Man And Biosphère). Elles couvrent 8,5
millions d'hectares, soit 6,6 % du territoire national (DPNR, 2008).
Figure n°1 : localisation des aires protégées du Niger (la réserve de Tadress n'existe plus et
celle du Termit est en création)
Situé dans la zone soudanienne, le ''parc du W'' couvre une superficie de 220 000 hectares. Il a
été d'abord classé en forêt domaniale et en réserve de faune par décret n° 4676 du 25 juin 1953
et a été érigé ensuite en ''parc national'' par décret du 4 août 1954. Classé site Ramsar en
1987, il est depuis 1996 inscrit site du Patrimoine Mondial et Réserve de Biosphère de
l'UNESCO. La zone du parc était déjà signalée depuis 1936 par des études vétérinaires comme
région d'intérêt cynégétique où toute la grande faune de l'ouest africain se retrouvait. La flore du
parc est celle de la savane arborée (DPNR, 2008).
Le ''parc du W'' est une aire protégées transfrontalière qui comprend une composante
nigérienne, burkinabé et béninoise. Il s'inscrit dans un complexe plus vaste dénommé WAP qui
inclut également les parcs de la Pendjari et de l'Arly (W-Arly-Pendjari).
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Les espèces végétales, herbacées ou arborées, présentes dans les aires protégées du
complexe WAP sont à classer dans le domaine soudanien avec un gradient, du nord au sud,
allant des savanes herbacées (Loudetia togoensis, Andropogon pseudapricus, Pennisetum
pedicellatum...), aux savanes arbustives (Combretum spp., Terminalia spp., Acacia spp.,
Anogeissus leiocarpus, Balanites aegyptiaca, Ziziphus mauritiana...) et enfin aux savanes
boisées (Anogeissus leiocarpus, Terminalia spp., Isoberlinia doka et dalzielli, Daniellia oliveri,
Burkea africana...). Au sud, les formations végétales sont plus fermées et elles sont constituées
de forêts sèches et de galeries forestières en lisière des rivières (Acacia sieberiana, Diospyros
mespiliformis, Borassus aethiopum, Mitragyna inermis, Kigelia africana, Anogeissus
leiocarpus, Cola laurifolia, Sizygium guineense, Antidesma venosum, Carapa procera,
Voacanga africana, Antiaris africana...).
Presque toutes les espèces de grands mammifères (52 espèces) de la savane soudanienne
ouest-africaine se rencontrent dans le parc mais avec des densités encore assez faibles en
raison d'une longue histoire de pression anthropique (braconnage, pâturage et transhumance
illégaux). Une centaine de girafes sur la rive gauche du fleuve Niger ainsi q'une population
relique de lamantins, inféodée à ce tronçon du fleuve complètent ce patrimoine.
Outre les mammifères, le parc W est riche d'environ 360 espèces d'oiseaux, 150 espèces de
reptiles et d'amphibiens et d'une centaine d'espèces de poissons, selon les données actuelles
disponibles (ECOPAS, 2005).
Elle couvre une superficie de 7 736 000 hectares et se trouve dans le département d'Agadez, au
nord du Niger. Cette réserve a été classée par le décret n°88-019/PCMS/MAG/E du 22 janvier
1988 et s'étend entre les montagnes de l'Aïr (sommets à 2200 mètres) et le désert du Ténéré. La
RNNAT héberge une population composée de cultivateurs, d'agropasteurs et de transhumants.
Des droits coutumiers sont reconnus pour ces populations humaines avec toutefois certaines
restrictions en ce qui concerne l'exploitation du milieu naturel. Elle figure sur la liste du
Patrimoine Mondial depuis 1991 (puis a été classée patrimoine mondial en péril en 1992, suite à
la rébellion) et c'est également une Réserve de biosphère depuis 1997. Une zone couvrant
environ 12 % de la ''réserve naturelle nationale'' est classée ''réserve intégrale'', créée par
décret n°88-020/PCMS/MAG/E du 22 janvier 1988, pour préserver certaines antilopes
sahariennes menacées de disparition comme l'Addax. (DPNR, 2008).
Cette région présente de nombreux aspects. C'est le domaine de la steppe dominée par Acacia
erhenbengiana, Acacia raddiana, Balanites aegyptiaca, Maerua crassifolia et des graminées
comme le Panicum turgidum et Stipagrostis vulnerans. Dans les vallées les plus importantes,
un habitat spécifique se développe associant une strate ligneuse dense avec des palmiers
doum (Hyphaene thebaica), des palmiers dattiers (Phoenix dactylifera), Acacia nilotica, Acacia
raddiana, Boscia senegalensis, Salvadora persica, et un tapis herbacé avec entre autre
Stipagrostis vulnerans. Ces habitats accueillent une faune remarquable avec la Gazelle dorcas
(Gazella dorcas) répartie dans l'ensemble de la réserve, la Gazelle dama (Nanger dama dama)
beaucoup plus rare. Le Mouflon à manchettes (Ammotragus lervia) partage les habitats
montagneux avec le Babouin (Papio cynecephalus anubis) et le Patas (Erythrocebus patas).
Cette faune montagneuse a été épargnée par la guerre civile. Par contre, la population
d'Autruches à cou rouge (Struthio camelus camelus) a payé un lourd tribut à cette guerre ; la
plupart des individus (on en dénombrait environ 1600 en 1992) ont été décimés. L'Outarde de
Nubie (Neotis nuba) est encore présente. L'Addax (Addax nasomaculatus) est présent dans la
réserve mais reste cependant très discret, tout comme les guépards sahariens (Acynonix
jubatus hecki) dont une femelle et son petit ont été récemment observés dans le Nord de la
réserve. Le massif de l'Aïr constitue également une zone de transit pour un grand nombre
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d'oiseaux migrateurs afro-tropicaux et paléarctiques (plus d'une centaine d'espèces).
L'importance culturelle de l'Aïr est remarquable, notamment par la présence des vestiges de
civilisations antérieures (patrimoine historique) (Etude patrimoine mondial UICN/PAPACO).
Cet héritage culturel et archéologique de valeur inestimable a conduit l'UNESCO à engager un
programme d'urgence de réhabilitation du complexe (République du Niger, PNUD et FFEM).
La Réserve totale de faune de Tamou s'étend sur une superficie de 77 740 hectares. Elle est
adjacente au parc du W au nord-ouest. La réserve a été créée par décret n°62-188/MER du 8
août 1962 et couvrait une superficie d'environ 147 000 ha. Bien que les établissements humains
soient interdits dès sa création en 1962, la reconnaissance d'une occupation importante suite
aux phénomènes de sécheresse des années 1974 et 1984 a conduit à déclasser une partie de
la réserve (environ 77 000 ha) conformément au décret n°76-141/PCMS/MDR du 12 août 1976
(DPNR, 2008).
La réserve totale de faune de Tamou renferme presque le même biotope que celui du parc W
avec une végétation caractérisée par:
- des steppes arbustives des glacis à pentes faibles, constituées essentiellement de ligneux tels
que Guiera senegalensis, Combretum micrathum, et d'un tapis herbacé composé d'espèce
comme Eragrostis tremula ;
- des brousses tigrées constituées de combrétacées dominées par Guiera senegalensis,
Combretum nigricans, Combretum micranthum, combretum glutinosum ;
- des savanes arbustives dominantes notamment sur les plateaux et glacis avec quelques
espèces telles que Combretum nigricans, combretum glutinosum, Sclerocarya birrea,
Balanites eagyptiaca, Adansonia digitata ;
- Des savanes arborées se rencontrant sur les affaissements de la cuirasse, les plateaux
cuirassés, la base des plateaux cuirassés, les vallées ;
- Des forêts - galeries se sont développées le long des principales vallées et cours d'eau comme
la Tapoa et le Diamangou avec la présence de grands arbres tels que Ficus platyphylla, Cola
laurifolia Anogeissus leocarpus, Diospyros mespiliformis, Tamarindus indica (Hamissou,
2006).
Avec la Proximité du parc régional W du Niger dont elle sert de zone tampon, la RTFT est utilisée
à certaine période de l'année comme zone de refuge pour la faune du parc W. On rencontre
pratiquement toutes les espèces fauniques sahélo-soudaniennes du Niger présentes au parc
du W, telles que : le Buffle (Syncerus caffer brachyceros), l'Eléphant (Loxodonta africana),
l'Hippotrague (Hippotragus equinus), et certains carnivores comme le Lion (Panthera leo),
l'Hyène tachetée (Crocuta crocuta), et le Guépard (Acinonyx jubatus hecki). Dans la partie
fluviale de la RTFT, on rencontre les espèces suivantes : Hippopotame, le Phacochère
(Phacochoerus africanus), le Singe rouge (Erythrocebus patas patas), le Singe vert
(Chlorocebus eathiops tantalus), le Babouin (Papio anubis), le Caracal (Felis caracal), le
Chacal commun (Canis aureus), mais surtout une avifaune très riche et variée composée de
grands échassiers, limicoles (Hamissou, 2006).
La réserve partielle de faune de Dosso, d'une superficie de 306 500 hectares, située au nord-est
du parc national du W, a été créée par décret n°62-189/MER du 8 août 1962. Elle joue le rôle de
zone tampon. Il n'y a pas eu de dispositions, ni d'organe de gestion de cette réserve.
L'exploitation agricole et le pâturage depuis le classement de cette zone sont généralisés
(DPNR, 2008).
15
En l'absence d'études réalisées dans la zone, la situation des ressources naturelles de la zone
est quasi inconnue. On sait cependant que leur état de dégradation est très avancé.
La réserve totale de faune de Gadabédji (RTF/G), a été créée en 1955 sur une superficie de 76
000 hectares. Elle est située au centre-sud du Niger à environ 560 km à vol d'oiseau au nord-est
de Niamey, et à 170 km à vol d'oiseau au nord de Maradi, chef lieu de la région du même nom. A
cette réserve sont contiguës trois zones cynégétiques que sont les zones de Akadaney, de Tin
Simitan et de Sala (DPNR, 2008).
La réserve totale de faune de Gadabédji se présente comme un plateau entouré par des vallées
fossiles orientées majoritairement nord-est/sud-ouest. Ce plateau est sillonné par des ''koris'' et
recouvert par des dunes (longitudinales et barkhanes) dont la plus grande est la dune de
Toudou Balla située au centre-est de la RTF/G (DGEEF et IGF, 2009).
D'une façon générale, on peut qualifier le paysage de la RTF/G de savane arborée claire.
Toutefois, une analyse plus fine fait ressortir les trois grands types de paysages suivants : une
savane à Acacia raddiana en association soit avec Balanites aegyptiaca sur les pentes, les
terrasses, les vallées et les mares, soit avec Ziziphus mauritiana sur les pentes, les vallées et
les koris ; une savane à Sclerocarya birrea en association soit avec Acacia raddiana et Balanites
aegyptiaca sur les plateaux, les vallées inter-dunaires et autour des mares, soit avec
Commiphora africana et Boscia senegalensis sur les pentes, les plateaux et les dunes ; une
savane à Commiphora africana en association soit avec Acacia raddiana sur les pentes
érodées, soit avec Acacia erhenbergiana, Cordia sinensis, Boscia senegalensis, Euphorbia
balsamifera, Grewia tenax sur les pentes dégradées avec koris et les bas-fonds (DGEEF et
IGF, 2009).
Jusqu'aux années 1930, la zone de Gadabédji était une des régions les plus giboyeuses du
Niger ; elle était valorisée principalement par la chasse et la cueillette. Le développement de
l'élevage à partir des années 40, l'occupation saisonnière de la zone par les nomades et son
exploitation par les chasseurs haoussas sédentarisés dans le nord du département de Dakoro,
conduisirent à une réduction importante de la faune au début des années 50. Consciente de
cette dégradation, l'administration coloniale décida de créer la réserve totale de faune de
Gadabédji le 25 avril 1955 afin de protéger la grande faune sahélo-saharienne comprenant
notamment l'Oryx algazelle, mais aussi la Girafe, la Gazelle dama, le Guépard et l'Autruche
(DGEEF et IGF, 2009).
Aujourd'hui, de nombreuses espèces ont disparu, et il ne subsiste plus qu'une faune résiduelle
composée de quelques espèces à faible effectif dont notamment : la Gazelle dorcas, la Gazelle
à front roux (Gazella rufifrons), le Chacal commun, le Renard pâle (Vulpes pallida), le Chat
sauvage d'Afrique (Felis sylvestris libyca), la Genette (Genetta sp.), le Patas, le Lièvre à oreilles
de lapin (Lepus crawshayi), le Rat palmiste (Xerus erythropus), le Rat à trompe (Elephantulus
sp.) ainsi qu'une centaine d'espèces d'oiseaux (DGEEF et IGF, 2009).
Sur le plan écologique, la zone de Termit et du Tin Toumma, au Sud Est du Niger, abrite une
biodiversité sahélo-saharienne exceptionnelle.
Le massif du Termit, situé dans la partie orientale du Niger, abrite une variété de faune tout à fait
remarquable étant donné les conditions climatiques sévères qui y règnent. On y trouve
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notamment des antilopes telles que la Gazelle Dorcas (Gazella dorcas), la Gazelle Dama
(Nanger dama dama), des addax (Addax nasomaculatus), des mouflons à manchette
(Ammotragus lervia), des carnivores, tels que le Guépard (Acynonix jubatus hecki), des hyènes
rayées (Hyaena hyaena), le Chacal commun (Canis aureus), le Fennec (Vulpes zerda), le Chat
des sables (Felis margarita) ainsi qu'une métapopulation de tortues sillonnée (Geochelone
sulcata) (site web ASS).
C'est grâce à son isolement et à la difficulté relative d'y accéder, que cette zone est devenue
naturellement un refuge pour les espèces sahélo-sahariennes. En considérant ces limites, la
réserve naturelle nationale de Termit et de Tin Toumma sera un polygone, qui aura un périmètre
de 1442 km. On comprend dès lors les difficultés qu'il y aura à en assurer une surveillance
complète (UICN/PAPACO, 2009).
17
ORGANISATION DE LA GESTION DES PARCS
AU NIGER
1. Institutions de gestion
2. Contexte législatif
Le Niger est actuellement doté d'un arsenal d'institutions, de stratégies et de lois relatives à
l'environnement. En fait, 1998 a été une année de planification intensive pour l'environnement
et les ressources naturelles. En atteste les documents-clés produits alors à savoir : (i) le Plan
National de l'Environnement pour un Développement Durable (juillet, 1998) ; (ii) le Programme
d'Action National de Lutte contre la Désertification et de Gestion des Ressources Naturelles
(octobre, 1998) ; (iii) la Stratégie pour la Biodiversité et son Plan d'Action (octobre, 1998); et (iv)
la loi sur la gestion de l'Environnement (novembre, 1998). Ces différentes stratégies et plans
d'action mettent la lutte contre la dégradation des terres et la gestion durable des ressources
naturelles au titre de leurs priorités.
En terme de gestion de conflits liés à la gestion des ressources naturelles, le Niger a adopté en
1993 par Ordonnance 93-015, les principes d'orientation du Code Rural qui ont ensuite donné
naissance à ce Code.
Le cadre législatif actuel en faveur des aires protégées reste très peu étoffé. La loi N° 98-07 du
29-04-98 fixant le régime de la Chasse et de la Protection de la Faune ne règle pas tous les
problèmes afférents à la gestion des parcs et des réserves. Elle met beaucoup plus l'accent sur
la gestion de la chasse plutôt que sur l'ensemble des activités de conservation et valorisation
des ressources fauniques dans leur ensemble (DPNR, 2008).
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DEROULEMENT ET METHODOLOGIE
D'EVALUATION
L'évaluation des parcs et réserves du Niger s'est déroulée au cours d'un atelier de trois jours, qui
s'est tenu à Niamey du 30 mars au 1er avril 2010. La liste des participants est présentée dans le
tableau ci-après.
Tableau n°1 : liste des participants à l'atelier d'évaluation des aires protégées du Niger
19
La méthodologie employée est celle développée par le World Wide Fund for Nature (WWF) :
méthode d'évaluation rapide et d'établissement des priorités de gestion des aires protégées
(RAPPAM), combinée à l'instrument de suivi des aires protégées, développé par la Banque
Mondiale et le WWF : Management Effectiveness Tracking Tool (METT). Ces méthodes se
fondent sur le cadre d'évaluation mis au point par la Commission Mondiale des Aires Protégées
(CMAP). Elles offrent aux décideurs un outil leur permettant d'évaluer rapidement l'efficacité
générale de la gestion des aires protégées dans un pays ou une région en particulier, pour
ensuite pouvoir prendre les décisions ad hoc pour améliorer les pratiques de gestion.
Il est important de rappeler que la méthodologie utilisée est basée sur le principe d'une auto-
évaluation participative, conduite avec l'ensemble des parties prenantes dans la gestion
des aires protégées évaluées. Elle repose sur plusieurs hypothèses préalables dont trois
sont particulièrement importantes :
- le climat au cours de l'atelier doit être positif : étant donné que la qualité des données dépend
de la bonne volonté et de la participation des gestionnaires, et de tous les partenaires, des
aires protégées, un climat de confiance et de transparence est essentiel pour obtenir des
informations fiables qui donneront des résultats significatifs et utilisables.
- la méthodologie peut s'appliquer aux six catégories d'aires protégées de l'UICN, mais elle
est surtout applicable aux catégories I à IV.
- la méthodologie suppose que les gestionnaires et administrateurs ont les connaissances
requises pour fournir des données suffisantes et fiables.
Le présent rapport rend donc compte des éléments présentés et discutés par ces acteurs au
cours de l'atelier, et ne renvoie pas nécessairement une image strictement conforme à la réalité.
Ce biais est cependant atténué par la mixité des participants (Etat, gestionnaires, ONG,
scientifiques…) au cours de l'atelier et par le travail d'animation et de relecture conduit par les
évaluateurs.
Les informations détaillées relatives à ces méthodes d'évaluation sont disponibles sur le site :
[Link] évaluations
20
RESULTATS ET ANALYSE
1. Pressions et menaces
Note : chaque pression peut avoir un score compris entre 1 et 64. Le résultat est égal à la
multiplication de l'ampleur (échelle de 1 à 4 : localisée, éparse, dispersion large, ou partout) par
l'impact (échelle de 1 à 4 : peu sévère, modéré, fort, ou sévère) et la durée (échelle de 1 à 4 :
court terme, moyen terme, très long terme ou permanent). Ce n'est donc pas une échelle
linéaire. Un score entre 1-3 est faible, entre 4-9 modéré, entre 12-24 élevé et entre 27-64
sévère.
Les parcs et réserves du Niger sont soumis à de nombreuses pressions. Les plus récurrentes et
les plus importantes sont le braconnage, l'utilisation illégale des terres, l'exploitation du bois et
des produits forestiers non-ligneux, les feux de brousse et la modification du milieu (figure 2).
Figure n°2 : répartition des différents type de pressions dans les AP du Niger
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La réserve totale de faune de Gadabédji est celle qui semble la plus soumise aux pressions. Elle
est suivie par la réserve naturelle nationale de l'Aïr et du Ténéré et par celle de Tamou. La
réserve naturelle nationale de Termit Tin Toumma serait la moins touchée par les pressions ; on
sait cependant que les activités pétrolières y ont un impact très néfaste en termes de
dégradation des écosystèmes et de braconnage (figure n°3).
21
Figure n°3 : répartition des pressions dans les 6 AP étudiées
Pressions cumulées
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Tableau n°2 : détail des pressions identifiées par les gestionnaires dans chaque AP
22
L'utilisation illégale des terres
L'utilisation illégale des terres concerne principalement les activités agricoles ou pastorales à
l'intérieur de l'aire protégée ainsi que l'installation de villages au sein de son périmètre.
Figure n°4 : répartition de la pression d'utilisation illégale des terres dans les AP du Niger
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Ce phénomène est certes présent dans l'ensemble des aires protégées, cependant sont
ampleur semble plus perceptible à Gadabédji et dans l'Aïr-Ténéré. Dans la réserve totale de
faune de Gadabédji, les éleveurs (autochtones et transhumants) en sont les responsables,
d'après les gestionnaires. Cette pression s'est accrue à la faveur de l'adoption d'une convention
locale initiée par le projet aménagement de la réserve de faune de Gadabédji depuis le 18
septembre 1991 et autorisant la pâture de jour (8 heures à 18 h) du 1er janvier au 31 mai de
chaque année. Cette situation a encouragé une forte utilisation de toute l'aire protégée. Pour
réduire cette pression, la surveillance a été renforcée, aussi bien à la limite de l'aire protégée où
l'on assiste à une forte pression pastorale, que dans la réserve afin de réduire le temps de
pâture. Mais compte tenu des moyens matériels (quatre dromadaires pour la surveillance),
humains (quatre forestiers) et de l'existence de la convention locale de pâture, les actions de
surveillance restent sporadiques.
Dans la RNNAT, l'utilisation illégale des terres se rapporte à l'exploitation des ressources
archéologiques par les touristes bénéficiant de la complicité des populations locales et des
agences de voyage. L'ampleur de ce phénomène a suscité un renforcement de la surveillance
au niveau des aéroports de Niamey et Agadez afin de décourager le pillage des ressources
archéologiques.
Plus au sud, dans la zone de Tamou, Dosso et W, deux principales activités engendrent une
forte incidence sur les ressources des aires protégées. Il s'agit de l'agriculture et de l'élevage
(sédentaire et transhumant). A Tamou, on assiste à un empiètement dans l'aire protégée pour
l'ouverture de champs et l'implantation de nouveaux villages. Ce phénomène se poursuit depuis
1976, lorsqu'une partie de la réserve a été déclassée au profit de l'agriculture à travers la
création d'une zone de " franche culture ". Il en est de même dans la zone de Dosso où les
défrichements agricoles ont occasionné de nouvelles implantations humaines et une forte
pression pastorale sur les ressources végétales.
23
L'émondage et le pâturage aérien y sont très fréquents. Dans le parc du W, l'utilisation illégale
des terres s'est traduite par l'occupation des différentes îles de la zone de Karey Kopto, et des
tentatives de mise en culture anarchique des lits et bas fonds de la rivière Tapoa et de certaines
parties sud du terroir du village de Baniguitti, qui sert de frontière naturelle entre le Niger et le
Burkina Faso. L''utilisation illégale des terres est aussi caractérisée par la présence de pasteurs
sédentaires ou transhumants exerçant de façon illégale l'exploitation des ressources
fourragères. Mais cette pression connaît de plus en plus une régression du fait des
aménagements de zones pastorales à la périphérie, le balisage et la création de couloir de
passage, des actions de sensibilisation, l'intensification de la surveillance, impulsés par le
programme ECOPAS et les autres partenaires tels que Africa 70…
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La coupe du bois est partout signalée, dans les six aires protégées. L'exploitation du bois et des
produits forestiers non ligneux (PFNL) est assez développée dans la RNNAT si on en croit ses
gestionnaires. Elle se traduit par une exploitation du bois de feu et de la paille. Les populations
riveraines, et les commerçants transporteurs de bois provenant des grandes villes comme
Agadez en sont les principaux acteurs. La paille est, par exemple, prélevée pour servir
d'alimentation au cheptel des éleveurs vivant en ville. La paille est également utilisée par les
caravaniers pour la confection des nattes. Toutefois, les actions de surveillance et le démarrage
du programme de vulgarisation du charbon minéral auprès des gros consommateurs (hôpitaux,
prison, etc.) à travers le COGERAT, a permis de comprendre le fonctionnement des filières "
bois " et " paille " lors d'une étude menée en 2007.
A Dosso l'exploitation du bois se fait via les marchés ruraux de bois. Elle est à mettre au compte
des populations riveraines, des migrants agricoles et de quelques citadins. Il en est de même
dans la zone de Gadabédji où les artisans coupent certaines espèces d'acacia (radiana), le
Balanites, pour la confection des selles de chameaux. Cette situation prévaut également dans
l'aire protégée du Termit où l'espèce de prédilection est Acacia raddiana. Dans la réserve de
Tamou, on assiste à une coupe abusive du bois, une mutilation des arbres par les éleveurs, des
24
prélèvements d'écorces de certaines essences (Kaya senegalensis, etc.) pour la pharmacopée,
à la récolte des fruits (pain de singe, Ziziphus mauritania, etc.), pour la consommation locale.
Les éleveurs locaux, les transhumants et les populations riveraines en sont les principaux
responsables. Des actions de sensibilisation et des brigades forestières pour la surveillance
sont menées tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de ces aires protégées afin de réduire au maximum
l'exploitation des PFNL. Le prélèvement des PFNL (plantes médicinales, fruits, etc.) au parc du
W s'effectue sous le contrôle des forestiers ce qui explique la faible proportion des
prélèvements.
Braconnage
On regroupe sous le terme de braconnage toutes les pratiques illégales de chasse ou de pêche.
Braconnage
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Le braconnage est partout présent dans les réserves et parcs nigériens. Dans le Termit, l'Aïr,
voire à Gadabedji, le braconnage exercé par les militaires et le braconnage commercial,
organisé et commandité depuis les centres urbains, est probablement responsable de la
diminution drastique des effectifs de gazelles dorcas, de gazelles à front roux et d'outardes. Les
prélèvements d'animaux vivants sont également fréquents : tortues et gazelles se retrouvent à
Niamey, Agadez, ou dans d'autres villes. Dans le cas de Gadabédji, les braconniers proviennent
pour la majorité des villages autour de la réserve et des centres ville comme Tahoua, Agadez et
Tanout.
A Tamou, le braconnage du gros gibier est mené par les dignitaires venant soit de Say, soit de
Niamey. L'avifaune fait l'objet d'une pression de la part des populations locales. Dans la zone du
W, les effets du braconnage sur le parc auraient été considérablement réduits ces dernières
années.
La chasse au gros gibier dans les aires protégées fait également l'objet de certains passe-droits
attribués à des personnalités nationales ou étrangères. De manière générale, le braconnage
reste le principal facteur de réduction des efectifs de faune au Niger, et cela a conduit
notemment à la disparition des oryx et des autruches à cou rouge.
25
Les feux de brousse
Figure n°7 : répartition de la pression de feux de brousse dans les AP du Niger
Feux
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Considérés comme ayant une très grande envergure à Gadabédji et à Tamou, les feux de
brousse sont par contre pratiquement absents dans les aires protégées de Termit et de l'Aïr
Ténéré du fait des conditions climatiques non favorables à la présence de nombreuses
herbacées. Les éleveurs transhumants et locaux, de même que les agriculteurs, sont identifiés
comme en étant les principaux auteurs. En effet, à Gadabédji tout comme à Tamou, les feux de
brousse sont souvent volontaires car leur pratique permet la régénérescence de certaines
essences prisées par les animaux. Ainsi, les éleveurs mettent le feu pour favoriser les
repousses afin de faire face à la période de soudure. Parfois les feux incontrôlés qui naissent en
périphérie peuvent se propager à l'intérieur de l'aire protégée. Afin de résorber ce problème
récurrent, des séances de sensibilisation et des formations sur la réalisation des pare-feux sont
couramment programmées dans les campements et les villages. A titre illustratif, à Gadabédji,
200 km de pare feu ont été réalisés en 2009. Au cours de cette réalisation, l'Etat (via son service
en charge de l'environnement) a pris en charge le petit matériel pour la construction des pare-
feux tandis que les villageois fournissaient la main d'œuvre. Dans la zone du W et à Dosso, les
feux de brousse sont également observés mais seraient de [Link].
La modification du milieu
Les modifications du milieu sont les conséquences de phénomènes, parfois indirects, des
pressions anthropiques intervenant autour et dans l'aire protégée.
26
Figure n°8 : répartition de la pression de modification de milieu dans les AP du Niger
Modification du milieu
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Menaces
Les menaces sont des pressions potentielles, susceptibles d'intervenir directement au niveau
de l'aire protégée dans un avenir proche ou lointain. Les menaces les plus importantes sur les
aires protégées évaluées sont la pollution et la pression démographique.
Menaces cumulées
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Dosso Termit Parc W Tamou
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Tableau n°3 : détail des menaces identifiées par les gestionnaires dans chaque AP
Menaces Pression anthropique Risque sanitaire Pollution Modification du
entre faune milieu
domestique et
AP sauvage
La pression démographique
Figure n°10 : répartition des menaces dues à la croissance démographique dans les AP du
Niger
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Dosso Termit Parc W Tamou
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La pression démographique représente une grande menace pour l'ensemble des parcs et
réserves du Niger. L'aire protégée de Tamou est celle qui exprime une pression démographique
la plus importante, s'expliquant principalement par l'installation définitive de migrants agricoles
venant du nord à la faveur aussi bien de la présence de la réserve que du bitumage de la route
Say/Tapoa. Il importe de noter que la pression démographique engendre une avancée du front
agricole, ce qui représente un grand danger. A Gadabédji et à Dosso, l'implantation des puits et
des campements, ainsi que l'avancée du front agricole sont les signes les plus visibles de la
forte pression démographique. La RNNAT est marquée par l'insécurité du fait de la rébellion
depuis quelques années. Elle connaît une surexploitation des ressources hydriques et une
pression démographique consécutive à l'exploitation minière qui attire de nombreuses
personnes. Le déplacement des populations de la Tapoa a engendré une avancée du front
agricole vers le parc du W ce qui risque d'accroître les déséquilibres déjà existants au niveau
des villages riverains de l'aire protégée. Au niveau du Termit, les populations nomades restent
constantes en nombre. Il existe cependant une réelle menace liée à l'implantation des bases vie
pour l'exploitation pétrolière en terme d'attrait de population et des pressions qui en découlent.
La pollution
La menace de pollution qui pèse sur les aires protégées est essentiellement due à l'exploration
et à l'exploitation minière qui s'effectuent non loin des parcs et réserves. L'Air Ténéré est la
réserve la plus menacé du fait de l'exploitation de l'uranium de Arlit. Dans la réserve naturelle du
Termit, la pollution est due aux activités de la prospection minière qui aura un impact sur les
nappes phréatiques, mais aussi directement par déversement d'hydrocarbures sur le sol. Les
impacts de cette menace relativement récente sont certainement sous-estimés par les
gestionnaires à l'heure actuelle.
Pollution (Menace)
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Dosso Termit Parc W Tamou
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La modification du milieu
Figure n°12 : répartition des menaces de modification du milieu dans les AP du Niger
Modification du milieu (Menace)
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Degré
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Dosso Termit Parc W Tamou
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Trois aires protégées sont considérées par les gestionnaires comme étant sous la menace d'un
changement de leur milieu naturel. Il s'agit de Tamou, de l'Aïr Ténéré et de Dosso. A Tamou,
cela se caractérise par une prolifération de l'érosion hydrique, consécutive au ramassage
croissant de la paille, ce qui expose le sol à l'érosion éolienne et hydrique, puisque la couverture
végétale qui devait réduire l'effet des eaux de pluie et l'ensoleillement n'y est plus. A cette
situation s'ajoute une recrudescence des d'espèces envahissantes telles que sida cordifolia
qui tend à occuper de plus en plus de surface au sein de Tamou et Dosso. Dans l'Aïr Ténéré,
c'est l'envahissement par Prosopis juliflora qui est mentionné comme étant l'une des
conséquences de la modification du milieu. L'érosion hydrique et éolienne s'y ajoute dans une
moindre mesure. Dans le Termit, les zones d'exploitation et de prospection pétrolières sont
soumises aux déplacements anarchiques des camions et buldozers qui ont par endroit
complètement dénaturé le paysage et rasé certains pâturages.
Figure n°13 : répartition des menaces de risque sanitaire faune sauvage/domestique dans les
AP du Niger
Risque sanitaire faune sauvage / animaux
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Degré
5
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Dosso Termit Parc W Tamou
Gadabedji Air Tenere
30
2. Contexte: importance biologique et importance socioéconomique
des aires protégées
Il y avait quatre réponses possibles à cette partie du questionnaire : oui = 5, plutôt oui = 3, plutôt
non = 1 et non = 0. Un score de 5 ne signifie pas nécessairement qu'il n'y a aucun problème et un
score de 0 n'indique pas un échec total. Les résultats par parcs sont calculés en faisant la
somme des scores des différentes questions. Les résultats par question sont des moyennes.
L'importance biologique
Selon les gestionnaires des aires protégées du Niger, plusieurs espèces sont en danger ou
menacées de disparition: le Lycaon (Lycaon pictus), l'Addax, la Gazelle dama, la Gazelle
dorcas, la Gazelle à front roux (Gazella rufifrons), le Guépard du désert, la Grande Outarde
Arabe, l'Outarde à ventre blanc et l'Outarde naine sont menacées de disparition du fait du
braconnage très intense. L'Autruche a quasiment disparue (seul un mâle existerait encore à
l'état sauvage dans la réserve de l'Aïr). Le Chacal est reconnu par les gestionnaires comme
étant une espèce en danger, susceptible d'être tuée par les éleveurs (possible utilisation de
strychnine pour empoisonner les chacals), puisqu'elle représente un danger pour le cheptel.
L'Oryx algazelle a disparu.
Les espèces floristiques telles que Kaya senegalensis, Ceiba pentandra, Sclerocaria birrea,
Prosopis africana sont menacées car elles sont recherchées soit pour la pharmacopée, soit
pour la confection des mortiers, des pilons, lits, tabouret et spatules, écuelle, etc.
Malgré les pressions qui pèsent sur les aires protégées du Niger, la diversité biologique y
persiste. Les espèces rares, menacées ou en danger au niveau local, régional ou national
présentes dans les aires évaluées sont :
- Dosso : l'Hyène ;
- Parc W : le Lycaon, le Guépard ;
- Termit : l'Addax, la Gazelle dama et le Guépard ;
- Aïr Ténéré : l'Addax, la Gazelle dama, la Gazelle letopcère, le Mouflon à manchettes
(Ammotragus lervia), la Gazelle dorcas, les babouins, les oiseaux migrateurs, le Fennec ;
- Gadabédji : la Gazelle à front roux, la Grande Outarde d'Arabie (Ardeotis arabs) l'Outarde à
ventre blanc, la Gazelle dorcas, le chacal doré, les singes patas, le chat de Lybie (Felis
lybica) ;
- Tamou : les espèces comme le Lion, la Gazelle dorcas, l'Hyène, les pintades sauvages
(Numida meleagris), le Lycaon, y sont présentes. On note une diversité de poissons (112
espèces) et plus de 70 espèces de mammifères.
31
Figure n°14 : répartition de l'importance biologique des AP du Niger
Importance biologique
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En dépit des pressions qui pèsent sur toutes les aires protégées, il semblerait que la diversité
biologique soit maintenue. A Tamou, les gestionnaires mentionnent la présence du
Dyospiros mespiliformis, du Pterocarpus, Lannea et de l'Adansonia digitta. Environ 112
espèces de poissons, 70 espèces de mammifères et de nombreux reptiles y seraient encore
présents. L'aire protégée de Tamou étant située dans la partie Sud du Niger, elle est
caractérisée une pluviométrie assez favorable, ce qui permet la présence de la glossine
(mouche tsé-tsé). A Gadabédji, l'inventaire réalisé au cours du mois de mars 2010 a permis de
constater la présence de 97 espèces d'oiseaux dont le Gyps rueppellii, Terathopius ecaudatus
(le Bateleur), etc. Le même inventaire a permis de constater la présence de 19 gazelles dorcas,
2 gazelles à front roux, 33 singes patas, 10 grandes outardes, 2 outardes à ventre blanc, 8
chacals, de nombreux vautours, le Renard pâle, le Ratel. Cette diversité faunistique
s'accompagne également d'une diversité floristique dont les Acacia (nilotica, raddiana,
ehrembergiana, seyal, etc.), le Zizyphus mauritiana, Faidherbia albida, Sclerocarya birea, etc.
Ainsi, en dépit des informations fournies par les gestionnaires au cours de l'évaluation, ces
données récentes sur les ressources de Gadabedji soulignent l'importance de ce site et
semblent le placer devant celles de Dosso et Tamou en termes d'importance biologique.
Dans l'Aïr Ténéré, on note la présence d'une gamme de diversité floristique et faunistique
associée aux types d'écosystèmes de la zone. En effet, la diversification de l'habitat
(montagneux, inter-montagneux, désertiques, jardins, etc.) a favorisé la présence d'une flore
diversifiée (Acacia tortilis, Boscia senegalensis, Tamarindus indica, Anogeisus leiocarpus, etc.)
et d'une faune assez variée (le Mouflon à manchettes (Ammotragus lervia), les gazelles dorcas,
les babouins, les oiseaux migrateurs, etc.). L'autruche et l'Addax sont des espèces visiblement
éteintes. A Dosso, la diversité floristique et faunistique est assez moyenne et différente de celle
qui prévaut dans le parc W. Les espèces comme Kaya senegalensis y sont présentes. Dans le
parc W, les savanes arbustives et arborées sont dominantes. C'est également la zone de
prédilection des grands troupeaux d'éléphants de buffles, d'antilopes autour des mares et des
cours d'eau comme la Tapoa. On y rencontre également une variété de ligneux dont Leiocarpus
et Terminalia spp., et quelques espèces comme Daniellia oliveri.
32
Caractérisée par un écosystème sahélo-saharien, l'aire protégée du Termit possède également
un bon niveau de diversité biologique, en témoigne la présence de l'Addax, de la Gazelle dama
et du Guépard du désert.
La difficulté soulignée par les gestionnaires en termes de mise en œuvre du suivi écologique de
façon régulière, et donc l'absence de données fiables sur les inventaires, n'autorise pas une
grande comparaison entre les aires protégées. Toutefois, il importe de reconnaitre que
l'importance biologique des aires protégées de Termit, de l'Aïr Ténéré, du parc W est
remarquable.
Dans l'Aïr Ténéré, l'existence de plusieurs guelta et oasis est un atout favorable facilitant la
présence des oiseaux migrateurs (dendrocygnes, oies de Gambie, canards casqués, etc.).
Mais les observations faites sur le terrain montreraient que l'exploitation de l'uranium conduit
chaque année à une forte mortalité des oiseaux au niveau des bassins de décantation des
sociétés d'exploitation de ce minerai. La RNNAT abrite également le Mouflon à manchette
(Ammotragus lervia). L'Addax n'y a plus été vu depuis les années 1990.
En résumé, on retiendra que les aires protégées du Niger jouent un rôle crucial pour le maintien
et le fonctionnement écologique, mais les pressions qu'elles subissent font que leur diversité
structurelle s'est fortement dégradée par rapport à leur statut originel.
33
L'importance socioéconomique
Figure n°15 : répartition de l'importance socio-économique des AP du Niger
Importance socio-économique
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D'après les gestionnaires, les aires protégées dégagent des retombées économiques
pour les communautés locales. A la RNNAT, la pratique des cultures irriguées, l'exploitation
du bois, le pâturage et les activités touristiques génèrent quelques revenus pour les
populations (mais le lien avec l'existence de la réserve n'est pas établi). Dans la réserve de
Gadabédji, six agents pour la surveillance et un gardien pour l'entretien des chameaux utilisés
pour la patrouille ont été recrutés en 1991 par l'entremise du projet d'aménagement de la
réserve, financé par la SNV. A Tamou, l'ONG Africa 70, de par ses interventions sur
l'exploitation artisanale de la gomme arabique et le développement du tourisme, crée des
emplois et génère des revenus pour les populations riveraines de la réserve. Dans le W, depuis
2002 à nos jours l'appui financier et technique du programme ECOPAS a suscité le recrutement
du personnel (éco-gardes, guides, indicateurs, etc.) au sein des villages contigus à l'aire
protégée. L'utilisation de la main-d'œuvre locale pour des travaux (ouverture des pistes, et
aménagement à l'intérieur du parc…) a généré des revenus substantiels pour les populations.
La réalisation des structures touristiques communautaires (infrastructures hôtelières) a permis
de créer de l'emploi et des salaires pour les personnes qui y travaillent. Le développement du
tourisme a facilité la mise en place d'une taxe de visite qui est reversée aux différentes
communes desquelles relèvent les parcs et réserves au plan administratif.
La dépendance des communautés locales aux ressources des aires protégées est
partout confirmée par les gestionnaires. Dans l'Aïr Ténéré, les ressources hydriques,
pastorales, forestières, fauniques font l'objet de prélèvements. Dans la réserve de Gadabédji,
les communautés installées à la périphérie de la réserve sont majoritairement constituées
d'éleveurs. De ce fait, la réserve est utilisée partiellement pour la pâture des animaux
domestiques puisqu'il y a une convention locale qui autorise la pâture du 1er janvier au 31 mai
de chaque année. Il en est de même dans le Termit car la réserve est utilisée comme une zone
pastorale par les éleveurs locaux. L'activité de cueillette est assez importante à Tamou
(recherche de gomme arabique, de feuilles de baobab, de fruits de Zizyphus mauritiana) et à
34
Dosso (recherche de la paille). Par contre, l'activité de cueillette dans le parc W couvre une
faible proportion des besoins des populations.
Toutes les aires protégées abritent des espèces de plantes de hautes importances
sociale, culturelle ou économique. En effet, de nombreuses plantes sont identifiées par les
populations locales comme ayant des vertus thérapeutiques, alimentaires, voire pour leur rôle
socio-économique. Dans l'Aïr Ténéré, certaines plantes sont utilisées aussi bien pour l'artisanat
(Balanites aegyptiaca, Leptadenia pyrotechnica, Acacia spp., etc.) que pour l'alimentation
(Zizyphus mauritiana, etc.). A Gadabéji, Sclerocarya birrea est utilisé dans l'artisanat. De
même, Comifera africana est employé dans la fabrication des ustensiles de cuisines, des lits et
selles de chameaux. A Tamou, les plantes médicinales sont essentiellement le Kaya
senegalensis, le Kigelia africana, etc. Il y a également une forte potentialité d'espaces mellifères
dans la réserve. Dans le parc W et à Dosso ce sont le Karité, le Baobab, le Detarium, le Néré, le
Pterocarpus, etc. qui constituent les espèces recherchées. Enfin, dans le Termit, les acacias
(notamment Acacia nilotica) entrent aussi bien dans la construction des maisons, que dans
l'alimentation du bétail. L'Acacia raddiana est préférentiellement utilisé comme plante
médicinale.
Quelques espèces faunistiques présentes dans les aires protégées ont une importance
socioculturelle et économique. Dans le W et à Dosso, le Lamantin, l'Hippopotame, l'Hyène et
le Porc-épic font partie des représentations culturelles de certains groupes communautaires
vivant à leur lisière. A Tamou, les crottes des hyènes sont recherchées et vendues sur les
marchés locaux. Les crottes d'éléphants servent de fertilisants aux cultures. Dans la RNNAT,
l'Autruche, la Gazelle dorcas, l'Outarde de Nubie, le Pigeon biset (Columbia livia), la Pintade
commune (Numida meleagris), l'Oryx algazelle, les Faucons (Falco biamircus, peregrinus,
tinnunculus et concolor), sont très prisés pour leurs vertus soit thérapeutiques soit magiques. A
Gadabédji, c'est la Grande Outarde qui est très appréciée et fait l'objet de braconnage. Dans le
Termit, la Gazelle Dama, le Mouflon à manchette, l'Addax et le Guépard représentent des
symboles dans la culture des communautés riveraines de la réserve.
35
Certaines aires protégées ont une valeur récréative notable. Au W, des randonnées
pédestres ou à véhicule, ou encore en canoë, sont possibles. Il en est de même à Dosso où un
campement touristique (site de Gambou-gambou) est réalisé afin d'offrir aux touristes une vue
sur les méandres et les falaises. Dans le Termit, la dilia (écosystème particulier), les massifs et
les dunes, sont visités par quelques touristes dans le cadre de randonnées (une dizaine de
touristes pour les 3 dernières années). L'Aïr Ténéré constitue un site d'attraction touristique. De
nombreuses agences de voyage ont été créées pour profiter de la demande touristique. En
2002, on comptait 46 agences de voyages à Agadez mais aujourd'hui, du fait de l'insécurité
(rébellion), l'activité touristique a quasiment disparu.
Les parcs et réserves produisent des services et des bénéfices à l'endroit des
populations locales. La réserve de Tamou et le parc du W représentent de nos jours des
remparts à l'avancée de la désertification et à l'action des systèmes de cultures. La réserve de
Dosso est une source d'approvisionnement en eau pour les populations de Karey Kopto et
permettrait également de ralentir le processus d'ensablement du fleuve Niger en limitant le
piétinement des animaux. Dans le Termit, le massif du Termit constitue une barrière de
protection contre les vents de sable. Dans la RNNAT, il y a une forte utilisation des ressources
hydriques pour les besoins d'irrigation et l'abreuvement des animaux domestiques.
Toutes les aires protégées possèdent une certaine valeur éducative et/ou scientifique.
Dans la RNNAT, des ossements de dinosaures et des vestiges archéologiques suscitent la
curiosité aussi bien des touristes que des scientifiques. A Gadabédji, la découverte du vautour
de Rüppel nichant au-dessus des arbres et non plus dans les massifs rocheux constitue un
attrait scientifique pour les ornithologues. La réserve de Tamou accueille chaque année des
élèves et étudiants en voyage d'étude sur la flore et sur certaines espèces fauniques. Le parc du
W et la réserve de Dosso, de par la présence du Lamantin, présentent un intérêt scientifique
certain dans l'étude de cette espèce et de la végétation aquatique qui y pousse.
36
ANALYSE DU PROCESSUS DE GESTION DES
AIRES PROTEGEES
37
PARC NATIONAL DU W DU NIGER (PNW)
Carte
Principales pressions
·
Modification du milieu : ensablement des points d'eau (du à l'érosion des sols consécutive
au déboisement autour de l'AP) et envasement (à cause du piétinement des abords des
points d'eau par les troupeaux de bovins)
·
Utilisation illégales des terres : pâturage illégal des troupeaux dans l'AP
·
Feux de brousse incontrôlés
·
Exploitation du bois et surtout des produits forestiers non ligneux
·
Braconnage : chasse et pêche illégale
Principales menaces
·
Pression anthropique : avancée du front agricole
·
Pollution : pollution issue des prospections minières et ordures ménagères des villages
environnants
38
1. Contexte : d'où part-on ?
Raisons de classement
Considéré au départ comme un " vaste espace inhabité ", parce qu'infesté par la mouche Tsé
Tsé (maladie du sommeil), la région du W devint à partir de 1927 un parc refuge du fait de son
abondance en grande faune sauvage ce qui conduisit à son classement formel en 1937. Cet
acte visait à faciliter la préservation de la faune, mais également à dégager des zones de
chasse. En 1954, cette réserve totale de faune est transformée en parc national.
Institution de gestion
Aujourd'hui, le projet WAP mis en œuvre par le PNUD intervient sur W, Arly et Pendjari. Une
seconde phase d'ECOPAS (Union Européenne), aujourd'hui dénommée Projet d'Appui aux
Parcs de l'Entente (PAPE) est sur le point de voir le jour.
Le projet d'amélioration des conditions de vie des populations, qui comporte un volet d'appui à la
conservation, (durée de 4 ans) est mis en œuvre par la Coopération Italienne au travers de
l'ONG Africa 70.
Le projet PNUD/GEF intervient sur le renforcement des capacités des acteurs impliqués dans la
gestion et la valorisation des ressources naturelles de la zone.
Par le passé de nombreux autres partenaires sont intervenus (ECOPAS, USAID,
MAB/UNESCO et UICN de façon ponctuelle).
Les limites du Parc W ont été matérialisées en 1954 par des bornes mais elles n'ont pas été
entretenues depuis. En 2008, d'autres bornes ont été posées mais à l'extérieur de l'AP cette fois
: autour de la réserve totale de faune de Tamou qui est la zone tampon qui entoure l'AP.
La Loi n°98-07 1998 du 29 avril 1998, fixant le régime de la chasse et de la protection de la faune
et son décret n° 98-295/PRN/MH/E du 29 octobre 1998 déterminant les modalités d'application
sont les principaux textes devant régir la gestion de la faune à l'intérieur du PNW.
39
L'application de la loi
En 2009, 13 arrestations pour activités illégales (pâturage, pêche et braconnage) ont été
enregistrées. Les contrevenants étaient de nationalité française et nigérienne. Les sanctions
infligées aux contrevenants le sont généralement par le chef de poste de contrôle qui selon la
gravité peut procéder, dans certains cas, à une transaction à l'amiable. L'insuffisance du
personnel de surveillance (13 agents forestiers, 19 éco-gardes contractuels) entrave le contrôle
de l'application de la loi au niveau de l'aire protégée.
Le dernier inventaire sur la faune date de 2008. Il a été effectué par les gestionnaires eux-
mêmes. En 2009, l'Université de Niamey (le département d'écologie et de biologie) a procédé à
la réalisation d'un inventaire sur l'habitat de la faune dans le parc. Le programme ECOPAS et le
programme MIKE (Monitoring of Illegal Killing of Elephants) ont réalisé en 2002 un inventaire
aérien de la faune et en 2004 une étude sur les activités socioéconomiques des communautés
riveraines du parc W.
Les objectifs actuels de gestion du W sont ceux retenus par le programme ECOPAS à savoir : "
inverser les processus de dégradation des ressources naturelles et préserver la diversité
biologique dans le complexe régional au bénéfice des populations riveraines ".
Le PNW est constitué d'une zone unique de conservation où se déroulent également les
activités touristiques.
NB : le parc W se trouve dans le complexe MAB et est donc lui même entouré de zones tampons,
et d'une zone périphérique. La zone tampon correspond à celle d'occupation humaine
contrôlée. La zone périphérique est segmentée en secteur socio-territoriaux selon le zonage
proposé par ECOPAS.
Plan de gestion/aménagement
Un plan de gestion du PNW existe depuis 2004. Il a été élaboré par le programme ECOPAS pour
une durée de 5 ans (2006-2010). Les activités prévues dans le PdG telles que le suivi
écologique, la surveillance ne sont que partiellement mis en œuvre par manque de moyens
financiers.
Plan de travail
Un planning d'activités annuelles a été réalisé en 2008 sur la base du plan d'aménagement de
2004. Les activités retenues dans le planning sont réalisées à 70%.
42
Suivi évaluation
Il n'existe pas de mécanisme de suivi propre à l'aire protégée. Seul le taux de réalisation des
activités programmées est suivi, mais il n'existe pas réellement de suivi d'indicateurs d'impact de
la gestion sur les ressources de l'AP ; Il existait un système de suivi du projet durant ECOPAS.
Recherche
Des programmes de recherche ont été menés du temps d'ECOPAS. Les données qu'ils ont
fournies sont partiellement utilisées par les gestionnaires.
Moyens financiers
A l'heure actuelle, le PNW ne dispose pas de budget opérationnel pour sa gestion. Le dernier
budget obtenu date de 2008 sous le projet ECOPAS. Le personnel d'Etat est par contre payé.
Gestion du personnel
Gestion du budget
Il n'existe pas de mécanisme de gestion du budget depuis 2008. Il n'y a jamais eu de procédure
de sécurisation d'un budget pluriannuel par le passé.
Infrastructure et équipement
Education et Sensibilisation
Des causeries, des émissions radios, des projections de films, sont réalisées
occasionnellement et traitent : de la conservation, du braconnage et du pâturage illégal. Le
dernier programme d'éducation environnementale a été effectué en juin 2009.
Les gestionnaires du PNW ont établi une collaboration formelle avec les acteurs privés (Gite
Niger Car, Ecolodge, etc.) intervenant dans l'exploitation des sites touristiques. Cette
coopération s'inscrit généralement sur de courtes durées selon des contrats dûment établis
entre les gestionnaires et les agences de tourisme. Il existe des conventions entre les
gestionnaires et les communautés locales en ce qui concerne l'exploitation des sites
écotouristiques, mais la coopération reste limitée.
Certaines actions font l'objet de consultation avec les communautés locales. Elles participent
aux discussions concernant la gestion, mais la prise de décision est faite par les gestionnaires.
Tourisme
Les tours opérateurs touristiques interviennent sporadiquement dans l'aire protégée en vue
d'améliorer et diversifier la qualité de l'offre touristique. Cette collaboration crée des emplois
ponctuels pour les populations locales.
44
5. Résultats : qu'a-t-on réalisé ?
Accueil des visiteurs
Une infrastructure d'accueil a été réalisée à Molli. Elle a été construite grâce à l'aide du
programme ECOPAS et du COGEZO. Le gestionnaire de cette infrastructure a été formé par
ECOPAS. Les touristes fréquentant la structure d'accueil, visitent plus le parc W que la réserve
de Dosso. Le parc ne reçoit aucune retombée économique directe provenant de la gestion de
l'hôtel TAPOA ou des autres campements communautaires.
Droits et taxes
Des droits et taxes sont perçus par les gestionnaires et sont reversés au Trésor Public. 50% des
taxes de visite du parc (prix d'entrée au parc W) sont reversées à la Commune de Tamou et
l'autre partie des 50% est reversée au Trésor. La commune de Dosso ne perçoit aucune somme
reversée au titre des taxes d'exploitation touristique. Une clé de répartition est prévue pour les
transactions et les droits d'entrées. Selon les textes, 50% des revenus devraient être versés aux
communes ; 30% retenus comme fond d'aménagement à réinvestir dans le parc ; les 20%
restant seraient versés au Trésor Public. Mais en réalité, c'est 50% des taxes qui sont reversées
au trésor, ce qui fait que le PNW ne dispose pas de fond d'aménagement. Pour les transactions
(sanctions imposées aux contrevenants), il est prévu que 25% de l'amende reviennent aux
agents forestiers qui ont procédé à l'arrestation, 15 % aux collectivités locales et 60% à l'Etat.
Une partie des écosystèmes est sévèrement dégradée. Mais malgré les fortes pressions qui
s'exercent sur les ressources naturelles et malgré la faiblesse du mécanisme de surveillance et
d'implication des populations dans la gestion des ressources naturelles, le parc conserverait
encore ses espèces phares (Eléphant, Lion, Guépard, Buffles).
Accès
L'AP est bordée de routes ce qui rend son accès à l'utilisation des ressources facile. En outre,
les défaillances du système de surveillance (personnel insuffisant et en partie bénévole et
absence de budget pour effectuer des patrouilles) ne permet pas de contrôler efficacement ces
portes d'entrées potentielles dans l'AP.
Les communautés ne jouissent pas des droits d'utilisation de certaines ressources de l'aire
protégée. Elles reçoivent une part des taxes de visites et des taxes sur les effractions
sanctionnées par les gestionnaires. Chaque campement touristique communautaire est géré
par un comité de gestion villageois autonome et les revenus issus de l'hébergement des
touristes reviennent entièrement aux communautés. Des emplois sont créés par les tours
opérateurs touristiques à travers le guidage, l'artisanat, les travaux aux différents hôtels, de
même que lors des travaux d'aménagement dans le parc. COGEZO a promu l'installation de
campement éco-touristique et l'électrification de deux villages. Africa 70 s'investit dans
l'amélioration des systèmes d'élevage. BAIN travaille sur un projet de construction de ranch de
crocodile communautaire à Karey-Kopto.
45
RESERVE PARTIELLE ADJACENTE DITE DE DOSSO
Carte
Principales pressions
·
Exploitation du bois
·
Utilisation illégale des terres : défrichement agricole, installation de villages dans l'AP,
pâturage aérien
·
Modifications du milieu : prolifération de jacinthes d'eau et de Typha ; ensablement des
points d'eau (du à l'érosion des sols consécutive au déboisement autour de l'AP) et
envasement (à cause du piétinement des abords des points d'eau par les troupeaux de
bovins)
·
Braconnage
·
Feux de brousse incontrôlés
Principales menaces
·
Pression anthropique : installation des points d'eau autour de l'AP, exploitation non
contrôlée des PFNL.
·
Modification du milieu : prolifération de Sida cordifolia.
46
1. Contexte : d'où part-on ?
Acte et date de création
Décret n° 62189/MER/8 août 1962, portant création de la réserve partielle adjacente dite de
Dosso.
Raisons de classement
Le décret de création mentionne que cette zone a pour vocation de servir de zone tampon au
parc du W auquel elle est adjacente.
Institution de gestion
Les limites de la réserve de Dosso sont naturelles mais elles ne sont pas connues précisément ni
des gestionnaires, ni des communautés riveraines. Cette situation conduit les chefs de villages à
autoriser l'occupation des terres de l'aire protégée pour leurs activités de production agricole.
47
Le règlement de l'aire protégée
La Loi n°98-07 1998 du 29 avril 1998, fixant le régime de la chasse et de la protection de la faune
et son décret n° 98-295/PRN/MH/E du 29 octobre 1998 est le texte de référence pour contrôler
l'utilisation inappropriée des sols et les activités illégales dans l'aire protégée.
Malheureusement, sa mise en œuvre n'est pas effective.
L'application de la loi
Il n'y a que très peu d'arrestations. Le chef de poste forestier fixe l'amende à l'amiable. Il se fait
appuyer par les villageois. Le manque de personnel ne permet pas une surveillance ni une
application de la loi correctes.
La réserve de Dosso n'a jamais fait l'objet d'inventaire sur l'effectif de la faune ou sur son habitat.
Cependant, en 2002 une étude sur les activités socioéconomiques des communautés riveraines
a été réalisée.
Selon l'acte de classement, la réserve de Dosso est considérée comme une zone tampon au
parc du W sur la rive gauche du fleuve Niger.
Plan de gestion/aménagement
Plan de travail
Suivi évaluation
48
3. Intrants: de quoi a-t-on besoin?
Moyens humains
Le nombre d'employés dans la réserve de Dosso ne permet pas d'effectuer des activités de
gestion. Un seul agent y est en service. Il se fait aider dans sa tâche par les villageois.
Recherche
Moyens financiers
L'aire protégée de Dosso ne dispose d'aucun budget propre pour son fonctionnement
Gestion du personnel
Le personnel est extrêmement réduit (un seul agent) et ne permet pas de mener des activités de
gestion de l'AP.
Gestion du budget
Il n'existe pas de mécanisme de gestion ni de sécurisation du budget, étant donné que la réserve
ne dispose pas de budget.
Infrastructure et équipement
Education et Sensibilisation
Quelquefois des causeries débats, sur la lutte contre les feux de brousse, le braconnage, les
défrichements anarchiques, y sont menées. Aucun programme prévisionnel n'est encore établi.
Il n'existe pas de cadre de collaboration formelle établi entre le gestionnaire et les acteurs
publiques ou privés des villages riverains de l'aire protégée.
49
Place des communautés locales dans les prises de décision relatives à la gestion
de l'aire protégée
Il y a des consultations sporadiques des communautés locales. Mais la prise de décision revient
au gestionnaire.
Tourisme
L'agence " Point Afrique " est l'opérateur touristique utilisant l'aire protégée de Dosso. Il y a peu
de contact entre le gestionnaire et cette structure.
Droits et taxes
Des droits et taxes sont théoriquement applicables, ils ne sont toutefois pas perçus.
Accès
Les communautés locales jouissent des droits de cueillettes, de ramassage de bois mort, de
recherche de plantes médicinales. Le projet de valorisation de Dosso Tilabéri (PVDT) du Fonds
Africain pour le Développement appuie les populations dans le domaine de l'agroforesterie et de
la valorisation des eaux. L'ONG Africa 70 intervient dans le maraîchage. Le COGEZO et le
PAC2 (Programme d'Action Communautaire) appuient les communes. Les communautés
locales ont l'avantage de profiter des retombées du tourisme à travers les revenus générés par
les activités menées dans les campements et la ventes des objets d'artisanat.
50
RESERVE TOTALE DE FAUNE DE TAMOU
Carte
Principales pressions
·
Feux de brousse incontrôlés
·
Braconnage
·
Exploitation du bois et des PFNL pour la pharmacopée
·
Utilisation illégale des terres : implantation de cultures et de villages dans l'AP, pâturage
aérien (mutilation des arbres)
Principales menaces
·
Pression anthropique : avancée du front agricole, amélioration de l'accès à l'AP par le
bitumage de la route Say-Tapoa.
·
Modification du milieu : érosion hydrique des sols, prolifération d'espèces invasives
comme Sida cordifolia.
Le décret n°62-188/MER du 08 aout 1962 portant constitution d'une réserve totale de faune à la
limite Nord-Ouest du parc national du W définit l'existence et l'aire géographique de la réserve de
faune de Tamou. Le décret n°76-141/PCMS/MDR du 12 Aout 1976, portant constitution d'une
51
réserve de faune dans la zone adjacente à la limite Nord-Ouest du parc national du W : réserve
totale de Tamou, confirme davantage la délimitation de l'aire protégée. L'aire protégée à l'origine
(1962) avait une superficie de 142 640 ha. Mais du fait de la sécheresse un déclassement fut mis
en place pour satisfaire les besoins des populations en 1976. La superficie de la réserve passa
alors à 76.000 ha.
Raisons de classement
Le décret de création mentionne que cette zone servira de zone tampon pour le parc W qui lui est
adjacent.
Institution de gestion
Le balisage a été effectué dès la création de la réserve, mais certaines balises ont disparu
depuis. En 2008, un nouveau balisage fut réalisé. La matérialisation des limites a suscité des
mécontentements au sein de la population car certains champs étaient implantés à l'intérieur de
la réserve. Cette situation engendre des revendications permanentes tant sur la périphérie que
sur certaines portions de l'aire protégée (Allambaré, Tamou et Molli sont installés dans la
réserve et exercent leur activité).
Le décret n°76-141/PCMS/MDR du 12 août 1976 et la Loi n°98-07 1998 du 29 avril 1998, fixant
le régime de la chasse et de la protection de la faune et son décret n° 98-295/PRN/MH/E du 29
octobre 1998 sont les textes encadrant le contrôle et l'utilisation des sols et la surveillance des
activités dans la réserve de totale de Tamou. Dans le décret n°76-141/PCMS/MDR du 12 août
1976, il est précisé, à l'article 10, des restrictions sur un certain nombre d'activités
(défrichement, installation d'habitation, pêche, etc.). Son article 7 précise que la chasse et la
capture des animaux sont interdites. Mais dans la réalité, ces dispositions ne sont pas
respectées et les interventions politiques limitent l'application de la loi.
52
L'application de la loi
La mise en œuvre effective des textes n'est pas effective. Au cours de l'année 2010, seulement
trois arrestations pour défrichement illégaux ont été effectuées par les agents forestiers avec
l'aide des éco-gardes, puisque le nombre des agents est insuffisants (3 forestiers, et 6 éco-
gardes) pour surveiller la réserve. En général, les contrevenants proviennent de Tamou.
Les gestionnaires de la réserve de Tamou ne disposent pas d'informations sur les habitats
sensibles, les espèces ou les valeurs culturelles de l'aire protégée.
L'acte de classement de la réserve de Tamou ne précise pas les objectifs recherchés. A l'heure
actuelle, les gestionnaires ont pour seul objectif d'arriver à maintenir l'intégrité spatiale et
préserver les ressources fauniques et floristiques de la réserve face aux pressions
anthropiques.
Plan de gestion/aménagement
Plan de travail
Un planning mensuel des activités a été élaboré en janvier 2010 en fonction des réalités de
terrain. Ce plan prévoit des activités de surveillance 10 jours par mois.
Suivi évaluation
Le personnel travaillant dans la réserve de Tamou est assez réduit (trois agents forestiers et six
éco-gardes). Cet effectif est insuffisant. Il faudra trois agents techniques et cinq préposés pour
renforcer l'équipe dans la surveillance.
53
Recherche
Moyens financiers
Le seul mécanisme de gestion planifié est la surveillance mais sa mise en œuvre reste
sporadique par manque de moyens. Il y a seulement une patrouille de surveillance par mois.
Gestion du personnel
Les problèmes de gestion du personnel entravent la gestion de l'aire protégée. De plus en plus, il
se développe une complicité entre certains éco-gardes (bénévoles) et les braconniers, voire
avec les forestiers.
Le nombre d'employés est largement en dessous du seuil requis pour les activités de gestion
essentielle.
Gestion du budget
Infrastructure et équipement
Education et Sensibilisation
Il n'y a pas d'activité programmée, mais la sensibilisation des populations se fait à l'occasion des
patrouilles mensuelles. Elle porte sur les techniques de défrichement en périphérie, la
conservation de la faune, la lutte contre les feux de brousse et la mutilation des arbres.
Il n'existe pas de cadre de collaboration formelle établie entre le gestionnaire et les acteurs
publics ou privés des villages riverains de l'aire protégée.
54
Place des communautés locales dans les prises de décision relatives à la gestion
de l'aire protégée
Les communautés locales ne prennent pas part à la prise de décision qui revient au
gestionnaire. Un processus de discussion est en cours pour déplacer des habitations situées à
l'intérieur de l'AP.
Tourisme
Droits et taxes
L'intégralité des droits et taxes perçus est reversée au trésor public (50%) et aux autorités
communales (50%). Les amendes sont versées au receveur du service des impôts sans pour
autant que l'on sache comment ces fonds sont repartis entre les différentes institutions.
La biodiversité et les valeurs écologiques sont dégradées, mais certaines espèces (le Lion,
l'Hyène, l'Hippotrague, l'Eléphant, le Crocodile) y seraient encore présentes. Dans l'ensemble
l'habitat est relativement conservé à Tamou. D'ailleurs, lorsque la pression anthropique
s'amoindrit (en saison des pluies lorsque seules les populations locales demeurent dans la zone
en raison de son aspect inhospitalier : prolifération d'insectes) la faune issue du parc W vient
occuper cet espace.
Accès
La réserve de Tamou est délimitée en partie par des rivières (Tapoa), des pistes (Tapoa/Say).
Le système de protection ne permet pas un contrôle effectif de l'accès et de l'utilisation de la
réserve au regard de l'effectif du personnel, des moyens matériels et de la superficie de la
réserve.
Les droits de cueillette et l'apiculture moderne sont reconnus aux communautés locales. Le
COGEZO tente de formaliser cette pratique en formant les populations aux techniques de
production du miel. Aucun profit n'est tiré du campement de Molli qui est localisé dans la réserve.
55
RESERVE NATIONALE NATURELLE DE TERMIT ET
DE TIN TOUMMA
Principales pressions
·
Exploitation du bois (Acacia radiana)
·
Braconnage
Principales menaces
L'aire protégée est en cours d'établissement et la procédure n'est pas encore terminée.
Institution de gestion
Le " Projet antilopes sahélo-sahariennes " (ASS) (durée de 4 ans), est opéré par la CMS et
financé par l'UE et le FFEM, et l'ONG SCF (Sahara Conservation Fund).
Les limites de l'aire protégée ne sont pas encore signalées de manière adéquate et sont même
parfois non identifiables sur le terrain. En effet, ces limites sont soit naturelles, soit matérialisés
par des puits et par des pistes connues des populations mais souvent ignorées des forestiers
détachés dans cette zone. Des campements sont implantés dans certaines zones de la future
AP.
56
Le règlement de l'aire protégée
Il n'existe pas de mécanismes adéquats pour contrôler l'utilisation inappropriée des sols et les
activités illégales dans l'aire protégée en dehors de la Loi n°98-07 1998 du 29 avril 1998, fixant le
régime de la chasse et de la protection de la faune et son décret n° 98-295/PRN/MH/E du 29
octobre 1998 qui sont les textes de référence en attendant l'acte juridique de création.
L'application de la loi
En 2009, 7 braconniers ont été arrêtés. Ils provenaient des villages riverains de la réserve.
L'insuffisance du personnel (4 forestiers, 8 agents communautaires rémunérés par le projet
ASS) ne permet pas de contrôler l'application de la loi sur une telle surface.
Des inventaires ont été réalisés par le projet ASS, chaque année entre 2006 et 2010. Chaque
année depuis 2007, il y a au moins trois inventaires par an réalisés spécifiquement sur les addax
par le projet ASS. Toutes ces informations permettent d'avoir une bonne connaissance de la
zone, mais les gestionnaires n'en n'ont pas ou peu connaissance. Ces données sont pourtant
disponibles sous forme de rapports, de bulletins d'information, sur le site internet d'ASS, etc.
La réserve du Termit ne dispose pas de zonage interne. Le choix de sa taille immense a été fait
pour tenir compte des déplacements des espèces qu'elle abrite. Cependant sa taille est aussi
une entrave majeure à l'efficacité de la surveillance.
Plan de gestion/aménagement
Plan de travail
Un programme annuel des activités a été élaboré en février 2010. 80% des prévisions auraient
été réalisées malgré l'arrivée tardive des ressources financières en 2010.
Suivi évaluation
Les gestionnaires ne disposent pas d'indicateurs de suivi de la réserve pour mieux asseoir son
contrôle.
57
3. Intrants : de quoi a-t-on besoin ?
Moyens humains
Le nombre d'employés pour la réserve du Termit est en dessous du seuil minimal requis pour les
activités de gestion et de surveillance au vu de la taille de la réserve. L'Etat prend en charge trois
fonctionnaires (un coordonnateur et son adjoint et un chauffeur) et 15 agents de brigades de
lutte anti-braconnage (via la direction de protection de la nature). Le projet ASS compte une
équipe de 12 personnes (dont un conseiller technique, deux assistants technique, un chargé de
sensibilisation et du staff administratif) Il y a également huit animateurs et agents
communautaires chargé de sensibiliser la population.
Recherche
Moyens financiers
L'aire protégée de Termit bénéficie du budget du projet ASS (950 millions CFA) sur la période de
2009 à 2011. Les principaux postes de dépense sont les inventaires, la surveillance et la
sensibilisation.
Les gestionnaires font une planification semestrielle de la surveillance qui est mise en œuvre par
les patrouilles interrégionales.
Gestion du personnel
L'effectif actuel de la réserve de Termit est en deçà du seuil requis mais est appuyé par l'équipe
du projet ASS. Il n'y a pas de problème majeur de gestion du personnel à l'heure actuelle grâce à
l'appui d'ASS mais les gestionnaires souhaitent voir leur équipe renforcée pour assurer la
gestion de l'AP lorsque le projet se retirera.
Gestion du budget
Le budget n'est pas sécurisé et la gestion est entièrement dépendante de fonds externes. Ce
budget est principalement alloué au suivi écologique et aux inventaires. Il couvre aussi
58
l'entretien des infrastructures et des équipements.
Infrastructure et équipement
Education et Sensibilisation
La sensibilisation sur le terrain se fait à travers les produits de communication du projet ASS
(films, émissions de radio, newsletter, posters, conférences, etc.) au cours de missions
mensuelles du responsable animation du projet, en compagnie des agents et animateurs
communautaires, dans la zone. Dans chaque campement, l'animateur sensibilise le leader du
campement. Les agents communautaires font de même avec la population locale lors de leurs
missions mensuelles. En octobre-novembre 2010, un cinéma numérique ambulant (sous forme
de caravane) passera dans les campements pour diffuser le dernier documentaire réalisé par le
projet ASS. En marge de la diffusion du documentaire, il y aura des discussions sur l'importance
de conserver la faune de la zone.
Place des communautés locales dans les prises de décision relatives à la gestion
de l'aire protégée
Les communautés locales sont consultées avant les prises de décision concernant l'AP, et
chaque décision importante est prise sous forme de consensus entre les gestionnaires et les
représentants des communautés locales.
Tourisme
Plusieurs agences de voyage utiliseraient l'aire protégée de Termit dans leur circuit touristique.
Cependant, il n'y a pas de contact entre les gestionnaires et les opérateurs touristiques utilisant
l'aire protégée. Les gestionnaires n'ont pas connaissance des activités touristiques
développées par ces opérateurs mais il y a de toute façon extrêmement peu de touristes dans la
zone.
La future réserve de Termit ne dispose pas d'infrastructures d'accueil ni de services pour les
visiteurs.
59
Droits et taxes
La biodiversité et les valeurs écologiques et culturelles de la réserve sont dégradées, mais les
valeurs essentielles n'ont pas été trop endommagées. L'Addax, la Gazelle Dama, le Guépard du
désert, les sites archéologiques, et le massif de Termit, constitueraient des potentialités pour la
réserve.
Accès
L'existence de l'aire protégée n'a pas développé l'économie locale. Les communautés qui
habitent dans la réserve utilisent les ressources naturelles pour leur subsistance.
60
RESERVE TOTALE DE GADABEDJI
Carte
Principales pressions
·
Utilisation illégale des terres : le pâturage illégal constitue l'un des plus gros enjeux au
niveau de l'AP. Il y aurait plus de 100 000 bovins dans la périphérie de la réserve et il y a
une concentration très importante des troupeaux en fin de saison sèche sur les
pâturages.
·
Braconnage
·
Feux de brousse
·
Exploitation du bois
Principales menaces
Superficie : 76.000 ha, tel que mentionné dans le décret de création datant de 1955 mais une
mission récente a révélé que la superficie réelle était de 68 000 ha.
Catégorie IUCN : II
61
1. Contexte : d'où part-on ?
Acte et date de création
Arrêté n° 3120/SF/F du 25 avril 1955 portant classement de la forêt et réserve totale de faune de
Gadabédji cercle de Maradi (Niger).
Raisons de classement
Institution de gestion
L'ONG française (IGF) a réalisé une étude faisabilité pour proposer un projet de réintroduction
des Oryx dans l'AP.
Entre 1989 à 1991, le projet " aménagement de la réserve de Gadabédji " financé par la SNV à
hauteur de 365.000 000 FCFA oeuvrait pour la protection et la réhabilitation de l'AP, la
sensibilisation des populations locales sur les enjeux environnementaux et la mise en place d'un
système d'exploitation rationnelle des ressources naturelles.
Les limites de la réserve de Gadabédji sont des pistes, des puits, des vallées et une plantation
d'Euphorbia balsamifera (réalisée en 1991 dans les parties Ouest et Est), mais de nos jours
seules les euphorbes de la partie Ouest demeurent.
Les mécanismes pour contrôler l'utilisation inappropriée des sols et les activités illégales dans
l'aire protégée existent. Il s'agit de l'acte juridique de classement (Arrêté n°3120/SF/F du 25 avril
1955), de la loi n°98-07 du 29 avril 1998 fixant le régime de la chasse et de la protection de la
faune et son décret d'application n°98-295/PRN/MH/E du 29 octobre 1998, déterminant les
modalités d'application de la loi n°98-007 du 29 avril 1998). Toutefois, une convention initiée par
le projet aménagement de la réserve de faune de Gadabédji depuis le 18 septembre 1991
autorise la pâture de jour (8h à 18) du 1er janvier au 31 mai de chaque année. L'incohérence
entre la convention de dérogation d'usage et l'arrêté de création qui interdit le pâturage (article 2)
est un handicap pour le contrôle du pâturage dans l'AP.
L'application de la loi
62
les braconniers opèrent à moto et à véhicules) sont un handicap majeur. Outre le braconnage, la
surveillance est essentiellement portée vers le pâturage illégal des transhumants venant de
Tahoua, Agadez, Zinder.
Les informations sur les habitats sensibles, les espèces ou les valeurs culturelles de l'aire
protégée pourraient aider aux activités de planification et de prise de décision, mais le travail
essentiel de suivi écologique est assuré très ponctuellement par des organismes extérieurs
(Sahara Conservation Fund, en mars 2010).
Aucun objectif n'a été précisé dans l'acte de classement de la réserve de Gadabédji. Cependant,
la gestion actuelle cherche à préserver au mieux les ressources fauniques et floristiques de
toute forme de pressions et à maintenir l'intégrité territoriale.
La réserve de Gadabédji est une entité à gestion uniforme (pas de zonage interne). Mais les
gestionnaires souhaiteraient mettre en place une zone tampon dans les parties Ouest et Est
afin de limiter au maximum le séjour des animaux dans la réserve. Cependant, le zonage de l'AP
pourrait être repensé de façon à délimiter des zones accessibles ou non au bétail et faciliter la
gestion de cette pression majeure qu'est la demande en pâturage. Il est en effet important de
préserver la zone centrale de l'AP dont le couvert herbacé est bon pour que la faune puisse y
séjourner.
Plan de gestion/aménagement
Plan de travail
Un plan de travail mensuel (7 à 10 jours/mois) a été établi pour la surveillance. Il a été élaboré au
mois de janvier 2010 en fonction des activités menées en 2009.
Suivi évaluation
Il n'existe pas de processus de suivi évaluation ni d'indicateur d'impact des activités de gestion.
Les quatre agents forestiers (permanents) en poste à Gadabédji ne suffisent pas à couvrir les
activités de surveillance de l'AP.
63
Recherche
Moyens financiers
L'absence de moyens ne permet pas de mettre en place des mécanismes de gestion efficace de
l'AP. Toutefois, quelques activités sont menées dans le cadre de la gestion des feux (formation
des brigadiers anti-feux, et ouverture des bandes pare-feux) et de la lutte contre le braconnage.
Gestion du personnel
L'effectif actuel du personnel est trop réduit pour permettre de gérer efficacement l'AP.
Gestion du budget
Infrastructure et équipement
Education et Sensibilisation
A Gadabédji des programmes limités et ciblés d'éducation et de sensibilisation existent, mais ils
ne découlent pas d'une planification globale. Il s'agit de causeries animées autour des thèmes sur
les feux de brousse, sur l'occupation illégale de la réserve, sur le braconnage, etc. Les messages
de sensibilisation sont diffusés par l'intermédiaire des communautés elles mêmes (via le griot, les
éleveurs sédentaires influents, les propriétaires de puits). Une sensibilisation est prévue entre
mai et juin, car cette période coïncide avec le retour des transhumants en provenance du Sud.
Une convention est établie entre l'administration forestière, l'autorité coutumière et le service de
l'élevage pour autoriser le pâturage dans la réserve chaque 1er janvier jusqu'au 1er mai.
Malheureusement, cette convention n'est pas respectée par les communautés ce qui engendre
des situations conflictuelles entre le service forestier et les populations.
Place des communautés locales dans les prises de décision relatives à la gestion
de l'aire protégée
64
Tourisme
Droits et taxes
Les droits et taxes qui sont perçus sont reversés en intégralité au Trésor Public (au service des
impôts de Dakoro) sans retour à l'aire protégée ou aux autorités locales. Une clef de répartition
des amendes a été établie en 2009 et elle prévoyait que : 15% revenaient aux collectivités
locales ; 25% pour les agents ; 30% pour le compte n° 620-3002 (aménagement de la faune) ;
30% pour le Trésor Public. Malheureusement, rien ne parvient aux collectivités locales.
Accès
Les systèmes de protection ne permettent qu'un contrôle très limité de l'accès et de l'utilisation
de la réserve.
Les activités de cueillette sont autorisées ainsi que la pâture à certaines périodes. Mais
l'existence de l'AP n'a ni encouragé ni entravé l'économie locale.
65
RESERVE NATURELLE NATIONALE DE L'AÏR ET DU TENERE
(RNNAT)
Carte
Principales pressions
·
Coupe abusive du bois et exploitation de la paille
·
Braconnage
NB : en dehors des ressources naturelles, il y a aussi des pressions sur les sites culturels (pillage
des sites archéologiques)
Principales menaces
·
Pression anthropique : par les rebelles, et attrait de migrants pour l'exploitation minière
·
Pollution due à l'exploration et l'exploitation minière
·
Modification du milieu : érosion hydrique et éolienne et présence d'une plante
envahissante (Prosopis judiflora)
Superficie : 7 736 000 ha pour la réserve nationale naturelle et 1 285 000 ha pour le sanctuaire
des Addax.
Catégorie IUCN : II et I
Label international : Patrimoine Mondial (en Péril), MAB UNESCO, site RAMSAR
66
1. Contexte : d'où part-on ?
Acte et date de création
Raisons de classement
Institution de gestion
Les limites ne sont pas signalées de façon adéquate. Les limites sont des repères naturels (les
massifs, les oueds et les pistes) souvent mal connus des populations. Cependant, ces limites
étaient parfaitement connues au début des années 90 avant la rébellion (dixit les gestionnaires).
A l'époque, la population était bien impliquée dans la gestion et la conservation du site.
67
documents en préparation viendront compléter les règles d'utilisation de la réserve : le " Plan
d'urgence pour la réhabilitation de la réserve nationale naturelle de l'Aïr Ténéré (RNNAT) et la
convention cadre du projet d'accord de cogestion des ressources naturelles de l'Aïr et du Ténéré
et de ces zones connexes ".
L'application de la loi
L'application de la loi est effectuée par une équipe de six agents forestiers et de 16 éco-gardes
(contractuels) et il est difficile d'atteindre les objectifs escomptés au vu de l'énorme superficie à
contrôler.
Le dernier inventaire de la faune et de son habitat date de 1991. Il a été réalisé par l'UICN et le
Projet Aïr-Ténéré. La phase de préparation du projet COGERAT (Cogestion des ressources de
l'Aïr-Ténéré) comprenait une étude socioéconomique qui a été réalisée en 2006. Ces différentes
données sont utilisées par les gestionnaires mais ne suffisent pas aux activités de planification
des activités [Link] car elles sont ponctuelles, parfois anciennes, et non réactualisées.
Dans l'acte de classement les objectifs de gestion ne sont pas définis. Les objectifs de gestion
actuelle sont de sortir du statut de patrimoine mondial en péril en assurant une conservation des
ressources naturelles en cogestion avec les communautés locales.
Même si elle comprend, deux aires de gestion différentes : le sanctuaire qui est intégralement
protégé et la réserve naturelle qui autorise la circulation et les parcours sauf l'exploitation du bois
à but commercial, la configuration de la RNNAT est une contrainte majeure à l'atteinte des
objectifs de gestion de par l'immensité de sa superficie. Cependant, il faut souligner que ces
superficies importantes des aires protégées sahariennes répondent à un besoin écologique des
espèces qui y vivent.
Plan de gestion/aménagement
Un projet de plan de gestion a été rédigé en 2005-2006, mais sa validation n'a pas encore
aboutie. Valable jusqu'en 2012, ce plan intègre les attentes des collectivités locales, il a pris en
compte les résultats produits par le suivi écologique et les inventaires déjà effectués.
Plan de travail
Le plan de travail suivi par les gestionnaires est celui du projet COGERAT élaboré
annuellement. Du fait des difficultés liées à l'insécurité et au manque de moyen pour couvrir la
zone, seule une partie des activités initialement prévues est mise en oeuvre.
68
Suivi évaluation
Un mécanisme de suivi des activités du projet COGERAT est prévu. Mais du fait de l'insécurité
(rébellion), ce mécanisme n'est pas mis en œuvre.
Recherche
Le ROSELT (réseau d'observation sur le suivi écologique à long terme) est un programme de
recherche qui fournit des données au niveau du COGERAT et dont le thème n'a pas été élaboré
en fonction des besoins des gestionnaires. Les données que fournit ROSELT sont disponibles
au niveau du COGERAT et peuvent être utilisées par les gestionnaires.
Moyens financiers
Le budget alloué à la RNNAT provient uniquement du projet COGERAT qui apporte un appui
opérationnel à l'unité de gestion de la RNNAT. Les trois lignes essentielles initialement prévues
par cet appui sont :
· La mise en œuvre d'un système conjoint Etat/commune de surveillance de la RNNAT à
hauteur de 6.415.000 FCFA pour l'année 2010 ;
· La mise en place d'un dispositif de suivi-écologique et d'un réseau d'observation pour un
montant de 11.720.000 FCFA ;
· Le suivi évaluation des activités dont le budget est de 29.000.000 FCFA.
Il est aussi prévu de dégager 20.095.000 F CFA pour la réalisation du plan d'aménagement de la
RNNAT et des inventaires. On notera cependant que la majorité des activités de gestion de l'AP
ont cessé depuis que l'instabilité politique s'est installée dans la zone comme décrit dans les
rubriques précédentes.
69
Gestion du personnel
Gestion du budget
La RNNAT ne dispose pas d'un budget propre, ce qui implique que la gestion de l'aire protégée
est entièrement dépendante de fonds externes provenant du projet COGERAT.
Infrastructure et équipement
Education et Sensibilisation
Des commissions foncières départementales sont installées pour faciliter et prévenir les
problèmes fonciers par rapport à l'existence de l'aire protégée et les zones connexes.
Un cadre de concertation pour la cogestion a été mis en place, mais cette convention entre les
communes et l'Etat (initiée par le COGERAT) n'est pas encore signée. Les axes majeurs retenus
dans cette convention de cogestion sont : la gestion des ressources naturelles de la RNNAT et
de ses zones connexes, la protection des sols par des aménagements antiérosifs, l'épandage
de l'eau de ruissellement.
Place des communautés locales dans les prises de décision relatives à la gestion
de l'aire protégée
Les communautés locales sont consultées avant les prises de décision relatives à la
planification de la gestion de l'AP. Le processus de cogestion est quasiment en place et devrait
permettre aux populations de participer régulièrement aux prises de décision.
70
Tourisme
Depuis l'insécurité (fin 2006), il n'y a plus de tours opérateurs touristiques qui utilisent la RNNAT.
L'utilisation de l'aire protégée était définie en accord avec les collectivités locales et non les
gestionnaires. L'office du tourisme oblige les hôtels touristiques à reverser aux communes 100
F CFA par touriste. Mais chaque commune fixe en supplément une taxe touristique communale
d'environ 1500 F CFA. Il existe quelques contacts entre les agences touristiques et le
COGERAT. Les visiteurs peuvent cependant porter atteinte à l'aire protégée par le pillage des
objets archéologiques.
Les installations et services pour visiteurs pourraient être améliorés. Ils ne sont en effet plus
entretenus depuis que l'insécurité s'est installée dans la zone.
Droits et taxes
Des droits et taxes touristiques sont perçus théoriquement au niveau des mairies et de l'office du
tourisme. Par contre, pour les amendes, les gestionnaires appliquent la loi et une partie (75%)
est versée à la perception de Arlit au compte du Trésor Public et les 25% restant est réservé au
personnel. Ces 25% sont en retour repartis comme suit :
· 32% pour le niveau central de la gestion des parcs et réserves ;
·
68% au niveau local.
Accès
La RNNAT est située dans une zone soumise à des troubles politiques (rébellion) d'abord entre
1990 et 1991 puis de nouveau entre février 2007 et février 2009.
L'aire protégée est délimitée en partie par des pistes - RN Fachi/agadez, piste Tabeloth/Timia,
Timia/Iférouan). Il n'y a pas de contrôle de ces voies d'accès par manque de moyens et
également du fait que ces zones sont parsemées de mines.
71
·
D'usage des parcours pastoraux
·
De ramassage et utilisation des produits forestiers non-ligneux (fruits gousses de
certaines espèces).
Vu la situation d'insécurité, aucune activité liée à l'AP ne génère des retombées économiques
pour les communautés.
La réserve de Termi Tin Toumma, qui n'est pas encore officiellement crée n'est pas incluse dans
cette analyse.
45
40
35
30
RESULTATS
25
PROCESSUS
20
INTRANTS
15
PLANIFICATION
10
0
w DOSSO TAMOU GADABEDJI AÏR T.
Il apparaît que les parcs ayant les meilleurs indicateurs de gestion cumulés, au sein du réseau
des AP du Niger, sont le parc du W et la réserve de l'Aïr Ténéré. Ce sont par ailleurs ceux qui
reçoivent le plus d'attention des partenaires au développement, du fait de leur importance
biologique, économique ou culturelle, et de leur statut international (Patrimoine Mondial et sites
RAMSAR).
Le parc du W, avec un score de 39 (soit une " efficacité de gestion " de 59%) est le mieux placé.
La réserve de l'Aïr Ténéré le suit avec un score de 34 (soit 51% d'efficacité). La rubrique la plus
faible pour ces deux territoires est celle relative aux processus.
Les autres réserves présentent des résultats très faibles (inférieurs à 30% d'efficacité), y
compris en terme de planification qui pourtant ne requiert pas de moyens importants. On peut
déduire de cette évaluation que la réserve de Dosso est quasiment virtuelle sur le terrain, et que
les deux autres (Tamou et Gadabedji) sont loin d'assurer leurs fonctions primaires de
conservation.
72
LE RESEAU DES AIRES PROTEGEES DU NIGER
Configuration du système
6
5
Points
0
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ct i ion ti o ne
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Pr ote Pr ot ec
Pr Pr
Le réseau des aires protégées du Niger est globalement représentatif de la diversité des
écosystèmes du pays, parce que tous les écosystèmes majeurs qui caractérisent le Niger y
sont présents. On y retrouve les écosystèmes désertiques, semi-désertiques, (de steppes et de
brousse tigrée) ainsi que de savane. Toutefois, une insuffisance subsiste quant à certaines
zones qui, du point de vue de leur statut, ne sont pas intégrées dans le réseau des aires
protégées alors que leur importance biologique est évidente. Par exemple les forêts classées de
Kouré-Dallols, Ekfrane, Djado, le Lac Tchad, Ayorou, Azawak, Sirba, sont des zones de haut
potentiel. Elles renferment une biodiversité importante, mais elles ne font l'objet d'aucune action
significative de conservation ou de classement.
73
Tous les sites de haute valeur de conservation pour les espèces clés ne sont
systématiquement protégés. Ainsi, certaines espèces de haute importance comme les girafes
ne sont pas encore comprises dans le système d'aires protégées, étant donné que le site dans
lequel elles évoluent n'a pas de statut juridique reconnu par l'Etat nigérien. La zone d'Ayorou
(hippopotames) est également dans ce cas.
Les parcs et réserves du Niger incluent, pour certains d'entre eux, la protection de zones
de transition entre les écosystèmes. De par leur superficie, les aires protégées comme le
Termit, l'Air Ténéré et le parc W prennent en compte l'ensemble des zones de transition qui
devraient permettre une meilleure conservation aussi bien de la faune que de son habitat.
Le réseau de parcs et réserves ne couvre pas efficacement tous les sites ayant une
reconnaissance internationale (RAMSAR, Patrimoine Mondial, MAB…). En effet, il y a
plusieurs sites RAMSAR (Ayorou, Lac Tchad) qui ne font pas partir du système de réseau d'aires
protégées de même que certains sites MAB (zone à girafes). De ce point de vue, la
reconnaissance internationale de l'importance biologique de certains parcs et réserves au Niger
ne s'est pas accompagnée de la mise en place d'un système de protection efficace pour ces
sites.
4
Points
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En n c h r o E
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Ob alu Ob ch aly
Ev Re An
Les politiques nationales énoncent clairement une vision, des buts et des objectifs pour
le réseau des aires protégées nigérien. Il y a un objectif clair énoncé dans la politique globale
et dans le programme triennal de la direction des parcs nationaux et des réserves (DPN/R). Il
s'agit de renforcer la couverture nationale du réseau d'aires protégées et de passer de 6% à 10%
du territoire national concerné. De même, la Stratégie de Développement Rural (SDR) constitue
le cadre de concertation de référence qui prend en compte la vision de tous les acteurs du
monde rural, afin de promouvoir une gestion efficace des ressources naturelles.
Il y a donc un engagement clair pour protéger un réseau viable et représentatif des aires
protégées, cependant, les moyens qui devraient accompagner la mise en œuvre de cette
stratégie font défaut. La méconnaissance des effectifs des populations par espèce et des
tendances de l'évolution des populations animales et végétales démontre qu'il n'y a pas
d'inventaire complet de la biodiversité du pays. Il y a une insuffisance sur les données parce
qu'elles sont disparates, incomplètes et non réactualisées, quand elles existent.
74
La variabilité historique des différents types d'écosystèmes dans le pays semble connue.
Les écosystèmes du Niger ont fait l'objet de nombreuses recherches. Ces recherches
concernant les aires protégées, ne sont pas forcément orientées vers la gestion des AP et
s'inscrivent souvent dans le court terme.
Le système des aires protégées n'est pas évalué et révisé pour pallier les manques et les
faiblesses. Toutefois, deux aires protégées (RNNAT et parc W) ont bénéficié d'une évaluation
de leur efficacité de gestion dans le cadre des activités du projet AWHF en Afrique de l'ouest et
du suivi des sites du patrimoine mondial. Il y a un manque important de programmes de
formation efficace pour le personnel des aires protégées.
Politique environnementale
Environnement législatif
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Po Fo
L'environnement législatif n'est pas en contradiction avec les objectifs des aires
protégées et renforce théoriquement l'efficacité de gestion. En effet, les insuffisances qui
existaient dans la gestion de la faune (non-incitation à la participation des populations à la
gestion des ressources naturelles dans les parcs et réserves à travers la loi n° 98-07 du 29avril
1998, fixant le régime de la chasse et de la protection de la faune) ont été harmonisées avec
l'adoption du Code rural qui pose les fondements du développement rural.
Des objectifs de protection de l'environnement sont intégrés dans la plupart des aspects
du développement des autres politiques sectorielles (agriculture, transports…).
L'expression de cette volonté politique est survenue en 1992 et a suscité l'élaboration des
"principes directeurs de la politique de développement rural" et leur adoption par ordonnance.
Ce texte a constitué, entre autres, le cadre de référence de la gestion intégrée des ressources
naturelles et de l'organisation du monde rural. La politique de protection de l'environnement s'est
mise en place à partir de 1998 avec l'adoption de la loi cadre n° 98-056, du 29/12/1998, relative à
la gestion de l'environnement. De ce fait, la SDR et la loi n°98-056 posent les bases de la gestion
75
efficace de l'environnement et des aires protégées au Niger. La complémentarité des lois est
donc effective et démontre la pertinence du cadre législatif de l'environnement. Toutefois,
l'application effective des lois et des arrêtés relatifs aux aires protégées connaît des
dysfonctionnements récurrents.
L'absence d'un budget de fonctionnement alloué au réseau des aires protégées entrave la
gestion des réserves et parcs. En effet, en dehors des budgets projets qui sont pour la plupart
temporaires et donc insuffisants pour assurer les besoins de conservation sur le long terme,
aucune aire protégée ne disposent de budget propre pour assurer des activités de gestion au
sein des AP (sauf couverture des salaires du personnel).
76
POINTS FORTS ET POINTS FAIBLES DE LA
GESTION DES AIRES PROTEGEES
Les participants à l'atelier ont identifié les principaux points forts suivants en matière de gestion
des aires protégées au Niger :
·
L'existence d'un dispositif législatif et réglementaire national régissant la gestion des
ressources naturelles et de l'environnement
·
La tendance vers une synergie d'action entre les différentes politiques sectorielles du
Niger
·
La reconnaissance du statut juridique (établie ou en cours) de toutes les AP du Niger
·
La reconnaissance de certaines aires protégées au niveau international (site du
Patrimoine Mondial, MAB...)
·
L'existence d'un réseau national d'aires protégées comme outil pouvant faciliter le
partenariat avec d'autres réseaux au niveau international
·
L'existence de ce réseau destiné à favoriser les échanges d'expérience et d'informations
entre aires protégées
·
L'implication et la volonté des gestionnaires de terrain à s'investir dans la gestion des
aires protégées malgré les difficultés rencontrées
·
L'appui aux communautés locales pour une gestion participative et durable au niveau
des aires protégées.
·
L'insuffisance (voir l'absence) de concertation entre les acteurs des différentes aires
protégées malgré l'existence du réseau national d'aires protégées
·
La non-fonctionnalité du réseau (absence de coordination entre les gestionnaires d'aires
protégées)
·
Les grandes disparités entre aires protégées au niveau de leur gestion propre
·
La difficulté de mise en place de partenariat auprès des bailleurs extérieurs
·
Les entraves fréquentes à l'application des textes réglementaires au niveau de chaque
aire protégée
·
Le manque de moyens humains disponibles pour la gestion des aires protégées
·
Le manque de renforcement de capacité des acteurs du réseau
·
Le manque d'autonomie financière des aires protégées
·
Le manque de transparence financière des dispositifs de gestion des AP
·
L'efficacité insuffisante de la gestion des AP pour ralentir la dégradation des
écosystèmes
77
RECOMMANDATIONS
Les recommandations suivantes ont été émises par les participants à l'atelier :
·
Etablir le statut juridique des AP qui n'en n'ont pas encore
·
Définir des objectifs de conservation clairs et réalisables pour le réseau et chacune de ses
aires protégées en fonction de l'état actuel de la biodiversité au Niger
·
Actualiser et valider les plans de gestion des AP qui en possèdent et élaborer ou mettre à
jour les plans de gestion des AP qui en sont dépourvues
·
Assurer un financement de base de toutes les AP par l'Etat
·
Proposer des scénarii possibles de financement durable du réseau d'AP aux différents
partenaires et à l'Etat
·
Renforcer les capacités des gestionnaires des AP à l'utilisation des outils de conservation
(planification et gestion des AP) et au dialogue avec les autres acteurs (notamment dans
le cadre de la gestion participative avec les communautés locales)
·
Mettre en place des cadres de concertation effectifs entre aire protégées via le réseau
national d'aires protégées (pour favoriser les échanges d'informations)
·
Renforcer l'application des textes dans et autour des AP, et notamment le respect des
zones, périodes et espèces concernées par la chasse quelle que soit l'origine des
chasseurs
·
Renforcer le suivi des procédures internes de gestion des aires protégées et
l'autoévaluation de ces procédures à tous les niveaux pour garantir la transparence de la
gestion des activités au niveau des AP (notamment au regard des partenaires extérieurs)
·
Renforcer le dispositif de gestion de certaines AP (notamment en nommant un
conservateur pour celles qui n'en ont pas)
·
Assurer une durée minimale de présence en poste des gestionnaires sur site pour
permettre un suivi des actions de gestion engagées sur le moyen terme
·
Assurer une localisation des cellules de gestion de terrain la plus proche possible des
sites à gérer (décentralisation des décisions).
78
UNION INTERNATIONALE POUR LA
CONSERVATION DE LA NATURE