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Cours de Bacteriologie Systematique

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COURS DE BACTERIOLOGIE SYSTEMATIQUE- TBM Deuxième Année

CHAPITRE 1 - COCCI A GRAM POSITIF

INTRODUCTION
Sous cette dénomination sont regroupées des espèces bactériennes constituées par des cellules
de forme arrondie (cocci ou coques) immobiles, à Gram positif, aérobie anaérobie facultative,
dont l’importance médicale est très grande.
Nous distinguons :
Les Staphylocoques appartenant au genre Staphylococcus
Les Streptocoques appartenant au genre Streptococcus
Les Entérocoques

LES STAPHYLOCOQUES
PLAN :

INTRODUCTION
I-CARACTÈRES BACTÉRIOLOGIQUES
II –ÉPIDÉMIOLOGIE
III –PHYSIOPATHOLOLOGIE
IV-POUVOIR PATHOGÈNE

V-DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
VII -MESURES DE PROPHYLAXIE ET ÉLÉMENTS DE THÉRAPEUTIQUES

CONCLUSION

OBJECTIFS
1-Définir les Staphylococcus.

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2-Définir les aspects des cultures des staphylocoques en gélose ordinaire et en gélose Chapman.
3-Citer 4 caractères de distinction des 3 principales espèces de staphylocoques pathogènes de
l’homme.
4-Citer 5 toxines et 5 enzymes staphylococciques.
5-Citer 4 types d’infections staphylococciques.
6-Citer 4 caractères biochimiques d’identification de staphylocoque aureus
7-Citer 8 antibiotiques de familles différentes pour les antibiogrammes ses staphylocoques.

INTRODUCTION

-Définition
Les Staphylocoques sont des Cocci à Gram positif classiquement disposés en amas.
Actuellement, on distingue 44 espèces. L’espèce S. aureus (plus communément appelé
staphylocoque doré) se distingue généralement des autres staphylocoques appelés
Staphylocoques à Coagulase Négative (SCN) par la présence d’une coagulase. Les
staphylocoques sont responsables de suppurations qui peuvent être traitées par antibiothérapie.
Il n’existe pas à ce jour un vaccin efficace contre ces germes.
Histoire
-Pasteur, 1880 : découverte de bactéries en grains dans du pus.
-Ogston, 1883 : créé le nom « staphylocoque » pour décrire ces bactéries en grappe de raisins
(staphylos) et en forme de grains (kokkos).
Intérêts :
Les staphylocoques occupent une place très importante en pathologie humaine et animale :
 Sur le plan clinique ce sont des bactéries pyogènes et toxinogènes responsables d’une
symptomatologie polymorphe avec une fréquence élevée d’infections nosocomiales.
 Sur le plan thérapeutique, le problème de prévention et traitement des souches méthi R
(SARM).

I-CARACTÈRES BACTÉRIOLOGIQUES
1-Taxonomie/Classification
-Famille : Micrococcaceae

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-Genre : Staphylococcus (autres genres : Micococcus, Stomatococcus, Planococcus)


-Espèces : > 40 espèces
-Staphylococcus aureus, S. epidermidis et S. saprophyticus sont les 3 principales des 17 espèces
retrouvées chez l’Homme. La classification actuelle des Staphylococcus n’est certainement pas
définitive.
2-Carcatères morphologiques
Ce sont des Cocci à Gram+ de 0,5-1µm de diamètre, isolés, en diplocoques, en courtes
chaînettes ou en amas (grappe de raisins). Asporulés et parfois capsulés.

3-Caractères culturaux
Aérobie-anaérobie facultatif (AAF), la culture des Staphylocoques est facile et rapide en 24h
en aérobiose sur Gélose et bouillon ordinaires.

Entre 18 et 24 h à 37°C, Les colonies peuvent être pigmentées, jaunes, dorées (S. aureus:) ou
blanches (S. aureus, S. epidermidis, S. saprophyticus,…).

-Sur gélose au sang de lapin ou de mouton on a une hémolyse de type .

-Sur gélose Chapman (Mannitol + 7,5% NaCl + Rouge phénol) : S. aureus acidifie le milieu
(mannitol) qui vire du rouge au jaune d’où le nom de staphylocoque doré

4-Caractères biochimiques

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Les staphylocoques présentent les caractères biochimiques suivants :


-Ils possèdent une Catalase (caractère différentiel avec les streptocoques);
-ils sont Oxydase négative (différence avec les Neisseria) ;
-ils Oxydent et fermentent le glucose et le mannitol contrairement aux Micrococcus qui
procèdent seulement par un mécanisme oxydatif).
-Ils Résistent à la bacitracine et au composé vibriostatique O/129 à 0,5mg (2,4-diamino-6,7-
diisopropyloptéridine) ;
Mais sont Sensibles aux nitrofuranes. à la novobiocine : (S aureus ), alors que S epidermidis
est résistante
- S. aureus en général est DNase ou Désoxyribonucléase +
L’identification biochimique des espèces de staphylocoques peut être faite sur des mini galéries
commerciales comme les API Staph ou ID32 Staph (bioMérieux),

5-Substances élaborées par les staphylocoques


5.1-Toxines
-Hémolysines (, β,  et δ)
•-hémolysine ou -toxine staphylococcique : antigénique, cytotoxique et cytolytique.
•β-hémolysine : donne une hémolyse accrue en présence de Streptocoque B qui est
mise en évidence par le CAMP-test (CAMP : Christie, Atkins, Munsch-Petersen)
• -hémolysine : antigénique et proinflammatoire.
•δ-hémolysine : action détergente sur les membranes.
-Leucocidine toxique pour macrophages et polynucléaires humains et de lapin.
-Entérotoxines (A, B, C1, C2, C3, D, E et H) : responsables d’intoxications alimentaires;
certaines ont une action mitotique sur les lymphocytes T. Elles ont des fonctions de
Superantigènes.
-Toxines épidermolytiques ou exfoliatines : produites par certaines souches de S aureus.
Permettent de distinguer 2 sérotypes A et B chez certaines souches. Responsables de
pathologies infantiles comme le syndrome de Lyell, l’impétigo bulleux staphylococcique,…
-Toxines pyrogènes A et B : mitogènes. Responsables de fièvres scarlatiniformes
staphylococciques.
-Toxine du syndrome de choc toxique (TSST) qui est associée à une production
d’entérotoxines.
-Protéine de liaison à la fibronectine contribue à l’adhérence de S aureus aux biomatériaux
(cathéters, prothèses). Elles favorisent les endocardites et sont antigéniques.

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-Protéine de liaison au collagène permet à S aureus d’adhérer au cartilage in vitro. Facteur de


virulence des infections ostéo-articulaires.

5.2-Enzymes
Ont un intérêt pathogénique et/ou diagnostique important.
-Coagulase libre : provoque la coagulation du plasma humain ou de lapin; permet de définir 7
groupes antigéniques. Joue un rôle dans la survenue de thrombophlébites suppurées et inhiberait
la phagocytose.
-Coagulase liée N’EST PAS LE « CLUMPING FACTOR »:
-Fibrinolysine ou staphylokinase : antigénique, dissout les caillots et interviendrait dans la
formation d’emboles septiques.
-Hyaluronidase : hydrolyse l’acide hyaluronique et fluidifie la substance fondamentale du tissu
conjonctif.
-Nucléase : thermostable chez S aureus (DNase) et thermolabile chez les autres.
-Bêta-lactamases : facteur de résistance aux β-lactamines dont les pénicillinases et les
céphalosporinases.

II -ÉPIDÉMIOLOGIE
1-Habitat
Les staphylocoques sont très répandus dans la nature (air, eau, sol) et ce sont des bactéries de
la flore commensale cutanée et muqueuse des mammifères et des oiseaux.
Chez l’humain, les staphylocoques sont présents au niveau de la peau, la gorge, des muqueuses
nasales, anales, uro-génitales, … Le portage des staphylocoques varie avec l’âge ; il existe des
personnes « non porteuses ». Les souches de S. aureus retrouvés en milieu hospitalier peuvent
être résistantes à la méticilline (SARM : S. aureus résistantes à la méticilline). C’est donc l’un
des
pathogènes le plus fréquent en communautaires et hospitaliers (nosocomial), car ubiquitaires e
t virulent

2-Transmission
Elle peut être ;
- directe (contacts, mains, à partir du nez,…). La dissémination se fait surtout par la main,
existence de « dangereux disséminateurs ». Faire attention aux nouveau-nés
Elle peut se faire aussi à partir des lésions ouvertes, manuportée en milieu hospitalier par le
personnel
- indirecte par voie aérienne, les aliments et les objets souillés (matériel…)
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3-Facteurs favorisants l'infection staphylococcique


On distingue des facteurs intrinsèques à la bactérie ainsi que des facteurs communautaires et
hospitaliers ou nosocomial dont :
-Les facteurs de virulence des souches : protéines bactérienne de surface qui facilitent la
colonisation des tissus de l’hôte, les facteurs inhibant la phagocytose et les toxines.
-Les ruptures cutanées (blessures, interventions chirurgicales, brûlures, dermatoses)
-Les corps étrangers : poussières et gravillons dans une plaie, points de suture, cathéters,
prothèse menstruations (Tampons)
-Une infection virale préalable : grippe et rougeole en particulier.
-L'usage préalable d'une antibiothérapie à large spectre à laquelle le staphylocoque est
résistant.
-Les déficits leucocytaires quantitatifs (leucopénie) ou qualitatifs (granulomatose familiale).

-Les déficits immunitaires acquis ou innés (VIH etc.)


-Diverses pathologies : diabète, artériosclérose, éthylisme, insuffisance rénale,
-Présence de disséminateurs dangereux. Circulation de souche SARM
Terrain débilitants sous‐jacents etc.

III -PHYSIOPATHOLOLOGIE
La Pénétration dans l’organisme se fait par voie cutanéo-muqueuse, respiratoire, digestive, etc.

-Puis survient la multiplication bactérienne avec production d’enzymes et de toxines entrainant
une infection pouvant aboutir à une bactériémie ou une septicémie. Ainsi les
hémolysines entrainent une extension locale par les pores et la Coagulase une
extension hématogène
Plusieurs étapes impliquant les substances élaborées par le staphylocoque peuvent se succéder :
1-envahissement local (hyaluronidase, exfoliatine),
2- nécrose cellulaire (protéases, lipases, estérases, DNases, phosphatases, -toxines ainsi que
les β,  et δ,
3-diminution des défenses locales (Leucocidine, capsule, protéine A) protégeant la bactérie
contre la phagocytose
4-foyer de thrombophlébite régionale (coagulase), par activation de la thrombine
5-embols septiques (fibrinolysine).

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S. aureus peut ainsi détruire les cellules de l’organisme et produire du pus. Il est le type même
du germe pyogène.

IV-POUVOIR PATHOGÈNE
.1-Pouvoir pathogène naturel
Les staphylocoques sont responsables d’infections suppuratives et des toxi-infections ou
toxémies
1.1-Infections suppuratives
-Cutanées, sous-cutanées et muqueuses: folliculite, onyxis, furoncle, anthrax, abcès, érysipèle
ou cellulite, .... Peuvent être accompagnées de septicémie sévère.
-Du tractus respiratoire : angines, sinusites chroniques, pneumopathie (grave).
-Du système nerveux central : par voie hématogène ou contiguë, avec sous atteinte osseuse.
-Du tractus uro-génital : pyélonéphrites, cystite, prostatite, vaginites, cervicites, salpingites,…
-Endovasculaires et cardiaques chez des patients porteurs de valves cardiaques artificielles.
-Musculaires et osseuses : ostéomyélite aiguë souvent sur terrain drépanocytaire, arthrite.

1.2-Toxi-infections ou toxémies staphylococciques


-Toxines produites in vivo (TSST-1, exfoliatine) ou préformées et introduites dans
l’organisme (entérotoxines dans les aliments).
-Toxi-infections alimentaires : implique les entérotoxines A à E et H
-Syndrome de choc toxique staphylococcique (SCTS) : avec rash scarlatiniformes notamment.
-Syndrome d’exfoliation généralisée ou syndrome de Lyell staphylococcique
-Entérocolite nécrosante pseudo-membraneuse post antibiothérapique, due à la prolifération
de S aureus + production d’entérotoxines.

Portage asymptomatique Infections contiguës

-peau -furoncles, anthrax, abcès, arthrites, ostéomyélites

-nez, bouche, -sinusites, otites, mastoïdites, pneumonies

-yeux, -infections orbitaires

-intestin, -entérocolites

-vagin, urètre -cystites, prostatites, cervicites, pyélonéphrites,…

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Source inconnue BACTERIEMIES ou SEPTICEMIES Contamination


externe : personnel

Localisations métastasiques

-osseuses

-pulmonaires

-cutanées, musculaires,

-cardiaques, rénales,
Figure 3 : Principales infections staphylococciques
-nerveuse,

2-Pouvoir pathogène expérimental -autres.


-Chez l’homme : injection de 5×106UFC de S aureus sous peau saine et de 100 bactéries sur
une zone de suture ou lésée suffit pour produire une infection.
-Aucun animal ne permet de reproduire l’infection humaine.

3-Infections nosocomiales
Concerne aussi bien S. aureus que les staphylocoques à coagulase négative. Concernent surtout
les infections des plaies chirurgicales, les pneumopathies sous ventilation assistée, les
septicémies à point de départ cathéter, infections sur prothèses ou corps étrangers malade
(vêtement du personnel, accompagnants, visiteurs, draps, murs, matériel médical) constitue une
source secondaire de contamination. Milieu propice au SARM.

V-DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
Il est essentiellement direct
.1-Prélèvements
-Pus d’abcès, biopsies, urines, LCR, aspirations bronchiques, etc. Dans les hémocultures (sang)
la répétition est favorable au diagnostic étiologique.
-Autres prélèvements : selles, aliments, eaux, air du milieu hospitalier,…
-Le transport et/ou la conservation des échantillons doivent respecter les principes de l’examen
cytobactériologique.

.2- Examen microscopique


Il montrera des Cocci à Gram positif, isolés, en amas (grappe de raisins), assez évocateur.
.3-Culture et identification (Figure 2)

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-Pour les prélèvements monomicrobiens, utiliser des bouillons ou géloses non sélectifs, enrichis
ou non (Bouillon Trypticase soja, gélose nutritive, GSF, …) ; mais pour les produits
polymicrobiens, ensemencer des milieux sélectifs (Chapman, Baird-Parker,…).
Le diagnostic d’espèces peut être complété par une minigalérie API Staph ou par des tests de
dépistage rapides par agglutination sur lame d’hématies ou de particules de latex sensibilisées
par le fibrinogène ou par des IgG. La Méti-R peut être recherchée par test rapide aussi

Api Staph
4-Étude de la sensibilité aux antibiotiques
4.1-Antibiotiques à tester
-β-lactamines : pénicilline G (83-85% de résistance) ; pénicilline M, autres pénicillines et les
céphalosporines,…
-Aminosides : gentamycine, amikacine,…
-MLS : Macrolides (érythromycine,…), Lincosamines, Synergistines
-Fluoroquinolones : ciprofloxacine, norfloxacine, ofloxacine et nouvelles fluoroquinolones
-Tétracyclines : tétracycline, doxycycline, minocycline
-Sulfaméthoxazole-triméthoprime (cotrimoxazole)
-Glycopeptides : vancomycine, teicoplanine.
-Chloramphénicol,
-Fosfomycine, Acide fusidique.
5-Autres techniques d’identification
-Identification moléculaire pour la détection des acides nucléiques

VI-STAPHYLOCOQUES COAGULASE NEGATIVE (SCN)


-Espèces bactériennes
-Staphylococcus epidermidis :
-Produit abondamment une capsule polysaccharidique qui lui permet d’adhérer et de coloniser
la surface des polymère (cathéters, prothèses) et des cellules.
-Responsable d’infections de prothèses vasculaires, articulaires, de valves ; d’endocardites ;
d’endophtalmies et d’infections diverses chez les immunodéprimés.
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-S. saprophyticus: infections urinaires, surtout chez les jeunes femmes non hospitalisées

Caractères S. aureus S. epidermidis S. saprophyticus


Coagulase libre + – –
DNase thermostable + – –

Novobiocine 5g Sensible Sensible Résistante (<16mm)

Nitrate réductase + + –
Tableau 1 : Diagnostic différentiel des 3 principales espèces de staphylocoques rencontrées
chez l’homme.

VII -MESURES DE PROPHYLAXIE ET ÉLÉMENTS DE THÉRAPEUTIQUES


-Prévention
Repose sur l’application des mesures d’antisepsie et d’hygiène individuelle et collec0ve
Hygiène des mains pour éviter le manuportage et la contaminaBon par le personnel
Traitement des lésions (=porte d’entrée)
Lutte contre les infections nosocomiales et surveillances alimentaire
Diminuer l’utilisation d’ATB et favoriser l’usage d’antiseptiques pour éviter les BMR
Détection et décolonisation en chirurgie
-Traitement curatif
Le traitement curatif repose sur l’utilisation d’antibiotique actifs comme
-les Aminosides, les tétracyclines, les sulfamides, les macrolides
De nos jours les Beta lactamines st peu actifs sur les souches hospitalières productrices de
pénicillinases.
Il existe aussi des staphylocoques de résistance hétérogènes qu’on appelle souches methi R,
elles sont résistantes aux céphalosporines et à de nombreuses familles d’antibiotiques
Il est recommandé de rechercher les MRSA dans les unités de soins intensifs…
La Vancomycine et l’Imipenème st réservés aux cas rebels.

CONCLUSION
Les staphylocoques constituent un genre bactérien très présent dans la nature et en clinique ;
l’espèce S. aureus est le germe des infections suppuratives. Il n’existe pas actuellement de
vaccin efficace contre les infections staphylococciques. Leur évolution et adaptation continue
aux antibiotiques font des espèces pathogènes des agents redoutables. Cependant les

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combinaisons d’antibiotiques usuels et l’existence de nouvelles molécules offrent des


perspectives thérapeutiques rassurantes

Cocci à Gram positif

Catalase

Positive Négative

Micrococcaceae Streptococcaceae

Oxydase*

Positive Négative

-Micrococcus (Aérobie srticte) Staphylococcus


-Staphylococcus sciuri

-Staphylococcus lentus

COURS-Staphylococcus vitulusSYSTEMATIQUE
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Poursuivre l’identification
Par les Caractères bactériologiques

STREPTOCOQUES

PLAN
INTRODUCTION
I-CARACTÈRES BACTÉRIOLOGIQUES
II –ÉPIDÉMIOLOGIE
III –PHYSIOPATHOLOLOGIE
IV-POUVOIR PATHOGÈNE
V-DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
VII -MESURES DE PROPHYLAXIE ET ÉLÉMENTS DE THÉRAPEUTIQUES
CONCLUSION

OBJECTIFS
-Définir les Streptococcus.
-Expliquer les 4 méthodes de classification des streptocoques.
-Citer 2 espèces de streptocoques d’importance médicale
-Définir la principale condition de culture des streptocoques en bouillon.
-Décrire les aspects des cultures des streptocoques en milieux gélosés.
-Expliquer l’identification d’une colonie de cocci à Gram positif, β-hémolytique évocatrice de
streptocoque.

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-Expliquer l’identification d’une colonie de cocci à Gram positif, non hémolytique évocatrice
de streptocoque.
-Citer 5 groupes ou familles d’antibiotiques utilisables pour un antibiogramme de streptocoque.
-Illustrer par un tableau, les principes de dosage et les valeurs seuils des 5 enzymes du
sérodiagnostic des infections streptococciques.

-INTRODUCTION
-Définition

La famille des Streptococcaceae comprend plusieurs genres. Parmi eux, Streptococcus et


Enterococcus regroupent la plupart des espèces responsables d'infections humaines. Les
caractéristiques communes à toutes ces espèces sont les suivantes :

-Ce sont des cocci à Gram positif sphériques ou ovoïdes, groupés en diplocoques ou en
chaînettes parfois longues de plus de 6 coques et asporulés, de la famille des Streptococcaceae.
-Catalase négative, Oxydase négative, AAF et à métabolisme fermentatif. Ils sont anaérobie
mais tolérants à l’oxygène : cultivent lentement et difficilement en aérobiose. mais les
streptocoques résistent naturellement aux aminosides.
-Fragiles, sensibles à l’acidité et certaines espèces ont besoin de milieux enrichis ou des facteurs
de croissance.
-Historique
-1869, Coze et Feltz observent de nombreux « points » en chaînettes dans le sang de femmes
décédées lors d’une épidémie de fièvre puerpérale à Strasbourg
-1884, Rosenbach décrit Streptococcus pyogenes.
-1928, Griffith et plus tard en 1944, Avery, Mac Leod et Mac Carthy décrivent le phénomène
de transformation chez le pneumocoque.
-1933, Miss Rebecca Lancefield établit la classification moderne des streptocoques sur la base
de la propriété antigénique de leurs hydrates de carbone : elle décrit les sérogroupes A à F.
Intérêts :
-Épidémiologique : bactéries cosmopolites, ubiquitaires
-Clinique : responsables d’infections variées, dont les séquelles peuvent redoutables.
Bactéries responsables d’angines (A surtout) dont les complications peuvent conduire
au Rhumatisme articulaire aiguë (RAA ou M. de Bouillot)et
Glomérulonéphrite aiguë (GNA)
-Microbiologique : par la taxinomie en perpétuel changement et par leur résistance naturelle aux
aminosides.
-Thérapeutiques : malgré leur caractère ubiquitaire, il n’existe pas de vaccins contre la quasi-totalité
des Streptococcaceae. Cependant des vaccins polyvalents très efficaces sont disponibles contre le
pneumocoque.

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I-CARACTÈRES BACTÉRIOLOGIQUES
1.-Classification
Les streptocoques ont été classe en fonction des critères suivants
-capacité à hémolyser les hématies (hémolyse totale ou Beta hémolytique, hémolyse partielle
ou alpha hémolytique et absence d’hémolyse ou gamma hémolytique
-Présence d’ag polysaccharidique C ou Classification antigénique de Lancefield
Repose sur la caractérisation du polyoside C (Ag de groupe) de la paroi de streptocoques.
Permet de distinguer
-des streptocoques groupables qui sont différentiables
 soit par leur polyoside C avec 18 sérogroupes désignés par les lettres A, B, C, E, F, G,
H, K , L, M, O, P, R, S, T, U, V, W), la lettre Q exclue.
 soit par leur acide téichoïque (Ag de groupe) : les 2 groupes D et N qui forment
désormais les genres Enterococcus et Lactococcus respectivement.
-et des streptocoques «non groupables» qui ne possèdent pas de polyoside C spécifique. Ce
sont les streptocoques oraux ou « viridans ».

NB : « Les streptocoques viridans sont des bactéries sphériques à Gram positif du genre Streptococcus.
En termes plus familiers, les bactéries sont également appelées Streptococcus viridans (du latin vĭrĭdis :
vert), « streptocoques verdissants », car elles peuvent être détectées sur des géloses au sang suite à une
alpha-hémolyse (« halo verdâtre »). Il s'agit d'un groupe de nombreuses espèces différentes de
Streptococcus.

Les streptocoques viridans causent principalement des infections de la cavité buccale, mais ils
provoquent également des infections plus graves s'ils pénètrent dans la circulation sanguine. Les
pathogènes causent notamment les maladies suivantes :

 Les Caries
 La Gingivite (inflammation des gencives)
 La Parodontite (inflammation du parodonte)
 Les Abcès
 La Bactériémie (infection du sang)
 L’Endocardite lente (inflammation de la paroi cardiaque/des valves cardiaques avec
détérioration progressive)
 La Septicémie

Les streptocoques viridans se retrouvent naturellement dans la bouche et la gorge, c'est pourquoi ils
sont aussi qualifiés de « streptocoques oraux ». Cependant, ils sont également présents dans le tractus
gastro-intestinal et dans le vagin ».

-Caractères culturaux et métaboliques


Ils permettent de classer les espèces qui ne sont pas groupables selon la méthode de Lancefield.
Ils permettent de reconnaître différentes espèces, notamment au sein des groupes de Lancefield.

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Une classification encore largement acceptée, basée sur des tests sérologiques et
biochimiques reconnaît quatre divisions principales
-Streptocoques pyogènes (habituellement β hémolytiques possédant un antigène polyosidique
de groupe),il s’agit des
streptocoques A,C,B
-Entérocoques, (E. faecalis, faecium……)

-Streptocoques lactiques (isolés principalement des produits laitiers), [Link]

-Streptocoques « viridans » (dépourvus d’antigène de group


-Classification sommaire
-Famille : Streptococcaceae
-Genre : -Streptococcus
-Espèces : -S. pyogenes, S. agalactiae, S. pneumoniae,… Il existe 44 espèces et sous-
espèces de streptocoques.

2.-Caractères Morphologiques
Cocci immobiles à Gram positif, ronds ou ovalaires groupés en chaînettes plus ou moins
longues (de 2 à plus de 50 cocci) ; les éléments sont souvent associés en diplocoques au sein de
la chaîne. Certaines espèces sont capsulées. Des formes pseudo bacillaires ou de grandes tailles
qui prennent mal le Gram peuvent être observées en cas d’antibiothérapie ou de mutations.

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3-Caractères culturaux
.1-Conditions de culture
-AAF; 37°C; une atmosphère enrichie en CO2 favorise les primocultures
-Les streptocoques se cultivent sur milieux usuels, mais ils préfèrent les milieux enrichis avec
des produits biologiques (sang, sérum, liquide d’ascite) ou du glucose (BGT).
-L’acidité du milieu est généralement néfaste à leur croissance et explique l’utilisation
recommandée de bouillon tamponné (Bouillon Glucosé Tamponné ou milieu tamponné de
Todd-Hewitt).

.2-Aspect en bouillon ordinaire (BO)


-Bouillon clair avec dépôt granuleux en «mies de pain» au fond du tube (Strepto A, C, G).
-Parfois, trouble homogène avec un dépôt gluant au fond du tube (Streptocoque B et D).

3-Aspects des colonies sur gélose ordinaire (GO)


Colonies apparaissent très petites colonies lisses, rondes, convexes (bombées), transparentes, à
bords réguliers, en « gouttes de rosée », en 24-48h.

4-Aspects des colonies sur gélose au sang frais (GSF)


GSF = Gélose base sans sucre (gélose Columbia) + 5% de sang frais défibriné de cheval ou
de mouton. Après 24-48 h de cultures, les colonies peuvent être :
-transparentes, translucides, lisse, bombées de 0,5mm de diamètre (streptocoques A, C et G),
-plus larges, lisses et parfois pigmentées en jaune-orange en anaérobiose (streptocoque B)
-de tailles variables (0,1 à 0,5mm), d’aspects mucoïdes et brillants, parfois translucides
(streptocoques non groupables). Des colonies «minutes», de très petites tailles peuvent être
observées avec des streptocoques A, C, G et F.
Sur GSF, les colonies de streptocoques peuvent être entourées de zone d’hémolyses , ’, β,
ou  dont les descriptions sont les suivantes :
-hémolyse  : zone verdâtre d’hémolyse incomplète (S. viridans, S. pneumoniae)

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-hémolyse  : zone claire d’hémolyse totale, avec un bord net et de 3 à 4 mm de diamètre


(streptocoques A, B, C, D, E, F, G, L).
-hémolyse ’ : 2 zones d’hémolyse dont la 1ère entoure immédiatement la colonie est
petite et incomplète et la 2ème est large et totale. Il s’agit d’une hémolyse en cocarde.
L’hémolyse ’ est parfois assimilée à une hémolyse .
-hémolyse  : absence d’hémolyse.
L’hémolyse constitue un caractère de pré-identification des streptocoques. Elle peut être
influencée par l’atmosphère d’incubation, la composition du milieu de culture et l’épaisseur de
la gélose.

-Milieux sélectifs
Obtenus par addition d’azide de sodium, d’ANC contre les Gram négatif, de cristal violet contre
les staphylocoques),…. Certains streptocoques sont sensibles à la Bacitracine et toutes sont
habituellement résistantes à l’Optochine à l’exception des pneumocoques en général. Ces
milieux et ces caractères ont souvent des valeurs d’orientation diagnostique.

4-Caractères biochimiques
Les streptocoques ne possèdent ni catalase ni oxydase
-Métabolisme glucidique :

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18

 Fermentent le lactose, mannitol, sorbitol sans production de gaz . La fermentation de


ces .
 Hydrolyse de l’amidon.
 Hydrolyse de l’esculine en présence de 40% de bile (par les streptocoques du groupe
D) hydrolyse de l’hippurate de sodium (Strepto. B, certains Strepto. D et quelques S.
viridans) qui sont des caractères d’identification présomptive des streptocoques.

-Métabolisme protéique : recherche de l’hydrolyse de la gélatine, de l’arginine,…

5-Substances élaborées, extracellulaires


Les streptocoques élaborent de très nombreuses substances toxiques: certaines sont des
antigènes extracellulaires et induisent la production d’anticorps utilisés dans le sérodiagnostic
des infections streptococciques. Dans le cas du streptocoque A, les principales sont :
-la Streptolysine O, très active sur les hématies, très toxique et antigénique. Elle provoque la
production d’antistreptolysines (ASLO), les anticorps anti-streptococciques les plus faciles à
doser dans le sérum.
-la streptolysine S, très active et très toxiques, mais non antigénique. Elle ne suscite pas de
production d’anticorps.
-les Streptodornases ou désoxyribonucléases (DNAses), qui dépolymérisent l’ADN de la
cellule de l’hôte. Il en existe 4 types : A, B, C et D; mais seuls les anticorps contre le type B
ou antistreptodornases B ASDOR-B) sont élevés au cours du rhumatisme articulaire aigu.
-la Streptokinase ou fibrinolysine streptococcique, activant le plasminogène en plasmine et
responsable de la lyse de la plasmine. Elle est antigénique et induit la synthèse
d’antistreptokinases (ASK).
-la Hyaluronidase qui dépolymérise le tissu conjonctif et induit la synthèse
d’antihyaluronidases (ASH).
-la Toxine érythrogène qui n’est produite que par les souches de streptocoques A qui ont acquis
le caractère par conversion bactériophagique. C’est un super antigène et son antitoxine entraîne
une bonne immunité. Responsable de l’éruption observée dans la scarlatine.
-Protéinase, ribonucléase, facteurs mitogènes, glycuronidase, phosphatases, amylase, leucyl
aminopeptidase, estérases, nicotinamide adénine dinucléotidase (NADase).

6-Immunité
l'immunité conférée par une infection streptococcique est spécifique d'espèce et de type.

-La protéine M suscite la formation d’anticorps protecteurs contre le streptocoque A)


-L’antitoxine la Toxine érythrogène entraîne une bonne immunité.

II -ÉPIDÉMIOLOGIE

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19

-Habitat : Bactéries ubiquistes. Certaines sont des commensales de la peau et des muqueuses
de l’homme et des animaux. D’autres sont des saprophytes et sont retrouvées dans les aliments,
l’eau, l’air ou le sol.
-Transmission : directe, interhumaine et indirecte par ingestion des aliments souillés,

III –PHYSIOPATHOLOGIE
:

Les structures bactériennes (fimbriae, protéines de surface, glycocalyx, acides téichoïques,


dextranes, …) assurant la fixation et l’adhérence des streptocoques aux surfaces jouent un très
important dans la colonisation. Elles facilitent les lésions locales (caries, endocardites,…).
Cependant plusieurs sont développées pour expliquer les survenues de rhumatisme articulaire
aigu (RAA), la glomérulonéphrite post-streptococcique.

IV -POUVOIR PATHOGÈNE NATUREL


Le genre Streptococcus regroupe de nombreuses espèces bactériennes au pouvoir pathogène très
différent

.1-Streptococcus pyogenes (groupe A)


1.1-Manifestations locales et régionales
-ORL : angines érythémateuses ou érythémato-pultacées, abcès périamygdaliens, adénites
cervicales, adénophlegmons, rhinites, sinusites, otites suppurées, mastoïdites.
-Cutanées : érysipèle, impétigo, cellulites, fasciites nécrosantes, myonécroses (« streptocoques
mangeuses de chair » ou syndrome de de Meleney), surinfections des plaies, vulvovaginites,
anites, rectites, érythème noueux
Les streptocoques des groupes C et G ont un pouvoir pathogène semblable à celui du A, mais
les complications post-streptococciques sont rares.

1.2-Manifestations générales
-Précoces : scarlatine, septicémies, endocardites (rares), suppurations articulaires,
pleuropulmonaires, méningées,…
-Post streptococciques : Rhumatisme articulaire aigu (RAA) avec ou sans endocardites,
glomérulonéphrite, …

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20

.2-Streptococcus agalactiae (B)


-Infections périnatales : infections urinaires, surinfections de plaies, amnionites, endométrites
et avortement ou accouchement prématuré chez la femme enceinte. Infections respiratoires,
septicémie ou méningite chez l’enfant né de mère dont l’appareil urogénital est infecté.
-Autres infections chez l’adulte : ostéo-arthrite, infections uro-génitales, cutanées,
pleuropneumopathies, septicémies, endocardites, méningites, …
3-Streptocoques non groupables dits « viridans » et autres
-Bactériémies
-Endocardites
-Caries dentaires

V -DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
.1-Diagnostic direct
1.1-Prélèvements
-Sang pour les hémocultures dans les cas de bactériémies. )
-LCR : pour la recherche de streptocoque B dans les méningites de nouveau-nés.
-Prélèvements pharyngés (A) dans les angines, d’urines (ITU), cutanés (A, C, G), génitaux
(A, B).

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21

-Prélèvements périphériques chez le nouveau-né en cas de suspicion d’infection néonatale


(frottis amniotiques, placentaires, liquide amniotiques, oculaires, buccal, …)
-Autres prélèvements : valves cardiaques, eaux,…

.1.2-Examens macroscopique et microscopique


Rechercher la présence de cocci à Gram positif évocateurs de streptocoques et de cellules
inflammatoires altérées ou non.

1.3-Diagnostics antigénique et moléculaires


-Recherche directe et rapide d’antigène streptococcique (A, B) solubles dans le produit
pathologique (LCR, urines, sérum) par des tests d’agglutination, immunoenzymatique ou
immunochromatographique.
-Extraction directe d’antigène streptococcique dans le prélèvement (pharyngé, génitaux) et
caractérisation rapide par un test d’agglutination ou un ELISA.
-Recherche directe de l’antigène streptococcique dans le frottis du prélèvement par
immunofluorescence; pas courante.

.1.4-Isolement et identification
Culture sur GSF avec ou sans ANC selon que le prélèvement est poly- ou monomicrobien.
-Si les colonies sont des cocci à Gram positif, β-hémolytiques : procéder à l’identification
antigénique par extraction de l’antigène de groupe puis au groupage par une technique
d’agglutination ou par diffusion en gel d’agarose. Des tests commerciaux existent pour les
caractérisations de streptocoques A, B, C, D, F et G.
-Si les colonies sont des cocci à Gram positif non β-hémolytiques : mais donnant une hémolyse
incomplète, vérifier si cette hémolyse devient de type β par un CAMP-test (streptocoque B).
Les colonies -hémolytiques (« viridans ») ou non hémolytiques sont généralement des
streptocoques D ou non groupables. Si le diagnostic d’espèce s’impose, faire alors une galerie
d’identification biochimique (API Strep,…).

1.5-Antibiogramme
Sur GSF, et selon la circonstance du diagnostic au laboratoire, tester des antibiotiques choisis
parmi les suivants :
-β-lactamines : pénicilline G, ampicilline, amoxicilline…
-MLS : érythromycine,…
-glycopeptides : vancomycine, teicoplanine

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22

-tétracyclines
-fluoroquinolone
Les aminosides sont inactifs sur les streptocoques.

.2-Diagnostic indirect
Appliqué essentiellement aux anticorps anti-streptocoque A. Toutefois, les tests utilisés
donnent des réactions croisées pour d’autres streptocoques β-hémolytiques.

Tableau 1 : Principes de dosage et valeurs seuils des enzymes streptococciques du


sérodiagnostic.
Enzymes Anticorps Techniques Seuil des
valeurs
pathologiques
Streptolysines O Antistreptolysines O Neutralisation de ≥250 UI
(ASLO) l’hémolyse des
hématies de lapin ou
humain
Désoxyribonucléases Antistreptodornases B Neutralisation de la ≥400 Unités
B ou Streptodornases (ASDORB) dépolymérisation de
B l’ADN
Streptokinase ou Antistreptokinases (ASK) Neutralisation de la ≥ 150 U
Fibrinolysine fibrinolyse Christensen
Hyaluronidase Antistreptohyalorunidases Neutralisation de la ≥ 15 000 Unités
(ASH) dépolymérisation de turbidimétriques
l’acide hyaluronique
Nicotinamide Antistreptonicotinamide Neutralisation de la ≥ 150 U Kellner
adénine adéninedinucléotidase scission du NAD
(ANADase)

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23

dinucléotidase
(NADase)

Il existe des tests commerciaux dont certains permettent le dosage simultané de plusieurs
marqueurs.

VI-MESURES DE PROPHYLAXIE ET ÉLÉMENTS DE THÉRAPEUTIQUES

.1-Prévention
-Recherches vaccinales en cours contre les streptocoques A et B.
-Prévention des infections néonatales en France et aux USA par le dépistage du streptocoque B
et une antibioprophylaxie à base de pénicilline G ou d’ampicilline.
-Prévention des endocardites post extraction dentaire par antibioprophylaxie.

.2-Traitement curatif
-Antibiothérapie par les molécules actives.
-Dans certains cas associés aux « streptocoques mangeuses de chair », une chirurgie peut être
nécessaire pour limiter les nécroses.
-CONCLUSION
Les streptocoques forment un très grand genre bactérien dont la taxonomie est inachevée. Ils
sont responsables d’affections diverses traitables par antibiothérapies, malgré les constats
associés à l’évolution de leurs sensibilités aux antibiotiques. Des essais vaccinaux prometteurs
sont en cours. Si ces vaccins s’avéraient efficaces, ils ouvriraient des perspectives immenses de
santé publique en médecine humaine.

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24

STREPTOCOCCUS PNEUMONIAE
PNEUMOCOQUE
PLAN

INTRODUCTION
I-CARACTÈRES BACTÉRIOLOGIQUES
II –ÉPIDÉMIOLOGIE
III –PHYSIOPATHOLOLOGIE
IV-POUVOIR PATHOGÈNE

V-DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
VII -MESURES DE PROPHYLAXIE ET ÉLÉMENTS DE THÉRAPEUTIQUES

CONCLUSION

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25

OBJECTIFS
-Définir Streptococcus pneumoniae
-Décrire les aspects des cultures de S. pneumoniae en bouillon et en gélose enrichie.
-Citer les 3 principaux tests d’identification de S. pneumoniae.
-Citer 7 antibiotiques pour l’antibiogramme du pneumocoque.

INTRODUCTION
-Définition
Streptococcus pneumoniae ou pneumocoque est un diplocoque à Gram positif, capsulé, de la
famille des Streptococcaceae. Il est responsable d’affections respiratoires et il est un redoutable
agent de méningite purulente aiguë au Burkina Faso. Les infections pneumococciques peuvent
être prévenues par vaccination et l’antibiothérapie efficace permet de traiter les infections
établies.
-Histoire
-Klein et Pasteur en 1884, utilisent pour la 1ère fois le terme « pneumocoque »
-1886, Frankel et Weichselbaum décrivent l’espèce Streptococcus pneumoniae.
-1928, Griffith et plus tard en 1944, Avery, Mac Leod et Mac Carthy décrivent le phénomène
de transformation chez le pneumocoque.
-1935, Lancefield et Hare décrivent le streptocoque B humain, un agent redoutable des
infections puerpérales.
-Intérêts
-Clinique : 1er agent de méningites bactériennes aigues en dehors des périodes d’épidémies de
méningites cérébrospinales, avec parfois des séquelles graves. Résistances croissantes aux bêta-
lactamines.
-Epidémiologique : responsable d’endémies de méningites purulentes

I-CARACTÈRES BACTÉRIOLOGIQUES
1.-Classification
-Famille : Streptococcaceae
-Genre : Streptococcus
-Espèce : Streptococcus pneumoniae ou pneumocoque

2-Carcatères morphologiques

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26

Diplocoque en flamme de bougie, en 8 ou en courte chaînette, capsulés, à Gram positif.

3-Caractères culturaux
-Conditions de culture : cultive entre 35-37°C, à pH : 6,5-8,3, en milieu enrichi (sang, sérum,
glucose,) ; croissance favorisée par 5-10% de CO2, mais elle est meilleure en anaérobiose
stricte. Ne cultive pas sur milieu ordinaire. Les milieux de culture peuvent être rendus sélectifs
par addition d’acide nalidixique ou de gentamicine.
-Aspect de la culture en bouillon enrichi au sérum : trouble léger en 24h qui a tendance à
s’éclaircir par autolyse des pneumocoques.

-Sur gélose enrichie : très petites colonies, mieux visibles à la loupe, lisses, bombées, à bord
régulier, transparentes, « en gouttes de rosée ».
●-hémolytiques sur GSF
●produisent une hémolyse en jaune d’œuf sur gélose chocolat (GC)
Les colonies sont de plus grosses en anaérobiose stricte et sans hémolyse ; mais en portant la
culture en atmosphère ambiante pendant 30mn, l’hémolyse  apparaît.

En anaérobiose et en présence d’antibiotiques actifs sur la paroi bactérienne (pénicilline,


vancomycine), il apparaît une hémolyse β..
Le sérotype 3 donne des colonies muqueuses comme les klebsielles.

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27

4-Caractères biochimiques-Possède les caractères du genre Streptococcus : Catalase –,


Oxydase–.
-Nitrate –, Gélatine–, acidifie et coagule le lait tournesolé
-Fermentation des sucres ; acidification du glucose, lactose, saccharose,…
-Mais en routine, le pneumocoque est identifié par 3 tests :
●la sensibilité à l’optochine (éthylhydrocupréine),
●la lyse par les sels biliaires ou phénomène de Neufeld
●et la présence de la capsule.

5-Structures antigéniques
-Capsulaire (AgK): polysaccharidique complexe avec des aminoacides et de la choline.
Comprend 90 types capsulaires différents qui peuvent être caractérisés par antisérums
spécifiques.
-Somatiques dont la substance C (spécifique d’espèce), l’antigène R (protéique) et l’antigène
M (spécifique de type et proche de l’AgM du streptoque A).

6-Substances élaborées : Toxines


Ce sont des toxines qui sont antigéniques pour la plupart.
-Pneumolysine : liée au corps bactérien et libérée lors de la lyse bactérienne. Lyse hématies et
leucocytes : dans les méningites purulentes pneumococciques les plus graves, la cytorachie est
faible. Détruit aussi les plaquettes et d’autres cellules dont celles des yeux. Peut être transformée
en anatoxine.
-Neuraminidase : intervient dans l’invasion par la bactérie.
-Hyaluronidase
-Principe producteur de purpura (PPP) : n’est pas antigénique, mais il pourrait produire soit
le purpura, soit des hémorragies internes.

II-ÉPIDÉMIOLOGIE
1-Habitat
Le pneumocoque est un hôte normal (commensal) de l'arbre respiratoire supérieur (rhino-
pharynx) de l'homme. On le trouve d'autant plus souvent que le sujet est jeune (40 % de portage
chez les enfants fréquentant les crèches).
2-Transmission

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Aérienne, presque toujours directe, à travers les gouttelettes de Pflügge. Bactérie très fragile
dans le milieu extérieur.
3-Facteurs favorisants
-Terrains immunologiques : agammaglobulinémie, splénectomie, traitements
immunosuppresseur.
-« Tares » : drépanocytose, diabète, cirrhose, néphrite, cancers,…
-Personnes âgées,…

III-PHYSIOPATHOLOGIE
La capsule du pneumocoque est un important facteur de la virulence, mais elle n’en n’est pas
la seule responsable, comme cela avait été admis pendant longtemps.
-Porte d’entrée : respiratoire
-Colonisation de la muqueuse ciliée du rhinopharynx, grâce à son adhésine
-Diffusion aux alvéoles pulmonaires où les bactéries vont résister à la phagocytose et aux
surfactants
-Production massive de cytotoxines suite à la lyse bactérienne et la libération d’H 2O2. Les
alvéoles se congestionnent, s’œdématisent, se remplissent de polynucléaires et sont rapidement
bouchées par la fibrine en même temps que se produisent les lésions tissulaires.
-Dissémination sanguine des pneumocoques favorisée par la réaction inflammatoire.
-Apparition de localisation métastasiques méningées surtout et de syndrome de coagulation
intravasculaire disséminé rapidement mortel.

IV-POUVOIR PATHOGÈNE
1-Pouvoir pathogène naturel
-Pneumonie franche lobaire aiguë
-Méningite à pneumocoque
-Bactériémie/Septicémies, Otite moyenne aiguë (OMA), péritonites, endocardites, arthrites,
infections cutanées, génitales,…

2-Pouvoir pathogène expérimental


-L’inoculation intrapéritonéale de pneumocoques capsulées à la souris entraîne sa mort. Les
pneumocoques capsulés sont retrouvés dans le sang et sur les empreintes d’organes (foie, rate).

V-DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
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29

1-Prélèvements
-Dans les méningites : LCR, sang (hémoculture), urines (recherche d’Ag solubles)
-Dans les septicémies : sang (hémocultures), urines (recherche d’Ag)
-Dans les pneumopathies : expectorations, liquide pleural, aspirations bronchiques, ponctions,
sang, liquide pleural, urines.
-Autres : prélèvement génital, auriculaire, liquide articulaire, liquide péritonéal,…
Transport rapide des prélèvements au laboratoire dans les conditions appropriées pour éviter la
lyse des bactéries.

.2-Examens macroscopique et microscopique (EF, Coloration)


-Les prélèvements non sanguins peuvent avoir un aspect purulent ; mais dans les méningites
très sévères, la leucorachie peut être faible.
-Recherche des bactéries par examen microscopique des frottis colorés par le Gram : cet
examen permet aussi la mise en évidence de la capsule. Mais la coloration à l’encre de Chine
est plus indiquée à cet effet. La présence de diplocoques lancéolés en flamme de bougie,
capsulés à gram positif est évocatrice de pneumocoques.
-Cytologie : importante en général à prédominance PNN.

.3-Diagnostic immunologique direct


Détection directe des antigènes bactériens solubles dans les produits pathologiques (LCR,
urines, sérum, liquide pleural,…) ,
-soit après chauffage à 100°C pendant 3-5mn pour le LCR et les urines, soit après
décomplémentation à 56°C pendant 30mn pour le sérum. Les antigènes sont alors détectés par
agglutination, par coagglutination ou par ELISA,…

.4-Techniques de biologie moléculaire pour la détection des acides nucléiques


Porte sur l’ADN bactérien ou sur l’ARNr 16S, à l’aide de techniques d’hybridation moléculaire
eu d’amplification génique (PCR,…).

.5 - Culture
-Ensemencement de bouillon (BCC) et/ou de GSF ou GC ou GSC. Si le prélèvement est
polymicrobien, ensemencer des milieux sélectifs (acide nalidixique ou gentamicine).
Incubation à 37°C en atmosphère enrichie en CO2 ou mieux, en anaérobiose, pendant 24h- 48h.
Les colonies obtenues sont soumises à l’identification.

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30

6 - Identification
Si le pneumocoque est suspecté, l’identification se fait en routine par le test de sensibilité à
l’optochine (disque chargé à 5µg), le test de lyse par les sels biliaires (désoxycholate de sodium
à 2-10%) et la mise en évidence de la capsule (test de Neufeld, CIE, agglutination, …).
Le pneumocoque est sensible à l’optochine (diamètre compris ≥15mm en général, mais tenir
compte des instructions fournies par le fabricant du disque), lysé par les sels biliaires et possède
une capsule.

7 - antibiogramme
On peut tester les disques suivants
-β-Lactamines : oxacilline 5µg, ampicilline, ceftriaxone, …
-MLS : érythromycine, Cotrimoxazole, Chloramphénicol, Tétracyclines, Fluoroquinolones,
Vancomycine, Fosfomycine

NB : Diagnostic indirect a Peu d’intérêt

VI-MESURES DE PROPHYLAXIE ET ÉLÉMENTS DE THÉRAPEUTIQUES


1-Vaccination antipneumococcique
-Vaccins polysaccharidiques : à 23 valences/sérotypes (1, 2, 3, 4, 5, 6B, 7F, 8, 9N, 9V, 10A,
11A, 12F, 14, 15B, 17F, 18C, 19A, 19F, 20, 22F, 23F, et 33F) ou à 7 valences/sérotypes appelé
PREVNAR*.
-Vaccin conjugué (polysaccharide + protéine immunogène)

2-Traitement
-Pneumonie : PéniG, Amoxicilline, céphalosporines de 2ème ou de 3ème génération, Macrolides
(pristinamycine) ou Fluoroquinolones
-Méningite : Amoxicilline, Céphalosporines de 2ème ou de 3ème génération, Macrolides ; ou
Chloramphénicol aqueux
-Otite moyenne aiguë (OMA) : Amoxicilline, céphalosporine de 3ème génération ou
Vancomycine.

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31

LES NEISSERIACEAE
PLAN

INTRODUCTION
I-CARACTÈRES BACTÉRIOLOGIQUES
II –ÉPIDÉMIOLOGIE
III –PHYSIOPATHOLOLOGIE
IV-POUVOIR PATHOGÈNE

V-DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE

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32

VII -MESURES DE PROPHYLAXIE ET ÉLÉMENTS DE THÉRAPEUTIQUES

CONCLUSION

OBJECTIFS
Neisseria gonorrhoeae
-Définir Neisseria. gonorrhoeae
-Décrire la morphologie du gonocoque.
-Expliquer les conditions de transport et de conservation des prélèvements pour la
recherche de gonocoque.
-Définir 1 milieu non enrichi non sélectif et 1 milieu enrichi sélectif pour l’isolement des
gonocoques.
-Citer 5 caractères biochimiques d’identification de Neisseria gonorrhoeae.
-Citer 7 antibiotiques pour l’antibiogramme du gonocoque.

Neisseria meningitidis
-Définir Neisseria meningitidis
-Décrire la morphologie du méningocoque
-Définir les conditions de culture de N. meningitidis
-Décrire les aspects des cultures du méningocoque en gélose chocolat et en gélose Muller
Hinton (MH).
-Citer 4 caractères biochimiques pour l’identification d’espèce de N. meningitidis.
-Citer les 13 sérogroupes connus de méningocoque et préciser les 4 les plus courants au
Burkina Faso.

1-GENERALITES SUR LE GENRE NEISSERIA

-Définition
Le genre Neisseria rassemble les bactéries en forme de diplocoques à Gram négatif, en "grain
de café" ou réniformes, s'opposant 2 à 2 par leur face aplatie. Aérobie stricte, Oxydase positive
et Catalase positive.
Le genre Neisseria comprend plusieurs espèces dont 2 sont pathogènes spécifiques pour
l'Homme: Neisseria gonorrhoeae ou le gonocoque agent de la blennorragie ou « chaude-

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33

pisse » et Neisseria meningitidis ou le méningocoque, l’agent de la méningite


cérébrospinale (MCS).
Aucun vaccin efficace n’existe contre les infections gonococciques, mais elles curables par
antibiothérapies
Les épidémies de méningites sont reccurrentes et persistantes dans un certain nombre
de pays d’Afrique situés dans (« ceinture méningitiquee de lapeytsonnir ») dont fait partie la
burkina
Il existe plusieurs autres espèces, mais qui sont commensales, habituellement non pathogènes
et se comportent comme des BPO Des vaccins polysaccharidiques et conjugués sont
disponibles contre les principaux sérogroupes responsables de méningites. cependant le
nouveau vaccin contre la méningite A (cou PsA-TT pour polysaccharide-tetanus toxoid
conjugate) confirme une très grande efficacité
-Historique
-Gonocoques
sont connus depuis longtemps et le terme « gonoroia » qui signifie « flux de semence »
existe depuis 120 avant J-C.
Le gonocoque ou N. gonorrhoeae, a été découvert par NEISSER en 1879 dans le pus de
blennorragie. la culture du germe a été effectuée par Leistikow et Loeffler en 1882.

-Méningocoques
Isolé du LCR par Weichselbaum en 1897 il est responsable de méningite purulente.
C’est Kierfer en 1896 qui met en évidence le portage chez le sujet asymptomatique.
-1977, Ettori et al utilise le vaccin polysaccharidique A avec succès en Haute Volta.
Par la suite les vaccins polysaccharidiques A et A+C seront très largement utilisé en
Afrique
-2001, épidémie de MCS due au NmW135
2010 introduction du nouveau vaccin conjugué (MenAfriVac

-Classification
-Famille : Neisseriaceae
-Genre : Neisseria
-Espèces : N. gonorrhoeae (espèce type), N. meningitidis, N. lactamica, N. polysaccharea,
...

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Intérêts, Actualités
-Bactériologique : fragiles
-Clinique et épidémiologique: 2ème rang des agents d’IST (Ng) et agent d’épidémie de MCS
redoutable par son étendu et par sa mortalité dans la ceinture africaine de la méningite.

NEISSERIA GONORRHOEAE

-I Caractères bactériologiques
-1 Caractères morphologiques
Les gonocoques sont des diplocoques à Gram négatif dont chaque élément mesure de 0,6 à 0,8
μm. La disposition en grain de café est caractéristique. Dans les produits pathologiques, et en
particulier dans le pus urétral, on les trouve souvent en situation intracellulaire dans le
cytoplasme des polynucléaires

- 2 Caractères culturaux
La culture est délicate Aérobie stricte ,germe exigeant ne poussant pas sur les milieux ordinaires
: les milieux doivent être enrichis avec des produits biologiques et/ou avec des facteurs de
croissance (V ou NAD et X ou hémine qui sont apportés par l'addition de supplément). sur
lesquels ils forment, en 18 à 24 heures, des colonies grisâtres à bords réguliers
-Germe fragile, sensible au froid et à la dessiccation: au sortir de l'organisme, le gonocoque
exige une atmosphère humide et enrichie à 10% en CO2, une température comprise entre 36 et
37°C et un pH optimal compris entre 7,4 et 7,6.

-Milieux de culture enrichis non sélectifs


-GC ou GSC + Supplément X+V (PolyViteX ou IsoVitaleX, VitoX,…)
- GSF: inhibe parfois la croissance du gonocoque.

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35

-Milieux d'isolement enrichis rendus sélectifs


-GC ou GSC + X+V + Inhibiteurs (VCN, VCF ou VCAT,…)
Le milieu de Thayer et Martin = GC + Supplément + VCN (V: Vancomycine; C: Colimycine;
N: Nystatine; F : Fungizone; A: Amphotéricine; T: Triméthoprime)
Vancomycine inhibe la croissance des cocci Gram (+); la Colimycine inhibe des Gram (-);
Fungizone ou Amphotéricine B et Nystatine inhibent les champignons

-3 Caractères biochimiques
-Oxydase (+), Catalase (+), ONPG– (recherche de -galactosidase) et γ GT–
-Oxydation des sucres: Glucose (+) sans gaz, Maltose –, Fructose –, Saccharose –

-II EPIDEMIOLOGIE
-1 Habitat
Parasite strict de l'Homme. Le gonocoque se rencontre au niveau des muqueuses génitales et
buccales.

-2Transmission
Sexuelle surtout (IST). Extra-sexuelle (linges sales, mains souillées) : très rare, exceptionnelle.
Au Burkina Faso, le gonocoque n’est pas éradiqué ; des cas existent, mais la bactérie est
devenue très difficile à isoler dans les infections génitales, du fait de l’automédication
notamment.

-III Physiopathologie

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. Le gonocoque ne produit pas d'exotoxine mais excrète une protéase qui dégrade les IgA. Les
formes virulentes possèdent des pili d'adhésion qui, avec la protéine P II, assurent la fixation
des bactéries sur la muqueuse uro-génitale et qui augmentent la résistance des bactéries à la
phagocytose.
Le LPS produit des effets toxiques sur les cellules de la muqueuse

-IV Pouvoir pathogène naturel


Le gonocoque est un parasite strict de l'Homme. La gonococcie est une maladie/infection
sexuellement transmissible (MST ou IST).

-1Chez l'adulte
-Chez l'homme:
-Urétrite antérieure aiguë ou subaiguë appelée "chaude pisse" ou "blennorragie".
-Complications: l'urétrite gonococcique non traitée peut se compliquer en rétrécissement
urétral, en infection du tractus urinaire, en épidydimite, en prostatite, en azospermie, en
stérilité,…

-Chez la femme:
-La blennorragie peut se manifester sous forme de vulvovaginite aiguë, de cervicite ou le plus
souvent passer inaperçue, asymptomatique (60 à 90% des cas). Dans ce cas, elle découverte
fortuitement (maladie du partenaire). Chez la femme, les associations de gonocoque et de
Chlamydia trachomatis sont très fréquentes.
-Complications: endométrites, salpingites, arthrites, stérilité, …

-2 Chez l'enfant
-Chez la petite fille: vulvovaginite (contamination indirecte; mais exceptionnelle)

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-Chez le nouveau-né: ophtalmie purulente (collyre au Nitrate d'argent).

-V Diagnostic au laboratoire
Le diagnostic de l'infection gonococcique est essentiellement direct.
-Diagnostic direct
-1 - Prélèvements
-Chez l'homme: pus urétral
-Chez la femme: écouvillonnage au niveau de l'endocol, du cul-de-sac postérieur, de l'urètre,
des orifices, des glandes de Skène et des glandes de bartholin, de la marge anale.
Ne jamais prélever au niveau du vagin. La recherche simultanée dans les prélèvements
endocervical + urétral augmente les chances d'isolement de la bactérie de 25 à 30%.
-Chez les homosexuels: au niveau de la marge anale, de la gorge,… (par écouvillonnage)
-Autres prélèvements: urines (1er jet), pus conjonctival, sang (hémocultures),…

-2 - Transport/Conservation
Le gonocoque est très fragile et très exigeant. Il est toujours préférable d'effectuer le
prélèvement au laboratoire et de procéder aux différents examens dans les meilleurs délais.
-Milieux de transport : si le prélèvement n'est pas réalisé au laboratoire ou si l'examen au
laboratoire est différé, des milieux de transport peuvent être utilisés: milieu de Stuart au
thioglycolate et au charbon activé (tps de survie : 18-24h), le Transgrow Medium (meilleur
milieu de transport), milieu Portagerm ® (BioMérieux), TGV-Aer (Diagnostics Pasteur), milieu
nutritif faiblement gélosé additionné d'ascite humaine,…
-Conservation des souches : en gélose ascite (15jrs), la lyophilisation, la congélation à –80°C
en bouillon glycériné contenant du sérum de cheval.

3 - Examen microscopique (EF, Coloration)


-Coloration de Gram des frottis fixés et séchés: diplocoques Gram négatif en "grain de café",
intra- et extra-leucocytaires.

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4 - Culture
-Pour les produits pathologiques polymicrobiens (prélèvements uro-génitaux, de gorge, anal,
, ensemencer:
-un milieu enrichi sélectif: GSC ou GC + Suppléments X et V + Inhibiteurs (VCN, VCF
ou VCAT)
-et un milieu enrichi non sélectif: GSC ou GC + Supplément.
L'association de milieu non sélectifs permet de récupérer 3% des souches sensibles aux
antibiotiques utilisés dans les mélanges inhibiteurs.
-Pour les produits pathologiques monomicrobiens (LCR, sang,…), ensemencer des milieux
enrichis non sélectifs.

Les milieux ensemencés sont incubés en atmosphère aérobie, humide, enrichie à 10% en CO2
(bougie allumée sous cloche), à la température de 36 à 37°C pendant 24 et 48 h.

-5 - Identification
Elle repose sur les caractères morphologiques, culturaux et biochimiques.. Oxydase +,
Catalase+, Glucose+, Maltose–, ONPG–, GT–.
Il existe des galeries commerciales pour l’identification des Neisseria (API NH).

-6 - Antibiogramme
Obligatoire. Nécessaire à cause de la fréquence des souches de plus en plus résistantes aux
antibiotiques.
-Milieux : GC+XV;
-Nombreux antibiotiques peuvent être testés.
●Bêta-lactamines: surtout pénicilline G, Ampicilline, Ceftriaxone.
Toujours rechercher la production de -lactamases avec des disques de nitrocéfine
(Céfinase, céphalosporine chromogène), par acidimétrie à l’aide de bandelettes
imprégnées de PéniG + indicateur de pH, la méthode iodométrique, la méthode de Gots
(avec une souche indicatrice de Sarcine sensible à la pénicilline.
●Aminosides: spectinomycine (traitement minute), gentamicine, kanamycine,
●Macrolides: érythromycine, …
●Cyclines: tétracycline (résistances très fréquentes), doxycycline

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●Phénicols: Chloramphénicol, thiamphénicol


● (Fluoro)Quinolones: acide nalidixique, rosoxacine, norfloxacine, péfloxacine,…
●Sulfamides et associations: triméthoprime-sulfaméthoxazole (TMP-SMX)
La résistance des souches de gonocoque aux antibiotiques à travers le monde est inquiétante.
La résistance du gonocoque à la Pénicilline peut être chromosomique ou plasmidique. La
résistance chromosomique est due généralement à une modification de la membrane externe et
concerne alors plusieurs antibiotiques. La résistance plasmidique chez les Ng producteurs de
pénicillinase ou NGPP peut être conférée par 3 types de plasmides : le plasmide « africain »
sensible à la Tétracycline, le plasmide « asiatique » résistant aux tétracyclines et/ou le plasmide
« Toronto ». Il existe aussi des plasmides à la tétracycline chez les Ng résistantes à la
tétracycline (NGRT) qui sont dits « hollandais » et « américains ».

-Techniques de biologie moléculaire pour la détection des acides nucléiques (ADN, ARNr)
-Amplification génique: PCR (Abbott Diagnostics; Roche Diagnostics,…), Polymérase Chain
Reaction (LCR), etc.

-VI MESURES DE PROPHYLAXIE ET ÉLÉMENTS THÉRAPEUTIQUES


-1 - Préventif
La blennorragie est une IST. Il n'existe pas de vaccin à l'heure actuelle. Les mesures de
prévention comprennent. Ce sont les règles générales de prévention des IST.
-IEC: Information Éducation et Conseils
-Utilisation de préservatifs masculins ou/et féminin, de gelées gonocides.

-2 - Curatif
-Gonococcies non compliquées
-Traitement minute: Pénicilline G, Ampicilline, Kanamycine, Spectinomycine
-Traitement par des doses multiples: fluoroquinolones, tétracyclines, bêta-lactamines,…
-Cas particuliers
-Femme enceinte: ampicilline, érythromycine
-Infections disséminées: pénicilline G en perfusion /pendant 1 à 10 jrs ou fluoroquinolones.

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-NEISSERIA MENINGITIDIS

INTRODUCTION
Diplocoque à Gram négatif de la famille des Neisseriaceae et du genre Neisseria. Il est
responsable de méningite purulente aiguë, la méningite cérébrospinale ou MCS qui est
habituellement épidémique dans la ceinture africaine de la méningite définie par Lapeyssonnie
et de bactériémie gravissime..
La maladie peut être guérie sans séquelle lorsqu’elle est traitée à temps et avec les antibiotiques
appropriés. Il existe des vaccins polysaccharidiques contre les sérogroupes A, C, W et Y
actuellement ; cependant l’utilisation de vaccins conjugués anti-méningoccciques pourrait
permettre un meilleur contrôle des MCS. En effet depuis l’introduction en 2010 du conjugué
A, nous assistons a une quasi disparition de ce serogroupe dans l’épidémiologie locale comme
l’atteste les premiers résultats de l’étude de portage de 2016

I Caractères bactériologiques
-1 Caractères morphologiques
Coques à Gram négatif "réniformes" ou en "grain de café" groupés 2 à 2 en diplocoques, par
leur face aplatie. Les méningocoques sont des diplocoques à Gram négatif de 0,6 à 0,8 micromètre
disposés en "grain de café" apparaissant parfois capsulés et en situation intraleucocytaire dans le liquide
céphalo-rachidien purulent.

-2 Caractères culturaux
-Conditions/Exigences de culture
Le méningocoque est moins exigeant et plus facile à cultiver que le gonocoque.
-Aérobie stricte, exigeantes en CO2, en primoculture seulement; en subculture il n’y a plus
d’exigence, mais ce gaz favorise sa croissance.
-Ne pousse pas sur les milieux ordinaires; mais il cultive en milieux enrichis avec des produits
biologiques, plus rapidement (18 à 24 h), entre 30°C et 38°5C, et même sans supplément ainsi
que sur gélose Muller Hinton en subculture.
.
-Germe fragile, très sensible au froid, à l'exposition prolongée de plus d'une heure à la
température ambiante, à la dessiccation et aux variations de pH: il doit être toujours conservé à
l'étuve bactériologique.

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La culture est plus facile que celle du gonocoque. Les méningocoques se développent sur une
gélose ordinaire mais il est préférable, en primo-culture au sortir de l'organisme, d'utiliser des
milieux riches (la gélose au sang ou la gélose au sang cuit conviennent très bien) que l'on peut
rendre sélectifs par adjonction d'antibiotiques.

Ce sont des aérobies stricts qui se développent dans une atmosphère normale mais l'habitude
prévaut de les mettre en culture sous atmosphère enrichie en CO2.

-Milieux et aspects des cultures


-Sur GC ou GSC: petites colonies (1-2mm de diamètre) lisses, bombées, luisantes, non
pigmentées, transparentes. Elles sont parfois muqueuse

-3 Caractères biochimiques
-Oxydase +, Catalase+,  GT+, ONPG–
-Glucose+, Maltose+

-4 Structures antigéniques
-Capsule
Les antigènes capsulaires sont polysaccharidiques sont les plus importants. Ils permettent de
distinguer 13 groupes sérologiques (sérogroupes): A, B, C, 29E, H, I, K, L, M, W135, X, Y,
Z.
Certains polysaccharides sont utilisés pour la préparation de vaccins anti-méningococciques.
L'Ag polysaccharidique du sérotype B présente des réactions croisées avec l'Ag capsulaire de
Escherchia coli K1. Il existe des souches non agglutinables et des souches polyagglutinables.
Lors des épidémies de MCS, la connaissance du sérogroupe en cause permet de mettre en place
des mesures de prévention par la vaccination.
Il existe des souches non sérogroupables et des souches non sérotypables.

II-ÉPIDÉMIOLOGIE
La méningite méningococcique est épidémique en zone intertropicale (Afrique, Amérique
latine).
En Afrique, elle sévit de manière cyclique dans la région définie par la ceinture méningitidique
de Lapeysonnie, tous les 10 ans.

-1 - Habitat : rrhinopharynx humain ; il existe un portage asymptomatique.

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-2 - Transmission : directe, aérienne, interhumaine, à partir des gouttelettes de salive


(gouttelettes de Pflügge) et de mucosités rhino-pharyngées provenant de porteurs
asymptomatiques.

-3 - Facteurs favorisants
Existence de porteurs, l’immunité, la promiscuité dans les collectivités (famille, écoles,
internat, caserne, crèche, armées,…), le stress, conditions atmosphériques, les irritants du
pharynx (tabac, poussières, alcool, sécheresse de l’air, …).
Les pèlerinages sont souvent des circonstances de diffusions de méningocoques.
-4 - Répartition géographique
-Sérogroupe A : Afrique, Sahel, pourtour méditerranéen
A et C : Amérique du Nord et du Sud, Europe
B: Europe occidentale, Amérique latine
-En plus du sérogroupe A, depuis quelques années, les sérotypes W , Y et X sont rencontrés au
Burkina Faso: l'épidémie de 2000-2001 était due au sérotype W135.

-Importance de la MCS au Burkina Faso


-Survenue saisonnière : saison sèche et chaude
-Létalité lors des épidémies : avoisine parfois 10%

-III - POUVOIR PATHOGÈNE


-Rhinopharyngite méningococcique
Habituellement asymptomatique, elle précède la méningite.

-Méningite méningococcique ou méningite cérébro-spinale (MCS):


-Incubation 3-5jrs
-Chez l’enfant et l’adulte : Trépied méningitidique caractéristique: « céphalées + raideur de la
nuque + vomissements en fusée ». Fièvre, photophobie, arthralgies.
-Chez le nourrisson : Hypotonie, convulsions, fièvre, troubles du comportement,…
MCS = urgence thérapeutique. Risque de mortalité ou de séquelles.

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La maladie bien traitée évolue favorablement sans séquelles en général. Quand il y a des
séquelles, elles sont du type hypoaccousie, surdité (uni- ou bilatérale), paralysie oculaire,
paralysie faciale, atrophie cérébrale avec hydrocéphalie, déficit intellectuel,….

-Bactériémie à méningocoque
-Avec ou sans atteinte méningée
- Une forme suraiguë, gravissime, appelée "purpura fulminans" de Henoch ou syndrome de Waterhouse-
Frederichson, est caractérisée par une infection méningée et septicémique accompagnée de purpura
hémorragique et de collapsus

-Autres manifestations (rares)


Endocardite, pneumopathie (Y et W135), arthrite suppurée, infections cutanées, infections
oculaires, urétrites (rares),…
-IV - DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE

-Diagnostic direct
-1 - Diagnostic bactériologique direct
-Prélèvements
Doit se faire avant toute antibiothérapie
-LCR: trouble, franchement purulent. L'ECB du LCR est une urgence bactériologique.
-Sang: hémoculture
-Autres prélèvements: rhinopharyngé au niveau de la paroi postérieure du rhinopharynx,
urétral,
Transport/Conservation
Urgence bactériologique. Transporter très rapidement le prélèvement au laboratoire, en moins
d'une (1) heure. Sinon, utiliser le milieu Trans-Isolate (TI).
-Protéger le méningocoque contre le froid, la dessiccation et les températures élevées: toujours
garder les prélèvements à 37°C dans une étuve bactériologique.

-Examen macroscopique
-Décrire l'aspect du LCR: clair, trouble, purulent, hémorragique, xanthochromique (jaune),…
Examens microscopiques
-Cytologie
-Quantitative du LCR: numération au microscope des leucocytes et des hématies présents dans
le LCR, à l'aide d'un hématimètre.
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-Qualitative: coloration par le MGG du culot de centrifugation et détermination de la formule


leucocytaire, si nombre des leucocytes ≥50/mm3.

-Recherche de bactéries
-Frottis du culot de centrifugation du LCR séché, fixé et coloré par le Gram.
-Rechercher des diplocoques à Gram négatif en "grain de café", intracellulaires surtout et
extracellulaires.

-Isolement
-Sur milieux non sélectifs (GC ou GSC + VX) : pour produits monomicrobiens (LCR,…),
-Sur milieux non sélectifs [GC ou GSC,…] et sélectifs [GC ou GSC + inhibiteurs (VCN,…)] :
pour les produits polymicrobiens (rhinopharyngés,…),.
-Incuber les milieux ensemencés à 37°C/pendant 18 à 24 h à 5-10% en CO2.

-Identification
Lorsque la culture est positive, faire une identification complète qui repose sur les caractères
-Morphologiques :.
-Culturaux:
-Biochimiques: Oxydase(+), Catalase(+), Glucose(+), Maltose(+), ONPG(-), GT+,
Saccharose(-), ,…
Identification biochimique possible sur galeries API NH.
-Antigénique: par agglutination directe avec des antisérums spécifiques.

-Étude de la sensibilité aux antibiotiques


-Milieux: GC, GSC, MH
-Antibiotiques à tester: doivent être capable de franchir les barrières hémo-méningées et se
maintenir en concentration thérapeutique dans le LCR lors du traitement. Exemples: pénicilline
G, ampicilline, ceftriaxone, chloramphénicol, triméthoprime-sulfaméthoxazole (TMP-SXT),
érythromycine, ciprofloxacine, rifampicine (antituberculeux)…
Rechercher la production de -lactamase par la souche de méningocoque, à l'aide de disque de
céfinase.

-2 - Méthodes de détection directe des antigènes bactériens

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•Agglutination de particules de latex sensibilisées


•Immunochromatographie.
•Agglutination directe avec les Ac spécifiques
•Immunoenzymologie (ELISA)

-3 - Techniques de biologie moléculaire pour la détection des acides nucléiques


Par PCR. Assez rapides (3-4heures), spécifiques et sensibles. Possibilité de sérotypage.

V-MESURES DE PROPHYLAXIE ET ÉLÉMENTS DE THÉRAPEUTIQUES

1-Préventif
-Vaccination :
-Il existe des vaccins polysaccharidiques contre les sérogroupes A, C, Y et W1135 sous formes
monovalentes, bivalentes (A+C) et tétravalentes (A+C+Y+W135),
La réponse immunitaire est fonction de
 l’âge (adulte >> enfant),
 du sérogrogroupe (A>C)
 du type de vaccin (conjugué > polysaccharidique).
.
-Observations de règles d'hygiène : Éviter les irritations, desséchement du rhinopharynx.

2 - Curatif
-Des Méningites: traitement de 10 jours en moyenne à base d'ampicilline, amoxicilline, de
chloramphénicol ou de céphalosporiness de 3ème génération comme la ceftriaxone
(Rocéphine®),le cefotaxime (Claforan®), …
En Afrique, il existe une forte résistance des méningocoques aux sulfamides et dérivés tel le
cotrimoxazole (Bactrim®).
-Des bactériémies: traitement du choc infectieux associé à l’antibiothérapie (Ampi+Genta ou
Ceftriaxone).

CONCLUSION
Nm est responsable de MCS. Endémique dans la ceinture africaine méningite. L’antibiothérapie
précoce et efficace permet d’éviter la mort ou les séquelles. Il existe des vaccins contre la
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plupart des souches épidémiques ; cependant l’inefficacité des vaccins polysaccharidiques chez
les moins de 2 ans fait préférer les vaccins conjugués. L’utilisation de ces derniers pourrait
permettre d’éradiquer certains sérogroupes.

-AUTRES NEISSERIA

Il existe plusieurs autres espèces de Neisseria présentes dans le rhinopharynx, les bronches et
rarement dans les voies urogénitales des humains. Habituellement non pathogènes, elles
peuvent parfois entraîner des maladies comme
-des méningites: N. subflava, N. flavescens, N. lactamica (ONPG+; GGT-), N. mucosa,
-des infections bronchiques: N. mucosa,

GENERALITES SUR LES ENTEROBACTERIES


Objectifs
1-Citer 8 caractères de définition des Entérobactéries
2-Définir la classification des entérobactéries
3-Citer les milieux de la galerie minimale d'identification biochimique des entérobactéries.
4-Citer les différents caractères biochimiques qui peuvent être recherchés sur chacun des
milieux de la galerie minimale d'identification des entérobactéries.
5-Citer les différents types d'antigènes des entérobactéries.
6-Définir les propriétés antigéniques des Ag O et des Ag H des entérobactéries

INTRODUCTION
Très répandues dans l'appareil digestif des humains et des animaux, pour la plupart, d'où leur
nom d’entérobactéries. Ces bactéries constituent parmi les espèces bactériennes celles qui sont
les plus couramment isolées au laboratoire associé à divers processus pathogènes dont certaines
sont graves. Elle se caractérisent par 8 caractères appelés caractères de définition
Caractères de définition des entérobactéries
-1 Bacilles ou un coccobacilles à Gram négatif non sporulés
2 Immobiles ou mobiles par une ciliature péritriche (*)
-3 Aéro-anaérobie facultative (AAF)
-4 Cultivent facilement sur milieux ordinaires : gélose ordinaire (GO), bouillon ordinaire (BO)
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-5 Fermentent le glucose avec ou sans production de gaz


-6 Oxydase négative
-7 Catalase positive en général (*) (sauf Shigella dysenteriae type 1)
- 8 Nitrate Réductase positive (NR+): réduit les nitrates en nitrites
(*): à quelques exception près

I - ASPECTS BACTERIOLOGIQUES
1-Classification
Les entérobactéries appartiennent, à la famille des Enterobacteriacea, comporte plusieurs
genres, renfermant plus d’une centaine d’espèces parmi lesquels les genres suivants ont une
grande importance médicale
-Escherichia , Shigella, Salmonella , Citrobacter,
-Klebsiella, Enterobacter, Hafnia, Serratia,
-Proteus, Providencia, Morganella
ils sont classées en tribus ainsi qu’il suit :
TRIBUS
Escherichiae Klebsiellae Proteae Yersiniae
Genres Escherichia Klebsiella Proteus Yersinia
Shigella Enterobacter/Hafni Providencia
a
Salmonella Morganella
Serratia
Citrobacter
Edwardsiella
Nouveaux Kluyvera Cedecea Tatumella
genres

2-Caractères Morphologiques
Bacilles à Gram négatif (souvent à coloration bipolaire), généralement polymorphes;
Lorsqu'elles sont mobiles, ces bactéries se déplacent selon un trajet sinueux grâce à leur ciliature
péritriche. Elles peuvent être capsulées (Klebsiella, E. coli,…), mais elles ne sont jamais
sporulée

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3 - Caractères culturaux
-En Bouillon
Trouble homogène avec ondes moirées lors de l'agitation du tube. Jamais de [Link] vieilles
cultures donnent des dépôts grumeleux au fond du tube et un surnageant clair.
-Sur Gélose
Les colonies d'entérobactéries peuvent être:
-Lisses ou forme "S" (Smooth) : de tailles variables, bombées, brillantes et humides,
translucides avec souvent des reflets bleutés, rondes, bords réguliers. Elles ne sont pas
pigmentées en général, excepte les Serratia (pigment rouge),
-Rugueuses ou forme "R" (Rough) : assez plates, surface rugueuse, sèches, bords irréguliers,
grisâtres et de teinte mate. Elles s'observent surtout avec des souches qui ont subi plusieurs
repiquages et elles correspondent à des formes antigéniquement dégradées de colonies "S".
-Muqueuses ou "M": volumineuses, arrondies, bords réguliers, très bombées, lisses et
brillantes, opaques et confluentes. Exemples: Klebsiella,
-Naines: qui ne sont visibles qu'à la loupe. Elles s'observent souvent avec des souches
métaboliquement déficientes. Exemples: E. coli des infections urinaires,…
-Envahissantes en voile, avec des vagues successives. Exemple: Proteus,…
4 Caractères biochimiques
 -Galéries d'identification

-Galérie minimale d'identification en tubes


-1 Milieu de Kligler-Hajna: permet d'étudier l'utilisation du Glucose, du Lactose, la production
de H2S, la production de gaz ainsi que la mise en évidence de la -galactosidase (ONPG) et de
la Lysine Décarboxylase (LDC).

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Gaz+ glu+ lac+ glu+ lac- H2S +

-2 - Milieu mannitol-Mobilité: permet d'étudier l'utilisation du Mannitol, de la mobilité des


germes et de la production des nitrites.
-3 - Milieu Urée-Indole : permet la mise en évidence de l'Uréase, la production d'Indole, la
présence de Tryptophane désaminase (TDA).
-4 - Milieu au Citrate de Simmons: permet d'étudier l'utilisation du Citrate de sodium
-Autres galeries d'identification biochimique
Systèmes prêts pour l'emploi
-Galéries API Entérobactéries (10E, 20E, Rapid 20 E, API 32 E, ID 32 E,…),

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-Enterotube II
-Microméthodes automatisées: Vitek, Microscan,…
5 - Caractères antigéniques
Les différents antigènes permettent de classer les espèces en Serovars. L’intérêt est surtout
épidémiologique, mais aussi diagnostic Les principaux Ag sont les Ag O (somatique), Ag H
(flagellaire) Ag K ou Vi (capsulaire)
 Antigènes de paroi ou Ag O

-Sont constitués de lipopolysaccharides (LPS) qui sont composés de 3 parties: le lipide A, le


Core et les chaînes latérales polysaccharidiques.
-Ils résistent à la chaleur (thermostables), à l'alcool et à l'acide phénique; mais sont détruits par
le formol à 0,5%.Les bactéries de forme "R" sont obtenues par mutation ou altération des
chaînes polysaccharidiques des Ag O des formes "S".
Ils provoquent la production d'anticorps anti-O et ils donnent avec les sérums anti-O des
agglutinations finement granulaires
La spécificité O est perdue dans les souches "R" et celles-ci deviennent auto-agglutinables en
eau distillée ou en eau physiologique
 -Antigènes flagellaires

Ne sont présents que chez les souches d'entérobactéries mobiles Sont de nature protéique: ils
sont constitués de flagelline.
-Ils sont détruits par la chaleu (thermolabiles) et par l'alcool; mais ils sont insensibles au formol.
Ces Ag provoquent la production d'Ac anti-H et ils donnent avec les sérums anti-H des
agglutinations:
qui apparaissent rapidement, 2h à 37°C-floconneuses: les bactéries s'agglutinent par leurs
flagelleset sont faciles à dissocier par agitation
 -Antigènes capsulaires K ou Vi

Lorsqu'ils existent, ils recouvrent l'Ag O et le masquent en le rendant inagglutinable.


-Ils sont détruits par la chaleur (thermolabiles),

II - EPIDEMIOLOGIE
L’habitat
Les entérobactéries sont des hôtes normaux au pathologiques du tube digestif de l’homme
et des animaux. leur présence dans le milieu est le résultat d’une souillure fécale (importance
en hygiène alimentaire) et pour d’autres de la pollution d’origine saprophytes. Les bactéries

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peuvent être trouvées dans le sol, la poussière, dans l’air, et dans les eaux d’alimentation. On
peut aussi les retrouver à la surface des téguments et des muqueuses.

III- POUVOIR PATHOGENE NATUREL (PPN)


On distingue :
 Les BPS : ne sont pas retrouvés à l’état commensal (en dehors des porteurs sains, leur
présence dans le milieu extérieur n‘est qu’un phénomène tramnsitoire. Les maladies
engendrées sont dues à un défaut d’hygiène, de contamination directe ou indirecte par
le biais d’un vecteur. Ex les Salmonella, shigella et yersinia sont des BPS
 Les BPO : sont généralement non pathogènes, mais dans certaines situation peuvent
engendrer des infections. Elles sont le plus souvent un point de départ endo ou exogène.
On peut les rencontrer surtout en milieu hospitalier où elles sont responsables
d’infections nosocomiales entrainant des prises en charges difficiles car généralement
multi résistants
IV - DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
 Identification
Basée sur les caractères morphologiques culturaux biochimiques et
antigéniques :parfois on fera un diagnostic indirect faisant appel a la sérologie par la
mesure de la cinétique des anticorps entre un sérum précoce et un tardif
 Sensibilité aux antibiotiques
La sensibilité des entérobactéries est variable en fonction de l’espèce et de la souche
bactérienne. Les antibiotiques testes doivent tenir compte du terrain et site d’action On
rencontre des bactéries de résistance naturelle à certain antibiotiques et des résistances acquises
La résistance résulte de 3 mécanismes qui sont.
- La production d’enzymes
- la diminution de la perméabilité cellulaire
- Modification de la cible

ESCHERICHIA COLI

OBJECTIFS
-Citer 3 milieux d'isolement de E. coli.
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-Définir les 6 principaux pathovars de E. coli.


-Citer les caractères d'identification biochimiques de E. coli et les caractères différentiels
avec Alkalescens dispar

INTRODUCTION
isolé Theodor von Escherich en 1885) E. coli ou "colibacille" est la principale espèce du genre
Escherichia. Son intérêt biomédical repose sur 2 caractéristiques principales:
-sa responsabilité dans les pathologies digestives et surtout urinaires par
-et son utilisation dans de nombreuses études expérimentales, notamment en génie génétique
(biologie moléculaire).

1- Habitat
Escherichia Coli ou colibacille est un Hôte normal du tube digestif des humains et des animaux
et represente 80% de la flore intestinale aérobie de l’adulte. On peut aussi le retrouver au niveau
des diverses muqueuses de l’homme et de l’animal.
Leur prés dans le mil environ eu dans les aliments est le signe d’une contamination fécale.

2- Caractères Morphologiques
Ce sont des bouilles à Gram (-) le plus souvent mobiles par une ciliature péritriche

3- Caractères culturaux et métaboliques


Sur gélose EMB, (Eosine Bleu de Methylène)
les cultures de E. coli ont un aspect vert métallique, brillant
E coli est lactose (+) ONPG (+) Indol (+) Mannitol (+)Citrate de Simmons – Uree (--)

4- Structure antigénique
Divers antigènes ont été à l’origine du serotypage de l’espèce coli
- L’antigène O, somatique (150) types ont permis de distinguer des souches entero
pathogènes
- Antigène flagellaire (= 50) qui existent chez les bactéries mobiles
- Antigène capsulaire (environ 100) de nature polysaccharidique
- La majorité des souches responsable de méningite possède l’antigène K1

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53

5- Pouvoir pathogène Naturel (PPN)


*Infection du tractus urinaire
[Link] représente à lui seul près de 80% de cas d’infection urinaires sponanée par voie
ascendante ou après instrumentation.

- Septicemies (prèsence de bacteries dans le sang)


[Link] est isolé dans 20% des septicémies dues aux bacilles a G (-)
-Méningite (Rare)
Ce sont des K rares isolés surtout chez les nourissons ,80% de ces souches E coli possédent
l’antigène K1, dont la spécificité est identique a celle de l’antigène B de N- méningitidis
 Les Suppurations diverses
Ex Péritonites, les alypyriges , suppurations post opératoires
 Infection intestinale
 -Infections intestinales
 6 catégories de souches ou pathovars responsables de diarrhées sporadiques ou épidémiques.

 -Souches de E. coli Entéropathogènes (ECEP)


-Diarrhées infantiles graves ou toxicoses épidémiques dans les crêches ou les maternités
-Fréquentes dans les pays pauvres et rares dans les pays développés
-Adhèrent à la muqueuse intestinale et produisent des lésions caractéristiques des
microvillosités de la bordure en brosse avec attachement et effacement.

 -Souches de E. coli entérotoxinogènes (ECET)


-Responsables de diarrhées épidémiques très liquides, du type cholérique, chez les enfants les
pays en développement et de la diarrhée des voyageurs (Tourista)
-Possèdent des facteurs de colonisation, les pili, des toxines LT et ST.

 -Souches de E. coli entéro-invasives (ECEI)


-Provoquent des syndromes dysentériques de l'enfant et de l'adulte ainsi que des intoxications
alimentaires dans les pays tropicaux: sont des causes importantes de morbidité et de mortalité.
-Caractérisées par un Test de Sereny positif (conjonctivite kératinisante chez le cobaye).
-Présence de leucocytes dans les selles.

 -Souches de E. coli entéro-hémorragiques (ECEH)


-Responsables d'intoxication alimentaires, de diarrhées épidémiques aqueuses puis sanglantes.
Elles sont aussi responsables de syndrome hémolytique-urémique.
-Pas invasives, mais capables de produire des Shigatoxines, des facteurs d'adhérence et des
entérohémolysines.

-Souches de E. coli entéro-agrégative (ECEAg)


-Associées à des diarrhées persistantes des enfants
-Produisent des une toxine thermosensibles et une toxine stable à chaleur (EAST1).

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54

-Dans les tissus ou sur le verre, ces bactéries se disposent en rangées parallèles ou "en briques".
-Lors de la culture en bouillon MH, apparition d'une écume particulière qui peut servir pour
l'identification.
-Souches de E. coli adhérente diffuse (ECAD)
-Responsables de nécroses avec œdème inflammatoire et hémorragique de la sous-muqueuse du
caecum et du colon.
-Diarrhées + vomissements de 8 à 15 jours + ténesmes.
-Agrégation diffuse sur les cellules, rôle important des adhésines

6 - DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE D'UNE INFECTION À E. COLI


-Prélèvements
-Selles (coproculture), Urines (ECBU)
-LCR, sang (hémocultures), pus, eaux, aliments,…

-Examens microscopiques: EF et Gram : voir morphologie.

-Isolement
-Sur gélose EMB: reflet vert métallique
-Sur géloses BCP (bromocrésol pourpre), gélose SS (Salmonella-Shigella), gélose
Drigalski, gélose Mac Conkey,…
-Sur gélose au sang: rare, mais certaines souches peuvent être hémolytiques.

-Identification
-Escherichia coli: bacille mobile, Gram (-), Mannitol (+), Glucose (+), Lactose (+), Gaz
(+++), H2S (-)*, Citrate de Simmons (-), Uréase (-), Indole (+) et TDA (-).
Certaines souches d'origine animale produisent du H2S.

-E. coli immobile, Lactose (-) et gaz (-) = Alkalescens dispar

-Sérogroupage et sérotypages des souches de E. coli: agglutination avec des sérums


polyvalents, puis avec des sérums monovalents. Valables pour toutes les catégories de
E. coli. Seules les souches ECEP sont recherchées en routine au laboratoire chez les
enfants de moins de 3 ans. Le typage peut se faire par IFD ou par IFI. Le typage des
autres souches est généralement réservé à des laboratoires spécialisés.

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55

7-Antibiogramme

E. coli est habituellement sensible aux amino-pénicillines (ampicilline, amoxicilline,


amoxicilline + acide clavulanique…), céphalosporines (céfazoline, céfamandole,
ceftriaxone…), fluoro/quinolones (acide nalidixique, norfloxacine, ciprofloxacine…),
aminosides (gentamicine, amikacine…), chloramphénicol, cotrimoxazole, … Le choix
des antibiotiques dépend du site infectieux.

8 - TRAITEMENT

- Infections intestinales

-Traitement préventif
-Hygiène (mains propres, lutte antivectorielle), Éducation sanitaire
-Réhydratation par voie orale
-Antibiothérapie préventive dans certains cas rares.

-traitement curatif
-Traitement symptomatique de la diarrhée par la réhydratation par voie orale (RVO).
-Antibiothérapie (fluoroquinolones, cotrimoxazole,…) dans les formes grave

GENRE SHIGELLA
Objectifs
Définir le genre Shigella
-Définir les sérotypes des 4 espèces de Shigella
-Décrire le pouvoir pathogène naturel de shigella
-Préciser les caractères biochimiques d’identification du genre Shigella.
-Citer 4 antibiotiques pour l’antibiogramme de Shigella

1-DÉFINITION

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56

Les shigelles sont des bactéries pathogènes spécifiques du tube digestion responsable de
dysenterie bacillaire et de diarrhées favorisées par une hygiène précaire. Il n’existe pas encore
de vaccins efficaces contre les shigelloses, mais elles sont guérissables par antibiothérapie
efficace

2-CARACTÈRES BACTÉRIOLOGIQUES
- 2.1-Classification
- -Famille : Enterobacteriaceae
- -Genre : Shigella
- -Espèces : -Shigella dysenteriae ou groupe A
- -Shigella flexneri ou groupe B
- -Shigella boydii ou groupe C
- -Shigella sonnei ou groupe D
-
- 2.2-Morphologie.
Ce sont des bact à Gram (- ) toujours immobiles
2.3-Caractères culturaux et Biochimiques
Les caractères de culture sont ceux des entérobactéries. Les genre shigella fermentent le
glucose sans production de gaz (sauf S. flexneri 6, S. boydii 13 et 14et sont toujours H2S (-)
Citrate de Simmons (-), LDC (-),
S. dysenteriae S fexnerii S boydii S sonnei
Mannitol - + + +
Indole -b D D -
ONPG D - d +
ODC - - - +
Sérogroupe A B C D

2.3 -Caractères antigéniques


-Ag O (endotoxine), Ag K parfois. Chaque espèce ou groupe comprend 1 ou plusieurs
sérotypes:
-Shigella dysenteriae (groupe A): 10 sérotypes, le sérotype 1 = bacille de Shiga
-Shigella flexneri (groupe B): 6 sérotypes et 2 variants
-Shigella boydii (groupe C): 15 sérotypes
-Shigella sonnei (groupe D): 1 seul sérotype

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57

3.-EPIDEMIOLOGIE
3.1-Habitat
-Le tube digestif humain est le seul réservoir naturel des Shigella. La terre, les eaux et les
aliments peuvent être souillés par les selles de sujets infectés émises dans le milieu extérieur.
Les Shigelles sont très virulentes: 10 corps bactériens vivants suffisent à infecter un adulte
normal.
3.2 - Transmission
-La transmission est féco-orale soit :
-Directement par les mains sales.
-Indirectement par les aliments ou eaux de boissons contaminés par les matières fécales. Les
mouches peuvent être des vecteurs.
Dans les pays en développement, la shigellose est endémique, avec un taux de morbidité élevé.

4-PHYSIOPATOLOGIE
-Ingestion par voie orale (dose infectante ~102 bactéries).
-Pas de colonisation de l’intestin grêle; le pouvoir entéro-invasif s’exerce au niveau de la partie terminale
de l’iléon et du colon-Pénétration des bactéries dans les entérocytes et les cellules M des plaques de Peyer,
puis envahissement des cellules adjacentes de la muqueuse. . L’intense inflammation et les micro abcès et
ulcérations conditionnent l’aspect muco purulent et sanglant de la diarrhée
- Le pouvoir pathogène de Shigella est essentiellement dû au pouvoir invasif des bacilles qui peut être
renforcé
par la production de shiga-toxine.

5-POUVOIR PATHOGÈNE
5.1-Infections intestinales:
Il s’agit d’une dysentérie bacillaire avec des selles glairo-sanglantes c’est la forme la plus grave
due à shigella dysenteriae type [Link] note un syndrome dysentérique avec fièvre et
déshydratation dans les formes sévères.
-5.2-Toxi-infection alimentaire
-Infections extra-digestives (rares): urinaires, septicémies, méningites, arthrites,… chez les
sujets immunodéprimés,…

6-DIAGNOSTIC AU LABORATOIRE

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58

Il s’agit de coproculture essentiellement


-l’examen microscopique à l'état frais, surtout sur les fragments muco-purulents et sanglants
met en évidence de nombreux leucocytes. L’identification est basée sur les caractères
morphologiques culturaux et biochimiques et le sérotypage se fait par agglutination des colonies
avec des sérums anti-Shigella. Parfois, l'Ag K peut masquer l'agglutination de l'Ag O:
l'agglutination de l'Ag O doit être refait après chauffage de la suspension bactérienne pour
détruire l'Ag
Sensibilité très variable aux antibiotiques d'où la nécessité de guider le traitement par les
résultats de l'antibiogramme.
Les antibiotiques à tester: ampicilline, tétracyclines, colistines, fluoroquinolones, sulfamides,
cotrimoxazole,…

7-TRAITEMENT
-Préventif
-C’est la lutte contre le péril fécal et l’hygiène alimentaire-
-Curatif
Le traitement associe antibiothérapie et réhydratation par voie orale

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SALMONELLA

OBJECTIFS
-Citer 2 milieux d’enrichissement et 2 milieux sélectifs d’isolement des Salmonella.
-Définir les fréquences des hémocultures positives pendant les 4 premiers septénaires de la
fièvre typhoïde.
-Citer 7 antibiotiques utilisables pour l’antibiogramme des Salmonella.
-Définir le sérodiagnostic de Widal-Félix et la cinétique des agglutinines O et H au cours de la
fièvre typhoïde.
-Citer 4 causes de résultats faussement positifs et 3 causes de résultats faussement négatifs du
sérodiagnostic de Widal-Félix.
-Définir les moyens de prévention des salmonelloses.

INTRODUCTION
Ces bactéries sont principalement responsables de toxi-infections alimentaires (gastro-
entérites) et de septicémie. Dans les pays en développement, elles sont endémiques et
surviennent surtout pendant l'hivernage: elles constituent un véritable problème de santé
publique.

I -CARACTERES BACTERIOLOGIQUES
1Taxonomie et nomenclature
Des travaux récents ont montré que le genre Salmonella ne comprend qu'une seule espèce,
Salmonella enterica, composée de 7 sous-espèces, dont la principale est S. enterica (sub
species enterica qui représente 99% des salmonella isolées en pratique médicale avec environ
22OO sérovars
Sous-Espèces Noms
I Salmonella enterica subspecies enterica
II Salmonella enterica subspecies salamae
IIIa Salmonella enterica subspecies arizonae
IIIb Salmonella enterica subspecies diarizonae
IV Salmonella enterica subspecies houtenae
V Salmonella enterica subspecies bongori
VI Salmonella enterica subspecies indica

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60

La sous-espèce I comprend plus de 99% des souches de Salmonella rencontrées en pathologie.


Les 7 sous-espèces sont elles-mêmes divisées en sérovars définis par leurs constituants
antigéniques (Ag O, H et Vi).

2-Caractères morphologique et culturaux


Bacilles mobiles, mais certaines souches peuvent devenir immobiles.
Sur milieu gélosé, les colonies de Salmonella sont habituellement normales en 18h-24h d'incubation

3-Caractères biochimiques
-Caractères du genre Salmonella (en général)
-Mannitol (+); Mobilité (+) sauf Salmonella Gallinarum-pollurum; Nitrate (+).
-Glucose (+); Gaz (+) sauf Salmonella Typhi; Lactose (-); ONPG (-); H2S (+) sauf Salmonella
Paratyphi A et S. Choleraesuis; LDC (+) sauf S. Paratyphi A.
-Uréase (-); Indole (-); TDA (-).
-Citrate de Simmons (+)
Identification biochimique des serovars plus fréquents
-Salmonella Typhi: production de H2S en moustache dans le milieu de Kligler-Hajna; Gaz (-
); Faiblement mobile à l'isolement; Citrate de Simmons (-).
-Salmonella Paratyphi A: H2S (-); LDC (-); Citrate de Simmons (-).
-Salmonella Paratyphi B :
-Salmonella Paratyphi C: H2S (+).

II-ÉPIDÉMIOLOGIE
1-Habitat.
Présent dans le tube digestif de l’homme (malades, convalescents, porteurs asymptomatiques)
et des animaux vertébrés à sang chaud et à sang froid. S. Typhi et S. Paratyphi sont strictement
adaptés aux humains, on peut les retrouver aussi dans le milieu extérieur: eaux (des égouts),
aliments (légumes, œufs, farines de poissons…). Bacilles disséminés dans la nature par les
excréta (selles).

2-Transmission

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61

-Contamination par voie orale, d'homme à homme ou à travers les aliments (Toxi-Infection
Alimentaire Chronique ou TIAC, …) et eaux de boisson souillés par les excréments de malades
ou de porteurs asymptomatiques.
-S. Enteridis est souvent transmis à travers les œufs de poule infectés par voie verticale (voie
transovarienne).
3-Importance des infections à Salmonella au Burkina Faso
-Salmonella Paratyphi B est actuellement la sérotype le plus fréquent au Burkina Faso. Il est
suivi des S. Typhi, Paratyphi A, et C.
-Les infections à Salmonella sont endémiques, avec une recrudescence des cas pendant
l'hivernage. Toutes les tranches d'âge et les 2 sexes sont concernés.

III-POUVOIR PATHOGÈNE NATUREL


Les salmonelles sont responsables de salmonelloses qui peuvent revêtir divers aspects cliniques
sont reparties comme suit

-Formes digestives: toxi-infections alimentaires consécutive a l’absorption d’aliments (viandes


pâtisseries, pâtés) contamines; = SALMONELLOSES MINEURES
-Formes septicémiques: fièvres typhoïdes (S. Typhi) et paratyphoïdes (S. Paratyphi A, S.
Paratyphi B, S. Paratyphi C), avec des risques de complication (collapsus, hémorragies et
péritonites) = SALMONELLOSES MAJEURES
-Formes extra-digestives: méningites, atteintes ostéo-articulaires, infections urinaires
(fréquentes chez les drépanocytaires), atteintes hépatiques, infections pulmonaires,…

IV--DIAGNOSTIC AU LABORATOIRE
1-Prélèvements
-Sang (hémoculture): recueilli aux moments des pics thermiques dès le début de la fièvre
typhoïde.
-Selles dans les gastro-entérites et les toxi-infections alimentaires. La coproculture doit être
toujours demandée parallèlement à l'hémoculture et au sérodiagnostic.
-Autres prélèvements: LCR, pus d'abcès, urines, etc…

- 2-Coproculture

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62

-Enrichissement en bouillon Müller-Kauffmann ou en bouillon au Sélénite, Après incubation


à 37°C/ 4-6h, repiquage du bouillon sur milieux d'isolement. Gélosé SS (Salmonella-Shigella),
ou Hektoen à 37°C pendant 24h.
-Identification et antibiogramme
Des colonies suspectes [Lactose (-); H2S (±)] sont soumises à l'identification biochimique qui
est complétée par l'identification antigénique. Le sérotypage se fait des techniques
d'agglutination sur lame avec des sérums anti-Salmonella O, Vi et H polyvalents puis
monovalents .
Pour l'antibiogramme tester des antibiotiques comme: ampicilline, amoxicilline, Imipénème,
Cazlocilline, Cefotaxine, Tobramycine, amikacine, Gentamicine, Nétilmicine, Tétracycline,
Chloramphénicol, Colistine, Acide nalidixique, Ciprofloxacine, Péfloxacine, Cotrimoxazole,…

3 Hémoculture

On recueille environ 10 ml de sang dans le bouillon d'hémoculture en ballon. Les bactéries


ayant cultivé dans le bouillon sont isolées sur milieu gélosé et soumis aux identifications
biochimique et antigénique.
En l’absence d’antibiothérapie, les hémocultures sont positives :
-dans 90% des cas durant la 1ère semaine de la maladie (1er septénaire)
-dans 75% des cas durant la 2ème semaine de la maladie (2ème septénaire)
-dans 40% des cas durant la 3ème semaine de la maladie (3ème septénaire)
-dans 10% des cas durant la 4ème semaine de la maladie (4ème septénaire)

-4 Examens directs des autres prélèvements


Les autres prélèvements sont analysés selon la même démarche que celle des selles: examen
microscopique direct, enrichissement, isolement, identification antibiogramme.
La recherche des Salmonella peut être faite dans les aliments contaminés.

5-Diagnostic indirect: le sérodiagnostic de Widal et Félix


-5.1Définition
Détermination qualitative (détection) et quantitative (titrage) des agglutinines (Ac) anti-O et/ou
anti-H de Salmonella Typhi, S. Paratyphi A, S. Paratyphi B et S. Paratyphi C ainsi que de S.
Typhimurium et S. Enteridis. La recherche qualitative des agglutinines peut se faire par la
méthode classique lente à l'étuve ou la température ambiante, par une méthode rapide après
centrifugation ou sur lame avec des suspensions bactériennes colorées. La sérologie de l’anti-
Vi est sans intérêt pratique dans le diagnostic des salmonelloses.
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63

Le sérodiagnostic de Widal-Félix comporte de nombreuses causes d'erreurs et son interprétation


est parfois délicate. Il doit toujours être accompagné de coproculture et/ou d'hémoculture
.Inutile dans les toxi infections, il présente une valeur d’orientation du diagnostic

5.2-Cinétique des Agglutinines

-Au cours de la fièvre typhoïde


-Apparition des agglutinines : •O : vers le 8ème jour de la maladie
•H: vers le 10-12ème jours
-Période d'État : les 2 types d’agglutinines sont présents
•Titre maxi des agglutinines O de Salmonella Typhi (TO) : 1/200
•Titre maxi des agglutinines H de Salmonella Typhi (TH) : 1/800

-Disparition des agglutinines ; •O: au bout de 2 à 3 mois


:•H: persistent plusieurs années

-Après vaccination : Persistance d'agglutinines H


-Chez un sujet vacciné atteint de typhoïde : Présence simultanée d'agglutinines TH, AH, BH
et d'agglutinines O.

: Évolution du titre des agglutinines au cours des fièvres typhoïdes et paratyphoïdes.

5.3 Causes de résultats faussement positifs

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-Présence d'agglutinines TO seules dues généralement à une infection S. Enteridis


(communauté antigénique).
-Présence d'agglutinines BO seules dues à une infection S. Typhimurium par exemple
(communauté antigénique).
-Agglutination avec BO (sérogroupe II) ou avec TO (sérogroupe IV) dues aux communautés
antigéniques avec Yersinia pseudotuberculosis.
-Réactions faussement positives pouvant être observées au cours de certaines maladies comme
le paludisme, le typhus exanthématique, les dysglobulinémies (myélomes, collagénoses,
cirrhoses) et infections diverses dues à des entérobactéries.
5.4-Causes des résultats faussement négatifs
-1er septénaire de la maladie
-Antibiothérapie ou corticothérapie précoce
-Rares cas de typhoïde vraie sans élévation du titre des Ac.

V-ELEMENTS DE PROPHYLAXIE ET DE TRAITEMENT


-1 Prévention
Elle repose sur
-Hygiène individuelle: détection de porteurs asymptomatiques notamment chez le personnel de
restauration, des industries alimentaires,…
-Hygiène collective: lutte contre le péril fécal et contrôle bactériologique des aliments et des
eaux.

la vaccination

-Vaccin Typhim Vi®: vaccin composé de polyoside capsulaire, administré par voie injectable.
Vaccin TAB (vivant atténué) pouvant être associé à l'anatoxine diphtérique (TAB-D) et
tétanique (TABDT ou DTTAB) est présentement abandonné
2-Traitement curatif
-Fièvres typhoïde et paratyphoïde
La voie d’administration est préférentiellement buccale
Le chloramphénicol, thiamphénicol, ampicilline, cotrimoxazole, colistine, quinolones
systématiques sont les plus utilisés
-Durée du traitement: 10 à 15 jours après la chute de la fièvre pour éviter les rechutes, La
négativation des hémocultures et des coprocultures signent l’efficacité du traitement

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65

-Gastro-entérites et Toxi-infections alimentaires


Si elles sont bénignes, pratiquer un traitement symptomatique, notamment une RVO. Seules
formes graves sont justiciables d’une antibiothérapie.

LES VIBRIONACEAE

INTRODUCTION
I-CARACTÈRES BACTÉRIOLOGIQUES
II –ÉPIDÉMIOLOGIE
III –PHYSIOPATHOLOLOGIE
IV-POUVOIR PATHOGÈNE

V-DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
VII -MESURES DE PROPHYLAXIE ET ÉLÉMENTS DE THÉRAPEUTIQUES

CONCLUSION

Objectifs
1definir Vibrio cholerae
2Citer les 2 biovars de Vibrio cholerea
3 Citer 3 caractères différentiels entre les biotypes de Vibrio cholerea
4 Citer 1 milieu d’isolement et 1 milieu d’enrichissement de Vibrio cholerea
5 éléments du diagnostic présomptif de Vibrio cholerea
6 éléments de prévention du cholera

INTRODUCTION

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66

1 DEFINITION
Bacilles ou coccobacilles à Gram négatif, parfois incurvés,
-Mobiles par une ciliature polaire ou mixte.
-Aéro-Anaérobie facultatifs.-Cultivent sur milieux ordinaires. Réduisent les nitrates en nitrites.
-Fermentent le glucose-Oxydase positive. C’est l’agent responsable du choléra,
C’est une toxi-infection épidémique contagieuse à déclaration obligatoire

2 CLASSIFICATION
-Famille : Vibrionaceae
-Genre : Vibrio
-Espèces : -pathogènes pour l’homme : Vibrio cholerae (O1, O139 ; nonO1, non O139), V.
parahaemolyticus.
-saprophytes ou opportunistes : V. alginolyticus, V. damsela, V. furnisii, V. fluvialis, V. V. hollisae,
V. metschnikovii, V. mimicus.
Sont classées aussi selon leur halophilie : V. cholerae est halotolérante, alors que
V. parahaemolyticus est halophile.
Vibrio cholerae est l’espèce type du genre qui comprend 2 biovars :
V. cholerae cholerae ou Classique et V. cholerae El Tor

3 - HISTORIQUE
Le choléra connu depuis l’Antiquité grecque ; a été identifié pour la première fois dans
le delta du Gange, en Inde. C’est une maladie des guerres, des famines et des catastrophes naturelles
A partir de 1817, développement de la 1ère des 6 pandémies dues au V. cholerae Classique.
-Découverte de l’agent du cholera par R. Koch en 1884 à Calcutta, au cours de la 5 ème pandémie : il
l’appelle « Koma Bacillus ».
-Début de la 7ème pandémie en 1961, à partir de l’archipel des Célèbes (Indonésie) due au biotype
El Tor. Ce biotype est isolé pour la 1ère fois au Lazaret d’El Tor dans le Sinaï ;
puis il s’étend dans le Sud-Est asiatique,
Depuis les années 1970, le Burkina a connu plusieurs épidémies de choléra dont la dernière
date de 2012 avec 143 cas dont 7 décès soit une létalité de 4,9%.

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I-CARACTERES BACTERIOLOGIQUE
1Morphologie
Bacille à Gram négatif, incurvé en virgule, isolé, parfois groupé, mobile par un flagelle
unique polaire qui lui confère une mobilité dite vibrionnant.
2 CULTURE
•V. cholerae est peu exigeant, aérobie préférentiel, anaérobie facultatif.
Température optimale de croissance : 30-40°C ; résiste à 4°C pH 7,6-9,6
supporte des pH alcalins Halotolérant (0,5-7% de NaCl).
Résiste à la bile, aux sels biliaires et aux tensioactifs (Gélose Teepol)
-Aspects des cultures
En milieu liquide : culture rapide, trouble homogène avec voile en surface.
En milieux gélosés (24h): colonies lisses, plates, transparentes, grisâtres et
non irrisée en translumination oblique.
3-Caractères biochimiques
-Oxydase+ ; Catalase+ ; Nitrate réductase+
-Glucose+ fermenté sans gaz ; lactose– ou lent ; ONPG+ ; saccharose+ ; arabinose–.
-VP– pour Vc classique, mais VP+ pour Vc El Tor.
4-Constitution antigénique
 -AgO, somatique
-Polysaccharidiques, thermostable.
-Plus de 155 sérogroupes O, dont O1 et O139 responsables du choléra.
-3 spécificités antigéniques a, b et c pour les 2 biovars de Vc -Réactions croisées
entre O1 et certains sérotypes de Yersinia enterocolitica, Salmonella, Brucella

Antigènes
a-b-c

Combinaisons ab abc ac

Sérotypes Ogawa Hikojima Inaba

Figure 2: Organisation antigénique du Vc sérogroupe O1

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68

 -AgH, flagellaire

-Protéique, thermolabile. Pas spécifique car il existe des communautés antigéniques entre espèces.
Non recherché en pratique.
5-Toxine produites par le Vc
 -Toxine cholérique = Entérotoxine CT
-Toxine protéique de type A-B
•la sous-unité A est centrale et entourée de 5 sous-unités B, auxquelles elle est unie par des liaisons
non [Link] sous-unité A est constituée de 2 chaînes, A1 et A2 liées par 1 pont disulfure
•les sous-unités B se fixent sur la membrane cellulaire et forme un canal hydrophile par lequel passe
la sous-unité A.
 -Autres toxines
-Toxine analogue à la toxine de Shigella.

II Epidémiologie

1-Habitat
-Homme malade ou porteur « asymptomatique » = principal réservoir de la bactérie. Le
portage peut être de courte(6-10jrs) ou de longue durée (portage chronique).
Vc est éliminé dans le milieu dans les selles de malades à raison de 106 à 108 vibrions/ml
de selles et dans les vomissements.
-Dans le milieu extérieur :
•eaux d’étangs, de rivières (courte durée) ou salées des lagunes (>15jrs). Les eaux
d’estuaires et leurs zooplancton constituent aussi des réservoirs naturels. Des fruits de
mer –poissons, coquillages, crabes, crevettes,…) peuvent s’infecter en utilisant le
zooplancton contaminé
•aliments frais (lait, poisson, …)

2-Contamination
-Contact manuel direct interhumaine, avec malade, porteur ou cadavre : maladie des
mains sales.
-Ingestion d’eau et d’aliments souillés (péril fécal).Favorisée par mauvaises conditions
d’hygiène d’habitat
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69

III-Physiopathologie
-Voie d’entrée : orale (mains sales, aliments et/ou eau de boisson contaminés).
-Passage massif de la barrière gastrique et multiplication rapide dans l’intestin.
Traversée du mucus et adhésion aux entérocytes par les Ag bactériens. La colonisation
intestinale est favorisée par l’hyperchlorémie locale qui survient dans les états de
dénutrition.
-Libération de l’entérotoxine cholérique ou entérotoxine CT (cholera toxin), sans
lésions de la muqueuse, sans copro-leucocytes, sans fièvre et avec hémocultures
négatives.
La toxine CT provoque une augmentation du taux d’AMPc dans les entérocytes et
entraîne une fuite d’eau et d’électrolytes dans la lumière : les symptômes du choléra
sont dus à une perte énorme d’eau et d’électrolytes par les selles qui peut atteindre 10 à
20Litres/jr. Cependant, les IgA et IgG anti-toxine CT et anti-Vc peuvent neutraliser le
germe et sa toxine CT dans l’intestin.
-La mort peut survenir par suite de déshydratation du patient.

IV-Pouvoir pathogène

1-Expérimental
-Chez les animaux (lapin, chien): reproduction possible du choléra par inoculation orale
chez les nouveau-nés, mais pas chez les adultes.
-Injection de toxine CT (1µg) à l’anse ligaturée de lapin provoque fuite liquidienne dans
lumière intestinale.
-Effet cytotoxique sur cellules Y1 surrénaliennes ou CHO (cellules ovariennes de
hamster chinois).
-Chez l’homme : ingestion de 108 à 1011 bactéries vivantes provoque une diarrhée sévère
dans 50% des cas ; mais si l’administration est accompagnée de bicarbonate, 104
bactéries suffisent pour provoquer la diarrhée sévère dans 70% des cas.

.2-Naturel
 -Choléra
Maladie strictement humaine. Incubation : quelques heures à 5jrs, selon la dose
infectante.
-Formes graves: diarrhée aqueuse très abondante faite de selles incolores en « eau de
riz » pouvant atteindre 10 à 50Litres/jr. Pas de fièvre, mais vomissements fréquents et
crampes musculaires. Sans traitement par réhydratation rapide et massive, la maladie
évolue vers un collapsus cardio-vasculaire avec anurie et acidose qui peut aboutir à la
mort du malade.
-Formes bénignes : diarrhée simple, douleurs abdominales, déshydratation modérée ou
nulle, sans vomissement.
-Formes atypiques : pseudoméningite chez enfants, choléra sec chez adulte âgé ou
débilité pouvant être mortel, …

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70

 -Infections à Vc nonO1/non O139


-Digestives : diarrhées simples,
-Extra-digestives : suppurations, infections du tractus urinaire,…

VI-Diagnostic du choléra au laboratoire

1-Diagnostic direct)

 -Prélèvements
-Chez l’humain : selles fraiches, selles liquides collectées sur papier buvard,
écouvillonnage rectal (Cary Blair), vomissements, contenu intestinal nécropsique,..
-Dans le milieu extérieur :
•eaux : à concentrer par filtration si légèrement trouble avant inoculation ; mélanger
directement à l’Eau peptonée concentrée 10X si trouble.
•égouts : milieux sélectifs
•aliments : à homogénéiser et à enrichir en Eau peptonée alcaline.
Si l’Eau peptonée alcaline ou salée (2%NaCl) à pH9 en tube est ensemencée au site du
prélèvement, l’envoyer au laboratoire en respectant les normes d’emballage en vigueur.

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71

: Etapes du diagnostic bactériologique du choléra

 -Microscopique (à l’Etat Frais, entre lame et lamelle et après coloration de


Gram) : recherche de bacilles mobiles «en banc de poissons» ou «en vol de
moucheron», à Gram négatif, plus ou moins incurvés.
 -Antigénique : détection directe dans les selles liquides, des antigènes et
toxines : par des tests rapides immunoenzymatiques ou immunoenzymatiques
(O1 ; O139).

 -Moléculaire : recherche de gènes d’ADN de Vc (ctxA, ctxB,…) par des


techniques d’hybridation ou d’amplification génique.

 -Culture
Ensemencer parallèlement 1 milieu d’enrichissement + 1 milieu d’isolement

 -Enrichissement :
-1 tube d’Eau peptonée alcaline à 1% ou à 3% de NaCl.
ou
-1 tube de taurocholate-tellurique-peptone
Repiquer le milieu d’enrichissement sur milieux gélosés après 4h-8h d’incubation à
37°C. Il peut être nécessaire d’effectuer un second enrichissement avant le repiquage
sur milieux gélosés.
 -Isolement (sur 1milieu non sélectif ou peu sélectif + 1 milieu sélectif)
-Milieux non sélectifs: gélose trypticase soja, gélose Columbia, …
-Milieux peu sélectifs: gélose nutritive+0,1% de Teepol (colonies El Tor non irisées et
conservation de l’Oxydase+)
-Principal milieu sélectif = gélose TCBS (Thiosulfate-Citrate-Bile-Saccharose) :
•colonies jaunes, grandes, convexes, devenant vertes si incubation prolongée (El Tor).
•résultats de la recherche de l’Oxydase = aléatoire
- Certaines souches de Vc cultivent sur gélose SS et sur gélose Mc Conkey.

 Identification
Repérer et identifier au moins 5 colonies suspectes.
-Tests présomptifs :
-Bacilles mobiles « en banc de poisson », incurvés, à Gram négatif.
-Oxydase+.
-Si période d’épidémie, agglutination sur lame avec les sérums polyvalents (O1 ; O139).
Si agglutination négative, reprendre après chauffage à 100°C/2h. Si positive, poursuivre
avec sérums spécifiques (Ogawa, Inaba) pour le O1.
-En dehors des périodes d’épidémie, effectuer une identification plus détaillée
comprenant une galérie d’identification biochimique.
-Diagnostic de certitude :
-Galérie biochimique d’identification

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72

-Diagnostic différentiel :

V. parahaemolyticus : saccharose–, ONPG – et plus tolérant au NaCl.


-Faire le sérogroupe et le sérotype
 -Antibiogramme
-Antibiotiques à tester : Ampicilline ou Amoxicilline, Erythromycine, tétracycline,
doxycycline, acide nalidixique, ciprofloxacine, cotrimoxazole, …

VII-Eléments de prophylaxie et de thérapeutique


.1-Prévention
 -Mesures d’hygiène individuelles et collectives
C’est la mise en quarantaine des malades et déclaration obligatoire de la maladie à la
DLM.
-Faire bouillir l’eau et bien cuire les aliments, laver les légumes à consommer crus avec
des solutions bactéricides, se laver très soigneusement les mains, évacuer les
excréments, même pour les sujets sains.
-Dépistage des porteurs « asymptomatiques ».
-Désinfection des vêtements, des lits, puits, …
-Prendre des mesures rigoureuses vis-à-vis de la manipulation des cadavres de choléra.

 -Vaccins anticholériques
3 types de vaccins anticholériques existent actuellement.
-Vaccin à base de vibrions tués (cellules entières O1/sérotypes Ogawa et Inaba) par
le formol :
•taux de protection : 55-60%, mais inefficace chez le jeune enfant.
•production d’Ac vibriocides, d’Ac agglutinants, mais pas d’Ac antitoxiniques.
Un vaccin inactivé existe pour le O139.
-Vaccin oral à base de bactéries tuées + Constituants purifiés : protection de 85% dans
les 6 premiers mois, de 63% à la fin de la 1ère année et 50% au bout de 3ans. Protection
croisée, mais de courte durée contre ECET.
-Vaccin vivant oral à base de la souche CVD 103-HgR qui dérive de la souche 569.
Gène ctxA et d’autres gènes de toxines supprimés. Protection serait de 85% pendant au
moins 3 mois. Toujours à l’étude.

 -Chimioprophylaxie
Tétracyclines (Doxycycline), sulfamides retards (Fanasil*). Mais résistance possible à
ces antibiotiques.

.2-Traitement curatif
-Réhydratation par voie parentérale par du sérum physiologique et bicarbonaté : 5-6L
perfusés en 3h-5h ou par voie orale (SRO de l’OMS) si possible.
-Antibiothérapie par voie orale uniquement pour réduire le volume de selles et la durée
de la diarrhée :
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73

•doxycycline 300mg en 1 dose sauf chez femme enceinte.


•chez femme enceinte : furazolidone 100mgx4/jr x 3jrs.
•chez enfant : Cotrimoxazole 5/25 mg par kg de poids.
•Erythromycine

VIII-AUTRES VIBRIONS

1-V. parahaemolyticus
-Responsable de diarrhées aiguës chez l’homme.
-Cultive sur TCBS et sur milieux pour entérobactéries (Drigalski, Mac Conkey ;
Hektoen ; SS).
-VP– ; ONPG– ; Saccharose– ; Arabinose+
-Tolère 7-8% de NaCl..
-Sensible : gentamicine, tobramycine, tétracyclines, chloramphénicol et TMP-SXT ;
mais résistante à ampicilline.

.2-V. alginolyticus
Tolère jusqu’à 10% de NaCl. Culture diffuse sur gélose au sang.

3.-V. vulnifiicus
-Espèce marine. Responsable de septicémie grave qui survient 24h après ingestion de
fruits de mer contaminés chez immunocompromis (cirrhotiques,…) et de formes
cutanées après contact de lésions cutanées avec eaux ou aliments marins.
-ONPG+++ rapide, lactose+ et résistance constante à la colistine.

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74

CAMPYLOBACTER

PLAN

INTRODUCTION
I-CARACTÈRES BACTÉRIOLOGIQUES
II –ÉPIDÉMIOLOGIE
III –PHYSIOPATHOLOLOGIE
IV-POUVOIR PATHOGÈNE

V-DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
VII -MESURES DE PROPHYLAXIE ET ÉLÉMENTS DE THÉRAPEUTIQUES

CONCLUSION

OBJECTIFS

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75

-Définir les Campylobacter.


-Expliquer la physiopathologie des campylobactérioses
-Définir 3 techniques microscopiques de recherche directe des Campylobacter dans les selles
-Citer 4 tests de détection des antigènes spécifiques de Campylobacter dans les suspensions de
selles.
-Citer 3 antibiotiques constamment actifs sur les Campylobacter.

INTRODUCTION
-Définition
Les Campylobacter sont des bacilles à Gram négatif de la famille de Campylobacteriaceae.
Ces bactéries ont :
-une forme plus ou moins allongée, incurvée, en virgule, en forme de «S» ou hélicoïdale.
-une mobilité en «vol de moucheron» grâce à une ciliature polaire monotriche. Parfois, leur
ciliature est bipolaire.
-un métabolisme respiratoire microaérophile
-une Oxydase positive
-et un coefficient de G+C% compris entre 30 et 38%.
Ils sont responsables de gastro-entérites chez l’homme et de zoonoses.

-Historique
-En 1913, la responsabilité d’un bacille mobile vibrio-like est établie dans des avortements chez
les bovidés.
-En 1919, le nom de Vibrio fetus est donné à ce bacille
-En 1963, les études génétiques menées par Sébald et Véron montrent par des études de G+C%
que cette bactérie est différente des Vibrio (G+C% : 40-52) et définissent le genre
Campylobacter (30–38%)
Au cours des dernières années la biologie des Campylobacter a été mieux comprises et de
nombreuses autres espèces ont été caractérisées.

-Intérêts
-Diagnostic par leurs conditions de culture très exigeantes qui font que les Campylobacter ne
sont pas recherchés en routine dans les laboratoires.

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76

-Epidémiologique par le manque de données dans la plupart des pays africains


-Préventif par les mesures d’hygiène alimentaires qui permettent d’éviter leur transmission.
-et Economique par les infections du bétail dans les pays à économie agro-pastorale.

1-CARACTERES BACTERIOLOGIQUES
1.1-Classification
-Famille : Campylobacteriaceae
-Genre : Campylobacter
-18 Espèces (sous-espèces) -C. jejuni (2 ss-esp. : jejuni et doylei)
-C. coli
-C. fetus (2 ss-esp : fetus et venerealis)

Outres ces principales espèces, le genre Campylobacter comprend d’autres espèces. La famille
a connu plusieurs inclusions d’espèces bactériennes qui appartenaient à des genres
anciennement distincts des Campylobacter.

1.2-Morphologie
Bacilles à Gram négatif courts, fins, incurvés en forme de virgule, en forme de « S », de « vol
de mouette ». Ils peuvent être longs et en forme hélicoïdale.
Ils sont très mobiles par une ciliature polaire monotriche ou par des flagelles situés aux 2
extrémités du corps bacillaire. Ils ne sont pas sporulés.

1.3-Caractères culturaux

1.3.1-Conditions de culture
-Atmosphère microaérophile obtenue par l’utilisation de générateur de gaz placé dans une jarre.
-Température de croissance : 37° C en général, mais certaines espèces cultivent entre 42 –43°C
(C. jejuni).

1.3.2-Milieux de culture
[Link]-Milieux non sélectifs

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77

-Gélose Columbia + 5% de sang frais de mouton ou de cheval (GSF),


-Gélose au sang cuit
-Milieu gélosé Brucella Agar, gélose Mueller–Hinton (MH), bouillon Thioglycolate semi–
gélosé
-Dans les bouillons, la culture est moins bonne

[Link]-Milieux sélectifs
Ils sont obtenus à partir de géloses au sang additionnées de mélanges d’antibiotiques qui
inhibent habituellement la plupart des bactéries de la flore intestinale ou coproflore. Les plus
courants sont :
-le milieu de Butzler (Bactitracine, Novobiocine, Cycloxehimide, Céfazoline, Colistine)
-le milieu de Skirrow (vancomycine, triméthoprime, polymyxine)
-le milieu de Blazer-Wang (vancomycine, triméthoprime, polymyxine, céfalotine,
amphotéricine B).
Il existe des géloses commerciales prêtes pour l’emploi : gélose Campylosel (BioMérieux).
Après incubation à 37°C en général ou à 42°C pour C. jejuni, pendant 2-4 jours en atmosphère
microaérophile.

[Link]-Aspects des cultures


-En Bouillon semi-gélosé (gélose viande foie, VF) : culture en forme cylindrique dite en « coup
d’ongle », à la surface du milieu.
-En milieu gélosé : les jeunes colonies ont des tailles variables selon l’humidification de la
gélose (diamètre de 1 à 2mm qui peut être plus important si la gélose est humide au moment de
l’ensemencement); elles sont plates, grisâtres, translucides (colonies S), parfois opaques,
muqueuses (colonies M). Les colonies peuvent devenir rugueuses (R) : dans les colonies âgées
les bactériennes deviennent coccoïdes et meurent.

1.4-Caractères biochimiques
-Tous les Campylobacter sont : Oxydase+ et réduisent les nitrates en nitrites (NR+).
-La production de Catalase est variable
-La production de H2S est inconstante et permet de distinguer des sous-espèces.
-Les Campylobacter n’hydrolysent ni ne fermentent les sucres : ce qui les distingue des Vibrio.
-C. jejuni hydrolyse l’hippurate

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78

1.5-Antigènes et substances élaborées


-2 groupes d’antigènes O : AgO : 1 ou A et Ag O : 2 ou B
-LPS ou endotoxine
-AgH
-1 protéine de surface antiphagocytaire de 98 kD qui intervient dans la virulence de la bactérie
-Toxine thermolabile responsable de diarrhée de type sécrétoire
-Toxine cytotoxique Shigella-like

2-EPIDEMIOLOGIE

2.1-Habitat
Bactéries commensales de l’Homme et des animaux sauvages (buffle, singe) et domestiques
(chien, chat, lapin, cochons, mouton, cheval) dont les oiseaux : elles se retrouvent dans leur
tube digestif (intestin et cavité buccale) et muqueuses uro-génitales. Les animaux de compagnie
(chien, chat) sont des vecteurs.
-Eaux souillées, produits laitiers et viandes contaminés
-Homme infecté.

2.2-Transmission
-Directe : féco-orale en général et exceptionnellement par voie respiratoire.
-Indirecte : par voie ingestion d’eau ou d’aliments crus contaminés (lait, volaille, foie, …)

2.3-Répartition géographique
Bactéries cosmopolites parfois responsables d’épidémies sporadiques. Elles seraient
endémiques dans les pays tropicaux où elles seraient responsables de gastro-entérites aussi
fréquemment que les Salmonella, voire plus fréquemment.

3-PHYSIOPATHOLOGIE
-Contamination par ingestion d’aliments souillés.
-Les bactéries se multiplient dans l’intestin et provoquent une diarrhée à 2 composantes : une
diarrhée liquide et une diarrhée sanglante avec présence de leucocytes et d’hématies dans les
selles.

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79

-Passage des bactéries dans l circulation sanguine.


-A partir de la circulation sanguine, les bactéries peuvent atteindre d’autres sites et provoquer
d’autres formes de campylobactériose. Les bactéries émises dans le milieu extérieur par les
selles peuvent être disséminées par l’eau ou des aliments souillés et infecter d’autres personnes.

4-POUVOIR PATHOGENE
Varie selon les espèces de Campylobacter et leurs hôtes.
4.1-Pouvoir pour l’homme
4.1.1-Gastro-entérites
-Diarrhées + Fièvre + douleurs abdominales + vomissements
-Présence de sang dans les selles
La guérison peut être spontanée au bout d’une semaine environ. Très forte association avec les
Salmonella.
4.1.2-Complications infectieuses
Bactériémies/Septicémies, infections cardiaques, méningites surtout chez les femmes enceintes,
les cirrhotiques, les hémopathes et les sidéens, appendicites, cholécystite, péritonites, arthrites
4.1.3-Autres formes
-Parodontite, gingivite
-Infection du tractus urinaire,…
4.2-Pouvoir pathogène pour l’animal
-Entérites, bactériémies
-Infections génitales par voie hématogène qui peuvent provoquer des avortements sporadiques
ou parfois de «stérilité enzootique ».
-Infections vénériennes à l’origine de « stérilité enzootique ».

5-DIAGNOSTIC AU LABORATOIRE
5.1-Diagnostic direct
5.1.1-Prélèvements
[Link]-Produits pathologiques
-Selles fraîchement émises, liquides ou mucopurulentes
-Autres produits pathologiques : sang (hémoculture), LCR, urines, liquide articulaire, …

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80

[Link]-Transport et conservation des selles


Transport rapide au laboratoire dans un récipient fermé hermétiquement. Examen immédiat,
sinon conservation à +4° C (au réfrigérateur) pendant 24heures. L’utilisation de milieu de
transport doit tenir compte du caractère microaérophile de la bactérie.
5.1.2-Examens directs
[Link]-Macroscopique
Selles liquides, sanglantes et/ou mucopurulentes
[Link]-Microscopique
-A l’Etat frais, au microscope ordinaire, à contraste de phase ou au fond noir : permet
d’observer les leucocytes, les hématies et la mobilité caractéristique des germes.
-Après coloration au Bleu de méthylène : permet d’observer les polynucléaires témoin de
l’invasion des cellules intestinales.
-Coloration de Gram : pas pour les selles, mais pour d’autres prélèvements comme les urines.
Permet d’observer la morphologie caractéristique des Campylobacter.

[Link]-Détection des antigènes spécifiques et des acides gras


Recherche des antigènes dans les suspensions de selles par
-des tests d’agglutination sur lame de particules de latex sensibilisées. Il s’agit de tests de
présomption. Exemples : Campyslide* (BBL Microbiology Systems), Meritec-Campy
(Meridian Diagnostics), Microscreen (Mercia Diagnostics).
-des tests ELISA. La spécificité de ces Ig peut être augmentée par leur adsorption préalable sur
des Ag susceptibles de produire des réactions croisées.
-des immunoblots, des profils de protéines d’enveloppe (OMP)
-des profils d’acides gras cellulaires, …

[Link]-Détection des acides nucléiques


Recherche de l’ADN de Campylobacter dans les selles surtout, par des tests d’hybridation des
acides nucléiques, d’amplification génique (PCR), de ribotypage,…

[Link]-Isolement et identification
-Ensemencement
 sur milieux sélectif et non sélectif pour les prélèvements polymicrobiens cultiver: les
selles peuvent être cultivées directement ou après filtration de la suspension sur un filtre
de 0,65 µ qui est ensuite déposé directement sur la gélose pendant 1 heure avant de
poursuivre l’incubation.
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81

 sur milieu non sélectif pour les produits monomicrobiens, cultiver. Pour les
hémocultures, utiliser des ballons contenant un bouillon approprié sous atmosphère
microaérophile.
-Incubation à 37° C (ou à 42° C pour C. jejuni), en atmosphère microaérophile, pendant 48 h
à 96 h.
-Identification (Tableau ci-dessous)
du genre Campylobacter : par la morphologique et l’Oxydase (+).
de l’espèce par la recherche de catalase, de production de H2S en milieu de Kligler-
Hajna ou en bouillon gélosé + papier à l’acétate de plomb, par le test de sensibilité à
l’acide nalidixique et à la céphalotine (méthode des disques), par le test à l’hippurate et
par l’étude de la croissance en milieu VF dans 3 tubes régénérés et incubés à 25°C, 37°C
et 42°C.
 antigénique par agglutination sur lame avec des sérums spécifiques anti-
Campylobacter.
Il existe une galerie API Campy (BioMérieux) qui permet d’identifier des espèces et sous
espèces de Campylobacter.

[Link]-Antibiogramme
Les antibiotiques actifs sur les Campylobacter et pouvant être testés sont :
-ampicilline (inconstante), amoxicilline-acide clavulanique
-aminosides : gentamycine,
-tétracyclines, chloramphénicol
-érythromycine (antibiotique de choix)
-fluoroquinolones (inconstantes)
Ne pas tester la colistine, le cotrimoxazole et la céfalotine. Il existe un système semi-
automatique pour l’étude de la sensibilité des Campylobacter aux antibiotiques (ATB Campy ;
BioMérieux).

5.2-Diagnostic indirect
Pas courant et de peu d’intérêt.

6-ELEMENTS DE PREVENTION ET DE TRAITEMENT


6.1-Prévéntion

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82

-Hygiène individuelle et collective


-Bonne cuisson des aliments, pasteurisation du lait, emballage sous vide des aliments,
notamment la viande.
-Il n’existe pas encore de vaccin contre Campylobacter.
6.2-Traitement curatif
L’antibiothérapie peut être effectuée par tout antibiotique trouvé actif, particulièrement
l’érythromycine qui est l’antibiotique de choix et qui permet de raccourcir le temps de portage
digestif des Campylobacter.
CONCLUSION
Les Campylobacter sont des agents d’anthropozoonoses. Chez l’humain, la guérison spontanée
des gastro-entérites rend son antibiothérapie discutable. Cependant son caractère épidémique
notamment dans les communautés où l’hygiène est précaire et l’existence de formes extra-
digestives survenant à la suite gastro-entérite recommande l’éradication chez les sujets infectés.
Le développement de vaccin efficace pourrait contribuer significativement à l’élimination des
Campylobacter.

Caractères différentiels de quelques Campylobacter

Espèces Catalase Croissance à H2 Sensibilité à Hydrolyse


S de
25° C 42° C Acide Céfalotine
l’hippurate
nalidixique
C. fetus fetus + + - - S R -
C. fetus + + - - S R +
venerealis
C. jejuni + - + - R S
C. coli + - + - R S -
C. sputorum - - + + R S
sputorum

PSEUDOMONAS

PLAN
INTRODUCTION
I-CARACTÈRES BACTÉRIOLOGIQUES

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83

II –ÉPIDÉMIOLOGIE
III –PHYSIOPATHOLOLOGIE
IV-POUVOIR PATHOGÈNE
V-DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
VII -MESURES DE PROPHYLAXIE ET ÉLÉMENTS DE THÉRAPEUTIQUES
CONCLUSION

Objectifs
Définir pseudomonas aeruginosa.
-Expliquer la physiopathologie des infections pseudomonas
-citer 2 pigments produits par pseudomonas aeruginosa et donner leurs caractéristiques
Citer 4 Caractères communs d'identification des pseudomonas
-Citer 3 antibiotiques constamment actifs sur l pseudomonas aeruginosa

I -Définition
Bacilles à Gram négatif, mobiles, Oxydative + appartenant à la famille très hétérogène
des Pseudomonadaceae qui comprend désormais plusieurs genres.
Responsables d’infections diverses, nosocomiales notamment, qui sont curables par antibiothérapie.
Cependant, multi résistances aux antibiotiques connues

II -Classification
Au cours de ces dernières années, la taxonomie et la nomenclature des Pseudomonadaceae ont
subi d'importantes modifications: ainsi de nouveaux genres ont été créés et plusieurs espèces
ont été déplacées soit dans ces nouveaux genres soit dans des genres déjà existants. Seules
certaines espèces ont un intérêt médical
• Pseudomonas aeruginosa, P. fluorescens , P. putida , P. stutzeri, P. mendocina

III -Morphologie
• Bacilles fins et droits ou légèrement incurvés, à Gram négatif, très mobiles grâce à une
ciliature polaire monotriche ou multitriche. Certaines souches sont immobiles, non
sporulés. Acapsulés, mais parfois présence d'une couche muqueuse pseudo-capsulaire
ou "slime".

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84

• Croissance et nutrition
-Bactéries aérobies, mais la respiration anaérobie des nitrates en nitrites grâce à la
nitrate-réductase, permet de caractériser certaines espèces.
-Cultivent sur milieux ordinaires et complexes avec ou sans production de pigment.
-Température de croissance comprise entre 4°C et 42°C. De nombreuses souches ne
cultivent pas à 37°C. Par contre, la température de 30°C convient à toutes les espèces
pathogènes et saprophytes.
-Acidification de nombreux sucres, dont le glucose en anaérobiose.

-Pigments produits par les Pseudomonas


La pyocyanine et la pyoverdine sont les 2 pigments les fréquemment produits. Ils sont
hydrosolubles et peuvent diffuser dans les milieux de culture. La pyocyanine est
habituellement non fluorescente, bleue en pH neutre et alcalin, et rouge en pH acide
(pH3). La pyoverdine est fluorescente.

-Caractères communs d'identification


-Bacilles Gram négatif, mobiles; Oxydase (+), Catalase (+); pas de fermentation des
sucres, mais parfois oxydation de certains sucres; VP (-)/RM (-); Indole (-)

PSEUDOMONAS AERUGINOSA

(bacille pyocyanique ou bacille du pus bleu )

I -DEFINITION
Le nom de "bacille pyocyanique" vient du grec puon = pus et du grec kuanos = bleu
foncé. C’est l'espèce type du genre. Le nom scientifique Pseudomonas aeruginosa vient
du latin monas = droit et aerugonosus = couvert de rouille ou rouillé.
Culture facile sur milieu nutritif simple Bactérie aérobie stricte Culture entre 8°C et
41°C Production de pyocyanine et de Pyoverdine Dégage une odeur arome de Jasmin
par production d’orthoamino-acétophénone

II -CULTURE
Sur gélose, les colonies peuvent être de plusieurs types: larges (la), petites lisses (Sm:
small) ou muqueuses (M). En vieillissant, les cultures prennent un aspect gris
métallique.
-Colonies la (large): en "œuf sur le plat", isolées, grandes avec une partie centrale
bombée et un contour irrégulier.

Pigment bleu ou pyocyanine : P. aeruginosa est la seule espèce qui produit ce pigment.
La pyocyanine est bactériostatique surtout sur certaines bactéries à Gram positif. Elle

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85

est mise en évidence dans le milieu A de King (pauvre en sels minéraux, glycérol,
peptone pepsique).
-Pigment jaune-vert fluorescent ou pyoverdine: mis en évidence dans le milieu B de
King. C’est un sidérophore qui complexe les ions Fe+++.

• III -ÉPIDÉMIOLOGIE

-Habitat
-Saprophyte dans l'eau, le sol humide ou sur les végétaux. Peu résistant à la dessiccation.
-Bactérie commensale du tube digestif de l'Homme et de nombreux animaux
-Milieux hospitaliers, notamment dans certaines solutions d'antiseptiques.

-Sources de contamination
-Milieu extérieur, notamment l'eau sous toutes ses formes, le malade lui-même par ses
urnes, ses selles, crachats,…
-Environnement hospitalier: aliments (fruits, légumes, fleurs et plantes décoratives, …),
siphons d'éviers ou de sol, humidificateurs, respirateurs, eau distillées, …-
Antiseptiques: ammoniums quaternaires

• -Vecteurs de contamination
-Transmission à partir d'une source de contamination, de malade à malade ou du
personnel soignant au malade.
-Dans les services de réanimation, les malades trachéotomisés sont rapidement infectés
par le bacille pyocyanique qui colonise la partie supérieure de leur appareil respiratoire.

IV -POUVOIR PATHOGÈNE NATUREL


P. aeruginosa est la bactérie type des infections opportunistes: elle est redoutable pour
les sujets ayant des défenses immunitaires défaillantes ou altérées. Les sujets les plus
sensibles sont : les nourrissons, personnes âgées, sujets atteints d'infections graves
chroniques, métaboliques (diabète), mais surtout hématologiques ou cancéreuses, les
corticothérapies, autres traitement immunosuppresseurs,…
P. aeruginosa peut être responsable d’infections
- pulmonaires: pneumopathies primitives, mucoviscidose, atteinte pulmonaire.
- uro-génitales généralement secondaires à une exploration des voies urinaires,
- ostéoarticulaires
- oculaires superficielles (blépharo-conjonctivites, …), surinfections d'ulcérations
cornéennes qui peuvent conduire rapidement à une panophtalmie appelée "fonte
purulente de l'œil", rare mais gravissime.

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86

-ORL: otites externes, "oreilles des plongeurs" = otites externe à bacille pyocyanique
chez les plongeurs de stations de recherche pétrolière.-méningées: méningites médicales
ou chirurgicales
-cutanées qui chez les brûlés peuvent conduire à des septicémies mortelles de
septicémies, d'endocardites
-d'entérites (très rares) sous 3 formes: entérite aiguë consécutive à 1 antibiothérapie à
large spectre ou l'ingestion d'aliments très contaminés la typhlite: colite nécrosante
localisée au caecum et survenant chez les sujets leucémiques et neutropéniques •entérite
hydrique pseudo-typhoïdique consécutive à l'absorption d'eaux polluées.

V-DIAGNOSTIC AU LABORATOIRE
1-Isolement
-Sur milieux usuels (colonies M), sur milieux sélectifs pour entérobactéries comme les géloses
SS, Mac Conkey,… (colonies grisâtres, rondes ou à bords irréguliers) ou sur gélose sélective à
base de cétrimide additionnée d'acide nalidixique notamment pour la recherche de bacille
pyocyanique dans les produits contaminés ou les eaux.
.2-Identification
Caractères morphologiques, culturaux et biochimiques. L'identification antigénique est surtout
importante dans le traçage épidémiologique des souches. Actuellement, il existe ddes systèmes
d'identification simplifiés des Pseudomonas: galérie API 2OE, API 2O NE, API 32 E,…
(BioMérieux), galérie Pseudomonas (Sanofi Diagnostics Pasteur). Pseudomonas aeruginosa
est sensible à la Colimycine.
3 -Antibiogramme
-Résistante aux: aminopénicilline (Amoxicilline  Acide clavulanique), ampicilline,
céphalosporines de 1ère et 2ème génération, streptomycine, kanamycine, chloramphénicol,
sulfamides, acide nalidixique, tétracyclines, triméthoprime.
•résistance naturelle: aux aminopénicilline, aux céphalosporines de 1ère et de 2ème
génération.
•résistance acquise: ticarcilline (50%), ceftazidime (25%) par des -lactamases;
Imipénème (20%) par imperméabilité des porines; amikacine (25%) par inactivation
enzymatique; ciprofloxacine (40%) par imperméabilité.
-Peut être sensible à la carbénicilline, ticarcilline, gentamycine, tobramycine. Toujours tester
ces antibiotiques.
-Sensible à l'azlocilline, pipéracilline, imipénème, azthroénam, céphalosporines de 3ème
génération (céfopérazone, cefsoludine, ceftazidime), colistine, amikacine, nouvelles
fluoroquinolones.

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87

VI-TRAITEMENT
1-Préventif
-Hygiène collective et individuelle
-Bon choix des antiseptiques
-Immunoprévention: immunoglobulinothérapie et vaccination par des vaccin sous-unitaire
acellulaires, ou des vaccins bactériens inactivés surtout chez les grands brûlés
2-Curatif
Antibiothérapie. En raison des résistances à de nombreux antibiotiques, les associations de -
lactamines et d'aminosides sont souvent indiquées.

TREPONEMES

Objectifs
• -Définir les tréponèmes

• -Définir les structures antigéniques des tréponèmes pathogènes

• -Définir les modes de transmission de la syphilis

• -Expliquer les modalités de recueil des sérosités pour le diagnostic bactériologique direct de la vérole.

• -Décrire les tests de sérologie syphilitique.

• -Citer les 2 tests sérologiques les plus couramment utilisés au Burkina Faso

• -Interpréter les résultats des tests de sérologie syphilitique VDRL (RPR)/TPHA

• -Citer 3 antibiotiques courants du traitement de la syphilis.

DEFINITION
• Bactéries spiralées, mobiles et à division transversales appartenant à la famille des Spirochaetaceae,

au genre Treponema et à de nombreuses espèces saprophytes des muqueuses ou pathogènes.

Deux espèces dont l’une comprend 3 sous-espèces sont pathogènes pour l’Homme :

-Treponema pallidum

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88

 T. pallidum sous-epèce pallidum (T. pallidum pallidum) agent de la vérole ou syphilis


vénérienne
 T. pallidum sous-espèce endemicum, agent de la syphilis endémique, non vénérienne
ou bejel
 T. pallidum sous-espèce pertenue, agent du pian
-Treponema carateum, agent du pinta ou caraté.

TREPONEMA PALLIDUM

I CARACTERES BACTERIOLOGIQUES

1.-Classification
-Ordre : Spirochaetales
-Famille : Spirochaetaceae
-Genre : Treponema
-Espèce : Treponema pallidum
-3 Sous-espèces : T. pallidum pallidum, T. pallidum endemicum et T. pallidum pertenue
2 -Morphologie et structure
• Au microscope à fond noir, T. pallidum a l’aspect d’une bactérie fine, de 8-14µm de
long et de 0,15-0,2µm de large, hélicoïdale avec 6 à 12 spires régulières et serrées et ses
extrémités sont effilées. La bactérie est faiblement réfringente et sa couleur pâle
contraste avec le fond noir au microscope à fond noir. T. pallidum est mobile

• 3-Structure Antigénique

Très complexe et comprend 4 groupes antigéniques.


-Le cardiolipide ou haptène lipidique de Wassermann
Commun à tous les tréponèmes et présente une parenté avec la cardiolipine retrouvée dans
des tissus animaux (cœur et foie surtout), chez les végétaux et chez d’autres bactéries
-Un antigène protéique spécifique de groupe
Porté par les endoflagelles et communs à tous les tréponèmes (pathogènes ou non).
-Un antigène lipoprotéique d’enveloppe de 47 kDa
Spécifique de T. pallidum ; Entraîne la formation d’anticorps détectables par immunofluorescence.
-Des Antigènes du corps tréponémique
Entraînent la formation d’anticorps très spécifiques de T. pallidum telles les immobilisines du test de
Nelson et Mayer
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89

II -EPIDEMIOLOGIE
1-Habitat
• T. pallidum est un parasite strict de l’Homme. Chez le sujet infecté, il est présent dans le chancre, le
LCR, etc.

2-Transmission
-Directe, lors des rapports sexuels (syphilis vénérienne ou vérole) à travers les lésions
primaires ou secondaires.
-Par transfusion sanguine : très réduite de nos jours grâce au dépistage sérologique de
la syphilis dans les banques de sang et la conservation des poches à +4°C; toutefois,
T. pallidum pourrait survivre dans les produits sanguins à +4°C pendant 5 jours
-Par voie transplacentaire, de la mère au fœtus, à partir du 4ème mois de la grossesse
(Syphilis congénitale).
-Dans la syphilis endémique, la transmission n’est pas vénérienne ; elle se fait par contacts
avec les lésions ulcérées siégeant au niveau de la peau. La bactérie pénètre par effraction au
niveau de la peau.
-T. pallidum est fragile et sa vitalité hors de l’organisme est extrêmement faible.
-Il est sensible à la dessiccation, à l’air, à la chaleur (4-5 jours à 25°C ; 2 jours à 35°C ;
30mn à 42°C), à l’eau, au savon et aux désinfectants

3-Répartition géographique
Cosmopolite. Les facteurs de risque d’infection sont ceux des IST: migration, explosion
démographique, tourisme exotique, dégradation des mœurs, homosexualité, guerres, pauvreté
En Afrique au Burkina Faso , des données concordantes font penser à une régression notable de la
syphilis vénérienne, probablement du fait du dépistage systématique et gratuit lors des consultations
prénatales.
La recrudescence de la syphilis est d’actualité avec la pandémie de l’infection à VIH, surtout dans
les communautés homosexuelles en Occident.

III-POUVOIR PATHOGENE
-Pouvoir pathogène naturel

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-Syphilis vénérienne ou vérole a une évolution cyclique qui comporte plusieurs phases : primaire, secondaire
et tertiaire (neurosyphilis)
-Syphilis congénitale
Septicémie chez le fœtus suite au passage transplacentaire de T. [Link] fœtale ou
syphilis semblable à celle de l’adulte.
-Syphilis endémique, non vénérienne et non congénitale

IV-DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE

A - DIAGNOSTIC DIRECT
1-Prélèvements
Proviennent des lésions primaires (chancres, ganglions) ou secondaires
(plaques muqueuses, syphilides cutanées).
-Chancres : Si ulcération propre et non traitée par une pommade ou par une lotion,
nettoyer la lésion avec une gaze sèche ou imprégnée d’eau physiologique stérile et
recueillir la sérosité qui sourd à l’aide d’un vaccinostyle ou d’une pipette effilée stérile.
-Ganglions satellites : ponction du suc ganglionnaire à la seringue.
-Autres prélèvements : sang, LCR, sperme, urines, biopsies

2-Examens microscopiques

A l’Etat frais au microscope à fond noir (ultramicroscope) ; Déposer une goutte de sérosité entre lame

et lamelle

et l’examiner immédiatement au microscope à fond noir. Bactéries fines, mobiles, hélicoïdales à

spires régulières réfringentes et très contrastées sur fond noir.

-Après coloration
-Coloration de Gram : les tréponèmes ne sont pas colorés.
-Coloration de Giemsa lent (24h–48h): les tréponèmes sont roses ou violet pales et les autres spirochètes
sont violet foncés.

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91

-Coloration de Vago : tréponèmes et autres spirochètes sont violet clairs.


-Coloration argentique de Fontana–Tribondeau : les spirochètes sont brun–noir. Met mieux en
évidence les tréponèmes, mais déforme les spires et rend difficile le diagnostic différentiel avec
les tréponèmes saprophytes.
3-Immunofluorescence directe (IFD) ou indirecte (IFI) :
Frottis de sérosité coloré par des Ac syphilitiques fluoro–marqués et examen au microscope à fluorescence.
Les tréponèmes sont verts, non déformés, mais immobiles. Très supérieure aux techniques de coloration.

B-DIAGNOSTIC INDIRECT
Deux classes de tests sérologiques en fonction de la nature des antigènes utilisés :
–les tests utilisant l’antigène cardiolipidique qui détecte des anticorps non spécifiques appelés réagines,
–les tests à antigènes tréponémiques de souche Nichols qui détectent les anticorps spécifiques des
tréponèmes pathogènes
1 les tests utilisant l’antigène cardiolipidique

 -Réactions d’agglutination sur lame/carte

Les Ag sont mis à réagir avec les anticorps (réagines) sur des plaques de verre ou sur des lames.
L’échantillon à tester est le sérum surtout ou le plasma non chauffé. Les agglutinats (Ag/Ac)
formés peuvent être mieux observés au microscope. Mais la fixation des cardiolipides sur des supports
comme les particules de charbon, de billes ou de latex facilite l’observation des agglutinats à l’œil nu.
-Les tests d’agglutination comprennent :
 VDRL (Venereal Diseases Research Laboratories) normal (agglutination sur lame),
VDRL charbon, VDRL latex.
 RPR Card test (Rapid Plasma Reagin) : la réaction est réalisée sur une carde plastifiée.
Pas d’agglutination visible dans les tests négatifs; mais faire attention aux résultats « faussement négatifs »
dus à un excès d’anticorps qui produit un phénomène de « prozône ».
Pour le test qualitatif réalisés sur sérum non dilué, les résultats sont exprimés en croix, de 0 à +, ++, +++
ou ++++.
 Avantages des tests d’agglutination : simples, rapides, peu coûteux.
 Inconvénients : non spécifiques car réactions faussement positives nombreuses et décrites dans
viroses, collagénoses, paludisme, grossesse, dysglobulinémies, borréliose de Lyme ; mais rares.

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92

-2 Tests à antigènes tréponémiques .


-Test d’immobilisation des tréponèmes ou Treponema pallidum Immobilization Test (TIT ou TPI) ou
encore test de Nelson et Mayer (1949) Suspension de tréponèmes pathogènes vivants + sérum
décomplémenté par chauffage à 56°C + Complément (sérum frais de cobaye). Incubation à 35°C
pendant 18 heures

 -Test d’Hémagglutination

-TPHA (Treponema pallidum Hemagglutination Assay) ou


MHA-TP (Microhemagglutination Assay for Antibody to Treponema pallidum).
Réaction d’hémagglutination passive réalisée sur microplaque et lue à l’œil nu en général ou à
l’aide d’un automate.
Les Ag (lysats de T. pallidum) sont adsorbés sur des globules rouges de mouton, d’humain ou d’oiseau)
tannés et formulés. En présence d’Ac anti-tréponèmes, les hématies sont agglutinées et sédimentent en
formant un voile.
En l’absence d’Ac, les hématies précipitent en culot.
Test plus sensible, mais moins spécifique que le TIT.

 -Réactions d’immunofluorescence indirecte

-FTA-Abs, 1964 (Fluorescent Treponemal Antibody Absorbed)


L’Ag constitué par une suspension calibre de T. pallidum souche Nichols ets fixé sur une lame par
l’acétone. Le sérum du patient à tester est dilué au 1/5 dans du sorbent semblable à celui utilisé dans
le TPHA. Lorsqu’ils sont présents dans le sérum du patient, les Ac anti-tréponèmes se fixent sur
les tréponèmes et le complexe formé est révélé à l’aide d’une anti-IgG humaine fluoro–marquée.
La lecture se fait au microscope à fluorescence et un procédé avec double coloration permet d’éviter
l’obligation d’utiliser d’un condenseur à fond noir.
Les résultats du test qualitatif sont exprimés en croix : 0 à ++++. Si ce test est positif, le titre du sérum
peut être déterminé sur une série de dilutions à partir de 1/200.

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93

 -TP-PA

Basé sur l’agglutination de particules de gélatine sensibilisées par des antigènes de la souche
Nichols. Performances comparables au TPHA.

 -Tests is rapides immunochromatographiques

Sensibilité comparable à celle du TPHA. Exemples : Determine™ Syphilis (Abbott Diagnostics), …

 -Délais d’apparition des anticorps dans une syphilis non traitée

 Réagines (VDRL, RPR) : 45 jours après le contage, soit 8 jours après le chancre.
 Ac anti-tréponèmes par TPHA : 45 jours après le contage, soit 10–12 jours après le chancre.
 Ac anti-tréponèmes par FTA–Abs : 1 mois après le contage, soit 2–3 jours après le chancre.
 Ac anti-tréponèmes par TIT : 2 mois après le contage, soit 15 jours après le chancre.

 -Délais de disparition des anticorps

 Spontanément, après 6–12 mois d’évolution : les taux d’Ac diminuent progressivement pour se
maintenir à des taux bas. La réagine peut disparaître totalement.
 Après traitement, il y ‘a baisse du taux des Ac, voire disparition totale dans l’ordre inverse de leur
apparition.
En cas de traitement précoce, la sérologie peut rester négative.
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94

 Si la syphilis a évolué pendant moins de 6 mois avant le traitement, tous les tests peuvent se négativer
plus ou moins tardivement.
 Si la syphilis a évolué pendant plus de 6 mois avant le traitement, les réactions cardiolipidiques
peuvent se négativer, mais les réactions tréponémiques restent positives à vie.

RPR TPHA INTERPRETATION

– – -Pas de syphilis
-Syphilis guérie
-Contamination récente (syphilis primaire)
-Syphilis active décapitée en incubation
-Syphilis chez immunodéprimé ou chez PvVIH

– + -Syphilis latente
-Syphilis débutante
-Syphilis traitée
-Réaction prozône (excès d’Ac chez 1-2% des patients atteints de syphilis seconda
ire)
-Autres tréponématoses
-TPHA faussement positif

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RPR TPHA INTERPRETATION

+ – -Sujet non infecté: faux positif


Syphilis chez patients immunodéprimés, âgés ou PvVIH

+ + -Syphilis non traitée


-Phase initiale du chancre (syphilis primaire)
-Syphilis décapitée en évolution
-Syphilis traitée tardivement
-Autres tréponématoses

Interprétation des résultats de la siphylis


.Cas particuliers
-Sérologie du nouveau-né
 Le tréponème et les IgG maternelles peuvent franchir la barrière placentaire.
 Les IgM ne franchissent pas le placenta : celles qui sont retrouvées chez le nouveau-né sont la preuve
d’une infection.
 Les IgG retrouvées chez un nouveau-né peuvent venir de la mère infectée ou du nouveau- né
lui-même : si l’enfant n’est pas contaminé, les Ac qui lui sont transmis passivement disparaissent au
bout de 4 – 6 mois.

-Syphilis et grossesse
 Dépistage de la syphilis obligatoire avant la fin du 3ème mois de la grossesse (RPR test et TPHA).

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Un deuxième dépistage sérologique est recommandé pour les femmes à haut risque.
 Les tests cardiolipidiques peuvent être faussement positifs pendant la grossesse : ils n’ont
aucun risque pour le fœtus.
 L’augmentation du titre des réagines peut être non spécifique et être confondue avec une réinfection.
 Lors d’une affection materno-fœtale aiguë, la sérologie syphilitique se négative très souvent
lors de l’accouchement, mais elle se positive quelques semaines plus tard : d’où l’importance de
surveiller la mère et l’enfant.

-Neurosyphilis et sérologie
 Le diagnostic de neuro-syphilis est basé sur la clinique et la recherche des anticorps dans le sérum et
dans LCR.
 LCR anormal :
 lymphocytose modérée à 10 – 400 cellules/µL (normale < 5)
 hyperprotéinorrachie de 0,46 à 2,00 g/L (normale : 0,15 – 0,45)
.
-Coinfection VIH / T. pallidum
 Sérologie syphilitique recommandée chez tous les patients VIH+
 La recherche de réagine peut être soit négative, soit fortement positive en cas de stimulation polyclonale.
 Le TPHA peut devenir progressivement négatif, parallèlement à la progression de
l’infection à VIH vers le SIDA
-Syphilis décapitée
 Le traitement précoce de la syphilis entraîne une diminution rapide des anticorps et les réagines
influencées les premières.
 Si la syphilis évolue depuis plus de 6 mois, les tests tréponémiques peuvent être difficiles à négativer.
 La persistance d’une cicatrice sérologique ne protège pas contre une nouvelle contamination qui
entraîne une élévation des titres des anticorps.

VI-ELEMENTS DE PREVENTION ET DE TRAITEMENT

1-Prévention

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-Il n’existe pas de vaccin. La prévention repose sur


le dépistage/diagnostic sérologique précoce et le traitement de l’infection et de leur partenaires
sexuels, notamment les femmes enceintes et leur époux. éducation et information du public, surtout
les sujets exposés aux risques d’infection. L’amélioration de l’accès aux soins.

2-Traitement curatif
-Pénicilline G toujours active sur le tréponème pâle : la benzathine–pénicilline G ou la procaïne
pénicilline G. Posologies variables selon les formes de syphilis.
-Chez les malades allergiques à la pénicilline G, utiliser les tétracyclines ou l’érythromycine

VII-AUTRES TREPONEMES NON VENERIENS


1-Treponema pallidum sous-espèce pertenue
Responsable du pian, maladie rencontrées dans les populations rurales de pays tropicaux.
La transmission est directe surtout, par les mains, et favorisée une mauvaise hygiène ; elle n’est
ni vénérienne, ni congénitale. Les lésions primaires ou pians sont cutanées tuméfiantes,
végétantes et ulcéreuses. Les lésions tardives sont généralement limitées à la peau et aux muqueuses ;
les complications viscérales sont rares, mais elles peuvent atteindre les os.

2-Treponema carateum
Agent de la pinta ou caraté ou mal de Pinto observé en Amérique centrale et du Sud.
Tréponématose non vénérienne, mais transmise directement. Se caractérise par des lésions cutanées
érythémato – squameuses qui atteignent les mains, les pieds et le cuir chevelu.
Lésions viscérales sont exceptionnelles.
Les examens microscopiques directs et les analyses sérologiques ne permettent pas de distinguer
les espèces pathogènes de Treponema.

CONCLUSION
La syphilis est une maladie vénérienne très ancienne qui est en recrudescence actuellement,
du fait de la pandémie du SIDA. Les tests utilisés pour son dépistage et son diagnostic sont simples,
mais peuvent être d’interprétation délicates selon les stades d’évolution de l’infection.
Les autres tréponématoses sont essentiellement cutanées et elles n’ont pas de complications
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98

viscérales habituellement.

CLOSTRIDIUM.

1-GÉNÉRALITÉS

1.1-Définition
-Bacilles à Gram positif sporulés (spore terminale ou subterminale), anaérobies strictes de la
famille des Clostridiaceae et du genre Clostridium.
-Vivent dans le sol et sur les végétaux et sont des commensaux du tube digestif de l’homme et
des animaux.
-Sont pathogènes par production de toxines très puissantes pouvant être transformées en
anatoxines qui sont des vaccins efficaces.
-Leurs spores sont thermorésistantes et ne sont détruites que par autoclavage à 120°C pendant
10mn.

1.2-Classification
-Famille : Clostridiaceae
-Genre : Clostridium
-Espèces : C. botulinum, C. perfringens, C. difficile, C. tetani sont les 4 principales
espèces pathogènes du genre. Il existe plusieurs autres espèces dont certaines
ont des positions taxonomiques encore imprécises.
Les espèces d’intérêt médical sont réparties en 2 groupes phylogénétiques actuellement
(Tableau 1).

Tableau 1 : Classification phylogénétique actuelle.

Groupe I Groupe II
-C. botulinum -C. histolyticum

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99

-C. perfringens -C. limosum


-C. tetani -C. proteolyticum
-C. beijerinckii
-C. butyricum
-C. Paraputrificum
-C. putrificum
-C. baratii
-C. fallax
-C. cadaveris
-C. sardiniense
-C. novyi
-C. sporogenes
-C. tetanomorphum

-C. difficile se distingue phylogénétiquement des espèces ci-dessus.

Cependant, il existe une autre classification en 4 groupes des Clostridium pathogènes (Tableau
2), plus pratique, plus commode et qui repose sur des caractères biochimiques (hydrolyse des
protéines et fermentation des glucides).

Tableau 2 :

Groupe Protéolyse Glucidolyse Espèces de Clostridium


A + + C. botulinum (A, B, F); C.
sporogenes
B + – C. histolyticum
C Faible ou – + C. perfringens; C. botulinum (C,
D, E)
D – – C. tetani

1.3-Habitat
-Sol (telluriques) pour la plupart, intestins et selles de l’homme et de divers animaux.
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100

-Présence dans l’eau ou dans les aliments = contamination fécale en général.

1.4-Caractères bactériologiques
1.4.1-Caractères morphologiques (Figure 1)
-Bacilles à Gram positif, mobiles par une ciliature péritriche ou immobiles.
-Endospores ovales ou sphériques pouvant déformer la bactérie.
1.4.2-Caractères métaboliques (Tableau 3)
-Anaérobies strictes; mais la tolérance à l’oxygène varie selon les espèces.
-Catalase négative en général.
-Produisent généralement des acides organiques et des alcools à partir des hudrates de carbone
et des peptones.

1.5-Pouvoir pathogène
Du aux toxines et/ou aux enzymes.
-Tétanos  C. tetani.
-Botulisme  C. botulinum.
-Intoxication alimentaire  C. perfringens.
-Entérite nécrosante  C. perfringens.
-Colite pseudo-membraneuse  C. difficile.
-Gangrène gazeuse  C. perfringens, C. septicum, C. novyi, C. sordellii,…

2-CLOSTRIDIUM BOTULINUM

2.1-Caractères bactériologiques

2.1.1-Classification
Espèces productrices de neurotoxine responsables du botulisme (du latin botulus = saucisse;
les 1ers cas de la maladie ont été acquis par ingestion de saucisse contaminées). On distingue 4
groupes de C. botulinum, dont les caractéristiques figurent dans le tableau 3.
-Groupe I : Souches protéolytiques; Types toxiniques A, B, F.
-Groupe II : Souches non protéolytiques de types B et F; Toxine de type E.
-Groupe III : Souches aviaires le plus en général; Toxines de types C et D.
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101

-Groupe IV : Souche type de ce groupe est plutôt C. argentinense; Toxine de type G.

2.1.2-Forme végétative
-Morphologie : Bacille à Gram positif faible, aux bouts arrondis, mobile, mais non capsulé.
Sporulé dans les vieilles cultures.
-Caractères culturaux
-Anaérobie stricte, cultivant entre 30°C et 37°C; mais la plupart croît à 45°C, sauf le type E qui
cultive à 3°C – 4°C.
-Aspect des colonies :
•en gélose profonde VF ou VL + sang ou de jaune d’œuf : lenticulaire, lisse, mais parfois
épineux en oursins.
•en gélose profonde au sang : petite zone d’hémolyse parfois.
-Caracatères biochimiques (voir Tableau 3)
-Vitalité : Réduite. Bacille détruit à 60°C pendant 30mn ou à 80°C pendant 2mn; mais
sporulation possible dans ces conditions.

2.1.3-Spore
-Ovoïde, déformante, subterminale.
-Thermorésistante élevée, mais variable selon les sérotypes.
-Résistante aux antiseptiques (24h pour être détruite avec le formol à 20%), aux UV,
hypochlorite, alcool, ammoniums quaternaires.
-Germination inhibée par NaCl (10-15%), certains acides gras, antibiotiques produits par
certaines bactéries.

2.1.4-Toxine
-Production
-Support génétique : chromosomique, plasmidique ou phagique.
-Produite en phase exponentielle de croissance : endocellulaire et libérée dans le milieu
extérieur après lyse du bacille. Sécrétée sous forme de protoxine (inactive) qui est activée
ensuite par des enzymes protéolytiques de la bactéries.
-Température et délai de production : 30°C à 37°C en 6jrs. Pas à la température ambiante, ni
en dessous de 20°C.
-Il existe 7 types de neurotoxines botuliques ou toxinotypes : A à G.

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102

-Propriétés physico-chimiques
-Toxine de type A-B
-Thermolabile : détruite à 80°C en 15mn, à 100°C en 10mn; mais les toxines Cet D sont plus
résistantes.
-Sensible aux oxydants (eau de Javel) et à la lumière.
-Stable à pH3, mais résiste à l’acidité gastrique chez l’homme.
-Transformable en anatoxine par le formol et la chaleur.
-Toxicité
-La plus active des substances biologiques connues.
-Toxicité dépend de la voie d’administration (orale <<< conjonctive) et de l’hôte.
-Utilisation
-Thérapeutique dans les troubles neuromusculaires : dystonies focales, cervicales, dystonies
ophtalmologiques,..
-Anatoxine = propriétés vaccinales.
-Sérotypage des souches : 7 sérotypes (A à G)  marqueurs épidémiologiques.

2.1.5-Autres antigènes
-Facteurs hémolytiques, hémagglutinants.
-Ag somatiques thermostables et Ag flagellaire thermolabiles.

2.2-Transmission/Contamination
Par ingestion de quantité suffisante de toxine produite par une forme végétative issue de spore
ayant survécu dans un aliment (viande). L’aliment est dangereux lorsqu’il est mangé cru ou
insuffisamment réchauffé.

2.3-Physiopathologie
-2 formes de botulisme : intoxication et toxi-infection  2 voies ou formes de contamination
(directement par la toxine et indirectement par ingestion des bactéries qui vont ensuite produire
la toxine).
-Passage de la barrière gastrique par la toxine : résistance à l’acidité gastrique et aux sucs
digestifs.
-Passage dans la lymphe, puis dans le sang.

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103

-Fixation sur tissu nerveux : intoxication traduite par paralysie flasque générale de l’activité
neuromusculaire et du système nerveux autonome. La toxine agit sur le système nerveux
périphérique.

La toxine inhibe la libération de l’acétylcholine (neurotransmetteur) au niveau des jonctions


neuromusculaires : inhibe la transmission de l’influx nerveux. Elle agit en 3 étapes : (i)-fixation
sur des récepteurs de la membrane présynaptique, (ii)-internalisation par endocytose) ou
translocation de la toxine et (iii)-inhibition de la libération d’acétylcholine.

2.4-Pouvoir pathogène naturel pour l'Homme


-Intoxication alimentaire liée à l’ingestion de toxine préformée.
-Toxi-infection

2.5-Diagnostic biologique du botulisme


2.5.1-Recherche de la toxine chez le malade
-Réalisée avant administration éventuelle de sérum antibotulique ou de médicaments
neurotropes.
-Nécessite environ 10mL de sérum : prélever environ 20mL de sang chez le malade.
-Recherche de la toxine par inoculation intra-péritonéale du sérum à des souris protégées et non
protégées.
-Toxinémie apparaît vers le 2ème jr de la maladie et persiste 2 à 3 semaines.
Mais dans des cas exceptionnels, recherche possible dans les selles, les vomissements, les
aspirations gastriques, …

2.5.2-Recherche de la toxine dans un aliment suspect


En parallèle avec la recherche dans les prélèvements de patients. Consiste en la recherche du
pouvoir pathogène sur l’animal et l’épreuve de l’animal protégé (Figure 2).

2.5.3-Isolement de la bactérie
-Inoculum = échantillon traité par la chaleur à 75°C pendant 30mn ou à 100°C pendant 10mn
pour sélectionner les spores.
-Ensemencer un gélose molle VF glucosée et l’incuber à 33°C pendant 7 à 8 jrs.
-Identifier les colonies suspectes.

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104

2.5.4-Autres méthodes (en développement)


-ELISA
-ELISA-ECLA (Enzyme Linked Coagulation Assay).
-Détection des acides nucléiques par des techniques de biologie moléculaire. Etc.

2.6-Traitement
-Préventif
-Traitement prophylactique des aliments lors de la préparation et lors de la conservation.
-Éviter de consommer les aliments avariés (boîtes de conserves bombées,…)
-Curatif
-Symptomatique et dans un Service de réanimation.
-Traitements spécifiques : efficacités discutées (sérothérapie) ou abandonnées
(anatoxinothérapie). Le chlorhydrate de guanidine réduit les manifestations neurologiques du
botulisme.

3-CLOSTRIDIUM DIFFICILE
3.1-Caractères bactériologiques
Bacille à Gram positif, à spores ovales subterminales, déformantes et mobile. Certaines sont
capsulées.
-En culture, C. difficile produit 1 trouble homogène avec dépôt abondant en bouillon et des
colonies circulaires, plates ou légèrement bombées, opaques, grisâtres ou blanchâtres, non
hémolytiques..
-Produit 2 types de toxines : la toxine A ou entérotoxine et la toxine B ou cytotoxine dont les
gènes toxA et toxB sont chromosomiques.
-Il existe 10 sérogroupes de C. difficile (A, B, C, D, F, G, H, I, K et X) dont 5 sont pathologiques
(A, C, G, H et K).

3.2-Pouvoir pathogène
Infections hospitalière en général
-Pathologies intestinales associées à une antibiothérapie: diarrhées, colite, colite
pseudomembraneuse (CPM) qui se complique rarement.

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105

3.3-Diagnostic au laboratoire
-Prélèvement : selles fraîchement émises ou conservées à –20°C.
-Isolement et identification
-Isolement sur milieu CCFA à 37°C pendant 24h-46h en anaérobiose.
-Identification biochimique pouvant être complétée par l’étude en chromatographie en
phase gazeuse des produits de fermentation du glucose.
-Recherche de toxines
-Test de cytotoxicité en culture cellulaire (référence) de lignée McCoy, Vero, MRC-
5,…)
en utilisant des filtrats de selles.
-Autres méthodes
•Rapides immunoenzymatiques : détection de toxine A (ImmunoCard Toxine
A/Meridian-BMD; ToxA test/Bio Wittaker); détection des 2 toxines (test Cytoclone
A+B/Biotech).
•Tests immunofluorimétriques automatisé (Vidas C. difficile toxine A/bioMérieux).
•Tests moléculaires : amplification des gènes de toxines A (MIPA : Magnetic immuno
PCR Assay) ou Hybridation directe des gènes de toxines à partir des filtrats de selles
-Méthodes d’études épidémiologiques
-Analyse des profils électrophorétiques des protéines bactériennes.
-Sérotypie, Lysotypie, Profils de restriction de l’ADN.
-Sérogroupage par agglutination sur lame de souches formolées + antisérums produits
chez des lapins : 10 sérogroupes.
-Génotypage par analyse de plasmide, de profil de restriction de l’ADN total , de
fragments de restriction par électrophorèse en champ pulsé (PFGE) ou par ribotypage.

3.4-Traitement
-Des diarrhées ou des colites non sévères: interrompre l’antibiothérapie et cooriger les troubles
hydro-électriques.
-Des diarrhées et colites sévères : administration orale de vancomycine ou de métronidazole
bactéricide contre C. difficile.
Rechutes possibles. Des traitements relais à base de résines chélatant les 2 toxines
(cholestyramine) ont été proposés.

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106

4-CLOSTRIDIUM PERFRINGENS
4.1-Caractères bactériologiques
4.1.1-Morphologiques, culturaux et biochimiques
-Bacilles à Gram positif, trapus à bords parallèles et à bouts carrés, immobiles, isolés ou en
courtes chaînettes. Filamenteux dans les vieilles cultures ou en sphéroplastes. Capsulés dans les
produits pathologiques.
-Sporule seulement sur milieux spéciaux ; milieu de Ellner, milieu SEC, milieu de Duncan et
Strong. Il existe 2 types de spores selon leur thermorésistance : les souches thermosensibles
sont impliqués dans les myonécroses et les souches thermorésistantes sont impliquées dans les
intoxications alimentaires.
-Cultive à 37°C.
-En gélose profonde VF : colonies lenticulaires, et gaz+++.
-En gélose coulée en boîte de Pétri : colonies convexes, circulaires en 24h, blanchâtres avec
bord rhizoïde parfois. Double zone d’hémolyse pour souches toxinogènes, mais diamètre
variable selon les souches.
-Protéolyse faible; fermentation de glucides avec production de gaz (glucose, lactose,
saccharose, maltose); phospholipase C+; Lipase– sur gélose à l’œuf.
-Les souches de C. perfringens sont classées en 5 types toxiniques désignées de A à E. et les
souches responsables d’intoxication alimentaires en 60 sérotypes.

4.1.2-Toxines et autres substances produites


[Link]-Toxines létales nécrosantes et entérotoxine

Tableau 3 :

Toxines Types de C. perfringens Propriétés


produites
A B C D E
Alpha + + + + + Hémolytique; trouble la coagulation en
détruisant les plaquettes; inactive l’ATPase
musculaire; myonécrosante

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107

Bêta - + + - - Non hémolytique; responsable d’entérite


nécrosante du « pig-bel » et du « Darmbrand »
chez l’homme et certains animaux (porcelet,
agneau, veau).
Epsilon - + - + - Non hémolytique; responsable de nécroses
sous-endocardiques et du parenchyme rénal.
Iota - - - - + Non hémolytique; augmente la perméabilité
vasculaire; chez animaux; toxine de type A-B
(Ia, Ib)
Entérotoxine + ND + + + Responsable de toxinfection alimentaire (TIA);
codée par le gène cpe chromosomique ou
plasmidique; action rapide (15-30mn);
cytotoxique; perméabilise la membrane en
créant des pores et provoque une fuite d’eau et
d’ions.

[Link]-Enzymes (Tableau 4)
Tableau 4: Facteurs de virulence enzymatiques produits par C. perfringens

« Toxines » Activité toxique Commentaires


Gamma Létale Rôle modéré dans la maladie
Delta Hémolytique in vitro; létale Produite par souches B et C
Eta Létale Rôle modéré dans la maladie (type A)
Thêta Hémolytique; létale; Produite par tous les types
nécrosante
Kappa Collagénase Produite par tous les types; joue un rôle dans la
myonécrose
Lambda Protéase Produite par majorité des souches B, E et D.
Mu Hyaluronidase Rôle modéré dans la maladie Produite par tous
les types
Nu Désoxyribonucléase Produite par toutes les souches

4.2-Contamination de l’homme

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108

-A partir d’une source endogène (intestin, vagin,…) suite à une effraction ou lors d’une
intervention chirurgicale.
-A partir d’une source exogène à la faveur d’une plaie, d’ingestion de 10 8 à 109 bactéries dans
des aliments souillés (toxi-infection alimentaire).

4.3-Pouvoir pathogène naturel chez l’homme


-Infections tissulaires : infections localisées à la peau et aux tissus mous sous-cutanés;
cellulites et faciites diffuses; gangrènes gazeuses (post-traumatiques ou post-chirurgicales, non
traumatique, et plus rarement après avortement septique).
-Affections digestives : toxi-infection alimentaire ou TIA isolée ou collectives (TIAC);
entérites nécrosantes; diarrhées post-antibiotiques.
-Bactériémies et septicémies :
4.4-Diagnostic au laboratoire
4.4.1-Diagnostic bactériologique direct
-Prélèvements
-Sang (hémoculture), pus, liquides internes, liquide péritonéal, appendice, pièces
anatomiques,…
-Selles + aliments dans les intoxications alimentaires (dénombrement avec un nombre >106
bactéries/gr d’aliment ou de selles et recherche d’un même sérotype dans les selles et dans les
aliments).

-Examen microscopique direct


Indispensable pour les pus et liquides internes. Permet d’anticiper l’antibiothérapie qui une
URGENCE ne devant pas attendre les résultats de la culture et de l’antibiogramme.

-Culture
-Milieux liquides : bouillon au thioglycolate, Bouillon VF, TGY ou PGY, milieu de Rosenow.
-Milieux solides : gélose au sang ±néomycine (0,1%), incubés en anaérobiose.
-Production de gaz en milieu solide et zone de double hémolyse caractéristique.

-Identification
-Diagnostic présomptif d’espèce: Clostridium immobile oriente vers C. perfringens.
-Diagnostic définitif : recherche de fermentation du lactose, du saccharose, recherche de
lécithinase et de l’inhibition de l’activité lécithinase.

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109

4.4.2-Recherche directe de l'entérotoxine


-Dans les selles et/ou dans les aliments. Colonies sulfito-réductrices isolées des aliments.
-Méthodes
•Cytotoxicité neutralisée par un sérum anti-perfringens sur cellules Vero.
•Electrosynérèse avec un sérum anti-perfringens.
•Test au latex (Reverse Passive Latex Agglutination) : PET-RPLA/Oxoid-Unipath.
•ELISA : C. perfringens Enterotoxin Test/TechnLab, Blacksburg.

4.4.3-Diagnostic moléculaire
-Amplification génique par PCR pour la toxinotypie.
-Profils d’ADN plasmidique ou d’ADN chromosomique par électrophorèse en champ pulsé
(marqueurs épidémiologiques).

4.4.4-Recherche de spores thermorésistantes dans les aliments


-Chauffage à 95°C en 5mn, addition de lysozyme et culture sur milieu de sporulation.
-Dénombrement sur gélose Sulfite-sel fer (milieu TSC recommandé), à 45°C.
-Taux normal : aliment à base de viande ≤10bactéries/gr; lait = 0.

4.5-Traitement
4.5.1-Prophylaxie
-«Désinfection» soigneuse des plaies avec des antiseptiques puissants et appropriés.
-Ablation de tout corps étranger et parage soigneux des plaies.
-Antibioprophylaxie (métronidazole + β-lactamine) en chirurgie viscérale. Antibiothérapie
prolongée en cas de chirurgie sale, ruptures de viscères, plaies traumatiques, amputations ou
fractures ouvertes vues tardivement.
-Sérothérapie abandonnée.

4.5.2-Traitement curatif
-Des infections tissulaires et systémiques
-PéniG + Ampicilline associées àu métronidazole; Imipénème, Pipéracilline-tazobactam. La
résistance aux b-lactamines est exceptionnelle.

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110

-Il existe des résistances à la tétracycline, au chloramphénicol, aux macrolides.


-Thérapeutique complémentaire par oxygénation hyperbare (15-30%) en caisson dans les
centres spécialisés.
-Chirurgie dans les gangrènes gazeuses.

-Infections digestives : traitement symptomatique en général chez le patient, mais hygiène très
marquée dans la chaîne alimentaire.

5-CLOSTRIDIUM TETANI
Anciennement appelé « Bacille de Nicolaïer »

5.1-Historique
-Le tétanos avait déjà été décrit par Hippocrate, puis par Larrey lors des campagnes
napoléoniennes.
-Nicolaïer en 1884, reproduit le tétanos chez des animaux en leur inoculant de la terre et évoque
la toxine.
-Kitasato en 1889, isole la bactérie en anaérobiose; Knud-Faber démontre l’existence de la
toxine en 1890.
-Gaston Ramon en 1923, découvre l’anatoxine.

5.2-Caractères bactériologiques
5.2.1-Morphologiques, culturaux et biochimiques
-Bacille à Gram positif qui perd facilement cette propriété, assez long (surtout en culture) et fin,
avec 1 spore terminale ovalaire qui lui donne un aspect en « tête d’épingle ». Mobile.
-Peu exigeante et cultive en 48h sur tous les milieux usuels pour anaérobies : gélose au sang,
bouillons VF, TGY et PGY en produisant une odeur de corne brûlée.
-Colonies rhizoïde et translucide, entourée d’un halo lorsque les milieux solides contiennent du
sérum antitétanique. Tendance à l’essaimage et à l’envahissement de la boîte : utiliser donc des
boîtes de géloses bien sèches.
-Caractères biochimiques (voir Tableau 3).

5.2.2-Toxines
C. tetani produit 2 exotoxines : la tétanospasmine responsable des symptômes de la maladie et
la tétanolysine.

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111

-Tétanospasmine
-Toxine de type A-B
-Toxicité très puissante (1mg de toxine correspond à 107 la DL50 de la souris.
-Anticorps anti-toxines neutralisent tous les effets biologiques de la toxine; ils passent la
barrière hémoméningée.
-Anatoxine obtenue par action du formol (0,5%) à 40°C durant 1 semaine; très immunogène
chez l’homme, le cheval et les animaux de laboratoire

-Tétanolysine
Hémolysine sensible à l’oxygène. Agit comme la streptolysine en altérant les GR, les
leucocytes, plaquettes, macrophages et fibroblastes.

5.3-Transmission
-A la faveur d’une acte non accompagné d’asepsie suffisante : acte chirurgical, médical
(injections IM, IV chez toxicomanes) ou obstétrical (tétanos ombilical du nouveau-né.
-A la faveur de lésions diverses pouvant être importantes (plaies souillées de terre, avec corps
étrangers, délabrements) minimes (piqûres, excoriations, morsures, échardes,..) ou chroniques
(ulcères, escarres, brûlures,…)

5.4-Physipathologie
-Introduction de spores de C. tetani dans l’organisme à la faveur d’une effraction cutanée.
-Germination des spores dans des conditions favorables d’anaérobiose et production de 2
toxines tétanique in situ : la tétanospasmine ou neurotoxine responsable des symptômes de la
maladie et la tétanolysine.
-La neurotoxine se fixe sur les récepteurs membranaires des neurones et est internalisée dans
une vacuole d’endocytose puis transportée par voie axonale rétrograde, en direction des corps
cellulaires et de la moelle épinière. En direction des interneurones régulateurs, elle migre par
voie transsynaptique. Après fuions des des vésicules d’endocytose avec le les lysozymes le
fragment toxique libéré dans le cytosol va bloquer l’exocytose des neuromédiateurs. Il en
résulte une activité incontrôlée et exacerbée des réflexes polysynaptiques et une contracture
permanente des muscles striés.

5.5-Pouvoir pathogène

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112

-Chez l’animal : l’injection IV de toxine provoque chez le cheval, la souris et le cobaye le


tétanos généralisé aussi appelé tétanos descendant; mais par voie IM, il se produit un tétanos
ascendant.
-Chez l’homme : la forme habituelle est le tétanos aigu généralisé. Mais il existe des formes
cliniques particulières : tétanos céphalique, tétanos localisé des membranes, tétanos post-
abortum, tétanos ombilical du nouveau-né dans les pays en développement, tétanos succédant
à une injection IM dont le pronostic est sombre. La maladie n’est pas immunisante.

5.6-Diagnostic au laboratoire
5.6.1-Direct
-Prélèvements : sérosités, biopsies, …
-Culture des spores en milieux solides et inoculation d’un filtrat de culture ou d’une partie du
prélèvement à des souris pour reproduire expérimentalement la maladie. La souris meurt dans
une position caractéristique et la mort est évitée par injection simultanée de sérum anti-
tétanique.

5.6.2-Indirect
-Essentiellement pour doser le titres des anticorps antitétaniques dans des contextes
d’évaluations vaccinales ou épidémiologiques. Mais sans intérêt chez le malade car anticorps
transitoires et de titres faibles.
-Méthodes : électrosynérèse, agglutination de particules de latex, hémagglutination, ELISA,
RIA,..

5.7-Eléments de prophylaxie et de thérapeutique


5.71-Préventif
-Vaccination antitétanique
-Sérothérapie

5.7.2-Curatif
-Traitement spécifique : traitement de la porte d’entrée (parage), antibiothérapie systématique
par voie générale à base de Péni G (4million d’Unités/jr  5-7jrs), sérothérapie curative par voie
générale et vaccination car maladie non immunisante..

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113

-Traitement symptomatique : isolement sensoriel, sédatifs (barbituriques) et médicaments


myorelaxants (benzodiazépines); réanimation respiratoire; réanimation hydro-électrique et
nutritionnelle; traitement anticoagulant.
-Pronostic : mortalité élevée dans les pays pauvres.
6-CONCLUSION
Bactéries responsables d’infections diverses curables par traitements appropriés; mais dans
certaines circonstances, le pronostic peut être sombre. Il existe aussi des vaccins contre certains
agents.

MYCOBACTERIES

Objectifs pédagogiques
1 -Citer les bactéries du complexe tuberculosis
2 -Décrire le pouvoir pathogène de Mycobacterium tuberculosis
3 -prévention de Mycobacterium tuberculosis
4-Définir le DOTS et son intérêt
5 –Décrire l’épidémiologie des mycobactéries atypiques
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114

6-Mode de transmission de Mycobacterium leprae

-GÉNÉRALITÉS
Les mycobactéries sont les agents responsables de la tuberculose. L’avènement des antituberculeux a
fait-régresser la tuberculose dans la plupart des pays du monde. Toutefois il existe une différence nette
entre pays industrialisés et ceux en développement
. Cependant depuis l’apparition du SIDA, la tuberculose est redevenue préoccupante
. Dans les pays en développement, elle reste un grave problème de santé publique, avec plus
de 3 millions de décès par an.
Le genre Mycobacterium regroupe des espèces aérobies, à paroi riche en lipides, immobiles,
acido-alcoolo-résistantes à croissance généralement lente.

CLASSIFICATION
• famille des mycobactericeae du genre mycobacterium avec de nombreuses especes subdivisees

• en 3 categories

1-complexe tuberculosis-----M tuberculosis


-----M bovis
------M africanum
2 Mycobacterium leprae
3 Mycobacterium non tuberculeuse=M atypiques mycobacteriose avium,intracellularis

MYCOBACTERIUM TUBERCULOSIS

I CARACTERES BACTERIOLOGIQUES
1.1 -Caractères morphologiques
principal agent de la tuberculose humaine, et de certains animaux domestiques comme le chien, le
chat,… la coloration de ZIEHL NEELSEN montre des Bacilles fins, longs, légèrement incurvés
aux extrémités arrondies. Immobiles, non capsulé, non sporulé.
M. tuberculosis est très exigent en culture et de croissance lente : son temps moyen de division
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115

est de 20 h.
1.2 - Caractères culturaux
-Aérobie stricte : l’absence d’oxygène arrête la croissance du [Link]érature
optimale de croissance :35-37°C. La culture est inhibée à plus de 30°C et à moins de 41°C.
à pH optimum : 6,7 (limites : 4,8 – 8) -Les milieux doivent contenir du sérum, de la glycérine,
de la pomme de terre glycérinée, de l’œuf ou de l’albumine bovine. M. tuberculosis ne cultive pas
sur milieux ordinaires.
Milieux solides à l’œuf
-Milieu de Lowenstein-Jensen, milieu Coletsos, milieu de Ogawa,... Ces milieux sont solidifiés à 85°C,
pendant 50 [Link] la richesse de l’inoculum en bacilles, la culture se positive au bout
de 10 jrs à 3 semaines, en milieu bien hydraté et aéré.
MIlieux liquides
Milieu de Sauton pour la production de BCG et de la Tuberculine.
-Milieu de Youmans (milieu de Sauton + 10% de sérum de bœuf) : M. tuberculosis cultive
d’abord en profondeur avec 1 dépôt granuleux, puis apparition d’un voile en surface. La culture est
positive en 5-7 jrs et elle atteint son maximum en 3 semaines. Ils sont utilisés pour les études de
sensibilité aux anti-tuberculeux.
-Milieu de Dubos (complexe) et le milieu 7H9 (dérivé du milieu de Dubos) : milieux de choix
pour les préparations de suspensions bactériennes destinées aux expériences.
3 -Caractères biochimiques
• -Niacine test (+), mais quelques souches (2-3%) sont Niacine-test (-).

• -Nitrate Réductase (+) (technique de Virtanen)

• -Catalase (+), mais les souches résistantes à l’INH ont une activité catalasique réduite

2 - EPIDEMIOLOGIE
• -M. tuberculosis est un parasite strict de l’Homme qui en est à la fois le réservoir et

le disséminateur. Certains animaux de compagnie peuvent être infectés.

• -La transmission se fait par voie aérienne surtout; les autres voies (digestives,…)

sont moins importantes.

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116

3 - POUVOIR PATHOGENE
• Tuberculose pulmonaire : très contagieuse

-Tuberculose extra pulmonaire, peu contagieuse pour l’entourage : ganglionnaire, ostéo-articulaire,


rénale, séreuse, méningée
4 - DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE

4.1 - Prélèvements
La nature des prélèvements varie selon les formes de tuberculose La nature des prélèvements
varie selon les formes de tuberculose
-Dans la tuberculose pulmonaire : crachats, tubage ou lavage gastrique, aspiration brochique,
urines du matin,…
-Dans les tuberculoses extra pulmonaires : LCR. Liquide d’épanchement et de ponction d’abcès,…
Les prélèvements souillés par une flore bactérienne commensale sont sont préalablement
homogénéisés et décontaminés par l’hydroxyde de sodium (0,16% pendant 3 heures),
par l’acide sulfurique (4% pendant 1h30), par le benzalkonium ou par le lauryl sulfate de sodium.
La centrifugation de la préparation permet de concentrer les mycobactéries dans le culot.
4.2 - Examen microscopique
Coloration des frottis par la méthode de Ziehl-Neelsen (méthode classique ou modifiée) ou
avec un fluorochrome (auramine). Les lames positives à l’examen par fluorescence doivent
être confirmées par la coloration de Ziehl-Neelsen.
-Sur Les lames colorées par le Ziehl-Neelsen , les BAAR apparaissent comme de petits bâtonnets
rouges sur fond bleu du frottis. Celles colorées à l’auramine sont observées au microscope à
fluorescence à sec, à l’objectif x 40, en chambre noire : les mycobactéries apparaissent comme
de petits bâtonnets lumineux, brillants, jaune-verts sur fond noir de la préparation

5 - Traitement Prophylactique et Curatif


5.1 Chimioprophylaxie par l’INH,…
-Vaccination BCG du sujet non encore infecté, en principe IDR (-).
-Éviter la contamination: "défense de cracher", pasteurisation du lait, abattage systématique
des bêtes malades, désinfection avec des antiseptiques actifs sur les mycobactéries (éthanol,
UV, chaleur), dépistage et traitement des malades.

5.2- Traitement Curatif


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117

-Polychimiotérapie (PCT) classique par des associations entre Isoniazide (INH, Rimifon®),
rifampicine (Rifadine®, Rimactan®), Pyrazynamide (Pirilène®), Éthambutol (Dexambutpl®,
Myambutol®), Streptomycine, . Les nouvelles fluoroquinolones (Sparfloxacine,
Ciprofloxacine,…)
-DOTS = traitement de brève durée sous surveillance directe, pour lutter contre les
multirésistances. Les DOTS ont permis d'atteindre des taux de guérison de 90% contre
seulement 50% par la PCT classique.

MYCOBACTERIUM BOVIS

1 - Caractères bactériologiques
-Bacilles plus courts et plus trapus que M. tuberculosis
-Culture sur le milieu de LJ: plus lente (> 1mois). Colonies blanches, lisses extrêmement dysgoniques:
d'abord plates, elles deviennent ensuite bombées, brillantes. Elles se dissocient bien dans l'eau.
-Caractères biochimiques: catalase (+) thermolabile devenant faible ou nulle en cas de résistance à
l'INH; Niacin-test (-- ); Nitrate Réductase (--); Uréase+

2 - Épidémiologie
Bacille des bovins. L'Homme s'infecte
-par voie respiratoire (rare) lors des contacts avec des animaux malades.
-par voie digestive (surtout), lors de la consommation de produits laitiers crus ou du beurre
contaminés, expliquant ainsi les fréquentes localisations extra-pulmonaires.

3-Pouvoir pathogène naturel: Tuberculose pulmonaire et Tuberculose extra-pulmonaire


(adenites,…)

4-Le BCG (1900): Souche de M. bovis qui a perdu sa virulence après 30 passages sur milieu
Pomme de Terre glycérinée et biliée. Souche vaccinale

MYCOBACTERIUM AFRICANUM

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118

1-Caractères bactériologiques
Il s'agit d'un ensemble de souches de bacilles tuberculeux qui possèdent des caractères
intermédiaires entre ceux de M. bovis et de M. tuberculosis. Les 1ères souches ont été isolées
en 1966 à Dakar (sénégal).
-Bacilles morphologiquement identiques M. tuberculosis.
-La culture sur LJ est positive en 4-8 semaines, voire plus. Les colonies sont dysgoniques, très
petites mais plates avec un petit bourgeon central, surface rugueuse de teinte mate. Difficile à
décoller du milieu de culture car elles s'enfoncent dans celui-ci. Difficiles à dissocier dans l'eau.
-Parasites stricts de l'Homme en Afrique Occidentale et Centrale.
2-Différents types de M. africanum selon leur origine géographique
-Type Dakar rencontré au Sénégal, Mali, Mauritanie: Niacin-test (+), faible en 42 jrs et forte en
56 jrs.
-Type Yaoundé rencontré au Gabon, Sud Cameroun, voisin du type Dakar
-Type Rwanda I et Rwanda II.
Les types Dakar et Yaoundé sont rencontrées indifféremment au Burkina Faso.

-MYCOBACTÉRIES « ATYPIQUES »

1 - Définition et Classification bactériologique (Runyon, 1959)


Groupe de mycobactéries excluant les espèces du Complexe Tuberculosis (M. tuberculosis, M.
bovis et M. africanum) et Mycobacterium leprae. Cette classification est basée sur la vitesse de
croissance des bactéries in vitro et les conditions de pigmentation éventuelles de ces bactéries
en culture (Tableau 1):
-Vitesse de croissance: si les colonies sont matures et macroscopiquement visibles
*en plus de 5 jrs, la croissance est lente
*en moins de 5 jrs, la croissance est rapide
-Pigmentation des colonies
*Colonies photochromogènes: non pigmentées si leur croissance a lieu à l'obscurité et
pigmentées en jaune après exposition à la lumière en présence d'oxygène.
*Colonies scotochromogènes: pigmentées que leur croissance ait lieu à la lumière ou à
l'obscurité.

2 - Classification clinique selon le Pouvoir pathogène chez l'Homme

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119

-Mycobactéries considérées comme "toujours pathogènes": M. ulcerans , M. haemophilum,


M. szulgai, M. malmoense.
-Mycobactéries souvent pathogènes: M. marinum, M. kansasii, M. simiae, M. scrofulaceum,
M. avium et M. intracellulare, M. xenopi.
-Mycobactéries peu pathogènes: M. asiaticum, M. fortuitum, et M. chelonae.
-Mycobactéries considérées "non pathogènes" pour l'Homme mais pathogènes pour des
animaux:
-Mycobactéries considérées "non pathogènes" saprophytes chez l'Homme et trouvées
dans l'environnement: M. gordonae, M. flavescens, mycobactéries du complexe "radish" ou
"terrae" (M. gastri, M. nonchromogenicum, M. terrae, M. triviale).

3 - Épidémiologie
Réservoirs
-Bactéries ubiquitaires très répandues dans la nature: eau, terre, végétaux et de nombreux
animaux domestiques et sauvages.
-Sujets immunodéficients: cancéreux, transplantés, SIDA,…
2-Mode de transmission
-Consommation d'eau contaminée
-Exposition à des aérosols produits par l'eau contaminée de robinets/douches
-Introduction accidentelle de germes dans les tissus (seringues, implantation de matériel
étranger contaminé).

4-Pouvoir pathogène naturel: organe les plus fréquemment atteints (Mycobactérioses)


-Infection des poumons, ganglions lymphatiques, tissus mous, peau, os, articulations, abcès
secondaires aux injections, infections généralisées chez les immunodéprimés surtout ceux
atteints de SIDA (M. avium-intracellulare surtout, M. kansasii, M. szulgai et M. xenopi parfois).

-MYCOBACTERIUM LEPRAE (Bacille de Hansen, 1873)

1 - Caractères bactériologiques
-Bacille immobile faiblement AAR, beaucoup plus facilement décolorable par les acides et
l'alcool que M. tuberculosis. Dans les tissus, ils sont groupés en globe ou rangés côte à côte.

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120

2 - Épidémiologie
-Mode de contamination: interhumaine se ferait par voie respiratoire ou par voie cutanée. Parmi
les sujets contaminés, seuls certains font la maladie.
-Maladie endémique dans tous les pays de la zone intertropicale: Asie, Océanie, Afrique,
Amérique latine.

3 - Pouvoir pathogène chez l'Homme: la Lèpre


Les 3 signes cardinaux de la lèpre sont: lésions cutanées + anesthésie cutanée + gros nerfs
périphériques. Elle peut se présenter sous plusieurs formes: forme indéterminée, Tuberculoïde
(TT), Lépromateuse (LL), intermédiaire tuberculoïde (BT) ou intermédiaire lépromateuse (BL).

4 - Diagnostic bactériologique
-Mise en évidence des mycobactéries dans les sécrétions nasales, les lésions cutanées ou les
nerfs, par la
coloration de Ziehl.
-Bacille non cultivable
-Amplification génique: PCR
-Réactions immunologiques: test à la léppromine ou test de Mitsuda (IDR), dosage des
Anticorps par IF,

5 - Traitement
-Préventif
-Pas de vaccin
-Dépistage et traitement systématique sont le principal moyen de prévention
-Curatif
-Bacille non cultivable: antibiogramme impossible.
-Antibiothérapie: Dapsone (DDS), la clofazimine (Lamprène), la rifampicine, l'éthionamide ou
prothionamide, la Clarithromycine. L'association de "Rifampicine + Dapsone + clofazimine"
est particulièrement active dans les formes multibacillaires.

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121

CHLAMYDIA

OBJECTIFS
-Définir les Chlamydiae
-Citer les 18 sérotypes des 2 biovars de Chlamydia trachomatis

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122

-Décrire le cycle de développement des chlamydiae


-Définir le pouvoir pathogène des Chlamydiae pour l’Homme
-Décrire le prélèvement et le transport des échantillons pour le diagnostic des chlamydioses
génitales
-Enumérer les techniques d’examen bactériologique direct des chlamydioses
-Citer 4 méthodes de diagnostic sérologique des chlamydioses
-Citer les 2 principales familles d’antibiotiques pour le traitement des chlamydioses

1.1 INTRODUCTION

1-1.Définition
Les Chlamydiae sont :
-des eubactéries à Gram négatif dépourvues de peptidoglycane
-des parasites intracellulaires obligatoires,
-utilisent l'ATP de la cellule hôte pour la synthèse de leurs protéines
-se multiplient selon 1 cycle de développement comportant 2 formes bactériennes
principales, le corps élémentaire ou CE infectieux mais métaboliquement inactif et le
corps réticulé ou CR non infectieux mais métaboliquement actif
-possèdent1 petit génome
Ces micro-organismes sont des pathogènes cosmopolites qui infectent l’homme et les animaux.
Ils sont associés à des infections urogénitales, oculaires, respiratoires, cardiovasculaires, gastro-
intestinales, systémiques, à des arthrites et à des encéphalites.

1.2. Historique
-1906, Haelberstaeder et Von Prowazek découvrent des inclusions dans les frottis
conjonctivaux de trachomateux
-1964, Moulder montre que ces micro-organismes sont des bactéries à développement
intracellulaires et elles sont nommées successivement Bedsonia, Myagawanella et néorickettsie
-1970, la famille des Chlamydiaceae est séparée des rickettsies.
-1989, l’espèce C. pneumoniae est désignée et en 1992, C. pecorum est individualisée.
-1998, le génome de C. trachomatis est entièrement séquencé et en 1999 une nouvelle
classification est proposée pour les Chlamydiaceae: de nouveaux genres et de nouvelles espèces
sont définies. Elles figurent dans la 2nde éditions du Bergey’s Manuel.

1.3. Intérêts
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123

-Bactériologique par le cycle de développement intracellulaire des Chlamydia inhérent à leur


parasitisme cellulaire absolu.
-Epidémiologique car les Chlamydia sont les 1ers agents d’IST bactériennes et de cécité
préventible dans le monde
-Clinique par les complications très graves des infections dont elles sont responsables
-Diagnostic par la difficulté de leur mise en évidence dans les infections chroniques par les
méthodes classiques.
-Thérapeutique par la durée du traitement curatif

2-CARACTERES BACTERIOLOGIQUES
2.1-Classification
2.1.1-Ancienne classification
Rangs Espèces Biovar Sérotypes Pathologies humaines
supérieurs à
Nbre Noms
Espèce
Trachoma 4 A, B, Trachome
Ba, C
C.
trachomatis 10 D, Da, Uro-génitales, oculaires,
Ordre:
E, F,G, respiratoires, cardio-
Chlamydiales
H, I, Ia, vasculaires
Famille: J, K
Chlamydiaceae
LGV 4 L1, L2, Lymphogranulomatose
Genre: L2a, L3 vénérienne
Chlamydia
C. psittaci respiratoires, cardio-
vasculaires
C. – 1 – respiratoires, cardio-
pneumoniae vasculaires
C. pecorum – 3 –

1.1.2-Nouvelle classification

Famille Genres Espèces Biovar Sérotypes


Nbr Noms
e

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124

Chlamydiaceae Chlamydia Trachom 4 A, B, Ba, C


a
C. trachomatis 10 D, Da, E, F,G, H, I, Ia, J,
K
LGV 4 L1, L2, L2a, L3
C. muridarum
C. suis

Chlamydophila Cph. Psittaci


Cph. 1
pneumoniae
Cph. pecorum 3
Cph. abortus – – –
Cph. felis – – –
Cph. caviae – – –

Parachlamydiacea – – – –
e
Simkaniaceae – – – – –
Waddliaceae – – – – –

2.1.2-Morphologie
Il existe 3 types de corps chlamydiens: le corps élémentaires (CE), le corps réticulé (CR) et le
corps intermédiaire (CI).
-Le corps élémentaire (CE) est la forme extra- et intracellulaire. Il est de petite taille et sa
morphologie varie selon les espèces. Les Chlamydia s’apparentent aux bactéries à Gram
négatif; mais cette paroi ne contient pas de peptidoglycane. La surface du CE est recouverte de
projections semblables à des spicules. Les CE sont les formes infectieuses, mais ils ne se
divisent jamais (Figure__).
-Le corps réticulé (CR) forme intracellulaire, plus fragile, de plus grande taille que le CE et se
multiplient par division. Il est également recouvert de spicules, mais il n’est pas infectieux.
-Le corps intermédiaire (CI) est intracellulaire : il représente une forme de développement
intermédiaire issue du CR et en fin de cycle il donne des CE.

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125

Avec C. trachomatis, une seule vacuole renfermant les corps bactériens et du glycogène est
contenue dans la cellule hôte (Tableau fin du cours): cette vacuole est volumineuse et déforme
la cellule en repoussant son noyau en périphérie. Avec Cph. psittaci et Cph. pneumoniae, une
seule cellule hôte peut contenir plusieurs inclusions à la fois, mais celles-ci ne sont pas
déformantes.

2.1.3-Cycle de développement
[Link]-Cycle normal
Le cycle de développement des Chlamydiaceae peut être divisé en 3 étapes principales:
-L’entrée du CE dans la cellule hôte: attachement et internalisation du CE au sein d’une
vacuole dans le cytoplasme de la cellule hôte, par pinocytose, par endocytose et/ou par
phagocytose. L'entrée des CE dans les cellules en culture in vitro peut être facilité par
l'utilisation simultanée de polycations comme le DEAE-dextran (diethylaminoethyl-dextran) et
la centrifugation; mais cela n'est pas nécessaire pour certains sérotypes. Plusieurs CE peuvent
infecter une même cellule: une infection initiale n’empêche pas la surinfection d’une cellule.
-Différenciation du CE en CR et multiplication des CR
Lorsque plusieurs CE de C. trachomatis sont internalisées par la même cellule, les différentes
inclusions fusionnent pour donner une seule grande inclusion. Après son entrée dans la cellule,
le CE se transforme en CR au sein de l’inclusion (6h-12h). La transformation des CE en CR
est asynchrone et les divisions successives des CR donnent des CR fils de tailles plus ou moins
égales: les corps chlamydiens apparaissent polymorphes au sein d’une même inclusion.
-Réorganisation des CR en CE et libération des CE
Généralement, la durée du cycle normal de développement chlamydien est de 48 h et de 72 h.
Les corps chlamydiens intracellulaires sont le plus souvent libérés dans le milieu extracellulaire
après éclatement des membranes des inclusions et de la cellule hôte. Toutefois, leur relargage
peut se faire au sein d’une inclusion intacte, notamment avec de faibles doses infectantes. In
vitro et en présence de cellules intactes, les CE libres de certaines souches peuvent initier de
nouveaux cycles infectieux

[Link]-Altération du cycle du développement et persistance


Le cycle productif peut être altéré. Cette altération se traduit par un retard de maturation des
CR, une inhibition de leur différenciation en CE infectieux, et par une apparition de formes
chlamydiennes aberrantes, atypiques, viables qui persistent dans les cellules hôtes mais qui ne
sont pas facilement cultivables et qui sont indétectables par certaines méthodes usuelles de
diagnostic, notamment les techniques de coloration. L’altération de la croissance peut être
induite par plusieurs facteurs : certaines déficiences en nutriments, les antibiotiques et les
chimiokines tel l’IFN-γ. L’IFN-γ agirait en induisant la production d’une enzyme appelée
indoleamine 2, 3-dioxygenase (IDO) qui dégrade le tryptophane. Le phénomène de persistance
a été décrit expérimentalement in vitro et cliniquement in vivo. Toutefois, lorsque les conditions

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126

redeviennent normales, le développement des corps chlamydiens atypiques peut être réactivé
et aboutir à un cycle productif

Tryptopha
ne
IFN
Persista
Tryptophane
IFN
Stress
immuni
taire

: Cycle de multiplication des Chlamydiae

2.4-Structure antigénique )
Les Ag de Chlamydiae permettent des distinguer des spécificités de genres, d’espèces et de
types.
Tableau I : Caractéristiques des principaux antigènes de Chlamydia trachomatis

Dénomination *Mma Localisation Spécificités


(kDa) antigéniques
Lipopolysaccharide (LPS) 10 CE, CR Genre
Protéine majeure de la membrane 38-45 CE, CR genre, espèce, sous-
externe (MOMP ou Omp-1) espèce, type
Hsp70 (DnaK) 75 CE, CR Espèce
Hsp60 (GroEL) 57-60 CE, CR Espèce

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127

Omp-2 60; CE genre, espèce, type


60/62
Omp-3 12-15 CE genre, espèce, type
*Mma : masse moléculaire apparente = poids moléculaire

Les lipopolysaccharides (LPS) de Chlamydiae présentent des réactions croisées avec les LPS
de Salmonella, notamment celles des formes R.
La Protéine majeure de la membrane externe (POMP ou Omp-1) joue un rôle de porine, est
puissamment immunogène et constitue un candidat vaccin potentiel.

3 - EPIDEMIOLOGIE
3.1 - Habitat et transmission
-Chlamydia trachomatis: isolé des muqueuses des voies uro-génitales, respiratoires et
conjonctivales,… des sujets infectés. L'humain est son hôte naturel.
●Les sérotypes A, B, Ba et C sont responsables du trachome sont transmis par les
mains souillées, les objets, les mouches.
●Les 14 autres sérotypes de D à L, sont responsables d’infections uro-génitales de
lymphogralumatose vénérienne (LGV). Ces souches sont acquises par contacts sexuels.
Des infections uro-génitales sont souvent associées aux infections oculaires dont elles
sont responsables.
●Le nouveau-né s'infecte au moment de l'accouchement par voie oculaire et/ou
respiratoire.
-Chlamydophila pneumoniae: se transmet d'humain à humain (hôte naturel) par voie aérienne
par inhalation de poussières contaminées. Il est responsable d'épidémies de pneumonies dans
les communautés.
-Chlamydophila psittaci : est présent dans l'environnement dans les déjections d'animaux
infectés (oiseaux, chats,…). L'homme est un hôte occasionnel qui se contamine par voie
aérienne, après inhalation de poussières contaminées.

3.2 - Répartition géographique


Les Chlamydiae sont des bactéries cosmopolites. Chlamydia trachomatis est le principal agent
bactérien responsable d' IST dans le monde : 89,6 millions de cas d’IST étaient dues à Ct sur
un total de 330,65 millions de cas d’IST enregistrés dans le monde en 1995. Au Burkina Faso,
cette bactérie serait associée à 31% des cas d’infertilités secondaires diagnostiquées au CHU
Yalgado Ouédraogo (2003).
C. trachomatis sévit selon un mode endémique, mais Cph pneumoniae peut être responsable
d’épidémie localisée.
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128

4 - PHYSIOPATHOLOGIE
-Porte d’entrée: oculaire (Ct A-C), respiratoire (Cph psittaci, Cph pneumoniae, Ct) et/ou
génitale (Ct D-K).
-Fixation des CE sur des récepteurs à la surface des cellules hôtes suivie d’endocytose et de la
multiplication des corps bactériens dans les vacuoles. Cph pneumoniae et les sérotypes A à K
de C trachomatis se multiplient dans les cellules épithéliales et provoquent des infections
locales alors que les sérotypes L1 à L3 envahissent les tissus lymphoïdes et se multiplient dans
les macrophages. Cph psittaci se multiplie dans les macrophages et provoque des infections
généralisées.
Selon la porte d’entrée et l’espèce de Chlamydiae, voire le sérotype, les bactéries vont
provoquer des infections aiguës pulmonaires, oculaires dont le trachome, génito-urinaires aussi
bien chez l’homme que chez la femme qui peuvent devenir chroniques et se compliquer par un
processus immunologique. Récemment, Cph pneumoniae a été mis en évidence dans des tissus
cardio-vasculaires et son implication dans des maladies du cœur et des vaisseaux a été évoquée.
-Les modes de transmission des agents varient selon les formes cliniques.

5 - POUVOIR PATHOGENE CHEZ L’HOMME


5.1-Chlamydia trachomatis
5.1.1-Trachome:
Kératoconjonctivite folliculaire chronique pouvant se compliquer en cécité plus de 20 à 30 ans
après l’infection active initiale dans l'enfance (5 à 10 ans), surtout en zone intertropicale. Plus
de 500 millions de personnes touchées dans le monde : principale cause de cécité préventible
dans le monde.

5.1.2-Infections sexuellement transmissibles (IST)


[Link]-Chez l’homme
Urétrite non-gonococcique ou post-gonococcique, souvent asymptomatique qui peut se
compliquer en épididymite, en épididymo-orchite, en prostatite (controversée),… et engendrer
une stérilité.

[Link]-Chez la femme
Cervicite souvent asymptomatique dans 60 à 90% des cas et qui peut s’accompagner d’une
urétrite. Elle peut se compliquer en endométrite, en salpingite, en abcès tubo-ovarien, en

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129

péritonite (syndrome inflammatoire pelvien = PID=Maladies Inflammatoires Pelviennes =


MIP) ou en péri-hépatite (Syndrome de Fitz-Hugh-Curtis). Ces complications peuvent
engendrer des grossesses ectopiques (extra-utérines) et des stérilités

[Link]- Chez l’homme et la femme


-Lymphogranulomatose vénérienne ou maladie de Durand Nicolas Favre (une IST ulcérative).
-Arthrite réactionnelle non spécifique ou Syndrome de Feissinger-Leroy-Reiter (triade :
arthrite + uvéite + urétrite).
-Conjonctivite infectieuse ou paratrachome, par autoinoculation à partir d’un foyer génital chez
les sujets atteints d’infections génitales. L’atteinte oculaire est généralement unilatérale et elle
évolue rarement vers la cécité.
-Proctite et pharyngite chlamydiennes chez les homosexuels
-Infections cardio-vascilaires (athéromatose).

[Link]-Chez le nouveau né
Conjonctivite et pneumonie dans la première année de la vie. Mais dans les deux cas, la guérison
clinique est souvent spontanée.

5.2-Chp. pneumoniae (Chlamydophila pneumoniae)


-Infections broncho-pulmonaires généralement bénignes, chez l'adolescent, l'adulte jeune et les
personnes âgées. Infections graves sur terrain débileté.
-Infections cardiovasculaires : endocardites, anévrismes aortiques, athéromatose….
-Asthme ?

5.3-Chp. psittaci (Chlamydophila psittaci)


-Infection pulmonaire ou psittacose qui se manifeste par un syndrome grippal associé à une
pneumonie atypique et qui peut être grave.
-Complications neurologique (encéphalite), septicémique,…
6-DIAGNOSTIC AU LABORATOIRE
6.1-Diagnostic direct
6.1.1-Prélèvements
[Link]-Conditions de réalisation des prélèvements

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130

-La qualité du prélèvement conditionne celle des résultats de l’examen. Les échantillons doivent
contenir des cellules infectées de l’hôte. En général, seule la culture exige des bactéries viables.
-Utiliser des écouvillons en dacron ou en plastique; les cytobrosses sont utilisables pour les
prélèvements endocervicaux.

[Link]-Prélèvements dans les infections uro-génitales


-Chez l'homme: écouvillonnage urétral, sans faire saigner, avant la miction du matin.
-Chez la femme: Écouvillonnages endocervicaux; écouvillonnage cervical + écouvillonnage
urétral (permettent d’augmenter de près 25 % les chances d’isoler C. trachomatis);
écouvillonnages vaginaux chez la jeune fille pré pubertaire; produits de grattage de l'endomètre
ou des trompes,...
-Dans la LGV: ponction du ganglion infecté non fistulisé, sinon prélever le pus/la sérosité.

[Link]-Autres prélèvements
-Dans les infections oculaires: Écouvillonnage conjonctival
-Dans les infections broncho-pulmonaires: écouvillonnage du rhinopharynx, expectorations,
aspirations bronchiques, lavages broncho-alvéolaires,…
-Autres prélèvements: écouvillonnage des muqueuses rectales, culot de centrifugation des
urines, les liquides articulaires, sang,…

[Link]-Transport et conservation
Les conditions de transport et de conservation sont variables selon les examens auxquels les
échantillons sont destinés.
-Prélèvement destiné à la recherche directe sur lame comme l’IFD: pas de conditions
particulières, mais ne pas laisser sécher l'écouvillon. Faire un frottis mince et le fixer au
méthanol.
-Pour les recherches d'antigènes par les méthodes immuno-enzymatiques (EIA):
l'écouvillon placé dans un milieu de transport peut être gardé au réfrigérateur (2 à 8°C) pendant
8 jours.
-Pour la culture: entre le moment du prélèvement et la culture, les échantillons placés dans le
milieu de transport et de conservation préparés au laboratoire (2-SP=2-sucrose phosphate ou
SPG = sucrose-glutamate phosphate) et peuvent être gardés entre 2 et 8oC si le délai n’excède
pas 48 h. Au-delà, ils doivent être gardés à –80oC jusqu’au moment de leur emploi; mais la
congélation entraînerait 20% de perte de viabilité. Ils ne doivent pas être gardés à -20oC.
Il existe des milieux commerciaux comme le FlexTrans (Bartels Diagnostics) ou le M4 encore
appelé milieu universel (MicroTest Inc.).
-Pour la recherche des acides nucléiques: réfrigérer ou congeler les échantillons. Prendre des
précautions pour éviter la dénaturation des AN. En général des inhibiteurs de RNAse comme

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131

le thiocyanate de guanidine sont inclus dans les solutions. Les ARN (ARNr, ARNm) ont
l’avantage de prouver la viabilité des micro-organismes, notamment dans les contextes
d’infections chlamydiennes persistantes. Pour les recherches d’ADN l’utilisation de tels
inhibiteurs n’est pas nécessaire.

6.1.2-Examens bactériologiques direct


[Link]-Culture et étude de la sensibilité aux antibiotiques
-Culture sur œuf embryonné: actuellement abandonnée pour la pratique de routine. Utilisée
surtout pour la production d'antigène.
-Culture cellulaire (cellules McCoy = lignée semi-continue et HeLa 229 = lignée continue) :
après 48 à 72 h d’incubation entre 30 et 35oC ou à 37oC, les inclusions chlamydiennes dans les
cellules infectés, peuvent être détectées par coloration à l’iode, au Giemsa, au May-Grünwald
Giemsa ou mieux, par des Ac fluoromarqués qui reconnaissent le LPS ou la PMME. La culture
est considérée comme la référence dans la plupart des laboratoires (Sens : 70 – 90 %; Spécif :
100%).
-Étude de la sensibilité aux antibiotiques : les déterminations de CMI et de CMB sont faites
en culture cellulaires. Les antibiotiques testés sont les tétracyclines, les macrolides, certaines
fluoroquinolones,…

[Link]-Détection des antigènes dans les prélèvements


-Tests immunoenzymatiques:
•Tests ELISA sont les plus couramment utilisés et leur spécificité peut être augmentée
par des tests de blocage compétitif qui utilisent des Ac monclonaux spécifiques de l'Ag.
Exemples de tests commerciaux semi-automatiques tels EIA Chlamydiazyme (Abbott
Diagnostics), Microtrak EIA (Behring) et des techniques automatisées comme le
Microtrak XL (Behring), VIDAS Chlamydia (BioMerieux).
•Tests rapides : utilisent le principe des tests ELISA en phase solide ou des tests
immunochromatographiques. Les résultats fournis par ces tests sont présomptifs et ils
sont à confirmer. Exemples de tests commerciaux: Clearview (Unipath Ltd), Test Pack
(Abbott) et SureCell (Johnson & Johnson),...
-Tests d’immunofluorescence directe, IFD: d’utilisation très répandue, ont l’avantage d’être
rapide, cependant, leur pratique fait appel à un personnel bien exercé

[Link]-Détection des acides nucléiques


Les AN détectables sont l’ADN (chromosomique, plasmidique) et les ARNr et ARNm. Ils sont
recherchés par des techniques

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132

-Hybridation en milieu liquide de l’ADN chlamydien contenu dans le prélèvement à l’aide


d’une sonde complémentaire des ARNr vendue dans le commerce. Exemple de test vendu par
Gen-Probe;
-Amplification génique : PCR Amplicor; Roche Diagnostics; LCR (Ligase Chain Reaction);
PCR en temps réel de Abbott Diagnostics; TMA (Transcription Mediated Amplification) de
Gen-Probe
Ces tests d’amplification génique sont très sensibles, pallient aux inconvénients de la culture et
peuvent être spécifiques du genre, de l’espèce, de la sous-espèce ou de la souche selon les types
d’amorces oligonucléotidiques utilisées. Elles sont réalisables sur les urines de patients.

6.2-Diagnostic indirect sérologique


Détermination d'IgM, d'IgG et d'IgA". Les IgA sont produites en même temps que les IgM,
mais elles ont une durée de vie supérieure à celle des IgM
6.2.1-Méthodes
-Réaction de fixation du Complément
Peu sensible, mais elle est surtout utilisé dans les infections systémiques (LGV, psittacose),
certaines complications (péritonites). Un titre d’anticorps ≥256 est fortement en faveur d’une
LGV, alors que des titres ≤32 indiquent des tests négatifs. Un titre64 peut être associé à une
infection par une souche du biovar Trachoma.

-Micro–Immunofluorescence directe (m-IFD)


Est le plus sensible des tests sérologiques des infections chlamydiennes et il constitue le test de
référence pour la sérologie chlamydienne. Il détecte des Ac de types IgM et IgG spécifiques du
genre, de l’espèce et du sérotype. Cependant, sa réalisation laborieuse limite son utilisation à
quelques laboratoires de recherche.

-Tests immunoenzymatiques (EIA)


●Tests ELISA : détectent des Ac spécifiques du genre Chlamydia. Ceux qui détectent les IgM
dans les pneumonies infantiles chlamydiennes seraient aussi sensibles que le test de MIF.
●Tests EIA unitaires en phase solide : Tests ImmunoComb (PBS Orgenics), Test
ImmunoComb Chlamydia bivalent, Test Ipazyme (Savyon).
.
6.2.2-Interprétation des résultats
-Les séroconversions sont rarement détectées et la recherche d’IgM est habituellement
décevante.
-Les déterminations d’IgA sont plus fréquentes dans les infections relativement récentes.

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133

-Cependant des titres d’Ig totales ou d’IgG≥1024 traduisent généralement une infection
compliquée chez la femme.
-Les réactions croisées sont nombreuses
Le rôle de la sérologie dans le diagnostic des infections chlamydiennes non compliquées reste
très discuté.

6.3-Test de Leucocyte Estérase (LE)


Il s’agit plutôt d’un test de présomption. Il est rapide et utilise des bandelettes réactives pour la
détection d’une enzyme leucocytaire produite par les polynucléaires dans les urines au cours
des infections du tractus urinaire. Dans ce test, l’inflammation est détectée à travers l’intensité
de la coloration pourpre produite par l’hydrolyse de l’ester d’idoxylcarbonate par la LE. Les
infections pouvant être dues à une diversité de bactéries dont le gonocoque, le test de LE n’est
pas spécifique.

7 - ELEMENTS DE PREVENTION ET DE TRAITEMENT


7.1 - Prévention
-Les mesures générales de prévention des infections urogénitales chlamydiennes sont celles des
autres IST: utilisation de préservatifs, éducation pour le changement de comportement des
sujets exposés ou à risques, le traitement systématique des partenaires de personnes infectées,
etc...
-Hygiène
-Pas de vaccin efficace disponible actuellement contre les infections chlamydiennes.

7.2 - Traitement curatif


7.2.1 - C trachomatis
-Infections oculaires et IST non compliquées : par Azithromycine par voie orale, 1g en dose
unique ou par Doxycycline . Traiter les partenaires.
-IST compliquées
-Salpingites, syndrome inflammatoire pelvien : outres les cyclines et les macrolides, le
clinicien peut être amené à utiliser des associations d’antibiotiques, notamment pour
traiter des coinfections par des anaérobies : Amoxicilline + acide clavulanique,
métronidazole).
-Durée du traitement : 21 jours à 30 jours.

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134

7.2.2 - Cph psittaci : Doxycycline pendant 21 jours.

7.2.3 - Cph pneumoniae : Macrolides récents (clarithromycine, azithromycine) : pendant 14


jours.

CONCLUSION
Les Chlamydiae sont des pathogènes très répandus et responsables d’infections graves des
yeux, des appareils génito-urinaire et respiratoires. Plus récemment, ils ont été associés à des
pathologies cardio-vasculaires. Les complications des infections génitales en infertilité
secondaires sont lourdes de conséquences sociales et économiques.
Les traitements curatifs sont longs et les molécules qui permettent l’élimination effective des
bactéries appartiennent à quelques familles d’antibiotiques seulement : les macrolides et
apparentés et l
es tétracyclines. Les recherches vaccinales sont en cours et assurément, la mise au point de
vaccins efficaces contribuera à l’élimination, voire à l’éradication de ces pathogènes.

COURS DE BACTERIOLOGIE SYSTEMATIQUE FAO DK

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