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Tourisme et environnement à Madagascar : la

destination côte Centre-Est malgache


Céline Ratovoson

To cite this version:


Céline Ratovoson. Tourisme et environnement à Madagascar : la destination côte Centre-Est mal-
gache. Travaux & documents, 2005, Regards géographiques sur Madagascar, 25, pp.115–134. �hal-
02267997�

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Tourisme et environnement
à Madagascar : la destination
côte Centre-Est malgache

CELINE RATOVOSON
Enseignant-chercheur
Département de géographie
Université d'Antananarivo, Madagascar

Résumé : La région Est de Madagascar ou la côte du palissandre est riche


en biodiversité et représente un potentiel important pour le
développement des activités du tourisme et des loisirs. Depuis une
vingtaine d'années, Madagascar regarde le tourisme comme une alter­
native salvatrice de son économie. Du fait de l'enjeu du tourisme
international, le pouvoir public intervient de plus en plus sur le marché,
afin de pouvoir bénéficier des effets induits par l'arrivée de touristes
internationaux.
La côte est malgache, située entre Vatomandry et Soanierana-Ivongo est
un espace encore peu exploité sur le plan touristique, alors qu'il possède
des potentialités écotouristiques et balnéaires énormes. Or, il est
nécessaire d'aménager les sites touristiques de notre zone pour les rendre
opérationnels et privilégiés. Il faut aussi protéger le milieu écologique et y
développer des infrastructures dignes du tourisme et de l'environnement,
de manière à influencer l'impulsion de l'économie.

Mots-dés : tourisme balnéaire, potentialités écotouristiques, ména-


gement, environnement, économie.
ll6 TRAVAUX & DOCUMENTS

Croquis 1 : Croquis de localisation

Vatomandry

nomboo Monampotsy
Mor�Mahanoro

La société humaine, naguère si sédentaire, s'est mise en mouve­


ment. Les hommes saisissent chaque occasion de partir. Partir, parce
qu'ils ne se sentent plus à l'aise, là où ils sont, là où ils travaillent et là où
ils habitent. Année par année, week-end après week-end, des millions
d'hommes partent en voyages de vacances, en excursions ou en courts
périples. Au cours de leurs voyages, ils consomment le calme, le climat, le
paysage et la culture des aut�es. Le besoin de voyager est surtout créé par
la société et marqué par le quotidien, qui engendre le
TOURISME ET ENVIRONNEMENT •.. 117

stress, l'épuisement physique et psychique, le vide intérieur et l'ennui.


D'où, la remarque de SENECA, « c'est d'âme qu'il te faut changer et non
de climat » 1•
L'évolution historique de la politique touristique malgache se
caractérise par une prise de conscience tardive, marquée par le plan de
développement économique et social de Madagascar. En 1949, les trans­
porteurs internationaux et l'association touristique privée Atourmad ont
agréé la création de la première agence de voyage. Atourmad s'est attaché
à dresser un premier inventaire des richesses touristiques malgaches, à
amorcer la propagande juridique et à promouvoir une première régle­
mentation du tourisme.
Entre 1950-1984, le secteur touristique s'est efforcé de proposer
une doctrine d'ensemble du tourisme et de définir les conditions de
rentabilité des investissements touristiques. Ce n'est qu'à partir de 1984
que le tourisme est relancé et que Madagascar s'ouvre aux pays extérieurs,
en multipliant les supports publicitaires. La présente étude sur le
tourisme et l'environnement, réfléchira sur :
- la conciliation du phénomène touristique et l'environnement,
en vue d'une exploitation rationnelle et d'un développement
harmonieux et durable;
- l'établissement de critères de développement du tourisme
régional, en relation avec une exploitation rationnelle de l'envi­
ronnement;
- la suggestion de modes de gestion et d'aménagement des sous­
régions d'étude, du territoire malgache, en vue d'une exploi­
tation touristique à haut rendement et de haut de gamme.

LES FACTEURS DE L'EXPLOITATION TOURISTIQUE

Bref aperçu sur le tourisme malgache

Le terme de région touristique est utilisé de façon différente par les


organismes travaillant dans le secteur du tourisme. Chacun a sa façon de
découper Madagascar dans un objectif de proposer une gamme de
produits permettant un tourisme à la carte; ce peut être un circuit tou­
ristique, une destination touristique, un site touristique ou une région
touristique.

] . Krippendorf, Les vacances et apr�s ? Pour une nouvelle compréhmsion des loisirs et des voyages,
logiques sociales, Paris: L'Harmattan, 1987, 210 p.
118 TRAVAUX & DOCUMENTS

La Maison du Tourisme de Madagascar (MTM), sous tutelle du


ministère du Tourisme, emploie le terme de circuit touristique pour
parler d'une région. En effet, les tours opérateurs, ainsi que les agences de
voyage, associés dans la MTM, offrent aux touristes des circuits à thèmes.
Il s'agit de visiter des sites, jalonnant des circuits et correspondant au
thème choisi.
Pour Air Madagascar, l'on utilise plutôt le terme de destination
touristique, qui correspond ou non à un site à vocation touristique, mais
où les voyageurs peuvent accéder par avion. Le bureau de la SEDES2,
spécialisé dans le secteur du tourisme, a établi depuis 1973, dans le plan
directeur national de développement touristique de Madagascar, la
division touristique de l'île, en comptant 12 ensembles touristiques
répertoriés comme suit :
- Ensemble 1 : Antananarivo -Antsirabe;
- Ensemble 2 : Nosy be- îlots;
- Ensemble 3 : Antsiranana - Sambava,
- Ensemble 4: Tamatave - Baie d'Antongil- Pangalanes;
- Ensemble 5: Fianarantsoa- Sud-Est;
- Ensemble 6: Ile Sainte-Marie;
- Ensemble 7: Fort-Dauphin;
- Ensemble 8 : Tuléar - Isalo;
- Ensemble 9 : Morombe - Lac Ihotry;
- Ensemble 10 : Morondava;
- Ensemble 11 : Majunga;
- Ensemble 12 : Analalava.

De toute évidence, cette liste n'est pas exhaustive. Elle cite uni­
quement les grands axes ou une grande localité touristique. En tout cas,
ces ensembles ne correspondent pas aux régions administratives et sont
absorbés par les cinq grandes régions touristiques qui sont :
- région des Hautes Terres, qui s'étend autour du grand Anta­
nanarivo, Antsirabe, Fianarantsoa, la limite sud-est étant
Ranomafana, région du Nord qui se situe au-delà des
tampoketsa d'Ankazobe et de Fenoarivo, la limite ouest étant
Tsiroanomandidy;
- région de la côte des îles vierges, longeant l'axe Diégo-Suarez,
Nosy be, Ambanja. Ici, les côtes constituent un paysage secret,
fait de criques silendeuses et protectrices ;

2 SEDES : Société d'Etudes de Développement Economique et Social.


TOURISME ET ENVIRONNEMENT ... 119

région de la côte du Capricorne, rayonnant à partir de l'axe


Tuléar, Ifary, Isalo, Morondava, caractérisée par le milieu sous­
marin, d'une exceptionnelle beauté;
région de la côte des épices, comportant la grande localité de
Fort Dauphin, avec un beau découpage linéaire de la côte,
favorable au tourisme balnéaire ;
région de la côte du palissandre, tournant principalement
autour de l'axe Tamatave/Sainte-Marie.

Par ailleurs, il faut placer la région d'étude dans le cadre général de


la politique touristique à Madagascar. Actuellement, le tourisme occupe
une place de plus en plus importante et significative dans le
développement de l'île. Le secteur touristique est considéré comme un
secteur d'avenir. Les chiffres parlent d'eux-mêmes:
53 923 touristes sont venus en 1990, 74 619, en 1995, 160 071,
en 2000, 62 000, en 2002 et 46 000. En 20033, les prévisions d'arrivées
de visiteurs non-résidents aux frontières à Madagascar, de 2001 à 2005,
avec un taux de croissance annuel de 15 %, seraient de 208 000, en
2001, 256 000, en 2003, 295 000, en 2004 et 339 000, en 2005. En
1993, les recettes touristiques se rangeaient au premier rang des
principaux produits d'exportation, avant la vanille et les crevettes. En
1994, le tourisme était au second rang et l'on peut avancer qu'il aurait pu
se hisser à la première place en 2000/2001. De 1990 à 2001, les recettes
du tourisme sont passées de 29,8 millions de DTS à 90,2 millions de
DTS, par rapport à 234,1 millions de DTS d'exportation de
marchandises et 757,9 millions, pendant les mêmes années, soit
respectivement 12,7 % à 11,9 % des recettes sur exportation de
marchandises. Ces recettes ont baissé jusqu'à 27,9 millions de DTS en
2002, 20 millions en 2003, soit 0,7 % et 0,5 % des recettes sur
exportation de marchandises, les mêmes années4.
En tout cas, la politique et la stratégie touristiques menées par le
gouvernement, depuis plus d'une décennie, ont largement contribué au
décollage du tourisme. Et le gouvernement entend justement donner au
secteur touristique un rôle majeur de moteur du développement national.
C'est le ministère du Tourisme qui est chargé de l'élaboration et
du suivi de la politique stratégique du tourisme. Jusqu'en 1994, il était
rattaché à d'autres ministères. Vers 1985, il y avait le ministère du
Transport, de la Météorologie et du Tourisme. Ce n'est qu'en 1994 qu'il

3 Ministère du Tourisme.
4 Idem.
120 TRAVAUX & DOCUMENTS

est devenu une entité à part entière. C'est dire l'importance qu'a pris le
tourisme, dans le développement du pays.
D'autres mesures de gestion du tourisme ont été également
entreprises, sur le plan institutionnel et organisationnel par la mise en
place de:
- l'institution du ministère;
du Comité national pour le développement du tourisme
(CNDT);
- de la Cellule de coordination du développement touristique
(CCDT);
- la création des délégations régionales du tourisme;
- l'élaboration du code du tourisme et la refonte de la législation
et de la réglementation applicable au secteur;
- la création de la Maison du tourisme de Madagascar (MTM),
qui s'occupe de la publicité à l'extérieur;
- la mise en place de l'Office régional du tourisme, dans les
régions malgaches.

La politique touristique, bien qu'elle n'ait pas beaucoup changé, a


subi quelques modifications ou mieux, a connu une évolution, de 1998 à
2004. En effet, la politique du ministère est axée sur trois points
essentiels:
- un tourisme de qualité, élitiste, qui ne vise que l'arrivée d'une
clientèle aisée;
- un tourisme qui contribue à la préservation de l'environ­
nement;
- un tourisme qui se développe au service des gens qui vivent à
Madagascar.

Pour ce faire, la politique touristiquè est élaborée et suivie par le


gouvernement, par l'intermédiaire du ministère du Tourisme, pour le
développement du secteur touristique. Aussi bien le gouvernement que
les opérateurs touristiques sont tenus de suivre cette politique. Ces
principes sont inscrits dans le rapport du ministère et intitulés « politique
et stratégie de développement touristique», en 1996. Les grandes lignes
sont:
- apporter une contribution aussi large que possible à l'équilibre
des échanges extérieurs, par une ouver!ure au tourisme
international ;
- valoriser les ressources touristiques, tout en préservant l'envi­
ronnement naturel et les valeurs socioculturelles ;
TOURISME ET ENVJRONNEMENT .• , 121

- favoriser la création d'emploi et améliorer la distribution des


revenus;
- stimuler les activités productrices et de service; .
- réduire les inégalités entre les régions touristiques du pays.

Ces principes directeurs guident la politique touristique du


ministère jusqu'en 2004. En fait, le ministère est considéré comme un
agent de publicité et travaille en étroite collaboration avec l'Office na­
tional du tourisme. Ce service s'occupe des publicités, des colloques
internationaux, pour faire connaître Madagascar et attirer par conséquent
des clients, par le label « Madagascar île nature ».
Le ministère recherche des investisseurs potentiels, nationaux et
internationaux, en vue d'améliorer l'économie du pays. Il met en place le
code du tourisme, afin de développer les infrastructures d'accueil, mais le
décret d'application de la nouvelle loi n'est toujours pas ratifié à ce jour.

Les facteurs de l'exploitation touristique


En 1963, la Conférence internationale des Nations Unies, sur le
tourisme et les voyages internationaux, définit le touriste comme
un visiteur temporaire, dont le séjour dans le pays visité atteint au
moins 24 h et moins de 4 mois et dont les motifs de déplacement sont,
soit les loisirs, soit les affaires, la famille, une mission ou une réunion.
Quant au mot, environnement, selon le dictionnaire Petit Larousse,
il signifie, ce qui entoure, ensemble d'éléments naturels ou artificiels, où
se déroule la vie humaine.
A partir de ces définitions, nous allons voir quels sont les facteurs
qui favorisent l'exploitation du tourisme dans le milieu géographique de
notre zone.
Depuis plusieurs décennies, le tourisme balnéaire s'est imposé
comme une activité économique de premier plan dans les pays dévelop­
pés. Phénomène social, il a favorisé l'urbanisation des secteurs côtiers
attractifs et aussi modifié l'organisation de l'espace littoral, avec une
combinaison de retombées positives et de dégradations. Dans les pays du
Tiers-Monde comme Madagascar, le tourisme est en passe de devenir
l'une des principales activités économiques. C'est pourquoi, de
nombreux pays ont misé sur lui pour assurer les bases de leur
développement. Leurs atouts semblent nombreux : littoraux ensoleillés et
encore vierges, paysages de carte postale, sociétés traditionnelles
accueillantes. Le Tiers-Monde représente 23 % des récèttes dégagées par
le tourisme international. Cette place est encore modeste, mais le résultat
122 TRAVAUX & DOCUMENTS

est en net accroissement. Le paysage est le premier attrait du tourisme sur


la côte centre-est. En général, les attraits liés au tourisme sont constitués
de divers facteurs :
d'ordre naturel ou paysager ;
des faits d'ordre historique ou des monuments et vestiges;
des richesses culturelles ou folkloriques.

Ces facteurs d'attraction déterminent le devenir touristique d'une


région et constituent les matières premières du tourisme. Sur la côte est
malgache, le slogan « mer, sable, soleil» peut résumer cet attrait. On peut
y voir le trait géographique le plus constant caractérisé par la concen­
tration des hommes le long du littoral. Les attraits balnéaires, quelle que
soit leur importance, jouent cet effet « nature » et les dépliants publi­
citaires sur Madagascar le montrent avec netteté.
Comme dans toute région côtière, ce qui attire le visiteur, c'est
d'abord l'originalité du paysage, la nature qui occupe la place principale,
même si celle-ci a beaucoup changé ou a été transformée par l' amé­
nagement. Le paysage de notre zone est d'abord celui de la mer, qui
émerveille par ses couleurs bleutées, contrastant avec les teintes ocres du
continent. Mais ce sont aussi les plages de sable blanc, les dunes, les
forêts ombrophiles, les promontoires, les lagunes et les flèches qui attirent
les touristes. Le découpage des côtes en baie, cap, côte rocheuse ou côte
sableuse, reste une expression encore « sauvage » et valorise le littoral de
l'est. C'est bien dans la nature que l'on recherche le développement du
tourisme balnéaire, que la société citadine, désireuse d'activité récréative,
voudrait plonger, se ressourcer pour profiter de la beauté du paysage, de
la qualité de l'air, de l'eau et des bienfaits du soleil.
Si telle est l'offre touristique du littoral, qu'en est-il de l'arrière­
pays ? Ici, c'est le milieu rural qui attire. Comme dans les diverses zones
rurales des pays en développement, le milieu rural de notre zone souffre
de la pauvreté, des infrastructures médiocres ou inexistantes, d'insécurité
permanente. Ces défaillances, notamment économiques, donnent une
image sombre de l'environnement géographique. Le milieu rural devient
un espace délaissé, alors qu'il garde encore son identité originelle. Pour
les habitants de la ville, la campagne est un lieu de villégiature, d'évasion
le temps de week-end, un endroit pour oublier les nuisances de la ville.
Leur séjour leur procure une sensation de retour aux sources et efface
l'image négative des zones rurales, qui deviennent lieux d'activités
récréatives variées et des pôles de développement touristique. Dans notre
zone, il est possible de valoriser des activités touristiques liées au :
TOUR1SME ET ENVIRONNEMENT... 123

tourisme rural, tel que l'agritourisme, par lequel on peut


proposer un séjour chez l'habitant agriculteur, dans le but de
faire découvrir la vie en communauté paysanne ou de s'initier à
la vie paysanne. Dans cette branche, on pourra insister sur le
tourisme chez l'habitant ou le relais à la pêche ;
tourisme vert, dont le but est de pouvoir admirer la valeur et la
beauté du paysage. Ceci est en relation avec l'écotourisme ou
tourisme lié à la biodiversité ;
tourisme culturel, qui est relatif aux visites à caractère
historique.
124 TRAVAUX & DOCUMENTS

Photos 1 : La bipolarité du tourisme côte est :


du tourisme balnéaire au tourisme de découverte

Cliché : auteur

Des potentialités touristiques à promouvoir


Le littoral est correspond à un long liséré de 1 500 km, allant de
Vohémar à Fort-Dauphin. Du fait de l'immensité et de l'extension de la
zone, l'étude se limitera aux sous-zones situées entre Vatomand ry et
Soanierana-Yvongo, soit à peu près 350 km de côte à vol d'oiseau.
Cette partie du littoral est remarquable par s.a rectitude, à cause de
l'action des courants marins entretenus par l'alizé et qui divergent vers la
TOURJSME ET ENVIRONNEMENT ... 125

latitude de Tamatave, rabattant les alluvions en longues flèches accro­


chées à des pointes rocheuses. Des dépressions à marécages sont coupées
par des canaux, qui permettent une navigation sûre, à l'abri de la grande
houle du large. L'intérêt de la zone réside dans la beauté des paysages qui
n'ont pas d'équivalents dans le monde. Ceux-ci sont uniques et
caractérisés par la végétation luxuriante et ombrophile des côtes, dont les
sites les plus remarquables se trouvent vers le nord. S'ajoute à cela la
senteur des plantes tropicales, tels que caféiers, girofliers, poivriers,
canneliers. Celui qui aime l'aventure peut effectuer sur les côtes ou les
tanery\ des circuits inédits ou des randonnées inoubliables.
Le charme des paysages ne réside pas seulement dans leurs carac­
téristiques originales, mais encore dans le folklore, les us et coutumes, le
genre de vie de la population, d'où, des sous-régions offrant au touriste
un champ d'exploration captivant. Entre Foulpointe et Fénérive Est, les
plages sont le paradis des amateurs de chasse sous-marine, de tourisme
sous-marin, de surf ou de wind-surf. Le long des barrières coralliennes, à
la période des marées basses, le nageur admirera à 50 m sous l'eau, des
paysages d'une grande beauté. L'exposition directe aux vents d'alizé vaut
à ces régions de l'Est des pluies copieuses, qui, associées aux chaleurs plus
ou moins constantes, créent tout au long de cette côte, un climat de type
subéquatorial. Sur près de 300 km, du nord au sud, les températures sont
remarquablement égales : la moyenne annuelle est de 25 ° C. Celle des
pluies dépasse largement 2,5 m. Bien que l'humidité atmosphérique reste
élevée toute l'année, la sensation de moiteur est souvent combattue par le
souffle de l'alizé, que renforce la brise de mer. Des vacanciers en
provenance des Hautes Terres ou d'autres régions apprécient les plages de
l'Est, de juillet à septembre. En revanche, c'est la région la plus éprouvée
par les cyclones, plus particulièrement entre décembre et avril. Le climat
chaud et humide favorise le développement d'une forêt dense et
sempervirente. C'est ici que les espèces d'affinités extrême-orientales sont,
comme on pouvait l'attendre, les plus fréquentes dans la flore. Mais celle­
ci se modifie avec l'altitude, les sols, l'influence des destructions
humaines par le tavy. La zone des collines ne porte plus qu'une forêt de
ravenala madagascariensis, de bambous et de haronga madagascariensis.
L'uniformité du milieu naturel se reflète dans l'habitat, la maison
est tout entièrement construite en végétal. Le Betsimisaraka utilise le
ravina/a providentiel et le bambou, comme matériaux de son habitation,
construite sur pilotis.

5 Tanety ; colline.
126 TRAVAUX & DOCUMENTS

Les genres de vie diffèrent assez peu le long de cette côte chaude et
humide. Les cultures principales sont à base vivrière et d'autoconsom­
mation : riz, manioc, patate et taro. Malgré les interdictions officielles, la
pratique du tavy ou brûlis n'a pas disparu. Cette exploitation sclérosée
détruit d'immenses superficies de forêt et active le déboisement et les
effets néfastes de l'érosion sur les collines et les massifs des zones inté­
rieures. En arrière des dunes, sur les alluvions fertiles des vallées et des
plaines intérieures, l'autochtone pratique des cultures intensives ou des
plantations commerciales.
ESPACES ET REALITES TOURISTIQUES QUELQUES EXEMPLES
TYPES
Photos 2: Quelques exemples d'infrastructure d'accueil
TOURISME ET ENVIRONNEMENT .•• 127

Cliché : auteur

Les types d'espaces touristiques peuvent êtres abordés de plusieurs


manières et aboutir à des nombreuses variantes. Il s'agit d'espaces
touristiques littoraux, urbains ou ruraux.

L'espace vierge de la sous-région de Vatomandry

Située à 277 km d'Antananarivo, vers le sud-est, elle comprend 13


firaisana et 167 fokontany6. Sa superficie totale est de 2 732 km2• Il s'agit
d'une zone au relief accidenté, constituée de massifs, de collines
subégales, de vallons et de petites vallées exiguës. Puis, une bande côtière,
d'une quinzaine de kilomètres de large, constituée de cordons littoraux,
des lagunes, des zones sableuses et parfois marécageuses. La région a des
plans d'eau et des lacs exploitables pour la pêche et le tourisme lacustre.
La couverture forestière de la zone est importante, elle offre des richesses
non négligeables, qui sont cependant livrées aux feux annuels de brûlis.
La population autochtone pratique des activités culturales des
subsistances et d'autoconsommation. Les cultures caféières restent
cependant les plus importantes et sont pratiquées sur des concessions,
localisées autour de Vatomandry.
Sur le plan touristique, la côte est peu exploitable, du fait de la
forte houle du large qui ne laisse aucune possibilité de fréquentation des
plages. L'arrière-pays correspond à une zone de basses collines, où le
tourisme de découverte est possible par la marche à pied. La liaison
aérienne est effectuée par twin otters, deux fois par semaine. La route
assure les liaisons bi-hebdomadaire par taxi-brousse. Les infrastructures
d'accueil sont constituées par des hôtels et restaurants ravina/a d'une à
deux étoiles : Grand hôtel, hôtel Fontsy, hôtel Saya, disposant entre
3 et 12 chambres et bungalows, dont la nuitée coüte entre 20 000 à
50 000 Fmg.

6 Fokontany : village, firaisana : canton.


128 TRAVAUX & DOCUMENTS

Somme toute, les potentialités touristiques de la zone sont diver­


ses : les forêts avec plusieurs espèces végétales, des concessions caféières,
une variété d'espèces animales, des cultures fruitières diverses, des lieux
d'excursion typiques. Mais, il faudrait améliorer les voies d'accès, animer
la ville de Vatomandty. En 2003, on a enregistré 52 visiteurs étrangers,
surtout français, réunionnais et américains. Le cadre naturel est propice
au développement du tourisme, mais il faudrait que la population locale
participe consciencieusement à la sauvegarde de l'environnement terrestre
et marin, en se gardant de polluer les plages et de pratiquer les cultures
itinérantes. L'autre moyen d'attirer des clients serait de faire une publicité
orientée vers la surenchère des sites et des activités socio-économiques.
Enfin, il faudrait penser au tourisme fédérateur qui allierait des circuits
entre la mer et l'arrière-pays, en insistant sur la complémentarité du
tourisme balnéaire et de l'écotourisme (photos 2).

Le tourisme balnéaire d'Ambila le Maitso

Dans la micro-zone d'Ambila le Maitso, le tourisme balnéaire est


accompagné d'animations de centres de loisirs. Les plages sont surtout
fréquentées tous les ans par les touristes en provenance des Hautes Terres
Centrales, d'où le nom de plages de Tananarive. On peut pratiquer des
sorties de pêche et de chasse. Outre l'accès par route, le train par la
Micheline, sous la gestion du transit Malaky, jusqu'en 1998, a permis de
desservir l'espace. Les structures d'accueil ont été améliorées depuis une
dizaine d'années. Le relais Malaky voyages organise des circuits sur le
canal des pangalanes, où les touristes peuvent profiter d'une vue
exceptionnelle. Les plages sont cependant interdites, en raison des
requins qui viennent rôder aux abords de la côte.
L'hébergement est assuré par les deux hôtels, Ambila beach de
Madame Hoareau, le Ravenala de Monsieur Kotonariela.
Le Relais Malard, une étoile, est le seul hôtel de standing de la
région. Il propose aux touristes étrangers et nationaux le voyage organisé
avec séjour, animations et divers circuits touristiques, à tarif réduit. À
Ambila, les hôtels ravina/a, classification malgache, sont nombreux. Les
formes d'hébergement sont des bungalows sur pilotis et à toiture et mur
en végétal. La restauration offre un service très limité.
Les prix de la nuitée des hôtels varie de 40 000 à 150 000 Fmg7 •
Les touristes sont nombreux à venir pendant les vacances de Noël,
Pâques et en juillet-août.

7 1 euro vaut 13 160 Fmg au cours pondéré le 26/10/2004.


TOURISME ET ENVIRONNEMENT... 129

La sous-région de Tamatave ou la lente émergence du tourisme urbain


et de petites vacances

Elle comprend 21 communes, occupant une superficie totale de


4 968 km2• Lefivondronana de Toamasina I compte 154 183 habitants,
avec une densité de 4 551 habitants au km2• Celui de Toamasina II, 26
habitants au km2•
La sous-région de Toamasina connaît aujourd'hui un dévelop­
pement remarquable du tourisme urbain. Toamasina, outre son rôle de
capitale régionale, est à la fois port long courrier et port fluvial. La visite
de ses différents quartiers ne présente pas d'intérêt particulier. Il semble
préférable de laisser le voyageur errer selon sa fantaisie que de le guider
suivant un itinéraire précis. Le meilleur moyen de locomotion est le
pousse-pousse, qui permet de visiter la ville en moins d'une journée, avec
un tarif variant de 3 000 à 75 000 Fmg.
Aujourd'hui, la commune urbaine de Toamasina s'est dotée d'une
infrastructure de base, pour un développement du tourisme sur le littoral,
dans la ville et l'arrière-pays. Une dizaine d'hôtels totalisent 250
chambres pour près de 40 000 nuitées, avec un taux de remplissage de
45 % environ. Parallèlement, la faiblesse de la capacité d'accueil explique
la faiblesse de la demande touristique. En effet, seul un seuil minimal de
capacité de l'ordre de 2 000 à 3 000 lits, pour l'ensemble de la zone,
permettrait une véritable dynamisation du secteur, avec un minimum de
planification, quant à la condition d'exploitation et de prévision. Cette
augmentation de capacité en lits est réalisable, sur le long terme et dans le
cadre d'une nouvelle stratégie de développement touristique. Un
hébergement de business a été inauguré à Toamasina, au mois de juillet
1995, sous le nom de Sharon hôtel, un établissement quatre étoiles, géré
par un indien, d'une capacité de 37 chambres. L'hôtel Neptune, quatre
étoiles, au bord de la mer, est le plus confortable de tous, avec 45
chambres, et une boîte de nuit.
Somme toute, la ville de Toamasina s'est dotée d'une infra­
structure de base comprenant hôtels, restaurants et boîtes de nuit, mais
l'on constate la faiblesse de la capacité d'accueil, avec 3 000 lits pour
l'ensemble.
Toamasina est un lieu de passage et de transit des touristes, qui
partent pour La Réunion, Maurice et Sainte-Marie. La desserte aérienne
est facilitée par l'aéroport régional d'Ambalamanasy.
130 TRAVAUX & DOCUMENTS

Trois micro-zones tounsuques peuvent être distinguées dans le


fivondronanJ de Toamasina
- À 13 km, au nord-ouest de la ville, par une route qui quitte la
RN5, on peut rejoindre le parc zoologique et la vallée de l'Ivo­
loina. La station forestière et le parc zoologique d'Ivoloina ont
été créés en 1963 et sont administrés par le Service des Eaux et
Forêts. Il abrite toutes sortes d'animaux : lémuriens, tortues,
caméléons et surtout des serpents. Cette richesse faunistique
attire de plus en plus de visiteurs, tous les ans, surtout, du mois
d'août à octobre, période plus sèche, sur la côte est.
- Le parc d'Ivoloina améliore et conserve les espèces végétales,
depuis 1958, par la mise en place d'une collection d'arbres, de
93 espèces, dans le parc, et de 33 espèces, dans !'Arboretum I et
II. Aujourd'hui, un essai reboisement est entrepris sur la colline
et ses pentes, ainsi que dans les zones de bas-fonds marécageux.
- À 55 km, au nord de Toamasina, se trouve la station forestière
de Betampona. Celle-ci, desservie par une piste saisonnière, fait
l'objet d'un vaste projet de la Banque Mondiale, dont le but est
la protection de l'environnement par la population locale.
- La bourgade de Foulpointe, jadis centre de traite connue
des marins et négociants, se développe grâce à l'activité tou­
ristique. En effet, on peut y dénombrer 9 sites intéressants,
dont les plus visités sont le Manda, le lac sacré, la Pointe, le
Mandan'andriana, la réserve des eaux et forêts et la réserve de
l'Université, qui sont soit des sites naturels, soit des sites
culturels ou historiques. Dix hôtels sont recensés dans le bourg
de Foulpointe, dont l'un de trois étoiles, le Manda beach, de
38 chambres. Neufs hôtels sont classés ravina/a, soit 200
chambres bungalows. Par an, en moyenne 25 000 touristes y
arrivent, dont 70 % de nationaux et 30 % d'étrangers. Parmi
les étrangers, on compte des Français, des Anglais, des Italiens
et des Russes. Le manque d'agence de voyage dans la bourgade
pose le problème du contact pour les touristes. Le tarif
bungalow varie de 100 000 à 250 000 Fmg, selon leur qualité
et confort. Souvent, les étrangers font un séjour inférieur à 3
jours, quant aux touristes nationaux, ils séjournent pendant
plus d'une semaine. Pendant la période des grandes vacances,
par grande affluence, des vacanciers arrivant d'Antananarivo ou
d'autres régions de l'île vont louer des bungalows ou des cases

8 Fivondronana: ex-préfecture.
TOURISME ET ENVIRONNEMENT.. , 131

sur pilotis, chez l'habitant. En définitive, le tourisme se


développe plus rapidement que les autres activités
économiques, mais cette activité pose des problèmes sociaux,
car le tourisme sexuel et la prostitution gagnent du terrain dans
la localité. Cependant, malgré les effets négatifs et pervers du
tourisme, les atouts de Foulpointe demeurent, car elle
représente une future et nouvelle destination de Madagascar,
avec ses curiosités particulières à connaître et à visiter, telles les
tombes de Coillandeau de la Touche, chirurgien du roi Louis
XV, mort en 1766, ou celles où sont enterrés forbans et
négriers ou autres aventuriers de XVI1° et XIXe siècles. La
touche d'exotisme sera complétée par la piscine naturelle,
considérée comme un havre de paix pour les touristes amateurs
de baignade et de passage des baleines à bosse venant de l'île de
Sainte-Marie, d'octobre à janvier. Le quotidien Midi
Madagascar (13 octobre 2005 n ° 6442, p. 5), rapporté par
R. Navalona, voyait en Foulpointe l'une des destinations les
plus appréciées des touristes, sur la côte du palissandre.
- L'arrière-pays des collines, zone à développer pour des circuits
d'aventure. En partant de Soanierana-lvongo, sur le littoral, à
200 km de Tamatave, on peut profiter successivement de la
mer, riche en produits halieutiques, du littoral sablonneux et
de l'arrière-pays, qui offre des possibilités de circuits sans égal,
en remontant les collines et massifs de l'intérieur.
132 TRAVAUX & DOCUMENTS

L'AVENIR DU TOURISME SUR LA COTE EST

Croquis 2 : Population - Infrastructures


Sites et équipements touristiques

Nord

Légende

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Roule nat,onole
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Bâtiment
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Sites lourisl iques
Station forestière
Station bolnëoire
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Aéroclub
à Site de découverte

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5102050100

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TOURJSME ET ENV1RONNEMENT... 133

La politique actuelle du gouvernement est la recherche d'un


développement rapide et durable dans le secteur du tourisme, et le but
principal est le développement économique et social, soucieux de l'envi­
ronnement naturel et économique. À l'heure de la valorisation à outrance
des paradis tropicaux, de leurs plages ensoleillées bordant des lagons aux
eaux d'un bleu émeraude, promouvoir un tourisme littoral sur la côte est
peut paraître incongru. Son climat humide peut s'imposer comme une
contrainte. Pourtant, la mer apparaît comme une composante essentielle
du tourisme de cette côte, encore sauvage et protégée, paysage
d'exception pour la pratique d'activités variées telles qu'excursions,
randonnées pédestres, pêche. La région possède différents types
d'infrastructures d'accueil et d'hébergement. Selon le ministère du
Tourisme, en 2003, le faritany de Toamasina est classé en 3e position,
avec 24 152 visiteurs sur 125 140, soit 19,3 % du total enregistré à la
frontière. La répartition mensuelle des visites laisse apparaître une pointe
entre août et octobre. La principale motivation des touristes est la
découverte des sites touristiques et l' écotourisme. Les touristes français et
réunionnais sont les clients potentiels de cette zone.
La côte est malgache offre des types d'espaces partagés entre plu­
sieurs activités dont la complémentarité est souvent indispensable à la
production et à la consommation touristiques polyvalentes et ouvertes. Il
s'agit ici essentiellement d'espaces touristiques littoraux, urbains ou les
deux à la fois ou enfin à caractère rural.
La valorisation touristique d'un littoral encore vierge en plusieurs
endroits semble être la solution à développer sur la côte est malgache,
dont l'image régionale est étroitement associée à la mer. Pourtant, même
si la population betsimisaraka vie à proximité du littoral, le groupe
ethnique est tourné plutôt vers la terre que vers la mer. Sa tradition
maritime est relativement faible. Ce sont donc les touristes qui pourront
convenablement associer l'arrière-pays à la mer.

CONCLUSION

La sous-région comprise entre Toamasina et Vatomand ry a des


potentialités touristiques certaines, tant sur le plan de la biodiversicé que
sur le plan économique. Aujourd'hui, le littoral est malgache apparaît
comme une destination touristique privilégiée. Son attraction déclenche
diverses formes de migrations et diverses activités peuplantes. La richesse
de la biodiversicé est l'une des conditions les plus plausibles pour le
développement du tourisme malgache. La côte est, de par sa situation,
allie agréablement le balnéaire et la découverte. Mais, il faudrait
TOURISME ET ENVIRONNEMENT... 133

La politique actuelle du gouvernement est la recherche d'un


développement rapide et durable dans le secteur du tourisme, et le but
principal est le développement économique et social, soucieux de l'envi­
ronnement naturel et économique. A l'heure de la valorisation à outrance
des paradis tropicaux, de leurs plages ensoleillées bordant des lagons aux
eaux d'un bleu émeraude, promouvoir un tourisme littoral sur la côte est
peut paraître incongru. Son climat humide peut s'imposer comme une
contrainte. Pourtant, la mer apparaît comme une composante essentielle
du tourisme de cette côte, encore sauvage et protégée, paysage
d'exception pour la pratique d'activités variées telles qu' excursions,
randonnées pédestres, pêche. La région possède différents types
d'infrastructures d'accueil et d'hébergement. Selon le ministère du
Tourisme, en 2003, le faritany de Toamasina est classé en 3e position,
avec 24 152 visiteurs sur 125 140, soit 19,3 % du total enregistré à la
frontière. La répartition mensuelle des visites laisse apparaître une pointe
entre août et octobre. La principale motivation des touristes est la
découverte des sites touristiques et l'écotourisme. Les touristes français et
réunionnais sont les clients potentiels de cette zone.
La côte est malgache offre des types d'espaces partagés entre plu­
sieurs activités dont la complémentarité est souvent indispensable à la
production et à la consommation touristiques polyvalentes et ouvertes. Il
s'agit ici essentiellement d'espaces touristiques littoraux, urbains ou les
deux à la fois ou enfin à caractère rural.
La valorisation touristique d'un littoral encore vierge en plusieurs
endroits semble être la solution à développer sur la côte est malgache,
dont l'image régionale est étroitement associée à la mer. Pourtant, même
si la population betsimisaraka vit à proximité du littoral, le groupe
ethnique est tourné plutôt vers la terre que vers la mer. Sa tradition
maritime est relativement faible. Ce sont donc les touristes qui pourront
convenablement associer l'arrière-pays à la mer.

CONCLUSION

La sous-région comprise entre Toamasina et Vatomand ry a des


potentialités touristiques certaines, tant sur le plan de la biodiversité que
sur le plan économique. Aujourd'hui, le littoral est malgache apparaît
comme une destination touristique privilégiée. Son attraction déclenche
diverses formes de migrations et diverses activités peuplantes. La richesse
de la biodiversité est l'une des conditions les plus plausibles pour le
développement du tourisme malgache. La côte est, de par sa situation,
allie agréablement le balnéaire et la découverte. Mais, il faudrait
134 TRAVAUX & DOCUMENTS

améliorer l'offre touristique, pour la rendre plus compétitive, notamment


au niveau des prestations et des services. La promotion d'une image forte
et attractive de la zone est à entreprendre, dans une perspective de
développement durable. Par ailleurs, dans un souci de protection de
l'environnement, la côte est devra trouver des solutions pour arrêter les
défrichements, le braconnage des animaux et des plantes rares, pour
qu'elle puisse s'orienter vers le développement de l' écotourisme. En
résumé, il faudrait installer un projet pilote de développement et mettre
sur pied une politique d'aménagement, de protection et de mise en
valeur. Il faudrait aussi réglementer la gestion des milieux à vocation
touristique, les protéger et les mettre en valeur, en recherchant la qualité
des équipements, de manière à en faire profiter au maximum et sur le
long terme les sociétés locales.

BIBLIOGRAPHIE

Cazes G., Fondements pour une géographie du tourisme et des loisirs, Bréal, 1992, 191 p.
Cazes G., Lanquard, Raynouard, L'aménagement touristique, coll. « Que sais-je?», P.U.F,
1990, 120 p.
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Toamasina, étude régionale, 1991, 350 p.
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Automobile-club de Madagascar, 1971, 664 p.
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vol. 1, Tome 3, novembre 1996, 290 p.
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Ivongo, Vatomandry, 1998, 230 p.
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Rabemanantsoa L. A., Contribution à l'étude géographique des activirés touristiques dans
la micro-région d'Ambila le Maitso, Centre est malgache, 2004, 100 p.
Ratovoson C., Cours de Géographie économique en Licence de géographie, partie : Le
tourisme dam l'économie malgache, 2004, 120 p.
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Vella F., Le tourisme, Cyclope, Economica, 1992, 145 p.
Verra V., Madagascm; le guide, 3' édition, Carambole, 2002, 386 p.

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