Université Joseph Fourier.
Master 1 Physique
TD de mécanique quantique.
◦
TD n 4 Solution
Particule chargée dans un champ magnétique
1 Hamiltonien d'une particule chargée (ex. de cours)
Réf : [1], chap.3
1. On a
~
~ = −−
E
−→
grad (U ) −
∂A
, ~ =−
B
→~
rotA
∂t
2. On notera ~x = (x1 , x2 , x3 ) les composantes d'un vecteur. Les équations de mouvement de
Hamilton donnent pour j = 1, 2, 3
dxj ∂H 1
= = (pj − qAj )
dt ∂pj m
(Cela donne ~
p~ = m~v + q A où ~v = d~
x
dt est la vitesse). On a aussi
3 ! 3 !
dpj ∂H X 1 ∂Ai ∂U X ∂Ai ∂U
=− = (pi − qAi ) q −q = vi q −q
dt ∂xj i=1
m ∂xj ∂xj i=1
∂xj ∂xj
Alors
d2 xj dpj dAj
m 2
= −q
dt dt dt
or
dAj (~x (t) , t) X ∂Aj dxi ∂Aj
= +
dt i
∂xi dt ∂t
et
∂U ∂Aj
Ej = − − ,
∂xj ∂t
Donc
3 ! !
d2 xj
X ∂Ai ∂U X ∂Aj dxi ∂Aj
m 2 = vi q −q −q +
dt i=1
∂xj ∂xj i
∂xi dt ∂t
3 !
X ∂Ai ∂Aj
=q vi − + qEj
i=1
∂xj ∂xi
= q (v ∧ B)j + qEj = FLorentz
P
3 ∂Ai ∂Aj
On a obtenu l'équation de Newton. En dernière ligne on a utilisé (v ∧ B)j = i=1 vi ∂xj − ∂xi
qu'il nous faut montrer maintenant. On a
∂ ∂A3 ∂A2
B1 = −
∂X1 A1 ∂X2 ∂X3
~ = rot
B ~ A ~ = ∂
∧ A2 = B 2 =
∂A1
− ∂A3
∂X2 ∂X3 ∂X1
∂ A3 ∂A2 ∂A1
∂X3 B3 = ∂X1 − ∂X2
1
et
v2 B 3 − v3 B 2
~ =
~v ∧ B etc
..
∂A2 ∂A1 ∂A3 ∂A1
v2 B 3 − v3 B 2 = v2 − + v3 −
∂X1 ∂X2 ∂X1 ∂X3
X ∂Aj ∂A1
= vj −
j
∂X 1 ∂X j
P ∂Aj ∂Ai
~
car le terme j=1 est nul. On a donc bien montré que j ∂xi − ∂xj vj = ~v ∧ B .
i
2 L'eet Aharonov-Bohm (1959)
1. On considère une boucle fermée γ passant par le chemin 1 et revenant par le chemin 2. La
boucle entoure le ux. Par conséquent la circulation de ~ est
A
Z Z Z Z Z Z Z
~ ~l −
A.d ~ ~l =
A.d ~ ~l =
A.d ~ A
rot ~ d2 s = ~ 2s = φ
Bd
γ1 γ2 γ S S
qui est le ux et est non nul. Donc ~ 6= 0.
A On peut supposer en coordonnées polaires
~ (r, θ) = A 1 ~uθ ,
A avec A = φ/2π . Ainsi, on calcule sur un cercle de rayon r>0 quelconque,
r
~ ~l = φ.
R
γ
A.d
∂
p~ ≡ −i~ ∂~ ~
2. Rappel :
x = −i~grad. on calcule tout d'abord pour toute fonction ϕ :
χ (x)
χ (x)
~ exp ie χ (x) ϕ
~
p~ − eA exp ie ~
ϕ = −i~grad exp ie ϕ (x) − eA
~ ~ ~
ie ~ χ (x) χ (x) ~ exp ie χ (x) ϕ
= −i~ gradχ exp ie ϕ + exp ie pϕ) − eA
(~
~ ~ ~ ~
χ (x)
= exp ie (~
pϕ)
~
En appliquant deux fois la formule, on déduit que
2
χ (x)
χ (x)
~
p~ − eA exp ie ~
ϕ = p~ − eA exp ie (~
pϕ) (1)
~ ~
χ (x)
p~2 ϕ
= exp ie
~
Supposons donc :
1 →
− →
− 2
p − e A ψ1 + V ψ1 = Eψ1 (2)
2m
Et posons
Z x
χ (x) ie − 0 →
→ −
ψ1 (x) = exp ie ψ0 (x) = exp A (x ).d l ψ0 (x), x ∈ D1
~ ~ x0
Donc
1 →
− →
− 2 ie χ χ χ
p − eA e ~ ψ0 + V eie ~ ψ0 = Eeie ~ ψ0
2m
et (en utilisant (1)) est équivalente à
1 →
(−
2
p ) ψ0 + V ψ0 = Eψ0
2m
2
3. On note de même ψ2 (x) l'amplitude de la fonction d'onde ayant suivit le chemin γ2 , et on
suppose ψ2 (x0 ) = ψ1 (x0 ) = ψ0 (x0 ). Donc de même,
Z
ie − 0 →
→ −
ψ2 (x∗ ) = exp A (x ).d l ψ0 (x∗ )
~ γ2
L'amplitude de l'onde sur l'écran, au point x∗ est alors donnée par
Z Z
ie − 0 →
→ − ie − 0 →
→ −
ψ1 (x∗ ) + ψ2 (x∗ ) = exp A (x ).d l + exp A (x ).d l ψ0 (x∗ )
~ γ1 ~ γ2
Z Z
− 0 →
→ − − 0 →
→ − − 0 →
→ −
Z
ie ie
= exp A (x ).d l 1 + exp A (x ).d l − A (x ).d l ψ0 (x∗ )
~ γ1 ~ γ2 γ1
R − 0 →
→ − R → − →
− R → − →
−
or
γ2
A (x ).d l − γ1 A (x0 ).d l = γ A (x0 ).d l = φ (où γ = γ2 − γ1 est la boucle qui
entoure le ux). Ainsi la densité de probabilité de présence I de l'électron en ce point x est
2
2 2
I = |ψ1 (x∗ ) + ψ2 (x∗ )| = 1 + eieφ/~ |ψ0 (x∗ )|
2
= 2 (1 + cos (eφ/~)) |ψ0 (x∗ )|
Conclusion, lorsque le ux φ varie, alors l'intensité I varie périodiquement, de façon signi-
cative. Ainsi en mécanique quantique le champ magnétique inue sur les électrons même s'il
est nul là où la fonction d'onde est importante (chemins 1 et 2). Ce qui compte est que la
fonction d'onde entoure le ux magnétique. En mécanique classique, le champ ~
B n'aurait
aucun eet sur les electrons qui passeraient sur les chemins 1 ou 2.
4. La plus petite variation de ux mesurable est donnée par e∆φ/~ = π/2 (ou une fraction).
Or φ = BS où S est la surface. La variation minimale du champ observable est donc
π~
∆B = ' 2µT
2eS
3 Niveaux de Landau
1. ~ = rot A
B ~ = (∂x Ay − ∂y Ax ) ~ez = B~ez . Alors
1 2
H(x, px , y, py ) = ~
p~ − eA
2m
2 2 !
1 eB eB
= px + y + py − x
2m 2 2
2. Pour les unités, [Q] ≡ √[p~eB
x]
≡ √ [px ] ≡ 1 (pensant à d~
p
dt ≡ e~
v∧B ~ ) et [q] ≡ [px ] ≡
[eBX]
[ ] [px ]m[px ]/m
[px ]
([px ]/m)m ≡ 1. Donc Q̂, P̂ , q̂, p̂ sont sans dimension. A partir de [x̂, p̂x ] = i~ et [ŷ, p̂y ] = i~,
on calcule h i
Q̂, P̂ = i, [q̂, p̂] = i ~ef f
et les autres commutateurs sont nuls. On a nalement :
φ0
2π~ef f = .
φ
3
3. D'après l'expression de H de la question 1, et l'expression de Q, P on obtient
2 2 !
1 eB eB
H (Q, P, q, p) = px + y + py − x
2m 2 2
~eB
Q2 + P 2
=
2m
~ω
P 2 + Q2
=
2
P 2 + Q2 est un oscillateur harmonique. Les niveaux d'énergie (niveaux
~ω
4. H (Q, P, q, p) = 2
de Landau) de l'opérateur Ĥ sont donc :
1
En = ~ω n + , n = 0, 1, 2, . . .
2
Mais les variables (q, p) n'interviennent pas dans l'expression de H. Cela signie que l'opé-
2
rateur Ĥ agit dans l'espace L R2q,Q 2
= L (Rq ) ⊗ L (RQ ) 2
comme Id ⊗ ~ω
2 P̂ 2 + Q̂2 .
Par conséquent chaque niveau est inniment dégénéré (comme la dimension de l'espace de
Hilbert L2 (Rq ) des opérateurs q̂, p̂).
Références
[1] F. Faure. Cours de Mécanique quantique pour Master M1 de physique. http ://[Link]-
[Link]/~faure/enseignement.