TheseALG Versionfinale
TheseALG Versionfinale
Ensuite, je remercie mes encadrants pour leur patience et leur pédagogie. Je me rends compte
aujourd’hui de l’immense quantité de travail que le doctorat impose. Le temps dont on dispose à
la fin de la thèse (rédaction, préparation de soutenance, etc) est bien trop court (mais cela reste
relatif si l’on supprime les nuits de sommeil).
Merci à Yann LE GRAND d’avoir aiguillé mes réflexions autour du développement du micro-
scope polarimétrique de Mueller. Ta rigueur, ton sens du détail et ton regard extérieur ont permis
de remettre en perspective cet instrument et d’enrichir la présentation des bases théoriques du
codage spectral de la polarisation et l’implémentation sur un microscope commercial. Toutes les
discussions que l’on a eues à la fin de la thèse vont permettre, je suis sûr, de multiplier les pistes
de développement de ce microscope multimodal.
Je remercie Sylvain RIVET pour m’avoir introduit les bases théoriques du polarimètre de Muel-
ler par codage spectral lors de la première année de thèse et pour ton aide à la fin de la fin de la
thèse. Tu m’as permis de très vite passer à l’expérience, dont on a pu découvrir de nouvelles
sources d’erreurs systématiques introduites par la swept-source et par le cube séparateur. Pendant
plusieurs semaines, on a pu s’arracher les cheveux sur la façon dont les problèmes pouvaient
être appréhendés. Cependant, ta passion, ta pédagogie et ta vision sur le long terme m’ont appris
la persévérance que demande la recherche, permettant de publier dès ma première année. Les
discussions à la fin de la thèse ont permis également de mettre en évidence que l’implémentation
du polarimètre peut être encore plus généralisée à n’importe quel système optique, ce qui m’a
apporté plus de fierté sur mes travaux.
Je remercie Matthieu DUBREUIL pour avoir pris la relève de Sylvain dès la deuxième année
jusqu’à la fin de la thèse. Ta rigueur scientifique et ta pédagogie m’ont aidé à évaluer rigoureuse-
ment les erreurs systématiques et de déterminer l’ordre de grandeur des erreurs aléatoires. On a
pu également se confronter ensemble à l’implémentation optique, mécanique et électronique
du polarimètre sur le système de scanners. Mais avec de la persévérance, des images et une
publication ont pu être obtenues. Je te remercie également pour m’avoir aidé d’un point de vue
administratif sur les cours que j’ai pu dispenser lors de mes deux premières années de thèse.
Je remercie l’ensemble des membres du LSOL qui permettent de faire rayonner une am-
biance chaleureuse et de créer une synergie intellectuelle. C’est donc un grand plaisir de se lever
chaque jour pour aller travailler dans ces conditions. Je remercie :
–
— Guy LE BRUN, pour ta bonne humeur et tes blagues un peu douteuses (je retiendrais la
dernière avec ce que l’on obtient lorsqu’on perd la chaise . . . ),
— Fabrice PELLEN, pour ton écoute attentive sur des problèmes particuliers, ton humanité
et pour m’avoir permis de me défouler lors des quelques séances de Karaté auxquelles j’ai
pu participer,
— Gaël LE ROUX, pour ta bonne humeur, ta passion sur les expériences scientifiques
pédagogiques et pour avoir été la pierre angulaire au développement mécanique du mi-
croscope polarimétrique de Mueller (je maintiens que la pâte à fixe et le scotch sont des
alternatives plutôt intéressantes pour le développement instrumental),
— Jacqueline LE BARS, secrétaire du laboratoire, qui m’a permis d’alléger le côté adminis-
tratif de mes travaux (commande de matériels, réservation d’avion, d’hôtels, etc).
Je remercie les doctorants du LSOL que j’ai pu rencontrer et avec qui j’ai pu évoluer pendant
trois ans. Vous avez été d’un excellent soutien moral et intellectuel. Je remercie
— David SEVRAIN, pour m’avoir permis de découvrir les tréfonds de la fin de thèse et
m’avoir introduit à l’association DAKODOC (que j’ai présidé pendant un an),
— Vincent BOGARD, pour avoir toujours remis en cause ce que j’affirmais, ce qui m’a aidé
à toujours chercher les meilleurs arguments,
— Christelle ABOU-NADER, avec qui la thèse a débuté et fini la même année, pour les
pauses café, les soirées mémorables et pour m’avoir fait découvrir la culture libanaise,
— Nour ALEM, pour ton soutien moral, surtout à la fin de la thèse. J’espère que je ne t’ai pas
trop fait peur les dernières semaines et que toi aussi tu trouveras un doctorant qui t’aidera
à passer tes nerfs.
–
Je remercie aussi les nombreux doctorants et post-doctorants avec qui j’ai pu discuter et
partager mes incertitudes sur la thèse. On se rend compte que les doctorants ont un langage bien
a eux, mêlé de plaintes, de touches d’espoir, d’explications foireuses des travaux, etc, qu’ils sont
les seuls à comprendre.
Je remercie mes amis brestois (qui se reconnaı̂tront), costamoricains (trop nombreux pour
apparaitre ici) et Rennais (Nicolas David, Thomas CALVEZ). Enfin, je remercie plus parti-
culièrement ma famille qui m’a soutenu jusqu’au bout. Je n’ai pas toujours été facile tous les
jours, surtout les dernières semaines. A la suite de ma soutenance, j’espère à présent que vous
comprenez ce qui m’a fait râler pendant trois ans.
–
Table des matières
Introduction générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1- Formalismes en polarimétrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.1- Polarisation de la lumière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2- Formalisme de Jones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3- Formalisme de Stokes-Mueller . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
–
Table des matières
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
3- Configuration en transmission . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
3.1- Procédure de calibration en transmission . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
3.2- Méthode d’auto-calibration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
3.3- Validation sur des échantillons de référence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
4- Configuration en réflexion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
4.1- Procédure de calibration en réflexion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
4.2- Prise en compte des éléments optiques en réflexion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
4.2.1- Influence du cube séparateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
4.2.2- Influence de l’optique collectrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
4.3- Validation sur des échantillons de référence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
4.4- Imagerie sur des échantillons connus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
Conclusions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
–
Table des matières
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
Annexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165
–
Table des matières
-1-
Table des matières
-2-
Introduction générale
Introduction générale
-3-
Introduction générale
Les méthodes d’investigation des milieux basées sur l’analyse des modifications des pa-
ramètres associés à l’onde lumineuse (intensité, fréquence, phase, polarisation et direction) par
un milieu d’étude possèdent de multiples avantages. En effet, elle permet de sonder la matière à
distance, à l’échelle microscopique et de manière non destructive.
La lumière peut être décrite comme une onde électromagnétique, composée d’un champ
électrique E~ et d’un champ magnétique B ~ vibrant en phase dans des plans perpendiculaires
entre eux et à la direction de propagation [1]. Pendant longtemps, on s’est intéressé uniquement
à trois paramètres la décrivant : l’intensité, la fréquence, la phase, sans tenir compte de l’aspect
vectoriel de l’onde optique. Mais, au début du XIX e siècle, Young et Fresnel ont montré qu’un
quatrième paramètre, la polarisation, fournit aussi des informations pertinentes. Cette tardive
prise de conscience s’explique simplement par le fait que l’œil humain n’est sensible qu’aux
variations d’intensité et de longueur d’onde, cependant certaines espèces animales (comme
l’abeille par exemple) se repèrent dans l’espace grâce à la polarisation de la lumière.
L’imagerie polarimétrique permet de révéler des contrastes supplémentaires par rapport l’image-
rie classique basée sur l’absorption du rayonnement lumineux. Cette méthode de caractérisation
s’applique à de multiples domaines de recherche tels que la microélectronique, le diagnostic
biomédical, la détection de cible ou encore l’astrophysique.
Il existe deux familles de polarimètres : les polarimètres de Stokes (qui mesurent les états de
polarisation) et les polarimètres de Mueller (qui mesurent les propriétés polarimétriques du
milieu). Le principe de ces derniers dispositifs consiste à éclairer un milieu par une lumière
codée en polarisation et d’analyser sa modification après interaction avec celui-ci. En comparant
les paramètres en entrée et en sortie du milieu, il est possible de remonter à la signature pola-
rimétrique complète du milieu. Un grand nombre de configurations expérimentales ont vu le
jour depuis quelques années utilisant différentes approches pour coder les états de polarisation.
Il y a trois philosophies :
-4-
Introduction générale
était composé d’un réseau et d’une caméra CCD dont la cadence de répétition, de l’ordre du
kHz, était incompatible avec l’imagerie à balayage laser. Bien qu’il existe des détecteurs CCD
ou CMOS possédant des cadences de répétition plus élevées (≥ 100kHz), notre choix s’est
tourné vers le développement d’un dispositif pouvant facilement s’intégrer dans un microscope
à balayage en configuration de transmission. Cette configuration impose l’emploi d’un détecteur
ayant une surface suffisamment large afin de collecter le faisceau balayé, ce qui n’est a priori
pas possible avec un spectromètre dont la fente d’entrée opère une sélection spatiale importante.
Durant ces trois années de travail de thèse, nous avons alors proposé un nouveau polarimètre
de Mueller en remplaçant la diode superluminescente par une source à balayage en longueur
d’onde à 100 kHz (swept-source) et le spectromètre par une simple un détecteur monocal
(photodiode ou photomultiplicateur). Ce nouveau système a ensuite été implémenté au sein d’un
microscope à balayage commercial de type confocal Olympus qui est utilisé au laboratoire pour
de la microscopie non linéaire. A terme, il est ainsi envisagé de développer un microscope à
balayage multimodal permettant de coupler les informations polarimétriques de Mueller et non
linéaires en temps réel, sur un même dispositif d’imagerie. Ces différentes étapes de ce travail
de thèse qui ont permis la mise en œuvre d’un microscope polarimétrique de Mueller à balayage
ont fait l’objet de 2 publications [2, 3].
-5-
Introduction générale
-6-
Introduction générale
-7-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
-8-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
Chapitre I
-9-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
Introduction
La polarisation décrit l’orientation des vibrations de l’onde électromagnétique et plus
précisément celle de son champ électrique E ~ : si sa direction change aléatoirement pendant le
temps de mesure, l’onde est dite non-polarisée, sinon elle est complètement ou partiellement
polarisée. De plus, lorsque la lumière traverse un milieu matériel, sa polarisation peut être
modifiée ; ainsi, en comparant les polarisations d’entrée et de sortie du milieu d’étude, il est
possible de remonter à certaines caractéristiques de celui-ci (orientation et/ou structure). C’est
dans ce cadre qu’intervient la polarimétrie développée depuis les années 1980, dont les premiers
systèmes imageurs ont vu le jour dans les années 1990. Depuis, ce domaine est en évolution
croissante avec de multiples applications allant de la caractérisation de matériaux à celle des
tissus biologiques. Plus particulièrement, ce travail de thèse s’est orienté en vue d’applications
en microscopie optique. En effet, la polarimétrie peut être utilisée pour révéler des contrastes
associés aux propriétés polarimétriques des échantillons en particulier des effets d’anisotropie et
être un complément intéressant à l’imagerie classique basée sur l’absorption du rayonnement
lumineux.
Dans une seconde partie, on se focalise sur l’interprétation d’une matrice de Mueller grâce à
laquelle on décrit n’importe quel élément optique qui modifie la polarisation d’une onde lumi-
neuse. Cet outil mathématique regroupe l’ensemble des effets polarimétriques mis en jeu tels
que le dichroı̈sme, la biréfringence et la dépolarisation. Pour remonter à une description fidèle
du milieu d’étude, des méthodes de décomposition ont été développées, en particulier pour les
milieux non-dépolarisants et pour les milieux dépolarisants. On discute également des méthodes
de filtrage du bruit qui peuvent être appliquées dans certaines situations expérimentales.
Dans une quatrième partie, un état de l’art sur des applications de l’imagerie polarimétrique
de Mueller est dressé. Les problématiques à différentes échelles d’imagerie montrent que l’enjeu
de cette technique est de révéler des contrastes supplémentaires. En particulier, des travaux
récents proposent de coupler l’analyse polarimétrique avec d’autres techniques d’imagerie dans
le cadre de l’imagerie multimodale.
-10-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
1- Formalismes en polarimétrie
1.1- Polarisation de la lumière
La polarisation de la lumière est l’évolution temporelle de la direction du vecteur champ
électrique E~ d’une onde lumineuse qui se propage.
Considérons une onde plane monochromatique progressive dans le vide, de vecteur d’onde ~k et
de pulsation ω. Le champ électrique de cette onde est exprimé dans un repère cartésien Oxyz et
s’écrit, dans le cas d’une onde se propageant suivant l’axe Oz , sous la forme :
Ex (z, t) E0x .cos(ω.t − k.z + φx )
~ = Ey (z, t) = E0y .cos(ω.t − k.z + φy )
E (I.1)
Ez (z, t) 0
où
— E0x et E0y sont les amplitudes réelles positives des composantes du champ électrique,
— ~k est le vecteur d’onde (tel que |~k| = 2π/λ ), où λ est la longueur d’onde,
Ex 2 Ey 2 2Ex Ey
2 + 2 − cosφ = sin2 φ avec φ = φy − φx (I.2)
E0x E0y E0x E0y
qui est celle d’une ellipse, dont une représentation dans le plan Oxy est donnée Figure I.1.
Précisons que dans le cas considéré, les grandeurs E0x , E0y et φ sont indépendantes du temps,
ce qui correspond à une onde totalement polarisée. Ainsi, dans le cas le plus général, l’état de
polarisation d’une onde lumineuse totalement polarisée est elliptique. Cet état est complètement
caractérisé par les grandeurs E0x , E0y et φ.
— l’azimut α (0 ≤ α ≤ π),
-11-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
Les relations entre ces différentes grandeurs et les amplitudes E0x et E0y sont données par
E0y
tanν =
E0x
2E0x E0y
tan2α = cosφ (I.3)
E0x 2 − E0y 2
2E0x E0y
sin2ǫ = sinφ
E0x 2 + E0y 2
cos2ǫcos2α = cos2ν
cos2ǫsin2α = sin2νcosφ (I.4)
sin2ǫ = sin2νsinφ
Pour des valeurs particulières des amplitudes E0x , E0y et du déphasage φ, l’ellipse peut se
décliner sous des formes particulières conduisant à des états de polarisation spécifiques. Par
exemple dans le cas où φ = 0, les deux composantes du champ électrique sont en phase et
ce dernier oscille dans une direction fixe, on parlera de polarisation linéaire (ou rectiligne). Si
φ ± π/2 et E0x = E0y , il s’agira d’une polarisation circulaire (droite ou gauche suivant le signe
de φ). Quelques états de polarisation particuliers sont représentés Figure I.2.
On dit que l’onde est complètement polarisée si les grandeurs la caractérisant, E0x , E0y et
φ, sont indépendantes du temps. A contrario, si ces grandeurs évoluent de manière aléatoire
(ou de façon complètement non-déterministe) comme la lumière naturelle, on parle d’une onde
non polarisée. Une onde polarisée de manière quelconque (ou partiellement polarisée) peut être
décrite comme une combinaison linéaire d’une onde non polarisée et d’une onde complètement
polarisée.
-12-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
Nous introduisons à présent un formalisme matriciel permettant de décrire les états de polarisa-
tion pour des ondes complètement polarisées, ainsi que leur modification après la traversée d’un
milieu.
où j est le nombre complexe tel que j 2 = −1. Le plus souvent, ce vecteur est représenté
sous sa forme normalisée
1 E0x
J~ = q (I.6)
2
E0x 2
+ E0y E0y ejφ
Quelques exemples de vecteurs de Jones associés à des états de polarisation particuliers sont
donnés en Annexe 1 de ce manuscrit.
-13-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
Grâce à cet outil, on a la possibilité de prédire l’état de polarisation de l’onde en sortie, défini
par le vecteur de Jones J~s connaissant le vecteur de Jones à l’entrée J~e et la matrice de Jones
de l’élément optique (composé d’un ou de plusieurs éléments). Cette matrice de dimension
2 × 2, notée [T ], est composée de quatre coefficients généralement complexes. L’interaction est
modélisée simplement de la façon suivante
F IGURE I.3 – Propagation de la lumière à travers une succession d’éléments optiques, modificateurs de
la polarisation
Pour cela, il suffit simplement de faire le produit des n-matrices de Jones décrivant chacun
des éléments optiques tel que
-14-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
Le symbole ”<>” désigne la moyenne spatiale et temporelle sur le détecteur. Cette façon de
noter les paramètres de Stokes a été omise volontairement par la suite pour alléger la notation.
Les composantes du vecteur de Stokes pour une onde totalement polarisée vérifient la relation
Les quatre composantes du vecteur de Stokes sont homogènes à des intensités lumineuses et
peuvent être écrites de la manière suivante pour une onde complètement polarisée
S0 I0
~= S1 Ix − Iy
S = (I.12)
S2 I+45° − I−45°
S3 ID − IG
avec,
— I+45° − I−45° , la différence d’intensité pour les polarisations linéaires à +45° et à −45°,
Si l’onde est complètement non polarisée, le vecteur de Stokes normalisé par rapport S0
devient
1
~= 0
S (I.14)
0
0
Mais si l’onde est partiellement polarisée, on peut décomposer son vecteur de Stokes comme
la somme d’une onde complètement polarisée et d’une onde complètement non polarisée
-15-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
p p
S0 S12 + S22 + S32 S0 − S12 + S22 + S32
~= S1 S1 0
S = +
(I.15)
S
2 S2 0
S3 S3 0
Partant des deux cas extrêmes d’état de polarisation (complètement polarisé et non polarisé),
on peut alors définir le degré de polarisation DOP (Degree Of Polarization) d’une onde optique
comme
p
S12 + S22 + S32
DOP = (I.17)
S0
Cette quantité peut varier de 1 pour une onde totalement polarisée à 0 pour une onde non
polarisée.
Mueller a introduit une relation linéaire entre le vecteur de Stokes à l’entrée d’un système
optique, S~e , avec celui de sortie, S~s donnée par [6]
où [M ] est la matrice de Mueller de dimension 4×4. Elle est composée de 16 coefficients
réels, notés mij (i,j = 0, ..., 3), tels que
m00 m01 m02 m03
m m11 m12 m13
[M ] = 10 (I.19)
m20 m21 m22 m23
m30 m31 m32 m33
Remarque : Il existe d’autres types de représentation des états de polarisation et de leur modifi-
cation, tels que la sphère de Poincaré [7] et la matrice de cohérence [8].
-16-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
Les éléments optiques simples permettant de représenter ces effets seront respectivement
des diatténuateurs, des retardateurs et des dépolariseurs.
Cette partie sera consacrée à la description de ces éléments et aux matrices de Mueller associées.
Remarque : Les éléments optiques décrits dans la suite sont supposés homogènes, c’est-à-dire
que leurs deux états propres de polarisation (états transmis sans altération) sont orthogonaux [9].
2.1.1- Diatténuateurs
Un élément diatténuateur (ou dichroı̈que) possède une anisotropie d’absorption, c’est-à-dire
que l’intensité du faisceau émergent dépend de l’état de polarisation de l’onde incidente. La
diatténuation scalaire peut être définie comme
Tmax − Tmin
D= avec0 ≤ D ≤ 1 (I.21)
Tmax + Tmin
où Tmax et Tmin sont respectivement les transmittances en énergie maximum et minimum.
On peut écrire la transmittance énergétique pour une onde non polarisée sous la forme
1
T0 = (Tmax + Tmin ) (I.22)
2
On distingue des valeurs particulières qui permettent de qualifier le diatténuateur qui sont :
-17-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
DH
~ = D
D (I.23)
45°
DC
où
Un élément diatténuateur est dit linéaire s’il ne présente pas de diatténuation circulaire
(DC = 0).
On peut aussi écrire ce vecteur avec les composantes d’azimut αD et d’ellipticité ǫD de l’état
propre correspondant à la transmittance maximale, de la façon suivante
cos(2ǫD )cos(2αD )
~ = D cos(2ǫD )sin(2αD )
D (I.24)
sin(2ǫD )
√ √
[mD ] = 1 − D2 [I3 ] + (1 − bD
1 − D 2 )D bT (I.26)
T0 = mD00 (I.27)
-18-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
mD01
~ = DD
b= 1 mD02
D (I.28)
mD00
mR03
q
m2D01 + m2D02 + m2D03
D= (I.29)
mD00
Quelques éléments diatténuateurs représentés en matrices de Jones et de Mueller sont ex-
posés en Annexes 2 et 3.
Remarque : Dans certaines situations, on peut être amené à définir la diatténuation linéaire, à
l’aide de la relation
q
q MD2 01 + MD2 02
2 2
DL = DH + D45 °= (I.30)
MD00
Il est possible de produire du dichroı̈sme en faisant traverser la lumière dans un réseau
de grille absorbant les composantes du champ électrique parallèlement à l’orientation de ces
dernières. C’est par exemple le cas pour des polariseurs linéaires dichroı̈ques. L’inconvénient de
ces systèmes optiques est leur sensibilité en longueur d’onde.
Une simple lame de verre à face parallèle, inclinée à l’angle de Brewster, permet de séparer
un faisceau incident en deux, le faisceau transmis ayant tendance à se polariser de manière
rectiligne.
Enfin, en exploitant la biréfringence linéaire de certains matériaux comme le quartz, il est
possible de produire un faisceau polarisé. Par exemple, un prisme de Glan Taylor est composé de
deux matériaux biréfringents identiques taillés en prisme séparés par une fine couche d’air. On
engendre alors deux faisceaux de polarisations rectilignes orthogonales dont les directions sont
le long des deux axes propres du biréfringent (axe rapide ou lent). A l’interface prisme/air, l’un
des faisceaux sera totalement réfléchi permettant de produire à la sortie de ce système optique
un faisceau polarisé rectilignement de haute qualité.
Un exemple de l’action d’un polariseur linéaire parfait sur une lumière non polarisée est
schématisé Figure I.4.
2.1.2- Retardateurs
Un élément retardateur (ou ”biréfringent” ou ”déphaseur”) modifie la phase du champ
électrique incident sans en altérer l’amplitude. Il peut s’agir par exemple d’un milieu uniaxe qui
possède deux indices de réfraction différents notés n1 et n2 6= n1 . Cela aura pour conséquence
d’engendrer un retard de phase entre les deux états propres associés à ces deux indices.
On caractérise un élément biréfringent d’épaisseur e par sa retardance global (ou déphasage)
2π
R = |φ2 − φ1 | = ∆ne avec 0° ≤ R ≤ 180° (I.31)
λ
où φ2 et φ1 sont les déphasages associés aux états propres orthogonaux du biréfringent,
∆n = |n2 − n1 | est la biréfringence du milieu.
-19-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
F IGURE I.4 – Action d’un polariseur linéaire sur une lumière non polarisée
Remarque : Cette relation est valable pour des éléments biréfringents dont l’axe optique est
perpendiculaire à la direction de propagation de l’onde.
RH
~ = R R
R (I.32)
45°
RC
où
A partir de ces derniers paramètres, la retardance linéaire peut se retrouver avec la relation
q
2 2
RL = RH + R45 ° avec 0° ≤ RL ≤ 180° (I.33)
Un élément retardateur est dit linéaire s’il ne présente pas de retardance circulaire (RC = 0).
~ avec les composantes d’orientation αR et d’ellipticité ǫR de l’état
On peut réécrire le vecteur R
propre possédant l’indice de réfraction le plus faible (axe rapide) de la façon suivante
-20-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
cos(2ǫR )cos(2αR )
~ = R cos(2ǫR )sin(2αR )
R (I.34)
sin(2ǫR )
Lu et Chipman ont proposé de réécrire cet élément dans le formalisme de Mueller en passant
par la matrice réduite 3×3 de retardance, notée [mR ],
mR00 mR01 mR02 mR03
m mR11 mR12 mR13 1 ~0T
[MR ] = R10 = ~ (I.35)
mR20 mR21 mR22 mR23 0 [mR ]
mR30 mR31 mR32 mR33
3
X
avec [mR ]ij = δij cos(R) + Ri Rj (1 − cos(R)) εijk Rk sin(R) (I.36)
k=1
où ~0 est le vecteur nul, δij est l’opérateur de Kronecker et εijk est l’opérateur de permutation
de Levi-Cività et mRij , avec i, j = 1, 2, 3, sont les éléments de la matrice réduite de retardance.
Remarque : La matrice de Mueller d’un retardateur est une matrice unitaire (déterminant égal à
1) orthogonale, d’où la relation ci-dessous
T r([MR ])
R = cos−1 ( − 1) (I.38)
2
mR23 − mR32
~ = R mR31 − mR13
R (I.39)
2sin(R)
mR12 − mR21
Certains matériaux naturels présentent de la biréfringence linéaire, tels que les cristaux de
calcite ou de mica, souvent utilisés pour fabriquer des lames de phase. Par exemple, on peut
citer des lames demi-onde lorsque le déphasage est égal à π et des lames quart-d’onde lorsqu’il
est égal à π/2.
Des éléments biréfringents dont le retard peut être induit par application d’un champ électrique
(des cristaux liquides ou les cellules de Pockels) ou d’une contrainte mécanique (modula-
teurs photo-élastique), sont essentiels en polarimétrie pour commuter de manière rapide entre
différents états de polarisation.
Par ailleurs, certains tissus biologiques se comportent comme des biréfringents linéaires, tels
que le collagène fibrillaire de type I, ce qui est illustré par les applications du microscope de
Mueller à balayage décrit dans le chapitre III.
-21-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
F IGURE I.5 – Action d’une lame quart d’onde, dont l’axe rapide est orienté à 45°, sur une lumière
polarisée linéairement.
2.1.3- Dépolariseurs
Contrairement aux éléments optiques précédents, un dépolariseur transforme un état to-
talement polarisé en un état partiellement polarisé ; on dit alors que le milieu induit de la
dépolarisation. Ce phénomène apparait dès qu’un moyennage spatial, temporel ou spectral des
propriétés polarimétriques a lieu au niveau de la détection. La dépolarisation engendrée par un
milieu provient essentiellement du phénomène de diffusion de la lumière et dépend fortement
de la géométrie de détection utilisée lors de la mesure.
Un milieu qui dépolarise peut être modélisé, dans le formalisme de Stokes-Mueller, par un
dépolariseur dont la forme la plus générale est la suivante
1 ~0T
[M∆ ] = ~ (I.40)
0 [m∆ ]
avec [m∆ ], la matrice réduite 3×3. Le cas le plus simple est celui d’un dépolariseur total,
où un vecteur de Stokes quelconque est transformé en un autre vecteur de Stokes décrivant une
lumière totalement non polarisée. La matrice de Mueller associée est alors
1 0 0 0
0 0 0 0
[M∆total ] = (I.41)
0 0 0 0
0 0 0 0
Si la dépolarisation induite est partielle et que le milieu dépolarise de la même manière tous
les états de polarisation incidents (dépolarisation isotrope), la matrice de Mueller de l’élément
s’écrit sous la forme
1 0 0 0
iso 0 a 0 0
[M∆partiel ]= avec 0 ≤ a ≤ 1 (I.42)
0 0 a 0
0 0 0 a
-22-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
Si la dépolarisation est différente pour chaque type d’état de polarisation incident (dépolarisation
anisotrope), la matrice associée devient
1 0 0 0
ani 0 a 0 0
[M∆partiel ]= avec 0 ≤ (|a|, |b|, |c|) ≤ 1 (I.43)
0 0 b 0
0 0 0 c
F IGURE I.6 – Action d’un élément dépolarisant, sur une onde incidente polarisée rectilignement.
-23-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
Dans ce premier cas, on considère que seuls les effets de dichroisme et de biréfringence sont
présents dans le milieu, décrit alors par une matrice de Jones [T ], à laquelle on peut associer
une matrice de Mueller-Jones non-dépolarisante [MJ ]. La relation permettant de passer d’une
matrice de Jones à une matrice Mueller-Jones est donnée par
1
[MJ ] = A · ([T ] ⊗ [T ]∗ ) · [A]−1 avec [A]−1 = [A]† (I.45)
2
où ⊗ est le produit tensoriel, ∗ est l’opérateur conjugué complexe et [A] la matrice suivante
1 0 0 1
1 0 0 −1
[A] = (I.46)
0 1 1 0
0 i −i 0
Notons que la réciproque n’est possible que si la matrice de Mueller ne présente pas de
dépolarisation ; en effet, une matrice de Jones est composée de 7 éléments indépendants (4
éléments complexes de la matrice 2 × 2, auxquels on soustrait la phase absolue traduisant la
propagation dans le milieu) et une matrice de Mueller quelconque [M ] en contient 16. Les
conditions pour qu’une matrice de Mueller soit une Mueller-Jones ont fait l’étude de nombreux
travaux [13, 14, 15]. Une condition nécessaire et suffisante a été proposé par Anderson et
Barakat [13], consistant à construire une matrice de passage [F] à partir de [M ] de la façon
suivante
On définit une matrice [N ] à partir des coefficients de [F] de dimension 4 × 4, telle que
-24-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
[N ] = λ0 [N0 ] + λ1 [N1 ] + λ2 [N2 ] + λ3 [N3 ] avec |λ0 | ≥ |λ1 | ≥ |λ2 | ≥ |λ3 | (I.49)
~ i orthogonaux
Les matrices [Ni ] sont construites à partir de vecteurs propres colonnes W
entre eux telles que
+
~ iW
[Ni ] = W ~i (I.50)
Pour que [M ] soit une matrice de Mueller-Jones, la relation suivante doit être vérifiée
[N ]2 = T r([N ]) · [N ] (I.51)
Cette dernière équation est satisfaite seulement si et seulement si [N ] possède une valeur
propre non-nulle, les autres étant strictement nulles, c’est-à-dire
λ0 = 2m00 et λ1 = λ2 = λ3 = 0 (I.52)
où [MD ] correspond à la matrice de Mueller d’un diatténuateur elliptique partiel et [MR ] à
celle d’un retardateur elliptique. Cette matrice de Mueller-Jones peut être développée en utilisant
les expressions I.25 et I.35 sous la forme
" # " # " #
1 ~0T 1 D~T 1 D~T
[MJ ] = · T0 = T0 (I.54)
~0 [mR ] ~ [mD ]
D ~ [mR ][mD ]
[mR ]D
La détermination de chacune des matrices se fait en deux temps. Tout d’abord, la transmit-
~ s’obtiennent directement de la matrice de Mueller-Jones
tance T0 et le vecteur diatténuation D
via les relations
T0 = MJ00 (I.55)
MJ01
~ = 1 MJ
D 02
(I.56)
MJ00
MJ03
-25-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
Remarque : Il est possible d’inverser l’ordre des matrices du diatténuateur et du retardateur sous
la forme
" #
1 D ~ ′ T [mR ]
[MJ ] = [MD′ ] · [MR′ ] = T0 (I.58)
~ ′ [m′ ][m′ ]
D D R
Étant donné que la matrice d’un retardateur est orthogonale ([MR ] · [MR ]T = 1), par
identification de l’équation I.54 avec I.58, on trouve que
Selon le choix de l’une ou l’autre des décompositions, les valeurs de D et R restent in-
changée, ainsi que les valeurs de αR et ǫR . Par contre, les valeurs de αD et ǫD changent d’une
décomposition à l’autre. Cependant, on ne peut pas dire quelle est la plus adaptée à la situation
expérimentale réelle sans une connaissance a priori du milieu.
Dans le cas le plus général où un milieu présente simultanément tous les différents effets
polarimétriques, la décomposition la plus connue est celle introduite par Lu et Chipman en
1996 [10]. Elle permet de décomposer une matrice de Mueller [M ] en un produit de trois matrices
de Mueller associées au trois effets explicités précédemment
où [MD ] la matrice de Mueller d’un diattenuateur (I.25), [MR ] celle d’un retardateur (I.35)
et [M∆ ] celle d’un dépolariseur, qui diffère de celle donnée en I.40, telle que
" #
1 ~0T
[M∆ ] = (I.63)
P~∆ [m∆ ]
-26-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
avec P~∆ est le vecteur polarisance du dépolariseur. Ce terme est introduit afin de satisfaire
au nombre degré de liberté associé à la dépolarisation. En effet, chaque matrice de Mueller est
composée de 16 éléments indépendants. Or le diattenuateur est décrit par 4 paramètres (T0 , D,
αD , ǫD ), le retardateur par 3 paramètres (R, αR , ǫR ) et le dépolariseur par 6 paramètres (∆1 , ∆2 ,
∆3 et les trois axes associés). Donc une description cohérente des 16 paramètres de Mueller ne
peut être satisfaite qu’en rajoutant 3 degrés de liberté au dépolariseur d’où l’introduction de ce
vecteur polarisance.
Le produit des trois matrices donne
" # " # " #
1 ~0T 1 ~0T 1 D~T
[M ] = · · T0 (I.64)
P~∆ [m∆ ] ~0 [mR ] ~ [mD ]
D
T0 = m00 (I.67)
m01
~ = 1 m02
D (I.68)
m00
m03
Par analogie avec la relation I.28, la connaissance de ce vecteur nous donne donc accès à la
valeur de diattenuation D de l’équation I.29, ainsi qu’à sa matrice réduite avec la relation I.26.
On peut donc reconstruire la matrice [MD ] de la relation I.25.
La matrice [M ′ ] est donc dépourvue de diatténuation mais possède une polarisance non-nulle
et prend la forme suivante
-27-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
Étant donné que [mR ] est orthogonale, [mR ]−1 = [mR ]T , ce qui permet de former la sous-
matrice
où le signe ± correspond au signe du déterminant de la matrice [m′ ] et [I3 ] est la matrice
identité 3 × 3.
Les relations I.71 et I.74 permettent de déterminer entièrement la matrice de dépolarisation
[M∆ ]. Par une simple inversion de matrice, on remonte directement à la matrice du retardateur
-28-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
v
u P
u 3
u m2 − m200
t i,j=0 ij
PD = avec 0 ≤ PD ≤ 1 (I.76)
3m200
Les valeurs de R, D et de ∆ diffèrent d’une famille à l’autre mais sont identiques au sein
de chacune d’entre elle. On se rend donc compte que le choix d’une décomposition va être
crucial dans la description de ce qui se passe réellement au sein du milieu. En particulier, il a été
montré [18] que la famille F∆D donne toujours un triplet de matrices physiques et singulières,
contrairement à la seconde, notamment si le milieu possède une forte diatténuation et une fort
pouvoir dépolarisant. Pour parer à ce problème, R. Ossikovski a introduit une décomposition
appelée ”décomposition inverse” re-précisant les formes du diattenuatteur et du dépolariseur
pour ces décompositions de famille FD∆ [19].
Il est donc recommandé d’utiliser la décomposition qui est le plus fidèle à la situation expérimentale
nécessitant une connaissance ”à priori” de la réponse du milieu.
-29-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
1
[M ] = (λ0 [M0 ] + λ1 [M1 ] + λ2 [M2 ] + λ3 [M3 ]) (I.83)
2
où les coefficients λ0 , λ1 , λ2 et λ3 correspondent aux valeurs propres de la matrice [N ]
de l’équation I.49. Dans le cas de la mesure d’une matrice de Mueller associée à un milieu
non-dépolarisant, le bruit de mesure conduit à des valeurs propres λ1 ≈ 0, λ2 ≈ 0 et λ3 ≈ 0.
De plus, elles peuvent être négatives, ce qui conduit à des résultats non-physiques. En fixant
λ1 = λ2 = λ3 = 0, la matrice de Mueller peut se résumer alors sous la forme d’une matrice de
Mueller-Jones :
λ0
[MJ ] = [M0 ] (I.84)
2
Cette approche permet alors de filtrer une partie du bruit expérimental. Une décomposition
polaire permet ensuite d’extraire les valeurs de diatténuation et de retardance. Cependant, il faut
faire attention à ne pas employer cette méthode pour les milieux dépolarisants car les matrices
[M1 ], [M2 ] et [M3 ] contiennent l’information de dépolarisation.
-30-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
v
u n−1 n−1
uX X p
||X||F = t |Xij |2 = T r([X]† [X]) (I.85)
i=0 j=0
Cette dernière relation nous permet de calculer alors les normes de Frobenius ||S||F et
||∆M ||F où
— Si ||∆M ||F ≤ ||S||F : la différence entre M et MJ est uniquement due aux erreurs
expérimentales. Le milieu étudié est donc non-dépolarisant.
— Si ||∆M ||F ≥ ||S||F : soit la mesure est erronée et ne correspond pas à un système
optique physiquement réalisable, soit le milieu est dépolarisant.
-31-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
Dans cette partie, on présente le principe de la polarimétrie de Mueller ainsi que les
différents moyens existants pour générer et analyser les états de polarisation. En effet, en
vue du développement expérimental envisagé dans cette thèse, il est important de situer les
choix dans la configuration expérimentale retenue du polarimètre. Enfin, quelques exemples de
systèmes imageurs polarimétriques de Mueller sont présentés.
F IGURE I.7 – Principe de base d’un polarimètre de Mueller (en configuration transmission).
Le polarimètre est dit ”complet” s’il mesure les 16 coefficients de la matrice de Mueller
et incomplet dans le cas contraire. S’il est complet, un générateur d’états de polarisation, noté
PSG (Polarization State Generator), met en forme au moins 4 états de polarisation différents.
Après interaction avec le milieu d’étude, la modification de chacun de ces états va être analysée
à travers au moins 4 configurations différentes d’un analyseur d’états de polarisation, noté PSA
(Polarization State Analyzer). Ainsi, on obtient un système d’équations (16 au minimum) qui
permet de remonter aux 16 coefficients de la matrice. Bien évidemment, on peut produire plus
de 16 états de polarisation ce qui nous amène à surdéterminer le système.
Pour calculer la matrice de Mueller [M ] du milieu d’étude, on définit les matrices associées
au système :
— [W ] est la matrice de modulation, dont les colonnes sont les vecteurs de Stokes des états
de polarisation engendrés par le PSG.
-32-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
— [A] est la matrice d’analyse, dont les lignes sont les vecteurs de Stokes des états de polari-
sation formés par le PSA.
— [B] est la matrice dont les coefficients correspondent aux intensités mesurées par le
détecteur.
Cette dernière relation suppose que les matrices [W ] et [A] soient inversibles (c’est-à-dire
non-singulières). Il existe un nombre important de combinaisons d’états de polarisation permet-
tant de générer des matrices [W] et [A] inversibles mais elles ne sont pas forcément optimisées
face au bruit expérimental. Pour que les matrices [W ] et [A] soient bien ”conditionnées” (c’est-à-
dire les plus différentes de matrices non-inversibles), des outils sur l’évaluation de la propagation
des erreurs ont été développés dans le cadre de la polarimétrie. On peut citer les plus couramment
utilisés :
— Le nombre de conditionnement C([M ]) [27, 28], appliqué à une matrice [M ] (où C([M ]) ≥
1). Ce nombre vaut 1, pour les matrices singulières et + ∞ pour les matrices idéalement
conditionnées. Ce critère évalue donc la singularité d’une matrice et donne accès à
sa capacité à propager les erreurs. Mais il ne prend pas en compte la redondance des
équations [29].
Les imperfections inhérentes au PSG et aux PSA sont sources d’erreurs systématiques, dont
il est essentiel d’évaluer l’influence sur la mesure de la matrice de Mueller de l’échantillon ; cela
passe alors par une étape de calibration. Étant donné son importance, cette étape a fait l’objet de
nombreuses études [31, 32, 33, 34], proposant différentes solutions pour calibrer un polarimètre.
Une des solutions consiste à modéliser de façon détaillée chaque élément composant le PSG et
le PSA, ainsi que les sources d’erreurs [35, 36, 37, 38].
Cependant, lorsque la description de ces éléments est trop complexe, une méthode consiste à
considérer le polarimètre comme une ”boite noire” et à déterminer les matrices de génération
[W ] et d’analyse [A] des états de polarisation grâce à des mesures sur des échantillons connus
(polariseur, lame de phase) [39].
Dans le cadre de cette thèse, les éléments composants le PSG et le PSA (polariseurs et lames de
-33-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
phase) étant relativement simples à simuler, une modélisation détaillée sera envisagée.
Nous allons voir maintenant les différentes méthodes utilisées pour la génération et à
l’analyse des états de polarisation.
Dans la section suivante, nous allons distinguer trois domaines permettant d’effectuer une
modulation de la polarisation de la lumière, à savoir :
— le domaine temporel,
— le domaine spectral,
— le domaine spatial.
Pour réaliser un codage séquentiel, des lames de phases tournantes montées sur des moteurs
de rotation pas-à-pas ou continus peuvent être employées [33] [40, 41, 42]. L’avantage de ce
type d’approche est l’utilisation d’éléments optiques homogènes et peu sensibles à l’angle
d’incidence mais reste relativement lent (les fréquences de modulation et d’analyse sont de
l’ordre de quelques Hz).
En utilisant des modulateurs photoélastiques [43, 44, 45, 46], les fréquences de modulation
peuvent atteindre plusieurs dizaines de kHz mais demandent une régulation en température
précise.
-34-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
Les modulateurs électro-optiques, comme les cellules de Pockels [47], permettent de contrôler
électriquement le déphasage avec des fréquences de modulation de plusieurs dizaines de MHz.
Cependant, ils possèdent aussi une grande sensibilité à la température, une fenêtre spectrale plus
étroite que les modulateurs photoélastiques et nécessitent des tensions de commande élevées
(jusqu’à plusieurs kV).
Les polarimètres de Mueller les plus répandus utilisent principalement des modulateurs à base
de cristaux liquides [28] [48, 49, 50, 51]. Ces éléments présentent de nombreux avantages tels
que leurs faibles coûts, leurs fréquences de modulation importantes (de quelques dizaines de Hz
à quelques dizaines de kHz) et ils nécessitent de faibles tensions de commande (quelques volts).
Parmi les cellules à cristaux liquides les plus couramment employées, il en existe deux types :
— les cristaux liquides nématiques agissent comme des lames de phase avec une orientation
fixe des lignes neutres mais où le retard de phase linéaire varie en fonction de la tension
de commande. Les temps de réponse sont de l’ordre de plusieurs millisecondes.
— les cristaux liquides ferroélectriques agissent comme des lames de retard avec un retard
fixe mais dont l’orientation des lignes neutres bascule entre deux positions, séparées de
45°. La principale différence avec les cristaux nématiques est un temps de réponse bien
inférieur, de l’ordre de quelques centaines de microsecondes.
Étant donné le temps nécessaire pour coder et décoder l’ensemble des états de polarisation
indispensables à la détermination d’une matrice de Mueller, la limite fondamentale du codage
temporel est la stabilité temporelle du milieu d’étude pendant la durée de mesure.
-35-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
type de polarimètre.
F IGURE I.9 – Schéma de principe d’un polarimètre de Mueller par codage spectral.
Le fait que ces blocs de codage et de décodage soient passifs apporte un avantage majeur
en terme de robustesse et surtout de rapidité d’acquisition, uniquement limitée par le détecteur.
A l’heure actuelle, avec cette approche il est possible d’atteindre des temps d’acquisition pour
mesurer la réponse polarimétrique du milieu de quelques microsecondes.
La limitation fondamentale de cette technique est que la signature polarimétrique du milieu ne
doit pas trop évoluer en longueur d’onde dans la fenêtre d’analyse spectrale considérée.
— ”division of amplitude” (DoA ou DoAM) qui utilisent plusieurs détecteurs et des cubes
séparateurs afin de paralléliser la génération et/ou l’analyse des états de polarisation [57,
58]. Cela donne naissance en général à des systèmes dont l’encombrement est important.
— ”division of aperture” (DoAP) qui n’utilisent qu’un seul détecteur associé à un système
imageur permettant d’obtenir de manière parallèle plusieurs images sur le même détecteur
correspondant à des états de polarisation différents [59]. Cette méthode, plus compacte
que la précédente, souffre néanmoins d’une perte de résolution spatiale pour l’imagerie.
Cependant, aucune de ces méthodes ne permet d’obtenir la matrice de Mueller complète d’un
échantillon. Plus récemment, un nouveau principe a été proposé par M.W. Kudenov [62, 63]
-36-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
afin d’utiliser le domaine spatial pour obtenir une image polarimétrique de Mueller. Il s’agit de
générer des interférences à partir de plusieurs faisceaux polarisés que l’on a séparés spatialement
grâce à des réseaux de polarisation (polarization gratings). Ces réseaux permettent en effet
de diffracter dans les ordres +1 et -1 deux ondes polarisées circulairement droite et gauche
respectivement. En recombinant les différents faisceaux ayant des séparations spatiales bien
déterminées, on peut générer des interférences au niveau de l’échantillon, qui sont ensuite
analysées et ré-imagées au niveau d’une caméra. Les franges d’interférence sont de cette
manière modulées par la signature polarimétrique de l’échantillon. Afin de remonter à tous les
coefficients de la matrice de Mueller, il faut générer au moins 16 fréquences spatiales et analyser
leur amplitude et phase dans l’espace de Fourier spatial 2D. Cette méthode est en fait le pendant
spatial de la polarimétrie de Mueller par codage spectral décrite dans le paragraphe précédent.
L’avantage principal de cette technique est qu’elle permet la mesure instantanée (1 seule
acquisition) de l’image de Mueller d’un échantillon. Elle souffre malgré tout d’une perte
intrinsèque de résolution spatiale. En effet, la signature polarimétrique de l’échantillon doit
évoluer lentement par rapport à la période spatiale des franges d’interférences, afin d’éviter un
recouvrement des différents canaux. De plus, le dispositif possède une complexité importante ce
qui le rend difficilement intégrable dans un système d’imagerie microscopique commercial.
— l’imagerie à balayage.
Le codage séquentiel est bien adapté à l’imagerie plein champ. Cela nécessite l’acquisition
séquentielle de plusieurs images afin de reconstruire une image de Mueller. A l’heure actuelle,
les dispositifs les plus rapides permettent de générer une image de Mueller en moins d’une
seconde. L’approche séquentielle peut aussi s’envisager pour de l’imagerie à balayage mais
nécessite la mesure d’images successives rallongeant considérablement le temps de mesure. En
effet, le temps de mesure d’une matrice de Mueller dans cette philosophie est en général bien
-37-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
L’imagerie plein champ consiste à former l’image de l’échantillon sur un détecteur pixellisé
(caméra CCD ou CMOS). Ainsi, on obtient les caractéristiques polarimétriques d’un échantillon
en tout point de l’image.
F IGURE I.10 – Schéma expérimental du polarimètre imageur à base de cristaux liquides développé par
B. Laude-Boulesteix [65]. SC : source lumineuse. F : filtre interférentiel (500 nm, 550 nm, 600 nm, 650
nm et 700 nm). P : polariseur linéaire. LCs : cristaux liquides à retards variables. Sp : échantillon. A :
polariseur linéaire (analyseur). L : lentille. D : caméra CCD. C : Condenseur. O : objectif de microscope.
Une image pour chaque état de polarisation est acquise et est moyennée 15 fois pour atteindre
un rapport signal sur bruit satisfaisant. Grâce à la rapidité de commutation des cristaux liquides
composant le PSG et le PSA (de l’ordre de 60 ms), une image de Mueller peut être obtenue en
quelques secondes.
Dans le but de réduire les temps de codage des états de polarisation par rapport à des
nématiques, P.G. Ellingsen a proposé un polarimètre de Mueller à cristaux liquides ferro-
électriques en 2010 [66]. Cette technique, permettant de mesurer des matrices de Mueller en 8
-38-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
ms, a été déclinée en configuration d’imagerie en 2011 [67] dont le dispositif expérimental est
présenté Figure I.11.
Les deux exemples précédents présentent des systèmes imageurs en transmission mais il en
existe également dans la configuration en réflexion comme décrit les travaux de M. Anastasiadou
en 2007 [68], dont le schéma de son dispositif expérimental est présenté Figure I.12.
F IGURE I.12 – Schéma expérimental du polarimètre imageur en réflexion développé par M. Anastasia-
dou [68].
Chaque image est moyennée 7 fois, ce qui donne lieu à la génération d’une image de
-39-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
Mueller de définition 256 × 256 en 11 s. Des filtres interférentiels sont placés après le PSA
dans le but de réaliser des images de Mueller à différentes longueurs d’onde, de 500 nm à 700 nm.
Par une simple commutation d’un miroir plan après l’échantillon, son système est capable de
passer simplement d’une configuration à l’autre. Une image de Mueller nécessite aussi 16 images
d’intensité mais son intérêt vient de sa compacité (30cm × 46cm) et qu’il est complètement
automatisé.
-40-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
F IGURE I.14 – Montage expérimental et photo du microscope de Mueller, développé par O. Artega [71].
L’imagerie à balayage laser consiste à construire une image point par point par balayage du
faisceau laser sur l’échantillon à des cadences relativement élevées (plusieurs centaines de kHz).
-41-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
F IGURE I.15 – Microscope polarimétrique de Mueller à balayage laser pour des applications en ophtal-
mologie mis en place dans les travaux de J.M. Bueno [72]. (CS) Cube Séparateur
Au cours de sa thèse, D. Lara [75] a proposé en 2005 un polarimètre de Mueller dans une
configuration de microscopie confocale. Afin de diminuer le temps de mesure d’une matrice
de Mueller, il a envisagé de paralléliser l’analyse de la polarisation en utilisant la méthode de
”division of amplitude”. Son système est schématisé Figure I.16.
F IGURE I.16 – Schéma du montage expérimental du polarimètre de Mueller imageur confocal, développé
par D. Lara [75]. ND : densité optique (Neutral density). M1 : miroir. L1, lentille de collimation.
Obj1–Obj3 : objectif. D1–D4, photodetecteurs. Bs1–Bs3 : cube séparateur non-polarisant. PBs4 :
séparateur polarisant. Ph : pinhole. Qwp : lame quart d’onde. P0, P45 : polariseurs linéaire à 0° et à
45°.
-42-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
axiale de 30µm. En 2006, les applications de son système se sont tournées vers l’ophtalmo-
logie [76]. Cette configuration souffre d’un encombrement important et d’une mise en œuvre
assez lourde et n’a d’ailleurs pas donné naissance à un système imageur opérationnel.
-43-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
F IGURE I.18 – Principe de la polarimétrie de Mueller pour des applications de détection de cible en
réflexion diffuse, présenté dans l’article de N. Vannier [80].
Ensuite, d’autres applications ont permis d’étudier la maximisation du contraste entre une
cible et son environnement à partir d’états de polarisation optimaux, comme les travaux menés
par F. Goudail en 2009 [74] et G. Anna en 2011 [83] et 2012 [84]. Cette technique nécessite
néanmoins la détermination au préalable de la l’image de Mueller de la scène, indispensable à la
détermination de ces états de polarisation optimaux.
Enfin, plus récemment, les travaux de N. Vannier en 2015 [80] et en 2016 [85] ont consisté à
mettre en place un polarimètre de Mueller utilisant des cristaux liquides pour coder les états de
polarisation dans le but de révéler la présence de matériaux métalliques ”camouflés” dans un
environnement naturel (feuillage, boue, etc).
-44-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
F IGURE I.19 – (en haut) Images de la matrice de Mueller d’une scène composée de morceaux de papier
recouverts d’une peinture, présentés dans le travaux de G. Anna [84]. (en bas) Image optimisée avec des
états de polarisation pour accentuer le contraste.
Cependant, certains paramètres de contraste doivent être redéfinis et demandent des traite-
ments d’image plus approfondis pour tenir compte de différentes conditions expérimentales. En
effet, l’homogénéité de l’éclairage de la scène est un facteur important dans la détermination
du contraste. De plus, le fond dans lequel est plongé le milieu d’intérêt peut présenter des
différences de réflexion suivant sa nature.
Les travaux de J.S. Baba en 2002 [90] se sont tournés vers le diagnostic du cancer de la
peau. Ce dispositif a été validé en configuration de réflexion diffuse et a permis de conclure
qualitativement que lors d’une altération ou une dénaturation des tissus biologiques provoquée
par l’apparition d’une pathologie, les paramètres de retardance et de dépolarisation sont les plus
susceptibles d’être modifiés.
-45-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
seul paramètre pertinent que l’on peut avoir (effet classiquement attribué à l’application du
rouge Sirius) mais la diatténuation et la dépolarisation contiennent également une information
intéressante.
En 2008, le polarimètre développé par K.M. Twietmeyer, décrit Figure I.17, a été utilisé
pour l’amélioration dans la détection de glaucome. Il en a conclu que le développement de cette
pathologie peut être associé à une augmentation de la diatténuation sur la rétine, plus importante
que la retardance.
F IGURE I.20 – Images des paramètres polarimétriques après décomposition du nerf optique, obtenues
avec les travaux de K.M. Twietmeyer [77]. (a) Image en intensité moyenne. (b) Image en retardance
linéaire. (c) Image de l’orientation de la retardance. (d) Image de l’indice de dépolarisation. (e) Image
de la diatténuation linéaire. (f) Image de l’orientation de la diatténuation.
-46-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
En 2010, M.R. Antonelli a mis en évidence la réponse de colons humains présentant des
zones tumorales à l’aide d’un polarimètre de Mueller en réflexion [93]. Un exemple de cette
étude Figure I.21 montre que les matrices de Mueller mesurées sont essentiellement diagonales
témoignant de l’absence de diatténuation et de retardance. Les tissus du colon se comportent donc
comme des dépolariseurs partiels. De plus, il a été montré que les zones tumorales dépolarisent
moins que les zones saines dans les premiers stades de la maladie.
F IGURE I.21 – Images d’intensité et de Mueller d’un échantillon de colon, d’un champ de vue de
5cm × 5cm, obtenues dans les travaux de M.R. Antonelli [93].(a) Image en intensité, prise à 600 nm. (b)
Image d’un autre échantillon, prise à 700 nm. (c) Image de Mueller normalisée de l’échantillon en (a).
(d) Image de Mueller normalisée de l’échantillon en (b). Les échelles sont indiquées sur la droite des
images de Mueller. Les zones tumorales sont entourées en noir.
A travers une série d’applications en 2014 et 2015 [97, 98], le dispositif développé par O.
Arteaga, décrit Figure I.14, a permis l’imagerie de différents milieux inhomogènes (biologiques
-47-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
F IGURE I.22 – Images d’intensité, de dépolarisation (∆), de retardance (R) et d’orientation de l’axe de
la biréfringence (α) sur une coupe de cancer utérin dans les travaux de A. Pierangelo [95]. Le contour
en noir indique la limite de la biopsie, les zones hachurées en blanc correspondent aux zones saines et
celles en hachures rouges aux zones pathologiques.
et manufacturés) dont un exemple de caractérisation d’aile de papillon est illustré Figure I.23.
-48-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
F IGURE I.23 – Images de Mueller d’une aile de papillon obtenues dans les travaux de O. Arteaga [98].
Les coefficients hors diagonaux ont été multipliés par un facteur indiqué sur l’image afin d’accentuer le
contraste pour ces éléments.
en temps réel, une méthode alternative a consisté à utiliser deux longueurs d’onde différentes ;
une pour la fibre et l’autre pour le milieu, via un dichroı̈que entre la fibre et le milieu [101]. Ce
développement expérimental permet de gagner en temps de mesure car il n’y a plus de système
actif en dehors des blocs de PSG et de PSA, mais reste encore trop lent pour de l’imagerie en
temps réel.
En 2015 et 2016, S. Rivet [102] a poursuivi les travaux de M. Dubreuil concernant la polarimétrie
de Mueller à codage spectral de la polarisation pour développer un système endoscopique. Il
a montré que les informations polarimétriques de la fibre et du milieu sont obtenues sous la
forme d’un seul spectre en une seule acquisition. Les cadences d’acquisition de 70 kHz en un
point permettent d’envisager de l’imagerie à balayage in vivo en quasi-temps réel, avec une
compensation instantanée des effets dus à la fibre.
En 2016, J. Qi a développé un endoscope rigide pour la polarimétrie de Mueller [103], en
imagerie plein champ. Le PSG et le PSA ont été directement placés dans une tête endoscopique
commerciale, et permettent la mesure d’une image polarimétrique de Mueller en 15 s. Ces
applications se sont tournées vers l’évaluation des paramètres de diatténuation, de retardance et
de leurs orientations sur une vessie de porc, comme illustré Figure I.24. Les images présentées
ici possèdent un champ de 7, 8 × 7, 8cm2 .
-49-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
F IGURE I.24 – Imagerie sur une vessie de porc, décrit dans les travaux de J. Qi [103], par l’intermédiaire
d’un polarimètre de Mueller fibré. (a) Images en intensité (non-polarisée). (b) Images de Mueller en
retardance. (c) Images de Mueller de l’orientation de la retardance. (d) Image de Mueller en diatténuation.
P.G. Ellingsen a effectué en 2011 des études comparatives entre la microscopie pola-
rimétrique de Mueller (avec le même système présenté la même année [67]) et l’imagerie
multiphotonique [104], pour proposer des pistes de diagnostic de pathologies associées au
cartilage articulaire.
En 2012, M. Dubreuil [105] a proposé des pistes sur la discrimination entre le collagène
”pathologique” et le collagène ”naturel” d’échantillons de foie fibrosé. Cette discrimination se
base sur l’exploitation de la dépolarisation ; en effet, il a été montré qu’elle est plus forte autour
des vaisseaux sanguins que dans les autres zones de la matrice extra-cellulaire, comme démontré
Figure I.26.
L’association de ces deux modalités d’imagerie polarimétrie/multiphotonique a également
fait l’objet de travaux par S. Bancelin en 2014 [106]. L’étude a permis également de mettre en
-50-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
F IGURE I.25 – Étude comparative entre l’imagerie en SHG et en polarimétrie de Mueller sur une section
transverse d’un échantillon de cartilage de poule, décrite dans les travaux de P.G. Elligsen [104]. (a)
Images en SHG et (b) d’orientation . (c) Images de Mueller codées en retardance et (d) et codées en
indice de dépolarisation.
F IGURE I.26 – Images d’intensité (notées NP) et images de Mueller en fonction des paramètres pola-
rimétriques, de retardance (R) et de dépolarisation (Pd), dans le cadre de l’étude de M. Dubreuil sur la
fibrose hépatique [105]. (a) La série d’image (notée F4) représentent les fibres de collagène. (b) La série
d’image (notée F0) représentent le collagène présent naturellement dans les vaisseaux sanguins.
évidence la biréfringence des fibres de collagène des tissus de l’utérus marqués au rouge Sirius
et de corréler leurs orientations avec celles des fibres déduites des images de SHG, comme
présenté sur la Figure I.27.
-51-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
F IGURE I.27 – Imagerie en polarimétrie de Mueller et en SHG sur des fibres de collagène, décrite dans
l’étude de S. Bancelin [106]. (a) Image en transmission (terme m00 de la matrice de Mueller). (b) Image
de SHG. (c) Image en orientation obtenue de la matrice de Mueller. (d) Image en orientation des fibres,
obtenue en SHG.
-52-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
Conclusion
Lors de ce premier chapitre, nous avons introduit les bases théoriques de la polarisation de
la lumière. L’interaction d’une onde lumineuse avec un milieu peut être décrit simplement grâce
à des outils d’algèbre linéaire comme le formalisme de Jones. Cependant, cette description ne
se limite qu’aux milieux non-dépolarisants, ce qui ne permet pas de traiter des phénomènes de
dépolarisation. Pour cela, le formalisme de Stokes-Mueller a été introduit et permet de contenir
entièrement la signature polarimétrique d’un milieu dans une unique matrice de Mueller 4 × 4
composée de 16 coefficients réels.
Les effets polarimétriques élémentaires ont été décrits et correspondent au dichroı̈sme, à la
biréfringence et la dépolarisation. De façon générale, ces trois effets sont mélangés et il est
alors crucial de pouvoir les séparer. Pour cela, des outils ont été développés pour modéliser un
milieu quelconque en éléments optiques simples basés sur la décomposition de la matrice de
Mueller (polaire, Lu et Chipman) nécessitant une connaissance à priori du milieu. D’autre part,
ces outils sont intéressants pour minimiser la propagation du bruit expérimental mais également
pour décrire le milieu d’étude de la manière la plus réaliste.
-53-
Chapitre I - Aspects théoriques, expérimentaux et applications de la polarimétrie de Mueller
-54-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
Chapitre II
-55-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
Introduction
Dans le cadre de sa thèse en 2010, M. Dubreuil a développé un polarimètre de Mueller
non-imageur à codage spectral de la polarisation utilisant une diode super-luminescente et un
spectromètre [107]. Ce système inédit, de type ”snapshot”, permet de mesurer toute la réponse
polarimétrique du milieu sous la forme d’un spectre cannelé I(λ ). Cependant, cette configuration
est à priori peu adaptée pour l’imagerie par balayage laser en transmission dû au déplacement
du faisceau laser sur la surface d’entrée du spectromètre.
On propose alors un autre prototype de polarimètre de Mueller en remplaçant la diode super-
luminescente par une source à balayage en longueur d’onde rapide à 100 kHz (ou swept-source)
et le spectromètre par un détecteur monocal dont la surface est compatible avec l’imagerie à
balayage en transmission. Ce nouveau dispositif est proposé en configuration de transmission et
de réflexion en vue d’explorer les difficultés associées à ces deux configurations.
Dans la seconde partie, nous nous intéressons aux erreurs systématiques associées, entre
autres, au générateur (PSG) et à l’analyseur (PSA) d’états de polarisation qui sont constitués
de lames de phases d’épaisseurs et d’orientations spécifiques. Une procédure de calibration est
détaillée afin de corriger numériquement les erreurs systématiques. Elle consiste à exploiter les
spectres cannelés obtenus à l’aide d’échantillons connus (milieux étalons), préalablement à la
mesure d’une matrice de Mueller d’un milieu inconnu.
Dans une cinquième partie, le polarimètre de Mueller à 100 kHz est utilisé pour former
l’image de Mueller par déplacement de cette dernière avec une platine de translation XY, le
faisceau laser étant fixe. Cette étude permet de montrer l’importance de la prise en compte des
erreurs systématiques lors de la formation d’une image de Mueller.
-56-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
On considère une lame de phase d’épaisseur e et de biréfringence ∆n, éclairée par une
source large bande (polychromatique) de longueur d’onde centrale λ0 . L’expression de son
retard est
2π∆n(λ ) e
φ= (II.1)
λ
∂φ
φ = φ ( λ0 ) + (λ − λ0 )
∂λ λ0
φ = φ0 + 2πf0 λ (II.2)
avec
∂φ
φ0 = φ(λ0 ) − λ0
∂λ λ0
1 ∂φ
f0 =
2π ∂ λ λ0
1
I(λ ) = [1 − cos(φ0 + 2πf0 λ )] (II.3)
4
-57-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
F IGURE II.1 – Lame de phase d’épaisseur e placée entre polariseur et analyseur croisés, dont l’axe
rapide fait un angle de 45° avec l’axe du polariseur d’entrée. Ce système est éclairé par une source large
bande dont le signal, après interaction avec le milieu, est analysé à l’aide d’un spectromètre.
F IGURE II.2 – Spectre cannelé normalisé de fréquence f0 , obtenu pour une lame de phase d’épaisseur e
placée entre polariseur et analyseur croisés. 3 états de polarisations ont été représentés pour 3 longueurs
d’onde particulières.
Il s’agit d’un spectre cannelé dont l’intensité lumineuse est fonction de la longueur d’onde,
comme représentée Figure II.2. Dans notre exemple, le choix d’une épaisseur particulière e de
lame permet de générer 6 cannelures dans notre fenêtre d’analyse.
Si on interprète la Figure II.2 en terme d’états de polarisation, on voit que les longueurs
d’onde dont les intensités lumineuses sont nulles correspondent à des états de polarisation inci-
dents au polariseur de sortie, parallèles au polariseur d’entrée. Inversement, lorsque les intensités
sont maximales, ces longueurs d’onde ont des états de polarisation linéaires, perpendiculaires
au polariseur d’entrée. Entre les deux, les intensités lumineuses sont à moitié transmises pour
les états de polarisation circulaires. Cette illustration met en évidence notre capacité à générer
un grand nombre d’états de polarisation simultanément en les codant spectralement par le biais
d’un système complètement passif.
La transformée de Fourier de ce signal I(λ ) se caractérise par un pic à la fréquence f0 comme
illustré Figure II.3 dont la valeur absolue de la transformée de Fourier du spectre I(λ ) est écrite
comme |F {I(λ )}|
Afin de générer et analyser les états de polarisation nécessaires à la mesure d’une matrice de
-58-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
F IGURE II.3 – Représentation de la valeur absolue de la transformée de Fourier du signal I(λ ), norma-
lisée par le pic de composante continue.
Mueller, on propose une configuration où le PSG et le PSA sont constitués de plusieurs lames
de phase, d’épaisseurs et d’orientations spécifiques.
F IGURE II.4 – Schéma du polarimètre de Mueller à codage spectral, dans la configuration (e,e,5e,5e).
-59-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
S~s = [P (90°)] . [R(5φ, 45°)] . [R(5φ, 0°)] . [M ] . [R(φ, 0°)] . [R(φ, 45°)] . [P (0°)] .S~i (II.4)
avec
— [R(φ, θ)], la matrice d’un biréfringent linéaire de retard φ dont l’axe rapide fait un angle θ
avec l’axe du polariseur d’entrée (axe de référence),
L’intensité lumineuse détectée, qui est le premier paramètre S0 du vecteur de Stokes S~s à la
sortie du système, s’écrit
où VnRe
et VnIm
sont des combinaisons linéaires des mij . L’intensité lumineuse I(λ ) est un
signal périodique composé de plusieurs fréquences, multiples de la fréquence fondamentale f0 .
Dans notre choix de configuration (e,e,5e,5e), on génère 13 fréquences, multiples de f0 , de 0 à
12 f0 .
D’après l’expression de l’intensité lumineuse, on remarque qu’il existe un ensemble de com-
binaisons linéaires entre les coefficients mij et les amplitudes complexes des pics de Fourier
en partie réelle (avec les cosinus) et en partie imaginaire (avec les sinus). Ces relations sont
résumées dans le Tableau II.1 pour le cas idéal où l’on a bien (e,e,5e,5e).
Ces relations peuvent être résumées dans un système d’équation, écrit sous forme matricielle :
V~ = [P ] .X
~ (II.7)
où
-60-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
f0 16m01 − 8m21 0
4f0 −8m11 0
6f0 −8m11 0
Tableau II.1 – Relation entre amplitudes complexes des pics de la transformée de Fourier (en parties
réelles et imaginaires) et les coefficients mij , dans la configuration idéale (e,e,5e,5e) avec φ0 = 0.
— V~ est un vecteur colonne constitué de l’amplitude des pics de Fourier en partie réelle et
imaginaire de la forme V~ = [V0Re V1Re V2Re ... V12Re V1Im V2Im ... V12Im ]T .
La détermination des composantes des vecteurs V~ Re et V~ Im passe par la lecture des ampli-
tudes complexes dans l’espace de Fourier grâce aux relations suivantes
-61-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
Ensuite, par une simple mesure des pics de Fourier, on peut remonter aux 16 coefficients de
Mueller à l’aide de la pseudo-inversion de l’équation II.7, telle que
−1
~ = [P ]T · [P ]
X · [P ]T · V~ (II.11)
-62-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
F IGURE II.5 – Spectres théoriques et les transformées de Fourier associées, (a) pour le vide, (b) pour un
polariseur linéaire orienté à 45° et (c) pour une lame quart d’onde dont l’axe rapide est orienté à 45°.
Un compromis doit être alors fait entre la combinaison d’épaisseur apportant le plus
d’équations, aux fréquences les moins élevées et dont le critère EWV est le plus petit. Le
rapport (e,e,5e,5e) a alors été retenu car il fournit des fréquences relativement basses.
-63-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
laser multimodal linéaire et non-linaire dont le but serait d’acquérir, avec la même résolution,
des images révélant des contrastes polarimétriques couplées avec celles obtenues en imagerie
multiphotonique.
Nous proposons alors un nouveau genre de polarimètre de Mueller imageur utilisant une swept-
source et un simple photodétecteur mono-canal. Étant donné que les vitesses de balayage des
scanners permettent des temps de résidence par pixel (ou pixel-dwell time) de l’ordre de 10µs,
une swept-source possédant une cadence de balayage en longueur d’onde de 100 kHz est un bon
candidat.
Avant de monter le microscope de Mueller à balayage, une validation du polarimètre avec une
source à balayage en longueur d’onde est nécessaire. Dans ce chapitre, deux configurations
sont étudiées, une en transmission et l’autre en réflexion, dont les schémas des dispositifs
expérimentaux sont représentés Figure II.6.
Nous allons maintenant détailler le rôle de chaque élément composant ce polarimètre, à
savoir la swept-source, le détecteur et les lames de phases composant les blocs de codage et de
décodage.
La source à balayage laser rapide en longueur d’onde utilisée est une swept source (Axsun
Tech. Inc.@ SSOCT-1060), couramment utilisée pour les techniques de SS-OCT (Swept-Source
Optical Coherent Tomography) [108]. La composition électronique du boitier de la swept-source
est présentée en détail Figure II.7.
Le principe de ce type de source est de balayer un spectre en longueur d’onde par un système
interférentiel Fabry-Perot placé dans la cavité laser. Un premier miroir, qui se translate sur l’axe
optique, modifie l’ordre d’interférence et un second miroir, fixe, permet de laisser passer des
longueurs d’onde particulières. En effet, seules les longueurs d’onde associées à l’ordre k (où k
est un entier), notées λk , sont transmises par le Fabry-Perot et s’écrivent sous la forme
2L
λk = (II.12)
k
où L est est la distance séparant les deux miroirs composant le Fabry-Perot. A noter que le
système en sortie du Fabry-Perot est doté d’un filtre qui permet de s’assurer qu’il n’y a émission
que d’un seul ordre k à chaque balayage du spectre. Si le Fabry-Perot reste suffisamment
longtemps à la même position, les modes de la cavité laser correspondant à la bande spectrale
sélectionnée par le Fabry-Perot vont être ré-amplifiés par le milieu à gain (SOA ou Semiconductor
Optical Amplifier) formant une raie laser intense de 55 pm de large (soit une longueur de
cohérence de 13,5 mm à -6 dB). Ainsi, à chaque nouvelle position du Fabry-Perot, une raie laser
unique à chaque longueur d’onde est observée, comme illustré Figure II.8.
La principale différence de la swept-source comparée à la diode super-luminescente est que
toute la puissance optique est disponible pour chaque longueur d’onde d’un large spectre.
La swept-source utilisée balaye un spectre centré à λ0 = 1060nm sur une largeur de 110nm,
à une cadence de 100 kHz (correspondant à un balayage du spectre aller-retour en 10 µs) [109]
et possède une puissance optique de 14 mW. Le système d’émission laser passe par une fibre
-64-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
-65-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
F IGURE II.7 – Détail du montage de la swept source. SOA (Semiconductor Optical Amplifier) : semi-
conducteur (milieu amplificateur).
Remarque 2 : Au cours de ce manuscrit, deux fréquences sont introduites qu’il sera nécessaire
de distinguer :
-66-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
Le premier polarimètre, basé sur le codage spectral, développé au LSOL en 2007 par M.
Dubreuil possède des lames de calcite ou CaCO3 pour le PSG et le PSA. Pour ce nouveau
dispositif utilisant une swept-source, les lames de phase ont été remplacées par du Yttrium
Vanadate ou Y V O4 [110, 111]. Le Tableau II.2 établit un comparatif sur les propriétés physiques
de ces deux matériaux.
CaCO3 YVO4
no = 1, 6424@1060nm no = 1, 9573@1060nm
Indice de réfraction
ne = 1, 4797@1060nm ne = 2, 1652@1060nm
La biréfringence du Y V O4 est plus élevée (∆n = 0,208 à 1060 nm), ce qui permet d’envisager
des lames de plus faible épaisseur. L’expansion thermique est aussi plus homogène suivant les
deux axes cristallins avec ce matériau et sa dureté est plus importante, ce qui permet d’obtenir
des coupes plus précises.
Les épaisseurs des lames de Y V O4 sont de e = 0,4 mm pour le bloc de codage et 5e = 2,0 mm
pour le bloc de décodage. L’image Figure II.9 illustre bien le potentiel de miniaturisation du
PSG et du PSA ; en effet, les lames ont été placées dans des blocs en aluminium de la taille
d’une pièce de 50 centimes (inférieur à 30 mm) avec une ouverture de 12,7 mm. Cette réduction
des dimensions permet d’envisager de fixer ces blocs au sein de systèmes plus imposants mais
également d’isoler thermiquement les lames.
Après l’étape d’analyse des états de polarisation, le spectre cannelé est détecté par une
photodiode PIN InGaAS (Femto HCA-S-400M-IN) de bande passante 400 MHz et de diamètre
effectif 300µm. Chaque spectre est directement numérisé sur la DAQ sur 1440 points, permettant
d’avoir 6 périodes entières à la fréquence de modulation f0 . A 12f0 , on mesure 72 périodes, ce
qui permet d’échantillonner le signal à la fréquence la plus élevée par 13 points, ce qui se situe
largement au dessus du critère de Nyquist. La largeur spectrale d’analyse est ∆λ = 81 nm.
-67-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
F IGURE II.9 – Image des blocs de codage (C ou PSG) et de décodage (D ou PSA), comparés à la taille
d’une pièce de 50centimes.
F IGURE II.10 – Principe du k-clock à l’intérieur du système swept source. La sortie du k-clock est reliée
ensuite à une des voies d’une carte d’acquisition.
Le signal généré par ce type d’horloge externe est très utilisé en imagerie OCT pour
échantillonner le signal de telle sorte que les points soient équidistants en fréquence optique.
Considérons E0 , le champ électrique de la lumière sortant directement de la swept-source, une
partie de ce signal sert de référence et ne subira aucune modification, noté E1 . L’autre partie,
noté E2 , sera envoyée vers un interféromètre de Mach-Zehnder et va parcourir un trajet plus
long. Si on note d la distance supplémentaire parcourue par E2 , cette partie du signal subira un
déphasage de 2π c
dν et les expressions de ces deux champs sont
-68-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
F IGURE II.11 – Illustration de l’évolution non-linéaire de la fréquence instantanée, décrit dans l’ar-
ticle [112]. (a) Signal interférométrique du Mach-Zehnder en fonction du temps pour un balayage de
la swept source. (b) Schéma de la variation de la fréquence instantanée au cours du temps de ce signal
interférométrique. Les annulations se font à intervalle de fréquence optique régulier.
E1 (ν) = E0 (ν)
2π
dν
(II.13)
E2 (ν) = E0 (ν)e−i c
π
Sdet = |E1 (ν) + E2 (ν)|2 = I0 (ν) · 4cos2 ( dν) (II.14)
c
c
ν(tk ) = ν0 (t) + k (II.15)
d
F IGURE II.12 – Diagramme des opérations de l’horloge externe, présentée dans l’article [112].
-69-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
La forme du signal k-clock est représentée Figure II.13, ainsi que le déclenchement du
balayage en longueur d’onde (sweep-trigger). La fréquence instantanée de ce signal est variable
de 150 MHz à 350 MHz au cours d’un balayage en longueur d’onde de la swept-source.
F IGURE II.13 – Signaux de k-clock (en rouge) et de sweep-trigger (en noir) de la swept-source.
F IGURE II.14 – Signal mesuré pour un polariseur linéaire orienté à 0° et la transformée de Fourier
associée, (a) échantillonné sans et (b) avec le k-clock.
-70-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
-71-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
Remarque : On note les lames de phase suivant leur ordre dans le polarimètre, dont les orienta-
tions sont données par rapport à celle du polariseur d’entrée du PSG (orienté alors à 0°) comme
indiqué dans la configuration expérimentale Figure II.4, à savoir
— Lame 3 : lame d’épaisseur 5e, dont l’axe rapide est orientée à 0°.
— Lame 4 : lame d’épaisseur 5e, dont l’axe rapide est orientée à 45°.
D’après le Tableau II.1, en choisissant le vide comme milieu connu par exemple, on peut
avoir accès aux amplitudes des pics aux fréquences 0, 2f0 , 4f0 , 6f0 , 10f0 et 12f0 . Dans le Tableau
II.3, on résume les rapports des amplitudes théoriques à ces fréquences du vide, normalisées par
rapport au pic 4f0 . Le choix de cette fréquence prise comme référence sera justifié dans la partie
suivante traitant des erreurs d’épaisseur des lames.
Pour calculer les autres coefficients aux pics f0 , 3f0 , 5f0 , 7f0 , 8f0 , 9f0 et 11f0 , on réalise
une interpolation par une fonction linéaire à partir des pics du vide. Ensuite, on compare les
rapports entre les amplitudes des pics de Fourier expérimentales et théoriques associées à chaque
pic normalisées par rapport au pic 4f0 , ce qui permet de remonter au ”drop-off ” de la Figure
II.15.
D’après cette Figure II.15, on remarque que les pics ont des amplitudes qui ne sont quasiment
pas atténuées aux hautes fréquences.
-72-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
0 3
2f0 0.5
6f0 1
10f0 0.5
12f0 0.5
Tableau II.3 – Amplitudes des pics à 0, 2f0 , 6f0 , 10f0 et 12f0 normalisées par celle du pic à 4f0 pour le
signal du vide.
F IGURE II.15 – Drop-off calculé à partir de l’amplitude des pics normalisée par rapport au pic de
fréquence 4f0 sur le signal du vide.
Si on s’intéresse à l’influence de cette correction sur les matrices de Mueller du vide, on voit
que sans cette méthode, malgré une faible atténuation à haute fréquence, la matrice s’éloigne
rapidement de l’identité 4 × 4, comme illustré dans le Tableau II.4. Il est alors nécessaire de la
prendre en compte.
Une optimisation d’ordre numérique simple pour améliorer la lecture des pics est de générer
une transformée de Fourier échantillonnée avec plus de points. Pour cela, on ajoute des valeurs
nulles aux extrémités du signal I(ν) directement. Cette méthode, connue sous le nom de ”zero-
-73-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
DL = 0, 038 DL = 0, 019
Pd = 0, 933 Pd = 0, 997
RL = 0, 9° RL = 0, 9°
Tableau II.4 – Matrices de Mueller et valeurs de la diatténutation linéaire (DL ), dépolarisation (Pd ) et
de retardance linéaire (RL ) pour le vide, avec et sans la compensation du ”drop-off”.
padding”, doit forcément être couplée avec un fenêtrage adéquat du signal. En effet, le spectre
numérisé est tronqué de manière abrupte (fenêtre rectangulaire), ce qui représente dans l’espace
de Fourier une convolution par un sinus cardinal. Le zero-padding seul va donc accentuer la
résolution des lobes secondaires du sinus cardinal ce qui peut polluer les pics adjacents, comme
on peut le voir Figure II.16.b. On peut pallier ce problème en utilisant en plus une fenêtre de
type Blackmann-Harris [107, 114], dont l’effet est visible Figure II.16.c.
F IGURE II.16 – Transformée de Fourier directe du signal de la Figure II.14 (polariseur linéaire orienté à
0°) (a) sans optimisation numérique (sans interpolation), (b) avec l’application du ”zero-padding” (signal
interpolé à 5400 points) et (c) avec application du ”zero-padding” et de la fenêtre de Blackman-Harris.
-74-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
π
φmilieu = 2πf0milieu (λ − λ0 ) + (II.16)
2
avec f0milieu , une constante proportionnelle à la fréquence fondamentale f0 associée à la
modulation spectrale de la lame 1 de Y V O4 du PSG. Pour une lame d’épaisseur e = 0, 4mm,
f0 = 79, 4µm−1 à λ0 = 1060nm.
Nous avons simulé la mesure de la matrice de Mueller du milieu chromatique en utilisant
le protocole développé précédemment dans la thèse et qui est basé sur l’achromaticité du
milieu d’étude. Le Tableau II.5 présente les paramètres polarimétriques (diatténuation linéaire,
dépolarisation et retardance linéaire) en fonction de l’évolution du déphasage du milieu par
rapport au déphasage de la lame 1 de Y V O4 du PSG, qui consiste à faire le rapport suivant
∆φmilieu f0milieu
= (II.17)
∆φY V O4 f0
Tableau II.5 – Simulation de l’influence en longueur d’onde du déphasage induit par une lame quart
d’onde, en fonction de la fréquence instantanée relative et du déphasage absolu sur les paramètres
polarimétriques. DL : Diatténuation linéaire. Pd : dépolarisation. αR : orientation de la retardance.
Lorsque le milieu est achromatique (f0milieu = 0), les paramètres polarimétriques (diatténuation
linéaire, dépolarisation et retardance linéaire) extraits de la matrice de Mueller donnent des
-75-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
Tout d’abord, on dispose de deux types de support de rotation : un manuel et l’autre motorisé,
dont les incertitudes sur l’orientation sont évaluées respectivement à 0, 5° et 0, 05°. Le Tableau
II.6 présente les résultats de la simulation de telles erreurs sur l’orientation des lames de Y V O4
et du polariseur de sortie sur la matrice de Mueller du vide (équivalente à la matrice identité).
On constate que des erreurs d’alignement de 0, 5° (le cas pour un système de rotation manuel)
engendre des erreurs non-négligeables sur les coefficients de la matrice de Mueller, supérieures
à 0, 050. Par contre, une incertitude sur l’alignement de 0, 05° réduit d’un facteur 10 cette erreur.
Étant donné que la détermination des incertitudes d’alignement est très compliquée à prendre en
compte dans notre modèle, on limite alors ces erreurs par une procédure d’alignement stricte et
en plaçant les lames de Y V O4 et le polariseur de sortie sur des moteurs de rotation, connectés à
un contrôleur (Newport).
Le protocole d’alignement consiste tout d’abord à croiser le polariseur de sortie avec celui
d’entrée, dont l’axe est pris comme référence (noté 0°). On mesure l’intensité lumineuse de la
swept-source qui traverse les deux polariseurs autour de l’extinction puis, par un ajustement
polynomial, on se place au minimum de la parabole, dont un exemple d’alignement est présenté
Figure II.17.
Ensuite, la lame 1 est placée entre les polariseurs croisés. On repère son axe rapide suivant la
même orientation que le polariseur d’entrée et l’interpolation parabolique autour de l’extinction
donne la position finale de la lame. Cette opération est réitérée pour les 3 autres lames et les
lames 1 et 4 sont orientées à 45° de cette position. Les mesures d’intensité des lames entre
polariseur et analyseur croisés, ainsi que l’interpolation par un fit parabolique, sont présentées
Figure II.18.
Cette procédure permet d’orienter les lignes neutres sans faire la distinction entre les axes
rapides notés nr et lents notés nl . Pour lever cette ambiguı̈té, on place les deux premières lames
d’épaisseurs e à la suite, puis on oriente les axes rapides à 45°. On distingue différents cas de
figure résumés sur les schémas Figure II.19 :
-76-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
∆θ1 (°) ∆θ2 (°) ∆θ3 (°) ∆θ4 (°) ∆θp (°) Matrice de Mueller du vide
1 0 0 0
0 1 0 0
0 0 0 0 0
0 0 1 0
0 0 0 1
1 0 0 0
0 1 0 0
0,5 0 0 0 0
0, 017 −0, 017 0, 982 0
0 0 0 0, 982
1 0 0 0
0, 002 0, 998 0, 034 0
0,5 0,5 0,5 0,5 0,5
0, 035 −0, 052 0, 964 0
0 0 0 0, 965
1 0 0 0
0 1 0 0
0,05 0 0 0 0
0, 002 −0, 002 0, 998 0
0 0 0 0, 998
1 0 0 0
0 1 0, 003 0
0,05 0,05 0,05 0,05 0,05
0, 003 −0, 005 0, 997 0
0 0 0 0, 997
Tableau II.6 – Matrices de Mueller simulées pour le vide comme milieu, pour différents exemples d’erreurs
d’alignement relatif de chaque lames de phase (∆θ1 , ∆θ2 , ∆θ3 , ∆θ4 ) et du polariseur de sortie (∆θp )
par rapport à l’orientation du polariseur d’entrée.
— si les axes rapides des deux lames sont perpendiculaires entre eux, il n’y a pas de fréquence
de modulation,
— si les axes rapides des deux lames sont parallèles entre eux, la fréquence de modulation
est 2f0 : les axes sont correctement alignés.
Avec l’axe de la première lame comme référence, on fait de même pour la 3, puis pour la 4,
-77-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
F IGURE II.17 – Interpolation polynomiale (en trait plein) pour les mesures d’intensité pour le polariseur
et l’analyseur croisés.
F IGURE II.18 – Interpolation polynomiale (en trait plein) pour les mesures d’intensité des lames 1, 2, 3
et 4 (en point) entre polariseur et analyseur croisés.
— si les axes rapides des deux lames sont perpendiculaires entre eux, la fréquence de modu-
lation est 4f0 ,
— si les axes rapides des deux lames sont parallèles entre eux, la fréquence de modulation
est 6f0 : les axes sont correctement alignés.
-78-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
F IGURE II.19 – Procédure d’alignement sur la même ligne neutre (ici l’axe rapide en rouge noté nr ) des
lames de phase, à partir de la transformée de Fourier du signal.
-79-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
Tout d’abord, considérons les erreurs commises sur la phase φ0 à l’ordre 0 de l’équation II.2
pour une fréquence entière dans la fenêtre d’analyse. Cela revient à considérer la configuration
(e,e + ∆e2 ,5e + ∆e3 ,5e + ∆e4 ) et à définir les erreurs de phase φ2 , φ3 et φ4 à l’ordre 0, telles
que
4π∆n∆ei ∂∆n
φi = − 2π ∆ei avec i = 2, 3, 4. (II.18)
λ0 ∂λ λ0
avec les incertitudes sur l’épaisseur des lames 2, 3 et 4 notées ∆ei où i = 2,3,4 en prenant
celle de la lame 1 comme référence. Le terme ∂∆n ∂ λ λ0
correspond à la dispersion chromatique
−1
et vaut −0, 04008µm pour le Y V O4 [115].
Ainsi, on voit que le déphasage φi , spécifique à chaque variation d’épaisseur par rapport à la
lame 1, va perturber la mesure. En effet, en tenant compte des erreurs de phase φi associées
aux erreurs d’épaisseurs ∆ei et en considérant une fenêtre d’analyse spectrale fixe, on réécrit
l’expression du vecteur de Stokes de sortie S~s ,
S~s = [P (90°)] · [R(5φ + φ4 , 45°)] · [R(5φ + φ3 , 0°)] · [M ] · [R(φ + φ2 , 0°)] · [R(φ, 45°)] · [P (0°)]S~i
(II.19)
où φ est définie d’après l’équation II.2. L’intensité lumineuse détectée peut être écrite sous
sa forme simplifiée de la manière suivante
" 12
#
X
I(λ ) = Re V0′ Re + (Vn′ Re − jVn′ Im ) · ejΦn · ejn(2πf0 λ +φf en ) (II.20)
n=1
oùVn′ Re etVn′ Im sont des combinaisons linéaires des mij , mais aussi des φi . Les phases φn
sont des phases supplémentaires qui dépendent des φi . On constate alors un changement dans
l’expression de l’intensité lumineuse, engendrant de nouvelles combinaisons linéaires entre les
coefficients de Mueller et les amplitudes complexes des pics de Fourier, décrites en partie réelle
et imaginaire, dans le Tableau II.7. Comme pour l’équation II.7, on réécrit la matrice de passage,
notée [P erreur ], pour tenir compte de ces erreurs de phase dont l’expression est présentée Annexe
8.
-80-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
4f0 φ4 −4m11 0
6f0 φ4 −4m11 0
Tableau II.7 – Relation entre amplitudes complexes des pics de la transformée de Fourier (en parties
réelles et imaginaires) et les coefficients mij , dans la configuration (e, e+∆2 , 5e+∆3 , 5e+∆4 ). Φn sont
des phases dépendantes des phases φi .
Ce Tableau II.7 montre que la relation entre les amplitudes des pics aux différentes fréquences
de modulation et les mij est plus complexe que celle donnée au Tableau II.1 et fait intervenir
les erreurs de phase φ2 , φ3 et φ4 . Afin d’évaluer l’importance de ces nouvelles phases dans
-81-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
notre modèle, le Tableau II.8 présente la matrice de Mueller simulée du vide, en fonction d’un
déphasage supplémentaire de 0,01 rad sur les lames 2, 3 et 4 de Y V O4 .
Tableau II.8 – Matrices de Mueller théoriques du vide sans et avec déphasage de 0,01 rad des lames 2 et
4 du PSG et du PSA (φ2 et φ4 ).
On se rend compte que les erreurs commises sur les phases ont des effets beaucoup plus
importants sur les coefficients de la matrice de Mueller, puisque qu’un déphasage de 0,01 rad
est engendré par une épaisseur de 8 nm. Cette situation est bien évidemment éloignée de la
réalité, puisque l’application numérique de l’équation II.18 permet de calculer qu’une épaisseur
de 20µm engendre un déphasage de l’ordre 54 rad. Il est donc nécessaire de mesurer les phases
φ2 , φ3 et φ4 , avant de déterminer la matrice de Mueller de l’échantillon.
Maintenant, nous évaluons l’influence des erreurs d’épaisseurs données par le constructeur
sur la fréquence f0 (ordre 1 de l’équation II.2), en corrigeant les phases φi (i = 1,2,3,4). Pour
cela, nous simulons la matrice de Mueller d’un polariseur linéaire orienté à 30° dans le cas
où l’erreur sur l’épaisseur est de 0, 1% pour la lame 2 et de 0, 5% pour la lame 4. Ce milieu
a été choisi plutôt que le vide, car les simulations montrent de trop faibles variations sur les
coefficients de la matrice de Mueller de l’ordre de 10−6 pour illustrer des variations. Les résultats
sont résumés Tableau II.9.
-82-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
Tableau II.9 – Matrices de Mueller théoriques d’un polariseur linéaire orienté à 30°, en fonction de
l’erreur d’épaisseur de 0, 5% sur la lame 2 et de 0, 1% sur la lame 4 (d’épaisseurs respectives e2 et e4 ).
Dans le cas extrême où l’erreur sur les épaisseurs apparaissent en même temps pour deux
lames des PSG et PSA, les coefficients de la matrice de Mueller s’écartent de 0, 002 par rapport
aux valeurs théoriques, précision acceptable pour nos mesures.
En résumé, les erreurs dues aux défauts d’épaisseur des lames de Y V O4 nous impose de
prendre en compte des phases supplémentaires dans notre modèle (φ2 , φ3 et φ4 ). Pour remonter
à la matrice de Mueller d’un échantillon, il sera alors essentiel de les extraire au préalable. Cette
étape sera la base d’une procédure de calibration, dont on décrira dans la suite de ce manuscrit
le protocole en détail pour chaque configuration expérimentale du polarimètre.
-83-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
— la dilatation thermique homogène des lames dans le PSG et le PSA, c’est-à-dire que
les erreurs sur les épaisseurs respectent le rapport (e + ∆e(T ) , e + ∆e(T ) , 5(e + ∆e(T ) ),
5(e + ∆e(T ) )), où ∆e(T ) correspond à la variation d’épaisseur causée par la température
(avec ∆e(T ) ≪ e) .
Dans cette situation, le rapport (e,e,5e,5e) étant toujours respecté, les pics dans l’espace de
Fourier seront toujours équidistants. Cependant, cela va influencer le rapport entre les parties
réelles et les parties imaginaires des pics de Fourier. On note alors ce déphasage φf en prenant en
compte la position du signal dans la fenêtre d’analyse.
A partir de l’équation II.2, en tenant compte d’une erreur de phase à l’ordre 0 et en négligeant
celle sur la fréquence à l’ordre 1, l’expression du déphasage total associé à une lame de Y V O4
d’épaisseur e s’écrit finalement sous la forme
φ = φf en + φi + 2πf0 λ (II.21)
Le déphasage total occasionné sur chaque lame de phase dans le PSG et le PSA s’écrit donc
φlame1 = φf en + 2πf0 λ
φlame2 = φf en + φ2 + 2πf0 λ
(II.22)
φlame3 = 5φf en + φ3 + 5 × 2πf0 λ
φlame4 = 5φf en + φ4 + 5 × 2πf0 λ
Pour illustrer l’influence de φf en sur la mesure de la matrice de Mueller, on simule une
valeur de 0,01 rad pour ce paramètre en fixant les φi à 0. La matrice de Mueller du vide devient
donc
1, 000 0, 000 −0, 003 0, 050
0, 000 0, 998 0, 018 0, 000
0, 001 0, 000 0, 992 0, 120
0, 010 0, 000 −0, 120 0, 992
On voit donc que ce déphasage n’est pas négligeable dans la propagation des erreurs sur la
matrice de Mueller. Comme pour les erreurs de phase induites par les défauts d’épaisseurs des
lames, on devra tenir compte de φf en avant la mesure de la matrice de Mueller de l’échantillon.
En résumé, il faut donc imaginer une procédure pour extraire les phases φ2 , φ3 et φ4 indépendamment
de la mesure de la matrice de Mueller du milieu. Cependant, les valeurs des erreurs de phase φ2 ,
φ3 , φ4 et φf en sont fortement influencées par la variation de température, ce qui rend impossible
en pratique la mesure directe de ces phases. Nous discuterons dans la section suivante, le proto-
cole de calibration mis en place pour les extraire à partir de milieux connus en fonction de la
configuration expérimentale, c’est-à-dire en transmission ou en réflexion.
-84-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
3- Configuration en transmission
Le montage expérimental en configuration de transmission du polarimètre de Mueller est
présenté Figure II.20.
F IGURE II.20 – Dispositif expérimental du polarimètre de Mueller utilisant une swept-source, en configu-
ration de transmission.
Pour valider le polarimètre de Mueller, nous travaillons dans la suite de ce chapitre avec 3
milieux de référence, qui sont :
— Le vide,
-85-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
— les pics dans l’espace de Fourier sont suffisamment espacés et ne sont donc pas ”pollués”
par la largeur des pics voisins,
étalon1
2 1 −1 Arg(I˜2f0 )
4 0 1 Arg(I˜4f0 )
6 0 1 · (φf en , φ2 + φ3 , φ4 ) = Arg(I˜ ) (II.24)
6f0
10 1 1 Arg(I˜10f0 )
12 1 1 ˜
Arg(I12f0 )
étalon2
Arg(I˜3f0 )
Arg(I˜7f0 )
V~ mes = Arg(I˜8f0 )
(II.25)
Arg(I˜9f0 )
Arg(I˜11f0 )
Puis, on créer un vecteur colonne composé des valeurs calculées des arguments aux fréquences
3f0 , 7f0 , 8f0 , 9f0 et 11f0 en utilisant les phases mesurées pour le vide et dont on fait varier φ2 .
A l’aide du Tableau II.7, l’expression de ce vecteur s’écrit alors
-86-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
−φ2 + φétalon1
4 + 3φétalon1
f en
étalon1 étalon1
φ2 + φ4 + 7φf en
V~ calc =
−2φ 2 + (φ 2 + φ 3 ) étalon1
+ φ étalon1
4 + 8φ étalon1
f en (II.26)
−φ2 + (φ2 + φ3 ) étalon1
+ φ étalon1
+ 9φ étalon1
4 f en
−φ2 + (φ2 + φ3 )étalon1 + φétalon1
4 + 11φ étalon1
f en
Les erreurs de phases sont spécifiques au système ; les deux vecteurs précédents sont donc
égaux. On réalise alors une minimisation au sens des moindres carrés en faisant varier φ2 qui
sécrit sous la forme
X
χ2 = |Vimes − Vicalc |2 (II.27)
i
Avec prise en compte des phases Sans prise en compte des phases
1, 000 0, 010 −0, 007 0, 021 1, 000 −0, 001 −0, 286 0, 539
−0, 011 0, 996 −0, 009 −0, 010 0, 004 −0, 200 −0, 012 −0, 001
0, 000 0, 005 0, 996 0, 022 0, 259 −0, 000 −0, 641 0, 527
0, 010 −0, 030 −0, 021 0, 997 0, 678 −0, 008 −0, 525 −0, 641
Tableau II.10 – Matrices de Mueller pour le vide, avec et sans prise en compte des phases φ2 , φ3 , φ4 et
φf en .
Ainsi, si on se contente de mesurer uniquement les valeurs des amplitudes et des phases des
pics correspondant au milieu, les résultats obtenus seront trop entachés d’erreurs pour pouvoir
interpréter physiquement la matrice de Mueller.
-87-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
de l’expérience. Cela a pour conséquence d’entrainer une translation du signal I(ν) dans la
fenêtre d’analyse. On s’attend alors à une variation essentiellement sur φf en en fonction de la
température. La Figure II.21 représente l’évolution sur 1h30 des phases calculées à partir du
signal du vide.
F IGURE II.21 – Évolution des phases φ2 , φ3 , φ4 et φf en en fonction du temps par rapport à la mesure à t
= 0.
Sur cette mesure, pour une évolution en température de 1°C, la variation de la phase φf en est
plus importante que pour les autres phases, de 0,06 rad contre 0,01 rad. Il est donc essentiel de
trouver des solutions pour prendre en compte l’influence de ce paramètre sur notre polarimètre.
On propose alors une technique pour auto-calibrer notre système en temps réel basée sur la
lecture des phases des pics de Fourier correspondant au spectre généré par le milieu d’étude
lui-même. D’après le Tableau II.7, les pics de fréquence f0 , 4f0 , 5f0 et 6f0 ont toujours une
partie imaginaire nulle et ceux de fréquences 9f0 et 11f0 ont des expressions similaires. En
fonction de φf en , leurs expressions sont les suivantes
Arg(I˜f0 ) = φf en
Arg(I˜4f0 ) = 4φf en + φ4
Arg(I˜5f0 ) = 5φf en + φ4
(II.28)
Arg(I˜6f0 ) = 6φf en + φ4
Arg(I˜9f0 ) = 9φf en + φ3 + φ4
Arg(I˜11f0 ) = 11φf en + φ3 + φ4
-88-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
Arg(I˜6f0 ) − Arg(I˜4f0 )
φf en =
2
φf en = Arg(I˜5f0 ) − Arg(I˜4f0 )
(II.29)
φf en = Arg(I˜6f0 ) − Arg(I˜5f0 )
Arg(I˜11f0 ) − Arg(I˜9f0 )
φf en =
2
Néanmoins pour le vide, les pics aux fréquences de modulation f0 et 5f0 ont une amplitude
nulle ; on peut donc utiliser l’expression de la phase fenêtre avec les pics 4f0 et 6f0 . La stabilité
en température du polarimètre a alors été évaluée par la mesure des matrices de Mueller pour le
vide toutes les minutes pendant 1 h. On se base sur la procédure de calibration à l’instant t =
0 utilisant la mesure de deux étalons à savoir le vide et un polariseur linéaire. La Figure II.22
représente l’évolution des 16 coefficients de la matrice de Mueller mij .
F IGURE II.22 – Évolution dans le temps des coefficients mij pendant 1 h. (courbe rouge) Avec correction.
(courbe noire) Sans correction.
La dérive en température influe sur les coefficients de la matrice (courbe noire en poin-
tillée) lorsqu’on prend en compte la phase fenêtre calculée à l’instant t = 0. Nous avons alors
calculé la phase fenêtre à chaque mesure à partir des pics 4f0 et 6f0 et utilisé cette dernière
pour le calcul des coefficients de Mueller. Cette méthode est alors efficace ramenant les va-
leurs de coefficients de Mueller mij correspondant à une incertitude de mesure de l’ordre de 0,03.
Cependant, ces pics sont dépendants des valeurs des mij ce qui rend cette procédure délicate
à utiliser étant donné le peu d’équations mis en jeu. Pour des milieux possédant des orienta-
tions particulières, certains pics peuvent être relativement faibles donc bruités rendant difficile
l’extraction de la phase fenêtre. Par exemple, la Figure II.23 présente la mesure de la variation
-89-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
d’amplitude des pics aux fréquences 4f0 , 5f0 , 6f0 , 9f0 et 11f0 en fonction de l’orientation d’une
lame demi-onde à 830 nm.
F IGURE II.23 – Évolution des amplitudes des pics aux fréquences 4f0 (courbe bleu foncé), 5f0 (courbe
verte), 6f0 (courbe rouge), 9f0 (courbe violette) et 11f0 (courbe bleu claire), en fonction des orientations
d’une lame demi-onde à 830 nm.
Si on n’utilisait qu’une seule équation pour toutes les orientations d’un même milieu, il serait
impossible de déterminer φf en de manière fiable. Cependant, pour la lame demi-onde à 830 nm,
on voit que les amplitudes des pics aux fréquences 4f0 et 6f0 évoluent de façon opposée avec
celles ses pics aux fréquences 9f0 et 11f0 .
Il est alors possible de développer un algorithme adaptatif permettant de changer d’équation dès
que la précédente fait intervenir des pics dont les amplitudes sont faibles. On s’assurerait alors
d’avoir une valeur de φf en quelle que soit l’orientation du milieu d’étude.
Une autre solution d’ordre expérimental consisterait aussi à tourner physiquement le milieu
jusqu’à mettre en évidence des amplitudes de pic à des fréquences de modulation plus fortes.
-90-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
Les Tableaux II.11 et II.12 résument les matrices de Mueller moyennes et d’écart-types
obtenues pour 150 mesures, ainsi que les valeurs de diatténuation linéaire (DL ), de retardance
linéaire (RL ) et de dépolarisation (Pd ) issus de la décomposition de Lu et Chipman pour le
vide, un polariseur linéaire et une lame demi-onde à 830 nm, orientés de manière quelconque.
Nous rappelons les paramètres polarimétriques théoriques issus de la décomposition de Lu et
Chipman pour ces échantillons connus :
— DL = 0, Pd = 1 et RL = 0 pour le vide,
Les valeurs de retardance pour les polariseurs linéaires sont remplacées par le symbole ”∅”,
car la décomposition de Lu et Chipman donne des valeurs non-physiques pour ce paramètre
lorsqu’on mesure la réponse polarimétrique pour des diatténutateurs parfaits.
Vide
1, 000 0, 000 0, 002 0, 002
0, 000 0, 993 0, 001 0, 000
−0, 001 0, 001 0, 989 −0, 013
0, 002 0, 000 0, 012 0, 990
0, 000 ±0, 004 ±0, 009 ±0, 009
±0, 004 ±0, 005 ±0, 005 ±0, 004
±0, 007 ±0, 005 ±0, 013 ±0, 008
±0, 012 ±0, 005 ±0, 008 ±0, 011
DL = 0, 013 ± 0, 005
Pd = 0, 991 ± 0, 008
RL = 0, 8° ± 0, 2°
Tableau II.11 – Matrices de Mueller expérimentales (moyennes et d’écart-types sur 150 mesures) pour le
vide en transmission, ainsi que les valeurs de la diatténutation linéaire (DL ), dépolarisation (Pd ) et de
retardance linéaire (RL ).
Afin de pouvoir comparer les matrices expérimentales avec celles attendues, nous présentons
dans le Tableau II.13 les matrices de Mueller théoriques pour le polariseur linéaire et la lame
-91-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
1, 000 0, 517 0, 858 −0, 024 1, 000 0, 000 −0, 001 0, 001
−0, 509 −0, 269 −0, 441 0, 000 −0, 001 0, 552 −0, 776 0, 296
0, 841 0, 443 0, 723 −0, 021 0, 001 −0, 774 −0, 336 0, 553
0, 003 0, 005 0, 013 0, 007 −0, 001 −0, 299 −0, 546 −0, 775
0, 000 ±0, 008 ±0, 019 ±0, 013 0, 000 ±0, 005 ±0, 006 ±0, 009
±0, 008 ±0, 007 ±0, 012 ±0, 010 ±0, 006 ±0, 003 ±0, 007 ±0, 013
±0, 009 ±0, 011 ±0, 027 ±0, 018 ±0, 007 ±0, 008 ±0, 009 ±0, 011
±0, 023 ±0, 010 ±0, 019 ±0, 023 ±0, 009 ±0, 013 ±0, 011 ±0, 012
Tableau II.12 – Matrices de Mueller expérimentales (moyennes et d’écart-types sur 150 mesures) pour un
polariseur linéaire et une lame demi-onde à 830 nm d’orientation quelconque en transmission, ainsi que
les valeurs de la diatténutation linéaire (DL ), dépolarisation (Pd ) et de retardance linéaire (RL ).
demi-onde à 830 nm, dont les orientations correspondent à celles mesurées expérimentalement,
à savoir 29, 5° (pour le polariseur linéaire) et 165, 3° (pour la lame demi-onde à 830 nm et de
déphasage égal à 142, 1°).
1, 000 0, 515 0, 857 0, 000 1, 000 0, 000 0, 000 0, 000
−0, 515 −0, 265 −0, 441 0, 000 0, 000 0, 571 −0, 761 0, 308
0, 857 0, 441 0, 735 0, 000 0, 000 −0, 761 −0, 350 0, 547
0, 000 0, 000 0, 000 0, 000 0, 000 −0, 308 −0, 547 −0, 778
Tableau II.13 – Matrices de Mueller théoriques pour un polariseur linéaire orienté à 29, 5° et une lame
demi-onde de retardance linéaire de 142, 1° dont l’axe rapide est orienté à 165, 3°.
Les matrices de Mueller de ces échantillons présentent des coefficients, en théorie nuls, au
maximum égaux à ±0, 024, ce qui nous donne une indication sur l’erreur systématique. La
matrice d’écart-type nous permet d’évaluer l’ordre de grandeur des erreurs aléatoires ici égales
-92-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
à ±0, 027.
Ensuite, les paramètres polarimétriques correspondants montrent une description fiable des
éléments optiques dont les valeurs sont proches de la théorie. L’incertitude de mesure est de
l’ordre du pourcent, inférieure à ±0, 020 pour la diatténuation linéaire et la dépolarisation et
inférieures au degré pour la retardance linéaire et les orientations (de la diatténuation et de la
retardance).
-93-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
F IGURE II.24 – Évolution des coefficients mij d’un polariseur linéaire, en fonction de son orientation,
pour la configuration en transmission. Les valeurs pointillées correspondent aux mesures expérimentales,
moyennées 150 fois en chaque position et les traits pleins correspondent aux valeurs théoriques.
F IGURE II.25 – Évolution des coefficients mij d’une lame demi-onde à 830 nm, en fonction de son
orientation, pour la configuration en transmission. Les valeurs pointillées correspondent aux mesures
expérimentales, moyennées 150 fois en chaque position et les traits pleins correspondent aux valeurs
théoriques.
-94-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
De ces courbes, on constate que les matrices de Mueller mesurées décrivent correctement
ces deux échantillons connus. Les erreurs systématiques évoluent en fonction de l’orientation
des éléments dont les valeurs sont inférieures à ±0, 050. Cela est dû au fait qu’à certains angles,
multiples de 45° en particulier, les amplitudes des pics sont plus faibles donc plus fortement
bruitées, comme on a pu le voir à la section 3.2.
Le Tableau II.14 résume les valeurs moyennes et les écart-types associées de ces paramètres
obtenues après décomposition de Lu et Chipman des matrices de Mueller pour chaque orienta-
tion.
RL = ∅ RL = 141° ± 0, 6°
Tableau II.14 – Valeurs moyennes sur l’orientation de la diatténutation linéaire (DL ), dépolarisation (Pd )
et de retardance linéaire (RL ) d’un polariseur linéaire et d’une lame demi-onde à 830 nm en transmission.
Les moyennes et les écart-types sont réalisés sur l’ensemble des matrices de Mueller mesurées pour
chaque orientation.
Ce tableau permet alors de constater que les valeurs attendues pour ces éléments optiques
correspondent bien à celles attendues en théorie. Les barres d’erreurs sont ici inférieures à
±0, 010 pour la diatténuation linéaire et la dépolarisation et inférieures au degré pour la retar-
dance linéaire.
Ces résultats obtenus ici montrent que notre polarimètre de Mueller a des performances
comparables à celui développé au cours de la thèse de M. Dubreuil. Ainsi, un changement de
configuration (source + détecteur et lames du PSG et du PSA) n’a pas réduit la précision de
l’approche par codage spectral.
Nous allons maintenant présenter le passage du polarimètre de Mueller vers une configuration de
réflexion. On verra que cela nous imposera de développer une nouvelle procédure de calibration
qui doit mesurer les 4 erreurs de phase, indépendamment d’un système optique (ici un cube
séparateur) situé entre les blocs de codage et de décodage, qu’on ne déplace pas entre la phase
de calibration et la phase de mesure.
-95-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
4- Configuration en réflexion
Afin d’envisager des études sur des échantillons épais, le polarimètre a également été
développé en configuration de réflexion. Une photo du dispositif expérimental dans cette
configuration est présentée Figure II.26.
F IGURE II.26 – Dispositif expérimental du polarimètre de Mueller utilisant une swept-source en configu-
ration de réflexion.
Pour les dispositifs en réflexion, il est primordial de placer un élément séparateur sur le trajet
optique du système, tel qu’un cube séparateur ou une lame séparatrice. Ce séparateur laisse
passer la lumière transmise provenant directement de la source pour éclairer le milieu, puis après
réflexion sur ce dernier, 50% de la lumière est réfléchie à 90° du trajet incident vers un détecteur.
Cependant, cet élément est susceptible de posséder une réponse polarimétrique particulière qu’il
faut pouvoir séparer de celle du milieu. Étant donné qu’il n’est pas envisageable de déplacer le
cube séparateur entre la phase de calibration et la phase de mesure, la procédure de calibration
utilisant le vide comme référence ne peut donc plus être utilisée dans cette configuration. Ainsi,
une nouvelle procédure a été développée utilisant simplement deux polariseurs linéaires de
référence, l’un juste après le PSG et l’autre juste avant le PSA. Nous allons voir que cela nous
permet de déterminer les 4 erreurs de phase φ2 , φ3 , φ4 et φf en indépendamment de tout type
d’anisotropie optique placée entre le bloc de codage et de décodage.
Remarque : Nos études sur la validation d’un prototype de polarimètre de Mueller en réflexion
consistent à étudier des échantillons transparents, placés devant un miroir de renvoi. Il faut donc
tenir compte de l’effet miroir (inversion du système de coordonnées cartésiennes) et le double
passage à travers le milieu dans la matrice de Mueller. Cependant, par la suite, il serait tout à fait
intéressant d’étudier les effets polarimétriques sur des échantillons épais et diffusants.
-96-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
la Figure II.27, dont un est orienté d’un angle α et l’autre d’un angle β, par rapport au polariseur
d’entrée du PSG.
— les pics d’amplitudes non-nulles sont aux fréquences f0 , 4f0 , 5f0 et 6f0 , pour la première
situation,
— les pics d’amplitudes non-nulles sont aux fréquences f0 , 8f0 , 10f0 et 12f0 , pour la
deuxième situation.
On comprend alors qu’il va être possible de générer une réponse spécifique en fonction
de l’orientation de ces deux polariseurs linéaires de référence. On note (α,β) la combinaison
d’orientation lorsque le premier polariseur est orienté d’un angle α et le second de β. D’après le
Tableau II.7, on peut tout d’abord écrire les arguments des pics pour la combinaison d’orientation
(0°, 0°)
Arg(I˜f0 ) = φf en
Arg(I˜4f0 ) = 4φf en + φ4
(II.30)
Arg(I˜5f0 ) = 5φf en + φ4
Arg(I˜6f0 ) = 6φf en + φ4
-97-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
Arg(I˜2f0 ) = 2φf en + φ2
Arg(I˜8f0 ) = 8φf en − φ2 + φ3 + φ4
(II.31)
Arg(I˜10f0 ) = 10φf en + φ3 + φ4
Arg(I˜12f0 ) = 12φf en + φ2 + φ3 + φ4
Ainsi, on peut écrire un certain nombre d’équations faisant intervenir les erreurs de phases des
lames de Y V O4. Pour pouvoir toutes les déterminer, on génère deux équations supplémentaires,
par exemple avec les combinaisons d’orientation (0°, −45°) :
Arg(I˜2f0 ) = 2φf en + φ2
Arg(I˜3f0 ) = 3φf en − φ2 + φ3
(II.32)
Arg(I˜5f0 ) = 5φf en + φ4
Arg(I˜7f0 ) = 7φf en + φ2 + φ4
Arg(I˜f0 ) = φf en
Arg(I˜9f0 ) = 9φf en + φ3 + φ4
(II.33)
Arg(I˜10f0 ) = 10φf en + φ3 + φ4
Arg(I˜11f0 ) = 11φf en + φ3 + φ4
— une optique collectrice de lumière après interaction avec un milieu (lentille de courte
focale ou objectif de microscope).
Après l’extraction des phases avec cette procédure de calibration, il nous faut néanmoins re-
monter à la signature polarimétrique de l’échantillon indépendamment de ces éléments optiques.
-98-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
F IGURE II.28 – Représentation dans l’espace de Fourier des 4 combinaisons d’orientation de deux
polariseurs linéaires de référence (0°, 0°), (−45°, −45°), (−45°, 0°) et (0°, −45°).
-99-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
En transmission En réflexion
1, 000 0, 000 −0, 005 −0, 027 1, 000 −0, 007 −0, 014 0, 022
0, 003 0, 985 −0, 001 0, 141 −0, 016 0, 975 0, 135 −0, 282
−0, 007 −0, 007 0, 989 −0, 109 −0, 014 0, 129 0, 689 0, 745
−0, 018 0, 145 0, 106 0, 983 0, 001 0, 278 −0, 747 0, 646
Tableau II.15 – Matrices de Mueller du cube séparateur en transmission et en réflexion (moyennées 150
fois) et les paramètres polarimétriques associés de diatténuation linéaire (DL ), de dépolarisation (Pd ) et
de retardance linéaire (RL ).
F IGURE II.29 – Transformée de Fourier du signal du cube séparateur en réflexion sans échantillon.
apparaı̂t lorsqu’une onde évanescente se propage à travers un milieu d’indice n2 séparant deux
milieux de même indice n1 (telle que n1 > n2 ) dans une configuration de réflexion totale, c’est-
à-dire quand l’onde est incidente à l’interface n1 /n2 avec un angle supérieur à l’angle critique
θC = asin(n2 /n1 ). Par example, si on considère deux prismes de verre (n = 1,5) dans le vide (n
= 1) séparé d’une certaine distance, on est capable de génèrer une réflexion et une transmission
de 50/50. Dans ce cas, la diatténuation en transmission et en réflexion sont différentes. En
revanche, la retardance est la même pour la transmission et la réflexion. Si maintenant on ajoute
des traitements multicouches sur les faces, il est possible d’obtenir une diatténuation proche de
0 mais cela a pour conséquence de modifier la retardance en transmission et en réflexion. Les
informations concernant la constitution du cube séparateur T horlabs@ n’étant pas disponibles
sur les couches utilisées (épaisseurs, matériaux diélectriques, indices), il a été impossible de
comparer nos valeurs expérimentales à des simulations de cet élément.
-100-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
La mesure de la matrice du milieu ne peut se faire qu’en présence du cube séparateur et sans
modifier sa position car la réponse de celui-ci change en fonction de son alignement par rapport
au faisceau incident. Il est donc essentiel de déterminer sa signature polarimétrique avec la seule
possibilité de pouvoir déplacer les blocs de PSG et de PSA. La solution retenue pour pouvoir
déterminer de manière fiable la matrice de Mueller d’un milieu inconnu est présentée sur le
schéma II.30.
F IGURE II.30 – Schéma résumant l’étape de mesure de la matrice de Mueller du milieu, en tenant compte
du cube séparateur (noté CS) en transmission puis en réflexion.
ref l trans
[Mmes1 ] = [MBS ] · [MBS ] (II.34)
-101-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
ref l
où l’expression de [MBS ] ne prend pas en compte le déphasage de π à la réflexion du cube
séparateur car il varie avec le même déphasage à la réflexion du miroir. On peut alors déterminer
la matrice de Mueller du cube en réflexion simplement par inversion telle que :
ref l trans −1
[MBS ] = [Mmes1 ] · [MBS ] (II.35)
La mesure de la matrice de Mueller [Mmes2 ] avec le milieu, dont la matrice est notée
[MM ilieu ], correspond au produit des trois matrices des éléments rencontrés séquentiellement
(transmission + milieu + réflexion) tel que
ref l trans
[Mmes2 ] = [MBS ] · [MM ilieu ] · [MBS ] (II.36)
La matrice du Mueller du milieu est alors directement obtenue par inversion de la façon
suivante :
trans −1 −1 trans −1
[MM ilieu ] = [[Mmes1 ] · [MBS ] ] · [Mmes2 ] · [MBS ] (II.37)
Tableau II.16 – Matrices de Mueller du miroir de renvoi en présence d’une lentille de courte focale (15
mm) ou d’un objectif Olympus 4X/0,16NA.
On constate alors qu’avec un objectif de microscope (qui sera utilisé dans le microscope de
Mueller) la mesure n’est a priori pas trop entachée d’erreur. De plus, il permet en plus d’avoir
une résolution latérale théorique de λ/(2N A) ∼ 3, 3µm.
-102-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
-103-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
F IGURE II.31 – Évolution des coefficients mij d’un polariseur linéaire, en fonction de son orientation,
pour la configuration en réflexion. Les valeurs pointillées correspondent aux mesures expérimentales,
moyennées 150 fois en chaque position et les traits pleins correspondent aux valeurs théoriques.
F IGURE II.32 – Évolution des coefficients mij d’une lame demi-onde à 830 nm, en fonction de son
orientation, pour la configuration en réflexion. Les valeurs pointillées correspondent aux mesures
expérimentales, moyennées 150 fois en chaque position et les traits pleins correspondent aux valeurs
théoriques.
-104-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
On constate d’après ces figures que l’erreur systématique est légèrement supérieure à
celle déterminée avec la configuration en transmission, à savoir de l’ordre de ±0, 060 sur les
coefficients de Mueller, mais reste toujours acceptable dans la précision de nos mesures. On
observe ici également une augmentation de l’erreur pour des orientations des axes neutres
multiples de 45° due au même problème d’ordre numérique mentionné pour la configuration en
transmission (amplitudes des pics sont plus faibles, donc plus bruitées).
Le Tableau II.17 résume les valeurs moyennes et les écart-types de ces paramètres obtenues
après la décomposition de Lu et Chipman des matrices de Mueller pour chaque orientation.
RL = ∅ RL = 77° ± 0, 6°
Tableau II.17 – Valeurs moyennes sur l’orientation de la diatténuation linéaire (DL ), dépolarisation (Pd )
et de retardance linéaire (RL ) d’un polariseur linéaire et d’une lame demi-onde à 830 nm en réflexion.
Les moyennes et les écart-types sont réalisés sur l’ensemble des matrices de Mueller mesurées pour
chaque orientation.
Ces derniers résultats montrent que les barres d’erreur sont identiques à celles trouvées
dans la configuration en transmission, ici égales à ±0, 007 pour la diatténuation linéaire et la
dépolarisation et inférieures au degré pour la retardance linéaire.
A la vue de ces résultats, on peut donc dire que cette nouvelle procédure de calibration
permet de prendre en compte toutes les erreurs systématiques induites par les erreurs de phase
des lames de Y V O4 et également par le cube séparateur en configuration de réflexion.
— le miroir : DL = 0, Pd = 1 et RL = 0°,
— un polariseur linéaire : DL = 1, Pd = 1 et RL = ∅,
-105-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
F IGURE II.33 – Image des échantillons de référence, à savoir deux couches de ruban adhésif d’épaisseur
d et 2d, un polariseur linéaire CoDiXx et un miroir seul.
Cet ensemble a été ensuite fixé à une platine de translation XY N ewport connectée au
même contrôleur que celui utilisé pour les supports de rotation motorisés. Un programme
Labview, commandant la carte d’acquisition connectée à la photodiode et le contrôleur, permet
de synchroniser l’acquisition des spectres et le balayage de la platine. En effet, une commande
spécifique a été développée pour déclencher le changement de position de l’échantillon à chaque
fin d’acquisition du spectre cannelé. Les vitesses d’acquisition des images sont relativement
lentes (une dizaine de minutes) et augmentent avec le nombre de moyennage des spectres par
point.
Pour avoir un bon rapport signal-sur-bruit, les signaux ont été moyennés 50 fois en chaque pixel
pour des images de dimension 106 × 106 et avec un pas de translation de 100 µm. Afin d’illus-
trer l’importance de tenir compte de la signature polarimétrique du cube séparateur en dehors
de l’aspect numérique, nous avons représenté les images de Mueller sans et avec la prise en
compte de cet élément, dont le résultat est visible Figure II.34 pour un champ balayé de 1×1cm2 .
-106-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
F IGURE II.34 – (a,b,c) Sans correction du cube. (d,e,f) Avec correction du cube. (a,d) DL : Diatténuation
linéaire, (b,e) Pd : Dépolarisation, (c,f) RL : Retardance linéaire.
bien ici à celles attendues, à savoir une retardance nulle pour le vide et le polariseur linéaire et
non-nulle pour le ruban adhésif.
-107-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
Conclusion
Dans ce chapitre, nous nous sommes intéressés au principe théorique du polarimètre de
Mueller à codage spectral et à sa mise en place expérimentale en se basant sur les études réalisées
dans le cadre de la thèse de M. Dubreuil. L’intérêt majeur de se tourner vers cette approche
de génération et d’analyse des états de polarisation est que toute la réponse polarimétrique du
milieu soit contenue dans un seul spectre cannelé.
Nous avons ensuite présenté un polarimètre de Mueller à haute cadence (100 kHz) qui utilise
une simple photodiode, dans une configuration en transmission puis en réflexion.
L’ensemble des erreurs systématiques introduites par le PSG et le PSA a été décrit. Elles
sont principalement liées au traitement du signal (k-clock, ”drop-off ”, résolution des pics dans
l’espace de Fourier, fenêtrage) et aux défauts des lames de Y V O4 des blocs de codage et de
décodage (alignements et épaisseurs). Ces dernières erreurs nous imposent d’introduire des
phases supplémentaires dans notre modèle qu’il faut corriger avant la mesure. Pour cela, on a
développé des procédures de calibration en tenant compte du type de configuration du dispositif.
En transmission, la procédure consiste simplement à mesurer la signature polarimétrique de
deux milieux de référence pour le vide et un polariseur linéaire.
Pour passer à une configuration en réflexion, cette étape de calibration ne peut plus utiliser le
vide comme référence car l’ajout d’un cube séparateur, inhérent à la configuration, ne peut être
déplacé entre la phase de calibration et la phase de mesure. Une nouvelle procédure de calibra-
tion en 3 étapes a alors été mise en œuvre pour corriger l’ensemble des erreurs systématiques de
la configuration. Pour cela, on mesure les erreurs induites par les lames de Y V O4 en plaçant
simplement 2 polariseurs linéaires placés après le PSG et avant le PSA. Afin de s’affranchir
de la réponse polarimétrique du cube séparateur, 2 matrices doivent être connues au préalable :
la matrice de Mueller du cube séparateur en transmission et la matrice de Mueller mesurée
lorsque l’échantillon est remplacé par un miroir. Cette configuration du polarimètre en réflexion
a été validée par des mesures de la matrice de Mueller sur des milieux connus (vide, polariseur
linéaire et lame de phase).
-108-
Chapitre II - Polarimètrie de Mueller à codage spectral utilisant une swept-source
-109-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
-110-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
Chapitre III
-111-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
Introduction
Dans le Chapitre II, un nouveau type de polarimètre de Mueller à codage spectral de la
polarisation utilisant une source laser à balayage rapide en longueur d’onde (swept-source à
100 kHz) et pouvant fonctionner aussi bien en transmission qu’en réflexion, a été proposé et
évalué. L’innovation tient à la fois dans le fait que l’information polarimétrique donnant accès à
la matrice de Mueller d’un échantillon est obtenue en seulement 10µs et que le signal optique
est mesuré à l’aide d’une simple photodiode PIN associée à un amplificateur large bande (200
Mhz de bande passante).
Ces deux caractéristiques (rapidité et détection monocanale du signal optique) nous permettent
d’envisager l’implémentation du polarimètre au sein d’un microscope à balayage laser. En effet,
dans un microscope de ce type, appelé de façon générique confocal (bien qu’il existe d’autres
modes de fonctionnement non confocaux, en particulier non-linéaires comme nous le verrons
dans la suite), le signal optique (basiquement la fluorescence) associé à chaque point de l’image,
est détecté par un photorécepteur monocal du type photomultiplicateur (PMT : PhotoMultiplier
Tube) puis intégré pendant typiquement 10µs (pixel-dwell time) avant d’être numérisé pour
former un point de l’image. Dans un microscope confocal moderne, l’image est alors obtenue
point par point en ré-imageant sur la pupille d’entrée de l’objectif du microscope les deux
miroirs dits galvanométriques du dispositif (scanner), qui font tourner le faisceau laser autour de
deux axes orthogonaux. Le volume focal de l’objectif (PSF) balaie ainsi un plan optique dans
l’échantillon, dont l’image est reconstruite informatiquement au fur et à mesure de l’acquisition
du signal de fluorescence. Ce signal est ensuite intégré puis numérisé par un convertisseur A/D,
ceci de façon synchrone avec les signaux de commande des miroirs galvanométriques (rampe
de tension pour le miroir rapide de ligne, tension en marche d’escalier pour le miroir lent de
colonne).
L’intérêt de proposer une modalité d’imagerie polarimétrique de Mueller au sein d’un micro-
scope optique à balayage laser est double.
Tout d’abord, cela permet d’accéder à l’ensemble des contrastes polarimétriques d’un échantillon
(biréfringences, dichroı̈smes et dépolarisations linéaires et circulaires) avec la résolution spatiale
du microscope confocal, limitée par la diffraction, y compris en milieu diffusant.
Ensuite, cela permet d’envisager de coupler au sein du même instrument le mode d’imagerie de
Mueller avec tous les autres modes d’imagerie d’un microscope optique à balayage laser, à savoir
la fluorescence excitée à 1 photon (mode confocal) ou 2 photons et la génération de seconde
harmonique (SHG). L’imagerie SHG est quant à elle particulièrement intéressante du point de
vue du couplage avec l’imagerie de Mueller car il est bien connu que la SHG est extrêmement
sensible à l’ordre et à l’orientation des arrangements moléculaires et supra-moléculaires qui la
génèrent. Le cas type est le collagène fibrillaire de type I qui présente à la fois des réponses
polarimétriques anisotropes linéaire (biréfringence) et non linéaire (SHG). Ce collagène est très
abondant au sein de la matrice extracellulaire de la plupart des tissus animaux (30% environ du
poids sec d’un vertébré). Pouvoir imager le collagène fibrillaire de type I à l’échelle cellulaire,
connaı̂tre l’orientation des fibres et l’amplitude des anisotropies qu’elles produisent, constitue un
puissant outil pour l’étude d’un certain nombre de pathologies impliquant cette protéine (atteinte
et régénération tissulaires, fibrose, cancer...) et le développement de méthodes de diagnostic
biomédical. Un exemple d’application à l’étude de la fibrose du foie est donné à la fin du chapitre.
-112-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
-113-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
F IGURE III.1 – Dispositif expérimental pour la microscopie de fluorescence (TPEF) et non-linéaire (SHG)
(à gauche) Au fond, le laser N d : Y V O4 de 5 W, émettant à 532 nm en continu, pompant l’oscillateur
laser femtoseconde Ti-Sa (Coherent Mira900F). (à droite) Module confocal (Olympus FV300) et le
microscope droit (Olympus, BX51WI). PSU : Power Supply Unit (unité de contrôle et d’interfaçage du
microscope avec l’ordinateur). PC : ordinateur sous Windows équipé des cartes d’interfaçage et de
l’interface graphique FV300 Olympus.
-114-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
F IGURE III.2 – Schéma éclaté du microscope polarimétrique de Mueller (cube séparateur et miroirs de
renvoi et galvanométrique notés M i, où i =[1,7]). CS : Cube séparateur.
-115-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
1060nm) a été installé à l’entrée du module confocal FV300 en lieu et place du miroir di-
chroı̈que permettant à l’origine d’injecter les lasers Nd-YAG et Ti :Sa par 2 voies orthogonales
situées à l’arrière et sur l’un des flancs du module de balayage du microscope. Le dispositif
de codage de la polarisation décrit au Chapitre II (polariseur suivi de 2 lames de Y V O4 de
même épaisseur e orientées à 45° l’une de l’autre), suivi du cube séparateur non polarisant
permettant à terme de travailler en ”réflexion”, est de nouveau placé en sortie de swept-source.
Le faisceau de la swept-source est alors amené à la hauteur de l’entrée du module confocal à
l’origine destinée à injecter le laser Nd-YAG visible pour le mode confocal (entrée qui n’a
pas vocation à fonctionner en parallèle avec le mode de Mueller, contrairement au mode non
linéaire) à l’aide d’un périscope comportant les 2 miroirs plans M1 et M2 traités aluminium
(coefficient de réflexion proche de 95% à 1060nm).
– installation d’un miroir plan M4 traité argent sur la queue d’aronde porte miroirs dichroı̈ques
située juste avant les deux miroirs galvanométriques M5 et M6 du scanner. Le miroir di-
chroı̈que a pour fonction de séparer, avant détection, la lumière de fluorescence descannée
issue de l’échantillon, du résidu de lumière laser rétro-diffusée par l’échantillon. A la sortie
du scanner le faisceau traverse un groupe de lentilles (lentille de scan puis la lentille du tube)
avant d’attaquer le dernier miroir de renvoi noté M7 situé dans la tête du statif BX51WI.
-116-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
F IGURE III.3 – Schéma optique du dispositif de collection du faisceau transmis à la sortie du microscope
à balayage. La lentille L1 représente la condenseur. La lentille L2 permet de ré-imager la pupille du
condenseur sur le PMT.
F IGURE III.4 – Image du dispositif de collection schématisé Figure III.3. PLR : polariseur linéaire de
référence amovible.
PMT égal à celui en sortie de L1). Le diamètre de la lentille L2 a été choisi assez grand (25
mm utiles) pour que celle-ci, placée à 120 mm du condenseur, collecte entièrement le faisceau
-117-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
parallèle qui la traverse pour tous les points de l’image (4, 6° de rotation du faisceau en sortie
du condenseur avec l’objectif 4X). On obtient ainsi une efficacité de collection quasiment
constante au cours du balayage du microscope (absence de vignettage).
– détection du signal avec un PMT équipé d’une photocathode de grande surface sensible dans
l’infrarouge. Il s’agit d’un PMT à photocathode en Ag-Cs-O de 16 × 18mm2 d’aire effective
(Hamamatsu modèle R5108). Pour des raisons de coût, nous avons opté pour un modèle non
spécifique à l’IR (400-1200nm), non refroidi, dont le rendement quantique est seulement de
0, 04% à 1060 nm. En fait dans la configuration en transmission choisie, le cahier des charges
pour la détection du signal n’est pas d’avoir un PMT ayant un très bon rendement quantique
car le signal de mesure (faisceau laser transmis) est très intense (de l’ordre du mW) et doit
donc être atténué, mais plutôt d’avoir une dynamique (rapport du signal maximum détectable
au signal d’obscurité) suffisante du détecteur. Cette dynamique est relativement faible pour
le PMT R5108 puisque son courant anodique maximum est de 10µA alors que son courant
anodique d’obscurité à la température ambiante est typiquement de 0, 35µA et au maximum
de 1µA (données constructeur). La dynamique de ce PMT est donc d’environ 30 (∼ 10/0, 35)
dans le meilleur des cas, ce qui limite les performances du microscope polarimétrique comme
nous le verrons plus loin dans ce chapitre. Le courant anodique en sortie du PMT (quelques
µA) permet néanmoins d’obtenir, via un amplificateur transimpédance de gain 2.104 A/V
avec bande passante de 200 MHz (modèle FEMTO, HCA-200M-20K-C), une tension de
sortie maximale de 200mV et une tension d’obscurité typique de 7 mV. Ces tensions sont
compatibles avec les caractéristiques de la voie signal (CHANNEL A) de la carte d’acquisition
DAQ Alazar qui admet des tensions de ±4V et les numérise sur 12 bits, soit une résolution
en tension de 1 mV environ, inférieure à la tension d’obscurité. Notons qu’un filtre optique
passe bande (830 nm - 2700 nm, Edmund Optics) de 1 pouce de diamètre (le faisceau a un
diamètre de 6,5 mm à ce niveau) est placé devant le PMT pour éliminer la lumière visible
ambiante et ainsi pouvoir travailler avec la lumière allumée.
-118-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
F IGURE III.5 – Images d’une mire acquises directement par le microscope éclairé par la swept-source
pour deux vitesses de balayage (Fast et Slow). Des lignes obliques d’inclinaisons différentes sont
observables (figures de Moiré).
-119-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
F IGURE III.6 – Rampe de tension (en vert) issue du scanner de ligne et signal TTL de trig (en bleu)
correspondant indiquant le début et la fin de l’acquisition du signal de ligne.
sur l’entrée CHANNEL A (ou B) de la DAQ. D’une ligne à l’autre de l’image polarimétrique,
le délai entre ces deux évènements peut donc varier au maximum de la durée d’un balayage
d’un spectre cannelé de la swept-source, correspondant à peu près à un pixel sur l’image (voir
Figure III.5). En l’état actuel de l’expérience (microscope commercial), nous n’avons aucun
moyen de synchroniser plus précisément l’acquisition des spectres cannelés avec le balayage du
microscope. Néanmoins pour des images ayant une définition horizontale suffisante (plusieurs
centaines de points), ce décalage d’un pixel maximum est imperceptible, cette technique étant
d’ailleurs aussi utilisée en OCT [120].
D’autre part, l’absence de synchronisation entre le balayage de la swept-source et la fenêtre tem-
porelle associée au pixel-dwell time du microscope empêche d’avoir une définition horizontale
de l’image égale à sa définition verticale. En mode Slow de Fluoview, le pixel-dwell time est
un peu plus court (∼ 8µs) que le temps de balayage de la swept-source (∼ 10µs environ, les
modes Medium et Fast de Fluoview fournissant des pixel-dwell times respectivement 2 et 4 fois
plus courts). La définition horizontale des images de Mueller sera alors légèrement inférieure
à celle des images issues du microscope en mode Slow (ceci est aussi à l’origine des figures
de Moiré observées précédemment). Par exemple pour la définition 256 × 256 (512 × 512) du
microscope, nous aurons seulement une définition de 204 × 256 (408 × 512) en Mueller, 204 et
408 correspondant aux nombres de spectres cannelés acquis pendant le temps de balayage de
ligne du microscope (délai entre les fronts TTL descendant et montant du signal de trig issu du
scanner de ligne).
Dans ces conditions, on demande au logiciel Alazar d’acquérir en continu des salves de 204 ou
408 spectres cannelés (selon la définition choisie sur Fluoview avant le lancement des scanners)
à partir de l’instant d’arrivée du signal de déclenchement (front TTL descendant) sur la voie
AUX IN de la DAQ. Chacune des salves, correspondant à une ligne de l’image de Mueller, est
alors stockée dans la mémoire de la DAQ (DMA : Direct Memory Acess) puis transférée dans un
même fichier de type binaire (ici au format ”.atb”) sur le disque dur de l’ordinateur au fur et à
mesure du balayage vertical du microscope, et ceci jusqu’à la 256ème ou 512ème ligne de l’image.
Comme chacun des spectres contient 990 points (canaux en longueur d’onde), chacun codé sur
12 bits (1,5 octet), un fichier correspondant à une image de Mueller de 204 × 256 (408 × 512)
points a donc une taille de 204 × 256 × 1440 × 1, 5 (408 × 512 × 1440 × 1, 5) = 112,8 (451,2)
Mo.
Bien entendu, comme au Chapitre II , les signaux de sweept-trigger et de k-clock sont ap-
pliqués respectivement sur les entrées TRIG IN et EXT CLOCK de la DAQ pour échantillonner
-120-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
linéairement en fréquence optique les spectres cannelés. Un schéma de la connectique est donné
Figure III.7.
F IGURE III.7 – Schéma de la connectique permettant à l’interface Alazar d’acquérir les signaux pola-
rimétriques issus du microscope à balayage, en vue de la construction des images de Mueller.
A ce stade, les blocs de codage et de décodage sont introduits de part et d’autre du microscope
sans qu’ils soient orientés dans leur position définitive (croisement des polariseurs). Le chapitre
suivant la méthode mise au point pour orienter ces blocs précisément.
Afin de démontrer le bon fonctionnement de notre méthode de synchronisation pour l’acquisition
des spectres cannelés avec le balayage du microscope, nous avons réalisé des images de la mire
précédente, en attribuant à chaque point de l’image une valeur correspondant à l’aire mesurée
sous chaque spectre cannelé. On peut considérer que cette opération d’intégration des spectres
fournit des valeurs proportionnelles à l’intensité transmise en chaque point de la mire balayée
par le microscope, donc à une image standard d’intensité de cet objet. Parallèlement, nous avons
imagé la même mire en mode confocal (rétrodiffusion détectée par l’un des PMT de Fluoview à
travers un trou confocal). Une série d’images obtenues dans ces conditions pour les 2 définitions
considérées précédemment et 3 zooms différents de Fluoview, sont présentées Figure III.8.
-121-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
F IGURE III.8 – Comparaison des images d’intensité d’une mire pour 3 zooms différents obtenus sous
Fluoview (microscope Olympus) et sous Alazar (avec connectique de la Figure III.7). (a) Définition de
256 × 256 pour Fluoview et 204 × 256 pour Alazar ; (b) Définition de 512 × 512 pour Fluoview et
408 × 512 pour Alazar.
-122-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
Les lignes de Moiré observables sur les images obtenues par Fluoview n’apparaissent plus
sur les images fournies par la DAQ Alazar puisque dans ce dernier cas on intègre chaque
spectre dans la bonne fenêtre temporelle. L’absence de synchronisation entre le balayage de la
swept-source et le balayage du microscope se traduit par de très petits décalages d’une ligne à
l’autre au niveau des traits verticaux (graduations) de la mire sur l’image 204 × 256 avec les
zooms 5X et 10X, ce décalage étant imperceptible sur l’image 408 × 512 correspondante.
-123-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
transmission (dont la retardance à été évaluée à environ 10° dans le Chapitre II) et le miroir
M7 sont également très faiblement anisotropes, il y a tout lieu de penser que l’anisotropie de
l’ensemble des optiques situées entre les blocs de codage et décodage, notamment la retardance,
sera faible, sauf si les couches d’oxyde recouvrant les différents miroirs produisent une retar-
dance significative.
Cette condition doit être remplie si l’on veut pouvoir appliquer notre méthode de polarimétrie
qui suppose que la retardance varie d’une valeur très inférieure à 180° sur la bande spectrale
balayée par la swept-source (voir Chapitre II). La retardance du dispositif, mesurée plus loin,
montre que cette condition est effectivement bien remplie.
Nous pouvons dans une première étape montrer que l’ensemble du dispositif situé entre les
blocs de codage et décodage se comporte effectivement comme un élément anisotrope unique,
en réalisant l’expérience suivante : deux polariseurs (polariseur et analyseur) sont montés sur
des platines tournantes motorisées et dans un premier temps positionnés en ligne à la sortie de
la swept-source, leurs axes passants étant croisés par une méthode d’extinction (loi de Malus).
L’analyseur est ensuite déplacé à la sortie du microscope, son orientation étant maintenue
inchangée. Un programme sous Labview permet alors de faire tourner dans le même sens et du
même angle le polariseur et l’analyseur alors que l’intensité transmise est mesurée. La courbe
donnant l’intensité transmise par l’ensemble (polariseur, cube séparateur + microscope + miroirs
de renvoi, analyseur croisé) en fonction de l’angle de rotation, sur 180° tous les 5°, de l’ensemble
polariseur-analyseur est représentée sur le graphe de la Figure III.9.
F IGURE III.9 – Mesures de l’intensité transmise à travers le microscope entre polariseur et analyseur
croisés, en fonction de la rotation de l’ensemble polariseur-analyseur.
Cette courbe présente des minima d’intensité quasi-nuls avec une périodicité égale à π/2.
Dans cette expérience, tout se passe comme si on faisait tourner l’ensemble (cube séparateur +
microscope + miroirs de renvoi) autour de l’axe optique du système, les polariseurs croisés étant
fixes. Dans l’hypothèse où le système se comporte comme un biréfringent et éventuellement
un dichroı̈que, de lignes neutres confondues, on peut montrer que l’intensité transmise entre
polariseurs croisés est proportionnelle à sin2 2θ, où θ est l’angle entre les lignes neutres de
l’anisotropie et les axes passants du couple polariseur-analyseur (cf Annexe 10). La comparaison
-124-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
avec la courbe expérimentale montre que l’on a bien ce type de comportement. Le fait que
les minima ne sont pas totalement nuls peut provenir soit d’un léger désalignement des plans
principaux des miroirs de renvoi qui produirait l’effet d’une succession d’éléments biréfringents
(et éventuellement légèrement dichroı̈ques) dont les lignes neutres ne sont pas tout à fait alignées,
soit d’une dépolarisation (au sens de Mueller) produite par l’ensemble des optiques traversées.
Cette première étape permet d’orienter le polariseur d’entrée, par rapport aux lignes neutres
du microscope. Le bloc de codage, placé à la suite du polariseur d’entrée précédent, est alors
orienté de sorte d’obtenir l’extinction. Le polariseur est alors retiré et le bloc de codage tourné
de 90° par rapport à la situation d’extinction précédente pour que l’axe passant du polariseur du
bloc de codage soit parallèle à celui du polariseur retiré.
Pour orienter le bloc de décodage dans sa position définitive (sous la platine du microscope), de
sorte que l’axe passant du polariseur qu’il contient soit orthogonal à celui du polariseur contenu
dans le bloc de codage (situation choisie pour relier les amplitudes et les phases des fréquences
caractéristiques du spectre cannelé dans l’espace de Fourier aux éléments de la matrice de
Mueller), il est possible de réaliser une seconde expérience qui consiste à observer l’amplitude
d’un pic particulier dans le spectre de Fourier du signal polarimétrique. En effet, si le polariseur
du bloc de codage est aligné avec l’une des lignes neutres d’un biréfringent rectiligne mesuré
(ici le microscope, les miroirs de renvoi et le cube séparateur), le calcul montre que l’amplitude
du pic à la fréquence de modulation 8f0 dans l’espace de Fourier s’annule lorsque l’analyseur du
bloc de décodage (les 2 lames 5e ayant préalablement été orientées par rapport à l’analyseur) est
orthogonal au polariseur du bloc de codage (donc aligné avec l’autre ligne neutre du biréfringent),
comme s’il n’y avait aucun élément anisotrope entre les deux blocs. Une simulation dans le
formalisme matriciel de Mueller en l’absence de dépolarisation (Mueller-Jones) réalisée sous
Mathematica, dont les résultats sont présentés Figure III.10, permet de montrer que seul le pic à
8f0 s’annule tous les 180° dans cette situation, le pic à 12f0 s’annulant également tous les 180°
mais présentant par contre un maximum dans la situation de réglage recherchée.
-125-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
F IGURE III.10 – Évolution des amplitudes des pics dans l’espace de Fourier, en fonction de l’orientation
du bloc complet de décodage par rapport à l’orientation du bloc de codage.
F IGURE III.11 – Spectres dans l’espace de Fourier représentés en échelle logarithmique, (à gauche)
lorsque le bloc de décodage est correctement orienté et (à droite) lorsqu’il est orienté à 90° par rapport
au bloc de codage.
d’épaisseur des lames des blocs de codage et de décodage par la procédure de calibration
utilisant 2 polariseurs linéaires de référence placés de part et d’autre du système optique
(cube séparateur + microscope + miroirs de renvoi). Ensuite, après avoir retiré les polariseurs
de référence, une mesure polarimétrique du système est réalisée en l’absence d’échantillon.
Le programme développé en Mathematica au Chapitre II permet alors d’obtenir la matrice
de Mueller de l’ensemble (cube séparateur + microscope + miroirs de renvoi) en l’absence
de balayage. La matrice de Mueller moyenne donnée ci-après est le résultat 10 expériences
-126-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
-127-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
-128-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
F IGURE III.12 – Schéma de principe du microscope de Mueller à balayage équipé des deux polariseurs
de référence, destinés à la calibration des erreurs de phase des blocs de codage et de décodage. PSU :
Power Supply Unit. SS : Swept-Source. DAQ : Data Board Acquisition. PLR : Polariseur Linéaire de
Référence. PMT : Photomultiplicateur. CPU : Central Processing Unit. obj : Objectif. mij (x, y) : image
de Mueller. MG : Miroir Galvanométrique.
le déphasage produit par ces lames est modifié en raison de la variation de l’épaisseur traversée
et dans une moindre mesure de celle de la biréfringence avec l’angle d’incidence. Un calcul
simple, ne tenant compte que de la variation de l’épaisseur traversée (en θ2 /2n2 ), permet de
retrouver une variation du déphasage de l’ordre de π, certes importante, mais à comparer au
déphasage absolu de ces lames qui est de l’ordre de 800π (n = 1,96, ∆n = 0, 208 à 1060 nm et
e = 2 mm).
Dans une deuxième étape, on doit mesurer point par point la réponse polarimétrique du micro-
scope en l’absence d’échantillon. La pseudo image de Mueller du microcope (en fait image
”angulaire” car correspondant à des anisotropies produites dans le plan de Fourier conjugué du
plan image), notée [Muscope ](x, y), est calculée en tenant compte des erreurs de phase φ2 , φ3 , φ4
et φf en déterminées dans l’étape précédente. La Figure III.14 présente les images de la retardance
RL du microscope (anisotropie principale du microscope) et de son orientation αR avec et sans
prise en compte des erreurs de phase point par point. En l’absence de correction des erreurs
de phase, les images de retardance et d’orientation de la retardance sont totalement erronées
(Figure III.14.a). En présence de la correction (Figure III.14.b), la retardance et son orientation
sont en moyenne proches de celles mesurées précédemment au centre de l’image, c’est-à-dire
-129-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
65° environ pour la retardance et 1° environ pour son orientation. La Figure III.14.c représente
les mêmes résultats que la Figure III.14.b, après avoir dilaté l’échelle angulaire de retardance et
d’orientation autour des valeurs moyennes. On observe alors que la retardance varient d’environ
30° sur toute l’image et son orientation d’environ 5°. Ces variations sont très certainement
produites par la variation des angles d’incidence du laser sur les miroirs galvanométriques au
cours du balayage. Cet effet sera corrigé dans la suite du protocole de calibration.
Ces images de calibration (de 430 Mo chacune) sont stockées sur le disque dur de l’ordinateur
afin d’extraire les images de Mueller d’échantillons, qui devront être mesurées au cours de
la même série d’expériences. En fait, cette calibration doit être réalisée avant chaque série de
mesures du fait des dérives en température des blocs de codage et de décodage (voir Chapitre
II). Dans le cas du microscope, la salle d’expérience étant climatisée, les données de calibration
restent valables sur plusieurs heures.
Enfin, on mesure point par point la réponse polarimétrique du microscope en présence de
l’échantillon (imagerie proprement dite), notée [Mmes ](x, y). Comme au Chapitre II, on calcule
dans un premier temps l’image de Mueller de l’ensemble (microscope + échantillon) en tenant
compte des erreurs de phase φ2 , φ3 , φ4 et φf en . Ensuite, on extrait l’image polarimétrique de
l’échantillon seul, notée [Méchant ](x, y), à partir du produit de matrices :
-130-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
F IGURE III.14 – Images de Mueller du microscope optique en transmission, de définition 408 × 512 en
zoom 2, (a) sans prise en compte des erreurs de phases (φ2 = φ3 = φ4 = φf en = 0) et (b) avec prise en
compte des erreurs de phases . (c) Images de (b) avec une échelle réduite. RL : retardance linéaire. αR :
orientation de la retardance.
-131-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
de 204 × 256 (Tableaux III.18 et III.19) ainsi que les paramètres polarimétriques correspondants
issus de la décomposition de Lu et Chipman (retardance pour la lame de phase et diatténuation
pour le polariseur linéaire et dépolarisation pour les deux), Figure III.15 et Tableau III.20.
1, 000 −0, 669 −0, 732 0, 017 1, 000 0, 014 0, 007 −0, 052
−0, 677 0, 452 0, 500 0, 019 −0, 014 0, 339 0, 349
0, 833
−0, 732 0, 498 0, 554 0, 022 0, 010 0, 872 −0, 151 −0, 406
−0, 022 0, 014 0, 018 0, 007 0, 014 −0, 289 0, 468 −0, 787
0, 000 0, 013 0, 019 0, 015 0, 000 0, 011 0, 023 0, 018
0, 007 0, 007 0, 014 0, 012 0, 016 0, 006 0, 019 0, 014
0, 018 0, 017 0, 022 0, 019 0, 013 0, 019 0, 022 0, 025
0, 012 0, 012 0, 019 0, 019 0, 009 0, 016 0, 021 0, 027
1, 000 −0, 674 −0, 738 0, 000 1, 000 0, 000 0, 000 0, 000
−0, 674 0, 455 0, 498 0, 000 0, 000 0, 341 0, 874 0, 345
−0, 738 0, 498 0, 545 0, 000 0, 000 0, 874 −0, 160 −0, 358
0, 000 0, 000 0, 000 0, 000 0, 000 −0, 345 0, 458 −0, 819
Tableau III.19 – Matrices de Mueller théoriques d’un polariseur linéaire et d’une lame biréfringente. Les
matrices théoriques sont calculées en considérant des composants parfaits, orientés selon des angles
tirés de la décomposition des matrices expérimentales.
Pour le polariseur linéaire, on constate que les coefficients en théorie nuls, sont au maximum
égaux à ±0, 022 dans la matrice expérimentale moyenne, donnant ainsi une indication de l’erreur
systématique. Pour la matrice d’écart-type correspondante, les mêmes coefficients atteignent au
maximum ±0, 019, valeur correspondant à l’erreur aléatoire. Ces deux erreurs étant proches,
on peut penser que le bruit expérimental est ici responsable de la précision de mesure de la
matrice de Mueller. Pour la lame de phase, le même constat peut être fait (ce sont évidemment
d’autres coefficients théoriquement nuls qui sont concernés). En outre les résultats obtenus ici
-132-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
F IGURE III.15 – Profils horizontaux sur une ligne (204 points) d’une image de Mueller 204 × 256
d’un polariseur linéaire (a,b,c) et d’une lame de phase (d,e,f). (a) indice de dépolarisation Pd , (b)
diatténuation linéaire DL , (c) orientation de la diatténuation linéaire αL , (d) indice de dépolarisation
Pd , (e) retardance linéaire RL , (f) orientation de la retardance linéaire αR .
αD = 113, 8° ± 0, 4° αR = 108, 8° ± 0, 1°
Tableau III.20 – Erreurs associées à chaque paramètre polarimétrique obtenu avec la décomposition,
pour le polariseur (Pd , DL et αD ) et la lame de phase (Pd , RL et αR ).
Pour quantifier cette incertitude de mesure, on présente dans le Tableau III.20 l’écart-type
sur les paramètres polarimétriques pour l’ensemble des points de la ligne de l’image étudiée.
L’incertitude de notre microscope polarimétrique est de l’ordre du pourcent sur les valeurs
-133-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
-134-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
-135-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
F IGURE III.16 – Images d’intensité (coefficient m00 de la matrice de Mueller) et de Mueller de 204 × 256
d’adhésif d’épaisseur unique, avec trois orientations différentes. (DL ) Image de diatténuation linéaire.
(αD ) Image de l’orientation de la diattenuation. (Pd ) Image de dépolarisation. (RL ) Image de retardance
linéaire. (αR ) Image de l’orientation du retard.
(échelle des teintes de Newton) permet de remonter à la différence de marche produite par
chaque monocristal de la roche et connaissant l’épaisseur, à sa biréfringence, qui est de manière
plus ou moins univoque reliée à sa nature (quartz, mica, spath, calcique...) [122]. Une des
contraintes de cette technique est qu’il faut tourner de façon adéquate la lame de roche pour
orienter les lignes neutres de chaque monocristal selon un angle proche de 45° par rapport aux
axes passants des polariseurs. De plus, si d’autres effets s’ajoutent à la biréfringence linéaire,
notamment si les cristaux absorbent à certaines longueurs d’onde du spectre visible (couleur
naturelle des cristaux, dichroı̈sme...), il devient très difficile, voire impossible, de les identifier à
partir de cette méthode. Ces coupes minces de roche sont donc de bons candidats pour tester les
potentialités de notre microscope de Mueller qui mesure indépendamment tous les effets.
-136-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
Les Figures III.17 et III.18 montrent les images de Mueller de l’intensité transmise (coefficient
m00 de la matrice de Mueller non normalisée), de la diatténuation DL et de son orientation
αD , de la dépolarisation Pd , de la retardance RL et de son orientation αR de coupes de 30µm
d’épaisseur de gabbro (composé de pyroxène, plagioclase, amphibole et olivine) et de granite
(composé de quartz, feldspath et mica). Les images ont une définition de 408 × 512 et un zoom
2X est utilisé. Avec l’objectif 4X Olympus, le champ imagé est donc de 1, 75 × 1, 75mm2 , les
pixels sont ainsi séparés de 4, 25µm horizontalement et 3, 5µm verticalement.
-137-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
F IGURE III.17 – Images d’intensité (coefficient m00 de la matrice de Mueller) et de Mueller de 408 × 512
de roche de gabbro, en zoom 2. (Pd ) Image de dépolarisation. (DL ) Image de diatténuation linéaire.
(αD ) Image de l’orientation de l’orientation de la diatténuation. (RL ) Image de retardance linéaire. (αR )
Image de l’orientation du retard.
-138-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
F IGURE III.18 – Images d’intensité (coefficient m00 de la matrice de Mueller) et de Mueller de 408 × 512
de roche de granite, en zoom 2. (Pd ) Image de dépolarisation. (DL ) Image de diatténuation linéaire.
(αD ) Image de l’orientation de l’orientation de la diatténuation. (RL ) Image de retardance linéaire. (αR )
Image de l’orientation du retard.
L’objectif n’est évidemment pas ici d’analyser les différentes composantes cristallines de
ces échantillons mais plutôt de montrer que notre microscope permet de révéler les anisotropies
-139-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
d’un échantillon qui présente à la fois de la biréfringence et du dichroı̈sme, avec une résolution
spatiale microscopique.
De fait, on constate sur les images des Figures III.17 et III.18, que notre instrument permet
de révéler à la fois les anisotropies linéaires de phase (images de la retardance) et d’ampli-
tude (images de la diatténuation) de ces échantillons de roche. Les images en retardance et
diatténuation circulaires n’étant pas présentées, ces effets n’étant pas significatifs. Des effets
de dépolarisation apparaissent clairement aux interfaces entre les monocristaux. Par ailleurs,
certains cristaux présents dans l’échantillon de granite sont fortement dichroı̈ques. D’après les
données de la littérature, il semble que seul le mica soit linéairement dichroı̈que, alors que le
quartz l’est circulairement. Par ailleurs, on observe que certains cristaux composant le granite et
le gabbro présentent des retardances proches de 180°. Ceci semble compatible avec les valeurs
de biréfringence linéaire des différents cristaux qui composent ces roches, comprises entre
0,005 pour le mica et environ 0,05 pour l’olivine. Pour ce minéral, compte-tenu de l’épaisseur
de la coupe étudiée (30µm), on peut même s’attendre à avoir des retardances de 3 × 180°,
à la longueur d’onde de travail. Une étude exhaustive de ces échantillons nécessiterait donc
d’employer la méthode consistant à calculer la retardance sur deux moitiés du spectre cannelé
pour remonter à la valeur exacte de ce paramètre et coder les images en retardance absolue.
Ces échantillons polycristallins sont aussi l’occasion d’estimer la résolution spatiale de notre
microscope de Mueller. En effet, certains cristaux présentent des bords contigus rectilignes
observables sur nos images de Mueller. Nous avons vu au début de ce chapitre que la résolution
latérale théorique pour l’objectif 4X/0,16NA utilisé est de l’ordre de 4µm (PSF latérale), dans
les conditions idéales où sa pupille d’entrée est sur-remplie (waist du faisceau plus grand que le
diamètre de cette pupille). Par ailleurs, la taille du pixel de nos images est également proche
de 4µm. Pour estimer la résolution pratique de notre microscope, on peut mesurer la largeur
caractéristique d’un front montant ou descendant de contraste à l’interface de deux cristaux
adjacents. Un profil d’intensité de ce type réalisé sur l’image de retardance, recodée en niveaux
de gris à partir de l’image couleur, est rapporté Figure III.19 (repéré par un trait noir sur l’image
du granite).
Ce profil fait apparaı̂tre un front montant de largeur caractéristique (10% à 90% de l’intensité
max) de l’ordre de RT = 9µm (réponse totale associée à un front ou EDGE PSF). Si on tient
compte de la pixelisation de l’image (résolution numérique Rnum = taille pixel ∼ 4µm), on peut
estimer la résolution optique effective Ropt de notre microscope en considérant la convolution
des réponses optique et numérique :
q
Ropt = RT2 − Rnum
2 (III.3)
On obtient ainsi une résolution optique d’environ 8µm, valeur deux fois plus grande que
celle tirée de l’expression théorique pour un objectif 4X/0,16NA sur-rempli. Cette différence
peut s’expliquer par le fait que la pupille de l’objectif, de diamètre 14 mm environ, est sous-
remplie par le faisceau laser gaussien issu de la swept-source, son diamètre caractéristique
(à 1/e2 ) étant de l’ordre de 10 mm à cet endroit. Cette résolution pourrait être améliorée
en élargissant le faisceau laser en amont du microscope, dans la limite de taille des miroirs
galvanométriques du scanner (actuellement le faisceau a un diamètre de 3 mm à ce niveau, les
miroirs galvanométriques ayant une largeur utile de 5 mm environ). On peut aussi envisager
d’utiliser un objectif plus ouvert, comme le 10X/0,3NA mentionné au début de ce chapitre et
dont la pupille est en outre plus petite, à condition que les échantillons étudiés soit au moins
-140-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
F IGURE III.19 – Profil en intensité, matérialisé par le trait en noir sur l’image en retardance linéaire de
la Figure III.18.
-141-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
établit un score SHG de fibrose tiré de la mesure de l’aire relative occupée par le collagène dans
des coupes histologiques (5 à 10µm d’épaisseur) de foie non marquées en utilisant la fluores-
cence endogène du tissu hépatique excitée à 2 photons pour déterminer l’aire totale occupée
par la coupe sur la lamelle. Un seuillage en intensité des images SHG est réalisé pour éliminer
autant que possible la contribution du collagène présent naturellement au sein de la matrice
extracellulaire, qui produit moins de SHG du fait de sa moindre concentration dans les zones
non affectées par la fibrose. L’un des principaux biais de cette méthode est la SHG produite
par le collagène de type I qui constitue les parois des vaisseaux sanguins qui irriguent le tissu
hépatique. L’équipe a montré que la polarimétrie de Mueller pouvait améliorer la quantification
du collagène par microscopie SHG en séparant le collagène présent dans les capillaires sanguins,
du collagène associé à la fibrose [105].
Les premières images de Mueller de coupes histologiques de foie humain fibrosé (stade META-
VIR F4) et non fibrosé (stade METAVIR F0) [132] colorées au Rouge Sirius (colorant utilisé en
histologie pour révéler la matrice extracellulaire et qui augmente la biréfringence des fibres de
collagène) ont été réalisées avec le polarimètre non imageur développé dans le cadre de la thèse
de M. Dubreuil. Dans ces expériences, les images de Mueller à faibles définition et résolution
spatiale (50µm environ) obtenues en déplaçant l’échantillon placé sur une platine de translation
X-Y micrométrique, font apparaı̂tre une dépolarisation significative au niveau des vaisseaux
sanguins ainsi qu’une plus forte retardance dans les zones affectées par la fibrose, comme
le démontre la comparaison avec les images SHG correspondantes. On peut donc envisager
d’utiliser ces contrastes supplémentaires pour à la fois tenter d’éliminer le biais lié au collagène
du réseau sanguin hépatique dans le score SHG (via la dépolarisation) et produire un score basé
sur la retardance qui augmente dans les zones plus riches en collagène.
L’une des applications les plus immédiates du microscope de Mueller à balayage mis au point
au cours de cette thèse est ainsi de pouvoir imager le collagène fibrillaire simultanément par
microscopie de Mueller et SHG, en utilisant le même instrument. Pour réaliser cette double
modalité d’imagerie en parallèle, il est cependant nécessaire de concevoir un nouveau dispositif
de collection permettant de détecter les signaux transmis aux deux longueurs d’onde (infrarouge
pour le Mueller et visible pour la SHG). Ce développement fait partie des perspectives de ce
travail.
Néanmoins, afin de montrer la faisabilité de cette double modalité d’imagerie, nous présentons
sur la Figure III.20 une série d’images du même échantillon de foie fibrosé réalisées successive-
ment en SHG (longueur d’onde 415 nm, laser Ti :Sa à 830 nm) puis en Mueller (swept-source
autour de 1060 nm) avec l’objectif 4X/0,16NA. Cette coupe histologique d’épaisseur 16µm,
colorée au Rouge Sirius, est tirée d’une pièce opératoire et non d’une biopsie à l’aiguille, pour
remplir le champ de 3, 5×3, 5mm2 de l’objectif 4X. Elle a été diagnostiquée au stade METAVIR
F4, par le Dr. Turlin du CHRU de Rennes Pontchaillou. La définition des images est 512 × 512
pour la SHG et 408 × 512 pour le Mueller. Le passage d’une modalité d’imagerie à l’autre se
fait pour l’instant en démontant le dispositif de collection et de détection de la lumière transmise
propre à chaque modalité. L’image SHG révèle spécifiquement le collagène fibrillaire du foie
(type I et type III dans une moindre mesure), c’est donc une imagerie sur fond noir. Le collagène
est ici très abondant du fait du stade avancé de la fibrose (stade F4, le plus haut).
-142-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
F IGURE III.20 – Images d’intensité (coefficient m00 de la matrice de Mueller) et de Mueller de 408 × 512
d’une coupe histologique de fibrose de foie au stade F4, en zoom 2. (SHG) Image en Génération de
Seconde Harmonique. (Pd ) Image de dépolarisation. (DL ) Image de diatténuation linéaire. (αD ) Image
de l’orientation de l’orientation de la diatténuation. (RL ) Image de retardance linéaire. (αR ) Image de
l’orientation du retard.
-143-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
orientationnel pourra être comparé à celui fourni par l’imagerie SHG résolue en polarisation
qui donne l’orientation de l’axe principal de la susceptibilité non linéaire du collagène [133].
Les champs d’orientation du collagène associés aux anisotropies linéaire et non linéaire de cette
protéine fibreuse pourraient apporter des informations précieuses, notamment dans le domaine
de l’embryogénèse [134] et du diagnostic du cancer (désorganisation des tissus et prolifération
anarchique du collagène). Dans les zones dépourvues de collagène, on observe un bruit de
mesure important qui traduit logiquement l’indétermination de cette orientation, comme nous
l’avons déjà constaté dans le cas de l’échantillon de scotch. Les images codées en diatténuation
(amplitude et orientation), sont quant à elles beaucoup moins contrastées que les images de la
retardance, mais révèlent néanmoins les structures associées à la fibrose. On observe par contre
une structure fortement dichroı̈que en bas et à gauche de l’image, mais celle-ci ne se retrouve
pas sur l’image SHG ; il s’agit donc certainement d’un objet étranger au tissu hépatique.
Enfin l’image codée en dépolarisation ne présente aucun contraste significatif, ce qui paraı̂t
normal en l’absence de vaisseaux sanguins.
A ce stade final de la thèse, le temps nous a manqué pour étendre cette étude à d’autres
échantillons de foie fibrosé. La prochaine étape sera en particulier d’imager des coupes histolo-
giques tirées de biopsies à l’aiguille (carottes de foie de 20 mm de long et 1 mm de diamètre
environ) sur une cohorte de patients atteints de fibrose du foie à des stades divers.
Une seconde étape sera d’étendre cette imagerie de Mueller à des échantillons non colorés au
Rouge Sirius, dont la biréfringence du collagène fibrillaire n’est pas exacerbée par le colorant.
Les premiers essais d’imagerie réalisés sur ce type d’échantillons n’ont pour l’instant pas été
probants, du fait de la sensibilité limitée de notre instrument (retardance minimale mesurable de
l’ordre du degré). Une amélioration de la sensibilité de notre microscope de Mueller à balayage
permettra en outre d’envisager des études sur d’autres protéines fibreuses comme la myosine
des muscles notamment, avec toutes les perspectives que cela ouvre en terme de diagnostic
biomédical (myopathie, dégénérescence musculaire...).
-144-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
Conclusion
Dans ce chapitre, un microscope polarimétrique de Mueller à balayage laser, fonctionnant
en transmission, a été développé. Ce microscope est basé sur l’implémentation, au sein d’un
microscope à balayage commercial (confocal et multiphoton 2-PEF et SHG), du polarimètre à
codage spectral de la polarisation utilisant une swept-source, développé au Chapitre II.
Cette implémentation a nécessité différentes adaptations opto-mécaniques dont la plus notable est
la conception d’un dispositif de collection et de détection de la lumière, réglable et démontable,
installé sous la platine du microscope.
Nous avons ensuite montré que l’obtention d’images de Mueller requiert tout d’abord de pouvoir
acquérir le signal polarimétrique à la cadence du balayage du microscope en utilisant le signal
issu du scanner de ligne pour la synchronisation. Nous avons vu que l’utilisation d’un microscope
commercial limite les possibilités de synchronisation avec la swept-source.
Dans une seconde étape, nous avons proposé une procédure d’orientation des blocs de codage
et de décodage de la polarisation (réalisée une fois pour toute), suivie d’une procédure de
calibration du microscope, reprenant celle mise au point au Chapitre II, pour corriger les biais
produits par les anisotropies du système et la variation de ces anisotropies associée au balayage.
Nous avons alors testé notre microscope de Mueller sur des échantillons de référence homogènes
(polariseur, lame de phase) et montré qu’il donnait les résultats attendus, dans la limite des
incertitudes de mesure, que nous avons quantifiées.
Nous avons alors imagé différents échantillons inhomogènes et montré que le microscope
pouvait séparer leurs différentes anisotropies (biréfringence et dichroı̈sme) et révéler les effets
de dépolarisation, ceci avec une résolution spatiale en accord avec les conditions d’utilisation du
dispositif.
Enfin nous avons montré, par comparaison avec des images SHG, qu’il était possible de visualiser
le collagène fibrillaire dans des coupes histologiques de foie humain fibrosé, colorées au Rouge
Sirius, en utilisant la retardance et son orientation comme paramètre de contraste. La sensibilité
du microscope est pour l’instant insuffisante pour imager le collagène sans Rouge Siruis.
En l’état actuel, notre dispositif permet d’acquérir l’information polarimétrique associé à une
image de Mueller complète à la cadence du microscope à balayage, c’est-à-dire typiquement en
quelques secondes. Il reste encore à progresser au niveau du temps de traitement des données
permettant de passer des spectres cannelés numérisés à l’affichage des images polarimétriques.
Il est pour l’instant possible de passer du mode Mueller au mode SHG en remplaçant le dispositif
de collection et de détection de la lumière transmise placé sous la platine du microscope. On
pourrait encore plus facilement coupler Mueller et 2-TPEF puisque cette dernière modalité
fonctionne par épi-collection de la fluorescence.
-145-
Chapitre III - Implémentation sur un microscope à balayage laser
-146-
Conclusions et perspectives
Conclusions et perspectives
-147-
Conclusions et perspectives
Conclusions
Au cours de cette thèse, un microscope polarimétrique de Mueller à balayage laser en
transmission a été développé, basé sur codage spectral des états de polarisation. Ce système à
l’avantage de permettre l’acquisition d’images de Mueller en quelques secondes et d’envisager
l’imagerie multimodale linéaire et non-linéaire (SHG / TPEF) avec le même instrument.
Dans un premier temps, on a proposé une amélioration du polarimètre de Mueller par codage
spectral déjà disponible au LSOL en utilisant une source à balayage rapide en longueur d’onde à
100 kHz, ou swept-source, et un détecteur monocanal.
Les états de polarisation sont générés et analysés par un bloc de codage et de décodage composés
de 2 polariseurs linéaires ainsi que de 4 lames biréfringentes de YVO4 d’épaisseurs et d’orien-
tations spécifiques. Notre choix s’est porté vers la configuration de lame (e,e,5e,5e) avec les
orientations respectives (45°, 0°, 0°, 45°) bien que d’autres configurations soient envisageables.
Le codage spectral de la polarisation permet de mesurer la matrice de Mueller complète sous la
forme d’un seul spectre cannelé à la cadence de balayage en longueur d’onde de la swept-source
à savoir 10µs. Ce système n’utilise aucun élément actif ce qui permet de mesurer la matrice de
Mueller à des vitesses uniquement limitées par la swept-source.
-148-
Conclusions et perspectives
-149-
Conclusions et perspectives
Perspectives
Ce travail de thèse permettra d’ouvrir la voie à la réalisation d’études plus exhaustives en mi-
croscopie multimodale linéaire et non-linéaire en transmission, dédiées à l’étude d’échantillons
d’intérêt biologique.
-150-
Conclusions et perspectives
-151-
Annexes
-152-
Annexes
Annexes
-153-
Annexes
Annexe 1
Résumé des vecteurs de Jones et de Stockes pour des états de polarisation particuliers.
-154-
Annexes
Annexe 2
Matrices de Jones pour différents types de diatténuateur.
Polariseur
2
cos (α) cos(α)sin(α)
linéaire P1
2
cos(α)sin(α) sin (α)
d’orientation α
Polariseur linéaire
P1 cos2 (α) + P2 sin2 (α) (P1 − P2 )cos(α)sin(α)
dichroı̈que
2 2
(P1 − P2 )cos(α)sin(α) P1 sin (α) + P2 cos (α)
d’orientation α
Polariseur
P1 cos2 (ν) P1 cos(ν)sin(ν)e−iφ
d’ellipticité ǫ P1
iφ 2
P1 cos(ν)sin(ν)e P1 sin (ν)
et d’orientation α
Polariseur
2 2 −iφ
P1 cos (ν) + P2 sin (ν) (P1 − P2 )cos(ν)sin(ν)e
dichroı̈que
iφ 2 2
(P1 − P2 )cos(ν)sin(ν)e P1 sin (ν) + P2 cos (ν)
d’ellipticité ǫ
où Tmax et Tmin sont les transmittances énergétiques maximum et minimum, telles que
Tmax = P12
Tmin = P22
-155-
Annexes
Annexe 3
Matrices de Mueller pour différents types de diatténuateur.
q1 q2 C2α S2α 0
Polariseur linéaire
q2 C2α q1 C 2 + q3 S 2 (q − q )C S 0
2α 2α 1 3 2α 2α
dichroı̈que
q S 2 2
0
d’orientation α 2 2α (q1 − q3 )C2α S2α q1 S2α + q3 C2α
0 0 0 q3
q1 q2 C2ν q2 S2ν Cφ q2 S2ν Sφ
Polariseur
q2 C2ν 2 2
q1 C2ν + q3 S2ν (q1 − q3 )C2ν S2ν Cφ (q1 − q3 )C2ν S2ν Sφ
dichroı̈que
q S C (q − q )C S C C 2 (q S 2 + q C 2 ) (q − q )C S S 2
d’ellipticité ǫ 2 2ν φ 1 3 2ν 2ν φ φ 1 2ν 3 2ν 1 3 φ φ 2ν
2 2 2 2 2
q2 S2ν Sφ (q1 − q3 )C2ν S2ν Sφ (q1 − q3 )Cφ Sφ S2ν Sφ (q1 S2ν + q3 C2ν ) + q3 Cφ
1 C2ν S2ν Cφ S2ν Sφ
Polariseur
C2ν 2
C2ν C2ν S2ν Cφ C2ν S2ν Sφ
P12
d’ellipticité ǫ 2
S C C S C C 2 2
S C S S 2
et d’orientation α 2ν φ 2ν 2ν φ φ 2ν φ φ 2ν
2
S2ν Sφ C2ν S2ν Sφ Cφ Sφ S2ν Sφ2 S2ν
2
-156-
Annexes
Annexe 4
Matrices de Jones pour différents types de biréfringent, de retard δ.
Biréfringent
i 2δ i 2δ
2
cos (α)e 2
+ sin (α)e isin( 2δ )sin(2α)
linéaire
i 2δ −i 2δ
isin( 2δ )sin(2α) 2
sin (α)e 2
+ cos (α)e
d’orientation α
Biréfringent
cos( 2δ ) sin( 2δ )
circulaire
−sin( 2δ ) cos( 2δ )
(droite)
Biréfringent
cos( 2δ ) −sin( 2δ )
circulaire
sin( 2δ ) cos( 2δ )
(gauche)
i 2δ −i 2δ
Biréfringent 2
cos (ν)e 2
+ sin (ν)e isin( 2δ )sin(2ν)e−iφ
elliptique i 2δ −i 2δ
isin( 2δ )sin(2ν)eiφ 2
sin (ν)e 2
+ cos (ν)e
-157-
Annexes
Annexe 5
Matrices de Mueller pour différents types de biréfringent, de retard δ.
1 0 0 0
Biréfringent
0 cos(δ) sin(δ) 0
circulaire
0 −sin(δ) cos(δ) 0
(droite)
0 0 0 1
1 0 0 0
Biréfringent
0 cos(δ) −sin(δ) 0
circulaire
0 sin(δ) cos(δ) 0
(gauche)
0 0 0 1
1 0 0 0
Biréfringent
0 d2 − e2 − f 2 + g 2 2(de + f g) 2(df − eg)
elliptique
0 2(de − f g) −d2 + e2 − f 2 + g 2 2(ef + dg)
d’orientation α
2 2 2 2
0 2(df + eg) 2(ef − dg) −d − e + f + g
d = cos(2ν)sin(δ/2) = cos(2ǫ)cos(2α)sin(δ/2)
e = sin(2ν)cos(δ/2) = cos(2ǫ)sin(2α)sin(δ/2)
f = sin(2ν)sin(φ)sin(δ/2) = sin(2ǫ)sin(δ/2)
g = cos(δ/2)
-158-
Annexes
Annexe 6
Matrice [N] développée par rapport aux 16 coefficients mij de la matrice de Mueller.
[N ] =
m 00 + m11 + m01 + m10 m 02 + m12 + i(m03 + m13 ) m20 + m21 − i(m30 + m31 ) m22 + i(m33 + i(m23 − m32 )
m02 + m12 − i(m03 + m13 ) m00 + m11 − m01 + m10 m22 − m33 − i(m23 + m32 ) m20 − m21 − i(m30 − m31 )
1
2
m + m + i(m + m ) m − m + i(m + m ) m − m + m − m
20 21 30 31 22 33 23 32 00 11 01 10 m02 − m12 + i(m03 − m13 )
m22 + m33 − i(m23 − m32 ) m20 − m21 + i(m30 − m31 ) m02 − m12 − i(m03 − m13 ) m00 + m11 − m01 − m10
et [N ]2 = T r([N ]) · [N ]
-159-
Annexes
Annexe 7
Matrice de passage [P ], de dimension 16 × 25, dans la configuration (e,e,5e,5e)
16 0 8 0 0 0 0 0 −8 0 −4 0 0 00 0
0 8 0 0 0 0 0 0 0 −4 0 0 0 0 0 0
0 0 −4 0 0 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 −4 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 −8 0 −4 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 −4 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 −1 0 0 0 0 1
0 0 0 0 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 4 0 2 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0 0 0
[P ] = 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 −1 0 0 0 0 −1
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 −4 0 0 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 −2 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 1 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 −2 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 −4 0 −2 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 −2 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 −1 0 0 1 0
-160-
Annexes
Annexe 8
Matrice de passage [P erreur ], de dimension 16×25, dans la configuration (e,e+∆e2 ,5e+∆e3 ,5e+∆e4 )
[P erreur ] =
16 0 8C2 8S2 0 0 0 0 −8C34 0 −4C2 C34 −4S2 C34 8S34 0 4C2 C34 4S2 C34
0 8 0 0 0 0 0 0 0 −4C34 0 0 0 4S34 0 0
0 0 −4 0 0 0 0 0 0 0 2C34 0 0 0 −2S34 0
0 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 −4 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 −8 0 −4C2 S2 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 −4 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 −1 0 0 0 0 1
0 0 0 0 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 4 0 2C2 2S34 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 −1 0 0 0 0 −1
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 −4 0 0 0 0 0 0 0 2C34 0 0 0 −2S34
0 0 0 0 0 0 0 −2 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 1 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 −2 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 −4 0 −2C2 −2S2
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 −2 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 −1 0 0 1 0
où C2 = cos(φ2 )
S2 = sin(φ2 )
C34 = cos(φ3 − φ4 )
S34 = sin(φ3 − φ4 )
-161-
Annexes
Annexe 9
Système d’équation obtenue avec la méthode calibration en réflexion, utilisant deux polari-
seurs linéaires de référence.
˜
Arg(If0 ) 0 0 0 1
Arg(I˜ ) 1 0 0 2
2f0
˜
Arg(I3f0 ) −1 1 0 3
Arg(I˜4f0 ) 0 0 1 4
Arg(I˜ ) 0 0 1 5
5f0
˜
Arg(I6f0 ) 0 0 1 6
= · (φ2 φ3 φ4 φf en )
Arg(I˜7f0 ) 1 0 1 7
Arg(I˜ ) −1 1 1 8
8f0
Arg(I˜9f0 ) 0 1 1 9
Arg(I˜10f0 ) 0 1 1 10
Arg(I˜ ) 0 1 1 11
11f0
Arg(I˜12f0 ) 1 1 1 12
-162-
Annexes
Annexe 10
Dans cette expérience, on souhaite déterminer l’intensité lumineuse d’un système optique
présentant de la biréfringence et du dichroı̈sme linéaire, dont les lignes neutres sont confondus,
placé entre polariseur et analyseur croisés, comme sur la figure ci-dessous.
On considère que le polariseur et l’analyseur sont fixes, tandis que l’on applique une rotation
d’un angle θ sur le système optique. En se plaçant dans le formalisme de Jones, les matrices
des différents éléments intervenant l’expérience, ainsi que leurs notations pour le calcul sont
présentées dans le tableau suivant.
La matrice d’un tel système en fonction de l’orientation θ, notée [M (θ)] se retrouve sous la
forme du produit entre ces éléments rencontrés séquentiellement :
-163-
Bibliographie
-164-
Bibliographie
Bibliographie
-165-
Bibliographie
-166-
[1] S. Huard. Polarisation de la lumière. Masson, 1994.
[2] A. Le Gratiet, S. Rivet, M. Dubreuil and Y. Le Grand. 100 khz mueller polarimeter
in reflecion configuration. Optics Letters, 41(4) :4336–4339, 2015.
[4] R.C. Jones. A new calculus for the treatment of optical systems. Journal of the Optical
Society of America, 31 :488–493, 1941.
[5] G.G. Stokes. On the composition and resolution of streams of polarized light from
different sources. Transactions of the Cambridge Philosophical Society, 9 :339–416,
1852.
[6] H. Mueller. The foundation of optics. Journal of Optical Society of America, 38 :661,
1948.
[8] M. Born and E. Wolf. Principles of Optics. 6ème édition, Pergamon Press, New-York,
1983.
[10] S.Y. Lu and R.A. Chipman. Interpretation of mueller matrices based on polar decom-
position. Journal of the Optical Society of America A, 13(5) :1106–1113, 1996.
[11] F. Perrin. Polarization of light scattered by isotropic opalescent media. The Journal of
Chemical Physics, 10(7) :415, 1942.
[12] V.V. Tuchin. Light scattering study of tissues. Physics-Uspekhi, 40(5) :495, 1997.
[13] D.G.M. Anderson and R. Barakat. Necessary and sufficient conditions for a mueller
matrix to be derivable from a jones matrix. Journal of the Optical Society of America A,
11(8) :2305–2319, 1994.
[14] R. Simon. The connection between mueller and jones matrices of polarization optics.
Optics Communication, 42(5) :293–297, 1982.
[15] S.R. Cloude. Lie groups in electromagnetic wave propagation and scattering. Journal of
electromagnetic waves and application, 6(8) :947–974, 1992.
[17] J.J. Gil. Polarimetric characterization of light and media : Physical quantities involved in
polarimetric phenomena. The European Physical Journal Applied Physics, 40(1) :1–47,
2007.
-167-
[18] J. Morio and F. Goudail. Influence of the order of diattenuator, retarder, and polarizer
in polar decomposition of mueller matrices. Optics Letters, 29 :2234–2236, 2004.
[19] R. Ossikovski, A. De Martino and S. Guyot. Forward and reverse product decomposi-
tions of depolarizing mueller matrices. Optics Letters, 32(6) :689–691, 2007.
[24] S.R. Cloude. Conditions for physical realizability of matrix operators in polarimetry. In
Proceedings of SPIE - The International Society for Optical Engineering, volume 1166,
1990.
[32] J.S. Tyo. Noise equalization in stokes parameter images obtained by use of variable-
retardance polarimeters. Optics Letters, 25(16) :1198–1200, 2000.
-168-
[33] M.H. Smith. Optimization of a dual-rotating-retarder mueller matrix polarimeter. Applied
Optics, 41(13) :2488–2493, 2002.
[35] P.S. Hauge. Mueller matrix ellipsometry with imperfect compensators. Journal of the
Optical Society of America A, 68(11) :1519–1528, 1978.
[36] L. Broch, A. En Nacir and L. Johann. Systematic errors for a mueller matrix dual
rotating compensator ellipsometer. Optics Express, 12(16) :8814–8824, 2008.
[38] D.H. Goldstein and R.A. Chipman. Error analysis of a mueller matrix polarimeter.
Journal of the Optical Society of America A, 7(4) :693–700, 1990.
[39] E. Compain, S. Poirier and B. Drevillon. General and self-consistent method for the
calibration of polarization modulators, polarimeters, and mueller-matrix ellipsometers.
Applied Optics, 38(16) :3490–3502, 1999.
[41] D.H. Goldstein. Mueller matrix dual-rotating retarder polarimeter. Applied Optics,
31(31) :6676–6683, 1992.
[42] R.W. Collins and J. Koh. Dual rotating-compensator multichannel ellipsometer : Instru-
ment design for real-time mueller matrix spectroscopy of surfaces and films. Journal of
Optical Society of America A, 16 :1997–2006, 1999.
[43] R.M.A. Azzam. Photopolarimeter using two modulated optical rotators. Optics Letters,
1(5) :181–183, 1977.
[44] S.N. Jasperson and S.E. Schnatterly. An improved method for high reflectivity ellipso-
metry based on a new polarization modulation technique. Review of Scientific Instruments,
40 :761–767, 1969.
[45] E. Compain and B. Drévillon. High-frequency modulation of the four states of po-
larization of light with a single phase modulator. Review of Scientific Instruments,
69 :1574–1580, 1969.
[46] J. Pezzaniti and R.A. Chipman. High-resolution mueller matrix imaging polarimetry
for understanding high-resolution optoelectronic modulators. In Proceedings of SPIE -
The International Society for Optical Engineering, volume 2297, 1995.
-169-
[48] J.S. Tyo and T.S. Turner. Imaging spectropolarimeters for use in visible and infrared
remote sensing. In Proceedings SPIE 3753, volume 214, 1999.
[49] J.M. Bueno and P. Artal. Double pass imaging polarimetry in the human eye. Optics
Letter, 24 :64–66, 1999.
[51] A. Peinado, A. Lizana and J. Campos. Design and optimization of polarimeters based
on liquid-crystal displays. SPIE Newsroom, 2013.
[53] N. Hagen and E.L. Dereniak. Snapshot mueller matrix spectropolarimetry. pages
668207–668207–7, 2007.
[54] A.S. Alenin and J.S. Tyo. Generalized channeled polarimetry. Optical Society of
America A, 31(5) :1013–1022, 2014.
[55] M. Dubreuil, S. Rivet, B. Le Jeune and J. Cariou. Snapshot mueller matrix polarimeter
by wavelength polarization coding. Optics express, 15(21) :13660–13668, 2007.
[57] R.M.A. Azzam and A. De. Optimal beam splitters for the division-of-amplitude photo-
polarimeter. Journal Optical Society of America A, 20(5) :955–958, 2003.
[58] R.M.A. Azzam, I.M. Elminyawi and A.M. El-Saba. General analysis and optimization
of the four-detector photopolarimeter. Journal Optical Society of America A, 5(5) :681–
689, 1988.
[59] J. Pezzaniti and D.B. Chenault. A division of aperture mwir imaging polarimeter. In
Proceedings of SPIE - The International Society for Optical Engineering, volume 5888,
2005.
[60] C. Oh and M.J. Escuti. Achromatic diffraction from polarization gratings with high
efficiency. Optics Letters, 33(20) :2287–2289, 2008.
[61] J. Chang, H. He, Y. Wang, Y. Huang, X. Li, C. He, R. Liao, N. Zeng, S. Liu and H.
Ma. Division of focal plane polarimeter-based 3 × 4 mueller matrix microscope : a
potential tool forquick diagnosis of human carcinoma tissues. Journal of Biomedical
Optics, 21(5) :056002–1–8, 2016.
[62] M.W. Kudenov, M.J. Escuti, N. Hagen, E.L. Dereniak and K. Oka. Snapshot imaging
mueller matrix polarimeter using polarization gratings. Optics Letters, 37(8) :1367–1369,
2012.
-170-
[63] M.W. Kudenov, M.J. Escuti, E.L. Dereniak and K. Oka. White-light channeled ima-
ging polarimeter using broadband polarization grating. Applied Optics, 50(15) :2283–
2293, 2008.
[64] A. De Martino, Y.-K. Kim, E.G. Caurel, B. Laude and B. Drévillon. Optimized
mueller polarimeter with liquid crystals. Optics Letters, 28(8) :616–618, 2003.
[66] L.M.S. Aas, P.G. Ellingsen, M. Kildemo and M. Lingdgren. Dynamic response of a
fast near infra-red mueller matrix ellipsometer. Journal of Modern Optics, 57(17) :1603–
1610, 2010.
[67] L.M.S. Aas, P.G. Ellingsen and M. Kildemo. Near infra-red mueller matrix imaging
system and application to retardance imaging of strain. Journal of biomedical optics,
519(9) :2737–2741, 2011.
[69] M. Mujat, R.D. Ferguson and N. Iftimia. Mueller matrix microscopy. In Proceedings
of SPIE - The International Society for Optical Engineering, volume 8873, 2013.
[70] R.M.A. Azzam. Photopolarimetric measurement of the mueller matrix by fourier analysis
of a single detected signal. Optics Letters, 2(6) :148–150, 1978.
[72] J.M. Bueno. Confocal scanning laser ophtalmoscopy improvement by use of mueller-
matrix polarimetry. Optics Letters, 27(10) :830–832, 2002.
[73] J.M. Bueno. Measurement of parameters of polarization in the living human eye using
imaging polarimetry. Vision Reseach, 40(28) :3791–3799, 2000.
[74] F. Goudail and A. Benière. Optimization of the contrast in polarimetric scalar images.
Optics Letters, 34(9) :1471–1473, 2009.
[76] D. Lara and C. Dainty. Axially resolved complete mueller matrix confocal microscopy.
Applied optics, 45(9) :1917–1930, 2006.
[77] K.M. Twietmeyer, R.A. Chipman, A.E. Elsner, Y. Zhao and D. VanNasdale. Muel-
ler matrix retinal imager with optimized polarization conditions. Optics Express,
16(26) :21339–21354, 2008.
-171-
[78] F. Snik, J. Craven-Jones, M. Escuti, S. Fineschi, D. Harrington, A. De Martino, D.
Mawet, J. Riedi and J.S. Tyo. An overview of polarimetric sensing techniques and
technology with applications to different research fields. In Proceedings of SPIE - The
International Society for Optical Engineering, volume 9099, 2014.
[79] R.M.A. Azzam. Stokes-vector and mueller-matrix polarimetry. Journal Optical Society
of America A, 33(7) :1396–1408, 2016.
[82] R.M.A. Azzam. Mueller matrix ellipsometry : a review. In Proceedings of SPIE - The
International Society for Optical Engineering, volume 3121, pages 396–405, 1997.
[83] G. Anna, F. Goudail and D. Dolfi. Polarimetric target detection in the presence of
spatially fluctuating mueller matrices. Optics Letters, 36(23) :4590–4592, 2011.
[84] G. Anna, H. Sauer, F. Gouda and D. Dolfi. Fully tunable artive polarization imager for
contrast enhancement and partial polarimetry. Applied Optics, 51(21) :5302–5309, 2012.
[86] N. Ghosh and A. Vitkin. Tissue polarimetry : concepts, challenges, applications, and
outlook. Journal of Biomedical Optics, 16(11) :110801–1–110801–29, 2011.
[87] V.V. Tuchin, L. Wang and D.A. Zimnyakov. Optical Polarization in Biomedical Appli-
cations. Springer, 2006.
[88] A.W. Dreher, K. Reiter and R.N. Weinreb. Spatially resolved birefringence of the
retinal nerve fiber layer assessed with a retinal laser ellipsometer. Applied Optics,
31(19) :3730–3735, 1992.
[89] S. Alali and A. Vitkin. Polarized light imaging in biomedicine : emerging mueller matrix
methodologies for bulk tissue assessment. Journal of Biomedical Optics, 20(6) :061104,
2015.
[90] J.S. Baba, J.R. Chung, A.H. DeLaughter, B.D. Cameron and G.L. Coté. Develop-
ment and calibration of an automated mueller matrix polarization imaging system. Journal
of Biomedical Optics, 7(3) :341–349, 2002.
-172-
[92] S. Guyot, M. Anastasiadou, E. Deléchelle and A. De Martino. Registration scheme sui-
table to mueller matrix imaging for biomedical applications. Optics Letters, 15(12) :7393–
7400, 2007.
[97] O. Arteaga and E. Kuntman. Beyond polarization microscopy : Mueller matrix micro-
scopy with frequency demodulation. In Proceedings of SPIE - The International Society
for Optical Engineering, volume 9099, 2014.
[99] S. Manhas, J. Vizet, S. Deby, J.C. Vanel, P. Boito, M. Verdier, A. De Martino and D.
Pagnoux. Demonstration of full 4×4 mueller polarimetry through an optical fiber for
endoscopic applications. Optics Express, 23(3) :3047–3054, 2015.
[102] S. Rivet, A. Bradu and A. Podoleanu. 70 khz full 4x4 mueller polarimeter and simulta-
neous fiber calibration for endoscopic applications. Optics Express, 23(18) :23768–23786,
2015.
[103] J. Qi and D.S. Elson. A high definition mueller polarimetric endoscope for tissue
characterization. Scientific Reports, (25953) :1–11, 2016.
[104] P.G. Ellingsen, M.B. Lilledahl, L.M. Aas, CdeL. Davies and M. Kildemo. Quantita-
tive characterization of articular cartilage using mueller matrix imaging and multiphoton
microscopy. Journal of biomedical optics, 16(11) :116002, 2011.
-173-
[105] M. Dubreuil, P. Babilotte, L. Martin, D. Sevrain, S. Rivet, Y. Le Grand, G. Le Brun,
B. Turlin and B. Le Jeune. Mueller matrix polarimetry for improved liver fibrosis
diagnosis. Optics letters, 37(6) :1061–1063, 2012.
[108] A. Zanardi de Freitas, M. Magri Amaral and M. Paulo Raele. Optical coherence
tomography : Development and applications. Laser Pulse Phenomena and Applications,
Chapter 20 :409–432, 2010.
[109] R. Huber, J. Wojtkowski, K. Taira and G. Fujimoto. Fourier domain mode locking
(fdml) : A new laser operating regime and applications for optical coherence tomography.
Optics Express, 14(8) :3225–3237, 2006.
[111] J.Marvin. Handbook of Optical Materials (Laser Science and Technology, Vol. V :
Optical materials part 3). Crc Press, 2002.
[112] J. Xi, J.Li and X. Li. Generic real-time uniform k-space sampling method fot high-speed
swept-source optical coherence tomography. Optics Express, 18(9) :9511–9517, 2010.
[114] F.J. Harris. On the use of windows for harmonic analysis with the dicrete fourier
transform. In Proceedings of IEEE, volume 66, pages 51–83, 1978.
[115] H.S. Shi, G. Zhang and H.Y. Shen. Measurement of principal refractive indices and the
thermal refractive index coefficients of yttrium vanadate. Journal of Synthetic Crystals,
30 :85–88, 2001.
[116] J.O. Sophocles. Electromagnetic waves and antennas. Rutgers University, 2008.
[117] J.R. Chang Chien, C.C. Liu, C.J. Wu, P.Y. Wu and C.C. Li. Design analysis of a beam
splitter based on the frustrated total internal reflection. Progress In Electromagnetics
Research, 124 :71–83, 2012.
[118] Z.P. Wang, J.H. Shi and S.L. Ruan. Designs of infrared non-polarizing beam splitters.
Optics and Laser Technology, 39 :394–399, 2007.
-174-
[119] A. Belendez, E. Fernandez, J. Frances and C. Neipp. Birefringence of cellotape : Jones
representation and experimental analysis. European Journal Of Physics, 31(3) :551–561,
2010.
[122] M. Shribak and R. Oldenbourg. Techniques for fast and sensitive measurements of
two-dimensional birefringence distributions. Applied Optics, 42(16) :3009–3017, 2003.
[126] G.A. Di Lullo, S.M. Sweenay, J. Korkko, L. Ala-Kokka and J.D. San Antonio. Map-
ping the ligand-binding sites and disease-associated mutations on the most abundant
protein in the human, type i collagen. The Journal of biological chemistry, 277(6) :4223–
4231, 2002.
[127] A. Rich and F.H. Crick. The structure of collagen. Nature, 176(4489) :915–916, 1955.
[130] P.A. Franken, A.E. Hill, C.W. Peters and G. Weinreich. Generation of optical harmo-
nics. Physical Review Letters, 7(4) :118–119, 1961.
[131] H. Puchtler, F.S. Waldrop and L.S. Valentine. Polarization microscopic studies of
connective tissue stained with picro-sirius red fba. Beiträge zur Pathologie, 150(2) :174–
187, 1973.
[132] The METAVIR cooperative group. Inter- and inta-observer variation in the assessment
of liver biopsy of chronic hepatitis. C. Hepatology, 20(1) :15–20, 1994.
-175-
[134] O.P. Boryskina, Y. Le Grand, C. Odin and V. Fleury. The role of distribution and
orientation of collagen fibers in tissue development : study by means of double imaging
by two-photon excited fluorescence and second harmonic generation microscopy. In
Proceedings of the European Microwave Association, volume 4, pages 255–259, 2008.
-176-
Publications et communications
Publications et communications
-177-
Publications et communications
Publications
Le Gratiet A., Rivet S., Dubreuil M. and Le Grand Y. ”100 kHz Mueller polarimeter in
reflection configuration”, Optics Letters ; 40(4) :645-648 (02/2015)
Le Gratiet A., Rivet S., Dubreuil M. and Le Grand Y. ”100 kHz Mueller polarimeter for
laser scanning polarimetric microscopy”, Proc. SPIE 9887, Biophotonics : Photonic Solutions
for Better Health Care V, 988724 (04/2016)
Le Gratiet A., Rivet S., Dubreuil M. and Le Grand Y. “Scanning Mueller polarimetric
microscopy“, Optics Letters 09/2016 ; 41(18) :4336-4339
Communications orales
Le Gratiet A., Rivet S., Dubreuil M., Le Grand Y. : présentation orale. Electromagnétisme
Polarisation Optique Statistique (Novembre 2014) – Marseille
Le Gratiet A., Rivet S., Dubreuil M.,Le Grand Y. : présentation orale. Journées d’Imagerie
Optique Non Conventionnelle (Mars 2015) – Paris
Le Gratiet A., Rivet S., Dubreuil M., Le Grand Y. : présentation poster. Optique Bretagne
(Juillet 2015) – Rennes
Le Gratiet A., Rivet S., Dubreuil M., Le Grand Y. : présentation poster. Journée des docto-
rants de l’ED SICMA (Septembre 2015) – Brest
Le Gratiet A., Rivet S., Dubreuil M., Le Grand Y. : présentation orale. Photonics Europe
(Avril 2016) – Bruxelles
Le Gratiet A., Rivet S., Dubreuil M., Le Grand Y. : présentation orale. OptDIAG2016 (Mai
2016) – Paris
-178-
Publications et communications
-179-
Publications et communications
La polarimétrie de Mueller est une technique optique qui mesure la réponse polarimétrique
complète d’un milieu sous la forme d’une seule matrice de Mueller afin de remonter à ses
propriétés optiques comme le dichroı̈sme, la biréfringence et la dépolarisation. Le couplage avec
la microscopie non-linéaire (SHG par exemple) permet d’avoir accès à des informations précises
sur un milieu biologique (structure, organisation, . . . ). Cela impose de passer à une modalité
d’imagerie à balayage laser, qui nécessite de mesurer la réponse polarimétrique du milieu pixel-
par-pixel en des temps relativement courts (de l’ordre de la microseconde). Le but de cette thèse
est de mettre en œuvre un polarimètre de Mueller dont les cadences d’acquisition sont compa-
tibles avec l’imagerie à balayage laser. Dans un premier temps, un polarimètre de Mueller inédit
est proposé, basé sur le codage spectral de la polarisation dont toute l’information polarimétrique
de l’échantillon est mesurée sous la forme d’un seul signal d’intensité en un temps record (10
µs). Ce dispositif est constitué d’une source à balayage rapide en longueur d’onde à 100 kHz
(ou swept-source), de lames de phase d’ordre élevé et d’un détecteur monocanal. Les erreurs
systématiques qui entachent la mesure sont évaluées et des méthodes de correction permettent de
les prendre en compte dans une étape d’étalonnage qui utilise la réponse de deux milieux étalons.
Ensuite, le polarimètre est implémenté dans un microscope commercial à balayage laser, utilisé
initialement pour réaliser de l’imagerie non-linéaire (SHG). Cela requiert un redimensionnement
du montage, ainsi que la synchronisation entre les deux systèmes. Par ailleurs, un protocole
de calibration du dispositif est développé et permet de tenir compte de l’ensemble des erreurs
systématiques du polarimètre indépendamment des anisotropies optiques engendrées par le
microscope. Enfin, les premières images polarimétriques de Mueller en microscopie à balayage
laser ont été acquises sur des échantillons inhomogènes spatialement (rubans adhésifs et cristaux
de roches). La potentialité de la microscopie multimodale est démontrée sur des échantillons de
fibroses de foie, en couplant l’imagerie polarimétrique de Mueller et la microscopie non-linéaire
au sein d’un seul instrument.
-180-
Publications et communications
Mueller polarimetry is an optical technique allowing the acquisition of the full polarimetric
signature of a medium with a single Mueller matrix, and leading to its polarimetric parameters
such as dichroism, birefringence and depolarization. Coupling Mueller polarimetry with non-
linear microscopy techniques (SHG for example), more precise information about the medium
could be obtained (structure, organization . . . ). This imaging technique uses a laser scanning
system to measure the Mueller matrix of a medium point-to-point quickly (of the order of the
microsecond). The aim of this thesis is to develop a Mueller polarimeter compatible with the
laser scanning system. First, a new Mueller polarimeter is proposed using spectral encoding
of the polarization and measuring the full polarimetric signature of a sample with a single
channeled spectrum in a fast way (10 µs). This setup is composed of a 100 kHz swept-source
laser, high order retarders and a single channel detector. Systematic errors on the Mueller matrix
measurement are evaluated and correction methods take into account these errors in a calibration
step that uses polarimetric signature of two references medium. Then, the polarimeter is imple-
mented on a commercial laser scanning microscope that usually images non-linear contrasts
(SHG). The update needs to reduce the dimension of the polarimeter and ensure an electronic
synchronization between these two systems. However, a new calibration step is proposed and
takes into account all the systematic errors of the polarimeter, independently of the optical aniso-
tropy induced by the microscope. Finally, the images with the first Mueller scanning microscope
are obtained with spatially inhomogeneous samples (cellophane tapes, rocks). The potentiality
of the multimodal scanning microscopy Mueller/SHG on the same instrument is demonstrated
in the case of hepatic fibrosis.
-181-