El Moujaddidi Rabat 07
El Moujaddidi Rabat 07
Auteur de la communication
1
Résumé
De nos jours, et face à la mondialisation et à cette grande ouverture économique, et compte
tenu de l’insuffisance des ressources disponibles pour financer le développement économique
à long terme, tous les pays de la planète et tout particulièrement les PVD et les pays
méditerranéens et du sud, se livrent à une concurrence acharnée puisqu’ils ne peuvent rester
indifférents vis-à-vis des IDE considérés comme condition sine qua non pour assurer une
croissance économique. L’objectif vers lequel aspirent tous ces pays est de se hisser à un
niveau de développement plus élevé et de rattraper leur retard vis-à-vis de leurs voisins du
nord.
Cette concurrence ne se justifie pas uniquement par la recherche d’entrées de capitaux pour le
pays hôte, mais également, par le transfert de technologie, de savoir et de savoir faire et aussi
par l’accès à de nouveaux marchés. En effet, les bénéfices des IDE se concrétisent par sa
contribution active à la croissance et au développement économique.
Cependant cette course vers les investissement afin d’assurer la croissance économique et le
développement entraîne inévitablement des modifications dans les écosystèmes.
2
Table des matières
Introduction générale……………………………………………….4
I. IDE : quelles significations et quelle importance ? ……………..6
II. Le développement durable……………………………………………….7
Conclusion générale………………………………………..………………….22
Bibliogaphie…………………..………………………………………………..24
3
Introduction générale
Cette concurrence ne se justifie pas uniquement par la recherche d’entrées de capitaux pour le
pays hôte, mais également, par le transfert de technologie, de savoir et de savoir faire et aussi
par l’accès à de nouveaux marchés. Les bénéfices des IDE se concrétisent par sa contribution
active à la croissance et au développement économique.
4
Cependant cette course vers les investissement afin d’assurer la croissance économique et le
développement entraîne inévitablement des modifications dans les écosystèmes. Certes, les
ressources renouvelables de manière générale peuvent ne pas s’épuiser, à condition que le
rythme d’exploitation ne dépasse pas la capacité de régénération et d’accroissement naturel,
sachant que, la plupart des ressources renouvelables font partie d’un écosystème assez
complexe qui nécessite la définition d’un seuil maximum d’exploitation, en tenant compte des
effets de l’exploitation sur l’ensemble du système.
Quant aux ressources non renouvelables, leur utilisation réduit de toute évidence le stock dont
disposeront les générations futures, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas les utiliser. Or, Il
est indispensable de tenir compte de l’importance critique de la ressource, de l’existence de
techniques permettant de minimiser l’épuisement et de l’éventualité de trouver des produits de
remplacement. Autrement, il faudrait surveiller le rythme d’exploitation et d’épuisement et
introduire des méthodes de recyclage et d’économie pour faire en sorte que les ressources ne
disparaissent pas avant que l’on ait trouvé des substituts convenables. C’est dans cette
perspective qu’intervient le développement durable, tirant la sonnette d’alarme quant au
rythme d’épuisement des ressources non renouvelables qui ne doit en aucun cas compromette
l’avenir.
A ce niveau, il serait intéressant d’essayer d’analyser les liens entre ces différents concepts
soulevés : IDE, croissance économique et développement durable ? Peut on concilier politique
d'attractivité, fondée sur la concurrence, et la poursuite d'un développement local durable
fondé sur la coopération et la participation? Pour ce faire, il est indispensable de décliner, en
profondeur, l’ensemble de ces notions.
Nous espérons par le présent papier apporter quelques lumières et quelques réponses, dans la
limite du possible, à notre problématique. Pour cela, nous avons donc choisit de développer
cette thématique en cinq parties dont les quatre premières seront consacrées à définir les
concepts clés de notre sujet en déclinant les différentes interactions entre eux, la cinquième
section permettra de mettre en relief et justifier les liens entre les éléments avancés répondant
5
IDE : quelles significations et quelle importance ?
Nombreux les organismes spécialisés qui ont essayé de définir l’IDE, nous en citerons
quelques unes qui nous permettront de cerner davantage cette notion.
Selon le FMI :
Pour le FMI, « l’IDE est effectué dans le but d’acquérir un intérêt durable dans une entreprise
exerçant ses activités sur le territoire d’une économie autre que celle de l’investisseur. Le but
de ce dernier étant d’avoir un pouvoir de décision effectif dans la gestion de l’entreprise »1
A partir de cette définition, on peut dégager les éléments qui d’un flux de capitaux un
investissement direct :
La notion de la durabilité d’intérêt dans l’entreprise cible ;
L’exercice de pouvoir de contrôle et d’influence sur la gestion d’une entreprise
étrangère ;
Le transfert d’un savoir, savoir faire, de compétence technologique complexes,
de coordination et de gestion et de logique de production.
Par ailleurs, se sont ces mêmes éléments qui distinguent l’IDE de tout autre investissement
notamment celui des portefeuilles qui se caractérise par un investissement en actions,
obligations ou autres placements financiers.
Le FMI précise également que l’IDE se manifeste au niveau d’un pays étranger de
l’investisseur soit par la création de nouvelles entreprises, la prise de participation dans un
capital d’une entreprise existante, l’engagement dans des flux financiers entre affiliés d’un
1
FMI, “manuel de la balance de paiement”, 5éme édition.
6
même groupe ou réinvestissement des bénéfices à l’étranger. Ceci se manifeste généralement
par la création de nouvelles filiales ou entreprises, les fusions, les licences et la franchise ,
sachant que ces deux dernières formes d’investissement sont difficiles à quantifier car elle ne
donnent pas lieux à des flux financiers.
Le développement durable3 est un concept relativement récent dans la boite à outils référentiel, il
s’est imposé à la communauté internationale grâce aux différentes conférences unisiènnes. Au
départ, il a été question de problèmes de l’environnement, mais il s’est avéré rapidement que ce
dernier est en relation directe avec le développement économique et social. Un développement
2
J.L.Mucchielli, « Avantages compétitifs, comparatifs et stratégiques dans la théorie de la firme
multinationale », publié dans l’ouvrage collectif : « Investissement international et dynamique de
l’économie mondiale”. Edition Economica, 1998, p 47.
3
N.El Moujaddidi, K.Khaddouj, « développement durable et responsabilité sociale au sein de la PME
marocaine » in colloque internationale sur « la RSE et le développement durable »
du 9 au10 avril 2007 – Agadir. Maroc.
7
qui a pris ses deux dimensions de durabilité temporelle relative aux générations futures et
spatiale vis-à-vis des populations du sud.
- le développement est un indicateur qualitatif évalué par le degré de bien être social,
économique politique et culturel. C’est également un processus de transformation dynamique
des conditions de vie qui accompagne la croissance économique, qui elle, reste un indicateur
quantitatif mesurable de la progression de la production (PIB).
- Quant à la durabilité, elle constitue la dimension spatiale et temporelle du développement. Il est
question d’engendrer les conditions de pérennité au niveau de l’espace et dans le temps.
Il est important de rappeler qu’à l’origine et déjà aux années soixante, la dimension écologique
était préoccupante. Les problèmes de l’environnement dominaient la scène internationale. Les
rencontres et Les sommets4 internationaux soulevaient la question de la dégradation de
l’environnement, ce qui a conduit à soulever la question du droit au développement. Une vérité
s’est rapidement imposée : l’écologie, l’économie et le social sont étroitement liés.
1972 - la Conférence des Nations unies sur l’environnement humain de Stockholm prend
l’initiative de :
- Créer pour la première fois « Le Programme des Nations unies sur l’environnement
(PNUE) » ;
- Créer également dans de nombreux pays une nouvelle entité publique spécialisée : « Les
ministères de l’environnement ».
4
Sommet de la terre : 1972 à Stockholm, 1992 à Rio
8
- Le programme d’action – l’Agenda 21 – ainsi que diverses conventions internationales et
déclarations de principes.
De telles mesures ont permit, d’une part, la création de commissions de développement durable
et le lancement des programmes d’Agendas 21 locaux par de nombreux pays, et l’adoption de
stratégies ayant pour objectifs l’intégration et l’application des principes de développement
durable d’autre part.
1997 - Une conférence de suivi des décisions prises lors «Sommet de la Terre»- Rio de Janeiro, à
New York, a permit d’une part, d’analyser les réalisations et de soulever les questions
relatives aux problèmes des inégalités sociales et de la pauvreté qui ont nécessité
l’adoption d’un certain nombre de recommandations.
Une nouvelle Stratégie pour un développement durable est établie, elle conçoit le développement
durable tel un champ d’action politique qui vise à garantir globalement un développement viable
à long terme en relevant des défis environnementaux, économiques et sociaux. Il s’agit de relever
les défis relatifs à la compétitivité économique, la politique financière, la recherche, la
technologie et la formation, la cohésion sociale, la santé, l’environnement et les ressources
naturelles, l’organisation du territoire, la mobilité, les relations internationales.
9
La Stratégie 2002 vise les axes suivants :
- L’association des cantons, des communes, de la société civile et du secteur privé à cette
stratégie.
Selon la traduction française des francophones des Nation Unies – Rio, 1992- : « le
développement durable » ou « développement soutenable » est un développement qui répond aux
besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux
leurs »5.
Il est aussi « au service de l’homme, son but premier est l’égale dignité de toute personne
humaine. Il tend donc à la réduction effective de la pauvreté et à un accès plus équitable aux
biens publics globaux, en particulier le savoir, la santé, la maîtrise par chacun de sa propre vie.
Le développement durable ménage les ressources naturelles et les équilibres écologiques. Il se
préoccupe d’assurer la survie ou, mieux, de bonnes conditions de vie, aux générations futures. »6.
A partir de ces deux définitions, nous retenons l’importance des points suivants :
- L’importance de la notion de besoin et surtout les besoins essentiels des populations pauvres ;
- Les limites de la capacité de l’environnement à satisfaire les besoins actuels et futurs, limites
dues en grande partie aux conséquences du développement technologiques et à l’organisation
sociale ;
5
Diane-Gabrielle Tremblay et Jean Marc Fontan »le développement économique local », télé-université, Québec, 1994.
6
www.convictions.org.
10
- L’être humain est au cœur du concept du développement durable, qu’il soit individu ou
collectivité ;
Suit à cette définition, il est nécessaire de revenir sur cette incompatibilité entre les notions de
croissance économique et développement durable.
7
Georges Cavallier, « le développement durable et solidarité, prospectives », Nantes, 1994, en ligne :
www.association4d.org/repères/index/html/
11
entreprises reconnaissent alors les problèmes écologiques pour lesquels elles s’empressent de
développer des solutions technologiques intégrant dans leurs processus de gestion les
principes de développement durable et de responsabilité sociale de l’entreprise.
Il est certain que le développement durable se présente tel un programme global. En effet, la
réponse fournie par l’approche territoriale aux différents problèmes écologiques et sociaux
relève de la coopération internationale. Il suffit de lire les principes 5 et 7 de la déclaration de
Rio (1992), qui indique respectivement que « tous les Etats doivent coopérer à la tache
essentielle de l’élimination de la pauvreté… », et qu’ils « doivent coopérer dans un esprit de
partenariat mondial, en vue de conserver, de protéger et de rétablir l’intégrité de l’écosystème
terrestre ». Il est évident que non seulement ces principes confirment la nature globale de
l’approche de développement durable, mais ils attestent également que c’est une approche
requise par les principes d’équité intergénérationnelle et d’équité intragénérationnelle, liés au
développement durable.
12
le développement durable. Certains constats vont nous permettre de montrer les liens entre les
deux.
Tout d’abord, la déclaration de Rio (1992) a mis l’accent sur l’importance des actions émanant
du niveau territorial et du rôle des collectivités locale dans la résorption des problèmes de
l’environnement.
8
Bertrand Zwindeau, «le développement durable local : signification, limites et perspectives » in « les
définitions du développement local », études recueillies par Gilles Fiévet. Édition Artois Presses
Université, 2002.
13
durable n’est pas figée ; elle autorise une certaine marge d’interprétation à utiliser
par les acteurs.
Ces arguments avancés nous ont permis de confirmer la territorialité du développement durable,
sachant qu’il serait intéressant de décliner la définition du concept du développement local, pour
permettre de constater que ces deux concepts de développement se rejoignent au niveau des
grands objectifs.
Afin de mieux cerner les différences et les points en commun entre développement durable et
développement local, il nous parait utile de présenter le concept de développement local, sa
définition, ses objectifs et ses caractéristiques.
Le développement local9 peut être défini tel « un processus global, une stratégie, dont
l’objectif est de promouvoir une autre manière de penser et de faire les villes en mettant
l’accent sur les notions de solidarité et de citoyenneté et surtout en cherchant à lutter contre
9
N.El Moujaddidi, K.Khaddouj, « la bonne gouvernance des PME : clé de réussite du développement local au Maroc »
communication in colloque ‘ Les Deuxièmes Journées Scientifiques du FEM. Fès, les 11 et 12 mai 2007.
14
les mécanismes d’exclusion qui sont générés par les appareils bureaucratiques et
technologiques »10
En réalité, depuis le XIX siècle, le modèle de développement qui régnait, un «développement
par le haut» ne pouvait plus assurer la répartition équitable des richesses entre les différentes
régions d’une même nation.
Par ailleurs, c’est l’amplification des phénomènes de disparités régionales, de pauvreté, de
chômage, de désinvestissement, et de l’épuisement des ressources naturelles, qui a suscité une
nouvelle vision de la conception du développement. Ce dernier devient «l’expression d’un
changement social caractérisé par la montée de partenariat, l’émergence d’acteurs différents,
la recherche de solutions alternatives à celles des appareils macroéconomiques (Etats, grands
Groupes..), l’introduction de critères sociaux et culturels à coté de la rationalité purement
économique »11.
En effet, cette définition démontre l’importance du changement social qui est favorisé par le
développement local. L’élaboration de partenariat et l’intervention de différents acteurs afin
de trouver les solutions adéquates montre que le développement local consiste également en
une transaction de proximité entre les hommes et leurs ressources.
Selon Maurice Blanc12, cette transaction se situe à trois niveaux :
1/ la régulation politique, qui envisage le développement local sous l’angle de la
décentralisation et des politiques d’emploi, puis des valeurs de la concertation et de la
démocratie ;
2/ la planification économique et la création des ressources qui la circonscrit sur un territoire
géographique qui fait lien entre des acteurs, des secteurs industriels et une économie
régionale ;
3/ l’intervention sociologique, qui considère le développement local comme un système
d’action et de création industrielle, voire d’identité communautaire faisant appel à une
économie solidaire sur un milieu support.
Cette conception de proximité dans le développement local renvoie à la philosophie de
«l’action» ou de «L’agir».
10
Jaquier, C.Mendés-France, cité dans « la revue de la literaure en développement local et développement économique
communautaire », par jean – Marc Fontan, janvier 1993, p12
11 11
Diane-Gabrielle Tremblay, Jean-Marc Fontan, « le développement local », télé-université-1994, page 130.
12
Maurice Blanc, « la transaction sociale », Ed. L’Harmattan, Paris, 1992
15
4.1. Le développement local : prise de risques et innovation
José Arocena13 reprend la définition du développement local sous un angle philosophique lié à
la capacité d’innovation et de prise de risques:
• Mobiliser une population de nouveaux acteurs par des réseaux de soutien ;
• Mener une action de concertation qui favorise des relations de partage entre acteurs
autour d’un consensus pour créer une logique inter-institutionnelle transversale ;
• Exercer une activité critique et innovatrice fondée sur une «sortie du métier» et une
«transgression» du porteur de projet. Ainsi, l’élu qui s’engage dans une action de création
d’activités «agit au-delà de la logique d’un simple contrôle politicien pour se retrouver co-
responsable des institutions créées». Autrement «tout acteur de développement local se
risque au-delà des territoires connus, et sera perçu par les autres comme un aventurier, un
peu «marginal», il risque une sortie de l’univers protégé de son institution pour oser la
négociation d’un lieu ouvert et de ce fait complexe et dangereux».
Il devient, donc, de plus en plus claire que l’acteur de développement local s’impose comme
un preneur de risques14, voire un petit entrepreneur qui sait mobiliser son environnement.
13
J.Arocena, « le développement par l’initiative locale », Ed. L’Harmattan, Paris, 1985.
14
P.N.Denieuil, « la complexité du développement local », rapport du programme Leonardo, Focadel, AFPA (Association pour
la Formation Professionnelle des Adultes) ;Paris, 1998.
15
Diane-Gabrielle Tremblay, Jean –Marc Fontan, op.cit, page 133
16
- Encourager l’autonomie collective (collective self-reliance),
- Développer des organisations qui sont redevables à la collectivité et répondre aux besoins de
celle-ci.
Une autre définition émanant du conseil économique du Canada (1990), est centrée sur
l’amélioration de l’emploi et des revenus, autrement la revitalisation de l’économie, «le
développement économique communautaire, c’est l’amélioration des perspectives d’emploi,
des revenus et des autres aspects de l’économie non seulement pour nos populations, mais par
ces mêmes populations»16.
Mais il est vrai aussi que le développement durable ne peut être possible qu’avec deux
conditions notamment une croissance démographique qui s’accorde avec le potentiel
productif de l’écosystème ; et une répartition équitable des ressources et ce plus
particulièrement dans les régions touchées par la pauvreté
Il est évident que l’investissement national ou international constitue une condition nécessaire
et indispensable pour la croissance économique. Cette dernière semble, de nos jours, de plus
en plus incompatible avec le fonctionnement des écosystèmes et de la biosphère. En outre,
elle constitue aussi une condition nécessaire et suffisante pour le développement économique.
Certes, « la croissance économique est l’accroissement durable de la production globale d’une
économie. C’est donc un phénomène quantitatif que l’on peut mesurer »17. Quant au
développement, il « correspond à l’ensemble des transformations techniques, sociales et
culturelles qui permettent l’apparition et la prolongation de la croissance économique ainsi
que l’élévation des niveaux de vie »18. Autrement, « la littérature économique associe
généralement la croissance économique à l’augmentation continue d’un agrégat (revenu réel
ou PIB) considéré dans sa globalité ou per capita. De son coté, le développement économique
a un contenu beaucoup plus normatif et variable. Des éléments qualitatifs tels que l’éducation,
les connaissances scientifiques, l’accès aux ressources naturelles, la qualité de
16
Idem
17
Jean-Yves Capul, Olivier Garnier, Dictionnaire d’Economie et de sciences sociales , édition Hatier,
1999, p107.
18
Idem, p124
17
l’environnement, la répartition des richesses, ou encore les conditions de vie constituent
autant d’éléments caractérisant le développement. Ce dernier conduit alors à une amélioration
qualitative du potentiel de l’économie »19.
En outre, Malinvaud20 , dans ses nombreux écrits sur la croissance économique et le
développement, a précisé que « la croissance économique n’est évidement pas synonyme de
développement, une notion qui évoque des valeurs humaines, sociales, culturelles, voire
psychologiques ; mais la croissance économique est généralement perçue comme favorable au
développement …». En effet, tout en distinguant la croissance économique du
développement, cette citation montre également le lien naturel entre eux.
A ce niveau, l’OCDE consciente de l’importance des investissements et de leur rôle dans le
développement économique en général, a élaboré un « Cadre d’action pour l’investissement »
dont L'objectif « est d’accroître la contribution de l’investissement à la croissance et au
développement durable en favorisant la réforme des politiques d’investissement et la
coopération dans ce domaine ».21 Ainsi, l’OCDE met en relief les liens entre
l’investissement, la croissance et le développement durable tout en les conditionnant des
reformes des politiques qu’il faut mettre en place et de la nécessité de la coopération entre
l’ensemble des pays membre ou non membre de l’organisation. Cette publication souligne
l’importance « de mobiliser l’investissement privé en vue d’une croissance économique
régulière et d’un développement durable, en contribuant ainsi à la prospérité des pays et de
leurs citoyens ainsi qu’à la lutte contre la pauvreté. Les effets positifs économiques et sociaux
de l’investissement privé, national ou international, sous ses nombreuses formes – depuis les
biens matériels jusqu’au capital intellectuel – sont largement reconnus. L’investissement privé
augmente la capacité productive de l’économie, stimule la création d’emplois et la croissance
des revenus et, dans le cas de l’investissement international, permet la diffusion locale de
l’expertise technologique et des savoir-faire de l’entreprise, tout en favorisant l’investissement
19
Sylvie Ferrari, « la relation développement – croissance ; une analyse bioéconomique » in 1ères
journées du développement du GRES : le concept de développement en débat », université
Montesquieu-Bordeaux4, 16/17 septembre 2004.
20
Edmond Malinvaud, « Voies de la recherche macroéconomique », Odile Jacob, Paris, 1991.
21
OCDE, « Cadre d’action pour l’investissement »,2006. Dans cet ouvrage l’OCDE « s’engage dans
un dialogue avec les non membres et leur offre des conseils sur les meilleures pratiques concernant la
mise en place de cadres d’action efficaces pour promouvoir un climat propice aux investissements,
tant étrangers qu’intérieurs ».
18
intérieur, notamment via les liens qui se créent avec les fournisseurs locaux. Ces effets
positifs peuvent grandement contribuer au développement et à l’éradication de la pauvreté. »22
Certes les relations entre croissance et développement restent assez ambiguës. Pour François
Perroux, le développement porte sur les conditions nécessaires à l’émergence de la croissance,
dans les domaines des structures sociales et des habitudes mentales.
Ainsi, pour lui « Le développement, d’une part, est l’ensemble des changements dans les
structures mentales et les habitudes sociales d’une population qui la mettent en état
d’augmenter de façon durable un produit réel global. (En effet), le marché (et ses incitations à
produire et à consommer) ne fonctionne qu’à la condition que les structures mentales et
habitudes sociales des populations soient devenues telles que les quasi-mécanismes des prix et
des quantités puissent jouer.
D’autre part, le développement peut être entendu comme l’ensemble des changements
observables dans le système économique et dans le type d’organisation qui conditionnent la
croissance entendue comme l’augmentation soutenue du produit réel global. Alors, le
développement est le fait des changements dans les institutions"23
C’est sans difficulté que la transposition peut être faite dans les pays en développement. La
croissance passe toujours par la remise en cause des structures sociales préexistantes et par la
remise en cause des structures de pouvoir qui lui sont liées
22
idem
23
Perroux François (1961), L’économie du vingtième siècle, Paris, PUF
19
5.2. Le développement : conséquence de la croissance
économique.
La banque mondiale, dans son rapport sur le développement économique dans le monde, a
confirmé que « Le développement économique tel qu’on l’entend dans le présent Rapport
consiste en un relèvement durable du niveau de vie, celui-ci étant mesuré non seulement par
le niveau de la consommation, mais aussi par le niveau d’instruction et l’état sanitaire de la
population, ainsi que par le degré de protection de l’environnement. Le développement au
sens large comprend d’autres éléments encore, notamment des progrès dans le sens de
l’égalité des chances, de la liberté politique et des libertés civiques. Le développement a donc
pour but ultime de permettre aux habitants de toutes les régions et de tous les pays, sans
distinction de sexe, d’origine ethnique, de religion ni de race, de jouir de droits économiques,
politiques et civiques plus étendus ». 24
Il est évident que l’investissement est créateur de richesse via la création et la mise en place de
nouvelles entreprises ou filiales. L’intégration de la dimension du développement durable ainsi
que la responsabilité sociale dans les stratégies de ces dernières, représente à long terme, un
avantage concurrentiel.
24
Banque mondiale (1991), Rapport sur le développement dans le monde, Paris, Economica, p. 38
20
En effet, « l’intégration du développement durable dans les stratégies des entreprises devient un
facteur d’innovation. Les nouveaux produits et services doivent comporter une valeur ajoutée
sociale et environnementale permettant ainsi à l’entreprise d’acquérir de nouveaux marchés. Ceci
devient un facteur de différenciation par rapport à la concurrence.
Une telle démarche permettrait aux entreprises de faire face aux nouvelles pressions dues à la
mondialisation et aux nouvelles exigences du marché : consommateurs et investisseurs exercent
une double pression sur l’entreprise. Ces derniers n’ont d’autres choix que d’adopter de plus en
plus un certain nombre de paramètres d’ordre social et environnemental afin d’assurer la réussite
de l’intégration du développement durable et de la responsabilité sociale dans leur stratégie »25.
Aussi, est il important de souligner le lien étroit tissé entre les investissements, de façon général
national ou étranger, et le développement durable local : l’implantation de nouvelles entreprises
ou filiales obéit dorénavant à des critères et principes qui relèvent du développement durable, de
la responsabilité de l’entreprise et de la bonne gouvernasse. Les investisseurs deviennent très
regardants et très exigeants quant au milieux et environnements des pays récepteurs.
25
N.El Moujaddidi, K.Khaddouj, « développement durable et responsabilité sociale au sein de la PME
marocaine » in colloque internationale sur « la RSE et le développement durable »
du 9 au10 avril 2007 – Agadir. Maroc.
21
Conclusion générale
Il est certain que la croissance économique constitue l’incontournable voie pour répondre aux
besoins essentiels ; le développement locale durable nécessite de toute évidence la croissance
économique là où ces besoins ne sont pas satisfaits. Développement et croissance économique
sont compatibles, à condition que le contenu de celle-ci respecte les principes que sont la
durabilité et la non - exploitation des ressources non renouvelables ainsi que le respect
d’autrui. Mais, à elle seule, la croissance ne saurait suffire. En effet, une forte productivité
peut tout à fait coexister avec la plus grande pauvreté, et dans ce genre de situation
l’environnement peut en souffrir. Ainsi, pour que le développement locale durable puisse
survenir, les sociétés doivent faire en sorte de satisfaire les besoins, certes en accroissant la
productivité, mais aussi en assurant l’équité et l’égalité des chances pour tous.
Dans le même sens et pour que les investissement puissent assurer la croissance économique
et le développement, sans pour autant, nuire à l’environnement et à l’écosystème, il faudrait
intégrer les concepts de développement durable et de responsabilité sociale de l’entreprise
dans la gestion en général et celle du secteur privé en particulier.
Ces concepts interviennent pour apporter une nouvelle vision du développement économique
qui s'efforce d'intégrer des objectifs économiques, sociaux et environnementaux définis en
fonction des besoins, ressources et contraintes locales et qui repose sur une approche
participative, démocrate et de bonne gouvernance.
22
En effet, actuellement, l'économie du développement durable porte, pour les entreprises, sur
une vision de long terme, sur l'environnement, le social et la ressource humaine, ainsi que le
territoire autrement sur le développement local et le comportement des multinationales dans
les différents pays récepteurs d’IDE.
Il est certain aussi qu’une meilleure allocation des financements vers le développement
durable mobilise des investissements privés grâce à des informations environnementales et
sociales sur les entreprises, leur intégration des indicateurs de développement durable, de
responsabilité sociale et de bonne gouvernance au niveau de leurs stratégies et gestion aussi
bien qu’au niveau de leurs projets.
En définitif, le développement durable est donc un concept opérationnel. Ce n’est pas une
« mode » passagère à imiter. C’est une question qui nous concerne tous sans aucune
exception. Nous sommes tous concernés par son application, chacun à son niveau, que se soit
sur le plan de l’énergie, de transport, d’urbanisme, de construction…. Nous devons tous
participer au développement durable, à titre d’exemple :
23
Bibliographie
1/ Banque mondiale (1991), Rapport sur le développement dans le monde, Paris, Economica.
24
14/ N.El Moujaddidi, K.Khaddouj, « développement durable et responsabilité sociale au sein
de la PME marocaine » in colloque internationale sur « la RSE et le développement durable »
– Agadir. Maroc, les 9 et10 avril 2007.
15/ N.El Moujaddidi, K.Khaddouj, « la bonne gouvernance des PME : clé de réussite du
développement local au Maroc » communication in colloque ‘ Les Deuxièmes Journées
Scientifiques du FEM. Fès- Maroc, les 11 et 12 mai 2007.
16/ OCDE, « Cadre d’action pour l’investissement »,2006. Dans cet ouvrage l’OCDE «
s’engage dans un dialogue avec les non membres et leur offre des conseils sur les meilleures
pratiques concernant la mise en place de cadres d’action efficaces pour promouvoir un climat
propice aux investissements, tant étrangers qu’intérieurs ».
25