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Exposé Hérodote, Père de L'histoire

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Hérodote, « père de l’histoire » ?

Introduction : « Hérodote d'Halicarnasse présente ici les résultats de son Enquête afin que le temps
n'abolisse pas le souvenir des actions des hommes et que les grands exploits accomplis soit par les
Grecs, soit par les Barbares, ne tombent pas dans l'oubli ; il donne aussi la raison du conflit qui mit
ces deux peuples aux prises. » Début de l’Enquête d’Hérodote : montre d’emblée une ambition
historique, qui donnera lieu à la première œuvre de l’histoire qui cherchera à rapporter des faits
passés en les séparant de la légende.

Le nom de « père de l’histoire » a été attribué à Hérodote par Cicéron dans De Legibus (I, 1, 5).
« Apud Herodotum patrem historiae sunt innumerabiles fabulae. » « Dans Hérodote, le père de
l'histoire, il y a d'innombrables fables. » Cicéron l’appelle « père de l’histoire », mais immédiatement
dit qu’on trouve dans son œuvre bcp de fables. Ainsi, Hérodote, « père de l’histoire » ?

Hérodote est né vers -480 à Halicarnasse. Après s’être exilé de sa cité, il voyage beaucoup. Il voyage
dans tout le monde méditerranéen, en Asie Mineure, en Grèce, en Italie, en Afrique du Nord… Il
parcourt le monde connu et s’intéresse à ses peuples, ses mœurs, son passé ; il visite des lieux,
observe, interroge ceux qu’il rencontre sur ce qu’ils savent… A la fin de sa vie à Thourioi, en Grande
Grèce, il se consacre à l’écriture de son Enquête, où il écrit tout ce qu’il a appris dans ses voyages.

Le sujet demande de s’interroger sur cette expression, « père de l’histoire ». Une large tradition le
considère en effet comme le premier historien, celui qui a donné naissance à l’étude historique. On
peut en effet comprendre cette position : c’est le premier historien de l’histoire, et il a laissé derrière
lui une œuvre considérable qui a vocation à couvrir une large période et un espace géographique très
étendu. Mais d’un autre côté on a une tradition qui récuse cette appellation, en affirmant
qu’Hérodote n’est pas un historien, pour diverses raisons, notamment pour son manque de méthode
historique.

Il convient donc de se poser la question : Hérodote est-il « père de l’histoire » ? Donc comment
interpréter l’œuvre et l’historien, comment les placer dans la tradition historiographique ?

I- Le père de l’histoire
II- Les limites de la fiabilité d’Hérodote
III- Une source malgré tout majeure pour connaître l’époque

Sources : Hérodote, Thucydide, Cicéron, Plutarque.

I- Le « père de l’histoire » : héritage d’Hérodote à l’historiographie


A. Rupture avec les grands auteurs qui l’ont précédé

Première œuvre qui ne veut plus porter un regard sur le passé en y introduisant des mythes et des
dieux (Homère, Hésiode), mais qui désire rapporter la vérité.

Avant Hérodote, il n’y avait pas de distinction entre le mythe et le passé réel ; les poèmes
homériques étaient une référence majeure en Grèce et on se souciait peu du fait que c’était un
mythe ; c’étaient des récits qu’on supposait être réellement arrivés et pourtant les dieux
intervenaient directement dans les affaires humaines. Les poèmes d’Hésiode aussi.

Contrairement à ça, Hérodote est le premier écrivain grec qui a eu conscience d’un travail qui devait
séparer le vrai du mythe et de la légende, et se concentrer exclusivement sur le vrai. C’est
extrêmement novateur pour l’époque. En ce sens on peut dire en effet qu’Hérodote est le « père »
de l’histoire telle qu’on la connaît ajd, avec cette volonté de distinguer le vrai du faux, le mythique et
le réel.
De plus, Hérodote a eu une remarquable ouverture d’esprit pour comprendre que l’histoire d’une
région s’inscrit dans une région plus importante encore, la Méditerranée orientale, en inscrivant la
Grèce dans un récit qui met aux prises les différents peuples des deux côtés de la mer Egée.

Donc Hérodote est le premier historien de l’histoire avec l’idée novatrice qu’il a eue de différencier
faits réels et mythes.

B. L’Enquête : un témoignage majeur sur l’histoire des civilisations d’Asie Mineure et des
guerres médiques

L’unique mais très grande œuvre d’Hérodote, Histoires ou Enquête, est une source majeure pour
l’histoire des civilisations d’Asie Mineure du VIe siècle, pour l’histoire de l’Egypte et des guerres
médiques.

Dans 9 livres qui reprennent comme titres les noms des Muses, Hérodote raconte, dans les livres I-IV,
le développement des civilisations d’Asie Mineure, notamment l’empire perse (Crésus régnait en
Lydie puis Cyrus l’a renversé), mais aussi l’Egypte. Dans les livres V-IX, Hérodote raconte les guerres
médiques entre les Grecs et les Perses.

Pas seulement un récit historique fidèle, mais aussi une source pour plusieurs autres disciplines.

- Ethnologue (histoire et étude des civilisations) : il étudiait les mœurs des peuples qu’il
observait, décrivait leur aspect physique, leur façon de s'habiller, de faire la guerre, leurs
coutumes, croyances et mode de vie… L’Enquête est une précieuse source anthropologique
antique.
- Géographe : il donne des descriptions très précises de lieux géographiques des pays dont il
raconte l’histoire, en décrivant les lieux, les milieux naturels, les animaux, climats… Il
rapporte les distances qu’il faudrait parcourir pour aller d’un tel point à un autre. Tous ces
éléments pourraient presque permettre de constituer une carte des pays qu’Hérodote a
visités.
- Analyste politique : il a beaucoup donné son avis sur la vie des systèmes politiques qu’il
observait.

Donc son œuvre est une source majeure pour l’histoire grecque et perse des VI et Ve siècles.

C. Une méthode particulière avec un souci de vérité

Hérodote est le premier historien à rapporter des faits dans une œuvre en ayant un souci de vérité et
une volonté de vérité factuelle. Un certain nombre de points dans sa méthode permettent d’affirmer
qu’il est le père de l’histoire, qu’il a réellement eu une méthode d’élucidation du vrai non
négligeable.

Il a énormément voyagé, pdt la plus grande partie de sa vie. Il est allé dans tout le monde
méditerranéen, en Grèce continentale, en Asie Mineure, en Egypte, en Grande Grèce… Il a visité tout
le monde connu et a visité tous les lieux possibles, visité les temples, interrogé les passants… Il a
récolté un nombre important d’éléments et de témoignages qui lui ont permis d’élaborer son
œuvre : il écrit son Enquête à partir de ce qu’il a vu et sinon à partir de ce qu’on lui a dit.

Il a porté une attention particulière aux témoignages qu’il entendait autour de lui, il raconte souvent
dans ses œuvres que telle personne raconte telle chose, puis il interprète et donne ce qu’il pense
être vraisemblable.
Hérodote pensait que le rassemblement, par la vue et l’ouïe, la conservation et le traitement critique
des traditions historiques sont suffisantes pour faire de l’histoire. Il se rendait compte du fait que le
respect de la documentation historique constitue la base d’un exposé historique véritable, que sans
sources il est impossible de faire de l’histoire et on verse dans le mythe, et ce même si les sources
d’Hérodote sont des sources majoritairement visuelles et auditives. Et c’est un apport important
d’Hérodote à l’histoire.

2) Il a été d’une partialité étonnante.

Il a été accusé notamment par Plutarque d’avoir trop dédaigné les Grecs et favorisé les Barbares dans
ses récits : mais ça montre qu’il a été d’une partialité impressionnante pour l’époque, si on se
souvient de la fierté qu’avaient les Grecs après leur victoire des guerres médiques.

« μήτε ἔργα μεγάλα τε καὶ θωμαστά, τὰ μὲν Ἕλλησι τὰ δὲ βαρϐάροισι ἀποδεχθέντα, ἀκλεᾶ
γένηται » : [Hérodote présente les résultats de son Enquête, pour que] « les grands exploits
accomplis soit par les Grecs, soit par les Barbares, ne tombent pas dans l'oubli ». Montre l’état
d’esprit neutre d’Hérodote, ce qui est un atout essentiel pour un historien.

Il considère que les Grecs sont les déclencheurs de la première guerre médique, en envoyant leur
flotte aider l’Ionie révoltée contre l’empire perse : partialité.

II- Un faux historien ?


A. Hérodote contre Thucydide

On peut procéder à regarder l’œuvre d’Hérodote d’un œil plus critique notamment en l’opposant à
Thucydide.

Thucydide a eu une volonté de rechercher les causes des événements qu’il observait, il ne faisait pas
que rapporter les simples faits. Il se restreignait à la pure vérité historique, sans se laisser aller à des
contes ou des rumeurs transmises de bouche à oreille. Il recherchait les causes des événements de la
guerre, les rapports de causalité qui ont fait arriver tel ou tel événement. Les causes sont pour lui
humaines, le hasard détermine rarement l’issue d’un événement.

Il s’oppose à la méthode d’Hérodote car selon lui Hérodote rapporte des faits impossibles à certifier
et aboutissent à un récit merveilleux. Cf documents.

De plus, Thucydide se restreint au présent, à des faits de son époque, donc peut plus facilement
atteindre la vérité qu’Hérodote qui raconte des choses passées par ouï-dire et autres.

B. Le souci de sa méthode

Il n’a pu accéder qu’a très peu de sources écrites ; peut-être qu’il a pu s’appuyer sur les travaux
d’Hécatée de Milet, mais c’est tout. La plupart de ses sources sont des témoignages directs.

Il ne pousse pas la recherche du passé à l’étude rigoureuse des sources, et se fie à la tradition orale,
chose que beaucoup lui reprochent. En effet, Hérodote, comme on l’a vu s’est beaucoup fié aux
témoignages qu’il entendait des gens qu’il interrogeait. Ça se voit dans son œuvre, dans le fait qu’il
exprime régulièrement des doutes quant à la vraisemblance des récits qu’il rapporte, et qu’il avoue
que ce sont les récits d’autres que lui, en faisant référence à ses sources orales. Cf documents. Ça
montre que ses récits peuvent manquer de fiabilité, étant donné les sources qu’il invoque.

Il se donnait comme mission plus de rapporter ce qu’il avait entendu dire que la vérité ; parfois, il
rapportait plusieurs versions d’un événement, et disait lui-même qu’il ne savait pas quelle était la
vraie version, et livrait les deux.
De plus, Hérodote s’est beaucoup inspiré de légendes pour composer son Enquête. Il raconte à
plusieurs moments de son œuvre des légendes, et a l’air de croire en la possibilité d’interventions
divines, bien qu’il ait conscience de la limite entre histoire et mythe. A plusieurs endroits de son
œuvre, il rapporte des oracles et a l’air de penser qu’ils se sont réalisés. Il considère aussi avec
sérieux les explications divines des événements : selon lui la défaite de l'armée laissée par Xerxès en
Grèce après Salamine était inévitable : « ce qui doit arriver par la volonté divine, il n'y a nul moyen
pour l'homme de le détourner » (IX, 16).

C. Un menteur ?

On peut encore aller plus loin dans le doute de la fiabilité d’Hérodote en mentionnant des théories
développées sur lui par des critiques ultérieurs.

Des gens ont affirmé qu’Hérodote était un prosateur qui développait l’art de la fiction, et qui a voulu
avant tout créer un récit narratif captivant, et a pour cela donné l’impression de sources réelles, qu’il
aurait pu inventer.

Certains auteurs modernes prétendent que Hérodote aurait menti en affirmant avoir été lui-même
dans tous ces endroits ; c’est ce que dit l’historien moderne Archibald Henry Sayce, qui essaye de
prouver qu’Hérodote n’a pas pu aller dans tous ces endroits, et qu’il aurait inventé bcp de choses. Il
pointe du doigt certaines inexactitudes dans l’œuvre d’H qui prouveraient qu’il n’est jamais allé là où
il a dit être allé sous prétexte que si c’était vrai il n’aurait pas commis ces erreurs.

III- Une œuvre à prendre avec des précautions, mais qui reste une référence majeure pour
connaître le monde grec et perse des VI e-Ve siècles av. J.-C. / une fenêtre sur le temps du
Ve siècle même si son œuvre est à lire avec des précautions.

Hérodote rapporte les paroles du peuple, il nous donne à voir ce que le peuple pensait de telle chose.
Les monuments archéologiques peuvent nous faire savoir ce qu’étaient tels peuples d’Asie, Hérodote
nous apprend ce qu’on pensait d’eux à l’époque.

L’histoire d’Hérodote n’est pas tant un récit exact des faits du passé qu’un fidèle témoignage des
récits qu’on en faisait à l’époque, des mentalités et opinions de l’époque. L’Enquête permet de savoir
surtout ce que disait tel peuple de ses dirigeants, de son régime politique, comment un peuple se
percevait lui-même et comprenait sa propre société et ses mœurs. C’est une perspective
intéressante pour étudier l’histoire et d’ailleurs peut-être même une des meilleures manières
d’aborder l’histoire : connaître ce qu’on disait à l’époque, ce que le peuple disait de l’histoire à
laquelle il participait ; au contraire, un historien qui transcrit son opinion, ce qu’il croit être la vérité,
risque d’être bien éloigné de la vérité faute d’avoir connu les faits et l’époque dont il parle. Donc le
fait de laisser entendre d’autres voix et de leur laisser une place égale à son opinion propre, est peut-
être une manière intéressante d’écrire l’histoire et c’est une perspective intéressante pour le lecteur
d’aujourd’hui.

2) Liberté de construire la vérité historique avec les éléments du récit. Rapporter les témoignages
qu’il a recueillis est d’ailleurs sa seule ambition comme on a vu ; il n’avait pas l’intention de rapporter
les faits les plus vrais possibles, mais voulait surtout rapporter ce qu’on disait des événements. Ainsi,
plusieurs fois il ne donnait pas de conclusion, de version définitive, laissait deux versions différentes ;
la liberté reste au lecteur de juger par lui-même.

Peut-être que c’est comme ça qu’il faut envisager la lecture d’Hérodote : accepter cette diversité
factuelle possible, ces différentes versions des faits, et juger nous-mêmes de la vérité ; Hérodote
nous fournit la matière qui a le plus de chances d’être fidèle à la réalité (opinions de l’époque), qui
nous permet de juger et d’arriver à la meilleure version possible de l’histoire.

Conclusion :

Hérodote a été appelé par Cicéron « père de l’histoire » : c’est avec raison, car il a créé l’histoire telle
que nous la connaissons en tant qu’esprit critique qui recherche des preuves du passé et les rapporte
dans son œuvre. Mais sa méthode a ses limites comme on a pu voir, notamment la non-fiabilité des
sources orales d’Hérodote et le fait que son objectif n’était pas vraiment de fournir l’unique version
vraie des faits. Mais son œuvre reste un témoignage parlant de l’époque, que ce soit pour l’histoire
(même avec des limites à sa méthode Hérodote reste une source très importante ajd, bcp de ses
dires ont été confirmés par l’archéologie) ou pour connaître les mentalités de l’époque.

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