Plaie
C’est l’ouverture ou déchirure des tissus causée par un traumatisme tel qu'une blessure ou
une coupure. Il existe différents types de plaies, qu'elles soient produites par un instrument
tranchant ou par un objet pointu et acéré ; les plaies sont dites pénétrantes quand elles
traversent une partie entière du corps et sous-cutanées si les tissus sont très touchés avec une
ouverture très réduite ou inexistante. Enfin lorsque les plaies sont infestées de bactéries, on dit
qu'elles sont infectées ; les tissus risquent alors d'être purulents.
Plaie simple
Une plaie simple est généralement une lésion de la peau qui peut, dans certains cas, affecter les
tissus sous la peau. Ces types de plaies sont souvent appelées égratignures, éraflures ou écorchures.
Il arrive que, face au stress de l’incident, l’on n’arrive pas à distinguer une petite plaie d’une plaie
importante. Aussi, il est important de savoir les identifier en évaluant son étendue.
Évaluer l’étendue de la plaie
Pour évaluer une plaie, il faut avant tout se référer à sa taille. En principe, une petite plaie n’est pas
étendue ni profonde, et ne se situe pas dans un endroit à risque (proche d’un orifice). Mais, il faut
également prendre en compte d’autres points pour évaluer l’importance de la blessure.
Notamment, il faut déterminer si elle a été provoquée par la morsure d’une personne ou d’un
animal, si après rinçage, elle comporte encore des souillures ou corps étrangers. Enfin, est-ce que la
lésion saigne encore beaucoup après rinçage ? Et est-ce que la personne blessée a des antécédents
de santé particulière (diabétique…) ?
Que la lésion soit bénigne ou plus grave, il est toujours important de la soigner pour éviter
d’éventuelles infections
Soigner une plaie simple
Généralement, une égratignure se soigne facilement. Dans la majorité des cas, il suffit de nettoyer,
désinfecter et protéger la plaie par un pansement pour éviter qu’elle ne s’infecte.
Avant de toucher à la plaie, commencez par vous laver les mains avec du savon. Puis, laver
délicatement la lésion avec du savon de Marseille si vous en avez, ou éventuellement avec de l’eau
oxygénée. Si après rinçage la lésion comporte encore des corps étrangers, ôtez-les avec une pince à
épiler. Attention à ne pas essayer d’enlever un corps qui est profondément incrusté dedans.
Une fois la lésion bien nettoyée, appliquez un antiseptique dessus. Préconisez une application par
tapotement, car frotter la lésion risque d’être très douloureux. Veillez à poser un pansement par-
dessus la lésion ou une compresse stérilisée. Dans le cas d’une compresse, vous pourrez le tenir en
place avec un sparadrap ou avec une bande.
Même pour une plaie bénigne, les soins sont importants pour éviter les risques d’infection. Un suivi
doit être effectué dans les jours qui suivent pour surveiller si des signes d’infections apparaissent.
Dans le cas où une inflammation survient, prenez soin de le signaler à votre médecin rapidement. Il
est également important de changer le pansement toutes les 48h.
La plaie infectée
Une plaie infectée est le résultat d’interactions dynamiques entre
un hôte, un germe pathogène potentiel et l’environnement. Les
premiers réflexes à avoir pour soigner une plaie infectée sont
le nettoyage, l’application d’une crème antibiotique et/ou la pose
d’un pansement bactériostatique.
définition
Il existe des variantes de l'échelle colorimétrique qui correspondent à des phases
différentes de l’évolution de la plaie. La couleur verte correspond à
l’infection de la plaie. L’infection résulte d’interactions dynamiques entre un
hôte, un germe pathogène potentiel et l’environnement. Elle survient quand des
micro-organismes parviennent à échapper aux stratégies de défenses de l’hôte.
L’infection relève donc, soit d’un échec thérapeutique, soit d’une prolifération
anormale du microbe au sein de la plaie. Très souvent, une plaie infectée est
due à une antibiothérapie sur plaie locale qui s’est formée.
Le corps humain, par définition, n’est pas stérile. Sa surface externe, ainsi que
ses canaux et cavités ouverts sur l’extérieur, constituent diverses niches
environnementales où résident des communautés relativement stables mais
diverses de micro-organismes, qui constituent sa flore normale. On estime que le
nombre total des cellules microbiennes est au moins 10 fois plus élevé que celui
des cellules humaines, mais ces commensaux ne franchissent habituellement pas
les barrières naturelles, sauf en cas de survenue d’une immunodéficience ou
d’une blessure de l’hôte.
TOUT SAVOIR SUR LES PLAIES ET LA CICATRISATION
La relation entre l’hôte humain et les micro-organismes est habituellement
équilibrée. De ce fait, la flore normale peut conférer des avantages à l’hôte en le
protégeant contre une invasion par des espèces plus agressives. En effet, cette
dernière nous aide à cicatriser. Si l’on supprime cette flore, il y a un grand risque
d’apparition de micro-organismes multi-résistants, pouvant générer des
infections au sein des plaies. Une infection au sein d’une plaie doit susciter
une intervention rapide pour limiter les dégâts.
Rappel
Il peut arriver qu’on ait des nécroses, comme des escarres sarcomères, avec des
délabrements cutanés énormes chez des patient(e)s en fin de vie. Pour rappel, la
fin de vie fait partie des soins palliatifs. Lorsqu’un(e) patient(e) présente des
escarres ou des délabrements cutanés nécrotiques et infectés, il est intéressant
de prendre du recul et d’envisager la momification.
Le principe de momification est préconisé uniquement pour les patients en fin de
vie. Celle-ci va permettre d'assécher la plaie infectée et de stopper le
délabrement cutané. Autrement dit, la gangrène va s'arrêter et la momification
va tout assécher, ce qui va permettre de limiter les dégâts. Cette technique
consiste à imbiber des compresses de Bétadine dermique et à les mettre au
contact du lit de la plaie, quelque soit la plaie et sa localisation. Ensuite, il faut
faire un pansement infirmier sec par-dessus. Le processus doit être refait tous
les jours.
Voici comment reconnaître une plaie infectée :
présence d'enflure, de rougeur et de chaleur autour de la plaie ;
douleur ou sensibilité autour de la zone infectée ;
possible écoulement ou collection de pus ;
si l’infection s’aggrave : fièvre, nausées et stries rouges s'étendant à
partir de la plaie.
Comment nettoyer une plaie infectée ?
Pour désinfecter une plaie infectée, il faut, dans un premier temps, bien se laver
les mains avec un savon neutre et antibactérien ainsi que de l’eau tiède pendant
15 à 30 secondes. Cela permettra d’éviter l’accumulation de nouvelles bactéries
sur la plaie infectée. Ensuite, pour nettoyer la plaie infectée, vous pouvez
utiliser une compresse imbibée de savon antiseptique. Attention, il faut éviter
d’utiliser du coton car celui-ci peut laisser des fibres.
Avant de poser un pansement, il est fondamental d’enlever toutes les sécrétions
et les saletés de la plaie, mais aussi de correctement sécher celle-ci. Afin de
lutter contre l’infection, une pommade antibiotique peut être appliquée avant de
recouvrir la plaie.
Quel pansement pour une plaie infectée ?
Pour soigner une plaie infectée, il convient d’utiliser des pansements
présentant une forte capacité d'absorption. Ceci permet de lutter plus
efficacement contre l’infection. Par ailleurs, un pansement bactériostatique est
en capacité, de conserver les germes. Ainsi, en utilisant ces deux types de
pansements sur une plaie infectée, les germes sont gardés au sein de la
matrice du pansement et ne sont ainsi plus sur le lit de la plaie, ou sur les berges.
Attention, il est important de changer le pansement sur une plaie infectée
deux ou trois fois par jour. Cela permet de casser la cinétique bactérienne et
d’aider la cicatrisation de la plaie.
Lymphangite :
La lymphangite, est une inflammation des vaisseaux lymphatiques qui se manifeste dans
plusieurs régions du corps sous la forme de stries rouges, chaudes et douloureuses.
Elle a pour cause une pénétration de germes par des petites plaies au niveau de la peau qui
sont autant de portes d'entrée de l'infection. Plus rarement, la lymphangite peut aussi être liée
à la présence de métastases, on parle alors de lymphangite carcinomateuse.
Qu'est-ce que le système lymphatique ?
Huit à dix litres de lymphe sont présents dans l'organisme, baignant l'ensemble
des organes et des tissus du corps. Des organes comme la rate, le thymus, les
amygdales font partie de ce système lymphatique
L'ensemble des vaisseaux lymphatiques présente des nœuds lymphatiques qui forment les
ganglions. Avec les veines et les artères dans lesquelles circulent le sang, les vaisseaux
lymphatiques avec leurs ganglions permettent la circulation de la lymphe dans l'ensemble de
l'organisme. Ce système lymphatique a pour fonction de défendre l'organisme contre les
agressions extérieures comme les virus et les bactéries.
Dans les vaisseaux lymphatiques circule habituellement la lymphe (liquide incolore ou
légèrement jaunâtre proche du sérum sanguin). Elle contient des globules blancs, mais pas de
globules rouges.
Qu'est-ce qu'une lymphangite ?
Définition d'une lymphangite
La lymphangite est une inflammation des vaisseaux lymphatiques. La survenue d'une
lymphangite permet de mobiliser les défenses immunitaires pour lutter contre une infection
par une réaction inflammatoire des vaisseaux lymphatiques en aval de la porte d'entrée de
l'infection (plaie).
Cette réaction inflammatoire est associée à un gonflement des ganglions pour faire barrage à
la remontée du microbe dans l'organisme.
Les caractéristiques d'une lymphangite
Elle se manifeste par un cordon rouge sous la peau (lymphangite tronculaire), allant de la
blessure le long des vaisseaux lymphatiques en remontant vers le cœur. Les ganglions à
proximité vont être touchés pour lutter contre la remontée de l'infection, ils vont gonfler et
devenir douloureux. Les lymphangites sont fréquentes au niveau :
des jambes ;
des bras ;
à partir d'une plaie au niveau des pieds et des mains ;
parfois plus haut au-dessus des pieds ou au niveau de l'avant-bras.
Quels sont les symptômes associés à l'inflammation des vaisseaux ?
Les symptômes de la lymphangite avec plaie
Les symptômes d'une lymphangite quelle que soit sa localisation sont :
inflammation sur le trajet du vaisseau lymphatique ;
douleur le long de la lymphangite, spontanée ou à la pression ;
gonflement local (œdème) ;
rougeur locale ;
fièvre à 38.5/39 ;
maux de tête (céphalées) ;
frissons liés au passage du germe dans le sang (début de septicémie) ;
ganglions gonflés et douloureux sur le trajet de la lymphangite (adénopathie).
Elles sont présentes aussi au niveau des seins lors de l'allaitement par des petites plaies au
niveau du mamelon avec la survenue de cordons inflammatoires réticulaires (en réseau) et
plus globalement un gonflement du sein qui devient douloureux.
Plus rarement, une lymphangite peut toucher les paupières avec une plaie au visage, de la
verge et des bourses (scrotum) associée à un œdème local important.
Les symptômes de la lymphangite carcinomateuse
La présence de métastases s'associe souvent d'une dyspnée sévère, d'une toux sèche, une
hypoxie et de la tachycardie.
Quelles sont les causes des lymphangites ?
La présence d'une plaie
La cause la plus fréquente, quelle que soit la localisation de la lymphangite est une plaie,
parfois petite, en amont du cordon de lymphangite (pied, mains) ou autour du mamelon, de la
verge et parties génitales avec une lymphangite réticulée.
Cette plaie peut être liée à :
une blessure même légère ;
une piqûre d'insecte ;
un furoncle ;
une infection cutanée (érysipèle) ;
une aiguille souillée ;
des mycoses cutanées qui altèrent la barrière protectrice de la peau ;
des morsures d'animaux ou griffures comme celle d'un chat (maladie des griffes du chat).
Cette effraction cutanée, quelle qu'en soit la cause, permet l'entrée des germes dans les tissus
qui vont tenter de remonter vers le cœur.
Les germes fréquemment en cause dans les lymphangites sont le plus souvent le streptocoque,
et plus rarement le staphylocoque, le virus de l'herpès, les rickettsioses, les mycoplasmes, etc.
La lymphangite carcinomateuse
Il existe enfin une forme plus rare de lymphangite, la lymphangite carcinomateuse qui est liée
à la migration de cellules cancéreuses par le système lymphatique pour aller vers des tissus
pour faire des métastases. Cela peut concerner :
les ganglions ;
les poumons ;
le foie ;
le cerveau.
Quels sont les facteurs de risque de la lymphangite ?
Le diabète et une mauvaise circulation sanguine (insuffisance veineuse avec varices) sont des
facteurs favorisant la survenue d'une lymphangite.
Inflammation des vaisseaux lymphatiques : quelles sont les conséquences ?
Si une lymphangite n'est pas rapidement soignée, elle peut évoluer vers des formes plus
graves avec apparition de pus dans des petits abcès le long du trajet du vaisseau lymphatique
et de septicémie (microbes passant dans le sang).
Comment établir le diagnostic de la lymphangite ?
Le diagnostic est le plus souvent établi à partir de l'examen clinique (recherche de cordons
inflammatoires, de ganglions, d'une rate augmentée de volume, etc.) et de l'anamnèse de
l'histoire de la maladie (piqûre, griffure, morsure, fièvre, frissons, etc.).
Un bilan biologique va montrer une augmentation du nombre de globule blanc, une
inflammation de l'organisme (VS, CRP), une sérologie positive à la maladie des griffes du
chat, etc.
Comment traiter et prévenir une lymphangite ?
Le traitement qui doit être rapidement mis en place repose sur une antibiothérapie générale et
locale. En présence de signes de septicémie, un prélèvement sanguin permettra d'identifier le
germe en cause et d'adapter l'antibiothérapie.
Enfin, des mesures préventives peuvent être mises en œuvre en amont comme mettre des
gants ou des bottes quand il existe un risque de plaies, griffures ou de morsures.