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Chap Groupes

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Chapitre 3

Groupes

Sommaire
3.1 Lois de composition interne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.2 Groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.2.1 Sous-groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.2.2 Morphismes de groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.2.3 Classes modulo un sous-groupe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.2.4 Sous-groupes distingués . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.2.5 Automorphismes intérieurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.3 Groupes quotients . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.4 Groupe produit - somme directe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.4.1 Produit cartésien de groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.5 Groupe symétrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.5.1 Signature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

Pour tirer profit des ensembles, dans ce chapitre nous présentons et étudions des ensembles
structurés. Pour cela nous allons introduire la notion de groupe.

3.1 Lois de composition interne

Définition 38. Soit E un ensemble. On appelle loi de composition interne (lci)


sur E toute application de E × E dans E.

Une lci sur E peut être notée de plusieurs façons à l’aide des symboles : ∗, ⊤, ⊥, +, ·, ◦, ⊗, ⊕,
etc. Par exemple :
⊥:E×E →E
(x, y) 8→ x⊥y
On parle souvent de loi au lieu de loi de composition interne.

Si le symbole choisi est +, la loi est dite notée additivement. On compose deux termes
pour avoir leur somme.
Si le symbole choisi est ×, ·, ⊗, elle est dite notée multiplicativement. On compose deux
facteurs pour avoir leur produit. Dans ce cas, on omettra souvent le symbole : x · y deviendra
xy.

29
Exemple 24. Dans N, l’addition et la multiplication sont des lci.

Définition 39. On appelle magma tout couple (E, ∗) où E est un ensemble et ∗ est
une loi de composition interne sur E.

Définition 40. Une lci ∗ sur un ensemble E est dite associative si et seulement
si :
∀(x, y, z) ∈ E 3 , (x ∗ y) ∗ z = x ∗ (y ∗ z).
(E, ∗) est dit magma associatif ou demi-groupe.

Exemple 25.
— (N, +), (Z, ×), (C, +), (C, ×) sont des demi-groupes.
x+y
— (Q, ∗) où ∗ : (x, y) 8→ n’est pas un demi-groupe car ∗ n’est pas associative :
2
tester avec −1, 0, 1

Définition 41. Soit ∗ une lci sur un ensemble E.


♦ ∗ est dite commutative sur E si et seulement si ∀(x, y) ∈ E 2 , x ∗ y = y ∗ x.
♦ un élément e ∈ E est dit neutre pour ∗ si et seulement si (∀x ∈ E), x∗e = e∗x = x.
♦ Un élément a ∈ E est dit régulier à gauche (resp. régulier à droite) si et
seulement si l’application de E → E, x 8→ a ∗ x est injective (resp. l’application de
E → E, x 8→ x ∗ a est injective).
♦ Un élément a ∈ E est dit régulier ou simplifiable si et seulement si il est
régulier à gauche et à droite.

Proposition 1.
Si E admet un élément neutre pour la loi ∗, alors ce dernier est unique.
Démonstration. En effet, soient e, e′ deux neutres pour ∗ dans E. Alors e ∗ e′ = e (car e′
neutre) et aussi e ∗ e′ = e′ (car e neutre). On en déduit e = e′ .

Remarque. Plus généralement, si e est neutre à droite et e′ neutre à gauche, alors e = e′ .

Définition 42. On appelle monoïde tout demi-groupe (E, ∗) qui admet un élément
neutre. Le monoïde (E, ∗) est dit abélien si la loi ∗ est commutative.

Exemple 26.
◮ (N, +), (N, ×) sont des monoïdes.
◮ Pour tout ensemble X, (P(X), ∪), (P(X), ∩) sont des monoïdes.

Définition 43. Soit (E, ∗) un magma qui possède un élément neutre e.


On dit que x ∈ E est symétrisable à droite pour ∗ (resp. à gauche) si et seulement
si : ∃x′ ∈ E tel que x ∗ x′ = e (resp. ∃x′′ ∈ E, x′′ ∗ x = e).
L’élément x′ (resp. x′′ ) est appelé symétrique à gauche (resp. symétrique à droite).
Un élément de E est dit symétrisable si et seulement si il est symétrisable à gauche
et à droite.

30
Remarque.
— Si la loi est commutative, tout symétrique à droite est aussi symétrique à gauche.
— Pour une loi notée multiplicativement, les mots symétrisable et symétrique sont
souvent remplacés respectivement par inversible et inverse.
— Pour une loi notée additivement, le mot symétrique est souvent remplacé par opposé.
Proposition 2.
Soient (E, ∗) un monoïde et x ∈ E. Si x est symétrisable, le symétrique à droite est
unique, le symétrique à gauche est unique et ils sont égaux.
Démonstration. Soit xg un symétrique à gauche et xd un symétrique à droite de x. On a :
xg ∗ x ∗ xd = (xg ∗ x) ∗ xd = xd
= xg ∗ (x ∗ xd ) = xg
En fixant xg , il est facile de voir que xd est unique et vaut xg . De même, xg est unique et vaut
xd .

En raison de cette proposition, le symétrique à gauche et à droite d’un élément symétrisable


x est appelé symétrique.
Il est souvent noté par x−1 si la loi est notée multiplicativement et par −x si elle est notée
additivement.
Remarque.
— Un monoïde (ayant un élément neutre) est toujours non vide.
— Dans un monoïde, tout élément x symétrisable est régulier.
En effet, si x′ est le symétrique de x, la relation x ∗ u = x ∗ v implique en composant
par x′ à gauche, u = v. De même que u ∗ x = v ∗ x ⇒ u = v.

Définition 44. Soient (E, ⊤) et (F, ⊥) deux magmas.


On appelle morphisme de magmas (ou morphisme) de (E, ⊤) dans (F, ⊥) toute ap-
plication f : E → F telle que ∀(x, y) ∈ E 2 , f (x⊤y) = f (x)⊥f (y).
Un endomorphisme d’un magma est un morphisme de magmas de E dans lui-même.
Un isomorphisme de magmas est un morphisme bijectif de magmas.
Un automorphisme d’un magma (E, ⊤) est un endomorphisme bijectif du magma
(E, ⊤).

Exemple 27.
⊲ L’application exp : R → R∗+ , x 8→ exp(x) est un isomorphisme de (R, +) vers (R∗+ , ×).
⊲ L’application identité sur un magma (E, ⊤) est un automorphisme de (E, ⊤).

Remarque.
— Le composé de deux morphismes (resp. isomorphismes) de magmas en est un.
— Si f est un isomorphisme, la réciproque de f en est un.

Définition 45. Soit (E, ∗) un magma. Une partie A de E est dite stable pour ∗ si
et seulement si , A ∗ A ⊂ A, i.e : ∀(x, y) ∈ A2 , x ∗ y ∈ A.
Si A est une partie stable de E pour ∗, la lci dans A définie par :
A × A → A, (x, y) 8→ x ∗ y est appelée lci induite sur A par ∗ de E, et encore
notée ∗.

31
3.2 Groupes

Définition 46. On appelle groupe tout monoïde dans lequel chaque élément est
symétrisable. La loi interne est alors dite loi de groupe. Le groupe est dit abélien 2
ou commutatif lorsque sa loi de groupe est commutative.

En d’autres termes, un ensemble G muni d’une lci ∗ est un groupe s’il vérifie les axiomes
suivants :
G1 ) G possède un élément neutre.
G2 ) Associativité : ∀(x, y, z) ∈ G3 , (x ∗ y) ∗ z = x ∗ (y ∗ z).
G3 ) Tout élément de G est symétrisable.
Exemple 28.
— (Z, +), (Q∗+ , ×), (R, +), (C, +) sont des groupes abéliens.
— (N, +) n’est pas un groupe.
— Soit G un groupe et I un ensemble non vide ; sur l’ensemble F(I, G) noté aussi GI , on
définit une structure de groupe en posant, pour f, g ∈ GI : f g : I → G, i 8→ f (i)g(i) ;
cette structure est dite naturelle. L’élément neutre est l’application Id : I → G, x 8→ eG .
Dans le cas où I = [[1, n]], GI est noté Gn s’il n’y a pas d’ambiguité.
— L’ensemble S(E) des permutations d’un ensemble E muni de la loi ◦ est un groupe.
L’élément neutre est l’application identique et le symétrique d’un élément f est la
bijection réciproque de f .

Définition 47.
Soit (G, ∗) un groupe fini, on appelle ordre de G le cardinal de G et on le note
souvent par o(G) ou |G|.

Propriétés
Soit G un groupe noté multiplicativement d’élément neutre e. On a les règles de calcul
suivantes :
i) x0 = e ; x1 = x ; x2 = xx ; x3 = xxx ; etc.
ii) xmn = (xm )n = (xn )m .
iii) xm xn = xm+n
• Si G n’est pas commutatif,
Pour tous x, y ∈ G on n’a pas toujours l’égalité : (xy)n = xn y n .
Cependant si x et y commutent i.e xy = yx, l’égalité est vérifiée : (xy)n = xn y n . De plus
xn y m = y m xn , pour tout m, n entiers.
• Si le groupe G est noté additivement, pour x ∈ G, m et n entiers, on a :
mx + nx = (m + n)x; (mn)x = m(nx) = n(mx).
• Si G est un groupe noté multiplicativement et x, y ∈ G. On a :
(xy)−1 = y −1 x−1 .
Si x et y commutent il en est de même de x−1 et y −1 .
Plus généralement, on établit par récurrence :
−1 −1 −1
(x1 x2 · · · xn )−1 = x−1
n xn−1 · · · x2 x1 .

En particulier : (xn )−1 = x−n .

32
Table de Cayley
Soit M un magma fini (d’ordre n). Pour étudier M , on peut utiliser un tableau pour
représenter M . Dans un tel tableau, les éléments de M sont disposés en ligne et en colonne
comme le montre la figure ci-dessous. A la croisée des lignes et colonnes se trouvent les
composés correspondants (par la loi de M ).
Par exemple pour M = {x1 , x2 , x3 }
↷ x1 x2 x3
x1 2
x1 x1 x2 x1 x3
x2 x2 x1 x22 x2 x3
x3 x3 x1 x3 x2 x23
Le tableau qu’on vient de décrire s’appelle la table de Cayley de M .
Remarque.
• Lorsque G est un groupe abélien, sa table de Cayley est symétrique par rapport à la diagonale
(première diagonale).
• Une table de Cayley dont chaque ligne et chaque colonne est formée par les mêmes éléments
dans un certain ordre est appelée carré latin.
• Si G est un groupe et a, b ∈ G, les équations ax = b et ya = b ont toujours une unique
solution.
Ainsi, si G est un groupe fini, sa table de Cayley est toujours un carré latin. Cependant la
réciproque est fausse.

Exemple 29.
↷ x0 x1 x2 x3 x4
x0 x0 x1 x2 x3 x4
x1 x1 x0 x4 x2 x3
x2 x2 x3 x0 x4 x1
x3 x3 x4 x1 x0 x2
x4 x4 x2 x3 x1 x0
Ici l’associativité est mis en défaut car (x1 x2 )x3 = x4 x3 = x1 alors que x1 (x2 x3 ) = x1 x4 = x3 .
Donc ce carré latin ne définit pas un groupe.
Exo 15. Donner les tables de Cayley de Z/3Z et Z/4Z munis des lois + et × et la table de
Cayley de (S3 , ◦).
Exemple 30. Pour n > 2, notons U (n) l’ensemble des nombres entiers naturels plus petits que
n et relativement premiers avec n. U (n) est un groupe pour la multiplication modulo n. Par
exemple cas n = 10 :
× (mod 10) 1 3 7 9
1 1 3 7 9
3 3 9 1 7
7 7 1 9 3
9 9 7 3 1

3.2.1 Sous-groupes

Définition 48. On appelle sous-groupe d’un groupe (G, ∗) toute partie H de G


stable pour la loi ∗ de G et telle que la loi induite sur H soit une loi de groupe.

33
Nous noterons souvent H # G pour signifier que H est un sous-groupe de G.
Nous allons énoncer les propriétés caractéristiques d’un sous-groupe dans le théorème suivant.

Théorème 3.1.
Soit (G, ∗) un groupe et H une partie de G. H est un sous-groupe si et seulement si on a :
i) eG ∈ H
ii) ∀(x, y) ∈ H 2 , x ∗ y ∈ H.
iii) ∀x ∈ H, x−1 ∈ H.
Démonstration. Triviale.

Remarque.
On peut remplacer les conditions ii) et iii) en une seule :

∀(x, y) ∈ H 2 , x ∗ y −1 ∈ H.

Exemple 31.
— Dans tout groupe G, les ensembles {eG } et G sont des sous-groupes de G dits triviaux.
— (R∗ , ×) est un groupe et (R∗+ , ×) en est un sous-groupe.

Proposition 3. +
Soient (G, ∗) un groupe et (Hi )i∈I une famille de sous-groupes de G. Alors Hi est
i∈I
un sous-groupe de G.
+
Démonstration. Posons H = Hi . Comme famille de sous-groupes de G, H ⊂ G.
i∈I
i) ∀i ∈ I, e ∈ Hi donc e ∈ H.
ii) ∀ x, y ∈ H, x, y ∈ Hi , ∀i ∈ I cela implique que x, y −1 ∈ Hi , ∀i ∈ I
et donc x ∗ y −1 ∈ Hi , ∀i ∈ I car Hi sous-groupe de G.
Par conséquent H est un sous-groupe de G.

On a la définition suivante :

Définition 49. Soient (G, ∗) un groupe et A une partie de G.


L’intersection de tous les sous-groupes de G contenant A est un sous-groupe de G,
appelé sous-groupe engendré par A et noté par 〈A〉.

Remarque.
+
— On a 〈A〉 = H.
H!G
A⊂H
— ∀a ∈ G, on peut noter 〈a〉 au lieu de 〈{a}〉.

Proposition 4.
Soient (G, ∗) un groupe et A ⊂ G. 〈A〉 est (au sens de l’inclusion) le plus petit sous-
groupe de G contenant A.

34
Démonstration.
— D’après la proposition ci-dessus, 〈A〉 est un sous-groupe de G contenant A.
— Soit H # G contenant A. Par définition, 〈A〉 ⊂ H. Donc 〈A〉 est contenu dans tout
sous-groupe de G contenant A.

Remarque. 〈∅〉 = {e}.

Proposition 5.
Pour toute partie A non vide de G, 〈A〉 est l’ensemble des composés multiples d’éléments
de A et de symétriques d’éléments de A.
Démonstration. Soit E l’ensemble des composés multiples d’éléments de A et de symétriques
d’éléments de A. Il suffit de montrer que c’est le plus petit sous-groupe de G contenant A.
Par construction, tout sous-groupe de G qui contient A contient nécessairement E. Il reste
simplement à montrer que E est un sous-groupe de G.
Puisque A ∕= ∅, E contient donc un certain élément a ∈ A et son symétrique a−1 par suite, E
contient aa−1 = eG .
• eG ∈ E.
Soient x, y ∈ E, avec x = a1 · · · an et y = b1 · · · bp ; pour certains ai , bj ∈ A ∪ A−1 . On a

xy = c1 c2 · · · cn+p , ci = ai , ∀i ∈ [[1, n]], ci = bi−n ∀i ∈ [[n + 1, n + p]].

• D’où xy ∈ E.
Soit x ∈ E, montrons que x−1 ∈ E. Notons x = a1 · · · an pour certains ai ∈ A ∪ A−1 .
−1 −1
n · a1 est lui aussi dans E puisque chaque ai ∈ A ∪ A .
x−1 = a−1 −1
−1
• x ∈ E.
Donc E est un sous-groupe de G.

Définition 50.
♦ Un groupe G est dit monogène si et seulement si il existe a ∈ G tel que G = 〈a〉.
♦ Dans un groupe monogène, l’élément a en question est dit générateur.
♦ Un groupe G est dit cyclique si et seulement si il est monogène et fini.

Remarque.
— L’image du morphisme & k 8→ a , a ∈ G est 〈a〉.
% fk : Z → G,
k

Autrement dit 〈a〉 = a : k ∈ Z .


— Dans le cas où G est commutatif et noté additivement, alors 〈a〉 = {ka : k ∈ Z}.
Exemple 32.
— (Z, +) est un groupe monogène, dont un générateur est 1 ou −1.
— (R, +) n’est pas un groupe monogène.

Proposition 6.
Tous les sous-groupes de Z sont de la forme nZ, n ∈ N.

Démonstration.
— Si H = {0}, H = 0Z.

35
— Sinon H ∕= {0}. Donc il existe un entier h ∕= 0, h ∈ H. On a aussi −h ∈ H, donc
|h| ∈ H et |h| > 0. Ainsi H ∩ N contient des entiers strictement positifs. Soit n le plus
petit entier strictement positif appartenant à H ∩ N. Puisque n ∈ H, on a nZ ⊂ H,
car nZ est le sous-groupe de H engendré par n.
Soit x ∈ H et soit q et r le quotient et le reste de la division de x par n : on a x = nq +r
et 0 # r < n. Puisque nZ ⊂ H, on a nq ∈ H, donc aussi r = x − nq ∈ H. Puisque H
est un sous-groupe. Ainsi, r ∈ H ∩ N et r = 0 par définition de n. Ainsi x = nq donc
x ∈ nZ. Cela montre que H ⊂ nZ et finalement H = nZ.
— Si H = mZ et m " 0, alors m et n sont multiples l’un de l’autre et tous les deux sont
positifs ou nuls, donc n = m et on a l’unicité.

Remarque. Pour tous m, n ∈ Z, on a les équivalences :

mZ ⊂ nZ ⇐⇒ n|m et mZ = nZ ⇐⇒ m = ±n.

Définition 51. Soit G un groupe de neutre e et soit a ∈ G.


S’il existe un entier k > 0 tel que ak = e, on dit que a est d’ordre fini. Le plus
petit entier k > 0 tel que ak = e s’appelle l’ordre de a.

Remarque.
— Le seul élément d’ordre 1 est l’élément neutre de G.
— Dans un groupe fini, tout élément possède un ordre.

Proposition 7.
Soit G un groupe de neutre e et soit a ∈ G un élément d’ordre n.
• Pour tout k ∈ Z, ak = e si et seulement si n|k.
• Pour tous k, l ∈ Z, ak = al si et seulement si k ≡ l (mod n).
• Les éléments
% e, a, . . .n−1 & sont deux à deux différents et le sous-groupe engendré par a
, an−1
est : 〈a〉 = e, a, . . . , a : il contient n éléments.
Démonstration. En TD !
Les deux premières propriétés reformulent les équivalences du second cas. Si k et l sont des
entiers de [[1, n − 1]], on a l’équivalence k ≡ l (mod n) ⇐⇒ k = l : les éléments e, a, . . . , an−1
sont donc deux à deux différents. % &
Pour montrer que % le sous-groupe
& engendré par a est e, a, . . . , an−1 , il faut montrer que
∀m ∈ Z, am ∈ e, a, . . . , an−1 . Soit m ∈ Z. Soit q le quotient de la division de m par n :
m = nq + r, 0 # r < n. On a

am = anq+r = anq ar = (an )q ar = ar .


% &
donc am est bien dans e, a, . . . , an−1 .

Corollaire 3.2. Soit G un groupe et soit a ∈ G. L’élément a est d’ordre n si et seulement si


〈a〉 possède n éléments.

Démonstration.
% Dans la proposition
& précédente, nous avons montré que si a est d’ordre n,
alors 〈a〉 = e, a, . . . , an−1 possède n éléments.
Réciproquement, supposons que le groupe 〈a〉 possède n éléments. L’élément a a donc un
ordre p. Alors 〈a〉 possède p éléments, donc n = p.

36
3.2.2 Morphismes de groupes

Définition 52. Pour un groupe donné, les notions de morphisme, endomorphisme,


isomorphisme, automorphisme de magmas prennent resp. les noms de morphisme,
endomorphisme, isomorphisme, automorphismes de groupes.

Proposition 8.
Soit f : (G, ⊤) → (G′ , ⊥) un morphisme de groupes. Alors :
1. f (e) = e′ , e et e′ neutres resp. de G et G′ .
2. ∀x ∈ G, f (x−1 ) = (f (x))−1 .
Démonstration.
1. f (e)⊥f (e) = f (e⊤e) = f (e) = f (e)⊥e′ et par régularité de f (e) dans G′ , f (e) = e′ .
2. f (x)⊥f (x−1 ) = f (x⊤x−1 ) = e′ de même f (x−1 )⊥f (x) = e′ donc f (x−1 ) = (f (x))−1 .

Définition 53. Soient (G, ⊤) et (G′ , ⊥) deux groupes, f : G → G′ un morphisme


de groupes. On appelle :
♦ noyau de f , et on note Ker(f ) : Ker(f ) = {x ∈ G; f (x) = e′ } = f −1 (e′ ),
où e′ est le neutre de G′ .
♦ image de f , et on note Im(f ) : Im(f ) = {y ∈ G′ ; ∃x ∈ G, y = f (x)} = f (G).

Proposition 9.
Si f : (G, ⊤) → (G′ , ⊥) est un morphisme de groupes, alors Ker(f ) (resp. Im(f )) est
un sous-groupe de G (resp. G′ ).
Démonstration.
• Montrons que Ker (f) # G.
— f (e) = e′ donc e ∈ Ker(f ).
— Soient x, y ∈ Ker(f ). f (x⊤y) = f (x)⊥f (y) = e′ , x⊤y ∈ Ker(f ).
— Soit x ∈ Ker (f), f (x−1 ) = (f (x))−1 = e′ . Donc x−1 ∈ Ker (f).
Donc Ker (f) est un sous-groupe de G.
• Montrons que Im (f) # G′ .
— e′ = f (e) donc e′ ∈ Im (f).
— Soient x, y ∈ Im (f), ∃x1 , y1 ∈ G tels que x = f (x1 ); y = f (y1 ).
On a x⊥y = f (x1 )⊥f (y1 ) = f (x1 ⊤y1 ). Or x1 ⊤y1 ∈ G, il vient x⊥y ∈ Im (f).
— On montre facilement que si x ∈ Im (f), x−1 ∈ Im (f).
Par suite Im (f) est un sous-groupe de G′ .

Proposition 10.
Soit f : G → G′ un morphisme de groupes.
• f est injectif si et seulement si ker f = {e}.
• Si f est injectif, alors l’application G → f (G), x 8→ f (x) est un isomorphisme.

37
Démonstration. Soient e et e′ les neutres respectifs de G et G′ .
Pour x ∈ ker f , on a f (x) = e′ = f (e). Si f est injectif, on en déduit x = e et ker f = {e}.
Réciproquement, supposons le noyau de f ne contient que l’élément neutre ; si x, y ∈ G sont
tels que f (x) = f (y), alors f (x−1 y) = f (x−1 )f (y) = (f (x))−1 f (y) = e′ donc x−1 y ∈ ker f par
conséquent x−1 y = e et donc x = y. D’où f est injectif.
La seconde propriété est évidente car si l’application f est injective, elle définit une bijection
de G → f (G).

Définition 54. Un groupe G est dit isomorphe à un groupe G′ si et seulement si


il existe un isomorphisme de groupes de G sur G′ .

Remarque.
La relation «est isomorphe à» est une relation d’équivalence sur tout ensemble de groupes.

Proposition 11.
Soient (G, ⊤) un groupe et (E, ⊥) un magma.
S’il existe un isomorphisme de magmas de G(, ⊤) sur (E, ⊥), alors (E, ⊥) est un groupe
isomorphe au groupe (G, ⊤).
NB. On parle souvent de transfert de la structure de groupe ou de transport de structure.

Démonstration. Soit f : G → E l’isomorphisme de magmas en question. Notons e le neutre


de G.

Associativité : Soient x, y, z ∈ E, et x1 = f −1 (x), y1 = f −1 (y), z = f −1 (z).

(x⊥y)⊥z = (f (x1 )⊥f (y1 ))⊥f (z1 ) = f (x1 ⊤y1 )⊥f (z1 )
= f (x1 ⊤y1 ⊤z1 ) = f (x1 )⊥f (y1 ⊤z1 ) = x⊥(y⊥z)
neutre : x⊥f (e) = f (x1 ⊤e) = f (x1 ) = x = f (e)⊥x, d’où f (e) est le neutre.
Symétrique : x⊥f (x−1 −1 −1
1 ) = f (x1 ⊤x1 ) = f (e) = f (x1 )⊥x. Donc tout élément x ∈ E
possède un symétrique.
Et on a le résultat.

3.2.3 Classes modulo un sous-groupe


Soit (G, ·) un groupe et H # G.
Notations
On pose :
aH = {ax; x ∈ H} et Ha = {xa; x ∈ H}

Définition 55 (Classes à gauche, classes à droite).


On définit deux relations sur G, notées ∼g et ∼d , en posant :
∀x, y ∈ G, x ∼g y ⇐⇒ y ∈ xH et ∀x, y ∈ G, x ∼d y ⇐⇒ y ∈ Hx.
Ou de manière équivalente :
∀x, y ∈ G, x ∼g y ⇐⇒ x−1 y ∈ H et ∀x, y ∈ G, x ∼d y ⇐⇒ yx−1 ∈ H.

38
Proposition 12.
Les relations ∼g et ∼d sont des relations d’équivalence (dites associées à H).
Pour ∼g , la classe de x est xH et s’appelle classe à gauche de x modulo H.
Pour ∼d , la classe de x est Hx et s’appelle classe à droite de x modulo H.

Remarque.
• Si le groupe G est commutatif, il n’y a pas de différence entre classe à gauche et classe
à droite. On note quelquefois la relation d’équivalence associée à H par RH .
• La classe à gauche ou à droite de l’élément neutre est H.

Démonstration.
— On a e = x−1 x ∈ H, donc x ∼g x.
— Supposons x ∼g y. Alors x−1 y ∈ H, donc l’inverse y −1 x = (x−1 y)−1 ∈ H. D’où y ∼g x.
— Si x ∼g y et y ∼g z, alors x−1 z = (x−1 y)(y −1 z) ∈ H. Donc x ∼g z.
Cela montre que ∼g est une relation d’équivalence.
La classe de x pour ∼g est {y ∈ G / x ∼g y} = {y ∈ G / y ∈ xH} = xH.
On raisonne de même pour montrer que ∼d est une relation d’équivalence et que la classe de
x est Hx.

On peut ainsi former les ensembles quotients G/ ∼g et G/ ∼d .


Proposition 13.
◮ La multiplication par x définit des bijections H → Hx et H → xH
◮ La bijection ι : G → G; x 8→ x−1 définit une bijection xH → Hx−1 .
◮ L’application ϕ : G/ ∼g → G/ ∼d définie par ϕ(xH) = Hx−1 est une bijection.
Démonstration.
⊲ Le premier point est évident.
⊲ ∀h ∈ H, on a ι(xh) = h−1 x−1 ∈ Hx−1 , donc ι(xH) ⊂ Hx−1 . On montre de même
l’inclusion opposée.
⊲ Pour tout Hy ∈ G/ ∼d , on a Hy = ϕ(y −1 H), donc ϕ est surjective.
Montrons que ϕ est injective.
Supposons que ϕ(xH) = ϕ(x′ H), i.e Hx−1 = Hx′−1 . Alors Hx−1 x′ = H.
Donc x−1 x′ ∈ H, et x′ ∈ xH, d’où x ∼g x′ . Par suite xH = x′ H.

D’après la dernière assertion de cette proposition, s’il y a un nombre fini de classes d’un
côté, alors il y a le même nombre de classes de l’autre côté.

Définition 56. S’il y a un nombre fini de classes modulo H, le nombre de ces classes
s’appelle l’indice de H dans G et se note [G : H].

Théorème 3.3 (Théorème de Lagrange).


Si G est un groupe fini et si H est un sous-groupe de G, alors Card(H) divise Card(G)
Card(G)
et : [G : H] = .
Card(H)
Démonstration. Les classes à gauche xH forment une partition de G. D’après la proposi-
tion précédente, chaque classe est en bijection avec H, donc chaque classe possède Card(H)
éléments. Puisqu’il y a [G : H] classes, on en déduit que le nombre d’éléments de G est
Card(H) × [G : H].

39
Corollaire 3.4. Soit (G, ·) un groupe fini. Alors pour tout a ∈ G, l’ordre de a divise Card(G).

Démonstration. Soit a ∈ G. Puisque G est fini, le sous-groupe 〈a〉 est fini. Donc a est d’ordre
fini. De plus, l’ordre de a est égal au Card (〈a〉). Or d’après le théorème de Lagrange, Card (〈a〉)
divise Card(G)

Corollaire 3.5. Si (G, ·) est un groupe à N éléments, alors pour tout a ∈ G, on a aN = e.

Démonstration. Soit q l’ordre de a. D’après le corollaire précédent, N est un multiple de q.


Puisque aq = e, il s’ensuit que aN = e.

Corollaire 3.6. Soit (G, ·) un groupe. Soit a ∈ G un élément d’ordre p et soit b ∈ G un


élément d’ordre q. Si ab = ba et si p ∧ q = 1, alors ab est d’ordre pq.

Démonstration. Supposons que ab = ba. Alors pour tout entier n, on a : (ab)n = an bn .


Il vient (ab)pq = (ap )q (bq )p = e. Donc l’ordre de ab divise pq. Soit n l’ordre de ab.
On a e = (ab)n = an bn , donc an = (bn )−1 . Ainsi, an ∈ 〈b〉, donc an ∈ 〈a〉 ∩ 〈b〉. Or 〈a〉 ∩ 〈b〉 est
un sous-groupe de 〈a〉 et de 〈b〉 donc le cardinal de 〈a〉∩〈b〉 divise 〈a〉 qui est p et Card(〈b〉) = q.
Si de plus p et q sont premiers entre-eux, on a alors Card(〈a〉 ∩ 〈b〉) = 1 d’où 〈a〉 ∩ 〈b〉 = {e}.
Par suite an = e, donc p|n. Puisque an bn = e, on a bn = e, donc q|n. Ainsi pq|n. Finalement
n = pq.

3.2.4 Sous-groupes distingués


Soit G un groupe et H # G. Cherchons à quelle condition les classes à gauche ou à droite
de G modulo H sont les mêmes. Il faut pour cela que toute classe à gauche xH soit aussi une
classe à droite Hy. Puisque x ∈ xH, l’égalité xH = Hy implique x ∈ Hy, donc Hx = Hy et
par suite Hx = xH.

Définition 57. On dit que H est un sous-groupe distingué, invariant ou normal


dans G, et on note H ⊳ G, si, pour tout x ∈ G, on a xH = Hx. L’ensemble des
classes (à gauche ou à droite) modulo H se note alors G/H.

Exemple 33.
— Si le groupe G est commutatif, alors tout sous-groupe de G est distingué.
— Les sous-groupes {eG } et G sont distingués.
— C(G) = {x ∈ G, xy = yx, ∀ y ∈ G} est un sous-groupe de G appelé centre de G. De
plus C(G) ⊳ G. 6% &7
— D(G) ≡ [G, G] = [x, y] = xyx−1 y −1 , x, y ∈ G est un sous-groupe de G et,
D(G) ⊳ G. On l’appelle le sous-groupe dérivé de G.
L’élément [x, y] est appelé commutateur de x et y. Le commutateur de x et y mesure leur
défaut de commutation : xy = [x, y]yx. Si les éléments commutent, leur commutateur
est l’élément neutre.
D(G) est le plus petit sous-groupe distingué de G pour lequel G/D(G) est abélien.

Proposition 14.
Un sous-groupe H d’un groupe G est distingué si et seulement si ∀x ∈ G, xHx−1 = H
autrement dit : ∀x ∈ G, ∀h ∈ H, xhx−1 ∈ H.
Démonstration.
Supposons H distingué. Pour tout x ∈ G et h ∈ H, xh ∈ xH, donc xh ∈ Hx, d’où xhx−1 ∈ H.

40
Réciproquement, supposons que pour tout x ∈ G et h ∈ H, il existe h′ ∈ H tel que xhx−1 = h′ .
On a xh = h′ x, donc xh ∈ Hx. Cela montre que ∀x ∈ G, xH ⊂ Hx.
En appliquant cette inclusion à x−1 , il vient x−1 H ⊂ Hx−1 .
Cela montre que Hx ⊂ xH, d’où Hx = xH.

Proposition 15.
Tout sous-groupe d’indice 2 est distingué.

Démonstration. Soit H # G d’indice 2. Cela veut dire qu’il y a deux classes à gauche, donc
aussi deux classes à droite. Soit a ∈ G. Si a ∈ H, alors aH = H = Ha. Supposons a ∈
/ H. Alors
aH ∕= H et Ha ∕= H, donc aH est le complémentaire de H dans G et Ha est le complémentaire
de H dans G. Par conséquent aH = Ha. Le sous-groupe H est donc distingué.

Proposition 16.
Si f : G → G′ est un morphisme de groupes, alors Ker (f) ⊳ G.

Démonstration. Preuve immédiate !

3.2.5 Automorphismes intérieurs


Soit G un groupe et soit a ∈ G fixé.
On définit l’application θa : G → G par θa (x) := axa−1 , pour tout x ∈ G.
On a θa (xy) = axya−1 = axa−1 aya−1 = θa (x)θa (y) pour tout x, y ∈ G. Par suite θa est
un endomorphisme de G pour tout a ∈ G.
Soient a, b ∈ G. Montrons que θab = θa ◦ θb .
On a θa ◦ θb (x) = θa (bxb−1 ) = abxb−1 a−1 = (ab)x(ab)−1 = θab (x), pour tout x ∈ G.
Donc θab = θa ◦ θb .
Il résulte de ceci que l’on a θa ◦ θa−1 = θe et θa−1 ◦ θa = θe .
Or θe (x) = x, l’application identité, on en déduit que θa est bijective, donc un automorphisme
de G dont l’inverse est θa−1 .

Définition 58.
Les automorphismes θa , a ∈ G s’appellent les automorphismes intérieurs de G.
L’ensemble des automorphismes de G, muni de la loi de composition des applications
est un groupe que l’on note souvent par Aut(G).
L’ensemble des automorphismes intérieurs de G est un sous-groupe distingué de
Aut(G). On le note souvent par Int(G).
Deux éléments (resp. deux sous-groupes) de G qui sont images l’un de l’autre par
un automorphisme intérieur sont dits conjugués.

Remarque.
Un sous-groupe H de G sera normal lorsque pour tout automorphisme intérieur θa de G,
θa (H) ⊂ H.

3.3 Groupes quotients


Nous allons voir que si H ⊳ G, l’ensemble G/H hérite d’une structure de groupe.

41
Théorème 3.7.
Soit (G, ·) un groupe et H ⊳ G.
◮ Dans G/H, l’opération (xH)(yH) = xyH est bien définie et muni de cette opération,
G/H est un groupe appelé groupe quotient de G par H. L’élément neutre de G/H
est la classe H.
◮ La projection canonique p : G → G/H définie par p(x) = xH est un morphisme
surjectif de noyau Ker (p) = H.

Démonstration. Soient x, x′ , y, y ′ ∈ G tels que x′ ∈ xH et y ′ ∈ yH. On a x′ y ′ ∈ xHyH.


Puisque H est distingué, Hy = yH, donc xHyH = xyHH = xyH, par suite x′ y ′ ∈ xyH
donc xyH = x′ y ′ H. La classe de (xy)H ne dépend donc que des classes xH et yH : le produit
(xH)(yH) de deux classes est bien défini.
Montrons que G/H, muni du produit des classes est un groupe.
— On a (eH)(xH) = (e.x)H = (x.e)H = (xH)(eH), donc la classe eH = H est élément
neutre pour l’opération dans G/H.
— xH((yH)(zH)) = xH(yz)H = xyzH = ((xH)(yH))zH associativité.
— xH(x−1 H) = xx−1 H = eH = H et de même (x−1 H)xH = H. L’inverse de xH est
donc x−1 H.
On a p(xy) = (xy)H = xHyH = p(x)p(y), donc p est un morphisme.
L’application p est surjective comme toute projection canonique.
Pour tout x ∈ G, on a les équivalences : p(x) = eG/H ⇐⇒ xH = H ⇐⇒ x ∈ H. Donc
ker p = H.

Théorème 3.8 (Théorème de passage au quotient).


Soit G un groupe, H ⊳ G et p : G → G/H la projection canonique. Soit f : G → G′ un
morphisme tel que H ⊂ Ker (f).
◮ Il existe un morphisme f¯ : G/H → G′ tel que f¯ ◦ p = f .
◮ f¯ est injectif si et seulement si H = Ker (f)
◮ f¯ : G/Ker (f) → G′ est surjectif si et seulement si f l’est.
Remarque.

G
f
" G′ Passage de f au quotient
③ %
③③
p
③③
③③ H ⊳ G tel que H ⊂ Ker (f)
! ③③ f¯
G/H ∀x ∈ G, f¯(xH) = f (x)

Démonstration.
⊲ La relation d’équivalence qui définit les classes à gauche xH est x ∼g y ⇐⇒ x−1 y ∈ H.
Appliquons le théorème de passage au quotient (chapitre applications) : pour que
l’application f¯ existe, il faut et il suffit que : ∀x, y ∈ G, x ∼g y =⇒ f (x) = f (y).
Montrons que cette condition est réalisée.
Soient x, y ∈ G des éléments tels que x ∼g y. Alors x−1 y ∈ H, donc x−1 y ∈ ker f , car
H ⊂ ker f . Donc (f (x))−1 f (y) = f (x−1 )f (y) = f (x−1 y) = e′ . Par suite f (x) = f (y).
⊲ Montrons que f¯ est un morphisme. Soient xH et yH des éléments de G/H. On a :

f¯(xHyH) = f¯(xyH) = f¯(p(xy))


= f¯ ◦ p(xy) = f (xy) car f¯ ◦ p = f.
= f (x)f (y) car f est un morphisme.
= f¯(xH)f¯(yH) car f = f¯ ◦ p.

42
⊲ Toujours d’après le théorème de passage au quotient, f¯ est injectif si et seulement si
∀x, y ∈ G x ∼g y ⇐⇒ f (x) = f (y), i.e si et seulement si (x−1 y ∈ H ⇐⇒ x−1 y ∈ ker f ),
ou encore (∀u ∈ G, u ∈ H ⇐⇒ u ∈ ker f ). Cette condition équivaut à l’égalité
H = ker f .
⊲ Puisque les applications f et f¯ ont la même image, f¯ est surjectif si et seulement si f
est surjectif.

Corollaire 3.9.
Soit f : G → G′ un morphisme et p : G → G/Ker (f) la projection canonique.
◮ Il existe un unique morphisme f¯ : G/Ker (f) → G′ tel que f¯ ◦ p = f . De plus, f¯ est
injectif.
◮ Le morphisme f¯ : G/Ker (f) → G′ est un isomorphisme si et seulement si f est sur-
jective.
f
G " G′
&
✉✉✉
p ✉✉✉
✉✉
! ✉✉ f¯
G/Ker (f)

Démonstration. On applique le théorème précédent en prenant H = ker f qui est bien ⊳G.

Remarque. Dans le corollaire ci-dessus, on a un résultat important plus connu sous le nom de
premier théorème d’isomorphisme:

G/Ker (f) ≃ Im(f)

Exemple 34. Le morphisme f : R → U ; t 8→ exp 2iπt est surjectif et son noyau est Z. Donc f
≃ "
passe au quotient et définit un isomorphisme f¯ : R/Z U

3.4 Groupe produit - somme directe


3.4.1 Produit cartésien de groupes

Définition 59. Soient deux groupes (G1 , ⊤1 ) et (G2 , ⊤2 ). On définit une loi de
composition interne ⊤ dite loi produit sur l’ensemble G1 × G2 d’une manière
naturelle par :
(x1 , x2 )⊤(y1 , y2 ) = (x1 ⊤1 y1 , x2 ⊤2 y2 ).

Remarque. On vérifie sans difficulté que :


• la loi produit est associative,
• elle admet pour neutre ( = (e1 , e2 ) où e1 et e2 sont les neutres respectifs de G1 et G2
• et tout élément (x1 , x2 ) est symétrisable et :

(x1 , x2 )−1 = (x−1 −1


1 , x2 ).

Définition 60. G1 ×G2 muni de la loi produit qu’on vient de définir a une structure
de groupe. On l’appelle groupe produit (cartésien) des groupes G1 et G2 .
De plus G1 × G2 est abélien si et seulement si G1 et G2 le sont.

43
Exemple 35.
— R2 , R3 , etc. La loi étant l’addition.
— Z2 ×Z3 est un groupe abélien d’ordre 6. Il est cyclique et engendré par (1, 1) (à vérifier !)
Proposition 17.
Soient G1 et G2 deux groupes et H1 # G1 , H2 # G2 . Alors H1 × H2 # G1 × G2 .
Démonstration. En exo !
Proposition 18.
Les groupes G1 et G2 sont respectivement isomorphes aux sous-groupes
G′1 = G1 × {e2 } et G′2 = {e1 } × G2 de G1 × G2 ,
où e1 , e2 sont les neutres respectifs de G1 et G2 .
Démonstration. Il suffit pour le premier cas par exemple de travailler avec
f : G1 → G1 × {e2 }
x1 8→ (x1 , e2 )
Il est clair que c’est un isomorphisme.
Soient (G1 , +) et (G2 , +) deux groupes abéliens. La loi étant notée additivement, on a :
x = (x1 , x2 ) = (x1 , e2 ) + (e1 , x2 )
c’est-à-dire : G1 × G2 = + G′2 .
G′1
La décomposition d’un élément quelconque x de G1 × G2 s’effectue de manière unique comme
somme d’un élément de G′1 et G′2 . D’autre part, si (x1 , x2 ) ∈ G′1 et G′2 alors x1 = e1 et
x2 = e2 . Donc en notant e = (e1 , e2 ), G′1 ∩ G′2 = {e}. D’une manière générale on a le théorème
suivant :
Théorème 3.10.
Considérons un groupe abélien (G, +) de neutre e et H1 , H2 deux sous-groupes de G tels
que G = H1 + H2 . Alors les deux propriétés suivantes sont équivalentes :
i) Tout élément x de G s’écrit de manière unique x = x1 + x2 , x1 ∈ H1 et x2 ∈ H2 .
ii) H1 ∩ H2 = {e}.
Démonstration.
⇒) Supposons i). Soit x ∈ H1 ∩ H2 . x = x + e = e + x ∈ H1 + H2 Puisque la décomposition
est unique, on a x = e d’où ii).
⇐) Supposons ii). Soit x ∈ G, Si x = x1 + x2 = y1 + y2 ∈ H1 + H2 , alors x1 − y1 = y2 − x2 ∈
H1 ∩ H2 . Par suite x1 = y1 et y2 = x2 d’où i).

Définition 61. Si l’une des conditions équivalentes du théorème précédent est


vérifiée, on dit que G est somme directe des sous-groupes H1 et H2 et on écrit
G = H1 ⊕ H2 .

Proposition 19.
Avec les notations ci-dessus, G = H1 ⊕ H2 est isomorphe au groupe produit H1 × H2 .
Et on a G/H1 ≃ H2 et G/H2 ≃ H1 .
Démonstration. Considérons
f : H1 × H2 → G
(x1 , x2 ) 8→ x1 + x2 .
Elle est bijective car G est somme directe de H1 et H2 (tout élément de G correspond à un
couple unique (x1 , x2 )) de plus f est un morphisme.

44
3.5 Groupe symétrique
Soit n un entier supérieur ou égal à 2. On note [[1, n]] l’ensemble des entiers compris entre
1 et n inclus.

Définition 62. Soit E un ensemble non vide fini. Rappelons que toute bijection de
E sur lui-même est dite permutation de E. L’ensemble des permutations de E (muni
de la loi de composition) est un groupe généralement noté S(E) et appelé groupe
des permutations de E.
Le groupe des permutations de l’ensemble [[1, n]] est appelé groupe symétrique et
se note habituellement Sn au lieu de S([[1, n]]).

Puisqu’un ensemble E à n éléments est en bijection avec [[1, n]], on montre facilement que
le groupe S(E) est isomorphe à Sn . Cela justifie l’étude du groupe symétrique.
Dans le cours de dénombrement, on montre que Sn possède n! éléments. L’usage est de noter
ss′ l’élément s ◦ s′ . De plus, nous noterons id l’élément neutre de Sn et nous l’appellerons
identité de Sn .

Définition 63. Soit s une permutation. On dit que s est une transposition s’il
existe deux
/ entiers i et j, différents et appartenant à [[1, n]], tels que :
0
1s(i) = j,
s(j) = i, On la note souvent par (i j).
0
2
s(k) = k pour tout k ∕= i, j.

Remarque.
Une transposition est donc une bijection qui échange deux entiers et qui laisse fixes tous les
autres. Ainsi l’on a (i j) = (j i).

Exemple 36 (Le groupe S3 ).


Les transpositions appartenant à S3 sont (1 2), (1 3) et (2 3). Soit s la permutation de S3
définie par s(1) = 2, s(2) = 3, s(3) = 1.
L’image de 1 par s est 2, celle de 2 est 3 et celle de 3 est 1. Il y a une notation commode pour
écrire cela : s = (1 2 3).
Puisque le produit ss est s ◦ s, il vient
/
0 2
1s (1) = s(2) = 3
s2 (2) = s(3) = 1
0
2 2
s (3) = s(1) = 2

On peut donc écrire s2 = (1 3 2).


Posons t = (1 2). On a :

st(1) = s(t(1)) = s(2) = 3 et st(2) = s(t(2)) = s(1) = 2.

Puisque st est une bijection de [[1, 3]] dans lui-même, on en déduit st(3) = 1. Il s’ensuit que
st = (1 3). Un calcul analogue montre que l’on a : ts = (2 3). Ainsi les 6 éléments du groupe
S3 sont : id, s, s2 , t, st et ts.

45
Nous allons donner une généralisation ci-après.

Définition 64. Soit p ∈ [[2, n]] et soit s ∈ Sn . On dit que s est un p-cycle ou cycle
de longueur p s’il existe p éléments a1 , a2 , ...,ap de [[1, n]], deux à deux différents,
tels
/ que :
0
1s(ai ) = ai+1 ,
s(ap ) = a1 , Cette permutation s se note (a1 a2 · · · ap ).
0
2
s(aj ) = aj pour tout j ∈
/ [[1, p]].

Exemple 37. Soit s la permutation de S4 définie par

s(1) = 3, s(2) = 1, s(3) = 4, s(4) = 2.

On a alors s = (1 3 4 2), mais on a aussi s = (4 2 1 3). La permutation s est un 4-cycle.


L’inverse de s est le 4-cycle s−1 = (2 4 3 1).
On a s2 (1) = s(3) = 4 et s2 (4) = s(2) = 1, donc s2 n’est pas un 4-cycle.
Mais on a s3 (1) = 2, s3 (2) = 4, s3 (4) = 3 et s3 (3) = 1, donc s3 est le 4-cycle (1 2 4 3).
En fait, on a s3 = s−1 , d’où s4 = id.

Proposition 20.
Si s est un p-cycle, alors on a sp = id.

Démonstration. Soit s = (a1 a2 . . . ap ). Démontrons par récurrence que ∀k ∈ [[0, p − 1]], on


a sk (a1 ) = ak+1 .
s0 = Id, la propriété est vraie à l’ordre 0.
Soit k ∈ [[1, p − 1]], supposons que l’on a sk−1 (a1 ) = ak .
Il vient sk (a1 ) = s(ak ) = ak+1 , ce qui termine la démonstration.
En particulier, on a sp−1 (a1 ) = ap , par suite sp (a1 ) = s(ap ) = a1 .
∀k ∈ [[1, p]], on a

sp (ak ) = sp (sk−1 (a1 )) = sp+k−1 (a1 ) = sk−1 (sp (a1 )) = sk−1 (a1 ) = ak .

On vient de démontrer que ∀k ∈ [[1, p]], on a sp (ak ) = ak .


Par ailleurs, si j ∈ [[1, n]] \ {a1 , . . . , ap }, alors s(j) = j et donc sp (j) = j.
Il s’ensuit que sp = Id.

Définition 65. Soit s une permutation. On dit que s est un cycle s’il existe un
entier p ∈ [[2, n]] tel que s est un p-cycle.

Remarque.
— L’inverse d’un p-cycle est un p-cycle : par exemple pour un 3-cycle (a b c), on a
(a b c)−1 = (c b a).
— Un produit de cycles n’est pas forcément un cycle. Par exemple, le produit t = (1 2)(3 4)
n’est pas un cycle, car pour tout j ∈ [[1, 4]], on a t2 (j) = j.
— Mais si l’on pose s = (1 2)(2 3)(3 4), alors il vient s(1) = 2, s(2) = 3, s(3) = 4 et
s(4) = 1, donc s = (1 2 3 4).

46
Définition 66. Soient p et q des entiers de [[2, n]]. On dit que les cycles (a1 a2 · · · ap )
et (b1 b2 · · · bq ) sont à supports disjoints si les ensembles {a1 , a2 , . . . , ap } et
{b1 , b2 , . . . , bq } ont une intersection vide.

Proposition 21.
Si s et t sont des cycles à supports disjoints de Sn , alors on a st = ts.

Démonstration. Soient s = (a1 a2 . . . ap ) et t = (b1 b2 . . . bq ).


Puisque {a1 , a2 , . . . , ap } ∩ {b1 , b2 , . . . , bq } = ∅, on a t(ai ) = ai pour tout i ∈ [[1, p]] et s(bj ) = bj
pour tout j ∈ [[1, q]].
Si i ∈ [[1, p − 1]], on a : ts(ai ) = t(ai+1 ) = ai+1 et st(ai ) = s(ai ) = ai+1 .
D’autre part, on a ts(ap ) = t(a1 ) = a1 et st(ap ) = s(ap ) = a1 . Il s’ensuit que ts(ai ) = st(ai )
pour tout i ∈ [[1, p]]. De même on démontre que l’on a st(bj ) = ts(bj ) pour tout j ∈ [[1, q]].
Enfin, si k ∈ [[1, n]] \ ({a1 , . . . , ap } ∪ {b1 , . . . , bq }), alors on a s(k) = k, t(k) = k et donc
st(k) = ts(k) = k. Par conséquent, les applications ts et st sont les mêmes.

Théorème 3.11.
Tout élément du groupe Sn , différent de l’identité, est un cycle ou un produit de cycles à
supports disjoints.
Démonstration. Pas exigible !

Exemple 38. Soit s la permutation de S8 définie par :

s(1) = 8; s(2) = 2; s(3) = 5; s(4) = 6; s(5) = 1; s(6) = 7; s(7) = 4; s(8) = 3.

Calculons les images successives de 1 : on a s(1) = 8; s(8) = 3; s(3) = 5 et s(5) = 1. Dans la


décomposition de s en cycles à supports disjoints figure le 4-cycle (1 8 3 5).
Calculons maintenant les images successives de 2 : s(2) = 2, donc 2 ne figure pas dans les
cycles cherchés.
Le premier entier qui n’est pas encore apparu est 4 : on a s(4) = 6, s(6) = 7 et s(7) = 4. Puis-
qu’on a épuisé tous les entiers entre 1 et 8, on en déduit la décomposition s = (1 8 3 5)(4 6 7).
On peut également écrire s = (6 7 4)(3 5 1 8).
Puisque des cycles à supports disjoints commutent deux à deux, la décomposition d’une
permutation s en produit de cycles à supports disjoints permet de calculer toutes les puissances
de s.
Exemple 39. Soit s la permutation de S9 définie par s = (1 9)(3 4 8)(2 9 5 7)(2 6 7).
1. Décomposer s en produit de cycles à supports disjoints.
2. Caclculer s900 .
Solution 39 :
1. On a s = (1 9 5 7)(2 6)(3 4 8).
2. Puisque les cycles (1 9 5 7), (2 6), et (3 4 8) commutent deux à deux, on a :
s900 = (1 9 5 7)900 (2 6)900 (3 4 8)900 . Or (1 9 5 7) est un 4-cycle, on a (1 9 5 7)4 =id. De
même (2 6)2 =id et (3 4 8)3 =id. On en déduit :
) *225
(1 9 5 7)900 = (1 9 5 7)4 = id = (2 6)2×450 = (3 4 8)3×300 .

On a ainsi : s900 =id.

47
Théorème 3.12.
Tout élément du groupe Sn est produit de transpositions.
Démonstration. (1 2)2 = Id donc l’identité est bien un produit de transpositions.
Démontrons par récurrence sur p qu’un p−cycle est produit de transpositions.
• Puisqu’un 2−cycle est une transposition, la propriété est vraie pour p = 2.
• Supposons que p " 3 et la propriété vraie pour p−1. Soit s = (a1 a2 · · · ap ) un p−cycle. Nous
avons s = (a1 a2 )(a2 a3 · · · ap ). Par hypothèse de récurrence, le (p − 1)−cycle (a2 a3 · · · ap )
est produit de transpositions, par suite s l’est aussi. On a donc démontré que tout cycle de Sn
est produit de transpositions. Puisque tout élément de Sn différent de l’identité est produit de
cycles, on en déduit que tout élément de Sn différent de l’identité est produit de transpositions.

Théorème 3.13 (Conjugaison).


Soit s ∈ Sn . Alors pour tout (a1 , a2 , . . . , ap ) ∈ [[1, n]]p ,
s ◦ (a1 a2 . . . ap ) ◦ s−1 = (s(a1 ) s(a2 ) . . . s(ap )).
En particulier, pour τ une transposition,
τ ◦ (a1 a2 . . . ap ) ◦ τ = (τ (a1 ) τ (a2 ) . . . τ (ap )).
Démonstration. Il est facile de voir que s(ak ) a pour image s(ak+1 ) par les deux permutations
(avec la convention s(ap+1 ) = s(a1 )).
Reste à montrer que les autres éléments sont fixes par la permutation s ◦ (a1 a2 . . . ap ) ◦ s−1 .
Or ces autres éléments sont de la forme s(b) avec b ∈ / {a1 , a2 , . . . , ap }, donc
s ◦ (a1 a2 . . . ap ) ◦ s−1 (s(b)) = s ◦ (a1 a2 . . . ap )(b) = s(b).

Autre notation
Il est quelquefois pratique de noter une permutation s de Sn par :
8 9
1 2 ··· n
s(1) s(2) · · · s(n)
Pour un cycle de longueur p, on note :
8 9
a s(a) · · · sp−1 (a) b · · · n
(a, s(a), . . . , sp−1 (a)) =
s(a) s2 (a) · · · a b ··· n
Pour une transposition on la note souvent par
8 9
i j b ··· n
τij = (i j) =
j i b ··· n

3.5.1 Signature

Définition 67. Soit s ∈ Sn . On dit que (i j) est une inversion de s lorsqu’on a :


i < j et s(i) > s(j).
On note I(s) le nombre des inversions de s. On appelle signature de s le nombre
ε(s) = (−1)I(s) .
On dira qu’une permutation s est paire (resp. impaire) si sa signature est 1 (resp.
−1).

48
Proposition 22.
La signature ε : Sn → {−1, 1} est un morphisme de groupes de (Sn , ◦) et ({−1, 1} , ×),
i.e que ε(s ◦ s′ ) = ε(s)ε(s′ ).
Démonstration.
— Si s ∈ Sn , on a :
: s(i) − s(j)
ε(s) = .
i−j
i<j

— Si s et s′ sont deux éléments de Sn , on a :


: :
s ◦ s′ (i) − s ◦ s′ (j) s′ (i) − s′ (j)
i<j i<j
ε(s ◦ s′ ) = : × : .
′ ′
s (i) − s (j) i−j
i<j i<j

s′ étant une permutation de [[1, n]], et comme on a


:
s ◦ s′ (i) − s ◦ s′ (j)
s′ (i)− s′ (j) s′ (j)
− s′ (i) i<j
= , on a = ε(s).
i−j j−i s′ (i) − s′ (j)

Par conséquent ε(s ◦ s′ ) = ε(s) · ε(s′ ).

Proposition 23.
Pour toute transposition τij on a, ε(τij ) = −1.
Plus généralement, pour tout p − cycle s , on a : ε(s) = (−1)p−1
Démonstration. La première assertion est immédiate. Pour la seconde, on décompose le p-
cycle en produits de p − 1 transpositions.

Proposition 24.
Si la permutation s se décompose en produit de r cycles de supports 2 à 2 disjoints, on a :

ε(s) = (−1)n−r

!
Démonstration.
; Un cycle de longueur l a pour signature (−1)l−1 , la signature de s est (−1) (l−1) ,

(l − 1) = n − r d’où le résultat.

Exemple 40. 8 9
1 2 3 4 5 6 7 8 9
Dans S9 , la permutation s = s’écrit s = (1 8 3 2 5)◦(4 7 9)◦(6).
8 5 2 7 1 6 9 3 4
On a ε(s) = (−1)9−3 = 1

Définition 68. Le groupe alterné d’ordre n est le sous-groupe de Sn noyau du


morphisme ε : (Sn , ◦) → ({−1, 1} , ×).

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