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LES ELEMENTS DE MEMOIRES CHAPITRE 1

Chapitre 1 : LES ELEMENTS DE MEMOIRE


L’étude des circuits logiques s’est limitée jusqu’à maintenant aux circuits combinatoires. En
logique combinatoire, l’état logique des sorties, à un instant donné, ne dépend que des valeurs
détectées par les entrées telles que les boutons poussoirs, les interrupteurs ou les capteurs.
Cependant, lors de l’élaboration des systèmes de commande et d’automatisation, on désire
souvent que les circuits logiques réagissent non seulement selon l’état des entrées, mais aussi
qu’ils tiennent compte d’éléments antérieurs. Ce genre de circuits correspond à la logique
séquentielle et fait intervenir le concept de mémorisation.

I. Concept de mémorisation
1. Principe de la logique séquentielle :

Un circuit séquentiel fait intervenir des variables d’entrée et des dispositifs de mémoire. Un
circuit séquentiel est fait de sorte qu’il se « rappelle » sa séquence de fonctionnement. Exemple
d’un poste marche-arrêt qui commande le fonctionnement d’un moteur. Une action
momentanée sur le bouton- poussoir « arrêt » n’est pas actionné. Dans le tableau de la figure
1, on remarque que les variables d’entrée des étapes 1 et 3 ont la même valeur, mais que l’état
de la sortie est différent ; un dispositif de mémoire a maintenu le moteur en marche. Il devient
donc impossible de construire une table de Karnaugh comme en logique combinatoire et
de réaliser le circuit à l’aide de simples portes logiques.

Etape Bouton-poussoir Bouton-poussoir Moteur


« marche » « arrêt »
1 0 0 0
2 1 0 1
3 0 0 1
4 0 1 0
5 0 0 0
Figure 1 : Poste marche-arrêt

On peut dire que le concept de mémorisation est l'élément fondamental de la logique


séquentielle. Le concept de mémorisation est la capacité d'emmagasiner de l'information aussi
longtemps qu'il est nécessaire de le faire. Cette information sera disponible en tout temps à la
sortie du circuit logique séquentiel. De plus, ce circuit se « rappelle » son état logique précédent
par l’intermédiaire d’une rétroaction qui renvoie le contenu de la mémoire vers l’entrée. Les
circuits séquentiels accomplissent donc une séquence d’opération bien précise et
respectent un déroulement ordonné.

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LES ELEMENTS DE MEMOIRES CHAPITRE 1

Sorties logiques Sorties des mémoires


c

Entrée Portes Dispositif


logiques de mémoire
combinatoire
s
Rétroaction
Figure 2 : Schéma général d’un circuit séquentiel

2. Synchronisation des circuits :

Il existe des circuits séquentiels synchrones et asynchrones. La différence entre ces deux
catégories se situe au regard du synchronisme des actions. Un circuit asynchrone peut changer
d’état à tout moment selon les variables d’entrées. Par contre, un circuit synchrone incorpore
un signal d’horloge qui sert à enclencher les actions.

a) Circuit séquentiel asynchrone :

Dans un circuit séquentiel asynchrone, le changement de l’état logique de la sortie peut


s’effectuer à n’importe quel moment selon le changement des variables d’entrée. La
détermination de l’état logique du système s’effectue instantanément, d’où la difficulté de
concevoir, et surtout de dépanner des circuits asynchrones.

b) Circuit séquentiel synchrone :

Dans un circuit séquentiel synchrone, un signal d’horloge commande le changement de l’état


logique de la sortie. Le système est alors susceptible de changer d’état uniquement à des
moments précis déterminés par l’horloge. Cela facilite la conception et le dépannage du circuit
par une analyse pas à pas dictée par chaque coup de l’horloge. Il faut noter que les variables
doivent être constantes et non fugitives au moment précis du coup de l’horloge, sinon elles ne
seront pas prises en considération. (L’expression « variables constantes » signifie que les
variables sont dans un état stable).

c) Signal d’horloge :

Un signal d’horloge permet de régler la cadence des circuits synchrones en coordonnant leurs
actions. L’horloge génère habituellement un train d’ondes carrées d’une durée fixe. Cette
durée s’appelle période et se mesure en secondes. La fréquence de l’onde correspond à
l’inverse de la période et se mesure en hertz(Hz).

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LES ELEMENTS DE MEMOIRES CHAPITRE 1

Front montant Front descendant

T
T : période (seconde)
Figure 3 : Signal d’horloge

Remarque : En pratique, on utilise un générateur d’ondes carrées ou encore circuit


intégré 555 pour générer un train d’ondes.

Il importe de distinguer les niveaux et les transitions d’une onde carrée. Vous connaissez déjà
le niveau BAS (état logique 0) et le niveau HAUT (état logique 1) associés aux états stables
d’une onde. Les transitions correspondent aux changements d’un état stable vers un autre. On
désigne le signal ascendant par l’expression front montant (transition positive de 0 à1) et le
signal descendant, par front descendant (transition négative de 1 à 0). On doit faire preuve de
vigilance lors du choix des composants, car les manufacturiers fabriquent des bascules
synchrones actives selon différentes conditions de l’horloge. A la section suivante, vous
étudierez les bascules, qui constituent les éléments de mémoire les plus répandus des circuits
logiques séquentiels.

a) Déclenchée par b) Déclenchée par c) déclenchée par


un niveau haut un front montant un front descendant

Table de Symbole Table de Symbole Table de Symbole


vérité vérité vérité
𝑄 𝑄 𝑄
CK CK CK
𝑄 𝑄 𝑄

Figure 4 : Différentes entrées d’horloge

La figure 4 montre les trois possibilités qui déclenchent l’entrée d’horloge CK (Clock) d’une
bascule. Il y a d’abord l’entrée d’horloge directe, qui fonctionne sur un niveau haut (figure 4
a). Seules les lettres « CK » identifient cette entrée. Il y a ensuite les composants sensibles à
un signal d’horloge dynamique (figure 4 b et c). Le petit triangle indique que l’entrée d’horloge
détecte le passage d’un front. Il s’agit d’un front descendant si le symbole inclut un petit cercle
devant l’entrée (figure 4 c).

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LES ELEMENTS DE MEMOIRES CHAPITRE 1

II. Bascules
Les bascules (flips-flops) constituent les unités de mémoire les plus répandues. Elles ont la
capacité de capter une information binaire fugitive et de conserver. La bascule mémorise donc
un seul bit. La simplicité de fonctionnement des bascules et leur facilité de raccordement avec
d’autres composants logiques favorisent leur utilisation dans les circuits logiques séquentiels.

1. Description générale

La figure 5 présente le symbole général d’une bascule. Chacun des modèles de bascule possède
des entrées qui le caractérisent. Cependant, les bascules ont toutes deux sortes dont l’une est le
complément de l’autre.

𝑄 Sortie normale

Entrées FF

𝑄 Sortie complémentée

Figure 5 : Symbole général d’une bascule

Une bascule dispose de deux états de fonctionnement, c’est-à-dire deux états stables, soit :

1) Q = 0 et 𝑄 = 1
2) Q = 1 et 𝑄 = 0

Remarque : La sortie normale (Q) détermine toujours l’état de la bascule. En pratique,


la sortie complémentée (𝑸 ) sert uniquement à simplifier le montage en évitant l’emploi
des inverseurs.
L’état de la bascule dépend des conditions présentes aux entrées. Elle conserve alors son
information (bit) jusqu’à ce que d’autres conditions la fassent « basculer » d’un état à un
autre.

2. Bascule S-R :

La bascule S-R constitue l’élément fondamental de la logique séquentielle en électronique.


D’ailleurs, le principe de fonctionnement de plusieurs autres éléments de mémoire, allant
même jusqu’aux mémoires vives (R.A.M. Random Access Memory), repose sur un concept

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LES ELEMENTS DE MEMOIRES CHAPITRE 1

semblable.
Table de vérité
S Q
S Q 𝑸
R R
𝑸
0 0 Indéterminées
Active à 0 0 1 1 0
1 0 0 1
1 1 Inchangées
Figure 6 : Bascule S-R

Sur la figure 6, les bornes d’entrée de cette unité de mémoire sont identifiées par les lettres S
(Set = mise à 1) et R (Reset = remise à 0), d’où l’appellation de bascule S-R. Notez aussi
l’absence d’une entrée d’horloge. De ce fait, cette bascule a un fonctionnement asynchrone
contrairement à toutes les autres. On l’appelle aussi mémoire binaire « latch » à défaut d’une
entrée d’un signal d’horloge.

La table de vérité de la figure 6 démontre le fonctionnement du dispositif. On remarque qu’il


y a deux conditions ambiguës, qui varient selon les portes employées pour la réalisation du
circuit. Il devient alors plus facile de se reporter au schéma de construction interne pour
comprendre le fonctionnement du circuit (figures 7 et 8).

a. Construction en porte NON-ET :

Comme le montre la figure 7 a), la bascule S-R est habituellement construite à l’aide de deux
portes NON- ET dont les entrées et les sorties sont interconnectées. Pour facilité l’explication
du circuit.

a) b) Chronogramme

𝑆 1
Q S
& 0
1
R
0
1
Q
0
& Q
R
Figure 7 : Bascule R-S en portes NON- ET

L’étude du chronogramme démontre clairement que la sortie de la bascule dépend non


seulement des entrées, mais aussi du passé (état précédent) du circuit. Soit l’état dans lequel la
bascule se trouvait avant l’application des signaux d’entrée. Cependant, la combinaison S
= R =0 doit être évitée, car elle équivaut à vouloir forcer la sortie à 1 et à 0 simultanément. Il
est donc impossible d’en prévoir le résultat.

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LES ELEMENTS DE MEMOIRES CHAPITRE 1

b. Construction en portes NON- OU :

On peut aussi réaliser une bascule S-R avec des portes NON- OU. Notez l’inversion
l’emplacement des entrées S et R. l’analyse du circuit reste toutefois la même. Par contre, la
bascule devient active au niveau HAUT, ce qui explique les entrées directes sur le symbole de
la figure 8.

Symbole équivalent
S Q Table de vérité

S R Q 𝑄
R 𝑸 0 0 Inchangées
0 1 0 1
Active à 1
1 0 1 0
1 1 Indéterminées

Figure 8 : Bascule en portes NON- OU

Application :

L’interrupteur anti- rebondissement constitue l’application typique de la bascule S-R. il sert à


éliminer les transitions indésirables causées par les interrupteurs mécaniques. Le
chronogramme de la figure 9 fait voir les rebondissements du contact de l’interrupteur meme
si leur durée est de seulement quelques millisecondes, ces rebonds doivent être éliminés pour
assurer le bon fonctionnement du circuit.

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3. Bascule S-R synchrone :

En modifiant le circuit initial de la bascule, il devient possible de concevoir une bascule S-R
synchrone (figure 10). Les changements de l’état logique des sorties ne surviennent qu’en
présence d’un niveau HAUT d’un signal d’horloge.

Synchronisation Bascule S-R Symbole équivalent

CK CK

Table de vérité

S R CK Q 𝑄
0 0 Inchangées
0 1 0 1
1 0 1 0
1 1 Indéterminées
X X 0 Inchangées

Figure 10 : Bascule S-R synchrone

Dans la table de vérité, l’entrée « CK » détermine le moment où la bascule pourra changer


d’état, tandis que les entrées « S » et « R » déterminent l’état que devra prendre la sortie de la
bascule.

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LES ELEMENTS DE MEMOIRES CHAPITRE 1

4. Bascule J-K :

Tous les modèles de bascules J-k possèdent une entrée d’horloge, ce qui les classe
nécessairement dans la catégorie des bascules synchrones. Aucune raison particulière n’est
associée à l’appellation « J » et « K » des entrées. Cependant, elles remplissent les mêmes
fonctions que les entrées S (J = mise à 1) et R (K = remise à zéro) d’une bascule S-R.

Table de vérité
Symbole
J K CK Q 𝑄
0 0 Inchangées
CK 0 1 0 1
1 0 1 0
1 1 Basculement
X X 0 Inchangées

Figure 11 : Bascule JK

La table de vérité de la figure 11 dévoile la particularité de ce composant : la condition


d’entrée J = K = 1 provoque le basculement de la sortie plutôt qu’un état indéterminé. Dans
ce cas, le chronogramme indique que chaque front montant du signal d’horloge fait changer la
sortie à l’état opposé à celui présent avant le signal d’horloge (0 1 ou 1 0). Les entrées J
et K n’ont donc aucun effet sans la présence du signal d’horloge.

Remarque : Certains fabricants conçoivent les tables de vérités avec les variables Qn et
Qn+1, dans lesquelles Qn représente l’état de la bascule avant l’arrivée du signa d’horloge
et Qn+1, l’état de la bascule après l’arrivée du signal d’horloge.

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LES ELEMENTS DE MEMOIRES CHAPITRE 1

a. Entées asynchrones :

Il arrive parfois que l’on désire transmettre une commande à la bascule sans pour se préoccuper
du signal d’horloge. Pensez à la remise à zéro d’un compteur par exemple. Pour ce faire,
plusieurs modèles de bascules sont munis d’entrées commande vues jusqu’à maintenant. Voici
la description et la fonction de ces entrées :

- Remise à un ou RAU (preset ou PR) = force immédiatement l’état de la bascule au


niveau HAUT ;
- Remise à zéro ou RAZ (clear ou CLR) = force immédiatement l’état de la bascule au
niveau BAS.

Habituellement, on sollicite ces entres, selon les besoins. A l’aide de boutons-poussoirs. La


bascule réagit alors au premier signal détecté. D’autre part, il existe sur le marché des
modèles dépourvus de ces bornes d’entrées, d’autres qui en possèdent une seule ou encore les
deux. La plupart de ces entrées sont activées au niveau BAS. C’est -à- dire lorsqu’on les met
à la masse. Quand elles ne servent pas, on doit les raccorder au potentiel de la source (+ Vcc
ou masse, selon le cas) afin de les rendre inopérantes.

PR

La méthode de raccordement apparaissant à la figure 12 provoque un fonctionnement


synchrone de la bascule, qui répond aux conditions de J, K et CK. Lorsque le bouton-poussoir
est actionné, un niveau BAS apparait à l’entre CLR et provoque la remise à zéro de la bascule.

b. Applications :

La bascule J-K constitue aujourd’hui le type de bascule le plus évolué et le plus répandu, surtout
du fait qu’elle ne comporte aucun état indéfini. On la qualifie d’universelle, car il est facile de
la raccorder de manière à simuler les autre modèles de bascules. On la retrouve donc
massivement dans les compteurs, comme unité de mémoire dans les systèmes séquentiels et
dans la plupart des autres dispositifs numériques. Seul son coût plus élevé fait que les
concepteurs de circuits optent pour un autre modèle de bascule.

5. Bascule D :

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LES ELEMENTS DE MEMOIRES CHAPITRE 1

La bascule D tient son nom de sa capacité d’emmagasiner une donnée (data) en accord avec le
signal d’horloge. Son fonctionnement est des plus simple, car elle enregistre directement la
valeur présente à l’entée synchrone D et la transfère à la sortie normale Q sous la commande
de l’horloge, comme en témoigne la figure 14. Le symbole équivalent vous permet de constater
qu’il est aussi possible de simuler son fonctionnement à partir d’une bascule J-K et d’un
inverseur.

Symbole
Table de vérité

D CK Q 𝑄
0 0 1
1 1 0
X H Inchangées

Equivalent

Figure 14 : Bascule D

Remarque : Certains fabricants identifient l’entrée d’horloge par la notation « T » pour


indiquer sa fonction de déclenchement (Trigger). En outre quelques modèles peuvent être
munis d’entrées asynchrones (RAU ou RAZ), ce qui explique la variété de modèles offerts sur
le marché.

Application : La plupart des applications de la bascule D concernent le transfert de données.


Comme vous le verrez dans la section suivante, le fonctionnement des registres repose sur la
capacité de mémorisation de ce composant. Il permet alors le stockage et le transfert des
données en série ou en parallèle, selon le cas.

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LES AFFICHEURS CHAPITRE 2

Chapitre 2 : Les afficheurs


I. Le codeur et le décodeur

1. Le codeur :

C'est un circuit à N entrées dont une seulement est active et qui délivre sur n sorties (en code binaire
ou autre) le numéro de l'entrée.

Exemple :

On prend comme exemple le codeur 74148 (voir figure 1). Cet élément décode 8 lignes d'entrée en
3 lignes de sortie (code binaire). Pour le montage en cascade de plusieurs éléments, la sortie EO du
premier élément est relie à l'entrée El du deuxième élément et ainsi de suite. Il n'est pas nécessaire
d'utiliser des éléments supplémentaires.

Lorsque toutes les lignes d'entrée se trouvent au niveau H, les sorties ont également le niveau H. En
état actif, tous les niveaux d'entrées et de sortie sont à l'état bas.

Figure 1 : Caracteristique CI 74148

2. Le décodeur

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LES AFFICHEURS CHAPITRE 2

Le décodage consiste à sélectionner une sortie ou un groupe de sortie en fonction d'un code
d'entrée. On dit que le code d'entrée identifie l’adresse de la sortie.
Exemple : Le CI 74138 (voir figure 2)

Ces circuits à haute performance sont des décodeurs de trois lignes en huit lignes. Ce décodeur est en
fonction seulement lorsque les entrées G2A = G2B = 0 et que G1 = 1.

Autrement les sorties du décodeur sont paralysées, peu importe le code d'entrée. Ces entrées de
validation réduisent I ‘emploi de portes externes et d'inverseurs.

Figure 2 : Carasteristique CI 74138

II. Le décodeur pilote d'affichage :

Plusieurs dispositifs de décodage servent à la représentation de données à l'aide d'un afficheur


décimal. C'est le cas des afficheurs à sept segments.

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LES AFFICHEURS CHAPITRE 2

1. Afficheur DCB à sept segments :


L'appellation « sept segments » provient de l'agencement de sept DEL de manière à pouvoir
afficher les dix chiffres de 0 jusqu'à 9. La
particularité des décodeurs pilotes d'affichage vient du fait que, pour un code d'entrée distinct,
plusieurs sorties deviennent actives simultanément afin d'afficher les différents caractères. Un
décodeur pilote d'affichage est donc conçu pour être relié directement à un afficheur. La figure3
montre la disposition des segments d'un afficheur ainsi que les seize combinaisons possibles
obtenues avec la plupart des décodeurs. Remarquez qu’une sortie peut être sollicitée par plusieurs
codes d’entrée. Par exemple, le segment « f » scintille pour les chiffres 0, 4, 5, 6, 8 et 9.

Figure 3 : Identification et disposition des segments

La figure 4 montre le raccordement d'un afficheur ainsi que la table de vérité du décodeur. Comme
le décodeur 7447 est dote de sorties vraies au niveau BAS, les «0» présents aux sorties de la table de
vérité se traduisent par des segments allumes. De plus, I ‘anode de chacun des segments est reliée à
une borne commune connectée à l'alimentation Vcc. On décrit cet afficheur à DEL comme étant à
anode commune.

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LES AFFICHEURS CHAPITRE 2

+Vcc

Code DCB
Figure 4 : Raccordement d’un afficheur à anode commune

Il existe aussi des afficheurs à DEL à cathode commune. La figure 5 montre le raccordement interne
des DEL de chacun des types d'afficheurs. Pour piloter un afficheur à cathode commune, le décodeur
doit être doté de sorties vraies au niveau HAUT, car la borne commune de l'afficheur se relie à la
masse du circuit.

Figure 6 : Les types d’afficheurs

2. Afficheur à cristaux liquides

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LES AFFICHEURS CHAPITRE 2

Le pilotage des afficheurs à cristaux liquides (ACL ou de l’anglais LCD : (Liquid Crystal Display)
s’effectue par une méthode similaire à celle des afficheurs à DEL. Ce type
d'afficheur n'émet aucune lumière en l'absence de source lumineuse extérieure. Ce type
d'afficheur est plus adapte à la technologie CMOS. La plaque arrière d’un ACL constitue une
borne commune à tous les segments. Il se forme une sorte de condensateur entre chacun des
segments et cette plaque arrière. En raison de leur comportement capacitif, les ACL
consomment très peu d’énergie. C’est la raison pour laquelle on les emploie fréquemment dans
les dispositifs à pile tels que les appareils de mesure, les montres et les calculatrices

Figure 6 : Afficheur à cristaux liquide

III. Multiplexeurs
1. Principe d'un multiplexeur
Un multiplexeur agit comme un interrupteur à pôles multiples. Il sélectionne une des entrées pour la
faire apparaitre à la sortie. C'est la raison pour laquelle on l'appelle parfois sélecteur de données.
L'aiguillage de l'entrée des données s'effectue par des lignes de sélection qui répondent à un code
binaire. La figure 7 montre un multiplexeur à huit entrées. Le code d'entrée applique sur les lignes de
sélection C B A détermine l'entrée qui sera transmise a la sortie.

La table de vérité de la figure 7 prouve la transparence d'un multiplexeur lorsqu'une entrée est
activée. Peu importe le contenu de l'entrée sélectionnée, l'information apparait intégralement à la
sortie. Dans ce cas-ci, on est en mesure de multiplexer des données binaires.

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LES AFFICHEURS CHAPITRE 2

Figure 7 : Mutiplexeur à huit entrées

2. Affichage multiplexe

La majorité des afficheurs multiplexes fonctionnent selon le principe du temps partage (time
sharing), c'est-a-dire que tous les afficheurs sont actives séquentiellement dans le but d'économiser
de l'énergie. Grace à cette technique, un seul décodeur sert pour tous les afficheurs. Ceux-ci
s'allument un à la fois à une vitesse suffisante pour éliminer les oscillations lumineuses. Pour l'œil
humain, l'affichage parait continuellement allume, car la vitesse de commutation est habituellement
supérieure à 1 kHz.

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LES AFFICHEURS CHAPITRE 2

Figure8 :Pricipe de l’affichage multiplexé

A la figure 8 le sélecteur d'affichage détermine l'afficheur qui sera allume, tandis que le décodeur
DCB à sept segments transmet le chiffre qui sera affiche. Supposez que l'interrupteur 1 soit ferme;
le chiffre défini par le décodeur sera affiche en position 1 pour un court laps de temps. Le sélecteur
de position passera ensuite à la position suivante; le chiffre en position 1 s'éteindra pour permettre
l'alimentation du chiffre en position 2. La séquence d'alimentation se poursuivra jusqu'au dernier
chiffre puis recommencera à partir du début.

La figure 9 montre le diagramme bloc d'un circuit d'affichage multiplexe à quatre chiffres. Notez la
présence d'un seul décodeur DCB pour les quatre afficheurs. Le compteur à 2 bits sert à dicter la
séquence d'allumage pour permettre l'alimentation de chacun des afficheurs à tour de rôle. Le
chronogramme décrit précisément ce qui se passe à chacune des étapes. Le multiplexeur fournit le
contenu à afficher selon le chiffre sélectionne.

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LES AFFICHEURS CHAPITRE 2

Figure 9 :Diagramme bloc

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LES COMPTEURS CHAPITRE 3

Chapitre 3 : Les compteurs

I. Identification de la fonction
La fonction comptage existe dans de nombreux systèmes dans lesquels le résultat d'un calcul
effectué : sur une série d'objets, ou sur la répétition d'un évènement. déclenche :

 une décision prise par l'utilisateur,


 ou une action gérée automatiquement par le système.
Exemples :
- Un poste de sciage s'arrête après avoir débité 20 pièces d'un même lot.
- Dans un système à programmation chronologique, le comptage du temps écoulé permet de
déclencher automatiquement certaines opérations : arrosage d'un jardin, mise en marche d'un
appareil électroménager, allumage d'un feu de signalisation…

Un système de comptage comprend toujours un compteur.

Un compteur est un système logique dont le mot binaire en sortie se modifie chaque fois qu'une
information est appliquée à son entrée.

Suivant qu'une nouvelle impulsion incrémente (n+1) ou décrémente (n-1) la valeur binaire du mot
de sortie, le circuit fonctionne en compteur ou en décompteur.

II. Caractéristiques des compteurs

La caractéristique principale d'un compteur est sa capacité de comptage. Cette capacité de


comptage détermine le nombre de bits du mot binaire de sortie.

1. Compteur Modulo 2

Le mot binaire de sortie du compteur le plus simple n'a qu'un bit qui ne peut donc prendre que l'état
logique 0 ou 1 lorsque les impulsions à compter se succèdent sur l'entrée du compteur. Le mot de
sortie est à l'état logique 1 toutes les deux impulsions, le compteur divise par 2 le nombre des
impulsions d'entrée. Cette caractéristique de division est désignée par le modulo du compteur qui
dans ce cas est 2. La structure d'un compteur modulo 2 est une bascule :

- du type D,
- ou du type JK,

2. Compteur Modulo 2N
Un compteur modulo 2 étant constitue d'une bascule, il est possible :

- d'associer 2 bascules pour réaliser un compteur modulo 4 soit 22,


- d'associer 3 bascules pour réaliser un compteur modulo 8 soit 23,

3. Compteur dont le modulo est diffèrent de 2N :

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LES COMPTEURS CHAPITRE 3

II est toujours possible de réaliser un compteur dont le modulo est diffèrent de 2N. II suffit de forcer sa
réinitialisation à zéro avec le mot de sortie qui suit immédiatement la dernière impulsion comptée.

De plus, les compteurs binaires sont classes en 2 catégories :

- Les compteurs asynchrones,


- Les compteurs synchrones.
4. Compteur binaire asynchrone

Dans ce type de structure, l’impulsion de progression du compteur est appliquée sur l'entrée
d'horloge du premier étage, les entrées d'horloge des autres bascules reçoivent le signal de sortie
de l'étage précèdent.

5. Compteur binaire synchrone


Dans la structure synchrone, l'horloge est la même pour tous les étages : le basculement de toutes
les bascules se fait en même temps.

III. Les compteurs asynchrones


Le terme « asynchrone » se définit comme l'absence de synchronisme des signaux qui déclenchent
la commande d'un circuit. Comme les entrées d'horloge remplissent habituellement cette fonction,
les compteurs asynchrones ne possèdent pas de ligne commune qui relie toutes les entrées
d'horloge des bascules. Par conséquent, on branche le signal d'horloge uniquement à la première
bascule. Le signal de sortie de cette première bascule sert d'horloge à la seconde bascule et ainsi de
suite.

Les compteurs asynchrones sont les plus simples à concevoir. Toute fois, le délai de propagation
qu’ils engendrent provoque des imprécisions importantes. On évite donc leur utilisation pour la
mesure précise du temps.

1. Compteur modulo 8 asynchrone


On réalise ce compteur en branchant en cascade trois bascules JK. La sortie de la première bascule
devient l'entrée d'horloge de la deuxième bascule, la sortie de la deuxième bascule devient l'horloge
de la troisième bascule.

Figure 1 : Compteur modulo 8 asynchrone

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LES COMPTEURS CHAPITRE 3

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LES COMPTEURS CHAPITRE 3

Table de vérité et chronogramme du Compteur modulo 8 asynchrone.

Figure 2 : Table de vérité et chronogramme du compteur modulo 8

2. Compteur modulo 10 asynchrone (compteur DCB)


Un compteur modulo 10 possède dix états, qui correspondent aux équivalents binaires des nombres
de 0 à 9. Sa réalisation nécessite l'utilisation de quatre bascules. De même il peut diviser la fréquence
d'entée par dix. Un compteur DCB dénombre les états de (0000)2 à (1001)2. Il est très répandu, car il
établit le lien avec les dispositifs d'affichage numériques qui permettent de représenter les nombres
décimaux de 0 à 9 par l'intermédiaire du code DCB. Il suffit de raccorder la sortie des bascules à un
décodeur DCB qui pilote un afficheur à sept segments.

Figure 3 : Compteur modulo- 10 asynchrone

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LES COMPTEURS CHAPITRE 3

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LES COMPTEURS CHAPITRE 3

Figure 4 : Décodeur 7447 et afficheur anode commune

3. Décompteur modulo 8 asynchrone


Pour obtenir un décompteur, il faut regarder les sorties 𝑄𝑖 ou brancher les sorties 𝑄𝑖 de chaque
bascule sur l'horloge de la bascule suivante et regarder l'évolution des sorties Qi.

Figure 5 : Décompeur modulo-8 asynchrone

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LES COMPTEURS CHAPITRE 3

Table de vérité et chronogramme du décompteur modulo 8 asynchrone.

Figure 6:Table de vérité et chronogramme du décompteur modulo- 8 asychrone

IV. Les compteurs synchrones

1. Compteur modulo 8 synchrone


L'impulsion d'horloge est appliquée simultanément à chaque bascule. Celles-ci évoluent en fonction
des informations présentent sur leurs entrées J, K au moment ou apparait l'impulsion. Il faut donc
repositionner J et K à l'instant t pour obtenir le basculement désire à l'instant t+ 1.

Figure 7 : La table de vérité de la bascule JK entre l'état n et n+ 1

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LES COMPTEURS CHAPITRE 3

Si Qc, Qb et Qa son les sorties de trois bascules on a la table de vérité suivante :

Figure 8 : La table de vérité du Compteur modulo 8 synchrone

a. Equations des entrées J et K :

On peut obtenir ces équations en utilisant le tableau de KARNAUGH

Ja=Ka= 1

Jb = Kb= Qa

Jc = Kc = Qa . Qb

b. Schéma

Figure 9 : Compteur modulo 8 synchrone

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LES COMPTEURS CHAPITRE 3

2. Compteur DCB (modulo 10) synchrone


Par le même raisonnement on peut obtenir le compteur modulo 10 synchrone.

Figure 10 : Compteur modulo 10 synchrone

3. Décompteur modulo 8 synchrone:


Par le même raisonnement on peut obtenir.

Figure 11: La table de vérité du décompteur modulo 8 synchrone

Equations des entrées J et K :

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LES COMPTEURS CHAPITRE 3

On peut obtenir ces équations en utilisant le tableau de KARNAUGH

Ja = Ka = 1.

Jb = Kb = 𝑄𝑎

Jc = Kc = 𝑄𝑎 . 𝑄𝑏

Schéma

Figure 12 : Décompteur modulo 8 synchrone

V. Les compteurs intégrés


On prend comme exemple le circuit intégré 7490. Ce compteur peut servir de diviseur à décade
(diviseur de fréquence par dix) symétrique, de compteur MODULO, et surtout de compteur DCB pour
les dispositifs d'affichage.

1. Principe de fonctionnement :

Il renferme quatre bascules et un ensemble de porte logique pour créer la séquence DCB. Il possède
de plus des entées doubles de remise à zéro (R0) et de remise à neuf (R9) asynchrones.

D'autre part, comme le montre la figure 13 La bascule A n'a pas de connexion interne avec les trois
autres bascules. II faut alors raccorder les deux sections de bascules selon la fonction à réaliser.

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LES COMPTEURS CHAPITRE 3

Figure13 : Compteur 7490

2. Diviseur par dix symétriques

Les diviseurs à décade par dix n'ont pas une onde de sortie symétrique. Le CI 7490 permet de corriger
cette situation.

On sait que qu'un diviseur par deux est symétrique. Il devient possible de produire cette symétrie
avec le CI 7490 en inversant simplement l'ordre de succession des bascules.

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LES COMPTEURS CHAPITRE 3

Figure 14 : Diviseur par dix symétrique

En branchant la sortie D à l'entrée de la bascule A, on inverse l'ordre du diviseur, qui effectue d'abord
la division par cinq et ensuite la division par deux. Le contenu des données binaires devient (ADCB)2
permettant ainsi au signal de la sortie A d'être symétrique.

3. Compteur MODULO-N
On réalise, des compteurs MODULO asynchrone de manière identique à celle vue précédemment. Par
contre, on fait la remise à zéro sans avoir recours à d'autres portes logiques externes en tirant profit
de la porte NON-ET à l’ intérieur du CI 7490.

Selon l'exemple du compteur MODULO-6 de la figure 15 on décode l'état intermédiaire (0110) 2 pour
connecter ce signal à l'entrée de remise à zéro asynchrone (RO) du compteur.

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LES COMPTEURS CHAPITRE 3

Figure 15 : Compteur modulo-6

4. Compteur DCB (modulo10)


Pour réaliser un compteur DCB, il suffit simplement de coupler le diviseur par deux avec le diviseur
par cinq pour obtenir la séquence de comptage de la figure 16 a). Toutefois, on a avantage à
brancher les compteurs intégrés en cascade afin d’augmenter la séquence de comptage jusqu’à des
dizaines, voire des milliers de comptes.

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LES COMPTEURS CHAPITRE 3

Figure 16 : Compteur DCB

5. Compteur en cascade
Si l'on analyse la sequence des nombres binaires d'un compteur DCB à deux chiffres

(MODULO-100), on s'aperçoit que le chiffre des dizaines doit s'incrémenter au moment ou les unités
passent de 9 à 0. Si l'on utilise la sortie D des unités comme signal d'horloge pour le compteur des
dizaines, le chiffre des dizaines s'incrémentera au bon moment en accord avec le signal d'horloge
suivant. La figure 17 présente le branchement d'un compteur à deux chiffres.

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LES COMPTEURS CHAPITRE 3

Figgure 17 : Compteur DCB à deux chiffres

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LES SEQUENCEURS CHAPITRE 4

Chapitre 4 : Les séquenceurs


I. Description du grafcet
La méthode de résolution par grafcet (GRAphe Fonctionnel de Commande des Etapes et des
Transitions) vise à permettre l’étude d’un automatisme de manière rigoureuse et facile à
appliquer en industrie. Le grafcet constitue en quelque sorte un «diagramme d’états raffiné ».
Parce qu’il est normalisé et reconnu par les organismes internationaux, le grafcet tend à
remplacer toutes les autres méthodes d’analyse du fonctionnement d’un automatisme.

Un projet d’automatisation requiert la collaboration de divers spécialistes du milieu industriel.


Chaque spécialiste intervient dans le processus avec son propre langage (automatique,
informatique, contrôle des procédés, entretien, etc.). Elément de communication entre ces
intervenants, le grafcet devient le point de départ du développement de tout projet
d’automatisation. En effet, le grafcet est un outil de représentation graphique du cahier des
charges qui accompagne le système automatisé, de sa conception à son exploitation. Ainsi, le
personnel de production des séquences d’un système automatisé, car le grafcet décrit le projet
d’une manière graphique et littérale sans exiger une connaissance approfondie des technologies
utilisées.

1. Synthèse d‘un automatisme séquentiel

La synthèse d’un automatisme séquentiel (séquenceur) consiste à établir des relations entre les
informations d’entrée et les dispositifs de sortie, à travers une unité de commande. Ces relations
se décomposent généralement en étapes ou en séquences selon un ordre chronologique
déterminé par les spécifications fonctionnelles (description du cycle, marche de
l’automatisme…). Des considérations technologiques (choix du matérielles, choix des sources
d’énergie, contraintes environnementales…) et opérationnelles (cadence, fiabilité,
maintenance, sécurité…) influencent aussi la réalisation d’un automatisme.

2. Caractéristiques graphiques du grafcet

Un séquenceur effectue un parcours préétabli. En partant d’un état donné, le séquenceur réalise
différentes actions et revient à l’état de départ. Tout ce qui ce passe entre les deux états de
départ s’appelle cycle. De plus, l’état de départ constitue l’état initial. Considérez l’exemple
d’une machine à percer dont le schéma de fonctionnement apparait à la figure 1.

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LES SEQUENCEURS CHAPITRE 4

Position Marche
haut

Position
basse

Figure 1 : Séquence de fonctionnement d’une perceuse

Le cycle de fonctionnement de cette perceuse se compose d’une attente de l’ordre de marche


(départ cycle) à l’état initial, d’une descente en grande vitesse (approche), d’une descente en
petite vitesse (perçage) jusqu’au niveau bas, d’une remontée et dégagement en grande vitesse
jusqu’au niveau haut. A partir de cet exemple, on peut détailler les éléments qui composent le
graphique.

- L’étape initiale est représentée par une boite à double carré qui indique le début de
la séquence. Elle évoque une situation particulière imposée par les conditions de
départ du cycle.
- L’étape détermine les actions réalisées à un instant donné. Elle est représentée par
une boîte contenant un numéro. On indique les actions associées à une étape à
l’intérieur d’un rectangle rattaché à la boîte par un tiret à la droite du symbole de
l’étape. A un instant donné du fonctionnement du séquenceur, une étape est soit
active, soit inactive. On peut indiquer les étapes actives à un instant bien précis en
plaçant un point sous le numéro de l’étape.
- La transition constitue le lien entre deux étapes. Elle détermine le passage de la fin
d’une étape au début d’une autre. Une transition est franchie à certaines conditions.
Ces conditions se nomment « réceptivité ». la réceptivité d’une transition s’écrit sous
la forme d’une proposition logique (fonction combinatoire) et représente l’évènement
attendu (condition) pour franchir cette transition. Les variables d’entrée de cette
fonction peuvent provenir des entrées et des sorties du système de commande, de
variables auxiliaires ou de l’état des autres étapes. On symbolise une transition par
un trait perpendiculaire à la liaison qui joint deux étapes.

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LES SEQUENCEURS CHAPITRE 4

- Les liaisons orientées relient les étapes entre elles. Elles indiquent les voies
d’évolution du grafcet. On symbolise les liaisons orientées par des lignes verticales
ou horizontales. Par convention, l’évolution s’effectue toujours du haut vers le bas.
On ajoute une pointe de flèche seulement lorsqu’on ne respecte pas cette convention.

En somme, un grafcet représente une succession alternée d’étapes et de transitions. A chaque


étape, on associe les actions à réaliser. A chaque transition, on associe la condition logique
permettant de valider réceptivité. La figure 2 montre un tableau de synthèse des caractéristiques
graphiques du grafcet.

symbole description

1 Etape initiale

3 Action1 Etape 3, qui réalise une action

5 Action 1 ; action 2 Etape 5, qui réalise deux actions


simultanées
L’activation du bouton-poussoir
TR1 Marche
« marche » constitue la
réceptivité de la transition 1

Figure 2 : Symbolisation du grafcet

3. Niveaux de spécifications
Lorsqu’on aborde la description d’un système séquentiel, on décrit les actions que doit
accomplir l’automatisme devant les différentes situations pouvant se présenter. Dans le cahier
des charges, les spécifications fonctionnelles définissent de manière claire et précise les
différentes fonctions, informations et commandes engagées dans le processus sans préjuger de
la technologie qui sera mise en œuvre pour les capteurs, les dispositifs de sortie et la partie
commande. La description des actions et des événements se fait donc à l’aide de termes
généraux qui permettent d’établir le grafcet de niveau 1 sous une forme littérale.

La deuxième démarche consiste à préciser la façon dont vont réellement se faire les actions, la
nature exacte et la technologie des capteurs et des dispositifs de sortie, ainsi que leurs
caractéristiques. Il s’agit de prendre en considérations spécifications d’ordre technique afin de
sélectionner le matériel le plus approprié à l’environnement de l’automatisme: source
d’énergie, température, poussière, humidité, milieu industriel, etc. D’autre part, cette démarche
doit aussi tenir compte du contexte d’exploitation de l’équipement. Le choix des composants
doit être conditionné par le bon maintien et la fiabilité du système, l’élimination des pannes
dangereuses, l’établissement des modes de marche et d’arrêt, ou toute autre spécification
opérationnelle. La sélection du matériel permet de tracer le grafcet de niveau 2 sous une forme
symbolique ou codifiée.

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LES SEQUENCEURS CHAPITRE 4

a) Niveau 1 b) Niveau 2

Figure 3 : Niveaux du grafcet

En réalité, le grafcet de niveau 1 une ébauche du fonctionnement de l’automatisme exprimé en


langage courant et compréhensible par tous les intervenants. Une fois que le cycle se précise,
que l’on a considéré les procédures de fonctionnement en cas de défaillance , que l’on a choisi
le pupitre de commande (boutons-poussoirs, sélecteurs, voyants de référence…), on est en
mesure d’adapter et de transformer la séquence pour obtenir un grafcet de niveau 2 complet.
La séquence d’un grafcet de niveau 2 est sécuritaire et prévoit toutes les situations possibles.

Il est préférable de respecter les normes suivantes lors de l’utilisation des symboles :

- Lettres minuscules pour les symboles des entrées (arrêt, plein , temp_bas…) ;
- Lettres majuscules pour les symboles des sorties (MOTEUR, POMPE, DEFAUT…).

4. Règles d’évolution du grafcet

On peut décrire un séquenceur comme un ensemble d’événements. Chaque événement


commence par un évènement et se termine par un autre, de sorte qu’un enchaînement
d’évènements produit la séquence désirée. Il y a toutefois quelques règles à respecter pour
traduire une séquence sous la forme d’un grafcet.

Règle 1 : situation initiale

La situation initiale d’un grafcet caracterise le comportement initial de l’automatisme et


correspond aux étapes actives audébut du fonctionnement. Elle traduit généralement un
comportement de repos, car l’automatisme est en attente d’informationss.

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Règle 2 : franchissement d’une transition

Pour qu’un grafcet évolue d’une étape à une autre, il faut franchir une transition. Pour que cette
transition soit franchissable, il faut :

- Que l’étape qui précède immédiatement la transition soit active ; on dit alors que la
transition est validée ;
- Que la réceptivité associée à la transition soit VRAIE (équation logique = 1).

Lorsque ces deux conditions sont simultanément présentes, la transition est franchie.

Exemple 1

Règle 3 : évolution des étapes actives

Le franchissement d'une transition entraîne I ‘activation de toutes les étapes immédiatement suivantes
et la désactivation de toutes les étapes immédiatement précédentes.

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LES SEQUENCEURS CHAPITRE 4

Exemple 2

Règle 4 : évolution simultanée


Plusieurs transitions simultanément franchissables sont simultanément franchies.
Règle 5 : activation et désactivation simultanées d’une étape
Si au cours d'un fonctionnement une même étape doit être désactivée et activée
simultanément, elle reste activée.

II. Grafcet linéaire


Certains systèmes industriels exécutent toujours la même suite d’actions. On dit alors qu’ils
possèdent une séquence unique, car les étapes du grafcet s’ordonnent selon une seule suite
linéaire. Dans cette section, vous verrez comment élaborer un grafcet linéaire.

1. Implantation du grafcet

La phase d’implantation du grafcet consiste à réaliser les circuits de l’automatisme à l’aide des
composants de la technologie choisie. Peu importe que l’on utilise une commande
pneumatique, électrique ou électronique, il es préférable de décortiquer la séquence en petites
parties autonomes et de traiter chacune d’elles de façon individuelle. En général, on peut diviser
un grafcet en trois parties distinctes :

- le traitement préliminaire, qui concerne les modes de marche et d’arrêt d’un


séquenceur ;
- le traitement séquentiel, qui correspond à l’évolution des étapes ;
- le traitement postérieur, qui s’applique aux signaux de commande envoyés aux
dispositifs de sorties.

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LES SEQUENCEURS CHAPITRE 4

Toutefois, il faut garder à l’esprit que chaque partie s’intègre dans un tout et que ces parties
s’influencent entre elles. Prenez l’exemple de deux vérins pneumatiques en position sortie,
l’un à rappel-ressort et l’autre à double effet. Si l’arrêt d’urgence provoque la coupure de
l’alimentation en air, ils agiront différemment, car seul le premier reprendra sa position initiale.
L’arrêt d’urgence a modifié l’état des sorties, ce qui influence l’évolution des étapes, car les
capteurs détectent une situation anormale. Il y a donc interaction entre chacun des traitements
d’un séquenceur.

a. Traitement séquentiel
Le traitement séquentiel consiste à mettre en équation les conditions d’activation de chaque
étape d’un grafcet. Ainsi, l’équation générale d’une étape comprend les quatre éléments
suivants :

- la mise à un par l’étape précédente ;


- la réceptivité associée à la transition ;
- la mémorisation (maintien) de l’étape en cours ;
- la remise à zéro par l’étape qui suit.

Conditions d’activation d’une étape


2
Mise à 1 par l’étape qui précède

f Réceptivité de la transition

g X3 = 1 si X2 f

X3 = 0 si X4
4

Remise à 0 par l’étape qui suit

Figure 4 : Mise en équation

Le circuit électronique d’un séquenceur contient autant de bascules J-K qu’il y a d’étapes. Par
ailleurs, on raccorde les bascules de manière synchrone en reliant toutes les entrées d’horloge
à un signal commun qui oscille entre 10 Hz et 1 kHz, ce qui correspond à un temps de réaction
du système entre 1 et 100 ms. L’activation d’une étape dépend de l’étape qui précède et de
l’étape qui suit. Ainsi, l’activation de l’étape 3 relève de l’étape 2 et de l’étape 4. De ce fait, on
peut conclure qu’un grafcet linéaire doit contenir un minimum de trois étapes.

Si une séquence compte seulement deux étapes, on ajoute une séquence de synchronisation
sans lui associer d’action. De plus, la réceptivité de la transition demeure toujours VRAIE (=
1). La figure 5 montre une séquence qui contient une étape supplémentaire de synchronisation.

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1 ACTION 1

2 « Synchronisation »

=1

3 ACTION 2

Figure 5 : Etape de synchronisation

b) Traitement postérieur

Le traitement postérieur consiste à associer une ou plusieurs actions aux étapes actives du
grafcet. Une action peut être continue pendant toute la durée de l’étape (action
inconditionnelle) ou encore dépendre d’un événement externe (action conditionnelle ou
temporisée). La figure 6 regroupe les trois modes d’action les plus répandus.

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X2
Action 2 D
continue
m
D

X3
Action 3 E si a
conditionnelle
n
a

X6
Action
temporisée 6 F

T/X6/20s
F 20s

Figure 6 : actions associée aux étapes

Lorsqu’une action est temporisée, on construit généralement le grafcet de façon que la


réceptivité de la transition qui suit contienne la temporisation désirée. La syntaxe de la
réceptivité d’une transition est la suivante : T/X3/10s = temporisation générée par l’étape 3
d’une durée de dix secondes.

Par ailleurs, l’activation des sorties dépend de la sorte de pré actionneurs qui alimentent les
dispositifs de puissance. Il existe des préactonneurs monostables et d’autres bistables.

c) Traitement préliminaire

Le traitement préliminaire porte sur les procédures spéciales à suivre lors de la mise en marche
et de l’arrêt d’un automatisme. Parce que chaque système doit être considéré comme un cas
particulier.

Remarque : L’expression « initialiser un séquenceur » signifie le remettre à son état initial.


Cela se traduit par la mise à un de l’étape initiale et la remise à zéro de toutes les autres étapes.
L’ajout d’un bouton-poussoir est nécessaire pour provoquer l’initialisation du système. Cette

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méthode manuelle possède l’avantage de permettre l’initialisation du séquenceur à tout


moment. Il est représenté à l’aide d’une flèche qui pointe l’étape initiale.

Init

dcy

Figure 7 : Bouton-poussoir d’initialisation

III. Grafcet à configurations particulières


Il arrive souvent qu’un automatisme doive réagir différemment à la suite d’évènements
externes. Des feux de circulation, par exemple, permettent le passage pour piétons
uniquement sur réception d’une commande provenant d’un interrupteur. Ce genre de
situation fait intervenir des points de prise de décision dans la séquence, qu’on appelle
aiguillage. Il existe deux sortes d’aiguillages d’une séquence :

- une divergence part d’un point commun et se dirige vers plusieurs points ;
- une convergence constitue le point de rencontre d plusieurs points pour aboutir à un
point commun.
1. Divergence
a. Divergence en OU

Si 1 active et si a seul, alors désactivation de 1 et activation


de 2, 3 inchangé.

Si a et b puis 1 active alors désactivation 1, activation 2 et 3


quel que soit leur état précédent. (Règle 4)

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b. Divergence en ET

Une transition qui possède plusieurs étapes de sortie représente l’exécution en parallèle de
plusieurs séquences. C’une structure divergente en ET.

Si 1 active et si a, alors désactivation de 1 et activation de 2 et3.

Les séquences débutent simultanément mais l’évolution dans


chaque branche est indépendante. Cette structure permet un
parallélisme entre plusieurs séquences.

1. Convergence
a. Convergence en OU

Si 1 active et a sans b, alors activation de 3 et désactivation


de 1, 2 reste inchangé.

Si 1 et 2 et a et b alors 3 seule active

b. Convergence en ET

Une transition qui possède plusieurs étapes d’entrée représente la synchronisation de plusieurs
séquences. C’est une structure convergente en ET.

Si 1 et 2 et a, alors activation de 3 et désactivation de 1 et 2.

Remarque : Les différents types d’aiguillages permettent de créer une multitude de


séquences. Par contre, certaines configurations reviennent fréquemment, car elles rendent le
grafcet beaucoup plus concis et fonctionnel. Il est important de les traiter aussi en détail.

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2. Les sauts d’étape (de séquence)

Dans certains automatismes, il devient parfois nécessaire de créer un parcours pour éviter
l’activation de quelques étapes.

C’est une sélection de séquence particulière.


Il y a saut de l’étape 1 à l’étape 4 si 𝐚 . 𝐜 es
vrai

Figure 8 : Saut d’étapes

3. Reprise de cycle : C’est une boucle. La reprise de séquence est effectuée tant que la
condition de transition d . a est vraie.

Figure 9 : Grafcet avec reprise de cycle

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