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Mémoire

Droit de grève en droit ivoirien

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31

Durée du chômage et insertion professionnelle en Côte d’Ivoire


Unemployment duration and professional integration in Côte d’Ivoire

Zayet Monique Andrée DOMORAUD Epse DEY


Université Félix HOUPHOUET-BOIGNY, Abidjan (Côte d’Ivoire)
E-mail : deydomoraud@[Link]

RÉSUMÉ
Les femmes, les jeunes et les diplômés sont les principales victimes du chômage en Côte d’Ivoire. Ce phénomène
est essentiellement urbain et touche 7,12% de la population active et sa durée moyenne est de 55 mois. La

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présente recherche se propose d’analyser les déterminants de la durée du chômage en Côte d’Ivoire, à partir d’un
modèle de durée de type paramétrique. A cet égard, les effets des caractéristiques individuelles des chômeurs
sur la fonction de hasard spécifique à la loi log-logistique sont estimés. Les résultats de cette étude montrent
que le statut de chef de ménage, un niveau d’étude secondaire second cycle et supérieur, la possession d’une
expérience professionnelle et le fait de rechercher un emploi temporaire favorisent la sortie du chômage. En
revanche, à mesure que l’âge augmente, la probabilité de sortie du chômage diminue. L’adoption d’un plan
national de l’emploi pourrait être une solution contre le chômage durable.
Mots-clés : Chômage, Durée du chômage, Modèles de durée, Marché du travail, Politique d’emploi.
Classification JEL : J64, J21, J68.

ABSTRACT Revue Ivoirienne des Sciences Economiques et de Gestion - RISEG


Women, young people and graduates are the main victims of unemployment in Côte d’Ivoire. This phenomenon
is mainly an urban one and it affects 7.12% of the working population and its average duration is 55 months.
This research aims at analyzing the determinants of unemployment duration in Côte d’Ivoire, using a parametric-
type survival data. In this regard, the individual characteristics effects of the unemployed people on the hazard

function specific to the loglogistic model are estimated. The results of this study show that the status of household
head, a second cycle secondary school level and a higher education level, an employment experience and
seeking temporary employment promote the exit from unemployment. On the other hand, as age increases, the
likelihood of leaving unemployment decreases. The adoption of a national employment plan could be a solution
to sustainable unemployment.
Keywords: Unemployment, Unemployment Duration, Survival Data, Labor Market, Employment Policy.
32 Revue ivoirienne de Sciences et de Gestion (Rev. Iv. Sci. Gest.) - RISEG- © EDUCI. Vol 1 - N°1

INTRODUCTION
La Côte d’Ivoire a connu une période de crise économique à la fin des années 1970. Les mesures
de réduction des dépenses publiques contenues dans les plans d’ajustement structurel adoptés au début
des années 80 ont entraîné le retrait progressif de l’Etat de la structure productive. De ce fait, plusieurs
entreprises publiques ont été liquidées ou privatisées. Du fait de sa faible capacité d’absorption, le
secteur privé n’a pu créer des emplois suffisants pour combler le déficit dû au retrait de l’Etat du
marché du travail. Généré par des causes conjoncturelles, le chômage est devenu structurel du fait
de l’arrivée chaque année d’un flux croissant et massif de main d’œuvre sur le marché du travail. Au
début de la crise, les chômeurs étaient en majorité des licenciés pour motif économique. Les jeunes
et les diplômés sont désormais les principales victimes du chômage en Côte d’Ivoire. En effet, l’Etat
était le principal pourvoyeur d’emplois à travers sa politique d’embauche des diplômés dans les
entreprises publiques et parapubliques. Ainsi, 75,12% des chômeurs sont des jeunes âgés de 15 à
34 ans. Le taux de chômage est passé de 4,1% en 1998 (ENV, 1998) à 7,12% en 2015 (ENV, 2015).
Les durées moyennes de chômage ne cessent d’augmenter. Elles sont passées de 4 mois en 1980, à
7 mois en 1983 (Domoraud, 2003), et à 55 mois en 2015 (ENV, 2015).
Face à la croissance rapide du taux et de la durée du chômage et ayant pris conscience des
potentialités décroissantes du secteur privé à générer des emplois en nombre suffisant, les pouvoirs
publics ont développé des stratégies nouvelles en matière de politique d’emploi. Au début des années
1990, un plan national de l’emploi est adopté. Les chômeurs dont les chances d’embauche sont faibles
Rev. Iv. Sci. Eco. Gest. - Vol 1 ; N° 2 ; pp. 31-47 ARTICLE ORIGINAL / ORIGINAL ARTICLE

ou quasi nulles sont orientés vers des programmes d’emplois indépendants à savoir, le programme
de création de microentreprises (PCME), le programme d’insertion des jeunes ruraux (PIJR), le
programme d’insertion des femmes (PSIF). Un programme consacré aux chômeurs de longue durée a
vu le jour en 1996. Il s’agit du programme de maintien dans l’emploi et de reconversion professionnelle
(PMERP). Des programmes en faveur des jeunes ont également été créés. C’est dans cet objectif que
s’inscrit le programme d’aide à l’embauche (PAE), le projet emplois jeunes et développement des
compétences (PEJEDEC), ainsi que le programme d’absorption des jeunes déscolarisés (PAJD). Ces
programmes visent à lutter contre le chômage des jeunes, des diplômés et des jeunes déscolarisés
en améliorant leur employabilité sur le marché du travail, et en limitant l’impact de la période de
chômage précoce sur leur profil de carrière.
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Toutefois, en dépit de toutes ces mesures prises pour endiguer le phénomène, les durées de chômage
ne cessent de s’allonger. En effet, la croissance économique ivoirienne n’est pas assez inclusive pour
endiguer la crise de l’emploi, amplifiée par les secousses sociales, politiques et militaires qu’a connu
le pays et qui ont entraîné la suspension de la plupart de ces programmes d’emploi.
Dans un tel contexte, la réussite de politiques de lutte contre le chômage passe nécessairement
par une étude qui saisit la complexité du phénomène en analysant au travers d’une modélisation non
plus le chômage comme la manifestation d’un déséquilibre entre l’offre et la demande de travail,
mais plutôt les déterminants de la durée du chômage. La plupart des études laissent apparaître que
certaines caractéristiques individuelles des chômeurs constituent des handicaps au retour à l’emploi
(Le Rhun, Pollet, 2011 et Flamand, 2016). Dans cette perspective, notre étude se propose comme
objectif d’analyser les déterminants individuels de la durée du chômage en Côte d’Ivoire en analysant
les facteurs retardant ou accélérant la sortie du chômage.
Les analyses sont ancrées dans les modèles de durée. Initialement utilisés dans le domaine
biomédical, plus particulièrement dans l’étude de la mortalité (Kalfleich et Prentice 1980), les
modèles de durée ont été introduits en économie (Lancaster, 1979 et Nickell, 1979) pour modéliser
des processus de recherche d’emploi dans une vision dynamique. Ces modèles abandonnent la vision
statique du chômage en analysant non pas l’incidence de certains facteurs sur la probabilité d’être
chômeur ou pas, mais plutôt la probabilité de sortie du chômage vers l’emploi.
Zayet Monique Andrée DOMORAUD (2020 ) Durée du chômage et insertion professionnelle en Côte d’Ivoire 33

1. MÉTHODOLOGIE
Cette section présente successivement le modèle économétrique, les variables et les données de l’étude.
1.1 La spécification du modèle économétrique
L’analyse des durées de chômage se fonde sur des méthodes statistiques sophistiquées, empruntées
au domaine biomédical, plus particulièrement à l’étude de la mortalité (Kalbfleisch et Prentice
1980). Il s’agit des modèles de survie ou de durée. La terminologie anglaise est : « survival data ».
La modélisation des processus de recherche d’emploi dépasse la vision statique du chômage, en
analysant non pas l’incidence de certains facteurs sur la probabilité d’être chômeur ou pas, mais plutôt
la probabilité de sortie du chômage vers l’emploi. Les économistes précurseurs de l’application des
modèles de durée aux phénomènes économiques sont Lancaster (1979) et Nickell (1979).
L’application des modèles de survie, dans la modélisation des durées de chômage s’explique par
différentes raisons. La plus importante est la nécessité d’utiliser des méthodes d’analyse qui prennent
en compte la totalité des chômeurs, en considérant à la fois ceux qui ont obtenu un emploi et ceux
qui sont toujours au chômage. En effet, ces modèles permettent de résoudre le problème des données
censurées qui ne peuvent être traitées dans une régression habituelle.
Au total, trois modèles différents mesurent l’impact de la durée sur la probabilité de sortie du
chômage. Il s’agit des modèles paramétriques, des modèles non paramétriques et des modèles semi
paramétriques. Ces modèles ont des particularités. La méthode non paramétrique n’a pas de loi de

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probabilité et n’intègre aucune variable indépendante. Au contraire, les modèles semi-paramétriques
et paramétriques déterminent l’impact des caractéristiques individuelles sur la durée de chômage. Plus
encore, les modèles paramétriques font des hypothèses sur la loi de probabilité de la fonction de hasard.
Dans le cadre de cette étude, le processus de recherche d’emploi des chômeurs déclarés en Côte
d’Ivoire sera estimé à partir d’un modèle paramétrique. Nous faisons l’hypothèse que la fonction
de hasard suit la loi de probabilité de spécification log-logistique. Cette loi illustre la relation entre
la durée de chômage et l’accès à l’emploi par la forme de sa fonction de risque. On suppose que,
dans les premiers mois de la recherche d’un emploi, la probabilité de sortie du chômage croît, atteint
un maximum, puis décroît au-delà d’une durée passée au chômage. En effet, la plupart des études

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sur les durées du chômage s’accordent sur le fait que les probabilités de sortie diminuent à mesure
que la durée du chômage augmente (Van den Berg, 1994). Salais (1980) abonde dans le même sens
et qualifie ce phénomène de file d’attente dans lequel les premiers entrés sont les derniers à sortir.
Berkovitch (1990) suggère que les chômeurs de longue durée sont victimes d’effet de stigmates qui
réduit le nombre d’opportunité d’emploi et qui nuit à la qualité de l’emploi.
L’utilisation des modèles de survie dans l’analyse des déterminants de la durée du chômage
nécessite au préalable, la présentation et la formalisation des différents outils utilisés dans ce type
de modélisation. Lorsque les modèles de survie sont utilisés pour mesurer les chances de sortie
du chômage, on considère T, une variable aléatoire positive représentant la durée de chômage de
l’échantillon, et t, une valeur prise par T. La variable dépendante du modèle Y est la durée passée
au chômage soit :
Y = T. (1)
Soit n individus de notre échantillon aléatoire observés au temps t = 0. Supposons que ti est la
durée de chômage pour l’individu i, i variant de 1 à n, n étant la taille de l’échantillon.
Considérons que le risque de sortie au point t est déterminé par le hasard l (t / Z, q). Rappelons que
le hasard est la probabilité de sortie du chômage vers l’emploi en fonction d’une série de variables
observées (caractéristiques sociodémographiques, socio-professionnelles et comportementales).
Dans cette fonction, Z est la matrice des variables exogènes invariables dans le temps et observables,
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supposées agir sur la variable de durée. Par ailleurs, q représente un vecteur fini de paramètres, si
l’on considère un échantillon de n réalisations (t1, Z1), (t2, Z2) ....(tn, Zn) générées par l. De ce fait,
l’estimateur du maximum de vraisemblance de q sous certaines conditions de régularité s’écrit :

n
L(θ ) = ∑ f (ti / Zi ,θ ) (2)
i =1

L(q) est la contribution à la vraisemblance de l’observation de l’individu i.


De façon évidente, l’étude du calendrier d’un événement donné entraîne dans la majeure partie
des cas, un problème de censure à droite souvent présente dans les fichiers disponibles. La censure à
droite se réfère à la situation des personnes qui sont toujours au chômage au moment de l’observation.
Dans ce cas, il n’existe aucune information sur leur date de sortie du chômage ou si elles sortiront
un jour du chômage. On parle à ce propos d’observations incomplètes ou d’observations censurées
et cela contribue à justifier le recours aux techniques statistiques d’analyse des durées.

Si ti < Τ : la durée observée est complète et l’indicateur de censure δi = 1.

Par contre si ti = Τ : la durée observée est censurée et l’indicateur de censure δi = 0.


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Lorsque les données sont censurées, les observations concernées contribuent à la vraisemblance par
la fonction de survie. De ce fait, l’écriture de la contribution d’un individu i à la vraisemblance est :

 f (ti; Z i ,θ ), siδ = 1
Li (θ ) =  (3)
 S (ti;Z i θ ), siδ = 0

D’où
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Li (θ ) = f (ti / Zi ,θ ) δi . S (ti / Zi ,θ ) 1−δi (4)

La fonction de vraisemblance est :

n n
L(θ ) = ∏ Li (θ ) = ∏ f (ti / Zi ,θ ) δi . S (ti / Zi ,θ ) 1−δi (5)
i =1 i =1

L’estimateur du maximum de q est la solution de la maximisation de L(q) θ∈Q où Q est l’espace


paramétrique.
Zayet Monique Andrée DOMORAUD (2020 ) Durée du chômage et insertion professionnelle en Côte d’Ivoire 35

∂ log L(θ )
=0
∂θj
Avec j = 1, ….. p.
(6) ∂ log L(θ )
= 0.
∂θ
A ce stade de notre analyse, il importe de faire une description détaillée des variables retenues
dans le modèle économétrique.
1.2 La description des variables du modèle
La plupart des études sur les durées de chômage s’accordent sur le fait que certaines caractéristiques
individuelles des chômeurs ont un impact sur leur probabilité de sortie du chômage ; les plus récurrentes
sont l’âge, le sexe, le niveau d’instruction et le diplôme. (Flamand 2016, Le Rhun et Pollet 2011,
Nauze-Fichet et Tomasini 2002). Ces facteurs peuvent être hiérarchisés afin de découvrir l’ampleur
de chacun dans le processus d’insertion professionnelle. A cet effet, à partir d’une étude sur la
typologie des chômeurs, Rouault-Galdo (1991) dégage les effets des variables sociodémographiques,
des variables socio-professionnelles et des variables comportementales sur la durée de chômage
toutes choses égales par ailleurs. L’auteur introduit ces variables dans cinq modèles dichotomiques

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de type logit à partir d’itinéraires définis à priori. Les résultats de cette étude montrent que l’âge est
très important dans le processus de sortie du chômage et représente le principal déterminant de la
durée du chômage. Tout d’abord, le chômage de longue durée s’explique davantage par des variables
socio-professionnelles et sociodémographiques (âge, sexe, diplôme, nationalité et qualification) que
par des variables de comportement, plus encore, lorsque l’analyse tient compte de l’effet cumulé des
deux premiers groupes de facteurs. Lorsqu’on considère séparément ces deux groupes de variables,
on note de façon incontestable que le poids de la variable âge domine. La sortie du chômage est
fortement corrélée à l’âge. Par ailleurs, l’impact de la variable sexe sur le prolongement du chômage
est faible lorsqu’elle est introduite de façon isolée dans le modèle. Pour y remédier, il suffirait que

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l’effet du sexe soit combiné au statut de l’individu dans le ménage. Par ailleurs, le niveau d’éducation,
le diplôme, le statut dans le ménage et l’ancienneté de chômage se positionnent après l’âge dans la
hiérarchie des facteurs de risque au chômage de longue durée.
En ce qui concerne la variable parcours professionnel des individus, son effet intervient après celui
de l’âge. Les conclusions de ces investigations révèlent les difficultés liées à la mise en évidence de
l’effet isolé des comportements de recherche d’emploi. Ces variables comportementales renforcent
ou atténuent le poids des facteurs précédents (variables sociodémographiques et professionnelles)
sur la probabilité de sortie du chômage, sans pour autant constituer des variables déterminantes dans
l’analyse.
Pour revenir à notre étude sur la Côte d’Ivoire, les effets des caractéristiques individuelles des
chômeurs sur la fonction de hasard spécifique à la loi log-logistique seront estimés. La variable
dépendante est la durée du chômage exprimée en mois. Les variables indépendantes sont de trois
types : les caractéristiques sociodémographiques, les caractéristiques liées au capital humain et celles
relatives au comportement de recherche d’un emploi. Le premier groupe de variables concerne l’âge,
le sexe, la nationalité, le statut dans le ménage, la situation matrimoniale et le milieu d’habitation. Les
variables du capital humain concernent le niveau d’instruction, le type de formation suivi (formation
générale versus formation professionnelle) et l’expérience professionnelle. Le dernier groupe de
variables est relatif au comportement de recherche d’un emploi à savoir, le secteur de recherche, le
type d’emploi recherché (emploi temporaire ou permanent ou encore emploi salarié ou non salarié)
36 Revue ivoirienne de Sciences et de Gestion (Rev. Iv. Sci. Gest.) - RISEG- © EDUCI. Vol 1 - N°1

et l’adéquation emploi-formation. Les différentes variables retenues seront introduites dans le modèle
empirique afin d’analyser leurs effets sur la durée du chômage. Les données sur lesquelles porteront
toutes nos analyses font l’objet du paragraphe suivant.
1.3 Les données de l’étude
La principale source de ce travail est constituée de données émanant de l’enquête niveau de vie des
ménages réalisée par l’INS en 2015 (ENV 2015) sur un échantillon de 47635 individus dont 23612
femmes et 24023 hommes. Ces données sont représentatives de toutes les régions administratives de la
Côte d’Ivoire et portent à la fois sur les zones urbaines et rurales. L’enquête contient des informations
sur la population en quête d’emploi et une section du questionnaire est réservée au chômage. D’où
l’intérêt de ces données pour une étude sur les durées de chômage. Une identification des chômeurs est
nécessaire pour cette étude. La définition du chômage ainsi que le dénombrement des chômeurs sont
bien souvent source de controverses. Cependant, un consensus se dégage. Il s’agit de la définition du
chômage au sens du Bureau International du Travail (BIT / ILO) qui comptabilise comme chômeurs
les personnes en âge de travailler (conventionnellement 15 ans ou plus) qui :
- n’ont pas travaillé ne serait-ce qu’une heure au cours de la semaine de référence ;
- sont disponibles pour prendre un emploi dans les deux semaines ;
- ont entrepris des démarches actives de recherche d’emploi dans le mois précédent ou ont trouvé
un emploi qui commence dans les trois mois.
Rev. Iv. Sci. Eco. Gest. - Vol 1 ; N° 2 ; pp. 31-47 ARTICLE ORIGINAL / ORIGINAL ARTICLE

Le grand mérite des critères du BIT est qu’ils permettent des comparaisons dans le temps et entre
pays.
Le questionnaire de l’ENV 2015 traite les principales questions d’identification des chômeurs
dans la section relative à l’emploi actuel à travers les questions suivantes :
- « Au cours des sept derniers jours, avez-vous travaillé ne serait-ce qu’une heure dans une unité
de marché pour une rémunération ou un profit, ou à titre bénévole pour une unité quelconque, ou
pour votre ménage ? » ;
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- « Avez-vous cherché un emploi pendant les 30 derniers jours ? » ;


- « Etes-vous disponible à travailler dans les 15 jours à venir si vous en aviez l’opportunité ? ».
A partir de ces trois questions contenues dans le questionnaire de l’enquête et en tenant compte
des critères de chômage au sens du BIT, nous dénombrons 836 chômeurs dont 368 hommes et 468
femmes âgés de 15 à 64 ans.
La suite de ce travail présente les analyses descriptives et économétriques, ainsi que les différentes
interprétations des résultats obtenus.

2. RÉSULTATS ET DISCUSSION
Les résultats de l’estimation économétrique seront précédés d’une analyse descriptive de
l’échantillon de travail.
2.1 Analyse descriptive
Cette analyse se fera sur la base de trois aspects : le profil des chômeurs, le calcul des taux de
chômage et l’analyse des durées de chômage.
2.1.1 Profil des chômeurs
Le tableau 1 met en relation les caractéristiques sociodémographiques, le niveau de capital humain
et le mode d’insertion des chômeurs selon le sexe. Plus de deux tiers des chômeurs ont un âge compris
Zayet Monique Andrée DOMORAUD (2020 ) Durée du chômage et insertion professionnelle en Côte d’Ivoire 37

entre 15 et 34 ans (75,12%). Les chômeurs étant jeunes, la plupart sont à leur première insertion
sur le marché du travail et seulement 22,13% ont déjà occupé un poste dans une entreprise. En ce
qui est du niveau d’instruction, à peu près le tiers est sans instruction et 17,31%, 17,19%, 17,31%
et 11,78% ont respectivement les niveaux d’étude primaire, secondaire premier cycle, secondaire
second cycle et supérieur.
Tableau 1 : Caractéristiques sociodémographiques et capital humain des chômeurs – 15 à
64 ; Côte d’Ivoire 2015
Paramètre Ensemble
Homme Femme
Classes d’âge
15-24 ans 34,51 34,62 34,57
25-34 ans 37,77 42,74 40,55
35-44 ans 18,21 17,52 17,82
45-64 ans 9,51 5,12 7,06
Total 100,00 100,00 100,00
Niveau d’instruction
Sans instruction 28,30 42,74 36,41
Primaire 16,76 17,74 17,31

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Secondaire 1C 20,05 14,96 17,19
Secondaire 2C 21,15 14,31 17,31
Supérieur 13,74 10,25 11,78
Total 100,00 100,00 100,00
Lien de parenté
Chef de ménage 39,95 16,45 26,79
Epoux ou épouse 2,17 40,82 23,80
Enfant 33,70 25,21 28,95
Autre lien 24,18 17,52 20,46

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Total 100,00 100,00 100,00
Situation matrimoniale
Marié 27,72 50,00 40,19
Célibataire 72,28 50,00 59,81
Total 100,00 100,00 100,00
Type de chômeurs
Nouvelle insertion 77,72 77,99 77,87
Ayant déjà travaillé 22,28 22,01 22,13
Total 100,00 100,00 100,00
Milieu de résidence
Urbain 76,36 72,44 74,16
Rural 23,64 27,56 25,84
Total 100,00 100,00 100,00
Nationalité
Non ivoirienne 14,95 13,68 14,23
Ivoirienne 85,05 86,32 85,77
Total 100,00 100,00 100,00
Source : A partir de la base de données de l’enquête auprès des ménages 2015
38 Revue ivoirienne de Sciences et de Gestion (Rev. Iv. Sci. Gest.) - RISEG- © EDUCI. Vol 1 - N°1

La répartition différenciée selon le sexe et le niveau d’instruction montre que la proportion des
femmes non instruites est environ 1,5 fois plus élevée que celle des hommes. D’une façon générale,
le niveau d’instruction des hommes est plus élevé que celui des femmes.
L’observation du lien de parenté montre que la plupart des chômeurs ont un statut autre que celui
de chef de ménage. Les femmes occupent en majorité le statut d’épouse du chef de ménage et les
hommes celui de chef de ménage. La répartition selon le statut matrimonial laisse apparaitre une nette
différence selon le sexe des chômeurs. Une grande majorité des hommes est célibataire tandis que
les proportions sont égalitaires du côté des femmes. Cette situation est due au fait que les femmes
accèdent au mariage à un âge plus jeune que les hommes.
La répartition des chômeurs selon le milieu de résidence confirme encore une fois que le chômage
est essentiellement un phénomène urbain en Côte d’Ivoire comme dans la plupart des pays de l’Afrique
subsaharienne. Nos données montrent en effet que 74,16% des chômeurs résident en zone urbaine
et sont pour la plupart de nationalité ivoirienne (85,77% d’ivoiriens contre 14,23% d’étrangers).
2.1.2 Une exposition inégale au chômage
L’indice le plus significatif des difficultés d’insertion sur le marché du travail est la montée du
taux de chômage. Le taux de chômage est donné par le rapport de la population au chômage et la
population active. La population active correspond à l’ensemble des personnes en emploi ou au
chômage. Le tableau 2 présente la répartition des taux de chômage selon le lieu de résidence, le
Rev. Iv. Sci. Eco. Gest. - Vol 1 ; N° 2 ; pp. 31-47 ARTICLE ORIGINAL / ORIGINAL ARTICLE

sexe et l’âge et suggère plusieurs commentaires. Tout d’abord, ce tableau montre que le taux de
chômage est une fonction décroissante de l’âge pour l’ensemble de la population. Ce dernier baissant
au fur à mesure que l’on se situe dans les tranches d’âge supérieures. Les taux se situent à 12,77%,
8,24%, 5,07% et 2,43% respectivement pour les tranches d’âges de 15-24 ans, 25-34 ans, 35-44 ans
et enfin 45-64 ans. Les jeunes sont donc plus vulnérables au chômage que les adultes en raison de
leur manque d’expérience professionnelle. Ce résultat rejoint celui de Baudchon (2015) sur la France
qui montre que les taux de chômage les plus élevés s’observent chez les jeunes. L’auteur évoque
deux raisons essentielles à ce résultat. En premier lieu, le manque d’expérience professionnelle des
jeunes les expose à un chômage récurrent en cas de conjoncture économique défavorable. Ceux-ci
sont victimes de la faiblesse de la capacité de création d’emploi et du ralentissement des activités
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économiques. En second lieu, les reformes des lois sur la retraite qui ont occasionné l’allongement
de la durée d’activité restreignent les possibilités d’embauche des jeunes, surtout dans les emplois
où ces derniers peuvent remplacer les adultes. Selon d’autres auteurs, le chômage est un élément du
processus normal de socialisation des jeunes. D’après les estimations du BIT, le chômage des jeunes
est en moyenne deux à trois fois plus élevé que celui des adultes (OIT, 2016g).
Tableau 2 : Taux de chômage déclaré des membres du ménage selon le milieu de résidence,
le sexe, et l’âge – 15 à 64 ; Côte d’Ivoire 2015
Paramètre Rural Urbain Ensemble Grand
Classes d’âge Homme Femme Total Homme Femme Total Homme Femme total
15-24 ans 5,32 10,54 7,72 17,59 19,69 18,64 10,75 14,96 12,77
25-34 ans 2,84 5,17 3,86 9,41 16,37 12,58 6,08 10,93 8,24
35-44 ans 1,54 4,01 2,39 5,19 11,69 7,44 3,48 8,09 5,07
45-64 ans 0,57 1,07 0,74 4,59 4,44 4,53 2,29 2,68 2,43
Total 2,42 5,40 3,61 8,45 13,94 10,77 5,31 9,71 7,12
Source : A partir de la base de données de l’enquête auprès des ménages 2015.

L’analyse différenciée selon le milieu de résidence montre qu’en Côte d’Ivoire comme partout
ailleurs en Afrique, le chômage est un phénomène essentiellement urbain (3,61% en milieu rural
Zayet Monique Andrée DOMORAUD (2020 ) Durée du chômage et insertion professionnelle en Côte d’Ivoire 39

contre 10,77% en milieu urbain). La prise en compte de l’âge laisse apparaître des taux beaucoup
plus élevés en zone urbaine, allant jusqu’à 18,64% et 12,58% respectivement pour les tranches d’âges
de 15-24 ans et 25-34 ans. En zone urbaine, l’afflux croissant de jeunes sur le marché du travail a
considérablement aggravé leur problème d’emploi.
L’analyse selon le sexe montre que, quel que soit le milieu de résidence considéré, les femmes
sont plus touchées par le chômage que les hommes. Sur le plan national, les taux sont de 9,71% pour
les femmes contre 5,31% pour les hommes. En considérant les milieux de résidence, on observe que
les femmes rencontrent plus de difficultés à trouver un emploi que les hommes. En effet, en zone
rural, tandis que 5,4% des femmes sont au chômage, ce taux est de 2,42% pour les hommes. Ces taux
sont naturellement plus élevés en zone urbaine et se situent à 13,94% et 8,45% respectivement pour
les femmes et les hommes. Lorsqu’on tient compte à la fois de l’âge et du sexe, nous remarquons
que, quel que soit la tranche d’âge considérée, les femmes rencontrent plus de difficultés d’insertion
professionnelle que les hommes. En zone urbaine, le taux de chômage des femmes de 15-24 ans est
supérieur de 2,1 point à celui des hommes du même âge. Le fossé se creuse surtout entre 25-34 ans.
A cet âge, 16,37% des femmes actives sont au chômage contre 9,41% des hommes.
La lecture du tableau 3 montre que le chômage touche principalement les catégories les plus
instruites. Ce taux augmente avec le niveau d’instruction et se situe à 4,37%, 7,00%, 11,15%,
16,48% et 17,85% respectivement pour les personnes qui n’ont aucune instruction, et ensuite pour
les niveaux d’étude primaire, secondaire premier cycle, secondaire second cycle et enfin le niveau

Rev. Iv. Sci. Eco. Gest. - Vol 1 ; N° 2 ; pp. 31-47 ARTICLE ORIGINAL / ORIGINAL ARTICLE
d’étude supérieure. Le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur est environ quatre
fois plus élevé que celui des personnes qui n’ont aucune instruction. Ce qui est un fait révélateur des
réelles difficultés que rencontrent les diplômés sur le marché du travail. En considérant le milieu de
résidence, l’on remarque une aggravation de ce phénomène. En effet, les taux se situent à des niveaux
très élevés. Pour l’ensemble de la population vivant en zone urbaine, le taux de chômage augmente
avec le niveau d’instruction jusqu’au niveau secondaire second cycle où il atteint son maximum :
20,59% et il baisse légèrement au niveau supérieur pour se situer à 19,27%. Les femmes vivant en
zone urbaine sont les plus touchées avec des taux de 8,66%, 12,85%, 19,03%, 29,43% et 32,64%
respectivement pour celles qui n’ont aucune instruction, et celles qui ont les niveaux d’études primaire,
secondaire premier cycle, secondaire second cycle et le niveau d’étude supérieure. Ces taux sont

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respectivement de 4,8%, 5,75%, 11,48%, 16,20%, 13,75%, pour les hommes vivant en milieu urbain.

Tableau 3 : Taux de chômage déclaré des membres du ménage selon le milieu de résidence,
le sexe, et le niveau d’instruction – 15 à 64 ans ; Côte d’Ivoire 2015
Paramètre Rural Urbain Ensemble Grand
Instruction Homme Femme Total Homme Femme Total Homme Femme Total
Sans instruction 1,57 4,48 2,89 4,8 8,66 6,67 2,79 6,17 4,37
Primaire 3,99 7,17 5,01 5,75 12,85 8,88 4,81 10,53 7,00
Secondaire 1C 3,73 14,42 6,05 11,48 19,03 14,20 8,21 17,81 11,15
Secondaire 2C 3,66 10,81 4,82 16,20 29,43 20,59 12,36 26,69 16,48
Supérieur 4,17 12,50 5,36 13,75 32,64 19,27 12,60 31,57 17,85
Total 2,42 5,40 3,61 8,45 13,94 10,77 5,31 9,71 7,12
Source : A partir de la base de données de l’enquête auprès des ménages 2015.

Le faible taux de chômage des personnes qui n’ont aucune instruction pourrait s’expliquer par le
fait que cette catégorie de la population active est en général absorbée par le secteur informel qui ne
nécessite aucun niveau de formation et d’instruction. Au contraire, les chômeurs qualifiés recherchent
un emploi dans le secteur moderne qui a une faible capacité d’absorption du fait de l’arrivée chaque
40 Revue ivoirienne de Sciences et de Gestion (Rev. Iv. Sci. Gest.) - RISEG- © EDUCI. Vol 1 - N°1

année des diplômés sur le marché du travail. Les effets des différentes crises qui ont jalonné l’histoire
de la Côte d’Ivoire et l’augmentation de la population active ont entraîné l’exclusion du marché du
travail d’une frange de la population. Le décalage entre les besoins des entreprises et les formations
des diplômés pourraient également expliquer ce fort taux de chômage des diplômés.
2.1.3 Les durées de chômage

Figure 1 : Durées moyennes de chômage selon les classes d’âge ;


Côte d’Ivoire 2015
Rev. Iv. Sci. Eco. Gest. - Vol 1 ; N° 2 ; pp. 31-47 ARTICLE ORIGINAL / ORIGINAL ARTICLE

La figure 1 apporte des informations complémentaires à notre étude descriptive en mettant en


relation la durée moyenne de chômage et l’âge des individus. De façon générale, les durées moyennes
de chômage augmentent avec l’âge des individus. Les durées de chômage augmentent très rapidement
entre 15 et 44 ans. Néanmoins, à partir de 45 ans, l’augmentation se stabilise pour se situer à 71,3
mois et 72,38 mois respectivement pour les chômeurs de 35 à 44 ans et 45 à 64 ans. Les chômeurs les
plus âgés sont exposés à un risque d’exclusion du marché du travail. Cette situation peut s’expliquer
par les difficultés de reconversion professionnelle, le manque de flexibilité, les coûts salariaux plus
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élevés, le manque de volonté de la part de l’employeur (Bigotta, Losa, Ritschard, Stephani, 2011).
Le risque d’exclusion définitive du marché du travail est encore aggravé pour les chômeurs de 50
ans et plus, qui sont au chômage pour cause de licenciement (Caritas, 2019).
Le tableau 4 complète l’analyse précédente en mettant en relation les durées moyennes de chômage
selon l’âge et le sexe. L’étude de ce tableau montre que l’analyse selon le sexe suit la tendance de
l’ensemble de la population à une différence près. Les durées moyennes de chômage des hommes
augmentent avec l’âge et se situent à un niveau maximum de 80,1 mois pour les hommes de 45-64
ans. Cela montre qu’au-delà d’un certain âge, les hommes rencontrent de réelles difficultés d’insertion.
Par contre, nous observons le contraire chez les femmes de la même classe d’âge. En effet, la durée
moyenne de chômage des femmes est une fonction croissante de l’âge jusqu’à 44 ans. Au-delà de cet
âge, les femmes sortent du chômage plus rapidement que les hommes, car elles cumulent une durée
moyenne de chômage d’environ 60 mois.
Zayet Monique Andrée DOMORAUD (2020 ) Durée du chômage et insertion professionnelle en Côte d’Ivoire 41

Tableau 4 : Durée moyenne de chômage déclaré (en mois) des membres du ménage selon l’âge et
le niveau d’instruction – 15 à 64 ans ; Côte d’Ivoire 2015
Paramètre Ensemble
Homme Femme Grand
Classes d’âge
15-24 ans 39,24 44,03 41,81
25-34 ans 55,14 56,32 55,78
35-44 ans 70,73 71,87 71,30
45-64 ans 80,10 59,94 72,38
Total 55,11 54,92 55,00
Niveau d’instruction
Sans instruction 59,4 55,86 57,24
Primaire 52,92 64,81 59,46
Secondaire 1C 54,33 50,08 52,35
Secondaire 2C 47,29 54,54 50,65
Supérieur 55,12 44,12 49,92

Rev. Iv. Sci. Eco. Gest. - Vol 1 ; N° 2 ; pp. 31-47 ARTICLE ORIGINAL / ORIGINAL ARTICLE
Total 55,11 54,92 55,00
Source : A partir de la base de données de l’enquête auprès des ménages 2015.

Le graphique 2 donne des informations sur les durées moyennes de chômage de l’ensemble de la
population selon le niveau d’instruction et montre que les durées sont tout d’abord croissantes puis
elles décroissent. En effet, les chômeurs ayant le niveau d’étude du primaire restent plus longtemps
au chômage que ceux des autres niveaux d’études et ceux qui n’ont aucune instruction. Les durées
moyennes de chômage des instruits diminuent avec le niveau d’étude. Les chômeurs ayant atteint le
niveau d’étude du secondaire second cycle et le niveau d’étude du supérieure sont au chômage depuis

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en moyenne 50 mois. Parallèlement, les chômeurs ayant le niveau d’étude du primaire et celui du
secondaire premier cycle ont des durées moyennes de chômage respectives de 59,46 mois et 52,35
mois. La durée moyenne globale de chômage en Côte d’Ivoire est de 55 mois, contre 47,1 mois au
Cameroun au cours de la même année (Kollo Bandibeno, 2017).

Figure 2 : Durées moyennes de chômage selon le niveau d’instruction ;


Côte d’Ivoire 2015
42 Revue ivoirienne de Sciences et de Gestion (Rev. Iv. Sci. Gest.) - RISEG- © EDUCI. Vol 1 - N°1

Les tableaux précédents ont mis en évidence des taux de chômage élevés pour le niveau d’étude
supérieure. Par contre, l’analyse des durées moyennes montre qu’un niveau d’étude élevé semble
être un atout favorable dans la recherche d’un emploi. En effet, les situations de chômage prolongé
sont particulièrement fréquentes dans les cas d’absence de niveau d’instruction, de niveau d’études
primaire et secondaire premier cycle. Par conséquent, le niveau d’étude est un atout favorable à la
sortie du chômage. Un niveau d’instruction élevé protège contre les risques de chômage de très longue
durée, et représente un avantage au cours du processus de recherche d’un emploi.
Lorsque nous complétons cette analyse par la répartition selon le sexe (tableau 4), nous observons
que les durées moyennes de chômage des hommes et celles des femmes ne suivent pas la même
tendance que celle de l’ensemble de la population des chômeurs. En ce qui est des hommes, les durées
moyennes de chômage évoluent en dents de scie selon le niveau d’instruction. La durée moyenne de
chômage est à son maximum pour les hommes qui n’ont aucune instruction, baisse pour ceux qui ont
le niveau primaire, puis augmente à nouveau pour le niveau d’étude secondaire premier cycle puis
baisse à nouveau lorsqu’on atteint le niveau secondaire second cycle et contre toute attente, augmente
pour les hommes de niveau d’étude supérieure. La tendance est très différente chez les femmes, car les
femmes qui restent le plus longtemps au chômage sont celles qui ont le niveau d’étude primaire. Un
fait intéressant à relever ; les femmes qui ont un niveau d’étude supérieure restent moins longtemps
au chômage que leurs homologues hommes. Ce résultat suggère qu’un niveau d’étude élevé protège
les femmes d’un chômage prolongé.
Rev. Iv. Sci. Eco. Gest. - Vol 1 ; N° 2 ; pp. 31-47 ARTICLE ORIGINAL / ORIGINAL ARTICLE

Les résultats de l’analyse descriptive seront complétés par une modélisation des durées de chômage.
2.2 Analyse économétrique
Les estimations des paramètres des fonctions de hasard spécifiques à la loi log-logistique pour
l’ensemble de la population des chômeurs figurent au tableau 5. Les résultats obtenus dans ce tableau
déterminent l’effet des variables retenues sur la probabilité de sortie du chômage et posent la question
du sens dans lequel les caractéristiques individuelles influencent la durée du chômage. L’interprétation
des résultats nécessite de considérer le signe opposé des coefficients des variables qui figurent dans
ce tableau, afin d’identifier le sens de la liaison entre les variables explicatives et le hasard de base du
modèle. La logique sous-jacente est que si une variable agit négativement sur la durée de chômage,
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elle augmente la fonction de hasard de base, et accroît ainsi la probabilité instantanée de trouver
un emploi à la période t. En d’autres termes, un signe négatif indique un effet positif de la variable
retenue sur le taux instantané de sortie du chômage ou le taux de hasard.
Le tableau 5 présente les résultats de trois groupes de variables à savoir les variables
sociodémographiques, les variables liées au capital humain et les variables du comportement de
recherche d’un emploi. La lecture des résultats exposés dans ce tableau montre que certaines variables
sont statistiquement non significatives. Il s’agit des variables sociodémographiques suivantes : le sexe,
la nationalité, le milieu de résidence et la situation matrimoniale. En ce qui est des variables liées
au capital humain, seuls les niveaux d’instruction primaire et secondaire premier cycle ne sont pas
significatifs. Les variables liées au comportement de recherche d’un emploi telles que le secteur de
recherche, la recherche d’un emploi salarié, et l’adéquation entre la qualification et l’emploi recherché
sont statistiquement non significatives. Elles n’ont donc aucun impact sur la probabilité de sortie du
chômage. Par contre, le type d’emploi recherché est statistiquement significatif.
Les résultats obtenus suggèrent plusieurs commentaires. Toutes choses égales par ailleurs, la
probabilité de sortie du chômage décroît avec l’âge. Plus les individus sont âgés, moins ils ont des
chances d’obtenir un emploi. La plupart des études sur les durées de chômage aboutissent à ce résultat.
Les auteurs montrent qu’un âge élevé diminue les chances d’obtenir un emploi. A cet effet, l’étude de
Kouakou (2010) sur la Côte d’Ivoire révèle que la durée du chômage augmente avec l’âge. Flamand
(2016) abonde dans le même sens dans son étude sur la France, en montrant que l’avancée en âge
Zayet Monique Andrée DOMORAUD (2020 ) Durée du chômage et insertion professionnelle en Côte d’Ivoire 43

constitue un frein important à la reprise d’un emploi après un passage par le chômage. L’auteur précise
qu’à caractéristique égale, le fait d’avoir plus de 55 ans diminue les chances de retour à l’emploi
quelle que soit la durée passée au chômage. Les chômeurs de moins de 35 ans voient leur chance
de retour à l’emploi varier selon la durée passée au chômage. Le fait d’avoir moins de 35 ans accroît
la probabilité de retour à l’emploi après une durée de chômage de moins d’un an comparativement
à leurs homologues qui sont au chômage depuis plus d’un an. Dans ce sens, une durée de chômage
importante est un signal négatif aux yeux de l’employeur.
Les chefs de ménage sortent plus rapidement du chômage que les autres membres du ménage. Ce
résultat suggère que le statut de principal soutien financier de la cellule familiale joue positivement
dans les décisions et les motivations individuelles du chef de ménage dans son processus de recherche
d’emploi. En effet, certaines études montrent que lorsque le chef de ménage est au chômage, cela
augmente la probabilité du ménage d’être pauvre (Farache, 2016). Le bien-être du ménage dépend
donc en grande partie du revenu du chef de ménage. Etant conscients de ce fait, les chefs de ménage
sont donc plus actifs dans leur recherche d’emploi que les autres membres du ménage.
Le niveau d’éducation est une variable déterminante dans le processus de sortie du chômage. En
effet, le niveau d’étude secondaire second cycle et le niveau d’étude supérieure ont un impact positif
sur la sortie du chômage comparativement au fait de n’avoir aucun niveau d’instruction. Ce résultat
rejoint nos analyses descriptives qui ont montré que bien que le taux de chômage des diplômés soit
élevé, il n’en demeure pas moins qu’ils sortent plus rapidement du chômage que les autres niveaux

Rev. Iv. Sci. Eco. Gest. - Vol 1 ; N° 2 ; pp. 31-47 ARTICLE ORIGINAL / ORIGINAL ARTICLE
d’instruction, car cumulant des durées moyennes de chômage plus courtes. Les chances de trouver
un emploi augmentent considérablement avec le niveau de scolarité. Ce résultat est confirmé par
Kouakou (2010), dans son étude sur la Côte d’Ivoire. L’auteur montre que le diplôme influence
positivement la sortie du chômage.
La théorie du capital humain a montré une hétérogénéité des individus, ceux dont la formation
initiale est peu élevée auront des difficultés d’insertion plus élevées (Becker, 1993). Le diplôme est
donc une protection contre les situations de chômage prolongé. En situation d’asymétrie d’information
sur la productivité des demandeurs d’emploi comme le suggère la théorie de la recherche d’emploi
(Stigler, 1961), les employeurs se réfèrent à leur niveau d’étude pour faire les choix lors des sélections

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d’embauche. Pour Nauze-Fichet et Tomasini (2002), le diplôme est un atout non négligeable dans
le processus de recherche d’emploi et dans l’accès à l’emploi, car il est un gage de connaissances
acquises et également un indice du potentiel productif utilisable par l’entreprise. Il favorise l’accès
aux emplois les plus qualifiés et les mieux rémunérés. Le Rhun et Pollet (2011) montrent à travers une
étude sur la France que face au chômage, le diplôme a un rôle protecteur. Ce résultat peut également
s’expliquer par le fait que les chômeurs les plus instruits sont plus performants dans leurs processus
de recherche en multipliant toutes les formes de recherche y compris les nouvelles technologies de
l’information. Lorsque le chômeur a un niveau d’éducation élevé, il est plus percutant lors des tests
et des entretiens d’embauche et il déploie des capacités de négociation que n’ont pas forcément les
chômeurs les moins instruits. En effet, la sélection des demandeurs d’emploi se fait sur la base de
leur niveau d’étude ou de leur diplôme qui représente un signal de la productivité future et potentielle
du demandeur d’emploi (Doeringer et Piore, 1971). Il donne accès à la compétition à l’embauche.
Selon la théorie du filtre, certains économistes néoclassiques suggèrent que le diplôme fournit une
information aux employeurs sur la productivité des salariés (Arrow, 1973 ; Spence, 1974). Il sert
principalement de mesure des facultés productives, face à l’incomplétude du contrat de travail plutôt
que de preuve des compétences acquises.
44 Revue ivoirienne de Sciences et de Gestion (Rev. Iv. Sci. Gest.) - RISEG- © EDUCI. Vol 1 - N°1

Tableau 5 : Résultat de l’estimation : paramétrique : cas de l’ensemble des chômeurs – Côte d’Ivoire 2015

Variables Log-logistique1
β t2
Age 0,060 0,030**
Age2 − 0,000 0,000
Sexe 3

Homme - 0,012 0,094


Nationalité4
Ivoirienne - 0,065 0,133
Statut dans le ménage5
Chef de ménage - 0,251 0,108**
Situation matrimoniale 6

Marié 0,093 0,102


Lieu de résidence 7

Urbain - 0,027 0,110


Niveau d’instruction8
Primaire 0,165 0,133
Secondaire 1C - 0,130 0,173
Rev. Iv. Sci. Eco. Gest. - Vol 1 ; N° 2 ; pp. 31-47 ARTICLE ORIGINAL / ORIGINAL ARTICLE

Secondaire 2C - 0,309 0,179*


Supérieur - 0,304 0,177*
Type de formation9
Générale 0,190 0,135
Expérience professionnelle 10

Avec expérience - 0,673 0,118***


Secteur de recherche 11

Secteur public 0,079 0,128


Type d’emploi recherché12
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Temporaire - 0,264 0,136*


Type d’emploi recherché 13

Salarié - 0,031 0,100


Adéquation entre la qualification et
l’emploi recherché14
Oui 0,031 0,120
Constante 2,537 0,476***
LR chi2 (17) 63,54
Log de vraisemblance - 1028,2709
Nombre d’observations 657
Prob > chi2 0,0000
(1) La variable dépendante est la durée de chômage ;
(2) Probabilité “ two-tailed ” que le coefficient soit égal à zéro. Le t est le rapport entre le β et l’erreur type ;
(3) Base = femmes ; (4) Base = étrangers ; (5) Base = Autres membres ; (6) Base = non marié ; (7) Base =
rural ; (8) Base = Sans instruction ; (9) Base = Professionnelle ou technique ;
(10) Base = Nouvelle insertion ou les chômeurs qui n’ont jamais travaillé ; (11) Base = Autre secteur d’activité ;
(12) Base = autres types d’emploi ; (13) Base = Autre type d’emploi ; (14) Base = la non adéquation entre la
qualification du chômeur et l’emploi recherché ;
Note : * = significatif à 10 pour-cent au moins ; ** = significatif à 5 pour-cent ; *** = significatif à 1 pour-cent
Source : A partir de la base de données de l’enquête auprès des ménages 2015
Zayet Monique Andrée DOMORAUD (2020 ) Durée du chômage et insertion professionnelle en Côte d’Ivoire 45

L’expérience professionnelle est une variable déterminante dans le processus de sortie du chômage.
Le coefficient de cette variable est négatif. Ce résultat montre que les employeurs préfèrent recruter
les personnes qui ont déjà travaillé que de recruter des personnes nouvellement sorties du système de
formation. Le chômage est partie intégrante du processus de socialisation des diplômés selon la théorie
du chômage frictionnel, car ceux-ci passent par une période de chômage obligatoire avant l’obtention
d’un emploi définitif. Les personnes ayant déjà travaillé ont en général des réseaux relationnels et des
acquis professionnels qu’elles utilisent pour obtenir rapidement un emploi. L’absence d’expérience
professionnelle est un facteur défavorable pour les premiers demandeurs d’emploi. A ce propos,
Flamand (2016) suggère que l’absence d’expérience professionnelle en début de vie active est
davantage préjudiciable qu’en milieu de carrière.
Par ailleurs, les variables comportementales montrent que les personnes recherchant un emploi
temporaire sortent plus facilement du chômage que les autres catégories. Si l’on assimile les emplois
temporaires à des emplois saisonniers, il est évident que les chômeurs qui optent pour ce type d’emploi
augmentent leur chance de quitter le chômage par rapport aux personnes qui sont à la recherche d’un
emploi stable, ou celles qui souhaitent une insertion définitive sur le marché du travail. En effet, la
nature et les caractéristiques des emplois temporaires constituent en général une possibilité d’insertion
facilitée par le caractère disponible de ce type d’emploi, qui varie en fonction des opportunités du
marché du travail. Il faut voir en ce résultat une précarisation du marché du travail et une mauvaise
insertion des travailleurs, qui alternent périodes de chômage et d’emplois instables sans la possibilité
d’une insertion définitive.

Rev. Iv. Sci. Eco. Gest. - Vol 1 ; N° 2 ; pp. 31-47 ARTICLE ORIGINAL / ORIGINAL ARTICLE
Dans l’ensemble, les conclusions des estimations économétriques concordent avec celles des
statistiques descriptives. Les résultats auxquels nous aboutissons apportent des éléments d’analyse
intéressants à l’étude de l’insertion professionnelle des jeunes et des diplômés en Côte d’Ivoire.

CONCLUSION
Cette étude a proposé une analyse du processus de sortie du chômage en Côte d’Ivoire basée sur une
modélisation des durées de chômage, plus précisément de l’impact des caractéristiques individuelles
sur la probabilité de sortie du chômage. Les résultats de l’analyse descriptive ont montré que les

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catégories les plus vulnérables au chômage sont les jeunes, les femmes et les personnes instruites.
L’analyse des durées de chômage montre que, bien que les jeunes soient plus touchés que les adultes,
il n’en demeure pas moins qu’ils restent moins longtemps au chômage que ces derniers. En effet,
les durées moyennes de chômage augmentent avec l’âge et diminuent avec le niveau d’instruction.
L’analyse économétrique a permis d’apprécier dans le temps, toutes choses égales par ailleurs,
les principaux facteurs favorables ou défavorables à la sortie du chômage et notamment, l’effet
propre de la durée du chômage sur ces facteurs. En outre, nous avons montré que les caractéristiques
individuelles des chômeurs jouent un rôle dans leur vulnérabilité au chômage. Nous avons ainsi
montré que pour l’ensemble de la population, certains facteurs jouent favorablement pour la sortie
du chômage ce sont : le fait d’avoir un niveau d’étude du secondaire second cycle et supérieur, le
fait d’avoir une expérience professionnelle, d’être chef de ménage et aussi le fait de rechercher un
emploi temporaire. Cependant, d’autres facteurs ont une influence négative sur la probabilité de sortie
du chômage. Il s’agit essentiellement de l’âge. Plus l’âge augmente, moins l’individu a des chances
de retrouver un emploi.
A travers cette étude, nous souhaitons contribuer à une meilleure orientation des politiques
d’insertion des chômeurs sur le marché du travail, afin d’éviter les situations de chômage durable.
Les politiques de lutte contre le chômage sont de deux types. Les politiques passives et les politiques
actives. Les premières concernent en général, l’indemnisation des chômeurs et les secondes regroupent
toutes les actions menées en faveur des chômeurs pour faciliter leur réinsertion sur le marché du
46 Revue ivoirienne de Sciences et de Gestion (Rev. Iv. Sci. Gest.) - RISEG- © EDUCI. Vol 1 - N°1

travail. En Côte d’Ivoire, la politique d’indemnisation appliquée depuis les années 80 ne prend en
compte que les chômeurs victimes de licenciement économique. Toute la frange de la population active
qui n’est pas concernée par cette mesure ne bénéficie d’aucun moyen de recours. Il importe donc de
penser des politiques passives susceptibles de prendre en compte la frange des jeunes, des diplômés,
des femmes et aussi tous les chômeurs âgés dont les chances de réinsertion sur le marché du travail
sont très faibles. Il convient également de renforcer les politiques d’emploi en faveur des jeunes, des
femmes et des diplômés et de créer un programme de reconversion professionnelle des chômeurs de
très longue durée. Toutes ces mesures pourraient faire l’objet d’un plan national de l’emploi.

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Revue Ivoirienne des Sciences Economiques et de Gestion - RISEG

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