MASTER : culture et littérature francophone moderne
Module : La littérature du XXIème siècle.
Les études postcoloniales
Encadré par : Mme UAKKAS Préparé par : Ahmed FIRACHINE
Année universitaire : 2024-2025
Plan :
Introduction.
I. Pionniers de la théorie postcoloniale
II. Les dimensions conceptuelles de la théorie postcoloniale
III. Les fondements de la théorie postcoloniale
IV. Critique littéraire et théorie postcoloniale :
V. Réécriture de l’histoire de la colonisation et engagement
littéraire dans quelques romans marocains contemporains
Conclusion :
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Introduction :
Le mouvement des études postcoloniales a émergé dans les années 1980, d’abord
dans les universités américaines, avant de se diffuser à l’échelle mondiale. Il trouve son
origine dans la période post-décolonisation, principalement après la Seconde Guerre
mondiale, qui a permis à de nombreuses anciennes colonies d'accéder à l'indépendance.
Cependant, malgré l'indépendance formelle, l’influence des puissances coloniales a
persisté, créant des relations complexes marquées par le ressentiment et la dépendance.
Les études postcoloniales visent à combler le vide philosophique et historique
laissé par l'analyse du fait colonial. La colonisation n'était pas simplement une
domination politique mais une entreprise de destruction des structures symboliques des
sociétés colonisées, comme l’a exprimé Aimé Césaire dans son Discours sur le
colonialisme. La colonisation européenne, tout en prétendant apporter la civilisation, a
souvent établi une relation contradictoire avec les colonisés, mélangeant intégration et
ségrégation. Elle imposait sa propre culture tout en niant l'universalité qu'elle
revendiquait, créant ainsi deux catégories de citoyens : les colonisateurs et les indigènes.
La théorie postcoloniale ne considère pas la colonisation comme une simple forme
de domination d'État, mais comme un phénomène plus complexe, avec un double
discours, à la fois philanthropique et raciste, civilisateur et ségrégatif. Claude Lévi-
Strauss et Frantz Fanon ont souligné que la colonisation a affecté non seulement
l'économie, mais aussi l'identité et la psyché des peuples colonisés, laissant des traces
profondes et durables. Fanon, dans des œuvres comme Les Damnés de la Terre et Peau
noire, masques blancs, a analysé les effets psychologiques de la colonisation tant sur les
colonisés que sur les colonisateurs, soulignant que la décolonisation était non seulement
un processus politique mais aussi psychique.
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La sortie de la colonisation ne se réduit donc pas à une simple émancipation
politique ou économique. Elle pose des questions sur la manière dont les sociétés
peuvent redéfinir leur identité après la domination coloniale. La théorie
postcoloniale explore ainsi les enjeux de l’identité, de la résistance, et de
l’influence persistante des anciennes puissances coloniales, en suggérant que
l’héritage du colonialisme continue d’affecter les relations mondiales et les
dynamiques culturelles, même après l'indépendance formelle.
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I. Pionniers de la théorie postcoloniale
1) Edward Said (1935-2003)
Edward Said est un écrivain et critique académique américain d'origine
palestinienne. Son livre L'Orientalisme est considéré comme l'une des œuvres les plus
importantes dans le domaine des études postcoloniales, représentant le véritable début
de cette théorie. Dans cet ouvrage, Said analyse comment l'Orient a été représenté par
l'Occident, en soulignant que ces représentations ne sont pas de simples perceptions
superficielles, mais des outils de domination culturelle et politique. En plus de
L'Orientalisme, il a écrit de nombreux ouvrages importants tels que La Culture et
l'Impérialisme, Images du Intellectuel et Réflexions sur l'exil.
2) Frantz Fanon (1925-1961)
Frantz Fanon était un psychiatre et philosophe social reconnu comme l'un des
pionniers de la théorie postcoloniale. Il est connu pour ses travaux sur les effets du
colonialisme et de la violence, notamment dans ses livres Les Damnés de la Terre et
Peau noire, masques blancs. Fanon a développé le concept de "fannonisme", souvent
décrit comme une "théorie du tiers-monde". Dans la préface de son livre Les Damnés de
la Terre, Jean-Paul Sartre a écrit qu'il était « le premier à redonner, après Angler, un rôle
à l'oubli dans l'histoire, considérant que le facteur colonial est fondamentalement un
facteur polluant, et que la violence est l'outil de l'homme colonisé pour se purifier et
reconstruire sa propre identité en tant qu'être humain nouveau, exempt de la peste de la
métissage, caractéristique des sociétés coloniales ».
Ces deux personnalités sont parmi les figures les plus marquantes qui ont
grandement contribué à la fondation et à la diffusion de la théorie postcoloniale, en se
concentrant sur l'étude des effets du colonialisme sur l'identité et la culture.
II. Les dimensions conceptuelles de la théorie postcoloniale
❖ Hégémonie
Le terme "hégémonie" est largement utilisé dans les études postcoloniales et fait
référence à une forme de domination culturelle exercée par un groupe dominant sur un
groupe dominé, qu'elle soit explicite ou implicite. Dans son sens le plus simple, il décrit
« l'imposition d'une culture particulière par le groupe dominant sur le groupe dominé ».
Ce phénomène a été observé dans de nombreuses civilisations, mais au sein du monde
occidental, il s'est manifesté sous un vernis de civilisation. Cette hégémonie repose sur
des bases culturelles, scientifiques, éthiques, sociales et économiques. L'hégémonie
implique que ceux des pays du Sud ne sont pas simplement des interlocuteurs, mais
qu'ils ressentent et perçoivent leur position face à l'Autre, comprenant qu'ils sont
confrontés à une autre "entité humaine" avec des structures, des systèmes de pensée et
des comportements différents.
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Le terme a été introduit par le philosophe italien Antonio Gramsci, qui a décrit
l'hégémonie comme « une tentative réussie d'expliquer la capacité d'une autorité à
façonner les conceptions, les valeurs, et les systèmes politiques d'un peuple, même
longtemps après que la source externe de ce pouvoir ait disparu ». Cette relation est
comparable à celle d'un père avec son fils, qui continue à influencer le fils jusqu'à l'âge
adulte. Les colonisateurs européens ont bénéficié de cette dynamique, considérant les
peuples colonisés comme des enfants.
❖ Subjectivation
Le terme "subjectivation" a été introduit par le philosophe français Louis Pierre
Althusser. Il désigne le processus par lequel un individu se définit à partir du regard de
l'Autre, perçu comme un "objet" ou une entité passive. Dans le scénario idéal proposé
par Althusser, les membres de la société ne deviennent des "sujets" qu'une fois qu'ils
sont "appelés" ou "convoqués" par des forces dominantes, qu'il appelle « les appareils
idéologiques d'État ». Dans ce contexte, l'individu ne naît pas en tant que "sujet" (au
sens philosophique du terme, c'est-à-dire une personne qui pense et ressent) ou citoyen
actif, mais la société transforme l'individu en sujet à travers un processus complexe qui
fusionne les deux significations du terme.
❖ Appel ou invocation
Althusser utilise également le terme "appel" pour décrire le processus par lequel
les appareils idéologiques d'État ou les institutions dominantes façonnent l'identité de
leurs membres. Cet appel peut être une invitation à percevoir une personne ou un groupe
comme « colonisés », ce qui entraîne une subjectivation de cette personne ou de ce
groupe face à la puissance coloniale. En d'autres termes, la puissance coloniale « appelle
» ou « invoque » les peuples autochtones en les désignant comme « sauvages » et « non
civilisés », les soumettant ainsi à la domination coloniale. Un exemple de cette
dynamique est fourni par l'auteure néerlandaise Tejaswini Niranjana, qui, dans son
ouvrage Positioning Culture, soutient que les Indiens ont été définis comme des sujets
de l'Empire britannique, les amenant à se voir à travers le prisme de l'Autre et à se
percevoir comme des enfants dépendants.
❖ Hybride
Le terme "hybride" se réfère au mélange et à la combinaison. Dans le contexte des
études postcoloniales, il désigne le processus de mélange des cultures et des
communautés visant à déconstruire et à remettre en question le centralisme européen.
Cela permet de dépasser une pensée colonialiste qui voit cette hybridation comme
nuisible ou menaçante. L'hybridation est devenue une réalité tangible dans la vie
littéraire occidentale, notamment dans les récits. Avec l'émergence d'une nouvelle
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génération d'écrivains issus de cultures variées, il y a eu une diversification des
références, des histoires, des sujets et des perspectives.
III. Les fondements de la théorie postcoloniale
La théorie postcoloniale repose sur un ensemble de fondements critiques et
méthodologiques, parmi lesquels nous pouvons citer :
❖ La dualité Est-Ouest
La relation entre l'Est et l'Ouest est très complexe. L'Ouest se définit souvent comme
l'agent du progrès historique, tandis que l'Est est perçu comme un espace statique et
immuable. Dans cette perspective, la théorie postcoloniale s'efforce de comprendre de
manière nuancée les relations entre ces deux entités, qu'elles soient positives, basées sur
la compréhension et la coexistence, ou négatives, marquées par le conflit et
l'affrontement.
❖ Déconstruction du discours colonial
L'un des objectifs de la théorie postcoloniale est de dénoncer les idéologies occidentales
qui affirment la centralité, représentant l'hégémonie et la domination. À cet égard, elle
s'appuie sur des méthodologies critiques, notamment celles développées par le
philosophe français Jacques Derrida, tout en s'inspirant des travaux de Michel Foucault,
Karl Marx et Antonio Gramsci. Edward Said est considéré comme un pionnier dans ce
domaine.
❖ Lutte contre l'occidentalisation
La théorie postcoloniale s'engage à lutter contre les politiques d'occidentalisation et
d'assimilation que l'Occident impose à l'Est. Elle cherche à exposer les fondements
politiques et idéologiques de ces pratiques et à dévoiler leurs intentions coloniales, tant
à court qu'à long terme. Ce discours culturel est souvent marqué par une tendance à se
centrer sur des perspectives dominantes.
❖ Défense de l'identité nationale et de la culture
Les intellectuels de la théorie postcoloniale se sont opposés à l'assimilation à la culture
occidentale, critiquant les politiques d'exclusion, de marginalisation et d'hégémonie
centrée sur l'Occident. Ils appellent à la promotion d'une culture nationale authentique
et à une identité collective, en particulier au sein des mouvements littéraires portés par
des écrivains africains.
❖ Relation du soi à l'Autre
Un des axes importants de la théorie postcoloniale est d'examiner la relation entre le soi
et l'Autre à la lumière des approches postmodernes, afin de comprendre la dynamique
d'interaction qui existe entre eux. Cette relation est-elle fondée sur le conflit et
l'agression, ou sur la coexistence et la compréhension mutuelle ?
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❖ Appel à l'Orientalisme
Alors que les penseurs occidentaux analysent l'Est à travers le prisme de l'orientalisme,
considéré comme un discours colonial visant à le soumettre culturellement et à le
dominer politiquement, les intellectuels de la théorie postcoloniale appellent à un
"orientalisme inverse", ou ce qu'on appelle également "l'étude de l'Orient" pour
déconstruire la culture occidentale. Hassan Hadhif, dans son livre "Introduction à l'étude
de l'Orient" (1981), a tenté de « défaire le complexe d'infériorité historique dans la
relation du soi à l'Autre » et de surmonter le complexe de supériorité de l'Autre en le
transformant d'un sujet d'étude en un objet étudié. Ces tensions ont trouvé des résolutions
dans les travaux de Edward Said et Abdel Wahab El Messiri, parmi d'autres.
❖ Résistance matérielle et culturelle
Les intellectuels de la théorie postcoloniale ne se limitent pas à une analyse du discours
orientaliste, mais s'engagent à résister à l'occupant par tous les moyens possibles, que ce
soit par la résistance pacifique, l'orientalisme inverse ou la publication d'écrits critiques
visant à déconstruire les pensées centrées sur l'Europe et les États-Unis.
❖ Exil et étrangeté
De nombreux intellectuels liés à la théorie postcoloniale vivent en exil, en tant que
réfugiés ou opposants. Ils critiquent à la fois l'arriération de leur pays d'origine et les
politiques d'occidentalisation, de marginalisation et de domination. Cela crée une
dissonance tant personnelle que thématique : ils vivent souvent une étrangeté intérieure,
tant au niveau spatial que psychologique. Edward Said, par exemple, évoque une
condition d'exil éprouvante, affirmant que pour l'intellectuel, l'exil est une « condition
de malaise, un état de mouvement sans repos, qui n'accepte jamais la stabilité ni pour
soi ni pour les autres ».
❖ Pluralisme culturel
Les intellectuels de la théorie postcoloniale plaident en faveur du pluralisme culturel,
s'opposant à la domination d'une culture unique et au centrage des perspectives
occidentales. Ils rejettent les politiques d'assimilation, d'occidentalisation et d'exclusion,
appelant à l'ouverture des cultures et à l'interaction culturelle. Ils soutiennent
l'émergence de nouvelles cultures parallèles à la culture occidentale centrée, telles que
la culture arabe, asiatique et africaine, dans une perspective de multiculturalisme.
IV. Critique littéraire et théorie postcoloniale :
Dans le champ postcolonial, l'analyse littéraire est, paradoxalement, plus
accessible au départ que dans d'autres sciences humaines. Cela s'explique par
l'ancienneté de son intégration au postcolonialisme, dès 1978, lorsque le professeur
Edward Saïd a défini l'orientalisme comme un support intellectuel de l'impérialisme
européen au Moyen-Orient, appelant à inclure cet impérialisme dans les études
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littéraires. Du côté francophone, les écrits d'Albert Memmi, Frantz Fanon et Aimé
Césaire sont vus comme des textes précurseurs. Le colonialisme a influencé la littérature
par l'organisation de l'édition, les habitudes de lecture, les codes linguistiques et
littéraires, et les représentations du réel, nécessitant une révision de notre histoire
littéraire. Pourtant, l'université française, sauf pour certains départements d'anglais, a vu
le postcolonialisme susciter des réticences, notamment face à la « theory » américaine.
En effet, le terme « post » est souvent perçu comme une manière superficielle de
désigner ce qui n'est plus, sans vraiment saisir la suite des événements.
Une particularité de la situation française réside dans le fait que la critique
postcoloniale se confronte à l'institution politique, linguistique et littéraire qu'est la
francophonie. Le terme « francophonie » désigne une diversité géographique et
culturelle structurée autour d'un élément linguistique : d'une part, les régions où le
français joue un rôle social important et, d'autre part, celles où l'on trouve des locuteurs
natifs, à l'exception de la France. Ces pays et espaces culturels sont manifestement très
divers, et leurs situations linguistiques sont d'autant plus complexes qu'elles se
caractérisent par la cohabitation de plusieurs langues, qu'elles soient autochtones ou
européennes. Par ailleurs, la littérature française est si étroitement associée au prestige
national que la France a été qualifiée de « pays de la littérature ».
V. Réécriture de l’histoire de la colonisation et engagement littéraire
dans quelques romans marocains contemporains
L'écriture de l'histoire de la période coloniale dans le roman historique marocain
contemporain a un caractère performatif et met en lumière l'engagement littéraire des
écrivains marocains de la nouvelle génération. Bien que cet engagement soit souvent
implicite, il se révèle à travers la remise en question d'une historiographie officielle
incomplète. En revisitant la période coloniale, ces récits donnent voix aux auteurs au
sein de la narration et invitent également le lecteur à réfléchir sur l'histoire.
L'engagement littéraire de ces écrivains se manifeste clairement par leur expression de
l'anticolonialisme. Cette critique de la colonisation, omniprésente dans les textes,
devient un motif récurrent qui traverse les récits et expose les idéologies des auteurs,
affirmant ainsi leur engagement littéraire.
Le roman marocain contemporain d'expression française a connu, au cours des
vingt dernières années, un retour important vers l'Histoire. L'intérêt marqué des écrivains
marocains, tels que Fouad Laroui, Omar Mounir et Ahmed Beroho, pour le genre du
roman historique, longtemps négligé dans la littérature maghrébine de langue française,
s'est affirmé comme un domaine littéraire majeur. La réhabilitation de figures historiques
controversées comme Bou Hmara, Ahmed Raïssouni ou Abdelkrim Elkhattabi, constitue
le cœur de ces œuvres romanesques. Parallèlement, la période coloniale reste un moment
clé du passé que ces romans cherchent à revisiter. Cette approche vise à démontrer
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comment, en choisissant de raconter l'Histoire de l'époque coloniale, ces écrivains
marocains de la nouvelle génération s'inscrivent dans une démarche d'engagement
littéraire.
Dans les deux romans de notre corpus, les auteurs marocains contemporains
montrent une préférence pour des sujets historiques controversés du passé du Maroc.
Bien que ces récits soient basés sur des événements historiques vérifiables (comme les
révoltes de Bou Hmara et Raïssouni, l’insurrection d’Abdelkrim dans le Rif, ou encore
les moments marquants de la période coloniale), il y a chez ces écrivains une volonté
manifeste de s'affranchir des limites de l’historiographie officielle et de la revisiter. Ce
choix reflète une démarche contestataire qui, comme le souligne Marta Cichocka, traduit
une prise de position par rapport à l'Histoire officielle. Cichocka avance que « le choix
de sujets problématiques révèle souvent une volonté de s'opposer à la version officielle
de l'histoire » (Cichocka, 2007 : 315). Cette intention de contester la version officielle
est clairement exprimée par les auteurs, et cette contestation peut être perçue comme
une forme d’engagement littéraire.
Dans le même élan, Ahmed Beroho s'oppose aux « faiseurs de l'Histoire officielle
» en choisissant de raviver la légende du Rif dans son roman Abdelkrim et les causes de
la proclamation de la République du Rif. Ce geste traduit une forme d'engagement
littéraire, Son roman constitue une prise de position directe de l'écrivain, un acte
d'engagement et de défi lancé aux faiseurs de l'histoire officielle du Maroc, qui ont
sciemment caché à leurs citoyens la vérité historique de leur pays Beroho redonne vie à
Abdelkrim, une figure centrale de l'histoire du Rif, qui occupe une place marginale dans
l'Histoire officielle du Maroc, en raison de l'accusation qu'il se serait rebellé contre le
sultan en proclamant la République du Rif (1921-1926). C'est contre ces distorsions
historiques qu'Ahmed Beroho s'engage à (re)écrire l'Histoire, en cherchant à réhabiliter
ce héros-personnage :
Abdelkrim s’est-il insurgé ? Oui. Et tant mieux ! L’effet ne saurait être sans cause. Que doit
faire un Marocain, de la force morale d’un Abdelkrim, qui voit une moitié du peuple auquel il
appartient tyrannisée par les Néron espagnols et l’autre moitié, par les Caligula français, aidés des
Tibère marocains des deux zones ? Mais, Messieurs les Prévaricateurs de l’histoire, Abdelkrim s’est
insurgé contre qui ? Contre Moulay Youssef ? Ce prince n’était pas souverain. Contre la Souveraineté
nationale ? Le Maroc était occupé par la France et l’Espagne (…). Il fallait alors qu’un Marocain de
la dimension patriotique de Abdelkrim vînt délivrer ses compatriotes des chaînes de l’esclavage et
libérât le pays. Mais, Messieurs les historiens, Messieurs les politiciens ! Pourquoi incriminer seul
Abdelkrim dans cette lutte bénie contre l’occupant ? Abdelkrim n’était pas le seul
marocain à traduire par les actes la divine volonté de tous les Marocains, à savoir : la libération du
pays de la sauvagerie franco-espagnole (Beroho, 2008 : 23-24).
De même, Mhamed Lachkar confirme cette affirmation que Mohammed Ben Abdelkrim
n’était pas un séparatiste, mais un héros qui lutter pour l’émancipation de son pays dans son roman
Gertrude Arnall :
Dans les derniers jours de 1925, Ben Abdelkrim a reçu une lettre de Kharaj El Manaoui, président de
l’Association des oulémas du Caire lui annonçant que le congrès pour la nomination d’un nouveau
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calife de l’oumma islamique aura lieu au mois de mars de l’année prochaine, et que les principaux
dirigeants musulmans avaient retenu trois noms pour ce poste, mais l’opinion publique ne désirait
comme kalife que Ben Abdelkrim (…). Plusieurs semaines après, il a envoyé un message à Ben
Abdelkrim l’informant que le sultan du Maroc avait été aussi invité à ce congrès, mais qu’il avait
refusé d’envoyer des représentants à une rencontre des hauts dirigeants musulmans où étaient
également conviés des représentants de l’un de ses sujets rebelles. Avisé à temps, le gouvernement
français, décida d’empêcher par la force l’arrivée des délégués rifains au Caire. (Gertrude Arnall :
231-232) ( …) par la suite, Ben Abdelkrim a reçu une invitation envoyée par Ibn Saoud pour un autre
congrès des dirigeants musulmans, qui lui devrait se renir à la Mecque au de Mars 1926. Mais cette
fois-ci, le sultan n’a pas été convié puisque les organisateurs le considéraient comme étant le « le
sultan des français » (Gertrude Arnall : 234)
Bibliographie :
BEROHO, Ahmed (2008). Abdelkrim et Les causes de la proclamation de la république
du rif. Tanger : Editions Corail.
CICHOCKA, Marta (2007). Entre la nouvelle histoire et le nouveau roman historique :
réinventions, relectures, écritures. Paris : L'Harmattan.
LACHKAR Mhamed, Gertrude Arnall, MAOUJA (2024)
Wébographie:
ELQADERY, Abderrahman, Intercâmbio, 2ª série, vol. 15, 2022, pp. 70-86
https://doi.org/10.21747/0873-366X/int15a6
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