Reglement de Discipline Generale Final
Reglement de Discipline Generale Final
Travail-Justice-Solidarité
LE REGLEMENT
DE DISCIPLINE GENERALE
La défense de la patrie, la sauvegarde de sa liberté et le respect de son honneur constituent la raison d’être
des forces armées guinéennes. La présence sous les drapeaux révèle aux citoyens l’ampleur de leurs devoirs
et leurs responsabilités. Le succès des armées, quelles que soient les qualités des matériels, repose sur la
valeur et la détermination des Hommes qui les servent.
L’armée guinéenne est une armée du peuple dont elle partage le destin. Elle n’est ni une armée de
domination ni une armée de conquête. Elle est un moyen de défense de la patrie.
Les bases de l’action de l’armée reposent sur la constitution, l’ordonnance n°23/PGRG du 16 décembre 1958
portant création de l’Armée guinéenne, le statut général des militaires, les statuts particuliers des militaires et
le Règlement de Service dans l’Armée.
Les statuts des militaires exigent en toutes circonstances loyauté, discipline, et esprit de sacrifice. Les devoirs
qu’ils comportent et les sujétions qu’ils impliquent méritent le respect et la considération de la nation.
Le règlement de service dans l’armée a été établi à l’usage des forces armées guinéennes dans le but de
faciliter l’exercice des droits et des devoirs des militaires.
Le présent décret concerne uniquement le règlement de discipline générale dans les forces armées.
Ce document pourrait être modifié ou refondu avec l’évolution des armes et des armées.
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PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE REPUBLIQUE DE GUINEE
SECRETATARIAT GENERAL DU GOUVERNEMENT Travail - Justice – Solidarité
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
- Vu la Constitution ;
- Vu le Décret D/2010/007/PRG/SGG du 24 décembre 2010 portant nomination du Premier Ministre- Chef
du Gouvernement ;
- Vu les Décrets D/2010/009/PRG/SGG du 27 décembre 2010, D/2010/016/PRG/SGG du 30 décembre 2010
et D/2011/002/PRG/SGG du 04 janvier 2011, portant nomination des Ministres ;
- Vu le Décret D/2011/002/PRG/SGG du 03 janvier 2011 portant nomination du Ministre délégué à la
Défense Nationale ;
- Vu le rapport d’évaluation du secteur de la sécurité en République de Guinée en date du 04 avril 2010
conjointement élaboré par les experts de la CEDEAO, de l’Union Africaine et de l’Organisation des Nations
Unies et remis à son Excellence Monsieur le Président de la République le 04 mai 2010à Conakry au Palais
du Peuple en présence de toutes les composantes de la Nation ;
- Vu la Note conceptuelle en date du 13 janvier 2011 sur les propositions pour la mise en œuvre des
recommandations du rapport d’évaluation du secteur de la Sécurité en République de Guinée ;
DECRETE
PREMIERE PARTIE
DISCIPLINE GÉNÉRALE
TITRE I : BASE DE LA DISCIPLINE MILITAIRE
Article 1er : La discipline faisant la force principale des armées, il importe que tout supérieur obtienne de ses
subordonnés une obéissance entière et une soumission de tous les instants.
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Si l'intérêt du service demande que la discipline soit ferme, il veut en même temps qu'elle soit paternelle.
Toute rigueur qui n'est pas de nécessité, toute punition qui n'est pas déterminée par les règlements ou que
ferait prononcer un sentiment autre que celui du devoir, tout acte, tout geste, tout propos outrageant d'un
supérieur envers un subordonné sont formellement interdits.
Les membres de la hiérarchie militaire à quelque degré qu'ils soient placés, doivent traiter leurs subordonnés
avec bonté, être pour eux des guides bienveillants, leur porter tout l'intérêt et leur témoigner tous les égards
dus à des compagnons d'armes, qui assument avec eux la mission de faire observer les lois de la
République, de sauvegarder l'indépendance et l'honneur de la Patrie.
La discipline est d'autant plus facilement obtenue que les chefs ont pris plus d'ascendant sur leurs troupes par
l'exemple qu’ils leur donnent, la confiance qu'inspire leur caractère et l'affection que leur attire le souci
constant des intérêts matériels et moraux des subordonnés.
Les chefs n'oublieront jamais que les ordres ne sont mieux exécutés que lorsque ceux qui les reçoivent en ont
compris le but et la portée.
La discipline militaire s'impose en toutes circonstances, de temps et de lieu. Elle est stricte et rigoureuse dans
les activités liées aux missions, celles qui mettent en péril la sécurité du personnel et des installations ainsi
que toutes celles qui constituent le service courant. Elle est souple et bienveillante dans les activités relevant
de la vie en collectivité et dans tout ce qui se situe hors du service courant.
Article 2 : La formation des personnels militaires doit être donnée dans le souci de leur procurer les
motivations dont ils ont besoin en temps de paix pour que le temps consacré à l’entraînement et à la
préparation du militaire au combat soit efficace et enrichissant.
La formation militaire est l’ensemble des services qui tendent pour chaque militaire :
- à réaliser et à mieux accomplir les missions qui lui sont ou peuvent lui être confiées ;
- à l’intégrer pleinement aux différents groupes au sein desquels il est appelé à vivre ;
- à favoriser son épanouissement intellectuel et physique en développant ses aptitudes.
La formation dans les armées revêt deux aspects étroitement liés, également indispensables mais par nature
très différents :
- un aspect « instruction» : acquisition et entretien des connaissances et du savoir-faire nécessaire à
l’exécution des tâches. Cette instruction est dispensée pendant des périodes limitées, selon un programme
établi. Pour être efficace, ses objectifs doivent être clairement définis et connus de tous ;
- un aspect « éducation » : adaptation au milieu de vie, adhésion active aux règles militaires et la
préparation à l’accomplissement des missions du temps de guerre comme du temps de paix.
La formation militaire est une œuvre permanente jamais achevée et dont chaque moment de la vie militaire,
service général, instruction, loisirs, constituent à la fois le support et le moyen.
Les méthodes doivent être adaptées aux hommes et aux circonstances pour obtenir une adhésion effective.
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A- FORMATION DES CADRES
Il s’agit de définir le comportement et les aptitudes que doivent posséder les cadres pour faire de la
formation une réalité vivante.
Les officiers et sous officiers doivent former, instruire, entraîner les unités dont ils ont la charge dans un cadre
réglementaire; leurs actions doivent être étroitement liées et fondées sur la confiance et l’estime.
La tâche des sous-officiers est la plus contraignante dans l’exercice de la fonction d’encadrement. Dans
l’action de formation, le couple officier-sous-officier est inséparable.
Par conséquent, le sous-officier bénéficie pour sa formation personnelle de l’expérience de l’officier.
B- PROTECTION ET SECURITE
Aucune unité, aucun organisme, aucune installation n’est à l’abri d’actes délibérément perpétrés par des
éléments hostiles; déjouer leurs projets est du ressort de tous.
Cette action de protection et de sécurité ne saurait avoir tous ses effets sans réflexe de renseignement qui
permet une utilisation rationnelle et efficaces des moyens.
CHAPITRE 1 : HIERARCHIE
Conformément à la Constitution, les Forces Armées Guinéennes sont subordonnées au pouvoir politique.
Elles relèvent :
- Du Président de la République, chef des armées, garant de l'indépendance nationale et de l'intégrité du
territoire ;
- Du ministre de la défense nationale, responsable de la préparation et de la mise en œuvre de la politique de
défense.
La hiérarchie militaire définit la place de chacun et son niveau de responsabilité par l'ordre des grades et,
dans chaque grade, par l'ordre d'ancienneté. A moins que des règles particulières n'en disposent autrement,
les militaires dans l'exercice de leur fonction sont subordonnés les uns aux autres selon l'ordre hiérarchique.
L'observation des règles de subordination écarte l'arbitraire et maintient chacun dans ses droits comme dans
ses devoirs.
Tout militaire est tenu de se conformer et d’obtempérer aux injonctions d’un militaire de grade inférieur si ce
dernier est en service et agit en vertu d’ordre ou de consigne légale qu’il est chargé de faire appliquer.
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La hiérarchique militaire comprend:
- les officiers ;
- les sous-officiers ;
- les militaires du rang.
Les militaires élèves ou assimilés des écoles ou centres de formation portent, selon le cas, le titre d’aspirant,
d’élève officier, d’élève sous-officier, d’élève gendarme, de soldat élève, d’élève 1. Ces appellations ne
correspondent pas à des grades au sein des forces armées guinéennes.
Article 5 : Le grade
Le grade consacre l'aptitude à occuper des emplois d'un certain niveau, à assumer la responsabilité et à
exercer l'autorité qui y est attachée. A égalité de grade, l’ordre hiérarchique résulte, de l’ancienneté dans le
grade. A égalité d’ancienneté dans le grade, l’ordre hiérarchique résulte de l’ancienneté dans le grade
immédiatement inférieur. Le titulaire d'un grade a le droit et le devoir de faire respecter les règles générales
de la discipline par tous les militaires qui sont placés après lui dans l'ordre hiérarchique, même s'ils ne
relèvent pas fonctionnellement de son autorité.
Les grades de la hiérarchie militaire sont :
Militaires du rang :
- Soldat 2ème classe (élève gendarme, matelot 2ème classe) ;
- Caporal (brigadier, quartier-maître de 2ème classe) ;
- Caporal-chef (brigadier chef, quartier-maître de 1ère classe).
Sous-officiers :
a- Sous-officiers subalternes
- Sergent (maréchal des logis2 ou second maître) ;
- Sergent-chef (maréchal des logis-chef ou maître).
b- Sous-officiers supérieurs
- Adjudant (1er maître) ;
- Adjudant-chef (maître principal) ;
- Major.
Officiers:
a- Officiers subalternes
- Sous-lieutenant (Enseigne de Vaisseau de 2ème classe) ;
- Lieutenant (Enseigne de Vaisseau de 1ère classe) ;
- Capitaine (Lieutenant de Vaisseau).
b- Officiers supérieurs
- Commandant (Chef de bataillon, Chef d’escadron, Capitaine de Corvette) ;
- Lieutenant-colonel (Capitaine de Frégate) ;
- Colonel (Capitaine de Vaisseau).
c- Officiers généraux
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Enfants de troupe et personnels en formation dans un établissement militaire n’ayant pas le statut militaire.
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A la gendarmerie, le grade de maréchal des logis est obtenu après une formation de sous-officiers d’active et une formation
professionnelle sur la base d’un concours de sélection.
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- Général de brigade (Contre Amiral) ;
- Général de division (Vice Amiral) ;
- Général de corps d'armée (vice Amiral d'escadre) ;
- Général d'armée (Amiral de la flotte).
B. Des sous-officiers
GRADES ARMÉES DE APPELLATIONS ARMÉE DE MER APPELLATIONS
TERRE - AIR – GENDARMERIE
Major Major Major Major
Adjudant-chef Mon adjudant-chef Maître principal Maître principal
Adjudant Mon adjudant Premier maître Premier maître
Sergent-chef (3) Sergent-chef Maître Maître
Sergent (4) Sergent Second maître Second maître
(3) Maréchal des logis chef et (4) Maréchal des logis pour la gendarmerie.
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TERRE ET AIR MER GENDARMERIE
GRADE
Appellation
1ère classe 1ère classe Matelot breveté 1ère classe
2ème classe 2ème classe Matelot Elève gendarme
Remarques :
a)- nul n’est gendarme s’il n’a subi une formation commune de base (FCB) dans un centre d’instruction
d’infanterie de l’armée de terre ou dans une école nationale de sous-officiers d’active (recrutement direct)
b)- les soldats de 1ère et 2ème classe sont respectivement appelés soldats pour les armées de terre et air;
matelots pour l’armée de mer et élève gendarme pour la gendarmerie.
c)- Les sous-officiers supérieurs féminins sont appelés directement par leur grade.
d)- Les médecins, les pharmaciens chimistes, les vétérinaires et biologistes des armées sont appelés « Monsieur
le.................. >> ou « Madame le....................... suivi de leur grade.
e)- Les officiers féminins sont appelés directement par leur grade sans que l'énoncé de celui-ci soit précédé de «
Madame » ou de « Mon »
CHAPITRE 2 : COMMANDEMENT
Le commandement est l’exercice de l’autorité. Il est dévolu aux personnels gradés des armées. La
subordination est l’état dans lequel se trouve le personnel soumis à l’autorité d’un chef.
Dans l’exercice de leur fonction, les militaires sont subordonnés les uns aux autres selon l’ordre hiérarchique.
Tout militaire qui exerce, même provisoirement ou par intérim une fonction, est investi de l’autorité et de la
responsabilité afférente à cette fonction.
En cas d’absence prolongée, l’autorité ayant nommé le titulaire désigne son remplaçant afin d’assurer le
commandement.
Les pouvoirs détenus par une autorité ne peuvent être délégués que si les lois et les règlements en vigueur
l'autorisent. L'action «Par ordre» se traduit par la décision d'autoriser le subordonné à signer au lieu et place
du supérieur hiérarchique les pièces de service courant ou de routine ainsi que les documents d'application
de ses ordres et directives générales.
Dans ce cas, le nom, le grade et la fonction du signataire doivent apparaître clairement après la fonction de
l'autorité ayant donné l'autorisation de signer « par ordre ».
Le titulaire d'un commandement qui accorde une autorisation de signer « par ordre » à l'un de ses
subordonnés, doit préciser le domaine d'application de cette autorisation afin d'éviter qu'elle n'interfère avec
l'action d'autres subordonnés.
Hormis les délégations consenties, le titulaire d'un commandement signe personnellement les documents :
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- destinés à l'autorité supérieure ;
- engageant son autorité vis-à-vis de l'autorité supérieure ;
- portant une appréciation sur l'action ou l'opinion d'un subordonné ;
- engageant des dépenses ou une procédure judiciaire ;
- portant décision dans un domaine où il a reçu délégation.
L'exercice moral du commandement exige, de la part de tout chef, la connaissance parfaite de ses devoirs et
prérogatives. Tout en se maintenant dans l'esprit des prescriptions réglementaires qu'il s'interdit de
paraphraser ou de modifier de sa propre autorité, le chef ne doit pas hésiter à prendre les initiatives et
accepter les responsabilités de son emploi. La pratique de l'initiative et l'habitude des responsabilités
fortifient d'ailleurs le caractère, condition essentielle du commandement.
Le chef s'attache à orienter et coordonner les activités de ses subordonnés dans les mêmes conditions. Il
redresse leurs erreurs et leur fait comprendre que l'initiative doit toujours s'exercer dans le cadre des ordres
reçus ou des prescriptions des règlements.
Tout militaire, momentanément éloigné de ses supérieurs et amené, dans un cas d'urgence, à prendre une
initiative dépassant ses attributions, est tenu d'en rendre compte dans le plus bref délai possible.
Le commandement se manifeste par des ordres. Les ordres varient dans leur forme, suivant l'importance de
l'unité à laquelle ils sont adressés, ils sont plus détaillés au fur et à mesure que l'on descend l'échelle
hiérarchique. Le chef doit veiller d'une façon effective et constante à la stricte exécution de ses ordres.
Tolérer qu'un ordre ne soit pas exécuté est une démission.
Responsable de tous les actes de la troupe qu’il a l’honneur de commander, le chef développe constamment
les qualités morales de ses subordonnés, en faisant appel à leur intelligence et à leur cœur. C'est là une des
plus hautes missions du chef, celle aussi qui lui procure les plus hautes satisfactions.
Après s’être imposé par sa valeur professionnelle et par l'exemple qu'il donne à ses subordonnés en toute
occasion, le chef gagne leur confiance en s'intéressant aux détails de leur vie et en les écoutant avec
bienveillance. En outre, chaque fois que les règles de la discipline ne s'y opposent pas, il leur prouve qu'après
le bien du service, le bien de la troupe est le principal souci du commandement.
II rend ainsi au pays, après leur service actif accompli, des hommes non seulement instruits de leurs devoirs
professionnels, mais encore pénétrés de la grandeur du rôle qu’ils ont à remplir dans les destinées de la
patrie.
Le chef effectue ou fait effectuer des inspections. Complément indispensable du commandement, le contrôle
doit s’exercer à tous les échelons de façon permanente et objective et porter sur tous les secteurs d'activité.
Le chef note ses subordonnés. Les notes précisent la valeur, l'aptitude professionnelle et la manière de servir
des militaires. Rédigées avec objectivité, elles excluent toute référence aux opinions philosophiques,
religieuses ou politiques et sont établies au moins une fois par an pour les officiers, deux fois pour les sous-
officiers et les militaires du rang.
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Article 10 : Devoirs et responsabilités du subordonné
L'obéissance aux ordres est le premier devoir du subordonné. Tout chef détient de la loi l'autorité dont il est
investi. L'obéissance due à tout chef investi d'une autorité par ses subordonnés, n'est autre qu'un acte de
soumission à la loi, expression de la volonté nationale.
Mais, si le subordonné doit obéissance à ses chefs, il faut aussi qu'il ait en eux une confiance absolue. Il
n'hésite donc pas à leur demander conseil, même pour des questions d'ordre privé.
Toutefois, celui qui exécute un ordre prescrivant d'accomplir un acte dont l'illégalité est flagrante, acte
portant notamment atteinte à la vie, à l'intégrité, à la liberté des personnes ou au droit de propriété, engage
pleinement sa responsabilité disciplinaire et pénale.
Cette dernière s'apprécie selon les règles du droit pénal. Spécialement, les causes d'irresponsabilité, telle la
contrainte, peuvent exonérer le subordonné de toute responsabilité.
Le subordonné qui refuse d'exécuter un ordre dont le caractère illégal n'est pas démontré est fautif. Il
encourt une sanction indépendamment des poursuites qui peuvent être engagées en son encontre pour refus
d'obéissance.
Dans ce dernier cas, la demande de punition ou de poursuite est transmise dans le plus bref délai au Ministre
de la défense nationale ou à l'autorité déléguée par lui, pour statuer en dernier ressort sur le caractère légal
ou non de l'ordre inexécuté.
Tout militaire doit accepter avec courage et bonne humeur, les fatigues et les travaux du métier qui lui sont
imposés pour le préparer à remplir un jour utilement son devoir envers la patrie.
Le soldat, vivant en contact permanent avec ses camarades, doit être propre, prendre soin de sa personne et
de ses effets. Il doit avoir du respect absolu des objets appartenant à l’Etat.
Se souvenant qu'il sera un jour appelé à fonder une famille, il se garde de tout ce qui pourrait nuire à sa
santé, en particulier du VIH-Sida, de l'ivresse qui conduit à l'alcoolisme. Vis-à-vis de ses camarades, il se
montre serviable, le dévouement mutuel étant la base de la vie commune.
S'abstenant de toute brimade et de tout acte de brutalité envers les jeunes soldats, il les aide de ses
conseils pour leur faciliter les débuts de la vie militaire et n'exige d'eux aucune rémunération ; celle-ci étant
contraire aux principes de la bonne camaraderie. Il évite enfin, avec soin, tout propos qui pourrait blesser les
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convictions ou sentiments intimes de ceux qui vivent avec lui, ou amener des rixes qui sont toujours
réprimées avec sévérité.
Le devoir du militaire au combat est de participer énergiquement à l'action contre l'ennemi en usant de tous
les moyens dont il dispose. Il doit cependant respecter la dignité de l'ennemi vaincu ou continuer à se
comporter en soldat, s'il vient lui même à être capturé.
a)- Suivant les conventions internationales signées par le gouvernement guinéen, il est prescrit aux militaires
au combat:
- de considérer comme « combattant» les membres des forces armées ou des milices volontaires, y
compris la résistance organisée, à condition que ces formations aient un chef désigné, que leurs membres
arborent un signe distinctif, portent des armes d'une façon apparente et respectent les lois et usages de la
guerre ;
- de traiter avec humanité, sans distinction, toutes les personnes mises hors de combat ;
- de recueillir, de protéger et de soigner les blessés, les malades et les naufragés dans la mesure où les
circonstances le permettent;
- de respecter les hôpitaux et les lieux de rassemblement des malades, les blessés civils ou militaires, les
personnels, les formations, les bâtiments, les matériels et les transports sanitaires et d'épargner les édifices
consacrés aux cultes, aux arts, aux sciences et à la bienfaisance et les monuments historiques à condition
qu'ils ne soient pas employés à des fins militaires.
b)- Il est interdit aux militaires au combat :
- de prendre sous le feu, de blesser ou de tuer un ennemi qui se rend ou qui est capturé ou avec lequel
une suspension d'armes a été conclue;
- de dépouiller les morts et les blessés;
- de refuser une reddition sans condition;
- de se livrer à toute destruction inutile et à tout pillage, en particulier des biens privés ;
- de prendre des otages, de se livrer à des représailles ou à des sanctions collectives ;
- de condamner des individus sans jugement préalable rendu par un tribunal régulièrement constitué et
assorti des garanties judiciaires prévues par la loi ;
- d'attaquer ou de retenir prisonnier un parlementaire, arborant le pavillon national de l'ennemi ainsi
que des signes distinctifs des conventions internationales;
- de porter atteinte à la vie et à l'intégrité corporelle des malades, blessés, naufragés, à celle des
prisonniers ainsi que des personnes civiles notamment par le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations,
les traitements cruels, tortures et supplices;
- de forcer les nationaux de la partie adverse à prendre part aux opérations de guerre contre leur pays;
- de tirer sur l'équipage et les passagers d'avions civils ou militaires sautant en parachute d'un avion en
détresse sauf lorsqu'ils participent à une opération aéroportée;
- de détruire et de saisir des navires ou des aéronefs de commerce neutres sauf en cas de contrebande,
rupture de blocus et autres actes contraires à leur neutralité.
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Article 13 : Traitement des prisonniers
a - Dès leur capture, les prisonniers doivent être traités avec humanité. Ils doivent être protégés contre
tout acte de violence, contre les insultes et la curiosité publique. Ils ont droit au respect de leur
personnalité et de leur honneur. Ils doivent rester en possession de leurs effets et objets d'usage
personnel, équipements et documents militaires.
Les prisonniers doivent être évacués dans le plus bref délai après leur capture vers les points de
rassemblement situés assez loin de la zone de combat. En attendant leur évacuation, ils ne doivent pas
être exposés inutilement au danger.
L’évacuation des prisonniers doit s’effectuer dans les mêmes conditions notamment de sécurité, que les
déplacements des troupes.
La liste des prisonniers évacués doit être établie aussitôt que possible ; chaque prisonnier n'est tenu de
déclarer quand il est interrogé à ce sujet, que son nom, prénoms, date de naissance, grade, numéro
matricule, ou, à défaut, de donner une indication équivalente.
a- Si un combattant tombe aux mains de l'ennemi, son devoir est d'échapper à la captivité en profitant de
la confusion de la bataille et de toutes occasions favorables pour rejoindre les forces amies. S'il est gardé
prisonnier, il a le devoir de s'évader et d'aider ses compagnons à le faire.
b- Un prisonnier reste militaire. Il est donc, en particulier, soumis, dans la vie en commun, aux règles de la
hiérarchie et de la subordination vis-à-vis de ses compagnons de captivité.
c- Tout prisonnier doit conserver la volonté de résistance et l'esprit de solidarité nécessaire pour
surmonter les épreuves de la captivité et résister aux pressions de l'ennemi. II repousse toute
compromission et se refuse à toute déclaration écrite ou orale, et en général, à tout ce qui est susceptible
de nuire à son pays et à ses camarades.
d- Le militaire prisonnier ne donne à l'ennemi que son nom, prénom, date de naissance, grade et numéro
matricule. Il peut contribuer à fournir les mêmes renseignements pour des camarades qui ne sont pas
physiquement capables de les donner eux-mêmes.
La haute mission incombant à l'armée impose à tous ceux qui ont l'honneur de porter l'uniforme, une
correction de tenue extérieure, une attitude ne permettant pas de donner prise, ni à un soupçon, ni à une
critique. Tous les actes d'un militaire doivent s'inspirer de la haute conception qu'il a de sa dignité
professionnelle.
En outre, le militaire ne doit pas oublier qu’il porte sur son uniforme, l’insigne de son unité et que tout ce qu'il
accomplit, en bien et en mal est mis au compte du corps dont il fait partie. Fier à juste titre de cet insigne
parce que mieux que d’autres, il connaît l'héroïsme de ceux qui l'ont porté dans le passé. I1 doit tout faire
pour rester digne de ses anciens.
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L'esprit de corps qui suscite en temps de guerre les plus beaux actes de bravoure individuels et collectifs, doit
en temps de paix, être une source d'émulation saine et honnête entre les unités et par suite, être
soigneusement cultivé. Il y a lieu, toutefois, de ne pas oublier que les autres armes et les autres corps ont,
eux aussi un passé glorieux qui commande la considération.
C'est par esprit de corps que le soldat, livré à lui-même, évitera tout acte pouvant nuire à son unité et
s'attachera, au contraire, à en rehausser la réputation.
Le militaire jouit des droits et libertés reconnus à tout citoyen par la constitution dans le respect du statut
général des militaires et des obligations particulières qu'il impose.
Toutefois, l'exercice de certains d'entre eux est soit interdit soit restreint comme fixé dans les articles suivants
de la loi portant statut général des militaire :
- article 7 : Restriction du droit d’expression (croyances religieuses et philosophiques).
- article 8 : Interdiction d'introduire des publications nuisibles au moral ou à la discipline dans les
enceintes militaires.
- article 9 : Interdiction d'adhésion à des groupements ou associations à caractère politique, ethnique et
régionaliste.
- article 10 : Interdiction des groupements professionnels militaires à caractère syndical et de l'adhésion
des militaires à de tels groupements.
- article 11 : Interdiction du droit de grève.
Les personnels militaires sont soumis en matière de détention et de port d’armes aux dispositions
législatives, réglementaires ainsi qu’aux prescriptions suivantes :
- Les officiers et sous-officiers ne peuvent détenir ou porter une arme dans un bureau, un aéronef ou un
bâtiment de la marine que sur instruction spéciale.
- Il est interdit aux militaires du rang de détenir et de porter, même en uniforme, une arme sans
autorisation préalable.
- Les armes irrégulièrement détenues ou portées par des militaires sont immédiatement retirées par
l’autorité compétente, indépendamment des sanctions disciplinaires ou pénales qu’ils peuvent encourir.
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Les militaires sont obligés de rendre au commandement, dans les meilleurs délais, les armes et munitions
récupérées soit au cours des opérations de maintien de l’ordre, soit pendant les opérations de guerre à
l’extérieur.
Tout militaire qui estime avoir à se plaindre d'une mesure prise à son encontre peut par la voie hiérarchique,
demander à être entendu par l'autorité immédiatement supérieure à celle qui a pris la mesure ou lui adresser
une réclamation écrite en deux exemplaires.
Cette réclamation est immédiatement inscrite sur le registre des réclamations, tenu obligatoirement, à partir
de l'échelon compagnie, escadron ou unité équivalente par toute autorité exerçant un commandement.
L'autorité immédiatement supérieure à celle qui a pris la mesure accuse réception de la réclamation et notifie
par la voie hiérarchique à son auteur, l'entend et lui indique la suite qu'elle lui donnera.
Si le réclamant n'obtient pas satisfaction et maintient sa requête, l'exemplaire resté en possession de
l'autorité saisie est transmis à l'échelon hiérarchique supérieur accompagné de tous les éléments
d'appréciations utiles.
Seules les autorités disposant de pouvoirs disciplinaires sont habilitées à statuer sur les réclamations
concernant les punitions.
En regard de toute réclamation reçue, doivent figurer dans le registre des réclamations les suites successives
qui lui ont été réservées et la signature du réclamant.
En cas de saisine du Ministre par la voie de l'inspecteur, la décision du Ministre est communiquée au
réclamant et enregistrée dans le registre des réclamations. Ce registre est visé à chaque inspection.
Tout militaire qui estime avoir à se plaindre d'une mesure ou d'une décision administrative le concernant, de
quelque nature que ce soit, dispose d'un droit de recours qui est exercé dans les conditions suivantes:
1- Si la mesure a été prise par le chef de corps ou par un de ses subordonnés, la demande est adressée
au chef de corps et est inscrite au registre prévu à cet effet.
Le chef de corps instruit la demande, entend l’intéressé et lui fait connaitre sa réponse dans un délai de dix
(10) jours à partir de cette inscription.
Si l’intéressé n’a pas obtenu satisfaction et maintient son recours, le chef de corps transmet la demande à
l’échelon qui lui est immédiatement supérieur et fait remettre à l’intéressé une copie de la transmission
effectuée.
L’échelon, immédiatement supérieur au chef de corps instruit la demande, entend l’intéressé dans un délai
de quinze (15) jours à compter de la date de réception du dossier.
Si l’intéressé n’a pas obtenu satisfaction et maintient son recours, la demande est transmise au chef d’état-
major de l’armée considérée. Une copie de la transmission est remise à l’intéressé.
2- Si la mesure a été prise par une autorité extérieure au corps, le chef de corps entend l’intéressé et fait
inscrire sa demande au registre prévu à cet effet. Il transmet la demande à l’autorité ayant pris la décision et
fait remettre à l’intéressé une copie de la transmission effectuée. Cette autorité instruit la demande et fait
connaitre sa réponse dans un délai de quinze (15) jours.
Si l’intéressé n’a pas obtenu satisfaction et maintient sa demande, l’autorité concernée la transmet au chef
d’état-major de l’armée considérée, et fait remettre à l’intéressé une copie de la transmission effectuée.
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3- Si dans les cas (1) et (2) ci-dessus, l’intéressé n’a pas de réponse dans un délai de deux (02) mois à
compter de la date d’inscription au registre, le chef d’état-major de l’armée considérée transmet la demande
au Chef d’Etat Major Général des Armées.
4- Lorsqu’il est saisi, le Chef d’Etat Major Général des Armées accuse réception de la demande. S’il n’est
pas en mesure de statuer, il transmet le dossier au Ministre de la Défense ; dans le cas contraire, il fait
connaitre sa réponse à l’intéressé dans un délai de trente (30) jours à compter de la réception de la demande.
5- Si le militaire maintient son recours, le Ministre chargé de la défense fait instruire le dossier et décide
de la suite à lui donner dans un délai de quarante (40) jours à compter de la date de réception du recours.
6- Le militaire qui présente un recours n’est pas dispensé de se conformer aux ordres et aux mesures
prescrites. Une réclamation ne peut être fondée sur de fausses allégations ni être en infraction aux règles
définies ci-dessus, faute de quoi son auteur s’expose à une sanction. A tout moment l’intéressé peut décider
de retirer sa demande.
7- En cas de saisine du Ministre de la défense par la voie de l’inspecteur général des armées, la décision
du Ministre est communiquée au réclamant et enregistrée sur le registre des recours.
Article 21 : Permissions
Les militaires ont droit à des permissions de longue ou courte durée et à des permissions pour événements
familiaux. Les permissions ne peuvent être accordées à des militaires employés par l'autorité qui les utilise
que dans les limites du temps pendant lequel ces militaires sont placés sous ses ordres.
Les conditions dans lesquelles elles sont demandées, accordées et remises aux intéressés doivent être réglées
minutieusement par le chef de corps et faire l'objet d'un contrôle vigilant de façon à éviter les abus, les
erreurs et les retards.
Lorsque les circonstances l’exigent, le commandement peut rappeler les militaires en permission.
Nul ne peut prétendre à une permission s’il n’a accompli six (6) mois de service effectif sauf cas de force
majeure.
Les militaires ayant accompli la durée légale de service, peuvent bénéficier de permissions faisant mutation,
c’est-à-dire de quatre (4) jours et plus, en principe jusqu'à concurrence de quarante cinq (45) jours par an
compte tenu de la manière de servir et des nécessités du service.
Les permissions de longue durée sont :
- Les congés annuels de trente (30) jours ;
- Les congés de longue durée supérieurs à douze (12) mois pour maladie ;
- Les congés exceptionnels ou pour convenances personnelles d’une durée supérieures à douze (12)
mois ;
- Les permissions de trente (30) jours après un stage de trois (3) à douze (12) mois ;
- Les permissions exceptionnelles de huit (8) jours ;
- Disponibilité.
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Les conditions dans lesquelles sont accordées les permissions faisant mutation et, le cas échéant, leurs
prolongations, font l'objet des dispositions suivantes :
- toutes les demandes de permission ou de prolongation de permission doivent être motivées et
adressées par la voie hiérarchique à l'autorité qui a la qualité de l'accorder (voir tableau ci-dessous) ;
- les militaires en permission doivent être porteurs du titre les autorisant à s'absenter. Les sous-officiers
et militaires du rang doivent en outre, être pourvus de leur carte d'identité militaire ;
- Le séjour à l'hôpital au cours d'un congé ou d'une permission, compte dans la durée du titre d'absence.
L'intéressé doit, à expiration de son congé ou de sa permission, rejoindre son corps ou sa formation à moins
qu'il n'obtienne une prolongation de congé ou de permission que l'autorité militaire demeure libre d’accorder
ou de refuser.
Les permissions de la nuit doivent être considérées comme une faveur qui n'est que très rarement accordée
aux militaires, à l’exception toutefois, des militaires mariés ; ces militaires eux mêmes, ne sauraient
considérer comme un droit la faveur dont ils sont l'objet, faveur qui peut toujours leur être retirée par le chef
de corps.
Les évènements survenant dans la famille du militaire (naissance, décès, cérémonies, etc.) donnent droit à
des permissions dont la durée et les modalités sont fixées par instruction ministérielle. Les différentes
permissions sont données dans les conditions fixées par le tableau ci-après.
16
Article 25: Liberté de circulation
En dehors du service et lorsqu'ils ne sont pas soumis à une contrainte liée à l'exécution du service ou à la
disponibilité de leur unité, les militaires sont libres de circuler dans les limites géographiques de leur garnison.
Lorsque les circonstances l'exigent, le commandement peut restreindre la liberté de circulation des militaires
notamment pour les raisons suivantes :
- interdiction de fréquenter certains établissements ou zones géographiques ;
- obligation pour le militaire qui désire s'absenter d’obtenir une autorisation d’absence de son commandant
d'unité ou son chef de service ;
- obligation de préciser le lieu où il se rend afin qu'on puisse le joindre en cas de besoin ;
- limitation de l'absence à une durée déterminée;
- maintien au domicile ou dans les enceintes militaires;
- rappel des permissionnaires.
Ces mesures peuvent être individuelles ou collectives. Les militaires se trouvant à bord d'un bâtiment de la
marine nationale en escale à l'étranger ne peuvent quitter le bord que dans les conditions fixées par le
commandement supérieur sur rade.
Sont considérés comme " en service " au regard des responsabilisés de l'Etat, les militaires:
- se trouvant à l'intérieur des enceintes militaires ou effectuant un déplacement au titre du service ;
- circulant sur le trajet normal entre le lieu de leur activité militaire et celui d'une permission (bénéficiaires
d’une permission ou autorisation d'absence) ou entre le lieu de leur activité militaire et celui de leur
résidence ;
- se livrant à des activités culturelles et de détente, quel qu'en soit le lieu, dans les conditions précisées par les
textes en vigueur.
Sauf obligation de service ou obligation d'occuper un logement déterminé, éventuellement situé à l'intérieur
du domaine militaire par suite des fonctions exercées, les officiers et les sous officiers de carrière servant au-
delà de la durée légale, et assimilés, se logent à leur convenance dans les limites géographiques acceptées
par le commandement (garnison). Des logements dans le domaine militaire sont attribués aux sous-officiers
célibataires.
Les sous-officiers Pendant la Durée Légale (PDL) et les militaires du rang sont logés à l'intérieur du domaine
militaire. Si les nécessités du service le permettent, ces militaires, notamment, ceux ayant des familles en
charge, peuvent être autorisés par le commandement à se loger à leur convenance en dehors des enceintes
militaires. Ces autorisations peuvent être suspendues en cas de besoin.
Les militaires dans les écoles ou dans les centres de formation sont soumis à un régime particulier défini par
le règlement intérieur des établissements.
Les militaires logeant à l'intérieur des enceintes militaires, sont tenus de se conformer aux dispositions
prescrites visant à assurer la sécurité, ainsi que la propreté nécessaire à la détente, au repos et à l'hygiène.
Les membres des familles logées dans les bâtiments militaires ne peuvent y exercer qu'une profession
comportant un travail personnel sans emploi d'ouvriers ou d'ouvrières. Cette profession ne doit à aucun titre,
motiver des allées et venues de personnes étrangères à l'armée dans l'enceinte des bâtiments.
17
Article 27 : Le port de l'uniforme
Le port de l'uniforme est une prérogative de l'état militaire. Il est obligatoire pour l'exécution du service. Des
dérogations à cette règle peuvent être accordées par des instructions ministérielles ou sur ordre du
commandement.
L'obligation de revêtir la tenue militaire s'applique aux militaires prenant leurs repas à l'ordinaire, ceux-ci
faisant partie des activités du corps.
Le port de l'uniforme est interdit aux militaires qui assistent à des réunions privées ou publiques n’ayant pas
un caractère officiel.
L'instruction relative aux tenues et uniformes de l'armée définit la nature et la composition des tenues à
porter dans les différentes circonstances de la vie militaire.
L'uniforme ne doit comporter que des effets réglementaires. Il est interdit de garder les mains dans les
poches.
Le port de l'uniforme est interdit aux officiers et sous-officiers radiés des cadres par mesure disciplinaire ou
placés en non-activité par retrait d'emploi.
La surveillance de la tenue est une prérogative permanente de tous les échelons de la hiérarchie.
Pour les isolés, le port du manteau ou de l’imperméable correspondant à la tenue portée est, en fonction des
conditions atmosphériques, laissé à l’initiative des intéressés.
Les militaires de passage dans une garnison ne sont pas astreints à porter la tenue fixée par le commandant
d'armes sous réserve que leur tenue soit réglementaire.
Par militaires de passage dans une garnison, il convient d'entendre les militaires y séjournant pour quelque
raison que ce soit pour une durée inférieure ou égale à 48 heures.
Le port de la coiffure est obligatoire pour tout militaire en uniforme. En revanche, la circulation sans coiffure
est autorisée à l’intérieur des lieux ouverts au public: gares ferroviaires, routières, maritimes et aériennes. De
même, il est interdit de porter les coiffures dans les salles de conférences ou de réunion, de banquet,
d’audience, lieux de spectacle, etc.
Par ailleurs, à bord des véhicules, le port de la coiffure est facultatif sauf à l’intérieur des casernes.
a) Port de décorations
Les décorations sont portées à gauche sous forme d'insignes complets, d'insignes de format réduit ou de
barrettes selon la tenue et suivant les prescriptions en vigueur. Elles ne sont portées sur la tenue de
campagne que sur ordre particulier.
18
Remarque :
- Pour l’armée de terre et la gendarmerie, les grades de sous-officiers et militaires du rang subalternes
sont portés sur les pattes d’épaule de la grande tenue.
- Pour l’armée de l’air et de mer, les grades de sous-officiers et militaire du rang sont portés sur les
poignets des manches de la grande tenue.
- Pour le Service de santé des armées, les galons sont portés sur fond velours rouge grenades pour les
médecins, velours vert olive pour les pharmaciens et les biologistes, velours bleus pour les vétérinaires.
L’insigne du service de santé est porté en pendentif à la poche droite ;
- Pour le corps des administrateurs, les galons sont portés sur fond vert et l'insigne d'administration est porté
en pendentif à la poche droite.
Les nécessités de l'hygiène, de la sécurité et du port des effets et équipements spéciaux impliquent de fixer
des limites à la longueur des cheveux, de la moustache et de la barbe.
L'aspect de la chevelure dépend essentiellement de la morphologie de chaque individu, de la contexture de
ses cheveux et du soin qu'il apporte à leur entretien.
S'il n'est guère possible de fixer dans le détail des normes d'application systématiques pour l'ensemble du
personnel, les règles qui suivent, applicables au personnel masculin, donnent des critères d'appréciation et
des limites.
L’attention sera portée principalement sur l’aspect net et soigné de la chevelure et sur sa compatibilité avec
le port de la coiffure. L'épaisseur ne doit pas être telle que le bandeau de la coiffure réglementaire y laisse
une marque ou provoque une saillie des cheveux. La coupe doit être dégradée.
Le port de la moustache est autorisé, sous réserve que la coupe en soit correcte. Le port de la barbe est
interdit sauf pour raison médicale.
Le militaire féminin, sans faire abstraction de la mode, doit se garder de toute fantaisie voyante et adopter
une forme de coiffure compatible avec le port du béret. Le port des lunettes est interdit sauf les lunettes
pharmaceutiques sur prescriptions médicales ou les lunettes de soleil sous réserve de les retirer lorsque l’on
s’adresse à un supérieur ou l’occasion d’un rassemblement ou d’une cérémonie officielle. Le port de
parapluie, des chaines de parure et des gourmettes est interdit en uniforme.
Les militaires résidant normalement à l'intérieur des enceintes militaires sont autorisés à revêtir la tenue
civile en dehors des heures de service.
La tenue civile revêtue à l'intérieur d'une enceinte militaire doit demeurer conforme à la dignité du
comportement qui s'impose à tout militaire.
Il est interdit de porter une tenue mêlant des effets civils et militaires.
Les élèves des écoles militaires de formation sont, quant au port de la tenue civile, soumis au régime
particulier défini par les directeurs des écoles après approbation du commandement.
Le commandement peut, dans certaines circonstances (prévisions de troubles, manifestations, etc.) interdire
ou restreindre aux personnels militaires de revêtir la tenue civile.
Tous les officiers, sous-officiers et militaires du rang, doivent détenir leur carte d'identité militaire lorsqu’ils
sont l’extérieur d’une enceinte militaire.
19
Article 32 : Marques extérieures de respect
Tout militaire doit, en toute circonstance de temps et de lieu, en dehors du service comme dans le service,
des marques extérieures de respect à ses supérieurs.
Le subordonné parle à son supérieur avec déférence ; le supérieur s'adresse au subordonné avec correction.
Le tutoiement est interdit dans les relations officielles.
Lorsqu'un supérieur arrive devant une troupe placée sous ses ordres, l'officier ou le gradé qui commande
cette troupe se présente, indique l'unité à laquelle appartient la troupe, rend compte de son effectif, expose
le travail en cours et prend les ordres de son chef.
A l'extérieur des enceintes militaires, les militaires doivent conserver une tenue et une attitude correcte et ne
jamais se donner en spectacle. Il leur est interdit de déboutonner leurs vêtements, de mettre les mains dans
les poches, de lire en circulant et de fumer la pipe.
Il est interdit aux militaires de se livrer en uniforme, au cours d'une permission, à des travaux d'une
profession civile et lucrative.
Article 33 : Le salut
Le salut est la marque extérieure de respect la plus fréquente ; et son entière correction doit être strictement
observée.
Tout militaire isolé s'arrête et fait face à l’autorité ou aux symboles qu’il salue.
S'il franchit la coupée d'un navire de guerre, il salue en faisant face à la poupe où, de jour, est hissé le pavillon
national.
S'il assiste à une cérémonie au cours de laquelle les honneurs sont rendus au drapeau ou au cours de laquelle
l'hymne national est joué, il salue tout le temps que durent ces honneurs ou pendant toute la durée
d'exécution de l'hymne national.
En service, le militaire salue chaque officier et sous-officier placé avant lui dans l'ordre hiérarchique; ce salut
n'est exécuté qu'une fois dans la journée. En dehors du service, le salut est une marque de politesse.
Tout militaire qui reçoit le salut d'un autre militaire le rend avec correction.
Les militaires de la gendarmerie dans l'exercice de leur fonction d'agent de la force publique ne sont tenus de
saluer que s'ils peuvent le faire sans gêne pour l'accomplissement de leur mission.
Les conditions dans lesquelles les militaires saluent les autorités civiles sont indiquées dans le règlement du
service de garnison.
Le tableau ci-dessous fixe, pour les militaires isolés sans armes, les différentes formes de salut.
20
Article 34 : Visite des autorités civiles et militaires dans les locaux
Lorsqu’une autorité civile ou militaire entre dans un local occupé par la troupe, le militaire le plus gradé s’il
est averti, ou le premier qui l'aperçoit, commande :
Lorsqu'il s’agit :
- d’une autorité civile ou militaire, d’un officier Général ou d’un chef de corps : «Messieurs..le (fonction de
l’autorité civile ou militaire)», «Messieurs…le Général !» ou «Messieurs,…le Chef de corps».
- d’un officier supérieur : «A vos rangs, ... Fixe!»;
- d’un officier subalterne : « Fixe ! »;
- d’un sous-officier, Caporal-chef ou Caporal : « Garde-à-vous ! ».
Les occupants du local se lèvent spontanément et se mettent au « Garde-à-vous », jusqu’à ce que le visiteur
commande ou fait commander « Repos ».
A la sortie du visiteur, le commandement est pour l’autorité civile ou militaire, l’officier général ou le chef de
corps: « Messieurs... le (fonction de l’autorité civile ou militaire) se retire », « Messieurs, … le Général
(fonction) se retire » ou « Messieurs, … le chef de corps se retire » ; et pour les autres officiers, sous-officiers,
Caporal-chef ou Caporal : «Garde - à -vous».
Si le visiteur désire expressément que le personnel continue à vaquer à ses occupations, il se découvre avant
de pénétrer dans le local et aucun commandement n’est prononcé : ni à son entrée, ni à sa sortie.
Lorsqu'une autorité visite un lieu dans lequel la continuité du travail est de rigueur, par exemple un centre
d'opérations, aucun commandement n'est prononcé: le personnel continue à assurer ses fonctions.
Tout militaire en visite de service dans une unité doit se présenter au chef de corps ou à son représentant.
Remarque: Dans les vérandas et hangars sans murs, le commandement est «Garde-à-vous» pour toutes les
autorités.
En toute circonstance, les militaires ont le devoir de respecter les règles élémentaires du savoir-vivre qui sont
entre autres :
- tout militaire croisant un supérieur à l’entrée d’une porte le laisse passer le premier ; s’il le croise dans un
escalier, il lui cède la rampe, se range et s’arrête en saluant pour le laisser passer ; dans la rue, il lui cède le
haut du trottoir ; s’il a un chemin à faire à pied, il se place à gauche de ce dernier ; lorsque deux militaires
doivent accompagner à pied un supérieur ils se placent l’un (le plus élevé en grade) à sa gauche, l’autre à sa
droite.
- tout militaire en uniforme salue le supérieur en tenue civile qu’il reconnait ; s’il est lui-même en civile et
rencontre un supérieur, il se découvre s’il porte une coiffure ou, à défaut, le salue de la tête ; un militaire de
sexe masculin se découvre pour saluer une dame en prononçant « mes hommages Madame »; un militaire
présente toujours son supérieur son épouse et pas l’inverse « Je te présente le Colonel… »;
- Si un militaire fume, il doit prendre sa cigarette, son cigare ou sa pipe de la main gauche quand il salue ou
s’adresse à une autre personne ;
- En véhicule de service, il convient de savoir que la place d’honneur est celle placée à l’arrière et à droite.
Elle doit donc être laissée à un supérieur Le militaire doit respecter le code de la route et plus
particulièrement les limitations de vitesse ;
- Dans une garnison, il est interdit à un militaire en véhicule ou à moto de dépasser un supérieur sans lui
demander son autorisation ;
21
- I l est formellement interdit et incorrect de saluer, quel que soit son rang, en conservant son téléphone
portable à l’oreille.
Un militaire qui se présente à un supérieur dans un local pour lui faire une communication verbale prend la
position du « garde-à-vous», salue, se découvre, annonce son grade et son nom, prononce « à vos ordres...
mon (le grade du supérieur)», et fait la communication dont il est chargé. Après la communication, le militaire
se couvre, salue, fait deux pas en arrière, et exécute un demi-tour règlementaire avant de se retirer.
Il faut noter que, à l’instar des autres supérieurs hiérarchiques, les généraux recevront « les respects » de
leurs subordonnés et pas « les devoirs », formule qui n’est plus d’usage.
S'il porte le fusil ou le sabre, il rend les honneurs dus à la personne à laquelle il s'adresse, puis repose l'arme.
Le porteur d'un pli ou d'une communication verbale répète toujours avant son départ, les instructions ou les
ordres qui lui ont été donnés. Le pli est toujours remis avec la main gauche.
Un militaire interpellé par un supérieur se porte rapidement vers lui.
Dans un échange de poignée de main, l’initiative vient toujours du plus élevé en grade.
Militaire s'adressant à un supérieur: II adopte les appellations définies par le présent règlement.
Militaire s'adressant à un subordonné: Le supérieur appelle le subordonné par son grade, en ajoutant le nom
s'il le juge à propos.
Le Ministre de la défense, le Grand chancelier de l'ordre national, les Gouverneurs militaires, les personnels
n'ayant aucune assimilation avec les grades de l'armée sont appelés par leur titre précédé par des mots «
Monsieur le....... ».
CHAPITRE 1: RECOMPENSES
Article 37 : Principes
1/- Les récompenses reconnaissent le mérite. Elles permettent au supérieur de témoigner sa satisfaction et
de susciter l’émulation. Elles doivent être accordées avec mesure et sans retard pour garder leur valeur.
2/- Elles sont attribuées pour les motifs suivants :
Actes exceptionnels de courage ou dévouement;
Efficacité exemplaire dans le service ;
Dévouement à la collectivité.
3/- Tout militaire en service actif peut faire l’objet de récompenses.
Les modalités d’attribution et les autorités qualifiées pour décerner les récompenses sont définies aux articles
38 et 39.
22
Article 38 : Récompenses pour services exceptionnels
Les récompenses pour services exceptionnels sont inscrites avec leurs motifs dans les dossiers et livrets
matricules des intéressés.
Elles comprennent :
1- Décorations
Les décorations sont attribuées pour reconnaitre des actions d’éclat, des faits de guerre, des mérites
éminents ou distingués et pour récompenser des actes méritoires ou des services rendus. Certaines d’entre
elles accompagnent une citation. Leur attribution fait l’objet d’une publication officielle.
2- Citations
- Les citations sont décernées pour des actions d’éclat, des faits de guerre et exceptionnellement, des
actes de courage et de dévouement. Leur valeur dépend de l’échelon de commandement qui les attribue.
Elles sont portées à la connaissance des militaires relevant de ce commandement.
Citation à l’ordre de l’armée par le Ministre de la Défense ou le Chef d’État-major Général des Armées ;
Citation à l’ordre de la région militaire, de la région aérienne, de la région maritime, de la région de
gendarmerie, respectivement par les chefs d’état-major de l’armée de terre, de l’armée de l’air, de l’armée de
mer et de la gendarmerie nationale ;
Citation à l’ordre du corps de troupe, de la base aérienne, de la base navale, du groupement de
gendarmerie par le commandant de la région ;
Des citations collectives peuvent être décernées à des unités. Les citations à l’ordre de l’armée font l’objet
d’une publication ;
Certaines citations accompagnent l’attribution d’une décoration ou d’un insigne remis au titulaire au cours
d’une prise d’armes.
23
5- Certificat de pratique professionnelle
A la fin du service militaire actif, les militaires peuvent recevoir un certificat de pratique professionnelle sur
lequel figurent les dates de début et de fin de service, les emplois tenus, et les qualifications professionnelles
obtenues.
2. Permissions exceptionnelles
Indépendamment des permissions normales, les commandants de région militaire et les chefs de corps
peuvent accorder à titre de récompense des permissions individuelles à caractère exceptionnel dans les
limites de huit (08) jours par an.
Tableau des récompenses
Décorations X X
Citations X X X X
Témoignage de
satisfaction X X X
Félicitations X X X X X
Certificat de bonne
conduite X
Certificat de pratique
professionnelle X
Distinction à l’emploi
de 1ère classe X
Permissions
exceptionnelle X X
Article 40 : Principes
1- Les punitions redressent la conduite, combattent la négligence et répriment l'oubli du devoir. A raison de
sa nature ou de sa gravité, une même faute peut entraîner cumulativement une punition disciplinaire, une
sanction professionnelle, une sanction statutaire et une sanction pénale.
24
2- L’action disciplinaire est indépendante de l’action pénale :
a. une même faute peut faire l’objet d’une condamnation pénale et d’une punition disciplinaire ;
b. une condamnation pénale n’entraîne pas nécessairement une punition disciplinaire ;
c. le refus d’ordre de poursuite, le non-lieu ou l’acquittement ne fait pas obstacle à l’exercice du pouvoir
disciplinaire pourvu que les faits répréhensibles soient établis.
3- En aucun cas les fautes individuelles ne peuvent entraîner une répression collective.
4- A l’exception de l’avertissement, les punitions disciplinaires font l’objet d’une inscription motivée au
dossier individuel ou au livret matricule.
5- L’exercice du droit de punir est lié à la fonction ou au grade. Il est appliqué par les différents échelons de
commandement.
6- Lorsqu’un militaire a commis une faute, il fait l’objet d’une demande de punition motivée qui est
obligatoirement adressée à l’autorité militaire de premier niveau dont il relève même si elle émane d’une
autorité extérieure à l’unité.
Les actes rentrant dans les catégories ci-après sont réputés fautes et sont punis suivant leur gravité :
1ère catégorie : Actes tendant à soustraire l’auteur à ses obligations militaires ;
2ème catégorie : Actes contre l’honneur ou le devoir ;
3ème catégorie : Actes contre la discipline militaire ;
4ème catégorie : Actes constituant des manquements aux consignes ;
Certaines de ces fautes peuvent, dans les cas déterminés par le code de justice militaire, entrainer la
traduction des personnels qui les commettent devant les juridictions militaires ; elles sont alors assorties de
sanctions pénales.
Tout supérieur, quel que soit son grade ou son rang, et à quelque corps ou service qu'il appartienne, a le
devoir strict de contribuer au maintien de la discipline générale en relevant toute faute de ses subordonnés.
Toutefois, le supérieur ne doit pas perdre de vue que le fait de réprimander ou de punir un gradé en public ou
en présence de ses subordonnés est non seulement de nature à diminuer l'autorité propre de ce gradé, mais
aussi à nuire au respect même de la hiérarchie. Cependant, la sanction publique peut être prise, lorsque les
circonstances dans lesquelles la faute a été commise l'exigent.
Tout officier, sous-officier ou militaire du rang peut infliger directement les punitions prévues au présent
règlement, si le militaire fautif est du même corps (ou service) que lui. Il demande une sanction si ce
militaire appartient à un autre corps (ou service).
Dans ce dernier cas, le supérieur qui a constaté la faute adresse obligatoirement à son chef de corps (ou de
service) la demande de sanction, avec l'indication du motif. C'est à ce chef de corps (ou de service) qu'il
appartient de la transmettre, soit directement, soit, s'il y a lieu, par l'intermédiaire du commandant d'armes,
au chef de corps (ou de service) du militaire à punir. Le militaire en faute est alors puni par son propre chef de
corps (ou de service); ce dernier informe l'autorité qui a demandé la sanction de la punition prononcée.
Toutefois, lorsque les délais de compte rendu ou lorsque l'intérêt de la discipline exige une sanction rapide, le
chef de corps du supérieur qui a constaté la faute peut s'adresser au commandant d'armes, au lieu de
s'adresser au chef de corps (ou de service) du militaire en faute.
Le commandant d'armes se prononce dans les conditions indiquées ci-après : ,
25
Les officiers généraux, ainsi que le commandant d'armes, dans une garnison, ont le droit de punir
directement tout subordonné pour une faute qu'ils ont constatée ou dont il leur a été rendu compte; ils
avisent le chef de corps (ou de service) auquel appartient le militaire puni; ils peuvent aussi laisser le soin à ce
chef de corps (ou de service), de fixer la nature et le taux de la punition à infliger. Ce chef de corps est alors
tenu de leur faire connaître la sanction prise.
Le droit de punir appartient aux divers officiers, sous-officiers, caporaux-chefs, caporaux dans les limites
fixées conformément au tableau de l'article 45.
Les militaires appartenant à un corps et mis à la disposition, soit d’un service du corps, soit d'un service
extérieur, (services divers de la garnison) ne peuvent être punis directement par leur chef de service que pour
les fautes commises dans leur emploi et à l'occasion de cet emploi.
En ce qui concerne les militaires de la gendarmerie, ils ne peuvent être punis que :
- par leurs chefs directs, dans l’exercice de leur service spécial d'agent de la force publique ;
- par le commandant d'armes, quel que soit son grade, dans l’exécution du service de garnison ;
- par les officiers supérieurs de toutes les armes les ayant momentanément sous leur autorité ;
- par les officiers généraux et les officiers de l'armée dans les autres circonstances.
Toute punition infligée ou demandée nécessite l'établissement d'un rapport donnant les circonstances de la
faute commise.
Les médecins, pharmaciens, biologistes et vétérinaires d’armées, chefs de service des corps de troupe ont,
suivant leur grade, à l’égard du personnel sous leurs ordres, les mêmes droits que le commandant ou le
capitaine dans leur unité. S’ils sont Lieutenants ou Sous-lieutenants, chefs de service, ils ont les mêmes droits
qu’un commandant d’unité.
Les militaires du rang en traitement dans un hôpital peuvent être punis, si leur santé le permet, et mis dans la
salle des consignés par le médecin-chef ou, en cas d’urgence, par le médecin traitant.
Les punitions infligées par le médecin-chef ou le médecin traitant aux militaires du rang ainsi que celles
infligées aux sous-officiers et officiers en traitement, sont notifiées par le médecin chef au commandant
d’armes qui en avise le chef de corps de l’intéressé.
Les punitions (autres que la consigne) infligées aux sous-officiers et aux militaires du rang sont subies par eux
à leur corps. Le chef de corps, s’il est officier subalterne, a les mêmes droits qu’un officier supérieur en
matière de punition.
Tout militaire qui remplit momentanément une fonction possède, en matière de punition, et quel que soit
son grade, les mêmes droits que le titulaire de fonction.
Lorsqu’un chef estime que ses droits en matière de punition ne lui permettent pas d’infliger une sanction
suffisante, il prend les mesures nécessaires dans l’intérêt de la discipline et du bon ordre et en adresse
aussitôt le compte rendu à l’autorité dont il relève.
Les punitions des officiers sont toujours transmises par les chefs de corps ou de service au commandement,
celles des sous-officiers et militaires du rang seulement en cas de demande d’augmentation sévère (DAS).
Dès qu’une punition est prononcée, le chef qui l’a infligée en notifie la nature sans retard à l’intéressé. Les
punitions ne sont pas notifiées en présence des subordonnés du militaire puni.
26
Article 44 : Détermination des punitions
Le supérieur s’attache à prévenir les fautes ; lorsqu’il est dans l’obligation de punir, il s’inspire des conditions
suivantes :
- Les punitions sont infligées avec justice et impartialité dans la limite du maximum par le barème ;
- Le supérieur est l’agent d’exécution des règlements militaires ;
- Il constate et fait constater à son subordonné coupable la faute commise ;
Tout en proportionnant la punition à la gravité de la faute et des circonstances dans lesquelles elle a été
commise, le supérieur tient compte des antécédents du militaire puni, de sa conduite habituelle, de son
caractère et du temps de service qu’il a accompli. La première punition ne doit être prononcée qu’avec
précaution, en raison de l’importance qu’elle prend aux yeux du soldat.
Un supérieur qui a infligé une punition à un militaire n’appartenant pas à son unité, corps ou service, doit se
renseigner toutes les fois qu’il est possible auprès des chefs directs de l’intéressé avant de prononcer
définitivement la punition.
Certaines circonstances sont de nature à aggraver la faute ; par exemple, si elle est réitérée, collective,
commise dans le service, ou en présence de subordonnés. En aucun cas, les fautes individuelles ne peuvent
entrainer une répression collective.
Un militaire ne peut être puni lorsque, à la suite de la visite médicale, le médecin a exprimé son avis par la
formule « consultation » sur le cahier de visite de la compagnie. Lorsque le médecin inscrit « vu et traité », le
commandant d’unité ne prend éventuellement une sanction contre le militaire intéressé qu’après avoir pris
en considération les antécédents du militaire, sa bonne volonté et l’importance du service manqué.
Le chef de corps ou de service, les officiers généraux et les directeurs de service ont le devoir de s'assurer
que les punitions infligées par leurs subordonnés sont proportionnées aux fautes commises. Ils peuvent les
diminuer, les augmenter ou les annuler, sous la réserve que toutes les punitions, mêmes celles annulées,
figurent sur la situation-rapport de l'unité.
Le chef de corps ou de service, ou tout chef hiérarchique supérieur, peut accorder le bénéfice du sursis pour
toute punition prononcée par lui-même ou par ses subordonnés, lorsque la faute est commise par négligence
légère, inconscience ou défaut d'instruction, et que le militaire se distingue par sa bonne conduite habituelle.
Il détermine le délai pendant lequel la punition est suspendue. Si, pendant ce délai, le militaire qui a bénéficié
du sursis n'encourt aucune autre punition, la punition initiale est annulée. Dans le cas contraire, elle devient
définitive et s'ajoute à la nouvelle punition. Toutes les deux sont alors inscrites et portées dans le dossier et
subies effectivement par le militaire puni. Le bénéfice du sursis ne peut être accordé qu'une seule fois.
Les punitions pouvant être infligées aux sous-officiers et militaires du rang sont définies dans le tableau ci-
dessous.
Les punitions disciplinaires qui peuvent être infligées aux militaires sont les suivantes :
1- Pour les officiers et sous-officiers :
- Avertissement ;
- Réprimande ;
- Blâme ;
- Arrêts simples
- Arrêts de rigueur
2- Pour les militaires du rang :
- Avertissement ;
- Consigne ;
- Salle de police ;
- Prison régimentaire et Cellule.
Article 48 : Avertissement
L’avertissement est une punition commune à tous les militaires. Il peut être infligé par chacun des échelons
du commandement ayant pouvoir de statuer en matière de punition.
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Il est notifié verbalement, mentionné sur un registre des punitions, mais ne figure pas dans le dossier du
militaire puni.
Les avertissements sont donnés aux gradés, soit en privé, soit en présence de deux militaires plus élevés en
grade ou plus anciens dans le même grade que le gradé puni. Leur forme est laissée à l'appréciation des
officiers qui les infligent.
L'avertissement infligé aux caporaux et caporaux-chefs du cadre permanent est toujours accompagné de
consigne au quartier.
Article 49 : consigne
La consigne sanctionne une faute peu grave ou des fautes légères répétées. Elle prive le militaire du rang,
pendant sa durée, des sorties et autorisations d’absence auxquelles il pouvait prétendre. Un tour de consigne
correspond à la privation d’une matinée, d’un après-midi ou d’une soirée de sortie.
Les militaires du rang consignés continuent à assurer leur service et participent aux travaux d’intérêt général.
Ils sont tenus de rester au quartier et de répondre aux appels des punis.
La salle de police sanctionne une faute mineure assez grave commise par des militaires du rang. Les militaires
punis de salle de police continuent à assurer leur service. Ils sont enfermés dans les locaux disciplinaires des
unités après les repas du soir jusqu’au réveil et, les jours de repos, pendant toute la journée sauf aux heures
de repas. Ils n’ont pas accès au foyer du soldat.
Le couchage des hommes punis de salle de police se compose d'un lit, d'un matelas et d'un couvre-pied.
Article 51 : Réprimande
La réprimande sanctionne une faute assez grave ou des fautes répétées de gravité moindre. La réprimande
est une punition pour les officiers et les sous-officiers. Elle peut être infligée par chacun des échelons du
commandement ayant pouvoir de statuer en matière de punition. Elle est inscrite :
- au registre des punitions ;
- au dossier individuel, en cas de récidive dans un délai compris entre trois (3) à neuf (9) mois.
La réprimande du chef de corps est infligée en présence de quatre militaires plus anciens ou plus élevés en
grade que les sous-officiers punis ; elle est toujours accompagnée d'arrêts de rigueur.
Les arrêts simples sanctionnent une faute mineure assez grave commise par des officiers ou les sous-officiers.
Les officiers et les sous-officiers punis d'arrêts simples continuent à assurer leur service, prennent leur repas
dans les conditions habituelles mais ne peuvent pénétrer dans les salles de consommation, de jeux ou les
bibliothèques. En dehors du service, ils sont tenus de rester dans leur chambre s'ils sont logés à la caserne, à
leur domicile s'ils logent en ville.
Les arrêts de rigueur et la prison régimentaire sanctionnent des fautes majeures très graves commises par
des officiers, les sous-officiers et militaires du rang.
Les militaires punis d'arrêts de rigueur ou prison régimentaire cessent de participer au service de leur unité.
29
Ils sont soumis à un régime spécial de privation de liberté qui est subi dans une enceinte militaire:
- pour les officiers dans un local désigné par le commandement ;
- pour les sous-officiers, dans la salle d'arrêts ;
- pour les militaires du rang, dans les locaux disciplinaires.
Ils y prennent leur repas et ne peuvent en sortir qu’une heure par jour. Les visites ne peuvent être accordées
qu’à titre exceptionnel.
Pour la prison régimentaire, cet internement est subi par périodes de trois jours de régime d'arrêts de
rigueur, séparées par vingt-quatre heures de régime d'arrêts simples (comptés cependant comme arrêts de
rigueur). Sauf cas particuliers, dont le chef de corps reste juge, les sous-officiers punis d'arrêts de rigueur ne
peuvent pas quitter le quartier pendant toute la durée de leur punition.
Les militaires non officiers, en instance de comparution devant un conseil de discipline, subissent, néanmoins
la punition dont ils ont pu être l'objet par le motif qui justifie leur comparution devant ce conseil, ou tout
autre motif.
La punition de cellule, quant à elle, aggrave celle de prison régimentaire. Elle est prononcée pour un nombre
de jour déterminé, en remplacement d’un même nombre de prison régimentaire. Elle est subie par périodes
successives de quatre jours maximum, séparé par deux jours de prison régimentaire. Les militaires du rang
punis de cellule sont toujours isolés et restent constamment enfermés.
Article 54 : Blâme
Le blâme sanctionne une faute grave ou très grave commise par un officier ou un sous-officier. Il est notifié
après que l’autorité qui inflige cette punition ait invité l’intéressé à fournir toutes explications utiles soit
verbalement, soit par écrit.
Lorsqu'un militaire en permission encourt une punition de prison régimentaire ou d'arrêts de rigueur, sa
permission est de ce fait, supprimée. Le corps intéressé est aussitôt prévenu.
S’il se trouve dans une ville de garnison, le commandant d'armes peut le faire incarcérer immédiatement
dans les locaux disciplinaires d'un corps de troupe ou le renvoyer directement à son corps pour y subir sa
punition.
S’il s'agit d'un militaire en congé, pour tout autre motif qu'une convalescence, et que le nombre de jours de
punition encourus est inférieur à celui des jours de congé dont il peut encore bénéficier, la punition est
toujours subie dans les locaux disciplinaires d'un corps désigné par le commandant d'armes. Sa punition
achevée, le militaire termine son congé, dont la date d'expiration n'est pas modifiée. Le militaire en congé de
convalescence est soumis aux mêmes règles. Toutefois, il est au préalable, examiné par un médecin qui peut
décider, s'il y a lieu, son envoi à l'hôpital pendant la durée de sa punition.
Article 56 : Punitions des officiers - nature et durée maximale des punitions d'arrêts
Le taux maximum de punition qu’un officier peut infliger à un autre officier subordonné est fixé dans le
tableau ci-dessous :
AUTORITÉ POUVANT PRONONCER LES ARRÊTS NATURE ET DURÉE DES ARRÊTS POUVANT ÊTRE
PRONONCÉS
Lieutenant ou Sous-lieutenant 2 jours d'arrêt simple / 2 jours d'arrêt de rigueur
Capitaine 4 jours d'arrêt simple / 4 jours d'arrêt de rigueur
Officier supérieur, officier subalterne commandant d’unité 8 jours d'arrêt simple/ 8 jours d'arrêt de rigueur
30
Officier supérieur chef de corps 15 jours d'arrêt simple/ 15 jours d'arrêt de rigueur
Général de brigade 30 jours d'arrêt simple/ 20 jours d'arrêt de rigueur
Général de division 30 jours d'arrêt simple/ 30 jours d'arrêt de rigueur
Commandant de Région, Inspecteur général des armées. 30 jours d'arrêt simple/ 30 jours d'arrêt rigueur
Général membre du conseil supérieur Défense
Ministre 60 jours d'arrêt simple/ 60 jours d'arrêt de rigueur
Le maximum de punitions, se décomptant en jours, qui peuvent être infligées par les différentes
autorités hiérarchiques, aux sous-officiers et militaires du rang, sont indiquées dans le tableau suivant :
Général de brigade dans son commandement 20 jours d’arrêts de rigueur 20 jours de prison régimentaires (4)
Général de division dans son commandement 25 jours d’arrêts de rigueur 25 jours de prison régimentaires (5)
Officier général ou supérieur commandant une 60 jours d’arrêts de rigueur 60 jours de prison régimentaires (6)
région militaire, un corps d’armées, généraux
inspecteurs, membres du conseil supérieur de
défense, Ministre.
(1) Les caporaux et caporaux-chefs du contingent ne peuvent punir directement: ils signalent la faute
constatée par eux à l'autorité dont ils relèvent, qui prononce la punition.
(2) en dehors de leur unité, les officiers supérieurs peuvent prononcer des punitions moitié moindre.
(3) dont 8 jours de cellule pour les soldats seulement
(4) dont 10 jours de cellule pour les soldats seulement
(5) dont 12 jours de cellule pour les soldats seulement
(6) dont 15 jours de cellule pour les soldats seulement
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Les punitions commencent aussitôt après qu'elles ont été infligées. Elles se décomptent du réveil au réveil, en
partant du réveil qui a précédé le commencement de la punition. A l'expiration de la punition, le service
général du corps fait mettre en liberté les militaires enfermés dans les locaux disciplinaires.
Tout militaire qui, au moment de sa libération ou à l'issue d’une période d'exercice, doit subir ou n'a pas
achevé une punition d'arrêt de rigueur ou de prison régimentaire, est retenu au corps jusqu'à ce que cette
punition soit achevée.
Article 58 : Punitions statutaires
Aucune sanction statutaire ne peut être prise sans l’avis d’un organisme disciplinaire, à l’exception des cas
des militaires qui se sont rendus coupables d’assassinat, de viol, de vol aggravé, de détention et d’utilisation
illégale d’armes de guerre, de participation active à une insurrection, de sabotage ou de destruction de
matériels de guerre, d’une condamnation définitive privative de liberté égale ou supérieure à six mois sans
sursis, d’atteinte à la sûreté de l’Etat, d’actes de grands banditismes, de désertion pour une période égale ou
supérieure à trente jours.
Toute punition statutaire concernant les officiers est prononcée par le Président de la République sur
proposition du Ministre de la défense nationale.
Les soldats de 1ère classe peuvent être remis 2ème classe par le chef de corps ou de service après avis des
autorités hiérarchiques, pour fautes majeures commises dans le service ou pour inconduite notoire.
Article 61 : Mise en non-activité par retrait d’emploi ; mise à la réforme par mesure disciplinaire ou
incapacité professionnelle ; radiation des cadres.
Ces mesures sanctionnent les personnels officiers pour des fautes majeures professionnelles ou de service ou
contre l’honneur, la probité ou la morale, conformément au statut général des militaires. Les officiers
conservent leur grade.
La non-activité est la position du sous-officier de carrière sans emploi.
La réforme est la position du sous-officier de carrière qui, n'ayant pas acquis des droits à une pension
proportionnelle n'est plus susceptible d'être rappelé à l'activité.
La radiation des cadres d'office peut être prononcée dès qu'un militaire doit prétendre à une pension
proportionnelle.
La mise à la retraite d’office sanctionne des fautes majeures professionnelles ou de service. Les personnels
militaires mis en retraite conservent leur grade et leurs droits à pension.
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Article 63 : Radiation du tableau d’avancement
Les personnels militaires peuvent être rayés du tableau d’avancement pour faute majeure, faute contre
l’honneur ou la probité, qu’il s’agisse de l’avancement d’échelon ou de grade.
Les punitions infligées aux officiers et sous-officiers font l'objet de comptes rendus modèle N°7 adressés au
commandement supérieur par la voie hiérarchique. Chaque autorité intermédiaire y consigne son avis. Ne
sont transmis au Ministre de la défense que les comptes rendus de punitions supérieures à quinze jours
d'arrêts de rigueur ou de la réprimande des officiers généraux.
Les comptes rendus doivent être individuels ; ils sont adressés au Ministre de la défense nationale sous pli
cacheté. Il lui est adressé des comptes rendus analogues pour les punitions supérieures à 30 jours d'arrêts de
rigueur infligées aux sous-officiers de carrière.
Article 66 : Réclamations
Le droit de réclamation est admis pour permettre au militaire d'exercer, le cas échéant, un recours contre les
mesures ou les punitions jugées non méritées ou irrégulières.
Les réclamations individuelles ne peuvent se faire, s'il s'agit d'une punition, que si l'exécution de celle-ci ait
commencé.
Il doit demander à être entendu par le supérieur qui a pris la mesure ou prononcé la punition contre laquelle
il veut réclamer.
Ce dernier doit écouter la réclamation avec calme et bienveillance, y faire droit si elle est fondée, dans le cas
contraire, fait comprendre au militaire en cause la nécessité de la mesure prise contre lui.
Si le subordonné croit devoir persister, il peut se référer, par la voie hiérarchique, à l'une quelconque des
autorités supérieures, à celles qui ont déjà examiné sa réclamation. Toutefois, il doit être prévenu que, si
celle-ci est encore rejetée, il s'expose à une sanction, prononcée par la nouvelle autorité à laquelle il s'est
adressé.
Les réclamations sont toujours transmises par la voie hiérarchique, jusqu'au chef de corps, et après une
demande d'audience motivée, elles peuvent être présentées verbalement ou par écrit aux échelons
supérieurs.
Aucune réclamation ne peut être arrêtée par les autorités intermédiaires si elles n'y donnent pas satisfaction.
Dans ce cas, ces autorités la transmettent à l'échelon supérieur avec avis motivé.
Il reste entendu que toute réclamation collective est formellement interdite et sévèrement sanctionnée.
33
Article 67 : Conseil de discipline
Le conseil d’enquête est un organe consultatif non permanent. Il siège à huis clos et est dissout de plein droit
aussitôt après avoir donné son avis sur l’affaire pour laquelle il a été convoqué. Il est composé de cinq
membres. Le conseil d’enquête est constitué pour les punitions statutaires.
L’avis du conseil d’enquête ne lie pas l’autorité compétente pour prendre la mesure.
L’organisation et le fonctionnement des conseils d’enquête sont fixés par instruction ministérielle.
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TITRE VIII : CORRESPONDANCE MILITAIRE
Article 69 : Principes
La correspondance militaire est un moyen de commandement qui doit être manié avec la plus grande
précision en raison non seulement de l'importance qu'elle peut revêtir en certaines circonstances.
Quelle que soit sa place dans la hiérarchie, quel que soit son emploi, tout militaire doit être capable à son
niveau, de rédiger correctement un document de correspondance relatif à ses activités.
Article 71 : La lettre
La lettre a pour objet une communication écrite entre deux autorités militaires ou entre une autorité militaire
et un militaire ou entre une autorité militaire et une autorité civile. Elle constitue le mode de
correspondances le plus couramment utilisé, et peut servir, soit à formuler une demande se rapportant au
service, soit à transmettre une décision. La lettre ne doit traiter que d'une seule affaire. Elle est rédigée sous
une forme personnelle.
La lettre comporte un en-tête précisant le grade, nom, prénoms et fonction de l’expéditeur, le grade et
fonction du destinataire. La formule comporte « j’ai l’honneur de », soit au début, soit dans le corps de la
lettre.
Tout comme une composition française, la lettre, doit être rédigée selon un plan rigoureusement bâti, et qui
comprend en générale:
- une introduction: fait connaître au destinataire d'un document ce qui va y être exposé ;
- un développement: partie essentielle de la lettre, il comprend l'exposé complet du sujet ;
35
- une conclusion: rappelle les conséquences de l’exposé fait dans le développement.
Il existe différents genres de lettre :
- La lettre accusé de réception, utilisée lorsque ledit accusé de réception n’est établi sur une formule
imprimée ;
- La lettre de transmission de pièces, substituée souvent au bordereau d’envoi ;
- La lettre d’information, par laquelle le signataire porte un fait à la connaissance d’un supérieur, d’une
autorité administrative ou judiciaire, d’une administration privée, d’une collectivité, d’un particulier ;
- La lettre de demande d’avis ou de consultation, utilisée par tous ceux qui, ayant le pouvoir de décision,
ont le devoir de s’éclairer et de s’informer avant de décider ;
- La lettre de proposition et la lettre de réponse ;
- La lettre d’envoi utilisée pour présenter, sous une forme synthétique, un autre document plus
volumineux. Elle peut également accompagner un document à caractère permanent pour préciser
certains détails à caractère occasionnel ;
- La lettre circulaire ou lettre commune, adressée en termes identiques à un groupe de personnes ;
- La lettre réponse d’attente utilisée lorsque la réponse oblige à une étude approfondie.
La demande personnelle est exprimée par une lettre ou l'intéressé expose les raisons qui motivent cette
demande. Elle est adressée par voie hiérarchique, à l'autorité ayant décision.
Bien que rédigée sous forme de lettre, la demande personnelle présente les caractéristiques suivantes:
- aucune formule d'appel, ni de courtoisie n'est employée ;
- au verso, figurent les avis des autorités disposées successivement dans l'ordre hiérarchique.
La demande personnelle s'établit sur feuille de papier blanc, double, de format « A3 ». Elle est entièrement
écrite de la main de l'auteur, datée et signée de lui.
L'objet d'une demande étant en général assez bref (demande stage, de permission...) la rédaction du texte ne
nécessite pas construction d'un plan particulier. Par contre, quand la demande doit être motivée, il faut
qu'elle soit rédigée selon un plan.
Article 73 : Le compte-rendu
Le compte-rendu est une relation sommaire d’un fait ou d’une situation. Il est établi aussitôt que les
événements se sont produits. Il s'emploie le plus souvent pour signaler à l'autorité supérieure:
- l'exécution d'une mission ou d'un service;
- un fait de-peu d'importance;
- un événement grave que l'autorité militaire doit connaître sans délai, en attendant la venue d'un
rapport circonstancié;
II est rédigé sous forme personnelle et comporte la formule « j’ai l’honneur de ! ». Le compte-rendu est
toujours signé par son rédacteur. Cependant, certains" comptes rendus propres à des faits ou à des situations
déterminées, se présentent sous forme d’imprimé à compléter (compte-rendu de punition, d'incendie,
d'accident de circulation, de patrouille...).
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Article 74 : Le rapport
Le rapport a pour objet la relation détaillée d’un fait ou d’une situation présentant un caractère
suffisamment important pour provoquer soit l’envoi d’instructions, soit l’approbation des mesures
proposées.
Le rapport constitue généralement la pièce essentielle d'un dossier et ne doit traiter que d'une seule affaire.
Toutefois, le rapport comporte un titre écrit en lettres majuscules, placé dans l'axe de la feuille, suivi, en
dessous du grade, du nom, prénoms et de la fonction du rédacteur. La signature du rapporteur figure en bas
du document.
Le rapport est toujours rédigé sous une forme impersonnelle. Il ne comporte pas la formule de courtoisies.
Un rapport comporte toujours propositions ou des suggestions en vue de provoquer des décisions du
supérieur.
Le bordereau d'envoi a pour objet la transmission d’un dossier ou d’une série de pièces relatives à une même
affaire, lorsque l’expéditeur n’a pas d’avis particulier ou peut exprimer un avis sommaire ne nécessitant pas
l’envoi d’une lettre.
Si l’expéditeur désire recevoir un reçu des pièces transmises, il adresse le bordereau en double exemplaire.
L’original est conservé par le destinataire et la copie est renvoyée à l’expéditeur après signature attestant
l’accusé de réception.
Le bordereau d'envoi n’est jamais utilisé pour la correspondance destinée à des services aux armées. Il
comporte les indications suivantes:
- désignation des pièces transmises ;
- leur nombre ;
- des observations éventuelles, précisions ou commentaires ne modifiant pas la teneur des documents
qu'il accompagne.
Le bordereau d'envoi est rédigé sous forme impersonnelle et ne comporte aucune formule de politesse.
Article 76 : Le transmis
Le transmis a le même objet que le bordereau d'envoi à cette différence que l’expéditeur exprime un avis,
apporte les explications ou précisions jugées nécessaires ou donne des directives ou des ordres concernant
les dispositions du ou des documents ainsi transmis.
Article 77 : La note
La note constitue un moyen de correspondance entre les différents organismes de l’administration centrale
ou d’un commandement. Elle est adressée seulement à des organismes subordonnés ou des destinataires
d’un rang homologue à celui du signataire. Elle est rédigée sous la forme impersonnelle.
La note de service a pour objet de permettre à une autorité de donner, sur une question déterminée ses
instructions à une ou plusieurs autorités subordonnées. C’est un document intérieur à une unité ou un
service. Elle est rédigée sous la forme impersonnelle. La présentation générale est celle de la note.
37
Article 79 : La décision
La décision est l’expression écrite de la volonté d’une autorité dans un domaine précis relatif à l’organisation
ou à l’administration, ou concernant le personnel. Elle peut être prise sous forme de lettre ou de note ; si elle
porte le titre de décision, elle est présentée dans la même forme générale que la note.
Article 80 : Le message
Le message a pour objet, en cas d’urgence, de rendre compte ou d’adresser les prescriptions nécessaires, en
utilisant les moyens de transmission rapides. Ce mode de correspondance par message ne doit être utilisé
que pour traiter des questions dont l’urgence ne permettrait pas de recevoir une solution en temps opportun
par la voie du courrier normal.
Article 81 : Le procès-verbal
Un procès-verbal est :
- Soit le constat d’activité d’une commission, d’une réunion, etc. ;
- Soit la narration en forme authentique dressée par une autorité, ou personne ayant qualité
pour le faire, de ce qu’elle a fait ou constaté dans l’exercice des ses fonctions.
Il est rédigé sous la forme impersonnelle. Le procès-verbal doit enregistrer fidèlement les différentes opinions
et être extrêmement précis sur les faits (date, heure, circonstances, etc.).
Le procès-verbal est signé personnellement par son auteur. Si plusieurs personnes participent à son
élaboration, elles apposent chacune leur signature en bas du document. L’une de ces personnes
appelées « rapporteur » est, en ce cas, responsable de la rédaction et de l’acheminement.
Article 82 : La fiche
La fiche est établie à la demande d’une autorité supérieure pour lui exposer très brièvement le point d’une
situation ou lui fournir des éléments d’appréciation suffisants.
Elle peut être également utilisée d’une direction à une autre.
Elle peut comporter une conclusion ou des propositions.
Elles ont pour objet de fournir aux exécutants les prescriptions relatives à l’application des lois, ordonnances,
décrets et arrêtés.
L’instruction est un document de caractère général contenant des prescriptions d’orientation en vue d’une
action déterminée. Elle fixe le but à atteindre, expose la pensée générale ou les intentions du chef et donne
aux subordonnés les indications qui leur sont indispensables pour agir.
La circulaire est un document de portée plus limitée que l’instruction et à caractère généralement
temporaire.
Ces documents sont rédigés sous la forme impersonnelle. Ils ont une présentation identique à celle de la
note.
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Article 84 : La directive
La directive est utilisée par les échelons élevés du commandement pour exprimer aux subordonnés les buts à
atteindre et les idées fondamentales devant guider leur action. Elle se limite à des indications générales, à des
lignes de conduite et n’impose jamais les moyens d’exécution. La directive est la plupart du temps, valable
pour une période d’une certaine durée.
« Pour avis » : indique au destinataire qu’il aura à émettre un avis motivé sur l’affaire qui lui est soumise.
« Pour éléments de réponse » : indique que les renseignements relatifs à l’affaire traitée doivent être
transmis en retour.
« À titre d'information » : indique au destinataire qu’il n’a pas à agir directement, mais doit être informé de
la substance qui lui est adressée.
« Pour attributions » : précise au destinataire que l’affaire est de sa compétence.
« Pour suite à donner » : le destinataire doit donner suite à l’affaire sans être tenu de rendre compte.
« À titre de compte rendu » : permet de mettre au courant l’autorité supérieur.
« En retour » : indique le renvoie d’un document à l’expéditeur. S’emploie de supérieur à subordonné ou
d’égal à égal.
« Pour émargement » : indique que l’échelon subalterne doit apposer sa signature, accusant ainsi
réception des dispositions du document.
« Pour mise à jour » : indique que le document doit être renseigné en fonction de la situation du moment.
« En communication » : indique que le document doit être retourné à l’expéditeur.
« En communication successives à » : implique la transmissions du premier destinataire au deuxième et ainsi
de suite. Le document est retourné par le dernier destinataire à l’autorité qui l’a mis en communication.
« Pour exécution » : indique au destinataire qu’il a à intervenir et l’oblige à rendre compte à
l’expéditeur.
« Pour décision » : demande au supérieur des statuer sur l’affaire qui lui est soumise.
« A toutes fins utiles » : le destinataire est libre de donner ou de ne pas donner suite à l’affaire.
« Aux fins d’enquête » : le destinataire doit procéder ou faire procéder à une enquête et rendre compte.
« Avec les observations suivantes » : suivi de l’énumération abrégé des observations.
Article 86 : Le présent décret qui prend effet à compter de sa date de signature sera enregistré et publié au
journal officiel de la République.
Conakry, le
39
ANNEXE 1
40
ANNEXE 2
A Monsieur le Colonel,
Commandant la 2ème Région Militaire de LABE
(Voie hiérarchique)
41
ANNEXE 3
MODELE DE CHAQUE TYPE DE CORRESPONDANCE
(La lettre, la demande personnelle, le compte rendu, le rapport et le bordereau d'envoi)
LA DEMANDE PERSONNELLE
(Présentation type)
42
ANNEXE 4
(1)
A…………le………
Le (2)
(3)
à (4)
Objet
Références
Pièces jointes
10mm
(a)
ANNEXE 5
43
Modèle type RAPPORT
RAPPORT
Du Sergent-chef Sonka CAMARA
De la batterie de commandement et des services
44